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 D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting

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MessageSujet: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Jeu 13 Juin 2013 - 0:02


15 Juillet – 21H.
 
Je vais tout vous expliquer. J’étais au quatrième étage, tranquillement, je me baladais pour une raison que j’ai déjà oubliée. Journée typique, banale, sans intérêt mis à part celui d’attendre après un élève absent. Les évènements trois jours plus tôt m’avaient incités à réfléchir, vraiment. J’avais main basse sur Phædre, qui n’avait pas bougé du fin fond de notre pièce noire depuis ce petit incident. Elle avait plusieurs fois tenté de refaire surface, sans succès, quant à moi je la punissais d’avoir failli foutre en l’air notre si belle rencontre. Pourtant quelle joie, quelle puissance mystique, cela avait été pour nous deux ! Enfin, tout cela pour dire qu’effectivement, j’avais passé trois jours à réfléchir, planifier, me demander comment obtenir des aveux, j’avais trouvé une première solution à mon ennui, avait laissé quelques classes en plan, oubliant l’heure penchée sur les tâches de café.
 Donc, je me baladais, incarnait le rôle d’une jeune femme perdue dans ses pensées, tournant parfois sur moi-même à la plus grande stupéfaction des rares sorciers encore ici. Que je rappelais évidemment tout de suite à l’ordre. Les signes ne présentaient rien de nouveau, mon instinct n’était pas remué, j’étais juste bien, là, à me pavaner avec mes airs princiers. Néanmoins mon regard restait éteint, froid, cruel presque et les élèves partaient quand ils entendaient le bruit de mes talons sur le pavé. Vers vingt-heures trente, les couloirs vides et silencieux, j’avais néanmoins perçus des sons étouffés parvenir d’une pièce au fond. Des voix peut-être, je ne savais pas. Pensant qu’il s’agissait d’élèves fêtards ou friand de nouvelles sensations, grillant les règles de Poudlard, je me suis approchée. 
Deux jeunes hommes sont sortis en trombe d’une pièce, celle depuis laquelle j’entendais les sons, et se plantèrent face à moi. Tremblants, pâles comme la lune, serrés l’un contre l’autre. Le premier fixa son regard sur le sol, l’autre soutenait le mien. J’ai posé un doigt sur mes lèvres, leur indiquant le silence à suivre. Le vaillant qui me fixait hocha la tête, presque comme un zombie réduit à l’expression la plus simple : celle de la peur. Ils ne m’étaient d’aucune utilité ce soir, puisque j’entendais encore des voix résonner. J’étais trop intriguée parce que qu’il se passait dans la pièce alors j’ai murmuré.
 - Quelle maison ? 
 - Nous n’avons pas de maison, madame.
 J’ai su qu’il ne s’agissait là que de deux moldus, inoffensifs, quoi de plus banal ? Cependant leur manière de se tenir là, solidaires dans la crainte avait intensifié ma curiosité. Qu’avait-il vu ou vécu de si effrayant pour adopter cette attitude de chiens battus ? Je ne me suis pas préoccupée plus que ça de leur sort, leur ai indiqué la marche à suivre en pointant la partie du bâtiment qui leur était destinée. Ni une ni deux, ils m’ont gratifiés d’un « merci, madame » inutile et surtout insupportable – je suis une demoiselle voyons – et ont couru vers leurs retranchements. Imbéciles. Je me souviens m’être dit à ce moment là que j’aurais peut-être du repartir et ne pas me soucier plus encore de tout ça, mais mon esprit friand de nouveauté a dicté les ordres à mon corps. Celui-ci, discret, reptilien, s’est glissé sans bruit contre la porte. J’ai fermé les yeux et me suis mise à écouter à cette porte. Deux hommes, une femme. Ceux-ci ne criaient pas mais n’étaient visiblement pas de bonne humeur, et la femme répliquait à peine. Poussant le vice jusqu’à retenir mon souffle pour entendre, j’ai distingué l’échange et comprit la situation en quelques phrases. 
 -… insolente gamine ! Vous croyez que ça se passe comme ça ici ! Dans cette école ! …. Hasting, regardez-moi ! 
 - Ma chère ce n’est pas la première fois  que vos frasques atteignent nos oreilles. Il serait temps de calmer vos ardeurs et de vous assagir, vous risquez gros là-dedans mademoiselle. Qu’en pensez-vous ? De plus je pense que pour votre intervention ici ce soir comporte plusieurs infractions, petite sang-mêlée. Premièrement vous n’avez pas à trainer dans les couloirs. 
 Un son de gifle a retenti alors, et je me suis écartée de la porte une seconde pour rire « dans ma barbe ». Hasting, je connaissais ce nom, mais je ne savais pas d’où il venait. Je savais donc que c’était une élève ici. Donc je devais l’avoir eue dans mes classes, pourtant son visage ne me revenait pas. J’ai essayé mais vite abandonné, je me suis remise contre la porte pour terminer de faire la commère et ensuite repartir dans ma tour, me reposer de cette journée inutile. Encore une fois. Inutile, et vraiment pas drôle. 
 - Deuxièmement, votre petit jeu d’héroïne pour ces tas de viandes a été de trop. Il va falloir répondre de vos actes, petite poufsouffle, de plus…
 Et soudain, une idée. Je me suis projetée loin de la porte pour me mettre à marmonner et réfléchir. Peut-être était-ce là le moyen de trouver un contre-ennui ? Je n’avais pas encore eu le temps de me pencher sur d’éventuels esclaves en dehors de mes amants, alors peut-être était-ce le moment ? C’est ce que je me suis dis à ce moment là qui m’a poussée à agir de la sorte, ensuite. En quelques secondes, j’avais échafaudé le plan qui me permettrait d’avoir la main mise sur la petite. Seulement si elle était jolie, quand j’entrerais. Sinon, je la ficherais dehors ou dans les cachots, pour ne pas perdre la face et histoire de consoler mes projets perdus. J’ai réfléchi une minute, deux minutes encore, pesant le pour et le contre, laissant Phædre dormir encore, puis j’ai agi. Changement de personnage, Elizaveta est entrée en scène, la colère imprimée sur le visage. J’étais un dragon.
 - Hasting ! Que fichez vous là sombre idiote ! Et votre retenue, vous comptiez vous défiler ? 
 Je me suis approchée dangereusement d’elle, et ai attrapé son bras, lui lançant un regard suffisamment équivoque. Tais-toi, ou t’es morte. Je t’aide ma petite, regarde la bienveillance au fond de mes yeux. En somme voilà ce que je lui avais dis à travers mes iris enflammés. J’ai tourné la tête vers les supérieurs présents, interloqués par mon entrée fracassante et ai affiché mon sourire le plus agréable. Les traits du visage incarnant la séduction et la ruse, j’ai lâché quelques mots d’une voix mielleuse. Ils savaient qui j’étais mais je n’ai pas pu résister à la tentation de me présenter.
 - Messieurs, Mlle Hunt. Je suis désolée que vous ayez du subir les affronts de mon élève, que je compte dument punir en complément de l’insolence dont elle a fait preuve face à moi. Je vous l’emprunte donc cette nuit, vous en conviendrez, pour qu’elle remplisse sa retenue comme il se doit, et comme elle me la doit. 
Les deux hommes me regardèrent, lâchant deux sourires pervers et amusés. On parlait de mes humiliations en places publiques des élèves très souvent et je suppose qu’ils connaissaient parfaitement ma répulsion pour les gens comme eux, comme pour les moldus, mais ils s’en fichaient. Je présupposais au fond de moi qu’ils voulaient juste régler le compte à la gamine. Mais si un professeur pouvait s’en charger, alors pourquoi ne pas le laisser faire ? Je n’ai pas épilogué plus que ça et ai coupé court à notre conversation.
 - Je vous prie donc de bien vouloir m’excuser, j’emmène cette arrogante dans mes quartiers, comme il était prévu. Au revoir messieurs. Hasting ! 
 Partie en avant, le port de tête royal, le pas régulier et cadencé, j’ai siffloté de ma victoire et de ma prise du soir. Décidément, dès que la nuit se présentait, J’avais beaucoup de chance ces derniers temps. 
Voilà donc comment j’ai pu emmener la petite Hasting dans mon bureau. Assise là devant moi, immobile, tandis que j’étais affalée comme une princesse dans mon fauteuil, les jambes croisées sur mon bureau, le silence planait. Mes mains écartées, je joignais mes doigts frénétiquement, comme un métronome, les coudes sur les accoudoirs. Je la regardais, droit dans les yeux, sans faillir.  Elle était pas mal jolie, ça renforça mon enthousiasme, mon plan allait donc bien avoir une suite. Elle serait mon premier esclave.
 - Madame, je vous remercie de…
 - Stop. Tais-toi Hasting. Ta classe, ta maison, ta date de naissance. Tu ne crois pas que cela sera sans conséquences, quand même. Si ? 
 Un sourire. Elle ne se doutait de rien. 
 - On va faire un pacte. 
 Let’s go. 
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Dim 16 Juin 2013 - 12:01

Je ne sais pas quel était ce Diable qui me poursuivait depuis plusieurs jours déjà. J’étais à bout de nerfs, sur les rotules. Cette punition dans la nuit de samedi avec Riley avait été traumatisante, angoissante et éreintante … J’ai cru y laisser ma peau, même si cela m’avait permit de revoir mes jugements qui avaient été bien trop hâtif. La fraternité ne se limitait pas qu’aux maisons mais bien au-delà. Quoi qu’il en soit, ce soir de 15 Juillet n’était pas celui du repos. Je me retraçais les événements pendant qu’Elle ne me lâchait pas du regard, me laissant mal à l’aise dans mon corps de femme à peine assumé. 
 
J’étais complètement fatiguée mais incapable de dormir. Comme si l’horreur tenait dans ses bras l’insomnie pour ne pas me laisser sombrer dans un sommeil profond et reposant sans y parsemer des cauchemars en tout genre. Trop souvent ces derniers jours, je revivais par phase de rêve tout ce qui s’était produit il y a 4 ans. Et le plus troublant était que je sentais chaque odeur traumatisante… Le sang, la chair brûlée. Sans oublier les cris, des hurlements affreux déchirant le silence par l’intensité de l’horreur. Tout était si réel, à tel point que j’en venais à avoir peur de dormir, peur de fermer les yeux et d’y retrouver tout ça, tout ce cauchemar. Je ne voulais pas revivre ma douleur, mon passé. Je ne veux plus l’affronter... Et cette retenue n’avait rien arrangé. Le souvenir de ce monstre me fit violemment frissonner. Jamais je n’avais vu chose aussi affreuse et pas une seconde je n’aurais pensée que sa taille pouvait atteindre ce genre d’envergure. C’était à mourir de peur. Je secouai la tête, je ne voulais pas y penser.
 
J’étais assise dans la salle commune où plusieurs élèves se détendaient en partie d’échec, en lecture d’un bon roman ou tout simplement en discutant et riant, apaisés. J’aimais ces soirs où nous étions tous ici, entre nous. C’était rassurant, nous plongeant dans l’illusion que rien ne pouvait arriver. Nous étions ensemble, sans réellement se parler, mais ensemble tout de même. Adossé contre le mur près de la fenêtre, je caressais du bout des doigts le livre de conte de ma mère. Peut-être devrais-je éviter de l’avoir entre mes mains afin d’apaiser mes douleurs, car bien qu’il soit une source d’apaisement lors des soirs trop durs, il était aussi le rappel de son absence. En gros, je n’arrivais toujours pas à discerner s’il me faisait plus de bien que de mal et inversement. La reluire très légèrement abîmée par le temps flirtait avec le bout de mes doigts, l’odeur me rappelant tout ces vendredi passé dans ses bras… La boule dans la gorge, stop. Nous allons arrêter là pour les souvenirs douloureux, j’ai franchement eu ma dose. Je sais que la fatigue pèse lourdement sur mes épaules et je la sens, je sais aussi qu’elle est source de tension et de « craquage » mais je ne le permettrais pas. Je remontai dans le dortoir, le rangea soigneusement dans ma valise et décida une excursion improvisée. Peu importe mes droits, je ne voulais pas rester enfermée ici. Pas ce soir. Je voulais juste errer, avec cette sensation d’être libre. Trop d'enchaînement, trop de contrainte, trop de douleur. Trop de tout et pas assez de rien. 
 
Discrètement, je sors. Juste dix petites minutes, allez. Après promis je remonte dans ma salle et j’irais raconter deux trois blagues avec mes amis voir même testé deux trois sorts pour nous amuser. Je passe la porte en prenant soin de regarder à droite, à gauche. Personne. Je file et respire le silence des couloirs. Qu’il était bon de se sentir comme seule au monde. Je laissai mon esprit vagabonder et se répercuter contre les murs. Je pouvais entrevoir au travers des fenêtres, le ciel complètement dégager. J’avais beau avoir eu ma dose de sortie nocturne en plein air que j’aurais quand même aimé pouvoir m’allonger dans l’herbe et contempler ce ciel étoilé. Avoir le vertige de l’infini, m’y perdre jusqu’à ce que la tête me tourne. J’aime la beauté de ce monde et de ce que la nature nous offre. J’aime sentir sa fraîcheur entre mes doigts, la douceur de son souffle contre ma peau… Je me sentais prisonnière, comme une louve en cage tournant en rond. Ça ne serait pas pour ce soir que la liberté se fera plus forte que la raison. 
Sans réellement réfléchir, je continuais mon ascension. Les tableaux défilaient devant mes yeux sans que je ne les vois réellement. Je profitais de cette balade pour me vider la tête. Juste un instant y sentir que du vide, trier, ranger et me redresser. En revanche, mes sens restaient en alerte et j’étais à l’affut du moindre bruit suspect. Nous n’étions à l’abri nulle part et loin de moi l’envie de me retrouver enfermée dans les cachots pour la nuit... Deuxième étages, puis troisième et je m’arrête net… Des pleurs. Des supplications. Ma baguette dans la poche – je ne m’en séparais plus depuis cette fameuse retenue-, je l’effleurais du bout des doigts. Le cœur en tachycardie et la tête comme un étau sous l’angoisse soudaine, je sentais déjà le danger. Le silence des couloirs ne se fit plus apaisant mais plutôt oppressent, étouffant.  Retenant mon souffle, je ne bougeais plus d’un millimètre. Je tendis l’oreille pour capter d’où provenais ces bouts de phrases trop susurré pour que je n’en entende le moindre mot. A en juger par le ton plein de sadisme, les Supérieurs étaient visiblement de sortie ce soir. Les pleurs se firent plus intense et plus suppliant à m’en donner mal au cœur, au corps. Je ne supportais pas la violence et ce sous toutes ses formes. Pourvue en plus de ça d’une Empathie trop aiguisée, je sentis la rage monter en moi aussi vite qu’un Volcan pouvait cracher sa lave. Je serrais la mâchoire, le corps tétanisé par mon esprit indécis. Je continue et je jette un œil sur ce qu’il se passe ou est-ce que je fais demi-tour tout de suite, pour me remettre à l’abri dans ma salle commune ? Non. Je ne suis pas lâche et si je choisissais la dernière option, je savais déjà que je m’en voudrais jusqu’à la fin de ma vie, ne pouvant plus jamais me regarder en face.
 
A pas de loup, baguette en main, je m’avançais vers les gémissements suppliant se transformant parfois en petit cris plaintif. Je la serrais à m’en donner les jointures blanches. Elle était ma meilleure amie, le prolongement de mon bras et ici, je ne pourrais compter que sur elle. Mes pas feutrés me conduisirent vers la porte de la salle qui était en permanence « vide ». On entendait dire que certains professeurs l’utilisaient pour des tortures dissimulées… Et je ne serais pas étonner de voir quelque chose de similaire ici. L’inconscience en première ligne, je continuais mon investigation. Il faut être complètement barge pour faire ça et ne pas retourner en arrière en courant… Non, décidément je ne suis pas capable d’une chose pareille, de laisser tomber ces âmes en peine et de faire comme si de rien n’était. C’était contre tous mes principes. A croire que j’étais né sous la même étoile que Mère Therésa. Je continuais mon approche pour enfin arriver devant la porte en question qui était restée entre-ouverte. Je sentais dans chacun de mes membres, mon cœur battre comme un fou. Ses pulsions  résonnaient comme des tambours à mes tempes, le sang affluant à une vitesse vertigineuse. Lorsque mes yeux entrevirent la scène, il implosa de rage et les larmes me montèrent aux yeux. Je me souviens parfaitement de cette haine qui se profila le long de mes veines aussi vite qu’un poison, me chauffant à blanc chacun de mes muscles et de mes organes. La gorge sèche et le cœur en pleine course, mon corps ne répondait plus de rien. Mon caractère « Je fonce dans le tas » prenait les rennes et moi je le laissais faire, portant en horreur l’injustice… Il y avait dans la pièce deux garçons pas plus âgés de 15 ans, l’un en face de l’autre. Des frères ? Vu leur ressemblance, ça ne faisait aucun doute. Et à en juger par l’état de leurs vêtements, ils n’étaient d’aucunes maisons. L’horreur me frappa : Des moldus. Nous savions tous ici à quel point ils étaient traités comme des chiens, leurs conditions humaines n’étaient jamais respectés et c’était avec effroi que nous devions assister durant certains cours, à des scènes de tortures sans nom. Nous avions assisté à d’insupportables  moments d’esclavage et d’abus. Et ici en était une de plus, une de trop. La goutte venant faire déborder la lave du Volcan que j’étais. Cette fatigue latente  prenait possession de ma raison, mutant en folie vengeresse. Le cœur en flamme, la scène était insoutenable. Les deux garçons attachés dos à dos subissaient à tour de rôle des tortures infâmes lancés du bout des baguettes des deux hommes présent.  J’étais complètement inconsciente d’être ici et ma raison me dictait de fuir, loin avant qu’il ne soit trop tard. Bon sang Kezabel, tu le sais pourtant de quoi ils sont capable. Tu pourrais très bien te retrouver lâcher une seconde fois dans la forêt mais avec cette fois, aucune chance de survie… Je sentais en moi un mélange de sentiments contradictoire, mélangeant fureur et angoisse sourde. Mais quand il faut y aller… 
 
Baguette levée, j’entrai en trombe dans la pièce. Idiote que je suis. Tu es stupide ma pauvre Kezabel, te jetant dans la gueule du loup en signant à coup sûr ton arrêt de mort. Tu aurais dû être plus subtile et discrète !
 
« Confundus ! »
 
Et de un. Le premier sort atteignit l’un des Supérieurs, puis le deuxième. Sortilège de confusion. L’urgence me pressait dans mes gestes et les rendaient bien plus méthodique que je ne l’aurais cru. Je pouvais sentir mes membres trembler sous la pression de l’angoisse mais je n’en avais cure. Je savais ce que je risquais… « Diffindo ! » Rupture des liens, vous êtes libre. Tout ce passa extrêmement vite, à tel point que les deux jeunes garçons dont les visages portaient des contusions, avaient du mal à réaliser le miracle. Il s’en était fallu de peu pour leur vie et nous en étions tous les trois conscients.
 
« Qu’est-ce que vous attendez bon sang, sortez d’ici ! »
 
Voix dure et sèche. Pas le temps aux larmes et à la pitié. Je me prenais pour une Héroïne l’espace d’un instant. Mais une Héroïne stupide et têtue… Car avant même que je ne puisse me réjouir de mon acte, je me sentis violemment tirer par les cheveux pour ensuite sentir une douleur sourde résonnant dans chacune de mes côtes. Complètement sonné, on m’avait sans retenu jetée contre le mur. Grimaçant de douleur, j’eu à aucun moment le temps de remettre de quoi que ce soit qu’une emprise sur ma gorge m’étouffa. Je ne me souviens plus de grand-chose si ce n’est les coups, les gifles et cette voix lointaine que je tentais de percevoir au travers de ma confusion. Les larmes roulaient sur mes joues et je serrais les dents, par rage et douleur. J’entrouvris les yeux et discernais avec difficulté mes deux nouveaux copains...
 
« Hasting ! Regardez-moi ! » 
 
Gifle. Douleur. Larmes. Je suis a demie sonnée.. 
 
«  Ma chère ce n’est pas la première fois  que vos frasques atteignent nos oreilles. Il serait temps de calmer vos ardeurs et de vous assagir, vous risquez gros là-dedans mademoiselle. Qu’en pensez-vous ? De plus je pense que pour votre intervention ici ce soir comporte plusieurs infractions, petite sang-mêlée. Premièrement vous n’avez pas à traîner dans les couloirs »
 
Mon corps tremblait à la fois de peur et de haine. Il continue de me parler et moi je ne l’écoute pas. Mo esprit est déjà partie loin d’eux rejoindre mon frère et mon père. S’il m’arrivait quoi que ce soit, ils ne le supporteraient pas. Je n’étais qu’une sale petite égoïste de vouloir jouer ainsi les Héroïne de seconde zone, me croyant capable de pouvoir tenir tête à deux Supérieurs ayant le droit de vie et de mort sur tous les élèves de l’école. Mais qu’auraient-ils pensé de moi si j’avais laissé les deux garçons aux mains de ses brutes ? 
 
« Allez vous faire foutre. »
 
Je crachai au visage du plus proche et la seconde gifle se fit bien plus douloureuse. Ils ne manquaient vraiment pas d’énergie et moi de stupidité. Le goût métallique du sang m’envahit la bouche et la nausée s’installa. Je gémis de douleur lorsqu’il m’attrapa par les cheveux et me força à le regarder. Les larmes roulaient sans que je ne puisse les retenir… Je vais mourir ? Non, ils allaient jouer d’abord, ils adoraient ça, faire durer et languir la douleur, les pleurs et les suppliques… Je ne voulais pas être leur pantin, pas après tout ce qu’on avait pu entendre sur leurs petits jeux. Sa baguette pointée droit sur mon torse, une lueur perverse au cœur de ses prunelles.
 
Et là. Le miracle. La gloire. L’Etoile du Berger. L’Espoir. Sauvée par le gong… 
 
-        - Hasting ! Que fichez-vous là sombre idiote ! Et votre retenue, vous comptiez vous défiler ?
 
Je dois avouer n’avoir rien compris à son petit jeu lorsque Mlle Hunt a débarquée dans la pièce, comme par enchantement. Je ne sais pas si je devais être soulagée ou inquiète, car lorsqu’elle m’attrapa furieusement par le bras, je pus voir au fond de ses iris un ordre claire et simple : Ferme là et joue. 
Et j’ai jouée. L’élève soumise. C’était ça ou la mort. Prof de Divination, je ne cache pas qu’au fond elle me terrifiait durant ses cours. Elle était tellement… Lunatique. Froide et distante et l’instant d’après, proche. Beaucoup trop proche. Franchissant la ligne de l’intimité et de l’espace vitale d’autrui. C’était sans compter les humiliations publiques à son tableau de chasse. Mais je l’avais laissé faire, tenir ce discours aux deux bourreaux pour ensuite me conduire à ses appartements. Et je me retrouvais à présent devant son bureau. 
 
Je jetais un regard circulaire à la pièce, c’était étonnant d’y voir un tel désordre. Mais pas un désordre de quelqu’un de bordelique. Non. Un désordre de savoir… Les tables et canapés étaient jonchés de livre, sur l’astronomie, la mythologie et j’en passe. Des objets ornais les meubles, tous aussi étrange les uns que les autres. C’était curieux de se trouver en pleine intimité de son prof… Il parait que l’on pouvait cerner une personnalité en observant son milieu de vie. Mlle Hunt seriez vous donc perdu dans votre esprit pour avoir autant de foutoir dans votre bureau ? Et avide d’en savoir toujours plus, de nature très curieuse à en juger parce que vous lisiez. Non je ne me prends pas pour la brigade de je ne sais quoi… J’essaie juste de me focaliser sur autre chose que cette situation qui devient embarrassante. Car devoir quelque chose à un prof de l’envergure de Hunt, n’était pas un très bon signe.
 
 Je tremble. Je ne sais pas si je dois être ravis de la situation ou non. Elle n’avait aucune raison d’intervenir, alors pourquoi l’avez-vous fait ? Est-ce réellement par pure charité. Foutaise… Ca ne collait pas avec le personnage. Mais, je ne pouvais pas nier qu’elle m’avait tout bonnement sauvée la vie. Qui sait ce qu’ils m’auraient fait si par chance elle n’était pas passée au même moment dans ce couloir. Du bout des doigts j’effleurais ma lèvre entaillée, le sang commençant à sécher. Je l’avais échappée belle. Je bafouillais des remerciements mais elle ne me laissa pas une seconde de plus pour achever ma phrase :
 
       - Stop. Tais-toi Hasting. Ta classe, ta maison, ta date de naissance. Tu ne crois pas que cela sera sans conséquences, quand même. Si ?  
 
J’hausse un sourcil en signe d’interrogation. J’ai envie de rire. Mais vraiment. De la regarder et de sortir un gros rire profond, celui que l’on appel le rire jaune, celui où on se foutait clairement de vous… J’en ai ras le bol. Bien évidement que ça ne serait pas sans conséquences. Bordel, t’as cru quoi, que la grâce lui était tombée dessus entre deux cours ? Je m’en voulais terriblement mais qu’est-ce que j’aurais pu faire, hein ? Et puis, elle m’avait sauvée la vie. A son propre intérêt certes mais elle l’avait fait tout de même… Je la regarde, ne baissant en aucun cas la tête. Effrontée, je plante mes yeux dans les siens. Je me sens mal à l’aise, de un parce que j’ai cette sensation qu’elle fouille mon âme, cherchant des réponses dont je n’en connais même pas les questions. Elle me donne la sensation d’être nue devant elle et je dois avouer que ça me déstabilise… Mais tu as beau avoir ce regard pénétrant et cette assurance à désarçonner les plus courageux d’entre nous, à moi tu ne me feras pas peur. 
 
Elle est installée derrière son bureau telle une Reine. Chacun de ses gestes laissent entrevoir la grâce et l’assurance. Maitre d’elle-même, elle laisse filtrer une arrogance et une suffisance qui m’agace bien vite. Je déteste cet air supérieur sur son visage, cet air qui laisse entrevoir qu’elle sait qu’elle contrôle la situation… Forcément. Tu es prof, je suis élève et sang-mêlé de surcroit. Sans compter que tu viens de me sauver la vie… La chance n’était vraiment pas de mon côté ces derniers temps. 
La voix encore tremblante par les émotions vécue, je fus tout de même froide et tranchante.
 
« 9ème année. Poufsouffle. 27 Juillet 1994. C’est étonnant que vous ne sachiez pas cela, je suis élève dans votre cours. »
 
Mais à peine ais-je eu le temps de finir ma phrase que la sienne me gifla. Un pacte. Tu m’as prise pour une idiote ou quoi. Mon visage se ferma, je serrais les poings pour empêcher mes mains de trembler de peur et d’incertitude. Nous connaissions tous trop bien sa réputation et autant dire que de faire un pacte avec Elle serait comme le faire avec le Diable lui-même. Je la détaille du regard et plus les secondes passent, plus elle me fait penser à un Serpent prêt à frapper dès que j’abaisserais ma garde. Hors de question.
 
Je m’approche de son bureau, un air de défi.
 
« Jamais je ne ferais un pacte avec vous. Vous m’avez sauvée la vie ce soir et je vous en suis... Reconnaissante. Je ferais les heures de retenues que vous souhaitez mais ne comptez pas sur moi pour me lier d’une quelconque manière avec vous. »
 
Je reprends mon souffle. Mon cœur bat à tout rompre de la défier ainsi et une vague de honte me submergea. Ou de colère. Je ne savais plus. Honteuse d’agir ainsi après qu’elle m’ait sauvée la vie et en colère d’avoir une sorte de dette envers elle. Elle était Mlle Hunt. L’une des profs n’ayant aucun scrupule à réduire la condition humaine à un état proche ou en dessous de zéro. Elle s’en fou de nous, tout ce qu’elle veut, c’est le contrôle. Je me sentais comme prise au piège, car j’avais l’intime conviction que quoi que je dise, je n’aurais aucun choix… 
 
« Vous croyez que je suis stupide ? Votre réputation est bien taillée et vous le savez. Je ne compte pas finir comme tous ceux que vous avez humiliés en public comme de vulgaire chien. Faire un pacte avec vous serait comme signer avec le Diable. Très peu pour moi.»
 
Plutôt mourir que de lui devoir quoi que ce soit et pourtant me voilà comme un chaton prit au piège. C’était bien le moment, comme si j’avais besoin de ça.
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Mar 9 Juil 2013 - 23:20

Elizaveta

« 9ème année. Poufsouffle. 27 Juillet 1994. C’est étonnant que vous ne sachiez pas cela, je suis élève dans votre cours. »

Je regardais la jeune élève avec une sorte d’intérêt peu commun, de professeur à élève. Je ne cessais de répéter ce mouvement qui, je le savais, était agaçant, celui qui consiste à tapoter mes doigts entre eux. Elle ne fléchissait pas, tenait mon regard. Elle avait une lueur de défi que j’avais reconnue chez le lycanthrope trois jours plus tôt. Elle ne baissait pas sa garde, et loin de m’énerver, cela attisait plutôt ma curiosité. L’élève faisait sa petite rebelle des bacs à sables, sans savoir réellement qui elle avait face à elle, surement. Son assurance était faussée par la trace de larmes encore sur ses joues. D’ici je sentais la tension sous sa peau, ses poings surement serrés sous le bureau. Tremblait-elle, comme sa voix ? Grognait-elle le plus silencieusement possible ?

Ma proposition de pacte fut si rapide et soudaine que je vis ses yeux s’écarquiller un instant puis un rictus se former sur ses lèvres. Je me demandais entre quels sentiments son être balançait. A mon avis elle avait déjà entendu parler de moi, dans ce château rien ne restait longtemps secret quand les élèves avaient connaissance de quelque chose. Alors que nos secrets à nous, professeurs, étaient fermés à double-tour. Cette jeunesse ne savait tenir sa langue. Mais sur ce que je lui prévoyais, il sera essentiel qu’elle garde sa langue liée. De toutes façons, la jeune femme en sera obligée si elle ne veut pas devenir la risée de cette école. J’ai bien souvent eu la chance d’avoir des esclaves à ma portée, mais tous étaient consentants. J’allais m’amuser avec la gamine, jusqu’à la vider de toute énergie vitale s’il le fallait. Ces derniers temps j’avais les pleins pouvoirs sur Phædre, ce qui m’aidait à garder le contrôle de ma lucidité. Je pouvais donc agir à ma guise sans qu’elle ne m’agresse. Je pense que la rencontre avec le jeune loup avait perturbé ma moitié. Ou peut-être que quelque chose se tramait, pour qu’elle reste tapie dans les noires contrées de nôtre être. Sous notre cage thoracique elle dormait, appuyée contre nos côtes, attendant patiemment comme une princesse endormie. Manipulatrice à souhait, j’étais le fuseau avec lequel la belle se piquait. Pour en revenir à cette histoire d’esclave, je me disais également qu’être le mien était plutôt un privilège qu’une honte. Il faudrait être fou pour me dénigrer. Et même si elle le faisait, gare à ses jolies fossettes. Je ne suis pas connue pour mon extrême compassion, bien au contraire. En parlant de fossettes, je m’attarde sur le visage de la demoiselle. Je la détaille sans gêne, glissant mon regard suave d’abord dans ses cheveux châtains, parfois dorés, disciplinés, puis dans ses yeux noisettes à l’éclat rejaillissant par l’envie de rébellion. Je voyais ses lèvres bouger au fur et à mesure de ses paroles mais n’entendais pas le son de sa voix ; absorbée par leur couleur rose tendre. La peau blanche, l’allure svelte. Pas plus grande que moi, ce qui m’arrangeait. Je secouai la tête soudainement, replia mes jambes de manière gracile, pour en croiser une par-dessus l’autre et y poser désormais mes mains croisées. Un sourire, la tête penchée sur le côté. Je la coupai dans son blabla.

« Pardonne-moi, que disais-tu ? Je ne t’écoutais pas. Laisse moi deviner… Kezabel, c’est ça ? Oui je me souviens de toi maintenant que tu me donnes ton année scolaire, il est vrai que je t’ai déjà dans une de mes classes, il me semble. Assez bonne élève pourtant, alors tes petites escapades t’attirent des problèmes ? »

Je lâchai un sourire amusé, plantant à nouveau mon regard dans le sien, presque interloqué par ma constante arrogance provocatrice. Je pouvais déjà lire en elle comme un livre ouvert, je la mettais à nue d’un coup d’œil divinatoire. Pourtant je devinais autre chose qui attira mon attention, il ne me semblait pas ressentir sa peur, n’en avait-elle pas ? Et si c’était le cas, pourquoi ? La plupart des élèves « auditionnés » pour le boulot d’ « assistant » tremblaient de peur. Pourquoi, je ne sais pas, je suis pourtant avenante, agréable, mon marché est juste, loyal, et surtout j’étais fidèle comme un chien. Un petit rire sec s’échappa d’entre mes lèvres et je laissai tomber mon visage dans ma main droite, appuyée contre l’accoudoir. Mon index entre mes dents, le regard dans le vide, je me repassais les différents entretiens en mémoire. J’avais pourtant laissé tomber cette affaire de « bras droit » mais ce soir s’était réveillée une envie… Elizavetesque. J’étais en pleine possession de mes moyens, voilà pourquoi je pouvais sentir en moi les désirs véritables. Toutes sortes de désirs. Le désir était ma motivation principale, et la petite Hasting avait su réanimer, dans sa malchance, cette notion si chère à ma moitié d’être. Je suis tombée sur elle par hasard, et ce caractère aléatoire de la rencontre avait fini par me convaincre. Si elle n’avait pas été à mon goût, comme je l’ai déjà dit, elle aurait fini dans les cachots. Mais finalement j’étais peut-être tomée sur l’élève qu’il me fallait. Jolie, jeune, débrouillarde et téméraire, voir un peu rentre-dedans. Sa manière d’essayer de lutter avait quelque chose d’attendrissant, et c’était plus drôle de soumettre le libertin. On en tire plus de satisfactions, il n’y a aucune gloire à tirer son épingle d’un jeu mou, en revanche réussir son coup sur un pari dangereux, alors là était ma spécialité.

« Ecoutes-moi bien, je doute que tu sois tombée sur la bonne personne pour commencer à faire ta rebelle. »

Je me levai, claquant mes talons au sol, et vint m’asseoir au bout de mon bureau, la jambe droite repliée sur la gauche, passant par le côté fendu de ma jupe noire. La main gauche posée sur ma cuisse, je me permis de prendre le visage de la jeune femme dans ma main droite, observant son profil gauche, puis droit.

« Y’a pas de doute, demoiselle, tu es plutôt jolie. Voyons voir ce que donnent tes lignes. »

Sans permission, je pris sa main gauche entre mes mains, relevai ma mèche de cheveux, et vint glisser mon ongle sur ses lignes. Ces moments de lecture me laissaient en communion avec l’art de la divination et j’étais toujours ravie de pouvoir lire des lignes inconnues. Les miennes, je les détestais. Maintes fois j’avais serré des lames entre mes doigts pour faire disparaître les traces de ma main droite. Lors de nos crises, à Phædre et moi, il se passait toujours ce détestable moment de déni, de refus de tout attachement, de tout savoir. Se libérer du monde extérieur était une activité que nous avions conquise il y’a bien des années. Mais se libérer de nous-même était chose bien plus ardue et surtout impossible. Nous formons un tout, et si l’une de nous deux finit par briser les liens, alors la deuxième rejoindra son altesse Hadès, le roi des Enfers. Tout mon être tourné vers la reconnaissance de boucles, brisures et autres courbures de ses lignes, j’en oubliais presque que j’avais une raison précise pour être dans mon bureau à cette heure-là. Je revins là où j’en étais, pour trouver deux trois failles en plein cœur même de sa paume. Je lâchai un souffle suivi d’un sifflement court mais aigu. Comme à mon habitude lorsque quelque chose m’interpellait.

« Et bien ma demoiselle, on a perdu quelqu’un ? Oh oui, tu peux faire cette tête, j’excelle en divination, et tes mains me parlent plus que tes yeux. Dis-moi, qui est-ce ? »

Je recroisai mes mains sur ma cuisse, la surplombant de toute ma hauteur accentuée par mon assise sur le bureau. Ma voix devint suave, plus calme, presque doucereuse. J’imitai à la perfection les rares moments de bienveillance de Phædre avec un regard beaucoup moins dur, et plus avenant. Je poussai un soupir et détailla son visage une fois encore. Cette lueur de défi toujours aussi vaillante, je voulais la pousser dans ses retranchements, qu’elle comprenne qu’elle n’aurait pas le choix. En tout cas pas longtemps. Je savais qu’elle était intelligente, petit à petit je me remémorais sa présence en classe, assidue, et réveillée contrairement à la plupart de ses camarades. Je mettais ma capacité de mensonge à l’épreuve en déliant ma langue.

« Tes mains, trésor, me disent que quelque chose en toi s’est brisé, et qu’une relation vitale s’est rompue. J’ai cru sentir en toi l’absence de peur, qui me pousse à dire que tu as pris très vite un rôle de responsabilité au sein de ta famille. Alors, est-ce ton père ou ta mère ? »

Mes yeux plantés dans les siens ne défaillaient pas. Un sourire s’étire sur mes lèvres.

« Quelqu’un te manque ? Qui voudrais-tu revoir. »

Je m’approche d’elle, posant mon visage dans ma main, le coude appuyé sur ma cuisse. Je devenais dangereuse, mais c’était sous-jacent. De nouveau souriante, ma voix quelque peu rauque s’élève une dernière fois pour lui porter le dernier coup.

« J’ai les moyens pour te donner ce que tu veux. »

HRP : désolée >.< ‘’
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Dim 14 Juil 2013 - 0:13

Plus je parle et plus elle ne m’écoute pas. Son regard s’est déjà perdu au loin, fixant mon visage sans aucune gêne. Et tandis que les mots mourraient sur le bord de mes lèvres, je me sentis fouillée, mise à nu d’un regard. Comme si ses yeux pouvaient lire en moi comme elle pourrait lire le journal. Je n’aime pas ça, je n’aime pas cette sensation d’insécurité mais bien loin de moi l’idée de me défaire de mon entêtement. Vous étiez peut-être l’une des profs les plus tyrannique ici, mais jamais je ne me mettrais à genoux et encore moins sous la peur. Mon cœur s’accélère, je serre les poings et je continue de fixer ce regard perdu, droit sur moi. J’en avais ma claque de tout ça, de toute cette pression. La course poursuite au cœur de la forêt Interdite m’avait passablement éreinté et avait soulevé en moi cette indignation propre aux Résistants. Les Supérieurs, vous. Toi, eux. A vous jouer de nous comme de vulgaires pantins, comme si nous n’étions que des êtres inférieurs, à vous croire rois et reines de ce monde. Ma haine se décuple, la fatigue n’aidant pas au contrôle. Mes cauchemars ne cessaient de se manifester, réduisant mon esprit à un état brumeux. La soirée avec Riley n’avait rien arrangé. Je ne cessais de voir des Accromentules dévorées ma famille entière… Autant dire que ça n’était pas le meilleur des rêves pour un réveil en paix avec soit.

A mon tour, je la détaille… Et je fus surprise de la trouver jolie. Elle pouvait être la personne la plus teigneuse qu’il m’ait due de rencontrer, sa beauté était néanmoins dérangeante. Un peu trop à mon goût. De grands yeux sombres venant percer votre âme, dégageant une aura qui perturbait. Et lorsqu’elle tenait votre âme par son regard, que vous étiez suffisamment hypnotiser pour perdre votre vigilance, ses crocs frappaient, vous saisissaient par la gorge avant même que vous n’ayez eu le temps de comprendre ce qu’il se passe. Voilà ce que l’on rapporte de vous, Mlle Hunt. Ils peuvent bien pleurer à vos genoux, je n’en ai que faire. Ce n’est pas votre assurance qui viendra me désarçonner et encore moins me plier face à vous. Mes yeux continuent de la scruter. Le visage fin, gracieux, de longs cheveux bruns relevés en un chinions négligé, elle … Elle était Mystique. C’était ça, ce mystère qui se dégageait d’elle, de son sourire dont on ne savait jamais ce qu’il signifiait. Durant ses cours nous avions eu maints exemples de sa folie. Elle perdait le fil de ses pensées, mélangeait les cours, nous faisant parfois profiter de ses crises d’hystérie mais aussi de son autorité et de son pouvoir. Combien de fois avais-je vu un élève se plier docilement face à ses ordres, complètement assujettis, devenu un véritable joujou humain. Ce souvenir me fit frissonner… hors de question que je termine comme ça.

« Pardonne-moi, que disais-tu ? Je ne t’écoutais pas. Laisse-moi deviner… Kezabel, c’est ça ? Oui je me souviens de toi maintenant que tu me donnes ton année scolaire, il est vrai que je t’ai déjà dans une de mes classes, il me semble. Assez bonne élève pourtant, alors tes petites escapades t’attirent des problèmes ? »

J’hausse un sourcil. Que vous ne m’écoutiez pas m’importe peu. Je la regarde déplacer ses membres avec cette même grâce non exagérée. Son regard me saisissait, elle jouait. Elle avait tout de se serpent, vicieux, mesquin, attendant l’occasion de frapper pour mieux se saisir de sa victime. Je mentirais si je disais être indifférente. Mon cœur battait à tout rompre, me rappelant combien il avait subit une course effrénée lors de ma punition avec Riley.

« Tout ici attirent des problèmes tant que nous avons des personnes comme vous en guise de prof’… »

Effrontée que je suis ! Mon esprit se scinde en deux, et encore une fois je sens que je dérape. Ma trop grande insolence m’a plusieurs fois coûté, dont un sale état pour Caem. Mais ici, tout était différent, ma seule personne était en jeu et ce n’était pas ce qui me faisait peur. Je ne supportais pas la manipulation, ce besoin de mettre quiconque à genoux. Et quant bien même elle avait ce regard pénétrant, je ne me laisserais pas assujettir.

Surtout, ne pas baisser sa garde, rester attentive. Guetter le coup qui tentera de me faire fléchir. L’autorité pédagogique hein ? J’ai presque envie de rire, personne ici ne sera la bonne personne pour se rebeller, ni vous, ni eux. Pourquoi ferais-tu plus peur qu’un autre ? Je me donne contenance et du courage, ma raison me sonnant d’être raisonnable, de ne pas dépasser les bornes. Mais sa suffisance était insupportable. Elle avait le regard de ceux qui savent ce qu’il font, où ils vont et en général cette assurance n’est pas ancré dans le vent. Que pouvais-je risquer après tout ? Elle ne savait rien de moi, elle pouvait être prof de divination ce n’est pas dans une tasse de thé qu’elle cernera ce que je suis.

Ses talons claquent et mon intention se reporte sur elle. Grande, gracile, elle représentait l’incarnation du Diable, celui qui a due sans surprise, faire tomber plus d’un homme à genoux. Elle s’installe face à moi, jambes croisés, main sur les genoux…

Frisson. Recul.

« Ne me touchez pas. »

Je tente en vain de me dégager de cette main dont le contact sur ma peau me fit violemment frissonner. Je ne saurais dire si cette sensation était agréable ou douloureuse. Sa peau contre la mienne devenait dérangeante, froide mais douce. Une série de contraste me frappe de plein fouet, me gêne, me déstabilise. Et ça me tape sur les nerfs, d’être prise ainsi entre deux éclats de conscience. Et cette manière de m’observer… Mes lignes ? Aucun choix ne me fut donné et c’est avec une surprise non dissimulé qu’elle prit ma main entre la sienne, paume vers le ciel. Qu’espérait-elle lire là ? Je l’avais vu à l’œuvre lors de ses cours, à tenter de percer le mystère d’une âme par différent moyens mais jamais avec les lignes de la main. Et ça, autant dire que je n’y croyais pas. Pensais-tu vraiment pouvoir lire qui j’étais dans de simples pliures ? Foutaise… Alors pourquoi avoir cette boule au ventre ? Quelque chose me dérangeait chez elle, me gênait. Elle dégageait une sorte de présence qui n’était pas commune. Ne croyez pas la connaitre, avec son grand sourire… Voilà ce qu’avait balancé un élève. Tout portait à croire qu’elle manipulait la conscience comme n’importe quel pantin. Cette manière de mordre son ongle, de pencher la tête, de croiser et décroiser ses jambes, tout dégageait un danger mesquin, subtile et psychique.

Je pris une grande inspiration, discrète. Se calmer, rester sereine, maitresse de soi. Il ne fallait en aucun cas lui laisser avoir main mise sur moi, pacte ou non. Pacte que d’ailleurs je refuse avec ferveur. Quelque soit tes menaces…

« Et bien ma demoiselle, on a perdu quelqu’un ? Oh oui, tu peux faire cette tête, j’excelle en divination, et tes mains me parlent plus que tes yeux. Dis-moi, qui est-ce ? »

Uppercut droit dans le cœur. Le visage de ma mère s’affiche instantanément. Je le sens s’affoler et mon souffle se coupe une poignée de seconde. Le froid s’immisce dans mes veines, j’arrache ma main de la sienne. Non, elle ne pouvait pas savoir. Mes mains se mettent à trembler. Ne lâche pas prise, ne te laisse pas déstabiliser. Elle se jouait de toi, ça n’était qu’un coup de chance. J’étouffe, la pièce semble se rétrécir, je manque d’air. Elle s’impose, trop, me surplombe, m’écrase de sa personne. Et sa voix trop doucereuse tranchait affreusement avec son ton autoritaire de tout à l’heure. Je ne me laisserais pas prendre au jeu, à celui qui embourbe mon esprit délicatement dans la confiance. La situation prenait une tournure dangereuse et plus elle me scindait de son regard pénétrant, plus je me sentais mal à l’aise. Le serpent avait porté son premier coup, et il fut fatal. Elle venait de craquelé ma confiance, me faisant douter. Pouvait-elle réellement lire ? Non, a part Maxence, aucun prof ne pouvait savoir et c’était loin d’être le genre de personne à conter mon histoire a qui voulait l’entendre. Alors, comment ?

Je demeurais silencieuse, le regard noir. Je venais de donner satisfaction à ses espoirs.

« Tes mains, trésor, me disent que quelque chose en toi s’est brisé, et qu’une relation vitale s’est rompue. J’ai cru sentir en toi l’absence de peur, qui me pousse à dire que tu as pris très vite un rôle de responsabilité au sein de ta famille. Alors, est-ce ton père ou ta mère ? »

Et ce fut le coup de trop. Je sentis ma raison se brisé face à ses mots, face à sa clairvoyance. Le danger était bien là, dans chaque coins de la pièce et surtout dans ce sourire bien trop grand pour être sincère. Je me lève avec précipitation, faisant tomber ma chaise. Non, pas toi. Tu n’y toucheras pas, tu ne pénétrera pas sur mes terres, laisse moi seule dans cette Tour d’ivoire. Elle était malsaine, trop présente, trop… Calculatrice. Et mon cœur qui ne cessait de s’affoler, rompant les liens qui l’unissait à l’âme. Il venait de me trahir. Ma colère ne fit que grandir. Jamais je ne laisserais cette folle toucher à la mémoire de ma mère et surtout, jamais je ne lui donnerais satisfaction. Et je t’affronte, me plantant devant toi. Essaie de reprendre ta contenance. Essaie de la repousser, loin de toi, loin de ton aura et de ce que ton regard ou tes lignes peuvent laisser entrevoir. J’assemblais tout ce qui me restait de courage pour lui faire face, le regard froid et dur :

« Vous pouvez me sortir tout vos discours, vos lectures et votre clairvoyance à deux balles, je ne dirais rien. Eclatez-vous avec ce que vous croyez savoir, mais ça n’est pas comme ça que je plierais Mlle Hunt. »

Sortir, vite. Avant que le Serpent ne frappe à nouveau, avant qu’il ne m’étrangle de son étreinte pour venir bouffer mon âme. Peut importe quel affront j’effectue, l’air n’est plus respirable, il faut que je sorte et vite. La panique me submerge, ça n’est pas mon habitude. Mais cette pièce était écrasante, je me sentais comme une proie prise au piège, complètement nu devant le prédateur à sa merci. Jamais bordel, JAMAIS, je ne me mettrais à genoux devant elle, quoi qu’elle sache. Et ce sourire sur ses lèvres, me laissais clairement comprendre qu’elle savait qu’elle tenait ma faiblesse, ma faille…

« Quelqu’un te manque ? Qui voudrais-tu revoir. »

L’horreur me taille, me cogne et m’encercle. Pas ça, pas avec ça. Et ce regard, elle est trop proche de moi, je me recule. Ma respiration s’écourte mais je ne démords pas, je ne fléchirais pas. Tu iras bouffer à pleine dents ailleurs. L’idée qu’elle puisse ne serait-ce qu’entrevoir la mort de ma mère me rendait ivre de rage. Jamais je ne laisserais quelqu’un comme toi souiller ce qu’il me reste d’elle, tu serais bien trop ravis de te servir de ça pour faire de moi ton pantin. Les jambes tremblantes, je recule encore. Jamais je ne serais ton esclave, je ne serais l’esclave de personne. Et ta putain d’assurance me rend folle. Tu sais que tu me tiens, je refuse. Écarte-toi de moi, écarte toi de ma tête bordel.

« J’ai les moyens pour te donner ce que tu veux. »

Mensonge. Garce.

« Fermez là. Vous ne savez RIEN et n’avez AUCUN moyens. »

Le ton monte, je perds le contrôle, bêtement. Ne la laisse pas t’avoir par le chantage … J’étais enfermé depuis presque deux ans ici sans avoir vu ni mon père, ni Adam. Et ils me manquaient affreusement. Elle jouait sur les terrains les plus sensibles pour moi, sans avoir conscience de ce que cela pouvait engendrer. Connerie. Elle savait parfaitement la torture, cette peine profonde. Elle avait lu la faille. Elle avait… lu. Cette fracture qui était née 4 ans plutôt. Celle contre qui je lutais pour ne pas craquer, éclater, tomber tête la première dans le gouffre. Cette fracture qui creusait mon être, faisant naitre un vide béant, douloureux. Qui m’achevait chaque jours, chaque années. Subir et affronter l’absence, et surtout l’accepter. Des flashs, encore. Stop, arrêtez tout ça. Arrête de me regarder, de me scinder. Je veux respirer, je veux de l’air. Laisse moi partir putain…

Je me dirigeai droit vers la porte et m’agrippai à la poignée. Fermée. Je sors ma baguette pour l’ouvrir. Rien. Aucun effet. C’est quoi ce merdier… Je fis volte-face, le regard insolent et fou. Deux états s’entrechoquaient, luttaient et se bouffaient. Et elle était toujours là, avec cette beauté dérangeante, avec ce regard pervers et malsain. Celui qui savait tout de toi, celui qui décortiquait ton âme, là devant toi. Qui t’autopsiait sans aucune gêne, sans scrupule, comme un vulgaire bout de chair. Ce regard qui mettait à nu tes douleurs les plus enfouis, celle que toi-même tu as occultée depuis l’enfance. Phaedre Hunt faisait ressortir tout ça. Elle était l’élément extérieur qui déclenchait un cancer.

« Laissez-moi partir. »

Et la panique s’immisce. Je chercher la vie comme un poisson cherchant de l’air. Baguette en main, jene me laisserais pas faire. Si tu me veux, il faudra me passer sur le corps, sur la raison et me piétiné jusqu’à ce que je n’ai plus conscience de ce que je suis.

« Mes souvenirs m’appartiennent. Ils sont miens et vous n’avez aucun droit de vous immiscer comme un serpent pervers. Je n’hésiterais pas à protéger ce qu’il me reste. »

Ancré sur mes deux pieds bien que mon corps tremblait, à la fois de peur et de rage, je ne me laissais pas démonter. Je serrais si fort ma baguette que mes doigts en étaient blanc et j’étais prête à en découdre. Elle ne pouvait toucher ni a Adam, ni a mon père. Et concernant ma mère, elle ne saurait rien. Je ne parlerais pas. Elle n’irait nulle part, que ça soit sur mes terres arides ou sur le fil de mes pensées. Il se dégageait d’elle un tel aura malsain et dangereux que j’aurai presque pu voir l’esprit d’un serpent enroulé autour de ses épaules et de ses bras…
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Dim 14 Juil 2013 - 20:02

« Tes mains, trésor, me disent que quelque chose en toi s’est brisé, et qu’une relation vitale s’est rompue. J’ai cru sentir en toi l’absence de peur, qui me pousse à dire que tu as pris très vite un rôle de responsabilité au sein de ta famille. Alors, est-ce ton père ou ta mère ? »

« Si j’avais une tumeur, je l’appellerais Marla. »

Mais moi, c’est Phædre. A mes mots elle s’était levée, comme une furie, délaissant tout contrôle pour afficher pleinement sa colère. Je n’avais pas besoin de ça pour ressentir les ondes énervées émaner d’elle, mais cela renforçait ma conviction. J’y avais été assez fort avec mon numéro. Oui, effectivement, la blessure sur ses lignes présageait la perte, l’immobilisme de l’absence dans lequel l’être seul devait se figer. Il m’était évidemment impossible de savoir tout cela du premier coup et aussi facilement, mais Kezabel marchait dedans, et à pieds joints. Je riais intérieurement du spectacle donné. C’était déconcertant de savoir à quel point deux trois mots choisis savaient faire éclater chez quelqu’un l’ensemble de sentiments refoulés, gardés précieusement comme des trésors de guerre. De bout, là, face à moi, la jeune Hasting commençait à donner le meilleur d’elle-même. Elle tremblait, laissant sa contenance sur le parquet de mon bureau pour exprimer sa tristesse, et sa haine envers… moi ? J’étouffais un rire pour ne pas vexer encore plus la petite, je rayonnais d’une joie à peine dissimulée. Son regard détonnait, et je m’amusais à y planter mes yeux plissés, d’un bleu profond, incisifs. Je perforerais ton âme pour y glisser mon venin. L’image de mon patronus me revint en mémoire, et évidemment, le cobra était surement, dans ce monde, la créature la mieux capable de me définir. Mon allégorie, cette créature suave au sang-froid, silencieuse, vicieuse, prête à attaquer un seul coup. Fatal. J’y allais de mes crocs acérés, calculatrice, prévoyante, judicieuse. Plein de qualités dignes de Serpentard, et le serpent n’était-il pas notre emblème ? Cependant, revenir sur mes souvenirs d’enfance était le meilleur moyen pour me perdre, nous perdre, Phædre et moi.

« Vous pouvez me sortir tout vos discours, vos lectures et votre clairvoyance à deux balles, je ne dirais rien. Eclatez-vous avec ce que vous croyez savoir, mais ça n’est pas comme ça que je plierais Mlle Hunt. »

Toujours assise sur le coin de mon bureau, je riais à nouveau. Son insolence provoquait presque de la compassion chez moi. C’en était presque attendrissant, de se jeter ainsi sur l’os jeté au chien. De se battre, bec et ongle contre l’autre et contre soi-même. Et ce genre de combat, nous y étions nous-mêmes rodées. C’est le plus difficile combat que nous ayons à subir. Notre mère fut le simple prélude à cet inlassable face à face. Un corps pour deux, c’était bien peu. Je détestais la façon dont Phædre menait la barque, et elle détestait la mienne. En conflit perpétuel, nous nous disputions ce bout de chair plutôt séduisant, je dois dire, nous oubliant l’une l’autre dans une lente valse, perchées le fil du rasoir. Aucune notion de temps, d’espace, de l’autre ne régissait Phædre, les lois lui passant au-dessus de la tête ( et de la mienne, la nôtre quoi… ), elle n’avait pas conscience de ce qui se passait autour d’elle. Tout ce qui constituait une personne normale lui échappait. Emile Zola a dit que l’homme était le fruit de son environnement, sa société et de son éducation. Le seul caractère encore résidant chez Phædre, majeur, et qui régit aujourd’hui toute sa moitié est l’éducation. C’est ce critère qui a permit ma création, son refuge, sa peau trop à vif, il lui fallait les écailles pour se protéger du monde extérieur qu’elle fuyait. Nous sommes l’antithèse de l’existence. Et une antithèse à nous seules. Une seconde de plus et je sentais Phædre grimper entre mes entrailles, prête à reprendre la main sur ce qui nous servait d’hôte. Je secouais la tête et redirigeais mon être vers la petite insolente. Courbée vers elle, elle m’affrontait avec ardeur, mais perdait de son sang froid. Je le voyais dans les jointures de ses phalanges, dans les traits de sa pupille prête à se fissurer de colère. Ses regards noirs ne m’affectaient en rien, je trouvais même cela étonnamment drôle de la voir se démener comme un diable pris dans les filets de mon mensonge. Mon sourire toujours aussi brillant serait celui qui hanterait ses nuits, et ses journées pourquoi pas aussi ? J’avais déjà hâte de savoir ce que je pourrais lui faire, à cette petite. La rendre confuse, perdue d’espoir pour quelque chose qu’elle n’aurait surement jamais. Plus elle tendait de crisper son être, plus je la sentais perdre le contrôle d’elle-même. Les ondes se répercutant dans mon ventre devenaient de plus en plus violentes, le feu embrasait ses joues et quelque part la détresse possédait déjà ses artères et les plus petites failles de son esprit s’était ouvertes à nouveau, béantes.

« Fermez là. Vous ne savez RIEN et n’avez AUCUN moyens. »

Immobile, redressée, les mains reposées sur mes genoux, je la laissais faire son petit jeu. Torturée, et également enfermée, son esprit comme le nôtre était surement tiraillée entre deux eaux. Hasting s’est dirigée droit vers la porte, mais j’avais pris la précaution de la verrouiller avant de m’asseoir face à elle, à mon bureau, grâce à un petit sortilège bien ficelé. Elle revint vers moi avec cette lueur implacable que nous voyons, Phædre et moi tous les matins dans le miroir de notre chambre. Ce petit grain de sel capable de faire dérailler tout un esprit, de dissiper tout un être en poudre à canon. Pour exploser. Ici, c’était le cas, je voyais ses membres commencer à se disperser dans la rage, son impuissance commençait à avoir raison d’elle. Je restais silencieuse, même si elle s’énervait, mandant son droit pour partir. Tout son corps se désagrégeait, dans la peur peut-être, dans la haine c’était sur. La haine de me voir prendre possession de sa tête pour capturer son corps entre mes griffes. Je l’avais élue pour un rôle d’esclave dans le théâtre de ma vie. Et dans cette scène, j’étais encore souveraine, oui, encore, et son rôle commençait à s’immiscer en elle sans qu’elle ne s’en rend réellement compte. Sa violence était vaine, sa lutte acharnée l’était tout autant, car au lieu de m’en offusquer, je m’en délectais. Voir son corps frêle se mouvoir au rythme des décharges impliquées par la multitude de sentiments qui le traversaient.

Hasting avait sortit sa baguette qu’elle serrait à s’en blanchir les jointures. Mon sourire ne fit que redoubler, et face à ses dernières paroles, j’eus un mouvement surjoué de bâillement. Sa petite mascarade de gamine à qui on a volé sa sucette commençait vaguement à m’agacer. J’ai délaissé le regard avenant que j’avais, de manière mensongère, affiché jusque là, mais je me devais d’en finir avec ça. Sans détour, je levai ma baguette et lançai un « Accio baguette » sourd mais autoritaire, et la baguette de la miss vint se loger entre mes mains. Relevée, je me rendis à nouveau derrière mon bureau, la baguette coincée entre mes deux index, je la posai sur le bord de mon bureau, posai mes mains à plat de part et d’autre de celle-ci et relevai la tête.
Le visage dur, le regard sévère et perçant, j’abattais mes nouvelles cartes pour la faire flancher.  Elle se verrait sous mon emprise obligée d’effectuer le sale boulot. Si je suis obligée de lui faire mal pour la faire flancher, soit. Si c’est ce qu’elle veut, soit. Mais je suis bien décidée à m’amuser avec elle, et malgré tous ses efforts elle ne réussira pas à gâcher mon envie bien campée dans la seule partie de ma tête qui m’est réservée. Un long moment de silence qui je brisai d’un rire froid, mais presque sincère cette fois. Les fossettes dessinées sur mon visage révélaient les sombres idées et autres hallucinations qui se tramaient dans notre tête. Phædre se réveillait doucement, riait du spectacle donné puis retournait halluciner à la fenêtre de notre œil, seule ouverture vers l’extérieur, là, enfermée dans nos côtes.

« Mademoiselle Hasting, calmez-vous donc. Vous savez très bien que vous n’aurez pas l’avantage, je suis professeur, et la deuxième matière dans laquelle j’excelle est le sortilège. Vous ne sortirez pas ici avant d’avoir répondu à mon offre, et de manière positive. Dans votre obstination vous gâchez votre seule chance actuelle de revoir ce qu’il… vous reste de famille. Vos souvenirs m’intéressent peu, c’est vous que je veux. »

Je me calmais, le regard planté dans le sien, lui souriant à nouveau d’un sourire semblable à un puzzle. Composé d’une multitude de bouts de verres brisés, recollés à la va-vite, un sourire de travers, fou.

« Locomotor mortis. »

Deux mots qui suffirent à lui figer les jambes dans l’immobilisme. Je revins vers elle, posa ma main sur mon épaule. Ce sort me servait pour la deuxième fois en trois jours, je croyais avoir trouvé en lui la force de faire résigner les plus brutes, n’est-ce-pas Enzo Ryans ? Mon visage penché sur le côté, je ne lui laissais désormais plus du tout le choix. Le jeu commençait à m’exciter au plus haut point, elle allait craquer là, dans ma main, son champ d’action réduit au seul mouvement de ses bras, dépourvue de baguette magique.

«  Kezabel Hasting… Cessez de vous débattre, c’est sans intérêt. Je suis sure qu’on peut s’entendre vous et moi, voyons, baissez vos yeux de bouledogue. Croyez-moi un instant très chère, je peux vous montrer ceux qui vous manquent… » Je m’approchai de son oreille, suave presque séductrice. « Je peux vous permettre de les rejoindre, réfléchissez un instant à qui je suis. »

Je m’éloignais d’elle tout en m’avançant vers le fond de mon bureau, lui laissant tout le loisir de réfléchir à mes dernières paroles. Cela devait finir vite, la tête me tournait et je sentais Phædre revenir de ses hallucinations pour reprendre le contrôle. Mon être secoué de quelques tremblements imperceptibles montraient ma fragilité latente. Je suis la plus forte de nous deux, mais celle qui ressent tout. Je disais déjà, plus haut que ma moitié était celle qui s’était éclipsée du monde. J’étais son exact contraire et derrière cette mesquinerie sans nom dont je jouissais, j’étais l’hypersensibilité réduite à pressentir le malheur et la peine. Tout mon être s’était axé sur la sensation de ces ondes parcourant la peau. J’étais l’être décharné qui pleurait de sentir le vent sur les plaies béantes, sur la peau scalpée. Je regardais par la fenêtre la nuit abattue sur Poudlard. Qu’étais-je venue faire là, pourquoi les signes m’avaient-ils emmenée ici ? Stop.

Reprenons.

Une tasse de thé dans la main, faite machinalement, à vrai dire j’en ai tellement l’habitude, et me dirigeant vers une table située à plusieurs mètres à droite de mon bureau. Je posai la tasse sur ladite table, à coté de ma main, cambrant ma hanche pour y poser la deuxième dessus. Mon regard revint une nouvelle et dernière fois se planter dans les yeux de la jeune femme, je lâchai un « finite » qui vint rompre le sort, reposai ma main sur ma hanche et déclarai d’un ton presque publicitaire, le sourire fou à nouveau allié à mes fossettes diaboliques.

« Thé ou boule de cristal ? »
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Dim 21 Juil 2013 - 11:36

Le serpent se glissait avec grâce et fluidité vers moi, ondulant son corps avec légèreté. Prêt à frapper de ses crocs envenimés, pour venir faire mourir ce qu’il me restait d’humanité. Elle me voulait à genoux, paumes ouvertes devant elle à l’image d’un tableau représentant une souveraine et son esclave. Mais il était hors de question que je fasse vœux d’allégeance face à cette vipère. Et cette vipère avait bien plus d’un tour dans son sac. Avant que je ne la voie venir, ma baguette se trouvait déjà entre ses mains.

Garce.

Idiote que je suis. Trop submerger par ma haine, je n’avais pas vu le coup venir et bêtement, je m’étais faite avoir. Mais soit réaliste petite Kezabel, crois-tu pouvoir être de taille contre cette harpie avec ou sans baguette ?

« Mademoiselle Hasting, calmez-vous donc. Vous savez très bien que vous n’aurez pas l’avantage, je suis professeur, et la deuxième matière dans laquelle j’excelle est le sortilège. Vous ne sortirez pas ici avant d’avoir répondu à mon offre, et de manière positive. Dans votre obstination vous gâchez votre seule chance actuelle de revoir ce qu’il… vous reste de famille. Vos souvenirs m’intéressent peu, c’est vous que je veux. »

Elle pique ma curiosité. Mais au diable pourquoi moi ? Putain, y a un million d’élève dans cette foutu école alors pourquoi venir me chercher moi ? J’ai beau réfléchir et je n’ai rien de plus qu’une autre surtout lorsque l’on sait que certains ont de véritable don et porte en eux quelque chose « d’exceptionnel ». Mes pensées viraient droit sur Enzo. Celui qui était venu nous sauver dans la Forêt Interdite, Riley et moi. Le Lycanthrope. Je m’imaginais la souffrance de ce corps d’homme luttant contre la mutation, la douleur. Intense, violente. Voilà ce qui devrait plaire à Phaedre… Un corps torturé, un esprit qui l’était sûrement tout autant. Du moins, je le supposais. Elle avait l’air obsédée par ceux qui portaient en eux une fissure béante. Elle se nourrissait de ce qui nous détruisait…

Quant à ton offre, loin de moi l’idée de l’accepter. Mais lorsqu’elle évoque le « reste de ma famille », mon cœur s’emballe à nouveau et se serre. Le fait qu’elle ait pu percé une partie de mes remparts en lisant uniquement les lignes de ma main me perturbe. Mon esprit chavire entre la crainte et la haine. Mes douleurs ne devaient pas tomber entre ses mains, car à la seconde même où elle effleurerait mes blessures du bout de ses ongles, il en serait finit de moi. Et son sourire n’était que l’image de sa folie, celle qui l’animait à présent. Mon regard se plante dans le sien et ce sont nos deux cœurs qui battent à l’unisson. Le sien, aride, en quête de pouvoir. Le mien saignant abondamment sa peine et courant après une liberté chimérique. Et voilà qu’elle m’offrait mon souhait le plus cher sur un plateau d’argent.

Crois-tu vraiment que j’allais me laisser berner par ton petit jeu mesquin ?

Mes jambes s’immobilisent, la rigidité qui les parcourt ne fait que répondre au sort prononcé. Pathétique petite Phaedre. Où veux-tu que j’aille bougre d’idiote, vu que tu me tien prisonnière ici ? Je fulmine, je tremble et l’angoisse me tambourine les parois avec violence. Tais-toi. Ne lui laisse pas une seconde occasion de venir glisser la lame du couteau entre tes fissures. Frisson. Ta main, ta peau. Aussi froide que la mort. Mon épaule tressaillit et je me retire d’un mouvement. Ne me touche pas, pas de contact, pas de toi sur moi. L’air se fait rare, tu en impose trop. Ta beauté diabolique ne faisait qu’aggraver la situation. Cette femme n’était pas Humaine. Elle dégageait un aura qui aurait réussi à rendre folle une boussole et la mienne était détraquée sous sa présence. Les mots qu’elle débitait ne me parvenait que faiblement car déjà, je cherchais l’air. Trop peu d’espace, tu m’écrasais par ta propre respiration. C’était comme si elle respirait tout l’air disponible dans la pièce. Son corps gracile rôdait en quête de sa proie, à quelques centimètres de moi. Je forçais sur mes jambes. Il fallait que je sorte, j’étouffe. Ecarte-toi. Mon cœur s’écrase, j’ai la sensation d’avoir une enclume sur le torse. Et je cherche encore l’air, cherchant à te repousser.

«  Kezabel Hasting… Cessez de vous débattre, c’est sans intérêt. Je suis sure qu’on peut s’entendre vous et moi, voyons, baissez vos yeux de bouledogue. Croyez-moi un instant très chère, je peux vous montrer ceux qui vous manquent… » Je m’approchai de son oreille, suave presque séductrice. « Je peux vous permettre de les rejoindre, réfléchissez un instant à qui je suis. »

C’est trop. Je la pousse avec force. Ne t’approche pas de moi avec ta voix de celle qui veut me conquérir sur tous les territoires. Mon corps subit une série de frissons, aussi violent les uns que les autres. L’ambiance devient malsaine et cette beauté figée sur son visage ne faisait qu’aggraver la situation. Elle était la séduction mortelle. Froide et inévitable. Il était clair que jamais je ne sympathiserais avec cette folle. Putain, il devait vraiment lui manquer des cases… Qui es-tu ? Une âme fragmentée qui chercher désespérément à pimenter sa pauvre petite vie ennuyeuse en se jouant des faiblesses des autres. Et le pire est de te voir en prendre un plaisir profond. Elle me mettait mal à l’aise, quelque chose d’étrange régnait dans cette pièce. Phaedre était trop imposante, trop écrasante. Et comment pouvais-je croire un esprit aussi déluré que le sien ? Foutaise. Et pourtant, elle me tourmentait, me faisait vagabonder entre deux états d’esprit. Ma famille me manquait terriblement, cela faisait presque deux ans que je ne les avais revu et je ne recevais que très rarement des nouvelles de leur part. L’idée de pouvoir à nouveau les serrer contre moi me ferait presque fléchir. Qu’était devenu Adam ? Comment s’en sortait-il ? Les poings serrés, je rageais contre elle et contre moi-même. Je ne pouvais pas me laisser corrompre ainsi. Pourtant, combien de temps devrais-je encore passé à ne pas les voir, les sentir une fois contre moi ? La situation ne faisait que s’aggraver ici et ça n’était pas demain la veille que les Supérieurs laisseraient quiconque franchir les murs de cette école pour aller rendre visite à nos proches.

Alors as-tu réellement la possibilité de me donner ce que je veux ? Mais à quel prix ?

J’ai envie de me gifler. Te laisse pas piéger. En même temps, ais-je vraiment le choix ? Quelque chose me dit que si je refuse son appât, elle utilisera la manière forte. Je sais qu’elle a les ressources nécessaires pour faire flancher les esprits les plus résistants et ce, peut importe la façon dont il fallait procéder. Elle s’était déjà éloignée de moi depuis une poignée de seconde..Toujours cette sensation d’étouffement. Il fallait que je me sorte d’ici et visiblement, l’unique manière était d’accepter son offre. Il en était hors de question. Je me déteste d’avoir cette curiosité au fond du ventre de voir ce qu’elle pouvait réellement me prouver. Le sort se meurt et je peux à nouveau bouger les jambes. J’ai envie de dormir, d’oublier, ou alors, de me réveiller de ce cauchemar. Je pointe mon regard sur ce corps qui s’affaire et s’active, préparant déjà tout les éléments qui lui permettraient de me faire bouffer dans sa main. La honte m’écrase et la peur ne cesse de s’agrandir au fond de mes entrailles. Je n’étais peut-être pas devin comme toi, mais je présentais que tout cela ne serait que très mauvais pour moi. Un piège. Tout venant de toi ne pouvait être que ça, un piège. Rien n’était hasard, rien n’était sincère. Tout n’était que profitable à ta petite personne.

Et le vide s’accroisse au creux de moi. Adam. Papa. La tombe de ma mère sur laquelle je ne m’étais jamais recueilli depuis sa mort. Riley. Loar. Caem. Trop d’émotions, trop de chose, trop de sensations. Mon esprit me fait mal, j’aimerais que tout s’arrête. Les Supérieurs, l’odeur de cette chair brûlée qui m’accompagne en permanence lors de mes pires cauchemars, mais aussi Elle. Je me passe une main fébrile dans mes longs cheveux ondulés. Je ne savais pas si c’était moi mais la chaleur de cette pièce était insupportable, d’une main tremblante je défis un bouton de chemise, voulant avoir le plus d’espace possible autour de ma gorge. Respire. Tu sais qui tu es, quel genre de femme et surtout quel caractère. Alors, serait-ce vraiment toi de te laisser avoir par ce petit manège ?

Et je l’observe encore. Merde. Il n’était pas question d’une petite excursion à cheval dans les bois mais de ma famille. Et si elle avait la possibilité de leur porter atteinte ? Jamais de la vie. Que l’on vienne me sortir d’ici. Mes idées se bousculent et j’en perds le fil, je n’arrive plus à suivre quoi que ce soit de ce que je pense. Il fallait que je reprenne une certaine contenance mais ma réaction passée en avait déjà bien trop dit pour moi.

« Thé ou boule de cristal ? »

Et le couteau pénètre la soie. Affronte ta curiosité et vas-y. Ne sois pas lâche et fais honneur à ceux que tu veux protéger. Tu sais qu’elle ne pourra rien te prouver avec de simple résidu de thé et encore moins une piètre boule de cristal. Désolée, mais ici nous ne sommes pas chez Mme Irma hein.

Le corps au bout de la rupture et les jambes cotonneuses, d’un signe de tête, je désigne la boule de cristal. Alors, quel tour allais-tu me jouer cette fois ? Elle me fit signe de m’approcher. Et j’obéis, bien sagement. Je voulais que tout cela ce termine au plus vite et surtout, qu’elle m’oublie. Qu’elle se rende compte que je ne suis qu’un petit être pitoyable qui mérite quelques heures de colle et basta. Mais cette fissure au creux de ma main venait de me trahir. Quitte à rester coincer ici, autan abréger ce petit manège.

Je m’assoie face à elle et sa boule de cristal bien installée entre nous. Elle aurait pu paraitre banale si de la fumée n’y flottait pas et lorsqu’elle me demanda de poser les mains dessus et ne fixer que l’objet en question, je fus un long moment à hésiter. N’était-ce tout simplement pas une ruse pour mieux me berner ? Me lancer un sort pour m’assujettir ? Tout cela était ridicule et je lui aurai ouvertement ris au nez si Adam et mon père n’était pas mit en cause. Je lève les yeux vers elle, cherchant la ruse. Rien, je ne pouvais voir que ce sourire en coin, m’incitant à regarder ce qui me ferait visiblement flanchée. Tu as l’air si sûre de toi… J’étais déjà dans les ennuies, les pieds joints dedans. Les mains tremblantes je posa le bout de mes doigts sur le verre glaciale de la boule, plongeant mes yeux dans la fumée comme pour y chercher des réponses à ma situation. Je déglutis, cherchant à calmer le sang qui battait avec force à mes tempes… J’arque un sourcil. Une sensation de chaleur se diffusa presque aussitôt de mes doigts à mes paumes que je trouve à la fois agréable et dérangeante.

Reste impassible… J’attends encore quelques secondes, mais toujours rien. Je le savais, tout ça n’était que foutaise, elle avait voulu jouer avec ce qu’il me restait d’espoir pour mieux me mettre à genoux et faire de moi un pantin de plus sur son tableau de chasse. Alors que je m’apprête à faire éclater ma rage, mon estomac se noua violemment. La fumée s’activa, changea de couleur, de forme. Elle se dissipa comme un brouillard à la levé du jour. Une silhouette, puis deux… Les visages se dessinent. Mon souffle se coupe. Mon père et Adam. Bien distinctement, l’un à côté de l’autre, bougeait devant moi. Le monde autour de moi disparaissait, plus rien n’existait si ce n’était que cette image incroyablement nette de ceux qui m’était cher. Je pouvais voir mon père, le visage terne, sans vie, buvant sa tasse de café comme chaque matin, avec cette même place vide qu’il laissait à ses côtés dans l’espoir de voir réapparaitre sa femme,  comme par magie. Puis Adam, venant vers lui, ses bras frêle mais visiblement entrainé, poussant sur les roues de son fauteuil pour venir lui tenir compagnie, toujours ce même sourire sur le visage. Ma vue se brouille, les larmes coulent sans que je ne puisse les retenir et la douleur qui me crispe le corps entier ne fit que me soumettre face à l’évidence : Ils étaient bel et bien là, devant mes yeux. Deux ans que je ne les avais pas touché, respirer… Et ils apparaissaient ici aussi nettement que s’ils s’étaient trouvés en face de moi. Mon père n’était que l’ombre de lui-même et lorsque mon frère posa une main sur son bras, il éclata en sanglot. Un sanglot profond, venant du cœur, venant du peu de vie qu’il lui restait…

Déchirure. Apocalypse du cœur.

La honte, le remord, la culpabilité fit un cocktail explosif venant me déchirer les entrailles et ma conscience. Le désespoir de mon père venait se répercuter avec force contre ma propre peine qui, elle, ne fit que s’agrandir, approfondissant ma plaie béante qui suintait la souffrance. Je ne devrais pas être là, dans ce château qui se gangrenait. Ce n’est pas ici qu’était mon combat, mais aux côtés de mon père et de mon frère, qui derrière son sourire, je pouvais y lire son propre désespoir d’assumer pour deux, l’absence des deux femmes de leur vie. La nausée me saisit. Phaedre n’existait plus, ni son bureau, ni l’ambiance, ni ce château. Juste mon corps crispé sous la tension et la force des émotions, ainsi que cette douleur sourde au creux de ma poitrine. Je laissai échapper une plainte, furtive, profonde, presque inaudible. C’était plus que je ne pouvais en supporter.

Le coup fatal vint me trancher ce qu’il me restait de résistance.

L’image se brouille et laisse place à trois silhouettes. Un instant, le souffle me manque lorsque je cru reconnaitre ma mère dans les bras de mon père. Illusion… Le corps se dessina plus précisément.

« Bordel… »

Je lâche subitement la boule lorsqu’une décharge électrique vint me foudroyer me faisant lever de ma chaise qui se renversa sous le choc. Non. Impossible, ce n’était qu’une vaste plaisanterie.
Et pourtant, c’était bien nos trois corps enlacés, pleurant sous les retrouvailles qui s’étaient fait bien trop attendre qui continuait à s’afficher devant mes yeux. Le futur ? Etait-ce vraiment ce qui allait se produire si j’obéissais à ce pacte ? La preuve était là, sous mes yeux. Tout ce que j’attendais depuis deux ans s’offrait à moi, sous mon nez, me narguant avec arrogance. Vomir. Une main sur ma bouche, l’autre sur mon ventre, tout cela était insupportable et mes larmes redoublèrent. Les sanglots obstruaient ma gorge tant ils furent profond. La partie d’échec était maintenant terminée… Elle venait de porter le coup de grâce avec brio. La pièce se mit à tourner et l’environnement me revint petit à petit. Je m’appuyai sur le bureau, le corps tremblant et incroyablement fatiguée, vidée de toute force. Adam… Ce visage, celui de mon père. Nous trois réunis…

« Comment avez-vous fait… »

Comment avait-elle pu faire naitre d’une simple boule de cristal tout ce qui m’était le plus cher ? Comment avait-elle pu me faire voir cet avenir qui était à coups sûr, incertain ? Mon cerveau était à son tour embrumé, n’arrivant pas à réfléchir correctement. Je ne me faisais pas d’illusion, nous nous savions tous coincés comme des rats ici, les Supérieurs étaient des êtres infâmes et sans compassion, ils n’avaient pas hésité à prendre la vie d’enfants, de femme, lors de l’invasion de notre village. Maxence. Pour la première fois, j’aurais voulu qu’il soit là, avec moi. Il était la seule personne présente dans ce château capable de me comprendre et j’eu l’envie subite de parler avec lui, de tout ça, de nos deux douleurs respectives, communes. Celle de la mort, de la chair brûlée, des cris et du désespoir.

Je flanche. Je suis déjà noyée.

«… Que voulez-vous de moi ? »
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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Mer 24 Juil 2013 - 13:08

Elle a alors décidé de questionner la boule de cristal. J’ai haussé les épaules, moi cela peu m’importait peu, de ce fait j’ai porté la tasse de thé à mes lèvres et en ai bu quelques gorgées. Je fredonnais même quelques notes en balançant mon corps gracile sur la chaise face à la boule de cristal. J’ai posé ma tasse, passé un coup pour enlever la poussière de la boule de cristal avec ma manche et croisé mes jambes. Hasting me faisait rire, mais je retenais mes expressions pour ne pas vexer la princesse. Elle semblait au bord de la rupture et tout mon être se délectait de la souffrance perçue dans les ondes qu’elle m’envoyait. Il n’était pas compliqué, même pour ceux que n’étaient pas doués du don divinatoire, de comprendre qu’elle me haïssait. Mais je croyais avoir trouvé la perle en le fait qu’il résidait autre chose chez elle. Je ne savais s’il s’agissait de l’outrageante fissure qui parcourait visiblement sa poitrine, ou si son esprit était percé par de l’arrogance inutile et superficielle. Quelque chose d’autre possédait ses membres, comme si elle ne vivait que pour cette ou par cette chose. La rage ? La douleur ? L’impuissance, peut-être. Celle de ne pas pouvoir protéger sa famille, ou de ne savoir se protéger elle-même des agressions extérieures. Par exemple, elle n’avait rien vu venir ici, et ne m’avait pas vue non plus. Je remarquais que beaucoup d’élèves dans cette école étaient plutôt insolents, mais ça ne leur valait que des problèmes. Evidemment. Et aucun ne s’était tournés vers les dons divinatoires, c’est tellement utile pourtant, le futur, quand on veut jouer au malin. Mais non, bornés et complètement aveuglés par leur jeunesse, ils foncent dans le tas sans se soucier des conséquences. Faut vraiment pas être malin, ou moins lucides que moi. Surtout pour défier des professeurs en ces temps obscurs. Je n’avais pas encore saisi la teneur de la menace présente à poudlard ( puisqu’en réalité, je m’en fichais comme de l’an quarante ), mais les élèves étaient les premiers oppressés, et les premiers à foncer bêtement dans le mur.

La ruse est de mise, je devais en savoir plus qu’eux sur l’avenir probable du château, et ça ne leur est pas venu à l’esprit de vérifier dans les astres leur avenir.

Je suppose que la plupart des apprentis-sorciers devaient me prendre pour une supérieure. D’ailleurs, il suffisait d’être un peu mieux qu’eux pour qu’on soit tout de suite qualifiés de supérieurs. Mais je m’en contrefiche moi, c’est pas mon problème tout ce bazar, je vois pas pourquoi je prendrais partie, j’ai suffisamment de problèmes personnels à régler. Surtout avec mon autre moitié qui ne cesse de tambouriner à nos côtes.  Cette histoire de supériorité je trouvais ça ridicule, et leurs agissements sans fondements. J’ai été serpentard, et c’est pas pour autant qu’ils étaient forcément mieux. Ils ont juste un peu plus de discernement face aux évènements, c’est tout. Mais d’abord, quels évènements ? J’en oublie ma divination moi.

Kezabel s’est donc assise face à moi, je lui ai dis de scruter la boule de cristal intensément. Je rigolais intérieurement du désastre que j’allais créer et qui ne serait en fait que le résultat de sa propre action. En effet, ce qu’elle ne savait pas, c’est que la seule chose qu’elle allait voir ne résulterait pas de ma magie, mais de la sienne. Elle contemplera la boule de cristal en pensant que j’ai tiré deux-trois tours de passe-passe, alors qu’elle se contentera d’observer la pure et simple vérité du futur. Je ne sais si elle aura suffisamment de capacités divinatoires pour créer des images pures et parfaites, mais son envie de découvrir la vérité suffira à lui faire voir ce qu’elle veut. Je la verrais se désagréger au fur et à mesure de la fumée dissipée. Si elle n’était pas fixée sur la boule de cristal, crispée et tendue, comme un bâton prêt à se rompre, elle verrait l’excitation dans mes yeux. Je me repais de ton malheur, de ta souffrance, je la ressens. Comme le vent qui caresse la peau, je perçois ta douleur se frotter doucement à la mienne. J’en frissonne, c’est quelque chose ce mélange d’émotions qui s’élèvent au fur et à mesure que la fumée se dégage pour former les contours de ce qui lui reste de famille. Je porte la main à ma poitrine, l’observe, le regard fou, illuminé. J’ai senti cette vague destructrice lorsqu’elle a comprit de qui il s’agissait. J’ai fermé les yeux, humé la douleur dans son plus simple parfum, me suis surprise à adorer ça malgré les entailles qui s’enfonçaient dans ma chaire à vif. Cette peine, dans sa plus pure expression qui roulait sur ses joues, cisaillait mon être comme un petit canif extrêmement bien affuté. Une vraie torture qui me faisait crisper la mâchoire. Et pourtant, j’en étais presque rendue à rire. Je crois que la souffrance des autres calme la mienne malgré les blessures sur mon épiderme. C’est triste à dire, le mal-être d’un homme pour le mien. Elle sera mon exutoire temporaire, mon chagrin à travers le sien. Pauvre gamine tombée dans les griffes de cette folle Elizaveta.

Je découvrais donc, en même temps qu’elle, les images nettes dans la boule de cristal. C’était donc sa mère, l’absente ? Son père surement, cet homme aux cernes creusés et son frère ? Handicapé ? J’étais piquée de curiosité, surtout quand ses larmes redoublèrent d’intensité quand elle vit la personne qui devait être son père, pleurer lui aussi. Le souffle court, l’horreur imprimée sur le visage, je voyais ce petit être se décomposer. Le coup de grâce porté lorsqu’elle se vit aux bras de ses hommes. Elle s’est levée, détruite, découpée en quelques morceaux éparpillés lâchement sur le sol. Hasting sanglotait à présent. J’en étais presque rendue à éprouver de la compassion pour son esprit déchiré entre la vérité et ses remords. Et oui ma belle, si tu les veux, tu devras m’obéir. En tout cas c’est ce que je m’efforçais à lui faire croire, et elle tombait dedans à pieds joints. « Comment avez-vous fait… » me prouvait la force de mon mensonge. Elle croyait surement dur comme fer que c’était effectivement mes jolis tours divinatoires qui avaient créées ces images. C’était moi qui lui avait prédit l’avenir.

Mais non jolie demoiselle. Tout ça c’est toi. Ta propre vérité te trompe, t’imagines ça ? J’ai planté à nouveau mes yeux dans les siens, souriante, doucereuse. Ne pas brusquer l’être fragilisé. Je la savais au point de rupture, à deux doigts de se mettre à genoux. Elle n’avait pas beaucoup de choix, à l’heure actuelle j’étais l’une des seules qui acceptaient de la rendre à sa famille. En secret évidemment. Et encore, puisque c’était faux. Il était hors de question que je joue ma place pour une sang-mêlée en mal du pays. Ce n’était pas mon problème si elle se trouvait là, pas mon problème son retour chez elle. Je la voulais juste dans le creux de ma main. Je voulais voir le désespoir dans ses yeux, je veux m’amuser avec elle, je veux qu’lle m’obéisse. J’ai décidé que ce serait toi, trésor. Tu es bien jolie tu sais.

Je penchai la tête sur le côté. Elle était tombée, ça y’est. A genoux, les paumes ouvertes au ciel. Prête serment mon ange, tu seras récompensée.

«… Que voulez-vous de moi ? »

Je me relevai, m’asseyait sur le bord de mon bureau et attrapai sa main que je serrais. Mon regard suggérait la doléance, la bienveillance, pourtant au fond de moi je riais : j’avais atteint le point de non-retour chez cette gamine. A genoux, devant moi. Ni la première, ni la dernière croyez-moi. Mais celle-ci possédait quelque chose. Une perle, une flamme, une force. Quelque chose, je ne sais quoi. Elle m’intéressait, pas que dans la lecture. Sa douleur abyssale faisait écho à la mienne. Hasting était à cloche-pied sur un rondin de poids et menaçait de tomber à chaque seconde. Je devais découvrir le pourquoi du comment elle tenait encore en équilibre. Peu m’importait les manières de faire. Je cernais déjà les espoirs dans lesquels elle était tombée, croyant dur comme fer que je lui donnerais satisfaction. J’étais persuadée qu’elle se sentait prête à gober tout mon mensonge. Qu’elle se jetterait à corps perdus dans mes bras, si je lui obtenais une visite chez ses parents. Comment pouvait-on être autant attacher à quelqu’un. Au point de fréquenter le diable. Si son esprit avait été assez fort, je l’aurais peut-être relâchée sans suite. Mais elle me plaisait tellement, là, à deux doigts de trébucher dans le ravin. Je jouais ma dernière carte. Celle qui me donnerait le loisir de posséder son esprit comme je le voulais.

« Chérie… Je te veux toi. Je veux que tu m’obéisses. Répand ma bonne parole, écoute là, et je te donnerais ce que tu veux. »

Je l’attirai près de moi en me redressant, et pressa son visage contre moi. J’étais plus grande d’une tête à peu près, et mes bras encerclèrent son dos. Elle restait impassible, surement perdue entre la peur, les regrets, et l’amertume des images précédemment observées. Tout son être immobile, crispé. Ma peau froide touchait la sienne, mes doigts glissaient dans ses cheveux, je me voulais rassurante, protectrice. Tout ce que je n’étais pas au naturel et que j’étais prête à lui donner si elle écoutait mes ordres. Son rôle d’esclave dans ma pièce prenait dès maintenant. Je souriais, peu m’importait si elle s’en rendait compte. Petite poupée de cire, tu m’appartenais désormais.

« Sois mon apprentie, respecte le pacte entre nous Hasting, ne te retourne jamais contre moi. Car si je peux t’apporter le réconfort auprès de ton père et ton frère, la protection d’un professeur influent face aux autres supérieurs, la sécurité de ne plus vivre d’aventures comme celle de ce soir… je peux également t’apporter la douleur de ne plus jamais les revoir. »

Je posai mes deux mains sur ses épaules, la força à me faire face et déclara d’un ton dur, froid.

« Promets. Sache que mon influence ne se restreint pas qu’au château, pour l’instant ta famille ne risque rien. Mais ne te prend pas pour une héroïne, sois maligne, et obéis Hasting. Dis-le, que tu le promets. »

Je reprenais une impression de calme, de bienveillance, et lâchait l’élève pour me retourner vers mon bureau. Revins m’asseoir calmement, plantait mon regard dans le sien. Elle était à ma merci. Je voulais la voir encore à mes genoux, mais je devais la laisser prendre conscience de la responsabilité qu’elle avait désormais de respecter notre pacte et ne pas gâcher ma pièce de théâtre. Je pris ma plume, gratta le parchemin d’une copie atrocement mal rédigée, écrite à moitié, raturée et laissa le silence supplanter nos deux âmes émotionnellement chargées. Un dernier regard, une voix suave, bienveillante, adorable.

« Allez Hasting, rentre dans tes dortoirs. L’incident de ce soir avec les deux moldus est clos. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais à quelle porte frapper, trésor. Reposes-toi, et réfléchis bien. »

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MessageSujet: Re: D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting   Jeu 1 Aoû 2013 - 20:28

La nausée me tenait en laisse comme un vulgaire chien des rues. Je n’étais que gouffre, miettes, débris de moi-même. Prête à me fissurer de mes propres morceaux, là sur le sol. Elle me tenait en joue, avec son regard de serpent, attendant encore que je baisse ma garde afin de pouvoir frapper, une toute dernière fois. Que je m’étale ainsi devant elle, de tout mon corps vide et froissé. Tout n’était que Néant, un vide abyssale qu’elle venait de créer de part sa bombe manipulatrice.

Et ses mots maternels, qui me lacèrent de leurs épines, ceux que j’ai tant de fois entendues de la bouche de ma mère venaient d’être salis par ses lèvres de vipère. Je les sentais s’effondrer de tout leurs poids sur ma poitrine, droit dans mon corps où ils venaient y rependre leur poison, gangrenant mon myocarde. Je cherchais l’air, mes poumons étriqués sous la pression de l’autre. J’étais éclaté, comme un miroir, laissant mon corps choir sur le plancher. Vide. Au point d’entendre l’écho de mon cœur tambourinant contre mes côtes. Le monde n’existait plus, la pièce tournait, valsait comme lors d’une danse un peu trop effréné pour mon petit être en miette. Un ballet dramatique, où la petite fille mourrait sous les coups portés par le monde. Ce monde, celui qu’ils pourrissaient chaque jour de leur propre pourriture. Et nous étions là, à en récolter les coups. Moi la première, face à cette élégance malsaine. Elle représentait deux forces antithétique qui s’unissaient en une parfaite symbiose. Comme si elles s’imbriquaient, étant née pour l’autre. Elle avait ce charme déstabilisant, envoûtant, mêlé à cet air sadique, manipulateur et méprisant. Ce charme venant droit des ténèbres.

Les sons étouffés, j’étais obsédée par une seule image : Celle des retrouvailles. C’était tellement inespéré. Deux ans que chacun d’entre nous attendions cela, de pouvoir souffler, se ressourcer ; Et voilà qu’elle me présentait l’occasion sur un plateau d’argent, muni de ce sourire qui chavirait toute bonnes consciences.

Me voulait moi. Obéir à ses ordres. Elle m’appâta. Et elle réussissait. Je n’avais plus la force de quoi que ce soit et je ne m’étais pas senti aussi perdu, aussi vidée depuis quatre ans. Cette plaie béante saignait avec abondance, me laissant l’âme pour morte. Et lorsque mon corps rencontra le sien, ce fut une explosion de douleurs et de dégout. De répulsion. Comme un viol de l’âme, du psychologique. Le frisson s’insinua au plus profond de mon être, de mes nerfs, mes muscles. Tout mon corps ce contracta. Instinct de défense. Je repoussais tout geste maternelle. Je ferma les yeux, avec force pour ne pas que les larmes coulent. J’étais prise au piège, accablée. La boule au ventre, la force de la souffrance me renversait, me chavirait et j’étais là, les bras ballant, sa main dans mes cheveux. Je veux vomir, je veux sortir, je veux pleurer ; hurler, me déchirer. M’ouvrir la poitrine, extraire mon cœur et l’écraser, le réduire en miette. Je veux m’éclater le crane, ne plus penser, ressentir, réfléchir. Ne plus avoir à faire de choix, à prendre sur soi. Je ne veux plus rien. Juste fuir, avoir la liberté, la légèreté. Je veux retrouver ma mère.

Le sanglot obstrua ma gorge. J’étais perdu, entre ses griffes acérées. Elle m’avait piégé et j’ai plongé tête la première dans son stratagème. Elle me tenait par le sentiment… Où était donc ma rébellion ? Ma force de vivre et de rugir face à l’autorité ? Evanouie. A la seconde même où ils sont apparus dans cette boule de cristal, j’étais perdu. Comment. Putain, mais comment ? Comment avait-elle pu me réduire à ce point ? Avec tant de facilité.
Faiblesse. Elle avait tout simplement profité du BON moment, où j’étais épuisée. Vannée par les épreuves des jours précédents. Et c’était le coup de trop.

« Sois mon apprentie, respecte le pacte entre nous Hasting, ne te retourne jamais contre moi. Car si je peux t’apporter le réconfort auprès de ton père et ton frère, la protection d’un professeur influent face aux autres supérieurs, la sécurité de ne plus vivre d’aventures comme celle de ce soir… je peux également t’apporter la douleur de ne plus jamais les revoir. »

Chaotique. Le couteau dans le velours venait de percer sa dernière entaille. L’angoisse, dans sa violence, me fit flancher. Elle me tenait par les épaules et je sentais mes jambes se dérober sous mon poids. Je ne te reconnaissais pas. Tu prônais la révolte et te voilà entrain de manger au creux de la main de cette vipère. Vielle garce. Pourriture. Les injures se succédèrent, aussi insultantes les unes que les autres.

« Promets. Sache que mon influence ne se restreint pas qu’au château, pour l’instant ta famille ne risque rien. Mais ne te prend pas pour une héroïne, sois maligne, et obéis Hasting. Dis-le, que tu le promets. »

Je n’avais plus la force de parler. Plus la force de quoi que ce soit, et encore moins de lutter. J’eu juste assez de force pour acquiescer. Lentement. Connement. Traitresse. Je me détestais, mon dieu que je me haïssais. Je voulais me vomir. Me noyer. Et lorsqu’elle me lâcha, je dus me rattraper au bureau, la tête me tournant violement. La honte me submergeait. Nous savions de quoi était capable cette garce. Et l’idée d’être sous sa coupe, devant obéir au doigt et à l’œil à ses ordres étaient le paroxysme de la trahison envers ceux de cette école. Et je me savais déjà incapable de pouvoir agir, de pouvoir exécuter ses ordres. C’était l’école ou ma famille. Je ne pouvais pas… Je ne pourrais pas. La terreur prit place au centre de mon ventre, e ma poitrine, ankylosant mon corps entier, tremblant comme une feuille. Je ne me sentais pas capable de monter à mon dortoir, ni de quitter ce bureau que je voulais pourtant fuir à grandes enjambés. Je voulais juste sombrer dans un coma sans fond, noir, complet. Ne plus exister.

Ses mots se superposaient aux derniers que Phaedre me prononça. Besoin. Trésor. Réfléchis. Repos.

La mort.

D’un pas lourd, je titubais jusque la porte. Désaxée et incroyablement seule. L’évidence était là. J’étais seule face à mon cauchemar, face au mépris que je lui réservais. Seule face à la douleur qui me submergeait, face à la honte et la haine, monstrueuse, qui naissait et s’amplifiait, m’empoisonnant le cœur. Un bourdonnement sourd au creux des tympans étouffait chaque bruis autour de moi. Je ne pourrais plus me regarder en face, je ne pourrais plus regarder Riley dans les yeux, elle qui vouait autant que moi cette colère sourde face à ceux qui nous pourrissaient. Ni Caem, ni qui que ce soit.

Je ne pourrais plus toucher ce livre, cette photo. Fille indigne que je suis. L’odeur du bureau me souleva le cœur, odeur qui me suivrait dès à présent partout, avec pour compagnie, l’angoisse et la rage.
D’une main tremblante, j’ouvris la porte sans un regard pour Phaedre, ayant occulté son existence, trop écrasé par celle de la honte. Du mépris de soi. Je ne voulais ni me retrouver seule, ni être en compagnie de qui que ce soit. Mon esprit n’était que contradiction. Chaud, froid. Haine, abattement. Rage et désespoir. La porte claqua.

Un pas. Puis deux. Et je vomis. Le visage baigné de larme, j’expulsais tout le dégoût, un collier étrangleur autour de la gorge et sa main, qui semblait encore présente, ne cessant pas de me caresser les cheveux.


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D'un commun accord, mais je suis plus d'accord que toi. ft Kezabel E. Hasting
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