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 « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn

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MessageSujet: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Mar 2 Juil 2013 - 23:12



Kezabel & Caitlyn
« I don't really know you, but I need someone to talk to. »


Jeudi 17.07.2014

Cela faisait une semaine, non, cela faisait plus d'une semaine, que Lyn était dans un état qui ne lui ressemblait pas du tout, et pour une fois, elle n'essayait pas de le cacher, elle n'essayait pas d'avoir l'air normale, joyeuse comme à son habitude, fofolle quand ça lui prenait, vive... Elle savait qu'elle n'arriverait pas de toute manière, c'était trop fort, trop grand, pour le cacher, alors elle suivait simplement les autres, continuait un semblant de vie avec eux, en essayant de participer aux conversations qui seules étaient capables de la distraire de ses pensées autrement bien trop déprimantes. Avant, c'étaient les examens qui occupaient son esprit en majeure partie, même si elle ne pouvait pas s'empêcher de parfois dévier le cours de ses pensées, avant de s'obliger à se concentrer de nouveau. Et puis il y avait ces trois fameux jours qu'elle avait passés, ainsi que son copain, avec les supérieurs qui manifestement n'avaient pas apprécié ce qu'elle avait écrit dans sa dissertation à l'examen d’Étude des Moldus. C'était le but, certes, mais elle ne croyait tout de même pas qu'ils prendraient des mesures si rapidement. Ils auraient pu rentrer dans la salle une heure plus tard, ou deux, ça lui aurait suffi pour faire ce qu'elle voulait faire, à savoir tout raconter à Elias. Ce qui lui importait depuis qu'elle était sortie, c'était de ne pas attirer trop de monde, qui n'avait rien demandé, comme Elias, dans ce ravin dans lequel elle était descendue à toute vitesse, plus vite encore qu'elle ne l'aurait cru, et duquel elle n'arrivait pas à s'extirper. Pas encore, du moins, et elle savait qu'en soi ce n'était qu'une histoire de temps. Sauf que là, plus d'une semaine venait de passer, et elle avait encore l'impression d'y être, tout au fond, à l'étroit entre des parois lisses, sans possibilité d'en sortir. Peut-être était-ce parce que cela ne faisait que deux trois jours qu'elle avait réellement le loisir d'y penser.

Elle voulait s'accrocher à ce qui lui restait de vie, elle ne pouvait juste pas leur faire le plaisir de sombrer complètement. Il lui faudrait du temps, mais elle s'en sortirait, un jour, et alors, ils verraient ce qu'ils n'avaient encore pas vu. Puisqu'elle n'avait, au point où elle en était, vraiment plus rien à perdre, elle n'aurait plus aucune raison de se retenir. Elle voulait tout simplement les tuer, tous autant qu'ils étaient, elle était tellement furieuse, et tellement dégoûtée, qu'elle aurait voulu les exterminer l'un après l'autre. Ils avaient osé, ils avaient osé toucher à sa famille, sans raison. Elle n'avait jamais rien fait de gros contre eux, à peine quelques petites protestations, quelques sacrifices pour des moldus qui s'en prenaient plein la tronche, quelques interventions en faveur de leurs victimes, choses qui avaient bien sûr dû les énerver, mais à ce qu'elle sache, ils avaient d'autres chats à fouetter, et d'autres élèves avaient fait bien pire qu'elle. Vraiment, dans tout ça, elle ne se faisait pas trop remarquer, et jugeait ça même plutôt idiot de s'opposer à quelque chose qui nous dépasse, comme c'était le cas pour la quantité de supérieurs qui parcourait le château. Ils n'avaient aucune raison de s'en prendre à ses parents, aucune vengeance à prendre sur elle, d'ailleurs si ça avait été le cas, ils lui auraient dit eux-même qu'ils les avaient assassinés, en janvier. Mais là, c'était Matthew qui le lui avait appris, moins de deux semaines auparavant, et elle n'en revenait toujours pas. C'était un choc pour elle. Ça avait sans doute dû se passer pour d'autres, mais maintenant c'était comme si c'était encore plus vrai depuis que ça lui était arrivé à elle aussi. Ça prenait une dimension bien plus horrible et grave à ses yeux. Elle ne comprenait pas, et en même temps savait qu'il n'y avait rien à comprendre. Mais en tout cas, ça la dépassait, et elle ne cherchait même plus à le cacher.

Ce qu'elle cachait, en revanche, étaient les raisons de son état, les raisons de ses yeux vagues, vides et rouges. Pour ce qui était de sa descente aux cachots, ce n'était pas un secret pour aucune serdaigle dans son dortoir, et beaucoup de garçons de sa maison le savaient aussi. Peut-être avait-ce fait le tour du château, elle n'en savait pas grand chose, après tout, des disparus, il y en avait souvent, et elle n'aurait été qu'une entre plein d'autres. Elle n'était pas allée à l'infirmerie comme Elias, elle avait réussi à s'échapper dès le premier jour, ce qui avait empiré le sort de son copain, mais elle était revenue le chercher, et si elle était rentrée dans le royaume de Mr Wargrave, c'était seulement pour l'y amener. Ses plaies à elle, aucun infirmier, aucun médecin, ne pourrait les refermer de si tôt, car c'était son coeur qui saignait, qui continuer à déverser son sang partout, jusque dans son âme, et elle avait mal, horriblement mal, mais de l'intérieur. Et ça, il n'y avait que le temps qui pourrait le guérir, le temps et l'évolution psychologique. Elle allait s'en remettre, il fallait qu'elle s'en remette, et elle se faisait confiance pour savoir qu'elle réussirai un jour à s'en remettre. Mais elle n'arrivait pas à voir ce jour arriver, elle ne savait pas quand ce serait, combien de temps ça lui prendrait.

Elle essayait de ne pas ressembler à une zombie, aussi automatique que soit sa démarche et inexpressif que soit son visage. Il y avait des instants où elle se perdait de vue, mais d'autres où elle se retrouvait, et alors c'était son esprit logique, raisonnable, qui prenait le dessus, pour lui enjoindre de manger, bouger, parler, dormir... Elle réussissait plutôt bien à suivre un rythme de vie régulier, elle ne comptait pas leur donner ce qu'ils voulaient, à savoir sa vie. Et puis, il y avait toujours encore les autres, ses amis, et bien qu'elle ne comptait expliquer à aucun d'eux ce qui l'avait mise dans cet état, elle ne voulait pas les perdre pour autant. Elle avait essayé de remonter le moral à Aelie après s'être réveillée, en fin de matinée, et s'était rappelée à quel point elles étaient proches, à quel point les amis comptaient pour elle. Beaucoup de ceux avec qui elle s'amusait étaient seulement des connaissances, au final, et dès qu'elle n'allait pas bien, ils se tournaient vers quelqu'un d'autre, en attendant qu'elle soit de nouveau d'humeur à blaguer et à danser comme avant. D'autres étaient trop curieux, et elle avait dû faire comprendre à beaucoup d'eux plus ou moins sèchement et méchamment qu'elle ne comptait pas leur dire ce qu'elle avait, donc ça en avait vexé ou au moins blessé pas mal. Mais sinon, vraiment, les amis comptaient pour elle, et elle ne voulait pas les perdre. Les bons reconnaîtraient, comme elle-même l'avait reconnu, que ce n'était qu'une histoire de temps, et qu'il ne fallait pas insister. Elle avait passé l'après-midi dehors avec un groupe de jeunes gens de son âge, après avoir mangé assez même si ce n'était pas pour le goût mais plutôt pour l'effet. Maintenant, elle était toute seule. Elle avait décidé qu'elle se promènerait un peu sans personne autour d'elle, même si du coup il lui était plus facile de penser à des choses auxquelles il ne fallait pas penser. Elle comptait remonter à son dortoir mais voulait continuer à marcher un peu puisque dans les deux cas elle serait seule, alors elle arpentait les couloirs du cinquième étage.
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Mer 24 Juil 2013 - 22:16

J’ai couru, jusqu’à n’en plus pouvoir. Pour échapper à cette folle. A ses griffes, à son sadisme. Elle était capable de tout et lorsqu’elle saura que son gentil petit mouton n’avait pas vraiment réussit la mission qui lui a été confié, je me doutais bien qu’elle n’allait pas me serrer dans ses bras en me chuchotant gentiment que ça n’était pas grave. Non non, elle ‘était bien trop atteinte pour ça Mlle Hunt. Elle voulait qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil, comme un gentil Elfe de Maison sous le joug d’un sorcier.

Tu pouvais rêver. Je ne me laisserais pas faire comme ça.

Quoi vous comprenez rien ? On récapitule ? Très bien…
J’ai d’abord pu faire plus ample connaissance avec Caem et je dois bien avouer que c’est un garçon adorable. C’est le genre de mec que tu ne peux pas détester, toujours le sourire aux lèvres, doux comme un agneau et en plus, avec une conversation agréable. Je l’appréciais beaucoup et il me le rendait bien. C’était sans compter un sbire de nos potes les Supérieurs pour venir nous enquiquiner. Ca a tourné en bain de sang. Et ça, jamais je me le pardonnerais… Et je crois que sa copine non plus. Une vraie furie. Pire qu’une Lionne voulant défendre ses petits. Il n’y avait pas une journée où je ne pensais pas à Caem, si j’avais un peu plus fermé ma grande bouche, il n’aurait pas attérit direct à l’infirmerie… J’avais une dette envers lui. D’ailleurs, il fallait que je le voie. Pour m’excuser. Me racheter, me faire pardonner.
Puis après est venu le tour de Loar où, là autant dire que c’est pas le grand amour. J’l’aime pas, il m’aime pas, fin de l’histoire. Y a des personnes comme ça où ça passe pas. Avec ses grands airs princiers, celui qui se croit au dessus de tout le monde, celui qui pense que nous sommes tous arrogant et sans principes. Peut-être qu’un jour on se comprendra tous les deux… Qui sait ?

J’enchaine avec une course poursuite dans la Forêt Interdite avec Riley. Tout ça à cause de ses abrutit qui nous surplombe par leurs pouvoirs. Grâce à eux, on a fait connaissance avec Mme L’Accromentule et croyez moi, c’est devenu notre meilleure pote. Ah sisi, vraiment, tellement qu’elle nous a servit de coach pour que nous puissions retrouver la forme en sprintant au travers la forêt… Bordel. Quand j’y repense, sans Enzo, nous serions encore entrain de macérer dans son ventre. Dans notre malheur, nous nous étions trouvée elle et moi, et il ne fallait pas être devin que quelque chose de particulier était né entre nous, une sorte de lien, étrange mais rassurant. Nous n’avions pas à faire semblant l’une envers l’autre, à se paraitre du masque du bonheur pour mieux cacher nos fissures. Nous étions vrais, à vif. Un miroir.
Et pour clore cette magnifique brochette : Phaedre Hunt. La Sorcière. Elle avait réussit grâce à ses soit disant dons divinatoire à me faire flancher. Et à présent, j’étais obligé de manger dans sa main, comme un vulgaire pantin… Elle avait jouée de cette fissure au creux de ma paume, celle qui traduisait la perte de ma mère, la cassure, le vide et le trou béant au creux de ma poitrine. Un manque que personne ne pourrait combler, rien, ni les mots, ni les sourires. Et pourtant, j’étais encore là, à étirer les lèvres dans un semblant de joie.

Comment un simple esprit humain pouvait autant encaisser et ne pas devenir fou ? Chacun ses forces et surtout, chacun sa résistance… Moi-même je ne savais pas comment je me maintenais dans la conscience, dans l’esprit sain. A quoi je me raccrochais au fond ? A mon frère, mon père ? Etait-ce réellement suffisant… Je sentais que de jours en jours, je lâchais prise, je m’enfonçais doucement mais sûrement dans le néant. Le point de rupture n’était pas loin, mais ça n’était pas pour aujourd’hui. Je pouvais tenir, puiser tout ce qu’il restait de force en moi pour me maintenir debout.

j’étais comme ça, point. A chercher le meilleur là où tout le monde ne croyait plus le trouver. Je n’affrontais pas de plein front mes problèmes et encore moins mes souffrances. Je les fuyais, comme la peste. Pour ne pas flancher, ni me briser. Il me fallait rester droite, au moins pour ma mère. Qu’aurait-elle pensée de moi si elle me voyait ainsi ? Bon dieu… qu’est-ce qu’elle me manquait.

Ne commence pas...

D’un geste, je chassais les images de ma tête. Fuir, cette fois le danger et non tes angoisses. Cours loin et vite, échappe-lui du mieux que tu peux…

Choc. Violent. Putain mais est-ce qu’un jour … j’arrêterais ? Je me retrouve un mètre plus loin, le souffle presque coupé. Le sol amorti ma chute.. Enfin si on pouvait appeler sa amortir.. Car une douleur submergea ma colonne vertébrale et se rependit aussi sec en plein milieu du cerveau. Je me passe une main sur le front, encore sonné. Ma vue brouillée par le choc, je reprends peu à peu mes esprits. Ma tête bordel… Pire qu’un tambour en fanfare.

Le corps un peu tremblant, je me lève pour constater que j’avais couru tête baissée en plein dans une jeune fille à peine plus jeune que moi. Ah bah bravo Keza, la championne des gaffes. Je savais que j’étais d’un caractère « Rentre dedans » mais là, tu dépasse tout. Affolée, je me précipite vers elle. J’espère que je ne lui ai pas fais mal…

« Eh ! Ca va ? t’es pas blessée ? »

Dis moi que non hein, sans déconner… Fébrile, je l’aide à se relever, me mordant la lèvre.

« J’suis désolée, je t’ai pas vu arriver, j’aurais pas du courir comme ça comme une folle hystérique. »

Le souffle encore écourté par mon sprint – a croire que j’étais née pour ça… -, je lui décoché un sourire plein de désolation. En espérant que tu n’avais rien de casser… Je la détailla. Brune, cheveux longs, minois d’ange, il me semblait l’avoir croiser de temps à autre. En tout cas, on peut dire que pour un premier contact, celui-ci fut renversant ….

HAHA jeux de mots pourris….

Le teint livide, elle me paraissait au bord du précipice. Sûrement le choc qui l’avait pas mal secouer. En douceur, je l’approcha du mur, au cas où.

« J’espère que je t’ai pas fais trop mal ».
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Lun 29 Juil 2013 - 14:13

« Aïe ! »

Elle s'était retenue de ne pas hurler... et n'avait fait que crier. Elle avait reçu quelque chose dans son ventre, celui-là même qui s'était pris une bonne vingtaine de coups de poing sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit contre et qui en était sorti violet, celui-là même qui avait été la cible et l'épicentre des Doloris qu'elle n'avait pas comptés... Elle avait été soignée, ses côtes cassées s'étaient recollées grâce aux sorts de Logan Rivers, mais elle avait toujours du mal à monter les escaliers, alors que quelqu'un lui fonce dedans n'avait franchement rien d'agréable. Au contraire, une douleur fulgurante l'avait traversée toute entière. Et lorsque son cul avait touché le sol dur, elle avait été entourée de noir et elle avait eu l'impression que sa tête explosait, une fois de plus. Elle serra la mâchoire et porta ses mains à ses tempes. Lentement, elle se contraignit à ouvrir ses paupières qui s'étaient crispées sur ses yeux. Elle n'avait toujours pas compris ce qui lui était arrivé. Apparemment, ce n'était pas un supérieur, puisque, si ça avait été le cas, il n'aurait certainement pas perdu du temps pour enchaîner avec un autre sort ou une autre manière de lui faire mal. Mais elle n'avait pas le droit de se fier à des suppositions, il fallait qu'elle s'en rende compte par elle-même, qu'elle le voie de ses yeux. Elle lâcha sa tête pour poser ses bras au sol et pousser dessus afin de s'asseoir en grognant. Et là, quelque chose arriva sur elle à toute vitesse. Ou plutôt quelqu'un. Une jeune fille, apparemment, et tout dans ses mouvements traduisait qu'elle paniquait. Elle lui demanda si ça allait, si elle n'était pas blessée. Elle secoua vivement la tête, puis regretta amèrement car une avalanche se déchencha à l'intérieur.

« Non non, tout va bien, ça va, tout va bien. »

Laisse moi tranquille, pitié. Laissez moi tous tranquille, je veux être... seule ? Vraiment ? Voulait-elle réellement être seule ? Il n'y avait rien de moins vrai. Elle ne voulait pas être seule, elle ne voulait pas qu'on l'abandonne. Elle était déjà trop seule. À cause d'eux. Elle avait perdu sa famille, elle avait failli perdre Elias, et tout ça c'était leur faute. Alors, même si elle était distante et froide avec tout le monde, par pitié, qu'on ne l'abandonne pas. Elle avait parlé d'une voix à peine audible et très rapide. Elle sourit faiblement. Elle se releva grâce à son aide. En fait, ça allait tout sauf bien, mais ça, l'autre ne le saurait pas. Du moins, ce n'était pas prévu... Lyn ne voulait pas que quiconque sache qu'elle n'allait pas bien, même si c'était évident. En fait, elle ne voulait pas s'étendre sur les raisons de son état, elle ne voulait pas se plaindre, raconter sa vie, ses petits malheurs. Elle n'était pas quelqu'un à se donner en spectacle, même si elle était très sociale, elle jouait solo, et ne voulait pas ennuyer les autres avec ses histoires. L'autre avait l'air vraiment navrée pour ce qui s'était passé, apparemment elle courait comme une "folle hystérique" et lui avait foncé dedans. Maintenant, elle était là, debout devant elle, à l'inspecter du regard. Oh non, pitié, pas ça. Pas maintenant. Lyn savait qu'elle n'avait pas vraiment l'air de quelqu'un qui allait bien, en ce moment. Elle essaya de lui sourire, de paraître rassurante.

« C'est pas grave, je t'assure, t'inquiètes pas ! »

Quoi ? Pourquoi tu dis ça, espèce de gogole ? Pourquoi tu mens, pourquoi tu feins que tout va bien alors que rien ne va ? Peut-être parce que je ne veux pas qu'on s'inquiète pour moi, qu'on me pose des questions embarassantes, que je doive répondre à des questions embarassantes surtout ! Et pourtant, la seule chose dont Lyn rêvait, c'était de déballer son sac. Mais non, elle allait bien. D'ailleurs, pas la peine de faire cette tête inquiète, ni de l'approcher du mur, elle ne comptait pas faire de malaise... ELle n'avait jamais encore fait de malaise, elle ne s'était jamais encore évanouie, même sous les coups de la bande de Cassie qui s'amusait à la martyriser, jadis. Plus tard, avec la douleur des Doloris des Supérieurs, elle avait perdu conscience plus facilement, et d'ailleurs la dernière fois n'était vraiment pas loin – ça remontait au week-end dernier, et on était jeudi. Mais elle ne pensait pas qu'elle pourrait le refaire maintenant. Seulement, elle avait apparemment mal calculé son coup, mal estimé ce de quoi elle serait capable, car soudain, la tête lui tourna un instant avant qu'elle ne ferme les yeux pour faire le noir, et elle sentit le mur de pierre froide contre son dos puis sous ses fesses. Non, elle ne s'était pas évanouie – elle percevait encore ce qui se passait autour – mais c'était tout comme. Elle avait glissé le long du mur en essyant de ralentir sa descente grâce aux muscles de ses jambes qui s'étaient retrouvées pliées contre sa poitrine. Tant mieux. Elle les entoura de ses bras, y cacha son visage, et bientôt, elle fut secouée de sanglots incontrôlables. Elle n'en pouvait plus, vraiment, elle était à bout, encore une fois. Ce n'était pas la première fois cette semaine qu'elle pleurait, mais jusque là, elle avait réussi à ne pas le faire en public, à se le réserver pour quand elle était dans son lit, derrière des baldaquins protecteurs. Maintenant, elle craquait et elle ne pouvait ni ne voulait pas se retenir. C'était trop. Elle n'en voudrait pas à l'autre si elle se barrait, ne voulant pas tenir compagnie à une folle inconnue. Mais si elle restait, Lyn s'en foutrait, elle n'avait tout simplement plus la force d'aller bien.
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Mar 6 Aoû 2013 - 14:47

Je n’étais qu’un amas de ressentis, d’angoisse, de cauchemars. Trop de choses en si peu de temps et toujours cette impression de me regarder d’en haut. Que mon esprit n’est que le simple spectateur de ce qu’il m’arrivait, comme si je me rangeais aux côtés d’une fatalité. Si tout avait pu se limiter à cette course poursuite avec Riley, tout aurait été beaucoup plus simple. Tout aurait été aussi plus évident si je n’avais pas croisé le chemin de Phaedre, si elle ne m’avait pas montré dans cette foutu boule de cristal le visage de mon père et d’Adam. Je n’en avais pas dormis de la nuit et je me retrouvais maintenant à la fuir, comme un gibier prit en chasse par une horde de chien. Les cauchemars c’était fait incessant, fulgurant. Leur mort, Phaedre tenant mon frère par la gorge, de ses griffes acérées. Mais aussi… Ma mère, me serrant contre elle avec tout son amour. J’en ressentais un grand apaisement, jusqu’à ce que je lève les yeux vers son visage pour y retrouver à la place, les traits de Hunt. Elle m’obsédait, me terrifiait et surtout, me révoltait. J’éprouvais pour elle une véritable répulsion. Ses gestes quasi-maternels me restaient sur la peau, sa main fantôme caressant encore mes cheveux.
Tout n’était qu’un foutu cauchemar. Ce château, ses « Rois », cette haine, ces tortures sans nom. Cette manipulation… Et je perds une nouvelle fois le fil. Stop. Je me fais violence chaque jour, chaque heure pour ne pas céder à la panique, pour ne pas craquer, ne pas hurler. Un putain de pion sur l’échiquier, un de plus. Respire Kezabel, ce n’est pas encore aujourd’hui que tu toucheras le fond. A moins que tu n’y sois déjà ?


Mon propre souffle se répercutait contre les parois du couloir, n’ayant que pour compagnie le silence et cette jeune Serdaigle a qui je venais de donner un avant goût de Rugby, un sport que mon père regardait à la télé de temps à autre, où les joueurs passaient la partie à se rentrer dedans pour récupérer un ballon… Etrange, vous en conviendrez. Je me tenais les côtes car, mine de rien, le choc avait été quelque peu brutal et nous avais pas mal secoué. Je la portais avec délicatesse contre le mur, l’aidant à s’y adosser. J’espère que la pâleur mortuaire de son visage n’était pas due au choc de nos deux corps ou que je ne lui avais pas cassé quoi que ce soit. Et sincèrement, vu la faible teneur de sa voix lorsqu’elle me murmure que tout va bien, j’ai un furieux doute sur ce fait. Je la tiens par les épaules et me retiens de dire que son sourire, n’avait rien de convainquant. Je la scrute en douceur, reprenant en main mes habitudes douces face à la fragilité. Comme avec Adam. L’instinct d’être une grande sœur ne se perd jamais. Il est là, bien au creux de la poitrine. Exactement comme l’instinct maternel. J’avais une sensibilité et une empathie exacerbée et ses traits parlaient pour elle. Cernes profondes sous les yeux, visage blafard, les sourcils affaissé qui faisaient perdre toute crédibilité à son sourire qui se voulait rassurant. Le visage tiré de fatigue, d’épuisement. Il ne fallait pas être Freud pour comprendre qu’elle était tout simplement au bout, au bord du gouffre. Etait-ce réellement surprenant lorsque nous vivions ici ? Il suffisait de prêter un temps soit peu attention aux visages lorsque les élèves allaient en cours. Tous, ou presque, étaient au fin fond. Désespérant de ne pas voir la fin de cette haine voir prendre fin un jour. Certains se voilait la face, murmurant que chaque lieu avait son lot d’horreur, d’autre préférait garder sous silence les douleurs par crainte, par peur. Et a bien y réfléchir, s’ils avaient la corde au cou comme moi, il n’y avait rien de surprenant. Ils savaient comment s’y prendre, avec qui et surtout avec quoi jouer. Nous tenir en laisse.

« T’es sûre que ça va ? T’es vraiment pâle, j’peux aller te chercher un truc à grignoter ? »

Histoire que tu ne perdes pas connaissance et que tu ne me claque pas entre les doigts. Peut-être était-ce la phrase de trop, car avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, j’assiste pour la deuxième fois à une rupture. La première était Riley, au tréfonds de la forêt interdite, englobé par son angoisse, sa terreur, son épouvantard. Sous l’effet des émotions et les assauts de ce que nous avions vécu, son corps n’avait pu tenir plus longtemps le barrage des émotions. Effondrée sur le sol, elle avait baissée les armes, lâchée les brides et pleurer de tout son saoul. Sans interruption et en silence, je l’avais invitée à laisser libre court à tout ce qui l’alourdissait, a tout ce qui l’enchainait aux douleurs quotidienne. Ca n’était pas grand-chose aux yeux des autres, mais lorsque vous êtes persuadée d’être seule face au combat quotidien, un geste peut être perçu comme l’ultime d’une survie. Et en cet instant, c’était noué quelque chose d’irrévocable et surtout contre tout attente. Elle avait changée ma perception des autres, des Serpentards. D’ailleurs, il faudrait que j’aille la voir, prendre de ses nouvelles et parler, tout simplement.

Le tableau se reproduisait sous mes yeux. Je vis la jeune Serdaigle se rétracter, ramener ses jambes contre son visage. Elle reflétait en cet instant même l’image d’une petite fille, voulant retourner aux creux des bras de sa mère, cherchant la sécurité quelque part, peu importe, mais une sécurité tout de même. Perdu, déboussolée. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé avant que je ne lui rentre dedans, mais quoi qu’il en soit, elle n’en était pas moins anéantit. Et les sanglots furent légion, venant ébranler son corps frêle et je sentis une pointe de désolation s’insinuer au creux de mon estomac, oubliant ma propre peine. Profonds, les larmes se firent océans, pleurant une peine visible et certaine.

« Eh … qu’est-ce qu’il t’arrive ? »

Voix douce et tendre, je m’approche d’elle avec prudence, ne voulant pas rompre ce moment qui lui appartenait. Je m’adosse à mon tour et prend sa main dans la mienne, que je viens serrer sans faire mal, juste pour lui montrer que si elle pleurait en cet instant, ça n’était pas grave. Que ça arrive tout le monde en ces circonstances, que ça n’est pas toujours contrôlable. Moi-même je ne savais pas comment je tenais encore debout, comme je tenais face à l’adversité. Nous étions tous différent et chacun de nous vivions un moment de rupture à un moment donné. Mon tour viendra, j’en étais certaine mais ça ne serait pas pour aujourd’hui.

« Allez pleure un bon coup, ça ne fait de mal à personne de vider ses peines. »

Une autre main sur son genou, nous étions tous dans la même merde. Un peu de solidarité, ne faisait de mal à personne.
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Jeu 8 Aoû 2013 - 14:51

Des fois, on a juste besoin de tout lâcher. De laisser sortir la colère, de laisser couler les larmes. On ne peut pas toujours tout renfermer en soi. On ne peut pas vivre avec de la haine ou de la peine dans son cœur. C'est physiquement impossible, et craquer, pleurer un bon coup, ou frapper son coussin et s'épuiser fait du bien parfois. Lyn en était arrivée au stade où elle n'avait pas d'autre choix que de péter un plomb. Elle n'arrivait plus à se retenir. Elle était au fond, et le seul way out était de remonter la pente qu'elle avait dévalée. Ce serait lent, elle aurait besoin de temps. Mais la première chose à faire était de se défaire de ses émotions, de vider son sac. Le faire seule dans son lit n'aidait pas. Cela lui permettait simplement de survivre un jour de plus en feignant que tout allait bien et qu'elle n'avait pas besoin d'aide, mais le lendemain, c'était pire. Il y avait trop de choses, trop de drames. Deux ans durant, elle avait réussi à ne pas craquer, elle avait été assez forte pour faire abstraction, pour trouver d'autres spectacles que ceux, horribles, que leur proposaient les supérieurs. Elle avait réussi à s'amuser, elle était une habituée des fêtes, peu importait dans quelle maison ils avaient lieu. Elle était une éternelle bout-en-train, toujours à faire des blagues et à rire, à se promener dans le parc par n'importe quel temps. Elle essayait de ne pas trop être affectée par ce qui se passait autour. Elle était quelqu'un de très intelligent, et elle savait que si elle se prenait trop la tête avec ça, cela lui retomberait dessus. Alors, si elle assistait à une injustice, elle intervenait ; si elle se retrouvait devant de la tristesse ou de la colère, elle réconfortait. Mais en dehors de tout ça, elle était quelqu'un de vif, de joyeux, elle prenait pas mal de place dans les conversations, et personne n'aurait jamais cru qu'elle puisse avoir des problèmes personnels, car elle n'en avait pas. Du moins, elle ne pensait pas qu'elle en ait. Certes, il y avait Cassie, qui n'avait toujours pas arrêté de s'en prendre à elle pour une raison qui lui échappait, et il y avait les supérieurs qui quotidiennement lui rappellaient la laideur de la nature humaine et la faisaient même douter de leur humanité. Mais elle savait s'en défaire, les laisser derrière elle, et elle était de ceux qui supportaient bien le régime, qui n'étaient pas au fond du trou, aussi forts que soient son dégoût et sa colère envers ce qui se passait.

En deux quelques jours, tout avait basculé. Sa vision du monde, son attitude, ses habitudes. Tout avait changé, car elle était orpheline à présent. Elle était orpheline, seule au monde, et c'était horrible que de se dire qu'elle n'aurait plus jamais de maison où revenir, que plus aucune mère ne la serrerait dans ses bras, que plus aucun père ne l'emmènerait faire du tennis ou du ski, que plus aucun frère ne se mettrait à rire aux éclats sous ses chatouilles. Il y avait tellement de choses qu'elle aurait encore pu faire avec eux, tellement de choses qu'elle aurait dû leur dire, et ils l'avaient quittée, abandonnée à son sort, en subissant le leur. Assassinés, ils avaient été froidement assassinés par ces supérieurs qui occupaient toute l'école et qui avaient déjà torturé tellement de gens. Mais jamais elle n'aurait cru que... que ça lui serait arrivé à elle. Oui, c'était naïf, et surtout c'était égoïste. Mais elle ne s'était jamais imaginée qu'ils pourraient comme ça, sans raison, tuer ses parents, alors que c'était leur quotidien que de s'en prendre à des innocents. La nouvelle l'avait dévastée de l'intérieur. C'était Matthew, un moldu qui jadis avait été son voisin, qui lui avait appris, une semaine après son arrivée dans cette école de tarés. Il lui avait apris ce qu'il pensait qu'elle savait déjà depuis janvier. Car c'était en janvier que ses parents avaient quitté ce monde. Depuis janvier, sans même s'en douter, elle était seule, plus personne ne l'attendait nulle part sur Terre. Elle n'avait même pas assisté à l'enterrement. La dernière fois qu'elle les avait vus, c'était en septembre 2012, à Londres, quand elle était rentrée dans le Poudlard Express. Sa mère et son père, avec son frère Matthew entre eux, tous trois lui faisant des signes, se trouvaient sur le quai et elle s'éloignait dans le train à vapeur rouge et noir. Pour ne jamais leur revenir.

Maintenant, elle était là. Elle, cette fille qui lui avait foncé dedans, lui remémorant toutes les souffrances qu'elle venait d'endurer quelques jours auparavant, les sorts et les coups qu'elle avait reçus et qui avaient laissé leurs traces sur son abdomen. Non, Lyn n'allait pas bien, c'était évident. Elle lui avait souri, en lui assurant que tout allait bien, mais ce n'était que mensonge, et son teint pâle, ses cernes sous les yeux, son air crevé l'avaient trahie. Elle avait compris, l'autre fille. Elle l'avait doucement adossée contre le mur pour ne pas qu'elle s'écroule. Alors, Lyn était simplement descendue le long des pierres froides, pour se retrouver par terre, et se mettre à pleurer, pleurer. Elle était là, l'autre, elle était là comme une grande sœur qu'elle n'avait jamais eue, comme une mère qu'elle n'aurait plus jamais. Toute la douleur physique qu'elle lui avait rappelée s'était transofrmée en le souvenir douloureux de sa famille perdue et d'Elias qu'elle avait trahi. Les traces de torture qu'elle avait sur le ventre étaient comme le reflet des cicatrices, non, des plaies encore ouvertes de son cœur, de son âme. Et elle pleurait, pleurait. Elle entendit une voix douce mais surprise par la tournure que prenaient les événements. Elle sentit une présence à ses côtés, une pression autour de sa main, un contact sur sa jambe.

« Allez pleure un bon coup, ça ne fait de mal à personne de vider ses peines. »

Le genre de truc que dirait une mère, un père, n'importe quel parent aimant, comme l'étaient les siens. Maintenant, elle n'avait plus personne. Personne ! Il fallait qu'elle arrête d'y penser, c'était assez, elle avait déjà assez souffert comme ça à cause de ça. Et un autre avait souffert avec elle, alors qu'il n'avait rien fait, rien demandé, et n'était au courant de rien. Elias, son Elias, celui qui s'était écroulé trois fois d'épuisement et de douleur alors qu'elle essayait de le sortir de là où il se trouvait à cause d'elle. Celui qu'elle avait même cru mort, celui qui avait fermé les yeux, la tête dans ses mains, et dont le corps s'était immobilisé, dont les spasmes s'étaient arrêtés, dont les tremblements avaient cessé. Celui pour lequel elle avait serré les dents, retenu son souffle, et marché comme une automate rouillée, pour le sauver. Elle ne savait pas où elle avait trouvé la force, l'énergie nécessaires. Maintenant, elle avait beau essayer de la retrouver, elle s'était épuisée et n'avait pas eu l'occasion de récupérer. À essayer de cacher ce qui lui était arrivé, de ne pas attirer sur elle les regards des autres, elle en était arrivée au stade où elle n'en pouvait plus et elle avait vraiment besoin de vider ses peines, comme l'avait dit l'autre. Elle ne voulait plus se battre, elle ne voulait plus feindre que tout allait bien alors que tout allait mal. Quelques heures auparavant, elle avait été là pour une amie qui n'avait pas le moral elle non plus, elle avait écouté son histoire, avait essayé – sans beaucoup de succès – de lui remonter le moral, et avait été reconnaissante de pouvoir, l'espace de quelques minutes, oublier qu'elle-même n'allait pas bien. Mais maintenant, tout lui revenait dans la tronche. Incontrôlables, les larmes jaillissaient en torrents de ses yeux, et les hoquets qui la secouaient lui envoyaient des éclairs de douleur fulgurante, souvenir de ce qu'elle avait enduré le week-end dernier. Elle se mordait les joues, se forçait à respirer profondément, à se calmer, mais ça ne marchait pas, pas plus que de contracter ses muscles jusqu'à en trembler toute entière. Plus rien ne pouvait retenir cette tristesse furieuse de sortir après avoir été tellement longtemps prisonnière.

« J'en ai marre... j'en peux plus, j'arrive pas... Pourquoi ils s'acharnent sur moi comme ça ? Qu'est ce que je leur ai fait ? Pourquoi ils me font ça ? Pourquoi ils ont tué ma famille ? Pourquoi ils ont torturé mon chéri ? Je comprends pas, je leur ai rien fait, j'ai rien fait de mal, pourquoi ils s'acharnent sur moi, pourquoi ils font ça ? Pourquoi ils s'en prennent à des innocents, merde à la fin, c'est quoi leur putain de problème ? »

Plus elle parle, plus elle a envie de péter un câble, de se mettre à hurler, à frapper quelqu'un – de les frapper eux. La colère qui bouillonne en elle prend et cède tour à tour la place à la tristesse. Et les larmes, incessantes, continuent à couler sur ses joues.
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Sam 10 Aoû 2013 - 21:52

Les sanglots étaient profonds, exprimant sa peine et sa douleur venant du fond des tripes. Celles qu’elle n’avait probablement pas réussi à libérer depuis un long moment. Toujours assise à côté d’elle, je ne savais ni son nom, ni ce qu’elle avait. Mais devais-je pour autant passer mon chemin et la laisser ainsi abandonné à ce qu’il lui arrive ? Ca n’était pas dans mon caractère, ni dans mon habitudes, comme ça n’était pas moi de déverser mon sac, de me plaindre ou déballer ce qui me terrassais. J’étais peut-être quelqu’un de psychologiquement torturée, je l’avouais et l’acceptais, mais je ne me plaignais à personne et c’était peut-être un tord. Trop garder n’était pas forcément la bonne solution et j’en ressentais les effets chaque jour. La lourdeur des secrets, comme une tumeur logée dans votre tête ou entre vos côtes, qui vous gangrène petit à petit. Je repense à Riley qui m’avait tout déballée et malgré ce quelque chose de palpable entre elle et moi, je n’avais pas réussi à lui rendre là pareil. Pourtant, la confiance s’était installée entre nous de manière très naturelle. C’était comme ça, c’était là et j’en étais bien contente. Je me suis promis qu’un jour, je lui rendrais ce qu’elle m’a donné. Aveux pour aveux.

« J'en ai marre... j'en peux plus, j'arrive pas... Pourquoi ils s'acharnent sur moi comme ça ? Qu'est ce que je leur ai fait ? Pourquoi ils me font ça ? Pourquoi ils ont tué ma famille ? Pourquoi ils ont torturé mon chéri ? Je comprends pas, je leur ai rien fait, j'ai rien fait de mal, pourquoi ils s'acharnent sur moi, pourquoi ils font ça ? Pourquoi ils s'en prennent à des innocents, merde à la fin, c'est quoi leur putain de problème ? »

Je la laisse déballer, je me tais. Je l’écoute seulement, car elle avait visiblement ce besoin d’expulser toute cette rage, cette incompréhension et cette haine qu’elle contenait. Mais la phrase qui vient le plus me heurter… Sa famille. Voilà sûrement l’élément déclencheur à la bombe des douleurs. Mon étreinte sur sa main se resserra sensiblement, ma propre blessure saignant abondement. Je comprenais mieux qu’elle ne pouvait le croire, cette douleur atroce au creux de la poitrine, au creux du ventre. Celle qui vous noue l’estomac, vous donnant la nausée presque H-24, créant un vide abyssale au fond de vous. Et surtout, faire face à l’acceptation que plus jamais, nous n’allions les revoir, les toucher, les sentir. Grandir avec eux, leur présenter notre amant, nos enfants, notre carrière ; notre vie, tout simplement. Ma peine était déjà immense suite à la perte de ma mère, j’en souffrais et j’en souffrirais toujours. Mais il fallait faire avec, se relever et se battre. Affronter pour ceux qui sont resté. Cette putain de guerre… j’y ai fais face il y a déjà quatre ans. Et ma rage n’a fait que grimper les échelons. Ils m’ont enlevé ma mère, ils ne m’enlèveront pas ceux qu’il me reste, peu importe le prix à payer.

« Je sais que c’est peut-être fou ce qu’il se passe ici, mais ta meilleure force réside dans la rage que tu puise face au drame que tu affrontes. Je sais ta douleur… Je sais que c’est furieusement incompréhensible et injuste »

Je savais cette fureur oui, je la connaissais et elle m’habitait chaque jours vécue entre ses murs. Mais j’y puisais aussi la force de me lever chaque matin, pour Elle. Pour la chance qu’elle n’a pas eu de respirer encore. Pour celle qu’elle n’a pas eu de nous voir grandir. Oui, c’était injuste. Oui, c’était révoltant et d’une douleur sans égale. Mais nous n’avions pas le choix que de faire avec. Et fuir, serait lâche, pour eux. Pour nous.

« Ils ont été cruel avec beaucoup d’autres, malheureusement. Je sais que la chute est vraiment douloureuse et que tu vas mettre un temps fou à te relever… Mais pense à ceux qui sont près de toi. Ils t’aideront à aller mieux, n’hésite pas à t’appuyer sur ceux qui compte pour toi. »

Trouve ta force chez les autres ou au fond de toi. Je lui entoure les épaules de mon bras pour la réconforter car c’est ce dont elle avait besoin en cet instant. Juste de la douceur pour diluer la peine qu’elle ressentait, lui montrer qu’elle n’était pas la seule à faire face à tant d’horreur. Elle avait perdu sa famille entière et je ne sais pas comment moi-même j’aurais réagis si ça avait été le cas. Adam, mon père… Cette idée me gifla. Car c’est ce qu’il risquait de m’arriver si je n’obéissais pas à Pheadre. Et jamais je ne risquerais la vie de mes proches… Je repensais à toutes ces personnes qui contenaient leurs propres douleurs. Caem et le mal du pays, sa Russie à lui. Riley et son père adoré, qu’elle n’avait pas revu depuis deux ans. Cet Enzo, que je n’avais rencontré que sous sa forme animal et pour qui j’avais eu vent de certaines rumeurs de tortures. Sans oublier ... Jayden. Tout ce petit monde qui formait à présent mon univers ici. Ils étaient mes quotidiens. Ils étaient sans le vouloir, ma force de rester debout malgré le poids monstrueux qui m’écrasait. Je porte mes yeux vers la jeune Serdaigle. Je savais le temps long et insupportable concernant sa guérison…

Je murmure doucement :

« Il te faudra du temps. Ca viendra, tu guériras. Fais moi confiance… »
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MessageSujet: Re: « I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn   Mer 14 Aoû 2013 - 11:34

HRP:
 

Deux totales inconnues, côte à côte maintenant, dans un instant de détresse. Deux parfaites étrangères, solitaires pendant un dur quart d'heure. Une brune, assise par terre, les genous remontés contre sa poitrine et entourés de ses bras, la tête baissée dessus et cachée derrière des boucles brunes abondantes, le corps secoué par de violents sanglots. Et l'autre, les cheveux plus clairs, châtains, assise à côté d'elle, une main sur sa cuisse, l'autre tenant celle de la brune, le visage découvert et trahissant une compassion sincère, malgré une certaine incompréhension de la situation. Lyn avait littéralement éclaté en sanglots, détruisant toutes les barrières qu'elle avait formées, n'arrivant plus à contenir les larmes et les cris. La fatigue et la douleur physique avaient fini par lui rendre impossible toute retenue, et ses blessures psychologiques avaient pu remonter à la surface car elle était bien trop mal en point pour les en empêcher. Elle avait craqué. Ça avait besoin de sortir, les larmes, les sanglots, mais aussi la rage, et tout ce qu'elle ressentait depuis une dizaine de jours maintenant. Dix jours depuis qu'elle avait appris la mort de sa famille en janvier, c'est à dire avec six mois de retard. Huit depuis qu'elle avait disserté en totale opposition avec ce qu'on lui avait appris durant l'année à l'examen d'EDM. Cinq depuis qu'on l'avait trouvée dans une salle du rez-de-chaussée avec Elias et qu'on les avait entraînés aux cachots pour les torturer en guise de punition de cette audace qu'elle avait eue. Quatre depuis qu'elle s'en était enfuie, avec une certaine difficulté, n'ayant réussi que grâce à l'aide d'Alec et de son oncle par la suite. Trois depuis qu'elle y était retournée pour en tirer Elias, l'avait cru mort quand il s'était écroulé et avait fermé les yeux dans ses bras, avait failli s'écrouler elle-même à plusieurs reprises, mais avait réussi à le conduire jusque dans son lit, puis avec l'aide de quelques Huffle jusqu'à l'infirmerie, où elle était restée elle-même. Elle ne savait toujours pas comment elle avait fait pour trouver la force, ce lundi, pour continuer à avancer, le poids d'Elias sur la baguette, l'énergie la quittant un peu plus à chaque pas qu'elle faisait, le corps de son homme à côté d'elle sous l'emprise d'un sort qui le transportait par la voie des airs. Regardant en arrière, elle se trouvait certes ridicule d'avoir eu un comportement digne des héros tragiques, de l'avoir embrassé de manière pathétique, de lui avoir parlé comme à un gosse quand il était évanoui, mais elle savait que l'effort qu'elle avait fourni, la manière dont elle avait su prendre sur elle, et tirer le meilleur d'elle-même physiquement, excusait son caractère, son attitude. Quelques jours après avoir perdu sa famille – enfin, pour elle c'était quelques jours, même si en réalité, c'était plus de six mois, puisqu'elle ne l'avait appris que récemment – elle avait cru perdre son petit-ami. Elle n'aurait pas supporté, c'était certain. Plus jamais, par pitié, qu'elle n'ait plus jamais à vivre ce genre de choses, à assister à la torture d'un de ses proches, à transporter un corps quasi-mort, à... Elle n'en pouvait plus, voilà. Elle n'en pouvait vraiment plus. Elle avait besoin de laisser aller, de pleurer un bon coup, gueuler un bon coup, peut-être frapper quelque chose de ses mains. Elle avait voulu éviter à tous ceux qu'elle connaissait de la voir dans cet état, mais maintenant, c'était impossible, et si tous ses amis, toutes ses connaissances, tous ses ennemis s'étaient rassemblés autour d'elle à cet instant, elle n'aurait pas pu se retenir, même pour eux, et aurait fait la même chose que ce qu'elle venait de faire. À savoir glisser par terre le long du mur, se mettre à pleurer toutes les larmes de son corps, et laisser sortir son désarroi, son désespoir, sa rage et son incompréhension. Heureusement que ce n'était pas le cas, qu'il n'y avait à côté d'elle personne qu'elle connaisse, mais simplement une jeune fille, là, tout près, totalement inconnue, mais tellement importante à ses yeux. Elle sentit l'étreinte de l'inconnue se reserrer autour de sa main, presque un peu trop, lorsque, désespérée, elle posa des questions auxquelles il n'y avait pas de réponses de toute manière, mais qui la tourmentaient au point de devoir les prononcer.

« Je sais que c’est peut-être fou ce qu’il se passe ici, mais ta meilleure force réside dans la rage que tu puise face au drame que tu affrontes. Je sais ta douleur… Je sais que c’est furieusement incompréhensible et injuste »

Elle savait ? Qu'est ce qu'elle savait ? Pour Lyn, c'était quasiment impossible, ou du moins impensable, que quelqu'un d'autre sache, qu'on comprenne parfaitement ce qu'elle ressentait. Personne ne savait comment c'était que de perdre sa famille, sa seule famille au monde, injustement, sans raison. Elle n'avait pas d'oncles et tantes, cousins-cousines, ses grands parents étaient morts de vieillesse, tous, et maintenant, ses parents et même son petit frère venaient de la quitter. Elle n'aurait pas où rentrer si ils sortaient un jour de cet Enfer, elle n'aurait pas de bras dans lesquels se blottir, elle n'aurait plus personne, jamais, et cette perspective était désespérante et révoltante à la fois. Sa maison, ils l'avaient fait exploser. Elle n'avait pas pu assister à l'enterrement. Elle ne savait même pas à quoi ça ressemblait, chez elle. Elle n'avait plus de chez elle. Quelqu'un pouvait-il savoir comment elle se sentait right now ? Comment elle était abandonnée ? Comment elle était perdue, seule, complètement seule ? Elle avait toujours été quelqu'un de très débrouillard, plus que les autres de son âge. Autonome, responsable, et surtout débrouillard, oui, tout ça elle l'était. Elle n'avait jamais été perdue, elle avait toujours su se conseiller seule, se démerder en gros. Mais tout ça, et c'était maintenant qu'elle le remarquait, tout ça c'était parce qu'elle savait qu'au bout du chemin, il y aurait toujours un foyer, une famille, de l'amour, du chez-soi. Maintenant, elle se sentait plus perdue que jamais. Son autonomie, son sens de l'orientation et de la responsabilité, sa joie et sa bonne humeur, tout était parti avec ceux qui l'avaient quittée. Comment quelqu'un pouvait comprendre ça ?

Pourtant, cette fille à côté d'elle, cette présence si douce et si chère pour elle en cet instant, elle semblait tellement persuasive et sincère en disant qu'elle savait. Oui, c'était fou, cette école était folle, ces supérieurs, ces traîtements, cet enfermement, c'était de la folie, tout. Oui elle était furieuse, vraiment furieuse. Elle n'avait pas envie de vengeance. Malgré tout, certains principes étaient restés ancrés dans sa personnalité, et pour elle, la vengeance, l'envie de vengeance, étaient mauvais par principe. Mais elle était furieuse, et cette rage qu'elle sentait, oui, c'était ça qui lui permettait de continuer, d'aller de l'avant. Elle avait envie de voir le tas de cendres et de ruines que devait être sa maison en cet instant, elle avait envie de visiter la tombe de ses parents, de la chercher dans le cimetière, de se recueillir dessus, et de faire le deuil. Oui, c'était un drame que tout ce qui venait de se passer dans sa vie, un drame, peut-être même un traumatisme – même si ce mot là était aussi un mot qu'elle n'aimait pas, par principe – une épreuve qu'elle devait affronter. Oui, c'était douloureux, incompréhensible, injuste. Elle avait raison dans tout ce qu'elle disait. Était-ce normal ? Qu'est ce que ça signifiait ? Peu importait, en fait. Peu importait si elle avait raison ou tord, si elle comprenait ou pas. L'important, c'était qu'elle était là, une main sur son genou, l'autre autour de la sienne, qu'elle l'avait écoutée, jusqu'au bout, qu'elle semblait prête à l'écouter encore. Elle avait répondu, et à l'entendre parler, les larmes s'étaient tarries. Ou était-ce parce qu'elle n'avait tout simplement plus la force de pleurer ? Elle se sentait bonne à aller hiberner dans une grotte, loin de tout. Dormir longtemps, très longtemps. Elle en avait besoin, et maintenant que ses yeux s'étaient vidés de leurs larmes, ils laisseraient ses paupières se fermer sur eux et tout irait bien. Mais ce serait trop simple. Et, contrairement à toujours avant, ces derniers temps, rien n'était simple dans sa vie ni dans sa tête. Surtout dans sa tête. Quoique non, dans sa vie non plus. Ce serait bien trop simple, et elle n'aurait pas le loisir de dormir longtemps avant un certain temps. Car même si ses yeux étaient prêts à se fermer, son cerveau tournait à plein gaz. De sa main libre, elle essuya rapidement ses joues. Elle avait relevé la tête, et elle écarta donc les cheveux qui cachaient son visage.

« Ils m'ont... ils m'ont tout pris. Complètement. Tu sais ma douleur, vraiment ? Tu sais comment c'est de plus avoir où aller ? Quelle conne, mais vraiment, quelle conne ! Je pensais vraiment que je pourrais rentrer un jour, et que tout serait comme avant. Ha ! »

Ouais, elle était en train de se moquer d'elle-même. Auto-dérision, exactement. Elle aurait peut-être dû remercier l'inconnue pour ses paroles, pour ce qu'elle faisait pour elle, pour sa présence alors que c'était tellement simple de passer son chemin... Elle le ferait plus tard, là elle était encore trop sous le coup de l'émotion. Mais ça commençait à partir, elle commençait à se calmer. Finalement, pas besoin de punching-ball. Et c'était tant mieux, car elle n'aurait en aucun cas voulu blesser la jeune fille près d'elle, et se défoncer les phalanges sur le mur en pierre n'aurait pas été une très bonne idée non plus, à priori. La tête levée, la bouche fermée, le regard droit devant elle, elle se concentrait sur la pierre du mur en face et n'avait toujours pas décidé à détailler son interlocutrice, ni à lui demander son nom. Peu importait, c'était même tant mieux qu'elle ne la connaisse pas, car c'était bien plus simple de parler à une inconnue qu'à une amie proche. Et ce malgré sa conversation dans le même genre avec sa meilleure amie déprimée à cause d'une histoire d'amour le matin même, alors qu'elle sortait de la salle de bains. Même sa meilleure amie ne savait pas ce qui s'était passé vraiment. Elle devait certainement se douter que quelque chose clochait, mais ne lui avait pas demandé d'explications et Lyn ne comptait pas lui en donner de si tôt. Un jour, ils sauraient, tous. Mais elle avait toujours réglé ses problèmes seule, et celui-ci lui semblait très personnel. Certes, elle conseillait aux personnes en détresse de parler de leurs soucis, de se laisser aider par les autres, de compter sur les amis... mais elle-même n'avait jamais respecté ce conseil. L'autonomie et la débrouillardise avaient en effet leurs défauts. Même si c'était pour les secrets qu'elle avait eus devant lui qu'Elias lui en voulait le plus, elle ne pouvait pas partager ce genre de choses. Elle ne voulait pas de conseils, de compassion, de pitié... Elle ne voulait pas faire souffrir les autres avec elle, surtout. Elle ne voulait pas qu'on se fasse du souci pour elle, elle ne voulait pas qu'on s'inquiète. Elle ne voulait pas attirer les autres dans des affaires qui ne les concernent pas et qu'ils devraient résoudre alors qu'ils n'avaient rien demandé. C'était injuste, elle trouvait ça injuste. Elle règlerait tout toute seule, et puis voilà. Sans doute que l'erreur était là, et qu'elle aurait dû en parler à ses amis depuis longtemps, raison pour laquelle c'était désormais à l'inconnue qu'elle déballait son sac, et à demi-mots seulement qui plus est. Mais bon, c'était ainsi, et elle avait besoin du temps de tout mettre en place dans sa tête pour pouvoir ensuite en parler autour d'elle.

« Ils ont été cruels avec beaucoup d’autres, malheureusement. Je sais que la chute est vraiment douloureuse et que tu vas mettre un temps fou à te relever… Mais pense à ceux qui sont près de toi. Ils t’aideront à aller mieux, n’hésite pas à t’appuyer sur ceux qui comptent pour toi. »

Sourire amer et forcé venu illuminer le visage assez lugubre de la jeune Raven. Lutte intérieure, mais vaine à nouveau. Une larme apparut au coin de son œil droit, déborde, et coula sur sa joue. Une autre fit de même du côté gauche. Cette fois, aucun bruit. Des larmes silencieuses, régulièrement espacées. À chaque fois qu'une larme finit dans le cou de la jeune brune, une autre commence son périple. Lyn secoua la tête légèrement, comme si ce mouvement aurait pu retenir quelque chose d'aussi profond que l'était sa tristesse. Non, ce n'était pas fini, même si elle aurait vraiment voulu que ça le soit. L'autre devait en avoir marre, et Lyn elle-même commençait à se sentir ridicule et surtout lourde, chiante. Mais que faire ? Elle avait trop besoin de ce bras qui venait de se déposer par dessus ses épaules, de cette voix si douce qui savait ce qu'il y avait de meilleur à dire... Elle appuya sa tête contre l'épaule de la jeune femme.

« T'as raison... c'est à ça que servent les amis, hein ? Je suis pas... je suis pas toute seule. Yen a d'autres dans le même cas que moi, même si là je sais pas trop, et puis j'ai des amis, je suis pas seule... »

Cela s'entendait-il qu'elle disait le contraire de ce qu'elle pensait ? Elle savait que c'était vrai, et elle s'efforçait d'y croire, mais pour l'instant, elle ne le pensait vraiment pas. Elle était seule, dans sa tête elle était seule et elle le resterait à jamais.

« Je suis pas seule. »

Larme, encore. Putain, arrêtez de couler, ça suffit, vous comprenez ? Je veux plus de vous, j'en ai marre.

« Je suis pas seule... »

Plus qu'un chuchottement, un mouvement de lèvres. Pour elle-même. Elle essayait de s'en convaincre. Elle pensa à d'autres. Casey n'entretenait pas des relations très proches avec sa famille... Rafael était orphelin, si elle avait bien compris... Enzo avait un petit-ami moldu et avait pas mal souffert avec lui... Tous les moldus avaient été arrachés à leurs familles et peut-être n'en avaient-ils même plus. D'autres, des inconnus, des lambdas, mais tous innocents, avaient vécu des drames. Elle n'avait pas le droit de se comporter en parfaite égoïste. Mais c'était dur. Elle savait qu'elle n'était pas seule, pas la seule dans ce cas, mais au fond, elle continuait à se sentir seule.

« Il te faudra du temps. Ca viendra, tu guériras. Fais moi confiance… »

Ouais, c'était exactement ça, elle avait besoin de temps, c'était physiquement impossible que, dix jours après quelque chose comme ça, elle soit enjouée, altruiste, ouverte, etc. comme avant.

« Merci, heu... »

Prénom ? Peut-être temps pour les présentations ?

« Merci Kezabel. »

Elle lui était vraiment reconnaissante pour ce qu'elle avait fait. Mine de rien, c'était exactement ce dont elle avait besoin. Elle guérirait, c'était sûr. Elle voulait guérir, et quand on veut, on peut. Malgré tout, elle n'était pas devenu quelqu'un de dépressif, de suicidaire, ce genre de choses. Elle voulait vivre, même si à l'heure qu'il était, sa vie donnait tout l'air d'être foutue. Si elle n'était pas morte, c'était qu'elle devait vivre, et elle ne voulait pas gâcher sa vie. Seule, elle l'était, certes. Mais elle s'en sortirait, comme elle s'était toujours sortie de tout. Bon, d'accord, seule, elle le resterait, mais elle s'y ferait, s'y habituerait, et finirait par l'accepter, vivre avec. Elle se leva. Une grimace naquit sur ses lèvres. Ah oui, c'était à cause de ça qu'elle s'était mise à pleurer : quelque chose avait foncé dans son ventre encore plein de bleus et endoloris, ce qui avait ravivé sa douleur physique, et laissé sortir la psychologique. Il faudrait qu'elle continue à se reposer, qu'elle évite de faire des mouvements brusques. Mais c'était le moindre de ses soucis. Sa vie dépendrait surtout de son état psychologique, et celui-ci, avec le temps, s'améliorerait bien. Elle sourit à Kezabel. Joli prénom, joli visage. Et surtout gentil. C'était ça le plus important. Entrevue des plus bizarres, ça oui. Elle s'éloigna aussi rapidement qu'elles s'étaient rapprochées. Enfin non, pas en courant quand même, mais sans se retourner. Et, miracle, sans pleurer. Maintenant, seulement maintenant elle pouvait aller dormir. Et elle avait bien l'impression qu'elle s'endormirait rapidement, contrairement à la veille et à l'avant-veille. Si dans quelques heures elle serait dans ce même état d'appaisement, ça restait à voir, mais là, elle se sentait plutôt bien, et il fallait en profiter.

Fin pour moi
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« I don't really know you, but I need someone to talk to » | Kezabel && Cailtyn
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