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 « And live while we're young. » | One shot

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MessageSujet: « And live while we're young. » | One shot   Jeu 12 Sep 2013 - 0:13

Lundi 04.08.2014
Une journée à travers l'Angleterre




Lyn n'avait jamais encore voyagé en Magicobus. Pendant les bientôt dix-huit années de sa vie, elle n'en avait pas eu besoin. Voiture et transports publics lui avaient suffi pendant toute sa scolarité dans le système moldu, et, une fois plongée dans le monde sorcier, elle s'était toujours contentée de moyens de transport plutôt banaux comme le balai ou la poudre de cheminette et, à partir de l'an dernier, la transplanation. Le Magicobus, elle en avait entendu parler par les autres élèves, les vrais sorciers qui avaient été entourés par la magie depuis leur plus jeune âge. Ce n'était certes pas ce qu'on pouvait appeler un moyen de transport noble et respectable, mais il était efficace, et c'était tout ce qui importait à la jeune femme. Il était environ neuf heures et demie lorsqu'elle l'appela en suivant les instructions de ses amis, après s'être assurée qu'elle était bel et bien seule dans la ruelle sombre de Liverpool, et il apparut devant elle. Elle paya son trajet jusqu'à Londres en essayant de ne pas se fracasser le visage contre la vitre de devant, puis alla s'assoir à l'arrière du véhicule relativement vide en ce milieu de matinée. Un peu étonnée par le rythme ponctué de secousses brutales qu'avait adopté le Magicobus, Lyn se félicitait de ne pas avoir l'estomac fragile. Elle finit par s'y habituer et, inéluctablement, s’enliser dans la profondeur de ses réflexions...



Six mois plus tôt, elle n'aurait peut-être même pas eu besoin de ce Magicobus. Six mois plus tôt, elle aurait eu une voiture pour faire les trajets, ou alors elle serait allée en train moldu... Et surtout, six mois plus tôt, elle n'aurait eu aucune raison de faire ce trajet. Et si aujourd'hui elle se rendait au Ministère de la Magie, c'était parce que six mois plus tôt, certaines personnes avaient assassiné ses parents et réduits sa maison à un tas de pierres et de cendres. Elle avait déjà réglé les choses comme il se devait à la mairie et autres institutions moldues de Liverpool, le terrain ainsi que les économies et autres petites possessions de sa famille lui appartiendraient dès qu'elle aurait atteint la majorité moldue, c'est à dire dans quelques mois. Ce qui voudrait dire qu'elle allait devoir payer les impôts sur tout un tas de choses dont elle n'avait aucune idée avant ce jour. Elle rentrait dans le monde adulte un peu trop brutalement à son goût. Cela faisait plusieurs années qu'elle y avait mis un pied déjà, car dès le collège, elle s'était avérée être quelqu'un de très autonome et responsable. En fait, ses parents ne l'avaient jamais vraiment guidée pour faire quoi que ce soit, dès la primaire ils l'avaient laissée se débrouiller toute seule, apprendre par ses propres erreurs, ce genre de choses. Pourtant, elle aurait imaginé que ça se passerait autrement, son entrée dans l'univers adulte. Que ses parents, auxquels elle n'avait demandé que très peu de choses, l'accompagneraient pour cette fois. Qu'ils lui expliqueraient, qu'ils la soutiendraient jusqu'au bout - à leur manière bien sûr, mais quand même... Et en fin de compte, elle était plongée la tête la première dans les froides profondeurs de la vraie vie. Papiers, finances, assurances, banques, plein de choses auxquelles elle ne comprenait pas grand chose, et qu'elle ne voulait pas vraiment comprendre, sauf qu'elle n'avait pas le choix. Elle se retrouvait avec une parcelle sur le dos, parcelle qu'elle ne comptait pas revendre, mais qui ne lui servait strictement à rien pour le moment, et de laquelle elle ne pouvait même pas tirer profit. S'il y avait eu une maison, elle aurait pu la louer. Mais là, rien. Elle avait eu le droit à de l'aide, en tant qu'orpheline mineure, et avait fini par régler tout ce qu'on lui demandait de régler. Mais ce n'était pas fini, il lui faudrait tout recommencer du début. Dans le monde sorcier.

Matthew savait qu'elle avait beaucoup de choses à régler. En fait il savait tout ce qu'il voulait savoir. S'il lui posait une question, elle lui répondait, tout simplement. Il avait trois ans de plus qu'elle, était donc déjà majeur, et surtout, n'avait jamais quitté le monde moldu pour s'isoler de la vie quelque part en Ecosse dans une école du nom de Poudlard. Certes, il s'y était tout de même retrouvé, un jour à la limite entre les mois de juin et de juillet, tout à fait involontairement, mais il avait déjà pu goûter aux joies de la vie adulte, et mine de rien, l'avoir près d'elle l'aidait beaucoup. C'était la seule personne qu'elle connaissait depuis son enfance, il avait toujours été son voisin, alors quelque part, c'était un repère. Et elle avait critiquement besoin de repères. Certes, ils ne s'étaient jamais vraiment parlés, d'abord à cause de la différence d'âge mais ensuite aussi à cause de la jumelle du garçon, qui haïssait Lyn. Mais malgré tout, bizarrement, les voilà ensemble à nouveau dans leur ville d'origine, et Lyn était très contente de l'avoir. C'était au moins une personne pour l'accompagner un peu dans ce passage de la vie d'ado insouciant et surtout isolé du monde à la vie d'adulte pleinement impliqué dans les soucis quotidiens. Et si, comme c'était le cas avec les démarches administratives magiques, il ne pouvait pas l'aider par son expérience et ses conseils, alors il était là pour la soutenir, quelque part. Elle se doutait bien qu'il n'avait pas que ça à faire que de s'occuper d'une pauvre gosse qui avait perdu ses parents et qui devait trouver sa place dans le monde, mais il ne l'ignorait pas, et c'était déjà ça. N'allez pas imaginer qu'il s'asseyait chaque soir à son bureau, prenait un stylo, et rayait les éléments d'une liste de choses à régler, ou qu'il faisait des schémas sur un tableau blanc pour lui expliquer pas à pas ce qu'elle devait faire. Au contraire, elle faisait souvent les choses avant de lui dire ce qu'elle avait fait et comment. Mais il la guidait, un peu, lui disait vaguement qu'elle ne devait pas oublier ça, ça et ça, et au final il était aussi étonné qu'elle de tout ce qu'elle devait encore faire d'autre. Mais rien que pour ça, et pour le fait de pouvoir loger chez lui, elle lui en était extrêmement reconnaissante, et n'attendait rien de plus de sa part. C'était pas son père, ni sa mère, ni son tuteur ou autre responsable légal de sa pauvre petite personne. C'était un ami, peut-être une sorte de grand frère, quelque part, et elle le tenait au courant de sa vie s'il le souhaitait, sans pour autant l'y impliquer plus qu'il ne le demandait. Elle essayait de ne pas l'énerver délibérément avec ses petites histoires de famille, mais il souhaitait manifestement être tenu au courant, alors elle lui faisait part de ses avancées ainsi que de ses plans, et lui donnait des précisions quand il les voulait. Il était au courant, donc, qu'elle était partie pour entreprendre certaines manoeuvres pour la seconde fois, version sorcière, et qu'elle ne reviendrait probablement que le soir. Elle lui avait proposé de venir à Londres avec elle s'il avait quelque chose à y faire, mais ça n'avait pas été le cas, et elle était donc partie seule, assez tôt le matin, en Magicobus...



La tombe de ses parents. Elle n'arrivait pas à sortir cette image de sa tête. Elle revoyait sans cesse la croix plantée dans l'herbe, une croix parmi des centaines d'autres, sur une pelouse plus verte que toutes celles qu'elle avait vues auparavant dans sa vie, et les quelques cônifères en arrière-plan. La brise, froide, à l'ombre de l'église, qui l'avait faite frissonner, et l'odeur d'humidité et de fraîcheur qu'elle avait sentie. Mais surtout, la tombe, la croix, si banale mais si particulière. Elle avait pleuré, encore une fois. Elle avait pleuré, silencieusement, en réalisant pour de vrai que ses parents étaient partis à jamais, qu'elle ne reverrait plus son frère, qu'elle était restée seule. Ses grands parents, des deux côtés, avaient rejoint les cieux quand elle était encore au collège à Liverpool. Et elle n'avait ni oncle ni tante. Elle était seule, complètement, et cette perspective lui faisait peur. Elle la terrifiait. Comment allait-elle faire ? Comment allait-elle se débrouiller, seule, sans eux, sans personne ? Allait elle réussir à... survivre ? Les amis étaient là pour elle, certes, et elle savait qu'elle n'était pas vraiment seule, mais ce n'était pas la même chose. Elle n'avait plus de famille. Et même si un jour, peut-être, elle en formait une à son tour, elle ne remplacerait jamais ses parents et son frère. Avec eux, c'était une partie d'elle qui était partie, et qui ne lui reviendrait jamais.

Penser à autre chose. Il fallait qu'elle pense à autre chose, ce n'était pas en revoyant ces images lugubres et tragiques qu'elle allait s'en sortir un jour. Car oui, elle voulait s'en sortir. Elle ne comptait pas se laisser avoir, elle ne leur ferait pas ce plaisir, aux Supérieurs. Ils lui avaient pris beaucoup, déjà. Sa famille, son chez-soi... mais ils ne lui prendraient pas sa bonne humeur ni sa vie. Malgré tout ce à quoi elle avait pu penser dans le courant du mois de juillet, elle était désormais arrivée à la conclusion qu'elle voulait vivre, et qu'elle voulait rire. Elle avait des amis, elle avait plein d'années devant elle, et elle n'avait pas envie de les gâcher. Au fond, elle savait que ses parents auraient été tristes si elle les gâchait. Ils ne l'auraient pas voulu. Alors, elle devait penser à autre chose. Et logiquement, ses amis lui vinrent en tête. C'était à eux qu'elle allait s'accrocher désormais. Enfin, pas de sorte à les déranger, ça non. Mais elle avait des amis, et c'était ça l'important dans la vie. Voilà ce qu'elle se disait.

Londres, Ministère de la Magie. En entendant le nom de l'arrêt, Lyn se leva d'un bond et fut projetée vers l'avant. Elle se rattrapa de justesse au pied d'un lit superposé, marcha jusqu'à la porte avant et descendit les quelques marches en hâte. Une fois sur le trottoir Londonnien, elle n'eut même pas le temps de se retourner que le Magicobus était déjà parti. Se recoiffant et lissant son chemisier, elle se mit à marcher, les yeux écarquillés, à l'affut de personnes qu'elle pourrait suivre pour se rendre au Ministère de la Magie. Ce fut ainsi qu'elle arriva à une cabine téléphonique dans laquelle elle avait vu entrer et disparaître un homme qu'elle avait suivi à distance car son style vestimentaire se distinguait de celui des moldus normaux. Elle entra à son tour dans la cabine et prétendument hors-service et, heureusement, fut rejointe par un couple qui lui permirent d'activer le mécanisme censé la transporter là où elle voulait. Tendue à l'extrême, le cœur tambourinant dans sa poitrine, la voilà en plein centre du monde sorcier. Seule.

Plusieurs heures plus tard, la belle brune se retrouvait sous une pluie torrentielle en plein milieu d'une rue piétonne et, après une seconde de flottement, un peu sonnée par le retour brutal à la réalité, elle haussa les épaules. La seconde avait suffi pour qu'elle soit mouillée jusqu'aux os, elle n'y ferait plus rien désormais, donc autant rester sous la pluie. C'était dans ces moments là que Caitlyn se disait qu'elle n'aimait pas la pluie autant qu'elle ne voulait bien le prétendre. Disons qu'elle n'aimait la pluie que quand elle y était préparée, et pas quand elle était seule dans la capitale de son pays, bien habillée et avec une mission aussi importante que l'était son passage au ministère. Heureusement, elle avait fini et il ne lui restait plus que le retour à Liverpool. Mais elle avait vraiment faim, et elle ne comptait pas rentrer avant d'avoir mangé. La rue était vide, il n'y avait que quelques silhouettes qui, emmitouflées dans leurs longs manteaux sombres, cachées sous leurs parapluies, se hâtaient de rentrer. Elle marqua son entrée chez McDo par un éternuement, avant de passer sa commande, puis, plateau à la main, se laissa tomber sur une chaise et mangea. Elle laissa sa place mouillée, et en rigola dans sa tête, mais ne fit pas d'efforts pour essuyer l'eau qui avait goutté de ses vêtements et de ses cheveux. Le ventre bien rempli, elle ressortit dans la rue où il n'avait pas arrêté de pleuvoir, et se rendit à la gare. À partir de cet endroit, elle savait retrouver le Chemin de Traverse, et ce fut donc ce qu'elle fit. Elle appela à nouveau le Magicobus, paya son retour jusqu'à Liverpool, et, après un trajet à peu près aussi mouvementé et instable que le précédent, elle se retrouva dans une rue déserte, dans la pénombre de la nuit qui tombait. Elle retrouva son chemin jusqu'à chez Matthew et s'enferma dans la douche pour en ressortir propre, réchauffée et sèche.

Premier pas dans la vie d'adulte : check.
Mais c'était loin d'être fini.
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