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 I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri

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MessageSujet: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Jeu 17 Oct 2013 - 12:48

Mardi 2 Septembre 2014 – Dans la matinée
I just don’t want to feel it anymore



Dimitri & Enzo

Voilà, ça c’est fait. La rentrée est passée, une de plus mais le contexte est de nouveau « normal ». Enfin si on veut. Pas mal de choses ont changé depuis le mois de juillet et même si je reste sur mes gardes parce que je ne peux simplement pas m’en empêcher, je dois bien dire que les vacances m’ont fait beaucoup de bien. J’ai rapidement repris mes bonnes vieilles habitudes et c’est donc le plus naturellement du monde que je me rends à mon premier cours de la matinée … perché sur mon skate. Grace à la magie je peux me permettre de prendre les couloirs, de dévaler parfois une rampe d’escalier quand il n’y a pas trop de monde, et … d’en faire hurler certains, oui, je sais. Ça va, je n’ai jamais blessé personne d’autre que moi jusqu’ici et ça fait des mois que je me déplace comme ça dans le château. Un petit tour de magie et j’ai redonné sa forme métamorphosée à ce bon vieux bouquin que j’ai piqué à la bibliothèque l’année dernière. Il est resté planqué trois semaines sous mon lit et je m’y suis remis il y a quelques jours. J’imagine bien que j’ai l’air du parfait petit branleur comme ça mais … ça me va. Mon sac sur une épaule, les mains dans les poches, je me laisse glisser tranquillement jusqu’à ce qu’une bête féroce me fonce dessus, tous crocs dehors.

« Wow, sympa l’accueil. »

Je me stop instantanément, attrape mon skate dans une main et recule par instinct d’un pas avant de m’immobiliser et de regarder fixement l’animal. Un chien, noir et blanc, inconnu au bataillon. En réalité pas vraiment, je l’ai aperçu plusieurs fois depuis qu’on est rentré mais jusqu’ici nos chemins ne se sont jamais croisés. Chose assez étrange d’ailleurs. Quoi qu’il en soit on dirait bien qu’il ou elle – je dirai elle – ne m’aime pas beaucoup.

« Maya ! Maya ça suffit ! »

Je relève la tête pour voir une jeune femme courir vers moi, enfin vers le chien plutôt. Maya donc, à première vue c’est bien une femelle. Elle n’en démord pas en tout cas et je dois l’admettre, d’une part ça me surprend, de l’autre ça me vexe. J’ai toujours ou presque un bon rapport avec les animaux, il me faut parfois beaucoup de patience pour arriver à m’en faire des amis étant donné ma double nature et mon aura de prédateur, mais la voir m’aboyer dessus comme ça, grogner, gonfler son poil ça … non seulement ça agresse l’humain, mais je sens bien que ça commence à agacer le Loup et ça n’est pas vraiment bon signe.

« Je suis vraiment désolée, c’est la première fois qu’elle me fait un coup pareil. »

Elle est là, attrapant sa chienne par le collier et tentant de l’éloigner de moi, légèrement paniquée il me semble. Moi je me contente de rester immobile en laissant mon regard alterner entre la jeune femme et l’animal. Elles sont belles, toutes les deux, et oui je sais que ça n’est probablement pas le moment mais c’est comme ça.

« C’est … pas grave. »

Elle pourrait se calmer maintenant que sa maitresse est là mais j’ai l’impression que c’est pire. Je vois bien ce qu’elle tente de faire : Rester entre nous deux, entre sa chef de meute et ce bipède un peu étrange qui sent le danger. Et sans vraiment le contrôler, je sens ce grondement sourd qui prend forme dans ma gorge et s’exprime. Suffisamment pour l’ouïe d’un animal, pas assez pour celle d’un humain.

« Ça suffit ! »

Les mots sont sorti de ma bouche sans que je ne tente vraiment de les retenir même si je l’admets, ça m’a un peu surpris. En tout cas l’effet a été immédiat. La chienne s’est tu, elle a couiné avant de ramasser sa queue entre ses pattes, baisser la tête et se cacher derrière les jambes de la jeune femme. Je suis resté un instant légèrement interdit, avant de lâcher la chienne des yeux pour reprendre mes esprits et raccrocher mon attention sur l’humaine.

« Désolé. »
« Non, non, c’est … »

Elle n’a pas fini sa phrase, probablement surprise elle aussi. Je m’en suis voulu, ça n’est pas dans mes habitudes d’agir comme ça mais mon côté lupin n’a pas toléré ni supporté cet affront, alors pour me rattraper et essayer d’apaiser un peu les choses …

« Je peux tenter quelque chose ? »
« Euh, oui, je suppose. »
« J’vais pas lui faire de mal, c’est promis. »

Jamais.
Pas aux animaux.
Bon sauf deux ou trois lapins et quelques daims, cerfs, etc … que j’ai peut être un peu secoué voir tué et éventuellement mangé certaines lui de pleine lune mais … bref.

« Maya, c’est ça ? »
« Oui »

J’ai acquiescé et sans attendre me suis accroupi sur le sol. Geste volontaire et instinctif pour paraître moins imposant. Là, j’ai tendu ma main vers la chienne, elle a grondé sans jamais réellement lever les yeux. Comportement typiquement canin que je peux lire sans trop de difficultés.

« Hey Maya, salut ma belle. »

Elle a dansé d’une patte sur l’autre sans pour autant faire un pas vers moi.

« Viens me voir. Tout va bien se passer d’accord ? Je comprends, mais regarde, je ne te ferai pas de mal. Ni à toi, ni à ta maitresse. »

Elle a hésité un instant, le silence s’est installé, puis au bout de quelques secondes elle est sortie de sa « cachette » pour s’avancer lentement vers moi. Méfiante, bien sur, mais sans plus aucune trace d’agressivité. Ni dans son regard, ni dans ses mouvements.

« Voilà. C’est bien. »

Un calme olympien, des encouragements, c’est comme ça qu’on obtient ce qu’on veut avec les animaux. A force de patience et ça tombe bien, ils sont a peu près les seuls pour qui j’en ai. Ça a bien du prendre une minute, peut être deux, avant qu’elle n’arrive près de moi finalement. Sa maitresse n’a pas bougé d’une semelle, se contentant d’observer, curieuse, sans doute un peu inquiète. Et puis finalement Maya s’est décoincé, elle m’a léché la main, m’a senti des pieds à la tête et je l’ai laissé faire, avant de finalement porter son museau sous mon menton encore une fois dans un comportement typiquement canin et cette fois de soumission. J’avais devant moi l’équivalent d’un chiot, sa queue battait l’air, elle laissait échapper des gémissements plaintif mais néanmoins de satisfaction.

« Tu vois, j’suis pas méchant. »

Trois seconde plus tard, elle était couchée devant moi, sur le dos. Signe évident de soumission. Et moi je lui caressai le ventre, totalement pris par cet instant un peu étrange mais magique de mon point de vue. C’est toujours un véritable bonheur pour moi d’arriver à faire ce genre de choses et cette fois je sais que c’est encore un peu différent puisqu’il s’agit d’un chien et qu’elle a probablement plus réagis à mon côté Loup qu’à mon côté Homme mais j’ai déjà réussi à « apprivoiser » d’autres créatures. Taska notamment, la petite Hippogriffe abandonnée par sa mère qui maintenant ne se méfie plus du tout de moi. Ça aura mis du temps, bien plus qu’avec Maya, mais j’ai réussi et j’en suis fier. Ça n’est pas un challenge ni une compétition, juste quelque chose que j’aime, c’est tout.

« Comment est ce que … Tu murmures à l’oreille des chiens ou quelque chose comme ça ? »

Je n’ai pas sursauté mais je crois que j’avais plus ou moins oublié sa présence … Je me suis contenté de répondre le plus naturellement du monde.

« Non, disons juste que … qu’on est un peu de la même famille elle et moi, et qu’on doit se comprendre sur certains point en tout cas. »

Est ce qu’elle est capable de lire entre les lignes ? Je pense que oui, ça se voit dans ses yeux – qui sont très beaux soit dit en passant – qu’elle a sinon déjà compris au moins qu’elle est sur la piste.

« Tu es … »
« Un Lycan. »

Moment de flottement, de silence même. Comme à chaque fois ou presque.

« Ok, je vois. Ceci explique donc cela. »
« Je crois aussi. Mais regardez, c’est réglé. Elle a du avoir peur que je m’en prenne à vous, en sentant mon odeur elle a du reconnaître le prédateur et son instinct l’a poussé à réagir comme ça. Je pense que maintenant elle a compris que je ne suis pas une menace. »

Une dernière caresse à la chienne et je me redresse. Maya me donne un coup de museau dans le genou, je lui flatte les flancs au passage et elle va s’asseoir au pied de sa maitresse. Je crois que je viens de me faire une nouvelle copine.

« Victoria, la nouvelle … »
« Prof de Vol sur Balai, et d’une autre matière dont j’ai oublié le nom. Je sais qui vous êtes. »
« Et tu vas finir toutes mes phrases ? »
« Désolé. »

Elle sourit, amuséé, au moins je ne l’ai pas vraiment offusqué c’est déjà ça. Encore une Prof qui a l’air jeune, et d’ailleurs je pense que je serai incapable de lui donner un âge mais de toute façon on s’en fout pas mal.

« Enzo. Enzo Ryans. Vous m’aurez peut être en cours dans quelques années, qui c’est. »
« Sportif ? »
« Hum … je dirai que c’est presque une raison ou un art de vivre. Et que j’ai surtout un gros besoin de me défouler donc d’exercices physiques. »
« Je vois. »
« Et j’adore ça, ça tombe plutôt bien. »
« Tu fais du Quidditch ? »
« Aoutch, non. Pour être tout à fait honnête je déteste ce sport. En réalité je déteste voler, le balai c’est vraiment pas ton truc. »

Elle a écrasé un rire sans rien rajouter de plus et je me suis senti soulagé qu’elle ne parte pas dans un laïus sur les multiples raisons qui font qu’on devrait tous être des adorateurs de cette discipline. J’en ai profité pour désigner Maya d’un signe de tête.

« J’en connais un qui va être content de te voir toi en tout cas. »
« Si tu fais allusion à Fenrir, effectivement je pense qu’ils se sont déjà adoptés. »
« C’est cool. Ils vont faire des beaux bébés. »
« Ben voyons ! J’suis pas sure que le Directeur sera ravi si une ribambelle de chiots met le bazar dans son école. Et puis j’aimerai bien pouvoir dormir la nuit moi. »

Nouveau rire, des deux côtés. Je dois bien avouer que l’image me plait assez mais effectivement je ne crois pas que ça ravirait tout le monde. C’est déjà suffisamment le bazar ici, avec ou sans animaux.

« Je t’en mets un de côté ? »
« Euh … ça aurait été cool mais je doute que mon chat apprécie en fait. »

Ni mon p’tit ami d’ailleurs. Il me trouve déjà suffisamment désespérant avec ma chatte alors avec un chiot … Et je vois déjà Lune entrain de mettre des tartes à ce pauvre petit bébé.

« Un Loup avec un chat, original. »

C’est pas la première fois qu’on me la sort celle là. Je n’ai pas répliqué, ou plutôt si mais simplement par un sourire.

« Bon aller, c’est pas tout ça mais j’ai cours. Passez une bonne journée. A plus Maya. »

J’avais déjà fait un pas sur le côté pour les contourner quand elle m’a hélé.

« Enzo ! Juste une chose. C’est autorisé dans les couloirs ce genre de trucs ? »

Hum ? A … ça. Mon skate, naturellement.

« Euh … oui ? »

:gla: + :angel:

« Ok, je vois le genre du personnage. Aller, file, j’ai rien vu. »

Enzo Ryans ou comment se faire griller et cataloguer dès le premier jour ou presque.

En tout cas, cette rencontre un peu spéciale m’a donné le sourire. La matinée ayant très bien commencé, je me suis dit que le reste de la journée le serait tout autant mais quand j’ai percuté en relisant mon emploi du temps que mon deuxième cours de la journée étant EDM, j’ai déchanté vite fait. Nouvelle année, nouveau prof, mais j’ai encore un passé pas si lointain qui me colle à la peau et de très mauvais souvenirs de cette matière et de la salle dans laquelle elle est dispensée. Pendant un moment je me suis demandé si j’allais y aller. L’année dernière j’ai raté presque tout les cours jusqu’à ce qu’ils m’y balancent de force le jour où j’ai du faire du mal à Kyle devant toute la classe pour le plaisir sadique et malsain d’un enfoiré à qui j’ai arraché la gorge depuis. Il s’est étouffé, il s’est noyé dans son propre sang, et j’ai regardé la vie quitter son corps juste avant de foncer droit sur Taylor, juste avant de tomber dans un sommeil d’une dizaine de jours après avoir failli y passer moi même. il y a trop de choses liés à ce qui s’est passé ce jour là, et ça n’était peut être pas le début de ma descente aux enfers mais il y a largement contribué. Voilà pourquoi j’ai bloqué pendant de longues secondes devant la porte, les poings serrés autour de mon sac et de mon skate, avant de réussir à mettre un pied dans la salle. J’ai redoublé, et d’un côté je me dis que ça n’est sans doute pas une mauvaise chose puisqu’au moins je ne dois pas faire face au regard de ceux qui étaient là ce jour là, à l’exception de Lukas et Jamie qui ont repiqué eux aussi. j’évite de croiser leurs yeux le plus possible mais je sens bien que déjà la tension monte en moi. Insidieusement, presque langoureusement. Comme une vieille garce qui s’accroche. Mon cœur s’emballe, mes yeux esquivent le nouveau prof et je file directement m’asseoir dans le fond de la classe mais tous mes souvenirs remontent violemment. Je ne me sens pas bien, oppressé, agressé même par toutes ces images qui me reviennent en tête et la parano s’installe. Tout comme la colère, la rage, peut être même un peu de haine. Envolé les bons moment de ce matin, tout ce que je vois ce sont les murs que j’ai rencontré avec violence il y a seulement trois mois de ça, c’est le visage de Kyle qui se tord de douleur, c’est l’odeur de son sang, et puis celui de l’autre enfoiré à qui j’ai planté une lame en plein milieu de la paume ce jour là. Peut être que si je ne m’étais pas débattu, peut être que si j’avais su rester calme, Kyle n’aurait pas autant souffert ce jour là. Et je me revois lui lançant un Doloris, contraint par un Imperium parce que mon propre sortilège n’était pas assez puissant. J’ai cru qu’il allait mourir sous mes yeux, encore. Tout ça se mélange dans ma tête et je sens les cheveux sur ma nuque qui s’hérissent. Je ne quitte plus cet homme du regard, c’est trop tard. Je suis un animal à l’affut du moindre geste suspect, je m’attends à chaque instant qu’il fasse entrer le garçon que j’aime dans cette pièce pour le faire souffrir et me demander de lui faire du mal à nouveau. Au bord de l’implosion, je sais qu’il ne me suffirait de pas grand chose pour perdre le contrôle alors je tente de me calmer. Je ferme les yeux, tache de respirer calmement et de tranquilliser mon rythme cardiaque. Essayer de faire abstraction, chose nettement plus facile à dire qu’à faire. Il n’est pas l’ennemi Enzo. T’en sais rien, il est peut être pire encore que Wilbott, Cudrow et Walters réunis.
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Mar 22 Oct 2013 - 8:55

I just don’t want to feel it anymore - 2 Septembre



"au plaisir, au désir de tout quitter sur un soupir
aux adieux, aux toujours, aux promesses, aux amours
aux noirceurs, à nos cœurs
aux lueurs, à nos peurs
à ton cœur fatigué, à nos travers, nos libertés
à nos bouches essoufflées
à trop les embrasser"

Jour 2.

Phaedre. Je ne sais pas pour quelles raisons je ne l’avais pas revus depuis mon retour à Poudlard. Enfin, je l’avais entre-aperçu. J’en déduisais qu’elle passait le plus clair de son temps dans son bureau. Bureau où j’ai maintes fois essayé de m’y introduire en venant lui parler au travers la porte. Sans réponse. Sans signe de vie. La culpabilité de l’avoir ainsi laissé choir à son désespoir pendant que moi je me ressourçais à Glasgow me rongeait un peu plus chaque jour. Mais si je voulais ne serait-ce que repartir sur de bonne base avec elle, il fallait que je le fasse, que je parte loin de ce lieu, loin d’elle, loin des faits et de la vérité. J’ai tourné des millions de situations dans ma tête sans parvenir à y trouver une solution valable pour l’approcher de nouveau, sans risquer de me faire jeter en l’air comme un malpropre. Parce que jusqu’ici, on pourra me dire ce que l’on veut, mais c’était clairement ce qu’il se passait. J’étais à ses yeux l’intrus, elle me reniait ouvertement et clairement … Et ça bordel, j’avais un mal de chien à le digérer. J’ai tellement compter sur elle durant toutes ces années à me dire que nous étions complémentaires elle et moi. Que nous devions être là, l’un pour l’autre. C’était l’image que j’avais d’une fratrie. Un soutient moral, une présence même silencieuse, mais une présence quand même. Et moi, je n’avais eu qu’une tempête droit dans la gueule puis, du vide. Un vide abyssal, un néant de douleur et de tourment. De questions aussi stupides les unes que les autres, sur ma propre existence. Jamais je n’avais été dans un état pareil, putain. A me demander si j’aurais réellement due naitre… Si ma mère n’était pas tombée enceinte, jamais elle ne se serait autant accrochée à Alec. Et jamais elle ne serait entrain de mourir à petit feu, rongé par la folie, dans une maison de campagne dans le sud.

Jamais Alec n’aurait autant quitté le domicile conjugal où sa petite fille l’attendait, prenant en silence les coups incessants de sa propre mère, baigné d’insultes et de reproches non fondés. Il aurait pu ainsi la protéger, prendre soin d’elle bien mieux qu’il ne l’a fait.

Ainsi, Phaedre aurait eu une enfance moins horrible, moins traumatisante. Moins violente… Et jamais elle n’aurait été brisée comme aujourd’hui. Alec aurait pu l’enlever à cette sorcière et la faire grandir dans un ailleurs plus sain.

Alec n’aurait jamais tué Elena. Il ne se serait jamais retrouvé en Prison. Il aurait pu ainsi, continuer à vivre auprès de Phaedre …  peut-être refaire sa vie pour de bon avec ma mère, qui sait ?

Une seule vie. Une naissance. Une existence. Une cause à effet… Et trois destins s’en retrouvent complètement détruits. Et voilà ce qui me ronge depuis presque un mois. Depuis que j’ai retrouvé Phaedre. Depuis que j’ai pris conscience à quel point mes espoirs d’enfants n’étaient que chimères. Putain, ca fait un mal de chien. J’me dépite, j’suis pas le genre à me morfondre mais… Merde c’était ma sœur. Et j’voulais pas tout ça. J’voulais pas que ma mère soit au bord de la folie. J’la voulais heureuse, j’la voulais vivante… Pardonne-moi maman, d’exister.

Assit sur le bord de mon lit, le visage entre les mains, je me remémore la brève entrevu avec Phaedre dix minutes plutôt, après le p’tit dej’. Je l’ai vu sortir de la grande salle et je l’ai suivi. Je crois que sur le moment, elle ne m’a pas entendue et de loin j’ai vu son corps décharné bien plus maigre qu’à l’accoutumé. Elle n’était plus qu’une ombre, une enveloppe charnelle vidée de toute substance de vie. Par ma faute. Je n’arrivais plus à faire la part des choses, à me dire que de toute manière je n’y pouvais rien … Et pourtant, j’avais ce foutu gamin qui continuait de chialer entre mes côtes. Cesse moi cette tragédie, veux-tu ? Je l’ai donc suivi et l’ai attrapé par son poignet si fin que je croyais pouvoir en faire deux fois le tour avec ma main. Si fragile, que j’eu peur de le briser comme une feuille morte entre mes doigts… Et son regard s’est posé sur moi. J’étais le cauchemar vivant de sa propre vie. Yeux vides, sombre où régnaient deux océans tumultueux, ravager par une tempête titanesque.  

« Phaedre… Il faut qu’on parle. Juste cinq minutes, s’il te plait.
- Laisse-moi. Je t’interdis de me toucher. »

Elle s’est arrachée de mon étreinte avec le peu de force qu’elle avait encore en sa possession, en titubant un peu. J’suis resté penaud, comme un pauvre con. Je l’ai regardé, sans rien dire. J’ai juste contemplé cette colère intense dans ses traits.

« Ne cherche plus à me parler, tu entends ? »

Je l’ai regardé partir sans rien dire avec la sensation de recevoir des coups de poignards droits dans l’estomac. Mais aussi qu’un volcan faisait irruption près du cœur, me le ravageant à coup de lave, me sommant de hurler et de la remettre à sa place. De lui faire comprendre que putain, j’ai rien demandé à cette foutu situation. Que c’était comme ça et qu’on y pouvait rien. Pourtant, rien n’est sorti. Je l’ai juste regardé partir, les yeux posés sur ce corps qui flottait plus qu’il ne marchait. Et maintenant, me voilà dans ma chambre, les nerfs en boule et le cœur lourd. Et vous vous demandez pourquoi j’aime pas les sentiments ? Rien que ceux qui sont fraternels sont désastreux. Alors si c’est pour donner son cœur à une femme, plutôt mourir et me jeter de la tour d’Astronomie dès maintenant.

Je me dirige vers la salle d’eau où je me passe un coup d’eau froide sur le visage. Allez mon grand, reprend toi, t’as un cours à donner. Et comme le dit Riley, j’avais de la patience à mettre en œuvre si j’voulais que ces gamins ne soient pas oppressés dans cette classe et qu’ils n’aient plus cette angoisse au cœur de me voir leur faire faire des choses insensées. Appuyés sur le lavabo, je me regarde un instant dans la glace. J’ai rarement été d’une humeur si… morne. Alors Dimitri, qu’est-ce ça te fait de te savoir responsable d’un poids si lourd ? Et puis ces gamins, comment vas-tu leur faire reprendre goût à la vie, à cette matière ? Dis moi donc, comment vas-tu faire, toi le grand idiot de service, à raconter des conneries à la seconde ?

J’le ferais.

C’est con, mais la discussion avec Riley avait mit un sens à toute cette situation, à cette peur palpable dans ma salle de cours, sur le visage des élèves. De discuter des évènements passés avec elle, de prendre conscience qu’elle était elle aussi une victime de cet enfer avait clairement mit des mots, des sensations et des images sur l’horreur vécu. Et depuis… J’me sentais alourdis. Accablé par l’horreur humaine, par cette folie propre à ses malades psychopathes, avides de souffrances.

Le temps s’est écoulé et je me retrouve de nouveau face à une classe de gamins de sixièmes années, ayant vécu un cauchemar vivant. Oui, j’avais face à moi, une multitude de visage ayant subit la même pression que les Juifs dans les années 1940 face aux nazis. Cette même rafle avec les moldus, ces mêmes punitions aux résistants, à ceux jugés non normaux aux yeux de leurs critères. Et j’ai envie de gerber cette haine, cette connerie humaine. Cette douleur qui est désormais palpable partout dans l’air, dans cette putain de classe où cette ordure s’en soit servie de camp de souffrance. Les mots de Riley résonnent dans ma tête de nouveau. Avant notre discussion, j’étais déjà conscient du vécu de ce château mais aussi de ceux des élèves ici présent. Mais lorsqu’un témoin ou une victime vous en parle, par ses propres mots et par ses propres douleurs, tout prend alors son sens et toutes les pièces du puzzle s’emboitent.

"à vos corps écorchés, à vos cœurs embrassés"

Adossé sur mon bureau, les mains dans les poches, je sors mon discours habituels, tenant à ce qu’il soit ancré au mieux que possible dans leur tête et leurs neurones tout frais de jeunesse. Mon nom étant déjà inscrit à la craie sur le tableau noir, je le désigne d’un signe de tête, visage détendu, sourire aux bords des lèvres :

« Vous l’aurez surement deviné, Garbieli n’est pas le surnom donné au tableau, mais bien mon propre nom. Je suis, comme vous le savez, votre nouveau prof d’Etude des non magiciens. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, qu’aucun de vous n’avez fait un coma éthylique sur la plage et que vous ne vous êtes pas retrouvé dans le lit d’un ou d’une inconnue qui se trouve être beaucoup moins agréable à voir au petit matin, l’effet de l’alcool estompé… »

Je ricane, quelques élèves me suivent. C’est encore une fois, un bon début. De la patience, de la douceur et de la subtilité ! Je m’en suis bien sorti jusqu’ici, aucune raisons que je me foire maintenant. J’englobe du regard l’ensemble de la classe avec cette étrange sensation que des petites lames me transpercent la poitrine. Je fouille subtilement du regard pour me retrouver bien vite accroché par celui d’un jeune homme. Et croyez moi que s’il pouvait me tuer là, sur le champ, il le ferait. Une chose me frappe et me donne la sensation de recevoir un uppercut droit dans l’estomac : Ses yeux. Cette manière de me regarder, semblable à celle de Phaedre. Ce dégoût et cette peur à la fois. Si certains d’entre eux étaient réservés, voir méfiants, lui était tout simplement un bloc de glace à l’état pur. Visage fermé et hostile, avachis sur son siège, presque accroché à sa table. J’eu l’impression qu’il vivait un véritable supplice mentale …

« Certains d’entre nous gardent un goût amer concernant cette matière et une angoisse, voir de la colère, envers cette pièce qui a vu pas mal d’horreur et surtout beaucoup de souffrance. »

Sa phrase me revient en tête, comme une alerte, une sonnette d’alarme rouge vive. Peut-être était-il l’un d’entre eux ? L’un de ceux ayant eu la malchance de tomber entre les griffes de mon prédécesseur ? Ne pas laisser le malaise s’installer…

Je frappe dans mes mains, empruntant cette fois un air plus sérieux :

« Le discours à déjà du se rependre, mais pour être certains je vais vous l’énoncer comme je l’ai fais pour les autres. Je sais ce qu’il s’est passé entre ses murs et je sais surtout que la plupart d’entre vous y ont vécu l’horreur. Les choses ont changés, l’école, le Directeur et les profs. Les méthodes également… La mienne sera la suivante… »

Discrètement, je lui jette quelques regards, le voyant à présent yeux fermés, comme s’il tentait de chercher l’air pour l’insuffler à ses poumons en manque d’oxygène, de vie. Écoute moi gamin, j’vous veux aucun mal, j’le jure. Ni toi, ni qui que ce soit ne sera torturé ici. Cherche l’air, vas-y et expulse. Relâche la pression, j’suis pas là pour vous faire quoi que ce soit si ce n’est que vous partager une culture et ma connerie légendaire. J’imaginais sans peine l’angoisse latente qu’il devait ressentir et lorsque je balaye la salle de mon regard, deux ou trois autres visages me paraissent également tendu. Cette salle était un véritable rappel à l’horreur… C’était comme forcer à une victime de retourner dans la chambre de son violeur.

« Je suis ici pour partager et vous apprendre une culture qui n’est pas la vôtre et que certains d’entre vous ne côtoies jamais ou rarement : Celle des Moldus. Si ils ont été considérer comme des moins que rien jusqu’à l’année dernière - et je pense que je pèse mes mots -, aujourd’hui sera différent. Si je surprends quiconque dans cette salle ou dans un couloir de cette école, faire preuve d’une forme de racisme physique ou verbale, envers eux ou envers une personne les côtoyant, je n’hésiterais pas une seule seconde à punir à la hauteur de son acte, le ou les élèves coupables. »

Regard froid, un demi-sourire aux lèvres. Les règles étaient posées et le jeu était lancé. Bras croisés sur ma poitrine je laisse flotter quelques secondes avant de reprendre d’une voix ferme :

« Ici, ça n’est pas un défouloir, mais un cours d’apprentissage. Donc je compte sur chacun d’entre vous pour leur foutre la paix et de les considérer comme tous vos camarades de classe. Sinon, croyez moi que le retour de flamme vous parviendra avant même que vous n’ayez le temps de dire ‘ouf’…. Maintenant trêve de bavardage ! »

Et comme mes cours précédents, je sors un carton de dessous mon bureau pour l’y poser dessus et y sortir, règle, stylos, cahiers. J’affiche un grand sourire avant de reprendre :

« Ici, inutile de compter sur votre baguette magique, sur votre plume ou vos parchemins. Vous allez suivre le même système que les élèves Moldus histoire de vous mettre au mieux dans leur peau ! Cahiers et stylos sont de la partie. Venez par ranger prendre votre matos, les vacances sont terminés donc au boulot ! »

Et tout ça, dans l’humour et la douceur. Ne pas les brusquer. Les choses étaient posées, inutile d’en rajouter. Mais je crois que le gamin en fond de classe n’était pas du même avis. Visage toujours aussi hostile, sourcil froncé, subissant les supplices silencieusement. Je pensais que mon discours aurait au moins effet de le rassurer, d’atténuer les images envahissantes de cette salle. Assis sur mon bureau, je laisse les élèves venir chercher leur dû un part un part, leur accordant quelques vannes à droite à gauche. Il était absolument agréable de voir certains visages se détendre et y affiché une légère confiance et même si certains étaient encore méfiant, j’étais quand même satisfait de l’effet donné, comme à chaque fois. Je n’avais eu pour le moment aucuns débordements, mais je n’étais à l’abri de rien.

Quand je vois Monsieur Bloc de Glace s’approcher, je pus voir de manière imperceptible, ses mains trembler pour ensuite en voir les jointures blanchir lorsqu’il serra les poings. Mais il y a aussi un détail qui ne m’échappe pas : Certains regards tournés vers lui émanaient une compassion ou alors, une curiosité. Pour être honnête, j’en savais foutrement rien mais il y avait quelque chose de particulier entre lui et cette salle. J’suis pas stupide à ce point et faut pas être Einstein pour voir qu’il était limite au bord du malaise. Je n’sais pas son prénom, ni son nom, les présentations viendront plus tard, mais peut-être était-il temps d’apporter un peu soutient morale à quelqu’un, à un gamin qui en avait probablement trop bavé ici ou ailleurs. Oui parce que c’était bien beau de leur enseigner des choses qui pour la plus part, devaient les emmerder comme pas permis, mais j’avais aussi un rôle de pédagogue à l’écoute et c’était mon devoir que d’apporter un soutien… Putain, si j’avais cru ça un jour, sérieusement. Dimitri Santiago Gabrieli, pédagogue. Ouais, on aura tout vu.

Lorsqu’il fut assez proche, je l’interpelai :

« Tu viendras me voir à la fin du cours, s’il te plait. »

Ca n’était ni une question… ni une question. Pour être honnête, je ne lui demandais pas son avis, sans pour autant l’agresser, bien évidement. Mais il était clair que si je lui laissais le choix, il se serait barré aussi vite que le vent hors de cette salle lorsque le cours sera terminé. Un sourire aux lèvres, je l’invite à la confiance même si je constate que c’était presque peine perdu. J’sais pas ce que ce gamin a vu ou vécu ici, mais c’était encore bien imprimé dans sa matière grise. Suffisamment pour lui donner un teint blafard et le corps presque secoués de soubresauts. Et pourtant, il reste presque maitre de lui-même. Je le laisse regagner sa place avec tous les autres.

Le cours s’enchaine et se déroule mieux que je ne l’aurais cru. Et lorsque la fin sonne, j’attends, sans mettre la pression à ce gamin qui n’était que l’image de l’horreur. Le reflet d’une souffrance que peu ne pouvait comprendre ici même.

"Le jour se lève et je ne vois
Que le silence aux horizons
Dans le jardin de mes enfances
Je crois qu'il est mort le pinson
Sûr ça ne sera pas rose
Mais les écorchés voleront
Écarterons le souvenir
D'un pinson dans le lointain
Suivons le chant du vent des plaines
Qui nous mènera au printemps"
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Ven 25 Oct 2013 - 17:51

Sincèrement, je ne pensais pas que me retrouver ici aurait pu me mettre dans cet état. La vérité, c’est que depuis qu’on a quitté le château fin juillet je n’y ai pas pensé une seule seconde. Tout le temps passé en Australie n’a été qu’un immense morceau de bonheur – si on fait abstraction de ma famille dans son sens le plus large – et à aucun moment ou presque je ne suis revenu sur ce qu’on a pu vivre ici. On est rentrés à Poudlard dans le courant du mois d’aout et encore là je me suis concentré sur autre chose puisque les vacances n’étaient pas terminées. J’ai bien grimacé hier en recevant mon emploi du temps et en voyant EDM marqué dessus mais … J’en sais rien, c’est peut être encore une fois ma capacité déconcertante à ranger dans un coin de mon inconscient certaines choses qui fâchent qui a fait des siennes. Il y a certaines expériences que je n’oublierai jamais, je le sais tout comme je sais que ces souvenirs ressortiront tôt ou tard, comme ils le font déjà dans mes cauchemars même si tout ça c’est tassé un peu. Je ne peux pas tirer un trait sur ce qu’il s’est passé depuis deux ans, c’est un fait. Même en y mettant toutes mes forces, et à moins d’un sortilège pour me sortir ça de la tête, ça restera là, ancré en moi et ce pour toujours. J’ai vécu et commis des choses qui … qui sortent l’ordinaire et qui ne sont pas … bien. J’ai failli mourir, plusieurs fois, mais surtout j’ai tué et si pour certains je ne le regrette pas, ça n’est pas le cas pour tous. Je n’oublierai jamais leur visage, je le sais. D’ailleurs je me pose parfois la question : Est ce qu’un jour je vais devoir répondre de mes actes ? Est ce que je vais finir ma vie à croupir dans une cellule glaciale et humide d’Azkaban ou quelconque autre endroit de ce genre ? Ça ne serait que justice après tout. Je me mets à la place des familles, si j’avais le meurtrier de mon père … Mauvais exemple, lui aussi je l’ai tué. Peu importe, si je n’étais pas moi et que j’apprenais que mon père, ma mère, mon frère ou n’importe quelle autre personne a qui je tiens a été tué, je n’aurai qu’une envie : Voir son meurtrier derrière les barreaux. Les choses ne se sont pas passées comme ça et certes j’ai souvent eu des circonstances atténuantes mais ça n’enlèvera jamais le sang que j’ai sur les mains. Ou plutôt sur les griffes et sur les crocs. Je suis une bête, un monstre selon certains, en tout cas une créature déclarée et inscrite dans le registre de plusieurs Ministères puisque j’ai évolué dans plusieurs pays depuis ma transformation. J’imagine que les dossiers suivent. Un animal, c’est ce que je suis aux yeux de la loi, parce que c’est dans ce registre là qu’ils nous ont classé mes semblables et moi. En réalité je crois qu’ils nous baladent entre plusieurs catégories mais peu importe. Je suis ce que je suis, j’ai fait ce que j’ai fait, et je dois vivre avec, en accepter les conséquences.

Dans tout ce merdier j’ai au moins la chance d’avoir des proches qui m’acceptent tel que je suis, et surtout qui acceptent de vivre avec le danger que je représente et avec ce que j’ai fait même si la plus part ne sont pas au courant des faits, du pourquoi, du comment, etc … A vrai dire, je crois qu’il n’y a que Kyle, éventuellement mon frère et Logan – même si le qualifier de proche me pose problème, sans doute pour la forme – qui sont au courant de la totalité ou presque de ce qui a pu se passer dans ma vie. Les autres ont connaissance de certaines choses mais je suis resté assez vague sur les détails. Ils n’ont pas besoin de savoir de quoi je suis réellement capable, je ne veux pas qu’ils le sachent, c’est aussi simple que ça. Peut être qu’ils s’en doute mais pour l’heure ça restera à cet état là. Enfin ils … surtout elles je dirais. Disons que c’est un moyen de les protéger tout en me protégeant moi même.

Ici même dans cette salle, il y a trois mois, j’ai juré à un homme que je le tuerai. Je l’ai regardé droit dans les yeux et je lui ai promis qu’un jour ou l’autre je finirai par l’avoir pour lui faire payer tout ce qu’il nous a fait, à Kyle et moi, et surement à pleins d’autres. Je n’ai jamais digéré le fait qu’il se soit servit de ma moitié pour me faire du mal, pour graver ma peau avec de l’argent – chose qui m’a marqué à vie et les cicatrices que je porte sur le torse le prouve. Si je m’en suis sorti c’est simplement parce qu’Ismaelle est arrivé au bon moment, et parce que Kyle a eu de bons réflexes, mais dès l’instant où l’argent à pénétré ma chair j’ai su que j’étais condamné si rien ne se passait rapidement. Ce jour là j’ai voulu le tuer déjà mais Kyle m’en a empêché. Bonne chose ? Mauvaise chose ? Peu importe. Pour lui, et uniquement pour lui, j’ai accepté de le laisser vivre. Lui, c’est pour moi qu’il l’a fait, pour ne pas que mon esprit devienne un peu plus torturé qu’il ne l’était déjà en ayant déjà plusieurs morts sur la conscience. J’ai eu un semblant de vengeance le jour où Derek et moi avons été balancé en même – par le plus grand des hasard – dans les cachots. Lui c’était fait virer de cours de Potion et moi de Sortilège, soit, et si au départ on a décidé de concert de foutre un peu le bordel en bas tout en profitant de la cohue pour s’échapper, ça rapidement viré au carnage quand j’ai croisé le regard de ce type. Il a toujours été là, de près ou de loin, sale fouine qui se délecte de la souffrance des autres. Il était là le jour où ils l’ont « tué » sous mes yeux dans la cabane hurlante, il était là quand ils m’ont enfermé dans une cage une semaine durant avant la pleine lune, me privant de Tue-Loup, et attendant le dernier moment où ma part humaine était encore présente pour que je me rende bien compte de ce que j’allais faire alors qu’ils jetaient une pauvre innocente dans ma cage. Evidemment que je n’ai pas pu me contrôler, et quand bien je n’en garde pas vraiment de souvenir, je n’oublierai jamais la marre de sang dans laquelle je me suis réveillé le lendemain, ni ce corps meurtris, à peine reconnaissable, qui gisait près de moi. Oui, il était là, chaque fois, attendant son heure de gloire et jalousant ma présence dans leur rang quand j’ai décidé de lâcher prise. J’ai quelque chose qu’il n’a jamais eu et qu’il m’a toujours envié : Une malédiction selon certains, un don selon d’autres. Ce truc qui a porté leur intérêt sur ma personne et non pas sur la sienne. Il voulait se faire sa place parmi eux, une place bien plus importante que celle qu’il avait mais tout ce qu’il a gagné c’est d’y perdre la vie.Tout ce cirque qui a eu lieu dans cette salle a été son initiative, j’en ai toujours été convaincu. Ses petits jeux malsains étaient reconnaissables et cette fois c’est ma main qui a du faire souffrir Kyle. J’ai eu beau luter contre, il a fini par avoir ce qu’il voulait et j’ai bien cru qu’on allait tous les deux finir par y passer. Il n’empêche qu’une fois encore on a su s’en sortir, non sans dommages certes, mais à l’heure actuelle on est encore vivant et lui ne peut pas en dire autant. Il n’a pas été le premier être que j’ai tué mais en tout cas celui avec lequel j’ai pris le plus de plaisir ça c’est une certitude. J’ai tenu ma promesse, même si ça n’était pas mon intention cette nuit là parce qu’il n’était clairement pas ma cible première. Mauvais endroit, mauvais moment, et le gros Loup Noir qui lui a déchiré la gorge aura été sa dernière vision du monde des vivants. Une seconde plus tard il n’existait déjà plus pour moi, mais aujourd’hui son visage est partout dans mon esprit, et sans pouvoir le contrôler toute ma haine – qui ressort probablement par mes yeux – se tourne vers ce Prof, visage nouveau, qui n’a rien demandé.

« Vous l’aurez surement deviné, Garbieli n’est pas le surnom donné au tableau, mais bien mon propre nom. Je suis, comme vous le savez, votre nouveau prof d’Etude des non magiciens. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, qu’aucun de vous n’avez fait un coma éthylique sur la plage et que vous ne vous êtes pas retrouvé dans le lit d’un ou d’une inconnue qui se trouve être beaucoup moins agréable à voir au petit matin, l’effet de l’alcool estompé… »

Certains ont ri, je les ai entendu. Ça n’a pas été mon cas même si en d’autres circonstances j’aurai pu faire partie de ceux là, j’en suis convaincu. Je crois que c’est à ce moment là qu’il a grillé mon petit manège – si on peut appeler ça comme ça – et quand ses yeux ont capté les miens à travers la classe je crois qu’il a compris instantanément que quelque chose ne tournait pas rond. On dit souvent que le regard est le reflet de l’âme, ce qu’il a vu dans la mienne à cet instant là devait être d’une belle couleur noire mais ça ne l’a pas arrêté. Et quand il a frappé dans ses mains je n’ai pas pu m’empêcher de sursauter, totalement sur le qui-vive, comme un bond de plusieurs semaines en arrière dont je me serais bien passé. Ça aura au moins eu l’occasion de me sortir de cette torpeur pleine de rage et me permettre de retomber sur terre. Un peu.

« Le discours à déjà du se rependre, mais pour être certains je vais vous l’énoncer comme je l’ai fais pour les autres. Je sais ce qu’il s’est passé entre ses murs et je sais surtout que la plupart d’entre vous y ont vécu l’horreur. Les choses ont changés, l’école, le Directeur et les profs. Les méthodes également… La mienne sera la suivante… »

J’ai fermé les yeux, mais même dans le noir je percevais ses regards. Je me suis simplement ramassé dans ma bulle, dans mon autoprotection latente et surtout dans un moyen de me sortir de cette spirale que je savais stupide, mais incontrôlable.

« Je suis ici pour partager et vous apprendre une culture qui n’est pas la vôtre et que certains d’entre vous ne côtoies jamais ou rarement : Celle des Moldus. Si ils ont été considérer comme des moins que rien jusqu’à l’année dernière - et je pense que je pèse mes mots -, aujourd’hui sera différent. Si je surprends quiconque dans cette salle ou dans un couloir de cette école, faire preuve d’une forme de racisme physique ou verbale, envers eux ou envers une personne les côtoyant, je n’hésiterais pas une seule seconde à punir à la hauteur de son acte, le ou les élèves coupables. »

Discours.
Paroles.
Je veux des preuves de ce que tu avances.

« Ici, ça n’est pas un défouloir, mais un cours d’apprentissage. Donc je compte sur chacun d’entre vous pour leur foutre la paix et de les considérer comme tous vos camarades de classe. Sinon, croyez moi que le retour de flamme vous parviendra avant même que vous n’ayez le temps de dire ‘ouf’…. Maintenant trêve de bavardage ! »

J’ai ouvert les yeux, jeté un coup d’œil autour de moi me rappelant ainsi que je ne connaissais pas la moitié de ces visages. Si je n’avais pas redoublé j’aurai pu mettre le doigt sur certains susceptibles de se sentir viser par les mots du Prof, mais là je n’en avais pas la moindre idée. J’ai regardé Jamie, j’ai regardé Lukas, et je crois que ça m’a fait du bien. Présence familière, rassurante par certains côtés, quelque chose à quoi me raccrocher. Je me suis remis instantanément sur mes gardes quand je l’ai vu sortir quelque chose de sous son bureau, comme si je m’attendais au pire encore une fois, surveillant ainsi le moindre de ses faits et gestes. Tout ce qu’il a fait c’est poser un carton sur son bureau, carton que je n’ai pas quitté des yeux, naturellement. Quel instrument de torture il peut bien y avoir là dedans ?

« Ici, inutile de compter sur votre baguette magique, sur votre plume ou vos parchemins. Vous allez suivre le même système que les élèves Moldus histoire de vous mettre au mieux dans leur peau ! Cahiers et stylos sont de la partie. Venez par ranger prendre votre matos, les vacances sont terminés donc au boulot ! »

Ils se sont levés, tous, rangée par rangée. Tout ce que j’ai fait c’est m’enfoncer un peu plus loin dans ma chaise en les observant, presque paniqué, me sentant toujours aussi ridicule d’être dans cet état sans pour autant réussir à en sortir. Mes yeux se braquaient à intervalles régulières sur la porte d’entrée, m’imaginant Kyle y entrer d’un instant à l’autre même si une petite voix dans ma tête me soufflait que ça n’arriverait pas. Il va bien, tout va bien. Il est en cours, comme toi, il apprend, s’émerveille sur le monde de la magie qui le fascine par certains côté. Cameron doit être entrain de râler à côté de lui, ce qui doit le faire sourire. J’ai hésité à me lever, mais voyant que j’étais le seul à ne pas le faire, le dernier assis, je me suis mis en pilote automatique et j’ai suivi la masse, tachant de me tenir loin des autres parce que je le sais, je me connais, je n’aurai supporté aucun contact physique aussi infime soit-il. En dehors de quelques rares personnes, nul n’aurait été capable de m’approcher à ce moment là.

C’est avec l’impression d’aller à l’abattoir que je me suis rendu jusqu’à son bureau. Les poings serrés, le regard braqué droit devant moi, tachant de faire abstraction de celui des autres qui glissait sur moi, totalement figé. Froid, dur comme de la pierre, tendu au maximum. Je ne suis pas une bête de foire, voilà ce que j’ai envie de hurler. Malheureusement, avec mon comportement étrange, je leur donne tout le loisir de prétendre le contraire. Et puis une fois devant le bureau je ne peux plus faire machine arrière. Deux options s’offrent à moi : Péter les plombs définitivement, foutre le camp et/ou céder à la violence, ou bien continuer à prendre sur moi, continuer d’essayer de me calmer, prendre ce qu’il nous donne et retourner dans le fond de la classe où j’attendrai que tout ça se passe.

« Tu viendras me voir à la fin du cours, s’il te plait. »

Un ton ni ferme, ni froid, ni agressif, mais sans appel. J’ai levé la tête et ancré mes yeux – probablement sombre à ce moment là – dans les siens. Un instant le temps s’est arrêté, plus rien n’existait autour. J’ai senti une violente montée d’adrénaline que j’ai tué dans le berceau par je ne sais quel miracle. Aucune réaction palpable de ma part, j’ai attrapé les affaires que je devais prendre et je suis retourné à ma place où j’ai attendu que le cours se termine. Il a fallu que je m’occupe physiquement, comme à chaque fois que je suis nerveux, alors tout ce que j’ai trouvé à faire c’est tester ces objets que je ne connaissais pas. Ayant grandi dans une famille de Sang-Pur il y a énormément de choses que je ne connais pas même si mes amis s’amusent à m’en apprendre chaque jour un peu plus. Ma mère était fascinée par le monde des Moldus, j’en ai appris aussi un peu avec elle. Aujourd’hui j’ai découvert à quel point c’était bien plus simple de dessiner avec un crayon qu’avec une plume et je me suis dit – pendant un instant où je suis redevenu un élève normal – que j’allais ramener ça à Kyle, que ça lui ferait surement plaisir même s’il a pris l’habitude des parchemins, de l’encre, et donc des plumes. Sur mon … cahier ? Oui, c’est ça, cahier, j’ai dessiné un Loup. Je ne suis pas un artiste dans l’âme comme Kyle mais j’ai toujours plus ou moins griffonné même si cette manie m’avait un peu quitté. J’ai rapidement retrouvé mes repères sur cette silhouette que je connais par cœur. Un gros Loup noir, ce qui peut sembler narcissique mais je ne pense pas que ça soit le cas.

Puis la fin de l’heure a sonné …

Jusqu’à la toute dernière seconde je me suis posé la question de savoir si oui ou non j’allais répondre à sa requête de manière positive. Jusqu’à la toute dernière seconde je me suis demandé si je n’allais pas simplement foutre le camp de cette salle, profiter de la marée humaine pour glisser sur la vague vers la sortie, mêlé dans la cohue. Je dépasse presque tous les autres en terme de grandeur, à l’exception de Lukas finalement, alors bonjour la discrétion. Pourtant je n’ai pas fuit. C’est une sale manie chez moi, pour tout un tas de choses, mais je me soigne. Je sais que je ne suis pas lâche dans l’âme c’est simplement mon côté un peu trop sensible parfois qui me fait réagir de façon … paradoxale. Fuir devant le combat, non. Fuir devant une discussion … Je l’ai fait pendant longtemps, je le fais sans doute encore parfois, et je sais que Kyle s’est arraché les cheveux pas mal de fois à cause de ça à l’époque où j’étais aussi insaisissable qu’une anguille – électrique l’anguille, j’y tiens – mais aujourd’hui ça n’a rien à voir. Je dois aller de l’avant, je le sais. Je dois affronter mes peurs, mes angoisses, mes colères, et pour ça je dois rester ici, faire face à ce type et réapprivoiser cet endroit. J’essaie de me convaincre que je ne vais pas voir Kyle se faire jeter ici de force, qu’ils ne vont pas une fois encore l’attacher, l’enchainer, comme une bête, comme ils m’ont fait trop de fois, mais c’est plus fort que moi : Les images, les souvenirs, ne sortent pas de ma tête. J’essaie de me dire que Logan n’aurait jamais laissé ce type entrer ici s’il n’avait pas confiance – au moins un minimum – et s’il n’était pas persuadé qu’il ne nous ferait pas de mal ou en tout cas pas de cette façon là. La classe se vide, je ramasse mes affaires, lentement, et c’est tout aussi lentement que je me dirige vers son bureau qu’il n’a pas quitté. Le sac sur l’épaule, une main dans une poche – geste qui se veut détendu mais en réalité mes doigts sont enroulés autour de ma baguette bien que ça n’est en général pas le premier réflexe que j’ai en cas de besoin, d’agression, etc … J’essaie d’avoir l’air détaché mais je sais très bien pourquoi je suis là dans le fond. Alors je me plante devant lui, je n’essaie étrangement pas de m’imposer physiquement en déroulant toute ma hauteur. J’en sais rien, l’instinct. Pas de provocation, surtout pas de provocation. Ça serait une connerie, je le sais.

« Qu’est ce que vous me voulez ? »

Le ton n’est pas des plus aimables mais c’est tout ce que je peux faire. Mes yeux ne fuient pas les siens, je me tiens là, devant lui, immobile, sans intention de foutre le camp comme un voleur. Autant être fixé tout de suite.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Dim 3 Nov 2013 - 0:33

Quand je repense à ce qui m’a poussé à venir enseigner ici, j’me dis que cette vie est dingue. Ma vie est dingue et j’passe mon temps à en faire une pièce de théâtre pour essayer d’atténuer sa réalité. Douloureuse, réalité. Et de voir tous ces gosses devant moi qui eux aussi, ont souffert comme il n’est pas permit de faire souffrir un gamin dans ce monde de taré … Eh bien, j’me soins moins seul. Ah oui, ça peut paraitre con, j’vous l’accorde. Mais pourtant c’est le cas et là, tout de suite, j’me sens moins vide. De 1) parce que je me rends compte que tout ce qu’on a vécu nous rallie dans la douleur et de 2) parce que j’me sens utile de voir tous ces gamins à moitié rassuré de voir que je ne suis pas un monstre de première ordre. Peut-être qu’à défaut d’être un bon frère, je ferais un bon prof qui réussit à guider ses élèves sur le droit chemin. J’ai envie de rire… j’suis bien le dernier exemple à suivre en ce qui concerne le droit chemin quand on voit tous les cœurs que j’ai brisé mais aussi toutes les conneries que j’ai pu faire étant gosse.

Je repense à ma mère et à sa peine qui se teinte jour après jour d’une folie destructrice. Je ne fais ni un bon frère … ni un bon fils. J’ai tout foiré du point A au point Z. J’ai pas réussi à réparé le cœur brisé de ma mère qui ne cesse de chercher le fantôme de mon maudit de père dans chaque recoins de l’horizon. Mon sourire n’a fait que le réduire un peu plus en miette. Je n’ai pas non plus réussi à montrer à Phaedre que j’étais quelqu’un de bien et que j’aurai pu être un frère présent et bon. Mes maitres sont morts et je suis seul. Face à ma connerie, face à ma stupidité. Et pourtant, qu’est-ce que je fais chaque jour ? Je souris, je raconte des énormités plus grande et grosse que moi avec 30 kilos en plus. Et j’enseigne à ses gamins l’art de vivre des moldus. Leurs technologies, leurs histoires, leurs guerres à eux… Bref, toute une éducation. Moment de bad total… C’est pas franchement l’moment et encore moins quand j’vois la tête déconfite de ce gamin qui me donne l’impression de vivre ce cours avec un flingue sur sa tempe ou une baguette menaçante d’un Avada Kedavra. Sans que tu ne le sache mon grand, je crois que nous sommes toi et moi entrain de tenter de respirer sous l’eau.

Je fais de mon mieux, j’vous assure. Maman, récupère ta raison je t’en pris. Phaedre… cesse de me fuir. Ce qui devrait être les deux seules et uniques femmes de ma vie étaient tout bonnement entrain de m’échapper. L’une par la maladie, l’autre par le rejet total d’existence. Putain, j’ai besoin d’un verre. Ou deux. Ou alors d’un bon weekend en montagne à faire du VTT et m’casser la gueule pour me faire saigner les coudes et les genoux. Pour me sentir vivant.

La cours arrive à son terme et parce que j’suis un prof cool – si si ! -, je ne leur donne pas de devoirs. Oui bon, on est qu’à la première semaine de cours, tout doux. Je n’ai pas oublié ce que Riley m’a dit et je pense que les ménager au moins la première semaine ne leur fera pas de mal après ce qu’ils ont vécu. Je range un peu mes affaires et sans relever les yeux, j’attends. Qu’il vienne, seul. Je lui laisse le choix même si mon ton de tout à l’heure ne lui en donnait aucun. Mais après tout, il pouvait encore se désister et se barrer sans rien dire. Je ne l’aurai pas rattrapé parce qu’il aurait été inutile de lui faire violence. Je ne lui aurai même pas fait la remarque je crois jusqu’à ce qu’il vienne tout seul me voir pour me demander ce que je lui voulais. J’entasse mes feuilles dans un trieur, comme à l’ancienne ou plutôt, comme un moldu. Ne devais-je pas jouer le jeu moi aussi ? Si j’le faisais pas ça me ferait perdre toute crédibilité et puis ça serait con de ma part. N’empêche, c’est quand tu te retrouve derrière un bureau avec le statut d’enseignant que tu t’rends compte qu’il faut avoir une putain d’imagination pour pas que cette ribambelle de gosse ne s’ennuie ici…

« Qu’est ce que vous me voulez ? »

Je relève la tête, arborant un sourire satisfait. Il n’emploi pas l’amabilité la plus agréable, mais peu importe. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il vienne me voir avec des yeux pétillants, des cœurs sortant de ses oreilles et un « Vous vouliiiiez me voiiiir Monsieur Gabrieliiiiii ? ». Digne d’un dessin animé tout ça.
Au lieu de ça, j’ai le droit au ton froid, au regard sombre et pénétrant. Et mine de rien, il me foutrait limite les frissons à voir ses deux billes noires me fixer. Visage tendu à l’extrême… Je sais que t’es pas à l’aise garçon. Je sais que tu m’as sûrement détesté avant même de ne m’avoir vu et ça s’comprendrait. Mais j’suis pas quelqu’un de mauvais, si tu connais Riley tu peux même le lui demander. Je serais bien tenter de faire un peu d’humour, mais j’sais pas trop si c’est le moment…

« Rien de particulier, juste discuté un peu avec toi et faire plus ample connaissance.»

Tout simplement… Faut-il réellement plus d’arguments ? Je n’crois pas. J’ai simplement besoin de tâter le terrain et ne pas uniquement connaitre Riley en ces lieux. Bon, elle restera toujours quelqu’un de très particulière à mes yeux, quoi qu’il advienne. Elle reste à ce jour ma meilleure alliée et la personne en qui j’ai le plus confiance dans ce château. Facile à dire quand je ne connais qu’elle, mais j’pourrais bien connaitre la moitié de ce bâtiment, qu’elle resterait pourtant à sa place. Tout ça pour dire qu’il me semblait plus torturé que les autres… Je sais, je ne suis pas fin psychologue non plus, mais il y a des choses qui ne trompent pas. Il suffisait de regarder sa manière de se tenir et de me regarder pour comprendre qu’il n’avait pas que des pollypockets dans sa vie. Oui, il ne doit pas connaitre, en faite j’en sais foutrement rien et c’est pas important. Le principal est qu’il s’est tenu à ma demande et c’est pour moi, un sacré bon point et un premier pas. Peut-être était-il curieux de voir qui j’étais réellement au final.

Je m’assois sur le coin de mon bureau, les bras croisés sur ma poitrine, un sourire tranquille aux lèvres.

« Je sais que t’aime pas cette salle, comme beaucoup d’autre ici. Je n’en connais pas la raison et je pense que ça n’est pas nécessaire. Tout ce que je peux te dire … c’est que désormais, tu peux y être la conscience tranquille. »

Plus que tu ne le crois.

«Je sais, c’est beau les mots, les paroles, et toutes les conneries qui vont avec. Mais je ne suis pas là pour vous faire vivre l’enfer. Je pense que vous avez eu votre dose à ce sujet.»

En douceur, mon grand. Je sais que t’es pas si con que ça. Je me lève et glisse les mains dans mes poches.

« C’est aussi pour ça que j’adapte mon cours à la méthode moldu. Je n’ai rien contre eux … A vrai dire, ma mère est moldu. J’ai vécu dans ce monde depuis que j’suis gosse, donc il n’y a aucun danger à ce que je ne fasse quoi que ce soit contre eux. Bien au contraire.»

Pourquoi j’te raconte tout ça à toi ? Même Riley ne sait rien de mon passé, d’où je viens ni quoi que ce soit… Je crois que j’essaie de le mettre en confiance. De lui montrer que j’suis pas un de ses tarés qui persécute ceux qu’ils jugent inférieur à leur sang.

« Bref, si jamais t’as besoin de parler, je suis à l’écoute.»

Oui, je sais ça fait étrange dis comme ça mais c’était l’unique vérité. Si ce gamin avait besoin de vider son sac une bonne fois pour toute concernant ce cours, l’ancien prof ou voir cette salle, c’était le moment. J’pouvais tout entendre, tout accueillir. Et puis j’étais aussi  là pour ça, non ? Tout ça a été dit avec un ton le plus … doux qui soit, sans pour autant y mettre de la pitié. Si j’étais à sa place, ça m’aurait fortement agacé et je crois qu’à ce niveau aussi, ils ont eu leur dose. Ce n’est pas de la pitié qu’ils veulent voir dans les yeux des autres, mais de la compréhension et de la présence c’est tout. Voir peut-être, le respect de leur silence. Même s’il décide de ne pas me parler, peu m’importe, j’voulais juste le mettre à l’aise et lui faire comprendre qu’ici, il ne risquait rien. Oui, je sais j’lui ai pas demandé comment il s’appelait et alors ? Ça viendrait plus tard, parce qu’au fond un prénom ne change pas les blessures d’une personne. Elles sont là et parfois, elles ont besoin d’être cautérisé par la parole ou le silence…
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Lun 4 Nov 2013 - 13:49

Un pauvre gosse. Ouais, un pauvre gosse parmi tant d'autres, voilà ce que je suis. Un gamin de 17 piges avec des états d'âmes, un gamin qui n'a pas franchement envie d'aller voir son Prof à la fin du cours mais qui pourtant le fera quand même. Oui, je l'ai fait. J'ai pris mon courage à deux mains, j'ai chassé mon envie de fuir de cet endroit et loin de lui, j'ai attrapé mon sac et mon skate et j'ai trainé ma carcasse jusqu'à son bureau une fois que tout le monde est sorti de la classe. Je me suis planté là, je lui ai offert mon regard sombre et ma tension palpable, mon ton et mon expression aussi aimable qu'une porte de prison. Moi, au naturel. Mon instinct, et Loup sans doute un peu aussi même si étrangement je ne le sens pas vraiment présent, me souffle que je n'ai pas à me méfier de cet homme là. C'est vrai qu'il a su mettre à l'aise tout le monde ou presque, vrai aussi qu'il ne m'a pas braqué, mais je me méfie de l'eau qui dort. A force d'en prendre plein la gueule on apprend à être vigilant avec tout et tout le monde ou presque. C'est peut être stupide, ça empêche forcément de vivre normalement et ça met des barrières entre soi et les autres mais quand l'instinct de protection et l'auto-préservation s'en mêle on peut difficilement aller contre. J'ai trop mangé pour foncer tête baissée dans la gueule d'un autre … danger potentiel. Non, je ne peux pas caser le terme Loup ici, parce que le Loup c'est moi. Le seul et l'unique dans cette pièce. Le prédateur qui pourtant ressemble plus à un pauvre agneau qui se sait condamné et qui a gagné un aller simple pour l'abattoir. Enfin … un agneau … peut être pas. Je me doute que je ne dois pas avoir l'air très fin mais c'est plus fort que moi. J'ai cette capacité à avoir l'air méchant et menaçant, je le sais, et j'en ai joué parfois mais cette fois ça n'a rien à voir avec une quelconque envie ni un besoin de faire peur. C'est ma manière à moi de me protéger même si c'est inconscient. L'endroit, le contexte, tout me rend nerveux et quand bien même les images s'estompent une seconde, elles reviennent la suivante. Cerné. Comme un Loup coincé au milieu des flammes. J'ai beau aimer le feu, jouer avec dans tous les sens du terme, il n'empêche que ça n'est pas une situation confortable. Donc oui, j'ai pensé à me défiler puisque ça aurait été la solution la plus simple mais à quoi bon prendre la fuite ? Je ne veux pas que cette année soit le même cirque que la précédente, ni même que celle d'avant, et je sais que pour ça je dois aller de l'avant et affronter mes peurs. J'ai toujours été un peu contradictoire à ce sujet là, à ne pas vraiment savoir jauger ne manière raisonnable la gradation des dites peurs mais je crois que cette fois ça n'a pas grand chose à voir. C'est juste un gros mélange d'émotions, comme souvent, quelque chose qui me couperait presque le souffle en vérité. Alors je me ramasse à l'intérieur de moi même et tente de faire le vide, je tente de respirer calmement, d'apaiser le rythme de mon myocarde et de penser Homme, pas Animal. En gros, c'est le bordel.

En tout cas je suis là, devant lui, et il … sourit. Ce genre de sourire avenant qui mettrait à l'aise n'importe qui même si ça ne fonctionne pas avec moi. Parce que j'ai cette faculté déconcertante à me bloquer de tout et surtout des autres, à m'enfermer dans une bulle hermétique au monde extérieur et à ne me laisser atteindre par rien ou presque. Un bloc de glace dirait certains mais c'est parce qu'ils ne connaissent pas le brasier qui enflamme mes veines en permanence. Mes veines et tout le reste, y compris mon esprit et mon âme si tant est que ça ne soit pas la même chose. J'ai entendu quelqu'un dire une fois quelque chose comme … Main chaude, cœur glacé. Oui, quelque chose comme ça. Je sais que ça a déjà été mon cas, en tout cas en apparence, mais ceux qui me connaissent vraiment, ceux qui ont été assez cinglés pour vouloir perdre leur temps avec moi et suffisamment bornés pour arriver à me décoincer, ceux là savent que dans le fond je suis un véritable bisounours. Un bisounours capable de tuer, certes, mais un bisounours quand même. Cette pièce aurait pu en être témoin, ça ne s'est pas passé comme ça et tant mieux. J'imagine. Tuer un homme en étant animal et dans l'intimité de la nuit est une chose, tuer un homme en étant homme et ce devant une classe entière … Non, je suis plutôt « heureux » de ne pas avoir eu à en arriver là malgré ce qu'ils ont fait ce jour là. Malgré ce qu'il a fait. Peut être que je penserai autrement si ce connard ne l'avait pas payé de sa vie par un hasard plutôt bien amené mais peu importe. C'est vrai que ça ne me fait plus grand chose, aussi horrible que ça puisse paraître, et je sais que je serais tout à fait capable de recommencer, mais ça n'est pas pour autant que j'aime ça. Avoir du sang sur les mains n'est pas une chose avec laquelle il est facile de vivre, croyez moi. Non, je n'aime pas ça, Enzo n'aime pas ça, mais l'autre partie de moi s'en acclimate très bien. Loup aime ça, c'est dans sa nature. Il aime traquer, il aime sentir la peur, il aime le goût du sang. Entités indissociables qui doivent vivre ensemble en permanence, ce qui peut rapidement devenir épuisant mais … on s'y fait, lui comme moi. Nous.

« Rien de particulier, juste discuté un peu avec toi et faire plus ample connaissance.»

Ce ton aussi avenant que son sourire, les mots qu'il emploie, le message qu'il tente de faire passer … Non, je ne me laisserai pas avoir. Voilà ce que me souffle la petite voix dans ma tête. Ne jamais se fier aux apparences. Instinct de survie, encore et toujours. C'est comme ça, j'y peux rien. Son langage corporel n'est pas très compliqué à déchiffrer, il adopte un style détendu, en accord avec sa façon de s'exprimer. Aucun détail ne m'échappe. Est ce qu'il se rend compte de l'analyse totale que je suis entrain de lancer sur sa personne ? Peut être, mais j'en doute. Chez moi rien ne change, statut de pierre immobile. Les yeux sont le miroir de l'âme parait-il, à mon avis ils sont suffisamment éloquent pour ne pas avoir à laisser parler le reste. Discuter ? Faire connaissance ? En quel honneur ? Je suis élève, t'es Prof, je vois pas en quoi on devrait faire connaissance. Et pourquoi moi ? Peut être parce que t'as passé plus de la moitié du cours à lui lancer des regards noir Enzo ...

« Je sais que t’aime pas cette salle, comme beaucoup d’autre ici. Je n’en connais pas la raison et je pense que ça n’est pas nécessaire. Tout ce que je peux te dire … c’est que désormais, tu peux y être la conscience tranquille. »

Il n'en faut pas plus pour que je me déride et un instant mon regard quitte le sien alors que je tourne la tête tout en écrasant un rire sarcastique avant de replonger mes yeux dans les siens. Des paroles, rien que des paroles, encore une fois.

«Je sais, c’est beau les mots, les paroles, et toutes les conneries qui vont avec. Mais je ne suis pas là pour vous faire vivre l’enfer. Je pense que vous avez eu votre dose à ce sujet.»

Qu'est ce que t'en sais ? T'étais pas là, tu sais rien de tout ce qu'on a pu vivre, rien du tout ! Réaction typiquement humaine que ce mépris envers les gens qui n'ont pas la « chance » de vivre tout ce par quoi on a du passer pendant deux ans. Quelques part je m'en veux mais je sais que je ne peux pas faire autrement, aussi injuste que ça puisse paraître. Et être, parce que oui, ça l'est, injuste.

« C’est aussi pour ça que j’adapte mon cours à la méthode moldu. Je n’ai rien contre eux … A vrai dire, ma mère est moldu. J’ai vécu dans ce monde depuis que j’suis gosse, donc il n’y a aucun danger à ce que je ne fasse quoi que ce soit contre eux. Bien au contraire.»

Et qu'est ce qui me prouve tout ça ? Excuse moi, j'ai pas encore eu le temps de lire ta bio.

« Bref, si jamais t’as besoin de parler, je suis à l’écoute.»

Alors on en est là ? Séance de psychothérapie ? Vraiment ? Un instant j'affiche l'air soulé de l'ado insupportable qui ne supporte pas la moindre figure d'autorité et surtout pas quand elle tente d'entrer dans ma vie privée, dans ma bulle, et celui d'après je me déride un peu.

« Y a pas grand chose à dire. »

Le ton n'est toujours pas des plus agréables mais y a du mieux, je crois.
Ou peut être pas.

« J'aime pas cet endroit, effectivement, et si je pouvais être ailleurs j'hésiterai pas une seconde mais je tiens pas à refaire encore une sixième l'année prochaine et comme j'ai séché ce cours toute l'année dernière ou presque pour des raisons qui me regardent, j'suis là pour rattraper tout ça, bosser et apprendre. C'est tout. »

Et c'est tout ce que tu as besoin de savoir, tout ce que tu saura par moi en tout cas. Oh je pourrais jouer les martyr et lui dire qu'à l'endroit précis où il se trouve j'ai vu souffrir l'amour de ma vie, que j'ai même été la cause de ses souffrances involontairement. Je pourrais lui dire que j'ai rencontré chacun de ces murs avec violence, qu'ils m'ont mis à taire, frappé, humilié, qu'ils ont enchainé l'homme que j'aime comme un vulgaire animal, qu'ils l'ont volontairement blessé et qu'ils m'ont forcé à boire son sang juste pour réveiller la bête qui sommeille en moi et qui à l'époque était extrêmement sensible à ce goût et cette fragrance. Je pourrais aussi lui dire que tout ça, c'était face à un public, parce que c'est bien plus drôle de faire souffrir les gens devant un parterre d'autres personnes. Je pourrais aussi lui dire qu'ils ont ainsi exposé mes secrets les mieux gardé, et que si j'avais une sorte de passe-droit pour ne pas assister à ce cours, si on me foutait la paix, c'est parce que j'ai « chassé » pour eux pendant quelques mois après avoir finalement abandonné mon essence même parce qu'ils avaient « tué » le garçon que j'aime. Mais non.

« Mais ne me demandez pas de vous faire confiance, pas aussi tôt en tout cas, et ne vous inquiétez pas, je continuerai de prendre sur moi et je ne ferai pas d'histoire. »

S'il s'en tient à ce qu'il prétend être, ça devrait être chaque fois un peu plus simple, non ? Je ne demande que ça moi, en apprendre plus sur les Non-Magiciens et leur monde. Je le fais déjà un peu mais j'aimerai pouvoir être capable de m'adapter dans ce monde que je connais peu une fois que j'aurai terminé mes études et que je partirai d'ici et ce peu importe quand ce sera. La magie a causé trop de dégâts autour de moi, en moi, et je n'aspire qu'à une vie normale, loin. Je ne dis pas que je tirerai un trait définitif sur elle, parce que c'est impossible, mais dans la mesure du possible j'aimerai m'en détacher un jour ou l'autre et je crois que ça a toujours été plus ou moins le cas, même avant de rencontrer Kyle.

Et là je ne sais pas vraiment ce qu'il me prend, c'est peut être une énorme connerie mais tant pis ...

« En fait si, y a bien un truc dont je devrai surement vous parler mais peut être que vous êtes déjà au courant. »

Ce qui ne serait pas étonnant puisque tous les autres avant le savaient. Peut être qu'ils ont un registre des cas particuliers ou quelque chose dans ce genre là.

« Je ne sais pas si Log ... si le Directeur a fait circuler l'info auprès des nouveaux Prof mais j'suis un Lycan. Et j'suis déclaré, si jamais vous vous posez la question. »

J'ai mon p'tit numéro, yoohoo. Venez me le tatouer sur la nuque et enfermez moi dans une cage tant qu'on y est. Peut être que je fais effectivement une connerie en lui parlant de ça, que comme pas mal avant lui il va vouloir en jouer mais de toute façon même s'il n'est pas encore au courant il finira tôt ou tard par le savoir alors … merde. Qu'il en fasse ce qu'il en veut, j'suis plus à ça près. Tout ça pour dire que ...

« Là où je veux en venir c'est que la majeure partie du temps je ne suis pas capable de venir en cours un lendemain de Pleine Lune et que je suis relativement tendu juste avant donc ça m'arrivera surement de sécher parfois mais si je peux l'éviter je le ferai. »

Parce que croyez moi, avoir un Loup Garou sur les nerfs dans un espace fermé c'est pas l'idée du siècle.

« A vous de voir si vous tolérez ça ou pas. »

Autant le dire tout net, ça me ferait chier de perdre des points à cause d'un truc que je ne contrôle pas et que je n'ai bien évidemment pas cherché mais c'est la vie. Blasé ? Visiblement un peu il faut croire. Au moins je ne suis plus une boule de nerfs comme je l'ai été pendant tout le cours, et mon dos en est plutôt satisfait. Oui, les tensions ça fait mal et Loup ou pas j'y échappe pas.
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Mar 12 Nov 2013 - 23:47

« Y a pas grand chose à dire. »

La phrase est tombée aussi sèche que son regard. Je ne me démonte pas et ne me défait pas de mon sourire, toujours accroché à un coin de mes lèvres. Je crois qu’en temps normal je lui aurai bien gentiment dit de baisser d’un ton parce qu’ici, on était pas chez mamie gâteau et que c’était pas non plus la fête du calbut’. Mais force est de constaté que c’est pas un élève comme un autre. Enfin, en soit si. Ce que je veux dire c’est qu’il fait partie de ceux qui en ont le plus bavé. N’allez pas croire que je dénigre l’autre partie des élèves, c’est faux. Ils ont tous chacun vécu à leur manière ce qu’il s’est passé entre ses murs. Chacun à sa façon d’encaisser et de digérer les choses. Certains en pleureront des mois, d’autre en feront des cauchemars en silence tandis que l’autre part continuera d’avancer le sourire aux lèvres, prêt à affronter un autre lendemain, gardant cette douleur comme un atout qui a forger en eux une nouvelle force.

Je ne sais pas de quelle catégorie il fait partie mais de le voir ainsi camper sur ses deux jambes d’ados, le regard sombre et dur, le visage tiré par l’agacement, je dirais qu’il fait partie des fortes têtes. Et j’en souris intérieurement. On aurait dit moi à son âge… Je parle comme un papi. Ca fait mal.
Quoi qu’il en soit, j’accueille ses mots sans rien dire, impassible. Je me dis qu’il essaie peut-être de m’intimider par pur moyen de défense, pour prouver que cette fois les élèves avaient leur mot à dire et qu’ils ne passeraient plus leur façon de penser sous silence par risque de se faire tuer au détour d’un couloir. Alors soit, exprime toi jeune homme, je te suis tout ouïe…

« J'aime pas cet endroit, effectivement, et si je pouvais être ailleurs j'hésiterai pas une seconde mais je tiens pas à refaire encore une sixième l'année prochaine et comme j'ai séché ce cours toute l'année dernière ou presque pour des raisons qui me regardent, j'suis là pour rattraper tout ça, bosser et apprendre. C'est tout. »

Toujours impassible, je croise les bras sur ma poitrine, le laissant parler sans l’interrompre. Au moins, il a l’envie d’en découdre pour réussir et c’est une bonne chose. Allez savoir où il trouve sa force de se battre. S’il détestait cette classe c’est qu’il y avait sûrement une forte raison et je n’attendais pas à ce qu’il me la divulgue. En faite ce je n’attends rien de lui, en tout cas pas envers moi. Mais plutôt, envers lui. La manière dont il se braque ne m’échappe pas. Aurais-tu cru que j’étais là pour percer à jour tes plus noirs secrets et douleurs ? Ce n’était au fond qu’un gamin, un gamin qui en avait bouffé et qui ne voulait que vomir toute cette haine pour en être enfin débarrassé. J’suis pas psychologue, mais ton regard tu crois que je ne le connais pas ? Je l’ai eu tout le temps de mon adolescence où on m’a foutu en France pour être loin d’Alec et de Phaedre. Pour soulager ma mère qui n’en finissait pas de se laisser mourir. Un regard plein de haine envers ce monde nous pliant à la douleur.

« Mais ne me demandez pas de vous faire confiance, pas aussi tôt en tout cas, et ne vous inquiétez pas, je continuerai de prendre sur moi et je ne ferai pas d'histoire. »

J’acquiesce, toujours sans un mot. Ensuite ?

« En fait si, y a bien un truc dont je devrai surement vous parler mais peut être que vous êtes déjà au courant. Je ne sais pas si Log ... si le Directeur a fait circuler l'info auprès des nouveaux Prof mais j'suis un Lycan. Et j'suis déclaré, si jamais vous vous posez la question. »

J’arque un sourcil, affichant pleinement ma surprise. Et il me balance ça, genre normal. Comme si j’avais l’habitude de papoter avec des Lycans tous les jours, comme si c’était mes meilleurs potes et que j’en fréquentais H-24. Durant une seconde, j’ai envie de rire. Pas pour me moquer, loin de là mais parce qu’il a un putain de cran de me balancer ça à la tronche sans avoir peur que j’fasse… Que j’fasse quoi en faite ? J’en sais rien, mais il aurait pu tomber sur bien plus con que moi. Et d’imaginer ce môme en loup ça m’file la chair de poule parce que putain, il est jeune. Qui dit être Lycan, dit s’être fait mordre. Mais par qui et quand ? Il a « toujours » été comme ça ? Et … concernant le fait qu’il soit déclaré me laisse comme un con. C’est moi ou ça gêne personne qu’il soit catalogué comme un chien ? J’sais que ce pour ce genre de cas, le ministère ne laisse pas passer ce « détail » mais personnellement ça m’avait toujours gêné, même si je me doute que c’est pour éviter les bavures des plus fous. Quoi qu’il en soit, je reste toujours immobile, prêt à ouvrir la bouche …

« Là où je veux en venir c'est que la majeure partie du temps je ne suis pas capable de venir en cours un lendemain de Pleine Lune et que je suis relativement tendu juste avant donc ça m'arrivera surement de sécher parfois mais si je peux l'éviter je le ferai. A vous de voir si vous tolérez ça ou pas. »

Okay… Je me lève et viens me planter face à lui, sans geste qui se voulait imposant mais juste pour me mettre d’égal à égal. Oui depuis tout à l’heure j’t’appelle « môme », « gamin », « bonhomme » mais je ne pense pas que tu veuille être traité de cette manière, mais plutôt comme un homme responsable.

« Que tu sois Lycan, une fée ou même un troll, ça m’importe peu. J’suis pas ici pour te juger, ni pour te considérer comme un louveteau à élever dans cette classe, mais plutôt pour t’apprendre un monde que la majorité d’entre vous ignore. Sache-le. Dans tous les cas, je prends bonne note, la seule chose que j’attends de toi ce sera le rendu de tes devoirs où je te laisserais 4 jours supplémentaires, pas plus. »

Entends bien que pour moi, tu resteras un élève comme un autre MAIS je note tout de même cette difficulté avant et après la métamorphose. D’ailleurs, je me demande ce qu’il y ressent lorsque tout cela se manifeste et de quelle manière il le vit. Bien, je suppose, du moins il a l’air en vu de sa forme olympienne à me « tenir tête ». J’observe son air blasé et je me dis qu’il doit simplement en avoir d’être catalogué. Je ne sais pas ce qu’il se trame dans sa tête mais de mon point de vie, je l’imagine plus vouloir réussir ses études pour pouvoir se tirer d’ici au plus vite que pour avoir un jolie diplôme à afficher sur son mur et plus je réfléchis, je plus j’ai la sensation de me retrouver en lui quand j’avais son âge. Je me souviens sans peine de cette désinvolture que j’éprouvais face aux profs et aux cours même si je n’ai jamais été trop mauvais. J’étais d’une insolence à donner envie au corps enseignant de me coller deux paires de gifles bien balèze pour me recadrer et me faire fermer ma grande gueule. Echec totale, je n’en étais que plus insupportable…

« Je ne te demande pas de me faire confiance… enfin si, un peu ça va de soi. J’te demande surtout d’avoir confiance en ce cours mais aussi en ces murs. Après en ce qui me concerne, ça viendra en temps et en heure et même si au final il s’avère que tu me déteste, peu m’importe tant que tu viennes ici sans avoir la moindre crainte et que tu réussisses à comprendre les cours que je donne pour avoir tes examens tranquillement. »

Je lui tourne le dos avant de fouiner dans mon sac à dos et d’y sortir deux chocogrenouilles. Je lui en balance une sans lui demander son avis. Quoi ? Le chocolat, ça remonte toujours le moral. Et oui, j’suis un gros gourmand !

« Ce que je veux dire, c’est que mon objectif c’est de vous enseigner la vie de ceux qu’on a traité comme des moins que rien ici. Ils n’ont rien différent de nous en tant qu’être humain. Mais en tant que quotidien, au final ils ont une vie … moins banale qu’on pourrait le croire. Et surtout, je n’essaie pas de m’incruster dans ton intimité. Ce que tu as vécu ici t’appartiens et je le respecte, vraiment. Je veux juste qu’au fil des cours tu te sentes plus à l’aise. Et si je t’ai convoquée ici c’est pour que tu partes sur de meilleur base qu’un apriori. Maintenant, à toi de te faire ta propre idée. »

Je défais la boite de ma friandise avant de chopper la grenouille qui tentait de s’échapper de son destin fatidique en lui croquant sans ménagement la tête. C’est quelque chose qui m’a toujours amusé. C’est comme les dragées surprise là… Le jour où j’en ai fais goûter à ma mère, elle a vomi toute sa vie lorsqu’elle est tombée sur le goût des tripes Mais qu’est-ce qu’on s’en fou de ta viiiiie…

« D’ailleurs, tu chais que les moldus de ton âche ch’éclatent à un truc qui est plutôt pas mal en matière de divertichement. Attends j’vais te montrer. »

On parle pas la bouche pleine Dimitri ! Aucune manière ce garçon !

Revirement de situation ? Peut-être. Je szis qu’il a beaucoup souffert, du moins je le sens. Je sais aussi que j’suis pas tellement doué pour rassurer les autres, la seule chose que je sais faire le mieux c’est d’être présent, d’offrir un réconfort désiré en silence. J’ai peut-être les mots juste… c’est ce qu’il m’a semblé avec Riley, mais ici j’ai pas en face de moi une amie. Mais un élève qui en a bavé et qui craint plus que jamais ces murs pour une raison que j’ignore toujours. Disons que je fais de mon mieux pour dissoudre cette crainte qui lui possède les entrailles, peut-être que mon allure décontractée en ce moment même vient de là.

« Et t’inquiète, j’vais pas te bouffer. De toute façon, pour le coup c’est plutôt moi qui risque d’me faire dévorer tout cru plutôt que l’inverse. Mais t'emballe pas, j'suis pas comestible, tu risquerais d'avoir une indigestion et de vomir toute ta vie durant des heures...»

Rire taquin. Je suis naturel, c’est tout. Ne m’en veux pas, c’est en toute « amitié ». Je sors ma baguette et la pointe vers un vieux placard au fond de la pièce. Les deux battants s’ouvrent en douceur et y laisse entrevoir un écran de taille moyenne qui n’était autre qu’une télé, ainsi que sur l’étagère en dessous : une console. Oui désolé, c’est aussi un de mes péchés mignons.

« Je te présente Mlle Console et ses frangins : les jeux vidéos. Je sais pas si t’en as déjà entendu parlé … Mais personnellement, ça m’aide pas mal à me détendre parfois avant vos cours ! Drôle de façon, mais vu que j’peux pas faire le casse-cou comme je veux ici. J’ai une réputation à tenir, donc bon. »

Je m’approche, un sourire aux lèvres, avant d’allumer la télé et la console par la même occasion. Je sais, ça semble complètement étrange mais j’aimais mélanger les deux mondes, même si la magie apportait grandement son lot d’occupation. Cette salle était ensorcelée expret pour que je puisse permettre aux élèves de découvrir quelques objets moldus… alors j’avoue en avoir profité un peu ! C’est mal je sais … Mais ça m’aidait de temps en temps à passer ma frustration de l’ennuie. Parce que c’est pas ici que j’peux m’éclater à faire du VTT dans la forêt à moins de vouloir me suicider.

Je saisi la manette et la lui tend :

« Tu veux essayer ? J’ai plusieurs jeux. Tu peux tuer des zombies, faire de snowboard ou de skate, partir en conquête d’un monde fantaisie dans la peau d’une bestiole avec des mains et de jambes qui flottent ou même être un Assassin prêt à en découdre avec des templiers ! T’as le choix. »

Nouveau sourire. Bizarre venant d’un prof… Je sais. Je vois déjà les leçons de moral d’ici. En tant que corps enseignant je dois imposer une limite avec mes élèves. C’était pas ma manière à moi d’être, je m’engageais à être un prof durant mes cours et parfois en dehors lorsque besoin est. Mais je joue mon rôle de prof là, j’éduque cet enfant aux joies des jeux vidéos qui sont pour la plupart instructif. La preuve, j’suis pas si con que ça , si?
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MessageSujet: Re: I just don’t want to feel it anymore ▬ Dimitri   Mer 13 Nov 2013 - 23:47

Alerte rouge. Invasion dans mon périmètre. Stop. Non je ne délire pas seulement la façon qu'il a de se rapprocher de moi et de s'imposer de cette manière dans mon espace vital me donne envie de sortir les crocs et de lui faire comprendre que ça n'était pas une bonne idée. Un pas en arrière, et tout le monde sera content ou presque. Malgré tout je prends sur moi parce que nous n'avons pas le même langage et si je vis ça comme une agression ça n'est visiblement pas du tout son cas, ni son but. Enfin je ne crois pas. Je pourrais reculer, certes, seulement ma fierté et cet instinct, ce besoin de dominance, m'en empêchent totalement. Alors je reste là, statique, de marbre, rongeant mon frein et ravalant le grondement sourd, menaçant qui semble vouloir prendre forme dans le fond de ma gorge. Il se tient droit devant moi, trop près, et ça ne me plait pas. Ses yeux ne quittent pas les miens et ça non plus ça ne me plait pas. Disons que ça ne plait pas à ma part animale, pour être tout à fait exact. Loup voudrait qu'il s'écarte, et qu'il baisse les yeux. Enzo comprend que ça n'arrivera pas et tente de calmer le jeu. J'ai encore cette image abstraite de ma main agrippée à l'échine de Loup pour le retenir. Reste tranquille …
En terme de taille je suis un peu plus grand que lui, en terme de carrure légèrement aussi, mais ça n'est pas la question. L'enjeu n'est pas de savoir qui est le plus grand ou le plus fort, d'ailleurs il n'y a pas d'enjeu, pas réellement. Ça n'est pas une lute de pouvoir ni de territoire. S'il était Loup lui aussi les choses seraient différentes mais ça n'est pas le cas. Humain. C'est un « simple » Humain. Un Humain qui n'a pas les mêmes codes sociaux qu'une partie de mois et cette partie là va s'écraser parce que c'est la meilleure chose à faire. Il n'empêche que je ne suis pas capable de me retenir et que je me redresse de toute ma hauteur sans pour autant arborer un air supérieur ou menaçant. Je reste un gamin, un gamin qui discute avec son Prof. C'est tout ce qu'il y a à voir et à savoir. Est ce que j'appréhende sa réaction ? Peut être un peu.

« Que tu sois Lycan, une fée ou même un troll, ça m’importe peu. J’suis pas ici pour te juger, ni pour te considérer comme un louveteau à élever dans cette classe, mais plutôt pour t’apprendre un monde que la majorité d’entre vous ignore. Sache-le. Dans tous les cas, je prends bonne note, la seule chose que j’attends de toi ce sera le rendu de tes devoirs où je te laisserais 4 jours supplémentaires, pas plus. »
« Ok. »

Honnêtement, je n'en demandais pas autant. En fait, je ne demandais rien, je n'attendais rien, j'exposais juste des faits mais je ne vais pas me plaindre parce qu'il m'accorde une sorte de passe-droit. Ça serait un peu con de ma part, et surtout contre-productif. Je dois bien admettre que j'ai grimacé intérieurement en entendant le mot « louveteau » sortir de sa bouche, tout simplement parce que ce terme à pour moi une connotation négative et qu'il me rappelle certaines personnes que j'aimerai chasser de ma mémoire à tout jamais. Taylor en tête de liste, évidemment. Je n'en montre rien, ça aussi ça serait stupide, j'ai compris le sens de sa phrase. Ce que je suis, il s'en tape. Soit, tant mieux. C'est peut être des paroles en l'air encore une fois mais je ne crois pas. Non seulement parce que mon instinct n'a pas dessellé de trace de mensonge, et parce que son comportement, le ton de sa voix, certains détails imperceptible pour l'être humains, me poussent à le croire sincère. Et peut être bien que j'ai un p'tit côté fée, ou troll, allez savoir. Et bien oui, malgré la tension et mon malaise je suis encore capable de faire l'humour, comme quoi tout est possible.

« Je ne te demande pas de me faire confiance… enfin si, un peu ça va de soi. J’te demande surtout d’avoir confiance en ce cours mais aussi en ces murs. Après en ce qui me concerne, ça viendra en temps et en heure et même si au final il s’avère que tu me déteste, peu m’importe tant que tu viennes ici sans avoir la moindre crainte et que tu réussisses à comprendre les cours que je donne pour avoir tes examens tranquillement. »

Avoir confiance en ce cours, en ces murs, et même en lui – une personne que je ne connais absolument pas – c'est pour l'instant trop me demander, ça c'est plutôt clair. De là à le détester, le mot est sans doute fort parce qu'au fur et à mesure que les minutes s'écoulent il me semble que sa présence me devient de moins en moins oppressante. Je ne dis pas que les barricades s'écroulent autour de moi, loin de là, mais je me détends ça c'est une certitude. En ce qui me concerne, il est encore en phase de test et pour être honnête je suis presque certain qu'elle risque de durer un petit moment malgré ces beaux discours. Dans le fond ça n'est pas lui le problème, c'est moi, totalement moi, et comme souvent d'ailleurs, mais on n'efface pas deux ans de tortures, de supplices et de sales sensations comme ça en claquant des doigts. Peut être que ses sourires et ses mots réconfortant seront suffisant pour certains, ils ne le seront en tout cas pas pour moi alors oui, je garde une part de réserve, c'est comme ça. Il n'empêche que je m'en tiendrai à ce que j'ai dit, je ne jouerai pas au con ni au plus malin et là dessus il me semble qu'on est sur la même longueur d'onde. Il est là pour enseigner, je suis là pour apprendre, fin de l'histoire. On n'est pas obligé d'être potes après tout.

C'est à ce moment là qu'il me tourne le dos et encore une fois je sens Loup réagir. Ne jamais tourner le dos à un prédateur, c'est une grossière erreur. Est ce que je vais en profiter pour lui bondir dessus ? Non, bien sur que non. Une nuit de Pleine Lune et en d'autres circonstances je dis pas, mais là non. Soyons sérieux. De toute façon il pivote de nouveau vers moi l'instant d'après et avant même que j'ai eu le temps de dire ouf il me lance quelque chose que je n'identifie qu'une fois après l'avoir attrapé au vol dans un geste vif, rapide et précis. Merci la Lycanthropie. Une chocogrenouille … et une grimace d'étonnement sur mon visage alors que lui ne semble pas en faire de cas. Soit.

« Ce que je veux dire, c’est que mon objectif c’est de vous enseigner la vie de ceux qu’on a traité comme des moins que rien ici. Ils n’ont rien différent de nous en tant qu’être humain. Mais en tant que quotidien, au final ils ont une vie … moins banale qu’on pourrait le croire. Et surtout, je n’essaie pas de m’incruster dans ton intimité. Ce que tu as vécu ici t’appartiens et je le respecte, vraiment. Je veux juste qu’au fil des cours tu te sentes plus à l’aise. Et si je t’ai convoquée ici c’est pour que tu partes sur de meilleur base qu’un apriori. Maintenant, à toi de te faire ta propre idée. »

Il parle, parle encore, et contrairement aux apparences je ne perds pas un seul de ses mots tout comme je ne perds pas un seul de ses gestes. Je le regarde ouvrir la boite et attraper la grenouille en chocolat avant qu'elle ne s'échappe dans un geste parfaitement adroit. A croire qu'il est un habitué de ce genre de truc. Gourmand le nouveau prof ? Chacun ses vices après tout, et si ça peut lui donner un côté un peu plus humain et inoffensif dans mon esprit étriqué alors je prends. Je ne touche pas à la mienne, pas parce que j'ai peur qu'il m'empoisonne, je ne suis pas parano à ce point là, mais simplement parce que … je n'ai pas envie de ça pour le moment. Je n'ai jamais été quelqu'un de gourmand, pas pour ce genre de choses en tout cas, mais je relève le geste. Il n'était pas obligé de faire ça, loin de là, et je le prends un peu comme une tentative d'apaisement des tensions. J'apprécie, même si je ne sors pas de ma méfiance pour autant. Alors je garde la boite dans ma main, me disant que de toute façon c'est l'heure de manger et quand bien même mon estomac est un peu noué pour l'instant, je ne veux pas recommencer à ne plus me nourrir chaque fois que quelque chose me contrarie. J'ai trop donné dans ce délire là et même si mon organisme est plutôt du genre résistant, j'ai simplement plus envie de ça. Quant à la Chocogrenouille, je sais que Kyle aime ça alors si l'envie de la manger ne me prend pas avant la fin de la journée je la lui donnerai.

« D’ailleurs, tu chais que les moldus de ton âche ch’éclatent à un truc qui est plutôt pas mal en matière de divertichement. Attends j’vais te montrer. »

Et en langage normal ça donne quoi ? Ok, je l'avoue, j'ai un peu perdu le fil. Je sais, c'est mal.

« Et t’inquiète, j’vais pas te bouffer. De toute façon, pour le coup c’est plutôt moi qui risque d’me faire dévorer tout cru plutôt que l’inverse. Mais t'emballe pas, j'suis pas comestible, tu risquerais d'avoir une indigestion et de vomir toute ta vie durant des heures...»

Erf … souvenirs, souvenirs. Encore. Je sais qu'il ne le fait pas exprès, et que je suis trop cérébrale, mais il n'arrête pas de mettre les pieds dans le plat. Je me serais bien passé de cette claque supplémentaire qui me ramène plus d'un an en arrière : Je connais le goût de la chair humaine. Dans le fond je ne garde aucun souvenir de l'acte en lui même, à peine des flash, mais quand je me suis réveillé, dans tout ce sang, avec ce goût atroce dans la bouche et ce corps mutilé à côté de moi il ne m'a pas fallu longtemps avant de faire le rapprochement et je sais qu'il dit ça en plaisantant mais lui ou un autre, ma réaction serait la même. La même que cette fois là. J'ai passé des heures à vomir, ce qui était probablement plus psychologique qu'autre chose mais … ce sont réellement des choses auxquelles j'essaie de penser le moins possible mais parfois ça ressort, c'est comme ça. Je dois vivre avec, avec ça comme avec tout le reste.
Lui se marre, et je sais ce qu'il est entrain de faire, du moins je m'en doute. Il tente de détendre l'atmosphère ou un truc du genre mais quand je le vois sortir sa baguette je ne peux pas m'empêcher de me tendre et de faire un pas sur le côté, près à réagir si besoin. J'ai toujours mon skate dans la main, le coup peut partir facilement … Ok, on se détend. Et tout ce que je vois c'est ce … truc, cette chose, dans le placard qu'il a ouvert. Une télé, si je ne me plante pas. Oui j'ai quand même quelques notions, faut pas croire. En revanche pour le reste … Et croyez le ou non mais c'est la curiosité qui l'emporte sur le reste alors le pas que j'ai fait de côté je le refais en sens inverse et j'observe.

« Je te présente Mlle Console et ses frangins : les jeux vidéos. Je sais pas si t’en as déjà entendu parlé … Mais personnellement, ça m’aide pas mal à me détendre parfois avant vos cours ! Drôle de façon, mais vu que j’peux pas faire le casse-cou comme je veux ici. J’ai une réputation à tenir, donc bon. »

Faire le casse-cou … Pas d'bol, j'le ferai pour deux mais à mon avis il comprendra bien vite qu'ici, la réputation, on s'en tape tous pas mal. Enfin non, c'est pas vrai, mais je doute que Logan se formalise si un des Prof se met à faire …. je sais pas quoi, le casse-cou. Et puis s'il le fait dans son coin, ça ne dérange personne non ? Bref, il fait bien ce qu'il veut, j'ai pas envie d'aborder le sujet de toute façon. Un autre jour, peut être.

« Une de mes amies m'en a déjà parlé mais j'y ai jamais touché, j'en avais même jamais vu d'ailleurs. »

Dis comme ça, ça ferait presque pitié non ? Pauvre petit Sang Pur qui n'y connait rien à la vie … Mais ça me va, j'ai survécu sans. Pas sur que ça aurait changé quoi que ce soit si on avait eu ça à la maison à vrai dire, j'aime tellement être dehors … Et la lumière fut ! J'aurai aimé voir ma tête quand il m'a tendu cette chose non identifiée.

« Tu veux essayer ? J’ai plusieurs jeux. Tu peux tuer des zombies, faire de snowboard ou de skate, partir en conquête d’un monde fantaisie dans la peau d’une bestiole avec des mains et de jambes qui flottent ou même être un Assassin prêt à en découdre avec des templiers ! T’as le choix. »

Euh … C'est à dire … Tout ça me semble passionnant – bien qu'improbable – mais je crois que j'ai poney et je ferais mieux d'y aller. Soyons sérieux, oui ça m'a donné envie, mais mon côté sauvage étant plus fort que la curiosité j'ai abdiqué.

« C'est … gentil mais je crois que je vais passer mon tour pour cette fois. C'est peut être rater ma chance parce que dans le fond ça à l'air cool mais … j'crois que c'est encore un peu tôt pour moi et j'ai besoin de prendre l'air. »

Pas un peu tôt pour les jeux videos mais un peu tôt pour faire copain-copain avec le nouveau Prof que j'ai probablement eu envie d'écarteler en entrant dans cette sale tout à l'heure. Et j'ai surtout besoin de sortir de cette pièce. Il n'empêche que j'ai réussi à esquisser un semblant de sourire sincère malgré mon air que je devine coincé. Oui, je peux vraiment être coincé parfois et le premier qui me dit que j'ai un balai dans le c*l, il ne le dira pas deux fois.

« Merci. Pour ça aussi. »

D'un signe de tête et en levant la main je désigne la boite qui contient la Chocogrenouille avant de laisser mon bras retomber le long de mon corps et d'enfouir le truc dans ma poche.

« Et … bienvenue. Quand même. »

Parce que malgré les apparences, j'suis un gars plutôt bien élevé et je ne passe pas mon temps à fusiller les gens du regard. Mes parents ont fait de moi quelqu'un de bien, certains évènements ont … disons … fait foirer un peu tout ça mais j'en garde des restes.

« A la semaine prochaine. »

Un nouveau signe de tête, après quoi j'ai rejoins la porte à reculons pour ne pas lui tourner le dos – encore une question d'instinct – et une fois dans le couloirs j'ai décidé de grimper dans les tours pour vider mon sac et ranger mon skate. Qu'est ce qu'on a comme cours cet aprem déjà … DFCM, parfait. Je vais pouvoir me défouler et ensuite j'irai surfer mais pour l'instant … Je me pose un peu, avec Lune, je me laisse bercer par ses ronrons et ensuite je descends manger même si je vais sans doute arriver en retard mais peu importe. Ronron. Minou. Dodo. Mettre ma montre à sonner c'est peut être pas une mauvaise idée ...
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