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 « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn

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MessageSujet: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 13 Jan 2014 - 11:27

Samedi 04.10.2014
Au milieu de la nuit


Première semaine d'octobre. Le vent s'intensifiait sur les plaines écossaises, jouant avec les feuilles des arbres qui avaient pour beaucoup déjà bien commencé à prendre des teintes jaunes-orangées. Le froid s'installait chaque jour un peu plus, le soleil faiblissait, les jours se faisaient plus courts. Caitlyn aimait bien prendre du temps pour observer l'évolution, en apparence pareille d'année en année mais en détail tellement différente et particulière à chaque fois, de la nature qui effectuait son cycle annuel. C'était captivant, fascinant, et c'était relaxant. Ça la rendait calme et sereine, ça la mettait de bonne humeur. Elle ne demandait pas grand chose pour être heureuse dans la vie. S'identifier à la nature, se laisser porter par le flot de la vie, c'était tellement simple et tellement reposant. Cette modestie, cette humilité qu'elle éprouvait lui permettaient d'oublier ses soucis personnels. Des soucis humains, puérils devant l'immensité de la beauté qui l'entourait. Au fond, ça ne valait pas la peine de se tracasser pour des histoires de famille, d'amour, ni de haine. Caitlyn n'était pas croyante, elle ne pensait pas que leurs avenirs étaient tracés par un Dieu tout puissant qui les regardait du ciel et veillait sur eux. Mais elle savait qu'ils n'étaient qu'une infime partie d'un tout énorme et beau, parfait. La vie avait ses règles et ils ne faisaient que les suivre. Ils avaient leur propre intelligence et capacité de prendre des décisions, mais ça aussi ça faisait partie des choses naturelles. Alors oui, quelque chose les regardait, quelque chose les entourait et observait chacun de leurs mouvements, chacun de leurs succès, mais aussi chacun de leurs échecs. Et pour ce quelque chose, ces mouvements, ces succès et échecs, ce n'étaient que des toutes petites actions, des actions insignifiantes, éphémères. Lorsqu'elle s'identifiait à la nature, lorsqu'elle se classait volontairement dans cette immensité, elle se rendait compte que ses joies et ses tristesses n'étaient que passagères. Qu'il fallait en tirer le plus possible, mais qu'il ne fallait pas leur accorder plus d'importance que ça au final. Elle s'en remettrait. Elle n'en était pas morte alors il n'y avait aucune raison de se dire qu'elle en mourrait. Tout le monde se remettait, tout le monde se relevait après être tombé, et avec le temps, toutes les blessures finissaient par se refermer, aucune ne restait ouverte. Les cicatrices demeuraient plus ou moins visibles aussi bien physiquement que psychologiquement, mais on s'y faisait, on vivait avec.

En parlant de cicatrices, il fallait avouer que celles qui lui barraient l'abdomen étaient bien douloureuses, surtout lorsqu'elle était en équilibre sur son balai, une batte à la main, et qu'elle étendait son bras et son corps pour frapper le cognard. Des tiraillements, des picotements. Parfois une douleur plus profonde, fulgurante, lancinante, si vraiment le mouvement était inapproprié, que ce soit en longueur, en direction ou en force. Elle ne savait pas si elles arrêteraient de lui faire mal un jour, et encore moins si elles disparaîtraient, mais elle avait plus ou moins compris quelles étaient les contraintes qu'elles imposaient à ses capacités physique, et elle faisait avec. Il lui arrivait de laisser passer une grimace parfois, mais pas plus. Et puis, le Quidditch en tant que tel lui faisait énormément de bien. Il lui permettait de se défouler, de s'épuiser au point de ne même plus avoir la force d'aligner deux pensées cohérentes, et ça, c'était un gros avantage pour quelqu'un qui, comme elle, était justement tracassé par ses propres pensées. Mais lorsqu'elle ne se réfugiait pas dans la nature ou sur le terrain, ses souvenirs finissaient toujours pas la rattraper. Ça faisait trois mois qu'elle avait appris l'assassinat de sa famille, et ça faisait un mois qu'elle avait rompu avec Elias, mais, manifestement, elle n'avait toujours pas réussi à s'habituer à la solitude dans laquelle elle s'était retrouvée en conséquence. Elle finirait bien par s'y faire, à ça aussi, très certainement. Tout comme elle s'était faite aux marques physiques qu'avaient laissé les supérieurs par leur passage, elle se ferait aux traces invisibles qui étaient restées elles-aussi. Mais en attendant, elle n'en menait pas large, se sentait abandonnée, et était la seule responsable de son isolement. Les rares personnes qu'elle avait laissé l'approcher avaient été ses amis les plus proches. Aelie en premier lieu, et aussi Dylan et Rafael, puis Casey et Jeroen aussi mais pour ces deux derniers, c'était encore autre chose. Alors, ces derniers temps, elle faisait des efforts pour revenir vers les gens qu'elle avait rejetés lorsqu'elle se trouvait au plus bas, mi-juillet et mi-septembre, et redevenir celle qu'elle était, celle que tout le monde connaissait. Une fille un peu plus ouverte, plus motivée. Ce n'était même pas pour les autres qu'elle le faisait, c'était pour elle-même. Elle savait que le temps refermerait les berges des plaies, et d'ici là, il lui faudrait simplement ne pas nager à contre-courant, ne pas s’enliser dans les sables mouvants de ses souvenirs et autres pensées douloureuses, mais plutôt essayer de s'en extraire.

Mais si pendant la journée elle sentait son état s'améliorer, les nuits au contraire étaient des périodes qu'elle redoutait. Son sommeil était très agité depuis plusieurs semaines, elle faisait des rêves dont elle il ne lui restait au réveil que l'impression désagréable, le cœur battant parfois, et la peau moite. Pourtant, elle s'estimait heureuse lorsqu'elle parvenait à s'endormir, car les heures passées à attendre le sommeil étaient probablement les pires. C'était pendant ces heures-là qu'elle se prenait le plus facilement dans une tornade de pensées qui l'emprisonnaient et l'affaiblissaient. La première fois qu'elle avait quitté son lit à cause de ça, ça avait été le mardi d'après leur rupture. Elle avait marché dans le parc, regardé les étoiles, écouté le vent et s'était endormie sur un banc de pierre dans une position assez inconfortable certes, mais avec au moins la bonne impression d'avoir dormi sans cauchemarder. Depuis, elle s'était arrangée pour ne plus jamais s’endormir autre-part que dans ses couvertures, mais elle sortait régulièrement se promener, pour profiter de la sérénité, du calme, de la nature et du château endormis. Elle apprenait des choses nouvelles à chaque fois, observait la nature comme elle pouvait le faire en journée aussi, et s'y identifiait probablement encore plus facilement, du fait qu'aucun autre humain ne l'entourait, et qu'elle était donc vraiment qu'un petit élément d'un puzzle à plusieurs milliards de pièces.

Elle savait qu'il fallait qu'elle aille de l'avant, elle voulait se détacher de tout ce qui s'était passé et juste continuer à vivre sa vie, à profiter des bons moments et passer par-dessus les moins bons. Elle voulait juste se laisser porter par le flot des jours, sans repenser incessamment au passé. Vivre au jour le jour, vivre la vie comme elle venait, accepter les choses telles qu'elles lui apparaissaient et ne se préoccuper ni de la veille ni du lendemain. Dans l'absolu, c'était impossible et irraisonnable, certes, car on se rapportait toujours à un certain vécu, et on visait toujours un certain but. Mais elle sentait qu'elle en faisait beaucoup trop, à propos de choses qu'elle ne changerait pas de toute manière. Elle se torturait elle-même, elle en était consciente, et elle en avait marre. La nuit, c'était le pire. Elle avait toujours aimé la nuit pour la sérénité qu'elle apportait, mais quand elle se retrouvait toute seule, allongée sur le dos dans son lit, les yeux grands ouverts et l'esprit complètement ailleurs, elle ne trouvait absolument pas ça reposant. Au contraire, elle avait l'impression que ses pensées redondantes et déprimantes l'épuisaient, et vu que de toute manière elle était condamnée à passer une nuit blanche, autant essayer de s'occuper autrement histoire d'empêcher un tant soit peu l'accès de ces pensées à son esprit. Elle avait déjà fait ça plusieurs fois, pendant les trois dernières semaines. Elle sortit de son lit, enfila un jogging un peu baggy et un gros sweat à capuche par-dessus son pyjama léger, quitta le dortoir. Elle ne savait pas trop où ses jambes la porteraient cette fois-ci, mais elle comptait les laisser faire. Contemplant les murs de Poudlard comme si c'était la première fois de sa vie qu'elle les voyait, elle descendit les escaliers de la tour des Ravenclaw, traversa des couloirs, emprunta d'autres escaliers, et finalement se retrouva devant l’accès aux escaliers qui menaient à la volière. Elle allait les emprunter, par automatisme, quand elle se souvint que la statue qui se trouvait à côté permettait l’accès à d’autres hauteurs, des hauteurs plus sombres et plus mystérieuses que ne l’était la volière. Et bientôt, elle se trouvait sur des escaliers en bois, vieux, grinçants et poussiéreux, et les gravissait avec cette lenteur solennelle couplée à cette hâte pleine d’excitation, caractéristiques de la découverte de lieux nouveaux. Elle se félicita une fois de plus d’avoir fait le choix de quitter son lit où l’immobilité la tenait prisonnière de ses pensées. Elle avait réussi à oublier tout ce qui l'obnubilait. Occuper ses jambes et ses yeux marchait toujours, si elle voulait arrêter de penser.

Il ne lui restait plus que quelques marches à monter lorsqu’un bruit étrange vint briser le silence presque religieux qui régnait en ces lieux. Une autre âme errante ? Peu probable. Un animal, plutôt. Un chat ou un oiseau. Rien de bien dangereux, de toute manière. Elle ouvrit donc la trappe au dessus d’elle, et réalisa qu’elle se trouvait probablement dans les greniers du château. Le sol était encore plus poussiéreux que les escaliers, des plumes traînaient çà et là, et de grosses caisses étaient alignées dans le fond de la salle. Une petite fenêtre sale laissait entrer des rayons de lune et éclairait la pièce d’une lumière argentée. Elle se sentait à l’aise, très à l’aise. Le bruit étrange avait disparu, et elle l’avait oublié. Elle finit d’entrer dans l’endroit et referma la trappe derrière elle. Avec précautions, elle fit quelques pas sur le vieux plancher douteux, ne cessant pas de regarder autour d’elle, s’imbibant les yeux du spectacle qui s’offrait à elle. Rien de très particulier, certes, le grenier de Poudlard était un grenier comme un autre, mais l’atmosphère qui y régnait était… magique. Unique. Fermant les yeux un instant, elle inspira profondément et passa ses deux mains dans ses cheveux. Lorsqu’elle les rouvrit cependant, elle n’était plus seule. Elle eut un haut le cœur et resta un instant bouche bée. Devant elle se trouvait un corps aux allures de zombie qu’elle reconnut au premier coup d’œil. Dans sa chemise blanche maculée de sang à plusieurs endroits, les yeux mi-clos, les cheveux collés par le sang aussi, la face pâle et des traces de violence partout sur sa peau, son homme. Son Elias. Celui qu’elle aimait plus que tout au monde. Elle en oublia de respirer, sentant les larmes envahir ses yeux. Il fit quelques pas en sa direction, puis ses genoux se dérobèrent en dessous de lui et au dernier moment, elle le rattrapa alors qu’il s’écroulait sur le sol.

« Elias ! Oh mon Dieu, qui t’a fait ça ? Elias, putain, réponds moi ! »

Elle se mit à secouer son corps inanimé, de grosses larmes coulant sur ses joues, incontrôlables. Non, ça ne pouvait pas être vrai ! C’était… c’était comme quand elle était venue le chercher aux cachots. Dans son esprit, elle revit tout ce qui s’était passé ces jours-là. Comment il s’était tordu de douleur, par terre devant elle, sans qu’elle ne puisse rien faire d’autre que hurler et pleurer de rage. Comment des spasmes l’avaient parcouru, les uns après les autres, sans début ni fin, et comment les trois supérieurs qui étaient venus les chercher se délectaient à la vue d’un pauvre gosse qui agonise et d’une gamine qui chiale, enchaînée sur un mur. Et comment, deux jours plus tard, il s'était écroulé plusieurs fois quand ils avaient essayé de fuir cet Enfer.

« NAAAAAAAAAAAN ! Elias ! C’est pas possible ! Nan, pitié nan, tu peux pas me faire ça ! Nan… »

Son dernier mot ne fut plus qu’un murmure. Se repliant sur lui et sur elle-même, elle laissa libre cours à ses pleurs, les sanglots secouant sa poitrine. Bruyamment, elle pleurait les larmes de son corps. Comme si la vie pouvait la quitter par le biais de ces gouttelettes d’eau salée. Recroquevillée dans la poussière, elle n’avait plus qu’une envie, celle d’y rester à jamais, d’y mourir.

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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 20 Jan 2014 - 13:42

Samedi 4 octobre 2014 – Dans la nuit
Please, don't leave me



Caitlyn & Enzo

Le calme de la nuit … Je crois que je connais peu de choses aussi agréables. Je n’ai pas l’intention de commencer à faire une liste là comme ça, ici, et maintenant, mais ça compte incontestablement dans les choses que j’aime le plus c’est une certitude. Avant, quand ils étaient encore là, on ne pouvait pas vraiment en dire autant mais depuis qu’ils sont partis et avec les vacances passées en Australie où j’ai pu également profiter de tout ça sans avoir peur qu’on me tombe dessus, j’ai redécouvert ce moment un peu spécial où le monde semble s’être arrêté. Enfin, le monde … un monde plutôt. Oui, un monde, parce que lorsque l’un s’endort l’autre se réveille. C’est comme une page qui se tourne, quelque chose s’efface et laisse sa place à un parallèle assez étrange. Je ne sais pas vraiment quelle heure il est, je n’ai qu’a lever le bras et regarder ma montre pour le savoir mais je n’en ai pas l’intention parce que ça n’a pas la moindre importance. Je sais, en tout cas je suppose, que certains doivent être entrain de faire la fête pendant que d’autres se sont isolés et puis il y a ceux qui dorment, tout simplement …

Moi je suis là, divaguant dans les couloirs, laissant mes yeux se perdent dans l’obscurité de l’extérieur dès qu’une fenêtre m’en donne l’occasion. Insomnie ? Non, pas vraiment. Je pourrais être entrain de dormir profondément avec mon homme mais je n’avais simplement pas envie de dormir alors voilà, j’ai pris l’option balade nocturne. J’irai probablement le rejoindre plus tard, éventuellement, ou alors j’attendrais que le jour se lève et je ferais l’impasse sur le sommeil si je trouve quelques choses de plus intéressant à faire que d’aller côtoyer Morphée. Je suis plutôt doué pour passer inaperçu si j’en ai envie et ça ne sera pas la première fois que je me glisse en douce dans son dortoir pour le rejoindre sous ses draps sans que personne d’autre ne s’en rende compte mais je ne dis pas que c’est ce que je ferais. Pour l’instant je ne me pose aucune question, je profite de ce calme et cette solitude en rêvassant sans but fixe. La Lune sera pleine dans 4 petits jours et je commence déjà à sentir ces ondes, ces picotements familiers qui me parcourent par moment des pieds à la tête. Ça n’est pas douloureux, pas pour l’instant, mais ça m’électrise déjà. Est-ce que j’appréhende ? Pas le moins du monde, j’ai même hâte, et certains jours je me surprends à penser qu’il n’y a pas assez de Pleine Lune dans un mois. Oui la transformation est une torture, et je me méfie toujours de certaines personnes, je reste sur mes gardes, mais changer, devenir un autre, devenir l’Autre, c’est une libération. C’est devenu comme une drogue, quelque chose que j’attends avec impatience. Dans quatre jours je serais sur mes quatre pattes entrain de sillonner la Forêt Interdite. Peut être que je chasserai, peut être que je tuerais, peut être que je croiserai Ever ou Jakob, peut être que je resterai simplement seul jusqu’à retrouver mon cher et tendre avant, après, pendant, peu importe … Je n’en sais rien et ça me va très bien comme ça. Je ferai ce que j’ai envie de faire et ce quand j’en aurais envie. Parce que c’est ma nuit, rien qu’à moi. A moi et à Loup. A nous.

Un instant je m’arrête, mes yeux noisette se posent sur l’Astre d’argent qui brille là haut. Elle n’est pas encore pleine mais sa lumière inonde tout le Parc. Elle m’appelle … C’est la sensation étrange qui me fait accélérer le cœur alors que ma main se pose à plat sur la vitre et mon sourire s’élargit. Crois moi, si je pouvais te rejoindre maintenant je le ferais sans hésiter une seule seconde. Mais l’heure n’est pas encore arrivée, je le sais, et je patienterai tranquillement en essayant de garder ce calme qui me caractérise actuellement. Ça fait du bien de se sentir aussi léger et ce sans raison apparente. Ces derniers temps n’ont pas été faciles d’un point de vu moral mais j’ai décidé de repartir sur une bonne pente et les choses sont beaucoup plus simples comme ça. Je me laisse un peu porter, je dois bien le dire, mais éviter les conflits au maximum, ne pas prendre la mouche pour tout et n’importe quoi, relativiser et profiter de chaque petit moment à fond, c’est une bonne façon d’arranger le quotidien. D’après moi j’ai eu tendance à être un peu trop centré sur moi-même et à ne voir que le négatif dans ma propre existence mais c’est fini. On va dire que c’était simplement le retour à une certaine réalité et un petit temps d’adaptation. Je prends les choses et les gens comme ils viennent et comme ils sont tout en gardant le cap sur des choses positives. Jillian n’est plus là certes mais on garde contact et j’ai bien l’intention de la revoir dès que possible. Je profite de chaque moment passé avec les gens que j’apprécie. Je peux surfer, courir, me dépenser et faire des choses que j’aime si j’en ai envie. Mon chat va bien et les créatures qui peuplent ce château me redonnent le sourire à chaque fois. Mon frère est là, pas loin, et je peux veiller sur lui de loin. Les cours se passent bien même si ça n’est pas évident tous les jours mais c’est le jeu, et puis je sais que je peux compter sur Kezabel – ou même Rosalyn par l’intermédiaire de ces cours – si jamais je ne m’en sors pas tout seul. J’ai régulièrement des nouvelles de ma Grand-Mère qui continue de vivre sa vie là bas en Australie. Ici on est nourrit, logés, … Et j’ai la chance d’avoir le garçon que j’aime avec moi tous les jours. Elle est pas belle la vie ? Si, elle est plutôt pas mal quand on se donne un peu la peine de le penser. Suffisait juste d’ouvrir les yeux et j’ai fini par le faire.

Le calme de la nuit donc … un calme qui ne dure pas quand un cri parvient jusqu’à mes oreilles. J’ai quitté la fenêtre depuis quelques minutes après avoir décidé de monter sur le toit pour prendre l’air et observer la nature et surtout la Lune de plus « prêt » et puis de toute façon être enfermé entre quatre murs n’a jamais été mon fort. J’arrivai dans les combles quand je l’ai perçu et j’aurai sans doute du remarquer une présence olfactive mais perdu dans mes pensées je n’ai pas vraiment fait attention. Un cri d’alarme, un cri déchirant en tout cas. Un cri qui m’a transpercé le cœur et m’a fait trembler des pieds à la tête pendant une seconde. Un frisson, en somme. Un hurlement, au final. Hurlement de détresse, voilà comment je l’ai perçu. J’ai laissé mon corps faire le reste puisqu’il a toujours été plus réactif que mon cerveau … Ahum … Mais toujours est il que je n’ai pas réfléchit et j’ai foncé tout en étant parfaitement conscience du danger potentiel, que c’était peut être un piège ou ce genre de trucs. Dans le doute abstiens toi il parait … Non merci. Mon instinct et mes sens combinés m’ont mené droit vers le grenier et c’est là que j’ai aperçu la silhouette un peu plus loin. Une silhouette secouée par des tremblements, des gémissements, une détresse apparente. Une silhouette que je n’ai reconnue que lorsqu’elle a tourné légèrement la tête.

« Caitlyn ? »

Caitlyn … On a échangé que peu de fois elle et moi mais c’était étrange systématiquement. Indéfinissable je dirais. Est-ce qu’elle m’a entendu ? Je ne sais pas. Ce prénom, cette interrogation, était plus pour moi-même. De l’étonnement en quelque sorte. Et c’est après ça que je me suis rendu compte qu’elle n’était pas seule. Recroquevillée sur le sol, j’ai perçu un autre corps allongé près d’elle.

« Merde ... »

Je me suis mis en marche encore une fois sans réfléchir. Faire demi-tour ? A aucun moment je n’ai envisagé cette option alors quand je suis arrivé près d’elle, d’eux, j’ai moi-même pu constater l’ampleur des dégâts. Un corps dans un sale état, du sang partout … et aucune odeur ? Ca ne m’a pas frappé tout de suite. Il y a bien longtemps que ce genre de vision ne me choque plus alors je n’ai pas hésité une seule seconde avant de m’approcher et de poser ma main sur son épaule à elle en y exerçant une légère pression. A aucun moment je ne panique ou perd mon calme mais dans un geste ferme sans être violent ou agressif je pose mon autre main sur son bras et la fait reculer en alliant geste et paroles.

« Reste pas là, recule. »

Un genou par terre, l’autre jambe pliée histoire d’avoir un appuie, j’observe l’étendu des dégâts et fronce les sourcils ? Une mauvaise chute ? Je lève les yeux comme si le toit, les poutres ou que sais-je pouvais m’apporter les réponses. Poser la question à Caitlyn ? Non. Sans trop savoir pourquoi. Mon attention se repose sur le corps que j’ai reconnu en approchant tout à l’heure. Un visage familier lui aussi.

« Elias ? »

Ma main droite se porte vers son cou et avec deux doigts je tente de trouver un pouls. Ma main gauche se pose sur son torse. Des gestes lents et mesuré malgré tout ce sang qui … n’a aucune odeur … Je devrais être nerveux à cause de cette fragrance métallique mais rien puisqu’elle n’est pas là. Cette situation n’est pas normale …

« Aller, respire mon pote … »

Oui j’ai décidé que t’étais mon pote, désolé si tu y vois un inconvénient.

Pas normale hein ? Ce qui l’est encore moins c’est quand le corps commence à se brouiller, à devenir flou, comme une image qui s’estompe pour devenir une autre. Je le lâche et recule par réflexe, les yeux grands écarquillés.

« Que … »

Me voilà debout, le regard fixé sur cette chose étrange et quand je perçois la forme qu’il prend les lueurs se font dans ma tête. Pourquoi est ce que je n’y ai pas pensé plus tôt ?

« C'est un Epouvantard ! »

Et là devant mes yeux il est entrain de prendre la forme d’un énorme Loup noir qui se délecte d’un corps ensanglanté, un corps qui n’est plus le même, un corps que je reconnaitrais entre mile malgré les contours qui ne sont pas encore stable. Ça ne me prend pas plus d’une seconde pour réagir, et les questions on verra ça après parce que clairement je pensais avoir passé ce cap mais il semblerait que non alors la baguette braquée droit devant moi je n’hésite pas. Hors de question qu’elle en voit plus et j’espère qu’elle n’a pas vraiment perçu tout ça d’ailleurs. Hors de question que moi aussi j’en vois plus.

« Riddikulus ! »

Première tentative, échec. Je retente et cette fois c’est la bonne. A nos pieds il n’y a plus qu’un petit chiot avec une balle de toutes les couleurs dans la gueule. Une pression de sa mâchoire et un son aigu s’échappe de l’objet. Tout ça n’a aucun sens … et malgré l’incongruité de la situation je me sens très con mais ça n’a pas la moindre importance. J’écrase un rire, plus sarcastique qu’autre chose, mais ça suffit à le faire partir et avant même qu’il ne sorte de mon champ de vision je me retourne vers la Serdaigle. Tout ça s’est passé très vite et honnêtement je n’ai pas vraiment tenu compte de sa présence tant j’étais concentré sur l’action. Mes mains se posent de chaque côté de ses épaules et mes yeux s’ancrent dans les siens. Elle pleure. Elle tremble.

« Ça va ? »

Question stupide, je sais. Elle vient probablement de vivre la trouille de sa vie après tout. Je ne sais pas vraiment ce que le Jaune représente pour elle mais visiblement il s’agit de quelque chose de fort aux vues de sa réaction. Je ne suis de toute façon pas là pour lui poser des questions sur sa vie privée et c’est dans un geste toujours aussi calme et naturel que je la rapproche de moi et la prend dans mes bras.

« Là, c'est rien. »

Effectivement, ça n’était rien. Juste … un mauvais coup de la magie mais rien d’irréversible.

« J'suis sur qu'Elias va très bien, il doit être entrain de dormir comme un loir sous ses couvertures. »

Chercher un sens à tout ça ? Pourquoi faire ?

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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 20 Jan 2014 - 21:23

Des questions plein la tête. Qu'est ce qui s'était passé ? Comment est-ce qu'il en était arrivé à là ? Et comment est-ce qu'elle, elle en était arrivée à là ? Pourquoi ? Pourquoi, merde à la fin ? Qu'est ce qu'elle avait fait à qui pour mériter ça ? Qu'est ce qu'elle avait fait de mal ? Elle avait lutté pour la justice, elle avait lutté pour l'égalité. Elle s'était battue pour la tolérance. Pour un monde sans discrimination, sans violence. Un monde meilleur, non ? Où était passée la justice, hein ? Elle était passée où ? La justice divine pour les croyants, ou tout simplement la justice naturelle, la justice innée et instinctive. Elle était où ? Ne disait-on pas qu'on récoltait ce que l'on semait ? Avait-elle semé de mauvaises graines, pour récolter de si mauvais fruits ? Avait-elle semé le vent pour récolter la tempête ainsi ? Pourquoi est ce que tout le monde s'acharnait sur elle ? C'était quoi son erreur ? C'était quoi qu'elle avait fait de mal, et à qui ? Pour quoi on la punissait ainsi ? Elias n'avait rien fait, ça c'était sûr. S'il quelqu'un s'en était pris à lui, c'était à cause d'elle, c'était pour l'atteindre elle, pour la blesser, lui faire mal, se venger. Donc encore une fois, c'était elle la coupable, c'était elle qui avait fait quelque chose qu'elle n'aurait pas dû faire. Mais quoi ? Elle avait résisté aux supérieurs, et ils avaient torturé Elias sous ses yeux, ça oui, mais cette ère là était révolue ! Les supérieurs étaient partis le vingt juillet, ils avaient perdu la bataille, ils avaient dû se retirer, s'enfuir. Ils ne pouvaient plus rentrer au château, alors, comment est-ce que son homme, l'homme de sa vie, s'était retrouvé dans cet état là ? Qui lui avait infligé ça ? Elle retournait ces questions dans la tête sans réussir à trouver les réponses. Elle aurait bien voulu savoir pourquoi elle, pourquoi tout retombait sur elle, pourquoi tout s'acharnait sur elle comme si quelque chose ou quelqu'un voulait la briser, l'anéantir... mais elle n'avait pas la force de chercher les réponses. La seule chose qu'elle faisait, c'était poser une question après l'autre, à la suite, sans s'y attarder, mais en revenant sans cesse sur les mêmes, presque sans s'en rendre compte. Pourquoi, pourquoi elle, pourquoi lui, comment, qui. Elle avait toutes les réponses à sa portée, et pourtant, elle ne comprenait pas. Elle s'entendait poser ses questions à voix haute, dans le vide, un coup en murmurant, le coup d'après en criant. Et les larmes coulaient le long de ses joues.

Des souvenirs plein la tête. Elle revoyait sans cesse ce même corps se tordre dans tous les sens, parcouru de spasmes, frissonnant violemment, comme parcouru par un courant électrique, par terre devant elle, devant ses yeux. Elle s'entendait hurler, sentait les anneaux de fer autour de ses poignets et autour de ses chevilles s'incruster dans sa peau alors qu'elle essayait de s'en extraire de toutes ses forces, se tordant comme si c'était elle qu'on torturait. Elle sentait ses larmes sur ses joues crispées en une grimace de douleur et de rage. Elle percevait leurs regards, leurs regards malsains et cruels, leurs sourires fourbes qui lui donnaient envie de gerber, ou de leur cracher dessus. Et, tout comme elle avait hurlé et pleuré ce jour là, elle hurlait et pleurait maintenant. Tout comme elle s'était débattue ce jour là, elle se débattait maintenant. Elle ne le percevait même pas, elle était prise au piège de ses souvenirs, comme une balle dans un jeu de flipper, envoyée d'un bord à l'autre du plateau. Elle revoyait ce corps torturé, affaibli, souffrant et épuisé s'appuyer sur elle, esquisser quelques pas, puis s'écrouler sur elle, lorsque, deux jours après, elle venait le chercher dans le cachot dans lequel il avait été enfermé. Elle entendait dans sa tête les dernières paroles qu'il avait prononcées avant de fermer les yeux et d'expirer pour ce qu'elle avait cru être la dernière fois. Elle se revoyait se pencher sur lui, fondre en larmes, lui serrer la main, puis le prendre par les épaules et le secouer, le tout en le suppliant de ne pas l'abandonner. Elle entendait sa voix cassée lorsqu'elle lui avait interdit de mourir, lorsqu'elle lui avait ordonné de ressusciter. Et elle se revoyait se forcer à se calmer, à reprendre ses esprits, à trouver la force de continuer à avancer, à fuir, avec lui, même mort. Pourquoi n'arrivait-elle pas à faire pareil maintenant ? Pourquoi ne se ressaisissait-elle pas ? Pourquoi n'arrêtait-elle pas de pleurer, pourquoi ne mettait-elle pas fin à ses sanglots qui secouaient violemment sa poitrine et à ses cris qui brisaient le silence de la nuit ? Parce qu'elle n'y arrivait pas, voilà pourquoi. Elle n'était même pas sûre de le vouloir. Elle n'arrivait pas à vouloir quoi que ce soit, au stade où elle en était. Elle était juste victime. Victime de ses doutes, ses questions, son désespoir, ses souvenirs, et sa douleur. Victime incapable de se défendre. Victime soumise, et victime souffrante.

Des images plein la tête. Et c'était probablement elles les plus puissantes. Des flashs, violents. Précis et flous à la fois. Des émotions qui prenaient formes et couleurs. La peur, la rage, la tristesse... Des émotions indescriptibles, qui la transperçaient par le biais d'images. Des images, partout, les unes à la suite des autres, sans ordre, sans chronologie, sans logique. Des images qui se suivaient, avec pour fil rouge cette douleur, cette terreur et cette rage. Mais surtout cette douleur. Cette douleur fourbe, à la fois lente et rapide. Douleur cruelle, douleur poignante. Douleur de quelqu'un qui se vide petit à petit de son sang mêlée à celle de quelqu'un qui sent du venin contracter les muscles de ses vaisseaux et envahir son cœur en l'espace de quelques secondes pour l'empêcher de battre. Sauf que Caitlyn ne saignait pas, ni n'avait été empoisonnée. C'était une douleur intérieure, lancinante, à la fois comme une pique enfoncée profondément et comme une lame coupant la peau en superficie. Directe et fourbe. Douleur et rage. Douleur et tristesse. Douleur et détresse. Douleur et... et douleur. Toutes les autres émotions émanaient de cette douleur, et y contribuaient. Elle avait mal, et elle ne sentait rien d'autre. Elle agonisait, elle se tordait, hurlait et pleurait. Elle ne voyait que ça. Elle avait perdu la notion du temps, elle avait perdu la perception de son entourage, plus rien n'avait d'importance. La seule chose qui restait, c'était elle et sa douleur. Et le corps sur lequel elle versait ses larmes. Le corps inanimé, déchiré, ensanglanté, par dessus lequel elle s'était repliée, et qu'elle attirait contre elle. Le corps d'Elias, qui s'était écroulé dans ses bras, et cette fois, c'était clair qu'il ne vivait plus. Il ne respirait plus, ses paupières ne tremblaient plus, il venait de mourir dans ses bras, et cette fois, c'était pour de vrai. Ce n'était pas un énième cauchemar dont elle se réveillerait en sueurs et le cœur battant la chamade. Ce n'était pas comme en juillet lorsqu'elle l'aidait à sortir des cachots. Cette fois, c'était pour de vrai. Elle aurait fait la même chose. Elle aurait attendu de l'avoir retrouvé, elle aurait survécu pour pouvoir le voir une dernière fois, puis elle se serait retirée de ce monde. C'était tellement facile. Avant de mourir, elle aurait tout fait pour voir l'homme qu'elle aimait. Et une fois qu'elle l'aurait vu, elle aurait arrêté de se battre. Oui, tellement facile. Tellement facile et tellement égoïste. Comment pouvait-il lui faire ça ? Comment pouvait-il la quitter comme ça ? Elle n'avait plus aucune raison de vivre, sans lui. Elle ne voyait pas d'autre raison de vivre, si elle ne pouvait pas vivre avec celui qu'elle aimait à ses côtés. Plus rien ne la retenait dans ce monde. Elle avait juste envie de mourir, d'arrêter d'avoir mal. Mais c'était impossible. Alors elle pleurait, elle se laissait emporter par ses sanglots, plus rien n'avait d'importance. Elle pleurait les larmes de son corps, et espérait qu'à force, elle rendrait l'âme, elle-aussi. Elle espérait que la vie la quitterait par le biais de ces larmes. Elle espérait que son cœur craquerait, succombant à la douleur. Elle espérait que c'était fini, que tout était fini. Que c'était la dernière fois qu'elle pleurait, la dernière fois qu'elle souffrait. La dernière fois.

« Caitlyn ? »

Comme venue d'un autre monde, une voix parvenait à ses oreilles. Une voix vaguement familière, mais elle n'avait pas la force de chercher à la reconnaître. En fait, elle ne comprenait pas ce qu'elle lui disait, cette voix. Quelque part, dans son inconscient le plus profond, elle sentait qu'on l'appelait, mais elle avait la tête trop pleine de questions, de souvenirs, et d'images, pour réagir. Elle avait trop mal pour réagir, aussi. Elle voyait une forme humaine devant elle, mais n'arrivait pas à mettre un nom dessus, et ne cherchait d'ailleurs même pas à le faire. Ses yeux étaient envahis par les larmes de toute manière, et sa cervelle incapable de réfléchir. Continuant à se tordre comme sous l'effet d'un Doloris, elle se retrouva à nouveau tournée vers Elias et dos à la voix qui l'avait appelée. Elle n'arrivait pas à arrêter de pleurer ni de parler dans le vide, sans même savoir si ce qu'elle disait avait un sens. Elle répétait son prénom, elle répétait ses questions, elle répétait ses « Non ! » et ses « Pourquoi ? ». Ses poumons cherchaient désespérément de l'air par des hoquets qui secouaient violemment sa poitrine et son corps entier d'ailleurs, ainsi que celui d'Elias qu'elle continuait à serrer dans ses bras.

« Merde, merde, merde, merde, merde... Pourquoi ? J'vous ai rien fait, j'ai rien fait à personne... C'est pas ma faute... Pourquoi, Elias... je t'aime... merde... »

Elle ne se doutait même pas qu'en jurant, c'était le juron de l'autre personne qu'elle reprenait. Elle l'avait oubliée, cette autre personne, cet inconnu qui l'avait appelée. Elle l'avait perdue de vue, effacé de sa mémoire. Elle ne le percevait pas, elle ne l'entendait pas s'avancer vers elle, vers eux. Elle était à nouveau seule, seule avec ses souvenirs, sa douleur, et le corps de son Elias dans les bras. À nouveau, elle se trouva dans le tourbillon de ses pensées hors de tout repère temporel et spatial. Noir complet autour d'elle. Et ce fut alors qu'elle sentit sa main sur son épaule. Une main lourde, chaude, forte. Elle frissonna à cause de la différence de température. Était-elle à ce point frigorifiée, ou était-il brûlant ? Et pourquoi est ce qu'elle avait l'impression qu'il la poussait ? Une autre main se posa sur son bras, et elle eut encore plus l'impression qu'il voulait la séparer de son Elias, de l'homme qu'elle aimait. Non, il n'avait pas le droit ! C'était son homme, il était mort, et elle allait mourir avec lui ! Elle s'accrocha un peu plus au corps inanimé qu'elle tenait dans ses bras, se crispa. Elle entendit alors l'autre lui dire de reculer.

« Nan ! Vas-t'en ! Laisse-moi tranquille, j'veux pas, arrête ! »

Mais il n'arrêtait pas ! Il continuait à essayer de la repousser, ferme, insistant. Elle fit un mouvement brusque du bras en essayant de se défaire de sa poigne. Mais il était fort. Il était plus fort qu'elle. Tout le monde était plus fort qu'elle. Elle n'était qu'une pauvre loque. Elle se remit à pleurer de plus belle, mais se retira et prit ses propres genoux entre ses bras, les attirant contre sa poitrine et les serrant de toutes ses forces, retenant son souffle, arrêtant ses pleurs. Progressivement, elle se mit à trembler. Elle l'entendait parler à son Elias, lui ordonner de respirer, l'appeler son pote. Il ne respirera plus. Elle le savait. Succombant à son besoin d'oxygène, elle inspira à nouveau, et la bouffée d'air qui parvint à ses poumons fut comme une multitude d'éclats de verre qu'on lui aurait jeté au visage. Elle se remit à pleurer, violemment.

« Y.. Y... Y va p.. pas respirer. C'... c'est trop tard. T... trop tard, tu comprends ?! Y... il est mort, il est mort dans mes bras, c'est ma faute, j... j'ai pas réussi à le sauver, c'est trop tard ! »

Sa voix était coupée par ses hoquets et ses sanglots, et étonnamment grave. Elle se mit à se balancer d'un côté à l'autre sur son dos, toujours autant crispée autour de ses genoux, les yeux clos et les larmes coulant sans fin sur ses joues. Elle n'arrivait pas à se calmer. Elle n'arrivait pas à respirer profondément, à détendre ses muscles, à arrêter de bouger et de trembler. Elle ne voyait même pas pourquoi elle devrait le faire. Elle voulait s'épuiser, voilà ce qu'elle voulait. Et encore une fois, la voilà prise dans l'immensité de ce désespoir et de cette douleur, si bien qu'à nouveau, elle perdit la notion du temps et de l'espace. Il lui sembla que des siècles s'étaient écoulés avant qu'il ne reprenne la parole. Et, une fois de plus, elle ne comprit pas la signification des mots qui sortaient de la bouche de l'autre. Il semblait étonné, le ton de sa voix avait changé. C'était un Épouvantard ? De quoi il parlait ? Elle ne comprenait pas. Elle ne voyait pas le rapport. Elias, son Elias, était mort, et l'autre là, il essayait de ridiculiser un criss d'Épouvantard !

« J'vous ai rien fait putain... pourquoi vous me faites ça, pourquoi tout me retombe dessus. Pourquoi vous m'achevez pas, aussi, merde à la fin... ! »

Elle parlait dans le vide, à nouveau. Elle ne s'en rendait pas compte, elle pensait à voix haute et elle n'en avait rien à faire de la présence de l'autre. Elle continuait à se tordre un peu dans tous les sens, se crispant et se détendant tour à tour. Elle continuait à pleurer sans même s'en rendre compte. Depuis combien de temps le faisait-elle ? Depuis combien de temps les larmes se détachaient-elles de ses yeux ? Depuis combien de temps son corps frissonnait-il ? Depuis combien de temps ses muscles se tétanisaient-ils ? Et pourquoi n'était-elle toujours pas morte ? C'était une malédiction, c'était une fatalité. Quelque chose s'acharnait sur elle, et elle n'était pas destinée à mourir. Elle allait souffrir, elle allait pleurer et supplier qu'on l'achève, mais on ne lui ferait pas ce plaisir. Elle en perdrait la raison. Ça avait déjà commencé, elle avait perdu la notion du temps, la notion d'identité aussi. Elle était perdue, et elle allait l'être encore plus si ça continuait comme ça. Et ce fut alors qu'elle sentit deux mains de chaque côté de ses épaules. Elle était assise sur ses fesses, les genoux toujours remontés contre sa poitrine, et elle tremblait, frissonnait. Les hoquets continuaient à la secouer, et les larmes continuaient à couler. Mais elle ne parlait plus, ne criait plus, ne gémissait plus. Son regard était vide, mais quelque chose, au loin, là bas, l'attirait. Elle ne savait pas ce que c'était, mais elle regardait quelque part. Pas dans le vague. C'était flou, c'était loin, mais quelque chose semblait vouloir la repêcher, lui donner un point d'accroche. Avait-elle la force de le saisir ? Le voulait-elle, au moins ? Ça lui faisait du bien, de savoir qu'elle avait du soutien, mais elle n'était pas sûre d'en vouloir. Elle n'était pas sûre de vouloir se remettre de ça, elle ne savait pas si elle voulait s'en tirer et s'en sortir, si c'était pour qu'on puisse la frapper à nouveau plus tard, une fois qu'elle aurait repris des forces. Non, ça serait bien mieux si elle se laissait simplement crever ici, pour ne plus jamais avoir mal. Plus jamais...

« Ça va ? »

Elle étouffa un sanglot, et elle secoua la tête. Tellement fort que ses cheveux suivirent le mouvement et se décoiffèrent encore plus qu'avant. Nan, ça n'allait pas, pas du tout, et elle n'avait pas envie de mentir, de faire genre que ça allait bien, ou que ça irait mieux, parce qu'elle savait que ça n'irait pas mieux. Ce fut alors qu'elle commença vraiment à s'accrocher à ce qu'elle voyait au loin et qu'elle commença à distinguer. C'étaient des prunelles, des prunelles brunes, foncées, calmes et sereines. Des prunelles douces, des prunelles d'homme. Elle voulait s'y accrocher, tout à coup. Elle ne voulait pas les perdre de vue, pas maintenant. Elles lui permettaient de se calmer, d'arrêter de courir. Et alors, il l'attira contre elle et il la serra contre ses bras. La chaleur qui se dégageait de son corps contrastait comme le noir sur du blanc avec la température à laquelle était descendu son corps à elle, et elle frissonna de plus belle, ne pouvant pas se retenir. Elle expira tout l'air qui s'était accumulé dans ses poumons à force de hoqueter, et des larmes, cette fois silencieuses, roulèrent le long de ses joues, tombant sur l'épaule du jeune homme qui la serrait dans ses bras.

« Là, c'est rien. J'suis sûr qu'Elias va très bien, il doit être entrain de dormir comme un loir sous ses couvertures. »

À nouveau prise du besoin de contracter ses muscles au maximum, elle serra le torse du jeune homme très fort contre elle, l'entraînant avec elle dans son tremblement. Réalisant, grâce au peu de bon sens qui lui restait, qu'elle devrait éviter d'étouffer celui qui lui avait proposé son regard pour qu'elle s'y accroche, elle mit fin à l'étreinte, reprit ses genoux dans ses bras et se mit à se balancer d'avant en arrière.

« Oui i...il est en paix maintenant. »

Et la voilà repartie à sangloter bruyamment, puis à s'allonger par terre à nouveau, et à recommencer à se tordre. Elle avait toujours aussi mal qu'avant en repensant que son homme l'avait quittée. Elle n'avait même pas la présence d'esprit pour se dire qu'elle était ridicule et chiante. Elle ne voulait plus avoir d'égards pour les autres. Elle n'avait plus la force de penser aux autres. Elle était seule dans son désespoir de toute manière. Tout le monde l'avait abandonnée, alors elle avait bien le droit à un peu d'égoïsme. Et puis de toute manière, elle n'y pensait même pas. Son esprit était toujours aussi obnubilé par la pensée à la mort d'Elias qu'elle ne voyait rien d'autre. Puis elle chercha son corps avec les mains et, ne le trouvant pas, elle fut prise d'une bouffée de panique. Ouvrant les yeux, elle tourna la tête vers la droite, puis vers la gauche, puis à nouveau vers la droite, la bouche entre-ouverte, la respiration en pause. Puis elle arrêta son regard sur l'autre. Elle l'avait déjà vu. Elle le connaissait. Un peu.

« Enzo... ?! Et Elias, il... il est où ? Il est où putain ? Dis moi où il est... »

Elle avait levé son petit poing quand elle avait prononcé le juron, prête à l'abattre sur l'épaule du jeune homme, mais l'avait abaissé, et avait fini par porter ses mains à son visage, pour cacher ses yeux rouges et ses joues humides auxquelles s'était collée la poussière. Bientôt, elle était à nouveau allongée sur le sol, sur le côté droit.

« Ils l'ont tué. Ils l'ont vraiment tué. C'est bon, ils m'ont tout pris. Pourquoi ils m'ont pas pris la vie ? Qu'est ce que ça leur fait si je pleure et si j'ai mal ? J'veux plus avoir mal, Enzo, j'veux plus, je ne peux plus. »

Ses mains quittèrent son visage pour passer dans ses cheveux et finalement finir, les doigts croisés, sur sa nuque, la tête pliée vers l'arrière, les yeux fermés et ne bougeant plus. Même les larmes avaient arrêté de couler. Était-elle enfin réussi à s'épuiser ? Un petit sourire triste et amer étira les coins de ses lèvres, et une fois de plus, elle s'enferma dans le noir complet. Elle voulait juste que ça soit fini.


Dernière édition par Caitlyn Louise Twain le Sam 25 Jan 2014 - 10:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Mer 22 Jan 2014 - 21:00

Le calme après la tempête ou bien la tempête après le calme ? Il y a des jours où il est difficile de trancher, surtout quand on se rend compte finalement que ça n’a pas la moindre importance puisque ça en revient au même. Un coup ça, la seconde d’après tout dérape, et puis ça s’arrange, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Cette après midi j’ai passé un bon bout de temps à ne rien faire avec Kyle si ce n’est des câlins dans un des fauteuils de la Salle Commune, ensuite le ton est monté, plus ou moins, avec une de mes camarades de classe, ce soir tout était retombé à nouveau et là ça recommence. Le cycle de la vie, comme on dit. Le point positif c’est que je me rends compte – en réalité je le savais déjà mais avec le temps les choses peuvent se perdre – que je suis capable de réagir vite et efficacement en cas de crise, enfin pour peu que mon esprit soit clair. Là c’était le cas, et puis le fait d’être étranger à ce qu’il se passe réellement doit également pencher dans la balance. Je n’ai pas hésité une seconde, j’ai laissé faire mon instinct, mon corps et mes réflexes, et me voilà avec une jolie fille dans les bras. C’est tout bénef, non ? Si c’était aussi simple …
Je sais qu’elle s’est débattue, je sais qu’elle a tenté de me repousser, qu’elle a crié, pleuré, dit des choses, mais je n’ai rien écouté de tout ça et je n’ai pas fait attention à ses gestes non plus. Je ne me prends pas pour une montagne de muscle mais si on compare nos gabarits, il n’y a pas vraiment de doute possible quand à l’issus d’un éventuel conflit physique et comme elle n’a pas utilisé sa baguette – parce que là elle aurait sans doute facilement pu me dégager – j’ai effectivement pu garder ma liberté de mouvement et d’action. Pour être honnête je n’ai pas vraiment pris le temps réfléchir à ce qu’il se passait réellement, j’ai simplement agis et le reste à suivi tout seul. J’ai compris que tout ça n’était pas réel, et un sortilège plus tard le calme est revenu petit à petit alors on en est là à présent, elle dans mes bras, qui se laisse aller lentement mais surement. C’est en tout cas ce que je croyais en percevant le long soupir qu’elle a laissé échapper mais seulement quelques secondes plus tard, après m’avoir serré à son tour contre elle presque à en faire mal, elle se détache de moi et fixe le sol sur lequel elle se trouve assise d’un air absent. Je la regarde et ce que je vois c’est un total désastre. Ses yeux sont rougit par les larmes, grand écarquillés, ses cheveux partent dans tous les sens, elle tremble des pieds à la tête et se replie totalement sur elle-même tout en s’agitant d’avant en arrière comme une démente. Gérer l’action je sais faire, mais ça ? Elle, dans cet état ?

Caitlyn et moi c’est une histoire peu banale, si tant est qu’on puisse appeler ça comme ça. Le fait est que je ne connais rien d’elle, et elle ne connait de moi que ce que les bruits de couloirs ont fait circuler, mais pourtant mon a partagé des choses … intenses. Je me souviens parfaitement de cette colle qui a mal tourné, de son corps secoué par un doloris et de la façon dont je l’ai attrapé sans doute un peu trop violement après le cours. J’étais en colère, elle n’a pas vraiment du comprendre. Ça partait bien pourtant, juste un jeu. Je lui tapais sur le système, ça m’amusait, ça a fini par l’amuser aussi mais il a fallu qu’elle se sente obligée d’intervenir et de jouer les martyrs alors que j’étais parfaitement conscient de ce que je faisais. Oui j’aurai probablement morflé mais ça me regardait et elle n’avait pas à intervenir. Je le pense encore aujourd’hui. Pourtant, malgré la façon brutale dont je me suis comporté avec elle, il ne m’a pas semblé voir une seule once de reproche ou de rancœur à mon égard dans ses yeux. Suite à ce jour là nos chemins ne se sont plus jamais croisés. Nous n’avons pas les mêmes connaissances ou en tout cas aucune de proches, nous ne sommes pas dans la même maison ni la même classe, elle n’est pour moi qu’une élève parmi d’autre même si … pas vraiment, dans le fond. Je ne pense pas à elle quand mes yeux ne la croise pas, elle n'est pas quelqu'un d'important pour moi, mais il se passe quelque chose chaque fois qu'on se retrouve dans le même endroit. Je n'ai pas non plus oublié ce qu'il s'est passé dans la Salle des Trophées il y a quelques mois. J'aurai préféré être seul, ça n'a pas été le cas. Elle était là, elle a tout vu, elle savait tout alors elle a compris. Plus ou moins. Elle aurait pu fuir, elle aurait du partir, mais elle est restée, elle m'a aidé, soignée et on s'est de nouveau séparés. Comme ça, sans plus de cérémonie, sans jamais en reparler depuis, et sans trop savoir pourquoi je me dis que ça sera probablement la même chose cette fois encore.

Je ne sais pas si cette absence d'émotion en moi est volontaire ou pas, si je me concentre sur elle pour ne pas penser à ce que j'ai vu moi, mais ça m'arrange. Je n'ai pas envie de replonger là dedans, dans ces images cauchemardesques, alors je ferais tout pour y arriver. Kyle va bien, plus jamais je ne lui ferais de mal, point final. Focus sur la Serdaigle que je dévisage sans doute d'un air mi-inquiet, mi-circonspect. Elle a l'air tellement ailleurs que c'est difficile de cerner l'étendu réel des dégâts mais il n'y a pas besoin d'être un génie pour comprendre que ça ne tourne pas rond dans sa tête. Je ne connais rien de sa vie, je ne sais pas vraiment ce qui peut la relier à Elias, mais voir un corps sans vie ça choque et d'autant plus quand il s'agit d'une personne à qui on tient. Croyez moi je sais de quoi je parle mais … stop, terrain glissant.

« Oui i...il est en paix maintenant. »

En … paix ?

« Caitlyn … »

La tête penchée sur le côté, une expression d'incompréhension totale sur le visage, je tends un bras vers elle comme si je voulais capter son attention et surtout la ramener dans la réalité mais elle ne m'en laisse pas le temps. En une seconde là voilà étendue sur le sol, entrain de se tordre dans tous les sens, lâchant d'énorme sanglot et moi je ne sais pas où me mettre ni quoi faire. S'il y a bien une chose qui me donne envie de fuir c'est ce genre de comportement, parce que je ne sais le gérer tout simplement. Elle craque complètement, elle pète un plomb et je crois que j'ai rarement vu quelqu'un en arriver à ce point là. Pourtant j'en ai vu des gens qui perdait le contrôle, à commencer par moi, mais je crois que ma manière diffère de la sienne et … c'est flippant. Je ne veux pas paraître insensible et je suis bien conscient de sa détresse mais tout ce que je vois, là, c'est une folle hystérique qui se roule par terre.
Nouvel arrêt sur image, elle a l'air de chercher quelque chose, puis la panique dans ses yeux … C'est comme si elle se rendait seulement compte de ma présence. Totalement … partie.

« Enzo... ?! Et Elias, il... il est où ? Il est où putain ? Dis moi où il est... »

Des menaces maintenant ? Sérieusement ? Je crois que c'est à partir de ce moment là que je commence à m'énerver mais j'essaie de prendre sur moi. Même si elle me frappe, je doute qu'elle me fasse très mal mais j'apprécierai qu'elle s'abstienne, ne serait que pour le geste, et j'apprécierai surtout qu'elle se calme. Tout ça n'a pas de sens, ou peut être un peu trop justement mais je sens ma patience qui s'effrite et ça n'est jamais une bonne chose. Le dernier truc dont j'ai envie c'est de perdre mon calme et de balancer des trucs que je pourrais regretter et surtout qui ne l'aideront pas mais ...

« Caitlyn … »

Le ton se fait un peu plus dur cette fois, comme une sorte d'avertissement, quelque chose comme : Fais attention, ne vas pas trop loin. Mais elle s'en fout, elle ne capte rien du tout et continue dans son délire. Un instant je me surprends à penser qu'elle a totalement perdu la tête. Est ce que c'est irréversible ? Non, à mon avis elle a juste besoin de craquer un bon coup, de dormir, et de … dormir. J'ai dit dormir, pas t'écrouler sur le sol encore une fois ! Putain mais dans quelle galère je me suis encore fourrée ? Dites moi. Enzo … un peu de compassion et de sensibilité, ça n'a jamais tué personne. Ok … Ok. Le pire dans tout ça c'est que je crois que si je commence à compatir justement, à me mettre à sa place – et je peux le faire d'après ce que j'en ai vu – j'ai peur de l'effet que ça pourrait avoir sur moi donc je me barricade derrière les frontières de mon esprit, je le rends hermétique, et je crois que c'est la meilleure chose à faire, pour nous deux.

« Ils l'ont tué. Ils l'ont vraiment tué. C'est bon, ils m'ont tout pris. Pourquoi ils m'ont pas pris la vie ? Qu'est ce que ça leur fait si je pleure et si j'ai mal ? J'veux plus avoir mal, Enzo, j'veux plus, je ne peux plus. »

Est ce que j'étais comme ça quand j'ai vu le corps de Kyle s'écrouler sous mes yeux ? Est ce que j'étais comme ça quand je me suis précipité vers lui et que je l'ai pris dans mes bras alors qu'il ne respirait plus ? Est ce que j'étais comme ça quand on m'a arraché à lui ? Non, mais je ne peux pas lui en vouloir de réagir comme ça. J'ai l'habitude de réagir à ce genre de choc – non pas que j'en vive tous les jours mais je commence à en avoir quelques uns à mon actif – par la violence et le renfermement sur moi même mais chacun à sa manière de gérer les émotions et de les évacuer. Résultat, je ne sais pas quoi faire. Je l'entends plus que je ne l'écoute, je l'observe sans vraiment la voir et mon rythme cardiaque augmente petit à petit. J'ai jamais été très doué pour gérer ce genre de trucs dans la douceur ...

« Caitlyn ! Ça suffit maintenant ! »

Qu'est ce que je disais ? De toute façon j'ai déjà tenté le câlin et ça été un flop total alors ...

Mêlant les gestes à la parole je me suis redressé et j'ai franchi les quelques pas qui nous séparaient pour la saisir fermement et la relever sans lui demander une seule seconde son avis, en espérant néanmoins ne pas lui avoir fait mal parce que ça n'était pas le but. Une main sur sa taille pour la maintenir debout, une autre autour d'un de ses bras pour lui éviter de pouvoir trop se débattre si elle tentait de le faire et mes yeux noisette cherchant à capter les siens, avec insistance. C'est fini les conneries.

« Regarde moi et écoute moi. »

T'aimerai peut être que je foute le camp et que je te laisse ici, dans ton délire, mais ça n'arrivera pas même si mon chromosome Y me hurle de le faire parce que … Fille = Hystérie.

« T’es complètement hystero là, tu te calme. »

Le ton est tout aussi ferme que mes prises sur elle je crois bien et désormais mes deux mains maintiennent ses deux bras.

« Je ne sais pas de qui tu parles mais si c’est des Supérieurs ils ne sont plus là, et ils n’ont pas tué Elias, ok ? S’il faut que je t’emmène à lui en te balançant sur mes épaules comme un sac à patate pour te le prouver je le ferais mais … tu te calme ! »

Parce que t'as l'air complètement cinglée là alors ressaisie toi, merde. Et je sais, j'ai aucune preuve de ce que j'avance quand j'affirme qu'Elias va bien parce qu'il n'est pas là mais ... merde, encore. Je suis sur qu'il va très bien, au moins physiquement, et c'est tout.

« C’était un épouvantard, d’accord ?! Un épouvantard ! Pas Elias, ni personne d’autre. Je l’ai fait partir, y a plus que toi et moi ici. »

Et éventuellement un chiot qui se balade avec une balle dans la gueule … Balle qui pendant l'espace de quelques secondes a failli prendre l'apparence de mon petit ami mais c'est un autre débat. Focus sur elle, pas sur toi. Et oublie pas de respirer toi non plus parce que si vous vous mettez à péter une durite tous les deux, on est pas sorti de l'auberge.

« J’te laisserai pas sortir d’ici tant que tu ne te seras pas calmée. Tu peux me frapper si ça te défoule, m’insulter ou je sais pas quoi mais tu ne sortiras pas ou en tout cas pas toute seule. »

Oui je sais, tout à l'heure j'avais pas envie qu'elle me frappe et c'est toujours pas le cas mais s'il faut ça pour qu'elle se défoule et qu'elle laisse tout sortir une bonne fois pour toute … Allons y.

« J’te laisse pas toute seule dans cet état et c’est pas négociable. »
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Sam 25 Jan 2014 - 21:07

Folie, folie. La douleur, ça rendait fou. La tristesse, les remords, les cauchemars, tout ça, ça rendait fou. L'esprit se perdait, la logique et l'intelligence avec lui. Même les instincts étaient anéantis par cette folie engendrée par le trop plein d'émotions négatives, déprimantes. Caitlyn n'aurait jamais cru pouvoir dire un jour qu'elle avait fait l'expérience de tout ça, qu'elle avait perdu la tête à force de trop pleurer. Et finalement, elle se retrouvait à pleurer justement parce qu'elle avait perdu la tête, parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre, et parce qu'elle espérait que pleurer la délivrerait du poids de la vie. Ça non plus, elle n'aurait jamais cru que ça lui arriverait. Vouloir mourir ainsi, arrêter de vivre, arrêter de se battre pour cette vie qu'elle trouvait si belle dans le concept et dans la globalité. Oui, il y avait eu des merdes dans sa vie, surtout ces derniers temps. Mais comment, d'une fille toujours si enjouée, si rieuse, si vive et si intelligente, pouvait devenir une loque, une folle-furieuse, à ce point là ? Elle ne se sentait plus, littéralement. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, elle ne percevait pas ce qu'il y avait autour d'elle, tout ce qu'elle savait, c'était qu'Elias venait de mourir dans ses bras, que c'était comme en juillet, sauf que cette fois c'était vrai, et qu'elle était encore plus désespérée qu'à la première fois. Bref, oui, elle était complètement folle à l'idée qu'elle venait de perdre l'être qui, bien qu'ils ne sortaient plus ensemble, était devenu l'homme le plus important de sa vie, celui qui lui était le plus cher et le plus précieux. Elle ne se sentait pas devenir folle, elle était dans un état complètement second, et elle se tordait par terre comme sous l'effet d'un doloris sans en être consciente réellement. Elle pleurait, pleurait, pleurait. Ses parents étaient partis, son frère était parti, sa maison était partie, Elias était parti. Si tout le monde partait, pourquoi était-elle obligée de rester ? Pourquoi était-elle condamnée à rester ? Elle ne voulait pas de cette vie où tout le monde la quittait, l'abandonnait. Surtout qu'au fond, c'était elle qui avait abandonné tout le monde, et elle n'arrivait pas à vivre avec ça. Elle n'avait pas été là pour sauver sa famille, elle n'avait pas été là pour sauver Elias. Elle avait causé la mort de plein de gens en jouant dans le groupe de résistance. Bref, non, elle n'avait vraiment plus rien à faire dans ce monde qui lui était clairement hostile, ce monde qui ne voulait clairement pas d'elle et de sa folie. Alors pourquoi continuer à s'accrocher, si les murs étaient lisses ? Pourquoi continuer à se battre si c'était pour donner des coups au vide, à l'air ? Pourquoi continuer à espérer, à aimer, si, un par un, les gens qu'elle aimait le plus, partaient, la quittaient ? La seule issue logique était cette folie dans laquelle elle venait de sombrer. Oublier le monde autour d'elle, s'oublier presque soi-même, et se laisser survivre à l'état végétatif jusqu'à ce que l'épuisement, la faim, la soif, la passivité l'emportent.

Et puis il y avait Enzo. Le seul, l'unique. Enzo qui venait perturber sa folie, sa détresse, tout comme elle avait perturbé les siennes quelques mois plus tôt, lorsqu'elle était rentrée dans la salle des trophées et l'y avait vu en train de fracasser les vitrines, les unes après les autres, contre les murs, les éclats de vers formés prenant des couleurs arc-en-ciel. Tout ça, bien sûr, elle ne s'en souvenait pas, là, en le voyant. Elle savait juste qu'il s'appelait Enzo et qu'il avait l'air d'avoir son âge. Le reste, elle ne voulait même pas savoir. Il n'avait rien à faire là, il n'avait pas à la déranger, à la réveiller. Il n'avait pas à la sortir de cette folie et de cette détresse, d'autant plus qu'elle voulait y rester. Mais il était là, il l'avait éloignée de son Elias sans cérémonies, comme l'autre fois lorsqu'il l'avait attrapée par le bras et jetée contre un mur alors qu'elle sortait de la salle où cette putain de colle avait mal tourné. Ça non plus elle ne s'en souvenait pas à cet instant précis. Bref. Il l'avait éloignée d'Elias, et puis il l'avait prise dans ses bras en lui disant que son homme allait bien, sauf qu'entre-temps... eh bien l'homme en question n'était plus là. Paf, disparu, volatilisé. Elle ne comprenait pas. Après avoir presque repris conscience, aussi bien d'elle-même que de son entourage, grâce à l'étreinte qu'il lui avait offerte et qu'elle lui avait rendue, la voilà repartie dans son délire. Il n'avait pas le droit de lui enlever Elias, même mort. Il n'avait pas le droit, tout simplement pas le droit ! Elle aurait voulu le frapper, et était prête à le faire, mais finalement, nouveau retournement de situation, elle n'était pas sûre que ça lui serve à grand chose. Elle n'avait plus la force de rien faire de toute manière. Elle ne voulait plus souffrir, elle ne voulait plus vivre si c'était pour avoir mal. Ça n'en valait pas la peine. Elle était tout simplement à deux doigts de lui demander de l'achever, là. Il fallait bien que quelqu'un l'achève, et puisque cet Enzo avait pris la décision de venir la déranger dans son bad trip, autant le faire jusqu'au bout non ?

Elle entendait son prénom. Quelqu'un l'appelait. À plusieurs reprises, elle ne saurait dire combien. Objectivement, ça lui faisait un bon effet, ça l'empêchait de sombrer complètement dans la folie, l'oubli de soi-même, l'inconscience de ses actes et de sa personne. Quelqu'un l'appelait, et elle l'avait reconnu, elle avait reconnu que c'était elle qu'on appelait, que c'était son prénom qu'elle entendait et qui se réverbérait dans sa tête. Quelque part, ça l'aidait. Elle n'était pas seule, il y avait toujours quelqu'un pour continuer à l'appeler, il y avait quelqu'un pour lui rappeler qu'elle vivait. Et puis... la vie valait toujours la peine d'être vécue, non ? N'était-ce pas ce qu'elle prétendait, ce qu'elle avait prétendu pendant toute sa vie ? Que la vie était faite pour être vécue, et qu'il fallait en tirer le plus possible ? Elle se souvenait, oui, elle se souvenait de comment elle avait été avant, de quand elle était encore Caitlyn, la Caitlyn, celle que tout le monde connaissait, celle que tout le monde voyait comme une folle mais dans le bon sens du terme. Une folle de joie, débordante de vie et d'énergie. Une fille qui n'avait pas peur de rigoler, de s'amuser. Une fille intelligente, aussi, qui savait toujours comment s'y prendre pour résoudre quel problème que ce soit. Une fille bien, une fille vivante. Maintenant, qu'en restait-il ? Le prénom, et puis le souvenir, peut-être. L'ombre. Caitlyn avait disparu avec tous ses proches. Caitlyn n'existait plus. Et pourtant...

« Caitlyn ! Ça suffit maintenant ! »

Enzo, encore. Qui voyait-il devant ses yeux ? Ou plutôt que voyait-il ? Une folle, une hystérique, sans doute. Elle ne se serait probablement même pas reconnue elle-même si on l'avait prise en photo à cet instant là et placée devant ladite photo quand elle aurait été normale. En supposant qu'elle ait réussi à redevenir normale, bien sûr. Les cheveux en pagaille, les yeux rougis, les joues mouillées et crispées par une grimace déformant ses lèvres, les habits pleins de poussière, bref, une loque, comme une poupée de chiffons. Et, comme on soulèverait une poupée de chiffons, il la releva, la força à tenir debout, une main autour de sa taille, et l'autre tenant fermement son bras gauche. Elle se laissa faire, de toute manière elle n'avait plus aucune volonté, et plus aucune estime d'elle-même non plus d'ailleurs. À nouveau, devant ses yeux apparurent ceux du jeune homme, couleur noisette, insistants, comme une corde qu'on lui lancerait et qu'on la forcerait à prendre. Elle ne comprendrait probablement jamais pourquoi il faisait ça, pourquoi il s'efforçait à la tirer hors de la crevasse dans laquelle elle était tombée. Mais c'était... bon. Ça faisait du bien, c'était rassurant. Et en même temps, c'était inquiétant tellement il était insistant et fort. Elle avait peur, peur de se remettre à pleurer car elle sentait qu'il ne le voulait pas et ne comptait pas le tolérer. Et puis elle était surprise, prise de court, d'avoir été relevée aussi brusquement, et même brutalement. Elle ne savait pas à quoi s'attendre, elle n'arrivait même plus à réfléchir, et elle était là, totalement à la merci de cet Enzo, à attendre que quelque chose se passe, un peu sonnée, toujours dans cet état second, mais percevant déjà mieux ce qui se passait autour d'elle ainsi qu'à l'intérieur d'elle-même. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle comprenait, mais au moins, elle reprenait un peu conscience.

« Regarde moi et écoute moi. »

Il était en colère ? Il était en colère. Il en avait marre de tout ça. Alors, pourquoi il ne partait pas, hein ? Pourquoi il ne la laissait pas tranquille, merde à la fin ! Ou alors... colère stratégique pour la réveiller un peu plus ? Elle n'en savait rien, et ne le saurait sans doute jamais, mais en tout cas, ça marchait plutôt bien, car elle sentait qu'une réaction était en train de se former à l'intérieur d'elle-même. Mais pour l'instant, elle le regardait. Elle n'en avait pas envie, elle avait envie de détourner les yeux, mais inexplicablement, elle n'y arrivait pas. Elle ne pouvait pas.

« T’es complètement hystero là, tu te calme. »

D'un coup, quelque chose changea, en elle. Elle se rendit compte que son ton ne lui plaisait pas trop. D'où il la traitait ainsi, celui là, hein ? D'où il se permettait de lui donner des ordres et de la forcer à tenir debout si elle ne le voulait pas ? D'où il la traitait d'hystéro et lui parlait comme à une gosse qui venait de faire une connerie ? Et d'où il refermait son poing autour de son bras avec une force pareille ?

« Aïe ! Arrête ça, t'es malade ? »

Elle se débattit un peu, en vain bien sûr. La pression qu'il exerçait autour de son bras se fit plus forte encore, plus douloureuse, et elle n'aimait pas ça. Il finit même par prendre son autre bras dans son autre main, l'immobilisant, la forçant toujours à rester debout mais cette fois l'empêchant en plus de faire quoi que ce soit pour se défaire de son emprise. Elle avait froncé les sourcils et commençait presque à s'énerver elle-aussi. Elle avait envie de lui foute un coup de pied là où ça faisait mal, presque. Mais en fait... paradoxe. Paradoxe car en fait, elle aimait bien cette colère et cette violence dont il faisait preuve. Ça lui évitait de devoir penser, elle n'avait qu'à le laisser faire. Et – encore plus gros paradoxe – elle sentait que quelque part, très loin, tout au fond de son esprit, il y avait toujours cette partie d'elle même qui voulait se battre, qui voulait vivre, pas simplement survivre. Et il l'aidait dans ce sens là, il la réveillait. À sa manière, certes, mais ça marchait. Et même si elle ne le savait pas encore, elle lui en était reconnaissante.

« Je ne sais pas de qui tu parles mais si c’est des Supérieurs ils ne sont plus là, et ils n’ont pas tué Elias, ok ? S’il faut que je t’emmène à lui en te balançant sur mes épaules comme un sac à patate pour te le prouver je le ferais mais … tu te calme ! »

Tu te calme. C'était pas la première fois qu'il disait ça. Se calmer. Comme une gosse insolente, elle avait mille envies de lui rétorquer que non, elle ne se calmerait pas, elle ne voulait pas se calmer et elle n'avait aucun compte à lui rendre, elle n'était pas obligée de lui obéir. Mais... en fait... il avait raison. Il avait juste tellement raison ! Elle était complètement folle, incontrôlable. Elle était hystérique. Elle devait se calmer. De toute manière, les supérieurs n'étaient plus là. Ils n'avaient pas tué Elias. Enzo semblait tellement convaincu, tellement sûr de lui, en disant ça. Et elle avait tellement envie de le croire ! Pour qu'il continue à parler, pour qu'il continue à lui assurer qu'Elias vivait, il fallait qu'elle se calme, sinon, il ne dirait plus rien. Oui, elle raisonnait comme une vraie gamine. Peur, faiblesse, soumission. Elle voulait qu'il continue à la rassurer, et même si elle n'aimait pas le ton qu'il employait, elle allait lui obéir car elle voulait, en gros, une récompense. Elle serait sage juste pour qu'il lui dise qu'Elias allait vraiment bien, et peut-être que ça serait vraiment vrai. Oh oui, pitié, faites que ce soit vrai. Que tout ça n'était qu'un mauvais rêve, un cauchemar, une blague pourrie. Faites que tout ce qui venait de se passer n'ait jamais eu lieu. Elle n'y croyait pas vraiment, dans le fond, à ce souhait là. Elle savait qu'elle était réellement en train de vivre tout ce qui s'était passé les dernières minutes – ou heures, elle ne saurait dire, elle avait complètement perdu la notion du temps. Elle savait qu'elle ne rêvait pas, et elle savait que même dans le monde magique, on ne pouvait pas retourner le temps. Mais il y avait une seule chose à laquelle elle n'avait pas pensé, et ce même si Enzo avait déjà donné l'explication auparavant.

« C’était un épouvantard, d’accord ?! Un épouvantard ! Pas Elias, ni personne d’autre. Je l’ai fait partir, y a plus que toi et moi ici. J’te laisserai pas sortir d’ici tant que tu ne te seras pas calmée. Tu peux me frapper si ça te défoule, m’insulter ou je sais pas quoi mais tu ne sortiras pas ou en tout cas pas toute seule. J’te laisse pas toute seule dans cet état et c’est pas négociable. »

Il lui fallut quelques temps pour se intégrer et comprendre tout ce qu'il venait de lui dire.

« Un... épouvantard ?! »

C'était presque drôle tellement c'était ridicule.

« Un épouvantard. Haha, c'était juste un épouvantard ! Elias va bien, c'est ça ? Oh, Enzo, c'est... c'est ridicule. »

Et pour le coup, elle avait envie de se mettre à rire et à pleurer en même temps. C'était un épouvantard, tout simplement. Un putain d'épouvantard ! Ouais, cette créature qu'on apprend à gérer en troisième année en DCFM, normalement. Créature qui aime bien les endroits sombres et isolés, et qui prend la forme de la phobie de la personne qui se trouve devant elle. Tout correspondait exactement à ce qui venait de se passer. Grenier, l'endroit idéal. Sombre, en plein milieu de la nuit qui plus est, vieux, lugubre, sale, caché à la vue de tous... Vraiment, le genre de lieu qui correspondrait parfaitement à la cachette d'un épouvantard. Et puis le corps quasi-cadavérique d'Elias, exactement comme celui qu'elle avait rattrapé en juillet, et les remords et reproches qu'elle se faisait, la culpabilité qui la rongeait... Oui, c'était ce qui lui faisait le plus peur au monde : qu'elle cause la mort de l'homme qu'elle aimait, et qu'il perde sa vie dans ses bras à elle. Elle ne savait même pas réellement qu'est ce qu'elle craignait le plus, si c'était le fait qu'Elias meure ou le fait que ce soit à cause d'elle. En tout cas, elle en avait longtemps fait des cauchemars la nuit, et elle continuait probablement à en faire. Même si ces derniers temps, elle ne se souvenait pas du détail de ce qu'elle vivait la nuit, elle pouvait le déduire des battements effrénés de son cœur, sa respiration haletante et la sueur dans laquelle elle baignait lorsqu'elle se réveillait en sursaut au beau milieu de la nuit. Bref, mais donc oui, l'épouvantard du grenier avait, en apparaissant devant elle, pris la forme de ce qu'elle craignait le plus, et elle y avait cru, comme une gamine de première année, sans se poser de questions, sans hésiter une seule seconde. Elle ne se doutait même pas à quel point les événements de juillet l'avaient traumatisée. Et surtout, était très loin de s'imaginer que son épouvantard aurait changé d'apparence. Elle n'y avait tout simplement pas pensé, alors qu'au fond, c'était totalement logique. Se dire maintenant qu'elle réussissait très bien à le chasser quand elle était plus jeune, et qu'elle en connaissait le concept depuis ses treize ans, ça faisait mal. C'était vraiment ridicule. Elle cacha son visage dans ses mains, secouant la tête. Quelle idiote, mais vraiment ! Séchant ses larmes au passage, et appuyant bien fort pour attirer du sang dans sa tête à nouveau, elle passa ses mains dans ses cheveux et essaya tant bien que mal de les ramener vers l'arrière, les lisser au moins un minimum, les coiffer autant que possible. Elle replongea ses yeux verts dans ceux du jeune homme, le remerciant et s'excusant simultanément par ce regard. Il fallait qu'elle se calme, là, et le plus vite possible. Elle avait déjà assez fait de dégâts comme ça pour les yeux et les oreilles de ce pauvre mec qui n'avait rien demandé et qui continuait à la regarder de cet air... insistant, terrifié, enragé et presque inquiet à la fois.

« Je... suidésolée. »

Très clair, bravo !

« Je crois que... que j'ai un peu perdu... heu... tout. »

Ouais. Pas seulement la tête, mais juste tout. Tout le monde, dont moi-même. Elias a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. C'est étonnant, hein, comment j'ai réussi à changer d'attitude du tout au tout ? À peine quelques minutes plus tôt, j'étais encore en train de trembler, de suffoquer, de sangloter et de me rouler par terre comme une tarée, et là, j'me tiens devant toi, sérieuse à nouveau, posée, contrôlée. À nouveau consciente de moi-même et des autres, surtout. Je ne sais pas si le cirque d'avant était passager ou si c'est mon calme actuel qui l'est, mais... on va éviter de te dire ça, je crois. On va plutôt essayer de te convaincre que je sais ce que je fais à présent, que tout va bien ou du moins ira mieux. Surtout que d'un autre côté, c'est aussi moi-même que je convaincs. Donc...

« Mais c'est bon maintenant, c'est... c'est passé. Et non, j'ai pas envie de te frapper, ni de t'insulter, ni rien. J'pense que j'ai assez fait de mal pour aujourd'hui. D'ailleurs, je... euh... Tu crois qu'on pourrait juste... genre... oublier ? Oublier tout ça là ? C'était passager, ça va mieux là. »

Allez, un sourire en prime pour rendre tout ce que je dis plus crédible.

« Pitié, arrête de me regarder comme si j'étais une beuglante sur le point d'exploser... ! »

Ce fut alors qu'elle réussit, pour la première fois depuis qu'il avait commencé à la regarder, à détourner les yeux. Elle commença à se mordiller les lèvres, de plus en plus mal à l'aise, car réalisant de mieux en mieux, ou plutôt se souvenant de mieux en mieux de tout ce qu'elle venait de faire comme scènes ridicules et limite flippantes. Et finalement...

« Bon okay, j'avoue, j'devais avoir l'air d'une tarée... »

Elle sourit. Ouais, auto-dérision, exactement.

« … Je suis désolée, t'était pas censé être là pour voir ça... »

Je suppose que je devrais te remercier, hein ? Mais... ça ferait pas bizarre, dis ? Genre, je te remercie comme si je t'avais demandé de me rendre un service ? Je pense que si t'avais pu, t'aurais volontiers cédé ta place à quelqu'un d'autre, tu te serais passé de ce petit spectacle que je viens de t'offrir, ou je sais pas, mais bref, j'ai l'impression que de toute manière tu voudrais pas que je te remercie, je me trompe ? Ou en tout cas, pas comme ça, et pas maintenant. Peut-être plus tard, genre si on parle un peu... enfin voilà, j'me vois vraiment pas te remercier maintenant, alors je vais juste pas le faire.

« D'ailleurs, qu'est ce que tu fous là ? Enfin, je veux dire, ça fait bizarre de te croiser ici, tu trouves pas ? »

Quoique, d'un autre côté, je suppose que j'aurais presque dû m'y attendre. Toutes les fois où on s'est croisées, c'était dans le genre de circonstances un peu louches, presque lugubres. Particulières, quoi, et difficilement oubliables, et rares qui plus est donc d'autant plus faciles à mémoriser. En tout, avant aujourd'hui, nos chemins se sont croisés deux fois, et chaque fois, il y avait quelque chose dans l'air. À y repenser plus, je pourrais presque dire que chaque fois, il y avait de la souffrance dans l'air. Donc, ouais, quelque part, c'est logique qu'on se croise ici, mais ça fait quand même bizarre.
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 27 Jan 2014 - 23:03

Plus je connais les femmes et plus j'aime mon chat … Non mais sans déconner, plus le temps passe et plus je me dis que … elles et moi ça n'aurait pas pu coller. Physiquement je dis pas, et d'ailleurs ça serait mentir que de le nier, mais mentalement … Non. Tu me diras, ça n'aurait pas spécialement collé avec les mecs non plus mais je crois qu'en fait il n'y a que Kyle sur terre suffisamment inconscient pour me supporter, c'est surtout ça. Si on fait abstraction de mon côté macho occasionnel, je m'entends très bien avec certaines filles mais ce sont des amies et ça n'a jamais été plus loin, pas émotionnellement en tout cas. Et je ne me sens pas capable d'aller plus loin, physiquement cette fois, avec un autre mec … Traduction : Il n'y a qu'une seule et unique personne sur cette planète faite pour moi donc si ça n'est pas lui ça sera personne.
Qu'est ce qui me dérange chez la gente féminine ? Leur crise d'hystérie bordel de merde ! Je sais que pour ça je dois avoir un côté très féminin mais quand j'explose en général ça se traduit d'une manière un peu plus … masculine. Et dans quel débat inutile je m'engage encore là ? Tout ça parce que je fais face à une fille qui a totalement perdu le contrôle et qui … m'a fait peur. Autant dire les choses clairement, elle m'a foutu la trouille et m'a donné envie de fuir mais il se trouve que je ne l'ai pas fait parce que parmi tout ça j'ai perçu la réelle détresse et quand bien même on n'est pas sorti d'affaire parce qu'elle ne m'a pas l'air encore très stable et surtout pas vraiment redescendue sur terre je n'ai pas pensé une seule seconde – en fait si mais chut – à l'abandonner toute seule ici avec ce qu'il se passait. Plus sérieusement, quand j'ai débarqué après l'avoir entendu crier, quand j'ai vu le corps sur le sol et que j'ai reconnu Elias – dans un sale état – j'ai juste pas réfléchit et j'ai agis. Point barre. A aucun moment j'ai pensé que c'était un Epouvantard, ça n'est que lorsqu'il a changé de forme que j'ai compris et encore une fois j'ai laissé mes instincts et réflexes prendre le relais avant de laisser mes propres démons me paralyser totalement parce que ça aurait pu se produire. Me voir sous mon autre forme entrain de déchirer le corps de Kyle ça me branche moyennement, étrangement …

Dans tout ça, j'ai bien conscience d'avoir légèrement – ahum – agis comme un bourrin envers elle mais je ne crois pas être capable d'autre chose dans ce genre de circonstances, et surtout pas capable de le vouloir. Être doux je sais faire, bien sur, et j'ai essayé d'ailleurs mais on ne peut pas dire que ça ait vraiment fonctionné alors j'ai un peu perdu mon calme, je l'admets, et j'ai haussé le ton. Quand une option ne marche pas autant en essayer une deuxième et ainsi de suite non ? Après tout, le but était de la sortir de sa transe – oui, de la transe, ni plus ni moins – et c'est chose faite. Enfin … je crois. C'est assez difficile à dire en réalité puisqu'après l'hystérie j'ai l'impression qu'elle se retrouve maintenant dans une sorte de torpeur et je ne sais pas vraiment si elle revient sur terre ou bien si au contraire elle décolle plus loin encore … Rassurant. Quoi qu'il en soit je la tiens toujours fermement et ne suis pas décidé à la lâcher, c'est comme ça.

« Un... épouvantard ?! »

Elle parle !

« Oui, un épouvantard. Bouh ! »

C'est malin ça, Enzo ...

« Un épouvantard. Haha, c'était juste un épouvantard ! Elias va bien, c'est ça ? Oh, Enzo, c'est... c'est ridicule. »

Elle parle et elle se fout de ma gueule, c'est ça ? Elle se marre. Elle se marre … c'est vrai que c'est super drôle quand on y pense … Une soudaine envie de grogner se manifeste en moi mais je n'en fais rien parce qu'après tout c'est quand même mieux de la voir comme ça. Oui, juste un Epouvantard, l'illustration de ta plus grande peur – donc perde Elias visiblement, bienvenue au club, en quelque sorte – mais je suis prêt à parier que le Jaune va bien et qu'il est probablement entrain de dormir comme un bébé dans son dortoir. C'est ridicule, c'est vrai, mais d'un autre côté pas tant que ça. La situation en elle même, après coup, elle l'est mais pas dans sa globalité parce que ça n'a rien de … ridicule d'avoir peur et surtout pas pour une chose comme celle ci. Perdre un proche c'est … Ok, stop.

« Je... suidésolée. »
« C’est rien. »

Maintenant que tout retombe je peux le dire mais le discours n'aurait pas été le même seulement quelques secondes auparavant. D'ailleurs comment c'est possible que tout se calme aussi soudainement et rapidement ? La bombe explose, la déflagration fait son boulot et après c'est le calme plat ? A vrai dire je crois que c'est souvent comme ça. Peut être qu'elle avait juste besoin de craquer un bon coup finalement. J'étais là, par pur hasard, mais qu'est ce qu'il se serait passé si je ne l'avais pas entendu et si je n'étais pas venu jusqu'ici ? Est ce qu'elle aurait fini par se rendre compte que ça n'était pas réel ? Est ce que quelqu'un d'autre serait arrivé pour la sortir de cet état et cette chimère ? J'espère. Oui sincèrement je l'espère. Ça n'est pas parce que je me fous de la vie des gens en règle général que je suis totalement indifférent ou que je leur souhaite de mauvaises choses.

« Je crois que... que j'ai un peu perdu... heu... tout. »

Surtout la boule en l’occurrence mais j’imagine que tu as surement des circonstances atténuantes.

« Mais c'est bon maintenant, c'est... c'est passé. Et non, j'ai pas envie de te frapper, ni de t'insulter, ni rien. J'pense que j'ai assez fait de mal pour aujourd'hui. D'ailleurs, je... euh... Tu crois qu'on pourrait juste... genre... oublier ? Oublier tout ça là ? C'était passager, ça va mieux là. »

Et je suis sensé te croire sur parole ?

« Pitié, arrête de me regarder comme si j'étais une beuglante sur le point d'exploser... ! »
« C’est que je m’attends à ce que tu repartes dans un délire hystérique d’un instant à l’autre alors … Enfin j’veux dire, y a 30 secondes t’étais entrain de te rouler par terre et là tu me dis que tout va bien, comme si rien ne s’était passé, excuse moi d’être sur mes gardes ... »

Il n'empêche que je fini par la lâcher et fourrer de nouveau mes mains dans mes poches. Les doigts de ma main droite s'enroule autour de ma baguette, au cas où, et je ne la quitte pas des yeux, à l'affut du moindre geste, de la moindre réaction suspecte.

« Bon okay, j'avoue, j'devais avoir l'air d'une tarée... »
« Chacun son tour on va dire. »

Référence à la Salle des Trophée, naturellement. Ce jour là c'est moi qui est totalement craqué et c'est elle qui a pointé le bout de son nez pour assister au carnage. J'étais un total désastre, elle aurait du fuir mais elle ne l'a pas fait. Aujourd'hui encore je ne comprends pas pourquoi mais c'est simplement comme ça, tout comme ma présence ici cette nuit. C'est comme ça, le hasard, l'instinct, peu importe. C'est comme ça et c'est tout. Pas besoin de se torturer le cerveau pour répondre à des questions qui n'ont pas le moindre intérêt.

« … Je suis désolée, t'était pas censé être là pour voir ça... »
« Tu m’étonnes … mais bon, encore une fois, chacun son tour. »
« D'ailleurs, qu'est ce que tu fous là ? Enfin, je veux dire, ça fait bizarre de te croiser ici, tu trouves pas ? »

Bizarre ? Pourquoi bizarre ? Je vis ici j'te rappelle. Je grimace et ébouriffe les cheveux dans un geste automatique avant de remonter ma capuche sur ma tête, une fois n'est pas coutume, et arbore un air super sérieux tout en replongeant mes yeux noisette dans les siens après avoir un rapide tour de la pièce du regard.

« En fait j’étais sortie en quête d’une demoiselle en détresse à secourir mais comme j’ai oublié ma cape ça pourrit un peu l’effet. J’ai foiré mon entrée, ça m’a trop perturbé d’avoir ce sentiment de manque sur les épaules. »

Un. Deux. Trois. Sourire. Tu sais pas trop sur quel pied danser avec moi, je me trompe ? Ça m'amuse d'autant plus. Et non, je ne me moque pas de toi, c'est juste pour le plaisir de raconter une connerie. Et aussi pour te faire rire, je crois.
Je fini par secouer la tête, incapable de rester immobile plus de quelques secondes, il faut toujours qu'un bout de moi soit en mouvement. Quant à la réelle raison de ma présence ici ?

« J’avais pas envie de dormir, j’avais juste envie de me balader, alors plutôt que de tourner en rond dans mon lit ou de faire chier Kyle à pas tenir en place je suis parti en exploration nocturne et je t’ai entendu crier alors … me voilà. »

Je hausse les épaules en affichant un air neutre n'ayant pas d'explications supplémentaires à fournir à la demoiselle et même si j'ai l'air détaché et détendu, il faut toujours se méfier du Loup qui dort. Mes sens sont à l'affut, toujours, mais le ton que j'emploie pour m'adresser à elle et mon langage corporel sont sereins, calme. Je m'adapte. Enzo Tout Terrain, parfaitement. Je souris, d'un de ces sourires amusés, avant de me pencher légèrement vers pour que mon visage se retrouve à hauteur du sien comme pour capter vraiment son attention et puis finalement me redresse complètement.

« C’est pas plus bizarre de me trouver moi ici que toi, mademoiselle. A la rigueur moi j’ai une excuse en plus, et puis je vois assez bien dans l’obscurité. »

Pour ne pas dire très bien. Mon autre moi est nyctalope alors forcément, ça aide. Quand je suis sous forme humaine je ne vois pas dans l'obscurité la plus totale mais il n'empêche que mes sens sont tout de même décuplés par rapport à un être humain normal et ça peut être une chose très pratique, surtout quand on à l'habitude de se balader la nuit. C'est quelque chose que j'ai toujours fait, soit parce que je ne tenais pas en place, soit parce que je ruminais ou n'arrivait pas à trouver le sommeil, ou simplement par envie. C'est vrai que je serais tout aussi bien sous les draps avec mon Jules mais il me connait, il a l'habitude, et en plus de ça c'est pas comme si on passait toute nos nuits ensemble alors que je sois là ou pas … J'espère bien qu'il est entrain de dormir tranquillement et qu'il rêve de moi … Ok, je sors.

« Qu’est ce que tu fous dans le grenier en pleine nuit au juste ? »

J'suis pas de la police, ni ton père, juste curieux. Et si on doit parler de ce qu'il vient de se passer, même au sens plus large parce que ton craquage m'avait l'air … profond, ça ne viendra pas de moi pour la simple et bonne raison que je ne m'insinue pas dans la vie des gens. Si t'as envie de parler, fais, j'écouterai, mais je ne poserai probablement pas de questions. En attendant je garde un œil sur toi et s'il faut que je te raccompagne jusqu'à ton dortoir pour être sure que ça va j'hésiterai pas à le faire, même si techniquement je ne pourrais pas y monter. Dommage, je ne pourrais pas te border.
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Sam 8 Fév 2014 - 1:23

HRP:
 

Plus j'apprends à me connaître, et plus je me dégoûte. Je suis une parfaite crétine, une gamine pas capable de prendre sur elle pour un sou, pas capable de garder son sang-froid et son honneur. Je suis une loque, une beuglante en pleine explosion, une alarme incendie électrique qui échappe au contrôle. Je suis une erreur de la nature. Je ne devrais même pas être là, tellement je suis ridicule. Ouais, qu'est ce que je fous encore là, hein, quelqu'un peut me dire ? Qu'est ce que je fous là, minuit passée, dans le grenier ? Je me roule par terre comme une conne, salis mes vêtements, mon corps et mes cheveux, verse des larmes de crocodile, gémis ou crie à tour de rôle, suffoque à force de sangloter et tremble à force de contracter tous mes muscles, voilà ce que je fous. J'ai l'air d'une cinglée qui s'est enfuie d'un hôpital psychiatrique, d'une folle qui a échappé à l'asile. Oui, plus j'apprends à me connaître, plus je me fais peur. J'étais pas comme ça, avant, si ? J'étais pas une fillette, j'étais pas une chochotte, ou une hystéro... ! Je donnais l'air, parfois, d'être la petite fille modèle, mais j'avais des caractéristiques de garçon manqué dans bien des cas, tout comme je pouvais m'avérer très mature dans certaines situations et très gamine dans d'autres. Mais bref, là n'est pas la question, ce que je veux dire, c'est que même face à des situations extrêmes, je savais garder la tête froide, je savais agir, et ne pas me laisser avoir, que ce soit par le choc, le stress, la pression ou les émotions. Je savais... je sais pas, en fait, juste prendre sur moi, et faire ce qu'il y avait à faire... Enfin, je peux pas vraiment dire que j'ai dû faire face à de grosses crises ou quoi, mais voilà, je perdais pas les boules dès qu'un malheur croisait ma route, merde à la fin ! J'étais celle qui restait calme, et qui savait calmer les autres. J'étais celle qui soutenait ses amis, j'étais la psy de service, pour ainsi dire. J'ai une bonne oreille, à ce qui paraît, ainsi que de bons conseils, une bonne attitude, bref, j'ai tout ce qui faut pour réconforter et pour redonner le goût à la vie aux personnes qui l'auraient perdu. Ça doit être ça, le truc : les malheurs dont je parle, c'est en arrivant à mes proches qu'ils ont croisé ma route. C'était les malheurs des autres que je savais régler posément. Maintenant qu'il m'arrive des choses plus graves que le bullshit - acharné, méchant, violent, douloureux et rageant, certes, mais pas réellement grave - de Cassie et sa bande d'amis, maintenant qu'il m'arrive des choses sérieuses, je réalise que je ne sais absolument pas, et n'ai d'ailleurs jamais su, respecter les conseils que je donne aux autres. Et je deviens, ou plutôt me rends compte que je suis quelqu'un que j'aurais aimé ne jamais devenir, ni même rencontrer d'ailleurs.

Trop tard. Il était trop tard pour que Caitlyn puisse prétendre qu'elle savait garder son calme en toutes circonstances. Comme les malades mentaux qu'on immobilisait avant de les emmener à l'hôpital psychiatrique, elle n'arrivait pas à se défaire des poings qu'Enzo avait refermés au dessus de ses coudes, et plus elle se débattait, plus il la tenait fermement, jusqu'à ce qu'elle ait mal et comprenne que ça ne servait à rien d'essayer de se libérer. Le pire de tout ça ? C'était cette expression qu'il avait dans les yeux, cette manière qu'il avait de la regarder, comme si elle était un bâton de dynamite qui risquait d'exploser quand il s'y attendrait le moins.

« C’est que je m’attends à ce que tu repartes dans un délire hystérique d’un instant à l’autre alors … Enfin j’veux dire, y a 30 secondes t’étais entrain de te rouler par terre et là tu me dis que tout va bien, comme si rien ne s’était passé, excuse moi d’être sur mes gardes ... »

Et elle ne pouvait même pas prétendre que c'était injustifié. Au contraire, elle venait de lui donner toutes les raisons du monde pour se méfier d'elle. À sa place, elle aurait probablement agi de la même manière. Et ça en était d'autant plus rageant, car elle savait qu'elle ne pouvait pas lui reprocher de la voir comme une folle vu le spectacle qu'elle venait de lui offrir.

« Chacun son tour on va dire. »
« Ah oui... »

Avait-elle réellement souri, ou était-ce seulement dans son esprit ? Elle n'aurait pas su dire, mais sa remarque lui avait fait plaisir, quelque part. Non pas parce que le souvenir de la souffrance du jeune homme l'enchantait, mais parce que ce qu'il était en train de faire là, c'était, indirectement, la rassurer. Il la rassurait en lui rappelant que lui aussi avait eu son instant de faiblesse, et que de ce fait, il pouvait comprendre. Et puis c'était une preuve d'humilité, aussi, et ça la rassurait que de voir qu'il n'attendait pas d'elle qu'elle le considère comme son sauveur parfait. Enfin, peut-être qu'elle surinterprétait un peu, mais quoi qu'il en soit, c'était comme ça qu'elle le ressentait, comme s'il lui disait qu'elle avait eu le droit de péter un câble. Mais rien ne justifiait vraiment la manière dont elle avait pété le câble en question. Autant avant, elle n'avait aucune conscience ni de soi ni de son entourage, autant maintenant, elle pouvait presque se voir se rouler par terre et s'entendre sangloter, et elle avait juste trop honte. Elle n'avait pas voulu qu'il la voie dans cet état, lui ni qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Ça ne lui avait certainement pas fait plaisir que de tenir compagnie à une folle, et elle pour sa part s'en tirait avec cette honte qui allait sans doute la ronger encore un bon bout de temps. Elle avait vu des gens craquer. Elle avait vu plein de gens péter leur câble, et elle les avait réconfortés, mais jamais elle ne s'était imaginée que son tour viendrait aussi. Non pas qu'elle se croie plus forte ou mieux protégée que les autres, au fond elle savait qu'il se pouvait qu'elle craque elle aussi, mais elle ne s'imaginait juste pas que cette possibilité deviendrait réalité, quoi. Est-ce que quelqu'un saisirait la nuance, ou la prendrait-on pour une fille qui se croit au dessus de tout le monde ? Ce serait à tort, mais probablement ne saurait-elle pas expliquer pourquoi ça l'étonnait autant de réaliser que son tour de craquer était venu. Elle était une fille comme les autres, n'est ce pas, et certains disaient bien que c'était dans les gènes, que les filles avaient plus tendance à paniquer que les mecs. Après tout, depuis la préhistoire, les hommes étaient confrontés à des situations extrêmes pendant la chasse, tandis que les femmes avaient des activités plus variées mais plus tranquilles. Donc finalement, elle ne faisait pas exception à la règle. Règle qu'elle n'aimait pas vraiment, soit dit en passant. Elle avait plein d'autres excuses de craquer comme elle l'avait fait, plus valables à ses yeux qu'une vieille histoire de sexe et de machisme. Mais de toute manière, elle ne se cherchait pas d'excuses. Elle avait complètement perdu les pédales, et elle avait honte en réalisant toute la faiblesse et la folie qu'elle avait dévoilée, mais c'était trop tard, maintenant. Ce qui était fait était fait, et si elle voulait être raisonnable comme elle l'avait toujours été, il fallait qu'elle aille de l'avant.

Sauf que pour l'instant, elle avait plutôt l'impression d'un retour en arrière, d'un flashback qui inversait les rôles. La dernière fois, c'était lui qui pétait un câble. Pas de la même manière, il fallait l'avouer, mais au fond, c'était... oui, c'était la même chose. Souffrance, saturation. Pas les mêmes causes ni les mêmes effets, mais la même atmosphère, la même détresse. Le retrouver là aujourd'hui, honnêtement, ça lui faisait bizarre. Logique, quelque part... et peut-être était ce justement tellement logique que ça en était bizarre. À croire qu'ils étaient faits pour ne se croiser que dans ce genre de situations. C'était limite triste de se dire ça, non ? Comme s'ils ne pouvaient pas partager des moments plus détendus, amusants. D'un autre côté, ils étaient tellement différents et tellement inaccessibles l'un à l'autre qu'ils n'auraient sans doute pas eu l'occasion de se rencontrer sans ces circonstances sinistres. Mais cette fois, quelque chose était tout de même différent. Peut-être l'absence des supérieurs, ou le ridicule noir de toute cette petite scène. Ou juste le fait que cette fois, c'était son tour à elle, et qu'elle ne se braquait pas autant que lui. Elle n'avait pas eu de difficultés à émettre un petit rire, au contraire, elle aurait dû faire un effort pour le retenir. L'imaginer avec une cape de Superman était... drôle, ouais. Et, au delà de rire de ses conneries, ça lui faisait encore une fois plaisir, profondément. Elle aimait bien ce trait de caractère qu'elle découvrait chez lui. Elle avait déjà fait l'expérience de son attitude désinvolte et insolente, ainsi que de sa sensibilité barricadée. Là, c'était son altruisme qu'il lui montrait. Et, aussi particulier qu'il soit, elle l'aimait bien. Un peu comme avec Jeroen.

« C'est pas grave, je te pardonne ! »

Clin d'œil discret, sourire qui se voulait complice, taquin... Elle n'était pas autant à l'aise avec lui qu'avec le Slyth, mais elle ne se voyait mal lui tirer la tronche maintenant. Elle avait beaucoup de mal à apprécier les gens qui faisaient la gueule sans raison, alors déjà qu'elle ne l'avait même pas remercié, la moindre des choses était de rester polie et agréable avec lui. Et puis, elle avait bien envie de discuter avec lui, pour le connaître ne serait-ce qu'un peu mieux. La question était de savoir si lui aussi voulait faire connaissance avec elle ou s'il préférait qu'elle se tienne en dehors de sa vie, car d'après ce qu'elle avait pu déduire des deux fois où ils s'étaient parlés, il n'avait pas l'air d'être trop partant pour... Apparemment, cette fois, il n'avait pas l'air réticent pour rester un moment avec elle. Il n'avait pas envie de dormir, il ne tenait pas en place dans son lit, alors le voilà à chercher ses yeux, à essayer de capter son attention. Donnait-elle donc tant que ça l'air d'être ailleurs ? Elle écarta une mèche qui était retombée devant ses yeux, et la coinça derrière son oreille, tout en soutenant presque craintivement son regard. Et puis il se redressa, et, à l'endroit où se trouvaient ses yeux noisette, il y eut tout à coup son torse. Une fois de plus, elle se rendit compte à quel point il était grand et imposant, détail qu'elle avait failli oublier l'espace d'un instant. Elle n'était pas spécialement petite, même plutôt au dessus de la moyenne, bien que de très peu seulement... mais là, elle ne se sentait vraiment pas grande du tout. Elle ne savait pas trop sur quel pied danser, avec lui. Elle était presque certaine du fait qu'elle pourrait l'apprécier sans trop de difficultés, mais elle savait que c'était le genre de personnes à avoir une coquille, et que si on voulait être leur ami, on devrait sympathiser avec cette coquille aussi. En gros, s'il ne voulait pas, elle ne réussirait jamais à le forcer à l'apprécier en retour. Bref, non elle ne savait pas sur quel pied danser avec lui, ni trop à quoi s'attendre de sa part, et même si elle se sentait étrangement proche de lui parfois, elle savait aussi que ça ne voulait rien dire et que si elle voulait qu'il l'apprécie, ce n'était pas en prenant ce chemin là qu'elle allait y arriver. Enfin bon, de toute manière, lui demander s'il voulait bien être son ami n'était absolument pas son genre, la seule chose qu'elle voulait, c'était discuter un peu avec quelqu'un. Elle ne voulait pas retourner se coucher, ni rester seule, en fait. Alors elle se plaisait à observer sa taille et écouter son ton tout en levant un sourcil au « mademoiselle ». Qu'est ce qu'elle faisait au grenier ?

« Ben, je... je me baladais aussi, en fait, à peu près pour les mêmes raisons que toi. »

Ça ne t'avance pas trop, hein ?

« Ces derniers temps, je sors plutôt souvent, la nuit. J'arrive pas trop à dormir, en fait. Et la lune a cet effet... tranquillisant. Pas que la lune, d'ailleurs, c'est la somme de tous les petits détails qui font que la nuit est ce qu'elle est, et que des fois, il vaut mieux être debout que couché pour en profiter pleinement... »

En parlant, elle avait fait un quart de tour sur elle-même et s'était dirigée vers la petite fenêtre aux vitres sales qui laissait passer la lumière argentée de l'astre nocturne. Elle se souvenait qu'Enzo était lycan, mais ça n'avait rien à voir dans sa décision de se rapprocher un peu plus du ciel étoilé. Elle ne le faisait ni pour l'énerver, ni pour avoir sa sympathie, ni quoi que ce soit d'autre, elle avait simplement envie de ressentir cette tranquillité qu'elle venait d'évoquer. Une fois près de la fenêtre, elle prit quelques instants pour observer le paysage nocturne de la hauteur à laquelle ils se trouvaient, puis elle se tourna à nouveau vers lui pour répondre plus précisément à sa question.

« Le grenier ? Ben je le découvre en fait. Je savais qu'il existait, et on m'avait déjà dit comment y accéder, mais j'avais jamais trouvé l'occasion de le visiter, donc bon... mais en fait, honnêtement, je ne sais même pas comment j'ai fait pour me retrouver là. »

Elle lui sourit. C'était bon, c'était passé, il lui suffisait de parler de la nuit et de la rejoindre, pour qu'elle se calme. Elle n'avait plus aucune ombre de folie, à part si le calme-même était une phase de sa crise, mais elle en doutait, car elle se sentait vraiment bien, finalement. Étrange, la manière dont elle s'était reprise en main, tout de même. Comme si tout ce qui s'était passé n'avait été qu'un mauvais rêve.

« Faudrait sans doute que je retourne dormir... mais j'ai pas trop envie, là. De toute façon, j'arriverais pas à m'endormir. Tu veux bien rester avec moi un moment ? »

Au moins, c'était clair et précis, là, qu'elle voulait rester avec lui. De la compagnie, c'était ce qu'il lui fallait. S'occuper l'esprit. Sauf que...

« Je... j'te dois p't-être des explications... par rapport à... à tout ça, là. Enfin, si tu les veux, bien sûr. »

Et au cas où t'aurais pas compris, elles sont plutôt déprimantes, raison pour laquelle je te laisse le choix de les refuser. Car au point où j'en suis, je ne risque rien à te faire part de ce qui m'empêche de dormir et ce qui provoque en moi le genre de réactions dont t'as été témoin, mais je te croirai volontiers si tu me disais que t'avais pas spécialement envie de revenir dessus.
Elle l'avait fixé droit dans les yeux en disant ça, de ce regard à la fois désolé, timide et insistant, puis elle se retourna à nouveau pour regarder par la petite fenêtre, et, comme pour elle même, elle rajouta en murmurant

« Je... je savais pas que mon épouvantard avait changé. Je pensais pas que ça m'avait autant marquée. »
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Mer 12 Fév 2014 - 18:21

L’été sera chaud, l’été sera chaud ! Dans les T-shirt, dans les maillots ! Désolé de commencer de cette façon mais ma charmante créatrice l’a dans la tête et s’est senti obligé d’en faire profiter tout le monde … Merci Lili ! Vraiment ! x_X Bref. En attendant l’été est bien fini et en ce début de mois d’octobre il commence déjà à faire frisquet de ce coté ci du globe. En Australie la chaleur doit déjà être bien installée et je ne sais pas si j’aurai l’occasion de tester en décembre ce que ça peut avoir comme incidence sur mon nouvel organisme, enfin nouvel … Certes ça fera 3 ans en mars mais il n’empêche que depuis tout ce temps je n’ai pas pu vivre un seul été là bas puisqu’aux mois de juillet et aout c’était l’hiver pour les Aussies. Evidemment les hivers là bas sont complètement différent des hivers d’ici mais … Enfin on s’en tape, tout ça c’est pour dire qu’il ne fait pas chaud dans ce Royaume Unis et que ça n’est plus un scoop depuis longtemps. Dans le fond je me dis que j’ai de la chance d’être ce que je suis parce qu’au moins je n’ai pas trop à en souffrir même si je ne suis pas un grand fan de l’humidité mais je m’en acclimate. Un autre qui en profite bien c’est mon cher et tendre puisque je suis son radiateur attitré mais au final il n’y a pas que lui qui en profite. Pourquoi je pense à ça ? Parce que je me perds régulièrement dans ma tête et m’égare sur des sujets qui n’ont absolument rien à faire là la plus part du temps, tout simplement. On ne se refait pas.

Enfin voilà, on en est là, je lui raconte des conneries histoire de détendre l’atmosphère et la faire rire tout simplement parce que c’est ce que mon instinct me dit de faire et comme j’ai toujours plus ou moins eu l’habitude – à tort ou à raison – de le suivre c’est ce que je fais encore une fois. Il semblerait que ça fonctionne, au moins un peu. Elle sourit, elle a même osé un clin d’œil, je pense qu’on peut dire que ça va mieux. Je ne dis pas que c’est grâce à moi, je n’ai pas cette prétention, mais il se trouve que je suis là, elle aussi, et la situation est bien plus détendue qu’elle ne l’était quelques minutes auparavant. En attendant, j’attends tranquillement une réponse à ma question ou en tout cas une réaction de sa part pour entretenir – ou pas – la conversation.

« Ben, je... je me baladais aussi, en fait, à peu près pour les mêmes raisons que toi. »
« Toi non plus tu ne voulais pas embêter Kyle ? Je comprends, il peut faire peur quand il s’énerve. »

Ben quoi ? Oui je suis une tête à claque qui adore raconter des conneries et j’assume. Puis c’est surtout que je me sens comme investi d’une mission : Celle de continuer à détendre l’atmosphère. La vérité c’est que je me sens investi de rien du tout, c’est simplement un réflexe naturel chez moi qui certes ne se pointe pas toujours mais pour l’heure il est là et tant mieux. Que ça la fasse rire ou pas, il n’empêche que ce sont des conneries dans le sens où oui Kyle peut faire peur quand il s’énerve mais comme il ne s’énerve que contre moi – ça fait longtemps que ça n’est pas arrivé quand j’y pense – y a pas trop de risques qu’elle voit ça un jour mais en attendant c’est pas le genre à monter sur ses grands chevaux parce qu’on lui pourri sa nuit. Le pauvre, si c’était le cas je serais interdit de séjours dans son lit depuis des lustres mais ça n’est pas le sujet.

« Ces derniers temps, je sors plutôt souvent, la nuit. J'arrive pas trop à dormir, en fait. Et la lune a cet effet... tranquillisant. Pas que la lune, d'ailleurs, c'est la somme de tous les petits détails qui font que la nuit est ce qu'elle est, et que des fois, il vaut mieux être debout que couché pour en profiter pleinement... »

La Lune, tranquillisante ? Ça dépend pour qui … Non je ne ferai pas de commentaire, je me contente simplement de sourire en l’observant se déplacer alors que je reste immobile, les mains dans les poches, parce que je suis totalement d’accord avec tout ce qu’elle vient de dire ou presque. C’est vrai que la nuit à un côté apaisant que le jour n’a pas, Lune ou pas, et quand bien même cette dernière n’est pas toujours synonyme de calme pour tout le monde elle peut en réalité l’être pour nous aussi les Lycanthropes. La nouvelle Lune par exemple ! C’est très certainement la période du moi où je suis le plus tranquille et ce dans tous les sens du terme. Pour le reste, ça dépend de pleins de choses, des circonstances, de l’environnement dans lequel on se trouve, l’état d’esprit, etc …

« Le grenier ? Ben je le découvre en fait. Je savais qu'il existait, et on m'avait déjà dit comment y accéder, mais j'avais jamais trouvé l'occasion de le visiter, donc bon... mais en fait, honnêtement, je ne sais même pas comment j'ai fait pour me retrouver là. »

Elle tourne la tête, me regarde et sourit. Ce que je vois dans ses yeux à ce moment là c’est une sorte de calme, comme le calme après la tempête dont on parle souvent. A croire que la nuit lui fait vraiment du bien ou alors l’adrénaline ayant quitté tout son corps à présent elle se retrouve entrain de planer d’épuisement. Tout ça ce sont des sensations que je connais bien mais je ne la connais pas assez elle pour savoir de quoi il s’agit exactement dans ce cas précis.

« Faudrait sans doute que je retourne dormir... mais j'ai pas trop envie, là. De toute façon, j'arriverais pas à m'endormir. Tu veux bien rester avec moi un moment ? »

Euh …

« Je... j'te dois p't-être des explications... par rapport à... à tout ça, là. Enfin, si tu les veux, bien sûr. »

Détresse, une sorte d’appel à l’aide, voilà ce que je lis maintenant dans le fond de ses rétines alors qu’elle me fixe droit dans les yeux avant de tourner la tête une nouvelle fois vers la fenêtre qui laisse entrevoir la lueur claire de l’extérieur.

« Je... je savais pas que mon épouvantard avait changé. Je pensais pas que ça m'avait autant marquée. »

Murmure. Pour un être humain peut être mais pas vraiment pour moi alors si elle espérait que je ne l’entende pas c’est peine perdue.

« Et moi j’étais persuadé qu’il avait changé alors que non donc tu vois, c’est la soirée des découvertes pour nous deux. »

Réponse du tac au tac, avec un ton neutre, et je m’avance tranquillement vers tout en cherchant son regard à nouveau. Elle n’est pas bien, calmée peut être mais ça ne va pas. Ce qui n’est sans doute pas très étonnant vu ce qu’elle vient de vivre mais j’ai comme l’impression qu’il n’y a pas que ça.

« Tu ne me dois absolument rien Caitlyn et je ne suis pas du genre à poser des questions mais même si c’est sans doute pas hyper flagrant je peux être une bonne oreille ou une bonne épaule. »

Sous entendu : Si t’as besoin de parler, ou de ne pas le faire, je sais très bien m’acclimater aux deux pour peu que j’en ai envie.

« Viens avec moi, je vais te montrer un truc. »

Un signe de tête, un sourire en encourageant et une idée bien précise dans l'esprit. A vrai dire je pense que c'est justement là que j'aurai attiré si je ne l'avais pas entendu et si jusqu'ici la seule personne que j'ai pu y croiser est Logan Rivers peu de temps après ma sortie du coma, si elle décide de me suivre elle aura la chance de découvrir un endroit que je trouve absolument génial. Je n'attends pas de réponse de sa part, me fiant toujours à mon instinct, voilà pourquoi je me détourne et marche droit vers une direction que seul moi – entre nous deux – connait. Je ne m'attends pas à ce qu'elle me fasse aveuglément confiance mais quelque chose me dit qu'elle se sent plus ou moins en sécurité avec moi. Je ne tarde d'ailleurs pas à entendre les bruits de ses pas derrière moi. Ce qui se passe ensuite est un véritable numéro d'équilibriste. Il faut marcher sur des poutres, se pencher pour avancer quand on est aussi grand que moi, mais ça en vaut la peine. Le grenier se trouve au dessous de nous à présent, je marche devant histoire d'assurer le trajet, lui montrer le chemin, tout en me retournant parfois pour voir si ça va, si elle n'a pas besoin d'aide. Ça ne semble pas être le cas. Nous voilà enfin à bon port : Au dessus de ma tête une lucarne qui donne accès direct au toit. Je force quelques secondes et elle fini par s'ouvrir sans faire trop de bruit.

« Je passe devant. »

Je suis comme les chats : Si la tête passe, tout passe ! Plus sérieusement, je préfère m'assurer que la voie est libre et puis si moi je passe, elle passera sans soucis alors une fois grimpé là haut, une fois la lucarne franchie, je me retourne et me penche pour tenter de la repérer. La luminosité est faible mais correcte, même pour un être humain normal. La Lune éclaire beaucoup déjà, quant à moi, je n'ai pas vraiment de problème pour y voir clair.

« C’est bon ? Tiens, attrape ma main si t’as besoin. »

Alliant le geste à la parole je tends le bras et donc ma main vers puis peu de temps après on se retrouve tous les deux à marcher sur le toit. Parfois incliné, parfois droit. Au bout d'un moment je m'arrête, mes yeux se perdent un peu partout. Mains dans les poches, capuche sur la tête, je suis dans mon élément.

« Je viens souvent ici, surtout la nuit, même si ça m’arrive aussi de venir le jour de temps en temps. Je trouve qu’on a une super vue sur tout le parc, la forêt et le lac et puis y a jamais personne ici ou alors très rarement. C’est un des endroits que je préfère. »

La nuit est calme. Je sais qu'en me concentrant je pourrais percevoir des sons, des mouvements peut être, mais je ne suis pas là pour ça.

« Je viens pour y réfléchir ou au contraire simplement pour ne penser à rien. Le plus souvent c’est ça je crois bien. Lune aime bien cet endroit aussi, d’ailleurs ça ne m’étonnerait pas de la voir débarquer à un moment ou un autre. »

Et là je me rends compte qu'elle ne sait sans doute pas de quoi ou plutôt de qui je parle parce Lycan ou pas je n'appelle pas l'Astre avec autant de familiarité. J'ai l'habitude de passer pour un cinglé mais quand même.

« Lune c’est mon chat. Je sais, c’est hyper original comme nom pour quelqu’un comme moi … mais j’aime bien et ça lui va bien parce qu’elle est toute blanche. Et très lunatique même si ça je ne le savais pas le jour où je l’ai baptisé. »

Je la revois encore toute petite et y a rien à faire, ça me fait complètement fondre même après tout ce temps. Enfin bref ! Je m'assoie tranquillement et la laisse faire ce qu'elle veut mais je continue sur ma lancée quand bien même cet endroit est plutôt un refuge de silence la plus part du temps.

« Ton épouvantard … J’ai eu le même pendant un moment. Il a changé y a quelques mois, d’ailleurs j’le trouve encore pire mais c’est pas la question. Tout ça pour dire que je comprends, j’suis désolé, et j’espère que t’auras plus l’occasion d’en recroiser de si tôt. »

Voir mourir un être cher est une chose que je ne souhaiterai pas à mon pire ennemi et pour en avoir plus ou moins fait les frais plusieurs fois je ne peux que me mettre à sa place. Je sais que j'ai eu la chance de retrouver Kyle et que sa « mort » n'était pas réelle mais il n'empêche que ça n'effacera jamais ce que j'ai vu, vécu et ressentis. Je n'y pense plus vraiment mais cette vision a longtemps été mon épouvantard aussi. Aujourd'hui je suis la cause de sa mort … Encore plus réjouissant ...

« Je sais qu’on se connait pas vraiment et qu’on se croise tout le temps dans des circonstances un peu étrange mais si t’as besoin de parler j’suis là et j’ai pas l’intention de partir tout de suite. »

Toi tu fais ce que tu veux, je ne t'oblige pas à rester évidemment mais tu m'as demandé de rester et c'est ce que j'ai fait même si je t'ai emmené ailleurs.

« D’ailleurs … Promis, j’suis pas entrain d’essayer de te draguer, c’est juste que t’as l’air morte de froid et de ce côté-là je suis assez pratique donc si t’as besoin d’un radiateur et que j’te fais pas trop peur, j’suis pas là pour te faire du mal donc te gène pas. »

Oui, ceci est une invitation à venir te coller contre moi si ça te chante. Pendant longtemps j'ai fuit les contacts physiques mais aujourd'hui ça ne me fait plus peur. Je ne dis pas que je saute sur la moindre occasion de choper un câlin ni que j'offre ma proximité n'importe quand à n'importe qui mais j'ai quand même pas mal évolué de ce côté là. Quoi qu'il en soit il y a naturellement une personne que j'aime particulièrement avoir contre moi mais ça tombe sous le sens.

« Elias est un mec vraiment cool, lui non plus j’le connais pas vraiment mais … Vous êtes ensemble ? Parce que si c’est le cas tu vas rire. Il est intervenu un jour où j’étais entrain de me battre avec un autre type et il a essayé de me raisonner en me disant que la violence c’était pas une solution, etc … Au final il a réussi à me calmer au bout d’un moment mais … En fait ça m’amuse de voir que vous avez tous les deux cette manie de vous interposer ou je sais pas quoi. Vous allez bien ensemble. »

C’est carrément pas le sujet, je sais, mais au moins je suis pas entrain de lui demander des détails sur la façon dont le Jaune s’est retrouvé dans l’état dans lequel elle le voit lorsqu’elle croise un Epouvantard, si c’est réellement arrivé. C’est vrai après tout, c’est peut être juste son imagination qui pense au pire, peut être qu’il n’a jamais vécu un truc comme ça mais je repense à ce qu’elle a dit tout à l’heure : Je pensais pas que ça m'avait autant marquée. C’est donc que si, c’est réellement arrivé. Quoi qu’il en soit j’estime avoir suffisamment ouvert les vannes comme ça, elle peut me parler si elle le veut, de choses graves, ou de moins graves justement, mais c’est sa décision. Moi je suis juste là comme … Loup de compagnie, on va dire. Et comme radiateur, oreille, réconfort éventuellement, etc … Partager mon expérience ? Peut être aussi, qui sait.
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Dim 23 Fév 2014 - 17:09

« Viens avec moi, je vais te montrer un truc. »

Et elle le suivit. Il la guida à travers les vieux planchers, les poutres poussiéreuses, les charpentes, bref les hauteurs du château, qu'elle n'avait jamais visitées auparavant. Sa curiosité se transforma en excitation, et, avec agilité mais tout en retenant le souffle et craignant que les battements de son cœur ne la déséquilibrent, elle suivait le jeune garçon devant elle qui ne détournait pas l'attention de sa progression. Agile, assuré, fort, il devenait presque intimidant, mais elle était bien trop intriguée par ce qu'il voulait lui montrer pour se préoccuper de cette aura imposante qu'il dégageait. Probablement ne le faisait-il même pas exprès, d'ailleurs, alors bon. Il était vraiment quelqu'un d'étrange, c'était le moins qu'on puisse dire. Elle était loin de le connaître, certes, mais avec certaines personnes, même si elle ne les connaissait pas, et malgré le fait qu'elle ne soit pas une grande fan des préjugés, elle pouvait tout de même dire qu'elle avait plus ou moins cerné leur caractère. Pour ce qui était d'Enzo, c'était tout autre chose. À chaque fois qu'elle le croisait, il lui semblait qu'elle découvrait une autre facette de sa personnalité. À la base, il passait pour le mec provocateur par excellence. Puis elle avait été témoin de sa fierté presque machiste, tout en se doutant que derrière ses murailles, il possédait une sensibilité très développée. Aujourd'hui, elle découvrait son altruisme et sa modestie, et autant dire qu'elle ne s'y était pas du tout attendue. Il était un peu tout à la fois, et au fur et à mesure qu'il la guidait à travers le dédale de planches et d'échelles, la partie de son esprit qui n'était pas excitée et curieuse était occupée à réfléchir sur ce qu'elle savait d'Enzo et ce qu'il pouvait bien encore lui réserver comme surprises. Oui parce qu'en plus d'être hystériques, les femmes étaient aussi capables de faire plusieurs choses en même temps. Et non, elle n'était pas en train d'essayer de comprendre ce qui se passait dans la tête du jeune homme, comme s'il avait été un coffre et qu'elle devait deviner ce qu'il contenait. Elle revenait tout simplement sur ce qu'elle avait partagé avec lui, sur l'attitude qu'il avait eue, et réalisait que ça faisait la troisième fois qu'ils se croisaient, et que pour la troisième fois, c'était dans une situation particulière. Bref, aujourd'hui, contre toutes ses attentes, elle découvrait en lui quelqu'un qui voulait que les autres aillent bien, sourient. Il avait donné l'air de vouloir fuir lorsqu'elle avait fini son cirque, mais pourtant, il avait insisté pour rester avec elle, et avait entrepris de détendre l'atmosphère en la faisant rire. Et il fallait dire qu'il savait plutôt bien s'y prendre, vu qu'il avait réussi. Les blagues un peu connes étaient sorties tout naturellement de sa bouche et il avait très bien su garder son sérieux tout en lui faisant comprendre qu'il rigolait. Et puis, il y avait eu ses yeux, comme des aimants, qui avaient cherché les siens, qui avaient attiré son regard. Ses yeux par lesquels il lui avait interdit de repartir dans son délire, la forçant presque à s'accrocher à ce regard. Autoritaire et doux à la fois. Comme l'étaient ses mouvements, justement, pour revenir à ce qui l'avait plongée dans cette suite de réflexions. Il avançait en dégageant cette aura de force fluide, se fondant totalement dans le décor. Un peu comme un félin, silencieux, posé. Il se retourna quelques fois pour voir si elle le suivait toujours, et finalement, il s'arrêta et ouvrit une lucarne avec quelques difficultés mais sans trop de bruit.

« Je passe devant. »

Elle le laissa faire, pendant que dans sa tête, l'idée de la destination finale se faisait de plus en plus claire. Une fois le passage libéré, elle grimpa à son tour à travers la lucarne, et ce fut là qu'il lui tendit la main en disant.

« C'est bon ? Tiens, attrape ma main si t'as besoin. »

Légère hésitation de sa part, elle n'était pas vraiment habituée à ce genre d'aide. Elle se souvenait encore le jour où elle avait refusé l'aide d'un garçon, inconnu, alors qu'elle se trouvait par terre suite à une de ses rencontres avec Cassie Lorence et sa bande. Du sang sur le menton et le ventre endoloris, elle avait ignoré la main qu'il lui tendait et s'était relevée seule, aussi bien que mal, puis était partie sans se retourner malgré sa douleur à la cheville. Probablement qu'elle l'avait blessé, vexé, mais elle ne s'en était même pas rendu compte. Elle avait tout simplement suivi son instinct : elle ne connaissait pas l'autre garçon, et elle avait un peu honte, aussi, alors, elle avait voulu disparaître. Aujourd'hui, elle savait que refuser une main tendue avait une signification bien plus importante que ce qu'on pourrait croire. Elle savait se mettre à la place de celui qui proposait son aide, et elle pouvait s'imaginer l'effet que ça faisait qu'on la refuse. Alors, elle prit la main d'Enzo, et bientôt, elle se retrouva debout sur le toit du château. La lune éclairait abondamment les alentours et une petite brise soufflait alors qu'ils marchaient sur les tuiles. Et là, plus aucune réflexion sur autre chose que sur l'instant présent, sur la nuit qui les entourait et qu'elle respirait à pleins poumons. Le silence magique et pourtant si assourdissant. Les étoiles dans le ciel. La vie discrète mais présente partout. La vie nocturne. Silencieuse, inaudible pour les pauvres humains, mais Caitlyn savait qu'elle était là, qu'elle continuait paisiblement à avancer. Elle y avait souvent goûté, mais c'était les pieds sur terre. Là, c'était autre chose, complètement. Elle ne pouvait même pas dire que c'était comme lorsqu'elle volait sur son balai. Même si chaque nuit, tout comme chaque jour, était unique, le fait que ce soit la première fois qu'elle se trouvait sur le toit de Poudlard rendait cette expérience encore plus merveilleuse.

« Je viens souvent ici, surtout la nuit, même si ça m’arrive aussi de venir le jour de temps en temps. Je trouve qu’on a une super vue sur tout le parc, la forêt et le lac et puis y a jamais personne ici ou alors très rarement. C’est un des endroits que je préfère. »

Ils s'étaient arrêtés, et Lyn pouvait à présent se consacrer pleinement au parc qui s'étendait en dessous d'eux, à la forêt interdite, au lac, qu'il avait mentionnés. Elle ne répondit rien, pourtant. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce qu'elle ressentait. Ou plutôt, elle ne voulait pas mettre de mots sur ce qu'elle ressentait, de peur de tout gâcher. Elle réprima un frisson de froid et s'interdit de croiser ses bras sur sa poitrine, bien que ça lui aurait permis de garder un peu plus de sa chaleur. Elle n'était pas près d'arrêter de contempler le spectacle, tout en l'écoutant parler de son chat, Lune, tout blanc, lunatique... Et là encore, elle ne répondit rien. Elle se sentait bien, n'avait aucun besoin de dire quoi que ce soit de plus, ni ne voulait qu'il arrête de parler. Au contraire, elle était contente qu'il parle, et surtout, qu'il soit là avec elle. Ils auraient très bien pu rester dans le grenier que ça n'aurait rien changé au fait qu'elle appréciait énormément sa présence. Il s'assit tranquillement tandis qu'elle s'éloigna de quelques pas vers le rebord du toit dont la pente n'était pas spécialement raide dans cette région. Elle mit ses mains dans la poche du milieu de son sweat, se félicitant de l'avoir mis par dessus le débardeur dans lequel elle dormait, ainsi que le jogging baggy qu'elle avait mis par dessus son short de nuit, sans quoi elle aurait encore plus froid que ce n'était le cas. Les cheveux au vent, elle prit une grande inspiration et ferma les yeux pendant un instant. Puis elle les rouvrit et se retourna vers Enzo qui continuait à parler.

« Ton épouvantard … J’ai eu le même pendant un moment. Il a changé y a quelques mois, d’ailleurs j’le trouve encore pire mais c’est pas la question. Tout ça pour dire que je comprends, j’suis désolé, et j’espère que t’auras plus l’occasion d’en recroiser de si tôt. »

Elle lui sourit. Un peu compatissante par rapport à son épouvantard à lui – surtout depuis qu'elle comprenait quel effet ça faisait de voir les gens qu'on aime mourir – mais plutôt en guise de remerciement par rapport à ce qu'il lui disait. Oui, elle espérait aussi qu'elle ne le recroiserait pas tout de suite.

« Je sais qu’on se connait pas vraiment et qu’on se croise tout le temps dans des circonstances un peu étrange mais si t’as besoin de parler j’suis là et j’ai pas l’intention de partir tout de suite. »

Le sourire étirant toujours un peu ses lèvres, elle hocha la tête une fois, et un deuxième frisson lui parcourut l'échine, mais elle ne voulait pas spécialement emprisonner ses cheveux sous la capuche de son pull. Encore une fois, elle ne répondit rien, comme si elle sentait qu'il n'avait pas fini de parler. Et justement, il reprit la parole

« D’ailleurs … Promis, j’suis pas entrain d’essayer de te draguer, c’est juste que t’as l’air morte de froid et de ce côté-là je suis assez pratique donc si t’as besoin d’un radiateur et que j’te fais pas trop peur, j’suis pas là pour te faire du mal donc te gène pas. »

Elle avait oublié que sa Lycanthropie lui conférait une chaleur corporelle plus haute que ne l'était la sienne. Non, il ne lui faisait pas peur, bizarrement, elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal. Et oui, elle était morte de froid. Alors, elle vint s'asseoir près de lui. Lentement, elle redevenait curieuse. Curieuse de savoir comment ça marchait, ce genre de choses. Ou plutôt, comment il le vivait. Peut-être trouverait elle l'occasion de lui demander. Ramenant ses genoux vers sa poitrine mais gardant ses mains dans la poche centrale de son pull, elle posa sa tête sur l'épaule du jeune homme, et se laissa réchauffer lentement par sa proximité.

« Elias est un mec vraiment cool, lui non plus j’le connais pas vraiment mais … Vous êtes ensemble ? Parce que si c’est le cas tu vas rire. Il est intervenu un jour où j’étais entrain de me battre avec un autre type et il a essayé de me raisonner en me disant que la violence c’était pas une solution, etc … Au final il a réussi à me calmer au bout d’un moment mais … En fait ça m’amuse de voir que vous avez tous les deux cette manie de vous interposer ou je sais pas quoi. Vous allez bien ensemble. »

Elle eut un sourire lorsqu'il lui raconta comment Elias, pacifiste par excellence, s'était interposé entre Enzo et l'autre type. C'était vrai que ça lui ressemblait assez, ce genre de choses. Prôner la paix dans le monde. Qu'est ce qu'il lui manquait ! Et qu'est ce que ça lui faisait mal d'entendre Enzo lui rappeler qu'ils allaient bien ensemble ! Elle releva la tête, et, regardant au vague, elle prit enfin la parole.

« On l'était. Ça fait presque un mois qu'on a cassé. Et c'est drôle de t'entendre dire qu'on va bien ensemble. Je finissais par me dire que ça n'aurait jamais pu marcher tellement on était différents. Mais comme t'as pu voir, j'ai toujours pas réussi à l'oublier. Enfin bon, c'est mieux comme ça. Ce que t'as vu tout à l'heure... ça s'est vraiment passé, et c'était à cause de moi. J'ai fait des conneries, il en a payé le prix, et une chose est claire, je ne me le pardonnerai jamais. »

Et pourtant... et pourtant, si c'était à refaire, je le referai, comme je l'ai dit à Rivers. Si les Supérieurs devaient revenir, je continuerais à jouer dans le groupe, je continuerais à prendre la défense des Moldus, je continuerai à écrire des dissertations comme je les entends. Je suis conne, oui, et je continuerai à faire des conneries, parce que c'est ce que je juge juste. Enfin, pour l'instant.

« En fait... tout à l'heure, quand j'ai complètement perdu la boule... c'était parce que... enfin, ça fait un peu cliché, dit comme ça, mais disons que Elias, c'est la seule famille qui me reste. Donc là, même si on est plus ensemble, ben il est encore là, tu vois, et tant qu'il va bien, c'est tout ce que je demande. Tu comprends ? »

Tu comprends pourquoi j'ai réagi comme ça tout à l'heure ? Tu comprends que si je perds Elias, je risque de devenir complètement folle ?

« Enfin bon, ce n'était qu'un épouvantard heureusement. Il va falloir que je m'entraîne à le faire dégager, t'imagines une meuf de dix-huit ans qui sait pas se débarrasser d'un épouvantard ? M'enfin, je suppose que c'est un peu comme pour mon patronus, en ce moment, j'ai du mal. Mais ça passera. »

C'est juste un deuil à faire une fois pour toutes.

« Tu dois t'en contre-foutre, j'sais pas pourquoi je te raconte ma vie. Enfin bref, en tout cas... merci, Enzo. Cet endroit est vraiment magique. »

Elle avait fini par tourner sa tête vers lui en le remerciant. Elle avait à nouveau ce sourire faible mais heureux sur les lèvres.

« C'est vrai, c'est toujours dans des circonstances bizarres qu'on se croise. Tu m'en veux pas trop pour la dernière fois, c'est bon ? »

Elle se souvenait encore de ses regards assassins, lorsqu'elle lui avait rendu le bonbon qu'il lui avait donné à la fin de l'heure de colle, et lorsqu'elle avait ramassé ses affaires. Mais elle elle tout simplement l'impression qu'il allait s'écrouler d'une seconde à l'autre, et... Peut-être n'aurait-elle même pas dû revenir dessus aujourd'hui. C'était un peu comme si elle avait peur. Pas de lui, pas vraiment, mais juste de ses réactions. Peur qu'elle le blesse par ce qu'elle lui disait, peur qu'il se vexe, qu'il devienne froid, distant, absent. Ce serait un bien piètre remerciement que de le mettre de mauvaise humeur après ce qu'il avait fait pour elle. Pourtant, elle n'était pas chez Ravenclaw pour rien, et sa curiosité mêlée à cette sorte d'empathie étaient encore une fois en train de prendre le dessus sur elle, et aborda un sujet probablement encore plus délicat.

« Dis moi, j'peux te poser une question ? Ça fait quoi d'être Lycanthrope ? Enfin, pour toi ça fait quoi ? Parce que je pourrais lire tous les livres que je veux mais... je ne saurai que la théorie. Et puisque tu le mentionnais plusieurs fois, peut être que... enfin je me disais... Mais si tu veux pas en parler, on oublie, hein ! »

Ou peut-être n'était-ce pas délicat du tout, peut-être qu'il rirait tout simplement, se moquerait de ses bafouillements, et lui répondrait avec tout le naturel du monde. Non, vraiment, elle n'avait aucune idée de la la manière dont il interprèterait sa curiosité. Elle ne voulait pas qu'il croie qu'elle le considère comme une bête de foire, ou comme un rat de laboratoire, mais elle savait qu'elle aurait du mal à lui assurer le contraire si c'était comme ça qu'il le ressentait. Ce qu'elle voulait, c'était en gros savoir ce qu'il en pensait, comment il le vivait. C'était pouvoir se mettre à sa place. Et certaines personnes n'appréciaient pas qu'on veuille se mettre à leur place, dont elle-même d'ailleurs. Mais pourtant, elle en avait tout simplement besoin. Lorsqu'elle en était à ce stade là, toute la logique de sont comportement s'estompait. Elle devenait égoïste à force d'être trop altruiste. Et le pire, c'était que sur le coup, elle ne s'en rendait même pas compte. Tout au plus avait elle peur de le faire chier avec ses milliards de questions, mais pourtant, elle continua, se souvenant de la conversation qu'elle avait eue avec le professeur de potions quelques temps après qu'elle ait assisté à une de ses transformations - et autant dire que le spectacle l'avait plutôt bien marquée, mais ça c'était une autre histoire.

« Hammerschmitt m'a dit qu'il était content de... enfin, il m'a dit qu'il était heureux de ne jamais être seul. Donc c'est... c'est comme ça ? Je veux dire... vous êtes deux êtres vivants dans un corps ? Et tu le vis comment ? Toi aussi t'es content, ou bien tu regrettes ? »

Ce ne fut qu'à la fin de toutes ces questions qu'elle tourna la tête vers lui, et son regard, qui, auparavant, était perdu dans l'immensité de la nuit, vint se poser sur son visage, avec cette insistance hésitante qui témoignait à la fois de sa curiosité et de ses craintes de s'être aventurée là où il ne fallait pas.
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 24 Fév 2014 - 21:33

Trainer sur un toit en pleine nuit, observer la Lune, le tout avec une fille plus ou moins dans les bras, disons que tout ça pourrait porter à confusion. Que penserait Kyle s’il voyait ça ? Mon Kyle. Rien. J’en suis presque convaincu. Il ne verrait que ce qu’il y a à voir c'est-à-dire son petit ami qui apporte sa présence, son réconfort et un peu de chaleur à une personne qui en a besoin. Bien sur que non je ne profite pas de la situation et je crois qu’ici tout le monde en a conscience. Il n’y a absolument rien d’ambigu dans tout ce qui est entrain de se passer et je crois que ni elle ni moi n’avons la tête prédisposée à ce genre de choses. Alors oui, s’il voyait ça, je crois qu’il se contenterait de me sourire d’un air approbateur et qu’il me laisserait gérer la situation pour que tout reste dans le calme nécessaire aux circonstances. Pourquoi je pense à ça ? Simplement parce que je pense à lui de manière presque continuelle, parce qu’il est une part très importante de ma vie et que ce qu’il pourrait penser de telle ou telle chose m’intéresse et m’interpelle. Peut être que je lui en parlerai d’ailleurs, comme je lui parle de beaucoup de choses. On discute énormément, d’ailleurs je crois que je parle beaucoup plus que lui mais qu’importe, ce sont des moments important pour nous deux. Ils le sont en tout cas pour moi.
Les yeux rivés sur la Lune, sentant ce léger fourmillement qui me fait vibrer des pieds à la tête, Caitlyn assise près de moi, contre moi même, je pense à lui et à pas mal d'autres choses ou d'autres personnes. Je pense à Elias, puis à la Serdaigle. A eux deux ? Ensemble ?

« On l'était. Ça fait presque un mois qu'on a cassé. Et c'est drôle de t'entendre dire qu'on va bien ensemble. Je finissais par me dire que ça n'aurait jamais pu marcher tellement on était différents. Mais comme t'as pu voir, j'ai toujours pas réussi à l'oublier. Enfin bon, c'est mieux comme ça. Ce que t'as vu tout à l'heure... ça s'est vraiment passé, et c'était à cause de moi. J'ai fait des conneries, il en a payé le prix, et une chose est claire, je ne me le pardonnerai jamais. »

Enzo Ryans ou comment mettre les pieds directement dans le plat … D'un autre côté, comment est ce que j'aurai pu deviner ? Je ne suis pas du genre à prêter attention aux potins, à qui est avec qui ou pas, etc … Alors j'ai juste tiré des conclusions de ce que j'ai vu ce soir et c'est tout. J'aurai peut être du fermer ma bouche mais j'ai simplement dit les choses telles que je les pensais sur le moment et voilà. Elle ne me fusille pas du regard, elle ne se met pas à pleurer et en plus elle me répond, c'est que je n'ai pas fait une si grosse connerie que ça, non ? Les ruptures je commence à connaître, je sais ce que ça fait, et je sais aussi que parfois ça fait du bien d'en parler alors peut être que c'est le cas pour elle actuellement. Pour un peu j'aurai l'impression de m'entendre il y a quelques mois, alors qu'on était séparés Kyle et moi. On ne peut pas dire que toutes les histoires se ressemblent mais ici … Disons que visiblement c'était monnaie courante de mettre suffisamment de pression sur les proches pour en arriver à ce genre de dénouement. Lui et moi on s'est séparés plusieurs fois, pour les mêmes raisons qu'elle évoque sans vraiment le faire. Il a souffert par ma faute, je n'arrivais plus à le supporter, ça et tout le reste … Nos différences, ma particularité qui a failli lui couter la vie, son statut de Sang qui n'a pas aidé non plus. Bref, des trucs qui dans un monde normal n'auraient eu aucun impact ou presque mais qui ici ont failli tout faire foirer. On a été plus fort que ça mais sincèrement, parfois c'était dur. Je l'ai vu son épouvantard, à elle, et même si je ne dis rien je comprends parfaitement ce qu'elle a pu ressentir. J'ai également une pensée pour Elias en me disant que c'est injuste qu'un gars comme ça ait du vivre ça. Lui qui prône le pacifisme … Enfin c'est comme ça, c'est la vie comme on dit. Blasé ? Peut être un peu. A force d'en voir et d'en prendre plein la gueule on fini par se dire que tout ça c'est normal ou en tout cas que c'est comme ça. Fatalistes. Sauf qu'aujourd'hui tout est fini, ils ne sont plus là et le quotidien est devenu largement plus vivable. Pour le reste … disons que chacun à son histoire, peu importe le tournant qu'elle prend. Et des conneries on en fait tous, je serais bien le dernier des cons et des hypocrites si je la jugeais, quoi qu'elle ait pu faire. Il paraît qu'on apprend de ses erreurs et qu'on passe sa vie à apprendre alors ...

« En fait... tout à l'heure, quand j'ai complètement perdu la boule... c'était parce que... enfin, ça fait un peu cliché, dit comme ça, mais disons que Elias, c'est la seule famille qui me reste. Donc là, même si on est plus ensemble, ben il est encore là, tu vois, et tant qu'il va bien, c'est tout ce que je demande. Tu comprends ? »
« Oui. Oui, je comprends même très bien. »

Sourire absent, presque mélancolique. Mes yeux la cherchent un moment avant de retourner se concentrer sur les courbes de la Lune. Si je comprends ? Et comment. J'ai la chance d'avoir encore mon frère même si notre relation n'est pas au sommet de sa forme en ce moment, j'ai toujours ma Grand-Mère aussi, mais les autres n'existent plus pour moi. Mes parents ne sont plus là et la personne la plus importante dans ma vie aujourd'hui c'est Kyle. Alors oui, je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire et ce qu'elle eut ressentir. J'aurai été près à tenter d'être amis avec lui s'il l'avait fallu – même si ça n'a pas du tout fonctionné mais ça n'est pas le débat – et d'ailleurs on est amis avant toute chose mais ce que je veux dire c'est que tant qu'il va bien, qu'on soit ensemble ou pas, c'est tout ce qui compte aussi pour moi. Visiblement on a pas mal de points communs toi et moi hein ?

« Enfin bon, ce n'était qu'un épouvantard heureusement. Il va falloir que je m'entraîne à le faire dégager, t'imagines une meuf de dix-huit ans qui sait pas se débarrasser d'un épouvantard ? M'enfin, je suppose que c'est un peu comme pour mon patronus, en ce moment, j'ai du mal. Mais ça passera. »

Aucune réaction de ma part, qu'est ce que je pourrais bien dire ? Je crois qu'elle parle plus pour elle qu'autre chose alors je me contente d'écouter, d'être là, présence silencieuse mais je l'espère réconfortante. Oui, ça passera. Ça passe toujours.

« Tu dois t'en contre-foutre, j'sais pas pourquoi je te raconte ma vie. Enfin bref, en tout cas... merci, Enzo. Cet endroit est vraiment magique. »
« Je t'en prie. »

De nouveau nos regard se rencontrent un instant, elle sourit. Faiblement mais elle sourit, d'un de ces sourires tristes mais pourtant bien présent. Et non je ne rebondirais pas sur le fait que je puisse m'en foutre.

« C'est vrai, c'est toujours dans des circonstances bizarres qu'on se croise. Tu m'en veux pas trop pour la dernière fois, c'est bon ? »
« Non t'inquiète. »

Réponse du tac au tac avec un ton toujours aussi calme. Est ce que je lui en veux pour la dernière fois ?

« Je t'en ai jamais voulu tu sais, pas personnellement en tout cas. C'était juste … une mauvaise période à laquelle j'ai pas franchement envie de repenser pour être tout à fait honnête. »

Un passé révolu mais des souvenirs encore un peu trop virulents parfois, surtout dans mon sommeil. C'est comme ça, ça ne se contrôle pas, et c'est vrai que je n'ai pas forcément apprécié qu'elle me voit dans un tel état de faiblesse alors que je craquais totalement mais non je ne lui en veux pas. Je vois les choses différemment aujourd'hui, avec un certain recul que je n'avais pas à l'époque.

« Dis moi, j'peux te poser une question ? Ça fait quoi d'être Lycanthrope ? Enfin, pour toi ça fait quoi ? Parce que je pourrais lire tous les livres que je veux mais... je ne saurai que la théorie. Et puisque tu le mentionnais plusieurs fois, peut être que... enfin je me disais... Mais si tu veux pas en parler, on oublie, hein ! »

Je suis surpris de telles question je l'admets mais si en d'autres temps j'aurai probablement pris la mouche cette fois je n'en fais rien. Ma seule réaction est de laisser s'échapper de ma gorge une sorte de rire sec, amusé par son hésitation. Elle ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, elle ne sait pas comment je vais réagir et elle appréhende. Dire que ça ne me fait rien serait mentir, je ne peux pas cacher que j'aime cette sorte de … comment dire … Disons que devenir prévisible est une de mes pires hantises et je n'aime pas quand quelqu'un me cerne totalement alors ça m'amuse, d'une part, et ça me conforte dans mon aura de mystère de l'autre. A aucun moment je ne ressens la moindre tension quoi qu'il en soit. Je suis là, je suis bien, détendu au possible et serein. Ces questions ne m'agressent pas le moins du monde. Je suis un Loup-Garou, c'est un fait, et mon secret n'en est plus un depuis quelques mois maintenant alors j'ai appris à vivre librement avec ça. Autant dire que mes épaules se sentent plus légères même si certains regards peuvent encore parfois peser. Je passe beaucoup plus facilement au travers désormais. Je pense sincèrement avoir gagné en force de caractère ces derniers temps mais ça n'est pas le sujet.

« Hammerschmitt m'a dit qu'il était content de... enfin, il m'a dit qu'il était heureux de ne jamais être seul. Donc c'est... c'est comme ça ? Je veux dire... vous êtes deux êtres vivants dans un corps ? Et tu le vis comment ? Toi aussi t'es content, ou bien tu regrettes ? »

De nouveau la surprise quand elle me parle de Jakob et je pense que ça se voit sur mon visage mais je suis étonné qu'il ait évoqué ce sujet avec une élève « lambda » et quand je dis « lambda » ça n'a rien de péjoratif. C'est simplement qu'elle n'est pas … comme nous et qu'il est quelqu'un de très effacé alors oui ça me surprend mais il fait bien ce qu'il veut de sa vie. Il m'a déjà parlé de sa vision des choses, je lui ai naturellement posé un milliard de questions moi même mais la conclusion que j'en ai tiré c'est que lui et moi ne vivons pas notre « don » de la même manière.
Je prends le temps de faire le point sur tout ça, laissant planer le silence quelques secondes avant de lâcher un soupir. Pas un soupir de lassitude, juste un soupir … J'en sais rien. Un soupir et c'est tout. Là je plante à nouveau mes yeux noisette dans les siens, l'air sans doute un peu plus grave que tout à l'heure.

« Si je n'étais pas ce que je suis je ne serais plus là aujourd'hui et … Ben j'suis plutôt content d'être en vie malgré tout ce qu'il a pu se passer ces dernières années. »

Je suis passé par un bon nombre de phases et les envies suicidaires en ont fait parties mais aujourd'hui tout ça c'est terminé et depuis longtemps ou presque. Certes j'ai eu de rechutes mais j'aime la vie et pour rien au monde je n'ai envie de la quitter. De nouveau je braque mon regard sur l'Astre nocturne, poursuivant sur ma lancée.

« C'est … difficile à expliquer en réalité, surtout à quelqu'un qui ne le vit pas parce que c'est vraiment quelque chose de très spéciale qui selon moi ne peut pas vraiment être expliqué. Et puis je pense que chaque Lycan le vit d'une manière bien propre à lui même. D'ailleurs Jakob et moi on n'en est clairement pas au même stade et je sais pas si on le sera un jour mais il est beaucoup plus âgé donc … »

Donc qui sait ? Peut être que dans 15 ou 16 ans je me rapprocherai un peu plus du Loup qu'il est mais je crois que dans le fond je ne l'espère pas vraiment. J'ai ma propre manière de vivre ma particularité et mine de rien elle me convient très bien. Je n'ai pas envie de me défaire de mon côté animal prononcé.

« Enfin si je dois parler que pour moi je dirais que la façon dont je vis ma Lycanthropie à beaucoup évolué depuis que j'ai été mordu. C'était y a deux ans et demi, on a eu un accident avec mes parents. Ils sont morts sur le coup, moi j'étais entrain de me vider de mon sang au fond d'un ravin et c'est là que j'ai été mordu. C'est ce qui m'a sauvé. »

Cash, oui, comme ça. Ça n'est pas un sujet tabou même si j'en parle très rarement. Disons que ça n'est pas le genre de choses qui vient souvent dans une conversation mais ce soir je n'ai pas envie de tergiverser pendant trois heures et de faire des manières. Les choses sont passées comme ça et voilà, autant les dire clairement. Par contre je passerai sur les détails concernant ce fameux Loup qui m'a mordu, etc ...

« Les mois qui ont suivi ont été très difficiles, je ne me faisais pas à la présence de Loup, je ne voulais pas de Lui et il me faisait vivre un véritable enfer quotidien. L'approche des Pleines Lunes j'en parle même pas. Nervosité, colère, rage, impulsivité, etc … J'étais plein de violence, exécrable, prêt à « mordre » dès qu'on me regardait un peu trop ou qu'on me disait un mot que je prenais de travers. Pour faire clair je ne supportais plus la présence de l'être humain et je devenais agressif alors qu'avant ça j'étais un gamin jovial et tranquille, toujours souriant ou presque. »

Changement radical, c'est le moins que l'ont puisse dire. Et quelque part je crois que le cap de l'adolescence n'a sans doute pas aidé.

« J'avais 15 ans, j'étais pas stable dans ma tête, y a eu énormément de changement dans ma vie, etc … Du coup c'était pas simple à gérer. »

La morsure, tout ce que ça a entrainé évidemment, mais aussi la mort de mes parents, le comportement de Derek vis à vis de moi, le fait de quitter la maison, nos repères, puis carrément le pays … Non, tout ça n'a pas été simple à vivre.

« Les choses se sont améliorées au fil du temps et des évènements, j'ai appris à me familiariser avec lui, Kyle a joué un rôle majeur dans tout ça parce qu'il … Disons qu'il me canalise, il me calme, ce genre de trucs. On a eu notre lot d'emmerdes avec ça mais … Enfin voilà, c'est un peu ma bouée de sauvetage, mon calmant, tu vois le genre. »

Et là encore les mots sortent naturellement. Kyle … Sans lui, et sans Loup, je n'aurai probablement pas été capable d'encaisser tout ce que j'ai du encaisser ces dernières années. C'est même une certitude. Tout ça c'était un cercle vicieux mais … peu importe.

« Concrètement, ce que ça fait d'être un Lycanthrope … C'est vrai que t'es jamais seul ou très rarement et ça peut être vraiment génial quand tout se passe bien, comme ça peut être un véritable enfer quand c'est pas le cas. Par contre une fois dans la peau du Loup c'est une véritable libération. Ouais, j'me sens libre, j'vois pas d'autres mots. »

Et un sourire étire mes lèvres. D'ici quatre jours je goûterai à cette fameuse liberté si tout se passe bien et je pourrais passer ma nuit à courir, courir, et courir encore sans me soucier de rien d'autre. Ne plus être Homme, laisse la place à l'Animal. Je ferme les yeux, soupir à nouveau, un soupir d'aise cette fois, puis les rouvre.

« Y a toutes ces histoires de sens qui se développent, la force aussi qui croit, et pas mal de petits détails physiques qui changent le quotidien et auxquels j'ai eu du mal à m'habituer au départ mais maintenant je sais que je ne pourrais plus faire sans. »

Et je vais faire l'impasse sur les hormones qui font régulièrement des loopings.

« Aujourd'hui je m'accepte enfin et vraiment comme je suis et j'échangerai ça pour rien au monde. »

Je crois … Je crois que je ne m'en étais pas vraiment rendu compte jusqu'ici mais je me sens soudainement tout léger, comme sur un petit nuage, avec ce sourire qui ne semble pas décidé à disparaître.

« Je crois que je serais perdu sans Loup, même s'il me met dans des situations parfois improbables et ingérables, même s'il m'en a fait voir de toutes les couleurs, même si j'en ai bavé « à cause » de lui. C'est … mon double, ma moitié. C'est moi mais sans être moi. C'est … mon autre moi. »

Deux pour le prix d'un, c'est pas génial ça ?

« Sans vouloir jouer les élitistes ou quoi que ce soit, je pense vraiment pas qu'on puisse réellement le comprendre et en prendre la teneur tant qu'on le vit pas soi même mais malgré toutes les bonnes choses que ça peut m'apporter, et aussi paradoxale que ça puisse paraître, j'te souhaite pas de devenir Lycan un jour. »

Oui, c'est paradoxale parce que même si on apprend à s'y faire la vie est quand même plus simple sans, malgré tout. Et puis c'est quelque chose de très personnel, qu'on n'a pas spécialement envie de partager. Nous sommes trois ici, on a été plus, mais … C'est peut être très prétentieux de penser comme ça mais ce côté unique, différent, m'est précieux.

« Voilà. J'sais pas si ça répond vraiment à tes questions mais c'est comme ça que je ressens les choses. »
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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Dim 9 Mar 2014 - 10:22

Lyn, ou la meuf qui pète des câbles aux endroits les plus improbables de Poudlard. La première fois, c'était dans la salle sur demande, lorsque Matthew lui avait appris que ses parents et son frère cadet avaient été assassinés en janvier. C'était pas réellement un pétage de câble, c'était plutôt l'expression d'une réelle détresse. Celle d'une fille qui croyait dur comme fer à la justice de la vie et de la nature, qui faisait tout ce qui lui semblait être juste, et qui se voyait récompensée par la mort de sa famille. L'idéal pour vous redonner courage et confiance en soi, n'est ce pas ? Plus tard, elle avait pété un câble dans les bras d'une inconnue qui lui avait foncé dedans, mais ça, ce n'était pas quelque chose de très spécial, et ça n'avait d'ailleurs duré que quelques minutes avant qu'elle ne se relève et parte. Plus récemment, par contre, elle avait été se défouler sur les arbres de la forêt interdite, comme si de rien n'était. Véritable pétage de câble, là oui. Trop de pression, trop d'incertitudes, trop de souvenirs aussi. De mauvais souvenirs. Des souvenirs dont elle ne se verrait probablement plus jamais séparée, qui continueraient à lui rappeler combien elle avait semé le danger autour d'elle, combien combien elle avait été près de perdre les êtres qui lui étaient les plus chers, après avoir perdu sa famille. Et là, idem, sauf que c'était dans le grenier de l'école, et qu'elle n'avait rien d'autre à quoi s'en prendre à part soi même. Dans les hauteurs de Poudlard, elle s'était laissée aller à cette détresse, cette souffrance, qui l'occupaient depuis trop longtemps déjà et qui avaient manifestement besoin de sortir. Elle ne se souvenait pas de ses rêves, lorsqu'elle se réveillait. Elle ne se souvenait pas des images qui avaient bien pu augmenter son rythme cardiaque et respiratoire, elle ne se souvenait pas des cauchemars qui la laissaient en sueurs et parfois les joues mouillées de larmes. Mais il ne lui était pas très difficile de se douter de l'objet de ses rêves, même si seule l'impression désagréable ne persistait à son réveil. Pourtant, elle ne s'y était pas attendue. À rien de tout ça. L'épouvantard l'avait prise de court, l'apparence qu'il avait prise aussi, elle était tombée dans le panneau pire qu'une débutante, et elle n'avait été capable de rien d'autre que de s'écrouler. Physiquement, et psychologiquement. Dans le grenier de Poudlard.

Là, elle se trouvait sur le toit, de Poudlard. Et même si ça semblait être un lieu tout à fait anodin et habituel pour celui qui l'accompagnait, elle, de son côté, ne pouvait s'empêcher de se demander de quelle manière elle en était arrivée jusque là. Enfin, elle savait bien comment les choses s'étaient passées, mais disons qu'elle ne s'y attendait absolument pas, et elle avait du mal à croire qu'elle n'était pas justement en train de rêver. Non, tout cela était bel et bien réel. Improbable, mais réel. Au beau milieu de la nuit, la lune haut dans le ciel clair, serrée contre un mec qu'elle avait dû croiser tout au plus quatre fois dans sa vie - et soit dit en passant, c'était toujours dans des situations dans ce genre là, c'est à dire improbables - et qui s'était proposé de lui faire office de radiateur de par le fait qu'il était Lycan. Les gens avaient peur des Lycans, en général. On les évitait, les regardait de travers, les craignait, puis les discriminait. Les hommes étaient comme ça. Égoïstes, étroits d'esprit. Il y avait la norme, et tout ce qui se trouvait en dehors était forcément une erreur à éliminer, ou alors une particularité à analyser. Elle pouvait en témoigner, d'ailleurs. Certes, elle n'avait jamais été aussi spéciale que l'était Enzo, mais disons qu'elle était différente dès son plus jeune âge, et elle en avait fait les frais. Elle se souvenait encore qu'elle avait eu du mal à comprendre pourquoi elle finissait par terre, avec le nez ou les lèvres en sang et des marques de chaussures sur son ventre à chaque fois que son chemin croisait celui de Cassie Lorence et sa bande. Il n'y avait pas de raison concrète, probablement, juste celle qu'elle était différente, un peu trop heureuse, trop intelligente, trop populaire aussi. Comme si elle le faisait exprès. Comme si c'étaient des défauts. Bref, tout ça pour dire que non, elle ne craignait pas le fait de se trouver seule sur un toit avec un Loup Garou au beau milieu de la nuit. Au contraire, elle aimerait en savoir plus sur ce que ça impliquait, comment il le vivait. Non pas pour l'analyser ou quoi, mais juste pour... en fait, elle ne saurait pas expliquer qu'est ce qui la poussait à poser ce genre de questions. Enfin si, c'était de l'empathie mêlée à de la curiosité, pour faire simple. Mais il était difficile de faire entendre ça aux autres. C'était quelque chose qui se ressentait. Le besoin de comprendre, mais pas scientifiquement. Le besoin de sentir, d'éprouver. Pas dans sa tête, pas dans son cerveau, mais dans son cœur, au creux de sa poitrine. Souvent, les gens ne comprenaient pas ce besoin, prenaient mal le fait qu'elle puisse ressentir un peu ce qu'ils ressentaient, ou du moins en avoir envie. Elle ne prétendait pas lire dans les pensées de quiconque, ni vivre les mêmes choses que les autres, mais voilà, lorsque quelqu'un était heureux, elle pouvait l'être sans que ça ne la concerne, et c'était encore plus fort quand quelqu'un était triste. La souffrance, c'était ce qui la traversait le plus. Et si, dans certains cas, ça pouvait soulager l'autre, elle savait que ça n'avait pas été le cas pour Enzo, et qu'il avait pris assez mal le fait qu'elle puisse être là alors qu'il était si vulnérable. Maintenant, ils étaient quittes, c'était au moins ça. N'empêche que, même si ce n'était pas forcément une bonne idée que de revenir sur des "mauvais souvenirs", elle se disait que c'était peut-être le bon moment pour s'assurer qu'il ne lui en voulait pas trop.

« Non t'inquiète. Je t'en ai jamais voulu tu sais, pas personnellement en tout cas. C'était juste … une mauvaise période à laquelle j'ai pas franchement envie de repenser pour être tout à fait honnête. »

Elle hocha la tête doucement. Elle était contente qu'il lui dise qu'il ne lui en avait jamais voulu, elle espérait juste qu'il ne le lui disait pas juste pour lui faire plaisir, mais ça ne semblait pas être son genre de mentir sur ce genre de choses. Quoi qu'il en soit, il n'avait pas franchement envie de repenser à cette mauvaise période, et elle n'allait pas insister. De toute manière, elle n'avait plus rien à dire dessus. Il semblait être passé à autre chose, et elle était réellement contente pour lui. Elle espérait vraiment que désormais, la vie serait plus clémente avec lui, plus tranquille, plus normale. Ils avaient tous vécu des choses que personne d'autre, d'extérieur à l'histoire, ne serait en mesure de comprendre. Ils en gardaient tous des marques, même invisibles, et rien ne pourrait changer ce fait, mais l'essentiel était que tout ça était révolu désormais, et qu'il fallait aller de l'avant. Alors non, elle ne comptait pas lui demander des détails sur cette période là de sa vie, et d'ailleurs, elle ne l'aurait pas fait même s'il ne lui avait pas fait comprendre qu'il ne voulait pas revenir dessus. Par contre, et malgré le fait qu'elle se doutait qu'il puisse mal le prendre, elle aborda le sujet de sa lycanthropie. Hésitante, craignant qu'il devienne froid, qu'il se referme. Il rit. Sèchement. Et elle se retint de sursauter. Ce n'était pas un rire très rassurant, elle ne savait pas trop comment le prendre. Elle continua pourtant, se rappelant de cette nuit où elle avait eu le malheur de vouloir rendre un chaudron au professeur de potions dont elle ignorait qu'il se transformerait en Loup-Garou. Devant ses yeux. Qui, d'entre les personnes normales, serait resté dans les parages en comprenant qu'il s'agissait d'une transformation de Lycanthrope ? Probablement personne. Elle, oui. Elle était restée, d'abord par peur pour le professeur, puis tout simplement tétanisée, incapable de partir. Il ne lui avait rien fait, et sur le coup, elle savait qu'il ne lui aurait rien fait, mais plus tard, elle s'était rendu compte qu'elle avait peut-être joué sa vie à rester dans ce bureau. Quoi qu'il en soit, un malaise s'était logiquement installé entre le professeur et elle, et ce n'avait été qu'en parlant qu'ils avaient pu le dépasser. Il lui avait expliqué et c'était la seule chose dont elle avait besoin pour s'émanciper de cette gêne et cette peur qui l'avaient habitée pendant deux semaines. Mais ce n'était pas réellement pour ça qu'elle pouvait dire qu'elle ne craignait pas les Loups-Garous. C'était comme ça avant, déjà. Il y avait peu de choses qu'elle ne craignait vraiment. En fait, ses peurs se résumaient aux souffrances des autres, c'était pour ça qu'elle était restée avec Jakob, parce qu'il souffrait et qu'elle n'arrivait pas à se résoudre à l'abandonner. C'était aussi pour ça qu'elle était restée avec Enzo dans la salle des trophées. Et c'était probablement aussi pour ça qu'elle lui posait ces questions personnelles maintenant. Il soupira, et à nouveau elle retint un sursaut tellement elle craignait de l'énerver. Puis il planta une fois de plus ses yeux dans les siens, et finalement, il se mit à parler.

« Si je n'étais pas ce que je suis je ne serais plus là aujourd'hui et … Ben j'suis plutôt content d'être en vie malgré tout ce qu'il a pu se passer ces dernières années. »

Elle hocha la tête, grave. Elle avait en effet cru comprendre que souvent, les Lycans l'étaient devenus parce que ça leur avait permis de survivre. Il détourna le regard, fixant la lune à nouveau, tandis que ses yeux à elle restaient rivés sur lui, attentifs aux moindres de ses mouvements, aux moindres tics de son visage.

« C'est … difficile à expliquer en réalité, surtout à quelqu'un qui ne le vit pas parce que c'est vraiment quelque chose de très spécial qui selon moi ne peut pas vraiment être expliqué. Et puis je pense que chaque Lycan le vit d'une manière bien propre à lui même. D'ailleurs Jakob et moi on n'en est clairement pas au même stade et je sais pas si on le sera un jour mais il est beaucoup plus âgé donc… Enfin si je dois parler que pour moi je dirais que la façon dont je vis ma Lycanthropie a beaucoup évolué depuis que j'ai été mordu. C'était y a deux ans et demi, on a eu un accident avec mes parents. Ils sont morts sur le coup, moi j'étais entrain de me vider de mon sang au fond d'un ravin et c'est là que j'ai été mordu. C'est ce qui m'a sauvé. »

Elle fronça légèrement les sourcils. Il n'y avait pas été par quatre chemins, et certes d'un côté c'était bon signe, mais elle ne s'y attendait pas vraiment. Enfin, elle avait compris qu'il serait probablement plus de ce monde s'il n'avait pas été mordu, mais elle ne s'était pas vraiment attendue à ce qu'il lui parle aussi directement de la manière dont ça s'était passé, surtout que ça impliquait la mort de ses parents. Mais au fond, il fallait avouer qu'elle avait fait un peu pareil lorsqu'on lui avait demandé comment s'étaient passées ses vacances d'été. Elle avait simplement répondu qu'elle était allée sur la tombe de ses parents morts en janvier au début, et qu'ensuite elle était allée chez Elias pour le reste du mois d'août. Cash. Ça ne laissait pas de temps pour s'apitoyer sur son sort, et c'était ce qu'elle voulait. Elle détestait que quelqu'un la plaigne, et essayait de faire en sorte qu'elle ne plaigne pas les autres en retour, mais pour le coup, il fallait avouer que c'était assez difficile, là. Elle ne répondit rien, attendait qu'il ait fini de parler.

« Les mois qui ont suivi ont été très difficiles, je ne me faisais pas à la présence de Loup, je ne voulais pas de Lui et il me faisait vivre un véritable enfer quotidien. L'approche des Pleines Lunes j'en parle même pas. Nervosité, colère, rage, impulsivité, etc … J'étais plein de violence, exécrable, prêt à « mordre » dès qu'on me regardait un peu trop ou qu'on me disait un mot que je prenais de travers. Pour faire clair je ne supportais plus la présence de l'être humain et je devenais agressif alors qu'avant ça j'étais un gamin jovial et tranquille, toujours souriant ou presque. »

Elle hocha à nouveau la tête. Ce qu'il était en train de lui dire, c'était que c'était très dur. Que ça avait changé sa vie, qu'il aurait très bien pu ne jamais accepter "Loup", et vivre un enfer quotidien pour le restant de sa vie. Nervosité, colère, rage, impulsivité, violence... tout ce que "Loup" avait apporté dans ses bagages lorsqu'il avait débarqué chez Enzo. Elle arrivait assez bien à se faire une image, même si elle n'avait jamais vécu quoi que ce soit de semblable et que l'essentiel, à savoir le ressenti et l'expérience, lui échappaient certainement.

« J'avais 15 ans, j'étais pas stable dans ma tête, y a eu énormément de changement dans ma vie, etc… Du coup c'était pas simple à gérer. Les choses se sont améliorées au fil du temps et des événements, j'ai appris à me familiariser avec lui, Kyle a joué un rôle majeur dans tout ça parce qu'il… Disons qu'il me canalise, il me calme, ce genre de trucs. On a eu notre lot d'emmerdes avec ça mais… Enfin voilà, c'est un peu ma bouée de sauvetage, mon calmant, tu vois le genre. »

Oui.
Avait-elle parlé ou simplement pensé cette réponse ?

« Concrètement, ce que ça fait d'être un Lycanthrope… C'est vrai que t'es jamais seul ou très rarement et ça peut être vraiment génial quand tout se passe bien, comme ça peut être un véritable enfer quand c'est pas le cas. Par contre une fois dans la peau du Loup c'est une véritable libération. Ouais, j'me sens libre, j'vois pas d'autres mots. »

Et pour la première fois, elle le vit sourire. Immédiatement elle sourit en retour, comme par réflexe, sans même en être réellement consciente, avant de se rendre compte qu'elle était heureuse. Heureuse parce qu'il semblait l'être, à la simple évocation de cette liberté dont il parlait, et qu'il retrouvait une fois par mois. Heureuse par ce qu'il ne détestait pas "Loup", parce qu'il avait appris à vivre avec, et que c'était un magnifique exploit.

« Y a toutes ces histoires de sens qui se développent, la force aussi qui croit, et pas mal de petits détails physiques qui changent le quotidien et auxquels j'ai eu du mal à m'habituer au départ mais maintenant je sais que je ne pourrais plus faire sans. Aujourd'hui je m'accepte enfin et vraiment comme je suis et j'échangerai ça pour rien au monde. Je crois que je serais perdu sans Loup, même s'il me met dans des situations parfois improbables et ingérables, même s'il m'en a fait voir de toutes les couleurs, même si j'en ai bavé « à cause » de lui. C'est… mon double, ma moitié. C'est moi mais sans être moi. C'est… mon autre moi. Sans vouloir jouer les élitistes ou quoi que ce soit, je pense vraiment pas qu'on puisse réellement le comprendre et en prendre la teneur tant qu'on le vit pas soi même mais malgré toutes les bonnes choses que ça peut m'apporter, et aussi paradoxal que ça puisse paraître, j'te souhaite pas de devenir Lycan un jour. Voilà. J'sais pas si ça répond vraiment à tes questions mais c'est comme ça que je ressens les choses. »

Il souriait encore, et elle aussi. Et pour le coup... elle ne savait pas trop quoi dire.

« Oui, oui, ça répond parfaitement. »

Elle n'avait de toute manière pas son mot à dire dans tout ça, la seule chose qu'elle pouvait dire, c'était

« Merci. »

C'était étrange, tout de même. Oui, elle se remettait à penser que c'était étrange qu'ils se trouvent là tous les deux, alors qu'ils se connaissaient à peine, et qu'ils soient en train de se parler de choses aussi... personnelles. Leurs familles, son "don", Kyle, Elias... Comme si de rien n'était, qui plus est. Oui, c'était un peu comme avec Jeroen, et en même temps c'était complètement différent. Elle resta sans rien dire pendant de longues minutes, à nouveau fascinée par le ciel étoilé, rassérénée par la nuit qui les entourait, ne voulant pas briser le magnifique silence de la nature endormie. Elle respirait lentement, profondément. Silencieusement. Et alors qu'elle s'y attendait le moins du monde, elle sentit une larme couler sur sa joue. Et elle sourit, amusée de l'effet que ce silence, cette tranquillité, avaient sur elle et sur ses émotions. Ce n'était pas réellement une larme de tristesse ou quoi, mais juste une larme. Ou peut-être que si, mais dans ce cas là, c'était de la tristesse inconsciente. Elle laissa la brise s'occuper de la sécher. Toujours collée contre le jeune homme à ses côtés, elle avait chaud et se sentait vraiment bien. Si elle avait envie de dormir ? Probablement qu'elle pourrait s'endormir facilement, mais non, elle n'en avait toujours pas réellement envie. Caprice ? Peut-être, mais à vrai dire, elle s'en fichait un peu. Elle était bien, et ça faisait assez longtemps qu'elle ne l'avait pas vraiment été, alors elle n'avait pas forcément très envie de mettre fin à tout ça.

« T'sais que t'es trop bien, comme mec ? Enfin, t'inquiètes j'suis pas non plus en train de te draguer, hein, mais... c'était juste au cas où on te l'aurait pas dit, en fait. »

Inutile, ce qu'elle venait de dire. Elle se doutait bien que son Kyle devait le lui répéter souvent, ou du moins le lui faire comprendre. Mais voilà, c'était sorti tout seul, sur le ton de la blague, et elle rit un peu avant de passer une main dans ses cheveux, par réflexe, comme si ça pouvait l'aider à les recoiffer, alors que le vent se chargeait continuellement de les faire voleter autour de son visage. Au bout d'un moment, elle se rendit compte que ses pensées avaient dévié, et qu'elle réfléchissait à cet épouvantard qui l'avait mise dans tous ses états. Épouvantard qu'elle n'avait pas été capable de ridiculiser.

« Dis... en redescendant, tu serais d'accord de m'accompagner, j'aimerais bien réessayer pour le truc de l'épouvantard. J'ai pas envie de laisser ça comme ça... c'est flippant de se dire que je ne sais même pas me débarrasser d'un épouvantard, quoi. »

Perfectionniste ? À peine.

« D'ailleurs, t'es fort en DCFM ? Bon, j'suis pas nulle, mais... je pense que je pourrais avoir besoin d'aide, on n'est jamais trop préparés. Enfin, t'en as peut-être assez, mais si jamais... ça pourrait nous être utile à tous les deux, tu trouves pas ? »

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MessageSujet: Re: « Please, don’t leave me » | Enzo && Caitlyn   Lun 10 Mar 2014 - 13:57

Le temps passe et je me rends compte que finalement il fait son œuvre. Je crois que jusqu’ici je ne m’étais jamais vraiment penché sur la question, que je prenais les choses comme elles venaient et que je ne réfléchissais plus à tout ça mais ça m’apparait comme une évidence maintenant : C’est de plus en plus facile. D’en parler je veux dire. D’assumer pleinement devant les autres ce que je suis, avec plus ou moins tout ce que ça implique, et de me dévoiler un peu plus à certaines personnes, d’accorder ma confiance de manière un peu plus large, par conséquent. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’étais devenu parano mais je crois que c’était simplement dans ma nature de me méfier par instinct d’un peu tout et n’importe quoi et surtout de tout le monde. Les évènements de ces deux dernières années n’ont certainement pas aidé mais aujourd’hui le constat est là, bien présent et avéré.
Enfin bref, dans le fond ça n’a pas la moindre importance puisque c’est finalement le cours normal des choses non ? On avance, on grandi, on évolue … C’est ça ou tu crèves alors à choisir … Oui, clairement, comme je viens de le lui dire je préfère être en vie. Des mauvaises passes on en a tous un jour ou l’autre dans notre vie et même si j’ai déjà pensé à la mort comme une solution, même si j’ai déjà essayé de me tuer, même si je l’ai frôlé un paquet de fois, je suis heureux d’être toujours là aujourd’hui. Le retour au château a été difficile, c’est un fait, et certains jours je me dis encore que l’herbe est surement plus vertes ailleurs et que j’ai envie de partir, prendre le large, découvrir d’autres choses et d’autres endroit, tout recommencer ailleurs, mais Kyle a raison : J’ai encore pas mal de choses à faire avant d’en arriver là. Je crois qu’en ce moment j’ai tendance à vouloir sauter des étapes et grandir trop vite en oubliant que j’ai 17 ans, bientôt 18, et qu’à cet âge là je devrais avoir des préoccupations bateau du style réussir mon année, trouver une vocation, pester sur les Profs et les devoirs qu’ils nous donnent, etc … Parfois j’ai tendance à oublier que je suis un gamin alors que je me suis battu pour garder cette part de moi mais je sens bien que ça n’est pas pour les mêmes raisons si je m’envole de cette façon. J’aspire à autre chose, c’est tout. J’aspire à faire un bond de 10 ans en avant et puis je reviens sur terre.

Ce soir je flotte, je suis constant. Ni dans le passé, ni dans le futur. Ce soir je suis dans le présent et le présent c’est Caitlyn. Caitlyn qui s’interroge sur ma double nature et qui jusqu’ici ne semblait visiblement pas trop sur quel pied danser mais elle a osé quand même et de mon côté c’est d’une manière naturelle que je lui ai répondu, sans détour, abordant certains sujets d’une manière un peu cash peut être mais comme toujours j’ai suivi mon instinct. L’accident, la mort de mes parents, l’après, tout ça ce sont des sujets que je n’ai pas abordé depuis longtemps et ça me va très bien comme ça même si au fond je pense avoir pris suffisamment de recul pour pouvoir les affronter. C’était il y a plus de deux ans maintenant, c’est du passé, et je ne suis plus le même aujourd’hui. Non ça n’est pas facile tous les jours pour autant mais ça l’est toujours beaucoup plus qu’à l’époque ça c’est une certitude. Pendant un moment je ressentais le besoin d’en parler justement, et principalement avec Derek, mais je me suis souvent retrouvé face à une porte blindée alors j’ai laissé tomber. J’ai pu en parler avec Kyle, et un peu avec les filles, et puis j’ai tourné la page. Peu importe, ce soir la Serdaigle en apprend énormément sur moi et ça ne me dérange pas. Reste à savoir si mon petit discours et les réponses que je lui ai apporté lui conviennent …

« Oui, oui, ça répond parfaitement. »

Visiblement, oui.

« Merci. »

Merci ? De quoi ? De m’être ouvert et d’avoir partagé mon expérience ? D’avoir fait sauter les barrières de mon silence pour partager ce que je vis avec toi ? D’avoir assouvis ta curiosité sans me forcer ? Je ne réponds rien, je me contente de sourire encore et toujours. Détendu. Serein. Le silence s’installe et pendant de longues minutes aucun de nous deux ne se manifeste. Je me demande à quoi elle pense, peut être qu’elle est entrain d’analyser tout ce que je viens de lui dire ou bien qu’elle se penche sur ses propres souvenirs, son histoire. De mon côté je ne pense à rien de spécial, je regarde la Lune et je me dis que son influence sur mon être tout entier sera à son paroxysme d’ici quelques jours et de nouveau fourmillements me chatouillent des pieds à la tête. Un moment je tourne la tête et vois cette larme sur sa joue. Aucun mot, je me contente de la serrer un peu contre moi pour lui offrir un peu de chaleur et le silence reste encore là quelques minutes jusqu’à ce qu’elle le brise.

« T'sais que t'es trop bien, comme mec ? Enfin, t'inquiètes j'suis pas non plus en train de te draguer, hein, mais... c'était juste au cas où on te l'aurait pas dit, en fait. »

J’écrase un rire en baissant la tête, un peu mal à l’aise je l’admets. Je suis un garçon timide, faut pas croire, et les compliments me perturbent un peu. Il n’empêche que ça fait plaisir à entendre. Peut être qu’elle l’a dit sur le ton de l’humour mais au fond de moi je crois qu’elle le pense réellement et ça me touche. C’est vrai que j’ai parfois tendance à avoir besoin de reconnaissance, surtout de la part des gens que j’aime, mais je pense que ce côté-là de moi c’est un peu calmé ces derniers temps. Malgré les apparences la confiance en soi n’est pas une évidence chez moi et je me suis longtemps détesté pour tout un tas de raisons mais aujourd’hui je relativise, je crois que j’ai simplement un peu arrêté de me prendre la tête avec ce genre de préoccupations. Ce soir je n’ai pas fait ça pour la gloire, j’ai simplement agis comme mon instinct m’a poussé à le faire et c’est tout. Ça me semblait être la bonne chose à faire, c’est aussi simple que ça.

« C’est gentil, merci. »

Nouveau sourire alors que nos regards se croisent à nouveau et puis finalement chacun reprend son silence et ses pensées ou absence de pensées. Lui répondre qu’elle aussi est une fille bien ? J’aurai pu mais je ne trouvais pas ça approprié ou nécessaire. Disons que la situation n’était pas adéquate et je ne la connais pas suffisamment pour la juger que ce soit d’une manière ou d’une autre mais je sais qu’elle a été là pour Sovahnn quand elle en avait besoin tout comme elle a été là pour moi alors que je pensais dur comme fer ne pas en avoir besoin. Je ne reviendrais pas sur le sujet de toute façon.

« Dis... en redescendant, tu serais d'accord de m'accompagner, j'aimerais bien réessayer pour le truc de l'épouvantard. J'ai pas envie de laisser ça comme ça... c'est flippant de se dire que je ne sais même pas me débarrasser d'un épouvantard, quoi. »

Comme ça, de but en blanc, et elle capte toute mon attention une nouvelle fois.

« D'ailleurs, t'es fort en DCFM ? Bon, j'suis pas nulle, mais... je pense que je pourrais avoir besoin d'aide, on n'est jamais trop préparés. Enfin, t'en as peut-être assez, mais si jamais... ça pourrait nous être utile à tous les deux, tu trouves pas ? »

Un instant je fronce les sourcils, songeur, et celui d’après je m’ébouriffe les cheveux par réflexe avant de laisser un soupir s’évader tranquillement. Pas un soupir de lassitude, ni d’agacement, juste … un soupir.

« Je crois … Je crois que t’as eu ta dose d’émotions fortes pour aujourd’hui et que tu devrais laisser tomber ça au moins jusqu’à demain. »

Quand je repense à l’état dans lequel je l’ai trouvé je me dis que ça n’est pas une bonne idée de l’encourager à se re-confronter à ça tout de suite. Personnellement je n’ai pas non plus envie de revoir ce que j’ai vu mais c’est surtout que ça ne me semble vraiment pas être la chose à faire. On est en pleine nuit, elle vient de vivre quelque chose de difficile, on s’est confié l’un à l’autre et à présent elle a retrouvé son calme. A quoi bon prendre le risque de se remettre dans des états pas possibles maintenant ? Bien sur je ne suis personne pour lui donner des conseils et elle fera ce qu’elle voudra mais puisqu’elle me pose la question je réponds simplement sincèrement.

« Si tu veux on reviendra tous les deux demain et on verra ce que ça donne mais pour l’instant je serais partisan de te ramener jusqu’à ton dortoir et qu’on aille tous les deux se coucher. »



« Chacun dans son lit j’veux dire. »

Et hop ! Un sourire de petit malin charmeur pour la route ! Ca devenait trop sérieux, c’est plus fort que moi.

« Pour ce qui est de DCFM, on va dire que j’suis pas mauvais et que c’est une des matières que je réussi le mieux et ou je me sens le plus à l’aise donc pourquoi pas, ça pourrait nous faire bosser tous les deux. »

Aider quelqu’un a bosser ? Jusqu’ici c’est plutôt moi qui demandais de l’aide, pour les matières théoriques en tout cas, donc ça me fait un peu étrange que les rôles s’inversent je crois. Sova bosse avec Takuma, et y a une raison à ça – je crois – pourtant c’est pas faute de lui avoir proposé mon aide mais il faut croire que je préfère bossé seul la plus part du temps. Y a eu les colles de Rivers aussi, qui m’ont bien aidé à progresser et puis j’ai eu l’occasion de mettre un peu tout ça en pratique pour … pour survivre en fait … Pas pour autant que je vais dire non, c’est juste qu’il y a un détail qui me chiffonne.

« Y a juste un truc qui me fait peur … Tu vas me prendre pour un mégalo ou un truc du genre mais … disons que je peux avoir tendance à me lâcher un peu en fonction de mon humeur et franchement je préfère garder ça pour Rivers ou quelqu’un d’autre plutôt que de risquer de m’en prendre à toi. »

Je ne me vois pas l’envoyer contre un mur ou en tout cas prendre le risque. Si c’est elle qui me fait décoller je n’y vois aucun soucis mais l’inverse … Non. C’est peut être du sexisme, je ne la considère pas comme une pauvre petite chose fragile mais … C’est comme ça et c’est tout. D’ailleurs ça me fait penser que j’aimerai bien m’entrainer avec mon frère, en fait j’aimerai bien faire plein de choses avec mon frère … Peut être qu’un jour ça serait pas mal que je prenne mon courage à deux mains et que j’aille le voir au lieu de tourner en rond à ruminer comme je le fais parfois. En attendant …

« Enfin on verra, on en reparle à tête reposée ? »

C’est ce qui me semble le mieux à faire, je persiste.

« J’te raccompagne ? »



« Oui, j’te raccompagne, et c’est pas négociable ça non plus. »

Et me voilà debout, je lui tends la main pour l’aider à se relever plus pour la forme qu’autre chose avant d’arborer un air de macho suffisant et hautain.

« En route, femme. »

Un. Deux. Trois. Sourire.

« Quoi ? J’ai été un véritable gentleman toute la soirée, faut bien que je casse ma bonne réputation à un moment ou un autre ! »

T’as le droit de me taper si tu veux, je le cherche clairement. Est-ce que j’essaie de détendre l’atmosphère ? Pas vraiment, je pense pas que ce soit nécessaire, c’est simplement mon côté sale gosse qui se manifeste.

On s’est donc remis en route, même chemin mais dans le sens inverse tout en tachant d’éviter l’épouvantard qui se trouvait probablement encore dans le grenier, et puis comme promis je l’ai raccompagné jusqu’à l’entrée de la Tour des Serdaigle. Un dernier sourire.

« Bonne nuit Caitlyn. »

J’ai attendu qu’elle entre avant de partir à mon tour, peut être par « crainte » qu’elle file en douce pour retourner affronter le fameux Epouvantard toute seule, et je suis rentré chez les Rouge où j’ai retrouvé Lune qui s’est roulée en boule sur mon lit alors que je rejoignais Morphée paisiblement.

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