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 There's a way of letting go. ▬ Closed

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MessageSujet: There's a way of letting go. ▬ Closed   Ven 27 Sep 2013 - 21:17

« I don't know which way I'm going...
Do you think about me now ? »
Vib gyor, Red lights

Samedi 9 août 2014

Les choses ont changé. Ici. Là-bas. Dans les relations aux gens, au monde. Il est un peu comme un naufragé de la seconde guerre mondiale : isolé, avec ses actes sur la conscience. A faire semblant de rien et à continuer à vivre, parce qu’il s’était battu pour ça après tout. Ils étaient beaucoup à s’être battus. Marek Rivers, les résistants, lui… méritaient-ils le rang de héros qui semblait si important pour Caitlyn ? Est-ce qu’il avait été courageux, hein ?

Quoiqu’il en soit, les choses s’étaient en apparence arrangées au château. Plus de maltraitance, plus de violence, plus de haine, sauf peut-être contre les Supérieurs qui avaient fait tant de mal. Mais au fond, l’univers obéissait toujours à la même loi de l’entropie thermodynamique. Dès que la situation aurait fini de se stabiliser, le désordre risquait de reprendre le dessus, mais cette fois-ci, il viendrait de l’extérieur.

En attendant, l’heure était venue de rentrer. Pas de transplanage malgré l’autorisation exceptionnelle. Ces dernières semaines s’étaient révélées bien plus éprouvantes que prévu, et il ne se sentait pas physiquement de lancer le sort sans risquer la désartibulation. S’il avait dû attendre un professeur disponible pour le décoincer, ça aurait pris des plombes. Rentrer… il n’avait pas le courage, mais en même temps, il savait que rester plus longtemps risquait de le rendre dingue. Il avait besoin de partir. Lorsqu’il attrapa le portoloin avec un autre élève, il avait le cœur battant mais cet air impassible qui ne le quittait plus. La cour pavée de Poudlard disparut.

Partir, c’était un peu comme cesser de courir après ces deux années irrécupérables. Deux années scolaires, deux années qui s’étaient résumé à des douleurs et des mensonges. Il avait perdu deux ans de sa vie à tourner en rond dans une cage.

Le chemin de Traverse apparut brutalement. Ils débouchèrent dans une rue attenante à la rue principale, une rue bondée de monde. L’atmosphère qui y régnait lui faisait l’effet d’une ville étrangère, en même temps qu’il sentait un flot de nostalgie monter. La vie. Les bruissements de la vie, simple, sans dangers ou presque. C’était comme s’il se réveillait d’un mauvais rêve. Il passa sa main sur son visage dans un geste nerveux, cherchant un repère du regard. Quelques sorciers le regardaient comme une bête curieuse, et il fallait avouer que des étudiants de Poudlard surgissant de nulle part début août avec leurs valises, de surcroît incapables de se repérer dans l’espace le plus fréquenté du Londres sorcier, ça pouvait intriguer… S’étaient-ils au moins posé des questions, ces deux dernières années ? Ou est-ce qu’ils les avaient oubliés, tout simplement ?

Ce n’était pas le moment de réfléchir à ça. Il cessa de prêter attention aux regards et fit appel à ses souvenirs pour retrouver le chemin vers le Chaudron Baveur. Lorsqu’il passa le pas de la porte, se frayant un passage entre deux sorcières maussades, Emeric se leva brusquement et dès qu’il fut à sa hauteur, lui envoya une bourrade à la mesure du temps qu’ils avaient passé sans se voir.

- Tu aurais pu me donner une heure plus précise ! Je ne t’attendais plus.
Jeroen posa ses valises et attrapa son frère pour le prendre contre lui dans une étreinte pas très virile. Ce grand con lui avait manqué. Il retrouva l’odeur familière, soupira de contentement. Finalement, son angoisse à l’idée de rentrer s’était muée en une espèce de soulagement. Il se rappelait pourquoi il s’était battu. Ils finirent par se lâcher, attrapèrent les valises et commencèrent à rentrer. Ça lui faisait plaisir que son grand frère soit venu jusqu’ici pour le chercher, car le peu de lettres qui lui parvenaient provenaient plutôt de son père. Ils ne s’étaient pas parlé depuis tellement longtemps… C’était évident qu’ils avaient mûri, chacun de leur côté, à leur manière. Emeric lui fit la remarque qu’il avait beaucoup grandi, sous-entendu qu’il s’était durci… Il avait bien été obligé pour garder la tête hors de l’eau…

En rentrant, ce fut Lili qui lui sauta au visage. Qu’est-ce qu’elle avait grandi elle aussi… De neuf à onze ans, c’est un âge où l’on change à une vitesse phénoménale. Il avait peur de ne plus la reconnaitre, mais elle avait toujours le même visage, les mêmes mimiques, le même sourire. Il était content de la revoir. Elle aussi, d’ailleurs. Elle frotta ses petites mains sur ses joues parsemées d’une barbe de trois jours, « comme papa le week-end. » C’était comme s’ils ne s’étaient jamais quittés.

Puis il étreignit son père, qui avait pris sa journée pour l’attendre. Son fils était revenu en vie, en un seul morceau. Ce n’était pas qu’il doutait de ses capacités à se protéger, mais tout pouvait arriver et les nouvelles étaient devenues si rares… Ils avaient beaucoup de choses à se dire. Pas devant la petite, car elle ne serait pas en mesure de comprendre, mais il n’y réchapperait pas. Ils mangèrent avec tout le naturel du monde, parlant études, école, télé en panne... le nouvel amoureux de Lili depuis juin… il esquiva le sujet de sa propre vie amoureuse et tout alla bien.

Lorsque la petite fut couchée, ils se retrouvèrent tous les trois sur la petite terrasse de l’appartement londonien. Il était le seul sujet d’intérêt de la conversation. Pourtant… il ne parla pas beaucoup. Ses explications étaient brèves, succinctes. Il donnait le minimum possible de détails sur ce qu’il avait fait là-bas, malgré les questions. Il avait peur de mettre des mots sur ces choses-là, d’avouer s’en être sorti aux dépens des autres. Il n’était même pas indemne. La violence avait été tellement constante, insidieuse et brutale… Ils finirent par comprendre qu’ils n’arriveraient pas à imaginer à quel point ça avait pu être dur, s’il leur expliquait, arrêtèrent finalement les questions. Il salua le geste par un sourire.

Au Ministère, ce n’était pas mieux. Papa avait aussi le cul entre deux chaises, mais s’il avait des alliés de haut rang, il ne pouvait rien faire non plus. Les remarques sur sa femme et sa fille fusaient plus que d’habitude mais il y répondait moins, même si ça le blessait. Conscient du danger, il avait même dit à Emeric que s’il lui arrivait quelque chose, il devrait prendre la petite et disparaitre totalement de la circulation ; la famille lointaine aux Pays-Bas semblait être la meilleure idée qu’ils aient eu jusque-là. Lorsqu’ils avouèrent ça à Jeroen, celui-ci resta un moment silencieux. Même si son père était bien le genre protecteur et intelligent, il ne pensait pas qu’il aurait déjà pris ce genre de dispositions, sans savoir exactement ce qui se passait…

Ils conclurent la discussion en faisant promettre à Jeroen de disparaitre aussi s’il se passait quelque chose. Il se sentait comme un enfant surprotégé. En plus, il se sentait tellement frustré de n’avoir pas pu se battre plus longtemps, à cause de ses mensonges stupides et des sorts qui l’avaient bloqué au seul moment où il pouvait évacuer toute sa haine… Mais ils avaient raison. Ça lui arracha la gorge, mais il promit.


Lundi 11 août 2014

Ils ont attendu que papa et Lili sortent pour s’enfermer dans la salle de bain. Emeric a réussi à obtenir de son petit frère qu’il avoue ne pas être passé se faire soigner depuis les combats. Il a demandé après avoir vu l’état de sa main, qui portait encore la marque de l’échelle ensorcelée de la bibliothèque. Le reste… ça le faisait frissonner. Il n’avait pas deviné que Jeroen restait habillé malgré la chaleur pour cacher tout ça. De vilaines cicatrices, traces de la violence. A chaque fois qu’il devait se déshabiller, il se sentait mal à l’aise, alors face à son frère… Fierté à la con.

Pourtant il se laissa faire. Il s’assit sur le tabouret de la salle de bain et se laissa soigner en échange de son silence. Il ne voulait pas que tout le monde sache, même si au fond ce n’était pas grave, pas sa faute… Il pouvait faire une exception pour Emeric. Bien entendu, ça signifiait le laisser faire son boulot - enfin, futur boulot -, et souffrir de redécouvrir à quel point il avait pu se faire abîmer… mais pleurer un coup ne lui fit pas de mal. Se laisser aller à redevenir le petit frère casse-cou lui faisait du bien. C’était ça, la liberté.

Qu’importe ce qu’il avait fait. Il avait une famille, des gens hors du commun, les seuls capables de le comprendre sans qu’il ne dise rien. Ils marchaient tous sur le même schéma, la même pudeur face aux sentiments, mais ils se comprenaient trop pour que la détresse de l’un passe inaperçu. Il n’était plus que le fils et le frère que l’on soutient l’air de rien, juste en étant là. Il finit même par dormir sans faire de cauchemars. Il se sentait revivre…


Vendredi 15 août 2013

Julian A. Neil a écrit:

Jeroen,

Je sais que je suis partie sans rien te dire. A vrai dire, depuis que je sais la vérité, j’ai pris la fuite, tout simplement. Je me suis cachée derrière un masque parce que c’était tout ce que je pouvais faire. Alors j’ai joué avec toi. Oui, je me suis servi de toi pour que ma vie semble normale, pour conserver ce sentiment de puissance qui a toujours été mien. C’était facile, je me souciais peu de ce que tu ressentais, du mal que j’ai pu te faire, à quoi bon… Je ne suis pas du genre à m’excuser, à avoir des remords mais comme on ne se reverra sans doute jamais, je vais peut-être faire une exception.

Oui j’ai décidé de partir. J’erre actuellement dans mon pays natal et ne cherche pas à me retrouver, c’est inutile, je ne sais pas moi-même où je me trouve exactement. Je ne reviendrai pas à Poudlard. Je n’ai plus ma place là-bas pour pleins de raisons différentes. A vrai dire, je ne sais plus où est ma place. Je me sens bien mieux quand je suis perdue physiquement, j’ai comme l’impression d’être en accord avec moi-même. C’est donc ainsi que je compte vivre dans les prochains mois, par la suite, on verra.

Tout cela pour te dire que, je vais mettre mon orgueil de côté pour quelques phrases et crois-moi, je n’arrête pas de penser à brûler cette lettre plutôt que de te l’envoyer… Voilà, je tiens à toi Jeroen. A vrai dire, tu n’as jamais été un amusement comme les autres. Tu es différent, tu vaux plus que tous les mecs du Château que je me suis tapés réunis, et c’est pas peu dire… Dans d’autres circonstances j’aurais peut-être accepté de te livrer une partie de moi, accepté que l’on soit plus proches… Je crois que j’aurais presque pu envisager le terme de relation entre nous deux.

Mais la vie en a décidé autrement. Tout a basculé, c’est impossible de revenir en arrière. Je ne serai plus jamais la même. Je sais que ce que je fais est atroce, j’aurais mieux fait de ne pas te donner de nouvelles pour que je sorte progressivement de ton esprit. Mais j’ai eu le besoin égoïste, pour une fois dans ma vie, d’être pleinement honnête. D’être honnête envers toi autant qu’envers moi-même. Ce jour-là, dans le grenier, j’aurais aimé avoir la force de te donner une toute autre réponse. Mais on ne peut pas revenir en arrière, il est temps d’avancer…

Au revoir Jeroen, prends soin de toi.

P.S : Je t’interdis de sortir avec une pétasse sans cervelle, je le prendrai très mal si je venais à l’apprendre…
- Jerry ? Ça va ? Tu es tout blanc et ça fait deux minutes que tu oublies de respirer…
Il mit quelques secondes à l’entendre, les oreilles bourdonnantes. Il inspira pour montrer qu’il n’était pas en train d’essayer de s’asphyxier exprès, mais il se rendit compte, à la bouffée d’angoisse qui le menaça soudainement, qu’il avait effectivement peut-être oublié de respirer pendant qu’il lisait la lettre… Son corps le trahissait, mais il fallait dire qu’après tout ce qui s’était passé, il ne s’attendait pas à cette lettre. Elle avait fait semblait pendant plusieurs jours après l’avoir rejeté violemment, puis elle avait disparu de la circulation au moment des combats… plus personne n’avait de nouvelles… Et elle lui écrivait. Il souffla du nez en s’appuyant sur le rebord de la fenêtre, ses yeux parcourant la page pour s’assurer qu’il avait bien lu ce qu’il pensait.

Elle aurait peut-être dû déchirer cette lettre, oui. Ça faisait presque un mois qu’il s’était fait une raison, qu’il pensait avoir tiré un trait maladroit sur ce qu’il ressentait. Certes, il était heureux de la savoir en vie, mais les nouvelles lui foutaient une claque. Il se sentait blessé, en quelque sorte. Il aurait préféré ne pas savoir ça, garder d’elle l’image d’une femme qu’il n’aurait jamais pu atteindre, ça aurait conforté son amour-propre. Il avait tout foutu en l’air et elle lui rappelait ça en vidant son petit sac de remords mal placés… Il savait ce que cette rancœur signifiait. L’oublier n’était finalement pas aussi simple que ça…

Il replia la lettre, soigneusement, la glissa dans la poche de son jean. Sa main tremblait lorsqu’il caressa le hibou inquiet de se voir oiseau de mauvais augure. Il finit par sourire sans conviction à son frère et n’ajouta rien. Tout était dit. Son père rentra à ce moment-là de chez le réparateur, portant la télévision tandis que Lili courait vers le volatile à l’air pas commode pour lui faire la causette. La vie continuait…


Samedi 23 août 2014

La dernière semaine passa très rapidement. Il avait planqué ses pensées négatives dans la lettre, qu’il avait fourrée avec sa baguette au fond de son sac de voyage. Il n’avait pas retouché à la magie. Ses journées se résumaient à sortir en ville, regarder la télé et se faire coller par sa sœur, toute heureuse d’avoir les trois hommes de sa vie rien que pour elle. Ces deux semaines leur appartenaient. Dans le petit appartement, c’était devenu presque invivable tant ils étaient les uns sur les autres, mais Jeroen en profitait. Il aurait au moins profité de ses journées ici avant de repartir.

Il ne voulait pas - ne pouvait pas, même - arrêter ses études maintenant, comme la possibilité avait été soulevée. Il ne lui restait que deux ans à taper avant de partir en D.E.S.M.A.N. défense. Il voulait devenir plus fort, en apprendre plus. Même si la perspective de retourner à Poudlard le dérangeait, il ne se sentait pas capable d’aller dans une autre école, dans un environnement étranger où il n’était pas sûr de trouver de nouveaux alliés. Là-bas, le directeur lui-même était un allié, un modèle presque. S’il pouvait éviter de tomber dans l’inconnu alors qu’il était déjà paumé, tout irait bien.

Il se laissa trimballer pour les courses de la rentrée. Il n’avait besoin de rien mais les autres avaient décrété qu’il avait besoin de changement, alors soit. Son père lui offrit un nouveau balai de compétition. Il s’offrit un nouveau rapace, puisque le précédent n’avait pas fait long feu lors de la prise de Poudlard… Slight, une chouette de cinq mois qui l’avait adopté avant qu’il ne le fasse. Hors de sa cage, elle restait constamment sur son épaule, lançant des regards de travers aux gens et lui béquetant l’oreille jusqu’à ce qu’il lui gratte la tête. Emeric lui offrit un kit de survie pour bobos et des livres des sortilèges de haut niveau. Lili, elle, était déjà très fière de lui avoir trouvé une chemise avec ses petites économies.

Lorsqu’il retourna aux lieux de rendez-vous pour rentrer à Poudlard, le 23, il portait sa chemise, sa cape de sorcier au bras. Sans se soucier du monde, il serra tout le monde dans ses bras. Il s’en fichait, à présent. Il avait le droit de ne plus mentir, de ne plus faire semblant d’être distant, effacé. Il avait passé deux semaines à Londres, il vivait avec des moldus, et il était fier de ça. Parti pris sur sa position par rapport aux événements. Il avait le droit de revenir à présent… Il attrapa le portoloin et disparut.

Poudlard n’avait pas beaucoup changé. D’un point de vue extérieur, on aurait même pu croire que tout était comme avant, mais il y avait eu des réparations, des disparitions, un changement radical dans les mentalités. Il n’y avait pas encore grand monde mais les élèves reviendraient d’ici la rentrée. Il voulait prendre le temps de se réhabituer aux lieux avant de recommencer une nouvelle année. Ça prendrait du temps. Certains le regardaient encore comme un ennemi, et ce n’était certainement pas fini, mais il fallait bien qu’il fasse face à tout ça.

« Il est temps d’avancer… »
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