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 One last time... [PV Jeroen]

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MessageSujet: One last time... [PV Jeroen]   Mer 2 Oct 2013 - 22:35

4 Septembre – Début de soirée

Quelle vie… Tout était si étrange désormais. Julian ne savait pas vraiment où elle en était et pourtant, elle devait afficher son habituel sourire, déambuler la tête haute dans les couloirs et continuer à se montrer comme une des reines du Château tout en évitant certains sujets. Tout avait changé, autant dans son monde intérieur qu’à l’extérieur et décidément, ce n’était pas évident à gérer. Poudlard n’était plus la prison qu’elle avait été, ce n’était plus non plus le lieu de l’apologie de la pureté du Sang et Ju’ ne savait pas si cela valait mieux pour elle ou non. Son secret était bien gardé certes, mais les Supérieurs arrivaient toujours à avoir ce qu’ils voulaient. Le problème maintenant qu’ils étaient partis, c’était la nouvelle menace qui planait au dessus de sa tête. L’avis de la jeune femme sur ce qu’il s’était passé avant les vacances d’été n’était pour le coup un secret pour personne. Si la torture physique n’avait jamais été vraiment son for, la jeune femme avait quand même rabaissé énormément de monde. Ses anciens souffre-douleur ne risquaient pas de l’oublier comme ça. La jeune femme n’était de retour que depuis rois jours (puisqu’elle avait décidé de rentrer au dernier moment) et déjà, elle sentait que cette nouvelle année allait être difficile. Elle sentait les regards, elle entendait les murmures sur son passage. Ils voulaient lui faire payer et risquaient fort de passer à l’action d’ici peu. Et en même temps, est-ce qu’elle pouvait vraiment s’en plaindre ? Elle l’avait bien cherché. Elle avait joué et choisit un camp en tout état de cause, maintenant que sa team venait de s’effondrer, elle devait en assumer les conséquences. Mais le plus amusant dans tout ça, c’était l’ironie du destin. Quoi qu’il se serait passé de toute façon, elle aurait fini par être haïe. Les Supérieurs auraient fini par comprendre comme elle l’avait fait, elle aurait été traînée dans la boue… Julian était condamnée de toute façon à se faire détester, elle s’y était fait. A vrai dire, ce n’était pas son plus grand centre de préoccupation. En réalité, même si cela risquait fort d’orienter sa vie dans les mois à venir, cela lui passait à des kilomètres au-dessus de la tête. On pouvait l’insulter, on pouvait même la frapper, ce n’était pas important. Ju’ avait changé durant l’été. Elle était toujours une femme fière, elle avait toujours envie d’être bien vue mais… Mais tout ça lui paraissait futile. En réalité, elle n’avait plus envie d’être adulée par tout le monde, juste être reconnue par un petit groupe. Bien sûr, cela lui faisait plaisir de retrouver un peu de sa popularité parmi quelques personnes de Poudlard mais ce n’était plus sa priorité. Elle devait déjà se retrouver elle-même, reprendre confiance, retrouver son estime personnelle avant de retrouver un statut à Poudlard. Elle devait mettre en place les conseils de Ricardo et avancer. Car oui, le bordel intérieur lui prenait bien plus la tête que tous les changements au Château. Définitivement, tout avait changé…

Ricardo avait réussi à la sauver. La jeune femme n’avait nullement l’intention de revenir à la base et pourtant, il était parvenu à la convaincre. Julian se souviendrait toujours de cet été. Elle se souviendrait aussi toujours de ce qu’il avait fait pour elle. Un véritable ami. Elle n’avait rien dit à Sean qui ne cessait d’ailleurs de la questionner ces derniers temps, inquiet, trouvant qu’elle avait changé… Ah Sean… Elle l’aimait oui, en tant qu’ami, une amitié forte et pourtant, seul Ricardo avait pu la comprendre. Du moins, elle n’avait voulu se confier qu’à lui. Sean était à l’écart mais c’était pour le bien de tout le monde. Ricky lui avait eu les épaules pour assumer, pour la porter et la ramener sur le droit chemin. La rousse en avait appris un peu plus sur ses opinions d’ailleurs, mais cela n’avait plus d’importance. Il avait au moins pu lui faire comprendre qu’elle devait essayer d’avancer, même si sa vie semblait s’être écroulée. La seule chose qu’il n’avait pas réussi à faire, c’était de la traîner chez ses parents. Elle leur avait écrit une brève lettre, pour signaler qu’elle allait bien, mais c’était tout. Sinon, elle avait passé le reste de ses vacances avec son meilleur ami en Irlande, à attendre le moment fatidique, le moment où elle devrait retourner dans la cage aux fauves…

Alors elle était là, à errer dans les couloirs comme avant et même à aller en cours. Ce n’était pas évidant mais Julian s’y faisait. Mais il y avait quelque chose qui la tracassait. Ou plutôt, quelqu’un qui n’arrivait pas à sortir de son esprit. Jeroen. La jeune femme avait évidemment pensé à lui en revenant à Poudlard. La lettre qu’elle lui avait envoyée était horrible, elle en avait conscience, elle avait été égoïste mais c’était tout ce dont elle était capable. Désormais, elle était prête à l’affronter, à avoir une vraie discussion avec lui. Seulement voilà, c’était fois, c’était lui qui prenait la fuite. La rousse pouvait le comprendre et en même temps, cela avait vraiment le don de l’agacer. Depuis son retour, elle le suivait du regard, elle avait même essayé de lui adresser la parole mais c’était peine perdue. Il fuyait. A chaque fois c’était la même rengaine, elle avait à peine le temps de s’approcher de lui qu’il disparaissait aussi sec. C’était un véritable jeu du chat et de la souris. La Serpentarde aurait très bien pu lui foutre la paix, passer à autre chose. Mais si elle avait appris une chose de tout ce bordel, c’était bien que la vérité avait toujours du bon. Sa vie était complètement chamboulée mais elle aurait su la vérité un jour et quelque part, elle avait avancé grâce à ça même si tout était encore assez flou. De fait, elle ne supportait plus le mensonge et le non-dit et était encore plus déterminée qu’avant à ce que tout soit clair dans sa vie, à obtenir la vérité quand elle l’exigeait. Alors c’était décidé, elle obtiendrait la vérité, coûte que coûte.

Aussi, après avoir dîné avec Sean et Ricardo dans la Grande Salle, la jeune femme avait décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle était remontée dans la Salle Commune en vitesse. Elle l’avait balayée du regard mais savait bien que Jeroen n’y était pas. Il la fuyait et ne se laisserait sans doute pas ainsi à sa portée. Pourtant, elle l’avait vu remonter. Une seule solution. Sans plus se poser de questions et ignorant les regards outrés de certains de ses camarades, la demoiselle s’engagea dans l’escalier qui menait aux dortoirs des garçons. Après avoir à moitié agressé un élève pour savoir dans quelle chambre était Jer’, elle prit la direction indiquée. La rousse entra alors dans la pièce, sans prendre la peine de prévenir de son arrivée et se planta dans l’encadrement de la porte. Son regard se posa sur les jeunes hommes qu’elle considérait comme, de trop.

« Bon les gars, je vais vous demander de libérer l’espace pendant un moment à moins que vous ne teniez vraiment à vous retrouver au milieu d’une scène plutôt privée. »

Julian afficha alors un sourire pincé, qui n’avait franchement rien d’engageant. Elle était bien décidée à parler à Jeroen, en privé et était prête à beaucoup de choses pour faire déguerpir les autres. Apparemment il l’avait bien compris car après avoir jeté un regard à Jeroen, ils finirent par plier bagages. Pour combien de temps, elle n’en avait aucune idée mais au moins, elle avait le champ libre pour quelques instants. Julian entra alors plus franchement dans la pièce, fermant la porte derrière les camarades de chambrée de son camarade. Les bras croisés, le regard fixe, elle reprit finalement la parole. Son ton était ferme mais nullement agressif. Il s’était radouci indéniablement.

« T’as pas envie de me voir ni de me parler, j’ai bien compris. Je te demande une seule et unique chose : une conversation. Après ça je te fous la paix. »

Julian ne le laisserait pas s’enfuir, même si pour cela elle devait l’immobiliser avec un sort, elle gardait d’ailleurs sa baguette à portée de main. Elle n’avait pas envie d’en arriver là mais ne reculerait pas si cela s’avérait nécessaire. C’était certes un peu la pitié qui se foutait de la charité, c’était elle qui prenait la fuite depuis le début. Mais Julian n’allait pas changer non plus du tout au tout du jour au lendemain et préservait donc au moins sa mauvaise foi.

« Pour une fois seulement, j’aimerais qu’on soit sincère l’un envers l’autre. Qu’on mette le jeu en pause… »

Julian n’aurait jamais pensé dire cela un jour mais elle le pensait sincèrement. Elle avait besoin de savoir.

~So here we are
We are alone
There’s weight on your mind
I wanna know
The truth, if this is how you feel
Say it to me
If this was ever real~

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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Jeu 3 Oct 2013 - 14:06

La rentrée… n’avait pas été la renaissance qu’il aurait espéré vivre. Depuis qu’il était rentré, il s’était remis à tourner en rond. Certes, le contexte n’avait rien à voir. Certes, dans les faits, ils avaient retrouvé leur liberté et ça se sentait clairement dans les comportements de tous, même si l’internat limitait un peu les déplacements. Mais il ressentait un vide. Un truc désagréable pour une cause qui l’était tout autant : il s’était habitué à l’état de siège. Il en avait fait sa nouvelle normalité, et revenir à un système d’enseignement normal, comme si de rien n’était, le rendait mal à l’aise vis-à-vis de beaucoup de choses. Il avait eu raison de rentrer plus tôt ; déjà parce que ça lui avait laissé le temps de retrouver et convaincre ses amis les plus proches, ceux qui comptaient pour lui. Ça n’avait pas été simple avec tous. Certains groupes s’étaient même carrément disloqués suite à la disparition - décès ou fuite - de tel ou tel élève, résistants ou non. Recoller les morceaux… ça promettait d’être dur à l’échelle de l’école, car pas mal d’élèves le regardaient toujours comme un traitre qui n’avait pas sa place ici. Il s’y attendait, il était prêt à en découdre s’ils osaient enfin venir régler leurs comptes avec lui directement, mais ça restait pesant.

Comme à son habitude, il faisait face sans rien montrer. Il avait craquelé son masque, afin que les autres puissent voir que bon sang, il était humain sous cette carapace… Mais c’était tout. Il ne se défendait pas à cor et à cri, simplement parce qu’ils avaient raison. La fierté humaine étant ce qu’elle était, il admettait lentement avoir fait des erreurs et acceptait d’en payer le prix. Il était là en partie pour ça, il n’avait pas fui parce qu’il savait que s’il n’avait pas fait face aux autres, il n’aurait pas réussi à se regarder lui-même dans le miroir. Ça finirait bien par se tasser à la longue, lorsqu’ils se sentiraient réellement en sécurité, ils cesseraient de le voir comme un ennemi… La vie d’étudiant n’était plus ce qu’elle était ! Cette période un peu chiante et douloureuse où il suffisait de faire des bêtises sans grandes conséquences pour se sentir exister… Il n’était plus adolescent à son âge, certes, mais cette insouciance lui manquait un peu. Sa famille, aussi… il ne penserait pas qu’ils lui manqueraient si rapidement. Ces deux semaines passées juste entre eux avaient été, finalement, le seul moment de calme dont il ait pu profiter avant de revenir se jeter dans la fosse aux loups. S’il pouvait, il reviendrait presque sur ses paroles… rentrer chez lui et ne plus repartir s’enfermer dans des salles de classe, c’était bien aussi…

Il ne devait pas se laisser aller. Il avait bien profité, mais à présent il devait faire face à la suite. Réparé physiquement, il avait repris confiance pour la suite. Il s’en sortirait. Il était déjà allé si loin, il avait vu la révolution, y avait survécu… il ne pouvait pas se planter maintenant. Le serpentard attaqua donc  sa nouvelle année avec une motivation un peu rabibochée. Tout irait bien. Ça ne pourrait pas aller pire qu’avant en tout cas, il ne pouvait qu’avancer, se surpasser maintenant que les limites avaient été abolies… Ça ne l’empêcha pas de ne pas vraiment écouter les professeurs lors de ses premières heures de cours de l’année, mais bon. Au moins il n’était plus aussi déprimé qu’avant.

C’était sans compter sur son retour. Lorsqu’il la vit au détour d’un couloir, il sentit immédiatement que cet imprévu ne serait pas aussi simple à gérer que le reste. Depuis le temps, sa lettre, les événements précédents… il avait pris du recul, accepté le fait qu’il ne pourrait pas se débarrasser de ses sentiments comme ça, mais surtout, il s’était préparé à ne plus la voir, à ne plus croiser son regard, sentir sa présence… Si proche… Certes, elle semblait au moins aller mieux que la dernière fois, mais pour sa part, ça allait lui faire du mal, il le sentait arriver gros comme une maison. Dans les secondes qui suivaient, il avait disparu des environs. Par la suite, la loi de Murphy n’arrêta pas de le poursuivre. Pourquoi les personnes que l’on évite à tout prix sont-elle partout sur notre chemin ? A force, il était certain qu’elle l’avait remarqué ; ses amis ne manquaient d’ailleurs pas de lui faire souligner l’attention qu’on lui portait. Mais il disparaissait aussitôt. Oui, il fuyait, sans vergogne ni remords. Il en avait conscience, il se trouvait profondément stupide et puéril mais ça ne voulait pas. Il n’arrivait pas à rester dans les parages, comme si elle allait arriver et lui assener de nouvelles paroles blessantes… Bon, elle n’était pas un monstre non plus, et la confrontation finirait par arriver… mais bon sang, pour une fois qu’il avait envie de fuir une situation problématique, mieux valait le laisser faire, c’était déjà suffisamment rare.

Troisième jour de cours. Il l’avait évitée toute la journée, tandis qu’elle trainait avec Ricardo et un autre garçon qu’il ne connaissait pas. Il suffisait d’éviter les zones fréquentées, de rester au dortoir sans trop passer par la salle commune… Il avait pris le réflexe rapidement, il aurait utilisé une cape d’invisibilité que le résultat aurait été le même : Jeroen, plus Jeroen. L’estomac noué, il avait décidé de sauter le repas du soir. Il irait chercher un petit quelque chose aux cuisines lorsqu’il aurait faim. Il prit une douche chaude, laissant ses pensées s’échapper avec la flotte qui lui coulait dans les yeux. Lorsqu’il sortit, ses camarades de chambrée étaient déjà remontés et discutaient de choses et d’autres sans lui accorder de regard. Il attrapa un pantalon et retourna s’habiller dans la salle d’eau. Il était en train de se sécher les cheveux lorsqu’il entendit un certain… remue-ménage.

- Bon les gars, je vais vous demander de libérer l’espace pendant un moment à moins que vous ne teniez vraiment à vous retrouver au milieu d’une scène plutôt privée.
Holà. La confrontation s’était vachement avancée dans le temps quand même… Rien pour le rassurer, d’autant qu’il était encore torse nu. Oui, elle en avait déjà vu plus, mais ses cicatrices, c’était autre chose. Elles étaient beaucoup trop récentes et visibles… Toutefois, il inspira un grand coup et ne se laissa pas de répit pour réfléchir, de peur de fuir à nouveau - genre, en allant se coincer dans les toilettes vu qu’elle occupait la seule porte menant à la sortie. Ses camarades lui lancèrent un regard étrange, un mélange entre du soutien, de la moquerie et beaucoup de questionnements. Une scène « plutôt privée » avec Julian Neil, ça pouvait signifier beaucoup trop de choses. Il haussa les épaules en guise de réponse pour qu’ils déguerpissent sans poser de questions. Julian referma la porte derrière elle, résolument sûre d’elle. Elle croisa les bras, le regard fixe. Position défensive.

- T’as pas envie de me voir ni de me parler, j’ai bien compris. Je te demande une seule et unique chose : une conversation. Après ça je te fous la paix.
Il lui lança un regard neutre, silencieux. D’accord, ça lui allait si c’était rapide et si elle n’était pas encore là pour lui dire qu’il n’était pas assez bien pour elle et tout le tralala. Il avait compris qu’elle n’était pas capable de choisir entre dire, ne pas dire, ressentir ou ne pas ressentir, il n’était pas sûr qu’elle puisse s’arrêter enfin sur quelque chose de concret, même maintenant... Il attrapa la chemise qui trainait sur son lit et l’enfila sans se presser, en mesurant bien ses gestes pour ne pas montrer sa nervosité. Niveau blessure, de toute façon, elle n’avait pas grand-chose à dire, pas le droit de le juger. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire de toute façon ? Il lui refit face, se cala contre le baldaquin de son lit et croisa lui aussi les bras, montrant ouvertement qu’il n’était pas très ouvert, justement.

- Pour une fois seulement, j’aimerais qu’on soit sincère l’un envers l’autre. Qu’on mette le jeu en pause…
- Je t’écoute.
Il n’estimait clairement pas avoir à être sincère envers elle. Il l’avait déjà fait après tout, et pour quel résultat ? Elle s’était moquée de lui en cherchant à faire continuer leur jeu alors qu’il devenait enfin sérieux. Ça l’avait blessé, et si elle ne l’avait deviné, elle le comprendrait vite. Il pouvait être carrément rancunier quand ça le touchait dans ses sentiments. D’ailleurs, il mettait tout de suite l’accent sur le gros du problème : le fait qu’elle n’avait pas été sincère. Elle était la seule à n’avoir pas voulu s’arrêter lorsque l’occasion s’était présentée de mettre le jeu en pause pour enfin se parler avec leurs cœurs. Mais vu que dans sa lettre, elle disait qu’elle ne reviendrait jamais… qui disait que le reste n’était pas faux aussi ? Son recul, c’était ça. Il s’était fait sa liste de possibilités d’évolution et était prêt à entendre à peu près tout. Dans les faits, un peu moins, mais il avait au moins la volonté…

- Alors, tu es revenue finalement ? Tu t’ennuyais ?
Il avait un ton un peu froid, voire coincé… mais pas parce qu'il la haïssait. Il avait tenté de se détacher de ses sentiments mais sans succès ; en fait, il lui en voulait, mais ça s'arrêtait là. Son ton lui permettait juste de mettre de la distance pour se protéger. Il craignait ce qu’elle pouvait lui dire, et il n’y avait que comme ça qu’il arrivait à retenir les battements de son cœur. Si proche… Comment avait-il pu la laisser s’éloigner autant ?
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Jeu 3 Oct 2013 - 22:25

Julian le savait très bien, venir chercher Jeroen, c’était une action suicide. Elle n’avait strictement aucune idée de comment il allait réagir mais le pire dans tout ça, c’était qu’elle penchait clairement pour une réaction plutôt négative. Oui elle avait envie de parler et oui elle était persuadée qu’au fond de lui le jeune homme en avait peut être envie ou qu’au moins il était un peu content de la voir. Mais il y avait beaucoup d’autres facteurs à prendre en compte. Le fait notamment qu’elle s’était clairement jouée de lui, et dans tous les sens du terme. La rousse avait encore parfaitement en mémoire ce qu’il s’était passé ce fameux jour… Elle avait vu sa vie s’écrouler devant ses yeux et il était arrivé. Il était au début comme un sauver, il avait su la calmer, la ramener sur terre et pourtant. Comme à chaque fois, il avait fallut que tout dérape. Comme si rien entre eux ne pouvait être simple, comme si dès qu’il y avait un peu trop de sincérité, il fallait que tout leur explose à la tête. Sur ce coup là, Ju’ était amplement responsable et elle le savait. Encore son problème de fierté, elle n’allait pas le crier sur tous les toits mais au moins, elle en avait clairement conscience, elle était honnête envers elle-même. Mais cela ne suffirait sans doute pas à Jeroen. Il devait avoir encore bien des choses en travers de la gorge, elle en était sûre. Et pourtant, elle ne pourrait supporter qu’il l’envoie balader, elle aurait trouvé cela injuste… Oui elle avait agi comme une parfaite idiote mais elle avait des circonstances atténuantes, elle avait besoin qu’il la comprenne. Une fois de plus elle lui en demandait beaucoup. Encore une fois elle en avait conscience. Mais c’était ainsi, elle avait perdu tant de choses d’un coup que cela lui avait permis de comprendre qu’elle devait se battre pour ce qu’elle pouvait garder. Elle voulait qu’il l’écoute, qu’il comprenne ce qui lui avait fait prendre la fuite et qu’il accepte de lui donner une seconde chance, au moins en tant qu’amie. A vrai dire, elle ne savait pas quelle devait être la nature de leur potentielle future relation car ce n’était clairement pas sa spécialité mais en tout cas, elle était sûre qu’elle voulait qu’il y ait une relation entre eux. Ils ne pouvaient pas se comporter comme des étrangers, comme s’il ne s’était jamais rien passé, pas après tout ça. Julian ne pouvait décemment pas accepter cette idée et elle allait se battre, comme elle savait si bien le faire. Tant pis si elle devait passer un moment douloureux, tant pis si son égo devait encore en prendre plein la tête. Pour une fois, elle avait décidé de revoir l’ordre de ses priorités…

Seulement voilà, à peine son regard s’était il posé sur Jeroen, que Julian avait compris que la tâche serait vraiment ardue. Bon certes, au début, elle n’avait tout de même pas pu s’empêcher de l’observer. Il était torse nu et couverts de cicatrices. Un frisson lui parcouru l’échine. C’était assez étrange comme sensation. D’un côté il y avait cet attrait, le fait indéniable qu’elle était attirée par lui. Mais pas seulement. Elle avait aussi envie de comprendre pourquoi il était tant amoché, elle avait envie de panser ses plaies et puis, elle avait mal. Oui, cela lui était douloureux de le voir dans cet état. Décidément, c’était trop étrange et elle fut presque soulagée de le voir se rhabiller. Comme si le fait de ne plus voir ses cicatrices lui permettrait de le traiter avec plus d’objectivité. Cependant Jeroen de son côté, semblait plutôt déterminé à se débarrasser d’elle. Cette façon qu’il eut de croiser les bras et dire qu’il l’écoutait c’était… Glaçant. Si son ton était plus neutre qu’autre chose, cela ne lui ressemblait pas. Il n’était pas avenant, il cherchait à se montrer distant, comme si tout ça l’emmerdait profondément… C’était clairement désagréable. Et pourtant, Ju’ n’avait nullement l’intention de reculer face à ça. Elle devait l’affronter, ils devaient parler même si le jeune homme avait plus envie de passer la soirée tranquille avec ses potes. Il fallait bien que pour une fois, le caractère de merde de la demoiselle lui serve à quelque chose. Elle poussa donc un soupir et s’apprêta à lancer la discussion mais elle fut stoppée net dans son élan. Jer venait de lui lancer une remarque qui n’avait clairement rien de sympathique. La rousse eut un léger rire nerveux. Ça n’allait décidément pas être facile.

« T’es pas obligé d’être désagréable tu sais. »

Jeroen était sur la défensive, cela ne faisait plus aucun doute maintenant. Mais ce n’était pas pour autant qu’il devait se défouler sur elle. Julian savait qu’il avait bien des choses à lui reprocher mais elle n’était pas là pour un règlement de compte. Pour une fois qu’elle acceptait d’être sincère et de se dévoiler, ce n’était pas franchement sympa de l’envoyer bouler. Mais bon, rester zen et fixée sur son objectif. Il n’allait sans doute pas se contenter d’une seule attaque de ce genre et si elle se laissait démonter dès le début, ça n’allait pas le faire. Une grande bouffée d’air, et c’était reparti.

« Si tu veux tout savoir, je ne suis ici que pour une seule et unique raison : Parce que Ricardo est venu me chercher. Je comptais bien disparaitre dans le fin fond du Connemara mais il a su me convaincre que j’avais peut être un avenir et qu’il fallait que je me batte pour… Qu’il fallait que je me ressaisisse. Alors garde tes sarcasmes. »

Ça c’était dit, étape suivante… Julian avait fait de son mieux pour ne pas être trop agressive dans ses propos. Son but n’était pas non plus de le vexer ou de le faire se taire jusqu’à la fin de la conversation. Elle voulait juste qu’il se mette trente secondes à sa place. Elle n’avait pas écrit cette lettre pour lui faire du mal. Elle pensait réellement tout ce qu’elle y avait écrit, c’était le reflet parfait de son âme, à un moment précis. Alors certes, certaines choses avaient changé entre temps et on pouvait avoir l’impression qu’elle s’était foutu de lui, mais c’était loin d’être le cas. Elle lui avait parlé à cœur ouvert et avait bien compris qu’elle devait le faire à nouveau si elle ne voulait pas le perdre. Le problème dans tout ça, c’était qu’elle craignait de se faire rembarrer. Alors que jusque là, elle se sentait sûre d’elle, un poids se mit à peser au fond de son estomac et une boule se forma dans sa gorge. Il pouvait refuser de la croire et se moquer de ce qu’elle allait dire comme elle l’avait elle-même fait auparavant… Oui, elle craignait de se retrouver face à un reflet de son propre comportement. Il lui était alors très facile de comprendre ce que le jeune homme avait pu ressentir. Non, ce n’était pas le moment de se mettre à sa place, ce n’était pas le moment d’imaginer comme il pouvait lui faire mal avec seulement quelques mots. Elle devait avancer, elle devait se lancer. Elle était courageuse, elle le savait alors il était temps de le prouver.

« Ce jour-là j’étais dans le déni sur tous les points Jeroen… Sur ce que je venais d’apprendre, sur ce que je pouvais potentiellement ressentir pour toi… Je niais tout parce que je pensais que c’était la seule façon de m’en sortir.

Julian était entrée dans le vif du sujet assez brutalement. Elle avait le courage d’en parler mais pas celui de s’éterniser dessus et elle avait donc préférait être directe. Ce n’était pas pour autant que c’était évident. La jeune femme se mit alors à marcher, d’un pas lent certes, mais elle n’en faisait pas moins les cents pas dans la chambre. Si jusque là son regard était rivé sur Jeroen, elle ne posait désormais plus ses yeux sur lui. Elle se montrait faible face à lui. Il devait comprendre qu’elle se livrait réellement, qu’elle ne jouait plus, cela se voyait dans tout son cœur. Ce n’était pas parce qu’elle était une pro de la manipulation qu’elle en faisait toujours usage.

« Mais ça ne veut pas dire que j’ai été insensible à ce que tu m’as dit. Bien au contraire… »

Julian avait baissé la voix sur la fin de sa phrase et s’était soudainement arrêtée de marcher. Puis elle leva lentement le regard vers Jeroen. Elle avait peur. Oui, elle avait peur de ce qu’elle pourrait lire dans son regard, sur les traits de son visage. Elle avait peur de ce qu’il pouvait répondre à ça…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Dim 6 Oct 2013 - 18:38

Cette confrontation promettait d’être d’explosive. Ils avaient trop de choses à se dire pour que cela tiennent en une seule fois, et pourtant, il sentait que tout allait tomber aujourd’hui, maintenant, alors qu’il sortait de la douche, dans ce dortoir désert… Les conditions étaient étranges, mais ce qu’ils avaient à se dire l’était encore plus. On a rarement vu des gamins s’engueuler parce qu’ils n’étaient pas capables de se parler sincèrement sans s’engueuler et s’en vouloir, alors que tout ce qu’ils voulaient se dire, c’était des choses censées être guimauve. Quelque part, il s’en serait passé. Il n’était pas préparé, quelques jours plus tôt elle n’était même pas censée revenir et tout à coup, tout était remis en question… ça posait soucis. Quand on pense ne plus jamais revoir quelqu’un, on s’y fait, on calque toute notre ligne de conduite sur ce détail pas si petit que ça et on se reconstruit autour. La carapace, la motivation, il avait tout reconstruit en pensant qu’il ne la reverrait pas, pensant à tort que comme elle le disait, en partant, elle avait trouvé son équilibre. Ils étaient beaucoup à avoir décidé de partir, incapables de faire face à ce qui s’était passé ; ça ne l’avait même pas étonné qu’elle lui écrive ça… mais voilà, elle était revenue. Il ne savait déjà plus où il en était avant, et son retour n’arrangeait vraiment rien. Il ne savait pas comment il était supposé réagir… L’écouter, ça semblait l’option la plus à même d’éviter le conflit politique, mais le cœur n’y était pas. Il n’était pas prêt, il ne savait pas quoi dire, c’est comme s’il n’avait plus aucun contrôle sur la situation, comme si elle était la seule à pouvoir remettre les choses à leur place… et ça l’effrayait.

Alors oui, il était heureux de la revoir, heureux qu’elle aille mieux, qu’elle aille un peu de l’avant malgré tout ce qui lui était arrivé ; il ne la haïssait pas. Il lui en voulait juste de ne pas avoir su accepter ce qu’il était et ce qu’il ressentait. A travers elle, il se jugeait aussi lui-même ; il avait attendu le pire moment pour accepter le fait qu’il était… non, « amoureux » n’était vraiment pas le mot qu’il voulait entendre… Mais ça restait dans ce même ordre d’idées. Il avait admis la vérité alors qu’il savait qu’elle n’était pas en capacité de l’entendre ou même de le comprendre, et c’est comme qu’il avait brisé le lien hors du commun qui semblait se former entre eux. En tout cas, c’était ce qu’il pensait, il ne savait plus sur quels points il avait tort ou raison… Il se sentait en grande partie responsable de son propre échec, et faire face à ce qu’il avait perdu dans l’équation lui était difficile. Il aurait besoin… qu’elle lui dise qu’il n’était pas fautif. Qu’il n’avait pas tout perdu, que quelque chose était récupérable. Il n’attendait rien consciemment, mais s’il restait quelque chose après un mois et dix jours sans se voir, il savait qu’il arriverait plus facilement à lui faire face sans avoir l’impression de suffoquer. Cette position d’attente était vraiment désagréable. S’il n’avait pas croisé les bras et qu’il ne s’empêchait pas de bouger en la regardant dans les yeux, il aurait certainement déjà fui depuis longtemps. Mais ça n’aurait aidé personne. Il fallait que ça sorte.

- T’es pas obligé d’être désagréable tu sais.
Elle eut un léger rire nerveux. S’il avait peur de sa réaction, elle n’était pas en reste, et ces quelques mots juste un peu froids, juste un peu distants et cynique semblèrent la toucher un peu plus violemment que prévu. Sa détermination n’était qu’une apparence. Ils n’étaient que des apparences alors qu’ils étaient censés se parler sérieusement. Trop cons. Il ne répondit pas. Il ne voulait pas être désagréable, il essayait juste de faire la part des choses, de comprendre où elle voulait en venir et si elle était enfin fixée sur ce qu’elle voulait. Mêlé à une bonne dose de frustration, forcément, le ton pouvait paraître explosif… Ce n’était toutefois pas une raison pour le traiter comme un vieux ronchon. C’était ça qui risquait de le mettre de mauvaise humeur, par pur esprit de contradiction ; dans un contexte normal il serait resté calme, mais le contexte était tout sauf normal. L’intérêt caché de ses paroles un peu « agressives » ? Le problème serait plus vite mis sur le tapis, dans son essence-même. Pour cela, Julian pouvait bien lui exploser à la tronche, ça ne changerait pas de d’habitude mais ça les soulagerait sûrement tous les deux.

- Si tu veux tout savoir, je ne suis ici que pour une seule et unique raison : parce que Ricardo est venu me chercher. Je comptais bien disparaitre dans le fin-fond du Connemara mais il a su me convaincre que j’avais peut être un avenir et qu’il fallait que je me batte pour… Qu’il fallait que je me ressaisisse. Alors garde tes sarcasmes.
Il ne répondit pas non plus, de peur d’être de nouveau désagréable. Les raisons de son retour étaient bien résumées. Elle n’était pas revenue par contradiction, parce qu’elle n’était pas sûre d’elle… mais parce que Ricardo, son ex-capitaine dans l’équipe de Quidditch, un serpentard avec un cœur gros comme une maison, était venu la tirer par la peau du cul pour qu’elle revienne. Il aurait pu le deviner vu qu’il les avait souvent vus trainer ensemble, depuis qu’elle était rentrée et même bien avant… mais pourquoi lui ? Pourquoi Jeroen n’avait-il eu droit qu’à une lettre d’adieu, et pas lui ? C’est mal d’être jaloux… d’autant qu’elle ne serait certainement même pas capable elle-même de répondre à ces questions. Il était stupide d’attendre d’elle qu’elle lui demande de l’aide alors qu’elle l’avait traité comme un jouet dont on peut user comme avec les autres. Il aurait répondu présent, mais niveau fierté, il en aurait pris pour son grade. En fait, perdre totalement le contact le temps de digérer avait peut-être été la meilleure solution pour eux deux… mais il n’arrivait pas à l’accepter, rien que parce qu’il en avait souffert pendant toute la durée des vacances. Il ne s’était jamais senti aussi mal aussi longtemps, et pour certaines raisons inhérentes à la nouvelle situation du château, ce n’était pas prêt de se terminer de sitôt...

- Ce jour-là j’étais dans le déni sur tous les points Jeroen… Sur ce que je venais d’apprendre, sur ce que je pouvais potentiellement ressentir pour toi… Je niais tout parce que je pensais que c’était la seule façon de m’en sortir.
Maintenant qu’il savait pourquoi elle était revenue… c’était le sujet le plus sensible qui débarquait sur le tapis, à une vitesse vraiment incroyable. Tout se précipitait. Ce jour-là… ce jour-là, il avait eu l’impression qu’un mur portait s’effondrait dans son esprit. Il s’était cassé la gueule comme jamais auparavant, au point qu’il avait mis plusieurs jours à réaliser toutes les conséquences de ce qui s’était passé. Ce déni qu’elle lui expliquait… il l’avait compris. Il avait compris mais prendre du recul ne l’avait pas aidé à faire la part des choses. Son état ne justifiait pas le fait qu’elle lui ait fait mal, mais il pouvait expliquer des paroles blessantes, des doutes intimes balancés alors qu’ils auraient dû rester au fond de sa petite tête toute secouée. A cause de ça, il n’avait pas pu faire la part entre ce qu’elle pensait réellement et ce qu’elle avait dit sur le coup de l’angoisse.

Quant à sa lettre… ça lui avait aussi fait l’effet d’un coup de massue, au point que son frère avait cru qu’il allait faire un malaise. Elle n’avait pas clairement démenti ce qu’elle avait raconté ce jour-là. Elle n’avait pas dit « je m’en fous que tu ne sois qu’un sang-mêlé, je m’en fous de n’être qu’une née-moldue », alors que c’était là ce qui l’avait le plus blessé. Elle avait parlé de ses sentiments, d’une potentielle relation « parce qu’il était mieux que tous les mecs qu’elle s’était tapés dans le Château », mais venant de quelqu’un qui a décidé de ne jamais revenir, ça donnait un peu l’impression qu’elle lui faisait une mauvaise, très mauvaise blague. Finalement, il s’était arrêté à cette impression qu’elle avait laissé quand elle l’avait envoyé bouler comme un vulgaire jouet. Ça risquait d’être dur à rattraper.

- Je sais tout ça. J’ai bien vu l’état lamentable dans lequel tu étais, et le pire c’est que tu n’y pouvais rien. Ta vie a pris un tournant, ce n’est jamais facile… Mais… franchement ? J’ai été blessé de finir dans le cercle des choses que tu ne voulais pas voir pour des put… d’histoires de sang. J’ai parlé avec sincérité mais je me suis pris un mur. Excuse-moi si j’ai un peu de mal maintenant.
Ça semblait si simple tout à coup… il avait dit ça avec tellement de facilité, de franchise… Quelques mois plus tôt, il aurait tourné ça différemment, sur un ton de critique qui ne l’aurait pas impliqué, mais là, c’était juste ce qu’il ressentait qui ressortait dans son discours. Il était blessé. C’était maintenant clair, limpide, il était blessé au point que parfois, en regardant ses cicatrices dues à des sorts, il se demandait s’il n’y avait pas un lien avec ce qui s’était passé avant. A présent, elle ne le regardait plus directement dans les yeux. Son apparente détermination se cassait la gueule. Lui restait immobile, le visage impassible, mais il baissait sa garde dans ce qu’il disait. Il avait l’impression de se donner… de lui le contenu de sa tête comme si elle avait la capacité de réparer les dégâts… Il savait qu’elle était sincère cette fois-ci. Qu’elle ne jouait pas la comédie pour obtenir quelque chose de lui. Il la connaissait trop bien. Et cette sincérité… commençait déjà à se faire ressentir.

- Mais ça ne veut pas dire que j’ai été insensible à ce que tu m’as dit. Bien au contraire…
- … Qu’est-ce que j’ai dit qui ne t’a pas laissée insensible ?
Dis-le. Dis-le clairement. Qu’est-ce qui était vrai, qu’est-ce qui était faux ? Où en était-elle dans sa tête aujourd’hui, avec tout le recul qu’elle avait pris sur sa situation ? Elle releva les yeux vers lui. Dis-le…

- Je ne sais plus ce que je suis censé croire, dans tout ce que tu m’as dit. Je ne sais même pas si tu m’as écouté, ce jour-là, c’est pour dire. Aide-moi, parce que là, j’ai jamais été aussi perdu face à quelqu’un…
On pouvait noter qu’il ne parlait pas de ses sentiments pour elle directement… il n’en était pas capable. Il voulait d’abord savoir ce qu’il en était pour elle, parce qu’il n’aurait pas supporté se faire jeter une seconde fois. Il soutenait encore son regard, mais ses yeux voulaient fuir. Ça aurait pu être si simple…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Ven 11 Oct 2013 - 16:48

A vrai dire, c’était vraiment plus facile quand Julian parlait. Elle se rendait compte que, si déballer ses sentiments n’étaient clairement pas son fort, c’était encore plus dur d’être confronté à l’avis de Jeroen. Elle n’aimait pas entendre ses quatre vérités et en temps normal, elle se contentait d’ignorer tant cela en devenait désagréable. Mais là c’était bien différent. Elle ne pouvait pas ignorer. Elle devait écouter. Mais ça la touchait aussi bien plus qu’en temps normal. Ce que disait Jeroen avait de l’important pour elle, cela l’atteignait directement, en plein cœur et elle ne pouvait pas faire autrement. Lorsqu’il avait utilisé l’adjectif « lamentable », elle s’était sentie blessée. Oui vraiment. C’était rude comme terme, elle s’imaginait peut être qu’il allait se montrer délicat après tout ce qu’elle avait traversé. Mais ce que le vert était clairement en train d’essayer de lui faire comprendre c’était qu’elle n’était pas la seule à avoir eu de la peine. Il venait de lui dire clairement ce qu’il avait ressenti, le mal qu’elle lui avait fait en l’envoyant valser parce qu’il n’avait pas le statut de sang qu’elle espérait. Julian n’avait rien à répondre à cela car à vrai dire, elle était incapable de dire qu’elle était sa position sur tout ça. Ce n’était pas évident. En réalité, elle ne savait plus trop ce qu’elle pensait. Julian avait basé sa vie d’avant sur les statuts de sang, sur le fait qu’elle voyait une suprématie dans les familles au sang pur. Mais voilà, désormais ça n’avait plus la même signification. Elle ne savait plus si cela était au centre de sa vie. En réalité, elle n’y pensait plus tant que ça. Depuis les cet été, ce qu’elle avait retenu c’était la notion de mensonge plus que ce qui coulait dans ses veines. Elle n’avait pas voulu revoir ses parents parce qu’ils avaient menti et elle ne les voyait pas comme Supérieurs parce qu’ils avaient du sang pur dans les veine, elle était en colère parce qu’ils lui avaient menti. Quant à Jer’… Elle n’en savait rien. Oui elle avait été anéantie en apprenant qu’il n’était pas vraiment celui qu’il avait prétendu être. Mais qu’est-ce qui était le plus grave dans tout ça ? Son statut de sang ou son mensonge ? La réponse lui apparaissait clairement désormais. Elle aurait eut envie de lui crier mais cette fois, les mots restèrent coincés dans sa gorge. Alors la demoiselle resta muette, attendant simplement que les choses se passent. Ou plutôt, elle changea de sujet, décidant de s’attarder sur autre chose mais encore une fois les mots lui manquaient, elle faisait des détours comme si cela pouvait régler les choses…

Julian avait donc tenté d’exprimer ce qu’elle ressentait mais toujours à sa façon. Il lui paraissait presque impossible d’être franche, directe. En réalité, si elle était sincère, si ce qu’elle disait respirait la vérité, elle avait bien du mal à utiliser des termes clairs. Pourtant elle espérait que cela fonctionnerait. Oui elle priait pour que Jeroen accepte ses mots, qu’il les comprenne toute de suite, qu’il ne cherche pas plus loin et se contente de ces révélations certes incomplètes. Mais elle se leurrait totalement en s’attachant à cette croyance. A peine eut-elle fini de s’exprimer qu’il se lança à l’assaut. Il lui demandait de but en blanc ce qu’elle entendait par là, ce qui ne l’avait pas laissée insensible. Julian marqua un stop et le regarda avec les yeux grands ouverts. Il le faisait exprès ? C’était impossible. Il devait s’amuser à jouer sur les mots justes pour la rendre mal à l’aise. La rousse n’arrivait pas à croire que son camarade n’avait strictement aucune idée de ce de quoi elle parlait. Cela paraissait clair pourtant, non ? Il n’y avait qu’une seule et unique chose qui pouvait être concernée par sa prise de parole. Elle avait en partie raison et elle en fut bien conscience lorsque son aîné reprit la parole. Il lui fit alors comprendre qu’en soit, il savait à quoi elle faisait référence mais qu’en même temps, il ne savait pas s’il pouvait lui faire confiance, si elle avait elle-même saisi le sens des paroles du jeune homme. Ju’ fut abasourdie, une fois de plus, il avait le don de la surprendre. Quel était le sens de tout ça ? Elle venait lui dire clairement que oui, elle était sensible à ses charmes, qu’il se passait un truc étrange et lui, allait creuser et remettait en doute ses propos. Sur le coup, elle ne pu s’empêcher de lâcher une réflexion. Son ton de voix trahissait son emportement et ses émotions, elle ne se contrôlait pas autant qu’avant.

« Tu crois vraiment que je serais revenue te voir pour te parler de quelque chose dont je n’aurais pas saisi la portée ? Je suis peut être étrange, j’aime peut être jouer mais je déteste perdre mon temps. Je n’aurais pas pris le risque d’être humiliée pour quelque chose d’aussi futile qu’un simple jeu… »

Julian ne se cachait plus du moins, elle n’en était plus vraiment capable. Plus elle parlait, plus elle s’enfonçait dans sa propre misère. Elle ne pouvait plus se cacher, ses sentiments devenaient de plus en plus vifs et cherchaient à s’exprimer même si sa fierté ne cessait de les réprimer. Il n’en restait pas moins qu’ils étaient là, présents, lui pesant dessus. Elle ne pouvait supporter l’idée d’être rejetée simplement parce qu’elle avait eu un moment difficile, simplement parce qu’elle avait complètement perdu les pédales. Ce jour là, elle était fixée sur ce qu’elle avait appris mais désormais, elle avait revu l’ordre de ses priorités. Elle était encore totalement paumée, mais une petite voix s’élevait au fond d’elle. Elle avait comme l’impression que Jeroen pouvait être un point d’ancrage, qu’il faisait partie de ces dernières certitudes, aussi effrayants que cela pouvait être. Si elle n’arrivait pas à mettre de mots sur ce bordel qui se passait à l’intérieur d’elle, c’était bel et bien présent. Alors elle acceptait la perspective que ce ne soit pas réciproque mais elle avait du mal à y croire et cela la rendait complètement dingue. Julian décida alors de prendre une grande inspiration et d’essayer de se calmer. Ce n’était pas en lui hurlant dessus qu’elle ferait passer efficacement son message. Respirer et se faire comprendre le plus calmement possible, c’était son objectif du jour. Mais chaque fois qu’elle prenait la parole pour parler de ça c’était comme une vague d’émotions qui prenait le dessus et qui remettait en cause toute sa capacité à conserver une maitrise totale d’elle-même.

« J’y arrive pas Jeroen. Je sais pas mettre des mots là-dessus. Mais c’est là. J’ai… J’avais qu’une envie c’était de venir te voir et… »

Ce n’était même plus qu’elle perdait le contrôle, Julian était en train de dire le fond de sa pensée sans même chercher à retenir tout cela. Et c’était clairement effrayant. Elle avait appris à se cacher pour se protéger. Elle en avait eu la preuve, les sentiments et l’attachement pouvaient être ravageurs. Et voilà qu’elle sautait à pied joints dans ce piège. Elle était non seulement en train d’accepter ce marasme de sentiments mais en plus, elle livrait à Jer’ pensées les plus secrètes. La demoiselle s’était donc soudainement arrêtée, comme pour retenir ce flot de paroles qu’elle trouvait dangereux. Elle ne pouvait se résoudre à continuer sur cette voie. Et pourtant… Pour l’une des premières fois dans sa vie, son cerveau venait d’être complètement dépassé. Sa conscience avait beau hurler, elle était comme emprisonnée dans une cage et tout ce qui comptait, c’était ce nœud dans ces entrailles, ces choses qu’elle avait envie et terriblement besoin de dire.

« Tout ce que je sais, c’est que j’ai beau avoir été horrible avec toi, en revenant ici, j’avais qu’une envie, c’était que tu me prennes dans tes bras. »

Elle avait fini par céder. Elle n’aurait jamais cru dire un truc pareil, à vrai dire, elle en avait presque honte mais c’était pourtant la vérité. Julian baissa alors la tête. Elle se sentait conne. Elle venait clairement de se mettre à nu face à lui, elle s’exposait à quelque chose de dangereux. Elle avait l’impression d’être désormais totalement soumise au bon vouloir de Jeroen et c’était assez étrange comme sensation. La jeune femme se sentait clairement en état de faiblesse mais pourtant, pour une fois, elle venait de dire ce qu’elle avait sur le cœur. La rousse osa après quelques secondes affronter le regard de son camarade. C’était difficile et pourtant, ses yeux se plantèrent dans les siens. Il y avait de la détermination dans son regard mais aussi ce naturel, cette faiblesse qu’elle laissait entrevoir pour la première fois.

« Avant que je ne m’enfonce encore plus, demande moi de rester ou de partir, mais fais le vite. »

Oui elle reportait la responsabilité sur lui. Elle lui laissait un total pouvoir de décision. Pour une fois, elle ne comptait pas se battre, elle ne comptait pas asséner une liste interminable d’arguments. Elle voulait juste une réponse aux faits et selon cette dernière, elle agirait en tout état de cause…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Sam 12 Oct 2013 - 1:20

S’ouvrir l’un à l’autre était peut-être leur plus grande épreuve. Leur relation s’était basée sur un jeu d’ombres et d’évitement, comme s’ils reléguaient le vrai au rang de faiblesse. Ils n’avaient jamais prévu d’être un jour sincères, et ça leur était tombé dessus alors qu’ils ne s’y attendaient pas du tout. Il n’était certainement pas le seul à en souffrir. Dans le comportement de la jeune verte, il avait pu déjà voir des preuves, non pas de faiblesse, mais d’humanité. Elle ne pouvait pas se défaire de ce qu’elle ressentait et c’était à cause de ça qu’elle avait un comportement si difficile à suivre, si contrasté. Il n’arrivait pas lui-même à faire la part des choses, mais ça se présentait différemment. Il ne mâchait pas ses mots, il ne le faisait jamais lorsqu’il n’avait rien à y gagner. Elle pouvait bien se vexer, lui crier dessus, le frapper, ça ne changerait rien à ses mots, mais surtout, ça ne changerait rien au fait qu’il disait ça sans aucune animosité. Il fallait bien appeler un chat un chat : elle avait été dans un état lamentable. Il n’y avait pas d’autres mots pour représenter une jeune femme qui se frappe toute seule contre les murs pour fuir ce qui se passait dans sa tête. Jeroen avait accepté le terme avec sa mère, et pour Julian maintenant ; il pouvait au moins se vanter d’avoir eu la même proximité dans ce moment-là… Alors la délicatesse… non. En plus, c’était pour ajouter qu’il s’était senti blessé de ce qu’elle avait dit. Les deux concepts n’allaient pas ensemble et il faisait déjà suffisamment d’efforts sur ce second point pour se permettre de faire l’impasse sur une amabilité superflue ; la secouer un peu, ça ne pouvait que l’inciter à renforcer ses mécanismes de défense. Ce n’était pas gentil-gentil, mais elle s’en relèverait sans trop de mal ; après tout, elle avait bien eu la force de revenir après tout ce qui s’était passé.

Et son raisonnement sur le sang-pur… Bien entendu, elle lui en avait voulu pour plus que ça, mais ce point-là était une clef de voute qui ne tenait pas debout. Elle ne répondit rien à ce propos, et ça ne l’étonna pas vraiment. Une sang-pure qui base toute sa vie sur son sang et finit par s’apercevoir que tout cela n’était qu’un mensonge… Elle ne pouvait pas comprendre les raisons qui l’avaient poussé à mentir pendant tout ce temps. D’ailleurs, elle n’avait certainement pas fini de faire le point sur ses opinions, mais à quoi s’attendait-elle ? Il ne s’était jamais prétendu pur de sang ni d’opinions, mais elle devait accepter de ne pas avoir de prise sur tout. Il avait menti à tout le château après tout… Et voilà, elle ne répondait pas. Ça pouvait tout signifier et en même temps non. Si elle ne s’était pas fixée sur ce qu’elle devait penser de son passé, qu’en était-il de lui ? Est-ce que son sang à lui importait toujours autant ? Est-ce qu’elle avait finalement accepté qu’il n’ait pas toujours dit la vérité ou revenait-elle pour lui envoyer sa frustration à la gueule ? Sérieusement, même si la seconde hypothèse semblait carrément puérile, il ne savait pas.

Lorsqu’elle lui tendit la perche en changeant de sujet, il l’attrapa sans hésiter. Sa réponse fit ouvrir de grands yeux à Julian. Non, il ne savait plus où il en était, qu’est-ce qui l’étonnait là-dedans ? Ou plutôt il se faisait une idée, mais il ne voulait pas céder à ses envies et croire des illusions sans certitudes. Il voulait qu’elle clarifie un peu ses propos. Lorsqu’elle disait que ce qu’il avait dit ne l’avait pas laissée insensible, ça ne voulait rien dire du tout, et surtout pas qu’elle l’appréciait plus que comme un camarade de jeu. Il soutint son regard étonné sans broncher ni faire semblant de comprendre pour garder la face. Non il ne savait pas, et il était en droit de demander, maintenant qu’il fallait être sincère. En plus, cela faisait deux mois qu’il rêvait d’être totalement fixé vis-à-vis de leur relation… sûr de lui… sûr aussi qu’il pouvait lui faire confiance pour parler des sujets sérieux. Non parce que jouer, au stade où en était leur relation, ça ne pouvait plus suffire, il ne fallait pas se leurrer.

- Tu crois vraiment que je serais revenue te voir pour te parler de quelque chose dont je n’aurais pas saisi la portée ? Je suis peut être étrange, j’aime peut être jouer mais je déteste perdre mon temps. Je n’aurais pas pris le risque d’être humiliée pour quelque chose d’aussi futile qu’un simple jeu…
- Certes…
Ça, pour ne pas perdre son temps… il lui faisait confiance. Elle n’y allait pas non plus avec des pincettes, ne comprenant pas trop ce qui n’allait pas chez lui. Oui, c’est bon, il avait compris qu’elle était vexée, tout le monde l’aurait été, mais il n’avait aucune intention négative. Elle se sentait humiliée simplement parce qu’elle n’acceptait pas de parler aussi librement, mais il fallait savoir faire un trait là-dessus parfois… En tout cas, le résultat était qu’elle commençait enfin à parler sans détours ni formulations d’atténuations. Il fallait bien qu’elle y vienne, à cet état où on est sincère même quand on crie qu’on n’a pas envie de l’être. Elle avait été la première à le demander. Ce n’était pas drôle du tout mais elle semblait accepter de s’ouvrir un peu, de parler avec son cœur ; en quelques minutes, ses réactions avaient cessé de mentir. Il la sentait déjà plus proche, comme ce jour-là, sur les gradins… Elle inspira largement pour prendre son courage à deux mains. Jeroen, lui, ne respirait carrément plus, et il n’y pensait même pas, comme si ça n’avait aucune espèce d’importance.

- J’y arrive pas Jeroen. Je sais pas mettre des mots là-dessus. Mais c’est là. J’ai… J’avais qu’une envie c’était de venir te voir et…
Lui non plus n’y arrivait pas vraiment après tout… il se suffirait de pas grand-chose. La dernière fois, il s’était ouvert avec des mots franchement bateau, mais il avait dit quand même. Il suffisait de presque rien pour tout changer…

- Tout ce que je sais, c’est que j’ai beau avoir été horrible avec toi, en revenant ici, j’avais qu’une envie, c’était que tu me prennes dans tes bras.
L’information monta au cerveau plus vite que les mots, si bien qu’il se demanda s’il avait bien entendu. Ça lui semblait tellement irréel. Il l’avait tellement fantasmé ce moment, il avait tellement désespéré en pensant ne plus avoir de chances de le voir arriver, que maintenant, ça l’étonnait presque. Il avait déjà tiré un trait dessus, et c’est avec un plaisir tout neuf qu’il sentit son cœur faire un bond stupide dans sa poitrine. Il profita du fait qu’elle baissait la tête pour passer sa main dans ses cheveux et inspirer enfin pour s’éviter de faire de l’apnée trop longtemps. Elle avait mis un coup de pied énorme dans le poids qui lui compressait la poitrine depuis tout ce temps. Il n’avait jamais eu besoin de plus que ça. Dans son esprit, « se prendre dans les bras » était aussi fort que s’offrir tout entier à quelqu’un. « Je t’aime », c’était beaucoup trop générique pour lui. Ce qu’elle racontait, c’était une envie pure… qu’il ne partageait que trop…

Il sourit, nerveusement. Ça lui tombait dessus violemment, ça aussi, mais ces derniers jours, il s’était pris à avoir vraiment de l’espoir, tout en ayant peur de cet espoir justement. Elle ne l’avait pas rejeté. Le pire des scénarios venait de faire place au meilleur. Toute sa tension avait foutu le camp. En plus, ça voulait dire qu’elle l’acceptait avec ses parts d’ombre, même si ceux-ci risquaient d’être rapidement remis sur le tapis… mais ils avaient des choses à se dire de toute façon. Savoir qu’ils ne se fuiraient pas pour ça les aiderait sûrement pour la suite. Elle releva les yeux vers lui. Tout à coup, c’est comme s’il existait, alors que ça faisait des années qu’il se sentait comme l’ombre de lui-même. Ah, ce qu’on peut être con et faible dans ces moments-là…

- Avant que je ne m’enfonce encore plus, demande-moi de rester ou de partir, mais fais-le vite.
Il hésita quelques secondes, puis, n’y tenant plus, il s’approcha d’elle et l’attira contre lui, avec l’assurance d’un adolescent lors de ses premiers émois. Tout naturellement. A ses yeux, c’était la meilleure réponse qu’il lui puisse lui donner après tout ce qu’elle avait. Il pouvait à nouveau la sentir contre lui, sentir sa chaleur, son odeur… Il se rendait compte physiquement qu’elle était là et qu’elle n’allait pas encore le rejeter comme la dernière fois. Il passa sa main dans ses cheveux, regardant la porte pour fixer son regard et oser ouvrir la bouche après tout ça.

- Reste. Reste…
Ça, il ne l’avait jamais dit à beaucoup de gens. Pendant les vacances, c’était son frère qu’il avait le plus sollicité, parce qu’il le comprenait et ne le jugeait pas. Maintenant qu’il était revenu sur ses pas, dans un château encore marqué par les récents événements… il avait besoin d’un repère, et vu qu’elle lui demandait s’il voulait d’elle ou non… Si ça se trouve, elle avait autant peur que lui de se faire rejeter. Il n’était pas capable d’une telle chose, parce que si elle le laissait à nouveau derrière lui, il risquait d’y laisser des morceaux. Il la voulait juste là, contre lui, comme ça, sans se soucier des garçons qui faisaient le pied de grue devant la porte ni de ce qui les séparait encore. Il prit sa main en s’écartant légèrement d’elle pour la regarder.

- Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai dit. Je reste là pour toi, parce que j'en ai envie. Et puis on a beaucoup de choses à se dire, et si tu pars, ça risque d’être difficile… Tu as encore un peu de temps à perdre ?
Il sourit. Oh, il n’avait sûrement pas fini de dire qu’elle l’avait blessé, mais il n’avait plus besoin de distance pour se protéger à présent, si elle était en état de l’écouter… de le comprendre… Il se sentait aussi beaucoup plus sûr de lui à présent. Il ne pensait même pas que si peu de choses lui suffiraient pour se changer un peu les idées...
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Mar 15 Oct 2013 - 22:23

L’étau s’était brutalement resserré. Désormais elle ne pourrait plus faire machine arrière. En temps normal, Julian n’exprimait jamais ses sentiments, ce qu’elle pensait au fond d’elle-même. Et lorsqu’elle s’aventurait à le faire, c’était toujours d’une manière détournée, de telle sorte qu’elle puisse faire une petite plaisanterie pour prétendre que tout cela n’était qu’une blague et éviter ainsi toute situation trop embarrassante, trop gênante. Mais cette fois, elle n’avait pas de plan B. Elle s’était livrée de la manière la plus brutale qui soit mais aussi la plus vraie, la plus sincère. Pour une fois, elle avait décidé de sortir de sa carapace et de se montrer telle qu’elle était. Elle avait alors l’impression d’être complètement nue face à lui. Si quelqu’un avait envie de faire une mauvaise blague, il pourrait très bien dire que cela ne devrait nullement gêner la jeune femme, mais en l’occurrence, c’était une situation très étrange, très gênante. Elle avait l’impression que désormais, Jeroen pouvait la scruter, pouvait tout comprendre d’elle avec seulement un regard. Alors oui c’était faux. En soi, elle cachait encore bien des choses, en soi, elle avait encore des secrets, des informations à lui transmettre. Mais en lui dévoilant ses sentiments à sa façon, elle lui expliquait qu’elle était prête à s’offrir à lui et pas que physiquement, que face à lui, elle n’était plus vraiment cette fille prétentieuse et sûre d’elle qui se pavane dans les couloirs du Collège. Oui, elle acceptait d’être cette jeune femme pleine de faiblesse qui avait besoin d’être acceptée, qui avait besoin d’être prise dans les bras. Alors oui, Julian avait du coup l’impression d’être complètement coincé. La suite ne dépendait que de Jer’. Si cela l’arrangeait dans le sens où cela l’évitait d’aller plus loin et d’empirer son cas, de s’aventurer dans cette zone inconnue sans garantie, c’était aussi accepter l’absence de contrôle. Elle venait de lâcher les rennes de manière volontaire. Remettre rien qu’un morceau de sa vie entre les mains de quelqu’un, c’était quelque chose de très perturbant pour elle. C’était totalement nouveau. Il fallait bien l’avouer, ça la prenait aux tripes. La rousse avait l’estomac complètement noué, accompagné d’une certaine nausée. Et ses jambes. C’était comme si elles ne la portaient que pour une durée déterminée et que bientôt, elles allaient décider de prendre congé. Alors elle cherchait désespérément des réponses dans le regard de Jeroen et les secondes lui paraissaient être extrêmement longues…

Julian avait capté son hésitation et elle avait cru qu’il resterait là-dessus. Pendant quelques instants, elle avait même cru qu’il allait fuir. Lorsqu’il amorça un mouvement, elle bloqua sa respiration instinctivement alors qu’elle avait la terrible impression que son cœur alternait entre les arrêts et un rythme bien trop rapide. Rapide… C’était le mot. Tout se passa très vite. Ju’ se forçait à garder les yeux ouverts alors qu’elle n’avait qu’une envie, les fermer pour ne pas voir ce qui allait se passer. Mais elle eut raison de se montrer un brin courageuse. Alors qu’elle s’attendait au pire, Jeroen se contenta de s’approcher d’elle et de la serrer dans ses bras. Cette fois, son cœur s’emballa mais la sensation était bien plus agréable. Instinctivement, elle ramena ses bras contre son corps pour se blottir sur le torse du jeune homme. Elle enfouit sa tête au creux de son cou et se contenta de respirer. Juste sentir son odeur, ce simple contact… Cette fois elle ferma les yeux mais pas pour fuir, non, pour pouvoir profiter pleinement de ce contact. Cet instant, elle en avait rêvé… Ou plutôt, elle n’avait cessé d’y penser en se disant qu’il n’aurait jamais lieu, qu’elle ne le retrouverait jamais. Et pourtant elle était bien là, contre lui, à profiter de sa chaleur. Julian aurait voulu que cet instant dure éternellement. Lorsqu’il lui dit clairement de rester, elle se mit à sourire. Le message était passé avant même qu’il ne le dise. Mais l’entendre lui avait procuré un léger frisson. Malgré tout ce qu’elle avait fait, après toutes le mal qu’elle avait pu lui faire il l’acceptait… La rousse avait bien du mal à le croire. Mais tout ça, ça n’avait aucune importance. Elle s’en fichait, elle ne voulait plus réfléchir, juste s’abandonner dans les bras de Jeroen.

Ce moment dû cependant prendre fin, comme tout. Jeroen se recula alors légèrement mais sans rompre le contact entre eux. Il garda la main de Julian dans la sienne. La jeune femme se sentait un peu idiote, elle était rarement dans ce genre d’état pour une simple étreinte et pourtant, là elle ne pouvait nier que c’était le bazar dans sa tête. Elle dû cependant remettre un peu d’ordre pour saisir ce que Jeroen était en train de lui dire. Ils devaient parler… Oui il avait raison. La jeune femme sourit puis prit une grande inspiration avant d’hocher la tête en signe d’approbation. Elle était prête. Oui cette fois, elle était prête à parler. Elle était venue ici pour ça, elle avait pris le risque de se faire envoyer balader pour pouvoir s’expliquer. Alors maintenant qu’elle était sûre d’être acceptée malgré toutes ces erreurs, elle n’allait pas reculer. Elle devait parler avec lui si elle voulait leur donner une chance.

« J’ai tout mon temps… Et tu sais que j’ai aucun scrupule à virer des gens de leur propre chambre donc je vais rester un peu oui. »

Le ton de voix de Julian s’était clairement adoucit. Elle avait retrouvé ce côté espiègle et rieur qu’elle avait coutume de faire ressortir avec Jeroen. La pression était clairement redescendue. Si tout n’allait pas être parfait, s’ils risquaient encore de devoir discuter sérieusement, sans être toujours d’accord, de pas mal de choses, au moins, elle savait que le contact était renoué. Gardant la main du Serpentard dans la sienne, elle se dirigea alors vers ce qu’elle avait identifié comme son lit et décida de s’y asseoir, l’invitant à faire de même. Oui elle se permettait mais en même temps, elle n’était pas sûre de pouvoir rester debout encore très longtemps. Si la pression n’était plus là, ses jambes lui paraissaient être encore faibles et elle préférait largement discuter en étant assise. Instinctivement, elle caressait la main du jeune homme avec son pouce. Comme si cela lui permettait de réaliser que tout cela était bien réel, qu’il était bien là, à ses côtés.

« Ecoute… Je sais que je t’ai fait du mal et, tu vas pas m’entendre dire ça souvent alors inscris le bien dans ta mémoire. Je m’excuse sincèrement. »

Si Julian était plutôt partie pour écouter ce que Jeroen avait à lui dire, elle s’était sentie dans le besoin de commencer ainsi. Elle se devait de s’excuser. Sa fierté en prenait un sacré coup et elle avait beau avoir le cœur qui battait la chamade pour lui, elle ne referait pas ce genre de choses tous les quatre matins. Mais là elle se devait de le faire, comme pour tirer un trait sur le passé, comme pour se donner une réelle chance d’avancer. S’ils restaient bloqués sur de veilles rancœurs, ils n’avaient clairement aucune chance de s’en sortir. Et pour le coup, elle devait bien avouer que Jeroen n’avait pas grand-chose à se reprocher et que c’était nécessairement à elle d’ouvrir le bal. A noter, qu’elle avait gardé le regard fixé sur ses chaussures en présentant ses excuses. Elle avait fait des efforts mais elle n’avait pas non plus changé complètement et restait une nana un peu trop fière… Et du coup, elle avait bien envie de passer rapidement à autre chose. Enfin, même si la suite ne serait pas forcément plus simple pour son ego.

« Maintenant je t’écoute… Je suppose que tu as envie de parler de certaines choses en particulier… »

Julian restait vague parce qu’elle ne savait pas exactement quel sujet tenait le plus à cœur à Jeroen. Après tout, elle ne l’avait pas vu pendant longtemps et depuis qu’elle avait mis les pieds dans la pièce, elle n’avait pas cherché une seule seconde à l’analyser, trop perturbée par ses propres sentiments. Alors oui, elle était dans le flou et elle l’assumait. Elle avait besoin qu’il la guide sur ce coup. Enfin, juste une dernière chose avant… Julian se rapprocha du jeune homme et vint poser ses lèvres sur les siennes. Un baiser presque chaste pour une fille comme elle. Elle ne voulait pas faire croire à Jeroen qu’elle voulait le détourner de la conversation. Mais merde, elle attendait ça depuis trop longtemps et ses hormones avaient un peu tendance à s’affoler en sa présence. Alors oui elle avait craqué, cédant faiblement à la tentation. Mais elle n’en restait pas moins toute ouïe. Bon, après ce baiser, elle afficha un sourire faussement désolé à Jer’. Comme la petite fille qui fait les yeux doux après avoir fait une petite bêtise pour ne pas se faire disputer. Julian acceptait la discussion sérieuse mais elle avait aussi besoin de relâcher un peu la pression et de se retrouver. Car oui, alors qu’elle retrouvait Jeroen, elle avait l’impression de pouvoir enfin se retrouver. Si elle ne serait jamais plus la même, ça elle le savait, il y avait certaines choses qui pouvaient persister. La rousse avait besoin de renouer avec les parties d’elle qui n’avaient aucune raison d’être altéré par son passé. Retrouver Jeroen c’était peut être retrouver une nouvelle vie, se donner une seconde chance…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Dim 20 Oct 2013 - 15:08

Finalement, faire face ne semblait pas amener autant d’effets négatifs que prévu. Il se rendait compte que cette peur irraisonnée de se faire rejeter à nouveau n’était pas vraiment justifiée ; serait-elle réellement venue si elle ne voulait que lui envoyer des reproches dans la face ? Ils ne pouvaient plus faire machine arrière mais si jusque-là, ils n’étaient pas sûrs d’où ça pouvait bien les mener, il fallait avouer qu’ils s’éloignaient franchement du jeu de départ. Ils se livraient beaucoup trop. Leurs fiertés s’entrechoquaient violemment avec leurs sentiments, et… on devinait aisément ce qui était en train de gagner. Il n’avait pas envie de combattre ce besoin de s’ouvrir. Pas maintenant qu’il savait que ces deux mois de deuil sentimental n’avaient aucun sens. Lorsqu’il la prit dans ses bras, il sentit que toute cette tension qui avait bousillé ses vacances s’envolait. C’était comme s’il devenait plus léger, mais aussi comme si tout son corps se détendait un peu trop soudainement, laissant place à une certaine faiblesse. Il retrouva son odeur, sa chaleur, sa présence qui se raccrochait à lui, et il se serait bien laissé fondre dans ce contact s’il avait été un peu moins sérieux et fier. Certes, il avait rêvé de ça comme d’un cadeau qu’il ne recevrait jamais, mais il ne fallait pas s’appuyer sur des acquis aussi frêles que l’attachement, aussi brisa-t-il en partie le contact. Sans lâcher sa main ; il n’était pas maso non plus, et puis s’il la lâchait, elle risquait de s’envoler à nouveau… Sales adolescents. Avec un peu de recul, il risquait de se trouver plutôt niaiseux, mais ça lui faisait du bien de relâcher un peu son masque.

Elle hocha la tête pour accepter la discussion. Cette idée la rendait nerveuse elle aussi. Après tout ce qui s’était passé, c’était comme s’attaquer à une montagne de questionnements pour lesquels ils devaient se dévoiler tout entier, avec tous leurs mensonges et leurs blessures - ça tombait bien, elle avait déjà dû voir ce qui relevait du physique, il n’aurait pas besoin d’en parler. Ça n’empêchait pas le fait qu’il s’en serait bien passé ; si seulement leur relation était restée au stade de la découverte et des chipotages sans importance… bon, ils se seraient peut-être lassés de jouer à un moment, mais ça aurait été tellement plus simple pour eux deux. Pas besoin d’avouer quoi que ce soit, aucune obligation l’un envers l’autre, il suffisait juste de faire semblant. Le destin était plutôt farceur, déjà que ses amis se demandaient comment deux personnages comme eux pouvaient se côtoyer…

- J’ai tout mon temps… Et tu sais que j’ai aucun scrupule à virer des gens de leur propre chambre donc je vais rester un peu oui.
- J’ai cru voir ça…
Il sourit avec son air un peu cynique habituel. Il imaginait bien ses camarades de chambre, assis comme des malheureux dans la salle commune, en train de faire des paris sur ce qui était en train de se passer dans la chambre tout en alimentant les vieux ragots sur la jeune femme et ses aventures… Mais mieux valait qu’ils ne cherchent pas trop, ils risquaient de se traumatiser tout seuls s’ils allaient chercher un peu trop loin. Ils allèrent s’asseoir sur son lit, et il fut un peu soulagé tant il avait l’impression qu’il allait soit se casser la gueule, soit décoller du sol. Dans les deux cas, il aurait eu l’air plutôt stupide. La caresse de la jeune femme sur sa main le détendait un peu.

- Ecoute… Je sais que je t’ai fait du mal et, tu vas pas m’entendre dire ça souvent alors inscris-le bien dans ta mémoire. Je m’excuse sincèrement.
- Excuses acceptées. Tu avais tes raisons de craquer… Et puis, on fait tous des erreurs.
Il fallait prendre ça comme une remarque sympathique. Il était content qu’elle accepte avoir fait une bourde envers lui, qu’elle prenne sur elle le fait qu’il se soit senti blessé. Certes, il ne l’aidait pas à ne pas s’en vouloir à elle-même, mais lui aussi avait des choses à se reprocher, pas forcément par rapport à elle d’ailleurs. Chacun devait assumer ses propres erreurs, c’était la partie chiante du deal… Et puis il ne mentait pas. Si parfois il se laissait aller à des sentiments assez vifs, comme tout être humain qui se respecte, il prenait toujours du recul sur ce qu’on lui disait, même les remarques les plus acerbes, afin d’y trouver le vrai et le fondé. Elle avait dit beaucoup de choses un peu trop justes qui méritaient d’être soulevées, donc il y avait une certaine limite à ses torts. Il rendit sa caresse, tandis qu’elle passait rapidement à autre chose, sans doute pour ne pas s’enfoncer trop.

- Maintenant je t’écoute… Je suppose que tu as envie de parler de certaines choses en particulier…
Ça, ce n’était pas juste. Elle le laissait ouvrir le bal des choses qui fâchent ; certes, il avait émis l’idée comme quoi c’était important, mais ce n’était pas pour ça qu’il avait envie de commencer. Le pire, c’est qu’il n’avait pas vraiment le choix. Il serra imperceptiblement son poing libre et se tendit un peu. La confrontation, l’explication, ça lui faisait presque peur… une sensation un peu lourde pour quelqu’un qui avait toujours refusé de reculer devant quoi que ce soit. Julian s’approcha soudainement de lui et déposa un baiser sur ses lèvres. Un baiser calme, presque comme une invitation à les ouvrir, ses lèvres, et pas pour s’enfoncer les langues au fond du gosier… C’était plutôt bien tenté. Il sourit et l’embrassa en retour. Il ne s’y était pas vraiment habitué, à leurs baisers, vu que jusque-là ça s’était limité à leurs bêtises dans la salle des sentiments… mais il risquait d’y prendre goût si elle le cherchait. Après un silence, il finit par regarder un peu ailleurs pour chercher ses mots sans avoir la pression de son regard.

- Envie… ce n’est pas vraiment le mot. Je n’ai même pas réussi à tout dire à mon père et Emeric - Emeric, c’est mon grand frère… Ils auraient pu comprendre, là n’est pas la question, mais c’est tellement complexe que même moi, j’ai du mal à mettre des mots dessus. On a tous vécu la chose à notre manière et j’ai moyennement envie que ça mène à de la casse.
Il avait relativement bien amorti la problématique… non, il n’arrivait pas à parler, il avait peur que ce soit encore trop frais et électrique pour que ça ne soit pas sans conséquences, mais quelque part il le fallait. Il fallait qu’il lui explique le pourquoi du comment, qu’il lui montre qu’il n’était pas qu’un menteur. C’était exactement ça : il avait besoin de se justifier. Non pas parce qu’elle avait trouvé ses comportements en tant que pro-Supérieurs odieux, mais parce qu’elle n’avait pas apprécié qu’il ait menti au monde entier, ça changeait de ce à quoi il avait droit avec les autres… En tout cas, il ne voulait pas qu’elle lui en veuille encore pour ça. Ce serait trop bête.

- On peut commencer par le début, cela dit. La dernière fois, j’ai peut-être été un peu violent… mais c’est un fait, je t’ai menti et tu m’en veux pour ça, ce que je peux tout à fait comprendre. Mais j’ai menti à tout le château. Très peu de gens étaient au courant que je ne partageais pas les idéaux des Supérieurs, je n’étais même pas toujours consentant… Mais si un Supérieur était au courant - toi comprise -, j’étais mort.
Et ça, il n’en démordrait pas ; à l’époque où ils s’étaient rencontrés, elle n’aurait pas hésité bien longtemps avant de le balancer, et il ne serait peut-être même plus là pour lui expliquer pourquoi il avait fait ça. Il fallait qu’elle comprenne que si maintenant il acceptait de tout lui dire, ça n’aurait pas été envisageable avant qu’elle ne sache pour son sang. Certes, ça ne l’avait pas empêché de s’approcher un peu trop d’elle, mais ça, c’était la partie qu’il assumait pleinement ; si les choses n’avaient pas changé, si la libération n’avait pas eu lieu, il serait encore en train de lui mentir, un point c’est tout.

- J’ai menti parce qu’en tant que sang-mêlé, je n’avais aucune chance de m’en sortir sans bleus. Des amis l’avaient compris pour moi lors de la prise de pouvoir, d’ailleurs… Il balaya rapidement cette idée de la discussion, peu désireux de parler de ça. Bref. Toi, tu as pu te protéger avec ton statut de sang-pure jusqu’au bout. Moi, j’ai dû me laisser rabaisser pendant deux longues années pour qu’on oublie que ma mère et ma sœur étaient moldues. On fait avec ce qu’on a.
Les raisons ? Ça lui avait permis d’avoir une certaine marge de manœuvre, une liberté de mouvements et une stabilité dans sa position qu’il n’aurait jamais eue sinon… mais surtout, ça lui avait évité de se faire cracher dessus et torturer parce qu’il était un peu trop capable de nuire à la cause. Ça, il n’avait pas réellement envie de lui expliquer. C’était trop personnel, trop subjectif pour qu’elle puisse tout à fait comprendre. Il ne l’avait pas non plus dit à son père, c’était pour dire comme ça le tracassait… Il lui lança un regard silencieux avant de continuer - en lui renvoyant un peu la balle, parce qu’il n’aimait pas trop parler tout seul.

- Je ne sais pas où tu en es dans tes convictions par rapport au sang, mais pour ma part, je n’ai jamais considéré les sang-purs comme supérieurs. Je ne veux pas dire qu’ils sont pires non plus, je respecte Rivers autant que j’irais respecter tes parents, par exemple, mais le sang n’influe ni sur la qualité de sorcier, ni sur l’intelligence, ni sur quoi que ce soit d’ailleurs. C’est ce que j’essayais de te dire la dernière fois…
Il regardait leurs deux mains. Est-ce qu’elle allait accepter ce qu’il disait, cette fois-ci ? C’est ce qu’il espérait. Il avait besoin qu’on le comprenne, qu’on lui dise qu’il avait eu raison de se protéger même s’il avait dû se comporter comme eux pour cela. Il se fichait de passer pour un égoïste, mais ça le chagrinait qu’on imagine qu’il ait vraiment été de ces cons-là… Et ça, il n’irait pas le cacher à Julian, même si elle-même avait été l'une d'entre eux.
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Mer 13 Nov 2013 - 14:13

De l’audace. Les gens ne cessaient de répéter à Julian qu’elle était une fille audacieuse, parfois même trop. Ils avaient comme l’impression que rien ne pouvait l’arrêter, qu’elle était une véritable tornade, capable de tout, capable de s’illustrer dans n’importe quelle situation sans se préoccuper de ce qui en découlerait. Oui la rousse était audacieuse et pourtant, ce jour-là, elle avait du puiser dans ces ressources pour prononcer de simples mots. Si elle avait fait la fière en expliquant à Jeroen qu’elle se fichait que ses camarades restent sur le palier, ça avait été plus dur de s’excuser. Pour la première fois peut être, elle avait été réellement courageuse. Si Ju’ avait été si audacieuse auparavant c’était bel et bien car elle se pensait intouchable. Elle avait toujours cru que rien ne pouvait lui arriver grâce à son statut de sang, grâce à sa famille. Elle s’était toujours sentie comme au-dessus des lois et c’était bien pour cela qu’elle s’était permis de faire tant de choses. Mais là c’était différent. Elle n’était plus protégée. En se dévoilant à Jer’, elle n’avait aucune protection, aucun filet de sécurité. Elle pouvait très bien s’écrouler sans préavis, tomber la tête la première sans que personne ne la rattrape. Oui, là elle avait du être courageuse et ravaler cette putain de fierté qui avait réussi à lui empoisonner la vie. Mais le jeu en valait la chandelle. Alors qu’elle venait de se relever, de s’excuser et qu’elle craignait la réaction du jeune home, celui-ci se contenta d’accepter ses excuses. Alors oui bien sûr, il sous-entendit qu’elle avait fait des erreurs mais elle ne pouvait pas le nier. Si Julian n’était pas du genre à avoir des regrets, elle devait bien avouer que ce jour-là elle s’était comportée comme une salope. Elle avait clairement proposé à Jer’ de coucher avec elle pour qu’elle oublie alors que lui était en train de s’ouvrir. Elle avait poussé le jeu trop loin. Mais oui, elle avait des circonstances atténuantes. Son monde venait de s’écrouler, elle avait cru ne plus jamais pouvoir marcher la tête haute, elle avait cru qu’elle allait passer le reste de sa vie enfermée à chercher son identité. Pire, elle s’était même demandé à un moment si cela valait la peine qu’elle s’envisage un avenir… Toutes ces idées avaient été bien présentes dans son esprit et elle n’oublierait jamais. Non elle n’oublierait jamais que ce jour-là, elle avait faillit renoncer…

Mais maintenant tout était différent. Julian croyait qu’un nouveau départ était possible. Elle ne savait pas comment, elle ne savait pas si elle s’en sortirait indemne mais elle avait envie de tenter le coup. Alors elle avait entraîné Jeroen s’asseoir et elle lui avait proposé de se lancer, d’exprimer ce qu’il avait sur le cœur. C’était assez effrayant. Elle avait peur de ce qu’il allait pouvoir révéler, de ce qu’il allait pouvoir lui reprocher… Elle n’était pas vraiment habituée à être confrontée à la vérité de la sorte et cela l’angoissait légèrement. Alors oui, elle s’était accordée un petit moment de répit par le biais d’un simple baiser et avait été particulièrement heureuse qu’il le lui rende. Mais cela ne pouvait pas durer éternellement. Il était temps de lâcher les vannes. Mais apparemment Jeroen était lui aussi loin d’être à l’aise. Il n’avait pas particulièrement envie de se livrer mais s’il avait lui aussi tout à fait conscience qu’au point où ils en étaient c’était plus que nécessaire. Il se lança donc mais de manière plus que flou. Bien, au moins Ju’ venait d’apprendre qu’il avait un frère… Elle ne fit cependant aucune remarque et attendit. Il était hésitant et si elle se mettait à l’interrompre toutes les trente secondes il aurait sans doute encore plus de mal à s’exprimer. Il finit par entrer dans le vif du sujet, le mensonge. Il lui expliqua alors que tout le monde était dans l’erreur sur son compte et que c’était le seul moyen pour lui de rester en vie. Julian détourna alors le regard. C’était encore trop frais. C’était dur d’encaisser. Que dire ? Qu’elle l’aurait effectivement dénoncé au tout début, sans aucun scrupule ? Qu’elle faisait partie de ces tortionnaires et qu’elle l’avait revendiqué haut et fort jusqu’à maintenant et que oui, elle avait voulu massacrer les gens dans son genre ? Elle resta silencieuse et attendit. Pendant ce temps, le Serpentard déroulait le fil de sa pensée. Sa mère et sa sœur des moldues… Nouvelle information. Si cela ne faisait qu’aggraver le trouble que la jeune femme ressentait au moins cela lui permettait de comprendre. Oui, s’il aimait sa famille comme elle avait aimé la sienne, il aurait sans doute tout fait pour la protéger. Et oui, il aurait été traqué, torturé si cela avait continué à se savoir. La rousse devait bien l’admettre, il avait fait le bon choix pour sa survie, il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus. Mais elle avait encore besoin de temps pour envisager tout ça avec objectivité. Le problème, c’était qu’elle manquait cruellement de temps. Jeroen en arriva au moment fatidique. Il lui demanda où elle en était, il lui expliqua qu’il avait voulu lui faire comprendre que le statut de sang n’était rien à ses yeux. Et il lui renvoya la balle. Silence.

« Je sais pas où j’en suis. »

Le silence qu’il y eut entre les paroles de Jeroen et celles de Julian lui avait paru être extrêmement longue. La jeune femme avait alors lutté pour retrouver ses esprits, pour essayer de ne sortir rien qu’un son. Elle avait fini par lâcher quelques mots qui résumaient plutôt bien la situation. Elle ne savait vraiment pas où elle en était, elle ne savait pas ce en quoi elle croyait, ce qu’elle considérait comme juste. Sa notion du bien et du mal était comme éteinte. La seule chose à laquelle elle pouvait se raccrocher c’était cette main de Jeroen dans la sienne, ce contact qui la faisait se sentir vivante pour la première fois depuis quelques mois. Mais était-ce suffisant ? La rousse avait toujours le regard dans le vide, elle avait d’ailleurs l’impression de contempler son esprit. Complètement vide, comme si aucune idée ne lui venait, comme si elle était incapable d’exprimer quoi que ce soit, de mettre des mots sur ce qui n’était encore qu’n flou artistique. Pourtant, elle le devait. C’était le deal. Ils devaient parler, ils devaient s’exprimer au moins une fois.

« Je ne sais plus en quoi je crois… Tu as peut être raison mais je n’arrive pas à tout remettre en cause… Enfin, je ne sais pas si je crois encore au Statut du Sang maintenant que je sais ce que je suis. Parce que mon orgueil en prendrait un sacré coup. Est-ce que je n’ai suivi cette cause que parce que ça me flattait ? Est-ce que j’y crois réellement ? J’ai été une vraie salope, j’ai fait souffrir des gens. Je n’ai jamais torturé physiquement mais crois moi, j’ai détruit l’esprit de beaucoup de monde et toi… Toi tu fais partie de ceux que j’aurais très bien pu écraser sans la moindre pitié. »

Si Julian était perdue, elle restait lucide sur certaines choses. Non, elle ne pouvait décemment pas nier qu’elle avait été un véritable monstre et que beaucoup de gens devaient avoir envie de la passer à la casserole. Après tout, si elle avait subi tout ça, sa vengeance aurait été sournoise et terrible. Alors oui, ça elle voulait bien l’admettre. Mais le reste… Le reste elle ne savait pas. Elle avait besoin de plus de temps mais ça l’effrayait. Que penserait Jeroen ? Accepterait-il qu’elle reste près de lui alors qu’elle n’était même pas sûr de revenir sur son mode de pensées ? Alors qu’elle était peut être encore ce monstre en puissance prêt à massacrer pour arriver à ses fins ? Allez Julian, il est encore temps de faire preuve de courage… La demoiselle releva alors la tête et posa de nouveau son regard dans celui de son camarade. Oui, elle devait tenter le tout pour le tout et arrêter de se cacher. Cela ne servait plus à rien. Jeroen en savait déjà tellement sur elle, elle était allée trop loin, elle ne pouvait plus revenir en arrière.

« Peut être que le fait que je sois là avec toi signifie que j’ai changé, que je suis prête à revoir mes principes. J’en sais rien. Mais en tout cas, j’ai jamais autant souffert, je ne me suis jamais sentie aussi faible. J’ai cru mourir Jer’, j’ai cru devoir lâcher prise. J’ai cru que ça vaudrait mieux que j’arrête de vivre… J’ai besoin de temps pour remettre de l’ordre. Et…. J’ai besoin d’aide. »

Ricardo aurait sans doute applaudi en l’entendant dire un truc pareil. Enfin elle l’avouait, qu’elle n’était pas une super-héroïne, que seule elle ne pouvait pas mener tous les combats et que pour avancer, elle avait besoin de soutien. Mais pas de n’importe quel soutien, elle le savait.

« Et… Je veux que ce soit toi qui m’aides. Mais ne t’attends pas à ce que je devienne douce, tolérante et peace and love du jour au lendemain. Je suis encore Julian, même si j’ai pris un sacré coup sur la tête. »

Julian se sentait mal à l’aise. Elle en avait marre de parler de ses faiblesses. Elle voulait que cette discussion se termine et qu’elle n’ait plus jamais à se montrer sous un jour aussi pitoyable. Mais pour avancer elle devait en passer par là même si cela la rendait à moitié malade. Elle n’avait plus qu’à prier pour que Jeroen accepte de passer à autre chose, qu’il accepte de l’aider sans pour autant lui rappeler sans cesse qu’elle était plus fragile que jamais. Instinctivement, elle resserra la main de Jeroen. Oui elle avait peur qu’il prenne la fuite. Et merde, oui elle dépendait de lui, aussi triste que ce soit pour elle d’avouer un truc pareil.
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Sam 14 Déc 2013 - 17:54

Passage obligé, après tout ce qui s’était passé, ils ne pouvaient pas créer une relation digne de ce nom avec des non-dits de la taille d’un dégoût profond et passager. Le serpentard savait où il en était, et il savait qu’aujourd’hui, il ne serait plus capable de côtoyer des gens qui le détestaient parce qu’il était sang-mêlé ou qui lui en voulaient pour telle ou telle raison, fondée ou non. Il avait trop mal vécu cette étape de sa vie où toutes ses relations s’étaient basées sur des mensonges et une soumission à des idéaux qu’il méprisait. Aujourd’hui, il n’était plus capable d’y faire face. Extérieurement, il n’en laissait rien paraître : il laissait couler les remarques et les regards en se cachant derrière ses bonnes raisons, avait l’air d’assumer tout ce qu’il avait fait, mais son égo était chaque fois mis à rude épreuve. Il n’était pas le salaud, il n’était pas le monstre, il n’était pas non plus un héros mais il était mieux que ça ! Certes, il avait moins de blessures que les autres, il n’avait perdu personne, mais se faire traiter de moins que rien parce qu’il n’avait tué aucun proche par son inconscience était vraiment dur. D’autant qu’il avait souffert au même titre que tous les autres, et sa famille aussi, indépendamment de ce qui s’était passé ici. Ils étaient isolés en plein cœur de Londres parce que son père avait aimé une moldue… lorsqu’il avait appris ça, ça l’avait secoué, mais son père lui avait clairement fait comprendre qu’il gérait la situation et que son jeune fils devait d’abord s’occuper de terminer ses études. Il devait se protéger avant de s’inquiéter pour tout le monde… fuir s’il leur arrivait quelque chose… Sa vie était censée se résumer à fuir à présent. Il avait perdu jusqu’au droit de se battre en promettant à son père, et ces couillons qui pensaient qu’il allait les tuer quand ils auraient le dos tourné…

Mais il y avait Julian. Il avait cru la perdre, elle. Il avait cru, avec cette lettre d’adieu, qu’il se retrouverait seul avec son chagrin d’amour tout nul en revenant et bon sang, l’avoir revue dans les couloirs ne l’avait pas aidé à penser clairement. Mais aujourd’hui tout était différent. Aujourd’hui, il pouvait effacer tout ce qui n’allait pas dans sa vie personnelle et remettre les compteurs à zéro sans prendre trop de risques - il aurait plutôt fallu dire qu’il s’en foutait, en fait… Comme prévu, parler ne le soulageait pas ; il détestait l’idée de s’ouvrir comme un livre plein de secrets qu’il n’avait pas enfouis sans raisons mais… elle l’écoutait. Sans l’interrompre, silencieusement, le regard un peu gêné, elle l’écoutait parler. Ça lui permettait, au moins, d’apprendre de nombreuses choses sur ce gars sur qui elle avait compté sans vraiment le connaitre, et contre toute attente, elle n’était toujours pas partie en le traitant de sang impur. Au fond d’elle, elle n’était plus aussi sûre de la pureté du sang et c’était tant mieux : elle arrêterait de penser à travers le prisme des croyances stupides liées au sang, se permettant ainsi de s’aimer comme elle était - et de l’aimer lui, hé, ce n’était pas négligeable ! Le silence qui suivit lui sembla long, long…

- Je sais pas où j’en suis.
Il caressa doucement sa main. Dans sa petite tête rousse, c’était aussi flou que la dernière fois, mais elle n’avait plus cette volonté un peu folle de fuir la réalité et c’était un bon début. Elle aussi devait parler, dire ce qu’il en était, dire où elle en était à présent pour qu’il sache, mais elle non plus n’avait pas envie de le faire. Tout cela n’avait pas de sens pour elle, son esprit était perdu… Il en avait besoin lui aussi. Mais bon : vivement qu’ils n’aient plus rien à se dire.

- Je ne sais plus en quoi je crois… Tu as peut être raison mais je n’arrive pas à tout remettre en cause… Enfin, je ne sais pas si je crois encore au Statut du Sang maintenant que je sais ce que je suis. Parce que mon orgueil en prendrait un sacré coup. Est-ce que je n’ai suivi cette cause que parce que ça me flattait ? Est-ce que j’y crois réellement ? J’ai été une vraie salope, j’ai fait souffrir des gens. Je n’ai jamais torturé physiquement mais crois-moi, j’ai détruit l’esprit de beaucoup de monde et toi… Toi tu fais partie de ceux que j’aurais très bien pu écraser sans la moindre pitié.
- Je sais. Et j’aurais riposté sans me retenir... je n’ai pas été un ange non plus, j’ai peut-être même fait plus de mal aux autres que toi juste en collaborant. Mais on n’a plus besoin de se battre maintenant, et le sang… il faut juste cesser d’y penser. Sois celle que tu veux être et c’est tout.
Niveau violence, ils auraient pu se faire beaucoup, beaucoup de mal s’ils n’avaient pas autant apprécié jouer ensemble dès le départ… Ça s’était joué à si peu de choses. D’ailleurs, il lui aurait certainement fait plus de mal que l’inverse ; il l’avait bien abordée avec l’idée de la manipuler à ses fins, et vu qu’il baignait dans la violence, il n’aurait pas hésité à faire ce qu’il fallait pour l’empêcher de lui nuire… non mais c’était quoi ces idées horribles ? Ils auraient pu se tuer, d’accord, mais aujourd’hui, la donne avait changé. Ils n’avaient plus de raisons de se battre, il voulait seulement être avec elle et arrêter de penser à toutes ces choses qui lui minaient le moral. Il n’allait pas la laisser tomber parce qu’elle avouait qu’elle l’aurait « écrasé » si elle avait su pour sa famille ; il aurait trop de gens à haïr, et il préférait concentrer sa haine sur quelques spécimens bien connus lâchés dans la nature au lieu de courir en brandissant des mauvais sorts après n’importe qui.

- Peut-être que le fait que je sois là avec toi signifie que j’ai changé, que je suis prête à revoir mes principes. J’en sais rien. Mais en tout cas, j’ai jamais autant souffert, je ne me suis jamais sentie aussi faible. J’ai cru mourir Jer’, j’ai cru devoir lâcher prise. J’ai cru que ça vaudrait mieux que j’arrête de vivre… J’ai besoin de temps pour remettre de l’ordre. Et… J’ai besoin d’aide. Et… Je veux que ce soit toi qui m’aides. Mais ne t’attends pas à ce que je devienne douce, tolérante et peace and love du jour au lendemain. Je suis encore Julian, même si j’ai pris un sacré coup sur la tête.
Il sourit à sa dernière remarque. Un sacré coup à la tête ? Effectivement, prétendre qu’il était possible, dans un avenir hypothétique, qu’elle devienne douce, tolérante et peace and love… ça, c’était du délire. C’était très amusant de l’imaginer comme ça. Il l’attira contre lui et l’embrassa doucement sur le front. Elle avait dû se forcer pour arriver à avouer qu’elle avait besoin d’aide… Il ne lui en demandait pas plus. Il avait compris, elle n’avait pas besoin de ranger encore son orgueil au placard pour dire ça. Pour lui, ils avaient déjà bien assez parlé. Il prit son visage entre ses mains et plongea ses yeux sans les siens.

- Julian, tu n’es pas un monstre. On a tous fait du mal, on s’est tous perdus dans cette bataille, mais maintenant c’est terminé. Tu es en vie et tu n’es pas seule. Tes parents t’aiment plus que les autres t’auraient aimée, tu as des amis qui comptent sur toi, c’est tout ce qui compte, et du temps pour t’y faire et reprendre pied, ce n’est pas ce qui manque ici. Et puis… je t’aime comme tu es, gamine, râleuse, imbue d’elle-même et franchement tête de mule. Ne change pas, et tant que tu n’auras pas de nouveau envie de te débarrasser de moi, je serai là.
Il l’embrassa avec douceur, les yeux fermés. Là, maintenant, il voulait juste être avec elle, la protéger, la tenir contre lui. Il lui semblait qu’il ressentait ce que son père avait ressenti pour sa mère pour avoir vécu avec elle pendant des années… Quelque chose qu’il ne cernait pas mais qui lui semblait tellement important qu’il ne voulait pas le perdre à nouveau…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Dim 5 Jan 2014 - 13:39

Être celle qu’elle voulait être… Cela lui semblait évident en un sens. Julian avait toujours prétendu être très indépendante d’esprit, agir comme elle le souhaitait, se moquer des codes et de ce que les autres pouvaient bien penser. Mais alors que Jeroen lui disait d’oublier toutes ces histoires de sang et qu’il l’invitait à laisser parler celle enfoui au fond d’elle, elle se demandait si elle ne s’était pas en partie fourvoyait face à sa pseudo affirmation de soi. Certes la jeune femme dynamique, sûre d’elle, aimant la taquinerie et l’art du verbe c’était bien sa vraie personnalité mais n’y avait-il pas des failles dans cette image qu’elle n’avait cessé de renvoyer d’elle-même ? Etait-elle vraiment cette fille hautaine prête à écraser tout le monde sur son passage ? Maintenant qu’elle n’avait plus le sang de son côté, alors que ce qui la définissait comme au-dessus du lot s’était effrité sous ses yeux, était-elle toujours aussi sûr de pouvoir marcher sur chacun de ses adversaires ? Une partie de sa personnalité était remise en cause par tout ça et c’était sans doute en cela que son camarade avait raison. En oubliant les statuts de sang, elle pouvait peut être nettoyer certaines parties d‘elle-même pour les rendre plus authentiques… Mais c’était encore une fois plus facile à dire qu’à faire. Alors bien sûr, lorsqu’elle sentait Jer’ la prendre ainsi dans ses bras, alors qu’il déposait tendrement ses lèvres sur son front, elle avait l’impression d’avoir une force surhumaine. C’était sans doute idiot, cliché et elle ne l’avouerait jamais à voix haute mais une chose était sûre, elle se sentait plus forte avec lui. Pourtant, elle n’était pas pour autant dénuée de tous doutes. Elle avait encore peur de lâcher prise. Elle voulait croire en ce renouveau. Elle voulait croire qu’en restant la Julian qu’elle avait toujours été, elle pourrait modifier juste certains détails et recommencer une nouvelle vie. C’était son objectif et elle ferait tout pour y parvenir. Cet été avait été une véritable misère. Elle avait honte de l’état dans lequel Ricardo l’avait trouvée, elle avait honte de n’avoir su tenir tête, elle avait honte d’avoir ainsi lâché prise. Sans penser à régler tous ses problèmes dès maintenant, elle voulait relever la tête. Elle ne pensait pas encore à pardonner à ses parents, à leur parler. Elle ne pensait pas encore à faire des recherches sur sa véritable famille. Mais elle voulait avancer en sachant tout ça. La rousse voulait vivre c’était une chose certaine, non, elle n’avait pas envie de disparaitre, d’être encore plus lâche qu’elle ne l’avait été jusque là car pour elle le suicide était un abandon. Elle était prête à se battre, seulement s’il ne prenait pas la fuite.

Et apparemment, il n’était pas prêt à prendre la fuite. Julian s’était laissé faire alors qu’il venait de prendre son visage entre ses mains. Le regarder dans les yeux… Ce n’était pas forcément évident. Après tout ce qu’elle lui avait fait, plonger son regard dans le sien, voir le mal qu’elle avait pu faire et le pardon qui se dessinait dans son esprit. Et puis, il était clairement en train de jouer avec son pauvre petit myocarde qui allait bientôt finir par lâcher. Affirmer qu’elle n’était pas un monstre c’était déjà une chose que peu de gens seraient capables de faire. Mais en plus, dire qu’il l’aimait… Oui c’était clairement ce qu’il venait de dire, même si c’était une grosse chieuse, même si elle lui avait fait du mal et qu’elle risquait encore de le faire à cause de son fichu caractère… Il tenait bon. Et cette promesse… Cette promesse qu’il resterait à ses côtés tant qu’elle le voudrait. Que pouvait-elle demander de plus ? Après le cauchemar elle avait comme l’impression que tout ce qu’elle espérait, tout ce qui pouvait lui permettre de prendre une grande bouffée d’air. Jeroen était clairement en train de la rendre dingue, de perturber ses plans et de lui faire croire à tout ce qu’elle avait toujours rejeté. Et le pire dans tout ça, c’était qu’elle n’avait qu’une seule envie, se laisser porter et pour une fois, dire merde à sa fierté. Alors lorsque le jeune homme décida de l’embrasser, elle décida de s’abandonner. Au début, elle se contenta de répondre à ce baiser qui était doux, agréable. Mais bientôt, elle se fit plus fougueuse parce que son cœur s’était emballé, parce que ce qu’il venait de dire avait un impact tout particulier sur elle qu’elle était tout à fait incapable de nier. Elle se recula ensuite finalement, fixant Jer’, essayant de reprendre son calme. C’était le bordel dans sa tête mais pour la première fois, c’était bien plus agréable que le bordel qu’elle avait connu jusque là.

« J’espère que ta patience sera récompensée… J’vais faire de mon mieux pour être la salope la plus cool du Château et crois moi, ce n’est pas si facile que ça ! »

Julian adressa alors un sourire en coin à Jeroen. A défaut d’avoir tout remis en ordre dans sa tête et d’être sûre de ce que l’avenir lui réservait, une chose était sûre, elle avait envie de décompresser avec lui. Ils avaient réussi à régler une partie de leurs problèmes, ils auraient sans doute encore besoin de discuter pendant un moment, de revoir certaines choses. Mais Julian avait la sensation que le plus gros était derrière eux et qu’ils pouvaient se permettre de rire un peu, de partager un moment de complicité à leur façon. La rousse pensa alors trente secondes aux camarades du Serpentard qui se trouvaient encore et toujours à la porte de leur dortoir. Son envie de jouer n’en fut qu’accentuée. Oui elle était en forme, elle avait envie de faire sa sale gosse. Elle avait été trop sérieuse, la situation avait été trop mélodramatique et elle avait du mal à accepter ce genre de choses pendant très longtemps. Oui, elle voulait passer à autre chose et faire en sorte que ses retrouvailles avec Jeroen ressemblent au reste de leur relation : un jeu, sincère certes, mais toujours plein de rebondissements et de taquineries. Julian était en train de changer mais Julian resterait une sale gosse, ça elle pouvait sans peine le promettre à Jer’. Elle déposa alors quelques baisers dans le cou du jeune homme avant d’aller murmurer quelques mots à son oreille.

« On est pas faits pour être sérieux. On a atteint notre quota et j’ai très envie de redevenir la gamine capricieuse que tu aimes tant que ça… Embrasse moi. »

Julian recula alors et s’assit en d’ailleurs sur le lit du jeune homme (après avoir retiré rapidement ses chaussures, un peu de respect quand même :face: ). Penchant alors légèrement la tête sur le côté, elle lui adressa un petit sourire. Elle avait presque l’air d’une petite fille sage qui ne cherchait qu’un peu d’affection. Presque…
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Sam 11 Jan 2014 - 2:55

Julian, c’était tout un personnage au fond. Elle allait et venait entre deux idées. S’il ne voyait pas cette apparente complexité comme un défi à relever, il n’aurait pas réussi à comprendre son cheminement de pensée présent. Il n’était pas d’accord avec les idéaux sur la pureté du sang, mais il savait que c’était culturel. Si ses parents avaient adopté une sang-de-bourbe, ils ne lui en avaient pas moins transmis des valeurs de fierté du sang. Dans des familles moins… non, on ne pouvait même pas dire qu’ils étaient moins bien lotis chez les Van Saade… mais leurs valeurs étaient davantage tournées vers le respect et le haut rang atteint grâce aux efforts fournis tout au long de leurs vies. Ce genre d’héritage censé et presque infaillible pourvu qu’on s’y prenne bien était difficile à remettre en cause. Pas les idées de pureté du sang. Il avait suffi que Julian se souvienne vaguement de quelque chose qui n’était pas à sa place dans sa vie pour que toutes ces idées s’effondrent, signe que ça n’aurait tenu éternellement de toute manière. Il n’avait pas honte de ses origines auprès d’elle parce que la verte était bien plus intelligente que ça. Ils se ressemblaient. Même fierté, même besoin d’être apprécié et accepté… même situation merdique actuellement… Ils allaient bien ensemble finalement. On n’aurait pas cru, mais tant qu’ils restaient dans l’idée de ne pas prendre leur relation trop au sérieux, le tandem pouvait avoir l’air presque évident. Bon, il fallait être au courant évidemment, et peu l’étaient dans ce château. Par contre, les ragots risquaient de vite tourner maintenant...

Mais ça courrait déjà tellement sur leur compte à tous les deux, qu’ils n’avaient pas grand-chose à perdre à se faire voir ensemble. Comme il n’arrêtait pas de lui répéter pour la calmer, ils avaient tous fait des choses qu’ils regrettaient et parce qu’ils avaient choisi, chacun à leur façon, le camp qui perdait toujours à la fin, ils souffraient aujourd’hui du regard des autres. Ils le méritaient, hein, quoiqu’elle eut été moins consciente que lui de ce qu’elle faisait… mais ça n’en était pas moins difficile à vivre. A deux, égo contre égo, ça donnait une équipe qui pouvait peut-être faire face avec un peu moins de difficultés. Il l’aiderait à accepter les révélations qui avaient mis à mal ses croyances profondes. Elle, en retour, serait son petit ilot isolé, son échappatoire à tout ce merdier. Son court-circuit pour qu’il s’oblige, de temps à autre, à être en accord avec lui-même et avec cette envie profonde de ne plus avoir l’impression d’être isolé et à la dérive. Lâcher prise, avec elle, n’avait globalement apporté que du bon à sa vie, si on met de côté la déprime de cet été, qu’il avait somme toute bien réprimée grâce à sa famille… Et tout comme son père n’avait jamais éprouvé aucune honte à montrer qu’il aimait sa femme et ses enfants, il pouvait se permettre d’appartenir en partie à quelqu’un. D’être simplement amoureux.

Une minute. Il avait… oh oui mon Dieu. Il l’avait dit. Ces mots tout moisis, suant la niaiserie et la guimauve, et il les avait dits sans un trémolo dans la voix, sans une once d’hésitation. Ça passait presque pour quelque chose de naturel, d’automatique, placé en plein milieu de sa phrase comme un nez au milieu d’un visage, alors que la dernière fois qu’il avait dit ça, allez, ça devait être au moins cinq ans en arrière avec sa mère… Contre toute attente, il sentit ses oreilles chauffer un peu. Petite chose faible, tu as cédé au mal. Elle ne fit pas de remarques, mais ce n’était pas possible qu’elle ne l’ait pas remarqué. Il retombait à l’état d’adolescent en plein émoi, gêné de se dévoiler mais en même temps surexcité. C’est tellement bidon… Le baiser de plus en plus fougueux auquel il eut droit comme réponse n’était pas pour l’aider, mais il put au moins prendre le temps de récupérer sa contenance. Enfin, c’était vite dit. Le sourire un peu couillon, ce n’était pas très cohérent avec son désir d’avoir l’air calme et détaché.

- J’espère que ta patience sera récompensée… J’vais faire de mon mieux pour être la salope la plus cool du Château et crois-moi, ce n’est pas si facile que ça !
- J’ai le droit d’être possessif quand même ? Je pourrais être jaloux si je n’ai pas le droit de te garder pour moi.

Il disait ça sur le ton de la rigolade bien entendu… mais au fond, c’était un de ses petits désirs. Il était déjà peu porté sur la sentimentalité et les aventures, au départ, alors il ne savait pas trop comment réagir face à une fille au passif si… chargé dirons-nous. Et c’était vrai qu’il avait senti poindre une pointe de jalousie grosse comme un cure-dents planté dans le pied lorsqu’il avait entendu parler de ses petites histoires, après leur entrevue chaleureuse dans la salle des sentiments… Il ne l’avait jamais vue comme un trophée, contrairement aux gars qui rêvaient d’apparaître sur sa longue liste juste pour la notoriété que ça pouvait conférer. Mais la fierté, tout ça... c’est triste d’être un mec parmi tant d’autres. Il savait qu’il était plus que ça pour elle, aucun doute là-dessus, mais savoir qu’elle resterait toute à lui, ce serait… le petit truc en plus qui effacerait ses dernières appréhensions. Et Julian, avec son petit sourire, était en train de lui vider littéralement l’esprit. Elle l’embrassa dans le cou avant de lui murmurer à l’oreille :

- On est pas faits pour être sérieux. On a atteint notre quota et j’ai très envie de redevenir la gamine capricieuse que tu aimes tant que ça… Embrasse-moi.
- J’attendais que tu dises ça. Ça devenait un peu long.

Bon, pour passer d’un extrême à l’autre, ils avaient été rapides, mais il valait mieux ne pas s’appesantir sur des questions existentielles, au risque de basculer de nouveau dans une conversation longue et désagréable. Comme elle le disait si bien, ils n’étaient pas faits pour se prendre la tête, déjà que seuls dans leur coin ça frôlait l’ébullition… Mieux valait ôter la casserole de lait avant que ça ne menace à nouveau de déborder, ils avaient bien le temps pour s’occuper du reste. La jeune femme recula sur son lit et lui servit son petit sourire de petite fille sage qui signifiait absolument l’inverse. Ooh la mauvaise idée. Ses camarades de chambrée étaient à la porte, soit en train de s’énerver sur leur camarade, soit en train d’écouter ce qui pouvait bien se tramer entre les deux spécimens, et elle, à quoi pensait-elle encore… Il s’approcha d’elle et se pencha pour l’embrasser. Ah bah oui, il ne se retendrait quand même pas de l’embrasser non plus, il n’en avait pas envie et ça n’avait pas trop de conséquences. Sa seule appréhension, c’était qu’un de ses camarades ouvre le porte alors qu’ils étaient en train de s’embrasser langoureusement dans une position suggestive et…

- On risque d’avoir des emmerdes. Tu voudrais m’attirer des emmerdes dans mon propre dortoir ? C’est traître ça.

Il sourit. Le jeu était relancé et il se sentait juste... merveilleusement bien.
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Mer 29 Jan 2014 - 13:27

S’il pouvait être possessif ? Mais bien sûr que oui. Julian ne pouvait pas lui dire de cette façon, parce qu’elle était fière, qu’elle était indépendante et que de fait, personne ne pouvait la posséder mais en réalité… En réalité elle avait envie d’être à lui, en un sens. Il était hors de question qu’il la prive de sa liberté, qu’elle devienne ce qu’il voulait mais elle avait envie de sentir sa jalousie, de savoir qu’il souhaitait que personne d’autre que lui ne la prenne dans ses bras… La rousse allait vraiment devenir folle à cause de Jeroen, elle se retrouvait à penser des choses qu’elle n’aurait jamais envisagé mais là, il fallait être honnête, tout était en train de devenir différent. Elle se sentait vulnérable avec lui et pourtant, elle n’avait pas envie de prendre la fuite. Son camarade de maison était tendre et elle le sentait, elle savait qu’au-delà de leur petit jeu il était sincère. Pour la première fois elle pouvait s’embarquer dans une vraie relation, même si jamais ce nom ne serait donné pour qualifier leur lien, c’était ce qu’elle ressentait au fond d’elle sans l’avouer. Oui, lui et elle étaient en train de vivre quelque chose de sincère même si tout devait rester cacher derrière leur jeu perpétuel. D’ailleurs, ce petit jeu avait terriblement manqué à la jeune femme. Voilà pourquoi elle avait fait cette petite tête innocente, voilà pourquoi elle avait demandé à Jeroen de l’embrasser. Elle n’en pouvait plus de discuter de ce qui lui était arrivé, elle n’en pouvait plus de ressasser sa souffrance. Tout ce qu’elle voulait, c’était profiter de ce moment de douceur, de profiter du Serpentard quitte à devoir se poser des questions plus tard… Et apparemment, il n’était pas contre cette idée. Un sourire légèrement provoquant se dessina sur les lèvres de la rousse lorsqu’il lui déclara qu’il n’attendait que ça. Et lorsqu’elle le vit s’approcher… Tout se passa assez vite. La demoiselle ferma les yeux, passant ses bras autour du cou du jeune homme et en profitant autant que possible. Ça lui avait terriblement manqué tout ça, le sentir lui, contre elle, ses lèvres, cette douceur qui n’avait rien à voir avec les baisers sauvages et impersonnels qu’elle avait pu partager avec certains autres gars du lycée. Elle voulait continuer sur cette lancée surtout, l’embrasser encore et encore mais… Mais ce n’était pas si simple que ça. Jeroen lui rappela qu’ils étaient dans son dortoir et que ses camarades risquaient fort de se poser des questions mais aussi de débarquer à l’improviste… Un sourire taquin apparut alors sur le visage de la jeune femme.

« Fais-moi confiance… »

Julian posa alors un doigt sur les lèvres du jeune homme avec un large sourire. Puis, elle le poussa légèrement pour qu’il se redresse et qu’elle puisse se lever à son tour. Une fois sur ses deux pieds, elle se dirigea vers la porte, sa baguette magique à la main. Elle se fichait des rumeurs qui allaient pouvoir tourner sur eux, elle se fichait de passer pour une chagasse, elle voulait juste profiter de ce moment avec Jeroen, voilà tout. Aussi, elle ouvrit la porte du dortoir et se posta devant les colocataires du jeune homme qui attendaient là depuis un moment déjà. Jeroen allait la tuer mais elle, elle s’amusait comme une petite folle.

« Désolée les garçons, vous allez devoir attendre encore un peu. Je vous conseille la salle sur demande, pensez très fort à la réserve d’alcool de Julian A. Neil et vous trouverez de quoi patienter ! »

Julian leur adressa alors un petit clin d’œil. Elle ne s’en voulait pas de les virer mais pour éviter tout énervement, elle préférait leur donner quelque chose en échange, leur faire comprendre qu’ils ne perdaient rien à attendre encore un peu avant de pouvoir rejoindre leurs lits. Enfin, elle avait d’autres choses à faire que de s’occuper d’eux alors, une fois que le message fut passé, elle referma la porte. Pour s’assurer que son plan fonctionne de A à Z elle lança un sort pour verrouiller la porte puis elle se dirigea vers Jeroen. Elle se tint alors debout, devant lui, souriant toujours de la même façon. Oui elle était une experte en la matière, capable des pires plans pour obtenir ce qu’elle voulait mais capable aussi d’être très provocante… Et là, elle avait juste envie de profiter de la vie et de suivre ses impulsions. Alors sans plus attendre, elle retira son haut et fixa Jeroen, avec l’air toujours aussi joueur. Elle espérait au moins que tout cela ne le laisserait pas de glace parce que s’il y avait bien une chose au monde qu’elle ne pouvait pas supporter c’était bien d’être tourné en ridicule.

« Maintenant que j’ai éloigné tout risque que tu t’attires des emmerdes, est-ce que tu vas accepter qu’on passe un moment tous les deux… Enfin, si je ne suis pas à ton goût tu peux le dire tout de suite… »

Julian avait fini par dire cela de manière très provocante. Oui elle avait envie qu’il la prenne dans ses bras, elle avait envie qu’il l’embrasse de nouveau. Elle voulait juste passer du temps encore et encore avec lui, à jouer, à faire des folies mais aussi à se dire qu’ils partageaient quelque chose de privilégié, quelque chose de si particulier qui faisait que tout ça ne se résumait pas à leur petit jeu comme la première fois dans la salle des sentiments. Non cette fois tout était différent, bien plus vivant, bien plus réel… La rousse s’approcha alors doucement du lit et se pencha en avant pour venir embrasser Jeroen et l’allonger sur le lit. Il pouvait toujours la repousser, il pouvait toujours dire non, si Julian ne supportait pas l’humiliation elle n’était pas non plus une violeuse. Bon même si elle avait très très envie de croquer ce jeune homme… Hum en tout cas, il avait toujours le droit de partir mais elle espérait plutôt qu’il réponde à ses avances et qu’enfin, ils se retrouvent comme elle en rêvait depuis un moment maintenant. Alors elle comptait bien jouer le tout pour le tout…

« J’ai envie de toi Jeroen… »

[HRP:
 
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MessageSujet: Re: One last time... [PV Jeroen]   Mer 12 Fév 2014 - 20:22

Un peu de possessivité… Ça l’agaçait un peu d’être celui qui demandait de l’attention, comme s’il était totalement dépendant de cela - et non, non ce n’était pas le cas ! mais pas certain qu’elle soit le genre à demander ça la première. Il n’avait pas vraiment peur qu’elle l’oublie, là n’était pas la question. Il était un grand garçon, et il savait se débrouiller seul, se suffire d’assez peu d’attention… Elle ne voulait pas l’oublier non plus, vu qu’elle était revenue d’elle-même raccommoder ce qui restait d’eux, et il avait tenu ces deux mois sans nouvelles ; avec la sensation lancinante de s’être fait flouer depuis le départ, mais il avait tenu sans céder un poil de terrain à l’envie de crier et de se plaindre. Sa famille n’était toujours pas au courant qu’il avait eu une histoire avec une fille, et… ne le serait certainement pas avant quelques années. Pourtant, malgré toute cette fierté et ce besoin de garder son indépendance, il ne pouvait pas s’empêcher de relever le fait que ça l’avait un peu dérangé d’apprendre son aventure. Il passait l’éponge sur les précédents, mais sa fierté se prenait un coup si elle ne pouvait pas se contenter d’un gars comme lui - pas une référence en matière de playboy, mais quand même, il se défendait et voulait bien donner de sa personne…

Elle ne le remballa pas. Ça signifiait qu’elle ne voyait pas ça comme une tentative de lui mettre le grappin dessus et c’était pile-poil ce qu’il fallait. Chacun son espace vital, avec un petit avantage lié à l’attention qu’ils se portaient mutuellement, c’était tout. Il n’avait pas envie qu’elle s’échappe à nouveau en le laissant en plan, ça lui minerait un peu le moral quand même, même s’il se serait vanté de gérer sans sourciller. Il avait besoin d’elle… point. Ça resterait une idée bien planquée derrière leur jeu, mais c’était bien là et impossible à nier. Lorsqu’elle passa ses bras autour de son cou, c’était comme se faire attirer dans une pièce à part où la notion de temps et d’espace n’avaient plus d’importance… bon, ça avait encore de l’importance, il était un peu trop terre-à-terre pour se faire avoir par quelques baisers, mais voilà. Il finit par avouer sa petite appréhension quant à ses camarades à la porte. Il aurait dû s’attendre au sourire taquin de Julian…

- Fais-moi confiance…

Euh… ok ? Il sentait qu’il avait tort de lui donner toute sa confiance sur ce coup-là, mais elle avait posé ses doigts sur ses lèvres pour l’empêcher de parler, il était cuit, court-circuité, kaput. Elle se leva en l’envoyant gentiment balader pour le moment et se dirigea vers la porte pour envoyer les camarades de dortoir de Jer voir un peu plus loin encore si elle y était.

- Désolée les garçons, vous allez devoir attendre encore un peu. Je vous conseille la salle sur demande, pensez très fort à la réserve d’alcool de Julian A. Neil et vous trouverez de quoi patienter !

… Naaaaaah. C’était rageant. Elle était folle. Certes, c’était ce qui faisait son charme, mais elle prenait ses aises comme s’il n’était que son pion, ça allait finir par le vexer - ou pas. Lorsqu’il parlait d’emmerdes, il parlait aussi des rumeurs que leur « relation » pourrait engendrer, ou du fait de monopoliser le dortoir commun pour des choses pas catholiques, et ça, vu sa réputation, tout le monde allait s’imaginer des trucs. Et elle, elle semblait s’amuser comme une petite folle. Elle referma la porte, lança un sort pour verrouiller : il se demanda si c’était pour empêcher les élèves d’entrer, ou si c’était pour l’empêcher de sortir, lui. Elle était folle ! Et plutôt magique comme fille. Lorsqu’elle retira son haut, il ne put s’empêcher de sourire. La provocation avait un visage, et elle ne le laisserait décidément jamais de marbre.

- Maintenant que j’ai éloigné tout risque que tu t’attires des emmerdes, est-ce que tu vas accepter qu’on passe un moment tous les deux… Enfin, si je ne suis pas à ton goût tu peux le dire tout de suite…
- Tu es complètement folle… Ce n’est même plus une hypothèse maintenant : je vais avoir des emmerdes. Merci ! Mais au point où en est… Approche que je voie si tu es vraiment à mon goût.

Il la provoquait aussi. Il n’allait quand même pas se laisser faire sans broncher ! D’autant qu’au point où ils en étaient, il n’avait plus qu’à profiter de l’instant présent de croiser les doigts pour que la suite se passe bien. Elle s’approcha et se pencha pour l’embrasser, baiser auquel il répondit sans une once d’hésitation, en se laissant partiellement faire. Elle était en train de faire de lui une proie docile, c’était mauvais ! Très mauvais. Mauvaise femme.

- J’ai envie de toi Jeroen…

Ils avaient commencé la discussion en s’engueulant froidement, mais l’atmosphère s’était nettement réchauffée, non ? Il l’embrassa et l’attira contre lui. Au départ, il n’avait réellement pas la tête à ça. Il partait pour la fuir, sortait d’une douche qui n’avait servi qu’à lui éclaircir les idées avant saturation, il venait de s’habiller avec une petite appréhension si elle voyait ses cicatrices et de manière générale, il ne s’attendait pas à ce qu’elle lui retombe dans les bras de cette manière alors qu’il cherchait à passer à autre chose… mais soyons sérieux cinq minutes. S’il pouvait rester placide face à la majorité des femmes de ce monde, elle avait un pouvoir incontestable sur lui. Et puis ça ne lui ferait pas de mal non plus, d’oublier un peu les conventions.

- Moi aussi. Tu m’as manqué.

Il l’embrassa pour s’empêcher de rougir. C’était dit. Deux mois de mauvaise humeur qui prenaient fin, c'était... juste le bonheur.

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One last time... [PV Jeroen]
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