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 I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa

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MessageSujet: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Mer 20 Nov 2013 - 2:52

~ I don't want to talk about it ~
Jeudi 11 septembre 2014
Charleen S. Thomson && Rosalyn W. Dawson
Je voulais pas que ça se passe comme ça.

Cet été, j'ai eu qu'une trouille : que ma soeur profite d'un moment où j'y étais pas pour fouiller dans ma chambre. Il aurait plus manqué qu'elle tombe sur un de mes dessins, tiens. Déjà qu'elle était tout le temps sur mon dos… Je crois pas que ça ait été le cas. Sinon, la connaissant, elle m'en aurait foutu un sous le nez et m'aurait asséné une tonne de questions jusqu'à ce que je craque et que je lui parle. Mais je veux pas parler. Je veux pas en parler. Ni à elle, ni aux parents, ni à un psy, ni à personne. Grande idée, ça aussi, d'ailleurs. Maman et Papa n'ont rien trouvé de mieux que de m'envoyer chez un thérapeute. Je sais pas combien ils ont payé leurs foutues séances, mais la prochaine fois, ils feraient mieux de mettre ça sur un compte qui rapporte, hein. J'ai pas décroché un mot après que je lui ai dit que je voulais pas être là, point. Et pour lui dire quoi de toute façon. A mon école, y a un Loup-Garou qui s'est fait torturer par les petits copains des gens qui investissent un peu tout le monde magique et ils l'ont forcé à torturer aussi son petit-ami, et moi je me suis retrouvée forcée de regarder tout ça. J'ai été collée, aussi, et j'ai dû lever ma baguette contre un pauvre type qu'avait rien demander pour sauver les fesses de mon camarade qui a rien trouvé de mieux à faire en sortant que de me menacer si j'ouvrais la bouche au sujet de ce qui s'est dit dans la salle. Et je suis qu'une sale lâche qui laisse les autres se battre pour la liberté et se planque dans un coin, en plus d'être une putain d'égoïste. Quoi que cette phrase-là, au moins, ça peut passer auprès d'un médecin moldu, mais passons. Non, j'avais pas envie d'en parler, et j'ai pas changé d'idée. Malheureusement, les choses ne se passent pas toujours comme on veut.

La pleine lune est passée, et j'ai pas dormi. J'ai laissé un mot à Enzo, avec mes cours, et j'ai aucune idée de ce qu'il en a fait. Qu'il brûle ma lettre, et mon petit dessin, soit, après tout, ça n'a vraiment aucune importance, et ça ne compte certainement pas pour lui. Mais j'espère au moins qu'il a gardé mes cours, parce que ça peut l'aider un peu… et ça me ferait chier qu'il foire encore son année. Me demandez pas pourquoi, parce que je saurais pas répondre, mais n'empêche, je suis vraiment désolée d'avoir eu raison. Et y a au moins un truc pour lequel je lui suis reconnaissante. Il a pas parlé de tout ça à ma soeur, sinon je me fais aucune illusion quant au fait qu'elle aurait débarqué en trombe pour m'engueuler, et c'est réellement un soulagement. J'aurais vraiment pas eu besoin de ça en plus.

Je me fais toute petite, je me fais oublier. Enzo et Kyle, je les évite comme la peste, et c'est pas trop dur, on a pas les mêmes cours, pas les mêmes fréquentations, pas le même dortoir… Je tiens ma promesse, et je dessine plus dans les lieux communs. Je m'enferme dans mon dortoir quand y a personne, je me permets un peu dans un coin de la salle commune aussi. Et quand je les gribouille pas, je les enferme dans ma malle, magiquement verrouillée, sous mon lit. C'est rare que je les embarque, sauf si je sais que je vais avoir un moment de libre loin de la plupart des gens que ça pourrait intéresser. Ou inquiéter, plutôt. Aujourd'hui, je pensais justement pouvoir squatter vers le saule cogneur, me poser là-bas loin de tout le monde et laisser tous ces trucs sombres sortir de ma tête pour se coucher sur le papier. Ce que j'avais pas prévu, c'était qu'en cours de route, mon carnet me ferait un coup foireux.

Je sortais de potions un peu trop en hâte, en me disant que je ferai l'impasse sur le déjeuner. Et Chacha m'a suivie. Et comme j'ai été trop vite, j'ai mal rangé mes affaires, mal fermé ma sacoche. Il y a cette feuille qui est sortie, un peu froissée, et qui est tombée par terre aux pieds de ma meilleure amie. J'ai voulu me pencher pour la ramasser, mais trop tard, elle l'avait déjà en main. Et je la lui ai arrachée des doigts, mais… trop tard aussi, parce qu'elle avait eu le temps de la voir. Une énième pleine lune, un énième loup, un énième corps plein de bouclettes ensanglantées. Il suffisait de voir ses grands yeux terrifiés pour s'en convaincre.

« T'aurais pas dû voir ça… »

C'est tout ce que j'ai réussi à dire, et la regarder encore, c'est juste impossible. Je veux pas croiser son regard, je sais pas ce que je pourrais y lire, et je veux surtout pas le savoir. Je tremble comme une feuille, et j'ai qu'une envie, m'enfuir loin, très loin. Mais c'est Chacha… Et je reste là, comme une conne, la feuille serrée contre mon coeur, un peu plus froissée encore, le regard baissé.


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Mar 28 Jan 2014 - 7:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Dim 24 Nov 2013 - 15:27

J’ai croisée Enzo dans les couloirs et je ne saurais pas expliquée mon envie soudaine de me planter devant lui, de l’affronter du regard et de lui demander « Pourquoi ? ». Juste « Pourquoi ». Pourquoi m’avoir jetée, pourquoi avoir ignorée mon existence. Mais je sais déjà d’avance que je n’aurais pas le courage d’affronter son regard, ses grands yeux sombres, son visage fermé. Comme je n’ai pas le courage de grand-chose… Toujours cette peur sourdre au creux des entrailles. Peut-être qu’un jour, j’oserais aller le voir et réclamer ce qu’il m’ait dû : Des explications. Car… j’y ai le droit, non ? Pour comprendre, pour me sentir mieux aussi. Je pense. Cette gêne au creux de moi ne me quitte pas, j’ai du mal à faire main basse sur ce qu’il s’est passé, comme si son corps était toujours coller au mieux. J’ai été stupide, j’ai fais n’importe quoi. J’effleure mes joues, j’en rougis encore. De honte, mais aussi de pudeur. Je lui ai donné ce que j’avais « d’unique » chez moi, je lui ai donné bêtement ma première fois… Oui, je sais que pour beaucoup d’esprit, ce raisonnement peut paraitre stupide mais pour moi c’était important. Pas que j’avais dans l’idée de … faire ma première fois avec l’homme de ma vie ou je ne sais quoi d’autre digne des grands comtes pour enfants… Juste que je n’aurai pas cru être jetée de la sorte. Pas comme ça. Pas avec lui.

Je balaie tout ça de mes pensées, j’ai d’autres choses à faire que de me morfondre sur ce qu’il s’est passé. Et puis, ça n’était pas le bon moment. Nous étions actuellement dans la salle de potion pour deux heures de cours, l’humidité emplissant l’air et avec pour seuls bruits le grattement des plumes sur les parchemins, l’ébullition de nos chaudrons et la voix de Mr Hammerschmitt qui nous enseignait ce qu’il y avait à savoir. Dire que je me sentais à l’aise avec ce prof serait mentir. Pour tout avouer, son air froid me terrifiait. Pourtant, il n’avait rien de méchant. Bien au contraire, il nous démontrait qu’il était présent si nous étions en difficulté et si nous nous donnions la peine de comprendre. Quoi qu’il en soit, je m’agitais autour de mon chaudron afin de tenter de réaliser le breuvage demandé. J’avais ramené ma chevelure blonde comme les blés à l’aide d’un bâtonnet pour éviter d’être gênée durant la pratique. Je tenais à réussir, toujours aussi consciencieuse dans mon travail que possible… Pourtant, une chose me chiffonnait : Rose.  Depuis la rentrée, j’avais cette sensation qu’elle m’évitait et je n’sais pas pourquoi… Oui, elle était différente depuis quelque temps mais avais-je fais quelque chose de mal sans le vouloir ? Nous nous étions toujours tout dit, même si bien évidemment, nous avions chacune un petit jardin secret bien à soi, mais majoritairement, nous parlions de tout et de rien, partagions beaucoup. Elle s’efforçait de sourire… Je la connais, mieux que personne et je le sais. Peut-être pas mieux que sa sœur, mais même.

Entre deux ingrédients, je lui jetais quelques coups d’œil, apercevant son regard vitreux, vide par moment. Qu’est-ce qu’il se cachait derrière tes sourires forcés, dis moi ? Et lorsque la fin du cours sonne, j’essaie d’attraper au plus vite mes affaires, cahiers rangés de manière désordonné dans mon sac à dos, moi qui avait pour habitude d’être très carré dans mes rangements suite à l’éducation de papa, pour ensuite enjambés les quelques mètres qui nous séparait. Je le voyais dans ses gestes, cette envie de fuir. Attends-moi s’il te plait…

« Rose, attends s’il te plait ! »

Elle ne m’écoute pas, elle fuit, et je ne peux m’empêcher de ressentir un pincement au cœur. Pourquoi fais-tu ça ? Je pensais qu’avec la désertion des Supérieurs elle serait plus tranquille, plus jovial. Elle gardait toujours le même sourire, mais il n’avait plus la même couleur, ni le même goût que je lui connaissais.

Et une feuille glisse de sa sacoche pour atterrir juste à mes pieds. C’était comme si Merlin m’avait entendu. Je me baisse et l’attrape pour la défroisser.. Ce que j’y vis me donna un coup de fouet en plein cœur. Les détails qui me sautèrent aux yeux et qui me laissaient ainsi bouche bée et regard fixé sur la feuille n’était autre qu’un loup la gueule ensanglantée penché sur un corps avec d’innombrable bouclettes… visiblement mort. Et avant que je n’ai le temps de comprendre et d’assimiler l’information correctement, Rose m’arrache la feuille des doigts d’un geste rageur… Rage que je ne lui connaissais que rarement.

« T'aurais pas dû voir ça… »

Je… J’ai mis un temps avant de comprendre. Le sang. Le loup. Les boucles. Kyle ? Enzo ? Je ne connaissais qu’un Lycan et c’était lui. Pourtant, à aucun moment je n’ai vu Enzo faire…

Du mal.

Les souvenirs reviennent comme une déflagration en plein visage. Jamais je ne pourrais oublier ce jour où nous avons tous été figé afin d’être soumit à la vision d’horreur. A la douleur et la souffrance. Je sens déjà l’odeur du sang au loin, j’entends encore les pleures, les chuchotements, parfois les cris. Je vois surtout leurs douleurs, à eux deux. Obligés de se faire du mal, l’humiliation violente et poignante. C’était un cauchemar. C’était l’horreur incarnée. Nous étions tous forcé à voir ça. Le traumatisme à été conséquent pour nous tous je crois… Pour ma part, les cauchemars ont durés plusieurs semaines et rien que d’y repenser me donnait des crampes au ventre. Mais pour toi Rose ? Je la vois trembler de la tête aux pieds, le regard rivé sur le sol, sans qu’elle ne prononce un seul mot de plus.

Et moi ? Je..

« Rose…»

Je tente une approche, douce et lente. Ne pas la brusquer. J’effleure son bras avant d’articuler doucement :

« Depuis quand fais-tu ce genre de dessin ? Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé avant ? »

Et toi Charleen, pourquoi n’as-tu pas prit les choses en main plus tôt ? Elle était ta meilleure amie et tu n’avais apparemment pas été fichue de voir que ça n’allait vraiment pas ? Est-ce que c’était là le premier dessin de ce genre là qu’elle faisait ? Je n’en étais pas certaine… La culpabilité me saisit la gorge, me donnant la sensation d’avoir un poids énorme sur les épaules. Je lui attrape la main afin d’imposer ma présence à ses côtés. Ni les élèves traversant le couloir où nous étions, ni le brouhaha ne m’arrachaient ces images sanglantes de ma tête, ni la terreur tapis au fond de ma tête. Et encore moins celle de Rosalyn qui me donnait l’impression d’avoir été vidée de toute vie. Tendrement, je l’entraine un peu à l’écart et l’adosse contre le mur. Les tremblements ne cessent pas, s’accentuant cran par cran. L’angoisse était palpable. Moment de crise, je n'étais pas la personne avec le meilleur sang froid du monde. Bien au contraire, j'ai tendance à paniquée avec aisance, à perdre pieds à la seconde même où je sens que tout m'échappe... Mais pas cette fois. Joue ton rôle jusqu'au bout Charleen.

« Rose, je suis là. Calme toi s’il te plait et parles moi, dis moi ce qu’il se passe… »

Extériorise moi ce qui te ronge à ce point. Je me sens stupide et égoïste. J’avais réussi du mieux que je le pouvais de faire « abstraction » de ce que nous avions vécue dans cette salle d’EDM, salle qui m’avait donnée des nausées tout le long du cours, ravivant les images et l’ambiance que nous y avions vécue. Mais quoi qu’il en soit, Rose avait visiblement besoin de moi, elle savait que j’étais là pour elle quoi qu’il arrive. D’un geste qui se voulait à nouveau tendre, je passais un bras autour de ses épaules, la serrant un peu plus fort contre moi.
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Dim 22 Déc 2013 - 9:23

~ I don't want to talk about it ~
Jeudi 11 septembre 2014
Charleen S. Thomson && Rosalyn W. Dawson
Ces explications-là, Chacha y a droit, clairement, je suis la première à le dire. Mais c'est un peu la poêle qui se fout du chaudron, parce que moi, je refuse de parler, de m'expliquer, justement. Même pas après de ma soeur, même pas auprès de ma meilleure amie. Je devrais sans doute, je le sais bien, mais je n'y arrive pas. Alors je fuis. Quel courage n'est-ce pas ? Je m'enferme dans le silence, et la distance, j'essaie de faire croire que tout va bien, mais même moi je crois pas au reflet que je renvoie dans le miroir. Et si je savais ce qu'elle pense, je m'en voudrais encore plus, parce que non, évidemment qu'elle n'a rien fait de mal ! Bien au contraire... Et je sais bien qu'elle ne souhaite que m'aider mais je veux pas lui imposer tout ça, je veux pas lui transmettre ma souffrance, et je crois aussi qu'en parler, ça y redonnerait encore plus de corps, j'aurais l'impression de le revivre encore, et ça non plus, je veux pas. J'imagine bien qu'on pourrait en dire de même de mes dessins, mais c'est la seule façon que j'ai trouvée pour sortir tout ça, la seule qui me convienne en tout cas... Ou en tout cas, je le crois.

C'est encore égoïste, sans doute, de refuser de m'expliquer et de la laisser dans l'ignorance comme ça, mais je peux pas. J'en ai pas la force. Alors oui, je m'enfuis, ou au moins j'essaie. Je sors de cours de potions aussi vite que je peux mais... Pas assez manifestement. Faudra que je fasse mieux sur mon balai, hein ?

« Rose, attends s’il te plaît ! »

Je voudrais bien te dire non, partir, mais comme tu le penses, Merlin t'a entendue. En tous les cas, il n'est pas de mon côté. Cette feuille, elle n'aurait jamais dû se retrouver dans ses mains, mais malgré tout ça a été le cas. Et je suis mortifiée. Je voulais pas qu'elle voie ça, déjà en parler, c'était pas faisable, mais lui montrer... Non... Je suis terrifiée, paniquée. Regarde pas, Chacha, je veux pas te faire de mal. Je lui ai arraché le dessin sans trop bien m'en rendre compte, sans comprendre que ça passerait pour de la rage et les larmes me montent aux yeux. Elle aussi elle était là, ce jour-là. Elle aussi elle a été forcée de regarder. Et voir mon « oeuvre » ne peut avoir qu'un effet : raviver les souvenirs. Je suis désolée. Je suis tellement désolée Chacha. T'as pas à souffrir plus encore à cause de moi... Et je suis incapable de croiser son regard, le mien rivé sur le sol.

« Rose… »

J'ai pas besoin de lever la tête pour sentir son approche, et je suis partagée entre l'envie de me jeter dans ses bras et l'autre, opposée, toujours, de m'enfuir loin, le plus loin possible. Je sens sa main sur mon bras et mes yeux viennent se poser sur ses doigts.

« Depuis quand fais-tu ce genre de dessin ? Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé avant ?
- Je peux pas... en parler... Je peux pas... »

Je tremble comme une feuille comme elle m'entraîne doucement à l'écart, et pour ça, je ne peux que la remercier. Les autres n'ont pas besoin d'avoir tous les détails, c'est déjà bien assez difficile comme ça pour nous deux.

« Rose, je suis là. Calme-toi s’il te plaît et parle-moi, dis-moi ce qu’il se passe… »

Mais dire quoi ? Il ne se passe plus rien, mais c'est toujours là, dans ma tête. J'ai beau dessiner, ça n'en sort jamais totalement. Et me calmer, c'est juste impossible. Elle est là, pourtant, près de moi. Ses bras viennent m'entourer, présence rassurante, douce chaleur un tant soit peu réconfortante. Je craque, détache mes bras de mon propre corps pour venir les refermer autour de celui de ma blondinette de meilleure amie, et les larmes roulent sur mes joues, au creux de son cou. Je sanglote, incapable de prononcer quoi que ce soit d'intelligible pendant quelques minutes, et puis je finis par tenter, entre deux hoquets, de lui répondre.

« J'y arrive pas Chacha... Tout le monde... veut que j'oublie... que je tourne la page... Mais j'y arrive pas... »

Est-ce que c'est si anormal de continuer à y penser ? De voir sans cesse ces images ? De revivre tout ça, encore et encore ? Comment les autres font, pour continuer à avancer ? A quoi on se raccroche ? Je sais bien que je suis pas la fille la plus à plaindre au monde, j'en suis consciente, mais... Ca n'empêche que j'y arrive pas...

Help us we're drowning...


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Mar 28 Jan 2014 - 7:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Sam 4 Jan 2014 - 14:18

Elle ne cesse de trembler toujours plus au rythme de mes mots. L’inquiétude m’enserre la gorge tandis que je tente de l’apaiser du mieux que je peux. Je sais que je ne suis pas la personne la plus solide qui soit, mais si elle a besoin de moi, je suis là, malgré mes faiblesses. Et quand je vois l’état de ses dessins, il me parait évident que son quotidien n’est que cauchemar. Elle est adossée contre le mur et je lui fais face, le visage le plus serein possible. Comment ai-je pu passer à côté d’un état de détresse pareille ? Je me sentais indigne, pire qu’à l’accoutumé. Indigne de faire comme si rien ne s’était passé, indigne de pas avoir su aider qui que ce soit … Pas même ma meilleure amie. La honte me submerge et je me sens égoïste. Egoïste de penser à moi là maintenant. Rosa a besoin de ma présence, de mon soutient. Ma culpabilité, nous verrons plus tard.

Les dessins que j’avais eu en mains, ne cessent de me revenir par flash. Cette journée avait été très traumatisante pour tout le monde et je pensais que ce cauchemar la rongeait à ce point, elle serait venu m’en parler. J’avais tout fais foiré et j’étais passé à côté de son mal être, même si on regard vide ne m’avait pas échappé. Mes bras l’entourent, tentant tant bien que mal de lui imposer une présence rassurante, réconfortante. Et sans que je ne m’y attende vraiment, je sens ses bras se détacher et m’enrouler dans une étreinte presque furieuse et désespérer. Comme si, elle trouvait enfin un port d’attache, un quelque chose à laquelle se raccrocher. Et je la laisse faire sans rien dire, la plaquant plus fort contre moi. Lui faire sentir que j’étais là. Lui faire sentir qu’elle n’était pas seule. Lui faire sentir que j’étais à la hauteur. Ma main glisse dans ses cheveux, caressant le sommet de son crâne d’un geste apaisant. Puis les larmes, l’effusion de sa peine et peut-être de sa peur. Tout ça m’atterrit droit dans la tête et dans le cœur. Ne pleure pas Charleen, tu n’as pas le droit, pas maintenant. Je sens l’océan poindre à l’horizon et avant qu’il ne me submerge, je lève les yeux au ciel, comme pour faire revenir les larmes là d’où elles venaient. Etant quelqu’un d’émotive et d’empathique à souhait, c’était plutôt compliqué mais avec de la concentration, j’arrive à garder mon calme et à prendre sur moi. Voir Rosa dans cet état me touchait plus que jamais, je n’étais pas la personne exemplaire en terme de sang-froid, au contraire, ça m’a beaucoup couté lors de l’occupation des Supérieurs. Combien de fois n’ai-je pas été tétanisée par la peur ? Cet Epouvantar peu commun… Moi qui croyait que le mien serait quelque chose de plus « matériel »… mais au lieu de ça, je me trouvais avoir peur de la peur elle-même. Celle qui me glace le sang et me fait perdre toute contenance, me laissant incapable de faire quoi que ce soit. L’angoisse était de voir un proche être en danger, parce que je sais pertinemment que je ne serais pas capable de bouger. Je serre les yeux avec force. C’était pas le moment, faire comme papa m’a toujours dis : Fais de ton mieux, toujours plus chaque jours.

« J'y arrive pas Chacha... Tout le monde... veut que j'oublie... que je tourne la page... Mais j'y arrive pas... »

Je la serre plus fort, sentant une vague de compassion me submerger et me tordre le ventre. Parce que ce sentiment de ne pouvoir y arriver, je le connais. Par cœur. Mais j’avais « la chance » de réussir à faire semblant. De balayer le tout pour éviter de plonger droit dans une douleur que je ne pourrais contrôler car j’le sais que si je me laisse aller, je n’ai pas les forces de caractère suffisantes pour réussir à me remonter. Pas seule en tout cas. Alors je continue d’avancer, sans trop regarder derrière. Sans essayer de me souvenir comment … Enzo et Kyle ont souffert dans cette salle. Les mots qui ont été dit, dur et froid. Le sang, l’odeur, l’angoisse latente. Tout ça, j’essaie de le vaincre, de me réfugier dans cette bulle enfantine pour chasser les cauchemars que je fais encore aujourd’hui. Mais je sais aussi que nous n’étions pas tous pareil. J’ai vu certains faire avec, se relever et y faire face. Je me suis vu fuir… Et je vois Rosa plonger. Droit dedans. Alors, je laisse faire mon instinct. Elle est ma meilleure amie et la personne en qui j’ai le plus confiance. Je sais qu’avec Riley, tout commence à s’arranger très très doucement même si nous n’avons jamais réellement parler mais… je sais pas. Je me sentirais mal de m’incruster vers elle pour partager mes problèmes. Avec douceur, je berce mon amie tendrement, tentant de l’apaiser au mieux, susurrant que j’étais là, que tout allait bien se passer.

J’attends patiemment que les larmes s’apaisent, la laissant vider son sac autant de temps qu’elle en aurait besoin, sans me soucier des autres qui passaient par là, nous regardant surement d’un drôle d’air. Puis, lorsque la tension fut calmée, je m’écarte doucement d’elle, cherchant son regard en levant son menton du bout de mes doigts :

« Hey Rosa… Je sais que c’est pas facile d’oublier et je sais aussi que jamais tu ne pourras pas le faire. Personne ne le pourra. Mais ça s’est passé et toi comme moi, n’y pouvons rien. »

J’essaie de lui offrir un sourire réconfortant. Est-ce qu’au moins je crois en mes propres paroles ? Je ne sais pas, je crois oui. Je sais que j’ai l’air maladroite, mais je n’ai pas envie de calculer mes gestes puisque de toute manière, je n’y arriverais pas et je n’en ai pas envie. J’essaie juste de faire au mieux, au moins pour elle. Je la prends par les épaules avant de plonger mes grands yeux bleus dans les siens.

« Le fait de ne pas en parler te plongera encore plus au fond du gouffre. Il faut … Que tu pose des mots sur ce qui ne va pas Rose. Si tu garde tout ça pour toi, ça va te ronger tout plus fort chaque jour. »

Et c’est ce qu’il s’est produit, probablement. Pour moi, la douleur et le mal être était comme de millions de petits insectes venant nous ronger le cœur et l’âme entière. Celle qui grignotait notre raison. Du moins, c’est la sensation que j’avais eu lorsque j’entendais Riley et sa mère se hurler dessus à la maison, moi dans mon placard, les mains sur les oreilles pour ne plus rien entendre. Les cris me faisaient mal, ils étaient comme des couteaux venant me lacérer et comme un brasier me consumant l’intérieur. Je ne supportais pas la douleur des autres, dans les mots ou les gestes. Celle de Rose était … palpable. J’inspire un coup avant de reprendre :

« Ecoute, il faut que tu avance. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire mais regarde, je suis là. Kyle et Enzo vont bien, tous les deux. Et les … Supérieurs, ne sont plus là. Tout ça s’est terminé, c’est finit. On est en sécurité maintenant. Et puis tu sais bien que Mr Rivers est loin d’être …Commode. »

Je laisse échapper un petit rire. Il me terrifiait pour être honnête. Son regard froid, ses airs de je m’en foutiste et autoritaire à la fois me glaçait le sang. J’étais une froussarde et s’il y a bien une personne a qui je ne voulais pas avoir à faire, c’était lui. Et Mlle Hunt aussi. Elle avait cette folie dans le regard qui me terrifiait. Des rumeurs ont couru qu’elle avait annulée tous ses cours de la journée suite à une altercation avec Enzo. Je n’en ai pas su plus… Et si j’me suis inquiétée ? J’aurais été une menteuse si j’avais dis non. J’ai une haine certaine envers lui, mais je ne lui souhaite aucun mal. Du moins, plus comme l’autre fois dans cette salle d’EDM.

Je la reprends une autre fois dans mes bras, voulant lui transmettre toute mon côté positif. Comme s’il pouvait sortir par les pores de ma peau et se glisser en elle afin qu’elle se sente mieux.

« Allez, je suis là Rose. Tu peux compter sur moi, on va faire en sorte que tout aille mieux. »
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Jeu 9 Jan 2014 - 16:49

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Je voulais pas que ça arrive, je voulais pas l'ennuyer avec tout ça. Je sais qu'elle est pas la plus forte du monde, tout comme moi, et justement, je voulais pas lui imposer ma propre douleur. Tout comme, au final, elle ne m'a pas imposé la sienne. Parce que de tout ça, finalement, on en a jamais vraiment parlé. On était là toutes les deux, on s'est soutenues comme on a pu après, mais on a jamais mis des mots dessus, ou si peu. Et là, finalement, je craque. Il fallait sans doute que ça arrive, quand bien même je le refusais. Elle me serre dans ses bras, et je lui rends son étreinte, plus fort que je ne l'aurais pensé. J'ai besoin de ça, de sa présence, de son contact. Est-ce que j'aurais dû l'accepter de ma soeur alors, avant ? J'en sais rien. Nos relations restent différentes, leurs caractères aussi. Peut-être que c'est parce que c'est Chacha, parce qu'on a cette tendance à l'émotivité et à l'empathie commune, que je finis par lâcher prise. Est-ce que je sens qu'elle est à son tour au bord des larmes ? Un peu. A la limite de ma perception, il y a un petit bout de mon cerveau qui le décèle, mais je suis pas encore en état de l'analyser.

Non pour l'instant, tout ce que je sais, tout ce que je sens, c'est cette étreinte douce et rassurante, c'est sa voix qui tente de me consoler, c'est ce mouvement qui me berce. Combien de temps avant que les larmes ne se calment, que les sanglots s'apaisent ? Aucune idée. La notion du temps s'est envolée dès que les vannes se sont ouvertes. Tout ce que je sais, c'est que là, on devrait être parties déjeuner, et que les autres ne sont plus dans le couloir, sans doute déjà remontés vers la Grande Salle. Et elle s'écarte et relève mon visage vers le sien. Est-ce que j'ai vraiment la force de croiser son regard ? J'en doute. Pourtant c'est bien ses grands yeux clairs que les miens finissent par accrocher, encore embués de larmes.

« Hey Rosa… Je sais que c’est pas facile d’oublier et je sais aussi que jamais tu ne pourras le faire. Personne ne le pourra. Mais ça s’est passé et toi comme moi, n’y pouvons rien. »

Je sais, je le sais pertinemment, au fond, et c'est bien pour ça que c'est si difficile. Comment on fait pour continuer à avancer quand tout ça nous bouffe constamment ? Et puis... Il y a Enzo, aussi. Est-ce que me sentir coupable vis-à-vis de lui n'agrave pas mon ressenti de tout le reste ? Sans doute que si. Est-ce que je suis capable de lui en parler, aussi, de ça, de cette engueulade avant les vacances, de ce que j'ai dit, de ce qu'il a dit, de la honte qui m'étreint à chaque fois que j'y repense parce que j'ai été odieuse avec lui, et qu'il n'avait clairement pas besoin de ça ? Parce que j'avais mal, et que je ne comprenais pas qu'il ne puisse pas l'entendre, alors que moi-même je n'arrivais pas à percevoir le mal que moi je lui faisais aussi ? Ses mains sur mes épaules se veulent réconfortantes et pourtant je crois que je me raidis.

« Le fait de ne pas en parler te plongera encore plus au fond du gouffre. Il faut … Que tu poses des mots sur ce qui ne va pas Rose. Si tu gardes tout ça pour toi, ça va te ronger tout plus fort chaque jour. »

Je la regarde encore, étrangement incapable de détacher mon regard alors pourtant qu'au fond de moi, j'ai cette envie folle de m'enfuir, de continuer à me terrer loin de tous, seule pour ne pas justement évoquer tout ça, y donner à nouveau corps. La bouche entrouverte, je cherche des mots qui ne veulent pas sortir, des phrases pour exprimer tout ça et rien ne me vient. Combien d'heures ai-je passé à écrire des histoires pour enfants ? Le compte m'a depuis longtemps échappé et là... c'est comme cette page blanche qu'on arrive jamais à entamer, le vide absolu.

« Ecoute, il faut que tu avances. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire mais regarde, je suis là. Kyle et Enzo vont bien, tous les deux. Et les … Supérieurs, ne sont plus là. Tout ça s’est terminé, c’est fini. On est en sécurité maintenant. Et puis tu sais bien que Mr Rivers est loin d’être … Commode. »

En d'autres circonstances, je crois que mon rire se serait mêlé au sien. Mais là, je suis à peine capable d'esquisser un sourire.

« Allez, je suis là Rose. Tu peux compter sur moi, on va faire en sorte que tout aille mieux.
- J'y crois pas... J'y crois pas une seconde... »

Ca serait fini parce qu'une tête est tombée ? Parce qu'un bastion - l'école donc - a été annexé par l'ennemi ? Non j'y crois pas. Ils sont dehors, aussi, ils font ce qu'ils veulent dans leur coin, peut-être même pas seulement dans leur coin, alors comment être sûrs qu'ils reviendront pas ? Rivers fait peur, oui, sûrement, à des filles comme nous, mais à des Walters ? J'en suis pas si sûre...

« Ils frapperont à nouveau, ils sont pas tous hors d'état de nuire. C'est comme l'hydre, y a une tête qui est tombée, mais y en a d'autres encore, et elle va repousser. »

J'en mettrais ma main à couper.

« Et même sans ça... Comment... Comment je peux effacer toutes ces images ? Je les revois tout le temps. S'en prendre à Lukas parce qu'il a pas voulu torturer le moldu, lui faire croire tout un tas de choses pour qu'il pète un câble et lève sa baguette, et ce jour-là, c'est encore pire que tout le reste. Comment on peut être aussi cruel, hein ? Et pourquoi ils nous ont forcés à regarder ça ? Enzo... il... il est con quand il s'y met, mais il méritait pas ça. Et son copain, Kyle, encore moins. Qu'est-ce qu'il a fait pour mériter ça, hein ? Personne mérite ça, à part eux en fait. Comment on peut forcer quelqu'un à torturer celui qu'il aime ? C'est juste odieux. Inhumain. Ils regardent les moldus comme s'ils étaient pas humains, mais c'est eux qui le sont pas. Même les animaux, ils les traitent mieux, c'est complètement crétin. C'est pas parce qu'on maîtrise pas la magie qu'on vaut moins que les autres, et c'est pas parce qu'ils ont ce pouvoir-là qu'ils sont tout permis... »

Je me suis remise à trembler, et les larmes reviennent. De la douleur, de la tristesse, de la colère... Curieux mélange qui donne un résultat catastrophique. Et la peur, surtout, lancinante, qui continue à m'envahir. Y a tout ça, et puis...

« Et moi, dans tout ça, j'ai rien fait. J'ai fermé ma gueule tout du long, et quand les Résistants ont joué et qu'ils ont été découverts, je me suis planquée. El' aurait pu y rester, mais je me suis planquée. Ils en ont tué combien pendant que je me cachais ? Je sais bien que morte, j'aurais pas servi à grand chose, mais je sers à quoi là ? A rien... A faire mes dessins morbides parce que y a que ça qui tourne dans ma tête, quitte à remuer le couteau dans la plaie de ceux qui l'ont vraiment vécu et... et... »

Je craque, littéralement. Je dois avoir l'air d'une folle furieuse à vider tout ce qui me passe par la tête, le visage ravalé de larmes, entre deux sanglots. Je finis par tomber au sol et relever les genoux devant ma tête.

« Moi aussi je suis odieuse... »

Et je me déteste. Comment tu peux encore arriver à me regarder, toi ?


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Mar 28 Jan 2014 - 7:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Sam 11 Jan 2014 - 18:40

- J'y crois pas... J'y crois pas une seconde...

C’est comme un tank qui vient me renverser, m’écraser les côtes et le reste du corps. Mais surtout, c’est une gifle droit dans le cœur. Je m’écarte doucement d’elle, plantant mes yeux bleus dans les siens sans réellement comprendre ce qu’elle me disait. A quoi ne croyait-elle pas ? A tout ce que je lui disais depuis tout à l’heure ? A mes mots rassurants ?

« Et même sans ça... Comment... Comment je peux effacer toutes ces images ? Je les revois tout le temps. S'en prendre à Lukas parce qu'il a pas voulu torturer le moldu, lui faire croire tout un tas de choses pour qu'il pète un câble et lève sa baguette, et ce jour-là, c'est encore pire que tout le reste. Comment on peut être aussi cruel, hein ? Et pourquoi ils nous ont forcés à regarder ça ? Enzo... il... il est con quand il s'y met, mais il méritait pas ça. Et son copain, Kyle, encore moins. Qu'est-ce qu'il a fait pour mériter ça, hein ? Personne mérite ça, à part eux en fait. Comment on peut forcer quelqu'un à torturer celui qu'il aime ? C'est juste odieux. Inhumain. Ils regardent les moldus comme s'ils étaient pas humains, mais c'est eux qui le sont pas. Même les animaux, ils les traitent mieux, c'est complètement crétin. C'est pas parce qu'on maîtrise pas la magie qu'on vaut moins que les autres, et c'est pas parce qu'ils ont ce pouvoir-là qu'ils sont tout permis... »

Ses mots se déversent sur moi comme une pluie de grêlons qui me perforent la peau à chaque contact, à chaque choc. Mon sang quitte mon visage, me rendant fébrile, les images venant sauvagement prendre possession du peu de contenance que j’essayais de garder, du peu d’assurance que je tentais vainement d’avoir pour essayer de rassurer Rose. Elle avait raison, sur toute la ligne. Ni l’un, ni l’autre et encore moins Lukas, ne méritait une chose pareil. Je m’écarte d’un pas, la laissant tremblante face à moi entrain de déverser son flot de venin, de vider son sac et à aucun moment je n’interviens. J’aurai pu être heureuse quelque part qu’elle craque enfin, qu’elle lâche ce qu’elle avait à lâché, mais au lieu de ça, j’encaisse. La vérité, la réalité. Celles que j’ai fuis durant des mois, me cachant derrière un sourire ou une ânerie, derrière les devoirs et le silence. Tout ce que j’avais tenté de fuir et de repousser, Rosalyn me le remettait sur un plateau sans même en avoir conscience.

Je la regarde pleurer et les miennes suivent avec. L’océan borde mes paupières, mes lèvres se mettent à trembler, mais je les serres. Très fort. Et tente de me fixer sur ce point là pour ne pas craquer, pour ne pas éclater en sanglot, pour le ravaler. J’essaie encore de paraitre forte, mais en vain. Papa et la mère de Riley était le tronc de l’arbre de ma vie. Je n’étais qu’une brindille, Riley était une branche solide. Au moindre coup de vent trop fort, je me brisais. J’en avais la preuve ici même… Tout ce qui submergeait Rose en cet instant, venait m’écraser telle une vague venant mourir contre la roche. Tout ce cocktail d’émotions grimpait…dangereusement.

Ne craque pas Charleen. Tiens bon.

Mais ces images, présentes. Violente. Enzo. Kyle. Lukas. Cette guerre cette été… J’aurai donné n’importe quoi pour me retrouver dans ma chambre, recroquevillée sous ma couette comme une enfant et oublier que tout cela existait encore quelque part.

« Et moi, dans tout ça, j'ai rien fait. J'ai fermé ma gueule tout du long, et quand les Résistants ont joué et qu'ils ont été découverts, je me suis planquée. El' aurait pu y rester, mais je me suis planquée. Ils en ont tué combien pendant que je me cachais ? Je sais bien que morte, j'aurais pas servi à grand chose, mais je sers à quoi là ? A rien... A faire mes dessins morbides parce que y a que ça qui tourne dans ma tête, quitte à remuer le couteau dans la plaie de ceux qui l'ont vraiment vécu et... et... Moi aussi je suis odieuse... »

Nouvelle vague meurtrière. La tempête vient de porter son coup ultime.

Et moi je n’ai rien fait. J'ai fermé ma gueule tout du long, et quand les Résistants ont joué et qu'ils ont été découverts, je me suis planquée.

Elle résonne, comme le clairon sonnant la fin d’un monde ou d’une vie. Elle m’achève et me chante cette vérité que j’ai tant de mal à m’avouer. Rose est plus courageuse que moi, elle accepte et voit la réalité en face. Moi je fuis, je cours, comme une gosse fuyant le Croque-mitaine. Je n’ai rien dis. J’ai regardé tout ça et je n’ai rien dis. Je me suis cachée, comme un animal apeuré. Pourquoi ?

Parce que j’ai la trouille. Parce que j’étais tétanisée dès que je croisais un Supérieur dans un couloir, baissant les yeux au sol, priant tous les dieux qu’il ne me remarque pas. Rasant les murs, me faisant oublier le plus possible. Tout ça, pendant que d’autre les affrontaient sans plier, sans ne les lâcher du regard avec un courage que j’ai toujours autant admiré que craint. Je n’ai eu le courage de rien…

El’ aurait pu y rester, mais je me suis planquée. Ils en ont tué combien pendant que je me cachais ?

L’écho de sa voix s’intensifie dans ma tête, résonnante, se répercutant avec force contre ma boite crânienne, me soulevant une douleur aigüe. Et si ça avait été Riley ? Je me serais planquée tout pareil ? Je veux bien croire qu’à cette époque, nous parlions encore très peu elle et moi, malgré nos efforts respectifs pour que tout ce passe mieux … Mais … Si je l’avais vu se faire prendre au piège par des Supérieurs comme Enzo et Kyle l’ont été ? Est-ce que j’aurai osée dire ou faire quelque chose ?

Tu sais bien que non… Trop faible. Trop froussarde.

Je me déconnecte de ce monde, prenant cette douleur avec violence aux quatre coins du corps. Comment… pouvais-je vivre avec l’idée que je n’aurai rien pu faire pour Riley. Ma propre sœur… La honte me submerge, la culpabilité, la haine contre moi-même et contre cette phobie, mon épouvantard : La peur. La peur d’avoir peur. De ressentir cette angoisse qui me tétanise complètement au point de ne pouvoir RIEN faire. Si ça avait été Riley à la place d’Enzo, jamais je n’aurai pu me le pardonner. Qu’est-ce que j’ai fais … Je ne suis qu’une gamine qui croit encore que tout ira mieux. Que le bien est forcément quelque part dans ce château et hors de ses murs. Qui n’arrive pas à franchir le cap de la petite fille, qui aime encore être vu comme telle face à son père.

Et ces images qui se collent à ma rétine sans bouger.

Et pendant ce 20 Juillet… A part rester cachée pendant que Riley arpentait ses couloirs, pouvant croiser la mort à tout instant. Je n’ai même pas été la chercher… Tout comme Rose ne l’a pas fait avec Elwynn. Je me sens monstrueuse. Egoïste. Honteuse. Et lorsque je cligne des yeux pour enfin sortir de ma torpeur, je me rends compte que mon visage est inondé de larme, que mes mains tremblent violemment. Mes jambes sont en coton et mon corps est étrangement vide malgré cette douleur qui me crispe le ventre. Je cherche l’air comme un poisson hors de l’eau, voulant insuffler à mes poumons une dose d’air, pouvant me libérer de ce poids qui m’écrasait la cage thoracique. Je baisse les yeux vers Rose qui était désormais assise sur le sol, genoux repliés sur elle-même, pleurant tout ce qu’elle pouvait expulser.

La vérité était que je n’étais pas mieux et qu’elle avait raison sur toute la ligne. Nous avons été deux petites idiotes incapables de quoi que ce soit pour notre propre famille… Je me déteste, si tu savais. Même après ce qu’il s’est passé avec Enzo, j’ai envie d’aller le voir et de lui dire que j’suis désolée. Pareil avec Kyle ou Lukas. Mais surtout avec Riley. Elle a raison sur le fait que la guerre, c’était maintenant à l’extérieur qu’elle se passait et que notre famille était bien plus en danger qu’avant. Les larmes afflux, je serre les poings. Je me hais. Je donnerais n’importe quoi pour être dans les bras de Papa en cet instant, pour qu’il me dise que tout ira bien et que ça n’était pas de ma faute. Que j’avais peur et que nous ne pouvions pas toujours être courageux. Je donnerais tout pour sentir sa chaleur rassurante, ses bras forts qui m’entourent comme une forteresse et qui me donne l’impression que le monde pourrait mourir sans que je ne ressente et ne sache quoi que ce soit.

Mais j’étais seule. Ni Papa, ni sa femme, ni Riley n’étaient là. J’étais seule face à ma propre angoisse qui submergeait Rosalyn. Seule à devoir gérer cette crise pour deux. Pour avoir les gestes et les mots… Je sais faire pour des trucs anodins, des peines de cœurs ou des petites angoisses… Mais pas pour ça. Pas quand il s’agit de mort, de blessure, de sang, de torture. Ca je sais pas faire, j’ai pas appris parce que je ne veux pas. Je n’veux pas sortir de ma petite bulle qui m’apaise mes maux. Je sais que je n’aurai pas le choix un jour, d’y faire face. De grandir. Mais là, j’y arrive pas. Et plus je regarde Rose, plus je me sens indigne. Elle était mon amie, la personne en qui je faisais le plus confiance ici… Alors, je devais être à la hauteur, non ? Sa douleur était la mienne, ne devrais-je pas être la mieux placer pour l’aider.

Corps tremblant comme proche du malaise, je m’approche, toujours ce flot de perles salées venant rouler sur mon visage. Je glisse contre le mur et m’assoit à côté d’elle, entourant ses épaules de mon bras fins, la ramenant contre moi, toujours sans un mot. La vérité est que je ne sais pas quoi dire, que je ne sais pas trouver les mots justes pour la rassurer et la calmer, si ce n’est que de lui montrer que je suis physiquement là. Je suis maladroite, peu sûre de moi… Mais elle était Rose. Mon amie.

« Je suis là Rose… On…On va surmonter tout ça, ensemble. Toi et moi. »

Tu sais qu’à ça non plus, elle n’y croira pas. Et ça me met en rage d’une manière inexplicable. Je sais déjà d’avance que mes mots n’y feront rien. Ne guérirons rien … Je pose ma tête contre le mur et lève les yeux au plafond. Reprend toi Charleen. Fais quelque chose bon sang !

« Ecoute… On a été deux idiotes à rien pouvoir faire. On a été deux trouillarde à .. se planquer comme tu dis. Et moi aussi j’m’en veux. Moi aussi ça me ronge de savoir que j’ai rien fais. Que j’ai même pas été chercher Riley quand ça à éclater le 20. J’ai honte Rosalyn. Vraiment honte d’avoir cette angoisse qui me paralyse à chaque fois que la peur me surprend. D’avoir rien fait dans cette salle d’EDM. Mais je sais aussi que … Qu’on aurait RIEN pu faire. Et qu’on pourra jamais revenir en arrière, qu’on pourra jamais réparer cette erreur. »

La colère grimpe, l’angoisse avec. Je repose mes deux mains sur mes genoux ramenés à moi, serrant les dents avec force, me donnant mal à la mâchoire.

« Mais ce qui est fait, est fait. On doit continuer de vivre. Pour tout ceux qui sont tombés à notre place, au moins leur faire honneur en… j’sais pas, en vivant. En se battant. En ne les oubliant pas certes, mais en arrêtant de nous lamenter. »

Je tourne mon regard vers elle, cherchant un ancrage, de quoi m’accrocher à ce que je dis.

« On… on pourrait essayer, toi et moi. D’être un peu plus courageuse. D’affronter un peu mieux ce qui nous arrive et ce qui pourrait arriver. Je sais pas, on pourrait prendre des cours supplémentaires ? Pour se défendre et aider… pour… se rattraper. »

Et corriger notre culpabilité d’avoir été si inutile… Encore faudrait-il que j’en ai le courage ?

« Peut-être… qu’on pourrait être plus utile, s’il y a une prochaine fois. Et que ça nous aiderait à passer un cap. Pour moi, comme pour toi. Surtout pour toi, peut-être que ça t’aiderai à arrêter de faire des dessins comme ceux que tu fais en ce moment. »

L’idée de me battre me tétanise à l’avance, mais je ne laisse rien paraître. Je voulais qu’elle trouve en mes mots un courage que je n’avais pas mais que j’essayais malgré tout de lui transmettre. Je ne sais pas d’où m’ait venu cette idée de cours supplémentaire de défense… mais si ça pouvait aider Rosalyn à aller mieux, alors j’étais prête à la suivre.
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Sam 18 Jan 2014 - 13:27

~ I don't want to talk about it ~
Jeudi 11 septembre 2014
Charleen S. Thomson && Rosalyn W. Dawson
Je voulais pas que ça se passe comme ça. Mon but, c'était clairement pas de mettre Chacha tout aussi mal à l'aise que moi. Je voulais pas lui en parler, à la base, pour pas lui faire revivre ce que moi je revoyais sans cesse. Alors pourquoi, finalement, je me retrouve, là, à sortir tout ce que j'ai sur le coeur ? Sans doute parce que j'en peux plus, et parce que mon égoïsme ressort. Faut croire... Tu vois, Enzo, j'ai beau faire, ça revient toujours à la charge. Moi et ma petite personne. Est-ce que je vois, à cet instant, le mal que mes mots peuvent faire à ma meilleure amie ? Non. Pas encore. Trop de larmes dans mes yeux, trop de peine, trop de... plein de choses. Je crois que je la vois même pas vraiment, elle, et ses grands yeux bleus qui cherchent des réponses dans les miens. Elle est devenu livide à mesure que je parle, et moi je vois rien. Je vois que ce que je ressens, les regards, la souffrance et les mots de tout ce petit monde qui tourne en boucle dans ma tête. Les rires des tortionnaires, les cris des suppliciés. Mon inaction et mes dessins qui me soulagent même pas. Et...

« J'ai été odieuse avec lui… »

Est-ce qu'elle m'a entendue ? J'en sais rien. Entre deux sanglots, d'une voix faiblarde, ce sont les derniers mots que j'ai ajoutés, la tête enfuie entre mes bras, avant que les larmes ne reprennent le dessus. Hystérique. Fallait que ça sorte, sans doute. Mais pas comme ça, pas devant ma petite jaune chérie. Elle avait pas besoin de ça, et pour ça aussi, je m'en veux, si tu savais comme je m'en veux...

J'ai vaguement senti sa présence, plus près, quand elle s'est laissée glisser contre le mur, mais ce sont ses bras autour de mes épaules qui m'ont surtout fait prendre conscience qu'elle était là, toujours, près de moi. Et je sens ses bras qui tremblent, mais qui restent contre moi pourtant. Elle m'attire à elle, et murmrue encore.

« Je suis là Rose… On… On va surmonter tout ça, ensemble. Toi et moi. »

Est-ce que j'y crois ? Non, pas trop. Pas encore. Pourtant ça me fait du bien de l'entendre, même si c'est un mensonge. Même si on se leurre encore, je m'en fous. J'ai besoin de me raccrocher à quelque chose, ça fait des mois que je dérive, j'ai besoin d'une bouée, d'un rocher, aussi maigre soit-il. On est pas les filles les plus braves et les plus fortes du monde, c'est une évidence. Mais on sera toujours plus fortes à deux, hein ? Ils disent que l'union fait la force, est-ce que je peux y croire, à ça ?qu'elle était là, toujours, près de moi. Et je sens ses bras qui tremblent, mais qui restent contre moi pourtant. Elle m'attire à elle, et murmrue encore.

« Ecoute… On a été deux idiotes à rien pouvoir faire. On a été deux trouillarde à… se planquer comme tu dis. Et moi aussi j’m’en veux. Moi aussi ça me ronge de savoir que j’ai rien fait. Que j’ai même pas été chercher Riley quand ça a éclaté le 20. J’ai honte Rosalyn. Vraiment honte d’avoir cette angoisse qui me paralyse à chaque fois que la peur me surprend. D’avoir rien fait dans cette salle d’EDM. Mais je sais aussi que… Qu’on aurait RIEN pu faire. Et qu’on pourra jamais revenir en arrière, qu’on pourra jamais réparer cette erreur. »

J'ai relevé la tête, ses mots s'imprimant dans crâne, dans mon coeur aussi. Je suis pas toute seule, ici. Pas toute seule à souffrir, pas toute seule à avoir honte, à être en colère contre moi-même. Par toute seule à avoir eu tellement peur que j'aurais rien pu faire de concluant. Pas toute seule à pas pouvoir revenir en arrière, non plus. Un instant, j'ai regardé son visage, ses yeux fixés sur le mur d'en face, brillants, trop brillants, sa mâchoire serrée et les sillons de larmes sur ses joues. Machinalement, je me suis redressée, guère plus fraîche, et mes yeux bleus se sont à leur tour posés sur la pierre sombre des sous-sols.

« Mais ce qui est fait, est fait. On doit continuer de vivre. Pour tout ceux qui sont tombés à notre place, au moins leur faire honneur en… j’sais pas, en vivant. En se battant. En ne les oubliant pas certes, mais en arrêtant de nous lamenter. »

Est-ce que je peux réussir à faire ça ? A vivre pour eux, à me battre pour honorer leur mémoires, à tous ceux que je ne connaissais peut-être pas, mais pour qui je n'ai absolument rien fait ? A vivre aussi, et peut-être plus encore, pour ceux que je connais, qui ont souffert, et à me battre pour que ça ne leur arrive plus jamais ? J'en sais rien. J'en suis absolument pas sûre. Mais elle a tourné la tête vers moi, au même moment que j'ai cherché son regard. Est-ce qu'on peut y arriver ? Toute seule, je sais que non, c'est une évidence. Mais est-ce que je peux avoir plus de courage si je suis avec toi ?

« On… on pourrait essayer, toi et moi. D’être un peu plus courageuse. D’affronter un peu mieux ce qui nous arrive et ce qui pourrait arriver. Je sais pas, on pourrait prendre des cours supplémentaires ? Pour se défendre et aider… pour… se rattraper. »

Ses mots tournent en boucle, sans que je sache trop ce que je cherche à y déceler. Se rattraper, oui. Défendre et aider. Aider, je peux. Défendre. J'y arriverai, tu crois ? Non... On y arrivera ? Ensemble, peut-être... Est-ce que je peux me raccrocher à un peut-être ?

« Peut-être… qu’on pourrait être plus utile, s’il y a une prochaine fois. Et que ça nous aiderait à passer un cap. Pour moi, comme pour toi. Surtout pour toi, peut-être que ça t’aiderait à arrêter de faire des dessins comme ceux que tu fais en ce moment. »

Je peux pas détacher mon regard de ses larmes, de sa souffrance. J'ai ouvert les vannes, et pour ça aussi, je m'en veux. Je veux me rattraper, oui, définitivement. Pour toi, au moins. Pour plus te voir pleurer, comme ça, pâle comme la mort à côté de moi. Ce qu'il pourrait arriver. S'il y a une prochaine fois. Je voudrais bien lui dire que ça n'arrivera pas, mais c'est pas vrai, j'en suis convaincue. Est-ce qu'on sera prête cette fois ? J'en sais rien mais...

« Peut-être… »

Je peux pas être catégorique, c'est pas possible. Mais je veux bien faire un effort si t'es avec moi.

« J'imagine que... ça coûte rien d'essayer... »

Ca effacera pas le reste, ça m'enlèvera pas ce sentiment de dégoût quand j'y repense... à tout ça, à mon altercation avec Enzo, à cet été aussi. Ca partira pas comme ça. Pas tout de suite en tout cas, pas avant longtemps. Mais quand je vois comme ça te fait du mal à toi aussi, je me dis que si au moins ça marche pour toi, ça sera pas tout perdu...
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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Sam 25 Jan 2014 - 17:55

J’étais toujours assise à ses côtés, tentant de contrôler mes tremblements suite à mes larmes, mains à présent sur mes genoux. J’essayais comme je le pouvais de la rassurer et de lui faire entendre raison : Tout ira mieux bientôt. Et j’espérais avoir raison, que Rose puisse enfin reprendre pieds avec nous et ne plus déprimer au fin fond de ses angoisses. J’ai tenté au mieux de lui donner de bonnes raisons de ce battre, de garder la tête hors de l’eau mais est-ce que cela allait suffire ? Peut-être pas, et si ça n’était pas le cas, je dois avouée ne plus savoir quoi lui dire d’autre. Même l’idée d’aller voir Elwynn pour lui en parler ma traversée l’esprit. Peut-être qu’elle saurait mieux que moi quoi lui dire pour lui faire remonter la pente ? C’était pas une bonne idée… Pas après le froid qu’elles avaient entre elles.

« Peut-être… »

Je tourne mon visage vers elle qui me regardait à présent. Un peut-être était toujours mieux qu’un « Non », n’est-ce pas ? Alors je m’en contenterais et je me dis qu’après tout, c’était un premier pas pour qu’elle aille mieux. Je ne pouvais pas exiger d’elle à ce qu’elle reprenne son sourire dans la seconde et d’un claquement de doigts, j’étais consciente qui lui faudrait du temps et ce, peu importe qu’il soit long ou court tant qu’elle redevienne la Rose que je connaisse. Nos fous rire me manquent terriblement, sa présence chaleureuse aussi. J’espérais du plus profond de mon cœur qu’elle se remettrait rapidement, ne serait-ce que pour reprendre une vie plus… enjouée.

« J'imagine que... ça coûte rien d'essayer... »

Et je trouve en ces mots un maigre espoir, mais un espoir tout de même, à ce qu’elle reprenne les reines et qu’elle se batte… Nous n’étions que deux gamines encore fragiles, mais à deux, tout irait mieux, j’en suis certaine. Nous étions toutes les deux studieuses, je sais que nous pourrions nous entrainer ensemble pour s’apprendre mutuellement à nous défendre et à, peut-être attaquer. L’idée même me rendait mal à l’aise, j’étais contre toute forme de violence parce que je ne supportais pas ça, mais aussi parce que j’en étais bien incapable, peureuse comme j’étais. Une boule de déception se forma dans ma gorge. S’il y a bien une personne a qui j’aimerais ressembler c’est Riley. Elle dégageait une force palpable et caractérielle. C’était peut-être une fille mais j’avais déjà pu la voir à l’œuvre en colère et croyez-moi, je n’aimerais pas être la personne coupable de l’orage qui peut habiter son regard.

Mon intention revient vers Rosa. Je sais qu’elle a eu un Troll en sortilège … Chose aussi surprenante que décevante pour elle. Nous étions des acharnées du travail, donnant tout ce qu’on avait pour exceller au mieux. Nous avions révisées toutes les deux et nous savions tout sur le bout des doigts… mais c’était pas aussi facile en pratique. En DCFM j’étais douée, mais dès que je me trouvais face à Mr Rivers … Je n’étais plus capable de quelque chose de correcte. Peu de fois, j’ai réussi à prendre sur moi et à montrer que j’étais capable de faire une défense plus que correcte, les autres fois je perdais mes moyens et s’en était finit de moi. Je chasse tout ça en secouant la tête, essayant d’afficher un sourire plus que confiant. Je pose ma main sur son genou :

« Ça ne coûte rien non… Et puis au moins, on aura essayée. »

C’est toujours mieux que de ne rien faire et de rester les bras ballants, à contempler ce qu’il nous arrivait comme cet été. Prise d’une énergie nouvelle, je m’appuyai sur son genou pour m’aider à me relever et je me plante devant elle, mains sur les hanches :

« Je te propose un truc. On est peut-être peureuse, mais on est loin d’être bête toi et moi… Alors, on a qu’à se trouver une salle où on pourrait s’entrainer toutes les deux, sans que quelqu’un ne nous jugent. Et si jamais on a vraiment du mal… On pourra toujours demander de l’aide. On verra ça sur le moment. »

Je n’ai pas de nom précis en tête même si celui de Riley m’était venu en premier lieu. Mais je me voyais mal débarquée devant elle pour le lui demander, de but en blanc, alors que nous commencions à peine de nous parler. Bon ce n’était pas la grande discussion et nous ne nous sommes limitées qu’à des bonjours furtifs depuis le retour des vacances, mais… j’suis plutôt optimiste quant à l’évolution de cette relation. Même si au fond de moi, une petite voix me criait de faire attention à la déception qui, cette fois, serait bien plus difficile à digérer.

Je tends les mains vers Rose, attendant qu’elle les saisisse pour l’aider à se relever. Une fois fais, j’attrape mon sac que je passe sur mon épaule et passe un bras autour des siennes, l’invitant à avancer :

« Allez viens maintenant. On va allez se détendre un peu devant un bon jeu comme tu aimes bien ! Puis je crois que j’ai quelques sucreries dans ma valise ! Ca te redonner un peu le sourire. »

Je lui dépose un bisou sur la joue en guise de réconfort. Je serais là, quoi qu’il arrive Rose. Tu pouvais compter sur moi plus que jamais.

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MessageSujet: Re: I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa   Mar 28 Jan 2014 - 7:03

~ I don't want to talk about it ~
Jeudi 11 septembre 2014
Charleen S. Thomson && Rosalyn W. Dawson
Ma Chacha... Je commence à réaliser, l'état dans lequel je te mets. Je commence à réaliser, que je fais exactement ce que j'avais voulu éviter jusque-là. Et je m'en veux, si tu savais, comme je m'en veux. Je veux pas te mentir non plus, je peux pas te dire là comme ça que tout va bien. Mais oui, peut-être que ça finira par aller mieux. Peut-être qu'on y arrivera, toutes les deux. Et oui, on peut essayer. Ca pourra pas être pire que ce qu'on a traversé, ni que l'état dans lequel je suis depuis, hein ? Et si l'idée, c'est de redoubler d'efforts sur les cours, je crois que oui, on peut y arriver. Les jaunes sont travailleurs, les bleus intelligents. Toutes les deux, on a toujours été des bosseuses. Ensemble, on s'est toujours dit qu'on serait les meilleures. C'est raté pour l'instant, mais on a le temps de se rattraper, hein ? Le corps professoral est redevenu ce qu'il devait être, en plus. Bon, Rivers me fera toujours flipper, mais... Au moins en sortilèges, c'est plus l'autre là... Bon, elle est encore un peu flippante la nouvelle prof, mais... Y a beaucoup de monde qui me fait cet effet-là alors... Et puis on a un vrai cours d'étude des non-sorciers aussi, et ça c'est cool. Je devrais pouvoir retrouver mes vraies notes. Je suis censée être capable de réussir, hein ? Se focaliser sur ça, je peux tu crois ?

« Ça ne coûte rien non… Et puis au moins, on aura essayé. »

C'est vrai. Ca suffira ? J'en suis pas sûre du tout. Mais elle se lève, l'air décidé, et je la suis du regard, séchant mes larmes. Je me suis même pas trop rendu compte que je me suis un peu calmée.

« Je te propose un truc. On est peut-être peureuses, mais on est loin d’être bêtes toi et moi… Alors, on a qu’à se trouver une salle où on pourrait s’entraîner toutes les deux, sans que quelqu’un ne nous juge. Et si jamais on a vraiment du mal… On pourra toujours demander de l’aide. On verra ça sur le moment. »

J'ai hoché la tête. Des gens à qui demander de l'aide, je suis pas sûre de vouloir en trouver. Quoi que y a au moins un grand bleu qui sera prêt à le faire, j'en suis sûre, mais je suis pas sûre, en revanche, de vouloir l'embêter. Même s'il dira que non. Et je suis sûre de pas vouloir demander à ma sœur. Je veux pas lui expliquer. Je veux pas qu'elle s'inquiète, je veux pas lui montrer à quel point je suis faible alors qu'elle est si forte. C'est con, peut-être, mais je veux pas. Je l'aime, la question se pose pas, et je sais qu'elle aussi. Mais c'est un truc sur lequel on arrivera pas à se comprendre, je crois. Et puis je crois qu'elle a autre chose à gérer de toute façon.

Chacha a tendu les mains vers moi, et j'ai mis les miennes dans les siennes pour me relever, avant de la prendre dans mes bras. Merci. Merci d'être là, toujours. Elle a passé son sac par-dessus ses épaules, j'ai réajusté le mien. Il est où mon dessin, tiens ? J'ai dû le laisser tomber... Impossible de remettre la main dessus pourtant... Je l'ai rangé ? Je m'en souviens pas. Mais une feuille blanche, même pas mal noircie, dans le noir des cachots, ça devrait se voir, non ? Le bras de Charleen passe autour de mes épaules. J'abandonne.

« Allez viens maintenant. On va allez se détendre un peu devant un bon jeu comme tu aimes bien ! Puis je crois que j’ai quelques sucreries dans ma valise ! Ca te redonner un peu le sourire. »

Shaun a essayé ça avant les vacances... Je l'ai pas trop revu depuis la rentrée, je m'en rends compte que maintenant. Qu'est-ce qu'il est devenu ? J'en sais absolument rien... Je suis vraiment si égocentrique, hein ? Je ferme les yeux un instant, encore plus déçue de moi. Est-ce que ça marchera mieux cette fois, si c'est elle qui me les offre, donc, ces sucreries ? A vrai dire, mon estomac est en train d'expliquer quoi oui. Un baiser sur ma joue m'arrache un pâle sourire.  

« Je t'aime ma Chacha, tu sais ? Je le dis pas beaucoup, ce genre de choses, mais c'est vrai. »

A personne en fait, ou quasiment. Y a eu ma soeur, mais je crois que ça fait... un bon moment que c'est plus arrivé. Et sinon ? Bah... Non, j'ai pas trop eu l'occasion de dire ce genre de chose, il faut avouer. Et mon bras s'enroule autour de sa taille comme on s'éloigne de la salle de potions. Ca va prendre du temps. Beaucoup de temps... Mais peut-être que ça finira par passer, hein ?

¤ Terminé ¤
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I don't want to talk about it ♣ Chacha&&Rosa
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