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 Chacun son tour... | Alec && Caitlyn

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MessageSujet: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Mar 9 Juil 2013 - 14:30

Dimanche 13.07.2014

La décision avait été vite prise, presque étonamment vite prise. Une occasion inespérée, un retournement de situation soudain, et elle avait eu la possibilité de partir, de s'enfuir. Elle n'aimait pas s'enfuir, elle avait un trop grand sens de l'honneur, une trop grosse fierté, pour ça ; on les lui avait toujours reprochés. Mais son esprit logique, raisonnable, presque scientifique, avait depuis toujours le dessus, et cette fois n'avait pas fait exception. Partir maintenant ne serait pas fuir si elle revenait plus tard. Partir maintenant pour revenir le lendemain serait au contraire très intelligent, mature, responsable, et surtout très profitable à son état. Le sien, mais aussi celui de son homme. Partir maintenant, si ça réussissait, était la meilleure chose à faire ; et pour que ça réussisse, il fallait se décider vite. Ne pas penser à autre chose ni à autrui, ne pas se retourner. Sauter sur l'occasion et faire tout pour que ça réussisse. Bien sûr qu'il y avait par dessus tout cette envie, cet instinct, de fuir, de mettre fin à la torture, à sa souffrance, mais au moins aussi fort si pas plus avait été le désir de venir en aide à celui qu'elle aimait et qui était descendu aux cachots avec elle, à cause d'elle, et se faisait torturer autant qu'elle si pas plus pour quelque chose qu'il n'avait pas fait et dont il n'était même pas au courant. Malgré tout, la décision fut vite prise, si elle voulait sortir de là et le faire sortir de là, elle avait intérêt à profiter de ce retournement de situation tant qu'il était passé inaperçu pour rejoindre l'extérieur, se ressourcer, soigner un tant soit peu ses plaies, se reposer le temps d'une nuit, puis revenir. Car si elle réussissait à reprendre des forces, elle pourrait venir en redonner à Elias. C'était comme dans les avions dans le monde moldu. Elle avait pris l'avion que deux fois, un aller et un retour, et les deux fois on leur avait dit qu'en cas d'accident, il fallait d'abord mettre son propre masque à oxygène avant d'aider les autres à mettre le leur. Elle, il fallait vite qu'elle parte, sans hésiter, sans se faire de reproches, car non, elle n'abandonnait pas son petit ami, elle reviendrait le chercher, et si elle partait, c'était pour pouvoir mieux l'aider ensuite. Elle savait qu'ils la chercheraient, qu'ils fouilleraient tout le château pour la retrouver, et elle se doutait qu'après qu'elle se soit échappée, Elias subirait des peines encore pires car, sans aucun doute, ils voudraient lui faire payer son départ. Mais elle avait chassé ces idées de son esprit. Il fallait qu'elle pense au jour le jour, en gros – et dans ce cas précis à la minute la minute – plutôt que de s'encombrer de doutes et de regrets qui ne lui feraient que perdre du temps et donc des chances de s'en sortir, et de l'en sortir. Il fallait qu'elle agisse rapidement. Pourtant, elle n'avait à peine tourné au bout du petit couloir qui menait à l'entrée – et sortie – des cachots, que derrière elle se firent entendre d'abord des bruits de pas et des cris indistincts, puis un appel :

- Elle est là ! Attrapez-la !!!

Ce fut à la fois un choc pour son moral –  une bonne partie de son espoir s'envola quand elle se rendit compte qu'elle n'avait quasiment aucune avance sur eux – et un coup qui raviva son instinct de partir en courant, qui lui redonna l'énergie qu'elle devait sans doute puiser du bout de ses orteils. Car en fait, elle était à bout. Quelques minutes auparavant encore, la partie pessimiste, déprimée, de son espritlui disait qu'elle ne tiendrait plus très longtemps, et même s'il y avait dans sa tête une autre partie qui au contraire la poussait à tenir, la forçait à ne pas abandonner la partie si vite, elle ne se serait jamais crue capable de ce qu'elle se vit faire alors. Elle était à bout, et pourtant, elle accéléra subitement, les distança, tournant à gauche puis à droite, puis à nouveu à gauche, sans savoir où elle allait, et surtout sans savoir comment elle faisait pour continuer à avancer alors qu'elle s'était crue si près de la fin. Elle n'entendait ni ne voyait plus rien autour d'elle, tout était lointain, flou, indistinct, elle avait l'impression de flotter dans du brouillard. Des cris, des murs, sa respiration, elle avait l'impression d'être comme dans un film accéléré. Tout allait tellement trop vite. Elle se sentait à bout, comme un animal traqué et qui désespérément essaye de sauver sa vie même s'il sait sa fin proche. Elle avait perdu du sang, un peu, mais surtout, elle avait perdu des forces, de l'énergie, beaucoup d'énergie. Elle avait presque perdu espoir, aussi, et – mais ça c'était le cas depuis le début de la semaine déjà – elle avait perdu sa joie de vivre. Mais ce qu'elle n'avait pas perdu, c'était cette haine des supérieurs, ce dégoût qu'ils provoquaient en elle, cette rage impuissante devant les injustices qu'ils commettaient, cruels et impitoyables, cette volonté de révolte, enfin, qui l'avait poussée à participer à la diffusion des chansons réactionnaires que tout le château avait pu entendre dimanche après-midi dernier, qui l'avait poussée aussi à écrire cette dissertation pour laquelle on l'avait retrouvée et enfermée. Mais on avait avec elle enfermé Elias, qui ne savait même pas ce qui lui arrivait et pourquoi ça lui arrivait. Elle avait assisté, impuissante, pendant au mur par des chaînes, les poignets et les chevilles attachées dans des anneaux de fer, les bras et les jambes écartées en croix, les muscles étendus... elle avait assisté à la torture de son petit ami, sans rien pouvoir faire d'autre que de crier, de hurler de rage et de désespoir, pendant qu'il se tordait par terre de douleur, secoué de spasmes incontrôlables, puis de chuchoter son nom alors qu'il était par terre, inanimé. Rien que d'y repenser, elle avait envie de frapper ces cons. On les avait ensuite séparés, elle était restée dans la salle de départ. Elle était restée accrochée à son mur, à se demander quand est-ce que ses muscles allaient lâcher, se déchirer, jusqu'à ce que les supérieurs arrivent à nouveau pour lui faire connaître bien d'autres souffrances que celles dues aux chaînes. Et lui, Elias, avait été tiré dans une autre salle. Elle espérait qu'au moins, son homme avait pu rester par terre. Il devait désespérer, il devait se poser des milliards de questions. Il lui en voudrait, c'était sûr, elle avait pu le lire dans ses yeux, il se sentait trahi, il se sentait lâché comme une vieille chaussette, il se sentait seul, et c'était tout à cause d'elle. Il lui en voudrait, mais ce n'était rien comparé à combien elle-même s'en voulait. On ne l'avait pas descendue du mur même pour la nuit. Et, si elle avait fermé les yeux, elle n'avait aucunement trouvé le sommeil. La tête inclinée vers devant, les cheveux tombant à côté de ses joues et cachant partiellement le côté gauche de son soutient-gorge qui avait été découvert après que la moitié de sa  couture ait lâché lors de sa chute le long du mur et qu'un sort ait coupé la bretelle gauche de son débardeur.

En fin de journée, la porte de sa cellule s'était à nouveau ouverte avec fracas pour laisser rentrer trois hommes, ceux qui étaient venus la chercher le samedi après-midi et l'avaient trouvée avec Elias. Le chef, qui marchait toujours au centre, et qui avait été celui à les torturer le plus la veille, en particulier Elias devant elle, s'était avancé vers elle. Il lui avait attrapé le visage d'une main, son pouce venant s'enfoncer dans sa joue droite et ses autres doigts dans la gauche, et lui avait fait lever la tête. C'étaient des yeux fixes, déterminés, fatigués certes mais surtout pleins de haine et de dégoût qu'elle avait dirigés sur lui, sans bouger le reste de son corps ; ça ne valait pas la peine. Il avait eu un sourire sadique, puis lui avait demandé si elle avait passé une bonne journée. Une bonne journée ? Haha. Elle n'avait rien reçu à manger et n'avait pas eu le droit de descendre du mur. On était venu la visiter plusieurs fois, que ce soit pour lui jeter des Doloris ou pour lui toucher les seins et le cul ; dans les deux cas elle n'avait rien pu faire pour se défendre. Elle lui avait craché au visage avec mépris, au moins elle ne gâcherait pas sa salive pour rien, mais une demi-seconde plus tard, elle se recevait une claque monumentale qui avait propulsé son corps entier vers la gauche autant que les chaînes l'avaient permis. La mine du supérieur avait totalement changé, comme dans les films d'action qu'elle avait vus au collège, sa bouche s'était tordue en une grimace qui ne présageait rien de bon, et en effet, il lui assena ensuite un coup de poing dans le ventre, puis un autre, et encore d'autres qu'elle ne compta pas. Son corps arc-bouté servait de punching-ball au supérieur qui ne se contrôlait plus et vidait son énergie sur elle. Si elle avait eu quelque chose dans l'estomac, elle l'aurait vomi. Si elle avait été enceinte, ça l'aurait fait avorter. Mais là, entre ses grognements de douleur initiaux et ses cris qui leur avaient succédé, Caitlyn n'avait pu qu'entendre quelques uns de ses os craquer sous les coups avant de s'en prendre un dans la gueule qui l'avait plongée dans le noir. Mais elle n'y était pas restée très longtemps, car bientôt ce n'étaient plus des coups physiques qu'elle se recevait, mais des sorts. Un sort. Le plus efficace pour torturer, le sort de doloris. Et puis elle avait parlé, mais ça avait été un flot de sang qui était sorti de sa bouche. Le chef avait ri puis lui avait ordonné de répéter. Moins fort, elle avait redemandé s'ils étaient comblés, maintenant. La réponse avait été affirmative, et moqueuse. Il avait ensuite fait demi-tour, mais les deux autres n'avaient pas eu leur part et l'un après l'autre ils lui avaient jeté deux autres sorts identiques au précédent, bien que moins longs. Ils étaient ensuite partis en fermant la porte derrière eux, satisfaits. La tête de Caitlyn s'était penchée encore plus et elle avait vu en dessous d'elle le sang qui avait coulé de ses lèvres et de son nez, et qui continuait à en goutter. À peine une minute plus tard, elle avait entendu la porte s'ouvrir à nouveau et d'un coup elle s'était fracassée par terre, les liens à ses chevilles et à ses poignets s'étaient ouverts. Elle ne s'était pas relevée. Même pas pour voir la tête du supérieur qui était reparti en riant. Les larmes avaient commencé à couler sur ses joues à nouveau, silencieuses.

Elle courait, dans la nuit noire des couloirs du sous-sol. La dernière fois, c'était le professeur de potions qui l'avait sauvée des mains d'un supérieur. Y aurait-il quelqu'un cette fois-ci ? Elle ne se faisait pas d'illusions, elle n'arriverait pas à s'en sortir toute seule. Elle continuait à courir, malgré ses muscles étirés, malgré ses bleus sur l'abdomen et sur la cage thoracique, malgré ses quelques côtes cassées et ses plaies encore ouvertes sur les genous et le visage, ce dernier n'ayant d'ailleurs toujours pas arrêté de saigner. La dernière visite des supérieurs à laquelle elle avait eu le droit et après laquelle ils l'avaient laissée brisée au pied du mur remontait à une heure au grand maximum. Et la voilà qui trébuchait, certes, et grimaçait de douleur, mais n'arrêtait pas de courir. L'essentiel était de gagner du temps, de ne pas arrêter de courir jusqu'à ce qu'elle n'ait vraiment plus aucun choix. Elle se trouvait dans un long couloir, et c'était mal. Les longs couloirs sans virages l'exposaient aux sorts qu'ils pourraient lancer. Tout à coup, devant elle, à l'autre extrémité du couloir, elle vit apparaître un homme. Elle se retourna et il n'en avait plus que deux derrière elle. Ils s'étaient séparés. Elle eut comme un hoquet de panique avant de tourner à gauche à l'instant où elle reconnut qu'un nouveau couloir s'ouvrait à elle. Même après trois/quatre ans passés dans le château et malgré son bon sens de l'orientation, elle ne connaissait pas par cœur les cachots, et en l'occurrence, si on lui avait demandé, elle aurait sans hésiter avoué qu'elle était complètement paumée. Mais elle n'en avait rien à faire, l'important c'était de courir, de fuir, rien d'autre ne l'intéressait. En fin de compte pourtant, elle se rendit compte que ce n'était pas tant dénué d'intérêt que ça, car si elle avait connu les sous-sols elle ne se serait pas retrouvée dans un couloir qui ne menait nulle part. Un cul de sac, elle était rentrée dans un cul de sac. Et ne s'en était rendu compte que lorsqu'elle était arrivée à la moitié de la distance qui la séparait du mur d'en face. Pas moyen de faire demi-tour. Pas moyen d'éviter les sorts qu'ils lui lanceraient. Et ils ne tardèrent pas. Mais, pour le coup, elle non plus. Elle propulsa devant elle un bouclier et fut d'ailleurs elle-même étonnée de la puissance qu'il avait car il ne s'effondra cette fois-ci pas au premier sort qui l'atteignit. Elle essaya d'envoyer son patronus, mais apparemment, elle n'était pas assez heureuse, ce qui, en soi, n'était vraiment pas étonnant. Ils avaient arrêté de courir, elle n'avait plus aucune échappatoire de toute manière, ils pouvaient se délecter de son regard effrayé, de ses mouvements fébriles, de son tâtonnement autour d'elle, de ses pas vers l'arrière, toujors plus vers l'arrière, jusqu'à ce qu'elle sente le mur froid dans son dos...

- Tu voulais jouer les malignes, hein ?

Premier sort, à nouveau dans le ventre, comme un coup de poing, comme si elle ne s'en était pas déjà assez reçu. Enzo leur aurait répondu, lui. Oui, là tout à coup, sortant de nulle part, elle venait d'avoir une pensée pour Enzo. Elle ne le connaissait quasiment pas, et pourtant, chaque fois qu'elle le rencontrait, elle avait l'impression de lui être étrangement proche, même si elle ne le comprenait pas du tout, qu'elle était loin de savoir tout sur lui, elle sentait qu'avec lui, l'espèce de capacité qu'elle avait de partager les émotions des autres, en particulier la tristesse et la souffrance, s'accentuait. C'était ridicule, mais c'était ainsi. Elle ne l'avait pas vu souffrir, elle ne l'avait pas vu se faire torturer, mais à ce que lui avaient raconté ses amis de sixième année qui avient assisté au cours d'Etude des Moldus qui s'était avéré être une véritable démonstration de persécution des moldus et des "traîtres à leur sang", elle savait qu'il leur aurait répondu. Il aurait tenu, lui, il se serait relevé si on l'avait mis à terre, il leur aurait résisté encore et encore. Il aurait jeté des sorts, peut-être aussi, rien que pour se protéger des leurs. Il  aurait continué à les provoquer, en quelques sortes, et aujourd'hui, elle jetait définitivement tous ses petits conseils d'avant par dessus l'épaule, elle aurait voulu continuer à les provoquer elle aussi, elle aurait voulu leur montrer qu'ils ne la feraient pas céder, qu'ils ne la dompteraient pas, ne la formateraient pas, qu'elle continuerait à les trouver cons et même bien plus que ça. Et pourtant, elle ne fit rien, rien d'autre que les regarder avec ses yeux dilatés, sa bouche entrouverte, ses traits fatigués, las, et son visage plein de traces de sang et de larmes auxquelles s'était collée la poussière et les autres crasses de sa cellule.

- Tu n'apprendras donc jamais ?

Second sort, pendant que les trois hommes continuaient à avancer. Cette fois-ci, ce fut son dos qui prit le choc, elle vola à une vitesse vertigineuse jusqu'au plafond qu'elle cogna au niveau de ses omoplates et entendit encore un craquement avant de retomber au sol, ravivant ses plaies aux genous. Elle se releva et s'adossa au mur. N'était-elle vraiment pas capable de leur répondre ? Elle se croyait à bout de forces, elle se croyait prête à rendre l'âme, et pourtant, il y avait encore en elle cette flame, cette flamèche, de révolte... Non, c'était même pas de la révolte, c'était cette fierté, cette foutue fierté qui ne voulait pas s'écarter du chemin. Ils avaient tué ses parents, son frère... Elle se demandait s'ils avaient résisté, s'ils s'étaient défendus, s'ils avaient crié, s'ils avaient supplié à genous de les laisser en vie... Elle ne savait rien d'eux, rien de comment ça s'était passé, mais elle savait qu'ils les avaient tués sans raison, et rien que pour ça elle ne voulait pas se résigner.

- Apprendre à haïr bêtement ? À torturer par plaisir ? Pour quoi faire, me faire pitié moi-même ? Merci, je ne suis pas intéressée.

J'ai poney, aurait dit Enzo. Ou pas. Sa voix avait claqué, sèche, sans plus aucune trace de fatigue contrairement à la dernière fois qu'elle leur avait parlé, la gueule pleine de sang. Là, c'était bien cette haine et surtout ce dégoût qu'elle avait pour les supérieurs qu'elle laissait transpaître, puisque de toute manière c'était la fin, qu'elle n'avait pas pu mettre à profit l'opportunité qu'elle avait reçue et qu'elle n'en aurait pas d'autre. Son dos la faisait souffrir désormais autant que son ventre, mais ses jambes la tenaient encore, et pour cela elle leur en était reconnaissante. Elle savait bien qu'elles étaient à bout, elles aussi, et ce n'était même pas autant la faute aux écorchures qu'elle avait aux genous, mais bien aux muscles qui auraient tout donné pour pouvoir se relâcher, que ce soit dans un lit ou dans une baignoire. Mais ils tenaient, elle tenait, et c'était ça l'important.

- Espèce d'idiote, t'as vraiment rien compris.

C'est toi qu'as rien compris, avait-elle envie de lui répondre. Elle espérait que quelqu'un la tirerait de là, que quelqu'un l'aiderait. Était-ce trop espérer ? Était-ce trop demander ? Avait-elle fait tout cela pour rien ? S'était-elle épuisée toute seule pour finir au point de départ ? Elle avait envie de pleurer, elle avait tellement envie de pleurer ! Et les supérieurs qui ne jetaient toujours pas le troisième sort... Elle ne comprenait pas, elle aurait dû être à terre depuis longtemps, en train de se tordre dans tous les sens, comme cela semblait vouloir devenir une habitude pour elle depuis la veille. Elle n'avait même plus la force de repenser à sa famille à ce moment là, alors que c'était censé être ce qui lui faisait le plus de peine depuis le début de la semaine. Non, là, son esprit était vide, complètement. Peut-être trop occupé par la douleur, mais même cette dernière, omniprésente, semblait faire partie de l'état normal donc sortir de sa conscience, ou plutôt n'être qu'un décor, qu'un papier peint, qu'un fond pour d'éventuelles autres pensées qui ne venaient pas. Alors, enfin, le sort attendu arriva, et comme prévu elle s'effondra par terre pour y rester même quand il fut levé. Et cette fois, ses yeux étaient fermés.

HRP : J'espère que ça te va, si non je change. J'ai posté ici mais si tu préfères direct dans le bureau de Logan tu peux déplacer. Bisous !
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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Ven 2 Aoû 2013 - 12:42

« Hm ? »
« Les exams, j’te demande comment ça s’est passé. »
« Ah ! Je passerais. Toi, tu dois être stressée et loin d’être sûre de toi alors que ça va s’être très bien passé. »
« Mouais. Jordane, tu dis rien, ça n’a pas été ? »
« Bof, nan, c’est mort. J’étais pas dedans. »
« Mh.. j’vous laisse. »
« J’aime à quel point ce type peut paraître concerné… »

Exact. Clairement, les histoires d’examens, il n’en avait pas grand-chose à foutre. On l’avait entraîné depuis tout petit à être le meilleur, ça n’était donc pas des examens de Poudlard qui allaient le stresser ou quoi que ce soit dans ce gout là. Ou, si, peut être ceux de Logan, mais à part lui, il n’y avait pas grand-chose qu’il craignait, et ce, même si son option de merde de la veille s’était probablement aussi bien passé que celle de Jayden. A savoir, miss Hunt n’allait pas être très contente, et, tarée comme elle l’était, ça risquait de faire mal. Mais, là, présentement, ce qui le préoccupait le plus, ce n’était pas l’enseignante, mais bien l’élève. Jayden. Le mois dernier, Mack lui en avait parlé et, s’il n’était pas toujours très attentif à ce que ses proches pouvaient ressentir, il était clair qu’il en avait tout de même pris conscience et était resté attentif à la jeune femme. En effet, ça n’allait pas bien fort. Et s’il laissait tomber Elwynn et Jordane, c’était justement parce que la belle rousse venait de passer, l’esprit dans la lune ou il ne savait trop où, s’extirpant sans un bruit de la salle commune. C’était décidé, aujourd’hui, il ne la laisserait pas tranquille et irait lui parler. Avec un peu de chance, il pourrait faire quelque chose. Après tout, lui, avait bien été forcé de se confier, un jour, sous peine de la perdre, alors qu’il venait de s’être fait découper le torse par toutes les diagonales. Très mauvais souvenir : concentrons-nous sur Jayden ! Il savait qu’elle évitait sans arrêt le sujet de sa famille, mais n’avait aucune envie de lancer la conversation puisqu’elle finirait forcément par dériver vers la sienne, pour qu’ils puissent être quittes au niveau des révélations. Or, il n’avait absolument pas envie de s’engager sur cette pente glissante qu’il évitait au contraire depuis tout jeune. Cela dit, il doutait que le mal-être de la jeune femme vienne de ça. Il y avait autre chose qu’elle gardait pour elle et qui était ressorti à cause d’il ne savait trop quoi.

Sortant de la salle commune, il s’était élancé à sa suite, cherchant à la rattraper. Mais la jeune femme avait probablement déjà repéré sa présence puisqu’il n’avait pas été particulièrement discret et, déjà, elle disparaissait dans les couloirs des cachots. Quittant celui de la salle commune, Alec l’avait rapidement perdue de vue, tentant de garder son sens de l’orientation histoire de ne pas finir perdu dans ce dédale.

« Jayden ?! J’sais que tu voudrais rester seule, mais ça ‘peut pas durer. … Jayden ? »

Pas de réponse. Pas de bruits proches. Pourtant, dans les profondeurs, quelque part, il entendait des bruits de course qu’il identifiait mal. Le son ricochait probablement contre la pierre de sorte qu’il peinait à en discerner la source. A force de tendre l’oreille, le jeune homme se décida pour une direction, ne cessant de lister les embranchements qu’il avait pris pour ne pas les oublier en cours de route. Absorbé par sa course et concentré sur son repérage, Alec avançait sans prendre la mesure de la distance quand, soudain, un bruit sourd le fit sursauter.
Jayden ?

Cette fois-ci, par contre, il n’avait pas prononcé un mot. Plus ça allait, moins il sentait la situation. A présent, les bruits n’étaient plus si loin, et il s’était évertué à s’approcher sans se faire repérer, attentif à tout ce qui pouvait se trouver autour de lui. Là, tout proche, c’était bien des Supérieurs qu’il avait découvert.

- Espèce d'idiote, t'as vraiment rien compris.

Un sort était parti droit vers une forme qu’il distinguait à travers les silhouettes des hommes, celle-ci s’était alors écroulée et, là, au sol, il pouvait enfin la distinguer. Rien à voir avec Jayden. C’était Caitlyn qui se trouvait-là, blessée, épuisée, éreintée, brisée. Alors, pendant quelques secondes d’hésitation, le jeune homme avait fait un pas en avant, un en arrière et ce, plusieurs fois, avant d’articuler :

« Rh.. et merde ! »

Sans pour autant prononcer un seul son. Sortant sa baguette, le jeune homme s’était approché un peu plus et, alors qu’un des hommes s’approchait doucement, il fit apparaitre à l’aide d’un sortilège informulé une barrière de feu juste devant la jeune femme. Celle-ci les entoura bien vite, les cernant doucement, sournoisement alors qu’il entendait leurs jurons éclater à travers les flammes. Le sort suivant faisait tomber un drap de ténèbres sur eux, et celui d’après fut un sortilège de confusion. C’était peut être ça qu’il aurait dû faire le jour de l’examen face à Logan tient. Enfin bref, ça n’était pas le moment. Resserrant le brasier afin de s’avancer, Alec avait rapidement rejoint la jeune femme, jetant un coup d’œil rapide à ses blessures et prenant son pouls.

« T’es là ? Caitlyn ? C’est pas vraiment le moment de tomber dans les vapes. Allé, émerge merde ! »

Si elle avait des réactions, ça n’était clairement pas assez pour lui permettre de marcher, et encore moins de courir. Ce fut donc avec un grognement qu’il l’avait soulevé, espérant ne pas empirer certaines de ses blessures et, avec un pincement au cœur pour l’état de la jeune femme, l’avait embarqué de l’autre côté du couloir, vers la sortie. Un instant, il s’était retourné vers les Supérieurs.

« Obliviates. »

L’écrin de flamme s’éteindrait vite, le sortilège de confusion, lui, en revanche, beaucoup moins. Ils ne l’avaient pas vu, et, à présent, oublieraient également l’identité de leur victime. Resserrant son étreinte autour de la jeune femme, il avait fait demi-tour, récitant à mi-mot les croisements qu’il avait emprunté et, essayant de ballotter le moins possible la mignonne petite Serdaigle, il s’était précipité jusqu’à la sortie. Deux erreurs de parcours au total : ça aurait pu être bien pire, et, il s’en était rendu compte assez tôt pour faire rapidement demi-tour.

Là, enfin, la porte ouverte vers le hall et, déjà, ils débouchaient dans la luminosité aveuglante du lieu. Violent comme changement.

« File moi ça toi ! »
« Mais .. »
« Ferme-la ! »

Pas le moment de supporter les jérémiades du type à qui il avait piqué la veste au passage pour la déposer comme il le pouvait sur le visage de la jeune femme. Pour faire croire que ça n’était pas elle, ça risquait d’être compliqué, il en avait conscience, mais ça serait sûrement toujours mieux que rien. Grimaçant, il sentit ses doigts devenir poisseux : du sang, très probablement. Et encore une fois, la question récurrente lui revenait en tête : qui est le CON qui a installé une infirmerie à l’étage le plus haut du château ? Il faut vraiment être bouché ! Ces ingénieurs…
Et vous savez quoi ? Un poids quasi mort à porter pendant le sprint des cachots, puis en cardio dans les huits escaliers qu’il avait à monter et qui – qui plus est – jouaient les fauteurs de trouble en changeant de direction quand il ne s’y attendait pas…. c’est physique ! Comme quoi, ce château réclame de s’entraîner quotidiennement pour être prêt lors de ce genre de problèmes : ce qu’il ne faisait absolument pas. Il fallait dire que ses abdos avaient tendance à être relativement douloureux depuis son opération, et, s’il ne s’en plaignait pas, le ressentit restait présent. De toute manière, il n’eu pas la possibilité de monter jusqu’au dernier étage avant les tours puisque là, juste devant lui, se dressaient un groupe de Supérieurs en train de discuter, dos à lui.

Nouveau plan.

Un plan B qui risquait de ne plaire que de manière très mesurée d’ailleurs. Partant sur sa droite, le jeune homme avait coupé par un autre couloir, puis un passage qu’il connaissait très bien depuis le temps (et ce, en faisant frôler le mur au crâne de Caitlyn cela dit..), pour finalement déboucher non loin de la salle de défense contre les forces du mal où il déboucha en vitesse avant de refermer la porte derrière lui.

« Qu… c’est qui ? »
« Interrogation surprise, elle s’appelle Twain, est en Serdaigle, t’as fait chier et est vachement plus lourde qu’on pourrait le croire quand elle est saccagée de partout ! »

Eh oui, étrangement, quand on souffre, on a tendance à moins aider la personne qui nous porte. Et, attention, en oubliant le manque de galanterie évident du jeune homme qui dédramatisait comme il le pouvait, il ne disait pas qu’elle était réellement lourde puisque, clairement, la jeune femme était un poids plume. Cela dit, trop d’escaliers tuent les escaliers..

Libérant la jeune femme de la veste qui lui couvrant le visage, il l’avait déposée en douceur au sol alors que Logan fermait à l’aide de la magie la porte de la salle de cours.

« Tu m’emmerdes à l’amener ici, j’tiens à t’le dire. Il s’est passé quoi ? »
« Moi aussi je t’aime. Ça va ? »

Question stupide, mais question adressée directement à la jeune femme. Non, il ne comptait pas s’amuser à s’expliquer auprès du directeur des Serpentards, ça n’était clairement pas le moment. De plus, têtus comme ils l’étaient tout deux, ça pouvait durer des plombes.

« Qu’est-ce qu’ils t’ont fait.. »

Mâchoires serrées, le jeune homme se reconnaissait dans les blessures de la belle brune, et il savait qu’il n’était pas le seul.
Derrière lui, Logan avait d'ors et déjà sorti sa baguette, soignant les plaies les plus importantes, réparant les os. Maxence aurait probablement pu faire plus, mais c'était déjà ça, et Caitlyn ne cracherait très probablement pas sur ces premiers soins.
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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Sam 3 Aoû 2013 - 10:54

Brisée. Ils avaient fini par la briser, la neutraliser. Elle se sentait au bord de la perte de conscience, pour la seconde fois de la journée, et elle faisait partie de ces gens qui ne s'étaient jamais évanouis de leur vie. Elle était à bout, elle ne se faisait plus aucune illusion. C'était la fin, ils allaient la ramener là d'où elle s'était enfuie et le lui faire payer comme il se devait. Elle avait deux choses à payer désormais. La dissertation, et la fuite. Ils ne laisseraient pas passer ça. Elle avait envie de pleurer. Par terre, collée au mur contre lequel elle avait glissé de tout en haut après avoir cogné le plafond du haut de ses omoplates, puis s'était relevée tant bien que mal, elle se tordait une fois de plus sous leur sort favori. Quand il le leva, elle n'avait plus la force ni l'envie de se remettre sur pieds. Elle resta simplement là, à le regarder s'approcher d'elle lentement, se délectant de la voir dans cet état de loque. Elle aurait voulu fermer les yeux, mais même ça c'était trop demander. Sur ses lèvres, lentement, se dessina un sourire ironique. Dans cette dernière minute, dans ce désespoir complet, elle repensait aux films qu'elle avait vu, et trouvait ça drôle de se retrouver dans le même genre de situation que certains acteurs. Ironie du destin.

Feu. Comment se faisait-il qu'il y avait tout à coup devant elle du feu ? Elle sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine, et elle ne comprit pas pourquoi elle réagissait comme ça. Elle n'avait jamais eu peur du feu, ça avait toujours été un grand et stupide défaut de sa part que de ne pas craindre les flammes, raison pour laquelle elle s'était maintes fois brûlée par inattention. Pourtant elle venait de crier. Surprise peut-être, et ce malgré le fait qu'elle croyait que plus rien ne la surprendrait, au stade où elle en était. Et pourtant, ce feu devant elle, elle ne comprenait pas. Elle plongea son regard dans les flammes qui bientôt eurent sur elle cet effet relaxant sur elle. La chaleur qu'elles lui procuraient n'était sans doute pas idéale pour son sang qui en devenait plus liquide, mais leur couleur orangée et leur danse folle la réconfortaient, car la fascinaient. Ouais, c'était sans doute pour ça qu'elle se sentait plus calme, parce que les flammes la fascinaient. Elle ne voyait plus que ça. Un cercle de flammes qui dansaient devant elle. Elle finirait là, c'était clair. Elle brûlerait dans ce cul de sac. Était-ce ce qu'ils voulaient faire d'elle ? Elle en doutait, et sans doute se feraient ils un plaisir de la sortir juste à temps de sa brasier pour qu'elle survive et passe quelques temps à souffrir de ses brûlures. Qu'est ce qu'elle aimerait finir là, qu'est ce qu'elle leur serait reconnaissante pour la laisser mourir dans le feu et rejoindre ainsi ses parents morts en janvier sans qu'elle ne soit au courant. Alors enfin, elle ferma les yeux.

Elle sentit quelque chose lui toucher la gorge. Quelque chose ou plutôt quelqu'un, et plus précisément deux doigts. On lui prenait le pouls ? Cette fois, ce fut rouvrir les yeux qui lui posa problème, elle ne le tenta même pas, aussi forte que soit son envie de savoir qui c'était. Peut-être venaient-ils vérifier qu'elle vivait encore, voire si c'était le bon temps de la sortir des cendres et de la jeter à nouveau dans sa cellule. Elle n'avait pas l'impression d'avoir crâmé pourtant. Elle avait extrêmement chaud, certes, et sentait des gouttes de sueur descendre le long de son front. Pourtant, entre toutes les sources de douleur de son corps, il ne lui avait pas semblé percevoir celle des flammes. Et là, une voix. Une voix inconnue, enfin pas totalement quand même, mais elle ne savait pas à qui elle appartenait. En tout cas, cela faisait bien longtemps qu'elle ne l'avait pas entendue, ça c'était sûre. Elle lui demandait si elle était là, et l'appelait par son prénom. Décidément, ce n'étaient pas eux. C'était quelqu'un d'autre.

« T’es là ? Caitlyn ? C’est pas vraiment le moment de tomber dans les vappes. Allé, émerge merde ! »

C'était quelqu'un d'autre, qui voulait l'aider. Du moins ça en avait tout l'air. Elle ne pouvait être sûre de rien, certes, mais si c'était une occasion de s'en sortir, il fallait la saisir, et essayer d'en tirer le plus possible. Allez, un peu d'efforts. Un effort qui lui sembla monumental, mais pourtant elle le fit. Allongée sur le côté droit, elle porta sa main libre à son visage, à ses tempes, en grognant. Elle ouvrit les yeux, mais tout était flou devant elle. Une silhouette accroupie près d'elle se dessinait devant un décor de flammes, et le contraste était trop grand pour qu'elle en distingue les traits assez précisément pour dire qui c'était. Elle poussa sur sa main gauche et finit assise, adossée contre le mur, ses doigts massant ses tempes des deux côtés cette fois. Elle avait l'impression que tout allait au ralenti, mais elle finit quand même par le reconnaître.

« Alec... »

Elle avait soif. Elle avait mal. Elle sentit ses sens la quitter, à nouveau, malgré elle. Mais ce fut alors qu'elle se sentit soulevée. Ses bras retombèrent vers le bas, sa nuque se tordit en arrière. Elle avait des cheveux de partout, et absolument aucune force pour faire quoi que ce soit. Elle aurait voulu dire quelque chose, mais elle n'arrivait pas à parler. Elle se contentait d'écouter, d'essayer de ne pas tomber dans les vappes, comme il le lui avait enjoint, mais de l'extérieur, c'était tout comme. Pourtant, elle restait consciente, elle l'entendit jeter le sort de confusion, sans doute aux trois supérieurs qui avaient mystérieusement disparu. Il s'était ensuite mis à courir, la seule chose qu'elle espérait était qu'il ne se fatigue pas avant de la sortir de là, et de se sortir de là lui-aussi. Et alors, enfin... escaliers. Il montait des escaliers. Elle entendait le souffle du jeune homme s'accélerer, alors que le sien était critiquement faible. À travers ses paupières fermées, elle eut tout à coup l'impression que quelqu'un lui avait allumé une baguette devant le visage. Pourtant, à peine une minute plus tard, on lui recouvrait la tête avec quelque chose de bien trop lourd à son goût. Mais elle ne pouvait rien faire contre. Ils continuaient à avancer, et elle avait l'impression de se sentir de mieux en mieux sans pour autant pouvoir faire quoi que ce soit afin de faciliter la tâche au Serpentard. Elle ne comprenait plus rien, il l'emmenait apparemment toujours plus haut mais tout à coup il n'y eut plus d'escaliers pendant longtemps et elle finit par sentir sa tête frotter contre un mur, ravivant toutes ses douleurs précédentes. C'était une douleur fourbe, comme quand on se coupe avec du papier. Il lui sembla que ça dura une éternité, mais enfin, le frottement cessa. Puis le bruit d'une porte qui s'ouvre et se referme brutalement, sans qu'elle ne comprenne quoi que ce soit de plus qu'avant.

« Qu… c’est qui ? »

« Interrogation surprise, elle s’appelle Twain, est en Serdaigle, t’a fait chier et est vachement plus lourde qu’on pourrait le croire quand elle est saccagée de partout ! »

Oh non, pas lui. Une voix qu'elle reconnut immédiatement. Peut-être le fait que ce soit Alec qui la portait aidait-il pour la reconnaître. Mr Rivers, professeur de DCFM, et cousin du Serpentard. Celui qui lui avait de ne pas revenir pleurer si un jour elle vivait un enfer. Car elle était venu ouvertement critiquer ses méthodes pédagogiques. Quelle idée, non seulement était elle sortie de la salle complètement démontée et remise à sa place voire même plus bas encore, mais en plus elle avait fait perdre 200 points à sa maison, chose qu'on ne lui pardonnerait sans doute jamais. Et il lui avait dit de ne pas revenir pleurer. Elle aurait voulu ne jamais revenir pleurer, comme il le lui avait dit. Et non seulement était-elle revenue, mais en plus, elle avait les joues humides de larmes, sans doute mélangées à du sang. La chose qu'elle redoutait le plus, qu'elle avait souhaité éviter. Bon, tant pis, c'était trop tard à présent. De toute façon elle ne pouvait pas faire grand chose contre. Et cette foutue fierté n'avait décidément pas sa place ici. Elle savait bien que le professeur était tout à fait apte à l'aider à se sortir de l'était dans lequel elle était. Elle pouvait lui faire confiance sur ce point. Alec la posa par terre avec une douceur diamétralement opposée à celle des paroles par lesquelles il venait de la qualifier et qui avaient réussi à lui tirer un faible sourire ironique. Elle entendit un verrou se fermer avant que le professeur reprenne la parole, de son éternel ton sec et cassant.

« Tu m’emmerdes à l’amener ici, j’tiens à t’le dire. Il s’est passé quoi ? »

« Moi aussi je t’aime. »

fut la réponse de son cousin qui ignora totalement la question suivante et en posa une autre qui lui était dirigée à elle :

« Ça va ? »

Elle avait réussi à ouvrir les yeux à nouveau.

« Ça... va. »

Si c'était convainquant ? Pas du tout, et elle en était bien consciente. En fait, c'était une manière de le remercier. Lui dire que ça n'allait pas du tout, qu'elle avait affreusement mal partout, qu'elle avait limite envie de mourir pour arrêter d'avoir mal – et qu'elle n'aurait pas hésité s'il n'y avait pas eu Elias à tirer de la merde dans laquelle elle l'avait plongé – n'était sans doute pas une bonne réaction à avoir après ce qu'il venait de faire pour elle. Ça aurait pu être bien pire, et au fond, ce qu'il voulait savoir, c'était si ça allait assez pour ne pas lâcher le coup, pour pouvoir tenir. S'il était arrivé à temps et l'avait aidé. Et c'était le cas. Ça allait, oui. Maintenant ça allait. Elle avait mille envies de fermer les yeux, de dormir, mais c'était pas fini, et c'était pas le moment de tomber dans les pommes. Heureusement, il reprit la parole, ce qui l'obligea à se concentrer dessus.

« Qu’est-ce qu’ils t’ont fait... »

Il avait l'air d'être vraiment mal pour elle, et il avait aussi l'air de vouloir péter un câble. Et elle dans tout ça, elle était partagée. Fonte en larmes, pétage de câble, sourire rassurant ? Sans s'y attendre, et malheureusement pour tout le monde, elle fit les trois en même temps. Une larme coula sur sa joue, qu'elle étira tout de même en un faible sourire, mais pourtant elle réussit à sortir quelque chose de pas forcément très sympathique.

« Ça se voit pas assez, c'est ça ? »

Pleurer devant Logan Rivers, bravo. Non seulement elle était revenue vers lui, chose qu'il lui avait clairement déconseillée, mais en plus elle se mettait à pleurer alors qu'elle s'était jurée que ce ne serait pas le cas. Quelques larmes seulement, certes, mais quand même. Elle ferma les yeux. Leur sourire comme une conne et par dessus le tout réussir à leur parler sèchement. Génial. Elle les rouvrit.

« Pardon, je... je – Ah ! »

Un os de sa cage thoracique venait manifestement de se remettre en place, lui coupant le souffle au passage, ce qui eut pour conséquence qu'elle inspira assez bruyamment – d'où le "Ah !". À nouveau ses paupières se fermèrent. Apparemment, elle aimait alterner entre jour et nuit. Elle n'était pas au courant, mais d'accord. Elle se força à les rouvrir en grimaçant.

« Je ne voulais pas dire ça... »

Sa voix était faible, mais elle se força à continuer.

« Et ils m'ont... accrochée au mur... jeté des sorts... et des coups de poing... un peu partout... »

Elle avait fait l'effort d'oublier le professeur et de ne se concentrer que sur son cousin. En fait elle ne savait vraiment pas comment se comporter. Il ne l'avait certes pas accueillie très gentiment, mais il l'avait accueillie tout de même, et il était en train de la soigner, de refermer ses plaies, de remettre ses os en place. Si elle avait été toute seule en sa présence, elle ne savait pas si elle lui aurait dit tout ça. Pourtant rien que par reconnaissance pour lui et pour lui faciliter la tâche, elle savait que c'était bien que de lui expliquer un peu. Peut-être ses muscles étaient-ils déchirés – et avec un peu de chance il saurait y faire quelque chose – qu'est ce qu'elle en savait ? Malgré les apparences, elle ne le détestait pas. Lorsqu'elle était sortie de son bureau après lui avoir dit deux mot – et en avoir entendu plus que deux de sa part – elle n'avait ressentie aucune volonté de vengeance. C'était une histoire de fierté que sa volonté de ne pas venir vers lui aussi mauvais que soit son état. Elle ne le détestait pas, et finalement, elle lui était reconnaissante de faire pour elle ce qu'il faisait. Si elle l'admirait ? Peut-être bien. En tout cas, elle était clairement dépassée par les événements – mais ça, ce n'était plus très nouveau, depuis le temps. Quant à Alec ? Il avait beaucoup changé, certes. Elle ne l'avait pas vu depuis longtemps, alors qu'avant, ils se croisaient régulièrement à des fêtes un peu partout dans le château. Il avait beaucoup changé, mais au fond, ça restait probablement quelqu'un de bien. Elle serra ses bras sur son abdomen,  gémit faiblement, et se replia sur elle même en frissonnant. Elle avait affreusement mal à la tête et au ventre. Elle ne voulait pas s'évanouir, pas maintenant que tout s'arrangeait, malgré le bourdonnement qu'elle ressentait un peu partout dans son corps. Il y avait Elias, Elias était resté. Mais ça elle n'allait pas leur dire, elle ne pouvait pas. Elle voulait boire, si on lui donnait à boire, elle était sûre qu'elle se sentirait mieux. Dès qu'elle le pourrait, elle les remercierait. Et il fallait qu'elle arrête de penser à tout en même temps.
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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Sam 17 Aoû 2013 - 22:56

« Alec... »
« Bonne pioche. Allé garde tes foutus yeux de biche ouverts et reste avec moi… … eh bah non. Evidemment, pourquoi on m’écouterai, c’est débile comme idée faut bien l’avouer.. »

L’humour, ça aide à faire passer un peu mieux certaines situations réellement bien pourries, et c’était bien pour ça qu’il s’en armait très souvent. Les mâchoires serrées, il avait soulevé la jeune femme pour l’éloigner de ce lieu, de ces gens, et ce, idéalement sans se faire tuer. La montée vers la salle ce cours de son cousin ne s’était pas faite sans embuches mais il lui fallait avouer qu’une fois-là, il n’était pas très motivé pour parcourir le double de ce parcours afin de trouver Maxence. Ou Takuma… chose qui ferait fortement chier vu les évènements récents. C’était un type bien, alors, oui, il aurait agit, bien entendus, mais disons que le jeune Serpentard n’avait pas trop envie de le croiser, devoir se trouver en sa présence, pire ! Parler de ce qu’il s’était passé. Non, réellement, Logan, ça n’était pas si mal non plus, d’autant qu’ils n’avaient eux non plus pas encore abordé le sujet. Le jeune homme savait qu’il lui devait une fière chandelle, mais ce genre de situation était compliqué à gérer chez les Rivers. Pas de remerciements, ce serait inapproprié, et, face à Logan, ça n’était clairement pas une bonne idée. Enfin, d’un certain côté, rien que le fait de débarquer ici avec Caitlyn n’en était pas une très bonne, alors à présent, il n’était plus vraiment à ça prêt. Sauf qu’il ne remercierait pas son cousin. Question de survie. Ok, d’accord : question de fierté.

« Qu… c’est qui ? »
« Interrogation surprise, elle s’appelle Twain, est en Serdaigle, t’a fait chier et est vachement plus lourde qu’on pourrait le croire quand elle est saccagée de partout ! »

Eh oui, changement de programme, les élèves interrogent leurs enseignants à présent. Ça permet de diversifier un peu les  erreurs, ça fait du bien à tout le monde. Non, sérieusement, il s’inquiétait vraiment pour la jeune femme et savait parfaitement qu’ici, après Maxence, Logan était probablement la personne la plus efficace pour ce qui s’agissait des soins. Non seulement, il était la personne, ici, la plus callée en magie noire, mais, surtout, il avait dû apprendre depuis tout jeune à se soigner lui-même et, connaissant un peu le père de son prof, Alec ne doutait pas une seule seconde de ses compétences. Après tout, il les avait déjà prouvé à de nombreuses reprises et ce, même si peu s’en rendaient compte.

« Tu m’emmerdes à l’amener ici, j’tiens à t’le dire. Il s’est passé quoi ? »
« Moi aussi je t’aime. »

Les liens de famille, c’est beau. Surtout que ce qui unissait les deux hommes n’avait absolument rien à voir avec qui que ce soit dans la famille en question..

« Ça va ? »

Oui, il était parfaitement conscient que la question était mal formulée, mais Caitlyn avait parfaitement deviné ce qu’il voulait dire par là. Oui, il s’’inquiétait pour elle et ça se voyait finalement un peu trop, tout comme l’envie brulante qu’il avait de réduire quelques gueules. Envie qu’il valait mieux réfréner cela dit, il en avait largement assez fait ces derniers temps, il devait surtout se faire oublier à présent et en était parfaitement conscient. Pourtant, ça n’était pas son genre de passer sans complexes devant quelqu’un ayant besoin d’aide. Il avait beau être un sale con, avait beau avoir eu des différents avec Caitlyn, ça n’était pas pour ça qu’il aurait pu la laisser là-bas, bien au contraire.

« Ça... va. »

Du moins, elle était toujours présente, ce qui n’était déjà pas si mal vu l’état dans lequel elle semblait être. Serrant les dents, il avait cherché à lister tout ce qui n’allait pas, mais ceci était clairement peine perdue. Pour ce faire, il lui aurait déjà pu l’observer dans une tout autre tenue (et ce, même si son haut tendais vers celle-ci), ainsi que chercher manuellement ce qui clochait. Or, si cela ne le dérangeait pas particulièrement, l’idée que Logan la voit était en revanche plus contraignante, et, surtout, il avait peur qu’elle ait quoi que ce soit de casser et qu’il puisse empirer les choses. Il laisserait ça aux pros puisqu’il les avait sous la main.

« Qu’est-ce qu’ils t’ont fait... »

La jeune Serdaigle avait semblé rester en suspens quelques secondes avant de réagir d’une manière quelque peu confuse. Une larme, un sourire et des propos agressifs. Au moins, elle avait la force de lui en foutre sur la gueule, ce qui n’était pas si mal.

« Ça se voit pas assez, c'est ça ? »

Le jeune homme lui adressa un sourire calme, ne prenant pas la peine de regarder la réaction de son cousin, debout derrière lui. Celui-ci fixait la jeune femme avec un regard noir mais ne fit aucun commentaire.

« Pardon, je... je – Ah ! »

Tout le corps de Caitlyn avait semblé se contracté alors qu’une grimace de douleur tordait son visage. Alec lui avait attrapé le cou, essayant de la stabiliser un maximum pour qu’elle évite de se faire plus mal que ça ne l’était déjà. Excuses toutes acceptées.

« Doucement ! »

Elle rouvrit les yeux.

« Je ne voulais pas dire ça... »
« J'suis pu' à ça prêt. J'veux dire, te prend pas la tête. »

Grimaçant à son tour en voyant la souffrance sur le visage de la jeune femme et les bleus sur son torse lorsque Logan qui s’était accroupis à ses côtés avait doucement soulevé son haut abimé, Alec avait remarqué que celui-ci avait déjà sortis sa baguette et lançait quelques sortilèges. Ceux-ci n’avaient pas l’air de changer grand-chose, mais il savait probablement ce qu’il faisait.

« Et ils m'ont... accrochée au mur... jeté des sorts... et des coups de poing... un peu partout... »
« Hm.. très viril. »
« Tient-la, j’veux pas qu’elle bouge. »
« Quoi ? Oui. »

Le temps d’intégrer la phrase de Logan, il bloquait la jeune femme comme il le pouvait. Lui qui ne faisait généralement pas grand cas des autres faisait pourtant tout son possible pour éviter de la faire souffrir plus que ça n’était déjà le cas. Son petit jeu habituel ne marchait simplement pas dans des cas pareils. La jeune femme avait eu plusieurs convulsions, mais, très vite, la résistance de ses muscles s’était calmée, et il avait supposé que les sorts de son cousin devaient lui faire un peu de bien. Il ne la quitta pas des yeux, attentif au moindre signe inquiétant. Après un moment, Logan s’arrêta, fixant durement son cousin.

« Elle était dans les cachots ? Comment ça se fait que tu.. »

Il lâcha doucement Caitlyn pour répondre à l’enseignant.

« J’suis un Serpentard et je continue à fréquenter ma salle commune bizarrement. Où est-ce que tu veux en venir ? »
« J’te trouve très souvent impliqué dans des sauvetages ces derniers temps. Un Rivers finirait-il par avoir des velléités d’héroïsme ? »
« J’vis pas planqué c’est tout. Et j’dois attirer les connards qui s’en prennent à mes connaissances. »
« Si seulement tu ne connaissais pas tout le château. »

C’est quoi ce sous-entendu de merde là ? Et comment tu sais pour Caitlyn et moi toi d’ailleurs ?

« Hey ! Lâche-moi ok ? Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ? »
« J’veux qu’tu te tiennes à l’écart. T’as assez morflé comme ça, arrête d’attirer l’attention. »
« T’es vachement bien placé pour dire ça monsieur l’indifférent. C’est tes actions qui m’ont foutues dans la merde, j’irai pas me planquer simplement pour mettre ton cul à l’abri. »
« C’est pour toi que je m’inquiète crétin. Roh tu fais chier, laisse tomber. Porte la sur mon lit, ‘faut qu’elle récupère des forces. »

Le jeune homme soutint un instant les yeux durs de son cousin avant de se rendre compte que, oui, c’était de l’inquiétude, là, tout au fond.

« Il était temps. »

Logan ne fit pas de commentaires mais se leva pour aller chercher quelque chose dans l’une des nombreuses étagères qui ponctuaient la pièce.

« Viens-là et reste consciente ok ? Allé, avoue, tu ‘voudrais pas être vulnérable dans le lit de ton prof quand même. »

Il lui avait adressé un petit sourire amical mais cherchait surtout à voir à travers ses traits tirés dans quel état elle était à présent. Pas qu’il n’ait pas confiance en Logan, mais en revanche, sa foi en le corps humain était relativement limitée.

« Comment tu t’es retrouvée dans une merde pareille ? »

Avait-il soufflé avant de la déposer sur le lit – fait ! Wow !... les elfes sont passés par là – de Logan avec le plus de douceur dont il était capable.

« Respire, t’es en sécurité ok ? Ça ira maintenant. »
« Va chercher Maxence ! »

Sûrement pas. Traversant les deux pièces au pas de course, Alec avait déverrouillé la porte sans prendre le temps de ralentir avant de sortir dans le couloir. Les sortilèges qu’utilisaient son cousin, il les connaissait étant donné que celui-ci avait décidé de l’inclure dans ses petits cours privés pour être bien sûr qu’il ne passerait pas une journée sans contusions.. et pour être sûr de ses compétences également, il le savait.

« Toi là ! »

Son coude avait volé instantanément vers la gorge du garçon alors qu’il le coinçait contre le mur d’en face. En réalité, le ‘garçon’ en question était un peu plus grand que lui, mais, actuellement, s’il ne paniquait pas, il n’était pas non plus capable de faire les fines bouches et encore moins de perdre son temps.

« Tu vas chercher Maxence, s’il est pas là dans les cinq prochaines minutes, j’te fait bouffer tes entrailles, est-ce que j’suis assez clair ? »

Si l’autre aurait probablement pu lui tenir tête, il abdiqua cependant, connaissant le jeune homme, sa réputation, et également le fait qu’il ne menaçait pas si violemment quelqu’un sans raison. De plus, devant la salle de cours de son cousin et responsable de leur maison commune, il n’avait pas envie de tenter de coup. Bonne poire : bon point. L’instant suivant, il disparaissait dans les étages et Alec retournait près du lit du directeur des Serpentards. Celui-ci faisait boire à la jeune femme une potion qui, si elle ne paraissait pas très ragoutante… était pire que ça ; cela dit, il l’avait lui-même but il n’y avait pas si longtemps que ça si souvent qu’il ne pouvait que la reconnaitre. Elle se sentirait un peu mieux et récupèrerait un peu de force d’ici peu. Ça ne serait pas grand-chose, mais il y aurait un petit mieux disons. Logan se redressa finalement, déposa la fiole sur le bureau, non loin de là. Il se retourna ensuite vers la jeune femme pour lui adresser un regard sévère - qu’il fit rapidement partager à Alec.

« Ce n’est pas en te mettant en première ligne que tu obtiendras autre chose que des larmes ou du sang. Ça vaut pour toi aussi cela dit. »
« Sois pas con, je ne mettrais personne en danger pour ma pomme. »
« Bien sûr que si. »

Serrant les dents, Alec avait détourné le regard vers Caitlyn. Et s’ils s’en prenaient ainsi à Mack ? Sovahnn ? Jayden ? À Logan ou… bref. Ça ne servait à rien de s’offusquer ou de partir en conflit actuellement.

« Tu.. ok, nan, je rentre pas dans ce jeu là, on règlera ça après. »
« Alec apprend la sagesse.. »
« La ferme.. »

Le regard du jeune homme s’était fait froid mais dans celui de son ainé, ce fut un peu d’amusement qu’il pu lire… chose parfaitement agaçante cela dit en passant. Il comprenait ce que les autres pouvaient penser face à lui d’un coup.

« Et laisse lui trois minutes pour se reposer avant de lui sortir le couplet de « j’te l’avais dit » »
« Dommage, ça me démange depuis un moment. Comment tu te sens Caitlyn ? »
« Logan apprend la diplomatie. »
« La ferme. »
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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Mer 21 Aoû 2013 - 16:14

« Alec... »

« Bonne pioche. Allé garde tes foutus yeux de biche ouverts et reste avec moi… »

Il était là, et derrière lui, les flammes dansaient comme pour se moquer d'eux. Elle avait eu du mal à le reconnaître, et encore plus de mal à retrouver un semblant de position assise. Lentement, elle s'était soulevée sur ses bras, lentement, elle avait accomodé ses yeux... tout était allé lentement, et elle avait eu l'impression qu'elle allait défaillir. Elle était dans une espèce d'état second, ne comprenait qu'à moitié ce qui se passait autour d'elle, et dans son esprit ainsi que dans ses actions, tout allait au ralenti. Tête et ventre se faisaient concurrence sur le plan de la souffrance, mais les muscles de ses membres étaient douloureux également, pour avoir été étirés vingt-quatre heures durant à supporter son propre poids puisqu'elle s'était trouvée enchaînée à une vingtaine de centimètres du sol. Maintenant, elle était à même la pierre froide, et Alec était là, tout près, à lui demander de ne pas le quitter, de rester consciente. Malgré les quelques tensions et incompris qu'il y avait eu entre eux – raison pour laquelle elle ne lui avait pas vraiment parlé depuis quelques mois – elle savait qu'il était quelqu'un de bien, quelqu'un en qui elle pouvait avoir confiance. Mais même sourire était trop demander, et l'effort qu'elle avait fourni en se redressant et en portant ses mains à ses tempes avait sans doute été un effort de trop. Elle aurait bien aimé lui obéir, garder ses foutus yeux de biche ouverts, comme il disait, mais, à la fois soulagée de le voir près d'elle et épuisée d'avoir dû se relever et ouvrir les yeux pour le reconnaître, elle n'y arriva pas. Elle n'arriva pas à rester avec lui. Elle se sentit sombrer, et laissa ses paupières se fermer, puisqu'elles ne rêvaient que de ça. C'était certes égoïste de sa part que de le laisser seul dans la situation qui n'était pas la sienne, mais il était là, et il l'en sortirait. Elle voulait y croire – et dans le cas du jeune homme, elle savait qu'elle pouvait. Elle s'accrochait à tout espoir qui se présentait à elle. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle n'avait pas hésité lorsque Jeroen lui avait ouvert la porte de sa cellule, et était partie en courant. Elle ne savait pas où elle avait trouvé l'énergie pour le faire, mais elle avait couru, longtemps, jusqu'à ce qu'ils la rattrappent, la prennent au piège dans ce cul de sac, et se mettent à la punir pour cette audace. Maintenant, l'espoir était Alec, et aussi fort qu'elle le veuille, elle n'avait pas la force de l'aider à l'en sortir. Désolée.

« … eh bah non. Evidemment, pourquoi on m’écouterait, c’est débile comme idée faut bien l’avouer.. »

Intérieurement, elle sourit. Malgré tout, elle n'était pas dans les vappes. Elle restait à peu près consciente de ce qui se passait autour d'elle. Simplement, elle n'avait plus assez d'énergie pour garder les yeux ouverts, ni pour parler, et encore moins pour faire un quelconque mouvement. Peut-être un petit sourire était-il apparu sur ses lèvres, mais elle n'en savait rien. En tout cas, si c'était le cas, il devait être très faible, sinon elle l'aurait senti raviver sa douleur. Elle était amusée, et d'un certain côté heureuse qu'il ait ce genre d'humour auto-dérisoire. C'était soulageant, rassurant, car ça témoignait de sa capacité à prendre sur soi. Tout semblait ligué contre lui, mais il ferait avec, et il ferait de son mieux, elle le savait. Pourtant, si elle avait pu sourire, ça aurait été d'un sourire amer, car en même temps elle était désolée. Désolée de ne plus rien être capable de faire, désolée de l'abander lâchement avec son corps à tirer de là sans savoir pourquoi il s'y trouvait, désolée de lui faire risquer sa vie pour elle sans pouvoir l'aider... Désolée aussi de ne pas pouvoir lui indiquer qu'elle était encore là, que tout n'était pas perdu, et qu'il ne devait pas abandonner. Qu'elle tenait. Difficilement, certes, et sa respiration faible et irrégulière en était la preuve, mais elle tenait. Quand ses bras la soulevèrent, elle se laissa faire complètement. La seule chose qu'elle était capable de faire en cet instant fut de se contraindre à rester consciente, au moins de sorte à entendre et sentir ce qui se passait autour d'elle. Elle s'était évanouie quelques temps auparavant, quand elle était encore accrochée au mur, et seulement l'espace de quelques secondes avant d'être ravivée à l'aide d'un nouvel endoloris. Maintenant, ça allait mieux, elle n'avait pas de raison de tomber dans les pommes. Enfin, elle en avait plus d'une... mais malgré son état, elle restait celle qu'elle était, elle restait la Lyn un peu trop fière pour accepter de perdre conscience, et un peu trop altruiste pour accepter de laisser tomber son ami comme ça, même si elle ne l'aidait pas vraiment de toute manière. Elle sentit le sang s'amasser dans son nez et dans sa gorge, n'arrivant pas à en sortir puisque sa tête pendait vers le bas. Alors, son corps décida de la faire tousser, afin d'essayer de se débarrasser du liquide chaud et visqueux qui bloquait les entrées d'oxygène, sans égards pour la douleur fulgurante que ce mouvement des poumons lui infligea. Pourtant ça n'aida pas. Heureusement, un coup de chance lui fit changer de position. C'était Alec qui posait ses pieds à terre tout en gardant un bras derrière son dos, et, de l'autre, lui couvrait la tête avec une veste qui n'était pas la sienne. Ce court instant en position debout permit au sang de sortir de sa bouche et de son nez, et donc à ses poumons de s'alimenter. Puis à nouveau, le jeune homme la souleva et, la serrant fermement contre son torse, reprit sa course dans les escaliers comme si elle ne pesait rien, alors qu'elle pouvait très bien imaginer comment c'était difficile. Au bout d'un moment, elle sentit sa tête frotter douloureusement contre un mur, sans doute, alors que ses pieds frôlaient celui d'en face, et bientôt elle entendit une porte s'ouvrir et aussitôt se refermer brutalement.

Dès les premières paroles, elle sut qu'elle se trouvait dans le bureau de son professeur de DCFM, Logan Rivers. Celui-là même qui avait en quelques sortes prédit qu'elle vivrait des situations bien plus difficiles que toutes celles qu'elle avait vécues jusqu'à ce jour, des situations desquelles il serait justifié qu'elle sorte en pleurant. Des situations auquelles il voulait les préparer, tous, pour qu'ils aient la chance d'en sortir, même brisés et en larmes comme elle, car il aurait été tout à fait possible qu'elle n'en sorte pas tout court. D'ailleurs, s'il n'y avait pas eu Alec, qui, par le plus grand des hasards, était arrivé au moment probablement le plus critique de tous, elle y serait encore, et elle n'osait même pas imaginer dans quel état. Il la déposa par terre doucement, et immédiatement elle tourna la tête en grimaçant pour laisser une fois de plus le sang sortir. Quand elle ouvrit les yeux, elle découvrit au dessus d'elle les deux Rivers, avec des expressions similaires mais pourtant si différentes. Inquiets et furieux, pour faire simple, mais c'était bien plus complexe que cela. Elle essaya de les rassurer, en leur disant que ça allait. Pas très convainquante, sa voix faible et hésitante... mais en soi, elle savait bien qu'elle aurait pu aller beaucoup moins bien, et le simple fait qu'elle était là, en train de les regarder, était déjà très bon signe, et c'était sans parler du fait qu'elle avait réussi à articuler des mots distincts. Alec avait semblé quelque peu rassuré l'espace de quelques secondes, mais bientôt reprit cet air qu'elle détestait tant voir sur lui. Elle ne l'avait jamais vu inquiet, ni même soucieux. Elle ne le connaissait que sous son apparence joyeuse et décontractée, je-m'en-foutiste. Là, elle avait presque l'impression qu'il souffrait plus qu'elle, et elle se détestait pour ça. Cette machoire serrée, ces yeux à la fois inexpressifs et pleins d'inquiétude et de colère, ces traits tirés... Elle laissa couler une larme lorsqu'il s'enquit qu'est ce qu'on lui avait fait, et sourit aussitôt comme une débile, mais ne put retenir l'agressivité dans sa voix lorsqu'elle lui retourna la question, lui demandant si ça ne se voyait pas assez. Le sourire du jeune homme lui donna encore plus envie de pleurer, elle n'avait pas le droit d'être aussi sèche alors que la seule chose qu'il méritait était qu'elle le remercie. Son regard croisa celui, noir, de leur professeur de DCFM avant qu'elle ne ferme les paupières. Il fallait qu'elle se reprenne.

« Pardon, je... je – »

Commença-t-elle donc, mais, sans doute à cause d'un faux mouvement, une de ses côtes décida de faire des siennes et lui coupa le souffle en lui tirant une grimace accompagnée d'un petit cri étouffé. Immédiatement, Alec fut là et plaqua ses mains sur son cou pour la maintenir au sol, sans quoi elle se serait tordue de douleur, et par conséquent sans doute empiré son état. Elle ferma les yeux pour essayer de se resaisir. Prendre sur soi, encore et toujours.

« Doucement ! »

Oui, doucement. Un petit effort, et, bientôt, ce serait la fin. Ce n'était pas en s'abandonnant aux pleurs et aux cris qu'elle allait s'aider ni aider les autres à l'aider, elle en était consciente. Alors elle les rouvrit, en inspirant précautionneusement pour ne pas facher sa cage thoracique. C'était bon. Elle reprit donc ses excuses, mais il lui assura qu'elle ne devait pas se faire de soucis.

« Merci... »

répondit-elle, en souriant faiblement, puis expliqua tant bien que mal qu'ils l'avaient accrochée au mur pour lui jeter des sorts et la bourrer de coups.

« Hm.. très viril. »

Ha, ça oui.

« Tiens-la, j’veux pas qu’elle bouge. »

Pardon ?

« Quoi ? Oui. »

Première parole qu'il prononçait depuis un certain temps. Il avait soulevé son débardeur devenu informe et découvert ainsi le haut de son corps, qui, à en juger de leurs expression, n'était pas joli-joli. Ce qui était étonamment en accord avec ses propres sensations. Les premiers sorts avaient été plutôt discrets, et si elle avait senti quelque chose, ce n'était pas assez pour influencer son expression plus que ça. Mais maintenan, Logan allait s'atteler à autre chose, et elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Elle eut raison. La première côte remise en place lui tira une autre grimace de douleur, la seconde la fit crier l'espace d'une seconde puis hoqueter à la recherche d'air ainsi que de liberté. Mais, impuissante face à poigne de fer dont Alec la retenait au sol au niveau des épaules et des hanches, elle finit par fermer les yeux une fois de plus et accepter la douleur ainsi que les larmes qui s'étaient mises à couler le long de ses joues, silencieuses. Le reste de son corps – surtout ses jambes, mais aussi son torse qui ne se laissait pas toujours très bien immobiliser – encaissa comme une poupée en chiffons les convulsions et distorsions suivantes, et elle eut l'impression de se retrouver encore une fois devant celui qui l'avait bourrée de coups, prête à perdre conscience. Lorsque les sorts cessèrent, elle porta ses mains à ses tempes de nouveau, et appuya de toutes ses forces en se roulant en boule, parcourue de frissons. Elle entendit des voix, leurs voix, mais fut incapable de distinguer les mots, de comprendre ce qu'ils disaient. À vrai dire, elle n'en avait plus rien à faire. Elle voulait que ça s'arrête, tout, et qu'on n'y pense plus. Au fond d'elle-même, malgré les échos de la souffrance qui se répercutaient partout dans son corps, elle sentait cependant que ça allait mieux. Un contact, après un temps qu'elle n'aurait pas pu définir, lui rapela qu'elle n'était pas seule, qu'ils étaient là, qu'ils étaient encore là, pour l'aider.

« Viens-là et reste consciente ok ? Allé, avoue, tu ‘voudrais pas être vulnérable dans le lit de ton prof quand même. »

Elle ouvrit les yeux avec difficulté et, marmonnant quelque chose comme un « Hein ? », se releva avec son aide. Ses genous, apparemment pas d'accord pour la porter, se dérobèrent alors sous elle, et elle finit par s'accrocher complètement aux épaules du beau Slytherin. Reste consciente, oui, c'était le plus important. Elle voulait rester consciente. Elle voulait s'accrocher, encore et toujours, à ce qui lui restait de forces et d'espoir, toujours s'accrocher, ne pas abandonner la partie... c'était parfois à se demander si c'était la meilleure chose à faire, si elle ne se faisait pas plus de mal que de bien. Si elle ne s'épuisait pas plus qu'autre chose et surtout plus que ce qu'elle ne pouvait supporter. Vulnérable dans le lit de son prof ? Très engageante, comme perspective, en effet. Réaction ralentie et retardée, un petit sourire vint à nouveau illuminer un tant soit peu son visage dont les traits étaient tirés par la fatigue et l'épreuve, mais mieux vaut tard que jamais. Elle croisa enfin son regard et sut qu'elle pouvait se sentir mieux. Elle ne savait pas trop qu'est ce que c'était ni comment ça se faisait, mais quelque chose en lui lui donnait lieu de lui faire confiance, pleinement. C'était rassurant. Ça lui faisait du bien. En retour – car elle ne serait pas Caitlyn si elle ne cherchait pas à faire quelque chose en retour – elle aurait voulu le rassurer lui aussi. Elle était là, elle restait consciente, elle continuait à se battre, et elle s'en sortirait. Ne t'inquiètes pas pour moi, ça me tue encore plus, tu comprends, ça ? T'arrives à le lire dans mes yeux ? Mes yeux habituellement verts et rieurs, qui en cet instant doivent sans doute être bouffis, rouges, vides et blaffards... Bref, je veux pas qu'on s'inquiète autant pour moi, d'accord ? Elle essaya d'étirer un peu plus son sourire.

« Comment tu t’es retrouvée dans une merde pareille ? »

Souffla-t-il, puis, doucement, la déposa sur le lit, et elle comprit que c'était celui du prof, dans lequel il lui avait conseillé d'un ton léger – mais qui cachait une réelle... inquiétude ? – de ne pas se faire vulnérable. Un lit. Elle avait l'impression que ça faisait une éternité qu'elle n'en avait pas vu, alors qu'elle avait dormi dans le sien... moins de deux jours auparavant. Ne rêvant que de s'allonger, de poser sa tête sur l'oreiller, de couvrir son corps douloureux et frissonnant, elle resta pourtant assise et, ses yeux s'emplissant de larmes, elle murmura :

« Tu vas m'prendre pour une conne... »

Elle porta ses mains à son visage. Elle n'avait pas envie de pleurer, vraiment pas... mais apparemment, elle était à bout de forces, ou de nerfs, ou des deux, parce que son organisme en décida autrement et bientôt, de grosses larmes coulaient sur ses joues, qu'elle essuya maladroitement, avant d'avouer.

« À l'examen d'EDM... la dissertation, t'sais... ben, j'ai écrit ce que je pensais... genre vraiment ce que je pensais – pas leurs putain d'histoires de sang. Et... et... »

Et ya autre chose aussi. Autre chose dont ils ne se doutent même pas, ou alors ils ont pas eu l'occasion de s'en préoccuper, ils ont dû se le réserver pour après. Le truc, c'est que je sais pas si je dois te le dire. D'un côté, j'ai juste tellement envie de déballer mon sac, mais de l'autre, j'ai pas vraiment le droit, c'est un secret qui doit rester secret, même Elias ne sait pas, c'est pour dire, et puis j'imagine que si je te le dis alors que je suis dans cet état, je pourrais le regretter... Rien contre toi, ce que je veux dire, c'est que j'aimerais te le dire parce que je l'aurai décidé, pas parce que j'en ai besoin. Bon, de toute manière, mon corps, mes nerfs, ou je ne sais pas trop qui accuser, résoud le problème à ma place lorsque je me mets à pleurer vraiment. De tristesse ? J'en doute. De douleur ? Possible, mais probablement d'épuisement. D'épuisement à cause de la douleur, certes, mais pas que. Bref, j'en sais rien, j'ai pas envie de savoir. J'ai pas envie de pleurer, c'est complètement con – et puis, ya cette ombre de fierté par rapport à ce que m'a dit ton cousin lorsque je suis venue lui rendre visite hors de ses cours la dernière fois. Viens pas pleurer. Et pourtant, je suis là, à bout, au fond du trou, devant lui. Comme il l'avait prédit. Quelle conne, mais vraiment, quelle conne !

« Respire, t’es en sécurité ok ? Ça ira maintenant. »

Oui, fallait qu'elle respire, qu'elle se calme. Stop, fini, assez. Assez, c'est pathétique, tu comprends ?! Inspire, expire, profondément. Voilà. Elle vida tout l'air que les hoquets avaient ammassé dans ses poumons et sécha à nouveau dans ses mains les larmes de ses joues. Enfin elle s'allongea, et Alec partit chercher Maxence, sur l'ordre de son cousin. Celui si se rapprocha alors du lit qu'il lui prêtait, une fiole à la main, et la fit s'asseoir. S'appuyant sur sa main droite, elle porta avec l'autre la fiole à ses lèvres, essayant de ne pas prendre en compte l'apparence – dégoûtante – de la potion. Dès la première gorgée, elle fut tentée d'écarter le breuvage, mais la main du professeur l'en empêcha, l'obligeant à continuer à boire jusqu'au bout. Lorsque la fiole fut vide, elle la laissa à Logan et immédiatement plaqua sa main libérée sur sa bouche, retenant un haut-le-cœur. Elle avait beau se dire qu'elle pouvait faire confiance au directeur des Serpentards, que ça allait l'aider et qu'elle itait mieux, elle avait affreusement envie de vomir ce qu'elle venait d'ingurgiter. L'aîné se leva et alla déposer le récipient sur son bureau à quelques mètres de là. Un nouveau haut-le-cœur la secoua et elle plaqua son autre main sur sa bouche en adressant à Alec un regard désespéré. Avisant une espèce de bassine à sa droite, elle fit un pas en sa direction, l'attrappa au dernier moment et vida son estomac à l'intérieur. Il n'y avait pas grand chose à vider, puisque son dernier repas remontait à samedi midi, c'est à dire plus de vingt-quatre heures auparavant, mais son ventre n'était décidément pas en état d'accueillir la potion les bras ouverts. Ils pouvaient tous les trois s'estimer heureux qu'elle n'ait pas dégueulé par terre ou, pire, dans les draps du professeur. Elle releva vers eux des yeux désolés et s'appuya à une commode derrière elle histoire de rester debout. Mine de rien, ça allait quand même un peu mieux, puisqu'elle ne s'était pas ércoulée.

« Ce n’est pas en te mettant en première ligne que tu obtiendras autre chose que des larmes ou du sang. »

lui dit l'aîné en la toisant d'un regard noir. Elle le soutint. Pas par provocation, loin de là. Elle n'avait pas d'expression particulière dans ses yeux, sans doute parce qu'elle était indécise. Comme d'habitude, il avait raison... mais n'était-ce pas sa décision, au final ? Elle n'était pas quelqu'un à jouer un double-jeu, à se cacher, à agir dans l'ombre. Pas qu'elle cherche la popularité, mais, pour faire plus simple, l'hypocrisie et la lâcheté, c'était pas son truc. Était-elle idiote, de se jeter ainsi dans la gueule du loup ? Quelques semaines auparavant, elle aurait elle-même jugé que oui, parce que se faire tabasser ainsi était vraiment inutile donc bête. Mais certaines choses avaient changé entre-temps, et elle ne savait elle-même pas si elle devait se féliciter ou se foutre une giffle. Il y avait des pours et des contres, comme d'habitude. D'un côté, le sort d'un individu ne changeait pas grand chose à la foule, et, si elle (la foule) ne l'ignorait pas, elle craignait de devoir subir le même, si bien que se faire torturer était complètement inutile et contre-productif. Mais de l'autre, la folie des supérieurs durait depuis trop longtemps, et il était peut-être temps d'enfin faire quelque chose, d'agir, car si personne ne faisait rien de concret et de visible, ils n'avaient pas beaucoup de chances de changer quoi que ce soit. Il lui semblait de plus en plus en arriver au point de saturation, et pas seulement en ce qui la concernait elle, mais aussi au niveau de la masse, et il suffisait parfois d'une goutte pour faire déborder le vase. Alors, se laisser briser comme une brindille était-il une bonne idée ? Sans doute pas, et pourtant... Peut-être que finalement ça aura quand même servi à quelque chose. Rien que le fait qu'elle soit tombée sur Alec et son cousin influencerait peut-être leurs comportements à eux aussi. Au fond, elle savait que même Logan Rivers s'inquiétait, pour elle mais pour les autres aussi. Elle aurait bien voulu lui dire que ça ne le regardait pas, mais le truc c'était que dans les faits, c'était lui qui se retrouvait avec elle sur le dos, alors bon, certes pas volontairement, mais ça le regardait quand même. Elle savait ce qu'il répondrait, quoi qu'elle lui dise, alors, elle ne dit rien.

« Ça vaut pour toi aussi cela dit. »

Il s'était tourné vers son cousin.

« Sois pas con, je ne mettrais personne en danger pour ma pomme. »

avait rétorqué le jeune homme, visiblement offusqué.

« Bien sûr que si. »

Et il avait raison. C'était peut-être le grand défaut du beau Slytherin : il ne voulait pas attirer les autres dans sa merde. Elle le lui avait reproché. Et elle ne faisait de loin pas partie de ses proches, c'étati pour dire. Maintenant, elle se rendait compte que finalement, elle n'était peut-être pas si différente. Certes, elle était très empathique, sensible et prête à aider les autres, mais quand il s'agissait de ses problèmes, personne n'avait le droit ne serait-ce qu'essayer de l'aider, car elle ne voulait pas qu'on s'en fasse trop pour elle. Quant à mettre quelqu'un en danger pour sa pomme... Pourtant, elle n'avait pas eu le choix, et son entourage non plus : Elias en premier, Jeroen aussi, maintenant Alec et Logan... et ce n'était certainement pas fini. Se sentant d'avance mal pour ce qu'elle allait lui dire, elle regarda le jeune homme puis se murmura :

« Tu sais, ya des choses que tu peux pas influencer... Si tu veux protéger tes amis, la meilleure chose est de ne rien faire, et même alors t'es sûr de rien, avec eux. »

Elle se tourna alors vers son professeur et planta ses yeux dans les siens.

« Mais quand c'est trop, c'est trop. J'en ai marre, on en a tous marre. Je pense que si je devais le refaire... désolée, mais... je le referai. »

Oui, désolée, parce que vous avez sans doute pas voulu me tirer de cette merde pour que j'y replonge dès que je serais en forme. Je m'en veux, car, déjà que vous ne sautez pas de joie de vous retrouver avec moi sur le dos, alors que vous le fassiez "pour rien" n'est vraiment pas très agréable, et je comprends tout ça. Pourtant, j'essaye de me dire que c'est votre décision, puisque de toute manière il ne me reste pas grand chose d'autre à penser. C'est votre décision, et vous auriez pu me laisser tomber, mais vous m'avez acceptée, tous les deux, alors même si c'est sans doute pas la meilleure manière de vous remercier, n'espérez pas de moi que je vais me planquer, c'est tout simplement pas moi. Désolée... Elle baissa les yeux, et d'un coup les ferma complètement, car elle fut prise d'un vertige. Pas très long, et bientôt elle se resaisit, mais ces quelques secondes de malaise l'avaient laissée acoudée à la commode au lieu de s'y appuyer simplement avec le bras tendu comme avant. Elle serra les dents et se redressa tant bien que mal, s'aidant de son autre main. Puis, elle la porta à son visage pour en écarter les mèches et les coincer derrière son oreille.

« Et laisse lui trois minutes pour se reposer avant de lui sortir le couplet de « j’te l’avais dit » »

Sourire hésitant, mais sincère, et regard qui va avec. Moitié reconnaissant, moitié amusé.

« Dommage, ça me démange depuis un moment. Comment tu te sens Caitlyn ? »

« Logan apprend la diplomatie. »

« La ferme. »

C'est bon, vous avez fini de vous disputer, vous deux ? Elle se tourna vers son professeur de DCFM.

« Merci, ça va mieux. Pour un peu, j'aurais envie de faire du trampoling. »

Si Elias n'était pas resté aux cachots, si ma famille n'était pas enterrée quelque part dans le cimetière de Liverpool depuis janvier sans que je sois au courant, si je n'avais pas les jambes en compotte et le reste du corps digne de celui d'une poupée en chiffons... Oui, il y avait un peu d'amertume dans cette voix, qu'elle essaya de cacher par un nouveau sourire, mais le merci était sincère. Et ça allait vraiment mieux. Un peu.

« Dites, vous... vous auriez pas quelque chose à boire ? S'il vous plaît. »

Si ce n'était pas trop demander, elle aurait bien voulu manger quelque chose aussi. Paradoxalement, même si son corps entier ne rêvait que de ça, elle n'avait pas très envie de dormir. Quelque chose lui disait que si elle fermait les yeux maintenant, elle ne les rouvrirait probablement pas avant longtemps.
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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Mer 28 Aoû 2013 - 11:59

« Pardon, je... je – »

Ne t’excuse pas, ça ne sert à rien. C’était con, mais c’était la première chose à laquelle avait pensé Alec. C’était ce que lui disait son père il y avait bien longtemps alors qu’il cherchait encore désespérément à l’amadouer. Il savait également que s’excuser auprès de son cousin n’était pas la meilleure idée qu’il soit, celui-ci ayant plus que probablement vécus pire qu’Alec vis-à-vis de son père. Au moins, lui, n’avait normalement jamais eu l’occasion de rencontrer l’oncle du jeune homme, c’était déjà ça. Non, surtout, la réaction de la jeune femme l’avait en partie rassuré. A vrai dire, il trouvait ça plus rassurant qu’elle l’agresse plutôt qu’elle se montre docile dans l’état où elle était. Il préférait la voir combative, rageuse et non pas abattue.  Merde, ce qu’il détestait la voir dans cet état. En ce moment, il lui semblait qu’il l’avait jusqu’alors perdue de vue depuis des siècles. Où était la jeune fille rieuse, un peu fofolle quand elle le voulait mais surtout avec ce côté… innocent, reposant qu’ont certaines personnes qui n’ont pas encore touché le fond. Du moins, ça, c’était ses impressions avant qu’il n’arrive dans sa mauvaise passe et en vienne à haïr chaque personne qui pouvait ne serais-ce que sourire. Pourtant, il n’avait clairement pas été le seul à vivre certaines choses « pas joli-joli » comme il l’avait dit à Sam. Et, oui, maintenant, il s’en voulait, parce qu’il en avait voulu au monde entier de ne pas lui être venu en aide à certains moment de son enfance, ou à présent, il en avait voulu à l’abandon, mais dans un certain sens, il ne faisait pas mieux que ceux qui avaient fermé les yeux sur le mal être du gamin qu’il avait été. Il avait empêché qui que ce soit d’approcher et avait trouvé ça d’un certain humour noir quand il avait entendu Caitlyn lui dire qu’il pouvait compter sur elle. Non, il ne pouvait pas, puisque personne n’avait été là quand il s’était écroulé. Personne n’avait compris que sa soudaine agressivité pouvait découler de quelque chose d’inhabituel. Et pourtant, il avait été injuste. Non seulement parce que sans les actions de Jayden et de Sovahnn, il ne s’en serait probablement pas sortit si bien, mais aussi parce qu’il n’avait pas été mieux envers les personnes autour de lui. Il ne les avait pas vu souffrir ou bien s’en était foutu, estimant qu’il était probablement plus important qu’eux, sûrement. Bref, c’était ridicule et, à présent que la douleur et l’inquiétude ne le torturaient plus autant, il se rendait aussi compte de ce qu’il se passait autour de lui. Il se rendait compte que s’il continuait à faire comme s’il s’en foutait, il n’était pas sûr de savoir combien de personnes il verrait disparaître sans même s’être comporté ne serais-ce qu’une seule fois de manière respectable avec eux.

Caitlyn s’était pliée en deux, prise de convulsions ou d’il ne savait trop quoi, menaçant d’empirer son état. Il avait donc fait ce qu’il pouvait pour l’empêcher d’une telle chose sans savoir s’il avait réellement la bonne réaction. Mais au vu de ses blessures, il valait mieux éviter qu’elle se plie non ? Si ses cotes étaient brisées, il se pouvait qu’il y ait présence d’un éclat et qu’elle puisse se perforer les poumons non ? Maxence, pitié, soit télépathe et rapplique en vitesse ! Ou Takuma, à la limite, au point où on en est, autant ne pas faire la fine bouche. Alec avait intimé le calme à la jeune femme sans réellement savoir si elle en était capable mais, serrant les dents, elle avait cherché à reprendre une respiration plus constante, lui permettant de desserrer sa prise alors qu’il reprenait également un rythme respiratoire plus classique, ne se rendant même pas compte qu’il avait bloqué ses inspirations un instant sous le coup du stress. Mais les souffrances de la jeune femme n’étaient clairement pas terminées. Une fois que celle-ci eu fait un très rapide résumé des sévices reçus, Logan s’était décidé à l’aider or, personne ici ne doutait de sa capacité à ne pas faire dans la finesse. Maxence aurait fait au plus doux, aurait rassuré la jeune femme, voir l’aurait probablement préservée en l’ensorcelant ou il ne savait trop quoi, mais Alec savait comment Logan avait été élevé puisque son éducation avait été similaire. Connaissant la douleur que la jeune femme subissait, il ne retint pas ses grimaces, pourtant conscient que ce que faisait Logan était indispensable. Alors, il avait maintenu la jeune femme pour éviter que ses spasmes ne lui fassent plus de mal que de soulagement et, pendant de très longs moments, il était resté là, mâchoires serrées à la retenir, un bras sur ses épaules, l’autre sur son bassin, ses jambes immobilisant les siennes. Au bout de quelques temps, il se rendit compte que sa main avait attrapé celle de la jeune femme, cherchant à la rassurer comme il le pouvait. Personne n’avait jamais rien tenté de tel quand il était encore au manoir familial, alors il n’aurait su dire si ça avait le moindre impact mais, en cet instant, il n’y songea pas une seconde. Et puis, enfin, Logan eu fini.

Inspirant profondément, le jeune homme fixa Caitlyn, cherchant à distinguer quoi que ce soit qui pu le rassurer mais, ce qu’il ne trouva pas chez la jeune femme était présent chez son cousin. Si son regard était dur, il était pourtant sûr de lui et, d’un coup d’œil, il apaisa le Serpentard. Logan ne faisait jamais dans la dentelle, mais il savait très bien qu’il faisait réellement au mieux pour aider la jeune femme et qu’elle était probablement en d’excellentes mains. Mine de rien, Marek Logan Rivers en avait bavé, et il avait donc forcément appris en parallèle comment survivre et ce type de sortilèges en faisait partit, ainsi que la magie noire. Reportant son attention sur Caitlyn, Alec se rendit compte qu’elle semblait partir et, le frictionnant le dessus de la main, la soulevant et lui parlant, il espérait la rappeler un peu à la réalité, certain que le fait qu’elle perde connaissance ne devait pas être la meilleure des choses.

« Viens-là et reste consciente ok ? Allé, avoue, tu ‘voudrais pas être vulnérable dans le lit de ton prof quand même. »

Elle réagit, sans comprendre, mais elle réagit. Lorsqu’il la souleva totalement pour la prendre dans ses bras et l’emmener jusqu’au matelas pour l’allonger, il sentit ses bras se contracter jusqu’à s’accrocher à lui. C’est bien. Très bien.
En la déposant précautionneusement, le jeune homme se rendis compte qu’elle ouvrait difficilement les yeux en souriant, amusée par il ne savait quoi. Sa vanne était montée au cerveau apparemment, chose relativement rassurante. Lui rendant son sourire, il termina de l’installer, soupirant en lui demandant comment elle en était arrivé à là. Contrairement à ce qu’il avait pensé, la jeune femme avait préféré demeurer en position assise et, alors qu’il allait l’allonger, il sentit ses abdos se contracter – chose qui ne devait pas faire du bien d’ailleurs, il en savait quelque chose – et l’aida alors à s’installer ainsi. Non, il ne cachait pas de réelle inquiétude quand à son cousin, il savait parfaitement que celui-ci ne lui aurait pas fait de mal. Il était du genre à secouer les gens, à les réveiller un peu violemment, mais n’était en rien sadique. Et puis, pour ce qui était des femmes, même s’il s’était tapé Jayden et que cela amusait autant que ça agaçait Alec, celui-ci savait également que Logan n’avait qu’Aileen en visu, et ce, alors qu’il ne l’avouait pas. Il le connaissait depuis l’enfance, il ne lui avait pas fallu longtemps avant de s’apercevoir de cette vérité que, lui, acceptait à peine à présent. Et puis, il avait fracassé son frère trop violemment pour agresser une femme… mis à part dans le cadre de ses cours, puisqu’il n’était pas beaucoup plus condescendant envers elles qu’envers les garçons lorsqu’elles  n’arrivaient pas à se défendre. Il ne se referait jamais, je suppose.

« Tu vas m'prendre pour une conne... »

Possible. Mais il n’eut pas le cœur à lui répondre ainsi en voyant de grosses larmes se former au bord de ses paupières. Hésitant un instant, il resta finalement là où il était, gêné à l’idée de s’assoir à côté d’elle pour la prendre dans ses bras. Non, trop… non. Juste non. Et si on engageait un psy dans ce château ? Quoi ? C’est une idée juste comme ça en passant hein.

« À l'examen d'EDM... la dissertation, t'sais... ben, j'ai écrit ce que je pensais... genre vraiment ce que je pensais – pas leurs putain d'histoires de sang. Et... et... »

Et, forcément, ça n’a pas plu. Comme c’est étonnant. Pinçant les lèvres, le jeune homme l’avait regardé d’un air sceptique.

« … Ouais, j’te confirme que c’était très con. »

Non, il n’allait pas devenir hypocrite du jour au lendemain, non plus. En effet, ça n’était pas la chose la plus maligne à faire. Lui-même s’était contenté de balancer les paroles de son père au mot près ou presque sans en faire grand cas. Non, il n’y croyait pas, et, ayant jouer à la x-box ou il ne savait déjà plus trop quoi, il s’était vite rendu compte qu’en effet, il aimait plutôt bien l’ingéniosité des moldus et trouvait que, par certains aspects, ils étaient tout de même un peu restés à l’âge de pierre. Il suffisait de regarder le château pour s’en rendre compte, mais, bref, là n’était pas la question. La jeune femme se rendait compte que ce qu’elle avait fait était dénué de prudence, ça ne faisait pas le moindre doute et, il ne savait pas si c’était sa remarque honnête quoi qu’un peu venimeuse en une telle situation ou la pression qui avait déclenché cette réaction, la jeune femme s’était définitivement mise à pleurer.  Ne sachant que faire, un instant, il était resté interdit avant de s’accroupir devant elle, lui prenant la main avant d’essayer de la rassurer. Oui, il était un sale con, mais bon, je me répète peut être, mais il y a des limites à la connerie tout de même et, là, elle n’était pas dans cet état à cause d’une histoire débile – bien que le commencement le soit – mais à cause de quelque chose de violent qu’il comprenait. Il n’aimait pas les gens qui chouinaient mais, ça, ce que la jeune femme vivait, il pouvait le concevoir. Au bout d’un court instant, Alec la lâcha pourtant, envoyé chercher Maxence par Logan chose qui, il fallait l’avouer, était loin d’être une idée déplaisante.

Lorsqu’il revint après avoir chargé un autre élève de courir au septième, ce fut pour voir Caitlyn boire une potion qu’il connaissait malheureusement bien et, comme il pouvait s’y attendre, elle chercha à la repousser lorsqu’elle commença à en boire. Et, de manière tout aussi prévisible, il vit son cousin la forcer à finir le contenu de la fiole de verre. Le directeur des Serpentards se redressa pour aller déposer le contenant, sans porter la moindre attention au regard désespéré que la jeune femme portait à Alec. Celui-ci lui fit signe d’inspirer à fond en montant et abaissant ses mains au niveau de son thorax, calmement. Eh bah non. L’instant d’après, la jeune femme attrapait un genre de bassine pour y vomir ce qu’elle venait d’avaler. Logan lui jeta un regard dépité avant de reporter celui-ci vers Alec.

« Fait pas comme si tu ne l’avais pas rendu la première fois. »

L’enseignant haussa les épaules d’un air morne. Il ne se souvenait probablement pas de la première fois.
En fait, en réalité, il l’avait fait lui-même cette fois-là, petit, et, mal préparée, mieux vaux ne pas expliquer les conséquences désastreuses qu’elle avait eu sur son système digestif… enfin bref !

Reportant son attention sur la jeune femme, il l’observa un instant et Alec décela un léger soupire avant que celui-ci ne commence à parler. Il n’aimait pas cette situation, n’aimait pas se sentir incapable d’agir pour aider tout le monde tout comme il ne supportait pas d’être un super-héro qui cherche, justement, à aider tout le monde. Bref, quoi qu’il fasse, ici, il se sentait mal, tiraillé entre le fait de ne supporter aucune autorité et donc, d’envoyer chier les Supérieurs comme il le faisait depuis le début, et le fait de supporter de moins en moins bien de voir ceux dont il avait la ‘garde’ finir dans des états comparables à celui de la jeune femme tout en détestant se présenter comme le crétin de preux chevalier blanc. En attendant, Alec connaissait ce regard, celui qui semblait froid et plein de reproches mais qui, dans le fond, était plus inquiet qu’autre chose, et outré de voir qu’il n’était pas assez doué en tant qu’enseignant pour apprendre à ses élèves à survivre et à passer entre les mailles du filet.

« Ce n’est pas en te mettant en première ligne que tu obtiendras autre chose que des larmes ou du sang. »

La jeune femme ne détourna pas le regard, pourtant cet échange n’avait rien d’un rapport de force, ce qu’il venait de dire semblait ne résonner dans cette pièce que comme un fait, et Caitlyn, apparemment, le prenait ainsi.

« Ça vaut pour toi aussi cela dit. »

Bien sûr, il n’aurait pas pu s’en sortir sans reproches, ça aurait été trop beau. Piqué au vif, Alec avait envoyé un regard noir à son cousin, parfaitement conscient que si on s’était acharné sur lui, à la base, c’était pour obtenir des infos sur le con qui venait juste de lui faire la morale.

« Sois pas con, je ne mettrais personne en danger pour ma pomme. »
« Bien sûr que si. »

Et il y avait plus, alors le jeune homme n’avait rien répliqué parce que, oui, il l’avait fait, et plusieurs fois  et ce, quoi qu’il fasse. Il avait rejeté tout le monde, et malgré ça, Sovahnn avait pris des risques inconsidérés pour le sortir de la merde. Il avait eu beau chercher à ne pas rendre les choses compliquées, il avait pourtant tué un Supérieur devant nombre des personnes qu’il ne voulait pas voir blessées, et des exemples comme ceux-là, il pouvait en trouver en pagaille.

« Tu sais, ya des choses que tu peux pas influencer... Si tu veux protéger tes amis, la meilleure chose est de ne rien faire, et même alors t'es sûr de rien, avec eux. »

Se retournant, étonné, il avait constaté que Caitlyn s’adressait en effet à lui. D’un autre côté, la voir tutoyer Logan l’aurait étonné. Il hocha de la tête devant les réflexions de la jeune femme, lui indiquant qu’il était d’accord, mais qu’il n’y avait rien à rajouter. Ça n’avançait rien, il continuerait de chercher l’équilibre entre la prudence et … l’existence. Et puis, la jeune femme se retourna vers Logan.

« Mais quand c'est trop, c'est trop. J'en ai marre, on en a tous marre. Je pense que si je devais le refaire... désolée, mais... je le referai. »

Un instant, il la fixa sans mot dire, une expression neutre accrochée sur les traits que même Alec ne sut déceler. Et puis, il cligna des paupières et acquiesça du chef à son tour.

« C’est stupide… mais respectable… »

« .. Tant que personne n’est mis en danger par ton besoin d’agir du moins.. »

Ça, c’était dit. Ils tombaient à peu près sur un point d’entente disons. Pourtant, le regard de l’enseignant redevint sévère en voyant la jeune femme prise de vertige, fermant les yeux en inspirant profondément. Il fit un pas en avant mais ne la rattrapa et la jeune femme se redressa en passant une main sur son visage.

« Et laisse lui trois minutes pour se reposer avant de lui sortir le couplet de « j’te l’avais dit » »

Un échange de petits sourires avaient eu lieu entre les deux jeunes gens alors qu’Alec dépassait Logan pour rejoindre Caitlyn et la prendre par le bras, la forçant à retourner sur le lit. Mine de rien, les deux hommes s’étaient ‘disputés’ de quelques boutades du type habituelles entre eux. C’était simplement leur manière à eux de communiquer, surtout quand ils étaient tendus.

« Merci, ça va mieux. Pour un peu, j'aurais envie de faire du trampoling. »
« C’est une idée…. »

Allons faire un match de Quidditch, ça serait une bonne idée ça aussi je trouve ! =D non ?

« Dites, vous... vous auriez pas quelque chose à boire ? S'il vous plaît. »

Un petit regard vers Logan apprit à Alec que celui-ci s’était mis en mouvement, se tournant vers une armoire dans laquelle devait se trouver beaucoup de choses qu’une personne normale – donc : ne vivant pas dans l’esprit bordélique de l’aîné des Rivers – ne pourraient trouver précisément même si elle y mettait toute la bonne volonté du monde. Affichant un petit sourire amusé en voyant son cousin pousser des bouteilles et des bouteilles pour attraper quelque chose de simple type de l’eau, Alec se tourna de nouveau vers Caitlyn.

« Hey, fait une pause dans ta fierté de femme forte et résistante d’accord ? Reposes-toi un peu. »

Oui, il était bien placé pour dire ça : la ferme. Logan revint alors finalement avec un verre qu’il tendit à la jeune femme. A peine celle-ci eut-elle commencé à boire qu’elle devint en un instant une sorte de poupée de chiffon dénuée de force. D’une main, Logan la fit s’allonger et Alec, d’un air ahuri, la vit sombrer dans le sommeil. La seconde d’après, c’était un regard sombre et soupçonneux qu’il balançait à son cousin.

« Bah quoi ? Elle voulait faire du trampoline. »
« Elle est peut être moins têtue que nous hein tu sais. »
« J’en doute. »

A vrai dire, Alec aussi, mais d’un autre côté, les deux hommes n’avaient pas une confiance extrême en l’espèce humaine. De plus, question fuite assumée des lits d’hôpitaux et d’infirmerie, ils se posaient là.

« Tu sais que mettre des protections pareilles sur ta porte, c’est moins pratique quand il y a une urgence ? Laissez-moi voir. Elle.. »

En parlant d’infirmerie, Maxence avait fini par faire irruption dans la pièce, traversant la salle de cours pour déboucher dans le bureau de Logan et, finalement, sa chambre où il bloqua littéralement en voyant la jeune femme allongée, immobile et yeux fermés, sur le lit. D’un air à moitié blasé, Alec commenta la situation.

« Il l’a droguée. »
« Tu l’as QUOI ? »

Se retournant vers Logan d’un air courroucé et choqué, l’infirmier semblait se prendre les informations en pleine tronche.  

« Hey houwopopop je lui permets de se reposer un peu avant de faire une autre connerie, ça lui fera pas de mal. »
« Mais si elle a des lésions, que les sorts font des interactions, qu’ils lui ont filé un truc, que… »
« STOP ! Ça sera pas l’cas. »

Traduction : tu m’emmerde là mon grand. Maxence, fatigué, le fusilla du regard sans grand conviction.

« Tu sais que tu fais beaucoup trop confiance en ta chance ? »
« Tu sais que j’suis déjà à bout de patience là ? »

Soupire.

« T’es chiant… tu peux même pas savoir à quel point. »
« Le premier truc que t’as dit de moi c’était type parfaitement antipathique alors tu sais.. »
« Faux : en vrai, le premier, c’était sale con. »
« Ah ben tout va bien alors. »

Mais si, en vrai, ils s'aiment bien, il ne faut pas croire.

Ne pouvant s’en empêcher, Alec s’entendit rire, amusé. De toute manière, Logan n’aurait pas agit ainsi s’il n’avait pas été sûr de lui et le’ jeune homme le savait tout autant que Maxence. Le manque de réaction de celui-ci ne faisait d’ailleurs que le rassurer sur la situation.

« Elle est encore consciente, mais dans un état de somnolence. »

Maxence hocha du chef mais, quand il voulu s’approcher de la jeune femme, il vit qu’Alec s’était penché sur elle et, donc, abandonna l’idée quelques instants, allant se renseigner à mi-voix auprès de Logan.

« Hey Caitlyn, c’est Maxence qui est là, il va s’occuper de toi et te remettre sur pied en vitesse. Mais reposes-toi un peu quand même avant d’aller crapahuter dans le bureau de Walters pour tremper sa brosse à dent dans son pot de chambre ok ? »

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MessageSujet: Re: Chacun son tour... | Alec && Caitlyn   Mar 3 Sep 2013 - 10:51

Il était là, partout à la fois. Devant elle, derrière elle, au dessus et en dessous, la portant ou la retenant, lui parlant et l'écoutant. Il était partout, et elle le savait. Pire, elle ne faisait rien contre. Elle avait juste affreusement besoin de quelqu'un, n'importe qui, à qui elle puisse faire confiance et sur qui elle puisse se reposer – et Alec était... parfait. Quelque part, tout au fond de sa conscience, il y avait encore cette petite voix qui lui disait qu'elle devrait essayer de se débrouiller seule, qu'elle ne devrait pas l'importuner avec ses petites histoires, tout comme elle n'avait jamais importuné les autres avec ses petites histoires. Mais elle n'avait pas assez de forces pour l'écouter. Pas cette fois. Cette fois, elle s'était complètement abandonnée au jeune Serpentard, car elle savait qu'avec lui, elle ne risquait rien. Elle avait déjà tellement résisté, tellement pris sur elle, lorsque les mains entre lesquelles elle se trouvait n'étaient pas bonnes, lorsqu'elle ne leur faisait pas confiance. Elle aurait très bien pu s'abandonner à son sort encore bien avant, et avait été tentée de le faire par exemple lorsque les chaînes qui la retenaient au mur par les poignets et les chevilles avaient disparu et elle était tombée par terre, épuisée. Mais pourtant, quand cet étrange jeune supérieur, ce Jeroen, avait ouvert la porte de sa cellule, elle s'était ressaisie, relevée, surpassée. Elle ne s'était pas posée trop de questions par rapport aux intentions du Slytherin, elle avait juste saisi l'occasion pour essayer d'en tirer le plus possible. Si elle s'était abandonnée à son sort, si elle s'était découragée en se disant qu'elle n'avait plus la force de faire quoi que ce soit après la journée qu'elle avait eue, elle se trouverait sans doute encore dans sa cellule à la merci des Supérieurs. Au lieu de quoi, elle était là, dans le bureau du prof de DCFM, en compagnie du cousin de celui-ci. Et, enfin, elle pouvait ne rien faire, elle pouvait se laisser aller. Où qu'elle regarde, quoi qu'elle fasse, il était là, avec cette expression si singulière qui lui était propre. Mélange de plein de choses, en fait : inquiétude en premier lieu, chose qui l'énervait passablement ; humour dérisoire, qui la faisait sourire et qu'elle admirait ; amertume, aussi, et douleur, qu'elle n'était pas toujours très sûre de comprendre ; et puis cet air un peu blasé et un peu désintéressé, qui parfois était sincère, mais d'autres fois forcé, joué, comme pour cacher cette amertume, justement. Tout ça, elle le voyait, et elle savait qu'elle n'y changerait rien, même si elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour elle, et même si elle s'inquiétait pour lui en retour. Il était tout à la fois, semblait se surpasser complètement, s'oublier pour faire le plus possible afin de l'aider, d'alléger la douleur, de raccourcir la peine de la jeune Raven. Ça ne devait pas être facile pour lui, elle en était plus que consciente. La vue, les bruits... Quelque part, elle s'en voulait de lui imposer ça. Elle s'en voulait, et essayait de lui alléger la chose en retour, comme il allégeait la sienne, de chose. Ils s'allégeaient la chose mutuellement. C'était presque comme si, pour lui, rien que pour le rassurer, elle prenait sur elle, elle se calmait, ouvrait les yeux, ne s'abandonnait pas à l'inconscience, ne perdait pas espoir ni sourire... Elle savait que le quitter, tomber dans les pommes maintenant, ne serait pas très sympathique vis à vis de tous les efforts qu'il faisait pour elle. Aurait-il peur ? Se mettrait-il à la secouer pour la réveiller ? Ou prendrait-il, une fois de plus, sur lui en serrant les mâchoires et en se disant qu'il avait fait ce qu'il avait pu ? Elle n'arrivait pas à imaginer les réactions du jeune homme, avec lui, tout semblait possible, aussi bien la crise de nerfs que la vanne blasée.

Jouant le rôle d'infirmier, il aidait au mieux son cousin qui passait pour le médecin-chirurgien-ostéopate dans le bureau qui faisait lieu de salle d'opération.
Lorsqu'un os de sa cage thoracique avait bougé, envoyant une décharge de douleur à travers le corps de la jeune femme, il l'avait attrapée par la gorge pour contenir le spasme provoqué, ainsi que le réflexe qu'elle avait eu de se plier en deux par terre. Lyn avait tenté d'étouffer au mieux le cri qui était sorti de sa gorge, interrompant son flot de paroles par lesquelles elle s'excusait d'avoir un peu agressé verbalement les deux Rivers, mais elle avait vraiment mal, et qui a mal se contracte, comme si ça pouvait améliorer son état. Or, du moins dans ce cas précis, ça avait plutôt l'effet inverse, car plus elle se repliait sur elle-même, plus ses côtes cassées pouvaient bouger librement dans son corps. Elle entendit Alec lui rappeler qu'elle devait se calmer. Elle le savait, en plus ! Elle savait qu'elle devait se calmer, se détendre, car c'était la seule manière d'oublier qu'elle avait mal. Il était là pour le lui rappeler, et elle lui en était reconnaissante, comme pour tout ce qu'il avait fait et dit depuis qu'il l'avait trouvée dans ce fameux couloir du sous-sol. Elle avait serré les dents comme jamais auparavant, tandis que les contractions du reste de ses muscles cessaient doucement, au profit, justement, de ses mâchoires. Elle avait concentré ses forces sur un seul endroit. Maintenant, elle avait mal aux dents, pour le coup. Mais au moins, il ne restait plus qu’elles à désserrer, et puis tout serait à peu près normal. Poumons et cœur retrouvèrent finalement leur rythme de fonctionnement normal, c'était passé. Ou presque.
Lorsque Logan s'était mis à l'opérer de la baguette, après qu'elle leur ait rapidement expliqué ce qui s'était passé concrètement dans les cachots, deux bras l'avaient coincée au sol au niveau des épaules et des hanches comme des barres de fer, et une jambe se chargeait d'immobiliser les siennes. C'était Alec. Il avait absorbé au mieux les secousses et les spasmes qu'elle avait eus, sans broncher, sans se plaindre ni protester. Elle avait fermé les yeux, se plongeant dans le noir le plus complet qu'elle pouvait, comme si ça pouvait lui permettre d'oublier. Au bout d'un moment, pourtant, sa main s'était retrouvée au creux de celle du jeune homme, et ce sans qu’elle ne comprenne comment. De l'extérieur, ça ne changea rien aux mouvements involontaires et brutaux, et surtout douloureux, de son corps, mais intérieurement... ça... oui, ça lui fit beaucoup de bien. Il était là. Il était là, et pas qu'en tant que soutien physique, mais aussi psychologique, moral. Il était là non pas en tant que machine servant à l'immobiliser, mais bien en tant qu'humain, en tant qu'ami. Il n'avait rien dit de toute l'"opération", ou alors elle ne l'avait pas entendu, trop occupée à écouter les échos de la douleur à l'intérieur de son corps, pleurant presque sans s'en rendre compte, les yeux fermés, résignée au fait qu'elle allait avoir mal. Elle n'attendait plus que l'instant où ça cesserait, où tout cesserait. Alors, quand elle ne sentit plus aucun sort bouger les os de sa cage thoracique, elle sut que c'était fini. Son corps, dès qu'on arrêta de le maintenir étendu, se replia sur lui-même et elle porta presque inconsciemment, réflexivement, les mains à ses tempes. Compressant son crâne, elle espérait sans doute faire partir son mal de tête. Puis elle arrêta, elle relâcha ses muscles, se laissa aller. Elle pouvait partir, à présent, c'était la fin. Elle se sentait les quitter, son souffle s'affaiblissant de plus en plus. C'était comme si un voile opaque s'abaissait sur elle, lui couvrait le visage, les yeux, les oreilles, le cerveau : elle avait beau encore entendre des flots de paroles, elle n'arrivait pas à en distinguer les mots ni le sens, et bientôt, ce fut le noir quasi complet.

Lyn ne savait pas combien de temps elle était restée dans cet état. Aussi improbable que ce soit chez elle, elle en était arrivée au stade où elle ne voulait plus rien faire. Elle voulait qu'on la laisse seule, qu'on arrête de s'occuper d'elle, car elle n'avait plus ni la force ni l'envie de se battre. Elle ne voulait plus se relever. Un moment, oui un tout petit moment pour elle, mais peut-être bien plus long en réalité, un moment, elle souhaita abandonner, partir, tourner le dos au monde. Tout serait tellement plus simple si elle restait dans ce noir dans lequel elle avait sombré. Elle laisserait tous ses soucis derrière elle, elle n'aurait plus rien à faire, à régler, à sauver ou à endurer. Elle n'aurait plus à pleurer, à crier, à supplier. Elle n'aurait plus à survivre coûte que coûte, à s'accrocher comme elle le faisait toujours. Un moment, elle ne voulut plus s'accrocher, elle ne voulut plus survivre. Un moment de vide, en elle, aucune perception, aucune conscience, comme si elle n'était plus elle. Le fond. C'était donc ça que de toucher le fond. En arriver au point où plus rien ne semble avoir de sens, tout semble inutile. Un moment, oui, il fallait l'avouer, un moment elle aurait souhaité, ou au moins accepté, d'y rester.

Et puis, il y eut ce contact, ce fourmillement sur sa main qu'elle ne sentit pas tout de suite mais qui finit par parvenir à son cerveau. Quelqu'un lui massait la main, la soulevait, la serrait. La réchauffait, aussi, la... ravivait. Quelqu'un qui lui rappelait que non, ce n'était pas encore le temps pour elle d'abandonner la partie, de se laisser aller. Qu'elle avait encore des choses à faire dans ce monde, qui, les dernières semaines, lui avait semblé si cruel et si inhumain. Elle avait encore des amis, elle avait Alec qui avait essayé de la sauver, et elle avait Elias qui attendait qu'elle essaye de le sauver. Si près de s'endormir, de perdre conscience, ou même bien pire, elle trouva pourtant quelque part en elle la force de faire papillonner ses paupières avait de les ouvrir et de voir un jeune homme penché sur elle. Cheveux châtains mi-longs, yeux bruns perçants, et cette expression si particulière au visage. Alec, encore une fois. Sa seule vue lui fit chaud au cœur, et si elle avait pu, elle lui aurait souri. Sauf que pour l'instant, épuisée qu'elle l'était, et ses joues encore mouillées de larmes, c'était trop lui demander. Il lui parlait. Elle se concentra, et des mots distincts arrivèrent à ses oreilles. Elle ne comprit pas tout, mais l'essentiel était là : elle devait rester consciente. Alors, elle inspira. Lentement et maladroitement, elle s'assit en s'appuyant sur ses bras qui se mirent à trembler sous l'effort mais qui heureusement tinrent le coup. Sa tête balançait sur son cou, inclinée vers le sol, entourée de ses cheveux en bataille, mais ses yeux, eux, ne se laissaient pas faire. Petits, comme ceux de quelqu'un qui vient de se réveiller et se prend la lumière du jour dans la figure, mais durs, fixes, ils trahissaient sa détermination retrouvée. Non, elle n'allait pas abandonner. Dans sa tête, elle revit la fois où, dans un cul de sac de la ville de Liverpool, elle se relevait tant bien que mal du sol enneigé où on l'avait laissée après l'avoir bourrée de coups de pied. Cassie. Elle était revenue pour les vacances de Noël et avait retrouvé la bande avec laquelle elle avait l'habitude de traîner et de s'en prendre à la petite Twain avant de partir à l'internat – qui s'était avéré être Poudlard, sauf que ça, Lyn ne le sut pas avant d'arriver elle-même au château. Ce soir là, elle s'était relevée à la manière d'un poulain qui vient de naître. Seule. Aujourd'hui, c'était bien pire. Ses muscles refusaient de lui obéir, ses jambes refusaient de la porter. Elle se retrouva bientôt à nouveau dans les bras d'Alec, après avoir tenté se mettre debout sans succès. De ses bras à elle, Lyn s'était accrochée au jeune homme. S'accrocher au jeune homme était, à cet instant, une manière pour elle de s'accrocher au monde. Pas la seule, elle aurait pu laisser le temps agir et se relever seule plus tard, car honnêtement, elle n'était pas près de mourir non plus. Pas la seule, donc, mais la meilleure. Et maintenant, elle voulait s'y accrocher. Le fond, apparemment, elle l'avait touché. Et elle ne pouvait pas aller plus bas, la seule possibilité était de s'accrocher à quelque chose pour s'en éloigner, du fond, pour monter... et pour pouvoir le toucher à nouveau plus tard.

Un sourire finit tout de même par apparaître sur ses lèvres alors qu'elle sentait en dessous d'elle le lit du professeur et comprenait, avec un peu de retard, ce qu'Alec lui avait dit plus tôt. Sauf qu'ensuite, il posa la question fatidique, celle qui impliquait un retour en arrière sur ces choses qu'elle aurait juste voulu oublier, sur cette merde comme il disait, et le sourire disparut, au profit de larmes qu'elle n'avait pas invitées mais qui se pointèrent quand même aux coins de ses yeux. Elle n'était pas assez forte pour les retenir, et le regrettait amèrement, mais elles accompagnèrent l'explication qu'elle lui fournit, et ce même si elle s'efforça de la faire la plus courte possible. En précisant bien sûr auparavant qu'il la prendrait pour une conne. Elle le savait, elle s'y attendait, pourtant, quand il le lui confirma, ce fut comme si elle se recevait une claque. Mais au fond, si ses pleurs augmentèrent, ce n'était pas à cause de ça. Elle ne pleurait pas parce qu'il lui avait dit que c'était très con, ça elle le savait bien, et quelque part, elle lui était reconnaissante de ne pas avoir menti sur ce qu'il pensait. L'hypocrisie, c'était la dernière chose dont elle aurait eu besoin en ce moment. C'était très con, ce qu'elle avait fait, mais elle ne le regrettait pas. Si elle pleurait, c'était parce c'était plus profond. Ces larmes qui roulaient sur ses joues, c'étaient des larmes d'impuissance. Parce qu'elle n'avait plus assez de forces pour crier d'impuissance. L'impuissance, ça vous fait pleurer ou rager, l'impuissance ça vous rend fou. Ne pas pouvoir dire la vérité sans se faire torturer, et ne plus arriver à prendre sur soi, à dire ce qu'ils veulent entendre, à rester dans l'ombre en les suivant comme des moutons débiles. Elle était à bout. De forces, de nerfs aussi. L'impuissance, c'était le fond. Les mains sur ses yeux, Lyn essayait une fois de plus de calmer ses pleurs, sa respiration, les battements de son cœur. Et Alec, accroupi devant elle, lui prit une de ces mains, découvrant ses yeux rouges dans lesquels il planta les siens, et la rassura, lui disant qu'elle était en sécurité, maintenant. C'était vrai, elle était en de bonnes mains... mais quant à être en sécurité ? Certes, le bureau du prof de DCFM était sans doute le plus protégé de tous, mais de toute manière, personne n'était vraiment en sécurité dans ce château. Et puis, ce n'était pas vraiment ça qu'elle voulait entendre, car ce n'était pas la sécurité ou la peur, le problème. Pourtant, elle leur était reconnaissante, et elle finit par se calmer. Elle avait besoin de se calmer, de se reposer. Elle était épuisée, c'était pour cela qu'elle se laissait si facilement avoir par les pleurs et le sentiment d'impuissance. Mais au fond d'elle, il y avait encore cette petite flamme qui brûlait, la poussant à aller de l'avant, à s'accrocher et à se battre. Ils n'étaient impuissants que s'ils se l'avouaient, s'ils y croyaient. Qui n'essaye rien n'a rien. Ils considéraient tous que c'était con, de ne pas suivre la masse. S'ils voulaient une masse, ils en auraient une, et ils pourraient la suivre, quittant celle créée par la terreur des Supérieurs. C'était un effet de masse qu'il faudrait créer pour pouvoir contrer celle des Supérieurs. Et la musique, c'était un bon moyen d'en créer. De transmettre des idées, opinions, sentiments. De rassembler des gens qui pensaient pareil, et de leur donner la force et l'espoir. Leur premier concert, en différé, avait eu des échos dans tout le château. Les idées étaient transmises. Le second, celui qui aurait lieu dimanche, et cette fois-ci en live devant un public de confiance, serait le second pas : le rassemblement. C'était à ce concert qu'elle pensait quand Alec partit chercher Maxence, l'infirmier, sur l'ordre de son cousin, et elle se promit qu'elle lui en parlerait, car après aujourd'hui, il était clair que oui, elle pouvait lui faire confiance.

Lyn faisait confiance à Logan, aussi. Elle avait compris qu'il cherchait à les aider, les préparer au mieux qu'il pouvait. Et quelque part, elle était désolée d'avoir échoué, de n'avoir pas su éviter le danger, comme il essayait de le leur enseigner. Mais elle s'était défendue. Des sorts, elle en avait jeté, dans cette salle du rez-de-chaussée où ils les avaient trouvés, Elias et elle. Ils, les trois supérieurs, contre lesquels elle n'avait absolument aucune chance. Elle le savait, mais elle n'avait pas voulu se laisser faire... comme d'habitude. Contrairement à Elias, soit dit en passant. Pourtant, tout avait été vain. Elle n'avait pas le niveau de magie nécessaire pour leur faire face. Et ce, même si elle était une des meilleures de son année, même si elle avait appris certaines choses toute seule – comme par exemple comment refermer une plaie, chose qui lui servira lorsqu'elle ira chercher Elias et étonnera ce dernier – et même si elle était le genre de personne à ne pas se laisser faire. Elle n'avait pas pu éviter son... destin, malgré tout ce que Logan avait essayé de leur apprendre. Ce n'était pas sa faute à lui, il n'y pouvait rien si elle avait été conne au point d'écrire et signer une dissertation diamétralement opposée à ce qu'ils voulaient lire, mais pourtant, il était là, avec Alec, à essayer de la tirer de la merde où elle s'était fourrée, à la soigner du mieux qu'il pouvait. Il lui tendit une potion, d'aspect dégueulasse... et de goût correspondant. Elle savait que s'il la lui faisait boire, c'était parce qu'elle allait l'aider. Malgré toute sa volonté de l'ingérer, elle eut besoin du professeur pour l'y contraindre, sinon elle lui aurait rendu la fiole quasi pleine. Mais même alors, le médicament ne resta pas dans son ventre, et, se levant au dernier moment pour attraper un récipient du genre bassine qui traînait plus loin, après avoir essayé de retenir les hauts-le-cœur qu'elle avait provoqués, Lyn la vomit. Elle leva vers les deux autres des yeux désolés, mais le regard du plus âgé fut... déçu et résigné à la fois ? Indescriptible mais inconfortable.

« Fait pas comme si tu ne l’avais pas rendue la première fois. »

Alec prenait sa défense. Une fois de plus, elle eut chaud au cœur. Même si au fond, elle n'en voulait pas le moins du monde à son cousin. C'étaient des cas, ces deux là, quand même. Si ressemblants et pourtant si différents. Elle ne les connaissait pas plus que de ce qu'ils montraient en expressions et disaient en paroles. Leur passé, leur enfance, leurs souvenirs... rien. Et eux, en retour, ne connaissaient pas les siens. Et pourtant, elle avait l'impression de... non, pas de tout comprendre, loin de là... mais c'était juste qu'elle se sentait vraiment à l'aise, avec eux autour d'elle, et ce malgré les piques qu'ils se lançaient à tout bout de champs, et malgré le regard exaspéré que le professeur savait si bien lui adresser. Avait-il oublié la fois où elle était venue critiquer sa pédagogie, et où il lui avait dit de ne pas venir pleurer quand quelque chose bouleverserait son petit monde à elle ? Cela ne l'étonnerait pas, après tout il avait plein d'élèves et elle ne signifiait rien de très particulier pour lui, n'était qu'une gosse parmi d'autres. Mais en ce qui la concernait, elle n'avait pas oublié, c'était tout de même son prof de DCFM, et elle avait fait perdre 200 points à Serdaigle ce jour là, chose que certains de ses camarades ne lui avaient pas encore pardonnée. Elle n'avait pas oublié, et si elle n'avait eu ne serait-ce qu'un peu plus de forces pour écouter sa fierté et se tenir loin de Rivers, elle l'aurait fait volontiers. Pourtant, quand il la regarda, elle sut qu'il ne lui tenait plus rigueur pour ce qui s'était passé et dit quelques mois plus tôt. Il s'inquiétait pour elle, malgré ce qu'il lui avait dit l'autre jour, comme quoi il y avait Maxence ou Ismaelle pour les chouchouter, en gros. Il s'inquiétait pour eux tous, c'était pour ça qu'il était si exigeant et dur avec eux en cours, parce qu'il voulait les préparer, les protéger. Et, à l'examen de DCFM, c'était un Protégo qu'elle avait jeté. Sans attendre, sans réfléchir, réflexivement – et tout ça était bien, du moins d'après elle – mais un Protégo ne suffisait pas, elle en avait fait l'expérience samedi. Si elle avait eu un peu plus de temps, elle aurait enchaîné sur un Petrificus Totalus, mais ça, il ne le savait pas ni ne voulait le savoir, de toute manière. Auto-critique ? Elle avait les bases, et les réflexes... mais pas encore l'audace. Elle savait qu'elle ne serait pas capable de torturer ni tuer quelqu'un, et ne voulait pas l'être, même si ce serait sans doute le plus efficace.

Elle avait un autre genre d'audace. Celui de dire ce qu'elle pensait quelles qu'en soient les conséquences, celui de n'avoir qu'une parole et de défendre ses opinions ouvertement. Et, oui, elle savait que ce n'était pas en se mettant en première ligne qu'elle obtiendrait autre chose que des larmes ou du sang. Elle en était bien consciente, et maintenant elle en avait même fait l'expérience. C'était ainsi, et tant que Walters serait à la tête de cette école, ça le resterait. La seule manière de ne pas souffrir était de rester caché et ne rien faire, et même là, c'était pas sûr que le hasard ne fasse pas mal les choses. Car il n'était pas rare qu'ils frappent au pif, tout simplement, pour évacuer leurs pulsions ou je ne sais quoi. Après, c'était vrai qu'il y avait aussi l'option de passer de leur côté. Mais pour les gens comme Lyn et Alec – et Enzo et Killian et Emily et tant d'autres – il n'y avait pas trente six mille manières de faire. Ils se feraient choper, et avec eux leurs amis, quoi qu'ils fassent pour ne pas les mettre en danger. La jeune femme avait interrompu la discussion des deux cousins pour se placer du côté du plus âgé, car il avait raison, et Alec le savait aussi, raison pour laquelle il ne répondit rien cette fois-ci. Il se contenta de la regarder et d'hocher la tête. Tout comme Logan auparavant, Lyn n'attendait pas vraiment de réponse. Toute réponse aurait en fait été une excuse, un mais. Yavait des choses qu'on ne pouvait pas influencer... mais yen avait d'autres contre lesquelles il fallait essayer de se battre, et, même si ça ne serait pas une très belle manière de leur témoigner sa reconnaissance pour ce qu'ils avaient fait pour elle, elle referait ce qu'elle avait fait si c'était à refaire. Et ça, elle le leur dit. Comme pour les prévenir, et s'excuser d'avance au cas où ça finirait de la même manière que cette fois là. C'était Logan Rivers qu'elle regardait en le leur disant, même si Alec le méritait tout autant – mais elle aurait bien d'autres occasions de s'excuser auprès de lui plus tard, tout comme elle comptait lui parler du concert de la résistance prévu pour dimanche –, et il eut une expression étrange du visage. Lui qui d'ordinaire montrait clairement ce qu'il pensait des choses ou personnes, était, cette fois-ci... inexpressif ? Blasé ? Indécis ? Elle n'aurait su dire à quoi s'attendre, et dans le cas du professeur, c'était plutôt frustrant. Il avait probablement eu un moment de vide ou au contraire de réflexion intense, avant de cligner des paupières, hocher la tête, et prendre la parole.

« C’est stupide… mais respectable… »

Ce fut au tour de la jeune fille de rester de marbre, un peu prise de court par une telle remarque. Stupéfaite, pour être plus précis. Si elle s'était attendue à ça, pas le moins du monde. Et pourtant, maintenant que c'était dit, ça ne l'étonnait pas du tout de lui. Quoi qu'il en soit, une fois de plus, il n'attendait pas de réponse, et d'ailleurs il enchaîna.

« .. Tant que personne n’est mis en danger par ton besoin d’agir du moins.. »

Ah. Grosse douche froide, après le petit succès. Car oui, se faire qualifier de respectable par le prof de DCFM, c'était tout de même quelque chose. Mais il avait visé juste, encore une fois. Elias prenait cher à cause d'elle. Elle ne se le pardonnerait sans doute jamais. Serrant les mâchoires, elle s'efforça de ne pas trop mettre à l'évidence l'effet que ça lui fit. Elle haussa les épaules. Après tout, elle leur avait déjà dit que, même en restant tranquille, on n'était pas sûr d'éviter les ennuis à ses proches qui n'auraient rien demandé non plus. Meilleur exemple qu'elle avait en tête : ses parents. Ils n'étaient pas morts parce qu'elle aurait fait quelque chose qui aurait mis les supérieurs en colère. Depuis ce fameux jour de septembre 2012, elle s'était tenue plus ou moins à carreaux, et même si elle prenait régulièrement la défense d'une victime d'injustice, même si elle affirmait devant ses amis qu'elle était contre les supérieurs, ils n'avaient aucune vraie raison de s'en prendre à sa famille. C'était pas comme si elle avait créé une émeute ou quoi que ce soit d'autres du genre. Pourtant, si elle décidait de les visiter désormais, ce serait au cimetière. Alors, si déjà sans agir, les autres étaient en danger, il était plutôt logique qu'en agissant, ils le seraient aussi... Mais il avait raison, son besoin d'agir n'était respectable que si personne d'autre qu'elle ne courait de risques. Et rien qu'Alec dans les sous-sols, et désormais tous les deux, étaient en danger, théoriquement, pour avoir l'avoir aidée. Mais elle avait besoin d'agir, comme il le disait, et quelque part, elle en était peut-être au stade où elle devait considérer les malheurs de ses amis comme part du voyage, car elles étaient inévitables. C'était triste, rageant, dégoûtant, mais c'était ainsi, s'attarder dessus ne ferait que l'affaiblir, se retournait ne ferait que la retenir vers l'arrière.

« Ça me semble inévitable... Regardez : je vous ai rien demandé, et pourtant vous prenez des risques... pour moi. Je déteste ça, je vous assure que je m'en veux, et... »

Et pourtant, je n'ai pas le choix, car vous ne me le donnez pas. C'est vous qui avez décidé de m'aider, je n'y pourrais rien et je le sais très bien. C'était ça qu'elle avait compté dire, plus ou moins, sauf qu'elle se sentit défaillir à nouveau, prise de vertige, et dut s'interrompre, fermer les yeux, et essayer de ne pas s'écrouler en s'accrochant encore plus à l'espèce de commode contre laquelle elle s'appuyait précédemment. Elle entendit le professeur esquisser réflexivement un pas en sa direction, et après avoir passé une main dans ses cheveux pour les écarter de son visage, elle lui sourit difficilement pour le rassurer. Quand Alec prit la parole pour demander à son cousin de laisser souffler la jeune femme, ce fut vers lui qu'elle se tourna, et son sourire timide se transforma en une faible marque de complicité. Lui et son ironie... Il la prit par le bras et l'accompagna à nouveau jusqu'au lit de son cousin, la retenant de tomber quand le genou de la jeune fille se déroba légèrement. L'aîné voulut alors savoir comment elle allait, et elle répondit sincèrement que mieux, le remercia, puis émit l'idée d'aller sauter sur un trampoline. Elle ne savait pas si ça détendrait un peu l'atmosphère, mais elle ne voulait pas non plus leur dire qu'elle était courbaturée et endolorie de partout. En tout cas, même si elle l'avait revomie, la potion semblait l'avoir revigorée un peu. N'empêche qu'elle avait quand même un peu soif, et elle demanda un verre d'eau. Le professeur de DCFM se retourna sans attendre et se dirigea vers une armoire.

« Merci... »

lui dit-elle d'avance. Puis à nouveau, la voix d'Alec parvint à ses oreilles.

« Hey, fait une pause dans ta fierté de femme forte et résistante d’accord ? Reposes-toi un peu. »

Elle lui sourit, dans le genre "désolée" et expira, relâchant ses épaules. C'était vrai qu'elle était un peu tendue, à s'efforcer de ne pas défaillir, à obliger ses yeux à rester ouverts. Mais elle le faisait parce qu'elle le voulait, elle voulait rester avec eux. C'était à croire que leur compagnie lui faisait du bien. En même temps, après celle des Supérieurs, même un tête à tête avec Logan Rivers était le paradis. Oui, elle voulait rester avec eux, parler normalement, échanger des sourires. Ça lui faisait vraiment du bien et même si son corps criait de fatigue, son esprit, lui, n'avait aucune envie de dormir. Elle voulait se sentir normale. Elle voulait se sentir entourée, car elle était trop crevée pour refuser, justement, la compagnie des autres. Elle se connaissait, et elle savait bien que d'ici quelques jours, ou peut-être quelques heures, elle serait en train de s'isoler pour éviter les questions, les regards, la compagnie. Mais là, mine de rien, sa fatigue et leur présence lui permettait de ne pas penser à sa famille, à Elias, à ses blessures, toutes ces petites tragédies qui finiraient sans aucun doute par l'avoir, alors d'ici là, elle voulait en profiter.

« Je t'énerve, hein ? Je veux pas dormir, Alec... j'veux rester là, vous regarder, vous parler... »

Sa voix se brisa. Voilà qu'elle avouait qu'elle avait besoin d'eux, en quelques sortes. C'était le monde à l'envers : Lyn, partager ses problèmes avec les autres, demander de l'aide ? Ça ne lui ressemblait vraiment, vraiment, pas. Pas pour ce genre de choses. Encore, pour des cas moins importants, elle n'avait pas de problèmes de se tourner vers les autres et d'accepter leurs conseils, de se laisser aider, car elle était assez lucide pour voir ses faiblesses et les accepter. Mais ses problèmes personnels, elle les avait toujours réglés seule. Même si, peut-être, il ne le comprendrait pas ainsi, c'était en réalité bien un service qu'il lui rendrait s'il continuait à discuter avec elle, sur ce ton détaché et blagueur qu'elle appréciait tant chez lui. Il ne voulait rien savoir de précis, il savait si bien rester discret ! C'était un service, et elle comprendrait tout à fait qu'il ait d'autres chats à fouetter. Enfin, elle en serait sans doutes un peu déçue, mais au fond, elle savait bien qu'elle devait le faire chier avec ses petites histoires, et qu'il en avait marre de la regarder souffrir en silence. Alors, pourquoi lui avait-elle dit ça ? Elle détestait tellement qu'on s'inquiète pour elle, qu'on s'occupe d'elle, qu'on s'oublie pour elle... Et là – qui l'eut cru ? – même Logan prenait soin d'elle jusqu'à lui tendre un verre d'eau. Elle le prit, le regarda dans les yeux en le remerciant encore une fois, puis le porta à ses lèvres lentement. La première gorgée lui fit un bien extrême. La seconde par contre lui donna l'étrange impression qu'elle partait, alors que ça aurait dû être le contraire. Perplexe puis outrée, elle écarta le verre et, peinant à garder les paupières ouvertes, jeta des regards d'abord affolés puis accusateurs et indignés aux deux hommes tour à tour.

« Héé, que.. qu'est ce qui.. se passe ? Al.. Monsieur ! »

Sa voix devint chuchotement, et finalement elle fut plongée dans le noir, tout en restant, intérieurement donc vainement, en colère contre tous les deux. Elle dût se rendre à l'évidence que ce qu'elle avait bu n'était pas de l'eau, mais une boisson qui la plongerait dans le sommeil. Exactement ce qu'elle voulait le moins... mais aussi exactement ce dont elle avait le plus besoin. D'accord, l'intention était sans doute bonne, et quelque part elle était reconnaissante à son professeur de DCFM de n'avoir pas hésité et de lui permettre de reprendre des forces peu importe le moyen utilisé, car se connaissant, elle aurait refusé longtemps encore, ce qui d'un certain côté n'était pas l'idéal pour son état. Mais pourtant, elle lui en voulait, et se sentait trahie. Lorsqu'on la poussa sur le côté de sorte à ce qu'elle pose sa tête sur le coussin, elle ne résista pas. En fait, c'était un peu comme quand Alec l'avait trouvée et prise dans ses bras, dans les sous-sols. Yeux, bouche, membres... elle avait perdu le contrôle, la capacité de les faire bouger. Le seule mouvement qu'elle fit fut complètement involontaire et réflexif, lorsqu'elle posa sur le matelas une partie encore douloureuse de son corps, sauf que même après avoir changé de position en grimaçant, elle continua à avoir mal à l'endroit qui avait pris le relais. Probablement, son corps était plein de bleus et de courbatures, contre lesquels il n'y avait que le temps comme remède. Elle percevait ce qui se passait autour d'elle, mais ne réagissait pas autrement que par pensées.

« Bah quoi ? Elle voulait faire du trampoline. »

C'est pas une raison ! Et c'était une blague, d'ailleurs.

« Elle est peut être moins têtue que nous hein tu sais. »

Je répète, c'était une blague, têtue ou pas-têtue. Mais merci de prendre ma défense...

« J’en doute. »

Et t'as bien raison. N'empêche que, encore une fois, c'était une blague. Tu connais le concept de la blague, rassure-moi ! Bref, ça ne sert à rien de m'énerver contre vous, de toute manière vous vous en contre-foutez. Et puis c'est sans doute mieux ainsi, au moins vous pouvez allez vous occuper de vos propres affaires, je suis plus là pour vous faire chier. Mais promis, je reviendrai pour vous remercier, vous n'y échapperez pas, et ce même si je dois faire perdre deux autres centaines de points à ma maison.

« Tu sais que mettre des protections pareilles sur ta porte, c’est moins pratique quand il y a une urgence ? Laissez-moi voir. Elle.. »

Voix inconnue au départ, mais la jeune Raven comprit peu à peu qu'un infirmier était rentré, et ce sans grande discrétion, dans le bureau de Logan Rivers. Et c'était à ce genre de situations qu'elle aurait bien aimé assister, c'était ce genre d'expressions qu'elle aurait voulu voir. Car à en juger de son interruption en début de phrase, l'infirmier en question venait d'apercevoir le lit sur lequel elle était allongée. Oh non... avait-il imaginé le pire ? Lyn fut prise de remords. Non, elle n'était pas morte, putain, alors continue à parler, et quitte ce ton horrifié. Ne comprenaient-ils pas que s'inquiéter pour elle était la dernière chose qu'elle attendait d'eux, et que ça ne ferait qu'aggraver son état ? Elle se répondit toute seule : non, ils ne le comprenaient pas, car ils n'avaient aucune manière de le savoir. Elle n'arrivait même pas sourire, ou bouger le petit doigt pour leur montrer qu'elle allait bien, qu'elle était là, qu'elle survivrait et qu'ils n'avaient pas de souci à se faire pour elle. C'était comme si on l'avait paralysée.

« Il l’a droguée. »

Exactement, merci Alec, c'était ça. Son oncle venait de la droguer contre sa volonté. En fait, il l'avait fait sans même la prévenir. Sans doute ne saurait-elle jamais si elle lui serait reconnaissante ou si elle lui en voudrait. Mais en fait, peu importerait, car de toute manière il s'en moquerait probablement complètement. Tout comme il se moquait du ton choqué, courroucé, horrifié, etc. de l'infirmier qui imaginait toutes les possibilités d'échec que pourrait avoir la potion que Logan lui avait filé, prétendument pour lui permettre de se reposer avant de faire une autre connerie. Merci bien, c'est très attentionné de votre part, vraiment. Et cette fois c'est ironique. Si au moins ils ne s'étaient pas mis à se disputer, elle aurait peut-être fini par se reposer vraiment, mais là, c'était presque un peu inutile, son truc, puisqu'elle pouvait les entendre s'insulter, et, si elle avait pu en placer une, elle leur aurait sans doute fait remarqué que c'était pas trop le moment. Finalement, elle entendit le rire d'Alec, qui marqua la fin de la petite conversation "amicale"entre les deux aînés. Alors, le professeur de DCFM expliqua à l'infirmier que la jeune femme était encore consciente, mais dans un état de somnolence. Au moins, il savait de quoi il parlait, ce qui était plutôt rassurant. Elle fit un effort et bougea un peu dans le lit, pliant les genoux et les ramenant un peu plus vers le haut. Mais ça la tuait que de ne rien pouvoir faire, de ne pas pouvoir leur indiquer qu'elle allait bien, et, surtout, de ne pas pouvoir continuer à leur parler.

« Hey Caitlyn, c’est Maxence qui est là, il va s’occuper de toi et te remettre sur pied en vitesse. Mais reposes-toi un peu quand même avant d’aller crapahuter dans le bureau de Walters pour tremper sa brosse à dent dans son pot de chambre ok ? »

Haha, ouais, d'accord.

Alec. Encore, et toujours. Se trompait-elle ou y avait-il vraiment une espèce d'affection amusée, ou d'amusement affectif, dans ce qu'il venait lui dire ? Avant aujourd'hui, la dernière fois qu'elle l'avait vu, qu'elle lui avait parlé, c'était quand il l'avait attrapée par le bras et attirée dans une salle où il s'était, relativement difficilement et à contre-cœur, excusé pour comment il l'avait rejetée, brisé les ponts. Il n'avait pas eu une période facile, elle l'avait bien compris par elle-même, sauf qu'il ne s'était laissé approcher par personne, n'hésitant pas à blesser les autres pour qu'on lui foute la paix. Ferait-elle la même chose ? Au fond, elle donnait souvent des conseils qu'elle ne respectait pas vraiment... Elle lui en avait voulu lorsqu'elle avait compris qu'elle ne pourrait pas l'aider, et qu'elle serait condamnée à assister à son désespoir sans rien pouvoir faire pour lui. C'était ce genre de choses que représentait son épouvantard, d'ailleurs : l'impuissance face à la tristesse de l'autre. Elle avait vraiment horreur de ça, des gens irrémédiablement déprimés. Elle avait toujours été trop sensible à ce genre de choses, voyait – sentait – immédiatement que quelque chose n'allait pas chez quelqu'un, et quand, dans le cas d'Alec, elle n'avait rien pu faire, ça l'avait vraiment touchée, et avec le temps elle en était venue à lui en vouloir. Mais lorsqu'il s'était excusé, elle avait eu la connerie de lui dire qu'elle était là s'il en avait besoin. C'était presque un peu de l'égoïsme, en fait. À toujours souffrir lorsque les autres étaient malheureux, c'était comme si elle s'aidait elle-même en les aidant eux. Elle avait voulu s'assurer qu'il ne lui referait plus jamais ça, qu'elle ne se tracasserait plus de le voir en mauvaise passe sans rien pouvoir faire. Et il l'avait mal pris. Comprendrait-il maintenant ? Bien sûr, ressortir cette histoire aurait été stupide. Mais lui, il était là pour elle. Comment cela se faisait-il qu'il n'accepte pas qu'elle soit là pour lui ? Elle avait envie de pleurer. Mais après ce qu'elle avait reçu à boire, il lui était impossible de se mettre à sangloter, hoqueter, ou autres choses qui impliquaient des mouvements. Seule et silencieuse, une larme roula sur sa joue et s'écrasa sur le coussin.

Au bout d'un moment, elle se sentit soulevée, et à nouveau sa tête se renversa vers l'arrière, ses cheveux pendant vers le bas. C'était parti pour la suite du voyage. D'autres escaliers, d'autres bruits aussi. Elle allait visiblement au septième, à l'infirmerie, et s'éloignait donc de plus en plus de l'endroit où elle avait laissé Elias. Elle ne le leur avait pas dit, et c'était mieux ainsi, car dès qu'elle en aurait la force et la possibilité, elle allait pouvoir s’éclipser discrètement et retourner le chercher comme elle se l'était promis. Si quelqu'un était au courant pour cette histoire, genre Alec ou Maxence, mais Logan aussi, ils l'auraient surveillée pour l'empêcher d'y retourner, elle le savait. Ou pire, ils y seraient allés à sa place. Hors de question, elle les avait déjà assez mouillés comme ça. L'idée était de les impliquer le moins possible, et alors qu'elle s'endormait définitivement sur un autre lit, sans doute un lit du Royaume de Maxence, elle s'imaginait déjà comment elle sauterait sur ses pieds à son réveil pour redescendre en Enfer et en sortir avec Elias, pour probablement le ramener à Maxence. Celui-ci ne serait sans doute pas content du tout, et si Alec ou Logan le découvraient, ils lui feraient des remarques eux aussi. Elle se promit qu'elle les trouverait pour les remercier et les serrer dans ses bras... dès qu'elle aurait retrouvé et ramené Elias.

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