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 Nothing's impossible. • Enzo

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MessageSujet: Nothing's impossible. • Enzo   Dim 6 Avr 2014 - 1:56

MARDI 21 OCTOBRE, DIX HEURES ET DEMI

« Nous conviendrons que…. » Un instant d’arrêt, qui dure, dure encore. De longues secondes, arrêtée dans un geste démonstratif, le regard perdu au-delà des grandes fenêtres de la tour. Phædre n’est pas assidue, et est presque aussi endormie que sa classe de sixième année ce matin. Un flottement parcourt la pièce avant que le professeur regagne d’un mouvement rapide son bureau en secouant la tête. Les deux mains posées à plat, le corps penché sur les notes de ses nombreux parchemins, la brune tente de retrouver le fil de ses pensées.

« Nous conviendrons bien sur que la position des astres n’influe pas que sur les humeurs et les prévisions futures mais également sur la constitution et la nature des choses. L’exemple le plus… courant…. Serait celui de la lune qui agit sur toutes sortes d’espèces vivantes ou mouvantes. La marée. Les créatures nocturnes. » Absence. Vide. Deuil. Quelque chose ne colle pas et n’arrive pas à se remettre en place, des connexions sont absentes et Phædre n’arrive pas à assembler ses idées correctement. Distraite, effacée, même Elizaveta tient encore aujourd’hui les rennes de l’esprit, c’est davantage la philosophie évasive de Phædre qui prime sur son comportement. Son regard se pose sur chacun des élèves, un par un, tranchant et glacial, incapable d’un peu plus de pédagogie. Elle aimerait leur donner des coups de fouets, au sens propre ou figuré, pour qu’ils réagissent et saisissent les enjeux de sa matière. Discipline sacrée. Mais visiblement, et ce, quelque soient les années, il y’en a toujours qui dorment au fond de la salle. Néanmoins, Phædre se félicite de constater une amélioration après un premier mois d’enseignement. Si certains cours elle arrive à capter son auditoire, c’est plutôt sa capacité à être particulièrement vicieuse et désagréable qui impose aux élèves de se tenir éveillés. Tous les moyens sont bons pour qu’ils prêtent une oreille attentive. Hors, aujourd’hui, c’est le professeur elle-même qui semble s’endormir et la passion habituelle qui habite ses paroles n’est plus. L’esprit ailleurs, occupé. Le poing gauche renfermé sur lui-même, les yeux posés sur les gamins, la brune finit par soupirer, évitant de s’appesantir plus longtemps sur la personne dans cette salle, après elle, qui réagit au rayonnement de la lune. Phædre n’a absolument aucune envie de se confronter à ce gosse et voudrait tourner cette page, oublier sa présence et l’attrait qu’elle lui porte. Oublier que son frère s’est prit pour un héros, chevalier d’aurore, et qu’il s’est décidé à aller tabasser le garçon. Pas la peine d’y penser plus.

« Mais évidemment, ce sont des choses que vous connaissez par cœur. » rajoute-t-elle, l’air grinçant et les dents serrées. Redressée, surplombant les esprits relativement dispersés de toute sa feinte assurance, Phædre croise les bras et cingle encore l’air de ses remarques. « De ce fait, vous me rendrez un minimum de deux pages de parchemin sur les altérations provoquées par les astres. J’entends déjà vos esprits geindre bêtement, et j’ai pitié de votre manque d’intelligence. Vous aurez donc deux semaines pour ce travail. Au-delà, j’aurais le plaisir de vous attribuer des T. Je pense qu’il n’y a pas plus clair. » Phædre leur jette un dernier regard froid avant de s’en retourner vivement vers la moyenne bibliothèque au fond de l’énorme pièce destinée à l’enseignement de sa matière. « Sortez. »

Ses jours sont les mêmes depuis, peut-être, une semaine déjà. Depuis que le professeur d’Etude des Moldus s’était ramené hors de lui dans le but d’entendre sa « chère sœur » s’expliquer. Un soupir désabusé s’échappe de ses lèvres à cette idée. Un autre quand elle comprend qu’elle n’arrive pas à le sortir de ses pensées. Bien des malaises la prennent depuis, incapable de contrôler émotions et raisonnement. Phædre voudrait poser une grande barrière, une muraille imprenable dans laquelle elle pourrait se reposer, loin de toute élucubration, mais il n’en est rien. La brune n’en a ni la force ni la réelle conviction. Debout, sur un fil tendu au-dessus du vide, ses jambes flageolent, son équilibre est instable. Elle n’arrive plus à jongler avec elle-même quand jusqu’à présent elle se jouait des deux parties de son âme scindée, quand la manipulation est un art qu’elle maîtrise avec impétuosité. Quand elle pensait ses fondations ébranlées par la mort de l’être le plus cher à ses yeux, et l’arrivée d’un autre comme un boulet de canon, il lui semble maintenant que ça n’était que la partie immergée de l’iceberg. Dimitri Gabrieli, fils illégitime d’Alec Hunt, terrasse et bouleverse toutes ses convictions à la manière d’un coup de vent sur un château de cartes. Trente années pour réussir à établir les étages et imposer l’équilibre à sa structure dualiste, une demi-seconde pour qu’un inconnu abatte ses propres cartes. Un mois. Juste un, et Phædre, contrairement à tous ses principes, s’était laissée aller à une confiance inédite en la matière.

Lui confier ses nuits, ses cauchemars, sa vie. Son enfance gâchée.
Bien sur, elle ne lui avait pas conté la partie noire de ses agissements, considérant l’art de la méprise comme trop intime pour se laisser aller. Mais le passé revient toujours hanter le présent, voir ce type ici est l’incarnation de cet adage auquel Phædre aimerait tordre le cou.

TREIZE HEURES

Lorsque la brune se rend compte de l’heure qu’il est, elle se recoiffe dans un miroir, rapidement, le chignon toujours aussi désinvolte, et reteinte ses lèvres d’un peu de rouge. Elle se demande longtemps pourquoi elle s’inflige autant de peine pour cet homme qu’elle voudrait fuir. Quelque chose en elle refuse de ne pas s’accrocher à cette âme, et Phædre se sent incapable de lutter contre l’instinct primaire qui la guide jusque là. La nervosité la guette, comme une ombre dans un coin de la pièce et se faufile sous la cape qu’elle enfile sur ses épaules. Tissu qu’elle ne quitte plus. Phædre voudrait rebrousser chemin avant même être sortie de la pièce pour se taper une bonne fois pour toute la tête contre le bureau massif et ne pas faire ce qu’elle s’apprête à faire.

La baguette dans une poche interne, la brune décide de se dépêcher avant que les troisièmes années sortent de sa salle pour quitter le cours qu’elle vient de leur donner. Phædre descend vivement les escaliers de la Tour, et s’empresse de se faufiler entre les élèves dans les couloirs pour atterrir tout aussi rapidement au quatrième étage. Ses pas connaissent parfaitement le chemin, force est de constater que ce trajet est loin d’être le premier qu’elle ait fait jusque la salle d’étude des non magiciens. Sa voix s’élève avant même d’entrer dans la salle, tonitruante mais pleine de cailloux rauques. Phædre est décidément stressée.

« Dimitri, j’ai à te parler promptement, il faut que… »

Arrêt sur image. Lorsqu’elle pénètre dans la classe, Phædre constate deux choses : tout d’abord son … « frère », n’est pas là, deuxièmement, c’est le visage visiblement ravi d’Enzo Ryans qui se tourne vers elle. Plantée entre la porte et le bureau, le visage impassible mais le corps tendu, Phædre se rend compte que tous ses mots se bousculent pour se cogner contre sa boîte crânienne et que, de ce fait, elle n’arrive à terminer sa phrase. Qui est, du coup, plus ou moins inutile vu que son interlocuteur n’est pas celui qu’elle espérait. Un ange passe et l’instant de flottement est tout aussi rapide que sa capacité à virer de bord d’un coup pour repartir dans l’autre sens.

A croire que les astres ont décidé de l’éprouver une fois de plus, Phædre n’a pas le temps de rejoindre la porte que deux nouveaux évènements se ramènent gaiement. Le déclic est sa baguette qui s’échappe à toute vitesse de sa poche, accompagnée d’une autre qu’elle suppose appartenir à l’élève. Son regard se redresse, la seconde d’après, sur la porte qui se ferme d’un grand coup, et dont la serrure retentit avec sévérité dans la pièce. Phædre blanchit. L’action n’a duré que quelques secondes mais sa tête est désormais dans un chaos total, les pensées se bousculent et les questions sans réponses avec. Ils sont enfermés. C’est la seule conclusion que le professeur arrive à exprimer clairement et ça ne lui pas. Mais pas du tout. Sans sa baguette, et sans clé, Phædre est incapable d’ouvrir la porte. Son regard se tourne vers Enzo, se demandant s’il n’est pas le commanditaire de tout ça mais  à la vue de son expression, le professeur comprend qu’il est étranger à cet enfermement. Phædre déteste être enfermée. Les poings serrés, la brune se dirige fermement contre le porte et tente vainement d’abaisser la clenche comme si, par miracle, la serrure allait se déverrouiller.

« Dimitri ? Dimitri, je sais que c’est toi. Ce n’est vraiment pas drôle. »

Connaissant sa capacité à lui faire tout un tas de blague qu’elle ne comprenait qu’une fois sur deux, Phædre se dit que cette histoire de porte fermée ne peut être qu’un de ses coups montés. Elle baisse les yeux,  secoue la tête, dépitée et énervée à la fois, mais c’est d’autant plus la présence du Gryffondor dans son dos qui la dérange et la met mal à l’aise. Elle n’a pas du tout envie d’être enfermée avec lui, pour une durée indéterminée, sans baguette et sans moyen de contrôler la situation. Elle range sa main sous le tissu lourd et finit par se retourner. Constater sa large silhouette la ramène aux affreux souvenirs de leur dernière rencontre et la brune se crispe deux fois plus. En se mordillant la lèvre, le professeur décide de prendre son cran disparu à deux mains et de se diriger vers le bureau en éviter tout contact ou rapprochement avec l’élève. Lui-même ne devait pas comprendre la situation, et cette pièce trop grande d’ordinaire ne l’était que trop peu ce jour-là, une considérable tension émerge du néant, et Phædre ne se sent pas d’avoir à affronter le regard du  garçon.

« Je suis sure qu’il doit y’avoir une clef là-dedans. Allez. »

Phædre, tu pries ? Sans s’en rendre compte, le professeur envoie des regards furtifs à l’élève, comme pour surveiller ses mouvements. Ses gestes sont rapides, fouillis, éparpillés et surtout infructueux car, si elle le premier tiroir s’ouvre sur des copies, les autres restent hermétiquement fermés malgré son insistance. La brune jure dans sa barbe puis finit par claquer le premier tiroir réouvert pour la troisième fois. Sans baguette, il lui est impossible d’ouvrir le reste du meuble.

« A..bruti ! Diable ! »

Phædre souffle, incapable de retenir sa nervosité. Une main dans les cheveux, le regard fuyant, le professeur n’ose pas s’approcher plus du jeune homme. Plus grand, plus fort, ça, elle le savait maintenant, d’autant plus que ses ressources en sortilèges lui servaient de manière beaucoup moins efficace sans baguette. Elle retient presque son souffle, incapable de statuer sur la situation et surtout, sur quelle attitude adopter maintenant qu’ils sont là tous les deux, enfermés comme deux démons dans une cage. Sa voix mal assurée s’élève et Phædre se maudit d’avoir ouvert les lèvres pour laisser échapper un filament d’incertitude, presque un murmure quand elle a l’habitude d’être confiante.

« Si vous pensez à un moyen de sortir, ne vous retenez pas. »

Inutile.
Donnez-moi un bureau que je me provoque un coma.
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Mer 9 Avr 2014 - 22:42

Mardi 21 Octobre 2014 – Fin de matinée
Nothing’s Impossible



Phaedre & Enzo

Il n’a pas envie d’y aller. Je n’ai pas envie d’y aller. Self-Defense pour lui, Divination pour moi, inutile de chercher plus loin une raison à ce statut général de manque flagrant de motivation. 8h et des poussières, mes yeux peinent à s’ouvrir à cause de la nuit presque blanche de la veille, de la journée de fou du lundi et du fait que je me sois couché à 2h30 du mat’ parce que j’avais Astronomie de minuit à 2h. Je suis complètement crevé et la seule chose qui me fait envie c’est de rester dans ce lit, mon lit, avec lui et de dormir jusqu’à ce que l’immobilité devienne un réel problème et que Morphée ne veuille plus de moi. Il y a donc lui là dans mes bras, profitant quand même d’un câlin matinal alors que mes mains glissent tranquillement et tendrement sur sa peau, moi qui suis focalisé sur les battements de son cœur sachant pertinemment que ça risque de me servir de berceuse plus qu’autre chose, l’agitation derrière les rideaux du lit aka les collocs qui s’activent, se préparent, etc … et … Lune. Lune qui ne trouve rien de plus amusant que de venir se caler sur la masse qu’on forme tous les deux et de commencer à ronronner puissance maximale tout en palpant les couvertures comme le font tous les chats. Mademoiselle rentre de sa nuit, mademoiselle a bu son petit lait, mademoiselle débarque en terrain conquis après s’être glissée sous le rideau pour grimper sur le lit et s’y installer sans demander l’avis de personne. Comme d’habitude quoi. Est-ce que je lui en veux ? Non, pas vraiment. Même pas un peu quand elle se remet en mouvement pour venir me renifler le visage – me chatouillant avec ses moustaches au passage – avant de se mettre à jouer – avec une de ses pattes et sa gueule, donc ses crocs – avec mes cheveux en bataille tout en lâchant un miaulement sonore dans mon oreille ? Si. Je grogne, enfouie mon visage dans l’oreiller comme je peux sans lâcher Kyle pour autant.

« T’es chiante Lune … »

Une emmerdeuse, rien de plus, rien de moins. Une fille quoi ! Mademoiselle veut de l’attention, mon attention, et elle semble bien décidée à me faire chier jusqu’à ce que je lâche mon homme pour m’occuper exclusivement d’elle. Chose qui n’arrivera pas ! Je l’ai, je le garde ! Et toi … toi tu me mâchouille une mèche de cheveux, normal …

Blasé, je fini par m’étendre sur le dos et attrape cette boule de poils blanche insupportable. Les bras tendus au dessus de moi je la maintiens en l’air et ses pattes s’agitent frénétiquement dans le vide. Ah c’est chiant hein ?! T’avais qu’à me laisser dormir espèce de capricieuse. Je reste comme ça une minute ou deux, histoire de l’emmerder à mon tour, avant de finalement la reposer sur mon ventre et la caresser un moment. Elle fait la belle, ronronne de plus belle quand je la gratouille sur la tête et sous le menton, vient se frotter contre le mien au passage, marche sur Kyle et puis s’en va telle une Princesse sans un regard de plus. J’ai le « connasse » au bord des lèvres mais c’est ma minette alors je m’abstiendrais. Debout, la douche une fois que tout le monde ou presque est parti, encore un câlin devant la glace ou plutôt je le colle comme un coquillage collerait le rocher auquel il s’accroche, l’enlaçant par derrière, ma tête sur son épaule pendant qu’il fait ce qu’il a affaire – super pratique quand on a un grand machin scotché à soi mais il ne s’en plain pas ou alors je fais la sourde d’oreille tout en chassant certaines pensées de mon esprit tandis que je l’embrasse finalement dans le cou, des pensées pas très sages mais chut – habillage, petit dej, on se sépare pour rejoindre chacun notre cours.

~*~

« Nous conviendrons que…. »

Ce soir j’irai courir, et sans doute prendre quelques vagues. Je passerai au terrain de SACM aussi pour voir si je ne peux pas filer un coup de main ou simplement pour trainer un peu avec les Créatures et/ou les chiens s’ils sont là. Perdu dans mes pensées, laissant ma main guider la plume sur le parchemin donnant ainsi une espèce de gribouillis sans forme, je relève la tête et me rends compte que tout le monde a les yeux braqué vers la Prof qui … scotche. Son regard se perd sur l’extérieur d’après ce que j’en vois et il semblerait qu’elle ait laissé une phrase en suspens dans l’air. De quoi est ce qu’on parle aujourd’hui d’ailleurs ? Aucune idée. Coup d’œil sur ma montre : 10h30. C’est bientôt terminé. Etre en présence de cette femme n’est clairement pas ce que je préfère, et je l’admets j’appréhendais un peu après ce qu’il s’est passé avec Gabrieli la semaine dernière mais je reste dans mon coin, complètement dans le coltard, et ça s’arrête là. Aucune communication entre nous deux et c’est très certainement mieux comme ça.

« Nous conviendrons bien sur que la position des astres n’influe pas que sur les humeurs et les prévisions futures mais également sur la constitution et la nature des choses. L’exemple le plus… courant…. Serait celui de la lune qui agit sur toutes sortes d’espèces vivantes ou mouvantes. La marée. Les créatures nocturnes. »

Elle est de retour à son bureau, j’ai capté ses mots et fronce les sourcils. Alors c’est ça le sujet du jour ? Les influences de la position des astres sur tout et n’importe quoi ? La Lune. Les Créatures Nocturnes. Elle fuit mon regard, c’est plus que flagrant, jetant toute son animosité visuelle sur les autres.

« Mais évidemment, ce sont des choses que vous connaissez par cœur. »

C’est de l’ironie que je perçois dans sa voix, j’en mettrais ma main à couper. Elle a toujours été du genre incisive et pas franchement agréable avec les élèves mais … Peu importe.

« De ce fait, vous me rendrez un minimum de deux pages de parchemin sur les altérations provoquées par les astres. J’entends déjà vos esprits geindre bêtement, et j’ai pitié de votre manque d’intelligence. Vous aurez donc deux semaines pour ce travail. Au-delà, j’aurais le plaisir de vous attribuer des T. Je pense qu’il n’y a pas plus clair. »

Ça soupire dans la salle, ça râle, et moi je reste statique. Soit, un devoir, on n’est pas là pour enfiler des perles de toute façon. Je le ferais, et je n’aurai pas un T, d’autant plus qu’il s’agit d’un sujet qui me parle et m’intéresse même si je me garderai bien de le lui dire.

« Sortez. »

~*~

Je ne me suis pas fait prier pour foutre le camp, autant le dire, mais je l’ai fait d’un pas calme et lent comme tout ce que je fais depuis ce matin de toute façon. Direction le quatrième étage et surtout le cours d’EDM. L’appréhension est là aussi mais j’aborde le même profil que tout à l’heure. Je ne rase pas les murs pour autant mais je me pose à ma place et j’attends que ça passe tout en glanant des infos sur ce monde que je ne connais pas encore par cœur. Ça viendra. Si je trouvais le comportement de Hunt étrange, malaise flagrant, je dois dire que son frère n’est pas en reste. Il fait son truc, il garde le cap, mais je perçois ses regards par moment. Je crois qu’il s’en veut, ma présence ne le rend pas très à l’aise non plus. Les gars … va falloir qu’on passe tous à autre chose et rapidement sinon ça va devenir invivable pour tout le monde et franchement j’en ai pas du tout envie personnellement.

Les deux heures passent, la fin du cours sonne, tout le monde fout le camp et je traine dans le fond de la classe, rangeant mes affaires quand tout à coup …

« Dimitri, j’ai à te parler promptement, il faut que… »

Blocage général. Elle stoppe net en me voyant ici, j’en fais de même tout en essayant de ne pas trop afficher un air désagréable même si personne n’est dupe ici je pense. Un ange passe, elle s’apprête à faire demi-tour mais avant même qu’on n’est le temps de comprendre quoi que ce soit deux mouvements furtifs nous surprennent tous les deux juste avant que la porte ne claque et … se verrouille. Plus de baguette, nouveau mouvement de flottement, son regard s’ancre dans le mien et mon myocarde s’accélère avant qu’elle ne se dirige vivement vers la porte et tente vainement de l’ouvrir.

« Dimitri ? Dimitri, je sais que c’est toi. Ce n’est vraiment pas drôle. »
« Génial … »

Vous avez un sacré sens de l’humour dans cette famille … Je ne sais pas si ça vient de lui, si c’est une tentative pour qu’on s’explique elle et moi ou que sais-je encore mais la simple idée de me retrouver de nouveau enfermé quelque part avec elle ne m’enchante pas du tout et à voir comment elle réagit je pense que c’est plus que réciproque. Elle s’agite, elle panique même je crois, fouillant à présent dans le bureau de … son frère.

« Je suis sure qu’il doit y’avoir une clef là-dedans. Allez. »

Sa nervosité envahi la pièce et me fait frémir. Est-ce que j’ai peur ? Moi non, pas vraiment, mais j’ai comme l’impression que c’est son cas à elle et … ça n’est pas une bonne chose. N’allez pas croire que je suis tranquille pour autant mais sans baguette elle ne peut pas grand-chose contre moi si ce n’est avec ses mots alors pour l’heure j’ai bien plus peur de moi que d’elle si jamais ça devait déraper une nouvelle fois.

« A..bruti ! Diable ! »

Charmant.

La voilà qui s’arrête à nouveau puis relève la tête, port presque altier, fier, même si ça ne camoufle pas les tremblements de son corps. Elle s’adresse à moi mais ne me regarde pas frontalement.

« Si vous pensez à un moyen de sortir, ne vous retenez pas. »
« A part défoncer la porte je ne vois pas vraiment mais étant donné qu’elle s’ouvre de l’intérieur ça me parait compliqué. »

Sauter par la fenêtre sinon. Enzo … Désolé, je sais, c’est pas drôle et surtout pas le moment de faire de l’humour. Ou peut être que si d’ailleurs. Peu importe. Laissant mon sac sur une table je me décide à bouger, un peu effrayé à l’idée de prendre mon calme si jamais la situation devait se prolonger. Ni elle ni moi n’avons envie d’être là, enfermés, et ensemble de surcroit. Loup s’agite un peu mais ça reste léger. La Lune n’est pas suffisamment de la partie pour ça de toute façon et tant mieux. Je me dirige à mon tour vers la porte, prenant soin de passer le plus loin possible d’elle, slalomant dans les allées, entre les tables, jusqu’à me planter devant cette sortie qui n’en est plus une. Une main sur la poignée j’essaie de tirer même si je sais parfaitement que ça ne servira à rien. Une fois, deux fois, avec plus ou moins de force, un coup d’épaule, un coup d’œil sur le mécanisme … Si Cameron était là il saurait peut être comment crocheter une porte à la Moldue mais il n’est pas là et je n’ai pas ce genre de carte en main alors après avoir frappé quelques coups sur la porte en appelant de l’autre côté, après avoir essayé de forcer une dernière fois en tirant dessus je m’avoue vaincu et fait demi tour.

« Désolé, j’suis pas assez costaud. »

Le ton est sans doute un peu froid mais c’est tout ce que j’ai en stock. Passant devant le bureau je ne lui accorde aucun regard avant de me diriger vers la fenêtre et de m’assoir sur le rebord. Pas assez costaud … c’est quoi cette façon d’admettre une faiblesse de cette manière au juste ? C’est juste pas le moment d’avoir ce genre de préoccupations à vrai dire alors mes faiblesses je m’en cogne. Elles sont là et c’est tout. Est-ce qu’il y a un peu de cynisme là dedans, de l’ironie ? Peut être.

« Détendez-vous, j’vous toucherai pas. »

J’ai eu le malheur de le faire une fois et je ne recommencerais pas ça c’est certain.

« Votre frangin a une bonne droite, au passage. »

J’y peux rien, j’suis amer. Voilà. Et le fait d’affirmer que je ne la toucherai pas n’a strictement rien à voir avec l’intervention de son frère. J’étais déjà passé à autre chose de toute façon.
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Lun 21 Avr 2014 - 21:18

« Si vous pensez à un moyen de sortir, ne vous retenez pas. »
« A part défoncer la porte je ne vois pas vraiment mais étant donné qu’elle s’ouvre de l’intérieur ça me parait compliqué. »

Phædre se dit qu’elle aimerait vraiment qu’il défonce cette satanée porte. Seule barrière entre l’oxygène et la flotte. C’est exactement dans cet environnement que le professeur se sent évoluer désormais. Elle a l’impression de se noyer, depuis des jours maintenant, mais l’enfermement lui donne plus que jamais cette sensation. Il se décide à bouger enfin, et Phædre réprime un soupire exaspéré. Si c’est vraiment une blague de Dimitri, il va entendre parler d’elle et là, elle se servira parfaitement de son statut de grande sœur malade à souhait. Les rôles s’inverseront et cette fois ça sera elle qui viendra débouler dans sa chambre, furax et incapable de contenir sa colère. C’est lui qui se retrouvera recroquevillé contre le putain de mur et c’est elle qui hurlera de manière incompréhensible. Phædre se sent dans le rôle de sa mère et un coup de froid lui parcourt l’échine. Douche froide. Ironique situation.

« Désolé, j’suis pas assez costaud. »

La voix de l’élève la sort de ses maigres pensées. Fort heureusement. Son timbre de voix est plutôt sinistre, elle ne lui en tient pas rigueur. Il a raison. De son côté elle adopte la même attitude plutôt méfiante, presque défensive. Elle s’acharne à ne pas lui montrer sa peur mais c’est peine perdue, son corps n’a pas décidé d’obéir à la rigidité de son esprit.
Elle non plus n’est pas assez « costaude ». Elle n’a pas les épaules pour supporter cet échange, cette incarcération forcée sans baguette ni moyen de sortie. Chacun ses faiblesses, les siennes sont nombreuses mais renfermées à double-tour. Il a déjà percé la première couche peut-être sans le savoir, la brune serre le poing comme pour cacher les lignes défaites et tourne le regard. Ses yeux sont bloqués dans une expression de stupeur et de contrariété. Etrangement, ce n’est pas contre le gamin qu’elle attribue sa colère, là, dans l’immédiat. Bien sur que les ressentiments sont là et que depuis ce jour où ils ont retournés son bureau à la Tour Nord, elle lui voue une rancœur amère et surtout, instable. Mais la primauté de sa fureur revient à celui qui a fermé cette foutue porte et qui s’est, de plus, amusé à leur piquer les baguettes. Comme si c’était réellement nécessaire.

Phædre ne se rend pas compte qu’elle recule doucement, au fur et à mesure que le temps passe. Mais ses pas s’arrêtent, le regard fier et le port de tête royal, alors qu’il élève la voix à nouveau, parti se poser sur le rebord de la fenêtre.

« Détendez-vous, j’vous toucherai pas. »
« Tss ! »

Son venin ne demande qu’à se répandre, mais la brune contient encore, les lèvres pincées, le regard froid. Elle ne peut pas s’empêcher de le zieuter avec cet air mauvais, puis détourner le regard quand il se tourne vers elle. Elle sait qu’il ne la touchera pas, mais ne se détendra pas pour autant. Elle ne fera pas cette erreur, ne veut pas revivre la scène qui les lie désormais.

« Votre frangin a une bonne droite, au passage. »

Son visage se tourne violemment vers lui puis se fixe dans ses yeux. Il ne ment pas, Phædre le sent, le voit. Mais ce qui la gène par-dessus tout c’est l’emploi argotique de ce mot qui la pince. « Frangin ». Alors il sait, Dimitri lui a dit. Leur lien de parenté est découvert, elle n’en tire qu’insatisfaction. Une lame s’insère dans son cœur, la vérité est là. Elle s’inscrit dans le présent, Phædre a l’horrible impression de ne plus pouvoir faire marche arrière. Elle a envie de lui faire ravaler ses mots. « Une bonne droite ». Le professeur ne savait pas qu’on pouvait utiliser un tel terme, pour un « tel » geste. Elle sait maintenant ce qu’il s’est passé lorsque Dimitri a quitté sa chambre, furieux. Le souvenir de son visage traversé par la haine alors qu’elle venait à peine d’énoncer le nom du jeune Ryans. Phædre n’avait pas eu l’intention que les choses tournent ainsi. Elle avait bêtement voulu s’expliquer, s’il existe quelconques explications. Elle n’aurait pas sut quoi lui dire s’il était resté près d’elle, néanmoins, elle aurait énoncé les faits tels qu’ils se sont produits. Elle aurait voulu lui expliquer que ce gamin extraordinaire, à la fois terrifiant et mystérieux, n’était pas à la base de tout ce carnage. Il s’est défendu, voilà tout. Phædre le sait, au plus profond d’elle-même, et préfèrerait mourir plutôt que d’avoir à se l’avouer. Mais les faits sont là, et pour se les être remémorés des milliers de fois, Phædre sait bien ce qui est en cause, qui et pourquoi. Elle aurait voulu mieux le retenir, trottiner un peu plus dans ce couloir, mais l’homme furieux devenu animal est absolument intraitable. La colère qui émanait de lui était telle qu’elle ne se serait pas mise en travers de son chemin. Phædre, rentrée dans sa chambre, s’est terrée dans un coin. Incapable d’arrêter le destin en marche.

Le professeur sent qu’elle faiblit un instant et se rattrape à la chaise, une main posée sur les yeux comme pour se cacher de la vérité. Mais les images sont là et la tension est palpable dans chacun de ses membres. Elle voudrait que tout s’arrête. Ses manières n’ont jamais été très orthodoxes, c’est certain. Elle veut sortir d’ici, pourquoi se trouve-t-elle encore en sa compagnie, bordel. Que faire maintenant qu’elle est enfermée à ses côtés, sans pouvoir un seul instant user de sa si précieuse magie ? Oh ça, elle ne l’avait pas vu venir, non. Une confrontation, c’était l’impression que lui donnait ce rendez-vous aléatoire et abhorré. Son poing frappe doucement mais sèchement le bureau à plusieurs reprises, comme pour se redonner consistance. Il ne s’agit pas de lui faire face frontalement, elle en est bien sur incapable pour l’instant. Elle respire un bon coup, redresse la poitrine et attrape les deux pans de tissu de sa cape pour s’entourer et se réchauffer. Cadeau offert par Dimitri, lorsqu’il était revenu vers elle en quête de savoir. Chose qu’elle ne sut lui donner.

« Mon « frangin » comme vous dites, n’a… pas voulu m’écouter. »

Son regard se redresse, ses yeux s’ouvrent à nouveau sur la situation présente. Phædre ne sait pas qu’elle attitude adopter avec le garçon. Que doit-elle dire, là, maintenant ? Attend-il quelque chose ? Et elle, s’attend-elle a une réaction ? Certainement. Du dépit, du mépris, de la colère aussi. Tout plein de sentiments plus vibrants et négatifs les uns que les autres. Phædre pousse un profond soupir, consciente que la réalité dépasse ses fantasmes et obsessions. Il est là près d’elle et semble afficher une certaine indifférence qu’elle peut avouer connaître. Peut-être est-ce là la muraille qu’il suffirait de briser par un point stratégique pour pénétrer dans l’enceinte du royaume Ryans. Mais Phædre n’a plus l’envie, ne veut plus avoir à grimper et à s’esquinter. Ils se sont déjà blessés. Si l’obsession est un poison incroyablement efficace, elle ne désire pas s’y laisser replonger, et lutte. Avec force.

Pourquoi cesse-t-elle d’être la vile créature qu’elle a toujours été ? Aucune idée. Peut-être ce Dimitri n’est-il pas étranger à ce fait.

Phædre n’a pas envie de se confronter au jeune homme et pourtant ils sont là, ensemble dans une pièce trop petite. Il la rend nerveuse.

Le professeur se rend compte qu’ils vont devoir attendre ici, dans cette pièce, qu’on daigne leur ouvrir. Elle espère que Dimitri finira par se rendre compte qu’elle n’est pas allée manger et qu’il se déplacera par hasard jusqu’ici pour ouvrir la porte. Mais elle n’est pas stupide, elle sait qu’ils en ont au moins pour une bonne heure à rester ici sans possibilité de sortir. Personne ne s’inquiètera de leur absence. Elle décide de tirer le fauteuil de son frère pour s’y installer sans pour autant prendre la place qui revient au professeur. Enzo et Phædre ne se trouvent pas dans le bureau de la Tour Nord et elle n’est pas là à trôner avec son air vil et supérieur. Elle ne veut rien de lui, croit-elle, et se défait de la baguette tenant ses cheveux qui tombent désormais sur ses épaules.

« Je vous offrirais volontiers un… verre. Si j’avais ma baguette. Je doute que mon frère garde ici de quoi nous abreuver. »

Un trait d’humour presque ironique. Le dernier verre qu’elle lui avait offert avait été magistral, l’expérience affirmant tous les récits des livres. Un sourire peu convaincu, guidé par la main de la folie se peint sur ses lèvres.

« Je suis aussi ravie que vous d’être enfermée, je vous rassure. »

Un regard vers lui, la brune incapable de poser des barrières entre le fil émotionnel du gamin et sa propre réceptivité. Elle n’arrive plus à lire l’avenir dans ses lignes mais son empathie ne s’est certainement pas tarie et la multitude d’ondes négatives qui émanent du garçon lui lacère l’estomac.

Une main sur la tempe, les doigts qui jouent avec ses cils, la brune laisse échapper un rire nerveux.

« Bien, nous sommes là enfermés pour une durée indéterminée, sans aucun moyens de sortir… Personne ne se souciera de notre absence à l’heure du déjeuner. Si vous avez des idées pour passer le temps, ne vous gênez pas à nouveau. »

Son regard se perd dans le vide, plusieurs anges passent et se foutent de leurs gueules minées, et Phædre n’arrive pas à se défaire de ses multiples questions. Elle finit par défaire le tissu chaud de la cape en laine bleue marine de son cou pour la poser sur le bureau. Elle étend ses jambes et dépose ses pieds croisés sur le meuble, tâchant de paraître détendue alors que son corps est au comble de la tension. Dans sa tête elle se voit se lever et tout balancer, incapable de supporter l’enfermement. Pas claustrophobe mais peut-être un peu en présence du loup. Et puis elle ressasse ce jour où son frère a joué au super-héros. Ça la tracasse et Enzo le lui rappelle, à juste titre d’ailleurs. Un sentiment étrange, un besoin d’explications inédit se présente à elle et Phædre n’arrive pas à l’esquiver. Les doigts sur le bord du bureau, le professeur se redresse et attrape les quelques papiers qui trainent, s’efforçant de trouver une occupation, en vain. Rien d’intéressant, des copies mal gribouillées et illisibles, sur un papier loin du parchemin traditionnel de l’élève-sorcier. Des notes de son frère, également, qu’elle découvre avec un œil aiguisé, un cours à son image : hyperactif.

Elle soupire et se repose contre le dossier du fauteuil. Le silence lui est insoutenable.
Un regard vers le jeune, ça lui brûle les lèvres.

« Sachez que j’ai essayé de l’en empêcher. Mais… « j’suis pas assez costaude », et je n’ai pas réussi à le retenir. Pensez ce que vous voulez du pourquoi et comment, mais je n’ai pas voulu qu’il joue au preux chevalier, je ne l’ai pas envoyé vous battre et ne l’ai pas laissé partir sans rien faire. »

Au contraire. Mais elle se gardera bien de lui dire.

« Dimitri m’a également vanté votre « droite », si ça vous intéresse. »
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Mar 22 Avr 2014 - 17:57

A quoi ça rime ? Si je chope le petit malin qui a fait ça il va m’entendre. Est-ce que c’est son frère ? Ca se pourrait après tout, et pour plusieurs raisons, mais ça pourrait tout aussi bien être n’importe qui et comme je ne suis pas du genre à accuser sans preuve je m’en tiendrais simplement aux faits en espérant sortir d’ici assez rapidement et en récupérant ma baguette le plus vite possible. Je me suis rendu compte l’autre jour avec le coup de Mateo que je n’appréciai pas vraiment la savoir dans les mains de n’importe qui, ou même simplement dans les mains d’une autre personne que moi. Cet objet est le prolongement du Sorcier, il est très personnel voir intime, alors non je n’aime pas cette idée même si la Magie n’a jamais été une obsession pour moi. Je suis certain que je pourrais vivre sans et parfois je crois que j’aimerai vivre sans mais d’un autre côté je n’ai jamais été confronté à ce cas de figure alors comment réellement savoir. Toujours est-il que finalement si je me retrouve dans une situation où il m’est impossible de me servir de la Magie et pour le coup ça m’emmerde bien. Sentiment partagé à mon avis vu la tension dans la pièce et son langage corporel. Quelle merde, on va probablement devoir attendre que quelqu’un se décide à ouvrir cette porte et qui sait quand ça sera. Le prochain cour ici n’est de toute façon pas avant une heure alors à moins que le petit malin qui s’amuse se lasse ou que Gabrieli – si ça n’est pas lui le petit malin en question – se pointe avant l’heure, je crois qu’on n’a plus qu’à prendre notre mal en patience. Quand je pense que je n’avais pas envie de me lever … et je commence à avoir la dalle … Enzo, t’as fini de te plaindre un peu ? Mouais.

Qu’est ce qui va se passer si aucun de nous deux n’y met du sien ? Peut être que j’aurai du fermer ma grande bouche quand je vois le regard qu’elle me jette mais les silences gênant et étouffant c’est pas mon truc alors tant pis. Tant pis si ça lui plait ou pas, ça n’était qu’un commentaire comme un autre, une façon de briser la glace et de faire un peu d’humour mais je commence à comprendre qu’on n’a pas tous le même et dans l’histoire j’oublie peut être aussi que c’est une Prof et qu’on n’a pas spécialement à parler comme ça à un Prof. Remarque, j’en ai bien frappé un la semaine dernière alors … Non là c’est juste une question de personnalité parce que le respect soit disant hiérarchique – j’aime pas ce mot – Prof/Elève, j’y crois pas vraiment ou en tout cas je ne m’y colle pas comme peuvent le faire d’autres. J’en tutoie certains, quelques uns en connaissent un rayon sur moi et sur mon existence, et pour moi le respect ça n’est pas instaurer une barrière conventionnelle comme ça mais peu importe, elle et moi on ne s’entend pas vraiment, c’est comme ça, et elle n’est pas la seule avec qui j’ai eu ou ai encore des soucis. Petit con qui n’aime pas l’autorité, voilà ce que certains doivent penser. Y a de ça c’est vrai mais pas que, je trouve aussi que les codes sociaux c’est un peu chiant, certains en tout cas.

Bref, elle est là à me regarder droit dans les yeux et même si je n’aime pas spécialement je ne bronche pas pour autant, je la laisse faire et soutien son regard sans réel défit. Sans trop savoir ce qu’il se passe je me dis que mes mots ont soulevé quelque chose mais je persiste, ce qu’il se passe entre eux ne me regarde pas. Chacun sa famille, chacun ses emmerdes. Elle vacille, j’hausse un sourcil. Mon instinct se met au garde à vous, l’animal se réveille et prend sa part du marché, prêt à réagir en cas de besoin. Il y a des signaux avant coureur à sa folie ou peu importe de quoi il s’agit réellement mais même si elle n’est pas armée de sa baguette qui sait ce qu’elle peut cacher d’autre sous sa cape ? Oui, je me méfis. A juste titre ou pas, ça n’est pas le problème. Elle s’agite dans tous les sens, je ne bouge pas d’un poil. Statue immobile mais méfiez vous du Loup qui dort, j’ai de bon réflexe et même si je ne suis pas là pour me battre, même si je n’en ai pas la moindre envie, je me défendrais en cas de besoin. Je la sens trop nerveuse pour être stable et malheureusement sa nervosité est contagieuse.

« Mon « frangin » comme vous dites, n’a… pas voulu m’écouter. »

Une voix froide, un ton rigide au même titre que sa stature. Qu’elle tente de sauver les apparences ou non n’a pas d’importance, c’est l’image que je me fais d’elle de toute façon. Celle d’une femme droite, qui pourrait casser si on la plie trop peut être … Mais ça n’est pas mon intention. Rigide. Distante aussi. Méprisante, cassante, et j’en passe. Façade ou pas, c’est elle que ça regarde tant que son manège ou sa façon naturelle d’être n’atteignent ni mes proches ni moi de manière néfaste. Ce que je retire de ses mots ? Pas grand-chose si ce n’est qu’elle semble vouloir apaiser une possible rancœur que je pourrais éprouver et que j’éprouve d’ailleurs dans le fond mais que je parviens à faire taire. Il n’a pas voulu l’écouter, soit. Peut être que ça me fait du bien d’entendre ça après tout, que ça soit la vérité ou pas.
De nouveau elle s’active alors que je ne bouge toujours pas, observant le moindre de ses faits et gestes, près à réagir si besoin. Elle tire la chaise, rien d’alarmant en soit. Mon cœur bat à un rythme assez soutenu, l’adrénaline reste sage mais prête à exploser, je suis … sur le fil, entre deux. Méfiant ça c’est certain mais dans la retenue pour le moment. La voilà assise maintenant, la menace se fait moins présente et je me détends un peu jusqu’à ce qu’elle retire la baguette qui maintient ses cheveux. Une arme potentielle, c’est ce que je vois et je ne m’excuserai pas pour ça. Ses cheveux détachés de cette façon la rende moins … disons que ça rend les traits de son visage un peu plus doux. C’est une belle femme, d’un point de vue purement objectif, mais ce que je sais d’elle et notre passé commun la rendra probablement toujours hideuse à mes yeux. Je n’oublie pas ce qu’elle a fait à mon frère ni ce qu’elle a dit sur Kyle, le menace qu’elle a sourdement fait peser sur lui, et pour l’instant ça reste gravé là, dans mes veines.

« Je vous offrirais volontiers un… verre. Si j’avais ma baguette. Je doute que mon frère garde ici de quoi nous abreuver. »

Provocation ? Je ne sais pas mais j’y vois une trace d’ironie, presque d’humour ? En tout cas je ne peux m’empêcher de me détendre un peu plus et d’écraser un rire qui n’a rien de sarcastique. Juste un rire amusé, aussi incroyable que ça puisse paraitre.

« Une autre fois peut être. »

Je la regarde et c’est à mon tour d’esquisser un sourire. Non je n’ai pas oublié son coup tordu qui m’a fait passer un sale quart d’heure, la brûlure provoquée par l’Aconit dans tout mon organisme mais le fait qu’elle n’a jamais recommencé depuis.

« Je suis aussi ravie que vous d’être enfermée, je vous rassure. »

L’évidence même. Je ne rebondis pas et retrouve mon sérieux, mon immobilité.

« Bien, nous sommes là enfermés pour une durée indéterminée, sans aucun moyens de sortir… Personne ne se souciera de notre absence à l’heure du déjeuner. Si vous avez des idées pour passer le temps, ne vous gênez pas à nouveau. »

Personne ? J’espère bien que si quand même sinon je risquerai de le prendre un peu mal mais ça n’est pas le sujet. J’exagère, rater un repas n’est pas l’affaire du siècle et je ne pense pas que mes amis, mon frère, ou même Kyle ne s’en formalise plus que ça. Tant mieux d’ailleurs, c’est fini de vivre dans l’angoisse perpétuelle, fini de trembler à chaque détour de couloir, fini de se dire que c’est peut être la dernière fois qu’on se voit à chaque fois qu’on se sépare. Quant à avoir une idée pour passer le temps, la première chose qui me vient en tête est une connerie que je me garderais de laisser sortir. Une bataille explosive ? Un pendu ? Résultat le silence s’installe, elle regarde dans le vide, mes yeux se promènent entre la classe, elle, et l’extérieur. Est-ce qu’on va rester comme ça, silencieux et chacun dans son coin jusqu’à ce que la porte s’ouvre à nouveau ? Possible.
Elle ne tient pas en place, je garde toujours un œil sur elle et me surprends à être aussi calme. L’enfermement n’est pas une chose que j’aime, encore moins quand j’ai ce sentiment un peu trop familier d’être pris au piège et qu’on le veuille ou non les fantômes se réveillent. Trop de souvenirs. Je ne sais pas à quoi elle joue mais sa tension commence à m’envahir à nouveau et mon pied commence à s’agiter sur le sol de façon nerveuse.

« Sachez que j’ai essayé de l’en empêcher. Mais… « j’suis pas assez costaude », et je n’ai pas réussi à le retenir. Pensez ce que vous voulez du pourquoi et comment, mais je n’ai pas voulu qu’il joue au preux chevalier, je ne l’ai pas envoyé vous battre et ne l’ai pas laissé partir sans rien faire. »

Je tourne la tête vers elle alors que mon regard se perdait de nouveau sur l’extérieur, presque soulagé par ce silence brisé. Parler, c’est peut être la seule solution pour nous empêcher tous les deux de perdre à nouveau le contrôle. Je croise les bras sur mon torse lâchant ainsi mes doigts que je mordillais sans m’en rendre compte, probablement pour m’occuper physiquement un minimum. Je ne sais pas si c’est la culpabilité qui la pousse à agir de cette façon, pour ce qu’il s’est passé avec son frère ou bien entre elle et moi le mois dernier mais …

« Dimitri m’a également vanté votre « droite », si ça vous intéresse. »
« Je suis un mâle, ça nous intéresse toujours d’avoir ce genre d’info. »

Les mots m’ont échappé, spontanément mais sans aucune once d’agressivité. C’est plutôt comme si je saisissais cette occasion de raconter une connerie – qui dans le fond n’en est pas complètement une – comme s’il s’agissait d’une porte de sortie, une issue de secours. Mais la réalité me rattrape assez rapidement et je recommence à marcher dans la pièce sans jamais m’approcher trop près d’elle pour autant, les bras toujours croisé sur le torse. Je n’essaie pas d’avoir l’air impressionnant pour autant.

« Qu’est ce que ça change de toute façon ? Le mal est fait, et ce des deux côtés. »

Contrairement aux apparences ceci n’est pas une attaque. Avant de poursuivre je décroise les bras et m’assoie sur une table en face d’elle – toujours pas tout près – sans que mes pieds ne quittent le sol. Je ne suis pas sur la défensive non plus, c’est juste … une conversation. Mes mains se posent sur la table de chaque côté de mon corps, mes yeux ne la quittent pas.

« J’ai mes torts, vous avez les votre, idem pour votre frère et probablement le mien. Je ne sais pas pour vous mais personnellement je n’ai juste plus envie d’entendre parler de ça. »

C’est plus ou moins ce que j’ai dit à Gabrieli la semaine dernière d’ailleurs, en ce qui me concerne c’est oublié. Enfin … peut être pas oublié, surement pas même, mais je suis passé à autre chose et je n’ai pas envie de revenir spécialement là-dessus que ce soit avec elle ou avec lui.

« J’peux comprendre votre frère, son geste. Si j’avais été à sa place j’aurai peut être réagit pareil. »

On a la réputation d’être relativement impulsif dans cette famille et cette réputation est fondée, en tout cas en ce qui nous concerne tous les deux. Je n’ai pas le souvenir que nos parents aient été comme ça mais quand on est gosse on ne fait pas spécialement attention à ce genre de détails concernant les adultes et surtout pas quand ils sont aussi proches. Pour nous ils étaient nos parents avant d’être de véritables êtres humains, pour moi en tout cas. Je me comprends. Bref, je me sais capable de beaucoup de choses pour protéger ma famille tout comme je sais que je pète facilement les plombs quand quelqu’un ou quelque chose s’en prend à eux alors le juger pour ça serait hypocrite de ma part mais ça n’est pas toute l’histoire.

« Maintenant, en ce qui nous concerne vous et moi … »

Kyle et Derek sont au courant de ce qu’il s’est passé mais ils sont les seuls et je tiens à ce que ça reste comme ça. Pour le premier je sais qu’il ne fera rien, en revanche le second … j’espère qu’il saura passer outre aussi mais je ne peux pas l’empêcher de foncer dans le tas si l’envie lui prend. On n’a plus qu’à espérer qu’il ait autre chose à faire de plus intéressant dans sa vie et je crois que c’est le cas. Enfin bref, Derek n’est pas là, c’est juste pas le moment de penser à tout ça et ça n’est absolument pas là où je veux en venir.

« Si vous voulez savoir un truc sur la Lycanthropie, demandez le moi et de façon directe et normale, pas en … tentant des p’tites expériences ou en me braquant, en mettant au pied du mur, en me coinçant quelque ou je ne sais trop quoi. Et si possible pas un jour de Pleine Lune. J’y répondrai, mais n’impliquez plus ou pas mes proches là dedans. C’est tout ce que je vous demande. »

Non je n’aime pas être une bête de foire c’est certain mais tout dépend des circonstances et si je ne me sens pas pris au piège, c’est peut être une chose qui peut se faire. Ce que je suis n’est pas un secret mais même si elle n’en prendra surement jamais totalement la mesure je ne crois pas que ça me dérange plus que ça d’en parler tant qu’elle ne me traite pas comme un animal de cirque ou de laboratoire. Je ne veux pas me retrouver à nouveau dans une cage, pour faire clair, qu’elle soit matérialisé ou pas. Je ne tiens pas non plus à devenir un sujet d’étude, je ne veux pas d’une présence envahissante dans mon espace vitale, je ne veux pas être passé au crible mais …

« On peut peut être juste se comporter comme des personnes civilisées, non ? »

Vous me demandiez si j’avais des idées pour passer le temps, c’en est une comme une autre et si ça peut nous éviter de repartir dans un conflit stérile, violent, et sans intérêt, si ça peut permettre à tout le monde d’être tranquille, alors personnellement je prends.
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Dim 27 Avr 2014 - 0:18

« Dimitri m’a également vanté votre « droite », si ça vous intéresse. »
« Je suis un mâle, ça nous intéresse toujours d’avoir ce genre d’info. »

Phædre, contre toute attente, écrase un rire amusé. Un vrai rire, pas une expression sarcastique, ironique ou moqueuse. Belle répartie. Son sourire se tarit dans la seconde où le jeune se lève, méfiante, sur ses gardes, incapable de laisser sa tension s’évaporer. Elle ne lui fait pas confiance et lui non plus, elle le sait. Quoi de plus normal à vrai dire lorsqu’on pose un regard sur leurs souvenirs communs. Sa manière de marcher, nerveuse, la ramène, comme si je elle l’avait oubliée un instant. Elle repose ses jambes sur le sol et les croise, prête à bondir et à lancer l’offensive s’il y’a besoin. Phædre n’est certainement pas du genre à baisser sa garde dans un tel moment.

« Qu’est ce que ça change de toute façon ? Le mal est fait, et ce des deux côtés. »

Phædre se demande s’il parle pour elle et lui, ou pour Dimitri qui est venu lui taper sur la gueule. Les maux se sont répandus de tous les côtés de toutes façons, il n’a pas tort et elle le sait pertinemment néanmoins elle ne relève pas. Ce gosse est mature, c’est un fait qu’elle s’est déjà énoncé. Il a quelque chose de plus, outre sa lycanthropie, certainement due aux épreuves traversées et écrites dans sa main. Cette force tirée de la douleur, un bon médium n’aurait pu passer à côté de ce côté rangé dans un tiroir de sa personnalité. Il reprend la parole et elle lui voue toute son attention, scrutant chacun de ses gestes, incapable de laisser chacune des inflexions de sa voix de côté.

« J’ai mes torts, vous avez les votre, idem pour votre frère et probablement le mien. Je ne sais pas pour vous mais personnellement je n’ai juste plus envie d’entendre parler de ça. J’peux comprendre votre frère, son geste. Si j’avais été à sa place j’aurai peut être réagit pareil. »
« Tss. »

Rien contre Enzo, mais la brune lève la main dans un signe de déni puis la repose en pinçant l’arête de son nez, les yeux fermés. Ses paroles la contrarient, peut-être sans raison. Il ne soulève pas de vérité mais amène à y repenser et c’est la dernière chose sur laquelle elle a envie de réfléchir. Malgré tout il semblerait qu’ils en soient à ce stade. Sa prise de parole répondant à la sienne, comme un appel à l’explication. Phædre n’aime pas se justifier, incapable de mettre son égo et ses mensonges de côté. Elle ne peut pas comprendre cet élan familial, se mettre en travers d’un conflit pour aider son frère ou sa sœur. Ça ne lui aurait pas traversé l’esprit, pourquoi se serait-elle mise en porte-à-faux pour quelqu’un qu’elle connaît à peine, même si ce dernier partage son sang ? Surement le seul qui fera perdurer la lignée d’Alec Hunt, quand Phædre se voit toujours vieille fille enfermée entre les os et sa boule de cristal. Ça l’énerve et c’est comme une dette qu’elle doit au jeune loup, une autre, comme si celles qu’elles s’étaient créées n’étaient pas suffisantes. Pas assez lourdes. Phædre n’aurait donné sa vie que pour son père et pourtant voilà, c’est la dernière à être au courant de sa mort. Peut-être aurait-elle pu faire quelque chose. A cette idée la brune sent la pluie monter dans sa gorge puis se force à se ressaisir. Il n’est pas l’heure de penser à !a et surtout pas devant lui. Le sujet est tout autre. C’est lui et elle. Comme il le lui rappelle, alors qu’elle relève la tête pour soutenir son regard. Parlons-en, même si ça ne la réjouit pas du tout. Plus aucune trace d’humour ne se lit sur son visage mais elle le laisse parler, prête à entendre ce qu’Enzo a à lui dire. Ou pas.

« Si vous voulez savoir un truc sur la Lycanthropie, demandez le moi et de façon directe et normale, pas en … tentant des p’tites expériences ou en me braquant, en mettant au pied du mur, en me coinçant quelque ou je ne sais trop quoi. Et si possible pas un jour de Pleine Lune. J’y répondrai, mais n’impliquez plus ou pas mes proches là dedans. C’est tout ce que je vous demande. »

Il s’est installé sur une table, bien face à elle, Phædre n’est pas en mesure de déprécier ce geste signe de droiture. Elle même s’est redressée et le scrute fixement, les yeux plissés. Entre l’intérêt et l’amertume. La brune ne saura s’expliquer et n’a pas l’impression qu’il soit dans cette attente, il semble destiné à passer à autre chose mais pas trop non plus. Les émotions diffèrent entre ce qu’il dit et ce qui émane de lui et même si Phædre n’a pas du tout envie de s’amuser à le lire, les faits sont là. Il a marqué la mesure parfaite, n’est pas trop dans son espace vital mais suffisamment dans son champ de vision pour qu’elle ne loupe rien. Bizarrement, sa tension se dénoue néanmoins quelque peu, comme si le fait qu’il se soit posé ait rendu les choses plus faciles à vivre. Phædre se retrouve néanmoins au cœur du deuxième face à face qu’elle redoute après celui avec son frère. Incapable de statuer sur ses actes, ça n’est surement pas le moment pour lui parler de ces moments. Mais il en a le droit, Phædre le sait et ne peut le nier, plus qu’elle en tout cas, ça c’est certain. Immobile, statue de glace impétueuse, Phædre garde son regard rivé dans celui du lycan, mais sans aucune trace de menace ou de mépris. C’est douloureux, certes, mais elle compte bien entendre ses propos. En priant de sortir au plus vite.

« On peut peut-être juste se comporter comme des personnes civilisées, non ? »

Phædre pèse et repèse le poids de ses mots, les yeux retombés sur la multitude de papiers sur le bureau de Dimitri. Elle entend sans comprendre, mais fais l’effort de retourner les phrases dans tous les sens pour saisir le sens profond de chacune d’elle. Blocage psychologique face aux vérités insoutenables. Ses mains s’auto-triturent, Phædre ressent à nouveau une pointe efficace de nervosité se faufiler entre ses côtes, et déteste sa position, comme fragilisée face à lui. Impression qu’elle déteste. Elizaveta est prête à cracher son venin mais une barrière l’empêche d’avancer plus loin. La brune décide de reposer ses mains sur ses cuisses et de reprendre le contrôle de ses gestes, mais c’est presque sans succès. Elle tique, ça l’agace, et ne parvient pas à dissimuler sa frustration. C’est pas sa journée, ni sa semaine, ni son mois finalement. Si elle chope le petit malin qui s’est amusé à les enfermer, ça va barder, parole de Hunt. Effectivement si elle avait de quoi se renseigner, peut-être aurait-elle pu savoir qui se cache derrière cette fumeuse plaisanterie. Mais ce n’est pas le cas, et elle est toujours là à faire face au jeune loup, incapable d’articuler une explication.

« J’entends bien vos dires. »

Wow, super Phædre, t’en as des autres un peu plus brillantes comme ça, cette fois ? Ça serait sympa d’élargir ton propos ma grande tu vois, parce que c’est pas parce que t’entends que lui entends c’que tu penses. Ça va être compliqué la télépathie, c’est pas le trip de la maison je crois. Phædre a toujours l’envie de se cogner la tronche contre le bureau histoire de remédier à son problème. Articuler, c’est pas bien compliqué, si ? Ça devient visiblement un obstacle certains à quelque chose qu’elle n’arrive même pas à formuler dans le courant de ses pensées. Quoi lui dire sans risquer l’affrontement final ? Il aurait raison d’elle, sa force sans qu’elle soit celle d’un surhomme, largement supérieure à celle de son professeur. Comme proportionnelle à sa taille, peut-être. Elle ne manquera pas de poser la question à ses bouquins, à savoir, quelle est la relation entre les différents flux de ces êtres là. Les loups.

« Le problème est que je n’ai jamais su faire directement et normalement. Y’a comme quelque chose qui nous en empêche. L’anticonformisme, vous avez l’air d’en connaître un rayon la dessus, non ? »

Constat au-delà de la plaisanterie. Si Phædre ne peut pas statuer sur les situations qu’il expose, elle tentera de le faire sur ce qu’elle sait.

« Je pense que nous pouvons agir en tant qu’êtres civilisés. Je ne vous importunerais
plus, ça c’est certain. L’ « envie » m’est passée, vous n’êtes pas sans le savoir. Il n’est plus question de venir vous embêter avec ces histoires, rassurez-vous. Les faits sont là, et je ne peux rien y changer. Croyez-moi, certains évènements m’ont fait payer ce que vous avez subi.
»

Phædre ne compte pas l’apitoyer, loin de là. Mais les faits sont là et dans ce genre de situation, elle ne sait pas faire autrement que décrire simplement les faits tels qu’ils sont, les choses telles qu’elles se sont passées. Toute la merde arrivée sur le coin de son nez est suffisante pour l’avoir déstabilisée. Blesser un être, en perdre un plus cher que sa propre vie. Phædre voudrait revenir en arrière et profiter des derniers instants pour lui dire combien elle a besoin de lui. Et lui demander pourquoi il ne l’a pas mise au courant. Les maladies de moldus sont pires que celles des sorciers à certains égards. La brune pousse un soupire désabusé et revient sur terre. Ça n’est pas le sujet.

« En fait… j’ai juste une question qui me taraude Enzo. Je sais ce que j’ai fais et, je sais que vous avez eu vos raisons, il est clair que je n’ai pas envie de revenir à ce jour passé. Je vais être franche en vous disant les choses telles quelles sont, c’est pas forcément joli, ni juste mais après tout, c’est surement la meilleure chose que je puisse vous faire après tout ce que je vous ai forcé à vivre. »

Phædre se redresse, aucune menace dans les gestes, juste de l’appréhension. Ce qui est complètement inédit, et absolument délirant pour une personne comme elle. L’expérience la ramollit à la place de l’endurcir. C’est déplaisant dès lors qu’elle s’en rende compte. Elle relève sa main gauche et l’ouvre, y place les doigts de sa main droite et s’amuse à délier manuellement les lignes brisées.

« Est-ce que vous le saviez ? Je vous l’ai appris, la main gauche est le cœur de la lecture pour ceux qui s’adonnent à cet art. Vous le saviez quand vous m’avez entaillé cette main ? »

De but en blanc, sans prendre de gant. Phædre n’est pas du genre à s’émerveiller sur les détails linguistiques de la clémence et repentance. Elle veut juste savoir.

« Je vous en veux, c’est évident. C’est plus facile que de s’avouer une faute. »

Le professeur reprend son souffle puis serre ses poings. Son regard reste stable et fixe dans celui du loup. L’effort est considérable et tend son corps, les échelons sont gravit à une vitesse inimaginable.

« Mais je veux savoir. Je dois si cette entaille est le fruit de mes actes ou de votre réflexion. »

Rester droite, ne rien montrer, peu de succès mais beaucoup d'essai. Phædre tente de rester droite et de filer selon ses principes malgré la bombe amorcée. Il ne craint rien, si elle reste méfiante, elle ne compte rien lui faire.
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Jeu 1 Mai 2014 - 18:48

Qui ici – dans le château, pas dans la pièce, j'ai bien conscience que nous ne sommes que deux – peut se venter d'avoir réussi à faire rire Phaedre Hunt ? Peut être son frère éventuellement mais sinon … Ok, je me tais, c'est juste que je ne m'attendais pas à ce que ça arrive un jour et je n'y pensais tout simplement pas mais elle a rit, un peu, et moi aussi. Ça tient relativement du miracle même si depuis l'incident – les indicents – on se tient tranquilles tous les deux. Je ne me sens pas à l'aise en sa présence pour autant et je sais qu'elle ne l'est pas plus quand je suis dans les parages, surtout dans ce cas de figure où se retrouve coincés tous les deux dans une espace restreint et sans baguette mais c'est peut être justement le moment où jamais de crever l'abcès et de passer à autre chose chacun de son côté. Je n'ai pas envie de passer mon temps à me demander si je vais encore péter les plombs ou si elle va recommencer ses petites expériences, sa provocation, certes la Divination n'est pas ma matière préférée mais j'ai juste envie que ça reste un cours comme les autres, surement intéressant quand on s'y penche de plus près et surtout concernant certains sujets. La Lune et ses influences, entre autres, évidemment. Depuis la rentrée je suis bien plus attentif – dans toutes les matières, la sienne ne fait donc pas exception – que je ne l'ai jamais été depuis que j'ai débarqué à Poudlard il y a deux ans et je n'ai pas l'intention que ça change parce que ça me cadre, ça me donne une sorte de rythme, quelque chose sur quoi me focaliser et m'occuper. Ça ne veut pas dire que je reste concentré en permanence, évidemment puisque j'en suis incapable, mais ça aide c'est certains. Ça ne m'empêche pas non plus de relâcher la pression quand il le faut, que ce soit en prenant le temps de vivre, en m'amusant, en me dépensant physiquement, en faisant ce que j'aime comme le surf ou juste me poser dans un coin avec mon chat et lire un bouquin tranquillement. Une vie posée et normale, finalement.

Enfin bref, de tout ça on s'en tape royalement de toute façon, le fait est que je viens simplement de m'exprimer clairement sur ce qu'il s'est passé jusqu'ici entre nous deux et sur la tournure que j'aimerai voir prendre les choses. Elle aurait pu me rire au nez, me dire que je ne suis qu'un simple élève et elle une Professeur donc qu'elle n'a pas de compte à me rendre et qu'elle fait bien ce qu'elle veut mais ça n'est pas ce qu'elle a fait. Par peur que je la dénonce ? C'est ce qu'on m'a conseillé de faire et pourtant je ne l'ai pas fait. Pourquoi ? J'en sais rien, j'ai simplement suivi mon instinct comme toujours ou presque et non je ne demande pas une médaille pour ça. J'ai pas envie de rentrer dans un nouveau cycle interminable de vengeance mais juste qu'on s'explique et qu'on passe à autre chose si c'est possible.

Je la sens toujours nerveuse, je le suis encore moi aussi et son silence, son agitation physique, n'arrangent pas les choses. Si je demeure statique ou presque il semblerait qu'elle ressente le besoin de s'occuper au moins les mains peut être le temps de réfléchir à ce que je viens de dire ou quelque chose comme ça. Est ce que j'appréhende sa réaction ? Bien sur. J'appréhende chacune de ses réactions.

« J’entends bien vos dires. »

Ok. Donc maintenant on fait quoi ? On se pose chacun dans un coin de la pièce et on attend que ça passe ? Je ne sais pas à quoi je m'attendais, à vrai dire pas grand chose finalement. J'ai vidé mon sac, peut être que j'esperais qu'elle en fasse autant mais elle … entend mes dires, c'est déjà pas si mal, non ? Aucune idée. Je n'ai las moindre idée de comment interpréter cette réponse si tant est qu'on puisse réellement appeler ça comme ça. Je suis prêt à me mettre à table, c'est ce que j'ai plus ou moins laissé entendre, et … rien. Ok, merci d'être passé. Non j'ai pas spécialement envie de lui faire un exposé sur la Lycanthropie et ses effets mais je crois que je m'étais plus ou moins mentalement préparé à devoir le faire. C'est une porte de sortie que j'ai tenté de nous offrir à tous les deux, au moins au sens imagé du terme en attendant de vraiment pouvoir foutre le camp, mais c'est face à un mur que je me retrouve et ça n'est pas franchement pratique parce que je ne sais pas du tout comment réagir ni même quoi faire de moi. Pourtant alors que je m'apprête à lâcher un soupir de lassitude sa voix me rappelle plus ou moins à l'ordre même si cette formulation me pose problème. Je relève donc la tête et la scrute de mes yeux noisette, attentif.

« Le problème est que je n’ai jamais su faire directement et normalement. Y’a comme quelque chose qui nous en empêche. L’anticonformisme, vous avez l’air d’en connaître un rayon la dessus, non ? »

A mon tour d'écraser un rire réellement amusé même s'il est teinté d'une pointe de cynisme. Le sourire n'est pas feint, quoi qu'il en soit. Il est sincère. Son « nous » me fait tiquer évidemment mais je ne relève pas, après tout qui je suis pour juger d'une quelconque multiple personnalité si ce de ça dont il s'agit ? Elle en tout cas semble tout à fait sérieuse mais ça ne m'empêche pas de répliquer parce que c'est bien connu, j'ai toujours quelque chose à dire Rolling Eyes

« J’suis pas un grand fan des codes sociaux, on va dire ça comme ça. »

Anticonformiste, sans doute. Je n'ai jamais aimé faire comme tout le monde, rentrer dans une case, un moule, etc … Je suis ce que je suis et maintenant je sais que je ne changerai jamais réellement, pour personne. Ça n'est de toute façon pas ce qu'on attend de moi, ce qu'ils attendent de moi. En tout cas pour l'instant. Je fais juste mon bonhomme de chemin en évoluant au fil des expériences, c'est tout. Une vie normale dans le fond, à quelques détails près …

« Je pense que nous pouvons agir en tant qu’êtres civilisés. Je ne vous importunerais
plus, ça c’est certain. L’ « envie » m’est passée, vous n’êtes pas sans le savoir. Il n’est plus question de venir vous embêter avec ces histoires, rassurez-vous. Les faits sont là, et je ne peux rien y changer. Croyez-moi, certains évènements m’ont fait payer ce que vous avez subi. »


Je me contente de hocher la tête, qu'est ce que je pourrais bien faire de plus ? Il n'y a rien à dire. Je la crois, je ne devrais peut être pas mais mon instinct me dit que je peux le faire et ces derniers temps il a été plus moins infaillible. Je suis mon intuition, on verra bien. Encore une fois certaines de ses paroles me font tiquer, me pousse à l'interrogation, mais c'est une Prof que j'ai en face de moi et notre passé commun me pousse à garder le silence et mes distance, qu'elle soit physiques ou mentales. Ça ne me regarde pas, c'est aussi simple que ça.

« En fait… j’ai juste une question qui me taraude Enzo. Je sais ce que j’ai fais et, je sais que vous avez eu vos raisons, il est clair que je n’ai pas envie de revenir à ce jour passé. Je vais être franche en vous disant les choses telles quelles sont, c’est pas forcément joli, ni juste mais après tout, c’est surement la meilleure chose que je puisse vous faire après tout ce que je vous ai forcé à vivre. »

Elle se redresse, j'en fais autant. Méfiant, intrigué, je ne sais pas trop à quoi m'attendre.

« Allez-y. »

Mais lorsque je la vois « jouer » avec ses mains et surtout les lignes de sa main gauche je commence à comprendre.

« Est-ce que vous le saviez ? Je vous l’ai appris, la main gauche est le cœur de la lecture pour ceux qui s’adonnent à cet art. Vous le saviez quand vous m’avez entaillé cette main ? »

Un instant je me crispe, celui d'après mes muscles se relâchent et mon corps s'affaisse tandis que mes mains glissent dans mes poches alors que je regarde le sol sans vraiment le voir. Son regard ne me pèse pas, il ne me brûle pas, je suis juste un peu décontenancé je crois.

« Je vous en veux, c’est évident. C’est plus facile que de s’avouer une faute. »

Je crois qu'une part de moi partage ce sentiment, oui, je lui en veux d'oser me poser cette question après tout ce qu'elle m'a fait ce jour là, après la façon dont elle m'a coincé dans les couloirs juste avant la Lune la première fois. Elle serre les poings, je le vois, je ressens cette nouvelle vague de tension alors que les articulations de mes doigts se calquent sur son attitude. Je le sens dans les muscles de mes épaules qui se tendent à nouveau. Il ne suffirait pas de grand chose pour en revenir au point de départ, j'en suis convaincu.

« Mais je veux savoir. Je dois si cette entaille est le fruit de mes actes ou de votre réflexion. »
« Ça n’était pas volontaire ou en tout cas pas dans ce sens là. »

Réponse incisive, presque tranchante. Détends toi Enzo, c'est simplement une question. Je sais parfaitement que calmer la tempête avant qu'elle ne prenne réellement forme est la meilleure chose à faire mais c'est bien évidemment plus simple de le dire que de l'appliquer. Je ferme les yeux un instant, me passe une main dans les cheveux avant de la laisser s'accrocher à ma nuque pendant que de l'autre je me pince l'arrête du nez. Silence, j'ai besoin de silence. Ça ne prend que quelques secondes mais c'est nécessaire. Une fois ces secondes écoulées je relâche une nouvelle fois mes bras qui retombent le long de mon corps, mes mains accrochent la table comme tout à l'heure, le tout en lâchant un nouveau soupir.

« Toutes ces choses que vous avez dites … ça m’a mis hors de moi, sans parler du reste, et quand j’en arrive à ce stade je ne réfléchis plus vraiment à mes actes. L’impulsivité a plus ou moins toujours fait partie de moi et j’ai juste … j’aurai pu couper n’importe où ailleurs, ça n’était pas délibéré ou en tout cas pas fait dans le but de briser vos lignes. Je crois que sur le moment tout ce que je voulais c’était faire couler votre sang et me venger ou quelque chose comme ça. »

Je les entends encore ces putains de mots, ceux que j'ai entendu trop de fois quand ils étaient encore là, ceux que j'ai toujours eu la trouille d'entendre sortir de la bouche de ma propre famille, ceux qui ont été prononcé par mon propre frère à une certaine époque. Des mots qui font mal, des mots que je ne tolère pas et que je ne tolèrerai jamais. Qu'est ce que j'en ai à foutre d'avoir le sang Pur ? Qu'est ce que ça veut dire cette connerie au juste ? Une connerie, voilà, rien de plus et rien de moins. Je suis tombé amoureux d'une personne sans l'ombre d'une étincelle de Magie, j'en ai payé le prix, et je le paierai peut être toute ma vie, mais rien ni personne ne pourra m'éloigner de ça, de lui, et de mes convictions. Pas même mon propre sang. Ce sont des Non-Magiciens qui ont eu raison de la vie de mon Grand-Père et si j'ai ressenti de la haine l'espace de quelques heures ce sentiment s'est rapidement estompé. C'est une invention Moldue qui a coûté la vie à mes parents mais personne ne les a forcé à monter dans cette putain de bagnole et moi non plus d'ailleurs, qui plus est sans Taylor on n'aurait jamais eu d'accident alors ça ne rentre pas non plus en considération.

« J’ai pas voulu porter atteinte à votre don ou peu importe ce que c’est. »

Et non, ça n'est pas du mépris même si ça pourrait en avoir l'air.

« Et je le regrette, j’aurai du garder le contrôle tout comme j’aurai juste préféré qu’on n’en arrive pas là. »

Comme pour pleins de choses, mais c'est la vie. Je sais que j'ai sans doute l'air blasé comme si la vie n'avait plus le moindre intérêt mais ça n'est pas le cas. Je ressens encore beaucoup de choses positives même si parfois la fatigue et la lassitude me rattrape. Je m'accroche, je n'arrêterai jamais de m'accrocher.

« Vous le pensez vraiment ? Tout ce que vous avez dit ce jour là. »

Je sais que poser cette question est un risque mais tant pis.
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Lun 19 Mai 2014 - 22:44

« Mais je veux savoir. Je dois si cette entaille est le fruit de mes actes ou de votre réflexion. »
« Ça n’était pas volontaire ou en tout cas pas dans ce sens là. »

Phædre se sent défaillir un instant et alors que son corps tendu semblait vouloir se rompre, il devient une éponge qui boit à en vomir l’offensive parole du jeune loup. Condamnation sans appel, elle tourne la tête, ne le regarde plus, n’en a plus envie. Ce qui l’importe, là, c’est la douleur sourde, comme un acouphène, qui se déplace lentement sous sa peau glacée par l’effroi. Phædre se rend compte un instant que sa respiration est coupée, alors elle avale un grand bol d’air d’un coup, incapable de cacher l’horreur, la stupeur qui modèle son visage et lui donne un air fragile, presque humain. Ses cheveux cachent l’expression, bien heureusement, elle ne veut pas tomber face à lui mais sait pertinemment que c’est trop tard. Elle n’a plus envie qu’il parle, pourtant elle sait qu’il va le faire, qu’il va replanter le couteau comme elle a put le faire. Les bruits de l’extérieur, les craquements du bois, la respiration de l’élève, tout s’est échappé dans un cadre spatio-temporel différent qui exclue Phædre de la moindre parcelle de sa peau à celle de son âme. Elle se courbe, comme le roseau, mais à la différence de la plante, le professeur sent qu’elle peut plier à tout instant, comme si chaque seconde la rapprochait d’un ravin duquel elle ne sortirait jamais, aussi embourbé que son esprit fractionné.

« Toutes ces choses que vous avez dites … ça m’a mis hors de moi, sans parler du reste, et quand j’en arrive à ce stade je ne réfléchis plus vraiment à mes actes. L’impulsivité a plus ou moins toujours fait partie de moi et j’ai juste … j’aurai pu couper n’importe où ailleurs, ça n’était pas délibéré ou en tout cas pas fait dans le but de briser vos lignes. Je crois que sur le moment tout ce que je voulais c’était faire couler votre sang et me venger ou quelque chose comme ça. »

Pas fait dans le but de briser vos lignes. Pas fait dans le but de briser vos lignes. Ce n’est pas fait dans le but de briser ses lignes. Phædre n’arrive à retenir un hoquet de stupeur, les faits sont là, une fois de plus, elle se sent coupée du monde et faiblit, pâle comme la mort, le regard blessé figé dans les lignes brouillées des cours de son frère, Dimitri. Elle ne veut pas redresser la tête, tremble, son corps mou transformé en loque. Phædre savait qu’elle avait une chance sur deux de s’en sortir la tête hors de l’eau : mais c’est définitif, elle se noie. Un sifflement aigu s’échappe de ses lèvres, incapable de protéger sa voix de partir en vrille. Une main posée sur la bouche, c’est Elizaveta qui contrôle le corps coupé de ses fils, mais c’est Phædre qui voudrait hurler sa peine. Elle sait, maintenant, que c’est elle qui a brisé ses propres lignes. Le gamin a porté le geste, mais c’est sa main funeste qui l’a guidé, c’est elle-même qui a tracé de l’entaille sur sa peau, qui a fait coulé le sang, pur, mais détesté. Phædre a envie de pleurer, la pluie se forme dans sa gorge, son corps vogue incapable d’attraper. L’eau s’infiltre dans ses poumons et c’est la seule force d’Elizaveta, sa barrière naturelle, qu’elle arrive à récupérer un peu d’air pour rester consciente. Des vertiges secouent sa vue, Phædre pose son front dans la main maudite, serre son crâne comme pour lui intimer de se stabiliser. Elle ne sait pas si sa vue est brouillée par le malaise approchant ou les larmes qui montent à ses yeux. La première proposition étant plus plausible que la seconde, Elizaveta ne pleure pas, et c’est elle qui mène la danse. La faiblesse est grande, rude, mais c’est une guerrière, il n’y a pas plus bornée que cette affreuse femme originaire des abysses.

L’élève reprend la parole, c’est comme un soubresaut venu du monde réel, à où elle n’a plus sa place. Phædre ne comprend pas cette réalité là, n’arrive pas à assimiler les lois de cet univers, de ces milieux sociaux mélangés. Elle n’arrive pas à confronter sa vision à celle des protocoles universels qui régissent le monde dans lequel elle a été, de force, propulsée. Parfois, il vaudrait mieux mourir. « Il vaut mieux brûler franchement que s’éteindre à petit feu. »

« Et je le regrette, j’aurai du garder le contrôle tout comme j’aurai juste préféré qu’on n’en arrive pas là. »

Phædre n’a pas entendu ses paroles, plus tôt, trop occupée à ramper pour atteindre le seuil suffisant de conscience pour se mouvoir, parler, agir. Elle se sent privée de tout instincts, de l’aspect sensoriel de sa misérable carcasse. Toute énergie l’a quittée, elle n’a pas envie de se réveiller, pas envie de crier, juste de laisser tomber le poids de ses actes sur le sol, et de pleurer sur l’enfant qui n’est plus dans son cœur. Sa haine, pourtant, n’est pas en reste et se fait sentir dans les respirations qu’elle peine à reprendre. Le professeur a l’impression qu’elle pourrait désormais tout entendre, après ça, que rien ne pourrait lui faire plus mal, que même le corps de son père ne lui ferait pas peur tant son être semble assujettit, rendu inaccessible et immobile au milieu d’une guerre qu’elle n’arrive pas à comprendre. C’est un gouffre dans lequel elle se plonge comme si c’était l’ultime solution capable de la sauver. Mais ce qui se passe là est bien le signe que ses histoires de boucles dans les lignes, existe. La mal qu’elle a fait, et bien, elle s’est rendue la pareille. Toute seule comme une grande, comme une belle abrutie. Elle a poussé le garçon dans ses retranchements, c’est comme si c’était elle qui s’était faufilée derrière lui, et l’avait obligé à entailler sa main. C’est comme ça désormais qu’elle conçoit les choses et, globalement, elle n’a pas tort. Phædre ne ressent plus ce plaisir malsain à être le tortionnaire, ni la soumission amicale d’une victime qui n’en est pas réellement une. Elle ne se sent rien. Comme un humain en reste jeté au bord de la route, et dans cet instant fatidique, prend en compte l’amplitude de ses actes, des gestes qu’elle a fait, des horreurs dites, pensées, mises en pratique. Peut-être qu’à ce moment précis gucci by gucci Phædre « prend conscience ». Une notion complètement abstraite pour cette femme qui n’a jamais été plongée ni éduquée pour vivre dans ce monde, dans cette société à peine connue, effleurée. Phædre ne sait pas. C’est un fait, qui guide sa vie, qui fait qu’elle ne se soucie de rien, ni de personne, puisqu’elle a commencé seule. Toute la réalité cosmique la touche comme ça aurait du le faire, pour une personne « normale ». Elle souffle, se raccroche à un rayon de soleil qui atterrit sur le bureau pour se rappeler l’espace-temps dans lequel elle se situe réellement. Dans la vraie vie, celle qu’elle fuit.

Phædre n’a pas envie de l’entendre dire qu’il regrette, ses paroles de grand sage l’irritent, contre son gré. Son corps mou, atone, tarde à se réveiller. Elle souffle longuement, comme pour reprendre le contrôle sur ses pulsations cardiaques et relève la tête. Son visage n’est plus teinté par la rogue habituelle, cette fierté dont on parle tant, mais essaie de rester de marbre. Elle a du mal à contenir la flamme affaiblie, la souffrance de son regard. Pataude, un peu maladroite, secouée de tremblement, Phædre tente de se redresse. Ce n’est pas un franc succès, mais elle y arrive petit à petit, les bras sur les accoudoirs comme aide précieuse pour ne pas s’écrouler. Elle est ébranlée jusqu’à l’âme, un souffle et elle se brise. Le professeur croise ses jambes, respire franchement mais sa fébrilité est palpable. Se donner des grands airs est une torture, qui plus est inefficace, mais elle ne veut pas perdre la face. Si Phædre est un monstre, cruelle et sans pitié, incapable de penser comme tout être normal, elle reste néanmoins une battante, une guerrière implacable qui ne lâchera qu’à son dernier souffle. A voir sa face cadavérique, il semblerait qu’elle ne soit pas loin. La brune soutient le regard de l’élève, puise la force de rester droite dans cet échange.

« Vous le pensez vraiment ? Tout ce que vous avez dit ce jour là. »

La question l’ébranle à peine, mais ça suffit à ce qu’elle ferme les yeux, un moment. Doucement, elle se remémore ses paroles, pèse ses mots. Des choses qui lui ont étés apprises, qu’elle ressent et comprend. La ségrégation n’est pas un mot qui fait parti de son vocabulaire, mais de son caractère, finalement. Cela s’applique à tout un chacun, ça lui paraît normal et fondé comme le pilier de son monde. Celui que personne n’arrivera jamais à identifier. Malade, c’est sur, déconnectée, encore plus. Comment une personne aussi vive d’esprit qu’elle ( si on exclue les moments ou Phædre se déclare plante verte ) n’a pas réussi à faire la part des choses et à comprendre ça ? Bloquée à l’époque de l’éducation maternelle.
Phædre sait pourquoi ces mots sont sortis de sa bouche. Elle était en colère et anesthésiée en même temps, incapable de supporter la présence de son sang mélangé à celui d’un autre. Le partage de la pureté. L’union qui a mit sa vie à sac, celle de son père et d’une moldue. Phædre n’a fait que rejeter la situation sur Enzo et son ami, quand elle a prononcé les paroles fatales, c’était à son père qu’elle les adressait. L’union bâtarde. Indésirable. C’est bien que ce la brune a dit.
Lorsque Phædre ouvre à nouveau les yeux, c’est pour les baisser : loin d’un signe de reddition, c’est pour reprendre constance. Ça ne marche qu’à moitié, mais elle tient la longueur. Enzo a devant une femme brisée par ses propres soins, l’auto-destruction est une option que son professeur n’avait jamais imaginée. Pour un moment, elle pense comprendre la douleur de ce garçon attaqué pour son don. Elle n’a pas envie de réfléchir à ses paroles, lui a déjà dit qu’elle ne lui ferait pas de cadeau.

Mais pour cette fois, assumera les conséquences de ses paroles. Il aura le droit de venir lui retourner « une droite », elle le laissera faire, n’aura jamais la force qu’il possède. Elle ne lui dit rien, mais c’est tout comme. Phædre n’abandonne pas, ne signe pas sa soumission, mais se soulève et soutient, coups ou pas coups, mépris ou pas.

« J’ai toujours pensé et qualifié votre attitude d’abomination. »

Ton sans appel. Ce n’est pas plus contre lui que contre n’importe qui d’autre d’ailleurs, mais c’est sans doute de cette manière seulement que Phædre est capable de réagir.

« Vous, ou n’importe quels autres. Sang-pur et moldu ne devraient pas se mélanger, c’est ainsi que je l’ai appris. »

Les couples gays ? Oh, peu lui importe, tout le monde a le droit de s’aimer. Mais mélanger des sangs est un blasphème dans sa famille. Cependant, son jugement est revu depuis quelques temps. Dimitri. Le nom de tous ses questionnements. Phædre ne lui laisse pas le temps de répliquer et fait fi de la tension qui émane du garçon.

« C’est une telle union qui a causé notre malheur. » Celui de Phædre, et d’Elizaveta. Et celle d’Alec, de sa mère, et Dimitri. Et la moldue de mère de ce dernier. Tout le monde a souffert de cette union. Non, c’est Elena, la fautive, c’est elle le dragon qui garde la princesse dans sa tour depuis tant d’années, et qui ne cesse de la hanter malgré sa mort.

« Cependant… Ce jugement était hâtif. Dirigé contre vous et votre ami sans que vous n’en soyez la cause réelle. Vous n’avez été qu’un prétexte pour expulser toute ma… colère. Je l’avoue. Il me semble que mes lèvres vous ont cité pour ne pas avoir à caser d’autres noms. C’est moi qui vous ai cherché, je vous ai dirigé à l’abattoir, le chauffeur et le boucher à la fois, j’ai fais ce qu’il fallait pour vous sortir de vos gonds, je vous ai manipulé, pour faire de vous un exutoire en chair et en os, capable de me répondre, pas un sac de sable dans lequel on tape et qui retombe mollement. J’ai été marionnettiste, tortionnaire, dictateur et poison. »

Phædre reprend son souffle, sa respiration longuement arrêtée pour ne pas cesser le flot de ses paroles. Elle savait que si elle s’arrêtait, c’était pour toujours.

« Je l’ai pensé. »

Il a sa réponse, Phædre, de manière inédite, se sent désolée de s’exprimer.

« Je l’ai pensé, parce qu’il n’y a qu’ainsi qu’il m’a été donné de me protéger. »

La faiblesse au grand jour. Phædre articule une dernière phrase. Aucune honte et aucune fierté non plus. Rien. Elle soutient le regard de l’adolescent, et presque impétueuse dans le regard, elle achève, placide :

« Je vous prie de bien vouloir considérer mes regrets à ce sujet. »
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MessageSujet: Re: Nothing's impossible. • Enzo   Mar 20 Mai 2014 - 16:54

Pourquoi est ce que j'ai posé cette question ? A la seconde même où le silence s'installe je regrette d'avoir prononcer ces mots. Je n'ai pas envie d'avoir de réponse, comme si … comme si au fond de moi je savais déjà que ça me ferait plus de mal que de bien. Qu'est ce que ça changera de toute façon ? Rien, absolument rien. Ça ne changera rien que je sache si oui ou non elle pensait chaque mot qu'elle a prononcé ce jour là. Absolument rien ne me relie à cette femme alors qu'est ce que ça peut me faire qu'elle soit de ceux qui ne tolèrent pas le mélange des Statut de Sang ? Rien, absolument rien. Qui est ce que j'essaie de convaincre sinon moi ? Non je ne comprendrai jamais qu'on puisse penser de cette façon. Le silence dure un temps, son langage corporel en dit long : Elle ferme les yeux, sa tête se porte de façon relativement basse mais quand ses yeux viennent rencontrer les miens à nouveau je retiens mon souffle sans pouvoir y faire quoi que ce soit.

« J’ai toujours pensé et qualifié votre attitude d’abomination. »

Le couperet tombe. Ton glacial, implacable, elle pense chaque mot de ce qu'elle dit, chaque mot qu'elle a prononcé la dernière fois. Une abomination … Comment deux personnes qui s'aiment peuvent elles être une abomination ? Je sens en moi beaucoup d'émotions qui se mélangent mais je n'en reste pas moins statique, statue coincée dans la stupeur. Son discours me fait peur, il me plonge bien plus loin que cette « simple » conversation et fait ressortir des angoisses, un sentiment d'injustice, qui se montre un peu trop présent ces derniers temps alors qu'il s'était jusqu'ici un peu calmé. Est ce que le retour en Australie a soulevé certaines choses ? Je crois que oui. Certes mon frère a fini par s'y faire même si je sais parfaitement que ça ne le fait pas sauter au plafond pour autant. Grand-Mère n'a jamais porté aucun jugement, n'a fait aucun commentaire sur la question et a accepté Kyle comme elle n'aurait pas pu mieux le faire mais je ne peux pas m'empêcher de penser que si Grand-Père avait été encore là elle se serait rangé de son côté et par extension celui de tout le reste de la famille. La grande et belle famille Ryans dont je suis le vilain petit canard et encore ils sont loin du compte. J'ai toujours été en marge, bien plus que mes parents, mais si jusque là ça ne me pesait pas plus que ça aujourd'hui je me rends compte du décalage et ça me fait mal de ne pas pouvoir être moi même avec mon propre Sang qui finalement ne sait rien de moi ou presque. Est ce qu'un jour ils l'apprendront ? Est ce qu'un jour j'aurai le courage de leur tenir tête et de leur crier haut et fort que je ne suis pas comme eux et qu'ils n'ont pas d'autre choix que de l'accepter ? Je n'en sais strictement rien mais les savoir loin de moi est un soulagement que je ne peux malheureusement pas nier. Me détacher d'eux, définitivement, je ne vois pas ce que je peux faire de plus. Juste … disparaître, je crois. Je ne renierai pas celui que je suis pour eux, pour leurs critères, tout comme je ne renierai pas non plus Kyle et ce qui nous relie parce que c'est lui ma véritable famille maintenant – sans exclure Derek et Grand-Mère évidemment – et ça me tue de devoir encore me battre pour ça après tout ce qu'on a déjà vécu. Mais c'est la vie, c'est ça ? Elle fait vraiment chier parfois, la vie.

« Vous, ou n’importe quels autres. Sang-pur et moldu ne devraient pas se mélanger, c’est ainsi que je l’ai appris. »

Nouvelle claque. Je ne m'énerve pourtant pas et reste stoïque même si intérieurement le combat s'installe. Oui j'ai envie de hurler, de tout casser, mais à quoi bon ? Elle a ses convictions et j'ai les miennes, elles sont différentes. J'en ai assez de tenter de tout bousculer pour essayer de faire admettre aux gens qu'ils ont tort de penser comme ils le font. Nous sommes une abomination, soit, ça ne changera rien aux faits. J'ai envie de hurler, certes, mais pas seulement. Des émotions différentes qui convergent en moi actuellement il y a également la lassitude et la peine. Bien sur que ça fait de la peine d'entendre ça, d'avoir l'impression d'être une erreur.

I can't drown my demons, they know how to swim.

Eternel angoissé, encore et toujours. Le rythme cardiaque accélère, j'ai l'impression que mon coeur va exploser, qu'il veut exploser. Toute cette tension que je ressens, que je retiens tant bien que mal. Une putain d'abomination ! C'est juste la meilleure chose qui me soit arriver dans toute ma vie ta putain d'abomination ! C'est ce qui m'a fait tenir jusqu'ici, en partie. Ça, Lui, et Loup. Loup … Pour certains c'est lui l'abomination non ? Comment on s'en sort de tout ça, dis moi ? Pourquoi est ce que les gens se sentent obligés de donner leur opinion sur des choses qui ne les regarde absolument pas ? Cette fois c'est différent puisque j'ai délibérément posé la question mais bien souvent les bouches s'ouvrent sans qu'on ne les y ai invité et ce qui en sort n'est jamais agréable à entendre donc même si j'aimerai m'en foutre ça n'est pas le cas. Abomination, vermine, insecte à écraser. Et voilà, c'est trop tard, tout se mélange encore et toujours dans ma tête. Si je m'écoutais je poserai mes mains sur mes oreilles pour ne plus l'entendre … Laissez moi sortir d'ici … Laissez moi sortir de ma tête ...

« C’est une telle union qui a causé notre malheur. »

Pardon ? Je ne comprends plus et cela doit se voir sur mon visage. Notre malheur ? C'est à dire … le sien et celui de son frère peut être ? Qu'est ce que Kyle et moi venons faire là dedans au juste ? Cette fois c'est la colère et ce sentiment d'injustice qui ne me quitte pas qui finalement débarquent de concert. Rythme cardiaque rapide mais régulier. Étrange.

« Cependant… Ce jugement était hâtif. Dirigé contre vous et votre ami sans que vous n’en soyez la cause réelle. Vous n’avez été qu’un prétexte pour expulser toute ma… colère. Je l’avoue. Il me semble que mes lèvres vous ont cité pour ne pas avoir à caser d’autres noms. C’est moi qui vous ai cherché, je vous ai dirigé à l’abattoir, le chauffeur et le boucher à la fois, j’ai fais ce qu’il fallait pour vous sortir de vos gonds, je vous ai manipulé, pour faire de vous un exutoire en chair et en os, capable de me répondre, pas un sac de sable dans lequel on tape et qui retombe mollement. J’ai été marionnettiste, tortionnaire, dictateur et poison. »

Rire sec de ma part, nerveux et pleins de ressentis. Une putain de marionnette, un pantin, encore et encore. Nouvelle envie de hurler, quelque chose comme : Foutez moi la paix et oubliez moi. Oui, un truc dans ce goût là. Qu'est ce que j'en ai à foutre de sa vie et de ses états d'âme ? Rien. Quedal. Pourtant j'ai du en payer les pots cassés et je me suis laissé avoir comme un bleu. J'enrage intérieurement, contre elle certes mais sans doute encore plus contre moi. Foutue impulsivité de merde, foutue fierté à la con, mais rester planté là sans rien faire et sans rien dire aurait été encore pire pour mon estime. Ce qui est fait est fait, je ne crois pas que ça soit utile de revenir là dessus. Elle s'est servi de moi comme punshing ball, est ce que je ne l'ai jamais fait moi même avec d'autres ? Si, bien sur que si. Ça n'efface rien, ça n'enlève rien, ça n'excuse rien, mais c'est comme ça.

« Je l’ai pensé. »

Raté du cœur, c'est presque systématique. Mes mains se crispent autour du bois de la table contre laquelle je repose toujours. Mon regard fixé droit sur elle je ne scille pas, par je ne sais trop quel miracle. Peut être simplement parce que j'ai parfaitement conscience que réagir n'arrangera rien, que ça ne fera même qu'empirer les choses. Assume Enzo, voilà ce que la petite voix dans ma tête me souffle à intervalles régulières. Tu as voulu savoir alors assume.

« Je l’ai pensé, parce qu’il n’y a qu’ainsi qu’il m’a été donné de me protéger. »

Je crois que je n'écoute plus mais dire que ses paroles n'ont plus d'impact sur moi serait mentir. L'oppression me prend la gorge avec un sentiment d'urgence : Je veux sortir de cette pièce. Maintenant. Tout de suite. Je ne veux plus avoir son visage en face de moi, je ne veux plus entendre sa voix ni celle de n'importe qui d'autre. Elle peut avoir toutes les bonnes raisons du monde pour penser de cette façon elles ne seront jamais suffisantes pour moi même si c'est injuste et égoïste.

« Je vous prie de bien vouloir considérer mes regrets à ce sujet. »

Un ange passe, je la regarde, observe sa droiture, soutien son regard insondable, puis finalement hoche la tête. Elle regrette, je ne sais pas si elle pense ce qu'elle dit mais j'ai le sentiment que c'est le cas. Alors ça y est, les choses ont été dites et on repart de zéro comme s'il ne c'était rien passé ? Rien ne pourra effacer les mots et les gestes, que ce soit les siens, ceux de son frère, ceux de Derek ou les miens, mais on va tous faire avec et passer à autre chose maintenant, n'est ce pas ? J'ai plus de force pour ce genre de conneries, plus envie de me prendre la tête avec ces trucs. Vivre et laisser vivre, hein ? Oui, c'est comme ça qu'on devrait tous faire.

« Parlons plus de ça, si vous êtes d'accord. »

Ça fait quelques secondes déjà qu'elle s'est tu et je crois que c'est ma manière à moi de lui faire comprendre que je l'ai entendu, ma manière à moi de clore ce chapitre en espérant ne plus jamais en étendre parler. A partir de maintenant elle redevient une Prof comme les autres, et moi un élève comme les autres. Le reste n'a plus d'importance ou en tout cas je l'espère mais une autre question se pose : qu'est ce qu'on fait maintenant ? Coincés ici comme deux bêtes en cage, livrés l'un à l'autre sans savoir pourquoi ni par qui et dénué de capacité à utiliser la Magie pour sortir. Seule une émotion un peu trop forte pourrait éventuellement changer les choses mais je crois que pour une fois nous avons tous les deux suffisamment de contrôle sur nous même pour que ça n'arrive alors tout ce qu'on peut faire c'est attendre que ça passe et que quelqu'un daigne enfin ouvrir cette fichue porte pour nous rendre notre liberté.

Une chose est certaine, je ne suis pas décidé à déserrer les lèvres jusqu'à ce que cette porte s'ouvre enfin et ne supportant plus l'immobilité je ramasse mes poings encore crispés par la tension, les ramasse dans mes poches et me redresse pour finalement me diriger vers la fenêtre. Mon regard s'ancre sur l'extérieur, je ne lui tourne pas totalement le dos mais mes sens demeurent aux aguets malgré tout. Encore une fois la méfiance et l'instinct de préservation et de survie prennent le dessus, c'est en partie grâce à eux – et une chance insolente – si je suis encore en vie aujourd'hui et ça je ne l'oublie pas.

Le temps passe, le silence devient étouffant, puis soudain le cliquetis de la porte se fait entendre. Je tourne la tête dans un geste vif lorsqu'elle s'ouvre, sur la défensive, mais tout ce que je vois c'est nos deux baguettes qui flottent dans l'air et ce sentiment d'urgence qui s'empare de moi à nouveau. Je jette un regard à la Professeur et mon myocarde s'emballe d'un coup. J'ai beau penser dur comme fer qu'elle ne me fera rien, il persiste toujours cette crainte qu'elle change d'avis ou déconnecte sans me laisser la moindre chance. Il faut que j'attrape ma baguette avant elle et que je me sauve, voilà les pensées que je ne peux retenir. Un instant c'est comme si le temps s'arrêtait, moment de flottement, et tout reprend vie. Je me décale de la fenêtre, attrape ma baguette puis mon sac sans demander mon reste et traverse la salle d'un pas un peu trop rapide pour être tranquille.

« Bonne journée Mlle Hunt. »

Cette phrase à peine terminée je suis déjà dans le couloir et ne m'arrête pas avant d'avoir atteint le Hall. Hésitation. Grande Salle ? Tout le monde commence déjà à sortir, le déjeuner est terminé et les cours vont bientôt reprendre si j'en crois l'heure affichée sur ma montre. Je l'admets, l'idée de sécher m'a traversé l'esprit mais en bon petit soldat j'ai simplement remonté les étages jusqu'au troisième pour aller attendre devant la Salle de DCFM.

▬ Fini pour moi ▬

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