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 The world is just illusion ~ Jeroen

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MessageSujet: The world is just illusion ~ Jeroen    Mer 19 Juin 2013 - 22:29

13 Juillet - Fin de journée



~The world is just illusion trying to change you~


Vivre dans l’illusion, laisser les images défiler devant ses yeux sans jamais se poser de questions, sans jamais s’interroger sur la véracité des faits. Cela avait quelque chose d’agréable. Ne penser à rien, se dire qu’au final la vie est ainsi faite, que cela ne sert à rien de chercher à comprendre pourquoi. Après tout, qui s’interroge sur sa vie à part ceux qui ne sont pas convaincus par cette dernière ? A part ceux qui veulent plus ou tout simplement, quelque chose de différent ? Quand la vie vous sourit, quand tout semble être à sa place, il n’y a pas besoin d’en savoir plus, il n’y a pas besoin de chercher des explications partout. Le cocon autour de soi est alors bien trop agréable, il comble toutes nos demandes et même dans les moments de tristesse on ne veut pas en sortir mais au contraire le resserrer contre soi pour le sentir encore plus. Quand on se sent sombrer, on se rattache à ce que l’on connait par cœur, à ce qui fait partie de notre vie depuis toujours. A sa famille, à ses premières attaches, au souvenir d’une enfance délicate. A l’odeur de sa mère quand elle nous borde le soir. Aux bras réconfortants d’un père. On s’accroche à ce que notre mémoire nous fournit, à ce qui a été embellit par le temps mais qui reste vrai, authentique. Des éléments de notre mémoire qui ne peuvent appartenir qu’à nous, que personne ne peut voir comme on les voit. C’est notre plus grande force, ces petits bouts de nous. Julian s’était toujours rattachée à cette partie d’elle-même. Elle qui voyait son identité comme tout ce qu’elle était, comme la chose la plus importante pour la définir. La filiation était au sommet. Comment se présenter sans son nom de famille ? Comment parler d’elle sans jamais évoquer son père et sa mère qui avaient donné leur vie entière pour elle, qui lui avaient tout appris ? Son code génétique comptait énormément à ses yeux, elle en avait besoin pour se ressaisir. Quand on la traitait mal, quand elle entendait toutes ses rumeurs à son sujet elle se sentait totalement invincible. Pour une seule et unique raison. Parce qu’elle savait précisément qui elle était, d’où elle venait et que tout le reste ne pouvait alors pas l’atteindre. Ses camarades pouvaient bien la traiter de salope, chercher à la rabaisser sans cesse, elle s’en fichait. Elle se connaissait, elle était une Neil, ses parents étaient des gens respectables et avaient su faire d’elle une fille bien. Elle avait bien sûr son caractère propre, ses défauts, ses qualités mais surtout, elle était un membre d’une famille, une partie d’un ensemble bien plus vaste. Julian savait qu’elle n’était pas un grain de sable perdu au milieu de nulle part mais bien le morceau d’un ensemble. Mais pas de n’importe quel ensemble. D’une famille fière, qui avait su toujours garder la tête haute et qui était loin de toutes ses familles minables à peine capables de comprendre la moitié de ce qui se passait autour d’eux. Julien Alexus Neil. C’était son nom, c’était ce qui lui prouvait qu’elle pouvait avoir le menton haut, le regard fier et toujours ce même sourire plein d’assurance. Julian Alexus Neil c’était son identité, le fondement de toute son existence. Julian Alexus Neil, ce nom qu’elle avait répété tant de fois semblait s’effriter devant elle. Il s’effaçait lentement pour laisser place au flou, à l’inconnu. Mais surtout, en disparaissant, il laissait place à un grand vide que rien au monde ne semblait pouvoir combler.

~I know it’s hard to tell, how mixed up you feel~

Elle avait du fuir. Sortir de cet espace clos, s’éloigner du regard de Rivers, de son regard peut être compatissant. Elle n’en savait rien, elle ne voulait pas savoir. Ses yeux sur elle étaient de trop. Elle avait besoin d’air, elle avait besoin de solitude, c’était tout ce qu’elle savait. Le reste, elle n’arrivait pas encore à l’assimiler, à le comprendre. Julian était donc sortit du bureau du professeur le regard dans le vide, le visage dénué de toute expression. Elle avait marmonné quelque chose, pour faire comprendre qu’elle allait bien mais ne savait même plus quoi. Puis elle s’était aventurée dans les couloirs. Son premier réflexe fut de mettre la capuche de sa veste sur sa tête et de bien la rabaisser sur son visage, comme pour disparaitre. Elle qui marchait toujours d’un pas décidé, la tête haute, dans l’espoir qu’on la regarde, que les garçons se retournent sur son passage cherchait à disparaitre dans son vêtement. Elle voulait ne faire plus qu’un avec lui, que le mur même l’attire contre lui et qu’elle disparaisse. Mais même avec tous les sorts du monde, elle n’y arriverait pas. Alors elle avançait. Julian marchait d’un pas lent, systématique, robotique. Oui elle mettait un pied devant l’autre sans vraiment comprendre ce qu’elle était en train de faire, sans même savoir où elle allait bien pouvoir aller. A vrai dire, c’était le cadet de ses soucis. Son esprit était presque vide. Il ne s’y passait qu’une seule et unique chose. La même scène se jouait en boucle, cette partie de sa mémoire qui avait été enfouie pendant toutes ces années était revenue à la surface. Et désormais, elle refusait de la quitter, comme une malédiction. Elle avait voulu déterrer le passé, comprendre et découvrir sa propre mémoire. Elle l’avait fait mais désormais elle ne pouvait plus s’en débarrasser. Les images la hantaient et elle avait l’impression que, quoi qu’elle fasse, cela ne changerait jamais. Elle était condamnée à voir encore et toujours la même chose, à ne plus jamais oublier. Cette petite fille rousse assise dans le jardin. Ce sourire qu’elle sentait encore étirer ses lèvres. Cette plume qui avait fini par bouger et puis un cri. Après la joie, après la fierté même, un cri de terreur, une mine de dégoût. Et le rejet pur et dur. Le refus et puis, ses parents, qui arrivaient, en tant que bons voisins, venant sauver la pauvre petite enfant des griffes de parents qui ne l’aimaient plus, qui ne voulaient plus d’elle. Et puis un sort, un simple sort qui avait scellé son destin, fait de sa vie ce qu’elle était, ce qu’elle ne serait plus jamais. Julian marchait de plus en plus vite. Elle cherchait désespérément à fuir et pourtant, elle ne pouvait pas. Elle avançait rapidement dans les couloirs, gravissant les marches quatre à quatre. Mais la scène dans son esprit continuait de se jouer avec la même précision et toujours à la même vitesse. Quoi qu’elle fasse, c’était toujours la même chanson, toujours la même chose, elle ne pouvait rien y faire, elle était enfermée dans ce souvenir qui la brûlait de l’intérieur.

~Feeling as though you never belong~

Julian était désormais en train de courir. Son souffle était court. Si jusque là elle était restée calme, si jusque là, aucune émotion n’avait réussi à la submerger, elle sentait désormais une douleur atroce lui serrait la poitrine. L’air lui manquait mais elle ne pouvait pas s’arrêter de courir. Non, il y avait bien trop de monde autour d’elle, bien trop de regards pour se poser sur elle et ça, elle ne pouvait pas le supporter. Elle manqua de tomber plusieurs fois mais cela n’avait aucune importance, elle avait besoin de respirer et vite. Alors elle monta, aussi haut que possible et poussa alors brutalement une porte qu’elle referma en s’appuyant dessus. Sa respiration était haletante. Julian attrapa son haut au niveau de la poitrine et le serra de toutes ses forces. Son visage se crispa, sa bouche s’ouvrit, elle avait besoin de hurler. Mais aucun son ne sortit. Rien. Ses cordes vocales étaient nouées. La jeune femme s’acharna, elle avait l’impression que seul ce cri pouvait la soulager, pouvait l’aider à retrouver de l’air mais il resta indéniablement coincé. Elle tomba alors à genoux et des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Mais c’était toujours dans le même silence. Elle avança alors à tâtons pour se retrouver dans un coin plus éloigné de la porte et dans l’ombre. Elle ramena ses genoux contre son torse mais ne pu rester immobile. Elle s’agitait, se balançant d’avant en arrière, comme si cela allait chasser les images de son esprit. Les larmes coulaient toujours, dans un flot continu, sans qu’elle ne puisse les arrêter, de toute façon, elle s’en fichait. Les images continuaient de la harceler. Mais elles n’étaient désormais plus seules. C’était un flot  continu d’images qui venait dans son esprit. Tout se mélangeait et pourtant il en ressortait à chaque fois la même chose. Le visage de ceux qu’elle considérait comme ses parents et de ceux qui lui avaient donné naissance se mélangeaient. Elle se revoyait, enfant, sauter dans les bras de son père et de sa mère. Mensonge. Trahison. Qui était-elle vraiment ?


~The feeling sometimes wishing you were someone else~


Son poing se retrouva alors entre ses dents. Et elle mordit, aussi fort que possible. Elle n’arrivait toujours pas à crier, elle avait toujours ce nœud dans la gorge alors elle s’exprimait ainsi. Elle mordit, jusqu’à en saigner. Mais cela ne la calma pas. Non, son cœur battait trop vite. Alors elle se mit à frapper. Elle frappait le sol de chaque côté, ses poings martelaient avec force. Puis sa tête. L’arrière de son crâne entra avec force en contact avec le mur derrière elle. Mais ce n’était pas suffisant. Alors elle recommença. A des intervalles de plus en plus réguliers. Et ce cri qui ne voulait toujours pas sortir. Alors elle frappait plus fort. Elle pleurait encore et toujours. Julian avait mal, tellement mal. Son cœur était en train d’exploser dans sa poitrine, ses poumons étaient presque constamment vides. Elle avait envie de vomir. Alors elle frappait. Parce que c’était tout ce qu’elle pouvait faire, parce qu’elle était intimement convaincue que cela allait finir par la calmer. Elle avait besoin d’avoir mal de cette façon là pour oublier la douleur sourde dans sa poitrine. Elle avait besoin d’avoir mal pour combler le vide immense qui était en train de s’installer en elle…
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Jeu 20 Juin 2013 - 23:00


    - Jerry, t’as une sale gueule.
    - Je crois qu’il est constipé. Ça fait une semaine qu’il est comme ça, à force ça doit carrément bouchonner là-dedans… Tu devrais passer voir Wargrave, il te déboucherait ça sec…

Devant le regard de vache morte que lui lança Jeroen, le jeune serpentard se tut et prit un air circonspect en le regardant par intermittences. Il n’avait pas de problèmes intestinaux, même si ça faisait un moment qu’il le faisait chier comme ça... Non, ça venait d’autre chose. Ça venait toujours d’autre chose. Il en avait encore entendu de belles au détour des couloirs, les mêmes rumeurs que d’habitude… et il faisait son petit deuil sentimental en tirant une tronche de six mètres de long, il avait bien le droit. En plus, on mettait ça sur le compte ou des repas de la cantine, ou des examens, ou encore des petites embrouilles avec tous les petits étudiants les plus inconnus au bataillon du château, qu’il semblait attirer en ce moment. Son pigeon officiel tentait de calmer le jeu en lançant une série de mauvaises pistes depuis des semaines. Au moins grâce à ça, il ne subissait pas le harcèlement de ses collègues sur le sujet principal de sa mauvaise humeur. Il avait le temps de se soigner. Il releva la tête, secoua ses cheveux pour se décoiffer un peu et revint à la conversation.

On s’occupait comme on pouvait, depuis la fin des examens et la redescente brusque de pression, mais aussi la perspective de passer quelques mois enfermés ici à tourner comme des lions en cage, sans les cours pour s’occuper. Ils avaient survécu à un été, mais deux ? Deux, quand on doit croiser dans sa salle commune la fille qui a chamboulé les mauvaises choses, c’est long, très long. Surtout s’ils repartaient sur une autre année sous la domination des Supérieurs, il risquait de finir un peu aigri et d’aller chercher n’importe où pourvu que ce soit autre chose. Ce serait triste. Et eux, ses copains assis à côté de lui, ils pensaient à d’éventuels matchs de Quidditch, à la chaleur harassante de ces derniers temps - tout le monde n’a pas la même notion de chaleur harassante, surtout dans ce pays -, aux filles qui enlevaient les robes de sorciers comme si elle était en sous-vêtements dessous. C’était d’un charmant à vomir des pâquerettes. Il écoutait sans vraiment suivre. De toute façon ça ne l’avait jamais vraiment intéressé et les gens se foutaient bien qu’il écoute ou pas, il n’y pouvait rien si son transit faisait des siennes, hein.

Raphaël, son pigeon d’ami, s’approcha du groupe de garçons avachis dans l’herbe, avec cet air de crétin figé sur le visage - même si derrière, il était plus intelligent que beaucoup des gars avec qui ils trainaient. Il se pencha à son oreille et lui glissa quelques mots. Jeroen le regarda. Regarda le groupe. Dans sa tête, il ne sut pas trop ce qui se passait, mais il se leva avec un air d’automate et commença à s’éloigner du groupe.


    - Hey, couillon, où tu dégages ?
    - Il va évacuer j’te dis…

Evacuer, c’était le mot. Evacuer tout ce qu’il avait sur le cœur, il le fallait bien. Son ami avait vu Julian s’échapper dans les couloirs avec un air pas commode. Ça faisait déjà un moment qu’il voulait discuter avec elle, régler leurs comptes, mais ils ne s’étaient plus revus depuis… et si elle était énervée, ça lui donnerait une bonne excuse pour hausser un peu le ton, même si ce ne serait pas sérieux. Il commença à monter les escaliers dans la direction indiquée. Où avait-elle pu foutre le camp ? Sûrement pas dans une salle de classe, mais où… bonne question. Il demanda vaguement à des verts s’ils l’avaient vue et ils montrèrent les hauteurs. Où était-elle allée se fourrer comme ça ? Il grimpa sans vraiment réfléchir. Très haut. Il ne fallait pas réfléchir quand on montait avec le vertige dans les poches… et jusqu’au niveau des greniers, il avançait sans savoir où il allait. Lorsqu’il se rendit compte… il s’arrêta et resta un moment debout au milieu d’un couloir miteux, réfléchissant à ce qu’il était en train de faire. Il déconnait grave. Tout ça à cause de la dernière fois.

Puis il entendit du bruit. Un son léger dans l’une des salles du couloir. Il s’approcha de la porte close, colla son oreille avec une certaine appréhension. Il ne savait pas à quoi s’attendre, à qui, ce qu’il était supposé faire… il était rarement perdu mais présentement, sa tête ressemblait à sa chambre londonienne. Il entendit des coups contre les murs. Des coups nerveux, il savait les reconnaître entre mille à cause des petites crises de sa mère… sauf que ce n’était pas sa mère. Il resta un instant encore la tête contre la porte, dans l’attente d’être sûr et pourtant rien ne le laisserait être sûr de ce qu’il y avait derrière. Puis il ouvrit la porte.

Et elle était là.

Ça se déclencha si vite dans son esprit qu’il se serait fait peur à lui-même. Il s’approcha d’elle, la tira pour l’écarter du mur contre lequel elle tentait de se tuer ou quelque chose du genre, s’accroupit à côté d’elle. Puis il attrapa ses mains. Ses mains crispées, nerveuses, incontrôlables, il connaissait ça comme une habitude qu’il aurait ne pas avoir. Il n’avait pas fait que regarder son père faire, lorsque sa mère se mettait dans le même état, mais quatre ans plus tard il n’avait pas oublié. Il attrapa ses mains et il les écarta de sa bouche pour qu’elle cesse de se faire mal, glissa un bras contre sa poitrine pour la faire se redresser et sans la lâcher, oublia tout ce qu’il était supposé lui dire au départ.


    - Calme-toi. Je suis là, alors tu vas te calmer, respirer calmement. Arrête de te crisper. Respire.

Ça ne ressemblait pas à des mots gentils, plutôt à des ordres, mais dans un état pareil on n’entend pas des petites attentions, et il faut bien se faire comprendre à travers la sensation de perdre pied. Il attira sa tête contre son épaule tandis que de l’autre main, il s’appliquait à passer son pouce sur ses paumes pour ouvrir doucement ses poings. Il ne la lâcherait pas, pas tant qu’elle ne se serait pas calmée, pas tant qu’elle aurait le réflexe de se faire du mal en tout cas, et pour l’instant la raison de tout ce bordel importait peu. Il ne la laisserait pas s’échapper ni se crisper à nouveau comme il l’avait trouvée ; calée comme ça, contre lui, il la forçait à reprendre le contrôle de son corps.


    - Calme-toi et écoute-moi. Je ne te lâcherai pas tant que tu ne te seras pas calmée. Se blesser comme ça, c’est pas sérieux… Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu te mettes dans un état pareil ? Allez, reprends ton souffle, c’est pas bon tout ça…

Il regarda sa main qui saignait, la trace de morsure bien nette… mais aussi les traces des larmes... Qu’est-ce qui avait bien pu mettre une femme en apparence aussi forte dans un tel état ? Une chose était sûre, elle n’allait pas se calmer comme ça, mais il attendit un moment sans bouger, tentant de la calmer, de la détendre, de lui imposer de reprendre son souffle comme s’il pouvait en prendre le contrôle. Il passa sa main dans ses cheveux pour les ramener doucement en arrière.


    - Calme. Là. Ça va aller, respire calmement et ça va aller.

Il posa sa tête sur le haut de son crâne pour sentir son odeur. Par la même que d’habitude, plus âcre peut-être. Il ferma les yeux quelques secondes sans cesser de lui parler, de lui dire que ça allait, qu’il fallait se calmer, mais plus doucement. Elle se calmait déjà un peu.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Ven 21 Juin 2013 - 12:15

L’envie de tout détruire était à l’honneur dans l’esprit de Julian. Tout semblait dérangé, comme si plus rien n’avait sa place. Elle avait l’impression que l’équilibre était définitivement rompu et que plus jamais elle ne pourrait retrouver quelque chose de sain. Alors elle frappait. Elle frappait comme si sa vie en dépendait, toujours au même rythme. Elle ne pouvait pas s’arrêter, elle devait continuer coûte que coûte. S’arrêter c’était laisser la place au vide, à ce vide qui était en train de la dévorer de l’intérieur. La jeune femme était quelqu’un, du moins c’était ce qu’elle s’était toujours répété. Elle avait basé son existence sur cette fierté, cet apparent amour propre qui lui permettait d’affronter toutes les épreuves et de toujours s’en sortir la tête haute. Mais ce jour-là, tout venait de s’écraser, de lui tomber sur la tête avec une violence qu’elle n’aurait pas pu soupçonner. Après le choc, après la douleur, c’était le vide. Progressivement, toutes ses émotions étaient entrain de filer hors de son corps et les coups qu’elle donnait apparaissaient comme la seule solution pour les retenir. Elle ne voulait pas devenir une coquille vide, elle ne voulait pas être quelqu’un d’insignifiant, d’inexistant. Pourtant, c’était ce qui était en train de se produire. Aux yeux de Julian, c’était clairement le processus en route. Elle ne se contentait pas de se vider, elle devenait le vide. Un immense trou noir. D’autant que sa capacité à réfléchir était pour le coup bien altéré. Elle n’arrivait pas à raisonner clairement. Le choc avait été trop violent. Comme une violente explosion qui avait tout balayé sur son passage, tout ce qui faisait de la rousse une jeune femme vivante et capable de penser, capable de réfléchir sainement sur ce qui lui arrivait. Elle était dans un autre état, dans un autre monde. Julian avait perdu tout contrôle sur elle-même, tout sens de la réalité. D’ailleurs, elle n’entendit même pas quand la porte du grenier s’ouvrir. Elle qui en temps normal faisait attention à chaque détail, souhaitait tout contrôler, cette fois, elle avait complètement laissé passer l’arrivée de quelqu’un dans son grand moment de faiblesse. Elle restait concentrée sur ses coups, sur le rythme qu’elle s’imposait. La tête commençait à lui tourner à force de frapper mais quelque part, c’était presque agréable. Ou plutôt, c’était la sensation la moins désagréable qu’elle ressentait ces dernières minutes. Mais on la lui retira. Avant même qu’elle ne puisse réagir, Julian sentit qu’on était en train de la tirer, de l’éloigner du mur. Elle sentit alors des bras autour d’elle, des mains sur la sienne, elle était retenue. Un corps contre le sien… Le premier réflexe de Julian fut de se débattre. Elle n’avait même pas eu la présence d’esprit de lever la tête pour savoir qui la tenait ainsi. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’on venait de l’interrompre, qu’elle devait frapper encore et encore et que personne n’avait le droit de l’empêcher d’agir. Alors elle se débattait, avec force, violence même, jusqu’à ce qu’elle l’entende. Cette voix la tira légèrement de sa torpeur. Cette voix elle n’avait pas besoin de beaucoup de temps pour la reconnaitre. Cela la stoppa d’ailleurs pendant quelques secondes. Jeroen. Il était là. C’était son corps qui la retenait, c’était ses mains contre les siennes… Pourquoi ?

Julian n’arriva cependant pas à relever la tête. Si elle s’était calmée quelques secondes en entendant cette voix, elle refusa d’affronter son regard et repartit de plus belle. La seule différence, c’était qu’elle était bien moins violente. Étrangement, son instinct la poussait à ne pas le frapper, à ne pas lui faire mal. Par contre, elle cherchait encore à se défaire de son emprise. Au début, c’était comme si en la tenant ainsi, il l’empêchait de respirer en même temps qu’il l’empêchait de frapper. Mais elle avait beau se débattre, elle avait beau chercher à se sortir de ce carcan, Jeroen la tenait fermement. Il ne semblait pas décidé à la laisser partir et il lui dit même clairement. Il voulait qu’elle se calme, il voulait comprendre. La rousse parvint alors seulement à faire non de la tête. Pourquoi ? Parce qu’il ne pouvait pas savoir, parce qu’elle ne pouvait pas se calmer et parce que de toute façon, elle ne parvenait toujours pas à parler. Alors elle remuait, encore et toujours et puis elle sentit sa main dans ses cheveux, encore ses paroles réconfortantes…. Elle ralentit alors la cadence. Petit à petit, son besoin de se sortir de ses bras était moins violent. Il remplaçait la douleur. Son contact lui permettait de sentir le besoin de frapper se rétrécir. Alors si elle continuait de se balancer, elle se calma peu à peu. Et puis soudain, elle tressaillit, elle eut une sorte de spasme, violent et quelque chose sembla se débloquer. Ses larmes reprirent de plus belle mais elle se mit à sangloter. Ce fut le premier son qui sortit de sa gorge depuis son arrivée ici, depuis qu’elle avait pris la fuite. La main de la jeune femme se referma alors sur celle de Jeroen. Elle s’accrocha à lui avec une force insoupçonnée. Comme s’il était sa dernière bouée, comme si dans sa noyade, il était sa dernière chance de respirer. Elle ne pouvait pas le lâcher, elle avait besoin de rester accrochée. Ses sanglots par contre ne se calmaient pas. Sa fierté aurait du la pousser à se retenir, à se relever, à sécher ses larmes et à lui dire de partir, qu’elle pouvait gérer ça seule. Mais là, elle en était incapable. Ça faisait trop mal. C’était bien trop vif. Toute sa vie n’était qu’un mensonge, elle n’était rien d’autre qu’une construction, qu’une sorte d’objet préfabriqué. Elle n’était rien au final… Elle aurait dû le rejeter alors, lui faire comprendre qu’ils ne pouvaient plus se fréquenter, qu’il devait partir, loin d’ici et ne plus lui adresser la parole. Mais en cet instant, elle avait besoin de lui. Julian alla alors enfouir sa tête dans le cou du jeune homme, s’accrochant à son haut avec force.

« Ils m’ont menti… Je suis un mensonge… »

Julian parvint finalement à s’exprimer. Quelques mots qu’elle réussit enfin à articuler. Ce n’était pas grand-chose, ce n’était sans doute pas très clair pour Jeroen mais alors qu’elle retrouvait enfin sa capacité à parler, elle avait besoin de mettre des mots, mêmes approximatifs, sur ce qu’elle ressentait, sur ce vide qui la dévorait. Car le vide c’était ce mensonge, ce mensonge désormais révélé qui avait tout balayé sur son passage. Pourtant, dire cela, c’était aussi rendre le tout encore plus vivant. C’était se rappeler encore une fois qu’elle aurait beau prier, supplier, tout ça ne s’effacerait pas. Elle ne pouvait pas revenir en arrière, la vérité était là, éclatante. Tout ce qu’elle croyait avant était faux et le vrai était ce qui lui faisait tout ce mal. Elle se crispa alors une nouvelle fois, le même spasme, tout aussi violent, qui la remuait du plus profond de ses entrailles. C’était douloureux, vraiment. Elle pleurait encore et toujours, elle sanglotait et si elle avait réussi à arrêter de frapper, elle n’arrivait pas à débloquer totalement sa respiration. Cette dernière se bloquait à intervalles réguliers, lui provoquant des sortes de hoquets alors qu’elle cherchait désespérément de l’air. Elle s’accrochait alors encore plus fort à Jeroen.

« Je suis rien… rien… »

Ce mot résonnait dans l’esprit de Julian et ce fut plus ou moins sans s’en rendre compte qu’elle le prononça à voix haute. Mais pas qu’une seule fois. Elle le répéta encore, et encore. Comme si de toute façon, elle ne pouvait faire autrement, comme si elle se forçait à enfin regarder la vérité en face aussi douloureux que cela puisse être. Car c’était le fond de sa pensée, elle n’était plus rien. Plus elle répétait ce mot plus son visage devint vide. Petit à petit, la pression sur Jeroen se relâcha. Tous ses muscles lâchèrent. Elle avait le regard vide, elle avait l’impression de n’avoir plus aucune énergie. Elle n’était plus rien. Rien de plus qu’une poupée de chiffon.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Ven 28 Juin 2013 - 16:21

Il arrivait, prêt à en découdre et à mettre leur relation à plat une bonne fois pour toute, et trouvait soudainement Julian dans cet état ; qu’est-ce qui pouvait lui passer par la tête, dans un changement d’état d’esprit pareil ? Elle lui faisait souvent penser à sa sœur, tant dans ses manières gamines que dans sa joie de vivre et son besoin de toujours avoir le contrôle, un contrôle un peu relatif et très subjectif... Aujourd’hui, il se retrouvait face à une réaction qui le ramenait cinq ans en arrière, à sa mère. Elle lui renvoyait une image tellement… familière… Réfléchir ? Il pouvait mettre ça de côté, très sérieusement. Après tout, réfléchir, dans ce type de cas, c’était augmenter les risques que ça dégénère, et c’était déjà allé trop loin pour elle, elle risquait de vraiment se blesser si ça continuait. Il retrouva rapidement le contact avec elle, mais un contact qui n’avait rien à voir, un contact sous l’effet de la panique et de l’angoisse, un contact presque difficile à maintenir pour plusieurs raisons. Il voulait que ça revienne comme avant. Qu’ils se touchent avec la même innocence joyeuse que la dernière fois - même si niveau innocence, il y avait à redire. Qu’elle revienne à lui, peut-être, au lieu de se débattre comme elle le faisait jusque-là. Elle ne se rendait pas encore compte de ce qui se passait autour d’elle, et ce contact forcé était, sans surprise, perçu comme une agression. Il ne la lâcha évidemment pas. S’il la lâchait, elle retournerait se faire du mal, et il avait assez de ressources pour l’empêcher de faire ça, même si ses forces étaient décuplées la crise de panique dont elle n’arrivait pas à sortir.

Lorsqu’il commença à lui parler, il sentit un léger déclic. Elle s’arrêta de se débattre pendant quelques secondes, le temps de comprendre, d’assimiler, d’analyser la voix et de la reconnaître du fond de son esprit. C’est pour cela aussi qu’il ne cessa presque pas de lui parler ensuite ; ça lui donnait un contact rassurant avec le réel, avec lui. Elle recommença bien vite à se débattre pour se soustraire à son étreinte, mais ça commençait à s’émousser, à se calmer de manière presque perceptible. Puis, un spasme… elle s’accrocha au bras de son aîné avec une force presque désespérée et se mit à sangloter. C’était le premier son qu’il entendait sortir de sa bouche, le premier geste presque volontaire de sa part. Il continua de lui caresser doucement les cheveux tandis qu’elle s’accrochait à lui ; elle ne partirait plus maintenant. Elle enfouit son visage dans son cou.


    - Ils m’ont menti… Je suis un mensonge…
    - D’accord. Mais respire calmement, ça va se calmer donc détends-toi.

Un mensonge ? Mais que s’était-il passé, bon sang ? Une prise de conscience énorme, un sentiment de trahison sûrement, sinon elle ne serait pas dans cet état… mais à propos de quoi, dans quelle mesure cela l’atteignait-il ? Ces éléments qu’elle arrivait à extérioriser ne suffisaient pas au jeune homme pour comprendre le fond du problème. Il ne pouvait pas l’aider à comprendre, à relativiser, mais elle n’y pouvait rien… En plus, elle semblait ne même pas se rendre compte que certaines choses ne devaient pas être dites à n’importe qui, que si ça n’avait pas été Jer… Elle eut un nouveau spasme. Sa respiration ne se calmait pas. Il fallait vraiment qu’elle essaie de respirer correctement au lieu de ressasser la chose qui l’avait mise dans cet état…


    - Je suis rien… rien…
    - Hey, hey ! Arrête ça. Tu n’es pas rien, Julian, tu es ce que tu es, c’est déjà bien assez lourd à porter. Ne dis pas ce genre de choses.

C’était triste, un peu effrayant aussi. Il se demandait vraiment ce qui avait pu la mettre dans un état pareil, mettre à terre un tempérament aussi trempé. Ses muscles contractés commencèrent à se relâcher petit à petit. Elle quittait son état de tension extrême pour la retombée qui suivait toujours ce type de crises. Il ne la lâcherait pas maintenant, car c’était à ce moment-là que la sensation de chute survenait et qu’il fallait sentir qu’elle n’était pas seule. D’ailleurs, elle s’accrochait à lui, ça démontrait bien son besoin d’être maintenue sur terre, rattachée à quelqu’un qui puisse l’aider à sortir de là, un quelqu’un qui pouvait être n’importe qui tant qu’elle ressentait de la sécurité avec... Il fallait attendre encore un peu. Elle reprendrait ses esprits et pourraient parler correctement dans une dizaine de minutes peut-être, mais ça passait à une vitesse très variable, dix minutes. Il passa doucement ses mains sur son visage pour essuyer les larmes tandis que d’autres les remplaçaient.


    - Là. Ça va aller. Respire doucement, expire bien tout l’air que tu as dans tes poumons, allez... Je ne te lâcherai pas alors tu peux lâcher prise. C’est juste la pression qui redescend d’un seul coup, c’est rien. Ça ira mieux dans un moment, je te le promets. Mais concentre-toi sur ta respiration, ça va s’arranger.

Il ne la lâcherait pas… ça lui semblait tellement évident qu’il ne la lâcherait pas. Physiquement, ça venait d’un réflexe, il aurait réagi ainsi avec presque n’importe qui, vu qu’il savait comment réagir et qu’il savait que laisser quelqu’un dans cet état pouvait parfois avoir des conséquences. Mais aussi moralement. Oui, elle était allée voir ailleurs, oui, elle lui avait fait une crise de jalousie inexpliquée, il ne la comprenait plus depuis des semaines… mais ils ne se devaient rien et il savait que si elle avait besoin de lui, il ne pouvait pas résister au besoin de l’aider, d’autant plus qu’elle lui faisait suffisamment confiance pour se raccrocher à lui dans cette situation. Quitte à perdre de nouvelles parties de leur petit jeu, quitte à se faire jeter ensuite pour ce petit merdeux qu’elle s’était tapé… elle le rendait faible, mais elle semblait l’être tout autant, ça le rassurait presque… Il sourit légèrement.


    - Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi tu dis qu’ils t’ont menti ? Que tu es un mensonge… Julian, d’où tu sors une bêtise pareille ? Tu n’es pas rien. Je ne comprends pas ce qui peut te faire douter de ta valeur à ce point…

Comment ça, il ne fallait pas forcer les gens à parler lorsqu’ils étaient en situation de faiblesse ? Mais il ne forçait pas. Il l’aidait à évacuer tout ce qu’elle avait dans le ventre et ça passait par le dire, par mettre des mots sur ce qui n’allait pas, ce qui lui brûlait le souffle et les muscles aussi violemment. Si elle se concentrait sur sa parole, son souffle se calmerait peut-être de lui-même. Il ne savait pas ce qui pouvait bien l’avoir mise dans un état pareil ; pas le temps d’y réfléchir, pas les éléments surtout... Il n’aurait d’ailleurs jamais imaginé voir un tel bout de femme dire de telles choses à propos d’elle-même. Il se retrouvait face à la limite de ce qu’il savait sur elle, mais vu son état, il parierait presque que ça n’allait pas durer. Ce n’était pas un jeu, mais il ne mesurait pas l’importance de sa réponse. Il ne mesurait pas non plus le risque que ça pouvait représenter pour lui… Pour autant, il ne reviendrait pas sur ce qu’il avait dit ; il ne la lâcherait pas…
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Dim 30 Juin 2013 - 22:49

Jeroen avait raison. Sans doute bien plus que ce qu’il ne pouvait imaginer en cet instant. Julian était en effet elle-même et c’était lourd à porter, excessivement lourd, bien trop pour elle. Tellement lourd qu’elle était comme confrontée à un trou noir, à quelque chose de trop immense pour qu’elle le comprenne. Quelque chose qui finissait par l’écraser jusqu’à ce qu’elle ne soit plus rien. Alors elle se le répétait en boucle, comme s’il n’y avait de toute façon plus que ça qui comptait. Julian était écrasée sous le poids de son passé, sous le poids de son mensonge qui faisait que sa vie ne lui semblait n’être plus qu’une illusion. Une jolie petite histoire contée pour faire plaisir aux enfants. Mais lorsque la lumière s’éteint, lorsque le conteur décide d’abandonner le conte parce que les enfants ont grandit alors l’histoire reprendre ses droits. Alors la belle princesse et le beau prince connaissent des troubles, ne s’entendent plus, frôlent le malheur du bout des doigts. Il en était de même pour la jeune femme. Son conteur avait détourné l’attention, pensant que désormais, tout était bien en place. Mais elle avait changé son destin, elle avait décidé de prendre elle-même la plume et elle se retrouvait désormais face au néant.  Si au début elle s’était débattue, comme pour refuser cette évidence, croyant encore qu’elle pouvait modifier ce qui avait été fait, que le mensonge était en fait sa découverte, elle se rendait désormais compte que cela ne servait strictement à rien. Alors tout retombait soudainement jusqu’à ce qu’elle soit presque inerte. La seule chose qui avait persisté c’était cette respiration encore difficile, qui avait bien du mal à retrouver sa cadence naturelle. Mais c’était tout. La lumière dans son regard avait disparu. Il n’y avait même plus de folie ou de colère mais le vide total. Elle était habitée par ce vide qu’elle venait tout juste de découvrir. Comment accepter cette idée ? Comment surtout envisager un avenir après tout cela ? Car maintenant qu’elle avait regardé son passé droit dans les yeux elle avait comme l’impression que son regard ne pouvait plus se porter sur autre chose. Que regarder vers l’avenir serait de toute façon vain, comme si plus rien ne l’attendait derrière cette découverte. Elle voulait se laisser porter par tout ça. Elle baissait les bras pour la première fois de sa vie. Julian l’énergique. Julian la jeune femme dynamique et prête à en découdre avec n’importe qui était tout simplement en train d’abandonner face à elle-même. Elle se terrassait juste parce qu’elle était. Décidément, son être était bien trop lourd à porter. Pourtant, s’il lui semblait impossible de se tourner vers un quelconque futur, elle se trouvait être parfois comme harponnée par le présent. Par de petites choses, comme les doigts de Jeroen effleurant son visage et séchant ses larmes. Si elle n’afficha aucune réaction nette, évidente, il n’en resta pas moins que ce geste, elle l’avait perçu, ressenti et qu’il arrivait à la tirer ne serait-ce que pour quelques secondes de cette torpeur qui l’envahissait. Assez pour qu’elle entende les paroles du jeune homme. Un léger rire cynique déforma alors son visage sans expression.

« Ça ne peut pas s’arranger… »

Comment cela pourrait-il ? Tout était désormais tracé, elle savait et ne pourrait plus oublier, non. Elle avait fait le choix de fouiller dans sa mémoire, elle avait décidé de savoir et maintenant, elle se retrouvait face à la douleur que pouvait provoquer la vérité. Tout était comme scellé. Cependant, ce n’était pas la seule chose qui tira l’esprit de Julian de sa réflexion circulaire. Jer’ venait clairement d’affirmer qu’il ne la lâcherait pas. Comment pouvait-il affirmer cela ? Quand il saurait ce qu’elle était, une née-moldue, l’une des leurs, allait-il vraiment choisir de rester ? Après tout, lui aussi était dans les bonnes grâces des Supérieurs, lui aussi semblait avoir choisi sa voie. Serait-il vraiment prêt à tout sacrifier pour elle ? Si cette idée ressemblait à celles que l’on trouve dans les contes, Julian avait bien du mal à y croire. Pourtant, elle cessa en effet de s’accrocher avec tant de violence au bras du jeune homme tout en restant contre lui, ne cherchant plus à s’échapper de cette étreinte. La contradiction semblait de toute façon s’être définitivement installée en elle. Après tout, quand on y réfléchissait, c’était bien ce qu’elle était, une pure contradiction. Une jeune fille ayant lutté contre son propre sang sans même s’en rendre compte et ne sachant désormais plus à quel camp elle appartenait. Qui était-elle vraiment ? Ju’ avait comme l’impression d’être en plein cauchemar. Perdre son identité l’avait toujours effrayé et c’était clairement ce qui était en train de se passer. La jeune femme se noyait des réflexions pour savoir ce qu’elle était ou non et aucune réponse ne semblait se dessiner. SI son corps était désormais calmé et si sa respiration, comme l’avait prévu le jeune homme, se calmait peu à peu, son esprit lui était toujours en désordre. Le vide en bordel… Tout cela n’avait décidément aucun sens.

Julian ne bougeait plus depuis quelques instants déjà. Elle aperçut alors, du coin de l’œil, le sourire sur les lèvres de Jeroen mais ne parvint pas à le comprendre. A vrai dire, contrairement à son habitude, bien des détails lui échappait, elle n’avait clairement aucun contrôle sur la situation et était tout bonnement impossible d’expliquer les comportements de Jeroen. Mais à vrai dire, tout cela lui semblait alors vraiment futile. Parce qu’à vrai dire, les paroles que son camarade prononça par la suite aurait pu lui donner matière à réfléchir. Mais elle n’analysa pas les mots, la syntaxe, se concentrant sur l’essentiel, sur ce qu’il lui demandait. Il voulait savoir… Ju’ se mit alors à fixer avec encore plus d’intensité ce point dans le vide qui avait déjà capté son attention depuis quelques instants. La réponse à la question du Serpentard tournait en boucle dans sa tête et pourtant il semblait impossible qu’elle franchisse la barrière de ses lèvres. Si elle lui disait, elle rendait le tout réel, elle acceptait que ce que Marek lui avait fait voir faisait clairement parti d’elle et qu’elle ne pourrait plus jamais l’effacer. Elle acceptait aussi que quelqu’un d’autre soit au courant, que quelqu’un d’autre apprenne ce qu’elle-même avait mis tant de temps de découvrir. Elle acceptait de lui montrer sa faille, cette plaie béante qui venait de marquer son cœur à vie. Ce n’était pas raisonnable. Après tout, Jeroen, elle ne le connaissait que depuis peu de temps et sa logique implacable lui aurait ordonné de se taire, de se lever et de s’en aller. Mais elle en était incapable. Elle restait vissée à ce sol, collée contre le torse du jeune homme. Tout échappait à son contrôle depuis un moment déjà. Elle n’était plus elle-même sur bien des plans.

« Je suis l’une des leurs… »

Julian venait de parler dans un murmure. Sa voix avait presque quelque chose de robotique, du moins de systématique. Elle avait prononcé ses mots sans trop s’en rendre compte mais ne chercha pas à les retenir, ne chercha pas à revenir en arrière. Pourquoi lui dire ? Elle n’en savait rien, elle ne voulait pas savoir, tout ça n’avait pas d’importance. Non, le plus important c’était qu’elle venait d’admettre la véracité de tout ça. C’était qu’elle venait de se confronter de manière claire pour elle à ce qu’elle venait d’apprendre. Elle tourna alors lentement la tête et planta son regard vide dans celui de son camarade.

« Ils m’ont récupérée. Je suis une née-moldu…. Tu devrais t’en aller. »

Le ton était tranchant, ce regard toujours aussi vide et pourtant il n’y avait pas d’animosité ni de haine à l’égard de Jeroen. Non, ce qu’elle disait n’était que l’évidence, le reflet pur et simple de la réalité. Il devait la laisser pour sa propre sécurité elle le savait très bien. Elle était condamnée, comme une malade qu’on ne peut plus sauver et qui veut préserver son entourage de la contagion. En tant qu’homme sain il devait fuit là où elle n’avait d’autre choix que de rester enchaîner. Son passé était son boulet, pas celui de Jeroen. Julian avait alors conscience de bien peu de choses mais ça c’était clair dans son esprit, elle avait eu assez confiance pour lui dire mais elle refusait de partager son fardeau. C’était sa douleur. Seule sa poitrine devait s’écraser sous le poids de ce mensonge. Seule elle devait frapper encore et encore jusqu’à ce que la douleur physique assourdisse la douleur psychologique. Oui, désormais, elle se devait d’être seule.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Dim 21 Juil 2013 - 2:25

Au fond… il voulait savoir. Il voulait la comprendre. C’était une curiosité simple, complexe, quelque chose de fou, et au fond, de terriblement nécessaire. Depuis le début, il cherchait à la comprendre, à capter les équations de ses comportements… comment réfléchissait-elle ? Que cherchait-elle dans sa relation aux autres ? Que cherchait-elle… avec lui ? Ça rentrait en ligne de compte. Cet échange désespéré n’était pas coupé de ce qu’ils avaient construit précédemment. Elle ne s’ouvrirait certainement pas si largement avec quelqu’un autre. Il y croyait un peu, sans être vraiment sûr de ce qu’il avançait. Il aurait bien aimé, disons, être un peu plus pour elle que l’aventure qui ne fait que passer.

Il ne faisait pas que passer. Il ne voulait pas. Il restait contre elle, son corps contre le sien… Elle ne reprenait pas son souffle, pas tout-à-fait, mais elle avait cessé de se débattre, de vouloir s’échapper, de se faire du mal… c’était là le but. Elle avait bien trop de force, si elle la retournait contre elle-même, ça pouvait lui faire trop mal et elle pourrait le regretter par la suite. Pour qu’elle veuille se causer une commotion cérébrale toute seule… elle avait intérêt d’avoir des raisons valables, parce qu’il commençait à penser à lui secouer les puces. Gentiment. Lui faire relever la tête, l’inciter à minimiser un peu ses pensées négatives… Un sourire cynique apparut sur son visage. C’était ça qu’il voulait faire disparaître, quitte à faire face à un manque d’expression pendant quelques minutes voire quelques heures de plus…

- Ça ne peut pas s’arranger…
- Tout peut s’arranger. Y’a pas de raisons. Au pire on en fait quelque chose de plus acceptable, mais de là à ne jamais s’arranger, il y a un pas de géant.
On faisait ce qu’on voulait de la vérité, de la réalité. On l’adaptait à ce que notre esprit pouvait accepter, même inconsciemment. Rien que dans le château, chacun adaptait sa vision du monde à ses idéaux. Pour vouloir combattre les Supérieurs par exemple, il fallait voir une véritable menace dans ces petits toutous stupides, adapter le monde à sa vision. Manipuler l’image que l’on a nous-même de ce qui nous entoure. Il suffisait de revenir en arrière, d’accepter avoir eu tort, d’oublier qu’on peut se planter en changeant d’avis et… foncer. Foncer vers autres chose de moralement plus acceptable. Elle avait du mal à le dire. A extérioriser ses sentiments. Elle regardait dans le vide. Il cherchait vaguement le point qu’elle pouvait fixer, comme si regarder dans la même direction pouvait l’aider à se positionner sur les mêmes ondes, mais ça ne marchait pas vraiment, en fait. Ils étaient juste collés l’un à l’autre, silencieux, et elle cherchait à se débarrasser de ce qu’elle avait sur le cœur sans arriver à le jeter comme si ça ne signifiait rien…

- Je suis l’une des leurs…
Il faillit ne pas percevoir son murmure. Il y avait tellement peu de conviction, elle ne semblait pas croire ce qu’elle racontait, ce qu’elle voulait raconter. Il caressa doucement ses cheveux pour l’inciter à continuer. Elle tourna son regard silencieux de tout sentiment vers lui…

- Ils m’ont récupérée. Je suis une née-moldue… Tu devrais t’en aller.
- C’est une blague ?
Il avait peut-être demandé ça un peu trop brusquement, sans réfléchir. Il ne savait pas ce qui ressemblait le plus à une blague. Le fait qu’elle avait découvert il-ne-savait-comment qu’elle était née-moldue, ou le fait que ça la mette dans un état pareil… Il n’arrivait pas à remettre ses propos en doute. Si elle disait qu’elle n’était pas sang-pure, c’était qu’il y avait de la vérité, ça ne pouvait pas être autre chose. Elle ne balancerait pas de telles choses sur elle-même et sur sa lignée sans un minimum de certitude, et ça semblait vraiment l’affecter. Tout-à-fait subjectivement, il n’avait jamais compris qu’on puisse s’embarrasser de tels critères, alors que ça n’influait ni sur la qualité de la personne, ni sur ses capacités magiques et intellectuelles. Pour quelques litres de sang… Il eut un petit rire, à la limite du nerveux, un peu moqueur malgré lui. On lui balançait tellement d’histoires de sang depuis tout ce temps qu’il commençait à ne plus supporter.

Quand on vit avec des moldus, au rythme du Londres moldu, qu’on a des amis moldus, des voisins moldus, un boulanger moldu, ça désespère d’entendre les gens parler de telles choses. Parler sans savoir. La sous-race ? Bon sang de bois. Il fallait arrêter avec l’hystérie et la peur convulsive de ce qui nous échappe. Ils avaient leur façon de fonctionner, leur monde, leurs faiblesses qui étaient les mêmes que celles des sorciers, au fond. Si elle pleurait d’avoir des parents moldus, elle se plaignait de quelque chose que des centaines de milliers de sorciers avaient assimilé comme leur normalité, même si tous ne vivaient pas en contact si direct avec leur monde. Elle se plaignait de ne pas être une petite princesse dans un monde qui s’en foutait totalement. Il y avait fierté et fierté. Il était fier de sa sœur chieuse et de ses horoscopes moisis de journaux télévisés. Il était fier de sa force. Son sang, il s’en foutait, c’était comme se plaindre d’avoir les cheveux de telle ou telle couleur, ça servait tellement à rien…

Julian était donc née-moldue ? Qu’est-ce que ça lui foutait. La fierté qu’il avait vue, ça ne concernait pas forcément son sang. Entre eux, la question n’avait jamais été mise sur le tapis, et vu les spécimens qu’ils représentaient, ce n’était pas rien. C’était triste qu’elle découvre ça aussi brusquement, certainement, et il ne connaissait pas les détails de sa « récupération » par ses parents qui s’avéraient adoptifs, mais elle avait sa famille, elle avait des gens qui l’aimaient… on ne peut jamais tout avoir ! Mais… elle l’avait lui. Il avait une réputation, une couverture, mais elle aussi devrait sauver les apparences, il lui faisait assez confiance pour ne pas les balancer tous les deux aux Supérieurs… un peu trop ? Il ne put pas s’empêcher bien longtemps de lui balancer ses vérités. Il avait eu envie des dizaines de fois de gueuler ce qu’il avait sur le cœur à la face du monde. Pourquoi elle ? Pourquoi ce moment ? Risque minime… il y réfléchirait plus tard.

- M’en aller, quelle bonne blague. Arrête ça, s’il te plaît, arrête tout ça.
Le ton était tranchant. Il n’allait pas mentir, ni la ménager, ça ne l’arrangerait pas et il n’en avait simplement pas envie. Elle devait comprendre son point de vue, même s’il fallait qu’il lui enfonce ça dans la tête un peu durement. En plus, vu ce qu’il avait à lui expliquer, elle ne lui en voudrait pas qu’il y aille sans grande délicatesse.

- Tu dis ça comme si on venait de te détruire. Le sang, rien à carrer. Tu parles à un sang-mêlé qui s’est toujours fait traiter comme de la merde par les Supérieurs, là. Née-moldue, sang-pure, tu penses que j’ai commencé à discuter avec toi parce que tu étais dans la catégorie du dessus ?
Oui. Bon. Sur le coup, il y avait pensé très sérieusement, mais ses envies de profiter un peu du cercle d’amis de la jeune femme s’étaient émoussées avec le temps. Aujourd’hui, il n’avait pas ça en tête. Il fallait d’abord qu’il fasse le vide dans son esprit à son propos, sinon il allait juste déconner grave. Il voulait juste… être là, avec elle, et l’engueuler comme la sale gamine qu’elle était. Si elle s’abattait pour ça, il était prêt à la pousser à remettre ses idéaux en doute pour son bien-être. A lui envoyer la sauce.

- Sérieusement, je ne m’en irai pas. J’ai une façade à tenir, mais tu crois que j’en serais là si j’avais été le gars intelligent placé dans l’autre camp ? Je bouffe moldu pendant les vacances et j’aime beaucoup ma sœur et ses horoscopes à la noix, donc je vois pas pourquoi je te lâcherais là, maintenant.
Euh… non mais là… Il ravala sa salive. Là, il allait peut-être un peu loin. Sa sœur était bien, inexistante auprès de la population d’ici, ça évitait pas mal d’embrouilles, et il lui crachait ça naturellement. Si elle s’était renseignée, elle n’avait pas dû entendre parler de ça, et… il n’aurait pas dû. Merde. Mais ce qui était fait, était fait. Elle n’était pas en position d’aller balancer ce genre de choses, même dans une confidence à une copine. Il se reprit, passa sa main dans ses cheveux puis revint caresser la joue de Julian, tout en continuant de la tenir contre lui. Il fallait qu’il reste à point pour s’occuper d’elle correctement.

- Je ne partirai pas, donc, même si tu m’envoyais chier. Tu n’as pas à être seule, c’est stupide. Alors explique-moi. D’où tu sors ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Ta famille, tes parents… ils t’ont adoptée, c’est ça ? Tu captes que ça reste les personnes qui t’ont construite et aimée, n’est-ce pas ? Comment tu as appris ça, et qui d’autre est au courant ?
Il pouvait gérer la situation. Il pouvait… il devait juste faire le point, tâcher de l’aider à y voir plus clair et à cesser de s’apitoyer, au moins le temps que sa situation psychologique se stabilise. Pas la laisser seule, elle risquait de se mettre en mauvaise posture si elle en parlait aux mauvaises personnes... Il passa sa main sur son visage, ses joues, ses paupières humides. Il pouvait être un homme de parole quand il le voulait, hein… surtout avec elle. A croire qu’il pourrait aller décrocher des trucs divers dans le ciel pour elle. C’était pitoyable et faiblichon au possible, mais qu’est-ce qu’ils y pouvaient. Il ne la laisserait pas seule avec son monde en miettes, un point, c’est tout.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Dim 1 Sep 2013 - 23:00

Le repli, la solitude, la fuite… C’était la seule chose à laquelle aspirait Julian en cet instant et pourtant, elle restait encore et toujours accrochée à Jeroen. Il ne devrait pas être là, il n’aurait jamais du entrer dans sa vie ainsi. De telle sorte que dans cet instant de faiblesse elle se raccrochait à lui comme s’il était la seule chose qui pouvait encore la maintenir hors de l’eau. Pourtant il était un intrus, il ne devrait pas connaître son histoire, son secret. Ce secret qui allait bouleverser toute sa vie et faire de ce qu’elle pensait sa vie un étrange souvenir. Un idéal qu’elle croyait avoir atteint, une idylle qui s’effritait doucement devant ses yeux. Alors quand il dit que tout pouvait s’arranger, elle eut envie de rire. Oui de rire aux éclats mais elle n’y parvint pas. C’était comme si un détraqueur venait tout juste de passer et qu’ainsi, elle n’avait plus une seule once de joie en elle. Alors elle ne ria pas, même si toute cette situation était bien amusante. S’arranger ? Et comment hein ? Par l’opération du Saint-Esprit ? Ou alors si elle acceptait de se faire à nouveau effacer la mémoire ? Amusant… Mais le pire dans tout ça, c’était qu’elle avait presque envie de croire le jeune homme quand il lui diffusait ce doux message d’espoir. Elle avait envie qu’il ait raison. Ju’ rêvait alors de fermer les yeux et de ne penser à plus rien ne serait-ce qu’au contact agréable du corps de son aîné contre le sien. Mais la réalité était bien présente, la douleur trop forte. La rousse ne pouvait pas tout simplement oublier qu’elle était une née-moldue, que tout ce en quoi elle avait toujours cru n’était qu’illusion. Jeroen avait beau la transporter d’une certaine façon, ses paroles réconfortantes ne suffiraient pas cette fois. L’idée était trop présente, si présente qu’elle n’arrivait même pas à la garder pour elle. Pourtant Julian était la reine des secrets, de la rétention d’informations. Mais cette fois, elle était incapable d’être muette comme une tombe. Alors elle s’exprima. La jeune femme exprima ce qu’elle avait sur le cœur, de manière abrupte. Mais bien sûr, elle parvint à reprendre un minimum le dessus en intimant à son camarade de s’en aller. En lui faisant comprendre qu’il devait la laisser seule. Les choses étaient ainsi, il ne pourrait rien y changer alors il devait y aller. Sa fierté avait repris le dessus même si elle avait au fond toujours envie de se blottir contre Jeroen. Seulement rien ne se passa comme prévu. Ni ses envies, ni sa fierté ne furent écoutées. Encore une fois Jer’ fut capable de la surprendre. Mais pour la première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés, elle fut incapable de répondre. Elle resta scotchée, à le regarder, en silence. Elle n’eut même pas un seul réflexe brutal rien. Julian était totalement sous le choc…

Une blague ? Non pour le coup la rousse avait plutôt l’impression que c’était Jeroen qui se foutait de sa gueule. Il trouvait cela amusant ? Il pensait vraiment qu’elle pouvait se foutre de sa tronche sur un sujet pareil ? Qu’elle ce serait amusée à inventer toute une histoire à propos de ça ? A propos de ce qui faisait son identité ? C’était impossible et pourtant Jer’ en semblait presque intimement convaincu. Il lui répondit alors de manière sèche, lui demandant de se taire. Qu’est-ce qui lui prenait ? Comment pouvait-il réagir ainsi ? Elle l’avait bien observé, elle avait bien vu comment il se comportait face aux Supérieurs… Il semblait être de leur avis, les suivre dans leurs actions alors le Sang avait forcément une important pour lui, une quelconque signification. Tout ça n’avait aucun sens et Julian n’en fut que plus troublée. Elle le regarda donc avec de grands yeux, attendant la suite, se demandant bien ce qui pouvait justifier une réaction si vive. Il n’allait quand même pas lui dire que tout cela n’avait aucune importance…. ? Et bien si. Cette fois Ju’ en fut carrément sonnée. Non, c’était impossible. Le discours du jeune homme était complètement farfelu. Le jeune homme était en train de lui démontrer par a plus b qu’elle faisait tout un foin pour rien, que son sang n’avait pas d’importance et que cela ne devrait nullement l’affecter. Instinctivement, la jeune femme eut un moment de recul. Cela l’effrayait en un sens d’entendre ça. Qu’est-ce qu’il racontait ? Il avait pris de la drogue, un coup sur la tête ? Elle ne voyait aucune autre explication à son indifférence. Mais le pire, ce fut qu’il ne s’arrête pas là. Jeroen continuait son discours, lui faisant plus ou moins comprendre qu’il n’était pas celui qu’elle croyait et que sa famille appartenait en partie au monde des moldus.

Stop.

Julian se releva alors brutalement et recula de plusieurs pas, fixant Jeroen. Elle secouait la tête, en signe de négation mais toujours en silence, abasourdie, assommée. Elle ne comprenait plus rien. Ou plutôt, elle ne voulait pas comprendre. Tout ce discours… Il lui avait menti, lui aussi ? Alors lui aussi faisait en un sens partie d’une mascarade. Il était comme les autres, il avait menti, il avait trahi et sans raison. Il se faisait passé pour un autre. Il avait sans aucun doute des intérêts là-dedans mais là n’était pas la question. Julian se fichait bien des raisons qui motivaient son camarade, ce qu’elle retenait c’était ce mensonge de plus. Son existence semblait placer sous le sigle du faux…

« Comment as-tu pu… »

Sa voix n’avait été qu’un murmure, un simple souffle. Son cœur battait à plein régime, elle avait terriblement envie de hurler et pourtant, elle n’y parvint pas. Elle n’avait pas assez d’air dans les poumons, pas assez d’énergie pour faire plus entendre sa voix. Elle était à bout de force, à bout tout simplement. Tout tournait autour d’elle et d’instinct, la jeune femme s’appuya contre le mur. La tête lui tournait, elle avait l’impression qu’elle allait s’évanouir d’une seconde à l’autre. Mais Jeroen enchaîna. Il semblait si calme. Il voulait la réconforter, il voulait l’aider… Comme si son mensonge n’était pas important, comme si le sang n’avait pas d’importance et que seul son bien être comptait… Non, c’était impossible. Il allait vraiment la rendre folle. La rousse s’attrapa alors de nouveau la tête entre les mains et se mit à faire les cent pas. Son cerveau tournait à plein régime, elle ne comprenait plus rien, elle ne saviat plus quoi faire. Le frapper ? Lui accorder sa confiance ? Qui était-il vraiment ? Pourquoi s’accrochait-il à elle et surtout, pourquoi, bien qu’elle soit dans une colère noire, avait-elle encore et toujours envie de se blottir dans ses bras ?

« On m’a effacé la mémoire… Marek a tout retrouvé… Les moldus m’ont rejetée, abandonnée et mes parents m’ont menti depuis toujours… Et toi aussi tu mens… Tu mens comme tu respires…. »

Julian n’avait pas haussé le ton, mais ses paroles avaient résonné comme un sifflement. Il y avait quelque chose de lugubre dans le timbre de sa voix. Elle eut alors un rire nerveux, incontrôlable. La situation était risible non ? Alors qu’elle venait d’apprendre quelque chose qui pouvait ruiner sa vie, elle s’était sentie dans l’obligation de le répéter à quelqu’un qui lui avait aussi menti, quelqu’un qu’elle ne connaissait pas si bien que ça après tout et qui ne faisait que la déstabiliser encore plus. La jeune femme en avait la nausée. Un nouveau rire nerveux et un regard en direction de Jeroen.

« Pourquoi tu veux tout savoir ? … Je suis qui pour toi ? »

Cette question n’avait qu’un lien indirect avec la situation et pourtant cela faisait trop longtemps qu’elle lui brûlait les lèvres. Ju’ n’avait pas pu la retenir d’avantage. Elle avait besoin de savoir. Oui, elle avait besoin de savoir si elle pouvait s’accrocher à lui… Elle voulait savoir si cet instinct qui la poussait à aller vers lui, à l’écouter alors qu’il tentait de la réconforter méritait d’être écouté ou non… Pouvait-il vraiment être son dernier pilier alors que tout s’écroulait autour d’elle ? La rousse n’était pas d’accord avec lui, elle se sentait toujours aussi détruite de l’intérieur et pourtant, il y avait un fourmillement dans son estomac. Elle avait besoin d’une réponse. Au point où elle en était, elle voulait que tout soit clair. Sa fierté était tant ébranlée qu’elle arrivait même à la ravaler encore un peu plus… Julian se trouvait pathétique et pourtant, elle n’ajouta rien, ne revint pas sur ses propos. Elle attendait.


HRP ::
 
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Lun 2 Sep 2013 - 16:52

A quoi est-ce qu’il jouait ? Qu’est-ce qui le poussait, là maintenant, à parler comme il parlait, à dire tout ce qu’il n’avait jamais dit ? La frustration. Il marchait à la frustration, une motivation qui amasse de l’énergie pendant longtemps et qui explose comme le moteur d’une vieille voiture moldue. Bam. A force de devoir rester en retrait des gens qui avaient besoin d’aide, il amassait un besoin impérieux de tenir sur la bonne pente ceux qui lui tenaient le plus à cœur. Mentir, ça sauvait sa famille, ses amis qui doutaient de leur camp… Ne plus mentir, du moins auprès de Julian, ça pouvait l’aider. Il avait envie de lui dire à quel point il se fichait de tout ça, vu que ce qu’il voulait, c’était elle, c’était son sourire addictif, son rire, sa fierté démesurée. Son sang ne changeait rien à ses sentiments, c’est cela qu’il voulait dire, mais c’était sa frustration quant à sa propre position dans ce monde qui parlait à sa place. A l’intérieur de lui-même, c’était le silence. Sa raison était devenue passive, parce que sa relation avec Julian n’était pas dictée par la raison. Il se regardait parler avec un ton froid, tranchant, aiguisé mais pour des mots qu’il estimait être les bons. Peut-être à tort. Tandis qu’il débitait, incapable de s’arrêter tant qu’il n’avait pas sorti tout ce qu’il avait sur le cœur, il voyait le regard interloqué de Julian. Il voyait son silence, comme si elle était victime physiquement des mots qu’il lui assenait, et il était d’autant plus incapable de s’arrêter que ces réactions de refus l’effrayaient. Il fallait qu’il dise tout avant qu’elle ne réponde et qu’elle ne se soit tout à fait détachée de lui. Il lui faisait peur. Il se faisait peur maintenant. S’il ne se calmait pas… mais c’était trop tard. Trop tard pour faire marche arrière et jouer le pro-Supérieurs un peu stupide qui acceptait quelque chose contre ses convictions.

Elle se releva. Brutalement. S’écarta. Il termina sa tirade sur une note bien trop personnelle à son goût, mais le cœur n’y était plus. Elle s’éloignait, dans la pièce, silencieuse, perdue. Et puis il se tut. Il se sentait comme dans la peau d’un salaud, d’un gars horrible, mais il n’avait que dire la vérité dans le but premier de lui démontrer son soutien… Est-ce que ça valait la peine ? Cette couverture qu’il haïssait tant était-elle devenue sa nouvelle peau, à force ? Pourquoi tout lui retombait au coin de la gueule dès qu’il voulait l’aider… pourquoi elle… ? La seule personne avec qui il se sentait lui-même, sans avoir à mentir, faire semblant. Ils n’avaient jamais parlé de sang. Ils s’étaient laissés aller à du grand n’importe quoi mais jamais le sujet n’était rentré dans leur conversation comme quelque chose qui importait à la jeune verte. Il savait pertinemment que Julian était fière comme un pou de son statut de sang, mais avec lui, à quoi s’attendait-elle ? Un mec aussi manipulateur pouvait-il être aussi propre sur lui que ce qu’elle semblait espérer ? Il… était aussi déçu qu’elle puisse encore trouver cela important avec lui… après tout ce qui s’était passé…

- Comment as-tu pu…
Comment ? Simplement par la force des choses… des décisions prises un jour et qui se répercutaient sans cesse sur chaque événement de sa vie… C’était ce qui le définissait après tout. Il était un enchainement de décisions ayant pour but d’atteindre son idéal. Il se releva pour lui faire face et rester à sa hauteur. Pourtant, il ne répondit pas à sa question rhétorique. Après un silence, il enchaîna pour savoir où elle en était, qui était au courant. Il fallait vérifier qu’elle n’était pas en mauvaise posture non plus ; il le disait et le répétait : qu’importe ce qu’elle en disait, il la protégerait. Même si ça signifiait la voir vaciller devant lui sans la toucher. Là, il ne pouvait plus, il ne s’en sentait plus la force. Elle ne se mettait pas non plus en danger en faisant les cents pas... Pour le moment. Il passa sa main dans ses cheveux en tentant de garder un air calme et mesuré tandis qu’elle répondait sans détour. Si elle ne lui faisait plus confiance, pourquoi continuait-elle à lui raconter ?

On m’a effacé la mémoire… Marek a tout retrouvé… Les moldus m’ont rejetée, abandonnée et mes parents m’ont menti depuis toujours…
En entendant le nom de Marek, il se sentit soulagé d’un énorme poids. S’il devait ne faire confiance qu’à une seule personne, ce serait certainement lui. Il s’en était pris plein la gueule, il avait souffert d’avoir été ainsi coincé dans son bureau et obligé de dire la vérité, mais jusque-là il n’en avait tiré que du bon ; entrainements gratuits, leçon de vie, un modèle à suivre... Julian s’était adressée à la bonne personne, même si elle n’en avait peut-être pas entièrement conscience. Elle finit enfin sa phrase.

Et toi aussi tu mens… Tu mens comme tu respires…
Un sifflement désagréable, suivi d’un rire incontrôlable. Jeroen sentit ses poils se hérisser dans son dos. Il commençait à sentir le malaise s’immiscer et ce n’était pas bon du tout. Pas bon pour lui, pas vraiment pour elle non plus vu qu’ils s’influençaient sans le vouloir. Il passa ses mains sur son visage pour réprimer des réactions qui pourraient le trahir. Il n’avait plus que ça pour se raccrocher, cette façade du gars qui se gère comme il faut, bien sur lui, sans problèmes. Pourtant, dans le cas présent, ça ne servait plus à rien. Il était tendu, nerveux, malheureux, c’était visible, un peu trop à son goût. Il n’arrivait plus à trouver ses mots. Il n’arrivait plus…

- Pourquoi tu veux tout savoir ? … Je suis qui pour toi ?
- Et moi ? Je suis quoi pour toi ?
C’était sorti tel quel. La question qu’il était venu lui poser au départ. Il était prêt à en découdre, au début, prêt à faire face à une réponse cinglante, mais finalement quelle réponse était-il prêt à entendre ? Il serra les poings, incapable de se retenir plus longtemps. Elle… elle rejetait la vérité. Elle le rejetait. Ça lui faisait mal, profondément. Etait-elle finalement assez superficielle pour ne plus vouloir de lui parce qu’il osait montrer une faiblesse ? Parce qu’il disait clairement que son sang n’était pas celui qu’elle espérait ? Il ferma les yeux, inspira lentement pour remettre son cerveau en marche, le poing devant la bouche comme pour retenir des paroles qu’il regretterait. Puis il releva la tête et fit face à son regard.

- Tu veux savoir ? Je suis un mensonge, c’est vrai. J’ai préféré ma sécurité et celle de mon entourage plutôt que de la jouer franc jeu pour que tu ne te sentes pas trahie. Sauf que tu ne m’aurais pas approché si j’avais été dans l’autre camp donc qu’est-ce que ça change, dis-moi ?
Ça résumait tout à fait ce qu’il ressentait. A l’époque de la prise de Poudlard, il se foutait des gens qu’il ne connaissait pas encore, donc il s’était lancé dans le mauvais camp. De fil en aiguille, il avait dû s’enfoncer dans son rôle pour ne pas risquer beaucoup plus gros. Elle ne se rendait pas compte qu’aujourd’hui, avouer cela équivalait à prendre le risque de se faire emprisonner et torturer jusqu’à ce que mort s’en suive. Il ne voulait pas entendre qu’il l’avait trahie en étant ce qu’il était. Il voulait qu’on lui dise qu’il avait raison, comme ses amis dans la volière qui avaient pris un risque dès les premiers jours pour le protéger... Il voulait qu’on puisse le comprendre et voir en lui autre chose que des actes qui ne le définissaient pas… Il ravala pourtant sa fierté. Elle ne lui donnerait rien ? Soit. Ça ne l’empêcherait pas de continuer.

- Qu’est-ce que tu voudrais que je te réponde ? Tu es la seule avec qui j’arrivai à être moi-même. Je me sens juste… bien avec toi. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien avec quelqu’un. Appelle ça comme tu veux.
Si elle voulait clairement savoir ce qu’il ressentait pour elle, elle n’avait qu’à y mettre des mots toute seule. Il avait déjà du mal à le faire lui-même, ce n’était pas parce qu’elle lui demandait avec cette tête d’animal blessé qu’il lui offrirait son cœur sur un plateau d’argent, il avait encore un peu de dignité en stock. Il continua sur sa lancée.

- Fais-en ce que tu veux, même. Je te dégoute ? D’accord, je m’en fous. Sauf que je ne te laisserai pas. On peut faire confiance à Marek, mais si tu en parles à d’autres personnes, tu risques de t’attirer des emmerdes. Et vu ton état, je te vois mal gérer ça toute seule. Tu comprends ça au moins ? Que je peux t’aider ?
Il la mettait clairement devant sa propre incapacité à se gérer. Elle lui disait tout sans réfléchir aux risques potentiels. Certes, Jeroen aurait été vexé de ne pas être une oreille de confiance pour ça, mais quand même. Si elle s’ouvrait à n’importe qui… Lui, il pouvait gérer ça. L’aider. Qu’importe ce qu’elle pensait de lui, il n’allait pas la laisser se suicider en allant raconter la vérité aux autres, d’autant que ça pouvait attirer des ennuis à Grand Rivers aussi… Mais tout de même, il continuait de mentir avec effronterie. Il ne s’en foutait pas du tout. Si elle le rejetait comme ça, il se sentirait amputé d’une partie de lui-même. Elle n’était pas la seule à avoir besoin de repères stables… Il se sentait mal. Il voulait la reprendre dans ses bras, effacer les mots, les douleurs, recommencer à zéro, sauf que ça ne se fait pas comme ça. Si elle ne voulait pas de lui, ça ne servait à rien de vouloir plus que ce à quoi il avait droit…

Mais faut pas que tu désespères, perd pas espoir
Promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire
Ce sera plus des mensonges
Quelque chose de grand…
Fauve, Nuits fauves

… Bon sang. Non, il ne voulait pas qu’elle s’en aille. Il voulait encore voir son sourire, l’entendre raconter sa vie, même si ça devait prendre un temps fou. Il voulait encore toucher ses lèvres, sa peau, pas comme un amant de passage mais plutôt comme un amant longue durée. Quitte à mentir, tromper, faire semblant devant les autres, il s’en foutait, il savait faire ça depuis le temps. Après un silence, il lui lança un nouveau regard, soudain beaucoup plus résolu.

- Eh merde. Non, je ne suis pas l’homme fantasmé que tu devais espérer, mais je suis prêt à m’ouvrir si tu acceptes de me faire confiance et de ne pas me juger sur ce que je n’ai jamais dit à personne. Prêt à ce que tu veux si ça me permet d’être avec toi, comme avant…
Prêt à tout ? Oui. Ses sentiments rationnaliseraient n’importe quelle conduite en cet instant. Après tout, il n’en demandait pas beaucoup, juste une petite place auprès d’elle ; que ce soit en tant que copain, pote ou ami qu’on planque sous le lit quand quelqu’un rentre, il s’en moquait. Il voulait juste se permettre, à lui-même, d’être heureux, même si ça devait passer par quelqu’un d’autre… Handicapé des sentiments, vous avez dit ? Carrément, mais au moins, il tâchait de se soigner.

- Je… Julian, je suis là pour toi, ça ne changera pas. Je peux t’aider, mais il faut que tu acceptes qu’il y ait des choses que tu ne sais pas sur moi… Tout ce que tu as appris va déjà remettre pas mal de choses en cause, mais voilà. Je suis là, et ça, ça ne changera pas. Je te le promets.
Des mots du fond du cœur… Il ne savait pas quoi rajouter d’autre. Si elle persistait à rester à distance, à ne pas lui faire confiance et à le prendre comme un ennemi, il n’était pas sûr de pouvoir l’aider…

- Ça ne tient qu’à toi…
Lui faire confiance, l’accepter, accepter son aide… Il n’y avait qu’elle qui pouvait répondre à sa proposition, même si pour l’aide, elle n’avait pas le choix. En quelque sorte, il lui proposait de reprendre le contrôle de quelque chose alors que sa vie partait en cacahuète… et ce n’était pas rien.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Jeu 5 Sep 2013 - 13:04

Une étrange atmosphère s’était installée dans la pièce. Ce n’était plus le simplement cette aura de souffrance que dégageait Julian depuis le début, ce n’était plus simplement le malaise dû à la douleur, au malheur de quelqu’un. Un autre voile pesant était doucement en train de s’installer au-dessus des deux jeunes gens sans qu’ils ne puissent rien faire, sans que leurs protestations ne changent rien. Ils étaient piégés. Oui Jeroen et elle étaient enfermés. Ils auraient beau se débattre ou hurler, tant qu’ils n’auraient pas mis des mots sur tout ça, tant qu’ils n’auraient pas compris ce qui était en train de se passer, ils ne pourraient pas s’en sortir. Peut-être était-ce que je Ju’ avait compris en posant sa question ? Ou tout simplement était-ce une force qui l’avait poussée et qui s’accordait totalement avec ce que l’ambiance tendait à lui faire comprendre. Toujours était-il qu’elle avait craqué, qu’elle avait finit par cracher ce qui lui brûlait les lèvres depuis bien trop longtemps maintenant. Seulement voilà, elle s’était attendue à une réponse et non à un retournement de situation. Violemment, il venait tout simplement de lui renvoyer sa question en pleine face. De lui faire comprendre qu’elle aussi devait se poser la question. Sur le coup, la demoiselle fut scotchée. Non elle ne s’y attendait pas du tout. Pourtant c’était évident, en tant que reine de la manipulation et de la verve, elle aurait du s’en douter, mais non. Tout ça lui était passé à des années lumières au-dessus de la tête et elle se retrouvait soudainement face à une situation totalement inattendue. Que faire ? La rousse vit que Jer’ semblait tout aussi perturbé qu’elle, cela se voyait dans sa gestuel, lui qui était d’ordinaire si calme semblait se laisser déborder. Mais cela ne la rassura pas, ne la calma pas le moins du monde. Elle sentait en elle trop de choses se contredire. Elle était totalement perdue. C’était comme si Jeroen venait de lui asséner le coup final, finir de la plonger dans un gouffre dont elle ne voyait définitivement plus la sortie. Tout était sombre autour d’elle, elle ne savait plus qui elle était, plus du tout. Elle était en train de se noyer alors qu’elle réfléchissait sans cesse à cette question qui venait de se retourner contre elle. Qui était-il pour elle ? Que représentait-il ? Y avait-il une réponse ? Julian refusait-elle simplement de la voir ?

Heureusement, elle n’eut pas à répondre tout de suite. Étrangement, alors que Jeroen venait tout simplement de lui retourner la question, il avait entrepris de répondre en premier. En temps normal, Ju’ ce serait enthousiasmé face à une telle erreur, elle aurait jubilé dans son coin. Mais ce n’était plus un jeu. Leur discussion ne ressemblait en rien à leurs habituelles joutes verbales. La jeune femme le ressentait au plus profond de ses entrailles. Tout était vrai cette fois, ce n’étaient plus leurs cerveaux qui parlaient mais bel et bien leurs cœurs. Et cela avait quelque chose d’effrayant. Quelque chose qui la glaçait sur place en la mettant face à elle-même. Les paroles de Jeroen ne firent que confirmer cette idée. Julian eut un mouvement de recul tant elle se sentait attaquée par ses propos. Il avait raison, jamais elle ne lui aurait adressé la parole s’il avait été de l’autre camp tout simplement parce que cette fierté qui était née de son statut l’avait rendu complètement imbue de sa personne, l’avait coupée du reste du monde. Mais ça elle le savait déjà sans pourtant ressentir le besoin de le remettre en question. Non le pire était à venir. Le pire résidait dans ce que Jeroen commençait à démêler. Lorsqu’il commença à décrire ce qu’il ressentait, elle eut l’impression d’être secouée d’un électrochoc. Elle savait bien que ce qu’il disait lui correspondait. Oui elle se sentait bien avec lui et elle ressentait toujours ce besoin d’être plus proche de lui. Malgré le jeu, il y avait toujours eu une facilité entre eux… Les oreilles de la rousse se mirent à bourdonner. Lorsqu’il parla de Marek, du fait qu’il pouvait encore l’aider, elle n’entendait qu’à moitié. C’était étrange. Elle en oubliait presque sa propre sécurité. A vrai dire, elle commençait à se ficher totalement de ce qui allait se passer dans le château pour elle. Elle ne retenait que ce vide, ce trouble, le fait que tout ses repères s’effondrait et que la seule chose à laquelle elle voulait se raccrocher… Non, c’était totalement irrationnel…

« Ça n’a aucun sens… »

Julian avait parlé dans un murmure. A vrai dire, ses mots s’adressaient plus à elle-même qu’à Jeroen. Son cerveau était tout simplement en train de bouillir et elle essayait de comprendre, de rendre les choses logiques. Mais elle avait la désagréable impression que tout lui glissait indéniablement entre les doigts. Elle n’avait plus le contrôle sur rien. L’adepte de la maîtrise était complètement désarmée. Elle se sentait encore plus faible. Non plus seulement parce qu’elle n’était au final qu’une maudite Sang de Bourbe, mais aussi parce que ses propres émotions, ses propres sentiments lui échappaient. Ils défiaient la logique, il la défiait elle-même en remettant en doute les dernières choses auxquelles elle pourrait encore croire.

Jeroen… Tais-toi… Arrête… Julian le regardait droit dans les yeux, mais elle n’avait plus cette force dans le regard. Sa colère était en train de fondre en un sentiment bien plus faible, bien moins dominant. Par ce simple regard c’était presque comme si elle l’implorait. Oui elle l’implorait d’arrêter de ne plus parler de toutes ces choses qui la mettaient mal à l’aise, qui la rendait folle. Elle ne pouvait accepter ce qu’il était en train de dire. Cette façon qu’il avait, lui qu’elle avait mis si souvent sur un piédestal, de mettre sa fierté de côté, de ravaler le tout juste pour qu’elle comprenne, juste pour se rapprocher d’elle, juste pour consolider le lien entre eux qui ne cessait de s’agiter. Devait-elle le suivre sur cette voie ? Lorsqu’il lui fit clairement comprendre que tout était désormais entre ses mains elle eut de nouveau un mouvement de recul. Non elle n’était pas prête à accepter ça, à affronter tout ça…

« Et qu’est-ce que tu comptes faire pour m’aider, hein ? »

C’était minable. Ju’ cherchait tout simplement à dévier le centre de la discussion. Elle ne voulait pas se mettre face à elle-même, elle refusait de chercher à comprendre ce qui l’agitait autant et pourtant elle sentait bien qu’elle serait un moment ou un autre obligée de le faire. Mais c’était trop dur. Alors elle était en train de se cacher derrière quelque chose de plus rationnel tout en croyant que cela allait la sauver. Mais ce n’était qu’un détournement temporaire. Tout allait bientôt lui revenir à la face. Et ses yeux se posèrent de nouveau sur Jeroen. Le regarder c’était se mettre face à elle-même. La jeune femme avait bien du mal à rester la tête haute. Pourquoi fallait-il qu’il foute autant le bordel ? Pourquoi avait-il un tel effet sur elle ? Elle n’était pas prête à faire tomber les barrières. Julian le sentait bien, elle n’était pas prête à se révéler. Il avait plus de courage qu’elle sur ce coup. Alors elle allait continuer à jouer…

« Si tu tiens tant à moi… Fais moi oublier, au moins pour aujourd’hui… »

Pour la première fois de sa vie, Julian se donnait à elle-même la nausée. Elle avait conscience du jeu qu’elle menait, de l’absurdité de ce qu’elle était en train de faire. Et pourtant elle fonçait tête baissée parce qu’elle n’était pas assez courageuse, parce chercher la vérité lui faisait trop peur et qu’elle préférait rester enfermer dans son petit monde, dans son petit jeu. Oui elle voulait mettre son cerveau sur off et oublier tout ce qui venait de se passer. Ranger tout ça dans un coin de sa mémoire, ne plus y faire attention et juste attendre que la douleur s’estompe.  Alors elle s’approcha lentement de Jeroen. Sa démarche avait changé. Elle reprenait cet air fier, elle semblait balayer du revers de la main tout ce qui venait d’arriver. Elle attrapa alors le bras de Jer’ et l’attira avec une certaine force contre elle. Son regard se plongea dans le sien. Elle jouait. Elle jouait alors qu’il venait de s’ouvrir à elle. La rousse eut un haut le cœur mais elle ne bougea pas. Elle était ignoble de A à Z, son sang était pourri alors autant continuer à être une chose atroce…

« S’il te plait Jeroen… »

Elle jouait maintenant la carte de la demoiselle ayant besoin d’aide. Ça en devenait presque ridicule, risible. Mais c’était trop tard. Ju’ était lancée et quelque part, c’était la seule manière qu’elle avait trouvée pour rester à la surface. Continuer à jouer et à prétendre comme elle l’avait toujours fait. Oubliant alors les conséquences, oubliant les sentiments des autres. Elle devenait une espèce de manipulatrice sans cœur, prête à broyer ses jouets entre ses doigts juste pour se sentir encore un peu vivante.
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Jeu 12 Sep 2013 - 17:23

Il ne s’était jamais autant ouvert à quelqu’un. Cette aura pesante appelait une réponse, pourtant jamais, au grand jamais, il n’aurait cédé dans une autre situation. Il ne comprenait pas d’où ça venait. De la confiance ? A combien de gens avait-il donné sa confiance jusqu’ici ? Pas grand-chose. Pour une telle chose, Julian n’était d’ailleurs pas la mieux placée, tandis que des gars comme les Rivers ou Marek, même s’ils restaient des personnages hauts en couleur, se foutaient tellement de ce que les gens faisaient de leur vie qu’ils acceptaient n’importe quel secret pourvu que ça les amuse. Julian, ça n’avait rien à voir. Ces secrets ne pouvaient pas l’amuser, même si c’était lui, il n’était pas sûr que c’était tout à fait sans risques. Et pourtant… les mots sortaient d’eux-mêmes. Il voulait sortir de ça, de cette atmosphère lourde, que le regard de Julian cesse d’avoir l’air de le juger avant même qu’il n’ait répondu. « Je suis qui pour toi ? » Ma vie a-t-elle un sens si je reste à tes côtés ? Ai-je de la valeur à tes yeux ? Comment pouvait-il ne pas retourner une telle question ? Elle pensait que lui n’en avait rien à faire ou quoi ? Oui il était fier, oui il avait du mal à accepter les faits, mais c’est une faiblesse que de fuir ses propres sentiments lorsqu’ils nous submergent, et le serpentard ne voulait pas être faible. Même si ça voulait dire se dévoiler. Ça lui donnait l’impression de s’ouvrir le ventre pour faire l’étalage de ses entrailles. Non, il n’aimait pas du tout ça, mais au moins il faisait face, merde. Voilà. Ce n’est pas un cœur suant de mièvrerie mais un bout de viande presque amoureux.

Finalement… finalement, il se retrouva bien vite seul avec ses aveux. Elle ne voulait pas l’entendre. Ça se voyait dans son regard, ça se sentait dans ses gestes, elle ne voulait pas connaitre ces choses qu’il cachait et qu’elle voyait comme des monstruosités, presque. Qu’est-ce qui lui faisait le plus peur, les sentiments ou son sang mêlé à celui de ces saletés de moldus ? Oh, bien sûr, maintenant qu’il avait répondu, elle ne dirait rien d’elle-même, elle s’était renfermée dès qu’il avait commencé à parler. Elle reculait même au fur et à mesure qu’il débitait, qu’il parlait, besoin irrépressible qu’elle comprenne mais elle comprenait de moins en moins. S’il la connaissait moins, il aurait pensé qu’elle s’en foutait totalement. Mais ce n’était pas ça. Sa fierté démesurée de sang-pure refaisait surface à un moment où il l’avait presque oubliée… Il en était malheureux. Se faire rejeter parce qu’elle n’avait pas encore accepté ce qu’elle ressentait et qu’elle ne voyait en lui qu’un menteur au sang impur, c’était presque triste. Il mettrait du temps, beaucoup de temps à se relever, car sa fierté à lui aussi en prenait pour son grade. Tout à coup, il n’avait plus envie de se battre. Plus envie de courir après l’illusion que tout pouvait aller mieux. Il en avait déjà trop fait, s’était donné comme un fou et il ne recevait rien que des claques. Oui, elle s’en prenait aussi plein la tronche, mais il ne lui offrait pas de mépris ni de peur comme seule réponse, lui.

- Ça n’a aucun sens…
Si. Ça avait du sens pour lui. Beaucoup de sens. Il avait menti mais c’était à cet instant-là que son mensonge prenait réalité, qu’il se déshabillait devant elle moralement, et ça l’effrayait totalement. Ça avait du sens dans sa tête car il voulait que ça se passe ainsi, qu’elle sache, qu’elle sache à quel point ça pouvait être important pour lui car ces choses faisaient partie de sa personne et que s’il avait vu juste et qu’elle ressentait la même chose, elle devrait l’accepter. Et elle reculait, elle reculait en secouant la tête, refusant de faire face, d’accepter la réalité, de l’accepter alors qu’elle avait tant joué le jeu jusque-là… Oui, bon sang, il ravalait sa fierté mais c’était un rite de passage, il ne pouvait pas dire la vérité sans baisser sa garde, c’était physiquement impossible. Ça ne tenait qu’à elle ; elle était la seule qui devait encore accepter de baisser sa garde pour l’accepter, ou refuser et mettre un terme à tout ça avant qu’ils n’en souffrent comme dans un mauvais film d’amour français.

- Et qu’est-ce que tu comptes faire pour m’aider, hein ?
Elle ne voulait pas répondre mais elle ne le rejetait pas d’un bloc. Il y vit une lueur d’espoir, une possibilité. Oui, elle acceptait presque son aide sans baisser le bouclier en carton qui la protégeait à peine. Il reprit un peu son calme. Ne pas continuer de donner une image faible, sinon elle comprendrait qu’il n’était pas capable de l’aider… ce qui était totalement faux. Ce n’est pas parce qu’il ressentait qu’il était forcément faillible.

- Dis-moi.
Bref, succinct, légèrement froid mais ce n’était pas dans son intention. C’est ça Julian, dis ce que tu veux et je verrai ce que je peux faire. Il était prêt à entendre ce qu’elle voulait, même si ça signifiait ravaler sa fierté encore un peu, si ça pouvait vraiment l’aider…

- Si tu tiens tant à moi… Fais-moi oublier, au moins pour aujourd’hui…
Ce retournement de situation… franchement, il ne s’y attendait pas. Sa démarche changea d’un seul coup lorsqu’elle s’approcha de lui. Un air fier, de prédateur, pas convainquant pour un sou à cause de son visage marqué par les larmes et tous les sentiments douloureux qu’elle ressentait. Elle reprenait le masque, sans préavis, avec une force… Elle attrapa son bras et l’attira contre elle, cherchant à reprendre le contrôle. Quel contrôle ? Tout ce qui se passait, c’était qu’elle fuyait la situation dans un moment où elle n’avait, de toute façon, pas les ressources pour faire face. Réaction normale, traduite à la sauce Julian, un mélange un peu trop explosif. Pour faire face, il n’eut d’autre choix que de répondre par la même façade, reprendre un morceau de son masque en passant d’un geste vif sa main sur son visage. Tomber dans son jeu, c’était les enfoncer tous les deux. Même s’ils étaient déjà bien profonds, fallait-il en rajouter ? Elle plongea son regard dans le sien. Il tâcha de ne pas dévier son regard non plus. Un instant, elle fut prise d’un spasme, un peu comme un haut le cœur. Pourquoi se faisait-elle mal à elle toute seule ? Pour se punir ? Le punir lui ?

- S’il te plait Jeroen…
Comme seule réponse, il glissa sa main sur sa nuque, caressant sa peau douce et ses cheveux du bout des doigts. Elle lui semblait si froide, si distante. Elle n’était plus avec lui, elle était ailleurs, seule, enfoncée dans sa mélasse et le bras qu’elle tendait ne ressemblait pas à un appel à l’aide digne de la fille imbue d’elle-même qu’elle voulait sauvegarder. Lui faire oublier ? Pourquoi pas un sort d’oubliettes tant qu’elle y était ? Il n’avait pas envie qu’elle oublie ce qu’il lui avait dit, il ne voulait pas que ses paroles tombent dans le néant. En plus, il ne voyait pas en quoi ça pourrait l’aider, après toutes ces années à vivre sur un sortilège d’oubli. Elle lui demandait quelque chose d’insensé, donc il ne lui cèderait pas ce cadeau empoisonné. Il fallait qu’elle fasse face à ses problèmes, même s’ils arrivaient tous en même temps, même s’il en était un lui-même…

- Tu ne crois pas qu’oublier t’a fait suffisamment de mal comme ça ?
Quant à oublier d’une autre manière, comme le laissait penser sa démarche de chasseuse, il n’était pas disponible. Il n’était pas un jouet, la situation lui donnait envie de tout sauf de ça, et même s’il finissait par céder - ça n’arriverait bien sûr pas -, elle le prendrait comme une autre preuve de faiblesse. Raison de plus de rejeter sa demande. Il était là pour la soutenir, l’aider, par pour qu’elle s’amuse en tentant d’oublier qu’elle était malheureuse.

- Je sais ce que tu veux. Faire semblant, comme si de rien n’était, sauf que ça ne marche pas comme ça. Les choses ont un sens, c’est toi qui n’accepte pas. Tu ne pourras pas reprendre le contrôle comme ça, ni sur ta vie, ni même sur moi.
Il faisait référence à leur jeu. Oui, ils cherchaient à avoir l’ascendant l’un sur l’autre depuis des plombes, mais ça avait toujours été un acte purement raisonné et dans un certain respect de l’autre. Si elle voulait vraiment jouer à ça, avec ce qu’ils savaient à présent, ils pourraient se faire beaucoup de mal. Il fallait qu’il tienne sa résolution, qu’il ne cède pas à ses demandes foireuses. Il avait raison… même si c’est ce qu’elle voulait, il avait raison d’enrayer tout de suite une situation qui dégénèrerait trop vite… Se raisonner dans cette situation restait quand même de l’ordre du miracle. Il ne savait pas combien de temps il tiendrait, en fait.

- Je tiens à toi, alors arrête de faire semblant. Tu n’es pas encore capable de faire la part des choses, ça prend du temps, et tu l’auras ce temps, mais tu ne dois plus oublier si tu veux t'en sortir un jour. Ne fuis pas. Ne me fuis pas…
C’était profondément égoïste… mais était-elle en mesure de dire qu’il n’avait pas le droit de demander cela ?
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Mar 17 Sep 2013 - 12:34

Jeroen se rendait-il compte que chaque fois qu’il prenait la parole, il effrayait Julian, il la rendait folle ? Il cherchait à la sauver, il était celui dont elle avait besoin, cela ne faisait aucun doute. Et pourtant, cette gentillesse, cette détermination à la sortir de son marasme était étrange, trop difficile à accepter pour la rousse. Il était l’incarnation du fait que sa vie venait brutalement de changer. Il était celui qui lui montrait que plus rien ne serait jamais pareil et qu’elle devait se faire à cette idée une bonne fois pour toute. Il était prêt à tant de choses pour elle… Alors que la demoiselle s’était contentée de dévier la conversation en lui demandant ce qu’il pourrait bien faire pour l’aider, Jer’ ne se laissa pas avoir et répondit avec une facilité déconcertante. Elle n’avait qu’à dire. Il était prêt à suivre ses indications pour qu’elle aille mieux. Comment accepter une telle chose ? La jeune femme avait connu des gens qui lui étaient soumis, à qui elle pouvait faire faire tout et n’importe quoi simplement parce qu’elle savait manipuler les esprits. Mais cette fois, ça n’avait aucun rapport. En face d’elle, c’était un esprit fort, quelqu’un tout aussi charismatique qu’elle qui proposait de suivre ses indications non pas en signe de soumission mais bien pour que les choses s’arrangent pour elle, bien pour qu’elle puisse surmonter cette épreuve. C’était totalement déstabilisant. La jeune femme voulait fuir tout ça. Elle avait subi assez de chocs pour aujourd’hui, elle n’était pas prête à affronter la réalité de sa relation avec Jeroen, elle n’avait pas envie de réaliser maintenant ce qui les liait réellement même si de jours en jours, cela devenait de plus en plus évident. La rousse voulait rester sur l’idée qu’il n’y avait qu’entre eux un jeu, une attirance physique et c’était tout. Cela lui semblait clairement absurde mais ce n’était encore et toujours qu’une question de façade. Aussi, elle avait revêtis pour quelques instants encore son manteau de prédatrice, espérant bêtement qu’il lui permettrait de passer à autre chose. Cependant cela la rendait malade. Et pourtant elle continua, jouant ce rôle qu’elle connaissait si bien… Lorsque Jeroen posa sa main dans sa nuque elle eut un frisson. C’était tout ce dont elle avait besoin, un contact avec lui. En réalité, elle ne demandait pas plus qu’être dans ses bras, mais comment une fille de sa trempe pouvait-elle demander une chose pareille ? N’était-ce pas un grand signe de faiblesse ? Elle ne pouvait s’y résoudre… Alors elle jouait la fille de petite vertu, encore et toujours, espérant au fond d’elle-même que le Serpentard saurait comprendre, saurait deviner ce qu’elle voulait réellement au-delà de son apparence de prédatrice, de ce voile qu’elle construisait et de ses fausses intentions dont elle essayait elle-même de se convaincre. Mais cette fois, il n’avait pas l’intention de céder. Jeroen tentait une nouvelle fois de reprendre les choses en main et ses mots furent douloureux pour la demoiselle.

Julian se stoppa net. Oui oublier lui avait fait du mal, oui dit comme ça sa démarche paraissait complètement absurde mais elle ne s’attendait pas à être mise face à ce fait de manière aussi brutale. Il savait décidément y faire pour la troubler, pour la faire sortir de ses petits plans et la mettre face à la réalité. Mais Ju’ sentait qu’elle n’était pas prête. Rien qu’à l’évocation de ce que ses parents lui avait fait subir elle fut prise d’un autre haut-le cœur. Elle était complètement dégoûtée parce qu’ils avaient osé faire, par cette grande manipulation dont elle se sentait victime. Mais Jer’ n’avait apparemment pas envie de s’arrêter là et semblait bien décidé à lui faire prendre conscience de certaines choses. Oui elle savait bien que faire comme si de rien n’était, cela ne marcherait qu’un temps et qu’à la longue, cela lui ferait encore plus de mal. Mais pour une fois, Julian avait bien du mal à avoir plusieurs coups d’avance. Elle ne pouvait voir l’avenir qu’à court terme et se contentait de ça.

« Je n’ai jamais eu le contrôle sur ma vie… »

Après avoir dit cela, dans un souffle, la jeune femme se recula légèrement. Il essayait de la ramener dans le droit chemin et elle n’avait pas envie de cela. Il allait chercher à la réconforter en la ramenant sur terre, en lui faisant faire face à ses problèmes. Mais c’était trop violent pour elle, elle ne le supporterait pas. Elle était convaincue que prendre la fuite et continuer à prétendre étaient les meilleures choses pour elle et avait bien du mal à en démordre. Pourtant, il avait parlé d’une chose bien différente du reste. Il lui avait fait comprendre qu’avec cette attitude elle n’aurait plus le dessus sur lui. C’était encore une fois une référence à leur petit jeu, à ce lien qui était en train de se renforcer entre eux. Elle aurait dû se raccrocher à ça, en faire sa force mais non, encore une fois elle reculait face à la vérité. Trop de choses éclataient en même temps. Julian ne rêvait que d’une chose, redevenir une enfant, capable de vivre pendant des heures entières dans son monde, dans sa bulle sans réellement prêter attention à la réalité. Oui c’était tout ce à quoi elle aspirait et elle ne comprenait pas pourquoi on cherchait à la sortir de ça, persuadée que cela ne lui ferait jamais de bien. Mais Jeroen n’en démordrait pas et il reprit la parole. Ju’ mit du temps à réaliser ce qu’il venait de dire et elle resta complètement bloquée pendant quelques instants. Il tenait à elle… Il ne voulait pas qu’elle la fuit… C’était trop brutal, trop fort. Son rythme cardiaque s’était soudainement accéléré. N’importe qui aurait apprécié entendre cela, aurait vu un peu de lumière dans un monde qui semblait alors si sombre. Mais elle, elle avait la trouille. Oui clairement, tout cela l’effrayait. Elle ne comprenait pas ce qui s’agitait en elle et cela faisait bien trop de zones d’ombre. Elle qui aimait le contrôle, se retrouvait soudainement face à un ensemble d’éléments qu’elle ne dominait en aucune façon. Alors elle allait reprendre le dessus, mais à sa façon…

« Arrête de te mentir. On n’a fait que jouer, depuis le début ce n’est qu’un jeu alors arrête. Les belles romances ça n’existe pas, sort de ton conte de fées. On est des adultes qui jouent pour rendre la vie un peu plus excitante, voilà tout. »

Il y avait quelque chose de clairement mauvais dans le ton que la demoiselle venait d’employer. La colère qu’elle ressentait depuis le début, c’était contre lui qu’elle était en train de la déverser. Jeroen cherchait à l’aider et il se transformait en une sorte de défouloir. Les connexions étaient en train de rompre dans son cerveau. Elle était presque folle de rage. C’était étrange. Encore une fois elle sentit que son corps commençait à trembler et cette envie de vomir qui ne cessait de l’assaillir. La seule façon de s’en sortir, c’était de cracher sa haine, de se défouler et encore une fois, Jer’ devenait sa victime idéale.

« Je ne changerai jamais Jeroen. Même après tout ça. Je reste une joueuse, dépourvue de tous ses sentiments putrides. Alors arrête de te battre contre du vent. Si tu veux vraiment aider, continue à jouer avec moi, sinon, si t’en es pas capable, fous moi la paix. «

Elle était profondément injuste. Il n’y avait rien à dire là-dessus. Julian était en train de le détruire, de l’attaquer par pur plaisir, comme pour se rassurer, pour ne plus être la seule à souffrir. A mesure qu’elle parlait elle se rendait bien compte qu’elle ne pensait pas un traitre mot de ce qu’elle était en train de dire et pourtant elle continuait à l’enfoncer, avec une violence, une méchanceté encore insoupçonnée. Oui elle se comportait comme une belle salope, cela ne faisait aucun doute mais c’était son système de défense. La jeune femme fit alors volte face, se dirigeant vers la sortie. Elle ne pouvait plus rester dans cette pièce, c’était trop dur, l’atmosphère redevenait trop lourde. Une nouvelle fuite, c’était tout ce dont elle avait besoin.

« Trouve-toi une autre princesse en détresse à sauver. »

Julian avait dit ça d’un ton sec, lançant un dernier regard à Jeroen. Elle était injuste. Mais elle en profitait. Sans un mot de plus, elle ouvrit la porte et sortit, la claquant derrière elle. Puis elle entreprit d’avancer dans les couloirs du Château, la tête haute. Personne ne devait comprendre, personne ne devait se douter de quoi que ce soit. Elle devait redevenir celle qu’elle était pour tout le monde. Une sang-pur fière, prête à tout détruire sur son passage. Oui, voilà ce qu’elle avait toujours été et ce qu’elle voulait rester. Mais combien de temps avant que son masque ne se désintègre ? Elle n’en savait rien… Combien de temps avant que ce qu’elle avait dit à Jer’ ne la rattrape et la frappe de nouveau en plein cœur ? Combien de temps avant que Sean et Ricardo ne l’apprennent ? Combien de temps avait que son monde ne s’écroule définitivement, même en façade ?

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To wash away what happened last
Hide behind an empty face
Don't ask too much, just say
'Cause this is just a game

It's a beautiful lie
It's a perfect denial ...
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So beautiful, beautiful it makes me
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MessageSujet: Re: The world is just illusion ~ Jeroen    Jeu 19 Sep 2013 - 16:52

Savoir mettre le doigt là où ça fait mal… un don inné, développé par plaisir et nécessite mêlés, sauf que si ça marchait toujours avec une efficacité redoutable, l’effet n’était pas adapté à la situation. Elle n’était en effet pas capable de faire la part des choses, de respirer et de reprendre ses esprits avant de tout foutre en l’air. Non, elle préférait tout foutre ou l’air, faire comme s’il n’y avait plus rien à récupérer qu’une apparence. Elle jouait les femmes fatales, sans sentiments, refoulant tout ce qui la constituait. Il parlait mais qu’importe ce qu’il disait, l’effet était le même. Le recul. La peur. Le dégoût. Il ne voulait pas rentrer dans son jeu, même si elle pensait que ça pourrait l’aider ; il n’était pas capable de faire semblant de jouer un jeu qui ne l’excitait plus du tout. Elle ne pouvait pas comprendre qu’il ne jouait pas contre son propre gré dans les jeux du corps, elle fonctionnait dans le sens inverse. Il était prévenu. Dans quoi s’était-il lancé, dans cette salle maudite…

- Je n’ai jamais eu le contrôle sur ma vie…
Si. Elle avait toujours sur ce qu’elle voulait, elle allait droit devant elle, c’était une forme de contrôle indéniable. Il ne suffisait pas de tracer un chemin tout préparé pour être sûr de soi ; après tout, c’était l’imprévu qui permettait de se dépasser. En regardant derrière soi, avec l’objectivité qui permet de s’analyser vraiment, on pouvait voir qu’on se débrouillait toujours, d’une manière ou d’une autre, pour faire influencer les choses afin qu’elles aillent dans notre sens. Devoir tout remettre en question ne voulait pas dire que jusque-là, toute sa vie n’avait été qu’un fleuve incontrôlable et étranger. Elle avait fait quelque chose de sa vie, de son sang même factice, elle s’était construite, comment pouvait-elle dire ne pas avoir le contrôle ? Si elle pétait un plomb de ne plus pouvoir se contrôler, c’est bien qu’elle en était capable avant…

En même temps, elle était effrayée ; ça suffisait à lui ôter le gros de sa capacité de réflexion logique. Elle était effrayée par ce qu’il disait. Il avait lui-même peur de ce qu’il racontait, mais ça n’atteignait pas de telles proportions alors même qu’il avait rejeté ce sentiment évident pendant des semaines. Cette violente réactivité n’était pas du tout prévue. Il ne pensait pas qu’elle se braquerait finalement au point de ne même plus l’écouter… Il pourrait dire n’importe quoi, elle l’assimilerait comme une menace. Comment tenir une conversation dans une situation comme celle-là ? Il n’y arrivait plus vraiment, justement. Elle recula, se soustrayant à son contact, brisant quelque chose.

- Arrête de te mentir. On n’a fait que jouer, depuis le début ce n’est qu’un jeu alors arrête. Les belles romances ça n’existe pas, sort de ton conte de fées. On est des adultes qui jouent pour rendre la vie un peu plus excitante, voilà tout.
Une belle romance ? Ça n’avait jamais été ça entre eux, et Jeroen ne voulait pas de ça. Il avait toujours fui quand une fille lui parlait de scénarii amoureux à la Walt Disney. Elle ne pouvait pas dire qu’il ait demandé quoi que ce soit de ce genre. Il ne demandait même pas d’amour, il n’avait pas prononcé une seule fois ce mot maudit, non, il avait simplement dit qu’il était bien avec elle. Juste bien. Être avec elle rendait sa vie un peu plus excitante, comme elle le disait si bien. Elle le traitait comme un gamin mais bon sang, qu’est-ce qu’elle voulait de plus ! Qu’il la traite comme la chasseuse d’hommes qu’elle voulait montrer ? Une simple fille de passage dans sa vie, qui disparaitra de sa vie sans laisser de traces ? Il n’aimait pas les filles trop faciles, les jeux sans enjeux. S’il avait commencé à jouer avec elle, c’était parce qu’il voyait un potentiel qui lui plaisait, mais à présent il ne comprenait plus où elle voulait en venir. Ça le vexait. Ça le vexait d’être soudain la victime de sa haine contre elle-même.

Pourtant, tout était de sa faute… Il n’avait jamais été question de sentiments entre eux, et il comprenait qu’elle puisse avoir peur de ça, même si lui-même savait qu’un peu plus d’exclusivité lui ferait du bien. Il la poussait depuis tout à l’heure, aussi, normal qu’elle rejette tout sur lui… Elle avait besoin d’évacuer sa douleur, ses questions, de se détacher pour arriver à tenir le cap. Il faisait la cible idéale, volontaire et pas si facile à casser que ça, un peu comme un mur. Mais son cœur n’était pas d’accord. Ça le blessait de l’intérieur, tandis que sa raison lui gueulait dessus pour le remettre en place avant qu’il finisse dans le même état qu’elle… Je vous laisse imaginer le remue-ménage dans le cerveau.

- Je ne changerai jamais Jeroen. Même après tout ça. Je reste une joueuse, dépourvue de tous ses sentiments putrides. Alors arrête de te battre contre du vent. Si tu veux vraiment aider, continue à jouer avec moi, sinon, si t’en es pas capable, fous-moi la paix.
Il ne voulait pas qu’elle change. Il l’aimait comme elle était, avec sa gaminerie, son sourire de folle hystérique, il ne voulait surtout pas qu’elle cesse de jouer… il parlait simplement en son nom et ne voulait pas qu’elle fuit ce qu’il avait mis dans de temps à s’avouer et à lui avouer enfin. Il voulait lui dire… Non, il n’avait plus les mots. Il n’arrivait plus à formuler ses pensées. Elle détruisait tout ce qu’il racontait, tout ce qu’il osait lui dire, est-ce qu’il n’allait pas juste s’enfoncer ? L’instinct de survie reprenait le dessus. S’il ne se préservait pas un minimum, il allait finir par y laisser des plumes… S’il voulait encore l’aider, il ne pouvait pas faillir… Elle fit soudain volte-face et se dirigea vers la porte sans préavis.

- Trouve-toi une autre princesse en détresse à sauver.
- Julian… Julian attends !
Claquement sec.

La porte ou sa voix, il ne savait pas trop ce qui lui donnait le plus l’impression de s’être pris une grande claque en plein visage. Il n’avait même pas eu le temps d’atteindre la porte qu’elle s’était déjà refermée. Il s’arrêta dans son geste pour la retenir, regarda la porte à portée de main, la poignée, sans qu’elle ne s’ouvre à nouveau. C’était foutu, terminé pour cette fois. Qu’est-ce qu’il lui aurait dit s’il avait réussi à l’arrêter, après tout ? Elle s’était refermée comme une porte et il avait failli y fourguer ses doigts. Ce fut son tour d’envoyer rageusement un coup de poing dans le mur. Bon sang. Bon sang ! Ce n’était pas prévu du tout. Il s’attendait à tout, sauf à se faire jeter de cette manière alors qu’il voulait l’aider. Pour qui se prenait-elle ? Se croyait-elle toujours mieux que lui, même sans son précieux sang pur de pacotille ? Qu’est-ce qu’elle pensait, qu’il était dans les moindres détails cette façade qu’il donnait à voir ? Pas infaillible, pas incapable de sentiments, il restait humain ! Il ne savait plus que penser de tout ça. Il voulait croire en tout ce qu’il avait cru voir, en cette sensation d’osmose entre eux deux, en cette pseudo crise de jalousie de la dernière fois, sur les gradins, mais elle venait de tout balayer d’un geste de la main… Il avait merdé, et pas pour de faux.

Ses poings crispés lancèrent encore quelques coups retenus dans le mur, qui résonnait dans la pièce vide. C’était un peu triste. Il perdait le contrôle, et il ne savait pas combien de temps il allait devoir tenir ainsi, à sauver les apparences. Rester le méchant, rester le fier, sur tous les fronts ça risquait de devenir ingérable. Il n’avait pas le droit de faillir… il… oui, il ne la lâcherait pas comme ça, peut-être que ça changera, qu’elle reviendra s’excuser, même s’il n’y croyait pas du tout. Il lui avait promis. Il finit par frotter vivement son visage pour effacer les traces et sortit de la pièce avec l’air d’un homme prêt à tout affronter. Une illusion.

- Fin.
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