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 A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle

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MessageSujet: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Dim 22 Déc 2013 - 20:22

Mardi 16 Septembre 2014 – Fin d’après midi
A chaque jour suffit sa peine



Kyle & Enzo

Tomber, se relever, partir, tout le monde cherche sa voie.
Un regard, l'amour, rentre dans ta vie sans le savoir.
Ce monde un grand mensonge, on cache les apparences,
Un calvère, du caviar, ça commence par une romance,
Triompher, regretter, pas le temps de souffler que ça recommence.
Rien ne dure dans ce monde cruel pas même nos souffrances.
Tu vas tomber, te relever, jamais reculer, l'essentiel c'est que t'avances.

(c) Nessbeal (c)

On aurait pu croire que la vie serait un long fleuve tranquille après le départ de ces ordures et les vacances passées dans le calme et loin d’ici, et d’ailleurs je l’ai cru dur comme fer pendant plusieurs semaines, mais il semblerait que le sort s’acharne et qu’au final rien ne changera jamais. Pessimiste, un peu blasé, lassé, voilà comment je me sens depuis quelques jours. Ça n’est pas constant, ça n’est pas persistant, c’est simplement par vague et parce qu’il y a toujours quelques choses ou quelqu’un pour me ramener en arrière, quand ça n’est pas moi qui le fait tout seul, consciemment ou pas. J’ai cru que je pourrais oublier mais plus le temps passe et plus je me dis qu’ici, dans cet endroit où tout ou presque s’est passé, je n’y arriverai sans doute jamais. Aujourd’hui est un de ces jours où je me demande pourquoi j’ai repris le chemin inverse alors que j’avais enfin retrouvé mes racines, ma terre, mon chez moi. Oui, j’ai des repères ici, et oui il y a aussi des gens que j’aime, mais ça ne sera jamais complètement chez moi. C’est comme ça. J’essaie de relativiser pourtant, je me dis que c’est juste un ou des mauvais moments à passer, mais je n’ai pas envie que mon quotidien redevienne l’Enfer ça c’est une certitude. Je ne crois pas être encore en mesure de supporter ça à long terme, surtout pas en sachant que j’ai une possible porte de sortie …

Enfin bref, me lamenter sur mon sort ça n’a jamais été vraiment mon truc ou disons un peu – comme tout le monde – et surtout à une certaine époque mais il est hors de question que je passe mes journées à déprimer et à chialer comme un gosse capricieux. Je suis jeune, j’ai la vie devant moi, je suis passé par mal de trucs et je suis toujours debout et bien en vie alors non, je ne me laisserai pas aller ! C’est donc d’un pas décidé – ou presque – que je me rends en cours de Divination même si l’idée de remettre les pieds dans cette classe ne m’enchante pas vraiment. La dernière fois, on ne peut pas dire que ça se soit réellement bien passé et il se trouve que j’ai un mouvement d’hésitation systématiquement depuis dès que je dois avaler quelque chose. Mon instinct me dit que je ne crains rien, que l’Aconit c’était rien qu’un jeu – pour elle – et que la façon dont se sont terminées les choses ont sans doute un peu calmé ce « jeu » mais je me méfie quand même. Je croyais en avoir fini avec ce truc de vivre dans l’angoisse mais visiblement non. Une grimace quand j’entre dans la pièce, des flash de la semaine dernière, un regard noir pour la Prof, de la méfiance dans mes rétines et quelque chose d’indescriptible dans les siennes. Le cours passe, sans embuche, tant mieux. EDM ? J’ai séché la dernière fois mais cette fois je ne me défilerais pas. Le cours passe aussi et je me fais la réflexion que ce Prof est plutôt doué pour mettre les gens à l’aise. J’aime pas cette salle, c’est vrai, mais je trouve ses cours intéressant alors je suis attentif et je me familiarise un peu plus avec ce monde, ces objets que je ne connais, etc … Pause. Besoin de prendre l’air avant d’affronter Logan et sa DCFM. Mon cours préféré avec celui d’Isma. J’y suis plutôt bon élève, investi, consciencieux, volontaire la plus part du temps. Je veux apprendre, je veux savoir, je veux réussir. La pratique m’a toujours bien plus passionné que la théorie et en plus de ça, ça me permet de me défouler. Oh je continue d’aller courir tous les matins ou presque, parfois même à un autre moment de la journée – habitude que je n’avais pas perdu à Lakes soit dit en passant et courir sur la plage au petit jour le long de l’Océan c’est juste totalement magique. Il y a le surf aussi, bien sur, quotidiennement ou presque, et là encore l’Océan me manque mais je fais avec ce que j’ai et m’en contente. Quoi qu’il en soit ça n’est ni l’un ni l’autre que je décide de faire à midi mais plutôt un tour près du Terrain de SACM pour passer un peu de temps avec mes potes à poils, plumes et autres écailles. La proximité de l’être humain me branche pas trop aujourd’hui alors mon passage dans la Grande Salle a été plutôt rapide, juste le temps de me mettre un truc dans le ventre histoire de tenir le coup et je suis sorti.

Les mains dans les poches je traine, pensif. Je regarde mes pieds qui foulent l’herbe, sans vraiment les voir, jusqu’à ce qu’une autre paire de chaussures entre dans ma ligne de mire et instantanément je relève la tête.

« Alors Champion, comment ça va ? »

Ismaelle, son sourire, et son ventre. Avec ma capuche sur la tête et mes cheveux dans tous les sens qui cachent en partie mes yeux je la regarde la tête légèrement penchée sur le côté, esquisse un petit sourire et hausse les épaules.

« Oh t’as une petite mine toi, qu’est ce qui va pas ? »

Mouais … peut être que j’avais juste besoin de ça tiens, me faire materner un peu. Ça change des prises de tête, des tentatives d’empoisonnement et j’en passe, et des questions qui tue du genre : T’as déjà tué quelqu’un ? Merci Keane ! Et non, t’en fais pas, je t’en veux pas. Pas une seule seconde.

« Rien, t’inquiète. Ça va, j’ai juste un peu le mal du pays j’crois mais ça va passer. »

En tout cas quand je sens ma capuche qui retombe et sa main qui ébouriffe mes cheveux je ne peux pas m’empêcher de rire et ça me fait du bien. Ça ne dure que quelques secondes et je recule plus pour la forme que pour autre chose, mais ça me fait du bien.

« Tu la reverras ton Australie, peut être à Noel non ? »
« Je sais pas, sans doute. J’espère mais j’suis pas le seul à prendre les décisions. On verra bien. »

Oui j’espère vraiment, surtout que ça sera l’été là bas et qu’un peu de soleil et de chaleur – même si je risque d’en baver avec ma « petite » particularité – ça ne fera pas de tort mais comme je le dis, la décision n’appartient pas qu’à moi alors on verra et puis ça n’est de toute façon pas pour tout de suite.

« Si t’as pas besoin de moi j’vais aller voir Taska et Mila un peu. »
« Vas-y, elles sont près de la lisière là bas, au bord du Lac. »
« J’ai vu oui. Merci Isma, à plus tard. »

Désolé, j’ai juste pas vraiment envie de parler je crois mais ça m’a fait du bien de te voir, même si ça n’a duré que quelques secondes, même si on se voit tous les jours. Je crois que j’avais juste besoin de ça, à ce moment là, et c’est tout.

Je me dirige donc vers les deux jeunes créatures et dès qu’elles me voient elles s’approchent en trottinant. Mon sourire s’élargit plus encore parce que ce genre de réaction à le don de me procurer un bonheur sans nom qui me chatouille de la tête au pied. C’est tellement agréable de voir qu’elles sont juste contentes de me voir parce que c’est plus que réciproque. Je me fais la réflexion que Fenrir n’était pas là mais avec Maya dans le château … Je crois qu’ils sont souvent fourrés ensemble ces deux là et c’est cool, j’ai déjà un chiot de côté si je veux ! Enfin bref, Lune doit être entrain de dormir, comme une Princesse qu’elle est, sur mon lit ou sur un coussin bien moelleux de la Salle Commune et elle sait très bien qu’elle aura le droit à son câlin tôt ou tard dans la journée donc je ne culpabilise pas trop de côtoyer d’autres animaux. Et me voilà avec deux grosses têtes entrain de m’analyser et me sentir de la tête aux pieds. Moi je me marre comme un gosse, je les caresse, je leur parle. Qu’on me prenne pour un fou, je m’en moque. Je me sens bien et c’est tout ce qui compte.
La fin de la pause je la fini assis dans l’herbe, le bec de Taska qui fouille dans mes cheveux et Mila qui joue avec je ne sais trop quoi, un bouquin sur les genoux. Un bouquin, oui, mais pas n’importe lequel. Un que j’ai déjà lu une bonne quinzaine de fois depuis que je l’ai découvert et je ne m’en lasse toujours pas. Un bouquin qui ne vient pas du monde des Sorciers, que j’ai piqué à la bibliothèque et que je ne compte pas rendre avant de m’être acheté mon propre exemplaire. Chose à laquelle je n’ai pas pensé quand on était en vacances d’ailleurs. Tant pis, je vais le noter sur ma liste au Père Noël, et comme je suis un gentil garçon très sage, aucun doute que je le retrouverai dans ma chaussette sur la cheminée le 25 décembre au matin. Bref, ça suffit les conneries. Ce livre c’est l’Appel de la forêt, de Jack London, et l’histoire de Buck, ce chien qui est retourné à l’état sauvage. Non je ne m’identifie pas du tout à lui …

L’antique instinct nomade surgit,
Se ruant contre la chaîne de l’habitude ;
Et de son brumeux sommeil séculaire
S’élève le cri de la race.

Cette citation je la connais désormais par cœur. Il faut dire qu’elle n’est pas très difficile à retenir étant donné sa longueur mais je pense que beaucoup n’y ferait peut être pas spécialement attention. Est-ce que j’en ai compris le sens ? Est-ce qu’il y a réellement un sens ? Bien sur qu’il y en a un et je crois que chacun peu voir ça à sa propre façon, de manière personnelle, selon son histoire, son vécu, ses expériences et ses ressentis.

C’est déjà l’heure de retourner en cours alors je ramasse mes affaires, caresse une dernière fois les deux jeunes femelles, envoie un signe de la main à Isma quand je passe près de sa Cabane et file directement au troisième étage. Le cours se passe bien mais Logan nous lâche plus tôt. Chose assez rare mais étant donné qu’il a beaucoup de chose à faire et à gérer depuis qu’il est Directeur, ça peut se comprendre. Ceux qui avaient Runes ont filé au cinquième, moi j’ai décidé de grimper un peu plus haut, jusqu’au septième et une fois sur place je me suis perché sur une rambarde de pierre – avec le vide derrière moi, oui, tout à fait – les pieds en appuie sur les sculptures servant de « pilier » pour la fameuse rambarde histoire d’avoir un minimum d’équilibre et j’ai ressorti mon livre. Mon sac par terre, mon skate – que j’ai baladé une bonne partie de la journée parce que c’est souvent comme ça que je me déplace dans les couloirs, que ça plaise ou pas, ça m’éclate – appuyé sur la pierre, me voilà de nouveau bien concentré sur ma lecture. La capuche sur la tête, comme souvent pour ne pas dire toujours, les cheveux qui dépassent un peu entre le dessus de ma tête et le vêtement mais qui ne me gênent pas dans ma lecture. La longueur Australe est toujours de la partie Rolling Eyes
La raison de ma présence ici ? Elle tient en quatre lettres : Kyle. Je sais qu’il a cours ici alors j’attends que sa classe sorte sans réellement trop faire attention. C’est pas vraiment prévu, il ne s’attend sans doute pas à me voir là, ou peut être que si, et même si c’est juste histoire qu’on se croise trois secondes parce qu’il a un truc de prévu c’est pas grave. J’ai juste envie de le voir, même un peu, et c’est tout. Je pense pas qu’il vivra ça comme une intrusion, je le laisse suffisamment tranquille, peut être même trop depuis quelques jours même si c’est pas volontaire. Disons pas consciemment ou … peu importe. Je crois qu’il y a des choses dont je dois lui parler, dont j’ai envie et besoin de lui parler, des choses qu’il doit savoir aussi mais ça n’est pas le seul but de ma présence ici. J’ai juste … envie de passer du temps avec mon copain, je crois que c’est une chose assez normale, non ? Enfin j’en suis là, plongé, captivé même, par ma lecture et le reste n’existe plus vraiment.

Nul ne soupçonnait la transformation qui s’opérait en lui aussitôt qu’il pénétrait dans la solitude de la forêt. Il ne marchait plus alors ; il devenait un animal sauvage, silencieux et léger, ombre à peine entrevue glissant parmi d’autres ombres.

A la simple lecture de ce passage je sens un sourire étirer mes lèvres. Perdu dans mes songes, dans des images qui dansent devant mes yeux grands ouverts, fruit de mon imagination. C’est Buck, mais c’est surtout un grand Loup Noir que je vois, qui se faufile entre les troncs, dans l’obscurité de la nuit, et soudain c’est comme si la Pleine Lune m’appelait déjà alors qu’elle n’était là qu’une semaine auparavant. Mes quatre pattes me manquent, ce sentiment de liberté que la transformation me procure aussi. J’entends des bruits alentours, je perçois des mouvements mais ne relève pas la tête pour autant. Je suis … dans un autre monde, un monde pas si fictif que ça ou en tout cas pas pour moi. Je les capte ses bruits de pas qui se font un peu plus présent, j’entends des voix plus distinctement, et il y a cette présence là tout près de moi mais rien à faire, je ne décroche pas. Rêveur, dans la Lune …
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mar 24 Déc 2013 - 22:38

Enzo & Kyle
« à chaque jour suffit sa peine »



Mes yeux alternaient sans cesse entre ma précieuse montre que je portais autour de mon poignet depuis mes vacances et le professeur qui semblait visiblement beaucoup plus intéressé que nous par la matière qu’il donnait. Je me trouvais dans le local situé au septième étage dans le cours intitulé « médecine simplifiée ». Cela avait beau être la troisième leçon que nous apprenions en trois semaines, je n’arrivais toujours pas à me faire à cette idée d’école. Maintenant que nous étions un peu plus ancré dans la matière, ayant désormais passé les longues introductions des premiers cours, j’avais encore plus envie de prendre les jambes à mon cou et de m’enfermer longuement dans ma chambre pour mieux passer le temps. Me retrouver entouré de moldus ne m’enchantait pas, contrairement à certains. Peut-être que ma vision des choses était exagérée, mais le fait d’être enfermé dans une classe pendant des heures me rappelait tellement de mauvais souvenirs de ma vie aux U.S.A. que je n’avais pas envie d’y être. Heureusement, Cameron et Emily se trouvaient là eux aussi, ce qui me réconfortait un peu. N’empêche que les matières ne m’intéressaient tellement pas que les enseignants ne parvenaient pas à capter mon attention qui vagabondait sans cesse entre ma montre, les parchemins que je me servais pour dessiner plutôt que pour prendre des notes ou encore la vue extérieure que m’offraient les fenêtres près de lesquelles j’étais assis. La bonne nouvelle était que le mardi je n’avais qu’un seul cours au programme, ce qui me permettait donc de pouvoir dormir le matin et d’avoir ma soirée de libre. Je pensais d’ailleurs déjà aux heures qui allaient s’en suivre, me demandant ce qu’avait décidé de faire Enzo pour ce soir. J’avais l’impression qu’il était distant depuis quelques jours, ce qui me mettait naturellement la puce à l’oreille : quelque chose n’allait pas de son côté. Le problème était que je ne savais pas quand il se déciderait de m’en parler et de mon côté, je n’osais pas trop lui tirer les vers du nez pour ne pas le brusquer même si j’avais énormément envie de le faire. Il m’inquiétait, mais je préférais camoufler mon anxiété à son égard avec des sourires et des caresses dans ses cheveux. Je savais bien que tôt ou tard, il m’informerait des ses malaises.

Tout en baissant de nouveau les yeux vers l’heure affichée sur ma montre, je commençai à réfléchir sur le moyen de pouvoir passer la soirée avec lui. Dernièrement il passait beaucoup de temps avec ses amis et j’en venais à ne plus savoir quels soirs m’étaient réservés. Tant pis. Après avoir mangé quelque chose, je ferai une petite visite à la grande salle et s’il ne s’y trouvait pas, je monterai jusqu’à sa salle commune. Voilà qui était un bon plan.
Mais en attendant, il me restait encore une heure à tuer dans ce pénible cours théorique. Mes yeux se levèrent et je remarquai que la grande majorité de la classe était penché par-dessus leur bureau, semblant écrire toutes les paroles que leur dictait le prof. Je tournai la tête légèrement vers Cameron qui me semblait être dans la lune, son menton appuyée dans le creux de sa main. Il semblait beaucoup plus intéressé par les cours pratiques que par la théorie alors du coup, si ça se trouvait, il s’emmerdait autant que moi. Je jetai un dernier coup d’œil au prof qui semblait illustrer quelque chose et je profitai de cette inattention de sa part pour dérouler le parchemin qui se trouvait devant moi et prendre possession de ma plume, qui jusqu’ici, était restée posée sagement sur mon bureau. Je m’étais promis de faire moins de dessin en classe et de m’appliquer un peu plus sur la matière, mais ça me semblait peine perdue pour ce cours-ci. Et puis… J’avais bien tenu une heure sans rien faire, non? J’avais le droit à un petit répit.

C’est donc sans perdre plus de temps que je trempai le bout de ma plume dans l’encrier et que je commençai à faire de grands traits sur mon parchemin. Comme me l’avait dit Cameron, quelques jours plus tôt, on nous offrait des feuilles et des crayons, mais moi, je préférais rester avec la méthode des sorciers. J’étais devenu trop habitué à ce médium pour retourner à l’ancien qui me semblait carrément fade à côté. J’étais probablement entrain de me convertir à leur monde, mais tant pis : je trouvais cela original et ça me plaisait.
Je continuai donc à dessiner, faisant attention à l’enseignant qui passait parfois entre les rangées pendant qu’il continuait son discours afin de ne pas me faire chopper. Me faire retirer mon dessin et mes accessoires était bien la dernière chose que je souhaitais. Je créai de manière aléatoire, sans but précis, dessinant au hasard la Forêt qui abordait l’école avec deux énormes yeux noir qui en ressortaient, comme s’ils fixaient la personne qui regardait le paysage. Alors que je m’acharnais justement sur le regard depuis un bon nombre de minutes, je sentis une présence à côté de moi qui me força à arrêter et je relevai doucement la tête pour croiser les yeux du professeur.


- Intéressant. Mais vous devriez plutôt faire ce dessin en botanique je crois.

Je ne bronchai pas, restant sur mes gardes en resserrant l’emprise de mes doigts autour de ma plume. Et en voyant que je ne faisais rien, l’enseignant poussa un petit soupir avant de relever la tête à son tour et de déclarer au reste de la classe :

- Nous avons terminé pour aujourd’hui, vous pouvez disposer. Mais n’oubliez pas de relire vos notes de cours!

Alors que les autres s’activaient un peu partout dans la salle, je restai toujours immobile lorsqu’il recentra son attention sur ma personne.

- Et la prochaine fois, prenez vous aussi des notes. Elles pourraient vous être utiles pour le reste de l’année vous savez? Aller, déguerpissez.

J’attendis qu’il s’éloigne avant de commencer à faire comme mes comparses et à ramasser mes objets que je mis de manière distraire dans mon sac. La bonne nouvelle était que mon cours était terminé. La mauvaise était que je n’aurais plus le droit de faire de dessin ici ou que du moins, je devrais redoubler de vigilance, car sinon, la prochaine fois que je me faisais surprendre, je pourrais perdre ma création. Pas que j’y tenais spécialement, mais c’était toujours triste de se faire retirer quelque chose sur lequel on travaillait. Je me levai et sorti dans les derniers de la classe. Une fois dans le corridor, il fut la première personne sur laquelle mes yeux se posèrent.

Enzo.
Il était là, assit tranquillement avec un bouquin ouvert entre les mains. Même si je n’en n’avais pas la confirmation, mon cœur me disait qu’il m’attendait. À cette simple pensée, je me mis à sourire et me rendit tranquillement jusqu’à lui, rajustant mon sac sur mon épaule. Je pris place à ses côtés et baissai les yeux une seconde sur son livre avant de les remonter jusqu’à son visage. Je me rapprochai légèrement et lui offris un baiser sur la joue, question de le tirer doucement de sa lecture par laquelle il semblait captivé.


- Ça l’air bon ton bouquin. Tu me le présente?
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Jeu 26 Déc 2013 - 23:17

Un Loup Garou dans la Lune, original n'est ce pas ? Pas vraiment mais ça n'a pas la moindre importance. Parfois il ne suffit de pas grand chose pour faire le vide dans sa tête bien trop remplie par des pensées trop … pas nécessairement sombre mais qui n'aide pas à se sentir bien. J'avais le cœur lourd, ça n'est plus vraiment le cas à l'heure actuelle. Buck me tient compagnie, je suis complètement absorbé par les lignes qui défilent sous mes yeux quand bien même je les ai déjà lu un bon nombre de fois. J'imagine ce gros chien les pattes dans la neige, en harmonie total avec cet environnement qui pourtant n'était pas le sien au tout départ. Il s'est adapté, il a survécu, il a traversé bien des épreuves mais il a su y trouver sa place. Sa place … Où est ce qu'elle peut bien se trouver la mienne de place ? Ici ? Ailleurs ? Je n'en sais rien. Ça n'est pas forcément un endroit, peut être, je n'en sais trop rien.
Toujours est il qu'étant totalement plongé dans mes pensées, dans ma lecture, dans ce petit monde particulier et rien qu'à moi, j'ai plus ou moins oublié que le monde réel existait. Je l'ai perçu pourtant, et d'ailleurs son odeur si familière – celle que je préfère par dessus toutes les autres – m'a chatouillé les narines mais je n'ai pas décollé pour autant de mon nuage. Si je n'ai pas sursauté quand il s'est assis près de moi c'est bien parce que j'ai senti que c'était lui et pas quelqu'un d'autre, quelqu'un qui pourrait me faire du mal ou que sais-je encore. C'est fini de trembler à chaque détour de couloir et ça fait du bien même si ça sera toujours dans ma nature d'être méfiant mais quand bien même j'ai plus ou moins capté sa présence je n'ai pas réussi à sortir de ma torpeur jusqu'à ce qu'il dépose un bisou sur ma joue. Petit geste simple qui a réchauffé mon cœur en un instant.

« Ça l’air bon ton bouquin. Tu me le présente? »

J'ai enfin relevé la tête et cherché son regard avant de lui sourire tout en prenant soin de ne pas perdre ma page.

« Hey, salut. Je t'attendais justement. »

Tu t'en doutais peut être, après tout qu'est ce que je pourrais bien faire là, assis sur cette rambarde, un bouquin à la main, en plein milieu de l'après midi. Dans le fond c'est quelque chose que j'aurai pu faire sans but mais ça n'est pas le cas aujourd'hui.
Un soupir d'aise s'échappe d'entre mes lèvres alors que mes yeux sondent les siens et mon sourire presque timide reste bien tranquille alors que j'attrape son poignet – butant sur la montre que je lui ai offert – avant de prendre sa main dans la mienne pour la porter jusqu'à ma bouche et y déposer un baiser. Tout ça sans jamais le lâcher du regard et c'est comme si le temps s'était arrêté. Parlant du temps qui passe, je laisse glisser ma main de façon a pouvoir observer sa montre et coinçant le livre sur mes genoux j'appuie sur un des boutons pour voir s'afficher l'heure Australienne, celle de Lakes pour être plus exact. Il fait nuit la bas, Grand Mère doit dormir. Encore un soupir, je le libère et passe une main dans son dos avant d'aller la poser sur sa taille. Est ce que j'ai peur qu'il bascule en arrière et tombe dans le vide ? Non, pas spécialement. C'est simplement un geste de tendresse mêlé à un certain instinct de protection probablement mais rien de bien méchant. Un baiser sur sa tempe et mon attention se fixe sur d'autres silhouettes un peu plus loin. Cameron et Matthew sortent de la classe, je leur adresse un signe de tête pour les saluer avant de voir Drew baisser la tête et déguerpir d'une manière un peu trop rapide pour être naturelle. Un jour, éventuellement, il faudrait peut être que j'aille lui parler, m'excuser de lui avoir collé peut être pas la trouille de sa vie quelque chose de suffisamment puissant pour qu'il me fuit chaque fois qu'on se croise. Si je veux qu'on arrête de me considérer comme un mec susceptible d'être dangereux, j'ai moi aussi un travail à faire sur la question et pour le coup là je l'admets, je suis totalement coupable. J'ai pété les plombs ce jour là, je ne sais pas ce qui m'a pris et … oui, je crois qu'aujourd'hui je le regrette mais on ne change pas le passé, encore une fois. Je secoue la tête et me concentre de nouveau sur le livre, toujours ouvert sur mes genoux, ma paume libre posée sur les pages pour ne pas les perdre. Avec tout ça je n'ai toujours pas répondu à sa question même s'il ne s'est écoulé que quelques secondes simplement.

« C'est … En fait j'suis « simplement » entrain de relire l'Appel de la forêt pour la … hum … j'sais pas … 16ème fois ? »

J'écrase une sorte de rire, pas vraiment nerveux juste bref, tout en secouant la tête avant de rabaisser ma capuche. Il est là, je n'ai plus de raison de me cacher du monde extérieur même si j'adore avoir ma capuche sur la tête. Et comme si je ressentais le besoin de me justifier ...

« C'est juste que ce truc me captive et … regarde, j'ai un beau marque page dedans en plus. »

Dernière page, j'en ressors une photo animée. Pas celle de mes parents, non, mais une beaucoup plus récente. Une de celle qu'on a pris pendant les vacances : Nous deux sur la plage, au bord de l'eau, le vent dans les cheveux, jouant avec les vagues en essayant d'éviter l'eau même si pour ma part j'ai déjà de l'eau jusqu'à mi-molet. C'est Grand-Mère qui l'a prise celle ci, comme beaucoup des autres qui se baladent dans mes affaires et dans celle de Kyle.

« J'nous trouve plutôt beaux gosses là d'ssus, non ? »

Sourire taquin, je la lui tend pour qu'il l'a regarde et récupère ma main qui était posée sur sa taille. Non pas parce que je veux le lâcher mais simplement pour avoir plus de mobilité dans mes mouvements et de nouveau je reviens sur le livre.

« J'peux pas m'empêcher de m'identifier à Buck, avec son histoire de se découvrir des instincts sauvages, son adaptation à la vie loin des Hommes, tout ça, et parfois ça me fait du bien de lire certains passage, ça … ça me parle, ça … ouais, ça me fait du bien c'est tout. J'sais que c'est l'histoire d'un chien mais ... Faudra que tu le lises un jour, il est cool comme bouquin, et pas très long en plus. »

Je ne suis pas entrain de dire que si c'était un pavé je ne te le conseillerai pas pour X raisons mais t'as compris l'idée. Tout le monde n'aime pas forcément perdre des heures dans une histoire qui n'en fini pas et j'ai bien conscience que si moi ça me fascine ça ne sera peut être pas son cas mais il m'a vu tellement de fois avec ce bouquin dans les mains que je me dis que j'aimerai bien avoir son avis un jour.

« Ça va ? Ça été les cours ? »

Changement de sujet. C'est vrai ça, comment il va ? Je sais que mes humeurs pèsent souvent sur les siennes et réciproquement alors je m'interroge. Il n'est pas stupide, loin de là même, je me doute qu'il a bien du percevoir un certain malaise chez moi et je n'aime pas le tenir à l'écart, être distant comme j'ai pu l'être ces derniers jours mais il le sait, j'ai besoin de temps pour pas mal de chose et tendance à vouloir régler et corriger mes état d'âmes par moi même bien que me confier à lui soit devenu presque automatique pour moi. Peut être pas immédiatement et parfois j'ai besoin d'un coup de pouce mais … Pour ce qui est des cours, si moi je m'y plonge presque à corps perdu je sais que ça n'est pas son cas et si au début ça m'a fait sourire de l'emmerder avec ça, au bout de quelques semaines – seulement deux en réalité – j'ai arrêté. Il n'aime pas l'école, ça l'ennuie la plus part du temps. Sans parler des matières pratiques voir sportives … Je ne peux pas cacher que même s'il n'aime pas ça – le sport en général – le voir revenir du cours de Victoria est une de mes activités favorites étant donné qu'après un effort c'est toujours le passage obligatoire par la douche mais peu importe, ça n'est pas le sujet.

« Tu fais quoi là ? T'as peut être un truc de prévu avec les gars ou j'sais pas mais … si c'est pas le cas, j'me disais qu'on pourrait peut être passer un moment juste tous les deux ? J'ai pas de devoir pour demain personnellement, j'me suis avancé hier, et puis je bosserai avec Kezabel dans l'après midi donc j'suis libre comme l'air. J'peux t'aider à faire les tiens si t'en as, ou juste me poser dans un coin et tu m'entendras pas, j'te dérangerai pas ... mais faut pas te sentir obligé, j'peux attendre. »

Comment te dire qu'être avec toi est la seule chose qui me fasse envie et dont j'ai besoin, sans te mettre la pression ? Comment te dire que j'espère de tout mon cœur que tu ne me diras pas non même si je ne t'en voudrais pas si c'est le cas. Comment te dire que j'ai envie de me caler dans tes bras et te prendre dans les miens, et qu'on ne se lâche plus pendant … toute la vie ? Au moins quelques heures. Jusqu'à demain ?
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mar 31 Déc 2013 - 2:43

Prendre des notes de cours, comme si cela me ressemblait…
Durant le temps où j’étais sur les bancs d’école aux USA, j’avais toujours été beaucoup plus concentré sur mes petits dessins que sur ce que pouvait raconter le professeur. Le premier jour d’école j’étais toujours attentif, écoutant le plan pédagogique qui allait nous accompagner durant toute l’année et dès que j’en avais une bonne idée, je savais dans quelle classe je pourrais laisser libre recours à mon imagination et celles dans lesquelles je donnerai mon attention. Il m’était difficile de faire le tri puisqu’aucun cours ne semblait m’intéresser : je me foutais des mathématiques, le français m’importait peu tant que je n’étais pas inspiré à apprendre une langue seconde, l’anglais ne me semblait pas intéressant puisque je savais lire et écrire, quant aux matières comme l’histoire ou la géographie, celles-ci me laissaient de glace avec leurs territoires aux noms interminables et les explorateurs qui avait apposés leurs pieds partout. Sérieusement, qui s’intéressait vraiment à ça à part peut-être les réels passionnés et ceux qui souhaitaient faire une carrière là-dedans? Ces noms et ces apprentissages ne me rendraient pas plus intelligent, à part me donner une grande culture générale, chose dont je me foutais royalement également. C’était peut-être à cause de mes parents qui adoraient passer leurs journées assit sur le canapé à se rouler des pétards ou bien à se disputer qui me donnait ce haut point de je-m’en-foutisme. Fallait dire que les vilains garnements qui s’amusaient à rire de ma condition de pauvreté et de ma tête de garçon si blanc qu’on avait eu l’impression qu’il « s’était noyé dans le javel » ne me donnaient pas plus envie de rester plus longtemps à écouter les profs afin de me trouver une véritable passion qui deviendrait plus tard un métier spécialisé. De toute manière, tout cela me semblait superflu parce que moi, j’avais déjà trouvé ma vocation et ce, bien avant d’entrer à l’école : le dessin. D’ailleurs, ma classe préférée était celle d’art plastique et j’étais, bien entendu, le préféré de l’enseignante qui s’émerveillait toujours devant mes dessins. À part Billy, elle semblait être la seule à reconnaître mes œuvres et à m’encourager à persévérer dans cette voix, m’affirmant que je possédais là un véritable talent…

Prendre des notes, vraiment…
Pourquoi avait-il fallut qu’à Poudlard on nous inflige un cours d’éducation physique, mais pas un d’art afin d’équilibrer les choses? Mais non, c’était bien connu : le sportif l’emportait toujours sur l’artiste. Ces cours là ne m’intéressaient pas et je n’avais pas envie de faire d’efforts. Peut-être que l’on y verrait là une rébellion, peut-être qu’on me foutrait souvent à la porte pour manque d’attention, mais je n’avais pas l’intention de prendre des notes et encore moins de les relire. Je me fichais bien de couler mes examens et de repasser tous les cours deux ou trois fois jusqu’à temps que je « réussisse » : tant que l’on me permettait de rester entre ces murs aux côté de mon bien aimé, je me fichais totalement du reste.

Voilà qu’il m’attendait justement à la fin de mon cours, me redonnant aussitôt la pêche, parce que franchement, me faire surprendre par un prof, ce n’était jamais quelque chose que j’aimais. Déjà que je n’avais jamais aimé attirer l’attention sur moi, c’était pareil même si j’étais plus âgé : je voulais simplement que l’on me laisse dessiner tranquillement même si ce n’était pas le bon moment. Il avait l’air trop studieux avec ce bouquin ouvert devant lui, mais j’aimais cette image. De voir que lui il parvenait à suivre le rythme des cours méritait toute mon admiration, mais aussi toute mon « autorité » lorsqu’il songeait parfois à ne pas assister à certaines classes. Il était doué et si cela pouvait lui permettre d’ouvrir certaines portes pour son futur, je ne faisais que l’encourager.
Mais même si j’aimais le voir ainsi, je désirais maintenant obtenir son attention. Ce que je ne perdis à avoir, car il avait déjà relevé les yeux vers moi en me souriant.


- Hey, salut. Je t'attendais justement.

Trop charmant. Presque romantique.
Qui aurait cru qu’un jour un superbe Apollon m’attendrait à la sortie des classes? Un moment qui ne m’avait jamais traversé l’esprit, même pas en rêve. Surtout que la scène qu’il se passait ressemblait étrangement à un rêve puisque ses yeux noisette se perdaient déjà dans les miens, me faisant aussitôt oublier le léger incident qui venait de se produire. Le baise main qu’il m’offrit était digne d’un des plus grands contes de fées et eu pour effet de me fit sourire davantage, me disant que j’avais le petit ami le plus parfait du monde. Bon, il avait son caractère, ses défauts comme tout le monde, mais n’empêche que moi j’étais bien avec lui et que je ne comptais pas l’échanger de si tôt. Son attention se porta vers ma montre et d’une manipulation toute simple, il fit afficher l’heure de sa ville natale : sans doute avait-il une pensée pour sa grand-mère. Me lâchant une seconde plus tard, son bras entoura ma taille et instinctivement, je posai doucement ma tête sur son épaule avant de fermer les yeux pour mieux savourer ce moment de détente à deux. Peut-être que ça n’avait pas l’air très relaxant puisque nous étions toujours en plein corridor, mais n’empêche que pour moi, c’était le nirvana incarné.


- C'est … En fait j'suis « simplement » entrain de relire l'Appel de la forêt pour la … hum … j'sais pas … 16ème fois ?
- Hum…
fis-je de manière distraite, tout en l’écoutant réellement.
- C'est juste que ce truc me captive et … regarde, j'ai un beau marque page dedans en plus.
- Hum?


J’ouvrai les yeux et relevai la tête avant de voir qu’il sortait une photographie qui se trouvait tout à la fin de son roman. Je nous voie nous animer sur l’image et me souvient aussitôt de la prise de cette photo alors que nous nous trouvions sur le bord de la plage durant les vacances. Encore là, je ne m’étais jamais imaginé me retrouver un jour sur ce genre de photographie bien typique du monde des sorciers, mais tout semblait possible dans ce côté-ci de l’univers.

- J'nous trouve plutôt beaux gosses là d'ssus, non ?
- On ne l’est pas toujours?


Je répondis à son sourire taquin avant de prendre la photo qu’il me tendait. Je baissai légèrement la tête afin de mieux l’observer, même si je regardais beaucoup plus le visage d’Enzo que le mien, dont je me foutais totalement. Il avait l’air si heureux que je sentis mon cœur tout léger, espérant grandement qu’il retrouverait un jour cette expression de bien être totale. Il me semblait qu’il l’avait déjà perdu depuis que nous étions de retour et ce, même s’il ne me disait pas ce qu’il clochait dans sa vie. Était-ce encore son frère qui faisait des siennes ou bien les cours qu’ils trouvaient moins intéressants qu’à l’habitude? Quelque chose le tracassait et je le savais, mais pas plus.

- J'peux pas m'empêcher de m'identifier à Buck, avec son histoire de se découvrir des instincts sauvages, son adaptation à la vie loin des Hommes, tout ça, et parfois ça me fait du bien de lire certains passage, ça … ça me parle, ça … ouais, ça me fait du bien c'est tout. J'sais que c'est l'histoire d'un chien mais ... Faudra que tu le lises un jour, il est cool comme bouquin, et pas très long en plus.
- Ouais, tu me le prêteras quand tu voudras. Ça me permettra de connaître un peu mieux ton côté loup et ce que tu peux ressentir lorsque tu te glisses dans sa peau.


Je lui souris de nouveau en glissant doucement la photographie animée dans son bouquin afin qu’il ne l’a perde pas. C’était un super marque page, pour un super roman que j’avais réellement bien envie de lire. Moi je n’aurai jamais la « chance » de vivre ce qu’il vivait alors si ça pouvait me donner des indices, j’en étais plus que ravi.

- Ça va ? Ça été les cours ?
- Ouais, moi ça va, mais les cours sont de la vraie merde. J’avais oublié à quel point je détestais l’école, mais en l’espace de quelques jours, mes vieux souvenirs m’ont rattrapé. Et mes vieilles habitudes aussi…


Je déposai mon sac sur le sol avant de l’ouvrir et de sortir le parchemin sur lequel j’avais commencé ma forêt et mes yeux géants que je déposai aussi sur son bouquin afin qu’il puisse jeter un œil. Ce n’était pas pour qu’il me dise des commentaires ou qu’il me pose des questions à propos de ce croquis, mais simplement pour lui prouver à quel point le dessin était constant chez moi, en particulier lors des classes.

- J’ai faillis me faire disputer pour ce truc. J’crois juste que le prof n’a pas le sens très artistique. Surtout qu’il m’a dit que je devrais faire ce dessin en botanique. N’importe quoi. Ce sont des arbres au hasard et pas des plantes super compliquées dont les noms imprononçables ne sont même pas retenus dans ma mémoire.

Je poussai un petit soupir avant d’hausser les épaules, me disant que le prof était vraiment trop nul.

- Tu fais quoi là ? T'as peut être un truc de prévu avec les gars ou j'sais pas mais … si c'est pas le cas, j'me disais qu'on pourrait peut être passer un moment juste tous les deux ? J'ai pas de devoir pour demain personnellement, j'me suis avancé hier, et puis je bosserai avec Kezabel dans l'après midi donc j'suis libre comme l'air. J'peux t'aider à faire les tiens si t'en as, ou juste me poser dans un coin et tu m'entendras pas, j'te dérangerai pas ... mais faut pas te sentir obligé, j'peux attendre.
- Non!


Je répondis de manière plus forte que je ne l’aurai cru et je décidai de couper court à ma réponse avant de me mettre à gueuler.
En réalité, j’étais plus qu’heureux de voir qu’il avait envie d’être avec moi pour cette soirée là. Nous avions des amis de notre côté, les choses avaient changé, mais je souhaitais réellement passer du temps avec lui. J’en avais besoin et j’avais l’impression que ça faisait une éternité que je ne l’avais pas eu que pour moi, même si ce n’était pas le reflet de la réalité. Il ne suffisait qu’une seconde de distance pour que ça me paraisse d’une décennie d’absence.
Je repris donc d’une voix beaucoup plus douce :


- Je veux dire… Bien sûr que je veux passer la soirée avec toi. Tu me manques tellement et… Je ne sais pas, j’en ai vraiment envie. Et… J’crois pas avoir de devoir ou bien sinon j’ai encore louper des trucs, mais on s’en fou. L’important c’est toi et moi et c’est ce soir. Pas d’histoire de passer ton temps dans un coin où je ne t’entendrai pas : je veux tout savoir et je veux te voir. Et pas question que tu attendes, parce que moi j’en peux plus.

Kyle le gros égoïste à parler!
Compris?!

Je lui fis un petit signe de tête dans la direction opposée.


- On peut aller se poser dans notre petite salle si tu veux. J’ai pas vraiment envie de passer la soirée dans ce corridor et j’ai encore moins envie de revoir la tête du prof quand il sortira de son local.

Pas envie qu’il me sermonne pour de vrai cette fois.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mer 1 Jan 2014 - 14:17

On n’est pas bien là, toi, moi et mes belles baskets ? Blague à part, si on est bien, assis l’un à côté de l’autre, l’un contre l’autre, et déjà sa présence allège le poids que je ressens depuis quelques jours. Il est là, on discute, une situation normale mais qui fait du bien et c’est tout. Il m’écoute parler de mon bouquin, je l’écoute parler de ses cours qui – sans surprise – le soulent plus qu’autre chose et je me fais la réflexion que j’aimerai être une petite souris – c’est plutôt mal barré quand on voit ma carcasse – pour l’observer pendant un de ces fameux cours. Je n’ai pas trop de mal à me l’imaginer entrain de dessiner, rêvasser ou faire n’importe quoi d’autre plutôt que d’écouter ce que raconte le prof et je me dis qu’un jour j’aimerai bien qu’on partage ça ensemble. Peut être qu’il pourrait venir en EDM après tout, même si tout comme moi il doit garder de mauvais souvenirs de cette salle mais … il faut bien aller de l’avant et malgré ma méfiance et mes appréhension Gabrielli n’a pas l’air d’être un mauvais gars. Question à creuser, un jour, peut être et bien sur qu’on est toujours beaux gosses ! Et ton dessin il est cool.

« Non! »

Je crois que c’est ce qu’on appelle un cri du cœur, non ? Pour un peu il aurait pu me faire sursauter et d’ailleurs je crois bien qu’il a réussi, chose absolument géniale quand t’as le vide derrière toi et que tu te tiens plus ou moins en équilibre sur un truc pas très large et surtout pas franchement prévu pour s’asseoir mais passons.

« Ok ! Ok ! »

J’éclate de rire, les paumes tournées vers lui dans un faux geste de reddition. Bien sur que ça me fait plaisir qu’il réagisse de cette façon même si je n’attendais rien de spécial de sa part – enfin si, bien sur que si mais disons que je ne me serais pas formalisé si ça avait pris une autre tournure puisqu’après tout il n’est pas à ma disposition.

« Je veux dire… Bien sûr que je veux passer la soirée avec toi. Tu me manques tellement et… Je ne sais pas, j’en ai vraiment envie. Et… J’crois pas avoir de devoir ou bien sinon j’ai encore louper des trucs, mais on s’en fou. L’important c’est toi et moi et c’est ce soir. Pas d’histoire de passer ton temps dans un coin où je ne t’entendrai pas : je veux tout savoir et je veux te voir. Et pas question que tu attendes, parce que moi j’en peux plus. »
« Oui chef ! »

Non parce que sérieusement, la façon dont il dit ça ne laisse pas beaucoup de place à la négociation, discussion, etc … mais ça serait mentir de dire que ça me déplait et le « Oui chef ! » c’est uniquement pour rester dans l’ambiance et accentuer le truc mais je pense que mon sourire en dit long sur la question de toute façon. Tout comme le salut militaire exagéré que je viens de faire. Si Isma était là elle me traiterait de bon petit soldat d’ailleurs. Mais … depuis quand j’obéis aux ordres moi ? Pas de commentaire ! Merci.

« On peut aller se poser dans notre petite salle si tu veux. J’ai pas vraiment envie de passer la soirée dans ce corridor et j’ai encore moins envie de revoir la tête du prof quand il sortira de son local. »

Qu’est ce qu’il a ce couloir ? Il est très bien. Et qu’est ce qu’il a ce prof ? D’après ce que j’en sais c’est simplement transitoire en plus de ça parce qu’il me semble avoir compris que c’était Maxence qui s’occuperait de ces cours et oui je connais l’emploi du temps de Kyle par cœur, ça pose un problème à quelqu’un ? Bon. Bref. Toujours est il que je souris tout en descendant de mon perchoir, sans répondre à sa question mais je pense que mon corps parle pour moi et si je me mets en mouvement ça n’est pas pour faire joli alors je ramasse mon livre, balance mon sac sur mon épaule après l’avoir refermé et attrape mon skate avant de concentrer toute mon attention sur lui.

« Je sors avec un rebelle … Espèce de vilain garçon, c’est comme ça que tu comptes me montrer le bon exemple ? »

Parce que c’est ton rôle, c’est toi le plus âgé, souviens toi !

Sourire en coin, j’attrape sa main une seconde avant de finalement poser la mienne sur sa taille pour le rapprocher de moi dans un geste doux mais ferme. C’est qui le patron ? Toujours pas de commentaire, merci. Est-ce que je suis entrain de l’allumer ? Ca se pourrait bien même si ça n’était pas vraiment l’humeur du jour mais ça n’est pas comme si c’était quelque chose qui se contrôle. La provocation est là elle en tout cas, ça c’est certain. C’est pas de ma faute si je passe en mode prédateur quand il est dans les parages et avant même de lui laisser le temps de réagir je lui vole un baiser, parce que … parce que c’est comme ça et c’est tout. Ma main désormais rendu sur sa nuque, je fini par le libérer sans jamais le quitter des yeux, sans jamais m’éloigner vraiment, et qu’on soit au beau milieu d’un couloir, à la vue de tous, n’a pas la moindre importance.

« J’te découvre de nouveaux côtés obscures tous les jours. »

Geste bien calculé de ma part, une pression sur sa hanche pour le retourner et me voilà collé contre lui, derrière lui, mon bras autour de sa taille et ma main sur son ventre. Je crois que son sac est retombé sur le sol mais peu importe. Un baiser dans son cou, un autre, et encore un. Je ne m’excuserai pas pour ça.

« Pas de méprise, ça me dérange pas. J’trouve même que ça te donne un p’tit côté sexy quand tu t’énerves comme ça. Pas que tu le sois pas d’habitude mais j’suis sur que t’as compris ce que je veux dire. »

C’est pas parce que j’aime avoir le dessus en règle générale que c’est tout le temps le cas et puis dans les faits c’est pas comme si c’était un jeu de pouvoir entre nous, je dis juste que … ouais, ça me fait quelque chose de le voir comme ça, sur de lui, un peu effronté, sale gosse même. C’est tout. C’est qu’il a son p’tit caractère le Johnson mais ça c’est pas comme si je ne le savais pas déjà. Nouvel impact de mes lèvres sur sa peau et sans prévenir je le lâche complètement et commence à fouiller dans mon sac comme je peux.

« Oh tiens tant que j’y pense, j’suis passé faire un tour dans la Salle des Fournitures hier et je t’ai pris des parchemins, un peu d’encre et … c’est tout. Ah si, une plume aussi. Comme je sais que tu te transforme a peu de choses près comme moi les nuits de pleine lune quand t’as plus rien pour dessiner je préfère anticiper avant de me faire manger ou un truc du genre. »

Moi, me moquer de toi ? Pas mon genre voyons … Pas du tout. N’oublie jamais que je t’aime, et surtout que tu m’aimes, et que ça me donne tous les droits … :angel:

« D’ailleurs, j’y ai croisé Keane – un gars avec qui j’avais plus ou moins sympathisé y a quelques temps parce qu’on se croisait de temps en temps aux cachots – et on a eu une conversation pour le moins … disons que faudra pas t’étonner s’il débarque pour te demander de lui montrer tes dessins ou te parler de la texture de tes bouclettes … »

Oui, je parle de toi à des gens, j’espère que tu m’en veux pas pour ça mais pour moi c’est plus envisageable de ne pas parler de toi. Et puis j’en sais rien, c’est venu dans la conversation, et comme ce type est hyper curieux et que ça ne me dérangeait pas de répondre à ses questions et bien je l’ai fait … C’est grave ? Voilà les pensées qui me traversent l’esprit alors que je lui donne le matos que j’ai été prendre pour lui la veille et puis l’air de rien, sans le regarder, occupé à fermer mon sac comme si de rien n’était …

« Et j’lui ai dit que tu me dessinais tout nu. »

:gla:
Tu connais ma propension à la connerie, j’ai juste pas pu m’en empêcher.

« Mais c’est pas pour ça qu’il veut voir tes dessins hein ! »

Enfin je crois pas mais vu la passion qu’il mettait à parler du décolleté de Seren je pense pas que je sois son genre parce que même si on a plaisanté là-dessus, je suis bien loin de la blonde à forte poitrine. Et heureusement ! Et non c’est pas la peine de dire que moi aussi j’y suis allé de mon petit commentaire, vraiment pas, même si dans le fond on s’en fout. Cette femme n’a plus le moindre intérêt pour moi et quand je la regarde je me demande encore ce que j’ai bien pu lui trouver. Enfin … non, je sais très bien, disons que je n’ai plus ce genre de pensées et préoccupation à présent et qu’à l’époque j’avais juste envie de foutre le bordel et de faire n’importe quoi alors draguer une Prof pour essayer de la mettre dans mon lit ou plutôt me glisser dans le sien alors que j’étais plus ou moins officiellement avec une autre fille ça me paraissait normal et de circonstance. Bref ! Ce temps là est révolu et heureusement. Aujourd’hui j’ai un petit ami que j’aime éperdument et qui me le rend bien, je suis redevenu moi-même, alors à quoi bon vouloir encore tout détruire ?

« M’enfin je lui ai fait comprendre que t’aimais ta tranquillité et que c’était pas la meilleure chose à faire de venir comme ça dans ta bulle donc si tu veux je te le présenterai un jour, il est vraiment sympa et marrant comme gars. Un peu givré, avec une tendance à mettre les pieds dans le plat, mais gentil. »

Un peu comme Lukas en y repensant même si Keane ne m’a jamais donné l’impression d’avoir peur de moi, ce qui soit dit en passant est assez agréable mais je pense qu’on n’aura plus vraiment de problème lui et moi, je parle de Lukas là, parce que notre discussion de la semaine dernière dans les catacombes a sans doute – je l’espère en tout cas – remis les pendules à l’heure entre nous deux. On verra bien.

Trois secondes après – ou peut être plus j’en sais rien, c’est pas comme si je m’amusais à compter – sa main est dans la mienne et on se dirige vers le couloir du septième où la Salle sur Demande est sensée se trouver d’ordinaire. C’est pas une science exacte et en plus de ça maintenant que les Sup ne sont plus là je crois qu’elle est moins réceptive et surtout très squatté mais qui ne tente à rien. J’ai l’impression que ça fait des siècles qu’on n’est pas venu ici mais étrangement ça ne me manque pas vraiment. Je me suis habitué à l’avoir dans ma chambre à Lakes alors … disons que cette pièce fait désormais pâle figure mais étant donné qu’on n’a pas vraiment d’autres endroits pour être tranquille juste tous les deux, c’est toujours ça. Je rêve d’autre chose, néanmoins. Enfin bref, il se trouve que cette fois on a de la chance et qu’une fois la porte passée je me rends compte que rien n’a changé même si le besoin n’est plus exactement le même. Tant mieux, après tout on a nos repères ici et je sais que lui est très attaché à ça, à cet endroit, alors nous y voilà.

Je pose mes affaires dans un coin, m’assoie sur le lit et quand il vient me rejoindre je l’attire à moi de façon à se qu’il se retrouve sur mes genoux, ses jambes de chaque côté de mon corps me faisant ainsi face. Je lui enlève le sweat qu’il porte – un des miens, qu’il a récupéré à Lakes comme quelques autres trucs puisque me vêtements de l’époque lui vont – et retire le mien par la même occasion. Les gestes sont calmes, le seul but c’est d’être plus à l’aise et pour ma part j’ai envie de toucher sa peau alors déjà mes mains vont se perdre sous son T-shirt, tranquillement, dans son dos, et je ne m’étonnerai pas de sentir ses doigts dans mes cheveux dans les secondes qui vont suivre alors qu’un nouveau baiser est échangé. A son contact je me détends, j’oublie peu à peu ce qui me rongeait quelques minutes plus tôt, quelques jours plus tôt, sans pour autant perdre mon objectif de vue. C’est juste que … J’en sais rien, un moment de répit, un moyen de reprendre des forces peut être, juste un peu de tendresse et parce que l’avoir dans mes bras c’est quelque chose dont j’ai besoin, et très envie, mais avant que ça ne dégénère vraiment parce que comme souvent si je me laisse aller ça risque de se finir sous les draps – façon de parler – je pose mes mains sur sa taille et cherche son regard après avoir libéré ses lèvres des miennes.

« On devrait éviter de se voir dans des endroits où il y a des lits, c’est dangereux pour la concentration. »

Comme si ça pouvait changer quelque chose … des lits, sérieusement ? Avec ou sans c’est exactement la même chose et tant mieux. Ça nous montre que malgré le temps qui passe, le quotidien, etc .. cette fusion, cette passion entre nous, ne s’estompe pas. Seulement ça n’est pas vraiment le moment et ça n’est pas que je n’en ai pas envie bien sur mais c’est simplement que j’aimerai vraiment lui parler, ne pas me laisser distraire par … ça, alors après un dernier baiser, une dernière caresse dans son dos, j’arrête lentement chacun de mes mouvements et mon visage va se cacher contre son torse. Je ferme les yeux, inspire son odeur, bloque l’air et expire pendant ce qui me semble être une éternité avant de finalement lâcher quelques mots sans pour autant relever la tête tandis que l’emprise de mes bras autour de lui se renforce, comme si j’avais peur qu’il se dégage, qu’il s’en aille ou je ne sais trop quoi.

« J’suis désolé d’avoir été un peu distant ces derniers jours … »

En réalité j’ai juste besoin de sa présence physique, voilà pourquoi je le serre autant dans mes bras, et je ne sais pas comment me lancer, par quoi commencer, ce que je veux lui dire ou pas même si je n’ai pas envie de lui cacher quoi que ce soit. Je sais, je sens, qu’il faut que ça sorte mais je n’y arrive pas tout seul. Plus de mensonges, plus de cachoteries, oui, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. J’ai peut être juste besoin d’un coup de pouce, d’un tremplin ou d’une rampe de lancement. Surement même.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Ven 10 Jan 2014 - 3:44

Lui qui voulait me voir.
Lui qui attendait expressément la fin de mon cours pour me voir moi et me demander de passer la soirée avec lui. Le genre de moment qui me faisait sourire et qui me faisait aussitôt monter sur un petit nuage. Avec mes cours, j’avais l’impression d’être en mesure de lui accorder moins de temps, mais je savais que ce n’était pas vrai. Je demeurais toujours aussi disponible de mon côté, puisque souvent mes cours se trouvaient à être en même temps que les siens et que mon horaire était beaucoup moins chargée que la sienne, heureusement. N’empêche que nous avions chacun nos amis de nos côtés et chacun nos occupations (le dessin pour ma part et l’exercice du sien, par exemple). Malgré tous ces petits changements qui étaient arrivés avec cette nouvelle année, le meilleur était que nous n’avions plus à nous cacher, à avoir peur des représailles des autres, mais surtout des ennemis. La vie me semblait plus belle, plus légère et les humeurs beaucoup moins lourdes, ce qui faisait plaisir à voir. Bien entendu, je me doutais que quelques personnes n’aimaient toujours pas notre présence (à nous les moldus) dans le château, mais ils se faisaient discrets, évitant simplement notre présence plutôt que de venir nous attaquer librement comme ils auraient pu le faire dans le passé. Ouais, ils auraient pu éviter de nous fournir des classes, mais je préférais cent fois mieux perdre mon temps sur les bancs de l’école plutôt que d’être encore surpris au détour d’un corridor et de passer un sale quart d’heure. Et puis… Il n’y avait aucun sentiment plus génial que celui d’être attendu par l’être aimé à la sortie de l’école. C’était la première fois de ma vie que ça m’arrivait et j’espérais bien que ce ne serait pas la dernière parce que franchement…
Ça me faisait plaisir.

Et même si j’appréciais réellement que nous soyons là tous les deux, je ne tenais pas à rester à côté de la porte plus longtemps. J’en avais terminé avec les cours pour aujourd’hui et je n’avais qu’une envie : m’éloigner afin d’éviter tout contact avec le professeur et ses horribles notes de cours. Un peu comme lorsque j’étais aux USA : il n’y avait aucun son plus beau que celui des cloches qui retentissait pour annoncer la fin des classes. À chaque fois, je me ruais à l’extérieur de la salle, je me précipitais sur mon casier afin d’y prendre mes affaires et je sortais hors de l’école si vite que j’en bousculais toujours quelques uns au passage en lâchant deux ou trois « désolé! ». Même lorsque je devais attendre Billy pour nos futures conneries, je le faisais à l’extérieur, tout près du drapeau Américain qui flottait doucement au gré du vent et ce, même dans les temps de froid : tout pour ne pas rester prisonnier de ces murs plus longtemps. À croire que les établissements scolaires m’avaient toujours fait défaut…

Il se leva finalement à ma proposition tout en ramassant ses choses et je l’imitai tout en rattrapant mon dessin que je glissai de nouveau dans mon sac à dos avant de fermer le tout. Je senti son attention sur ma personne et je levai aussitôt les yeux vers lui, m’attendant à ce qu’il me balance une connerie. C’est que, après près de deux ans, je commençai à bien le connaître mon chéri.


- Je sors avec un rebelle … Espèce de vilain garçon, c’est comme ça que tu comptes me montrer le bon exemple ?

Je roulai des yeux avant de lui faire un petit sourire.
L’âge devait sans doute être sa connerie préférée. J’avais beau n’être qu’un an plus vieux que lui, il se devait ramener souvent le sujet sur le tapis. Au fil du temps, c’était devenu presque un « running gag » qu’il utilisait lorsque le moment était opportun, comme maintenant. Il avait raison : je n’étais pas un très bon exemple à suivre, mais il savait à quel point moi et les cours s’étaient deux mondes complètement différents. Si nous avions des cours d’art alors là…

Il me rapprocha de lui, l’air légèrement taquin avant de m’embrasser (sans doute mon moment préféré).


- J’te découvre de nouveaux côtés obscures tous les jours.
- Tant mieux si je continue de te surprend après tout ce temps.


Parce que tout savoir tout de suite, c’est pas cool, non?
Avec cette nouvelle instauration scolaire, il n’avait pas le choix de voir une autre partie de moi, c’est-à-dire celle de l’étudiant un peu blasé qui n’en n’avait rien à foutre. Je ne foutais pas le bordel pour autant, me contentant juste d’être présent et de… Ne pas prêter attention. Mes dessins et mon imagination débordante étaient beaucoup plus intéressants que toutes les matières scolaires réunis.
Un tour de moi-même et voilà qu’il se retrouvait derrière moi, m’enlaçant dans ses bras. Mon sourire se fit plus grand lorsque ses lèvres chatouillèrent ma nuque. Ça devait être beau à voir dans le corridor, mais je me fichais bien des autres. Nous étions restés cachés longtemps.
Trop longtemps.


- Pas de méprise, ça me dérange pas. J’trouve même que ça te donne un p’tit côté sexy quand tu t’énerves comme ça. Pas que tu le sois pas d’habitude mais j’suis sur que t’as compris ce que je veux dire.
- Ouais j’ai compris, t’inquiète.
- Oh tiens tant que j’y pense, j’suis passé faire un tour dans la Salle des Fournitures hier et je t’ai pris des parchemins, un peu d’encre et … c’est tout. Ah si, une plume aussi. Comme je sais que tu te transforme a peu de choses près comme moi les nuits de pleine lune quand t’as plus rien pour dessiner je préfère anticiper avant de me faire manger ou un truc du genre.


Je me retournai vers lui tout en passant mes bras autour de sa taille.

- C’est vraiment gentil de ta part. J’étais presque à sec d’ailleurs… Et tu fais bien d’anticiper parce que sinon gare à toi, loup-loup!

Je lui dévoilai mes dents d’une manière animale (je ne préfère pas m’imaginer ce que ça donnait) avant d’éclater de rire.
Voilà que je me prenais pour une bête féroce maintenant. N’importe quoi! Mais c’est vrai que je devais un peu soupe au lait quand je n’avais pas du matériel avec moi. Disons que celui-ci se faisait un peu rare depuis que j’avais décidé que de prendre le strict minimum avec moi dans ma chambre. Je commençais un peu à connaître les autres, mais j’étais toujours réticent.
Un jour ça finirait bien par débloquer.


- D’ailleurs, j’y ai croisé Keane – un gars avec qui j’avais plus ou moins sympathisé y a quelques temps parce qu’on se croisait de temps en temps aux cachots – et on a eu une conversation pour le moins … disons que faudra pas t’étonner s’il débarque pour te demander de lui montrer tes dessins ou te parler de la texture de tes bouclettes …

C’était la première fois que j’entendais parler de ce Keane, mais à voir ce qu’il m’en disait (me parler de la texture de mes bouclettes…?! Oo ), je me doutais que ça avait du être tout un numéro à voir ces deux là. N’empêche que ça me faisait toujours plaisir d’entendre qu’il parlait de moi à ses amis parce que ça prouvait que j’étais important dans sa vie.
Je le lâchai lorsqu’il se pencha pour refermer son sac à dos et j’eus les yeux ronds quand il me lança :


- Et j’lui ai dit que tu me dessinais tout nu.
- T’as quoi?!
- Mais c’est pas pour ça qu’il veut voir tes dessins hein !
- Mais j’espère bien!


Où allait-il chercher de pareilles idées? Faire du nu n’avait même jamais traversé mon esprit d’artiste, beaucoup trop concentré à faire autre chose. Bon après… Ce genre de choses ne devait pas me surprendre de sa part. Si moi j’étais supposément un rebelle parce que je dessinais en classe, lui était clairement pervers et ça, depuis le début. Mais bon, ça allait : j’avais fini par m’habituer et ça aussi et en quelque part, ça faisait tout son charme.

- M’enfin je lui ai fait comprendre que t’aimais ta tranquillité et que c’était pas la meilleure chose à faire de venir comme ça dans ta bulle donc si tu veux je te le présenterai un jour, il est vraiment sympa et marrant comme gars. Un peu givré, avec une tendance à mettre les pieds dans le plat, mais gentil.
- Ouais pourquoi pas. J’lui montrerai un portrait de toi tout nu. Genre bonhomme allumette avec une énorme noix entre les deux jambes.


Je lui fis une petite grimace.
Hors de question que je montre mon homme à poil à n’importe qui, oh non! Ça je le gardais pour moi, même si je savais que je n’étais pas le seul à l’avoir vu dans son costume d’Adam… Aheum, bref.
Main dans la main, direction la grande salle. Nous n’étions pas retourné là depuis nos vacances, n’en n’ayant pas vraiment l’occasion et sincèrement, elle me manquait. Ce que nous avions en Australie, c’est-à-dire la réelle chambre d’Enzo, était géniale, mais… J’avais fini par m’attacher à notre premier petit nid qui avait presque une valeur sentimentale à nos yeux. La salle semblait beaucoup plus occupée par d’autres qu’elle avait pu l’être au début, mais ça ne faisait rien, parce que lorsque l’on ouvrait la porte, c’était encore notre monde qui se trouvait derrière. Les mêmes meubles, les mêmes accessoires, les mêmes couleurs. Je ne pu m’empêcher de sourire en la voyant apparaître sous mes yeux et je pris même une bonne inspiration de l’air qui s’y trouvait, comme pour mieux retrouver mes racines. Elle était parfaite, comme toujours.

Nous entrons et je sens mon bonheur s’intensifier dans mon cœur. J’avais l’impression d’être revenu dans le bon vieux temps, mais avec quelque chose de mieux : la liberté. Enzo déposa ses effets dans un coin de la pièce et je m’exécutai par le même mouvement, quelques secondes après être resté sur le pas de la porte à observer le décor familier. Comme un vieux réflexe, je pris place à côté de lui sur le lit et cela ne prit qu’une demie seconde avant qu’il ne s’active. En moins de deux, je me retrouvai assis sur ses cuisses, face à lui et je fus débarrasser de mon ouaté (ou plutôt du sien), me retrouvant ainsi en t-shirt (et lui aussi parce qu’il avait fait pareil pour lui). Ses mains se cachèrent sous mes vêtements et instinctivement, mes doigts se mêlent dans ses cheveux. Des points d’ancrage qui ne disparaissaient toujours pas au fil du temps et sans doute était-ce mieux comme cela puisqu’un peu d’habitude ne faisait jamais de mal à personne. Nous nous embrassons de nouveau et je profitai de cet instant de calme que nous avions à nous. Plus de soucis, plus de tracas : le monde et ses inquiétudes me semblaient bien loin maintenant. En fait, c’était souvent comme ça lorsque je me trouvais en sa présence : il avait beau être bouillant et avoir un caractère particulier, il réussissait à m’apaiser. Peut-être était-ce justement ses mains brûlantes qui me donnaient cet impression ou alors simplement parce qu’avec lui, je me sentais en sécurité en dépit de tout ce qui avait pu nous arriver.
Il rompit le baiser et mes yeux s’ancra aussi dans les siens alors qu’un nouveau sourire se dessinait sur mes lèvres.


- On devrait éviter de se voir dans des endroits où il y a des lits, c’est dangereux pour la concentration.

J’eus un petit rire.

- Ouais t’as raison. Mais je pense qu’on est capable de se tenir tous les deux, non?

Je savais, depuis le temps, reconnaître un baiser qui signifiait plus qu’un simple baiser. À la base, dans ma tête, nous n’étions pas là pour s’exploiter physiquement (rohlala!), mais bien pour discuter ensemble. Je savais quelque chose le tourmentait et j’attendais patiemment qu’il ouvre le terrain avant de faire quoi que ce soit d’autre. Il m’offrit un nouveau baiser, beaucoup moins long cette fois après quoi, son visage s’enfouit au niveau de mon torse dans un geste de détente. Je pris une grande inspiration, sachant qu’à tout moment, il allait déclencher le truc.

- J’suis désolé d’avoir été un peu distant ces derniers jours …

Il avait raffermit son emprise sur moi à l’aide ses bras qui me serraient contre lui j’avais fini par lâcher ses cheveux pour enrouler mes bras autour de ses épaules et les serrer légèrement. Comme si je voulais lui démontrer que je n’allais pas partir et que j’allais être là jusqu’au bout. Je le connaissais bien et je sentais que ce qu’il avait à me dire était moche, mais j’étais prêt à écouter, peu importe les choses qui sortiraient de sa bouche. Je voulais savoir, je voulais connaître, je voulais aider si possible, je voulais écouter et peut-être conseiller. Parce que c’était ça être un couple et que nous avions appris de nos erreurs. Nous cacher des choses importantes n’était définitivement pas quelque chose à faire entre nous. Alors oui, je me préparais à toutes éventualités, mais je restais à la fois le petit copain bien attentionné qui prendrait le temps de l’écouter et de le comprendre.

- Ce n’est pas grave. Je sais que tu peux être occupé à cause de ton horaire et de tes nombreux amis. T’as beau avoir l’air du mec solitaire, on sait très bien tous les deux que tu ne l’es pas tant que ça.

Je fis un petit sourire pour démontrer que cela ne me dérangeait nullement. La preuve : dès que nous étions revenus au château, après nos vacances, il avait souhaité passé la soirée avec Sovahnn et jamais je ne m’étais interposé, sachant qu’il avait aussi besoin de contacts autres que les miens, qui lui procuraient autre chose. C’était quelque chose que je respectais. Il avait tout un tas d’amis et tant mieux, parce que ça prouvait qu’il était apprécié.
Mais bon. Je me doutais que la dernière phrase qu’il avait dite n’avait pas vraiment de lien avec une quelconque amitié. Quelque chose le tracassait.


- Mais je me doute bien que ce n’est pas juste à cause de ça, hum? Je sais qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas et… Même si j’ai bien envie de savoir de quoi il s’agit, je ne veux pas t’obliger non plus.

Tu peux me le dire lorsque tu seras prêt, même si je préfèrerais que ce soit maintenant…
Prend ton temps, rien ne presse. La soirée est encore bien jeune.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Ven 10 Jan 2014 - 23:44

Un bonhomme allumette avec une énorme noix entre les jambes … Je ne sais pas trop comment je dois le prendre à vrai dire mais l’image me fait assez rire et le connaissant je sais qu’il serait capable de le faire parce que sous ses airs – faussement – innocents monsieur est capable d’être une véritable canaille. Avec moi il ne se gène pas et tant mieux ! Quelle relation ça serait s’il n’était pas lui-même en ma présence ? Je sais qu’il n’est pas comme ça avec tout le monde et quelque part ça fait plaisir à mon p’tit cœur de guimauve. Traitez-moi de niais, je m’en fous. C’est vrai qu’il n’y a pas grand monde capable de me mettre dans cet état et là-dessus aussi tant mieux mais quand bien même je ne l’expose pas aux yeux de tous, les animaux ont tendance à me faire gagater aussi … J’suis pas entrain de faire un parallèle entre Kyle et les animaux hein ! C’est moi l’animal dans l’histoire mais … voilà. C’est comme ça et c’est tout. C’est assez marrant de voir l’évolution d’ailleurs parce qu’il n’a pas toujours été comme ça. Enfin si mais … Je me comprends. Je l’ai connu beaucoup plus sérieux, voir parfois rigide, et aujourd’hui j’ai l’impression qu’il s’est beaucoup « détendu » ou disons qu’il se lâche plus facilement qu’avant. Est-ce que c’est du à mon contact ? Je pense que ça n’est pas étranger mais je ne l’ai jamais connu en dehors du château, exception faite des trois semaines qu’on a passé en Australie ensemble, donc c’est difficile à dire. Peut être qu’il était pire avant même si j’en doute. Oui, tout ça c’est mon œuvre et mes chevilles se portent à merveilles. PS : Je ne suis pas un pervers, j’aime les bonnes choses, c’est différent. Et puis tu peux parler toi ! Tout ça c’est de ta faute, t’as réveillé mes hormones.

Une fois les conneries passées se sont les câlins qui prennent leur place. Dans le couloir ou dans la salle, certaines choses ne changent pas et il est plutôt clair que c’est impossible pour moi de ne pas le toucher. Tant qu’il ne me repousse pas je ne vois pas bien pourquoi j’arrêterai de toute façon. Il n’empêche que oui, on est capables de se retenir et de toute façon l’humeur n’est pas à … l’exploitation physique mutuelle. Ahum.
Actuellement on en est là : Je le serre contre moi en cachant mon visage dans son T-shirt et lui m’enlace de son côté. Les choses sont enclenchées, je crois. J’ai ouvert la porte, je ne sais pas comment je vais réagir s’il ne la pousse pas ne serait-ce qu’un peu pour l’ouvrir un peu plus grand. Je sais qu’il ne me tirera pas les vers du nez parce que ça n’est pas son genre mais …

« Ce n’est pas grave. Je sais que tu peux être occupé à cause de ton horaire et de tes nombreux amis. T’as beau avoir l’air du mec solitaire, on sait très bien tous les deux que tu ne l’es pas tant que ça. »

A ce moment là je relève la tête et le dévisage. Il me sourit. Pas si solitaire que ça ? Non, c’est certain, mais de là à avoir de nombreux amis … La tête penchée sur le côté je devine mon regard légèrement interrogateur. Tu penses vraiment que je te consacre moins de temps simplement pour aller trainer avec mes « nombreux » amis ?

« Mais je me doute bien que ce n’est pas juste à cause de ça, hum? Je sais qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas et… Même si j’ai bien envie de savoir de quoi il s’agit, je ne veux pas t’obliger non plus. »

Non, il ne pense pas ça et quelque part ça me rassure. De mon point de vue ça a souvent été l’inverse d’ailleurs. Je passais le plus de temps possible avec lui parfois au détriment de mes amis mais ça m’allait très bien comme ça, quoi qu’on en dise. Je sais que ça n’a pas été du goût de tous mais aux vues des circonstances et bien que je n’y prêtais pas plus d’attention que ça, je ne sais pas si j’aurai pu faire autrement. Aujourd’hui les choses ont beaucoup changé, certes. Toujours est il qu’il a compris que quelque chose clochait chez moi et ça ne m’étonne pas du tout. Même s’il ne pose pas de vraiment de question, même s’il est plutôt du genre à attendre que je m’ouvre spontanément à lui, il n’est pas aveugle pour autant.
Comme souvent lorsque l’heure devient « grave » j’ai besoin de me mettre en mouvement pour évacuer les choses alors dans un geste lent pour ne pas l’éjecter je lui intime de me laisser bouger et une fois que la voie est libre je me lève et commence à marcher légèrement dans la pièce. Après un bref arrêt près de la fenêtre à regarder dehors je me retourne et concentre toute mon attention sur lui.

« Tu sais, j’ai pas tant d’amis que t’as l’air de le penser. J’ai des connaissances oui, et des potes, un peu, mais des amis je les compte sur les doigts d’une main et pour être tout à fait honnête on ne peut pas dire que je les vois souvent en ce moment. Elwynn a pas mal à faire de son côté entre les cours, le Quidditch et ses propres amis ou sa sœur sans parler du fait qu’elle est dans sa derrière année alors le niveau a atteint un certain degré. Sovahnn passe pas mal de temps avec Takuma, Aileen, Dakota et tout ça, elle a le Quidditch aussi et ses propres cours.  On se voit bien sur mais je ne suis pas tout le temps fourré avec elle. Harper n’est plus dans ma classe alors on se voit moins et Maël est parti. J’vois Caem de temps en temps, Killian et Ever – et encore, pas depuis la rentrée, Cameron, etc … mais … la plus part de mon temps libre je le passe avec toi ou seul. Ce ne sont pas des reproches, ça me va très bien comme ça parce que c’est dans mon caractère de prendre le large, d’aller courir, surfer, trainer auprès des créatures dans le Parc et la Forêt, et que j’adore passer du temps avec toi. Et puis je bosse beaucoup, que ce soit tout seul ou avec d’autres de ma classe même si je ne leur parle pas vraiment. Hormis Jamie et Lukas, j’ai pas vraiment essayé de rentrer en contact avec eux. Idem pour les gars avec qui je partage mon dortoir maintenant. Je vois Kezabel une fois par semaine et j’espère bien pouvoir balancer un bulletin exemplaire à la tête de ma famille à défaut d’envoyer mon poing dans la face de mon cousin. »

Est-ce que je me sens seul parfois ? Oui, ça m’arrive, et je ne peux pas le nier. J’ai toujours eu l’habitude de me satisfaire à moi-même parce que j’ai grandi comme ça mais ça ne veut pas dire pour autant que j’apprécie d’être seul en permanence. Et je ne le suis pas, c’est pas ce que je dis, mais parfois le sentiment est là quand même bien que je pense sincèrement que ça soit plus profond que ça. Pour ce qui est de ma famille en revanche …

« Même si en réalité j’ai pas spécialement envie de les revoir. »

Mais ça je crois qu’il le sait très bien. On en a pas mal discuté pendant les vacances mais je ne sais pas vraiment s’il se rend compte d’à quel point ça peut me peser parfois. Ils sont mon propre sang et pourtant je ne me sens pas à ma place parmi eux. Je ne peux pas être moi-même et ça m’insupporte. Ils m’insupportent. Leurs valeurs, leur façon de percevoir le monde et le juger … Kyle n’aura jamais sa place dans cette famille mais mon frère et Grand-Mère l’acceptent eux, et c’est tout ce qui compte. D’ailleurs en parlant de Derek …

« Pour être tout à fait honnête mon frère me manque, j’ai pas l’impression d’avoir de place dans sa vie en ce moment. Peut être que ça marcherait mieux si j’étais une grande brune avec une belle paire de seins. »

J’écrase un rire sec en levant les yeux au plafond. Ce que je dis je le pense, j’ai sincèrement l’impression qu’il est dans un trip où je n’ai pas ma place. Peut être que je me trompe complètement mais j’ai aimé passer du temps avec lui en Australie même si ça n’était pas tous les jours et aujourd’hui ça me manque. Il me manque. J’ose pas aller vers lui, j’en sais rien, je crois que j’ai peur qu’il me rejette ou quelque chose comme ça. Je sais à quel point on peut être con quand ça ne va pas et je suis suffisamment observateur pour savoir qu’un truc tourne pas rond chez lui. Ça ne serait pas la première fois qu’il passe ses nerfs sur moi même si ça fait longtemps et j’ai vraiment pas envie de ça mais d’un autre côté est ce que ça n'est pas non plus à moi d'aller vers lui histoire de vérifier si mon grand frère va bien ? Probablement que si, j'en sais trop rien. On n'est pas vraiment doué pour ça lui et moi je crois mais il m'a bien fait comprendre de ne pas me mêler de sa vie sentimentale et je suis presque sur que c'est ça qui coince actuellement donc ...

« Je me doute qu’il doit être entrain de digérer le départ de Jillian mais il n’est pas le seul à qui elle manque. On s’écrit souvent mais c’est pas pareil, sa présence physique me manque. D’ailleurs je te l’ai déjà dit mais si un jour tu veux lui envoyer quelque chose sans passer par mes parchemins à moi Okar est à ta disposition, et c’est valable pour Cameron aussi. »

Parce que c'est ton amie à toi aussi et que je n'ai pas nécessairement à être dans toutes vos confidences. Ce qu'il s'est passé entre vous, non je ne l'ai pas oublié, mais j'ai accepté et je vis avec. Je vous fais confiance à tous les deux et vous êtes bien trop important pour moi l'un comme l'autre de toute façon donc même si parfois ça me fait encore grimacer en y repensant je suis passé à autre chose depuis un moment.
En attendant je reste là, debout au milieu de la pièce, laissant planer un peu le silence. Une main sur la nuque, l'autre sur l'arrête du nez et les yeux fermés, jusqu'à ce qu'un soupir s'échappe de ma bouche et que je relève la tête vers lui.

« J’ai l’air du mec complètement paumé et pathétique là. »

Oui c'est ça, le pauvre gamin ne sait pas trop quoi faire de lui, et j'ai l'impression que quoi que je fasse je fini toujours par retrouver cet état à un moment ou un autre. Et ça me plait pas.

« La vérité c’est que … je ne pensais pas que le retour au château serait aussi difficile. Je ne me sens pas bien ici, j’ai l’impression d’avoir des mauvais souvenirs dans le moindre recoin et j’arrive pas à passer à autre chose. J’essaie d’aller de l’avant pourtant, vraiment, mais y a toujours quelque chose ou quelqu’un pour me ramener dans le passé. J’avais tout oublié pendant trois semaines et depuis qu’on est revenu ici ça va crescendo. Un truc tout con, j’avais zapé que c’est dans la Salle des Fournitures que je t’ai mordu et hier ça m’est revenu en pleine face. En plus de ça – même si ça n’était pas fait dans le but de me juger ou m’agresser – Keane m’a demandé si j’avais déjà tué quelqu’un … Et y a Lukas aussi la semaine dernière, qui m’a balancé des trucs assez durs à encaisser tout en accentuant le fait qu’effectivement j’étais un danger potentiel doublé d’un tueur. C’était pas fait méchamment mais … Comment tu veux que j’oublie si on me le rappelle sans arrêt ? C’est pas quelque chose que je peux shunter de mon esprit comme ça et toi qui dors avec moi tu le sais mieux que personne. Toutes mes nuits de sont pas des plus calmes et c’est vrai que j’en fais moins qu’avant mais les cauchemars n’ont pas totalement disparu. »

Meurtrier. Assassin. Des mots y en a des tonnes mais ils ont tous le même sens. J'échapperai jamais à tout ça, je le sais bien, et à moins de m'enlever une partie de mes souvenirs ça ne sortira jamais complètement de ma tête. Pourtant il est hors de question qu'on s'amuse avec mon esprit, il est déjà suffisamment endommagé comme ça. Comment est ce qu'on est sensé vivre normalement après … tout ça ? J'peux pas m'empêcher de penser que revenir ici était une connerie, mais rester là bas ? J'y ai tous mes repères c'est vrai mais je crois que je serais prêt à tourner la page malgré tout. 17 ans, bientôt 18, c'est pas comme si j'avais vraiment le choix de toute façon et je sens que je commence à m'énerver alors je m'active et fais les 100 pas dans la pièce tout en continuant de lâcher tout ce que j'ai sur le cœur. Peut être que ça ira mieux après, qui sait.

« A ça tu rajoutes Doryan qui était persuadé que j’étais du genre petit ami infidèle et qui trouve ça normal de me coller cette putain d’étiquette sur le front. Prends-toi ça dans la gueule Enzo. Je sais que je l’ai cherché cette réputation mais merde ! J’suis pas comme ça, pas avec toi. »

Et là je m'arrête, je le fixe, sans trop savoir pourquoi. Est ce que j'attends une réaction de sa part ? Pas vraiment. D'autant plus que je sais parfaitement ce qu'il pense de certaines choses que j'ai pu faire par le passé même si je doute qu'il me ressorte ça à la figure aujourd’hui. J'ai été un véritable enfoiré, je le reconnais, mais c'était y a plus d'un an tout ça. Ok j'ai eu quelques rechutes mais … et puis merde ! Je suis ce que je suis, j'ai fait ce que j'ai fait et ceux qui ne sont pas content c'est pareil. C'est pas comme si j'étais le seul à avoir agit comme ça mais c'est bon, je sais, ça n'est pas des autres qu'on parle et ça n'est pas une excuse. Et je sais pas pourquoi je m'énerve comme ça subitement mais quoi qu'il en soit ça m'a vraiment soulé cette espèce de réaction à la con qu'il a eu. C'est pas parce que toi tu trompe ton mec que tout le monde en fait autant ! Aller respire, pose toi un peu, reprend ton calme. J'y arrive pas. J'arrive pas à m'empêcher de bouger, ni à m'arrêter de parler. Les mots sortent comme une coulée de lave interrompue et je n'ai de cesse de tourner en rond. Y a des fois je me demande vraiment où il va chercher autant de patience pour supporter un mec comme moi mais le fait est que j'en ai gros sur la patate et qu'il faut que ça sorte. Ça n'est pas la première fois, je me dis qu'il a sans doute l'habitude même si ça fait un moment que ça n'est pas arrivé.

« Et mardi dernier … Tu sais, c’était la Pleine Lune et on devait se retrouver en fin d’après midi mais je t’ai posé un lapin parce que …  J’étais trop tendu, j’avais peur de te faire plus de mal que de bien et j’avais aussi besoin de m’isoler. Y a eu la crise de jalousie de l’autre là, j’peux pas dire son nom à vrai dire parce que son secret est le même que j’avais encore y a quelques mois, mais c’est surtout que j’ai eu une violente altercation avec ma Prof de Divination. »

Je passe du coq à l'âne sans même m'en apercevoir et avant même que je ne m'en rende compte la bombe a été lâché. Je ne parle pas de Kevin et de son besoin inopiné de marquer son territoire – et d'ailleurs je me dis que c'est peut être le moment de dire à Kyle que j'ai embrassé un autre mec mais dans le fond, est ce que ça a vraiment de l'importance ? Pas après ce que je viens de laisser échapper à mon avis. Je stoppe de nouveau, comme un gamin pris en flagrant délit. J'ose à peine le regarde, ma bouche reste entre ouverte et mon souffle est un peu rapide à cause de cet énervement soudain. J'avais l'intention de lui parler de tout ça, je ne savais simplement pas comment m'y prendre … Et bien je crois que c'est tout trouvé. Maintenant que la situation est amorcé autant y aller et dire les choses clairement.

« Elle m’est déjà tombée dessus en juin ou juillet, j’sais plus trop. J’suis con … ça peut pas être juin. Bref. Rien de bien méchant, elle avait l’air totalement hallucinée et captivée par ma double nature. Y a eu un peu tension mais rien de bien méchant, elle m’a laissé partir et jusqu’ici j’avais jamais eu de … représailles ou je sais pas quoi mais mardi dernier elle … »

Tu m'étonnes que ça ne pouvait pas être en juin, j'étais probablement déjà entrain de crever à ce moment là. Souvenirs, souvenirs. Est ce qu'il y a un peu d'amertume et de sarcasme dans ma voix ? Sans doute. Du cynisme, de l'ironie, tout ce que vous voulez. Il n'empêche que je me calme et que les choses ne sont pas si faciles à dire que ça pouvait en avoir l'air quelques secondes plus tôt.

« Quand je suis venu te dire bonjour au p’tit dej elle en a profité pour mettre de l’Aconit dans mon verre et après avoir eu l’impression de bruler de l’intérieur pendant un bon moment j’ai été lui demander des comptes. J’avais cours avec elle de toute façon. Elle a tout nié en bloc, elle m’a rendu dingue et je sais pas ce qu’il s’est passé mais c’est totalement parti en live. »

Je revois encore l'état de la salle après notre altercation, un véritable carnage. Son intrusion dans ma tête, la douleur que j'ai ressenti, et puis le Sectumsempra … encore une fois j'ai cru que j'allais y passer. Je me vidais de mon sang et si son comportement n'avait pas changé du tout au tout est ce qu'elle m'aurait laissé mourir sur le sol de sa classe ? Je ne suis pas fier d'avoir perdu le contrôle mais ce jour là du mois c'était trop me demander. En revanche je ne comprends toujours pas ce qu'il s'est passé une fois le calme revenu. C'est comme si elle était totalement différente. Je l'ai toujours plus ou moins traité de folle mais … Et ça manie de répéter sans arrêt que nous ne sommes pas si différents … Mais s'il n'y avait que ça … En une seconde mon expression change à nouveau, devient plus sombre et dure et après avoir laissé planer un léger silence je reprends, stoïque.

« Ce qu’elle m’a fait à moi je suis presque certain qu’elle l’a fait aussi à mon frère même s’il ne m’en a jamais rien dit et de mon côté je n’en ai parlé à personne non plus. Et maintenant j’ai peur qu’elle s’en prenne à toi. »

Voilà, les mots sont posés. Ils expriment parfaitement mes inquiétudes et mon ressentis. Sans parler des pensées un peu trop radicales qui me traversent l'esprit.

« Tu sais ce qui me passe par la tête quand ma famille est menacée … J’veux pas que ça recommence tout comme je ne veux pas qu’on recommence à vivre dans l’angoisse comme on l’a fait pendant deux ans ou presque. »

Qu’est ce que je dois faire alors, en parler à Logan ? C’est vrai que j’ai toujours plus ou moins eu l’habitude de régler mes problèmes par moi-même mais quand on voit ce que ça a donné en juin justement … Si je fais ça c’est prendre le risque de la faire virer mais d’un autre côté si elle est là c’est qu’il doit bien y avoir une raison et/ou une explication rationnelle non ? Tout comme Seren ou le Bibliothécaire. Je dois l’avouer, je ne comprends pas tous les choix de Logan mais je ne suis personne pour les remettre en cause. Et encore une fois ça cogite trop dans ma tête.

« J'me suis vengé sur un pauvre cerf qu'avait rien demandé. »

Nouveau rire sec et plein de cynisme alors que mes yeux vont se perdre brièvement vers l'extérieur. Étancher un besoin irrépressible et presque viscéral de tuer, voilà ce que j'ai fait. Chasser, traquer, sentir la peur de la proie juste devant soi qui lutte pour sa survie, en vain. Tuer. L'instinct primaire du prédateur. L'odeur et le goût du sang. Est ce que je regrette ? Non. Ça serait mentir que de prétendre le contraire mais j'ai essayé de le faire souffrir le moins possible.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mer 15 Jan 2014 - 5:08

Une petite soirée rien que tous les deux, dans notre petit nid en plus. J’avais l’impression que ça faisait une éternité que ce n’était pas arrivé bien que ce n’était pas le cas puisque durant nos trois semaines de vacances passées en Australie, j’avais pu l’avoir pour moi seul et ce, en toute intimité à plusieurs reprises. Mais rien ne pouvait venir remplacer notre salle du septième qui était pour moi, le début à tout. À notre histoire, à notre relation, à nos meilleurs moments passés ensemble. Un endroit que je chérissais malgré les faits un peu plus sombres qui s’étaient déroulés entre ces murs, que ce soit sous la forme que lui donnait Enzo ou encore lorsqu’elle était transformée en salle de concert. Un endroit où je me sentais à l’abri des regards et qui me procurait aussitôt un profond sentiment de sécurité, qui se trouvait à être amplifié lorsqu’il se trouvait avec moi. Mais bon, je n’aurai nu besoin de protection ce soir là puisque les choses avaient changés. Sans doute le tout tournerait autour d’une discussion sérieuse puisque je voyais bien qu’il semblait tourmenté par quelque chose : il semblait même attendre que je lui donne le coup d’envoi, comme pour être rassuré où je ne sais quoi. Il m’avait déjà lancé sur une piste et je m’y jetai à mon tour, lui affirmant qu’en effet, je voyais qu’un truc clochait chez lui et que c’était pour cette raison qu’il s’était montré légèrement distant ces derniers temps. Je mis ça sur le compte de ses amis, mais je savais qu’il n’y avait pas que ça : c’était quelque chose de plus profond et de beaucoup plus sombre.
À l’aide d’un mouvement simple de sa part, je compris que je devais lui faire de l’espace afin qu’il se lève. Je me laissai donc glisser sur le côté, retombant doucement sur le matelas alors qu’il me quittait, se levant pour se rendre près des fenêtres. Ce simple geste me confirmait qu’il était prêt à se confier, peu importe ce dont il s’agissait. De mon côté, je me préparais mentalement à ce qui pourrait s’en suivre, me doutant que je n’apprécierais peut-être pas ce qu’il s’en venait. Parce que c’était habituellement le cas, touchant souvent des sujets graves.


- Tu sais, j’ai pas tant d’amis que t’as l’air de le penser. J’ai des connaissances oui, et des potes, un peu, mais des amis je les compte sur les doigts d’une main et pour être tout à fait honnête on ne peut pas dire que je les vois souvent en ce moment. Elwynn a pas mal à faire de son côté entre les cours, le Quidditch et ses propres amis ou sa sœur sans parler du fait qu’elle est dans sa derrière année alors le niveau a atteint un certain degré. Sovahnn passe pas mal de temps avec Takuma, Aileen, Dakota et tout ça, elle a le Quidditch aussi et ses propres cours.  On se voit bien sur mais je ne suis pas tout le temps fourré avec elle. Harper n’est plus dans ma classe alors on se voit moins et Maël est parti. J’vois Caem de temps en temps, Killian et Ever – et encore, pas depuis la rentrée, Cameron, etc … mais … la plus part de mon temps libre je le passe avec toi ou seul. Ce ne sont pas des reproches, ça me va très bien comme ça parce que c’est dans mon caractère de prendre le large, d’aller courir, surfer, trainer auprès des créatures dans le Parc et la Forêt, et que j’adore passer du temps avec toi. Et puis je bosse beaucoup, que ce soit tout seul ou avec d’autres de ma classe même si je ne leur parle pas vraiment. Hormis Jamie et Lukas, j’ai pas vraiment essayé de rentrer en contact avec eux. Idem pour les gars avec qui je partage mon dortoir maintenant. Je vois Kezabel une fois par semaine et j’espère bien pouvoir balancer un bulletin exemplaire à la tête de ma famille à défaut d’envoyer mon poing dans la face de mon cousin. Même si en réalité j’ai pas spécialement envie de les revoir.

J’hochai simplement la tête, me disant que c’était peut-être une erreur de ma part de l’avoir catégoriser comme ayant quelqu’un qui possédait beaucoup de relations. Cependant, avec tous les noms qu’il m’énumérait, je trouvais que cela faisait beaucoup de relations à gérer, mais peut-être était-ce moi qui me méprenait. Ici je connaissais bien plus de gens que je n’en avais jamais connu en Amérique, mais je n’en n’avais pas des tonnes non plus. Du moins, pas autant que lui. Bref, ce n’était pas ça l’important : il me disait simplement qu’il ne passait pas autant de temps que je le croyais en compagnie de ses amis, soit. Je n’avais pas l’intention de lui poser de plus ample question tout comme je n’allais pas lui piquer une crise de jalousie : ce qu’il faisait de son temps lorsqu’il n’était pas à mes côtés le regardait lui et lui seul.
Ce n’était qu’une simple constatation et c’était tout.


- Pour être tout à fait honnête mon frère me manque, j’ai pas l’impression d’avoir de place dans sa vie en ce moment. Peut être que ça marcherait mieux si j’étais une grande brune avec une belle paire de seins.

Il se mit à rire et je lui souriais, me disant qu’en effet, il ne m’avait pas tellement parlé de Derek ces derniers temps. Pas qu’il m’en parlait plus souvent avant, mais il me semblait que ces vacances sur leur terre natale les avait en quelque sorte rapprochés, bien que ma présence avait semblé déplaire légèrement au plus âgé : il n’en avait pas trop fait de cas malgré tout et heureusement, car sinon, ça aurait été un véritable enfer. J’espérais juste que ce n’était pas pour cette raison qu’il décidait de ne plus voir son jeune frère, même si quelque chose me disait que c’était dû à quelque chose d’autre.

- Je me doute qu’il doit être entrain de digérer le départ de Jillian mais il n’est pas le seul à qui elle manque. On s’écrit souvent mais c’est pas pareil, sa présence physique me manque. D’ailleurs je te l’ai déjà dit mais si un jour tu veux lui envoyer quelque chose sans passer par mes parchemins à moi Okar est à ta disposition, et c’est valable pour Cameron aussi.

Le départ de Jillian, bien sûr…
Étrangement, je n’avais pas réellement eu de pensées quant au départ de notre amie. Elle me manquait, bien sûr, mais puisque je la voyais moins souvent qu’Enzo, je m’étais rapidement habitué au fait qu’elle n’était plus là. Je n’oubliais pas pour autant le « lien » qui nous unissait, ni même ce que nous avions vécu tous les deux et dans ma tête et dans mon cœur elle y restait présente à titre d’amie, mais… Elle était partie et voilà. J’espérais seulement qu’elle était heureuse là où elle se trouvait, mais surtout, qu’elle allait bien.
J’hochai doucement la tête.


- Oui je lui écrirai sûrement un petit quelque chose et je ferai le message à Cameron.

Un petit moment de silence prit place entre nous deux et même s’il avait les yeux fermés, moi je ne le quittais pas du regard, sachant parfaitement que pour l’instant, rien n’avait été dit. Je veux dire… Je me doutais bien que son frère lui manquait tout comme Jill, mais… Il y avait autre chose, ça m’apparaissait comme une évidence.

- J’ai l’air du mec complètement paumé et pathétique là. La vérité c’est que … je ne pensais pas que le retour au château serait aussi difficile. Je ne me sens pas bien ici, j’ai l’impression d’avoir des mauvais souvenirs dans le moindre recoin et j’arrive pas à passer à autre chose. J’essaie d’aller de l’avant pourtant, vraiment, mais y a toujours quelque chose ou quelqu’un pour me ramener dans le passé. J’avais tout oublié pendant trois semaines et depuis qu’on est revenu ici ça va crescendo. Un truc tout con, j’avais zapé que c’est dans la Salle des Fournitures que je t’ai mordu et hier ça m’est revenu en pleine face. En plus de ça – même si ça n’était pas fait dans le but de me juger ou m’agresser – Keane m’a demandé si j’avais déjà tué quelqu’un … Et y a Lukas aussi la semaine dernière, qui m’a balancé des trucs assez durs à encaisser tout en accentuant le fait qu’effectivement j’étais un danger potentiel doublé d’un tueur. C’était pas fait méchamment mais … Comment tu veux que j’oublie si on me le rappelle sans arrêt ? C’est pas quelque chose que je peux shunter de mon esprit comme ça et toi qui dors avec moi tu le sais mieux que personne. Toutes mes nuits de sont pas des plus calmes et c’est vrai que j’en fais moins qu’avant mais les cauchemars n’ont pas totalement disparu.

J’hochai la tête d’un air compréhensif, bien que je ne puisse me mettre à sa place, je comprenais tout de même ce qu’il pouvait ressentir.

- A ça tu rajoutes Doryan qui était persuadé que j’étais du genre petit ami infidèle et qui trouve ça normal de me coller cette putain d’étiquette sur le front. Prends-toi ça dans la gueule Enzo. Je sais que je l’ai cherché cette réputation mais merde ! J’suis pas comme ça, pas avec toi.

Il s’était soudainement arrêté dans ses mouvements pour me fixer, comme s’il attendait quelque chose de ma part. Une réaction, un mot, une expression particulière… Je n’en fais rien, restant plutôt stoïque et attentif, puisque je savais bien qu’il n’avait pas encore terminé de me dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Je lui ferai mes impressions par la suite.
Il se remet de nouveau en selle.


- Et mardi dernier … Tu sais, c’était la Pleine Lune et on devait se retrouver en fin d’après midi mais je t’ai posé un lapin parce que …  J’étais trop tendu, j’avais peur de te faire plus de mal que de bien et j’avais aussi besoin de m’isoler. Y a eu la crise de jalousie de l’autre là, j’peux pas dire son nom à vrai dire parce que son secret est le même que j’avais encore y a quelques mois, mais c’est surtout que j’ai eu une violente altercation avec ma Prof de Divination. Elle m’est déjà tombée dessus en juin ou juillet, j’sais plus trop. J’suis con … ça peut pas être juin. Bref. Rien de bien méchant, elle avait l’air totalement hallucinée et captivée par ma double nature. Y a eu un peu tension mais rien de bien méchant, elle m’a laissé partir et jusqu’ici j’avais jamais eu de … représailles ou je sais pas quoi mais mardi dernier elle … Quand je suis venu te dire bonjour au p’tit dej elle en a profité pour mettre de l’Aconit dans mon verre et après avoir eu l’impression de bruler de l’intérieur pendant un bon moment j’ai été lui demander des comptes. J’avais cours avec elle de toute façon. Elle a tout nié en bloc, elle m’a rendu dingue et je sais pas ce qu’il s’est passé mais c’est totalement parti en live.

Alors qu’il s’arrêtait de nouveau dans son discours, je fronçai légèrement les sourcils, appréhendant la suite des choses.
Que c’était-il passé avec cette fameuse enseignante…?


- Ce qu’elle m’a fait à moi je suis presque certain qu’elle l’a fait aussi à mon frère même s’il ne m’en a jamais rien dit et de mon côté je n’en ai parlé à personne non plus. Et maintenant j’ai peur qu’elle s’en prenne à toi. Tu sais ce qui me passe par la tête quand ma famille est menacée … J’veux pas que ça recommence tout comme je ne veux pas qu’on recommence à vivre dans l’angoisse comme on l’a fait pendant deux ans ou presque. J'me suis vengé sur un pauvre cerf qu'avait rien demandé.

Il eut un rire sarcastique et je baissai lentement les yeux vers mes jambes repliées en indien tandis que ses dernières paroles flottaient à l’intérieur de mon esprit. Ainsi, tout n’était pas terminé… Pas encore. Les supérieurs étaient pourtant parti du château, ayant été chassés, même si certains d’entre eux avaient su survivre au carnage et garder leur rangs parmi nous, ils n’étaient plus réellement une menace. Mais bien sûr, les forces noires continuaient de s’abattre sur nous et plus particulièrement sur lui. Je ne savais pas si c’était uniquement son côté loup qui lui attiraient ces problèmes avec cette enseignante, mais quoi qu’il en soit, il y avait marre. Je n’avais pas envie qu’il se fasse prendre d’avantage à son jeu, tout comme je n’avais pas encore envie d’être une sorte de poupée que l’on pouvait utiliser en guise de chantage.
Pourquoi? Qu’est-ce qu’on avait fait pour que le sort continue et persiste à nous en vouloir autant, à nous mettre au défi, à nous épuiser et à nous retirer notre sécurité à peine acquise? Je ne comprenais pas et sans doute qu’il n’y avait aucune explication à chercher : nous étions les pauvres misérables sur lesquels les autres s’acharnaient, sans doute jaloux de je ne sais quoi. Mais surtout, je ne comprenais pas pourquoi il ne m’en avait pas parlé avant puisque c’était tout de même quelque chose d’important. Sans doute dans le but de me protéger, encore une fois. Mais comment pouvais-je me protéger moi-même si j’ignorais les dangers qui continuaient de planer au-dessus de nos têtes? Bien sûr, je n’étais qu’un moldu, mais le fait de savoir qu’il y avait une femme dans l’enceinte du château qui voudrait peut-être s’en prendre à moi, je serais en mesure de faire plus attention aux endroits où j’allais et à me faire plus discret encore. Ce n’était que maintenant que j’apprenais que tout n’était pas aussi rose que je l’espérais.

J’avais laissé planer quelques secondes de silence, le temps de tout encaisser ce qu’il venait de me dire et je poussai finalement un soupir. Un soupir de désespoir, de fatigue, voir même de mécontentement.
J’en avais sérieusement marre de tout ceci, me disant que plus que l’on croyait atteindre la lumière au bout du tunnel, plus elle nous échappait en réalité.


- Pour être franc… Le retour est difficile pour moi aussi. Je ne suis pas dans la même situation que toi bien sûr, je n’ai pas des gens qui sont là pour me rappeler sans cesse le passé, mais… Les cours je… Ça me fait gerber. Je n’ai jamais aimé l’école pour un millier de raisons et devoir retourner sur les bancs, même si les matières que l’on voit ici sont loin d’être celles qui nous sont enseignées à l’école des moldus, c’est… Pénible. Ça m’écœure. Je n’aime pas ça. Le temps où je pouvais me promener partout ou juste rester dans ma chambre à faire du dessin me manque comme c’est pas possible. Je me sens encore plus en prison qu’avant et ça m’étouffe. Pour être sincère, je préférais plus dans le temps où ils étaient là… Je préférais encore être maintenu en place pendant qu’on me balançait des sorts et d’autres trucs en pleine tronche plutôt que d’être assit à écouter des choses qui ne m’interpellent absolument pas. Je semble être le seul à ne pas me faire à ce changement puisque Cameron et Emily s’y sont faits eux et moi je… Bloque vraiment. Sans doute que j’exagère, mais c’est comme ça que je le ressens.

Je relevai finalement les yeux vers lui, me doutant que mon élan de sincérité allait peut-être être difficile pour lui à entendre. Sans doute se dirait-il que l’on n’aurait pas du revenir, mais il n’était pas pour abandonner ses études et moi, je n’étais pas pour partir sans lui et sans les autres. Je m’étais trop investi, ça faisait trop longtemps que j’étais ici pour partir comme si rien de tout ceci n’était jamais arrivé. Comme si je n’avais jamais rencontré les autres.

- Enfin… Je me dis que le temps changera sans doute les choses et que je finirai par m’habituer, mais pour le moment, c’est comme ça que je ressens les choses. Je veux que tu saches que malgré tout je n’ai pas l’intention de partir et que je ne le ferai jamais. Je ne veux pas te quitter même s’il y a encore une ombre au tableau. Je ne veux pas laisser Cameron, Emily et tous les autres ici parce qu’ils sont comme une partie de ma famille pour moi. Vous êtes tout trop important pour que je vous laisse tomber. Même cet endroit, ce château… Je sais qu’on y a vécu pas mal de merde, mais c’est aussi ici que l’on s’est rencontrés et mine de rien, je m’y suis attaché. Et cette salle…

Je regardai autour de moi, comme pour admirer encore une fois l’endroit qui était devenu notre repère.

- Je l’aime. Peu importe ce qu’il s’y est passé. Et… c’est chez moi ici. J’ai trop de souvenirs, trop d’expériences, trop de tout pour simplement partir comme ça à cause d’une stupidité que l’on nomme classes. Je m’y ferai et même si je sais que tu t’en fais… S’il te plaît, ne t’inquiète pas. Je veux juste être sincère avec toi puisque tu l’es avec moi et donc voilà : je n’aime pas les cours, je m’y ferai en continuant de dessiner et… Je veux vraiment en savoir plus sur cette prof.

Je n’avais pas non plus l’intention de m’étendre sur le sujet : je lui avais dit ma façon de pensée, la manière dont je vivais les choses de mon côté. Il s’avérait que c’était différent du sien puisque nos parcours n’étaient pas les mêmes, mais… Tout ça pour dire que ce n’était pas rose de mon côté.

- Tu m’as dit que vous avez eu une première altercation en juillet, c’est bien ça? Altercation violente, mais rien de bien méchant parce qu’elle avait l’air hallucinée? Ce que tu me dis m’a l’air vraiment contradictoire… Je te crois sur parole, mais l’emploi du mot violent me fait un peu peur… Et pourquoi tu ne me l’a pas dit lorsque c’est arrivé?

Mon ton était calme et posée. Je n’étais pas entrain de le disputer, je cherchais simplement à savoir pourquoi il s’était gardé une telle information alors qu’il pensait que ça me concernait aussi. Je n’aimais pas lorsqu’il lui arrivait du mal, mais j’aimais le savoir. Pour peut-être pouvoir l’aider avec ses blessures. Pour pouvoir le rassurer. Pour tenter de trouver une solution avec lui face au problème éminent parce qu’à deux, nous étions toujours plus forts qu’en étant seul. Parce que l’on s’était dit que l’on ne se cacherait plus rien, mais visiblement, ce truc ne fonctionnait pas encore.

- Tu dis qu’elle semble intriguée par ta double nature… Pourquoi? C’est qui cette femme…? Elle fait partie des supérieurs? Pourquoi tu penses qu’elle voudrait s’en prendre à moi?

L’enseignante de divination… Je ne me souvenais pas qu’il m’ait déjà parlé d’elle, mais peut-être s’était-elle dévoilée simplement après le départ des supérieurs. Ils avaient eu une altercation en juillet, mais c’était avant ou après la bataille? Des éléments qui restaient flous et qui demandaient des éclaircissements. Après coup, peut-être que l’on pourrait tenter de trouver des solutions ensemble. J’en avais déjà deux ou trois en tête, mais j’avais besoin d’en savoir davantage d’abord.

J’avais envie de poser davantage de questions, mais j’en restai là, dépliant finalement mes jambes alors que j’attendais certaines réponses, en espérant qu’il ne s’emporte pas.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Jeu 16 Jan 2014 - 19:18

Je voudrais trouver le bouton sur lequel on appuie pour être heureux. Qu'est ce qui cloche chez moi pour que chaque fois que j'arrive à m'accrocher et à grimper sur un nuage, un coup de vent me fait retomber violemment sur le sol ? Je sais que tout ça c'est surement passager mais je crois que ça fait vraiment … trop. Je pensais vraiment que tout s'arrangerait, qu'une page était tournée et que vivre ici serait comme vivre ailleurs mais visiblement je me suis voilé la face. Est ce que ça vient de moi ? Est ce que je ne fais pas suffisamment d'efforts pour voir la vie du bon côté ? C'est possible après tout, j'en sais rien, peut être que je suis trop négatif. Tout n'est pas noir dans ma vie, loin de là, mais en ce moment j'ai du mal à voir le bon côté des choses, pensant peut être à tort que tout ça se trouve ailleurs. N'importe où mais pas ici. J'ai cette atroce sensation au creux du ventre, comme si je ne serais jamais capable d'être heureux ici, d'être … juste bien. Bien dans ma peau, bien dans ma vie. Rentrer en Australie ? Il y a quelques mois, quelques semaines, quelques années, j’aurai donné n’importe quoi pour ça mais aujourd’hui je n’en suis plus vraiment sur. C’est comme si ces vacances là bas m’avait permis de finir totalement mon deuil de cette ancienne vie et de tourner la page. Sensation assez étrange mais peut être est-elle simplement passagère elle aussi. Quand je dis que j’ai l’air du mec paumé, la vérité c’est que je le suis totalement et j’ai beau chercher, je ne trouve rien à quoi me rattacher. C’est peut être injuste vis-à-vis des personnes qui tiennent à moi mais je me sens tellement vide à l’heure actuelle que je n’arrive même pas à trouver un semblant d’optimisme quelque part. Jusqu’ici j’arrivai à tenir mais je crois que dire les choses clairement m’enfonce dans l’obscurité la plus totale. Ça n’est pas la première fois, et j’ai toujours réussi à trouver la sortie du tunnel non ? Je me suis toujours relevé, il n’y a pas de raison que ça change aujourd’hui alors que tout pourrait être plus simple.

Dans tout ça je ne suis pas seul, et je crois que j’ai peut être eu tendance à l’oublier ces derniers temps mais quand bien même je me sens un peu abandonné c’est injuste envers lui parce qu’il a toujours été là, et surtout c’est moi qui me suis éloigné. J’ai vidé une partie de mon sac, comme toujours il m’a écouté, et comme toujours c’est à son tour de parler alors je reste debout à quelques mètres de lui, je l’observe, et j’attends. Pendant une seconde je m’en veux horriblement de lui avoir balancé tout ça parce qu’il n’a pas à porter le poids de mes états d’âmes mais pourtant c’est le concept. On est là l’un pour l’autre, et quand l’un de va pas, l’autre est là pour apaiser les choses alors je sais que j’ai fait ce que je devais faire et ce qu’il attendait de moi mais ça n’est pas pour autant que c’est facile. Ni pour moi, ni pour lui. Parce que je le vois le désespoir sur ses traits, et la lassitude qui fait s’affaisser ses épaules. Je l’entends son soupir. Et son regard dans le vide … Le silence s’installe, je ne le quitte pas des yeux. Aller le rejoindre ? J’y ai pensé, mais ça n’est pas encore le moment.

« Pour être franc… Le retour est difficile pour moi aussi. Je ne suis pas dans la même situation que toi bien sûr, je n’ai pas des gens qui sont là pour me rappeler sans cesse le passé, mais… Les cours je… Ça me fait gerber. Je n’ai jamais aimé l’école pour un millier de raisons et devoir retourner sur les bancs, même si les matières que l’on voit ici sont loin d’être celles qui nous sont enseignées à l’école des moldus, c’est… Pénible. Ça m’écœure. Je n’aime pas ça. Le temps où je pouvais me promener partout ou juste rester dans ma chambre à faire du dessin me manque comme c’est pas possible. Je me sens encore plus en prison qu’avant et ça m’étouffe. Pour être sincère, je préférais plus dans le temps où ils étaient là… Je préférais encore être maintenu en place pendant qu’on me balançait des sorts et d’autres trucs en pleine tronche plutôt que d’être assit à écouter des choses qui ne m’interpellent absolument pas. Je semble être le seul à ne pas me faire à ce changement puisque Cameron et Emily s’y sont faits eux et moi je… Bloque vraiment. Sans doute que j’exagère, mais c’est comme ça que je le ressens. »

Je me contente de rester statique, les mains désormais dans les poches, sans perdre un mot de ce qu’il me raconte. Il n’aime pas l’école, oui ça je m’en suis rendu compte, mais je crois que je ne réalisais pas à quel point c’était pénible pour lui. Qu’il en arrive à préférer le temps où ils étaient là … Je l’admets, j’ai du mal à le comprendre et je crois que ça a du se voir sur mon visage. Comment est ce qu’on peut décemment dire une chose pareille après tout ce qu’on a enduré par leur faute ? Mais je ne ferais aucun commentaire. Un instant une idée m’effleure l’esprit. Si t’es pas heureux ici, et moi non plus, pourquoi est ce qu’on reste ? Viens, on s’en va !

« Enfin… Je me dis que le temps changera sans doute les choses et que je finirai par m’habituer, mais pour le moment, c’est comme ça que je ressens les choses. Je veux que tu saches que malgré tout je n’ai pas l’intention de partir et que je ne le ferai jamais. Je ne veux pas te quitter même s’il y a encore une ombre au tableau. Je ne veux pas laisser Cameron, Emily et tous les autres ici parce qu’ils sont comme une partie de ma famille pour moi. Vous êtes tout trop important pour que je vous laisse tomber. Même cet endroit, ce château… Je sais qu’on y a vécu pas mal de merde, mais c’est aussi ici que l’on s’est rencontrés et mine de rien, je m’y suis attaché. Et cette salle… »

Déception ? Oui, un peu. A vrai dire je nous voyais déjà ailleurs et même si c’était probablement très utopique j’ai senti mon cœur se remettre à battre d’une manière un peu plus joyeuse l’espace de quelques secondes. Il m’a fait redescendre sur terre rapidement, mais évidemment je ne lui en veux pas. Il a des attaches ici, tout comme moi d’ailleurs même si aujourd’hui je sais que ça n’est peut être plus suffisant pour me faire rester. S’il reste, je reste. C’est vrai que c’est ici qu’on s’est rencontrés, je n’oublierai jamais ça, et des on a eu énormément de bons moments. Je n’arrive juste pas à me focaliser dessus actuellement mais ça reviendra surement. Oui, ça reviendra.

Je le regarde observer la pièce d’un air pensif, je crois même discerner un léger sourire sur son visage et il ne m’en faut pas plus pour deviner à quoi il pense. Plus ou moins. C’est vrai qu’ici on a vécu beaucoup de choses. Ça n’est pas le seul endroit mais c’est probablement ici qu’on a passé le plus de temps ensemble, juste tous les deux. Ils sont quelques uns comme ça à avoir marqué notre histoire. Le Saule Cogneur, le Vieux Chêne, la Cabane d’Isma … Tout n’est pas si moche ici et le pire c’est que j’en ai conscience.

« Je l’aime. Peu importe ce qu’il s’y est passé. Et… c’est chez moi ici. J’ai trop de souvenirs, trop d’expériences, trop de tout pour simplement partir comme ça à cause d’une stupidité que l’on nomme classes. Je m’y ferai et même si je sais que tu t’en fais… S’il te plaît, ne t’inquiète pas. Je veux juste être sincère avec toi puisque tu l’es avec moi et donc voilà : je n’aime pas les cours, je m’y ferai en continuant de dessiner et… Je veux vraiment en savoir plus sur cette prof. »

Soupir. Je baisse la tête une seconde avant de la relever pour regarder dehors. Il aime cet endroit et moi c’est lui que j’aime. Ici ou ailleurs ça n’a plus vraiment d’importance pour moi je crois, tant qu’il est là. Je ne dis pas que je serais prêt à vivre, et surtout capable, enfermé entre 4 murs, un sol, et un plafond dans un appart en plein Londres et donc loin de la nature et de l’océan mais … je serais prêt à tenter le coup je crois. Peu importe, c’est pas le sujet et puis de toute façon on est là, coincés tous les deux dans ce château et avec de la difficulté à reprendre nos marques. Ça n’est peut être pas pour les mêmes raisons mais je crois qu’on en est plus ou moins au même point tous les deux et même s’il me dit de ne pas m’inquiéter je ne peux pas m’en empêcher. Je sais qu’il a ses dessins et que c’est une des choses les plus importantes pour lui mais vivre comme ça c’est … J’en sais rien … un peu spécial non ? On fait quoi, on attend que le temps passe et voilà ? Comment est ce qu’on peut exister sans avoir de but ? Vivre au jour le jour ça me va, à lui aussi visiblement, mais est ce qu’on se contentera de ça encore longtemps ? Est-ce qu’il n’y a que de mon côté qu’on trouve des failles dans le système ? Pour ce qui est de la Prof, j’acquiesce d’un signe de tête. Il est tout à fait normal qu’il veuille en savoir plus suite à ce que je viens de lui révéler et je n’ai pas l’intention de fuir la discussion.

« Tu m’as dit que vous avez eu une première altercation en juillet, c’est bien ça? Altercation violente, mais rien de bien méchant parce qu’elle avait l’air hallucinée? Ce que tu me dis m’a l’air vraiment contradictoire… Je te crois sur parole, mais l’emploi du mot violent me fait un peu peur… Et pourquoi tu ne me l’a pas dit lorsque c’est arrivé? »

J’ai employé le mot violent pour cette fois là ? Je n’en ai pas l’impression mais si c’est le cas alors je me suis planté parce que non, ça ne l’était pas. Psychologiquement peut être puisque j’étais proche de la transformation et qu’elle a joué avec moi mais c’est tout.

« Tu dis qu’elle semble intriguée par ta double nature… Pourquoi? C’est qui cette femme…? Elle fait partie des supérieurs? Pourquoi tu penses qu’elle voudrait s’en prendre à moi? »
« Non, non, c'est ... »

Attends, attends. Je sais que tu dois te poser un milliard de questions et malheureusement je ne pourrais pas répondre à toute mais avant de rentrer dans le vif du sujet, permets moi juste de remettre de l’ordre un peu dans tout ça.

« En juillet c'était vraiment pas grand chose. C'était un jour de Pleine Lune et le dernier jour des examens. Ma dernière épreuve c'était sa matière d'ailleurs mais j'étais trop nerveux, trop … proche de la Lune pour supporter de rester enfermé dans une salle remplie de gens alors je suis sorti. J'ai quitté l'exam en plein milieu. Du coup j'ai pas mal déambulé dans les couloirs suite à ça, toi tu passais la soirée avec Jill & Cameron ici et du coup moi j'suis descendu rejoindre la Cabane d'Isma pour la transformation. Elle m'a topé à ce moment là et on a eu une discussion. C'était comme … comme si ce que je suis la fascinait. »

Tout ce truc des examens il est déjà au courant, je ne lui ai pas caché le fait que ça risquait de ne pas le faire parce que d’une certaines matières ne sont pas mon fort et certains prof ne m’avaient pas vraiment dans leur petits papiers mais aussi parce que j’avais effectivement quitté l’épreuve de Divination en plein et milieu et pas mis un pied dans celle d’EDM. Ce jour là j’avais dit à Kyle et Cameron de rester planqués et moi j’étais allé passer le temps dehors, ayant trop peur de revivre ce qu’il s’était passé en juin pendant le cours où certains secrets ont éclaté au grand jour. Pour ne parler que de ça. Donc oui il était au courant, je suis juste resté évasif sur certains détails mais pas nécessairement pour lui cacher des choses.

« Y a pas eu de dérapage cette fois là, elle m'a simplement un peu mis la pression pour lire les lignes de ma main et j'ai fini par la laisser faire parce que la transformation arrivait dangereusement et je ne tenais pas à me retrouver coincé dans un bout de couloir, à la merci de n'importe qui et à la vue de tout le monde. »

Lui qui a déjà assisté à ça sait pertinemment à quel point je peux être vulnérable à ce moment là et puis franchement, ça n’est pas comme si c’était un spectacle agréable à regarder … C’était ici d’ailleurs, y a plus d’un an et demi maintenant. T’as vu, on tient le coup hein ? Enfin bref. Je ne garde pas trop de souvenirs de cette rencontre avec Mlle Hunt, sans trop savoir pourquoi. Peut être que mon esprit les occulte volontairement comme pas mal d’autres choses dans le fond mais pourtant il ne s’est rien passé de « grave » cette fois là. Elle a joué avec moi comme un chat joue avec une souris mais je n’avais qu’une seule idée en tête : Partir, me transformer, et courir.

« Visiblement elle a vu des trucs … j'en sais rien, ce genre de délire c'est pas … le mien justement et j'sais même pas pourquoi j'ai pris cette option à vrai dire mais peu importe. Elle m'a laissé partir et basta. J'ai plus jamais eu affaire à elle depuis ce temps là, jusqu'à la rentrée où je l'ai retrouvé en cours. Pour être honnête je l'avais totalement oublié et si je n'en t'ai pas parlé dès le lendemain c'est parce que ça m'était sorti de l'esprit je crois. Tu sais comment je suis dans le gaz un lendemain de Pleine Lune, et pour moi c'était pas vraiment important alors voilà, j'ai fait l'impasse sur cette rencontre presque nocturne. »

M’en veux pas pour ça, je suis sincère. Et puis j’avais pas envie que tu te fasses du mouron pour rien, c’est probablement vrai aussi, donc finalement j’suis pas si sincère que ça même si j’aimerai l’être … J’fais des efforts, j’te jure, et je sais que c’est pas la bonne solution de te cacher ce genre de trucs mais regarde, aujourd’hui je t’en parle. Y a du progrès et non merci je cherche pas à recevoir une médaille.

« D’ailleurs cette nuit là j’ai fait la course avec une araignée géante. »

Puisqu’on est dans les confidences … Est-ce que je vais me faire engueuler ? J’sais pas pourquoi mais au moins ce truc à le don de me faire sourire, un peu. Ouais, comme un gosse pris en flagrant délit d’une connerie, exactement. Parce qu’à mon sens ça n’est pas grave mais je ne sais pas s’il en dira et pensera autant … Vilain Enzo.

« Tu m’as récupéré en un seul morceau le lendemain, c’est le principal non ? »

Hein, dis ? Hum.

« C’était ça où elle dévorait Riley et Kezabel alors … Et non j’peux pas nier que je me suis amusé à la faire tourner en bourrique. J’sais pas si j’avais trop le droit d’en parler mais c’est pas comme si t’allais répéter ça à qui que ce soit de toute façon. »

Au moins j’ai une raison valable pour avoir été faire le mariole et jouer avec une grosse bébête qui aurait pu me couper en deux à la moindre seconde d’inattention de ma part. Si ça peut permettre à la pilule de passer un peu mieux … Et désolée les filles mais promis, il ne dira rien, vous pouvez lui faire confiance.

« Mais pour en revenir à ma Prof, je comprends pas vraiment ce qu’elle me veut. Elle a l’air de vouloir percer les mystères de la Lycanthropie ou quelque chose dans le genre. Et elle arrête pas de me répéter qu’on n’est pas si différents … C’est pas une Louve, je l’aurai senti dès qu’elle a posé les pieds dans ce château. Et pourquoi moi d’ailleurs ? On est trois ici après tout. Pas que j’ai envie qu’elle s’en prenne aux autres bien sur mais … »

Oh ça non, on n’est peut être pas une meute a proprement parlé mais … un peu quand même. Peut être qu’elle n’est pas au courant pour les deux autres en plus de ça ? Jakob j’en doute, c’est plus vraiment un secret et ce pour personne mais Ever n’étant pas déclarée c’est possible que Hunt ne soit pas au courant et je tiens autant à ce que ça reste comme ça. C’est mon petit côté martyr égocentrique ça, je préfère prendre pour les autres et j’ai un côté masochiste surdéveloppé … Et c’est pas drôle, pardon.

« Enfin bref, elle m’a foutu la paix après ça, moi je l’ai oublié. J’avais juste envie de plus avoir à m’en faire pour quoi que ce soit après tout ce qui s’est passé alors j’ai peut être sorti ça de ma tête un peu trop vite, j’en sais trop rien. Ensuite ils ont foutu le camp, on est parti en vacances et voilà. J’y ai plus jamais repensé. »

Légère pause le temps d'attraper mon sweat et de le remettre puis de me percher sur la table histoire de m’assoir. Retourner près de lui ? Plus tard. Pour l’instant on discute et je suis bien sur cette table, les mains posées sur le meuble de chaque côté de mon corps et la capuche de nouveau sur ma tête. Je suis perpendiculaire à lui mais ça ne m’empêche pas de le regarder. Le ton est calme et étrangement moi aussi.

« Le coup de l’Aconit je crois que c’était une sorte d’expérience, pour voir l’effet que ça pouvait avoir sur moi. C’était pas une dose de cheval mais suffisamment puissante pour manquer de m’étouffer et ça fait un mal de chien. Pour le reste … j’ai tenté de garder mon calme mais elle a commencé à parler de choses qui m’ont fait glisser sur une pente dangereuse, elle m’a parlé de toi, de mon frère, et comme je refusais de rentrer dans son jeu elle a fini par s’énerver. Ça a pris des proportions que j’ai pas compris et elle a fini par péter les plombs. Elle a dit des trucs horribles sur toi et moi, à propos de nos différences de sang … »

J’ai dit que j’étais calme ? Alors c’est là que ça commence à se corser … Les muscles de mon corps tout entier se tendent tout comme mes nerfs et mon rythme cardiaque s’accélère. Dans ma tête les mots reviennent et me percutent de plein fouet. Violents, trop violents.

« J’te jure que j’ai essayé de pas la suivre dans son délire mais elle m’a poussé trop loin. J’suis même pas sur qu’elle pensait ce qu’elle disait, elle avait l’air complètement hystérique et pas franchement lucide mais j’ai perdu le contrôle quand elle m’a imposé sa présence physique et je l’ai repoussé de manière assez violente. J’aime pas m’en prendre aux femmes, c’est pas du tout mon genre mais là j’ai pas réussi à faire autrement. J’aurai du partir, j’le sais mais j’en ai pas été capable. C’est devenu un véritable carnage, les meubles ont volé dans tous les sens que ça soit de son fait ou du mien. J’ai éclaté sa boule de cristal par terre et … avec un bout de verre je lui ai coupé la main. Pas une grosse blessure mais … c’était pour … j’sais pas … lui montrer qu’on a tous le sang qui coule et ce peu importe qu’on soit Sang-Pur, Non-Magicien ou je sais pas quoi. J’étais totalement hors de contrôle et j’ai pas réfléchit aux conséquences. »

En revisualisant la scène dans ma tête je ressens un soudain besoin de me cacher parce que j’ai vraiment honte de la manière dont j’ai réagit mais pourtant je n’en fais rien et continue sur ma lancée. Les choses doivent être dites et elles le seront. Si pendant un instant j’ai fuit son regard par peur de ce que je pourrais y lire je n’ai pas tardé à retourner la tête vers lui en affichant un air sérieux, sans doute un peu grave.

« J’ai brisé ses lignes Kyle … Et ça la rendu encore plus folle qu’elle ne l’était déjà. C’était pas fait dans ce but là, j’voulais pas vraiment lui faire de mal ni porter atteinte à ça parce que même si c’est pas mon délire j’suis pas du genre à m’attaquer de cette façon à quelqu’un, même quand je deviens … l’autre. Enfin si, surement, enfin ça a du m’arriver déjà mais … pas cette fois. »

Oui, j’ai brisé ses lignes, et même si je ne prends pas vraiment la mesure de ce qu’elle a pu ressentir je me dis que si on m’empêchait de me transformer par exemple – même si c’est impossible à moins de me tuer – je l’aurai sans doute mal pris. C’est comme … comme déchirer un des dessins de Kyle j’imagine, parce qu’il y tient comme à la prunelle de ses yeux. Mon geste était trop significatif alors que ça n’était pas du tout le but de la manœuvre. J’étais trop hors de moi pour réfléchir de manière cohérente et avoir une telle étincelle de « géni » à ce moment là. Je ne suis pas machiavélique et calculateur, j’ai plutôt tendance à foncer dans le tas. J’suis pas Gryffondor pour rien après tout.

« Elle est rentré dans ma tête, elle m’a balancé des images de mon frère entrain de souffrir en me disant qu’elle allait me faire subir la même chose. Rien que ça, la Legillimencie, même si là ça n’a duré que quelques secondes, ça paralyse totalement et ça fait horriblement mal. Enfin tu le sais ça de toute façon. »

Nouveau rire sarcastique, plein de rancœur. Pas envers lui évidemment mais j’ai pas pu m’en empêcher. Cette douleur atroce qui saisi et donne l’impression que le crane va exploser sous la pression c’est vraiment pas quelque chose que je souhaite à qui que ce soit mais la douleur physique n’est à mon sens pas le pire. Qu’on puisse manipuler l’esprit d’un être vivant avec autant de facilité me dépasse et me dégoûte. Ça peut faire bien plus de dégâts que tout le reste. Et n’allez pas croire que c’est facile de raconter tout ça parce que c’est pas le cas.

« Elle s’est pas arrêté là, elle m’a balancé un sort qui te creuse des entailles partout sur le corps et si on ne l’arrête pas à temps tu te vides de ton sang. C’est ça qu’elle a supposément fait à mon frère. »

Dans un geste nerveux je m’attrape la nuque, la tête basse, et le temps se suspend alors que je digère mes dernières paroles. L’instant d’après je me redresse sans pour autant descendre de mon perchoir et tire sur mes manches dans un geste nerveux.

« Je crois qu’elle a toujours plus ou moins cherché à faire sortir la bête mais là il n’était plus vraiment question de ça. Elle voulait me faire payer tout ce que je lui ai fait et d’un côté j’peux pas rejeter tous les torts sur elle. »

De la culpabilité ? Peut être, un peu, j’en sais rien ! J’aurai pas du perdre le contrôle et m’en prendre physiquement à elle, c’est tout.

« J’ai fini par m’écrouler sur le sol et j’ai lâché prise. J’me suis laissé aller, j’me suis même dit que j’allais peut être mourir dans cette pièce, mais elle a de nouveau totalement changé de visage et c’est comme si … comme si c’était quelqu’un d’autre. Elle était totalement paniquée, elle parlait toute seule, et moi je commençais à ne plus vraiment avoir conscience des choses mais elle m’a soigné, elle a arrêté le sort et dès que j’ai été en état de me relever je me suis barré sans me retourner. Je l’ai abandonné là bas. »

Est-ce que je regrette ? Non. Faut pas déconner non plus.

« Je me suis isolé le reste de la journée et quand la Lune s’est pointé j’ai vécu ça comme une véritable délivrance. J’me suis complètement laissé devenir Loup et ça m’a fait du bien. J’ai couru un peu avec la Louve, j’ai chassé, j’étais plus Homme et c’est tout ce que je voulais. En plus la Lune a soigné toutes mes blessures et m'a remis d'aplomb. Enfin façon de parler, ça m'a pas empêché de dormir toute la journée suivante ou presque. »

J’ai parfaitement conscience que c’est quelque chose qu’il ne pourra jamais vraiment comprendre et ça n’est pas un problème pour moi, mais est ce que s’en est un pour lui ? Je ne crois pas. Je n’espère pas en tout cas. Il a su passer au travers de tellement de choses … mais il est clair que je le mettrais toujours plus ou moins de côté parfois quand mon côté animal prendra le dessus.
Après un énième soupir j’ai rabaissé ma capuche et je suis descendu de mon perchoir pour faire quelques pas vers lui sans pour autant m’assoir.

« Si je t’en n’ai pas parlé c’est que … Je voulais pas que tu recommences à vivre en regardant en permanence derrière toi même si je sais que t’as pas vraiment perdu cette habitude, et puis je crois que j’ai essayé de me convaincre que c’était rien, juste une crise et c’est tout. J’aurai pas du, j’suis désolé. Je sais qu’on essaie d’être honnête l’un envers l’autre et de plus rien se cacher et là j’ai merdé. J’savais juste pas comment amener ça sur le tapis parce que … J’suis tellement fatigué de tout ça … »

Je croyais qu’après l’épisode Taylor et le départ des Supérieurs je pourrais souffler un peu mais maintenant c’est moi qui déconne. Je devrais être capable de passer au travers de tout ça, de garder mon sourire, etc … mais pour l’instant j’y arrive pas. Je sais que lui l’est aussi, j’en ai pleinement conscience même s’il est peut être moins expressif que moi là-dessus, mais tant qu’on se raccroche l’un à l’autre ça devrait aller non ? Si on est suffisamment fort l’un pour l’autre y a pas de raisons.

« J’me suis dit qu’on serait enfin tranquilles, que la vie serait beaucoup plus agréable qu’avant et j’avais pas envie qu’un truc pareil vienne tout gâcher parce qu’en plus de ça encore une fois c’est de ma faute. Tout ça c’est à cause de ce que je suis. Je sais pas si c’est pour m’atteindre moi qu’elle s’en ai pris à mon frère, c’est possible que non, et dans le fond je sais même pas si c’est vrai mais j’ai le sentiment que si et si elle te fait subir la même chose je ne me le pardonnerai jamais. »

Mes yeux noisette s’ancrent dans les siens, je tends le bras et effleure sa joue du bout des doigts avant de m’assoir à côté de lui. Ma main droite se pose sur sa cuisse, une légère pression avant de la laisser glisser dans un geste calme et répétitif avant de caler mes doigts autour de son genou. Un coude sur une de mes cuisses, une main dans les cheveux et la tête basse, je ferme les yeux.

« J’en ai marre, tellement marre. Pourquoi ça s’arrête jamais ? »

Lui aussi il en a marre, et il a toutes les raisons pour ça, alors arrête un peu de te plaindre Enzo.

« J’sais pas quoi faire. J’suis mélangé. J’ai pas envie de lui donner ce qu’elle veut mais d’un autre côté j’en ai assez de toute cette violence alors peut être qu’il y a moyen de régler ça calmement, en discutant. J’aime juste pas cette sensation d’être un phénomène de foire mais s’il faut en passer par là pour avoir la paix alors soit. D’un autre côté j’me dis qu’elle va peut être me foutre la paix maintenant, que ce qu’il s’est passé mardi dernier lui a fait prendre conscience que c’était aller trop loin … »

C’est beau de rêver.

« Peut être que je devrais en parler à quelqu’un, à un adulte, mais qui ? Logan a autre chose à faire, Isma c’est hors de question, Maxence aussi à autre chose à faire. Jakob ? Qu’est ce qui pourra y faire ? J’ai pas envie d’entrainer un autre Lycan là dedans en plus. Et puis c’est peut être moi qui me fait toute une montagne d’une colline, peut être que ça peu se régler sans impliquer quelqu’un d’autre. Et puis j’me dis que si elle est encore là c’est qu’il y a une raison non ? Ils auraient pas laissé une folle furieuse revenir comme ça. »

Remarque, Seren est toujours dans la place alors y a de quoi se poser des questions. Y a une petite voix dans ma tête qui me dit que c’est la meilleure solution, non seulement pour moi mais aussi et surtout pour mes proches. Régler les problèmes par moi-même … on a tous bien vu ce que ça a donné alors repartir dans cette voie là et maintenir les autres à l’écart c’est une connerie.

« Faudrait surement que j’en parle à mon frère aussi mais si jamais tout ça c’était pas vrai, si elle ne lui a jamais rien fait, j’ai peur qu’il fonce dans le tas et que ça dégénère. J’veux pas qui lui arrive quelque chose parce que faut pas se leurrer, il est peut être doué mais elle l’est plus que lui. »

J’ai beau t’aimer de tout mon cœur frangin, faut se rendre à l’évidence. Toi et moi on est deux crétins.

« Et puis j’sais pas … Elle est peut être juste malade. Peut être qu’elle a besoin d’aide. J’sais pas. J’sais plus. »

Les deux mains libérées, je me frotte le visage tout en continuant de parler.

« Et j’crois pas qu’elle soit Supérieure, je pense qu’elle est plutôt du genre indépendante et à la recherche de trucs un peu spéciaux dans lesquels lire ou je sais pas quoi. »

Franchement, j’ai la gueule d’un livre ?

« J’ai juste envie de foutre le camp d’ici, de trouver un p’tit coin tranquille n’importe où près de l’océan, où personne ne sait qui on est et où on pourrait recommencer, ou plutôt commencer, à vivre normalement et tranquillement. J’en peux plus de cet endroit, j’ai l’impression qu’on s’en sortira jamais en restant ici. »

Pourtant je sais très bien que ça n’est pas la solution non plus, parce qu’on est trop jeunes, parce que j’ai mes études à finir même si je sais très bien qu’il y a de forte chance pour que je tourne le dos à la Magie en sortant d’ici, parce que lui se sent bien dans cet endroit et que jamais je ne l’arracherai à quoi que ce soit ni me séparerais de lui, et parce qu’on ne sait pas ce qui nous attend dehors. Après tout, ce château est peut être l’endroit où on est le plus en sécurité, surement même. Ça ira mieux, un jour, c’est juste une mauvaise passe. Un peu trop longue, c’est tout. Ça ira.

« J’imagine qu’il faut que je prenne mon mal en patience. »

Ca finira bien par arriver un jour et d’ici là les choses seront devenues plus simples.

« J’suis désolé. »

J’voudrais juste être capable de te rendre heureux et au lieu de ça je passe mon temps à t’attirer des problèmes. Chose que je me garderai bien de dire à voix haute tant le refrain devient répétitif et je devrais arrêter de tout ramener à moi à chaque fois comme je le fais. Si t’es là c’est que t’en as envie, et que t’es prêt à affronter le quotidien avec moi peu importe ce qu’il t’en coûte. Je le sais, j’en ai pleinement conscience, tu me l’as déjà dit et à aucun moment je ne doute de toi. Mais on ne se refait pas … Je crois que j’aurai peur toute ma vie que tu t’en ailles, ou que je finisse par mettre les voiles pour des raisons que tu ne comprendras jamais. Parce que si c’est pour que tu souffres toute ta vie ça rime à quoi ? Mais rassure-toi, j’suis là et j’ai pas l’intention de partir. J’ai appris de mes erreurs et je ne te fuirais plus parce que je pense que c’est la meilleure chose à faire. Et puis t’as promis de plus me laisser partir. Et peut être qu’un jour j’arrêterai de m’excuser pour « rien », vas savoir Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Dim 9 Fév 2014 - 3:50

Une petite conversation s’imposait entre nous, car les choses ne semblaient peut-être pas aussi roses qu’elles le paraissaient. Je venais d’apprendre qu’Enzo semblait avoir quelques soucis avec une professeure en particulier alors que moi, je vivais mal cette nouvelle réalité que l’on nous offrait à nous, les moldus. Donc avant de pouvoir se détendre un peu et de profiter pleinement du temps qu’il nous était offert, valait mieux mettre certaines choses à plat même si de mon côté, je n’avais pas forcément envie d’entendre ce qu’il avait à me dire. Même si je regrettais parfois l’absence des supérieurs (aussi étrange soit-il), je n’aimais pas le fait qu’il ait encore des problèmes de son côté avec une adulte qui venait plomber le décor. Apparemment, ça ne suffisait pas que les hommes en noir soient partis, puisque le destin continuait de s’acharner sur notre relation. Enfin… Je ne savais pas grand chose pour le moment sur ce qu’il s’était produit entre elle et lui, mais n’empêche que je ne pouvais qu’appréhender ce qu’il allait me répondre, comme si je savais d’avance qu’il s’agirait de menaces, de tortures ou d’autres choses puisque cela avait toujours plus ou moins fait partie de notre quotidien à deux. Je continuais de me demander ce que nous faisions de mal pour que nous soyons prisonniers d’un tourbillon infernal qui nous conduisait sans cesse vers le bas. Nous nous étions toujours relevés, nous avions toujours réussi à retrouver nos forces pour être capables de continuer à se battre, mais les choses faisaient en sorte que nous nous retrouvions toujours à la case départ. Heureusement, nos misères avaient fini par nous donner quelques récompenses, comme par exemple le fait que Derek ne soit plus autant acharné sur mon cas ou encore que nous pouvions témoigner notre amour dans les corridors comme bon nous semblait, nous exposant ainsi aux autres comme un couple normal. Il avait fallu en baver pas mal pour en arriver jusque là, mais j’étais tout de même heureux de ces petits changements qui étaient apparus presque comme une bénédiction aussi bien pour nous deux que pour notre moral en général.
Mais bon, peut-être que je m’en faisais trop avec rien du tout.


- Non, non, c'est ... En juillet c'était vraiment pas grand chose. C'était un jour de Pleine Lune et le dernier jour des examens. Ma dernière épreuve c'était sa matière d'ailleurs mais j'étais trop nerveux, trop … proche de la Lune pour supporter de rester enfermé dans une salle remplie de gens alors je suis sorti. J'ai quitté l'exam en plein milieu. Du coup j'ai pas mal déambulé dans les couloirs suite à ça, toi tu passais la soirée avec Jill & Cameron ici et du coup moi j'suis descendu rejoindre la Cabane d'Isma pour la transformation. Elle m'a topé à ce moment là et on a eu une discussion. C'était comme … comme si ce que je suis la fascinait.

Dans ma tête, je fis un saut dans le temps, me souvenant de cette nouvelle pleine lune dont nous avions été une nouvelle fois séparés pour des raisons évidentes. Disons simplement que j’avais appréhendé ce moment à cause de ce qu’il s’était passé un mois plus tôt et toutes les conséquences que cela avaient apporté. Encore une fois, cet évènement du mois de juin était tout simplement impossible à oublier, tout comme plusieurs autres que nous avions subit. Pour une fois ce n’était pas à cause des supérieurs, même si Taylor en faisait en quelque sorte parti. Je me souvenais à quel point la séparation pour le temps de la pleine lune avait été difficile pour moi alors que nous avions subit, à peine quelques jours avant, la fameuse torture qu’il y avait eu lieue dans une salle de classe bondée d’étudiants. S’il me l’avait permis je l’aurais sans aucun doute suivit aveuglément, me fichant qu’il soit sous forme de loup ou pas : je n’arrivais tout simplement pas à le quitter, comme si je sentais le mauvais présage arriver. Et apparemment ce n’était pas le seul puisque la première rencontre avec la « mystérieuse inconnue » remontait justement à ce moment là. Bref.
Je ne pu m’empêcher de froncer les sourcils à sa dernière phrase prononcée, comme si je sentais une pointe de jalousie monter en moi. Chose surprenante puisque ça m’arrivait rarement, mais disons simplement que je commençais à en avoir marre des filles ou femmes qui semblaient lui trouver quelque chose de plus. Oui il était un loup-garou et même s’il avait tenter de garder sa particularité secrète le plus longtemps possible, maintenant que c’était étalé au grand jour, sans doute que ça attirait encore plus la gente opposée.


- Y a pas eu de dérapage cette fois là, elle m'a simplement un peu mis la pression pour lire les lignes de ma main et j'ai fini par la laisser faire parce que la transformation arrivait dangereusement et je ne tenais pas à me retrouver coincé dans un bout de couloir, à la merci de n'importe qui et à la vue de tout le monde.

Lire les lignes de la main…?
Ce qu’une fille ne pouvait pas faire pour avoir l’attention d’un mec…
Je commençais à mieux comprendre pourquoi je ne m’étais jamais intéressé à elles…


- Visiblement elle a vu des trucs … j'en sais rien, ce genre de délire c'est pas … le mien justement et j'sais même pas pourquoi j'ai pris cette option à vrai dire mais peu importe. Elle m'a laissé partir et basta. J'ai plus jamais eu affaire à elle depuis ce temps là, jusqu'à la rentrée où je l'ai retrouvé en cours. Pour être honnête je l'avais totalement oublié et si je n'en t'ai pas parlé dès le lendemain c'est parce que ça m'était sorti de l'esprit je crois. Tu sais comment je suis dans le gaz un lendemain de Pleine Lune, et pour moi c'était pas vraiment important alors voilà, j'ai fait l'impasse sur cette rencontre presque nocturne. D’ailleurs cette nuit là j’ai fait la course avec une araignée géante.
- T’as quoi?!


Je n’avais pu m’empêcher de m’exclamer face à cette nouvelle révélation qui me prenait d’assaut. C’était une chose pour la prof, mais cette histoire d’araignée s’en était une autre. Oui je savais qu’il était sous la forme de loup puisque tout cela s’était produit un soir de pleine lune, mais n’empêche que ça me faisait flipper quand même. Il n’aimait pas quand je me mettais en danger et bien c’était pareil pour moi.
Il souriait et je poussai un petit soupir d’exaspération de mon côté. Ce qui était fait était fait et je ne pouvais rien changer au passé. N’empêche que j’aurais presque préféré ne pas savoir.


- Tu m’as récupéré en un seul morceau le lendemain, c’est le principal non ?
- M’ouais…
- C’était ça où elle dévorait Riley et Kezabel alors … Et non j’peux pas nier que je me suis amusé à la faire tourner en bourrique. J’sais pas si j’avais trop le droit d’en parler mais c’est pas comme si t’allais répéter ça à qui que ce soit de toute façon.


Nouveau soupir de ma part.
Cette manière de vouloir jouer les héros allait sans aucun doute lui retomber sur le nez un jour et ça me rendait un peu insécure. Je comprenais le fait qu’il voulait sauver ses amies, sachant que si j’avais été dans la même situation j’aurais certainement fait pareil, mais… En même temps je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter pour le futur, pour le jour où ça tournerait vraiment mal. Il avait déjà assez souffert comme ça et je ne voulais pas que le tout se répète ou que ça le conduise tout droit à la fatalité.


- Mais pour en revenir à ma Prof, je comprends pas vraiment ce qu’elle me veut. Elle a l’air de vouloir percer les mystères de la Lycanthropie ou quelque chose dans le genre. Et elle arrête pas de me répéter qu’on n’est pas si différents … C’est pas une Louve, je l’aurai senti dès qu’elle a posé les pieds dans ce château. Et pourquoi moi d’ailleurs ? On est trois ici après tout. Pas que j’ai envie qu’elle s’en prenne aux autres bien sur mais … Enfin bref, elle m’a foutu la paix après ça, moi je l’ai oublié. J’avais juste envie de plus avoir à m’en faire pour quoi que ce soit après tout ce qui s’est passé alors j’ai peut être sorti ça de ma tête un peu trop vite, j’en sais trop rien. Ensuite ils ont foutu le camp, on est parti en vacances et voilà. J’y ai plus jamais repensé.

Et tandis qu’il remit son sweat, je tâchai de me concentrer de nouveau sur l’enseignante. Je possédais maintenant les informations concernant leur première rencontre et effectivement, ça ne semblait pas aller trop mal. Peut-être juste une femme en manque d’attention qui s’acharnait sur un élève, mais en effet, si c’était réellement sa lycanthropie qui la fascinait à ce point, pourquoi s’en prendre spécifiquement à lui? Après tout, comme l’avait si bien dit Enzo, ils étaient trois dans l’école dont un était même professeur et se trouvait à être plus expérimenté puisque d’après ce que j’avais compris, il était en quelque sorte le chef de la meute. Donc d’un côté, il devait être plus intéressant comme sujet qu’Enzo, non? Enfin, ce n’était que des suppositions, mais en effet, je ne comprenais pas plus que lui.

- Le coup de l’Aconit je crois que c’était une sorte d’expérience, pour voir l’effet que ça pouvait avoir sur moi. C’était pas une dose de cheval mais suffisamment puissante pour manquer de m’étouffer et ça fait un mal de chien. Pour le reste … j’ai tenté de garder mon calme mais elle a commencé à parler de choses qui m’ont fait glisser sur une pente dangereuse, elle m’a parlé de toi, de mon frère, et comme je refusais de rentrer dans son jeu elle a fini par s’énerver. Ça a pris des proportions que j’ai pas compris et elle a fini par péter les plombs. Elle a dit des trucs horribles sur toi et moi, à propos de nos différences de sang … J’te jure que j’ai essayé de pas la suivre dans son délire mais elle m’a poussé trop loin. J’suis même pas sur qu’elle pensait ce qu’elle disait, elle avait l’air complètement hystérique et pas franchement lucide mais j’ai perdu le contrôle quand elle m’a imposé sa présence physique et je l’ai repoussé de manière assez violente. J’aime pas m’en prendre aux femmes, c’est pas du tout mon genre mais là j’ai pas réussi à faire autrement. J’aurai du partir, j’le sais mais j’en ai pas été capable. C’est devenu un véritable carnage, les meubles ont volé dans tous les sens que ça soit de son fait ou du mien. J’ai éclaté sa boule de cristal par terre et … avec un bout de verre je lui ai coupé la main. Pas une grosse blessure mais … c’était pour … j’sais pas … lui montrer qu’on a tous le sang qui coule et ce peu importe qu’on soit Sang-Pur, Non-Magicien ou je sais pas quoi. J’étais totalement hors de contrôle et j’ai pas réfléchit aux conséquences. J’ai brisé ses lignes Kyle … Et ça la rendu encore plus folle qu’elle ne l’était déjà. C’était pas fait dans ce but là, j’voulais pas vraiment lui faire de mal ni porter atteinte à ça parce que même si c’est pas mon délire j’suis pas du genre à m’attaquer de cette façon à quelqu’un, même quand je deviens … l’autre. Enfin si, surement, enfin ça a du m’arriver déjà mais … pas cette fois.

Je tâchai de demeurer calme vis-à-vis son récit, bien que je ne pu m’empêcher d’avoir quelques expressions faciales qui trahissaient une fois de temps en temps le combat que je menais.
D’une, je n’appréciais pas tellement le fait qu’une prof s’en prenne de manière physique à lui. D’accord il n’était pas mort, mais n’empêche que ce n’était pas quelque chose qui se faisait. Ce n’était pas… Moral et encore moins professionnel. De deux, le fait qu’elle parle ouvertement de cette manière à Enzo c’était vraiment du n’importe quoi. Qui était-elle pour parler de moi ou même de Derek et de se mêler de sa vie personnelle de cette manière? Sans doute l’avait-elle fait de manière pour le provoquer afin de tester je ne sais quoi, mais n’empêche que c’était assez poussé son truc. Ce qui faisait encore plus pencher la balance du côté des supérieurs dont je croyais fermement qu’elle faisait partie. De trois, j’étais presque content de savoir qu’il s’était défendu face à elle. Si les choses s’étaient déroulées autrement peut-être aurais-je eu un parti pour la prof, mais je trouvais qu’au contraire, il avait bien fait de ne pas se laisser faire de cette manière, même si d’un côté, elle avait sans doute eu ce qu’elle voulait : c’est-à-dire le provoquer jusqu’à la violence. Bon, peut-être que le moment de coupage de peau était un peu trop extrême, mais je savais à quel point il pouvait parfois être impulsif alors du coup, ça ne me surprenait pas tellement. En même temps, je ne pouvais nier qu’il s’agissait là d’un bon exemple concernant le fait que nous avions tous le même sang qui coulait dans nos veines et ce, même s’il avait dû lui briser les « lignes » pour ça.


- Elle est rentré dans ma tête, elle m’a balancé des images de mon frère entrain de souffrir en me disant qu’elle allait me faire subir la même chose. Rien que ça, la Legillimencie, même si là ça n’a duré que quelques secondes, ça paralyse totalement et ça fait horriblement mal. Enfin tu le sais ça de toute façon.

J’hochai légèrement la tête tout en avalant difficilement ce qu’il venait de me dire pendant que lui avait un léger rire qui m’apparaissait comme sarcastique. Je n’oubliais pas cette horrible sensation de présence à l’intérieur de moi en plus de donner l’horrible impression que mon crâne allait finir par fendre en deux tant la douleur ressentie était intense. Un martyr que seule la magie était capable d’offrir et je ne souhaitais cela à personne, même si nous étions plusieurs à en avoir souffert pendant qu’ils étaient là.

- Elle s’est pas arrêté là, elle m’a balancé un sort qui te creuse des entailles partout sur le corps et si on ne l’arrête pas à temps tu te vides de ton sang. C’est ça qu’elle a supposément fait à mon frère.

Elle avait fait quoi?!
J’eus un léger mouvement sur le lit, comme si j’avais voulu aller vers lui, mais je restai bien sagement à ma place. J’avais envie de soulever ses vêtements pour regarder ces fameuses entailles, mais je savais d’avance que mon geste ne servait à rien puisque de toute manière, c’était déjà fait. J’étais quand même surpris d’apprendre que Derek avait hérité du même sort. S’intéressait-elle au plus âgé uniquement à cause d’Enzo?


- Je crois qu’elle a toujours plus ou moins cherché à faire sortir la bête mais là il n’était plus vraiment question de ça. Elle voulait me faire payer tout ce que je lui ai fait et d’un côté j’peux pas rejeter tous les torts sur elle. J’ai fini par m’écrouler sur le sol et j’ai lâché prise. J’me suis laissé aller, j’me suis même dit que j’allais peut être mourir dans cette pièce, mais elle a de nouveau totalement changé de visage et c’est comme si … comme si c’était quelqu’un d’autre. Elle était totalement paniquée, elle parlait toute seule, et moi je commençais à ne plus vraiment avoir conscience des choses mais elle m’a soigné, elle a arrêté le sort et dès que j’ai été en état de me relever je me suis barré sans me retourner. Je l’ai abandonné là bas. Je me suis isolé le reste de la journée et quand la Lune s’est pointé j’ai vécu ça comme une véritable délivrance. J’me suis complètement laissé devenir Loup et ça m’a fait du bien. J’ai couru un peu avec la Louve, j’ai chassé, j’étais plus Homme et c’est tout ce que je voulais. En plus la Lune a soigné toutes mes blessures et m'a remis d'aplomb. Enfin façon de parler, ça m'a pas empêché de dormir toute la journée suivante ou presque.

J’hochai simplement la tête, me détendant un peu en sachant que les fameuses blessures infligées avaient fini par partir. N’empêche que je n’en revenais pas de toute cette histoire. Cette femme, peu importe qui elle était réellement était cinglée, de toute évidence, mais surtout très dangereuse. Quelqu’un dont il fallait désormais se méfier et surtout, ne pas sous-estimer au vue de ses capacités magiques à mettre Enzo k.o.
Il se leva finalement et vient dans ma direction sans pour autant me rejoindre sur le lit. Je levai légèrement la tête vers lui, question de l’avoir toujours dans ma vue.


- Si je t’en n’ai pas parlé c’est que … Je voulais pas que tu recommences à vivre en regardant en permanence derrière toi même si je sais que t’as pas vraiment perdu cette habitude, et puis je crois que j’ai essayé de me convaincre que c’était rien, juste une crise et c’est tout. J’aurai pas du, j’suis désolé. Je sais qu’on essaie d’être honnête l’un envers l’autre et de plus rien se cacher et là j’ai merdé. J’savais juste pas comment amener ça sur le tapis parce que … J’suis tellement fatigué de tout ça … J’me suis dit qu’on serait enfin tranquilles, que la vie serait beaucoup plus agréable qu’avant et j’avais pas envie qu’un truc pareil vienne tout gâcher parce qu’en plus de ça encore une fois c’est de ma faute. Tout ça c’est à cause de ce que je suis. Je sais pas si c’est pour m’atteindre moi qu’elle s’en ai pris à mon frère, c’est possible que non, et dans le fond je sais même pas si c’est vrai mais j’ai le sentiment que si et si elle te fait subir la même chose je ne me le pardonnerai jamais.

Ses doigts effleurèrent doucement l’une de mes joues et je lui offris un petit sourire qui se voulait rassurant. Il s’assit à mes côtés et se mit à me caresser doucement la cuisse avant de prendre une position de détente et de fermer les yeux.

- J’en ai marre, tellement marre. Pourquoi ça s’arrête jamais ?
- Je ne sais pas…
- J’sais pas quoi faire. J’suis mélangé. J’ai pas envie de lui donner ce qu’elle veut mais d’un autre côté j’en ai assez de toute cette violence alors peut être qu’il y a moyen de régler ça calmement, en discutant. J’aime juste pas cette sensation d’être un phénomène de foire mais s’il faut en passer par là pour avoir la paix alors soit. D’un autre côté j’me dis qu’elle va peut être me foutre la paix maintenant, que ce qu’il s’est passé mardi dernier lui a fait prendre conscience que c’était aller trop loin … Peut être que je devrais en parler à quelqu’un, à un adulte, mais qui ? Logan a autre chose à faire, Isma c’est hors de question, Maxence aussi à autre chose à faire. Jakob ? Qu’est ce qui pourra y faire ? J’ai pas envie d’entrainer un autre Lycan là dedans en plus. Et puis c’est peut être moi qui me fait toute une montagne d’une colline, peut être que ça peu se régler sans impliquer quelqu’un d’autre. Et puis j’me dis que si elle est encore là c’est qu’il y a une raison non ? Ils auraient pas laissé une folle furieuse revenir comme ça.


Je baissai légèrement la tête pendant que je réfléchissais à une solution de mon côté
La bonne nouvelle à tout ceci était que nous pouvions maintenant chercher de l’aide et pouvoir peut-être mieux appréhender le danger. Bon, il avait quand même subit du mal, mais au moins nous pouvions prévoir pour les prochaines fois tandis qu’avec les supérieurs, ça nous tombait sur le coin de la tronche sans même nous avertir. Un changement que l’on pouvait considérer comme étant positif, même si ça restait qu’il fallait demeurer sur nos gardes en permanence à cause d’une seule et unique personne.


- Faudrait surement que j’en parle à mon frère aussi mais si jamais tout ça c’était pas vrai, si elle ne lui a jamais rien fait, j’ai peur qu’il fonce dans le tas et que ça dégénère. J’veux pas qui lui arrive quelque chose parce que faut pas se leurrer, il est peut être doué mais elle l’est plus que lui. Et puis j’sais pas … Elle est peut être juste malade. Peut être qu’elle a besoin d’aide. J’sais pas. J’sais plus. Et j’crois pas qu’elle soit Supérieure, je pense qu’elle est plutôt du genre indépendante et à la recherche de trucs un peu spéciaux dans lesquels lire ou je sais pas quoi. J’ai juste envie de foutre le camp d’ici, de trouver un p’tit coin tranquille n’importe où près de l’océan, où personne ne sait qui on est et où on pourrait recommencer, ou plutôt commencer, à vivre normalement et tranquillement. J’en peux plus de cet endroit, j’ai l’impression qu’on s’en sortira jamais en restant ici. J’imagine qu’il faut que je prenne mon mal en patience.

J’eus un nouveau petit sourire, aimant cette idée de retourner auprès de l’océan. Oui le château était devenu ma demeure désormais, mais n’empêche que les vacances que nous avions passées en Australie vendaient du rêve. En plus, même si ce n’était pas la même chose, je mourrais d’envie de lui faire découvrir mon petit coin de pays du Maine depuis que j’avais visité son chez lui personnel. J’ignorais s’il aimerait puisque c’était loin d’entre paradisiaque et bourré de chaleur comme sur sa plage à lui, mais ça avait un petit charme.

- J’suis désolé.

Je bougeai finalement, me déplaçant derrière lui pour venir l’enrouler avec mes bras et appuyer ma tête contre son dos. Je serrai légèrement mon emprise autour de son corps en guise d’un câlin qui se voulait réconfortant en plus d’être un signe de présence plus ponctué. Je ne m’étais pas réellement manifesté au courant de ces dernières minutes ou en fait si, peut-être un peu, mais pas beaucoup. N’empêche que j’avais été là du début jusqu’à la fin et je n’avais rien raté de ce qu’il me disait. Désormais, je savais tout ou presque de la nouvelle situation qui se présentait à nous et j’allais l’aider à s’en sortir parce que mine de rien, tout ceci me concernait qu’en même un peu. Et même si ça n’aurait pas été le cas, j’aurais quand même tout fait pour l’aider parce que c’est aussi ça être en couple : s’entraider quand ça ne va pas. Déjà que la vie nous apparaissait légèrement moins sombre depuis que nous étions de retour… Je comptais bien retrouver ce calme qui me rendait parfois mal à l’aise, mais auquel je tenais malgré tout. Je ne voulais pas le voir souffrir davantage et en quelque part, je voulais aussi aider Derek à s’en sortir, s’il était bien entendu aussi prisonnier de cette fameuse prof qui foutait le bordel au sein de la famille Ryans.

- Ne le sois pas s’il te plaît.

Oui peut-être qu’au départ j’avais un peu flippé, d’ailleurs je restais un peu nerveux quant au reste de ce récit qui se déroulait en ce moment même, mais n’empêche que je comprenais ces motifs de n’avoir rien dit plus tôt. Encore une fois il avait voulu me protéger, me préserver d’un certain danger qui ne l’était peut-être pas tant que ça au final puisque je n’avais jamais même eu connaissance d’elle avant qu’il ne m’en parle de vive voix. Mais maintenant, je pourrai rester plus vigilant quant à mes petites balades, mais aussi aux nouvelles personnes que j’allais croiser sur ma route. Plus précisément des enseignantes.

- Peut-être qu’elle n’est pas du côté des supérieurs comme tu le dis, mais ça n’empêche pas que cette femme est cinglée. J’vois pas pourquoi elle s’acharne sur toi comme ça et je pense qu’elle n’est pas simplement attirée par ta lycanthropie. Comme tu l’as dit, vous êtes trois en tout au château et donc pourquoi toi en particulier? Tu as dit qu’elle te parlait du sang et tout… Peut-être que le fait que tu sois sang-pur te place automatiquement au-dessus des deux autres pour elle? Après je ne sais pas qu’elle est la nature du sang de Everleigh, ni même celui de Jakob, mais c’est peut-être une possibilité.

Je n’émettais que des suppositions parce que cette histoire presque « obsessive » piquait ma curiosité, tout comme elle me révulsait. Je voulais comprendre pourquoi lui, pourquoi de cette manière, pourquoi nous impliquer moi et Derek comme si elle cherchait à faire du chantage pour une quelconque raison. Je voulais comprendre ses motifs, ses réflexions, son choix particulier. Elle me semblait complexe avec cette « double personnalité » si elle en possédait une. Je repensais notamment à ce changement de comportement soudain qu’il m’avait expliqué. Au fait qu’elle lui avait jeté un puissant sortilège avant de finalement se résigner à le soigner en ayant un tout autre visage. Je visualisais bien la scène dans ma tête et ça me semblait tout droit sorti d’un film de suspense qui plaçait aussi le spectateur dans un questionnement particulier.

- Mais bon… Même si toute cette histoire pique ma curiosité, je pense que le plus important pour le moment est de la tenir éloignée de toi parce qu’elle a l’air vraiment déterminée à faire je ne sais pas trop quoi avec toi et bon, ça me plaît pas.

Les noms qu’il m’avait énuméré repassèrent dans ma tête et j’en fis le tri rapidement.

- Je pense que Jakob pourrait être en mesure de nous aider. Enfin de t’aider toi. Il a l’air vraiment disponible pour ses élèves et il a toujours été cool avec nous, non? Il l’a déjà fait avant et je suis certain que si tu lui en parlerais, il garderait un œil ouvert ou bien il essaierait au moins de lui parler à elle et de savoir ce qu’il se passe. Le hic c’est que c’est aussi un loup-garou, mais en même temps, je pense que si elle tente quoi que ce soit, elle n’a aucune chance. Je ne le connais pas vraiment, mais je me souviens qu’il est super imposant et surtout, qu’il a l’air fort donc… Il pourrait sûrement mieux te protéger en cas de nouvelles attaques ou bien carrément juste la surveiller.

Jakob me semblait être un bon choix puisque je savais déjà d’avance que nous pouvions avoir confiance en lui. Il m’avait déjà sauvé la vie une fois et il était assez près d’Enzo donc pourquoi pas?

- Sinon il y a aussi Rivers qui est un bon choix je pense. C’est lui qui a prit le poste de directeur de l’école, non? Donc logiquement si tu as un problème avec une personne dans le cadre enseignant c’est lui que tu devrais aller voir en premier… D’un sens c’est son employée donc tu pourrais porter plainte envers elle pour plusieurs motifs, comme menaces, attaques et j’en passe et il pourrait la rencontrer suite à cela. Peut-être même qu’il pourrait être capable de la foutre à la porte dans le meilleur des cas ou sinon juste lui donner un avertissement. Mais bon, s’il a réussit à tuer Walters, c’est sûrement parce qu’il avait marre de ce genre de situations alors sans doute qu’il ne la tolérerait pas trop longtemps. Et si elle part, tu pourras être débarrassé facilement.

Peut-être qu’elle était malade comme il l’avait mentionné, mais sa maladie faisait trop de ravages pour permettre que cela se reproduise. Que ce soit sur lui ou sur un autre. Cette femme devait être surveillée et suivie si elle n’était carrément pas mise à la porte de l’école.
Je réfléchissais à Derek.


- Pour ton frère, je ne sais pas quoi te dire… Mais si tu veux mon avis… Je pense que tu devrais lui parler. Peut-être que ces visions que t’as eues étaient fausses comme tu dis, mais en même temps, si c’est vrai et qu’elle l’a vraiment menacée, je pense qu’il est en droit de savoir juste par mesure préventive. Oui il est impulsif et tout le reste, mais tu auras sûrement les bons mots qui te viendront sur le moment qui l’empêcheront de faire quelque chose de stupide. Surtout si tu dis que tu as déjà la situation en main parce que t’as été voir Jakob ou Rivers d’abord et qu’un processus de sécurité à déjà été enclenché. Et si tu lui dis ce que tu lui as fait à elle, peut-être que ça lui calmera les ardeurs aussi : c’est pas comme si tu t’étais laissé faire non plus. Mais bon, encore là c’est toi qui décide, mais voilà comment moi je vois les choses.

Je le lâchai finalement et quittai le lit pour revenir sur le sol. Je me positionnai devant lui et me plaçai sur les genoux avant de me pencher légèrement vers l’avant pour pouvoir le regarder de nouveau dans les yeux. Mes mains prirent les siennes d’une manière rassurante et un léger sourire se dessina sur mon visage.

- On va trouver une solution ensemble et on va éloigner cette ombre du décor. On a recommencer à vivre tous les deux, à respirer et à s’aimer en plein public et j’ai pas envie qu’une prof un peu trop hystérique vienne tout gâcher. J’ai encore moins l’intention de te laisser tomber dans toute cette histoire. C’est clair que fuir et retourner en Australie serait sûrement plus facile pour nous deux, mais j’ai envie de me battre encore. Fuir serait lui donner la victoire et je ne veux pas qu’elle ait cette satisfaction même si pour ça on doit encore avoir quelques écorchures. Je sais que ce n’est pas facile et que tu en as marre, mais penses au fait que nous sommes ensemble. Au fait que quand tu sortiras d’ici avec ton diplôme en main ce sera pour de bon et que tu seras fier de ce que tu as accompli et que je serai encore à tes côtés même si moi je n’aurai sûrement pas un papier ou un parchemin pour prouver mes efforts…

Mon sourire s’élargit et j’espérais que ma dernière petite plaisanterie allait avoir son effet sur lui. Oui j’étais un plouc, un nul à l’école et je l’admettais haut et fort. Si je n’étais pas doué pour les études, je l’étais pour autre chose, mais j’étais prêt à rester ici tant et aussi longtemps qu’il le faudrait pour que lui réussisse sa vie en bonnes et dues formes.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mar 11 Fév 2014 - 17:47

Et bla, et bla, et bla. Encore une fois je commence à parler et je ne m’arrête plus : Voilà ce qu’il se passe quand je garde le silence « trop longtemps ». Cette sorte de dynamique nous suit depuis le début et il n’y a que depuis que je le connais que je me confie autant tout simplement parce que c’est lui qui a déclenché cette capacité chez moi. Jusqu’à ce qu’il commence à me mettre au pied du mur, à me donner des ultimatums, et qu’il me pousse à laisser sortir des choses que j’étais déterminé à garder pour moi je n’avais jamais eu l’habitude de me confier comme je suis capable de le faire maintenant. J’ai longtemps été un garçon très secret, la seule exception était ma mère qui arrivait plus ou moins à me faire parler elle aussi mais ça n’était pas exactement la même chose. Je lui cachais – tout comme à mon père – ce que Derek me faisait vivre, en grande partie, et étant donné que c’était quasiment la seule et unique ombre au tableau pour moi c’était assez simple finalement de ne pas parler. Ça m’allait très bien comme ça, je n’étais pas pour autant un gamin complètement muet et totalement refermé sur lui-même mais … J’étais secret, et solitaire, c’est tout. Les problèmes ils sont arrivés après un certain jour en 2012, les vrais problèmes, parce que jusqu’ici en dehors de mon frère, de quelques prises de becs à l’école éventuellement et d’incompatibilité avec certains membres de la famille ma vie était plutôt calme et reposante. Depuis le 8 mars de cette fameuse année j’ai pu constater à quel point cette capacité à garder beaucoup de choses pour moi était solide et extensible, jusqu’à ce que je rencontre Kyle, et si j’ai longtemps cru qu’il m’avait poussé à tout ça je sais maintenant que c’est bien parce qu’au fond de moi je le voulais aussi. Ça peut paraitre peut être cliché mais je continue de penser que je n’aurai pas été capable de me décoincer comme je l’ai fait à ce sujet là avec quelqu’un d’autre que lui. Ce qu’il m’a permis de réussir à faire a eu de l’incidence dans mon quotidien, dans mes relations avec les autres, et aujourd’hui je suis un type bien plus sociable que je ne l’ai jamais été.

Certes, il m’a fallu quelques jours pour briser ce silence et crever l’abcès, pour lui dévoiler tout ce que je gardais encore pour moi, mais je l’ai fait. Non je ne m’attends pas à une médaille ou des félicitations, évidemment, mais je sais que c’était la bonne chose à faire pour nous deux. Pour lui parce que même si cette manie s’est développé aussi pour le protéger je sais que ça n’est pas la solution et que bien souvent ça ne fait qu’aggraver les choses, et puis simplement parce qu’il a le droit de savoir quand quelque chose le menace hypothétiquement ou pas. Aussi parce que le passé nous a trop souvent démontré que c’est le meilleur moyen de tout perdre sans n’avoir ne serait ce qu’une chance de luter contre et surtout de comprendre pourquoi. Et si Taylor m’avait tué la première fois qu’on s’est battu ? Il n’aurait jamais su pourquoi. Lui et les autres. Pour lui donc, mais pour moi aussi parce que c’est à cause de tout ça que je me suis enfoncé dans un trip destructeur avant les vacances, à cause de ça que j’ai failli perdre des gens que j’apprécie et me perdre moi-même. Si Hunt doit s’en prendre à Kyle je ne pourrais probablement jamais l’empêcher de le faire mais au moins il est au courant que c’est une éventualité, tout comme ça en est une pour moi, même si mon instinct n’arrête pas de me dire que ça n’arrivera pas. Une chose est sure, je ne veux pas prendre le risque de retomber dans un délire comme j’ai pu le vivre il y a quelques mois et pour ça il faut que je partage ce genre de données, que je n’essaie pas de tout régler par moi-même ou en tout cas pas comme j’ai pu le faire par le passé. Maintenir les autres à l’écart pour les protéger est une chose mais aller au devant du danger parce que soit disant la meilleure défense c’est l’attaque …
Ça n’est pas pour autant que j’irai parler de ça à Sovahnn ou à Jillian, pas même à Ismaelle, mais Kyle c’est différent. Je sais à quoi je m’expose, je sais que si elles l’apprennent je perdrai peut être définitivement leur confiance, surtout celle de la petite blonde, mais c’est comme ça. Elle le sait, il y a des choses que je ne peux pas et ne veux pas partager avec quelqu’un d’autre que Kyle et cette fois je n’ai pas l’impression que ma vie soit réellement en danger de toute façon. Je l’ai cru, le jour même, évidemment mais ça n’est plus le cas.

En tout cas on en revient toujours au même point, quoi qu’on fasse, si y a un ou une dégénéré(e) dans le coin il ou elle est pour moi. J’ai un putain de mauvais karma, je sais pas ce que j’ai fait dans mes vies antérieures si j’en ai eu mais ça devait être vraiment moche. Oui, je fais de l’humour, de l’ironie, du sarcasme ou plutôt du cynisme mais qu’est ce que je peux faire d’autre ? Je suis fatigué, j’ai pas envie de repartir en guerre encore une fois, alors … merde.
Et puis il suffit d’un contact, de sa présence là derrière moi. Je n’ai pas bougé quand je l’ai senti se mettre en mouvement, je n’ai pas vraiment réfléchit à ce qu’il faisait mais quand j’ai senti ses bras m’enlacer, m’enserrer même, et sa tête se poser contre mon dos je me suis complètement laissé aller contre lui et c’est un nouveau soupir que j’ai laissé échapper mais celui-ci n’avait rien à voir avec le précédent. C’est vrai que je ne m’attendais à rien de sa part, que je n’espérais rien non plus puisque j’aurais compris chaque éventualité de réaction, je pense, mais ça serait mentir de dire que celle-ci n’est pas ma préférée. Au moins il ne m’en veut pas ou en tout cas pas au point de s’énerver. Il est là, il me démontre sa présence, me prend dans ses bras, et rien n’aurait pu me faire plus plaisir parce que c’est tout ce dont j’avais besoin. Si le silence s’installe quelques seconde je me doute que ça ne va pas durer mais ça me va, j’ai envie d’avoir ses impressions et ressentis sur tout ça. Ce moment, cet instant, c’est juste pour reprendre nos esprits.

« Ne le sois pas s’il te plaît. »
« D’accord. »

Réponse automatique que je ne pense pas vraiment mais ça n’a pas la moindre importance. Je suis désolé et je le serais toujours mais c’est la vie et on en a parfaitement conscience. Un jour tout ça s’arrêtera, ça se tassera et tout ira bien mais en attendant je continue d’être désolé, c’est comme ça.

« Peut-être qu’elle n’est pas du côté des supérieurs comme tu le dis, mais ça n’empêche pas que cette femme est cinglée. J’vois pas pourquoi elle s’acharne sur toi comme ça et je pense qu’elle n’est pas simplement attirée par ta lycanthropie. Comme tu l’as dit, vous êtes trois en tout au château et donc pourquoi toi en particulier? Tu as dit qu’elle te parlait du sang et tout… Peut-être que le fait que tu sois sang-pur te place automatiquement au-dessus des deux autres pour elle? Après je ne sais pas qu’elle est la nature du sang de Everleigh, ni même celui de Jakob, mais c’est peut-être une possibilité. »
« Oui, peut être. »

Encore une réponse automatique, absente. Je crois que je n’ai plus le courage de réfléchir. Est-ce qu’elle est intéressée par mon Sang-Pur ? Ca ne serait pas la première mais sans trop savoir pourquoi je ne crois pas que ça soit le cas.

« Et pour les deux autres à vrai dire j’en sais trop rien et je m’en fiche totalement. »

Qu’ils soient Sang-Pur, Sang-Mêlés ou Né-Moldus, ça n’a pas la moindre importance pour moi et ça n’en a jamais eu.

« Mais bon… Même si toute cette histoire pique ma curiosité, je pense que le plus important pour le moment est de la tenir éloignée de toi parce qu’elle a l’air vraiment déterminée à faire je ne sais pas trop quoi avec toi et bon, ça me plaît pas. »

Je me redresse légèrement et m’installe un peu plus contre lui quand bien même ma corpulence est plus développée et imposante que la sienne. Mes yeux quant à eux restent clos. Nouveau soupir de lassitude, malgré le bien être que j’éprouve à être contre lui. Mes bras se posent sur les siens et mes mains cherchent les siennes, tranquillement. Même si j’ai l’air ailleurs, je ne perds pas un mot de ce qu’il dit.

« Je pense que Jakob pourrait être en mesure de nous aider. Enfin de t’aider toi. Il a l’air vraiment disponible pour ses élèves et il a toujours été cool avec nous, non? Il l’a déjà fait avant et je suis certain que si tu lui en parlerais, il garderait un œil ouvert ou bien il essaierait au moins de lui parler à elle et de savoir ce qu’il se passe. Le hic c’est que c’est aussi un loup-garou, mais en même temps, je pense que si elle tente quoi que ce soit, elle n’a aucune chance. Je ne le connais pas vraiment, mais je me souviens qu’il est super imposant et surtout, qu’il a l’air fort donc… Il pourrait sûrement mieux te protéger en cas de nouvelles attaques ou bien carrément juste la surveiller. »
« Sans doute, et c’est vrai qu’il a toujours été là quand on a eu besoin de lui mais … »

Mais cette phrase n’aura jamais de fin. Sans Jakob, lui comme moi ne serions probablement plus là aujourd’hui ou en tout cas dans un état totalement différent, c’est une certitude. Il n’est pas le seul à nous avoir aidé bien sur mais le fait qu’il soit lui-même Lycanthrope a beaucoup penché dans la balance. Voilà le hic justement parce que comme je l’ai dit l’idée de mêler un autre Lycan à cette histoire me révulse mais je sais qu’il a raison. Est-ce qu’il est plus puissant qu’elle ? Ça malheureusement il n’y a aucun moyen de le savoir comme ça puisqu’avec la magie le physique peut parfois être trompeur. Certes il est imposant, et Loup, mais elle est Legillimens ou en tout cas s’y attèle et qui sait ce qu’elle peut être d’autre encore ?

« Sinon il y a aussi Rivers qui est un bon choix je pense. C’est lui qui a prit le poste de directeur de l’école, non? Donc logiquement si tu as un problème avec une personne dans le cadre enseignant c’est lui que tu devrais aller voir en premier… D’un sens c’est son employée donc tu pourrais porter plainte envers elle pour plusieurs motifs, comme menaces, attaques et j’en passe et il pourrait la rencontrer suite à cela. Peut-être même qu’il pourrait être capable de la foutre à la porte dans le meilleur des cas ou sinon juste lui donner un avertissement. Mais bon, s’il a réussit à tuer Walters, c’est sûrement parce qu’il avait marre de ce genre de situations alors sans doute qu’il ne la tolérerait pas trop longtemps. Et si elle part, tu pourras être débarrassé facilement. »
« Hum. »

Il a raison, sur toute la ligne, mais ça me dérange. Pas qu’il ait raison évidemment mais d’en arriver là. Faire virer une Prof c’est … j’en sais rien, ça me dérange. Il n’empêche que je ne réagis pas plus, j’engrange les infos et lui démontre que j’écoute tout ce qu’il me dit même si ça n’est pas flagrant et je le laisse continuer.

« Pour ton frère, je ne sais pas quoi te dire… Mais si tu veux mon avis… Je pense que tu devrais lui parler. Peut-être que ces visions que t’as eues étaient fausses comme tu dis, mais en même temps, si c’est vrai et qu’elle l’a vraiment menacée, je pense qu’il est en droit de savoir juste par mesure préventive. Oui il est impulsif et tout le reste, mais tu auras sûrement les bons mots qui te viendront sur le moment qui l’empêcheront de faire quelque chose de stupide. Surtout si tu dis que tu as déjà la situation en main parce que t’as été voir Jakob ou Rivers d’abord et qu’un processus de sécurité à déjà été enclenché. Et si tu lui dis ce que tu lui as fait à elle, peut-être que ça lui calmera les ardeurs aussi : c’est pas comme si tu t’étais laissé faire non plus. Mais bon, encore là c’est toi qui décide, mais voilà comment moi je vois les choses. »

Et encore une fois il a raison. Bien sur que je devrais en parler à mon frère tout comme je viens de le faire avec lui mais … comment ? Je suis sérieux quand je dis que j’ai l’impression de ne pas avoir de place dans sa vie en ce moment. C’est peut être totalement stupide et infondé mais c’est comme ça. Il est dans son délire, avec ses potes et son harem, et de son côté il pense peut être que c’est la même chose pour moi en fait … Enfin sans le harem naturellement mais il doit s’imaginer que je vis au pays des bisounours, avec mon mec, et basta. On a passé des bons moments en Australie mais là j’ai juste l’impression qu’il n’y a plus rien mais le truc c’est que vu nos caractères … si aucun des deux ne se décide à bouger la situation n’évoluera pas donc … Hey, tu vas où ? Reste là, j’veux pas que tu me lâches … Plus de peur que de mal, l’instant d’après il est devant moi, sur le sol, ses mains attrapent les miennes et il me sourit. J’ancre mes yeux dans les siens et esquisse un semblant de rictus à mon tour.

« On va trouver une solution ensemble et on va éloigner cette ombre du décor. On a recommencer à vivre tous les deux, à respirer et à s’aimer en plein public et j’ai pas envie qu’une prof un peu trop hystérique vienne tout gâcher. J’ai encore moins l’intention de te laisser tomber dans toute cette histoire. C’est clair que fuir et retourner en Australie serait sûrement plus facile pour nous deux, mais j’ai envie de me battre encore. Fuir serait lui donner la victoire et je ne veux pas qu’elle ait cette satisfaction même si pour ça on doit encore avoir quelques écorchures. Je sais que ce n’est pas facile et que tu en as marre, mais penses au fait que nous sommes ensemble. Au fait que quand tu sortiras d’ici avec ton diplôme en main ce sera pour de bon et que tu seras fier de ce que tu as accompli et que je serai encore à tes côtés même si moi je n’aurai sûrement pas un papier ou un parchemin pour prouver mes efforts… »

Suite à sa dernière phrase j’écrase un rire en secouant la tête avant de le regarder à nouveau et de sourire plus franchement cette fois.

« T’es bête. »

Qui aurait cru que ce garçon était un tel cancre ? Lui qui est si cultivé, si intelligent, si … si lui. Il n’aime pas l’école ça je le découvre un peu plus chaque jour mais ça n’est pas quelque chose qui changera la vision globale que j’ai de lui. Je l’aime comme il est, point barre.
Là-dessus je tire sur ses mains pour le faire se relever et je le « force » à s’asseoir sur mes genoux en l’enroulant de nouveau de mes bras tout en faisant attention à ce qu’il soit bien installé. Un bisou sur sa joue, mon sourire ne s’efface pas et mon cœur est de plus en plus léger comme quoi c’est toujours une bonne chose de parler même si ça n’est pas toujours évident.

« T’as pas besoin de ça, et puis de toute façon on est encore jeunes alors t’as toute la vie devant toi et je t’empêcherai jamais de partir d’ici si un jour t’as envie de retrouver la vie sans magie pour pouvoir vivre pleinement ta passion, rentrer dans une école d’art ou je ne sais trop quoi encore. D’ailleurs je pense même que je te suivrai et qui sait, peut être que je pourrais moi aussi trouver un truc qui m’intéresse dans l’autre monde. Faudra juste que tu m’éduques avant parce que si je me retrouve lâché dans la nature comme ça … Aïe, j’aurai probablement l’air d’un parfait crétin qui comprend rien du tout. Je sais même pas comment on allume une télé j’crois bien, mais j’aimerai bien apprendre tout ça, découvrir, etc … »

J’ai toujours été curieux, comme ma mère, alors oui j’ai vraiment envie d’apprendre à connaitre tout ça et grâce à mes amis, et aux cours d’EDM maintenant qu’ils sont redevenus normaux, j’en apprend un peu plus chaque jour. Là j’en rigole et j’exagère mais c’est vrai que même si j’ai côtoyé un peu ce monde là, de loin, et seulement par certains côtés – j’ai quand même réussi à conduire une voiture, c’est pas rien. Sans permis, je sais, c’est mal mais peu importe. Volée, oui ça aussi je sais, mais c’était la famille alors ça compte pas vraiment – j’y connais finalement pas grand-chose et ça fait beaucoup rire Sovahnn d’ailleurs. En tout cas je suis sérieux dans tout ce que j’avance, jamais je ne l’empêcherai de partir d’ici si un jour il sature ou quoi ou qu’est ce.

« Je sais pas si je tiendrais encore 5 ans ici, dans ce cadre scolaire magique, voir même plus d’ailleurs avec la création des années supérieures auxquelles j’ai pas vraiment prêté attention jusqu’ici mais qui sait, y a peut être un cursus qui me plaira dedans, m’enfin bref ce que je veux dire c’est que pour l’instant je m’accroche, promis, et si un jour les choses se calment, si la sécurité à l’extérieur est vraiment assurée, peut être que l’école sera plus ouverte et qu’on aura l’occasion de suivre chacun une voie différente sans pour autant être séparés pendant des mois parce que j’ai pas envie non plus que tu te sentes prisonnier ou que tu finisses par tourner en rond ici. Faut que tu vives ta vie toi aussi. »

La tête penchée sur le côté, j’espère qu’il imprime bien tout ce que je lui dis parce que c’est important. Je sais que je suis le point central de sa vie, tout comme il est le miens, mais pour ma part j’ai sinon un but au moins une occupation quotidienne dont certaines matières qui me plaisent réellement, ce qui n’est pas son cas à lui. Peut être que ça changera, et d’un côté je l’espère – pour lui – mais même si je ne remets pas en cause, même si je ne doute pas de sa capacité à s’adapter à tout, de sa patience, il est hors de question qu’il mette sa vie entre parenthèse juste pour m’attendre donc maintenant au moins il sait que s’il en ressent l’envie, s’il le veut, je ne serais certainement pas un frein à tout ça. Pour le reste, il fait ce qu’il veut de sa vie et tout comme il le fait avec moi je le supporterai dans chacune de ses décisions sauf cas exceptionnels, extrêmes, etc … Si vraiment on n’est pas d’accord sur un truc, s’il se met en danger – l’hôpital qui se fout de la charité, je sais – ou un truc du genre.

« Même si j’aime pas ne pas te voir au moins une fois par jour, ça c’est sur, mais bon si c’est pour la bonne cause c’est pas pareil. »

Avant on avait l’habitude, même si ça nous pesait, mais on faisait avec. Cette habitude on l’a perdu depuis quelques mois alors c’est clair que devoir revivre éloigné l’un de l’autre risque d’être très dur si un jour ça se produit mais …

« Puis qui sait, si ça se trouve on pourra se trouver un nid rien qu’à nous deux, à l’extérieur, et s’y retrouver tous les soirs. »

Ok, stop, je m’y vois déjà là … Sérieusement, le quotidien avec lui ne me fait pas du tout peur, il me fait même très envie mais ça ne sert à rien de se faire du mal – en fait c’est du bien mais passons – en y pensant parce que pour le moment ça n’est tout simplement pas possible. Bref ! Un câlin, encore, je le serre plus fort contre moi et cale ma tête sur son épaule. A nouveau mes yeux se ferment, ma respiration est calme. Je me sens bien.

« J’ai plus envie de parler d’elle ou de penser à elle et à toutes ces emmerdes, au moins pour aujourd’hui. J’ai juste envie d’être avec toi et qu’on profite de ce moment rien que tous les deux. »

Un baiser dans son cou cette fois, puis je relève la tête et capture ses lèvres un instant après avoir cherché son visage avec le mien. Je libère un de mes bras et ma main glisse sur sa joue puis s’enroule autour de son cou.

« Je t’aime. »

Nos deux fronts se rencontrent, le temps s’arrête.

« J’ai l’impression que ça fait un siècle que je te l’ai pas dit. »

Sourire. Nouveau baiser. Tranquille. L’instant d’après je lui fais comprendre de se relever et j’en profite pour virer mes chaussures avant de m’étendre sur le lit et de l’inviter à m’y rejoindre. La tête posée sur l’oreiller, j’attends qu’il s’allonge à son tour et pose la sienne sur mon épaule, sur mon torse, n’importe où il veut, avant de refermer l’emprise de mes bras sur lui. On est bien là, juste tous les deux, et après un nouveau silence de quelques minutes ...

« Dis, j’pense à un truc. Je sais que c’est pas pour tout de suite mais d’une normalement le mois prochain on devrait avoir une sortie dans la ville à côté de l’école, est ce que ça te dirait d’y aller ? Et de deux, en décembre on aura deux semaines de vacances avec possibilité de quitter Poudlard, t’as envie de faire quoi ? »

Je sais que j'ai dit à Jamie y a peine deux semaines que c'était flippant de se projeter comme ça mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

« Cet été tu m’as suivi, on a fait un peu ce que moi j’avais envie de faire alors c’est ton tour, c’est toi qui décide et si t’as peur que ça m’embête de pas retourner en Australie, je t’arrête tout de suite, ça n’est pas le cas. Au pire on peut toujours y passer un jour ou deux, ou moi j’y vais tout seul pour le jour de Noël histoire de faire acte de présence auprès de la famille et basta. C’est sur que je préfèrerai que tu sois là mais vu les circonstances … »

Et je roule des yeux, agacé par cette situation familiale de merde. Si Papa et Maman étaient encore là au moins … Mais bon, ça aussi c'est comme ça et c'est tout.

« Y a juste un truc que j’aimerai bien faire : Est-ce que ça te dit qu’on passe faire un coucou à Jillian ? On pourrait passer la voir, passer un moment avec elle, et je pense d’ailleurs que ça lui ferait plaisir de voir Cameron aussi. J’sais qu’elle a des projets de prendre un appart pour s’émanciper un peu de ses parents, ça se passe bien dans sa nouvelle école mais on lui manque autant qu’elle nous manque. Enfin je parle pour moi en tout cas mais voilà. En tout cas pour le reste, c’est toi qui vois. J’te suivrai ou t’emmènerai où tu veux et quand tu veux. J’me débrouillerai pour faire garder Lune, au pire elle reste ici ou je la refourgue à mon frère … Quoi que … Enfin je trouverai bien, ça sera pas un problème. »

Refourguer Lune à Derek ? Non. Au pire il pourra toujours l'emmener chez nous en Australie s'il y retourne et la laisser à Grand-Mère mais c'est mon chat, c'est à moi d'assumer et je me débrouillerai. Elle va faire la tête, ça c'est sur, mais je saurais me faire pardonner.

« J’te demande pas une réponse tout de suite hein, on a le temps, mais je voulais juste que tu le saches comme ça tu peux y réfléchir. »
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Mer 19 Fév 2014 - 21:17

Les mystères maintenant élucidés, j’y voyais un peu plus clair. Même si je n’avais pas forcément aimé ce que j’avais entendu, je faisais avec, puisque comme il l’avait si bien dit : c’était passé et donc, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Cependant, nous pouvions prévoir les futurs coups en élaborant d’avance certains plans et peut-être même chercher une aide extérieure plutôt que de tout affronter seuls encore une fois. Cette histoire avec cette professeure me concernait peut-être plus ou moins, mais je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir l’aider du mieux que je le pouvais, ne souhaitant pas le voir souffrir davantage. De toute manière, je n’aimais jamais aimé le voir dans une position délicate ou douloureuse et ce n’était pas aujourd’hui que ça allait commencer. Je le savais fort, puissant et surtout plutôt résistant malgré son âge, n’empêche qu’en tant qu’ami, amoureux, confident et j’en passe, le voir souffrir était aussi pire qu’une bonne dose de des pires souffrances à mon sens. C’était sans aucun doute la pire douleur qui pouvait exister : bien plus puissante que celles physiques que j’avais pu subir jusqu’à présent. Bref, après mes petites propositions face à la situation à laquelle nous étions confrontés, je tentai de le réconforter du mieux que je le pouvais, y allant même avec une petite plaisanterie facile dans le seul et unique but de le faire sourire. Ma blague eut son effet puisqu’il se mit à rire avant de m’offrir un sourire.

- T’es bête.

Je pouffai à mon tour en me disant qu’il avait certainement raison.
Ce n’était qu’une blague, mais il était vrai que j’étais « bête ». C’était sans doute de la folie de vouloir rester dans ce château, en attendant patiemment qu’il ait terminé ce qu’il avait à faire tandis que moi j’endurais des heures de colle qui ne me disaient absolument rien. Je savais qu’il ne faisait pas allusion à ça, mais plutôt au fait que les études ne m’intéressaient pas, mais je pensais tout de même à cette version-ci. Version dans laquelle je continuais de vivre dans mon illusion les yeux grands fermés, me disant que je ne souhaitais être nulle part ailleurs si lui n’était pas à mes côtés. Ça avait été comme cela depuis le départ et je n’avais pas l’intention d’y changer quoi que ce soit : moi et lui c’était pour toujours, pour le meilleur et pour le pire. Nous avions déjà surmonté les pires obstacles et je n’étais pas près de le lâcher maintenant.

L’instant d’après je me retrouvais sur ses genoux. Et tandis que mes bras s’enroulaient tout naturellement autour de ses épaules, je reçu un bisou sur la joue.


- T’as pas besoin de ça, et puis de toute façon on est encore jeunes alors t’as toute la vie devant toi et je t’empêcherai jamais de partir d’ici si un jour t’as envie de retrouver la vie sans magie pour pouvoir vivre pleinement ta passion, rentrer dans une école d’art ou je ne sais trop quoi encore. D’ailleurs je pense même que je te suivrai et qui sait, peut être que je pourrais moi aussi trouver un truc qui m’intéresse dans l’autre monde. Faudra juste que tu m’éduques avant parce que si je me retrouve lâché dans la nature comme ça … Aïe, j’aurai probablement l’air d’un parfait crétin qui comprend rien du tout. Je sais même pas comment on allume une télé j’crois bien, mais j’aimerai bien apprendre tout ça, découvrir, etc …

J’eus de nouveau un petit rire tout en me permettant de rêvasser un peu sur ce à quoi il faisait allusion. Je ne souhaitais pas spécialement retrouver le monde sans magie, appréciant celui dans lequel je baignais à présent, mais m’imaginer un Enzo qui s’y connaissait peu en la matière des moldus me faisait sourire. Sans doute serait-il à son tour émerveillé par toutes nos conneries qui nous paraissait complètement anodines à nos yeux. L’idée de vivre pleinement ma passion était quelque chose qui me séduisait particulièrement et ce serait probablement quelque chose que je réaliserais un jour, mais pour l’instant, je pouvais continuer à me pratiquer pour devenir meilleur. Pas parce que je trouvais mes dessins nuls, mais parce que je voulais absolument qu’il ait son diplôme. Ça pouvait paraître stupide, voir même parental mon truc, mais c’était une chose à laquelle je tenais.

- Je sais pas si je tiendrais encore 5 ans ici, dans ce cadre scolaire magique, voir même plus d’ailleurs avec la création des années supérieures auxquelles j’ai pas vraiment prêté attention jusqu’ici mais qui sait, y a peut être un cursus qui me plaira dedans, m’enfin bref ce que je veux dire c’est que pour l’instant je m’accroche, promis, et si un jour les choses se calment, si la sécurité à l’extérieur est vraiment assurée, peut être que l’école sera plus ouverte et qu’on aura l’occasion de suivre chacun une voie différente sans pour autant être séparés pendant des mois parce que j’ai pas envie non plus que tu te sentes prisonnier ou que tu finisses par tourner en rond ici. Faut que tu vives ta vie toi aussi.

J’avais fini par retrouver mon sérieux et j’avais aussi hoché la tête en synonyme de compréhension. Je me voyais mal me séparer de lui en attendant qu’il finisse, mais peut-être qu’avec le temps je serais en mesure de poursuivre ma propre voie sans être nécessairement « scotché » à lui. De toute manière, j’avais fini par découvrir au fil du temps que les sorciers possédaient des manières assez efficaces d’entrer en contact avec les autres et même de pouvoir se déplacer d’un endroit à un autre à la vitesse de la lumière, choses qui me redonnaient un peu d’espoir. Il y avait toujours moyen de s’arranger, mais pour le moment, je n’étais pas encore prêt à le quitter. Surtout que pour le moment j’ignorais où aller et que je me sentais bien ici en dépit de mon nouvel emploi du temps. Mes amis étaient ici, sain et sauf et ils constituaient ma famille : je ne voulais pas les quitter.
Enfin, chaque chose en son temps. Nous n’étions pas encore rendus là, donc aussi bien ce concentrer sur le présent, non?


- Même si j’aime pas ne pas te voir au moins une fois par jour, ça c’est sur, mais bon si c’est pour la bonne cause c’est pas pareil. Puis qui sait, si ça se trouve on pourra se trouver un nid rien qu’à nous deux, à l’extérieur, et s’y retrouver tous les soirs.
- Chuuuut.


Ça ne servait à rien de penser à long termes, bien que ce n’était pas l’envie ni l’imagination qui manquait. Seulement, il ne fallait pas se torturer outre mesure et il fallait surtout se dire que notre situation pourrait être pire. Pour l’instant nous étions ensemble, dans une « certaine » sécurité et tout allait bien. Un jour nous sortirons définitivement de cet endroit, mais le moment n’était pas encore venu : aussi bien profiter de ce que nous avions maintenant.
Je lui offris un petit bisou sur le bout de son nez avant qu’il ne me serre de nouveau contre lui.


- J’ai plus envie de parler d’elle ou de penser à elle et à toutes ces emmerdes, au moins pour aujourd’hui. J’ai juste envie d’être avec toi et qu’on profite de ce moment rien que tous les deux.

J’hochai encore une fois la tête, étant tout à fait d’accord avec ce qu’il venait d’énoncer. Car lorsque nous nous trouvions dans cette salle si particulière, c’était justement pour profiter d’un moment à deux. Nous nous étions assez prit la tête comme ça et valait mieux prendre un peu de repos pendant que nous le pouvions encore. Je tressailli légèrement à l’impact de ses lèvres dans mon cou, mais je repris vite consistance lorsque sa bouche s’empara doucement de la mienne.

- Je t’aime. J’ai l’impression que ça fait un siècle que je te l’ai pas dit.

Un nouveau sourire se dessina sur mon visage.

- Ça fait un siècle que tu ne me l’as pas dit, j’ai compté. Et je t’aime aussi.

Je reçu un sourire de sa part rapidement accompagné d’un baiser. Je me relevai par la suite, comprenant d’un signe que je devais quitter ses genoux et je le regardai se débarrasser de ses chaussures avant de s’étendre finalement sur le matelas. N’attendant pas d’invitation de sa part, je m’allongeai à ses côtés tout en déposant ma tête contre son torse, plaçant mon oreille directement sur son cœur pour pouvoir ainsi écouter le battement irrégulier de ce dernier. Une berceuse naturelle qui était devenue la mienne. Ses bras s’enroulèrent autour de mon corps et je fis pareil avec les miens, le serrant un peu contre moi, comme si notre position n’était pas suffisante en proximité.
Le silence s’était installé entre nous et j’avais fini par fermer les yeux par réflexe, sentant déjà une certaine fatigue m’envahir.


- Dis, j’pense à un truc. Je sais que c’est pas pour tout de suite mais d’une normalement le mois prochain on devrait avoir une sortie dans la ville à côté de l’école, est ce que ça te dirait d’y aller ? Et de deux, en décembre on aura deux semaines de vacances avec possibilité de quitter Poudlard, t’as envie de faire quoi ?

J’ouvris doucement les yeux tout en prenant en considération les deux choses qu’il m’avait demandées, légèrement perdu à cause de mon état de relaxation qui frôlait le sommeil.

- Euh… Y’a une ville près d’ici…?

Si on m’en avait déjà fait mention, alors j’avais du complètement l’oublier.

- Hum bien si en tant que moldu j’ai le droit moi aussi à cette sortie, ouais pourquoi pas. Ça pourrait être sympa. Après pour les vacances des fêtes, je ne sais vraiment pas…

Je n’étais juste pas encore rendu là. Décembre me semblait bien loin encore.

- Cet été tu m’as suivi, on a fait un peu ce que moi j’avais envie de faire alors c’est ton tour, c’est toi qui décide et si t’as peur que ça m’embête de pas retourner en Australie, je t’arrête tout de suite, ça n’est pas le cas. Au pire on peut toujours y passer un jour ou deux, ou moi j’y vais tout seul pour le jour de Noël histoire de faire acte de présence auprès de la famille et basta. C’est sur que je préfèrerai que tu sois là mais vu les circonstances …

Je pris une expression songeuse, n’ayant vraiment aucune idée de ce que je voulais faire. Je n’avais personne à aller voir en dehors du château. Peut-être que je pouvais retourner en Amérique, mais à quoi bon? Revoir mes parents? Ça me semblait être une mauvaise idée. Et puis je n’avais plus rien ni personne là-bas, puisque Billy était désormais ici. Sans doute que je pouvais également faire visiter mes coins d’enfance à Enzo, mais ça me semblait beaucoup moins palpitant et surtout beaucoup moins joli que son petit bout de terre en Australie. Pas que j’avais honte, mais ce n’était juste pas intéressant. Du moins, à mon sens.

- Y a juste un truc que j’aimerai bien faire : Est-ce que ça te dit qu’on passe faire un coucou à Jillian ? On pourrait passer la voir, passer un moment avec elle, et je pense d’ailleurs que ça lui ferait plaisir de voir Cameron aussi. J’sais qu’elle a des projets de prendre un appart pour s’émanciper un peu de ses parents, ça se passe bien dans sa nouvelle école mais on lui manque autant qu’elle nous manque. Enfin je parle pour moi en tout cas mais voilà. En tout cas pour le reste, c’est toi qui vois. J’te suivrai ou t’emmènerai où tu veux et quand tu veux. J’me débrouillerai pour faire garder Lune, au pire elle reste ici ou je la refourgue à mon frère … Quoi que … Enfin je trouverai bien, ça sera pas un problème.

L’idée de Jillian me paru bien plus intéressante que celle de retourner en Amérique. De toute manière, mon paysage typique ne me manquait toujours pas : c’était surtout la ville de Londres que je souhaitais revoir. Mais encore là pour y faire quoi? Depuis le temps de ma disparition mon appartement avait du être loué à quelqu’un d’autre, j’avais dû être remplacé à mon boulot et quant aux connaissances que je m’étais fait, ils avaient déjà du m’oublier.
Je me rendais soudainement compte que je n’existais plus pour le monde non magique. Mes parents m’avaient effacé depuis longtemps et j’avais été trop peu de temps établi en Angleterre pour y avoir laissé une marque quelconque. C’était une sensation assez… Étrange.


- J’te demande pas une réponse tout de suite hein, on a le temps, mais je voulais juste que tu le saches comme ça tu peux y réfléchir.
- Bah tes propositions sont intéressantes, mais… Ouais je pense que je vais y réfléchir un peu parce que sincèrement, j’ai l’impression que le mois de décembre est dans un an. Je sais que ça va arriver vite quand même, mais bon. J’y penserai quand on sera un peu plus près du mois.


Parce que finalement, on avait plus de possibilités que je ne l’aurai imaginé avec tout ce qu’il m’avait énoncé.
En fait, ce que l’on allait faire durant ces vacances m’importait peu. Tant que j’étais avec lui, le reste ne me dérangeait pas.

Maintenant bien réveillé, je lui embarquai dessus avant d’appuyer mon menton contre son torse.


- Même si on ne s’est dit plus de promesses… Promet moi quand même que tu ne me laisseras pas seul le jour de Noël, d’accord?

Je lui offris une petite mine de chien battu.
Si les autres années je n’y avais pas trop fait attention compte tenu de la situation dans laquelle se trouvait le château, cette fois-ci c’était différent. Sans doute qu’il voudrait être avec sa famille, mais même si on ne passait pas toutes nos heures ensemble, je voulais au moins que l’on se voit. J’aimerais bien aller de son côté pour y rencontrer sa famille, mais nous savions tous les deux que c’était une mauvaise idée, compte tenu des événements de cet été. N’empêche qu’encore une fois, il y avait une manière de s’arranger.


- Même si c’est juste quelques heures, je veux que l’on se voie un peu. Pas question d’être séparés toute la journée. Et j’y tiens.

Parce que lors de cette journée, nous devions être entourés des gens auxquels nous tenions le plus. Et moi, c’était lui.
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MessageSujet: Re: A chaque jour suffit sa peine ▬ Kyle   Jeu 20 Fév 2014 - 13:31

Chut. Chut Enzo. Mais ! Il m’a dit chut ! Je déteste qu’on me dise chut. Bien sur que tout ça c’est de la comédie dans le sens où je comprends parfaitement pourquoi il … m’a dit chut. J’ai gagné un bisou sur le nez dans l’affaire mais son truc c’est clairement un moyen de me dire d’arrêter de penser et pas de méprise, je ne lui en veux pas, parce que je sais qu’il a raison même si moi ça me plait de penser à l’avenir. Je change d’humeur comme de chemise donc dans dix minutes je serais probablement entrain de penser comme lui mais je crois que dans le fond c’est surtout que j’ai le sentiment que l’herbe est plus verte ailleurs. Ça passera, je le sais, ça passe toujours, mais c’est vrai que ce château n’est pas – aujourd’hui en tout cas, à l’instant T – mon choix numéro un en matière de vie quotidienne. J’aimerai être ailleurs, faire autre chose, mais c’est parce que mon moral joue un peu dans les montagnes russes aujourd’hui donc je ne suis sans doute pas totalement objectif. Vivre l’instant présent, voilà ce qu’il faut faire, et quand on compare notre vie aujourd’hui à celle d’il y a seulement quelques semaines ou quelques mois c’est clair qu’on nage en plein bonheur. On n’a plus à se cacher, que ce soit pour nous deux ou personnellement pour ce que je suis moi, ce qui fait un gros poids en moins sur les épaules. Personne ne cherche à nous séparer, à nous tuer, ou ce genre de réjouissances. Enfin Hunt mise à part mais je pense que ce problème va finir par se solutionner. Et puis ce qu’on a tendance à oublier en vivant sur notre petit nuage c’est qu’on ne sait pas vraiment comment ça se passe à l’extérieur et que – je persiste même si je préférerai être ailleurs – ce château est probablement un des endroits les plus surs du coin. Alors soit, on va arrêter de se prendre la tête – enfin je vais arrêter de me prendre la tête – et vivre au jour le jour en profitant de ce qu’on a parce que même si j’ai parfois tendance à voir tout en noir, il y a aussi des choses positives évidemment. Comme ce moment, lui dans mes bras et moi dans les siens, comme les amis qui sont ici ou pas très loin et avec qui on peut toujours être en contact, comme la famille qui est loin même si étrange de dire ça et bien sur Grand-Mère me manque mais aussi cruel que ça puisse paraitre … disons qu’on s’habitue à l’absence. Je parle de la famille qui est loin mais j’ai la chance d’avoir mon frère ici même si en ce moment ça n’est pas l’éclate totale entre nous deux et qu’il n’y a en fait quasiment aucun contact entre nous. Bref ! Tout va bien dans le meilleur des mondes !

C’est juste du bonheur total d’être là tous les deux et de l’avoir contre moi de cette façon. Mes yeux sont rivés sur le plafond, je ne regarde rien de particulier, il me serre contre lui et on discute. Je ne réponds pas quand il me parle de Pré-Au-Lard, me contentant d’être secoué par un rire bref, amusé. Ce type est un véritable poisson rouge mais d’un autre côté ça n’est pas comme si cette ville venait souvent dans la conversation et ça n’a de toute façon aucune importance. Songeur, soucieux presque, je le regarde par moment alors que je lui expose ce qui me trotte dans la tête, voyant que ça fait son chemin dans la sienne. Comme je dis, aucune urgence, j’avais juste envie de changer de sujet et d’évoquer tout ça, c’est tout.

« Bah tes propositions sont intéressantes, mais… Ouais je pense que je vais y réfléchir un peu parce que sincèrement, j’ai l’impression que le mois de décembre est dans un an. Je sais que ça va arriver vite quand même, mais bon. J’y penserai quand on sera un peu plus près du mois. »

Quoi ? C’est quand même pas de ma faute si je nous vois déjà mariés et vivant dans une maison au bord de l’océan avec un chat, un chien, et pleins de planches de surf et de dessins ! Ok je sors. Et le voilà étendu sur moi, son menton posé sur mon torse et ses yeux bleus/gris captant les miens.

« Même si on ne s’est dit plus de promesses… Promet moi quand même que tu ne me laisseras pas seul le jour de Noël, d’accord ? »

Regardez moi ce regard de chien battu … Regardez moi ça ! Ne me dite pas que ça n’est pas de la manipulation ! Et ne me dite pas que je fais régulièrement la même chose, c’est pas la peine, je le sais déjà. Il est complètement craquant comme ça et moi comme un con je suis entrain de fondre. Avec ce regard je lui donnerai tout et n’importe quoi mais ce qu’il me demande me touche énormément. Ça n’était pas mon intention, aucunement, j’ai juste dit les choses comme elles me venaient parce que ça me semble être une évidence que je pourrais difficilement esquiver le repas de famille même si c’est pourtant ce qu’on a fait pendant deux ans et ça n’a visiblement choqué personne là bas mais … Disons qu’une partie de moi à envie de leur tenir tête, question de fierté mal placée sans doute, et une autre a envie de voir Grand-Mère de même que l’Australie et la maison et sans doute aucun la tombe de Papa et Maman même si ça n’est qu’une pierre tombale et un trou dans le sol. Je sais que j’ai dit que ça ne me dérangerait pas de ne pas y retourner et je le pense parce que si c’est pour lui je le ferai mais il y aura toujours des choses qui m’appelleront là bas, c’est une évidence. Mon présent et mon futur – même si j’ai bien compris qu’il fallait que j’arrête d’y faire allusion – c’est Lui, mais mon passé il est là bas, mes racines, mes souvenirs de gosse et tout le reste. Je sens bien que ça n’est plus la même chose maintenant que j’ai pu y retourner au moins une fois mais quand même. Ça sera toujours mon chez moi d’une certaine façon.

« Même si c’est juste quelques heures, je veux que l’on se voie un peu. Pas question d’être séparés toute la journée. Et j’y tiens. »

Un instant je me contente de le regarder, silencieux. Une de mes mains va se caler derrière ma tête et l’autre joue avec ses cheveux avant de retomber sur le matelas, puis un sourire malicieux étire mes lèvres.

« Nan mais t'as fini de me donner des ordres ? »

C’est parti pour le show !

« D'abord j'ai le droit à un magnifique : Chuuut. Ce qui veut dire : La ferme Enzo. En gros. Et maintenant ça ? Tortionnaire ! »

C’est pas avec ton regard de chien battu et ta gueule d’ange que tu vas me faire croire que t’es un petit saint innocent, j’te connais ! Et j’ai juste envie de t’emmerder mon chéri.

« Ma vengeance sera terrible ! »

Et PAF ! Le voilà qui se fait « gentiment » dégager de son perchoir pour finir plaqué contre le matelas alors que c’est moi qui lui grimpe dessus cette fois ci. Ok dit comme ça c’est « étrange » mais on s’en tape. Je ne m’appuie pas sur lui, j’ai parfaitement conscience que je risquerai de lui faire mal, je suis simplement en appuie sur mes genoux au dessus de lui, mes jambes de chaque côté de son corps et je laisse trainer mes mains sous ses vêtements pour le chatouiller dans le seul et unique but de le voir se tordre dans tous les sens. Vision qui me fait bien marrer d’ailleurs. Il n’est peut être pas aussi sensible de que moi à ce niveau là mais il n’est pas immunisé contre les chatouilles.

« Ah tu fais moins le malin là, hein ? »

Est-ce que j’ai l’intention de m’arrêter ? Non ! Pourtant c’est que je fini par faire en attrapant ses bras et en les plaquant sur l’oreiller, de chaque côté de son visage, tout en me penchant sur lui jusqu’à ce que mon visage soit au dessus du sien.

« C’est qui le mâle Alpha ici ? »

Est-ce que je prends mon pied à le dominer physiquement comme ça ? Évidemment. Il n’empêche que tout ce cirque n’a rien de sérieux, c’est simplement pour déconner.

« T’es mon p’tit Oméga et je vais te martyriser pour affirmer ma position dans la meute. Ouaip, c’est comme ça que ça fonctionne. Tu vas souffrir Johnson … »

Je lâche un de ses bras, lui pince la taille sans lui faire mal pour autant, laisse trainer mes doigts dans son cou pour le chatouiller encore et encore et encore pendant quelques secondes, une minute peut être, voir deux, avant de me calmer, de le laisser se calmer et s’en remettre et là je reste assis en appuie au dessus de lui, sans y mettre mon poids qui est toujours réparti dans mes genoux, attrapant ses mains pour jouer avec tranquillement, l’air de rien.

« Tu sais que chez les Loups il n’y a que le couple Alpha qui fait des petits ? Et qu’en fonction du territoire, des besoins de la meute, de l’environnement, etc … ils se reproduisent ou pas. Ils s’autorégulent en fait. Et tout le reste de la meute participe à l’éducation et la protection des petits. C’est tout une organisation, j'trouve même que les humains devraient en prendre de la graine. »

Bienvenue dans le National Geographic … Quoi ? C’est pas parce que je vis dans le monde des sorciers depuis que je suis né que je n’ai pas le droit de me documenter ! Oui j’en connais un rayon sur les Loups maintenant, et pas que les Loup-Garous, parce que je m’y suis intéressé et que j’ai été fouiller dans les bouquins de la bibliothèque.

« Oui j’suis bien parti pour te faire un cours sur les mœurs du Loup et je vais te tenir la jambe avec ça pendant … aller … une ou deux heures d’exposé. Après on passera à l’étude de la morphologie, d’ici 3 semaines, quand je serais en mesure de te proposer un spécimen. Les os, les muscles, la texture du pelage, tout ça quoi. »

Sourire plein d’innocence, évidemment, et puis je reprends mon sérieux sans pour autant lâcher ses mains. J’en porte d’ailleurs une à ma bouche et dépose un baiser dans sa paume.

« Je te le promets. J’te promets que je ne te laisserai pas tout seul le jour de Noël. »

Ici. Là bas. Ailleurs. Peu importe. On trouvera une solution parce que moi aussi je veux être avec toi ce jour là.

« Et t’as raison, c’est totalement débile de se projeter aussi loin parce qu’on sait pas de quoi demain sera fait mais peu importe ce qu’on fera, où on sera, et même si je dois faire acte de présence auprès de ma famille – chose que je ferai uniquement pour faire plaisir à Grand-mère soit dit en passant, et pour mon frère même si lui doit s’en foutre royalement … et peut être aussi en partie pour leur montrer de quoi je suis capable mais passons – je m’arrangerai pour te rejoindre dès que je pourrais. »

Je crois que la notion de famille a proprement parlé et au sens large du terme c’est foutu pour nous deux mais c’est pas grave. Il m’a, je l’ai, on a des amis, et quand même un peu de famille malgré tout en ce qui me concerne. On fera avec ce qu’on a et ça sera très bien. Et puis y a Lune !

« J'me déguiserai en Père Noël et je descendrai par la cheminée. En Père Noël sexy, faut pas déconner non plus. J'te jetterai dans ma hotte et on ira faire un tour de traineau. »

Est-ce qu’un jour j’arrêterai de raconter des conneries ? Faut pas rêver.

« Bon j'arrête de te souler avec mes projets d'avenir et j'me tais. »

Je me laisse retomber à côté de lui, en appuie sur un coude je cherche son regard. Mon autre main va glisser gentiment sous son T-shirt juste pour avoir un contact avec sa peau. J’aurai pu choisir le bras, certes, mais et alors ? Y a plus de surface sur un ventre que sur un bras au cas où vous ne l’auriez pas remarqué.

« J'sais que c'est pas vraiment l'heure mais j'ferai bien une sieste. Hum ? »

Une vraie sieste, pas une sieste crapuleuse. Etrange venant de ma part ? Ca va, j’passe pas mon temps à avoir envie de … peu importe. Et oui je sais, j'ai dit que je me taisais, mais en fait non.

« Comme ça on sera en forme cette nuit. »

Je sais, je m’enfonce.

« Pour faire nos devoirs j'veux dire. »

Enzo, t'as pas dit tout à l'heure que t'avais pas de devoir à faire ? Si ... Sourire taquin et provocateur, mais la vérité c’est que je n’ai pas la tête à ça, aussi incroyable que ça puisse paraitre. J’ai juste envie de le tenir dans mes bras tranquillement et c’est tout. C’est d’ailleurs ce que je fais. Je m’allonge complètement, sur le côté, et l’attrape pour le serrer contre moi. Sa tête vient se loger dans mon cou et … Oui bon ok ! Tranquillement n’est peut être pas le terme le plus approprié parce que c’est plus fort que moi j’en profite pour recommencer à le chatouiller et donc lui à protester et à se débattre.

« Stop. Tu bouges plus. Chuuuuut. »

Vengeance ? Oui !

« Les doudous ça parle pas et ça bouge pas. »

Bonjour, je m’appelle Enzo Ryans, j’ai 4 ans et demi d’âge mental et je suis un emmerdeur. Je me calme, dépose un bisou sur son front, desserre un peu mon emprise sur lui histoire de le laisser respirer mais le garde dans mes bras et le laisse m’entourer des siens. Oui parce qu’avant il était complètement bloqué en fait … Et ils dormirent heureux et eurent beaucoup de jolis rêves.

▬ The End ▬

Lancez le générique ! Lili, tu sors.
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