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 Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.

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MessageSujet: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Lun 10 Juin 2013 - 0:38

12 Juillet – 15h50


Le souffle court, les cheveux en vrac, le sac à moitié fermé, je fonçai comme une folle aux travers les couloirs, jetant un bref coup d’œil à ma montre. Bordel, 15h50, l’examen commence dans 10 minutes. C’est pas comme si il se déroulait à l’autre bout du monde, dans la tour Nord avec une prof qui vous laisse la chair de poule avec son sourire carnassier, vous laissant flirter avec l’idée que vous allez terminer votre vie comme le 4heures d’un petit écolier affamé… Dernier examen et je trouve le moyen de me mettre en retard en voulant « fermer les yeux » cinq petites minutes pour me reposer la tête. Les dernières nuits ont été plus que cauchemardesques, les horreurs affluant par vague, s’écrasant contre mon cerveau pour me le laisser en bouillie à chacun des réveils. Je me sentais de plus en plus lourde, de plus en plus écrasée par les images, la douleur et le manque. De mon frère, d’Elle. Coupable du désespoir d’un père qui ne voyait que son ombre dans la glace, son cœur ayant subit l’un des pires cataclysmes qu’un humain pouvait supporter. Par désespoir, il piétinait lui-même sur ce qu’il lui restait de sentiments, par culpabilité de ne pas avoir su la protéger, de ne pas avoir périt à sa place.

Trêve d’auto-souffrance. Je continuais ma course, le cœur battant. J’en bousculai plus d’un, bafouillant des excuses. Désolée les amis, autant je peux me dresser par rébellion contre n’importe qui, mais là mes examens j’y tiens. Ils sont la clé pour sortir d’ici, hors de question que je loupe une année, que je redouble ou quoi que ce soit. Plus vite elles seront achevées, plus vite je pourrais sortir d’ici et vivre une vie libre, comme il se doit. Sans avoir peur de me faire choper dans un couloir et de subir je ne sais quoi. Les rumeurs grossissaient à l’allure d’un cancer gagnant le corps d’un homme. Les tortures, les punitions à l’excès, les abus sous toutes leurs formes. C’était à vous donner des frissons d’effroi. Combien de fois ais-je vu des connaissances, des amis, revenant avec des bleus, des entailles ? Combien en ais-je visité à l’infirmerie ? C’était à vomir de révolte.
Je faillis plusieurs fois chuter tant ma course fut rapide, je voyais à peine défiler les couleurs, les tapisseries, les tableaux. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour accéder à la liberté quand même… Je regardai une énième fois ma montre – 15h53 …

Le choc fut brutal, et mes sens perdirent toutes leurs orientations. La douleur fut vive au creux de l’estomac, le dos subit son lot de souffrance. Le sol dur m’accueillit à pavés ouvert lors de ma chute plus que renversante. Complètement sonnée, je me relevai avec peine, me massant la tête et l’estomac. Bon sang, c’est comme si j’avais percuté mur. Les sons me parvenaient étouffés et lointains, comme un début de malaise. Le choc se répercutait encore contre la paroi de ma boite crânienne quand une voix stridente et plus qu’agaçante vint m’agresser les neurones. Bon sang, hurle pas j’ai l’impression d’avoir la gueule de bois… je jetai un regard encore flou autour de moi. Mes affaires étaient éparpillées à qui voulait voir sur le sol… Génial. Mais il parait qu’un « malheur » n’arrive jamais seul. Et avant que je n’eu le temps de réagir à quoi que ce soit, je me sentis soulevé du sol aussi brutalement que j’y étais tombé. Des postillons m’atterrir droit sur le visage, sans compter une haleine bien loin de la fraicheur mentholé des chewing-gums… Un regard. Le pire cauchemar des élèves de cette école. Il incarnait tout ce qui était de plus méprisable chez un homme, tout ce qui était de plus détestable. Cudrow. Prof de sortilèges. Et bon sang, il se faisait une joie lors de ses cours de nous démontrer que la monstruosité n’avait aucune limite. Je le haïssais au plus haut point, par ses manières de faire, de traiter le genre humain. C’était une ordure à l’état pur. Le visage déformé par la colère, il me hurlait dessus à m’en crever les tympans. Mon état d’angoisse à l’idée d’arriver en retard à mon examen laissa place en une fraction de seconde un ouragan de rage peu commune. Le manque de sommeil, les nerfs, la pression. Tout un cocktail explosif pour vous rendre à fleur de peau en un instant. Je me débattis avec rage sans entendre le moindre mot qui sortait de la bouche de cet idiot fini. Son étreinte autour de mon bras se faisait de plus en plus douloureuse, ce qui raviva mon état de colère.

« Laissez-moi tranquille ! Ne m’touchez pas ! »

J’hurlais presque. Jamais un homme comme toi ne me touchera, plutôt vomir. Je m’arrache de son étau. Cudrow avait la méchanceté inscrite dans chacun de ses traits. Autant dire qu’ici, c’était accentué par la rage qu’il avait contre moi de l’avoir ainsi bousculé en plein couloir. Si tu savais combien tu es le cadet de mes soucis, quoi que tu dises quoi que tu fasses. Ses cheveux bruns – on se demandait d’ailleurs depuis quand ils n’avaient pas subit un bon shampooing – retombaient sur ses yeux où des Beretta remplaçaient ses pupilles. Le souffle court, je subissais ses hurlements, le sang bouillonnant comme jamais.

« Hasting ! Vous êtes bonne pour une nuit de retenue pour votre insolence et votre manque de respect envers le personnel pédagogique ! »

Stop. C’est une foutue blague. Je plante mon regard dans le sien. Je le savais injuste, inhumain, et de la pire espèce mais là, je ne rêvais que d’une chose : Mes 5 longs doigts féminins droit sur sa joue rougie de colère. Une nuit. UNE NUIT BORDEL ! Pour avoir bousculé son tas d’être informe qu’il était. La haine m’englobait le cœur et mes nerfs menaçaient de sauter d’une minute à l’autre. C’était vraiment pas la période pour exécuter un abus de pouvoir aussi stupide que ta propre ânerie. En plus de ça, il me donnait en spectacle à la horde d’élève qui profitait de leur temps libre pour errer dans les couloirs. Et je déteste ça, me faire remarquer. D’avoir les yeux braqués sur moi, sur mon existence. Me donnant la sensation de me dépouiller de tout secret, de toutes carapaces. Mon caractère discret et sensible me poussait à ne jamais me « montrer », je n’aimai pas être le point de mire, imposer mon existence et encore moins me mettre en valeur. J’avais déjà eu du mal à accepter tout ce qui faisait de moi une femme, alors m’exposer ainsi aux yeux de tous à cause de Cudrow, me mettait le plus mal à l’aise possible.
Les mains tremblantes, le cœur fou de rage, je sentais les larmes me monter aux yeux tant la haine cognait contre les parois de mon corps, pire qu’un orage que l’on aurait enfermé dans une petite boite en métal. Pire qu’un Lion que l’on aurait volontairement affamé pour faire naitre en lui les instincts les plus ravageurs. Je serrais les poings, les dents, contenant tout ce qui menaçait de sortir dans la seconde.

« Vous êtes une pitrerie à vous tout seul. Je n’irais pas à votre retenue pour une « petite bousculade » parce que vous êtes de mauvaise humeur. »

Ma voix tremblait, la chaleur envahissait mon corps comme un brasier. J’avais trop chaud, mes vêtements me collaient et la chaleur de ce mois de Juillet n’arrangeait rien. Il pouvait bien être le Diable que j’en aurai cure. Surtout en ce moment où les démons refaisaient surface, du plus profond de mes entrailles pour me rappeler chaque jour pourquoi cette douleur persistait au creux de la poitrine. Il y avait des périodes comme ça où c’était plus difficile que d’autre. Et sa présence ne faisait qu’agrandir cette brulure semblable à un Ulcère. Mon honnêteté me perdra…

Mais lorsque la colère vous aveugle, la mesure du danger n’existe plus. Vous vous foutez de tout et surtout de ce que l’on pourrait dire. Mais s’il y avait une chose que je n’avais pas prévu, c’est bien cette poigne de fer qui m’enserrait le cou et me souleva presque du sol. Le visage de Cudrow à quelques millimètres de moi me donna malgré moi un frisson d’horreur. Je pouvais voir au fond de ses prunelles les flammes de l’Enfer qui rêvaient déjà de me consumer sur place pour ensuite me laisser morte sur le bucher. Le souffle me manquait au fur et à mesure que je sentais ses doigts enserrer leur emprise autour de moi. J’avais beau griffer ses mains, ça ne servait à rien… de l’air bordel, de l’air... La menace se fit fatale et assommante. Son souffle pestilentiel me donnait la nausée, mais la fureur que je lisais sur son visage suffisait pour me centrer sur ma peur. On savait tous ici présent de quoi cet énergumène était capable. Et il n’était capable que du pire. Je pouvais sentir les souffles se retenir, certains des élèves présent avaient déjà prit le large, pendant que d’autre n’osaient bouger de peur que la colère de Cudrow ne les atteignent comme la peste. Et le pire, était que je ne pouvais leur en vouloir.

« Kezabel Everleigh Hastings. Vous allez clairement m’écouter. Que vous le vouliez ou non, vous allez ramener votre carcasse de sale sang-mêlé en retenue, ce soir à 20 heures tapantes on viendra vous chercher pour cette soirée mémorable où je peux vous promettre que même vos ancêtres sont en train de trembler d’angoisse dans leur tombe. Et soyez certaine que si par malheur, votre insolence est aussi stupide que votre entêtement, je vous ferais passer le pire cours de sortilège de toute votre piètre existence et que par, un malheureux concours de circonstance, vous irez rejoindre votre mère aux confins de son cercueil. »

Il me jeta sur le sol, me crachant de ramasser mes affaires. Humiliation publique. Mes larmes inondèrent mes joues. Non seulement par honte, mais aussi par douleur et fureur. Comment cette ordure a-t-il pu oser mentionner ne serait-ce que sa défunte existence ? Je le haïssais comme je haïssais celui qui avait fait de ma vie un cauchemar. Le corps tremblant et la vue brouillée par les pleurs furieux, je remarquai à peine l’élève qui m’aida à remettre de l’ordre dans mes affaires. Cette boule au creux de l’estomac menaçait un instant à l’autre d’éclater, d’exploser toute l’horreur contenue depuis des années pour paraitre un semblant heureuse, pour réussir à marcher droit, pour avoir encore foi en une existence plus paisible, espoir aussi infime soit-il. Pour son souvenir, mais aussi pour mon frère qui ne courrait plus jamais. Qui ne monterait plus jamais sur un balai pour « voler comme un aigle » en quidditch. Et Cudrow. Il me paierait cette humiliation. Pourtant, ceux qui me connaissent m’appréciait pour cette douceur qui fait de moi la jeune femme agréable que je suis. Mais très peu savait le « fonce-dans-le-tas que je suis ». Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds… Et certainement pas par lui.

Sans surprise, je suis arrivée 10minutes en retard à mon examen… Et c’était sans compter le regard froid et perçant de Mlle Hunt teinté d’un « Assieds toi et grouille toi sinon t'auras affaire à mlle Hunt » sans que je ne puisse moi-même bredouiller une quelconque excuse, le visage encore rougit par les larmes et la fureur de l’évènement passé. C’était une manie chez eux, de lier le désagréable à la courtoisie…

12 Juillet – 20h00

A ca pour être à l’heure… Il ne m’avait pas loupé. Je n’avais même pas eu le temps de rejoindre ma salle commune qu’un sbire de Cudrow m’attrapa par l’épaule. Bordel c’est une sale manie chez vous que de toucher l’autre. Un frisson de dégout me parcouru l’échine. Je ne supporte pas le contact de ceux que je ne connaissais pas. C’était comme subir un viol de mon espace vitale.

« Hastings, tu me suis.

- Je peux au moins aller prendre ma baguette ? Je l’ai pas sur moi »

Ce rictus sur son visage semblable à une fouine ne me plaisait pas…

« Tu n’en auras pas besoin. Maintenant, suis-moi. »

Sa propre baguette pointée droit sur mon cœur ne me laissa pas le choix. Pas besoin de baguette ? Ca ne m’inspirait rien de bon. Pourquoi je ne l’avais pas TOUJOURS sur moi ? Tête en l’air que je suis… Ca aussi, ça me perdra un jour. Je le suivis, ou plutôt il me dirigea par ordre clair et strict, me suivant à la trace de peur que je ne m’échappe. Plus le temps passait, plus ils me révulsaient. Je n’étais pas la seule à sentir cette pression autour de nous, comme si nous étions en prison, cet acharnement sur ceux qui n’étaient soit disant pas « digne » du monde magique. Les couloirs étaient quasiment vides lorsque nous les traversions. Toujours ces même tapisseries, ces même tableaux qui ornaient les murs depuis mon arrivée, voir même depuis bien avant ma naissance. Je jetais un œil par la grande fenêtre à ma gauche : La pleine Lune. Elle était comme féconde pour cette nuit. Semblable à une femme enceinte. Donnant naissance à une nuit claire et douce, presqu’apaisante. Peut-être apaiseras-tu la sentence qui m’attend. Car c’est bien comme une condamnée que je me dirige vers ma retenue. La réputation de Cudrow était bien assez ample pour ne pas douter une seule seconde de son horreur. Sans baguette… je m’attendais au pire.
A ma plus grande surprise, il me fit traverser la pelouse du parc.

« Vous voulez me faire faire un jogging nocturne ? Désolée je suis asthmatique … »

Claque derrière la tête. Enflure. Si on peut même plus essayer de rire pour se détendre un peu… Tout ça me mettait de mauvaise humeur. J’avais rien à faire ici, c’était complètement démesuré. Et lorsque je vis la forêt interdite au loin, mon corps entier se cabra, ma peau frissonnant d’horreur. L’angoisse me faucha au galop. J’espère que tout ceci est une blague… Car plus il m’y dirigea, plus je commençais à croire que c’est ici que ma retenue allait se dérouler. Sans baguette. Un rire nerveux s’empara de ma gorge. Je ricanai, avec tout le sang froid que je n’avais pas… L’étendue sombre qui s’offrait devant moi me fit froid dans le dos. Toute l’école savait combien la Forêt Interdite était l’endroit le plus dangereux de ce château. Des tours, nous pouvions voir jusqu’au tréfonds de l’horizon, son infini. Nous persuadant qu’elle courrait la terre sans limite de longueur et largeur. Je n’osais même pas imaginer tout ce qu’elle recelait. Nous avions déjà eu vent de certaines créatures à vous faire faire les pires cauchemars. Jamais je n’y avais mit les pieds et s’est franchement pas l’envie qui m’y poussait. L’Antre se fit de plus en plus proche. Mon pas ralentissait presque involontairement… Mes jambes tremblaient déjà d’angoisse et de terreur. Sans ma baguette, je me sentais entièrement nue, sans aucune défense, ce qui était de toute manière le cas. Mais cette boule au ventre me donna la nausée. Jamais je n’entrerais la dedans vivante, je préfère ramasser les bouses de griffons durant des années entières plutôt que d’entrer « la dedans » et ce, sans baguette de surcroit. S’en était presque irréel. Garder son sang froid. Garder son calme. Ne pas céder à la panique…

A ma grande surprise, un autre sbire tenant en joue une élève, se trouvait à l’orée de la forêt. Il faisait nuit mais la lune commençait à être pleine. Au moins, nous ne serions pas totalement dans l’obscurité… C’est bien d’essayer de se rassurer par tous les moyens. La jeune femme présente m’était inconnu… Mais lorsque je vis son blason de maison sous la lueur lunaire, je faiblis. Serpentard. Il ne me manquait plus que ça pour clore la perfection de ma malchance… Oui, je sais ça n’est pas bien de généraliser et de juger sous des rumeurs. Mais, force est de reconnaitre qu’avec toutes les démonstrations de pure méchanceté que les élèves de cette maison nous on fait part, nous avons franchement du mal à les apprécier. Ma mère aurait honte de moi… Elle me répétait toujours que même dans un verger pourrit par la sécheresse, il subsistait toujours un fruit frais, à part, ne demandant qu’à être cueillit et valorisé à sa juste valeur.
Pardonne moi maman… mais avec les horreurs connue ici, je vais avoir du mal à fouiller se verger et vérifier si cette fille est bien ce fruit « à part » comme tu le dis. Et instantanément, mon visage se ferma. L’angoisse me tenaillait déjà le cœur, mais me retrouver en plus avec elle n’arrangeait rien. Je pouvais dire adieu à ma vie. Adieu à une quelconque aide ou une quelconque fraternité avec elle. C’est bien connu, chez les Serpentard, c’est chacun pour soi. La loi du plus fort…

Brièvement, je la détaillai. Je ne savais pas si c’était les lueurs de notre mère la Lune qui lui donnait se teint affreusement pâle ou si c’était l’angoisse. Cette même angoisse qui me piétinait de tout son poids, me faisant trembler comme une feuille, une boule de larmes dans la gorge. Les cheveux bruns et long, le regard un peu perdu, elle n’avait pourtant rien de cette arrogance propre aux Serpentard que j’ai tant de fois croisée dans les couloirs. Je ne devrais pas te cataloguer comme ça, sous prétexte que tu as atterrit dans la « mauvaise » maison. Car chaque « groupe » à son lot de fruit pourri. Mais ma haine en est presque viscérale… Tu es aussi grande que moi, voir peut-être du même âge, pourtant, c’est l’horreur que je vois dans tes yeux, comme une petite fille angoissée par ses monstres nocturnes. Et lorsque je constate tes mains vides, je sais maintenant que toi aussi, tu ne devras que compter sur tes instincts de survie pour réussir à te sortir vivante d’ici. Avec ou sans moi. Nous ne pouvions plus en douter, le souhait de Cudrow de nous éliminer « accidentellement » était bien réel. Je te porte un regard sans expression. Je ne sais même pas si je pourrais compter sur toi… car nous le savions tous, dans l’urgence de la survie, souvent l’être humain montrait sa part d’égoïsme la plus folle.
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Mer 12 Juin 2013 - 20:00

Nous y voilà. 12 Juillet 2014. Je viens de passer ma dernière épreuve ce qui signe, je l’espère, la fin de ma 8ème année. Pendant près d’une semaine j’ai été totalement concentrée, je n’ai quasiment pas eu de contact avec les autres et c’est comme ça tous les ans depuis le début de ma scolarité. J’ai parfaitement ma place à Serpentard, je sais ce que je veux et je fais en sorte de l’obtenir. Là où je diffère de certains c’est que je ne pousse jamais le vice jusqu’à marcher sur les autres. Ma réussite je ne me la dois qu’à moi même et pas aux échecs éventuels de mes camarades. Non, ça n’est pas mon truc de tirer dans les pattes des autres, ça ne l’a jamais été et j’espère que ça ne le sera jamais. J’ai pas mal de défauts, je peux me montrer parfois très … disons qu’envers ma famille j’ai souvent joué les petite fille pourrie gâtée et capricieuse sans vraiment m’en rendre compte, à cause de cette histoire de divorce et de remariage, mais ce trait de caractère est toujours resté dans le cadre familiale. Avec mes amis je ne suis pas comme ça, je ne crois pas en tout cas. Enfin bref, milieu d’après midi, certains sont encore en exams mais je n’ai pas pris option Divination. Les trois autres ça me suffit et je suis sur les rotules, autant le dire. Ce soir ça va être la fête partout dans le château mais pour l’heure je suis au calme et je crois que je reprends simplement mes esprits. Vêtue d’un jean troué, d’une paire de converses et d’un T-shirt noir à l’effigie de l’équipe de Quidditch d'Écosse, mon pull avec le blason des Verts attaché autour de la taille, je joue avec mes cheveux, les yeux dans le vagues. Une jambe replié sur l’autre, le dos appuyé contre la fenêtre derrière moi, je suis assise sur une des nombreuses arcades du château.

J'étais donc tranquille depuis un moment, rêvassant, pensant à mille et une chose tout comme à aucune, rien de bien distinct. Au bout d'un moment j'en ai eu assez de l'immobilité alors je me suis remise en marche, arpentant les couloirs les mains dans les poches, m'arrêtant parfois pour discuter avec certains élèves pour tâter la température de leur côté rapport à la semaine qui venait de s'écouler et puis j'ai commencé à redescendre les escaliers après avoir été faire un tour dans les hauteurs : Direction mon dortoir pour récupérer mon balai et aller voler un peu. Je n'ai malheureusement jamais eu cette chance puisqu'au troisième étage je me suis retrouvée bloquée par Cudrow et un de ses sbires. L'autre homme restait en retrait, l'air détaché, le Professeur de Sortilèges lui me regardait de ses petits yeux vicieux avec un grand sourire satisfait. Mon cœur s'est emballé à la seconde même où je me suis rendu compte de leur présence. Pur hasard ? J'aurai aimé, et c'était peut être le cas mais ...

« Mlle Jenkins, vous tombez bien. »

Nouvelle accélération du myocarde. Ce type passe pour un abruti dans toutes l'école mais tout le monde sait qu'il a ses petites humeurs, ses têtes de turcs – dont je ne fais pas partie habituellement et pourvu que ça dure – et qu'il n'a surtout aucune pitié. J'ai tenté de prendre sur moi, tachant d'afficher un air serein tout en tournant et retournant dans ma tête pas mal de scenarii. Je n'ai jamais été crier sur tous les toits que je ne partage pas leurs idées mais ceux qui me connaissent savent que c'est le cas. J'ai des amis Moldus, mon père l'est, je suis une Sang-Mêlé et je ne tolère pas tout ce qui se passe ici depuis presque deux ans mais mon instinct de préservation et surtout de survie m'a toujours permis de faire profil bas jusqu'ici. Je me suis fait discrète chaque fois que j'ai aidé quelqu'un qui en avait besoin, je ne leur ai jamais fait de tort ouvertement et j'ai fait en sorte de garder secret mon amitié avec certains Non-Magicien mais je dois bien le dire, je me suis toujours demandé s'ils finiraient par me tomber dessus un jour. Depuis ce qu'ils ont fait à Kyle et Enzo le mois dernier, c'est encore pire. Je ne peux pas me mettre à leur place mais j'ignore totalement comment je pourrais réagir si on me mettait dans ce genre de situation. Être puni parce qu'on partage un lien avec une personne qui n'a pas de pouvoir c'est monnaie courante ici, mais cette fois là ils ont fait fort. Forcer Enzo à torturer Kyle c'était … et devant un public en plus ! Je sais que Rosalyn ne s'est toujours pas remise de ce spectacle et elle n'est surement pas la seule. Les examens ont accaparé l'esprit de beaucoup pendant quelques semaines mais maintenant qu'ils sont terminés ou presque … Ressassant tout ça je me rends compte que je garde le silence depuis trop longtemps pour que ça ait l'air naturel alors je secoue la tête et affiche un air calme alors qu'à l'intérieur un mélange d'émotions prend possession des lieux. De mon corps. La peur prédomine, mais elle est loin d'être seule.

« Qu’est ce que je peux faire pour vous Monsieur ? »

Façon de parler bien évidemment mais malgré mon envie furieuse de lui sauter au visage pour lui coller mon poing en pleine figure tant il me débecte je me retiens. En apparence j’ai l’air d’une jeune fille calme et bien élevée, à l’intérieur je hurle telle une furie prête à en découvre mais la vérité c’est que je ne suis qu’un petit animal effrayé, un chiot qui montre les crocs en se prenant pour un loup, un chaton qui gonfle les poils et crache pour avoir l’air plus impressionnant et qui pense ressembler à un tigre. Je ne suis rien de tout ça, mon patronus est une biche et il me ressemble bien. Je ne suis pas dénuée de courage, j’affronte le danger en cas de nécessité absolue mais mon instinct de préservation me pousse à fuir si j’en ai l’option. Peut être que j’aurai du fuir justement …

« J’aimerai vous entretenir de votre cher ami Cassidy. »

Chute vertigineuse. Crash. Implosion. Si mon coeur battait fort cette fois j'ai l'impression qu'il va me sortir de la poitrine. Un instant j'ai peur que mes jambes me lâchent pourtant par je ne sais quel miracle j'arrive à tenir le coup et surtout à garder la tête plus ou moins haute sans pour avoir l'air insolent. Il continue de sourire, ça ne m'aide clairement pas. L'autre homme regarde un peu partout comme si cette situation était d'un ennuie profond et mortel. Instinctivement je recule d'un pas malgré moi.

« Je ne vois pas de quoi ni de qui vous voulez parler. »

Mensonge, évidemment. Je connais Cameron depuis quelques mois maintenant et il est devenu l'une des personne à qui je tiens le plus ici. Je suis passée par toute une gamme de sentiments avec lui, parfois flous, mais aujourd'hui tout semble rentrer dans l'ordre. On s'est toujours vu plus ou moins en cachette mais parfois on oublie qu'il faut se méfier de tout et tout le monde. Depuis deux ans j'ai toujours été épargnée, je n'ai même jamais mis les pieds dans les cachots. Tout le monde ne peut pas en dire autant mais pourtant ça n'est pas pour moi que je m'inquiète le plus actuellement. C'est pour lui, pour Cameron. Ils savent, ce qui en soit n'est pas étonnant mais …

« Vous êtes certaine ? Ça n’est pas ce que j’ai cru voir depuis quelques temps. Ne me prenez pas pour un idiot Mademoiselle, si vous pensez encore qu’il est possible de nous cacher quoi que ce soit vous êtes bien naïve. »

Bien sur qu'il n'y a pas cru une seconde et j'ai su à l'instant même où il prononçait ces mots que j'étais prise au piège.


« Je vous laisse le choix, vous acceptez vos torts, vous prenez la punition, ou bien votre petite sœur l’endossera à votre place. »

Ma petite sœur … Charleen … Nous ne sommes pas proche, nous ne l'avons jamais été et ce par ma faute mais il n'empêche que mon sang n'a fait qu'un tour. Il a menacé implicitement deux personnes qui me tiennent à cœur et visiblement c'est suffisant pour me faire sortir les griffes.

« Laissez là en dehors de ça. »
« S’il me plait. »

Son sourire me rend folle, je craque et cette fois ça n'est pas un pas en arrière que je fais mais deux en avant. Furieuse. Cette intolérance, cette injustice, cette cruauté injustifiée, je ne peux plus. Tout simplement. Tout ce qu'ils ont fait, à trop de gens, qu'ils me soient proches ou pas. Je sais que Cameron ne m'a pas dit le quart de ce qu'il a subit, idem pour Lukas, et même Jamie. Et Megan ! Enzo, Kyle, et j'en passe. C'est trop !

« C’est complètement stupide, je n’ai rien fait de mal et ce que vous faites c’est dégueulasse. Vous êtes de véritables connards, voilà tout ce que vous êtes et si vous touchez à un seul cheveux de mes amis ou de ma famille, je vous jure que … »
« Des menaces ? Vraiment ? »

Et là j’ai compris. A son sourire j’ai compris, oui, instantanément, que je venais de me faire piéger dans les règles de l’art. Depuis le début de cette conversation il n’attendait qu’une seule chose : Que je craque, que le contrôle que j’arrive à garder la plus part du temps s’effrite et qu’il ait par conséquent une bonne raison de me le faire payer même s’il n’en a jamais vraiment eu besoin. Il s’amuse, et c’est tout.

« Emmenez là aux cachots. »

Je n'ai même pas eu le temps de réagir ni même d'avoir peur, son clébard me maintenait le bras avec fermeté. Je n'ai d'ailleurs pas pu retenir un gémissement de douleur. Ensuite il y a eu cette envie de hurler,de crier au scandale, qui s'est manifesté. Peut être une intention d'attirer l'attention. Puis la peur de nouveau quand il s'est rapproché et que son visage s'est planté à quelques centimètres du mien.

« On viendra vous chercher ce soir Mademoiselle, vous avez gagné le droit à une petite promenade nocturne pour vous faire payer votre insubordination et votre insolence. Soyez heureuse de votre sort, aucun de vos amis ni votre famille ne sera importuné. Pour le moment. »

Je me suis débattu, c'était plus fort que moi. N'ayant jamais été confrontée à une telle situation j'ignorai totalement quelles pourraient être mes réactions mais visiblement je n'étais pas décidé à me laisser faire sans protester malgré la peur qui aurait pu me paralyser. Encore des menaces. A leur encontre. Je ne supporterai pas qu'ils souffrent par ma faute.


« Ceci étant, concernant Cassidy, il n’est pas ici en vacances si vous voyez ce que je veux dire alors qui sait ce qui peut se passer … »
« Vous êtes un monstre ! »

Je hurle, telle une furie prête à mordre. Je me débats, l'autre me maintient en me serrant plus fort et Cudrow, lui, éclate de rire avant de reprendre son sérieux, sa gravité, presque instantanément.

« Faites la taire, voulez vous ? Merci. »

Un instant plus tard plus aucun son ne parvient à s'échapper de ma gorge. Je panique. Qu'est ce qu'il m'a fait ?! Ma baguette n'est plus dans ma poche, mais dans sa main. Il me pousse sans me lâcher, je continue de me débattre. Le Professeur de Sortilèges disparaît de mon champ de vision à mesure que les étages défilent. Et plus ils défilent, plus je panique. La Salle Commune des Serpentard est dans les catacombes mais je ne suis jamais descendu plus bas et ça n'était clairement pas dans mes projets d'avenir. J'ai beau jouer les dures, il n'empêche que j'ai une grosse faiblesse parmi tant d'autres. Le noir. J'ignore d'où ça vient mais j'ai toujours eu peur du noir. Dans les cachots, il fait sombre non ? Je peux faire avec l'obscurité si elle n'est pas opaque mais dès l'instant où c'est le noir total et si je ne suis pas dans un endroit que je connais et où je me sens bien, je panique complètement. Au point de ne plus être capable de mettre un pied devant l'autre. Je me souviens d'une fois où je n'avais rien pu faire d'autre que me recroquevillée sur moi même en pleurant, incapable de bouger, jusqu'à ce que quelqu'un vienne me chercher. Elle est belle l'Attrapeuse intrépide n'est ce pas ? Juste une gamine de 19 ans qui a peur du noir. Pitoyable. Il demeure néanmoins dans tout ça comme une petite flammèche d'espoir puisque lorsqu'il me balance dans une cellule, je constate qu'elle est vide. Celles d'à côté aussi. Ça n'est peut être qu'une question de temps mais pour l'instant pas de Charleen ni de Cameron. Juste … moi. Au départ je m'énerve, je m'agite, mais quand bien même je hurlerai de rage, aucun son ne sort de ma bouche. Personne ne m'entends. Personne ne sait que je suis là. Aucun repère. L'obscurité qui m'angoisse malgré quelques chandelles. Des bruits étouffés, comme des cris. Des rats. Un goute à goute persistant qui rendrait fou n'importe qui. Je fini par me laisser tomber contre le mur dans un coin, totalement prostrée sur moi même. Mes bras enroulent mes genoux. Je perds toute notion de tout. J'ai froid. Grand bien m'en fasse j'ai gardé mon pull avec moi alors je l'enfile mais ça ne change rien. Et puis au bout de ce qu'il me semble être une éternité la porte s'ouvre finalement. Je relève la tête. C'est lui, l'homme qui était avec Cudrow. Geste réflexe je veux reculer mais le mur derrière moi m'empêche toute progression. Je tremble de la tête au pied et lui s'avance vers moi. Je perçois à peine les traits de son visage mais à sa posture imposante et dominante je devine bien de choses.

« Aller, debout ma belle et ne fais pas cette tête là. Tu devrais même t’estimer heureuse parce que s’il t’avait laissé là une heure de plus j’aurai certainement eu d’autres plans pour toi. Et moi. »

Il est là, si près, trop près … Je me relève en prenant appuie sur le mur mais sa main m'effleure la joue et il se colle contre moi. Je suis incapable de faire un geste.

« Tu te fais discrète, je t’avais jamais vraiment remarqué avant mais je me rends compte que je perdais quelque chose. »

Son visage s'égare dans mon cou, je le sens qui me respire, noyant son nez dans mes cheveux. Je me ferme, disparaît totalement.

« Tu sens bon. »

Puis de nouveau me voilà bien vivante. Alors que sa main se promène sur mon visage, alors qu'il passe son bras autour de mes épaules pour finalement glisser derrière moi et cherche à envelopper mon cou je le mords. De toute mes forces. Il cri, me lâche, j'en profite pour essayer de m'enfuir mais un rayon de lueur provenant de sa baguette m'en empêche et me paralyse complètement. L'instant d'après il m'attrape les cheveux et tire ma tête en arrière après m'avoir donné une gifle. Sa bouche glisse jusqu'à mon oreille et sa voix, ses mots, me transpercent de part en part.

« T’es une sauvage toi, j’aime ça. »

Je crois … que je pleure.

« Avance, on va être en retard. »

Je ne suis plus qu'un pantin entre ses fils. Je ne suis plus rien. Les cachots ne sont plus qu'un souvenir, bientôt l'air de l'extérieur se faufile dans mes cheveux et les fait voler autour de mon visage. Je perds contact avec le réel. La lisière de la Forêt se présente. Je n'arrive même plus à avoir peur. On s'arrête, il me regarde et si je pouvais disparaître sous la terre ou derrière l'écorce d'un arbre je le ferai sans hésiter. Je recule, mais il m'empêche d'aller plus loin. Sa présence me tétanise. Je suis morte de peur et la nuit qui commence à tomber doucement ne m'aide pas à me calmer. Bientôt il fera noir, et plus encore dans la Forêt. Je n'arrive plus à avoir une pensée cohérente. Et comme un soulagement deux nouvelles silhouettes se détachent. Un autre Supérieur, et une élève. Kezabel, je crois. Une Jaune. Je l'ai souvent aperçu lorsque je passais beaucoup de temps chez les Poufsouffles mais nous n'avons jamais vraiment établit de contact. Elle est plus âgée que moi je crois mais si je comptais trouver du réconfort en sa présence je crois que c'est peine perdue. Elle me dévisage comme si j'étais l'ennemi et je me sens subitement seule au monde. Je ferme les yeux, le visage de mon père apparaît. Je rêve de pouvoir me blottir dans ses bras et un instant j'y crois tant je suis dans un état second mais la voix de l'homme me ramène brutalement sur terre.

« Mesdemoiselles, si vous voulez bien nous suivre. »

Une seconde plus tard, un voile opaque se pose devant mes yeux et de nouveau la panique me gagne. Le noir total. Je suis toujours incapable d'émettre le moindre son. Il me pousse, me forçant à avancer et la marche me semble durer des heures. J'y vais à tâtons, je tombe, il me relève, me pousse à nouveau et parfois j'arrive à sentir son regard glisser sur moi, quand ça n'est pas ses mains. J'ai envie de vomir. J'ai envie de disparaître sur le champ. Tout à me semble durer une éternité puis finalement on s'arrête. La vision me revient. Kezabel est toujours là elle aussi et nous sommes en plein cœur de la Forêt. La Lune s'est levée. Elle est pleine … Nouvelle accélération cardiaque. Je me surprends à avoir envie de mourir sur le champ pour éviter la moindre souffrance qui à mon sens sera inévitable. Ils vont nous abandonner ici, inutile d'être Merlin pour le comprendre.

« Et voilà. En vous souhaitant une bonne soirée. »
« Oh, attends, un p’tit détail. »

La baguette de mon geôlier se tend vers moi et je comprends. Il me rend ma capacité à parler mais je serre les dents tant sa présence dans mon espace vitale me paralyse. Il se penche de nouveau vers moi et me murmure à l'oreille.

« Comme ça j’aurai peut être la chance de t’entendre crier ma belle. »

Il s'éloigne, je suis droite comme un I, le regard braqué droit devant alors que je tremble des pieds à la tête. Quelques secondes plus tard, il n'y a plus qu'elle et moi. Je crois qu'ils ont disparu sur des balais, je n'ai même pas vraiment fait attention tant je me sens incapable de débloquer mon attention qui se fixe sur le néant. Nuit de pleine lune, en plein milieu de la Forêt. Qu'elles sont nos chances de survie d'après toi ? Nouvel électrochoc. Tel un robot ma tête se tourne vers elle qui me fusille toujours du regard. Mon ton est sec, presque mécanique, comme si je n'étais plus vraiment là.

« Je sais pas ce que je t’ai fait, mais si tu pouvais arrêter de me regarder comme ça, ça aiderait. L’ennemi c’est pas moi ici il me semble et autant te prévenir tout de suite, même si ça risque de te faire marrer, j’ai peur du noir. »

Vide. Terne.
Petite Riley, tu n'es pas de ceux qui se transforment.
Reste.
Ma voix demeure froide néanmoins.
De même que mon regard.

« Du genre vraiment peur. C’est mon épouvantard. Et je sais pas si je dois trouver ça rassurant que la Lune soit pleine à vrai dire, même si ça fait un peu de clarté. »

Je lève les yeux vers les cimes et aperçoit ce gros ballon argenté qui nous offre encore un peu de lueur. Et comme un écho à mes pensées un Loup hurle dans le lointain. Un instant je pense à Enzo, me disant que si c'est simplement lui on a peut être une chance. Je ne connais pas les autres hormis Hammerschmitt. Ce qui m'inquiète c'est qu'ils ne sont sans doute pas les créatures les plus dangereuses des lieux. Je sais que des Chiens-A-Coeur vivent ici, de même que des Accromentules. Encore une fois, quelles sont nos chances de survie d'après toi ?

« On est dans la merde. Soit on se serre les coudes, soit c’est chacun pour sa gueule. A toi de voir. En ce qui me concerne j’ai pas envie de mourir alors j’aimerai autant mettre toutes les chances de mon côté. »

Si j’ai l’air subitement aussi sure de moi c’est simplement parce que l’adrénaline a pris place dans mon organisme, qu’on se le dise. Alors, t’es avec moi ou pas ?
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Dim 30 Juin 2013 - 22:42

Si je ferme les yeux et que je me concentre sur mon corps, je pourrais sentir mon cœur battre à mes tempes, des coups irréguliers sous l’angoisse, la peur. Je pourrais sentir mon sang afflué à une vitesse vertigineuse dans mes veines, faire un tour complet de mon être pour ensuite irriguer mon cœur qui battra encore plus vite et plus fort. Je pourrais également sentir ma respiration s’accélérer à la suite de mon rythme cardiaque affolé. Tout ça n’est que physiquement réactionnel avec tout ce qui me traverse l’esprit. La forêt interdite, les risque, la mort… Je regarde mes mains. Lorsqu’une personne se retrouve amputée d’un membre, on dit qu’il subit le traumatisme du « membre fantôme ». C’est à dire qu’il sent encore la présence de son bras, sa main, sa jambe, qui a été précédemment « enlever ». Ici, l’absence de ma baguette me donnait cette sensation au creux de la main. Cette impression de l’avoir entre mes doigts pour me rendre compte par la suite qu’elle n’était plus. Et l’angoisse s’intensifiait, me donnant un nœud à l’estomac. J’étais sans défense, je ne devais que compter sur mon instinct de survie… Et encore, j’étais loin d’être sûre que cela suffirait pour me sortir de cette situation.

« Mesdemoiselles, si vous voulez bien nous suivre. »

Sa voix me ramena à la brusque réalité. Mon esprit subissait un choc de titans où ma raison se battait en duel avec ma conscience. Survivra, ne survivras pas ? L’un se disait qu’il y avait toujours l’espoir qu’un « miracle » quelconque survienne pour me sortir d’ici, que tout ceci n’était qu’une mauvaise blague, les supérieurs, les tortures et le reste, qu’on allait me regarder et éclater de rire en se moquant « Ah ! Nous t’avons bien eu hein ! ».  L’autre me murmurait sombrement que tout ceci n’était que réalité. Que ce sang glacial qui me coulait dans les veines était celui de la peur et de la panique. Le danger était lui aussi réel tout comme ce qui m’entourait là maintenant. Je déglutis et je serre les poings. Puis un voile, opaque. Et c’est l’angoisse. Je sens qu’il me pousse pour me forcer à mettre un pas devant l’autre. Mon souffle se fait court et j’ai du mal à garder le peu de calme que je conservais jusqu’ici. Plus j’avance, plus je sens la fraicheur et l’humidité, des bois et de toute la végétation qui nous entoure. J’avance d’un pas mal assuré, trébuchant plus d’une fois, me faisant aussitôt relevé par les cheveux, me provoquant un cri de douleur étouffé. La nausée se fait omniprésente… En plus de nous retrouver sans moyen de défense, nous ne savions pas quel chemin nous empruntions. Et quand bien même nous le savions, je ne sais même pas si je réussirais à me retrouver au milieu de cet environnement sombre et lugubre. Je sens à ma gauche la jeune fille et ce qui semble être son bourreau. Nous étions deux animaux piégés.

D’instinct, je tenais les mains devant moi, comme pour me rattraper en cas de chute ou pour essayer de me raccrocher à quelque chose pour éviter de tomber. Les larmes me montaient aux yeux et la panique ne faisait que de s’accentuer. La peur de mourir ne cessait de m’obséder et chaque son s’amplifiait. Les bruits d’oiseaux, les bruissements des feuillages, certains pas qui n’étaient pas les nôtres, puis des hurlements qui n’avaient vraiment rien d’humain. Des frissons me parcoururent l’échine et me firent monter les larmes aux yeux. Je n’avais pas le droit de céder à la panique, pas maintenant, pas si je voulais avoir une chance de survivre, aussi infime soit elle. Je suis de nature courageuse, à ne pas avoir peur pour rien mais ici, le contexte dépassait toute réalité. Nous savions tous ce que renfermait la Forêt et c’était bien pour ça que le nom d’Interdite lui avait été donné.  S’y balader, sans baguette de surcroit, tenait du suicide…

Après ce qui me parut une éternité, la vue me revint. Brouillée, puis un peu plus clair, comme si j’avais gardé les yeux trop longtemps fermés. Presque inconsciemment, je jette un regard inquiet aux alentours. Elle est toujours là et eux aussi. Quoi que je puisse penser d’Elle, je me surpris à être soulagée de sa présence. Car tout n’était qu’évidence, l’abandon de nos deux être se ferait bien au cœur de cette clairière. Sous la panique, je ne mis pas longtemps avant de m’apercevoir qu’elle tenait toujours sa baguette en main. Lueur d’espoir… Si l’une d’entre nous possédait un moyen de défense, tout n’était peut-être pas perdu. A moins que la raison de cet abandon ne soit tout autre...? Devrait-elle me tuer ? Tout ceci n’était-il pas un prétexte pour engager un combat entre elle et moi afin d’amuser ces deux idiots ? Presque involontairement, je recule d’un pas avant que mon bourreau ne m’attrape violemment par les cheveux.

« Pas si vite gamine. Tu restes ici. »

Je grimace en me tordant de douleur. J’ai envie de hurler, que tout cela cesse. Silencieuse, j’observe la Serpentard et son geôlier. Nous ne pouvions pas manquer ce regard lubrique de ce dernier, ni ce sourire à la limite de la perversion. Et lorsqu’il se penche vers elle pour lui murmurer une phrase qu’elle seule peut entendre, je frisonne pour elle. A la regarder le visage blafard et droite comme un piquet, il était évident qu’il ne lui confessait pas tout son soutient. Puis, en une fraction de seconde ils disparurent. Je ne serais bien incapable de dire par quels moyens et a vrai dire, je m’en fou. Là n’est pas ma priorité car maintenant, c’était Elle et moi. Rien d’autre. Et mon corps se mit à trembler, mes nerfs vont lâcher. Je le sens. Et plus mon regard court entre ma droite et ma gauche, plus je sens la panique me gagner et ronger chaque parcelle de la raison qu’il me reste. Plus les secondes s’écoulent, plus je sens mon cœur imploser, mes veines ce glacer. Ma vue se brouille, les sons s’étouffent. Les bruissements des feuilles sont remplacés par des explosions, les cris inhumains sont remplacés par des hurlements lointains. Je respire et la nausée manque de me faire vomir. L’odeur de la cendre et de la chair brûlée envahit l’air autour de moi, puis l’odeur métallique du sang me porta le coup fatale. Des flashs, son visage, ses hurlements, les pleurs de mon frère, tout me percuta en une vague et me noya sous ma douleur. L’angoisse de l’instant me fit comme l’effet d’un bélier défonçant la porte de mon Antre, laissant échapper tout ce qui était de plus douloureux pour moi. Je me sentis lourde, envahis par une peine innommable. Je perdais pieds, ma respiration s’écourta et ma raison foutait le camp. Je perdais contact avec la réalité au fur et à mesure tout je revivais mon pire cauchemar. Le poignard s’immisça le plus lentement possible entre mes côtes pour que je sente au plus profond de moi, la plus petite parcelle de souffrance. Pas maintenant, pas là. Se faire violence, s’arracher à ce cauchemar, revenir à toi et à la réalité, aussi dur soit-elle. Le regard fixé sur la Serpentard, dur et froid sans que je ne le veuille réellement, ne bougea pas.  Je ne la voyais pas, je ne voyais rien, si ce n’est que la maison en flamme et son visage ensanglanté.

Je pris une grande inspiration, le visage de Maxence s’imposa à moi et je mis plusieurs secondes avant de me rappeler que le responsable de tout ça, n’était pas lui. Je sentis au fil des secondes, mon corps reprendre contact avec la terre ferme. Je devais me raccrocher à ce qu’il me restait de raison de vivre et ne pas me laisser submerger par ce qui me tuais chaque jours à petit feu sans même que je n’en prenne réellement conscience. Puis un son, des phrases, des consonances. Sa voix me ramène peu à peu à ma conscience. Elle me guide et je me laisse faire.

Chacun de ses mots me touchent, au delà de ma panique. Et je l’écoute. Sans broncher, sans l’interrompre. Je la laisse déblatérer de son ton froid qui n’est que mérité en vu du regard que je lui jette depuis tout à l’heure. Au rythme de ses voyelles, mon esprit refait surface.

« Je sais pas ce que je t’ai fait, mais si tu pouvais arrêter de me regarder comme ça, ça aiderait. L’ennemi c’est pas moi ici il me semble et autant te prévenir tout de suite, même si ça risque de te faire marrer, j’ai peur du noir. »

Je n’ouvre pas la bouche et je continue de la fixer intensément. Elle ne le sait peut-être pas, mais elle vient de me sauver la raison. Les images de cette scène cauchemardesque s’effacent au fur et à mesure que sa bouche articule chacun des mots. Je respire à nouveau, à fond. L’air frais. Mon cerveau enregistre ce qu’elle me dit. Je prends quelques secondes pour la dévisager et je prends conscience que son visage m’est familier. Je fouille au plus profond de ma mémoire, balayant du mieux que je le pouvais mon black out, me forçant à me concentrer sur autre chose. La pleine Lune éclairait parfaitement nos deux êtres… Puis, l’évidence. Je t’ai déjà aperçue dans notre salle commune alors qu’il me semblait qu’il t’était interdit d’y accéder. Ton nom… Je n’en sais rien, je ne me souviens plus.

Tu as raison lorsque tu me dis que l’ennemi ici, ça n’est pas toi. Mais faut-il réellement me blâmer ? Après ce qu’il c’est passé il y a 4 ans, j’avais la sale manie de juger un peu trop vite les Serpentard, d’avoir cette image de traitre portant leurs couleurs… Pourtant, lorsque nous regardions bien, des ennemis il y en avait dans chacune de nos maisons. Les Supérieurs eux, n’avaient pas de couleurs, mais une seule et même haine. La rancune avait seulement prit le pas sur mon jugement pour le fausser à ton désavantage.

« Du genre vraiment peur. C’est mon épouvantard. Et je sais pas si je dois trouver ça rassurant que la Lune soit pleine à vrai dire, même si ça fait un peu de clarté. »

Toujours silencieuse, je continue de t’observer. Plus elle parle, plus son humanité ressort à mes yeux. Elle a raison et j’ai été bien trop bête pour la juger ainsi. Je regarde autour de moi et la chance n’était pas de notre côté. Aurais-je vraiment le cœur de la laisser dans son angoisse alors que nous étions toutes les deux dans la même merde ? Non, ma mère aurait eu honte de moi si elle m’entendait penser. Sois méfiante mais pas mauvaise. Je repense à mon propre épouvantard. Des images de cette « guerre » se succédant pour ensuite laisser place au visage de ma mère rongé par les flammes. Je frissonnai violemment en serrant plus fort les poings. Il faut te reprendre si tu veux avoir une chance de survivre.

A ses mots, je lève les yeux au ciel. Je ne sais pas si je dois ricaner nerveusement car pleine Lune veut dire Loup Garou et c’est bien la dernière chose dont nous avions besoin…

« On est dans la merde. Soit on se serre les coudes, soit c’est chacun pour sa gueule. A toi de voir. En ce qui me concerne j’ai pas envie de mourir alors j’aimerai autant mettre toutes les chances de mon côté. »

Ma conscience est à présent parfaitement ancré dans la réalité, et ça c’est grâce à toi. Les jambes un peu tremblantes, je m’adossai contre un arbre. Ses mots s’enclenchent dans ma tête comme des morceaux de puzzle s’emboitant parfaitement. Elle avait juste sur toute la ligne et ça n’était vraiment pas le moment de jouer les petites pestes jugeant une personne pour sa maison. Non, j’étais au dessus de ça et je valais bien mieux. Je la regarde à nouveau avant d’articuler d’une voix rauque :

« Désolée. Je suis stupide mais j’ai eu… un peu d’aprioris en m’apercevant de quelle maison tu étais.»

D’un geste de la tête je désignai son blason.

« Disons que tes copains ne m’ont pas gâtés… comme à beaucoup d’autre. Je te présente mes excuses. Je ne devrais pas mettre tout le monde dans le même sac.»

Oui, mes excuses d’avoir été si con. Je me lève et m’approche d’elle, la situation dans laquelle nous étions était quasi désespérer et le risque de mourir me fit monter la pression en une fraction de seconde : L’adrénaline. Celle qui te dicte ton instinct de survie dans une situation aussi critique. Nous ne devrons compter que sur elle. Sous la tension je sentis mes mains trembler légèrement. Si elle avait l’air confiante, j’étais moi peu certaine de notre survie. Mais nous n’avions pas le choix.

« Tu as raison. On doit se serrer les coudes car autant te dire que je ne compte pas me faire bouffer par je ne sais quelles bestioles ce soir… Ni aucun autre soir d’ailleurs.» Je jetai un bref coup d’œil autour de nous avant de reprendre. « Je te propose à ce que nous cherchions déjà de quoi nous défendre. Un gros morceau de bois fera l’affaire… c’est toujours mieux que rien.»

Accompagnant le geste à la parole, je me mis à fouiner un peu partout au bord de la clairière, profitant de la pleine lune qui éclairait suffisamment l’endroit pour s’y repérer un minimum, l’oreille aux aguets du moindre bruit.

«Et quand à ta peur du noir, je ne vois pas pourquoi ça me ferait marrer, on a tous peur de quelque chose, il faut arrêter de croire que ça n’est réservé qu’aux enfants.»

Car même si les monstres sous notre lit nous faisaient une peur bleue, c’est bien à l’âge adulte que tes pires angoisses naissent.

La peur au ventre malgré tout, je continuais de chercher. La situation était au bord de l’irréel… Si on m’avait dit qu’un jour je finirais ici pour une retenu, j’aurais ris aux éclats tant ça pouvait paraître absurde dans son inconscience.  Je finis par trouver un gros morceau de bois mort que je lui tendis avant de lui dire

« Et puis, tu n’es pas seule. On est dans la même merde alors autant s’entraider. Tu pourras compter sur moi, à savoir si je pourrais en faire de même avec toi ? »

Je me plantais devant elle. C’est toi qui a raison ma jolie, si nous devions crever ici ça sera ensemble. Je ne perdrais pas une seconde de plus à toutes ces conneries, à savoir qui est gentil, qui est méchant. Les faits sont là, tu es aussi coincé que moi et nous ne devrons compter que sur nos instincts et nos deux cœurs qui battent à un rythme effréné. Je pris sur moi, prenant mes responsabilités en main. Sans que je ne le veuille, je sentis naitre en moi un instinct protecteur. Elle avait peur du noir = Je me devais de la protéger ? C’était tout moi ça.

« Au faite, j’ai oubliée de me présenter : Kezabel Hasting. Il me semble t’avoir déjà vu dans notre salle commune, mais je sais pas comment tu t’appelles. »

Je pris le temps de la détailler un peu. De grands yeux d’un vert parsemé de couleur noisette.  Un regard qui vacillait entre assurance et angoisse de ce qui risquait de nous arriver. De longs cheveux noirs comme la nuit qui couvait le ciel. Un visage fin, des pommettes hautes et une grâce imprégnée dans chacun de ses traits. Une chose est sûre, c’est qu’elle était gâtée par mère nature avec un visage aussi jolie que le sien. Elle devait en faire tomber plus d’un… Bref, c’est bien beau de te faire des éloges silencieuses mais je n’ai pas envie de croupir ici et plus vite on sera sortie de là, mieux je me porterais.

Marchant côte à côte, nous nous enfoncions dans l’ombre de la forêt. Les sens en alerte, le corps tendu comme un arc prêt à bondir au moindre bruit suspect, je restais sur le qui-vive. La boule au ventre par la peur, je sentais pourtant mon cœur battre comme un enragé, l’angoisse pour adrénaline. J’étais boosté à fond et ne manifestais aucun signe de fatigue.

Puis un bruit. Un bruissement anormal. Je m’arrêta net, sentant une lame chauffée à blanc me percer l’estomac sous l’effet de la peur. Instinctivement, je lui pris le bras et souffla d’une voix tremblante :

« T’as entendu ?»

Quelque chose se déplaçait non loin de nous, mes entrailles ne firent qu’un tour, tout comme mon sang qui afflua à une vitesse vertigineuse dans tous mes membres, boostant mes muscles d’oxygène et d’énergie, apprêtant mon corps à une quelconque course poursuite.

Tendant l’oreille, nous retenions notre souffle. Peut-être était-ce mon imagination. Faut dire que vu l’ambiance dans laquelle nous évoluons, il y avait de quoi nourrir les pires angoisses… Quoi qu’il en soit et peut importe sur ce que nous devrons affronter, tu pouvais compter sur moi. Puisque nous étions inévitablement liée par le danger, c’était ensemble ou rien.
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Mer 3 Juil 2013 - 18:16

Situation merdique, je pense qu’on peut le dire. Je crois que rien n’aurait pu me faire plus plaisir que de me faire « harceler » par un malade mental, un espèce de pervers qui me donne la nausée et va probablement me faire faire des cauchemars pendant des semaines, de passer une partie de la journée enfermée dans les cachots, de me faire balader dans les bois en pleine nuit et naturellement quand la lune est ronde, et de me retrouver en compagnie d’une fille qui visiblement me porte dans son cœur comme personne. Ironie. Telle que vous me voyez j’hésite encore sur la marche à suivre. Est ce que je pars en courant et en hurlant comme une folle ? Est ce que je me mets à pleurer comme une petite fille terrorisée ? Est ce que je la largue ici et fais mon bonhomme de chemin toute seule ? Est ce que je lui fais part de ma façon de penser ? Ah non, ça c’est déjà fait. J’ai beau faire ma mauvaise tête, sa présence me rassure. Elle n’est pas là de son plein gré, elle n’est pas non plus là pour me faire du mal et c’est peut être stupide mais le fait qu’elle soit une fille joue dans la balance. Après l’expérience que je viens de vivre – même si en soit ça n’était que des gestes et des paroles – je ne sais pas comment j’aurai pris la présence d’un autre homme dans mon environnement. D’un inconnu je veux dire. Lukas, Cameron, Rafael, et j’en passe, ça n’aurait pas posé de problème. Je pense. J’espère. Et j’ai l’envie soudaine de courir jusqu’au château, de me ruer chez les Jaunes et de me jeter dans les bras de celui que je considère comme mon petit frère. Je sais qu’il ne serait pas vraiment en mesure de me rassurer, que c’est plutôt l’inverse qui se produit mais … il est ma famille … En dehors de mon père c’est un des visages qui me réconforte le plus et malheureusement, ces derniers temps je n’ai eu de contact ni avec l’un, ni avec l’autre. S’ils pouvaient être là tous les deux, tout irait mieux, j’en suis sure. Au moins moralement, parce que pour le reste … Mon père n’a pas de pouvoir et Lukas est en 6ème année. Qui plus est, sans vouloir le dénigrer, ça n’est pas le meilleur élève de l’école et quand bien même s’il était là, ça serait surement sans sa baguette, tout comme nous. Peu importe, ils ne sont pas là et je me retrouve perdue au milieu de nulle part avec une pseudo inconnue qui n’a pas l’air d’apprécier ma présence outre mesure. Génial. Un samedi soir comme on en a tous rêvé au moins une fois dans sa vie.

« Désolée. Je suis stupide mais j’ai eu… un peu d’aprioris en m’apercevant de quelle maison tu étais. »

Oui j’ai levé les yeux au ciel, et oui ça m’a agacé, peut être même que j’ai laissé échappé un soupir de lassitude. Est ce qu’elle s’en est rendu compte ? Aucune idée, au vue de l’obscurité latente je n’en suis pas certaine, mais honnêtement même si c’est le cas je m’en fous pas mal. Ce qu’elle pense de moi, et des Serpentard en général, c’est bien le cadet de mes soucis pour l’instant mais il n’empêche que je trouve ça stupide d’avoir de tel apriori. Bien sur qu’il y a des cons et de véritables enfoirés dans cette maison, et je sais bien qu’on a mauvaise réputation à cause de ceux là justement, mais il y a aussi des personnes très bien. Je ne suis pas entrain de dire que je suis formidable mais je n’ai pas l’impression d’être une tortionnaire ou quelque chose dans ce goût là. Ce qui est valable chez nous l’est chez les autres. Je connais certains Poufsouffle qui sont de véritables raclures, idem chez les Rouges et les Bleus. Ne nous énervons pas, et de toute façon je doute que ça change un jour. Ma mère était Serdaigle, elle était brillante et studieuse, je sais qu’elle aurait aimé que je sois répartie chez les Bleus mais ça ne s’est pas passé comme ça. J’ai rattrapé le coup en me démarquant en Quidditch et quand bien même, je crois que ça ne lui a jamais vraiment posé de soucis de me voir chez les verts. Tout ça pour dire que d’après ce qu’elle me racontait sur l’époque, la réputation de ma maison était déjà la même quand elle était élève à Poudlard. Soit. Je sais qui je suis, c’est le plus important.

« Disons que tes copains ne m’ont pas gâtés… comme à beaucoup d’autre. Je te présente mes excuses. Je ne devrais pas mettre tout le monde dans le même sac. »
« C’est pas parce qu’on est dans la même maison qu’ils sont tous mes copains. »

Ton acerbe, presque accusateur. Je sais qu’elle vient de s’excuser mais c’est plus fort que moi. Il faut croire que je suis rancunière. Et à vrai dire, je ne suis clairement pas d’humeur à être gentille visiblement. Ça n’est pas dans mes habitudes mais la situation me rend … presque mauvaise. Je le sens. J’ai peur mais il y a autre chose qui se manifeste en moi et je n’aime pas vraiment ça. J’ai l’impression de ne pas contrôler cette … Je crois que je n’arrive pas à mettre de mot là dessus. Sur cette impression, peut être. Oui, impression.
Pour le reste, effectivement, certains sont bien loin d’être mes « copains » comme elle le dit si bien. Derek Ryans en est un bon exemple. Je n’apprécie pas particulièrement les White non plus. Ricardo me tape sur les nerfs à jouer les asociales. Stanton est une véritable tête à claque. Et j’en passe. Je le dis, le répète, et le pense plus que jamais : La connerie sous toutes ses formes n’est pas réservé à ceux qui portent du vert et argent. Fin de la discussion. Et au lieu de m’enflammer toute seule je devrai arrêter de te juger parce que c’est exactement ce que je te reproche. L’hôpital qui se fout de la charité.

« Tu as raison. On doit se serrer les coudes car autant te dire que je ne compte pas me faire bouffer par je ne sais quelles bestioles ce soir… Ni aucun autre soir d’ailleurs. Je te propose à ce que nous cherchions déjà de quoi nous défendre. Un gros morceau de bois fera l’affaire… c’est toujours mieux que rien. »

J’acquiesce, ne prononce pas un mot et l’observe avant de moi même me mettre en quête d’une arme de fortune. Tout en scrutantles alentours nerveusement. C’est silencieux, trop silencieux, et le moindre craquement nous fait sursauter. Je tente de ne pas me focaliser sur l’obscurité, prêtant toute mon attention aux rayons de la Lune malgré ce qu’ils signifient. Dans ces bois courent peut être l’un des prédateurs les plus dangereux pour l’homme et nous voilà dans l’arène elle et moi. Si je craque, je sombre, alors je m’accroche à mon instinct de survie et reste droite autant que je le peux. Pas par fierté mais bien par nécessité. Si l’une d’entre nous flanche elle entrainera l’autre, j’en suis persuadé. Et je ne veux pas être celle là. Je ne veux pas qu’elle le soit non plus.

« Et quand à ta peur du noir, je ne vois pas pourquoi ça me ferait marrer, on a tous peur de quelque chose, il faut arrêter de croire que ça n’est réservé qu’aux enfants. »
« Merci. »

Pour le bout de bois, mais aussi et surtout pour ce que tu viens de dire. Ça peut paraître stupide d’y accorder de l’importance, et après tout peut être qu’elle ne le pense pas, mais ça réconforte. Je ne me vente pas de cette phobie, loin de là, et je sais que nombreux en profiteraient pour essayer de m’atteindre alors … oui, merci, et advienne que pourra.

« Et puis, tu n’es pas seule. On est dans la même merde alors autant s’entraider. Tu pourras compter sur moi, à savoir si je pourrais en faire de même avec toi ? »

Et la voilà planté devant moi, attendant une réaction de ma part. Réaction qui vient presque aussitôt et avec un nouveau signe de tête.

« Tu peux. »

On va faire équipe, et on va s’en sortir ! Je ne sais pas pour toi mais j’ai trop à perdre et le prix de ma vie est bien trop précieux. Je n’ai pas envie de mourir cette nuit, je n’ai pas envie de leur donner satisfaction. Je sais bien que même si on s’en sort on n’a absolument aucune certitudes qu’ils nous laissent tranquilles mais qui vivra verra et ce proverbe n’a jamais eu autant de sens et d’impact.

« Au faite, j’ai oubliée de me présenter : Kezabel Hasting. Il me semble t’avoir déjà vu dans notre salle commune, mais je sais pas comment tu t’appelles. »
« Riley. Riley Jenkins. Effectivement à une époque je trainais beaucoup chez vous. Mon meilleur ami est Jaune. »

Meilleur ami que je n’ai pas vu depuis des lustres, soit dit en passant. Plus qu’un meilleur ami, un petit frère. Un petit frère qui me manque. Quant à ma présence chez les Jaunes, en réalité elle a pris « fin » il y a quelques mois mais avant ça j’y passais presque quotidiennement du temps depuis mon arrivée à Poudlard huit ans plus tôt. Poufsouffle refoulée ? Non. J’avais simplement des affinités avec certains et j’ai toujours trouvé ça stupide de ce contenir à sa propre maison. J’ai des amis dans chacune d’entre elles et j’aime ça. Ca n’est pas fait exprès, loin de là, mais j’en suis très heureuse.

Je crois que c’est à ce moment là qu’on s’est mise en marche, l’une à côté de l’autre. Deux paires d’yeux valent mieux qu’une, idem pour les oreilles. Oreilles qui nous ont permis de percevoir en même temps cet espèce de bruissement feutré qui nous a transpercé l’échine à toutes deux, j’en suis persuadé. Figées de concert, nous n’étions plus que deux statues dans l’obscurité de la nuit, partiellement éclairé par les rayons de la Lune, que je trouvais toujours rassurant, paradoxalement sans doute.

« T’as entendu ? »

Le bruit de mon cœur dans ma poitrine ? Oui.
Le reste aussi.

« Oui. »

Une présence, presque fantomatique mais étonnement bien palpable bien qu’invisible. Instinctivement on se retrouve dos à dos, collée l’une à l’autre, scrutant les alentours. On nous tourne autour, comme un prédateur tournerait autour d’une proie et puis soudain, bras tendu …

« Là. Y a du mouvement. »

Une énorme masse sombre se détache entre les arbres à seulement quelques mètres de nous. Elle décrit des cercles mais je ne parviens pas à réellement la distinguer. Sa taille n’a rien de rassurant quoi qu’il en soit et personne ne sait réellement ce qui se cache dans cette étendue d’arbre infinie. Ismaelle peut être, mais je suis persuadée que la Forêt Interdite parvient à garder ses secrets même auprès de ceux qui la connaissent sans doute le mieux. Y compris les Centaures. Et ce qu’on a une petite chance qu’ils volent à notre secours ? Même pas en rêve. Ils ne lèveront pas le petit doigt pour nous si ce n’est pour nous achever eux même.

« Et merde ! Ils veulent vraiment qu’on crève c’est pas possible ! »

Rien de bien distinct donc, jusqu’à ce qu’elle traverse une zone plus claire et là je me surprends à penser qu’elle n’aurait jamais du le faire. Le peu de courage qui m’habitait semble s’envoler et à l’intérieur je hurle. J’aurai préféré ne pas voir, ne pas savoir, et mourir d’un coup sans souffrance, sans jamais avoir eu conscience de ce qui m’aurait pris la vie. Ça ne se passera pas comme ça.

« Putain … »

Il faut croire que je deviens grossière avec l’adrénaline … Remarque, ça m’est déjà arrivé de jurer allègrement sur mon balais quand je n’arrivai pas à ce que je voulais. Attraper le Vif d’Or, entre autre.

« En temps normal j’ai pas peur des insectes, mais là … »

Là c’est autre chose. Kezabel se tient à côté de moi et nos regards sont braqués sur cette chose qu’on distingue toujours à peine mais qui désormais porte un nom : Une accromentule. Devant nous se tient une gigantesque araignée qui doit être encore plus impressionnante de jour, m’est avis. Ses pinces claques, ses pattes si nombreuses passent leur temps à se mouvoir, ses yeux brillent sous la lueur de la Lune et mon cœur s’accélère. Je vais mourir.

« T’as pris ta bombe d’insecticide avec toi ? »

D’où est ce que ça sort ça ? J’en sais rien, surement encore l’adrénaline qui nous permet de rester debout. Et sans même s’en rendre compte on commence à reculer, toujours l’une à côté de l’autre. D’ailleurs ma main attrape son bras et s’y accroche. Dans ma tête mile et une question : De quoi est ce que je devrais avoir le plus peur ? Cette créature qui n’a pas l’air très sympathique ? Le noir. Ce qui pourrait se trouver derrière nous et nous attaquer en traitre ? Trop de possibilités.

« Si on court, elle nous rattrape et elle nous mange. Si on court pas, elle … nous rattrape et elle nous mange. Ton avis sur la question ? »
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Mer 3 Juil 2013 - 21:28

Plus l’obscurité est opaque, plus nos sens sont accentués. Nous entendons mieux, les textures sous nos doigts se font plus précises. Ce sont les deux sens qui primes sur les autres lorsque la vue elle, est obstruée. Et ici, c’était le cas. Plus nous nous enfoncions au cœur de la forêt, moins nous y voyons quelque chose et ça, c’était pas tellement rassurant. Voir même, angoissant. Mais je dois avouer que de pouvoir compter sur … Riley ? Enchantée. Bref, pouvoir compter sur toi était bénéfique et même si je ne te connaissais pas, peut importe. Nous étions toutes les deux dans la même merde et nous n’avions de toute manière pas d’autre choix. Ah si, de courir comme deux tarées chacune de notre côté. Mais là autant dire que de ce suicider reviendrait à la même chose.
Pendant notre petite balade – enjolivons les choses, c’est plus supportable… - je trouve même le temps de culpabiliser face à mon jugement précédent. J’ai été stupide car comme je l’ai déjà énoncé, des raclures il y en a dans chacune de nos maisons, ils n’ont pas de couleur, pas d’origine, ils sont humains, comme toi et moi mais avec la cruauté en plus. Pour le coup, j’ai vraiment été idiote et ta présence me le confirme, sinon tu m’aurais surement déjà prise en traitre. Ou pas. Peut importe, tu es là c’est ce qui compte.

Malgré la pleine Lune, ses rayons avaient du mal à traverser les feuillages épais des nombreux arbres qui nous entouraient et qui par la même occasion nous empêchait de progresser correctement. Oui parce que ça n’était pas la forêt de nos rêves hein, celle des Princesses où pleins de petits animaux tout mignons y gambadent. Non, c’était celle rempli de ronces à vous écorcher les genoux et à vous faire chuter tous les deux mètres. Mais peu importe, si ce n’est que ça alors nous n’allons pas nous en plaindre hein ? Je la regarde en biais. Honnêtement, je suis quand même ravi que tu sois là. Sans le vouloir, tu me redonnais une once de courage. Cette épreuve était surmontable à deux, non ? Et puis deux têtes pensantes en valaient mieux qu’une, nous ferions un excellent binôme. Et puis de toute façon nous n’avions pas non plus milles et une possibilité. Et je trouve que pour quelqu’un qui a le noir pour épouvantard, tu métrises plutôt bien ta phobie même si l’obscurité était ici parsemée d’un peu de clarté. Je restais proche d’elle, comme pour la rassurer. Il fallait bien que je serve à quelque chose d’une quelconque manière…

Et puis il eu ce bruissement pas commun, qui nous figea mutuellement. Mon sang c’était glacé, mon cœur tambourinait comme un fou contre mes côtes et l’angoisse régnait à présent sur ma raison. Tu me confirmes que toi aussi, tu as entendu. J’aurais franchement préféré que tu me dise que tout ça n’est que le fruit de mon imagination. D’instinct, nous nous mettons dos à dos histoire de ne pas nous laisser en pâture à je ne sais quelle bestiole dégueulasse. Je commence à devenir folle, la pression s’accumule, augmente et atteint son paroxysme lorsque tu me murmures en pointant du doigt.

« Là. Y a du mouvement. »

L’énorme chose qui bougeait non loin de nous me coupa le souffle. Je reçu un uppercut en plein estomac lorsque je vis approximativement sa taille. Et là, c’est l’imagination qui s’enclenche sur ce que ça peut être. Ca n’avait foutrement rien d’humain et lorsque nous nous rendions compte qu’elle décrivait des cercles autour de nous il ne fallait pas être un génie pour savoir qu’elle nous avait déjà prit pour cible.

« Et merde ! Ils veulent vraiment qu’on crève c’est pas possible ! »

J’étais incapable de prononcer un mot, la gorge nouée par l’angoisse. Je sens mes jambes se dérober sous la peur et mes mains trembler tant mes nerfs sont au bord de l’explosion. Ne pas paniquer. Si je cède, elle cède aussi et nous sommes perdue. Et inversement. Allez putain.

Puis les remparts s’effondrent.

« Nom de dieu. Bordel de merde. »
- Putain…

D’une même voix, les injures ont fusés. Je crois que je vais mourir. Non, je veux mourir. Lorsque la masse décida à se montrer – et ça franchement, il ne fallait pas qu’elle se sente obliger de se montrer… - l’envie d’hurler ce fit omniprésente et nous faisons face au monstre.

« En temps normal j’ai pas peur des insectes, mais là …
- … Mais là j’vais crever. »

Nous reculions comme si cela pouvait nous sauver l’existence. Pinces qui claquaient comme deux morceaux de fer forgé, pattes affreusement énorme qui déplaçait un gros corps velu aussi imposant qu’un rocher. Tout y était pour représenter une Accrumentule dans toute sa plus horrible splendeur. Je sens la main de Riley enserrer mon bras tandis que la mienne attrape son tee-shirt comme si je m’accrochais à la vie. Sur toute les créatures qui parsème cette foutu forêt, il fallait que nous tombions sur ça, et une géante en plus. Oui oui, une araignée qui fait genre 10 fois mon poids et ma taille. Je sais pas si j’exagère et là, je m’en fou. Je sais pas si je dois hurler et courir jusqu’à m’en crever les poumons ou si je dois continuer à rester planter là à mourir de trouille.

Je ne sais même pas comment nous sommes encore debout car même le plus courageux d’entre nous ferait un malaise ou tomberait fou d’angoisse devant ce tableau. Je suis en plein délire… Je crois que j’vais m’évanouir. Et la pluie d’étoile devant les yeux ne font que confirmer ma crainte.

« T’as pris ta bombe d’insecticide avec toi ?
- Ravis de voir que as garder ton humour à la vue de cette chose. Mais si tu pouvais trouver une solution aussi vite que tu dis des conneries, je t’assure que ça pourrait nous aider. »

Rien de méchant mais là tu vois, si on ne ce décide pas dans les 5 prochaines secondes, on va crever. Cette bestiole va nous broyer en deux avec ses putains de pinces qui sont aussi longues que mon bras. Avec un peu de chance, l’une d’entre nous aura la possibilité de pouvoir s’enfuir sur quelques mètres avant qu’une autre chose ne vienne la bouffer. Jolie perspective. J’ai le souffle court, les larmes aux yeux et la panique au ventre. Je ne sais pas quoi faire et mon esprit se brouille. Pas de baguette. Juste un morceau de bois que cette araignée géante ne mettra pas une seconde et demi à rompre en miette. Haha … Je vais devenir folle.

« Tiens, si t’as un pote qui s’appel Spiderman, tu pourrais peut-être essayer de le siffler… J’suis sûre qu’il pourrait calmer sa copine.»

Et bien ça y est, je suis devenu folle. Et la bête s’approche encore, ses multiples yeux nous scindant, la faisant baver d’avance sur le futur repas que nous représentons pour elle. Nous nous serrons un peu plus l’une contre l’autre. Maintenant, je fais quoi ? Non, ON fait quoi. Je sais pas, je sais plus. Mon cerveau cède peu à peu à la panique en y plongeant ma raison tête la première. Okay, putain respire. Respire, réfléchis. Vite. J’ai pas envie de crever maintenant. Pas comme ça. Je pense à mon frère, mon père qui se meurt chaque jour d’avoir perdu l’être tant aimé. Il ne supporterait pas de perdre sa fille en plus. Et mon frère, non plus. Qu’allait-il devenir ? Je ne peux pas les laisser, pas comme ça. Le visage de ma mère s’afficha comme un flash et ce fut une claque. Je dois vivre aussi pour Elle, pour la vie qu’elle a perdue pour la notre.
L’instinct de survie reprend le dessus. L’humain, c’est ça. Soit tu te laisses bouffer, soit tu te bats. Tu sembles lire dans mes pensées.

« Si on court, elle nous rattrape et elle nous mange. Si on court pas, elle … nous rattrape et elle nous mange. Ton avis sur la question ?

Un temps d’absence. Nous fixons l’Accromentule qui s’emble nous comprendre. Ne venez pas me dire qu’en plus d’être énorme, cette chose est dotée d’intelligence ! Et comme pour me donner raison, elle continue d’avancer droit sur nous, faisant claquer plus que jamais ses pinces qui ne demande qu’une chose : Nous réduire en miette. Il faut agir et vite.

- Je suis d’avis qu’on court et le plus vite possible, ne t’arrête pas ! »

Alliant le geste à la parole, je l’attrape par le vêtement et lui donne de l’élan en la poussant devant moi. Et maintenant, court, court jusqu’à n’en plus pouvoir, court jusqu’à ce que tes poumons explosent. Court jusqu’à l’évanouissement s’il le faut. Et je pousse sur mes jambes, sur mes muscles. Je file droit devant, Riley en face de moi qui ne se fait pas prier pour accélérer la cadence. Tout va si vite que j’ai l’impression de voler, l’adrénaline de la panique nous donnant des ailes pour aller plus vite. Et là, je peux dire merci à mes années de garçon manqué et de crapahutages dans les champs et les forêts, car c’est avec une agilité encore conserver par l’instinct de survie que j’esquive les branches au sol, sautant comme un gibier fuyant le loup. Je ne me rends compte de rien si ce n’est qu’une d’une chose : Le bruit sourd derrière moi, signifiant que l’accromentule nous a prit en chasse. Et dire qu’ils disaient toujours que c’est pas la petite bête qui mangera la grosse. Foutaise. Tous des menteurs les adultes.

Et on pouvait bien être Rambo qu’on ne pourrait tuer cette chose à main nue. Ne pas s’arrêter, quoi qu’il arrive. Quoi qu’il advienne, toujours courir, mais si tu sens que tu flanche. Survie. Et je lui hurle

« Il faut trouver une putain d’idée… parce qu’elle a beau être.. grosse .. Elle court aussi vite que nous ! »

Oui je suis essoufflée mais je suis pas non plus surhumaine, ni une grande sportive. Et plus j’avance plus je me dis que nous n’avons aucune chance. Nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas courir ainsi indéfiniment, nos corps lâcheront avant. Mais est-ce que le sien en fera autant ? Je vois défilés une série d’arbres, de chemin à peine dégagé, de branche droit sur le visage dont je ne prêtai pas l’once d’intention. Je peux me crever un œil que je m’en fou. Oui bon, peut-être pas…
Le cerveau fuse d’idées, on dévie chacune de notre côté ? Ca reste encore la meilleure solution plutôt que de continuer à former un sac d’appât à rester groupé. Et je l’entends se rapprocher de plus en plus. Je pousse encore sur mes cuisses, plus fort et plus vite, j’agrandis mes enjambées et je gonfle d’air mes poumons que je sens se consumer sous l’effort. J’ai envie d’hurler à la mort, de chialer comme une gamine tant je sens l’odeur de la mort nous envelopper. Parce que cette foutu araignée nous rattrape et crois moi que ce n’est pas pour nous tenir la conversation. Un miracle bordel, un miracle je vous en pris.

Un hurlement. Profond, gutturale. Un chant à la lune. Un cri inhumain qui me brisa la raison et me glaça le sang.

« Qu’est-ce que c’est que ça encore putain… »

Ma conscience le sait, mais je le nie. Non, je vous assure qu’on a eu notre lot de bestiole pour ce soir... J’hurle à nouveau :

« Est-ce que .. c’est c’que j’crois ?!? »

Je n’en peux plus, j’ai l’impression que ça fait dix minutes que nous courrons à une vitesse vertigineuse. Mes muscles fondent sous l’effort et je perds de plus en plus mon souffle. Et cette Forêt qui n’en finit pas… Où est la fin. J’ai beau jeter des regards autour de moi, je ne vois aucunes solutions. Juste du noir, des arbres et de la végétation à foison. Je ne sais pas comment ce sent Riley, mais personnellement je conjure je ne sais qui de mettre fin à tout ça. Tuez moi sans que je ne sente rien et tout sera fini, je pourrais enfin dormir jusqu’à l’Eternité.
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Ven 5 Juil 2013 - 23:46

Spiderman, c’est bien ça tien ! Je vais penser à Spiderman ! Et surtout à Lukas et son magnifique pyjama Spiderman qu’il a porté pendant des années avant de ne plus être capable d’y passer un bras tant il a grandit vite. Physiquement, bien sur, mais je pense que passé un certain âge les garçons s’abstienne de porter ce genre de choses de toute façon. Quoi que, connaissant ce grand Jaune et son esprit encore enfantin je ne m’avancerai pas trop sur le sujet mais ça n’est pas la question de toute façon. La question serait plutôt du genre … Comment va t-on se sortir de se merdier ? Visiblement on est encore capable de faire de l’humour toutes les deux et oui c’est sur, ça serait clairement plus simple si j’était effectivement pote avec l’homme araignée mais pour ça il aurait fallu qu’il existe … Ce qui à ma connaissance n’est pas le cas, en tout cas pas en dehors de l’imagination des pauvres petits être humains que nous sommes, si fragile face à … Big Spider ici présente. D’ailleurs, ça parle ces trucs là ? Qu’est ce qu’elle a dit Ismaelle déjà ? Rah ! Heureusement que les examens sont finis parce que je crois bien avoir perdu toute capacité à réfléchir. Effectivement je fais de l’humour et honnêtement je ne sais même pas comment je fais pour en être encore capable. Les nerfs qui lâchent, probablement. Il faut croire que le corps et l’esprit humains réagissent étrangement quand ils se retrouvent face à un danger de mort. En attendant je ne sais pas quoi faire et agrippée à ma comparse je recule comme si chaque pas que l’on peut faire en arrière pourrait nous permettre de nous échapper, comme si par je ne sais quel miracle ça nous ferait gagner du temps en attendant que quelqu’un vienne nous sauver parce qu’autant être honnête, sans une aide extérieure je ne vois pas vraiment comment on pourrait s’en tirer.

« Je suis d’avis qu’on court et le plus vite possible, ne t’arrête pas ! »

Que … Wow !

Sa main attrape mon vêtement et l’instant d’après je la sens qui me pousse devant elle après m’avoir fait pivoter. Courir. Ok. Le corps réagit bien plus vite que l’esprit même si c’est le cerveau qui donne néanmoins les ordres. L’adrénaline se fait plus forte, de même que l’instinct de survie et je remercie les années de sports que je traine derrière moi. C’est con à dire mais cette petite course improvisée dans les bois pourrait presque avoir quelque chose de grisant si elle n’était pas mortelle. Pour un peu j’en laisserai échapper un rire mais la fraicheur nocturne me gifle à mesure que la température de mon corps augmente. La bête nous a pris en chasse, c’est une évidence. On coure, encore et toujours. On slalome entre les arbres et je n’ai pas le temps d’avoir peur de tout le reste. Le noir, l’obscurité, en majeure partie.

J’entends les pas et le souffle de Kezabel derrière moi et encore une fois ça me rassure. D’une parce que je ne suis pas seule dans cette galère et mine de rien ça joue beaucoup, et de deux parce que ça signifie qu’elle est toujours bien là. Je ne me retourne pas mais si à un moment ou un autre je ne l’entends plus, je le ferai. Hors de question que je la laisse tomber. On est ensemble dans cette galère et on s’en sortira ensemble ! L’option « pas du tout » n’est absolument pas envisageable.

« Il faut trouver une putain d’idée… parce qu’elle a beau être.. grosse .. Elle court aussi vite que nous ! »

Le sang me bat dans les tempes mais j’arrive à comprendre ce qu’elle vient de hurler à mon adresse. Mes poumons commencent à me bruler. J’ai beau être sportive, je n’en suis pas infaillible pour autant et si pour l’instant on arrive à tenir la cadence toutes les deux c’est bien parce que la rage de vivre nous pousse à ne rien lâcher et à continuer d’avancer.

« A moins de l’intervention divine de Merlin ou d’un Centaure bien luné je vois pas bien comment on pourrait s’en sortir ! »

Parler, enfin crier, en courant, ça n’est pas une bonne idée.

« Sauf si elle se lasse avant nous, mais j’en doute. J’suis sure qu’elle s’amuse bien la garce. »

Désolée madame pour le « garce » gratuit. Enfin madame … J’en sais rien, j’ai pas été soulever sa jupe pour vérifier. Je vous rassure, la situation ne me fait plus rire du tout si tant est que ça déjà été le cas auparavant. C’était plus nerveux qu’autre chose. Là je sens bien que je commence à fatiguer et garder un semblant d’air détaché ça aide psychologiquement. En cet instant je suis partagée entre peur, épuisement aussi bien physique que mental, et haine. Oui, de la haine. Contre cette situation, contre ces hommes qui n’ont absolument aucun scrupules, contre cette créature qui j’en suis sur va prendre le temps de jouer avec nous avant de nous tuer. Peut être même qu’elle nous mangera vivante et j’ai comme l’impression que cette simple pensée me fait accélérer le pas. Le visage de mes proches commencent à danser devant mes yeux et ma tête me tourne, ça n’est clairement pas bon signe. Et puis comme si on n’en avait pas assez à gérer, là, tout près, un hurlement brise le faux silence de la Forêt. On coure, sans savoir dans quelle direction on va, et nous voilà encerclée par des créatures dignes des plus grands cauchemars et ce depuis la nuit des temps. Qui n’a jamais rêvé de se retrouver coincé entre une Accromentule et un Loup Garou ? Je vous le demande.

« Qu’est-ce que c’est que ça encore putain… »

Je crois que toi comme moi on le sait très bien.

« Est-ce que .. c’est c’que j’crois ?!? »

J’allais lui répondre quand cette masse énorme à débarqué juste devant nous. J’ai hurlé, puis je me suis arrêté nette. En plein élan, ma comparse m’a rentré dedans et on s’est de nouveau accroché l’une à l’autre. A bout de souffle, en pleine panique, regardant d’un côté et de l’autre. Cernés. D’après toi, qui va nous dévorer en premier ? Peut être qu’ils vont se partager le butin et improviser un diner au chandelle sous le clair de Lune ? Lune sans laquelle on se serait déjà payé 15 arbres en pleine tête en courant comme on vient de le faire, soit dit en passant.

On s’immobilise tous les deux, et les deux créatures en font autant. Devant moi se trouve un gigantesque Loup au pelage très sombre. A vue de nez je pense qu’il est noir de la pointe des oreilles jusqu’au bout de la queue en passant par les pattes. C’est la première fois que je me retrouve nez à nez avec un Garou et dans ma tête tout va à 1 000 à l’heure. Là dessous se cache un homme même si tout ce que nous pouvons voir c’est un Loup aussi grand qu’un … qu’un … J’en sais rien. Qu’un très grand chien mais deux fois plus épais. C’est un Loup oui, sans doute deux voir trois fois plus imposant que l’animal « normal » et non pas une créature antropo-morphique, mi-homme mi –animal. S’il n’avait pas l’air aussi dangereux je crois que je le trouverai magnifique. Son pelage d’encre luirait presque sous les rayons de la Lune mais malheureusement elle fait aussi ressortir ses crocs et ça … c’est beaucoup moins rassurant. Dans les limbes de mon esprit j’arrive tout de même à avoir une pensée plus cohérente que les autres. C’est un Lycan d’accord, mais peut être qu’il se cache là dessous une personne qu’on connaît, de près ou de loin.

« On a peut être une chance que … »

Qu’il vienne en ami, non ? S’il a pris son Tue-Loup ça devrait aller, non ? Oui on se rassure comme on peut et qui plus est on ne distingue pas très bien dans cette obscurité mais c’est peut être un Chien-A-Cœur et pas un Garou, et … tant pis, je tente ! Y a quelque chose dans ton regard qui m’est familier.

« Enzo ? »

Ses oreilles bougent je crois, il me regarde, m’accorde de l’attention alors que jusqu’ici il ne semblait pas vraiment nous fixer. Je crois. Je ne sais pas vraiment. Il ne réagit pas plus et je me tente à faire un pas vers lui mais le grondement sourd qu’il lâche me paralyse une seconde et me fait reculer. Le silence de nouveau, puis l’immobilité. L’Accromentule s’impatiente, j’entends ses pinces qui claquent. Nos tremblements sont en harmonie parfaite et puis soudain … Le Loup claque des mâchoires et laisse échapper un cri bestial avant de prendre appuie sur ses pattes et bondir. Je hurle, Keza aussi, et sans nous en rendre compte nous voilà accroupis par terre l’une contre l’autre, les yeux fermés. Pourtant rien ne se passe. Pas de notre côté en tout cas. Je me risque à ouvrir un œil et me rend compte que le Loup est désormais entre l’autre créature et nous. On recule instinctivement mais mes yeux ne quittent pas la scène. Il grogne, tous crocs dehors d’après ce que je peux en voir. Son poil me semble hérissé et sa queue bat farouchement l’air dans un signe évident de menace. L’Accromentule piétine et laisse échapper des cris de colère. Le grand méchant Loup bien de lui ruiner son diner visiblement. Là je commence à m’inquiéter parce que …

« Tu … »

Il tourne la tête vers nous, gronde, claque une fois des mâchoires, fait un pas dans notre direction, baisse la tête et les oreilles puis grogne tout en frappant le sol de sa patte.

« Ok, ok ! »

J’ai compris le message, je crois.

« Viens. »

J’attrape Keza par le bras, me relève et l’entraine avec moi. Désormais ça n’est plus notre combat et je n’aime pas vraiment ça. Le laisser face à cette créature c’est … Non, ça ne me plait pas mais il a plus de chance de s’en tirer que nous, non ? Je n’ai pas le temps de réfléchir plus, elle attaque, il esquive puis la mêlée commence. Elle tente de l’atteindre mais il la fait tourner en bourrique et semble lui tourner autour. Elle hurle, je crois qu’il vient de la mordre à une patte. On s’éloigne, je me retourne, il vient de lui sauter sur le dos avant de retrouver le sol en roulant après s’être fait éjecté de son perchoir. Je n’arrive pas à me résoudre à partir mais Enzo – si c’est bien lui – et Kezabel me rappellent tous les deux à l’ordre. Elle en me tirant le bras, et lui en grognant dans notre direction à nouveau avant de se mettre à courir dans la direction inverse. Elle le suit, visiblement très agacé, et nous on recommence à courir comme deux folles sans vraiment savoir où on va. Difficile d’avoir le moindre repère ici, qu’est ce qui ressemble plus à un arbre qu’un autre arbre ? Et qui nous dit qu’on ne tourne pas en rond ? Au bout d’un moment je m’arrête, pliée en deux, les mains sur les genoux pour reprendre mon souffle.

« Je pense qu’on est assez loin maintenant. T’entends quelque chose ? J’espère qu’il … »

Qu’il ne va pas risquer sa vie pour nous sauver même si c’est déjà trop tard. Bordel Enzo ! Qu’est ce que je vais dire à Kyle ? Et à ton frangin ?! Et Sovahnn ?! S’il t’arrive un truc elle ne te le pardonnera jamais et moi non plus. Je ne me le pardonnerai jamais. Je …

Je crois que c’est à ce moment là que tout retombe, et plutôt violemment. Je m’écroule sur les genoux, mes mains me rattrapent sur la terre et me voilà secouée de tremblement violent. Les larmes se pointent, les sanglots, la boule dans l’estomac et celle dans la gorge. Je craque. J’explose. J’ai peur, devient complètement hors de contrôle et déraisonnée. Je me vide de toutes les larmes de mon corps. Les cheveux devant les yeux, la tête basse, je me sens incapable de faire face à quoi que ce soit, à qui que ce soit. Comme paralysée. Le noir m’enveloppe et me tétanise. Ce que j’avais réussi à refouler jusqu’ici me rattrape de plein fouet.
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Sam 13 Juil 2013 - 21:20

Je cours après ma vie, ma survie. Je fuis la mort et sa sentence, sa douleur, sa torture. Je cours vers la lumière, je fuis le monstre. Et toi devant moi que je ne laisserais pas tomber. Maintenant, c’est toi et moi, l’un sans l’autre n’est pas envisageable. La mort nous lie dans l’urgence et s’il faut s’interposer entre cette bestiole qui doit bien faire 5 fois ma corpulence et toi, pour te défendre, t’aider, alors je le ferais. Je me souviens de Caem et de son sang déversé par ma faute. Ca ne se reproduira pas deux fois, je ne le permettrais pas.  Nous sommes dans la même merde et je ne te laisserais pas tomber Riley.

En attendant, mes poumons prennent feu tout autant que les muscles de mes cuisses. Oui j’ai passé toute mon enfance à crapahuter partout mais là, j’arrive à bout et la tête commence à me tourner, je ne respire plus correctement et je ne me fais pas d’illusion sur le fait que si j’arrive toujours à courir, c’est tout simplement parce que l’adrénaline me maintient encore consciente. Je slalome du mieux que je peux, menaçant parfois de chuter la tête la première au sol… Manquerait plus que ça pour que je me fasse bouffer en deux temps trois mouvements. Et croyez moi, quand vous entre-apercevez ne serait-ce que le quart de ce que représente cette Accromentule, ça ne vous donne pas envie de vous poser sur l’herbe à observer la pleine lune de ce soir… Et en parlant de pleine Lune, celle-ci a invité un autre copain en plus. Quoi de mieux qu’un Loup Garou affamé pour se tailler une belle paire d’Humaines avec sa meilleure copine l’araignée géante ?

Lorsque de nouveau, il poussa son cri, ce fut comme si mon cœur loupa un battement. Dans ce malheur, la seule chance que nous avions était cette Lune parfaitement ronde  qui éclairait au mieux notre chemin bien qu’elle ne soit pas non plus suffisante pour passer au travers la cime épaisse des arbres qui nous entoure. Mon cerveau réfléchit à vive allure mais ne se leurre pas. Jamais nous ne pourrions sortir vivante de ce merdier et de cette course poursuite, tout était voué à l’échec. Dois-je pour autant arrêter de courir ? Dois-je me jeter droit dans la gueule de la bête…Rien que cette idée me fit violemment frissonner et puisa en moi les dernières ressources restantes pour me permettre de continuer à courir au milieu des branches et des feuilles. Tu me parles d’intervention Divine et Centaure, autant demander à ce que le père Noel nous livre un balai d’ici 10 secondes ! Et le mot garce est un terme bien trop aimable pour cette… Okay. Cette putain de bestiole qui nous court aux fesses depuis .. Combien ? 2-3 minutes tout au plus ? Allez vous taper un sprint avec en bruit de fond 8 pattes qui martèlent le sol, juste derrière vous et on en reparlera… Je ne sais même pas dans quel état réel je suis. Je ne sais pas si c’est la peur, la colère, le désespoir qui abrite ce qu’il me reste de raison. Et plus le visage de mon frère et père me reviennent par flash, plus je me dis que je n’ai pas le droit de mourir. C’est beaucoup trop tôt... Et toi, en face de moi, j’ai encore plein de chose à apprendre sur toi, c’est trop con. Trop con de juger ainsi les gens sans les connaitre, avec aprioris. Si je me sors vivante d’ici, je vais revoir tout ça. Je vais même t’inviter à boire un verre, on ira se faire une bouffe et on rira de ce qu’on est entrain de vivre… Et c’est sincère. Que vaut une vie après tout ? Rien, il suffit de regardez ce pourquoi nous courrons. De nous voir nous, pauvres humains à essayer de ce donner un genre chaque jours, à tous nous détester parce qu’untel à vécu dans un endroit paumé et que l’autre à eu une pampers en soie pour protéger son petit cul de bourgeois. Est-ce que cette haine vaut vraiment le coup… ?

Trop de pensée, j’ai perdu le fil de la réalité mais mon cœur qui me hurle d’arrêter de le torturer ainsi me rappelle à l’ordre : Tu vas te faire bouffer. Et avec ça, je ne le vis pas venir…

Choc. Brutale. Mon souffle se coupe.

Je viens de m’encastrer sec dans ma camarade de fuite, me coupant la respiration quelque seconde et me sonnant à moitié. Bordel, keskispass… Je porte la main à mon crane, mes oreilles émettent un sifflement strident et insupportable. Bordel, pourquoi on court plus ? Je peine à retrouver mon souffle, courber en deux. J’ouvre les yeux et la panique vient de se taper une augmentation de 50%. Je me fige, et toi aussi. Devant nous se tien un Loup Garou noir comme la nuit, le pelage soyeux où certains rayons de sa Mère la Lune, venaient s’y refléter. Un regard presque tout aussi sombre, à vrai dire je n’en savais rien, la panique me poussait à évaluer la situation pour notre survie. Un claquement de pince derrière nous me rappela que le second adversaire venait elle aussi de stopper sa course. Et pendant une poignée de seconde, tout le monde se jauge, s’observe et se respire. Seuls nos souffles écourtés de nos poumons cherchant la vie, viennent troubler ce silence pesant et dérangeant. Qui osera faire le premier pas, dis moi ? Qui va se faire bouffer par qui… Ça y est, je vais donc mourir. C’est la fin. Les larmes me montent aux yeux, l’angoisse me donne la nausée. Pas maintenant. Maman si tu m’entends je t’en pris… Envois nous un miracle mais ne me réclame pas tout de suite. Qui prendrait soin de papa, d’Adam ? Laisse-moi encore une chance… Laisse-nous une chance d’essayer de vive pour toi…

« On a peut-être une chance que… »

Même avec toute cette terreur, je parvins à être surprise. Je prends le temps de te regarder et me rend compte que tu l’observe, la tendresse venant subitement adoucir ton regard. Je rêve… ou tu parles à un Loup-Garou prêt à nous bouffer ?

« Tu fous quoi là… t’es malade ! »

D’instinct je chuchote et tu prononce son nom … Enzo. Enzo… Je fouille, je cherche. Le mec du cours de Divination! Celui qui y dort comme on dormirait sur l’herbe en plein soleil !   J’étais ahurie et visiblement tu le connaissais assez pour avoir confiance en lui, confiance en l’Animal qui l’habitait. Ou plutôt en l’Homme qui habitait ce soir l’animal. Et le plus surprenant, c’est qu’il réagit à tes paroles. Du répit, un espoir. Mon cœur s’affole, le sang menace de faire éclater mes tempes tant sa circulation se retrouve à tourner à un rythme dépassant tout entendement. Peut-être que tout n’était pas finit…

J’agrippais ton bras comme si je m’accrochais à la vie. Dis moi qu’on va s’en sortir putain… Et lorsque le Loup claque sa mâchoire pour pousser un rugissement digne des pires cauchemars, nous hurlons en cœur, nous accroupissant par instinct et croyez moi que ces cris venaient du plus profond de nos poumons, de nos tripes. Ca y est ? On est morte ? … j’ai pas eu mal, c’est étonnant. Et la chaleur de ton corps me montre bien que le Loup ne nous a pas dévoré, alors quoi ? Je lève les yeux et je crois que notre miracle se produit ici même. Le Loup Garou se dressait de toute sa hauteur devant l’Accromentule qui elle, émit un cri strident pour exprimé son mécontentement. Ce pouvait-il que derrière l’Animal, l’humain ait reprit ses droits sur sa raison ? Je voulais le croire plus que jamais. On se lève, marchant à reculons. Le Loup se tenait là, poil hérissé, prêt à nous défendre contre l’Araignée qui ne demandait qu’à nous avoir entre ses pinces, et à en juger par le fourmillement de ses pattes qui trahissaient son agacement, elle n’était pas prête à négocier quoi que ce soit…
Je tremble, mes nerfs vont lâcher, tu lui adresse à nouveau la parole et l’ordre se fit distinct, sec : Un grondement, un claquement de mâchoire. Je sursaute et recule… Il s’approche. Peut-être que finalement, il allait nous bouffer… Mais toi tu reste stoïque, toujours cette confiance dans la voix, dans le regard. Alors, je décide d’en faire de même. Après tout, elle savait ce qu’elle faisait, pas vrai ? C’est bon Kezabel, prend toi aussi un peu de courage. Et puis la présence de Riley était rassurante, voir ici, vitale. Je te fais confiance, je place ma vie entre tes mains… Je regarde le Loup effectué les gestes montrant ses intentions. Tu le comprends, le cerne. Le lien qui vous unit est palpable, mystique. Mais l’Accromentule s’en fou comme de sa dernière sieste, et lorsque je la vois faire un pas en avant, je commence à gémir d’angoisse. Bordelbordelbordel. J’vais craquer…

Et avant même que je ne puisse faire quoi que ce soit, je te sens me tirer avec force avec toi et je ne me fis pas prier pour te suivre. Bien au contraire, et même si les muscles de mes jambes me font atrocement mal, je prends appuis sur le sol pour m’élancer à nouveau, tenant fermement ta main. Toujours cette adrénaline omniprésente, venant nous pousser plus loin, jamais je ne m’aurais cru capable de tant d’efforts dans un laps de temps aussi court, à savoir sprinter sans s’arrêter, la mort nos trousses. Je te vois plusieurs fois te retourner, t’inquiétant sûrement pour ton ami. Allez, en traîne pas il va s’en sortir ! Vu sa taille, il va lui foutre une bonne raclé et on pourra se faire des brochettes d’Accromentule demain midi au déjeuner.

« Riley ! viens c’est pas le moment ! »

Je te tire par le bras. Je comprends ton inquiétude, vraiment mais là, c’est notre survie. Enzo, si c’est vraiment lui, risque sa vie pour nous, alors tachons de ne pas faire faux bond à son aide. Je te tire un peu plus fort, il faut que nous courrions le plus loin possible, c’est notre seul objectif. Allez, encore un effort et on va s’en sortir, nous sommes toutes proches de la fin, la fin de l’angoisse et de la survie. Nous sommes deux tarés qui se tapent une course de santé en pleine forêt Interdite. On ne sait même pas où on va, mais franchement, personnellement je m’en fou. Je veux juste courir, m’éloigner le plus vite possible et surtout le plus loin.
Elle s’arrête. J’en fais de même et m’écrouler contre un arbre, le souffle court, les mains appuyées sur mes hanches, des points de côtés venant me brûler les reins de manière insupportable. Je crois que ça y est. Nous avons réussis… Mes jambes trembles et j’ai presque envie d’éclater de rire tant les nerfs menacent de me lâcher d’une seconde à l’autre. On venait de se faire courir après par une Araignée Géante, pour ensuite faire face à un Loup Garou venant nous porter secours. C’était du pur délire… Et pourtant, nous étions bien là ; en vie. Exténuées et à bout de nerfs, mais vivante. Mais ma pression ne retombe pas, nous étions toujours entourés des arbres aussi ressemblant les uns que les autres et tant que nous ne serons pas sortie de là, tant que nos pas n’auront pas foulé l’herbe du parc, je ne serais pas tranquille…

Un bruit sourd sur le sol m’arrache à mes pensées. Je te vois à genoux. A genoux face à ta survie, face à ta peur, face a l’angoisse qui vient de retomber violemment. Cette image de toi me tourne l’estomac dans tous les sens, ta faiblesse venant de plein fouet me percuter. Car les gémissements que j’entends à présent sont cette fois bien plus poignante que ceux de l’angoisse : Les pleurs. Ton être se fissurait sous mes yeux, se fragmentait en plusieurs parcelles de toi, de tes peurs, de tes craintes. En douceur, je m’approche de ton corps soumit aux larmes, bouleversé par cette humanité que nous avions oubliée lors de notre course pour la survie. Nous avions laissé nos instincts primitifs guidés nos pas et nous en avions presque oubliés nos angoisses premières. Tu te vidais, de tout, de toi, de tes larmes, de ta peur. Je m’agenouille à côté de toi, sans un mot, une boule dans la gorge. Pas que ça me mettait mal à l’aise de la voir pleurer ainsi, non, juste que c’est comme si ses pleurs étaient intimes, personnels. Comme si c’était bien plus que l’angoisse vécue il y a quelques minutes qui s’expiait ici par des pleures profonds. Ca n’était pas de simples larmes silencieuses, mais de gros sanglots, ceux qui vous obstruent la gorge, qui viennent du plus profond de votre corps, comme un sac qui explose après une surcharge.

Surtout, ne pas perturber, ne pas casser brutalement ce peu de raison qu’il te reste. Et c’est avec une grande délicatesse que je te prends dans mes bras, posant ta tête sur mes jambes pour te laisser pleurer tout ce que tu voulais. Ce geste, je l’avais tant de fois répété avec Adam à la mort de maman. Je venais dans la chambre qu’il occupait chez notre tante.. Je pouvais encore sentir cette odeur particulière des vieilles maisons de campagne, celle des vieux livres qui parsemaient les bibliothèques, celle aussi de lavande. Je le retrouvais dans un coin, pleurant à gros sanglots toute l’absence qui le submergeait, toute cette douleur bien trop grande pour son corps et cœur d’ado. Je venais alors me poster à côté de lui, l’allongeant, posant sa tête sur mes jambes. Et je pleurais, en silence. Ma douleur, ce vide qui me crevait les entrailles. Comme celle qui se déversent à présent sans interruption. En silence. Mes nerfs se brisent les uns après les autres, la tension et la pression retombent aussi sec que lorsqu’elles étaient venus nous gifler par paire. Trop d’émotions en si peu de temps, trop de chose, de trop de tout qui martelait nos êtres complètement brisé. Ca n’était pas le moment de se laisser aller, pas maintenant, pas tant que nous ne serions pas en sécurité… Et comme je le faisais avec mon petit frère, je te caresse les cheveux avec une tendresse fraternelle, de manières instinctives.
Tes sanglots me ramène violemment à ma propre douleur. A celle qui créée un vide chaque années au creux de mon corps complètement brisé par le drame. Se remettons vraiment un jour de cette absence ? Arriverons-nous à penser à Elle, à Lui, sans sentir ce pincement au cœur, cette boule à l’estomac. Sans sentir nos mains tremblées, nos larmes nous brûlées l’orée de nos yeux. Sans avoir cette douleur sourde au fond du ventre, celle du vide, de l’absence. Et enfin, sans avoir ce refus d’accepter que plus jamais, nous ne sentirions cette douceur, n’entendrions cette voix qui nous rassurait tant. Un gouffre cruel, injuste, où nous nous retrouvons presque à genoux pour supplier que tout cela s’arrête.

Je suis au bord de l’implosion. Toute cette peine tant retenu depuis 4 ans, menace ici de m’exploser en plein figure, ne supportant pas cette soudaine intimité entre Riley et moi. Je ne saurais expliquer cette naissance, du tréfonds de cette forêt maudite, d’un lien, d’un quelque chose de subtile mais réel. Et pourtant, je ne savais rien. Rien du pourquoi tes sanglots faisaient échos à ceux de mon frère, à ceux qui menacent à cette seconde, de me faire flancher et me détruire. Je pris une grande bouffée d’air, elle avait besoin de moi.  

Je laisse quelques instants s’écouler, nous laissant un peu de répits, avant de te relever en douceur.

« Hey, arrête de pleurer maintenant, je suis là t’es pas toute seule. J’te laisserais pas tomber, tu m’entends ?»

Je plante mon regard dans le tien, voulant appuyer mes mots et ma sincérité. Il fait sombre, surement trop sombre pour toi, je n’ai pas oubliée ta peur phobique du noir et c’est bien pour ça que je serre ta main dans la mienne avec force. Ton visage est pâle, endoloris par trop de peine qui t’étouffe, te noie. Rongeant ta raison, morceau par morceau.

« C’est pas le moment de péter les plombs, on y est presque. Enzo n’a pas fait tout ce boulot pour rien pour que l’on se laisse mourir ici. Je suis sûre qu’il va bien, tu verras. On va le trouver en pleine forme dès demain, peut-être un peu fatigué mais en pleine forme quand même. »

J’essaie de te rassurer au mieux. Je connais ses sanglots et je n’ose pas tâter un terrain qui est sûrement aussi miné que le mien. Je ne suis pas extra-lucide, ni devin… Mais des sanglots comme les tiens m’ont menacé tant de fois lors de la mort de ma mère. Je les connais, ceux qui  te griffent l’intérieur des côtes, des entrailles et du crâne. Ceux qui éclatent sans que nous ne puissions les retenir. Ils se déversent, relâchant enfin la pression que nous avions maintenu durant tant de temps pour ne pas qu’ils s’expriment, pour ne pas qu’ils chantent notre détresse. Une main sur ton épaule, l’autre tenant toujours ta paume, je t’incite du regard. Est-ce que toi aussi ton cœur n’est plus qu’un territoire aride que tu n’arrive plus à abreuver?
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Mer 17 Juil 2013 - 18:30

C'est stupide. Totalement stupide. Pauvre petite princesse de 19 ans qui a peur du noir. Petite chose fragile confrontée pour la première fois à un réel danger. C'est la première fois que tu risques ta peau ma belle, n'est ce pas ? Tu peux bien faire la maligne là haut sur ton balai mais quand les lumières s'éteignent – et ce dans tous les sens du terme – il n'y a plus personne. Plus personne. Plus rien. Rien qu'un vide immense et le néant. Ça, et tes larmes qui se déversent en flux continue sur tes joues, puis sur le sol, la terre, qui stoppe leur progression. Seule ? Non, tu ne l’es pas. Pas ce soir en tout cas. Elle est là, elle ne t’abandonnera pas. Et lui aussi est là, mi-homme mi-animal, qui éloigne le danger pour que tu puisses sauver ta peau et celle de ta comparse de galère. Tu pourrais te relever maintenant et affronter mais tu le sais, ça fait trop longtemps que tu encaisses sans rien dire et sans rien faire. Des choses futiles pour la plus part mais c’est ce qui fait ton essence même après tout : Tu es humaine, tu as un cœur, tu es sensible et certaines situations te touchent. C’est normal. Kezabel ne s’effondre pas elle mais peut être est elle plus forte. Peut être qu’elle connaît déjà les ambuches, le danger. Peut être qu’elle a déjà risqué sa vie par le passé. Peut être que ces choses là renforcent  ou peut être que tu te plantes sur toutes la ligne mais en attendant c’est toi qui est à genoux sur le sol, mes mains crispés dans l’humus humidifié par la nuit. Et là haut, tout là haut, la Lune ne désemplie pas. Elle brille de mile feu éclairé et réchauffé par son pote le soleil qu’elle ne voit qu’à l’occasion. Elle continue sa course nocturne et solitaire pendant que moi je m’effondre. Elle grimpe, et je m’écroule. Solitaire ? Non, elle ne l’est pas tant que ça si on y pense bien. Le soleil la réchauffe, l’éclaire de loin, il prend soin d’elle à distance, il la surveille. Et puis les étoiles ? Elles comptent pour du beure les étoiles ? Dame Lune tu n’es jamais vraiment seule là haut dans ton royaume. Toi non plus petite Riley, ouvre les yeux, mais … après tout … craque si tu en as besoin.

Je ne suis pas seule, non, c’est vrai. Est ce que j’aimerai l’être ? Disons que ça n’est jamais agréable d’être face à quelqu’un pour pleurer. Tout le monde n’est pas comme ça c’est vrai mais je fais partie de ceux qui préfèrent masquer leurs larmes et les garder pour eux. Seulement là je ne peux pas, c’est au dessus de mes forces. Elle m’a jugé au départ, je pourrais avoir peur qu’elle recommence mais ça n’est pas le cas. Elle n’a pas jugé mon épouvantard, elle ne jugera pas mes larmes. Et comme si elle tentait de me le prouver je sens ses bras qui m’enroulent dans une étreinte qui se veut rassurante. Et elle l’est, c’est indéniable. Je me raccroche à elle, à sa présence, tandis que lentement mais surement je me calme. Ma tête sur ses genoux, les yeux fermés, je laisse ce trop plein s’évacuer de mon corps. Elle me laisse faire, elle me laisse un peu de temps. Elle nous laisse du temps à toutes les deux je crois. On doit reprendre nos esprits et notre souffle sous peine d’imploser toutes les deux et ce dans tous les sens du terme. J’ai beau être sportif, elle a beau tenir le rythme, nous n’en sommes pas invincible et infatigable pour autant. L’adrénaline a fait son travail mais maintenant qu’elle s’estompe c’est autre chose. Nous ne sommes pas sortie d’affaire, la Forêt nous entoure toujours et cette Accromentule n’était certainement pas la seule créature dans le coin susceptible de nous vouloir et de nous faire du mal. On a eu de la chance cette fois, il ne faut surement pas en jouer mais pour le moment je suis incapable de faire un pas de plus tant je me sens faible. De toutes les manières possibles et imaginables.

Au bout d’un moment ses mains se font plus pressantes mais d’une manière différente. Je la sens s’écarter de moi et relève la tête plus par réflexe qu’autre chose. Une pression m’apprend qu’elle s’est relevée et qu’elle me pousse à en faire de même. Je coopère en prenant appuie sur elle jusqu’à finalement être totalement debout. Mes yeux fixent le sol pour ne pas avoir à faire face à l’obscurité persistante malgré la Lune qui nous donne une légère source de clarté.

« Hey, arrête de pleurer maintenant, je suis là t’es pas toute seule. J’te laisserais pas tomber, tu m’entends ? »

Tu captes mon regard et l’oblige à se concentrer sur tes yeux comme si tu voulais m’empêcher de regarder autre chose. Ta main serre la mienne avec force sans pour autant me faire mal. Mes larmes ont arrêté de couler je crois, ou en tout cas le flot se calme, ça j’en suis certaine. Je te regarde, je t’écoute, je me calme. Plus ou moins.

« C’est pas le moment de péter les plombs, on y est presque. Enzo n’a pas fait tout ce boulot pour rien pour que l’on se laisse mourir ici. Je suis sûre qu’il va bien, tu verras. On va le trouver en pleine forme dès demain, peut-être un peu fatigué mais en pleine forme quand même. »

Tu as raison, sans doute. Et pourtant …

« Et pourquoi ça serait pas le moment ? C’est jamais le moment ! »

Je me dégage d’elle, sans doute un peu trop brutalement. Je n’ai pas crié, j’ai encore suffisamment de raison pour ne pas hurler et ainsi nous préserver un tant soit peu d’une quelconque nouvelle menace attiré par trop de bruit. Elle a raison, ça n’est clairement pas le moment mais je crois que je suis incapable de fermer les vannes. Je sens le sang qui bat dans mes tempes et n’arrive plus à me contrôler alors que mon corps tout entier s’agite. Mes yeux encore humide, mon regard, changent d’expression. Enzo n’a pas fait tout ça pour rien, c’est une certitude, et peut être qu’effectivement il va bien, c’est ce que j’espère en tout cas, mais si ces types n’avaient pas fait ce qu’ils ont fait il n’aurait jamais eu à risquer sa peau pour sauver la notre et je crois que cette situation commence à me rendre folle.

« Et bien ce soir ça va l’être parce que j’en peux plus et faut que ça sorte. J’en peux plus de toutes ces conneries, de ce château qui va finir par me rendre folle, des ces gens qui passent leur temps à se mentir ou à ne pas se parler, à s’éloigner sans la moindre explication comme si t’avais jamais existé dans leur vie ou bien pour des raisons stupides et puériles et qui te laissent absolument aucune chance ! J’en ai marre de ces enfoirés qui un jour ont décidé qu’ils étaient les rois du monde, marre de ces petits cons qui passent leur temps à rire du malheur des autres, marre de … de … de cette putain de phobie à la con qui me paralyse totalement ! »

Et tu mélanges tout ma pauvre fille, t’en a vraiment gros sur le cœur pour en arriver là …

« Je veux plus avoir peur, jamais. J’veux plus trembler comme une gamine qu’a la trouille de son ombre et j’voudrai arrêter de me formaliser pour des trucs qui finalement, visiblement, ne touchent que moi. J’veux plus voir les autres souffrir sans rien pouvoir faire, et j’veux plus être mise à l’écart mais si c’est ce qu’ils veulent alors désormais ça viendra de moi et pas d’eux parce que je suis pas une bonne poire qu’on vient voir quand ça va pas ou quand c’est une question de bon timing à sens unique. »

Le souffle devient court mais les mots continuent de sortir malgré tout.

« J’veux plus être un dindon de plus dans cette incroyable farce ! »

Encore un peu ?

« Et mon père me manque. »

Ça va mieux ?

« Et ça fait du bien. »

T’as juste l’air d’une hystérique à bout de souffle et Kezabel ne doit absolument rien comprendre. Si tu te prends une baffe, faudra pas t’étonner.

« Et … on devrait pas rester là. »

Enfin un peu de sens dans cette histoire de fou et comme s’il pouvait m’entendre …

« Enzo Ryans t’as intérêt à t’en sortir et en un seul morceau sinon je te tue moi même. Même si t’es déjà mort ! »

De la peur au désespoir. Du désespoir à la colère. De la colère à la haine. Puis cette espèce de faux calme après la tempête alors que mes yeux sont braqués sur l’obscurité droit devant moi. Nouveau changement drastique alors que je tourne la tête vers elle – qui ne doit rien comprendre – et lui accorde de nouveau mon attention comme si rien ne s’était passé.

« T’es doué en Astronomie ? Si on arrive à trouver une percée dans la voute, on pourra peut être apercevoir les étoiles et se guider à partir de ça, non ? »

Tout un chacun sait que l’étoile du Berger indique le Nord alors … petite question subsidiaire : Dans quelle direction se trouve le château ? Nors, Sud, Est ou Ouest ? Et puis elle est où cette foutue étoile ? PS : T’as vraiment l’intention de faire comme si rien ne s’était passé, Riley ?

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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Lun 22 Juil 2013 - 23:02

Après les fissures l’explosion. Je te regarde en silence éclater comme un Volcan qui aurait trop longtemps dormi. Tu bouges, dans tous les sens, tu parles, tu débites, tu crache tout ce qui t’emmerde, tout ce qui te blesse. Tes peurs, ton amertume, ta rancune aussi. Et je te contemple avec cette foutu impression que tu n’es que mon reflet. Tes mots sont les miens… Ton corps se tend sous l’effet de la confidence, le mien menace de s’effondrer. Le danger est maintenant loin, Enzo retient sûrement encore cette Accromentule ou alors, il lui a déjà fait sa fête. L’adrénaline retombe et la conséquence m’angoisse car déjà, je sens mes mains trembler, mes jambes faiblir et mes propres douleurs accourir face à cette ouverture. Stop. Hors de question, ça n’était pas le moment, mais le sien à elle. Je me concentre sur tes mots, inspirant l’air frais de Dame Nature à plein poumons. Mon cœur retrouve un semblant de rythme normal mais le tien s’affole, tout comme ton souffle s’écourte face à la cadence à laquelle tu vomis toute ta peine.

Et tu en as vraiment gros sur la patate. Celle qui pleurait dans mes bras il y a pas plus de 10 secondes, était devenu une vraie lionne enragée. Enragée contre tous, contre tout. Ceux qui nous réduisaient à l’état d’insecte chaque jour passé dans ce château, ceux qui l’avaient laissé de côté. Le mépris dans sa voix laissait entrevoir un vécu récent que je n’osais aborder. Et pour être franche, je n’osais pas t’aborder tout court. Tu étais semblable à une véritable tempête, tu marchais de long en large d’une foulée rageuse, rapide. Sèche. Fais donc Riley, crache-nous tout ce venin, toutes ces couleuvres qui te bouffent l’existence ! Et je te contemple, me sentant moi-même vulnérable car tout ce que tu évoquais n’étaient qu’une copie de ce qui me bouffait un peu plus chaque jour. Dis moi, où sont donc les printemps a qui nous étions promit ? Ils ont foutu le camp en même temps que notre liberté. C’était comme s’il n’y avait que toi et moi dans cette forêt, comme si plus rien n’existait si ce n’est le fait que ce besoin endiablé de déverser cette haine et cette peine qui te rongeait les os depuis trop longtemps. Je te laisse faire sans un mot, tu mélange tout et je n’en tiens pas compte. L’abcès devait être de toute évidence percé. Et puis nous étions définitivement liées par cette aventure, par cette course pour la vie, cette course contre la mort. Je laisse toutes ses confidences faites parfois à demi-mots, sortir de ta bouche.

« Et mon père me manque. »

Et ma mère me manque. Tu étais l’écho de ma douleur, de ma peine, de ma rage, de ma rébellion. Je te regarde marcher, comme une furie, le souffle te manque mais tu t’en fou, t’as besoin d’expier, de cracher. Alors vas-y encore si t’en as sur le cœur. Dans ce genre de moment, mieux vaut privilégier le silence. Et toute cette rage, je la comprends car elle est mienne.

« Et ça fait du bien. »

Tu m’étonnes… Et moi qui ne bouge pas, qui ne cesse pas de t’observer. Tu avais une telle force en toi et tu ne le remarquais pas. Tout ce que tu dégageais là traduisait une volonté à vouloir s’imposer enfin une bonne fois pour toute. Tu étais passé de l’état fragile à l’état de roc. De la peine, à la haine. J’ignorais réellement quel était ton vécu Riley, mais une chose est certaine, c’est que tu es bien plus costaude que tu ne le laisse entrevoir…

« Et … on devrait pas rester là. »

Tu enchaines tes phrases, comme si de rien n’était. Comme si tu ne venais pas de déverser toute ta peine sur le monde. Je souris… C’était là la meilleure défense pour des personnes comme toi et moi. Nous avions déjà tant de mal à nous confier, alors quand cela se produisait, il y régnait une certaine pudeur, une gêne. Quelque chose qu’on ne pouvait réellement expliquer. Je me souviens de cette même gêne lorsque j’avais confié à Sovhann la mort de ma mère… Je n’étais pas à l’aise, c’était comme me mettre à nu devant la planète entière, comme si je laissais la porte de mes fissures grande ouverte. Et pourtant, toi tu n’avais pas hésité avec moi, même si je ne me faisais pas d’illusions sur le fait que c’était uniquement l’après-coup de toute cette agitation qui t’avais sérieusement secouée. Bon, j’avoue que j’ai pas tout compris… Mais nous entamerons les détails plus tard car là pour le moment, tu ressemble à une folle hystérique. Les yeux fou, le souffle court, les cheveux complètement en l’air grâce à notre course poursuite… J’éclate de rire :

« Regarde moi cette tête, tu ferais presque aussi peur que notre copine l’Accromentule. »

Allez, une petite plaisanterie pour remettre d’aplomb parce que personnellement, si toi tu as déversé ton sac, le mien est encore plein à craquer. Donc soit je m’occupe à autre chose, soit je te pète entre les doigts aussi sec que toi et je pense que ça n’est franchement pas le moment. Une c’est largement suffisant…

« Enzo Ryans t’as intérêt à t’en sortir et en un seul morceau sinon je te tue moi même. Même si t’es déjà mort ! »

Je dois bien avouer qu’il y avait de quoi s’inquiéter, mais vu la taille du Loup Garou, je ne pense pas que l’Accromentule n’ai fait long feu… J’dirais même qu’il est entrain de s’en payer une part là. J’ai envie de rire et j’sais même pas pourquoi. Les nerfs, vont lâcher. Riley, aide-moi. Tes confidences m’ont touchés, m’ont effleuré, puis griffés. Merde. Depuis quand n’avais-je pas été proche de quelqu’un comme ça, de manière si « intime » ? Enfin je veux dire, quelqu’un qui pourrait comprendre à part Maxence ? Une personne sur qui je pourrais enfin m’appuyer… Je lève les yeux vers toi. Je ne sais pas si j’en ai le droit. Tu as pourtant toi-même osé, vié, expulsé parce que la douleur était insoutenable. Alors toi, dis-moi… Est-ce que j’ai vraiment le droit de cracher ma douleur contenu depuis ses 4 longues années où, durant tout ce temps, j’ai pris sur moi, me voilant la face en martelant ma conscience que je m’en sortirais seule… ? Pour avoir maintenant à la place du cœur, une entaille aussi béante qu’un gouffre. Ravale tes larmes, tout de suite. Pas maintenant. Je m’approche d’elle, j’ai besoin de la sentir à proximité parce que putain, ca fait du bien d’avoir quelqu’un sur qui on peut compter. Je ne te laisserais pas maintenant, tu es là, et je crois que quoi que l’on dise, nous étions désormais liés.

« T’es doué en Astronomie ? Si on arrive à trouver une percée dans la voute, on pourra peut être apercevoir les étoiles et se guider à partir de ça, non ? »

Je me fige net … Alors alors. L’Astronomie ? J’ai cours d’Astronomie moi ? J’ai envie de me frapper. Allez, on se remet de ses émotions ! Je lève à mon tour les yeux vers le ciel.

« Il parait que l’on peut trouver l’étoile du nord grâce à la Petite Ours et la Grande Ours »

Bon là j’avoue que nous n’y voyons pas grand-chose avec tous ces arbres de malheur. Et les nerfs se remettent d’aplomb, l’alarme se réenclenche parce que l’esprit sait qu’il n’est pas en sécurité.

« Viens, on va avancer un peu histoire de voir un peu plus clair là haut. »

Je me rappelle sa phobie qui l’handicap autant dans le quotidien et je lui prends la main en douceur. T’es pas toute seule, je te l’ai déjà dis. Je l’ai promis.
J’avance à pas prudent, parce que croyez moi que c’est pas les racines qui manquent pour vous faire trébucher tête la première dans l’herbe ou dans autre chose. D’ailleurs, quand j’y repense c’est un miracle que ni Riley, ni moi ne nous soyons cassés quelque chose lors de cette course poursuite. On a de quoi écrire un livre. Et plus je pense aussi bêtement, plus je me rends compte que c’est ma manière a moi d’exhorté ce qui menace d’imploser. Et je me raccroche plus fort à Riley, sans m’en rendre véritablement compte. Le visage de ma mère s’affiche partiellement au creux de mes cellules grises… Image que je renvoi d’un coup sec d’où il vient. C’est pas le moment. J’entends un hurlement au loin… Enzo ? Ca m’en a tout l’air et au moins, c’est signe qu’il était bien vivant. Je sentis un peu le soulagement m’alléger le ventre. Je lui devais la vie et je comptais bien le remercier au moment venu…

Nous arrivons enfin à un endroit un peu plus dégagé et nous fouillons du regard la grande étendu bleuté que nous offre le ciel. Magnifique, d’autant plus qu’il est baigné par la mère Lune qui elle, à revêtis sa plus belle robe ce soir et nous illumine pleinement de toute sa beauté. Je trouve la Grande Ours après avoir eu le cou cassé en deux, puis la Petite… Maintenant, si on regarde aux alentours… BINGO !

« Là, regarde ! »

L’Etoile du Nord était au milieu de ses sœurs, plus brillante que jamais, se faisant remarqué comme une petite artiste capricieuse, voulant que chaque paire d’yeux humaine soit abasourdie face à sa grâce innée. Et maintenant… Jouons à... OU EST LE CHATEAU ! Bordel, on a pas l’air de deux idiotes maintenant avec notre étoile du Berger qui va nous servir à savoir où est le nord … mais si nous ne savons pas où est Poudlard… On est dans une sacrée merde. Et aux dernières nouvelles, je n’ai pas de boussole. Pas de boussole, pas de baguette, pas de balai ! Ah bah ca y est, je crois que nous allons de nouveau craquer.

« A moins que tu n’ai une carte au trésor à disposition… Je n’ai pas la moindre idée où peut être ce foutu château ! »

Réfléchir. Guetter. J’espère qu’une autre bestiole n’en profitera pas pour nous faire faire une nouvelle ballade de santé parce que je sens déjà mes jambes courbaturées par l’effort. Je sens que j’vais jamais aussi bien dormir de ma vie… Enfin, si on arrive à rentrer ça va de soi. Cours d’Astronomie… réfléchis allez. On a parlé des constellations, des astres… des planètes… Je me prends le visage entre mes mains. J’entends encore la voix du prof, je sais que la réponse est là, pas loin. Le château se trouve…

« A l’Est. Il se trouve à l’Est ce bougre ! »

Et bien tu vois quand tu veux ! Je la prends à nouveau par la main : Maintenant, on se casse. Pour de bon, t’en pense quoi ? Je crois que je n’ai jamais autant voulu fouler le parc de l’école qu’en ce soir précis. Si nous n’étions pas en danger, la situation pourrait être presque ironique car nous nous dirigions à grandes enjambés vers le lieu qui nous répugnait le plus. Mais bon, en attendant, je préfère me trouver là bas plutôt qu’entre les pinces de la sœur obèse de Spiderman.

« Tout à l’heure… tu parlais de ceux qui mente, s’éloigne, sans raisons particulières… Tu pensais à qui en particulier ? »

Ne vois pas ça comme une intrusion, juste que je commence à t’apprécier. Et j’aime discuter avec toi, parce que pour une fois, je ne me sens pas démuni… Je ne me sens pas obliger de paraître bien, tout le temps, constamment. Pour ne rien montrer. Et plus je te parle, plus le souvenir de ma mère se fait plus imposant. C’est comme une marque au fer rouge, qui te chauffe. Et tu es là, à serrer les dents, jusqu’à ce que tu explose et que tu hurles ta douleur. Mon père, Adam, les Supérieurs, la guerre, les cris, les hurlements.
Je secoue la tête. N'y pense pas, éloigne les de toi...

« Tu n’as pas revu ton père depuis quand ? »

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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Mer 24 Juil 2013 - 18:28

Ça fait mal et ça fait rien comme dirait l’autre. Oui ça fait mal de dire toutes ces choses mais paradoxalement ça fait du bien. Je vous l’accorde ça n’est surement pas le lieu ni le moment idéal pour faire ça mais quand on craque on choisi rarement quand et où ça va se passer. Trop plein d’émotions, et voilà le résultat. Pourtant me voilà de nouveau regonflée à bloc, ou presque, comme si rien de tout ça ne s’était passé. Et puis tu me fais rire, à me dire que je ferais presque aussi peur que cette saloperie d’araignée géante qui a bien failli nous avoir. C’est vrai que je dois avoir l’air d’une folle hystérique avec les cheveux dans tous les sens et les yeux limite en dehors des orbites. Je ne m’en formalise pas, on est comme on est. Enfin bref, on est bien loin d’être sorties d’affaire et pour l’heure, on ne sait même pas où on est, ce qui nous entoure – allez savoir, y a peut être une autre créature mangeuse d’homme tapis dans l’ombre à seulement quelques mètres de nous – ni même quelle direction prendre pour retourner au château. Si on s’en sort, je pense qu’on pourra réclamer une médaille, tu crois pas ?

Concentration ! On ne se disperse pas. A deux paires d’yeux rivées vers le ciel on va bien finir par trouver, non ?

« Il parait que l’on peut trouver l’étoile du nord grâce à la Petite Ours et la Grande Ours »
« Ouip, c'est exact. Je crois que c'est dans le prolongement de la queue de la casserole ou un truc comme ça ... »

Cette conversation devient étrange …

« Viens, on va avancer un peu histoire de voir un peu plus clair là haut. »

Elle me prend la main et je me laisse faire. Sa présence me rassure, c’est indéniable, et même si je n’aime pas dépendre de quelqu’un comme ça j’ai assez de réflexion pour savoir que ça n’est pas le moment de laisser s’exprimer un trop plein de fierté. Non, je ne suis clairement pas à l’aise dans toute cette obscurité et le silence asphyxiant de la nuit n’a absolument rien de réconfortant. Encore une fois je pense qu’on peut remercier la Lune, d’une parce qu’elle nous éclaire et de deux parce qu’elle nous a apporté un coup de main – ou plutôt un coup de patte – extérieur. Sans elle, sans lui, on serait déjà surement … Stop. C’est pas le moment d’y repenser. Mettre le plus de distance possible entre cette chose est nous, voilà la priorité. Ça et ne pas tomber dans les griffes, pinces ou autres instruments de tortures du genre d’une autre créature, le tout en parvenant à retrouver le château le plus rapidement possible. Kezabel marche légèrement devant moi, je suis le rythme en me focalisant sur sa présence tout en me concentrant pour ne laisser échapper aucun son, aucun mouvement, à ma vigilance. Je sursaute quand un hurlement déchire la nuit avec echo, mon cœur fait une embardée royale. Aucun mot n’est échangé jusqu’à ce qu’on arrive dans une sorte de petite clairière et là nos deux têtes se tournent instinctivement vers la voute céleste, nos yeux cherchent jusqu’à en avoir mal.

« Là, regarde ! »

Ma comparse tend le bras au dessus de sa tête, pointe une direction avec son doigt. J’observe quelques secondes et parvient enfin à apercevoir moi aussi ce qu’on cherche depuis un bon moment maintenant. Elles sont là, toutes les deux. La Petite et la Grande. Et moi je souris sans lâcher la main de la Poufsouffle ni le ciel des yeux.

« T'es magique Kezabel. »
« A moins que tu n’ai une carte au trésor à disposition… Je n’ai pas la moindre idée où peut être ce foutu château ! »
« Je l'ai laissé dans ma pile de string, merde ! »

NB : Je ne porte pas de string.

« A l’Est. Il se trouve à l’Est ce bougre ! »

Un cerveau pour deux, c’est déjà pas mal. Ou bien n'est pas plutôt la combinaison de nos deux cerveaux ? En tout cas nous voilà en route toutes les deux, vers le château en théorie, peut être vers la mort, peut être vers la vie. Qui sait. Le silence retombe un moment jusqu’à ce qu’elle le brise à nouveau alors qu’on continue de marcher avec prudence. Autant le dire, je ne m’attendais pas à cette question.

« Tout à l’heure… tu parlais de ceux qui mente, s’éloigne, sans raisons particulières… Tu pensais à qui en particulier ? »

Un instant je bloque, je réfléchis plus ou moins, visualise, puis j’entends sa voix à nouveau.

« Tu n’as pas revu ton père depuis quand ? »

Tout se mélange un peu dans ma tête. Je souris, mais mes yeux sont encore rouges à cause des larmes que j’ai versé plus tôt. Mon cœur se serre. Je ferme les yeux une, peut être deux voir trois secondes, inspire, bloque, expire et puis …

« C'est … un enchainement de tout un tas de choses je crois. Y a d'abord eu Elwynn qui était ma meilleure amie pendant des années. On était comme des sœurs toute les deux et puis elle a commencé à sortir avec Billy. J'ai pas compris pourquoi mais je suis visiblement devenu une menace à ses yeux. Elle s'est éloignée, on a fini par en discuter un peu mais ça n'est jamais redevenu comme avant. »

Tout ça pour une histoire de mec, c’est vraiment dommage. Je m’en fous de Billy, je l’adore, on s’entend très bien, mais je n’ai jamais vu en lui autre chose qu’un ami, je suis sure que c'est réciproque, et ça me blesse tellement qu’elle me range dans la catégorie des nuisibles comme ça. Elle ne me fait pas suffisamment confiance et ça fait mal, très mal, mais je crois que je suis passée au dessus de ça à présent. Qu'elle soit heureuse avec son homme, c'est bête à dire mais je crois que je n'ai plus besoin d'elle et c'est tout. La vie est ainsi faite, c'est simplement dommage de tirer un trait comme ça sur une amitié qui a duré pendant des années.

« Et puis Lukas … mon petit frère. J'ai toujours considéré ce grand dadet comme ça et jusqu'à il y a quelques temps y avait jamais eu aucune réelle dispute entre nous mais tout à commencé à se désintégrer et même si on en a discuté aussi, j'ai juste pu le regarder prendre le large sans vraiment comprendre pourquoi. Je me suis dit que c'était peut être l'âge, on a 3 ans d'écart, c'était peut être inévitable mais ça fait mal de se sentir abandonné comme ça, sans plus d'explication. »

Il a Cleo, il a Maël, et puis c'est un gars sociable je ne m'en fais pas trop pour lui mais il me manque. Parfois je me surprends à être en colère contre lui, j'aimerai juste comprendre. Est ce qu'il est resté bloqué sur ce qu'il s'est passé avec Derek ? Aucune idée. Je ne crois pas pourtant, là encore c'est peut être simplement la vie qui voulait ça. Je fais avec, je n'ai plus envie de dépenser de l'énergie à me poser trop de question ni même à essayer de garder ma place dans l'existence de personnes qui ne semblent pas partager mon souhait. Oui je me suis sentie abandonnée, c'est un fait, mais comme les chats je retombe toujours sur mes pattes. Il n'empêche que ma confiance en moi s'est quelque peu effritée, c'était inévitable. Quand les gens dont vous êtes les plus proches s'éloignent presque de façon simultanée, ça force à la remise en question. Pourtant j'ai eu beau chercher, je n'ai jamais trouvé ce que j'avais pu faire de mal. Je n'ai jamais eu de gestes déplacés envers Billy, je ne crois pas, quant à Lukas … les raisons de se disputer ont été présentes et réelles mais il semblait pourtant être passé au dessus et moi aussi. Je continue de le penser mais ça n'allège pas l'incompréhension et la peine.

« Y a eu Cameron pendant un moment, un de mes amis Moldu et la raison « officielle » pour laquelle je suis ici parce qu’on ne mélange pas Sorcier et Moldu selon leur cerveau étriqué. »

Bande de naz.

« Il allait pas super bien, tout ce qui s'est passé avec Kyle et Enzo en a rajouté une couche parce qu'il est proche des deux, etc … Bref, il a ressenti le besoin de s'isoler, chose que je peux comprendre mais il était un peu mon dernier rempart et … Je me suis senti très seule. Au final c'est moi qui me suis éloignée encore un peu plus de tout ce monde là, je me suis plongé dans … pleins de trucs, pour essayer d'encaisser, passer à autre chose, pas me prendre la tête, etc ... »

Les études, un peu l'alcool je dois bien le dire, le sports, etc … Non je ne suis pas aussi forte et intouchable que certains peuvent peut être penser. Je crois qu'on se cache tous derrière une façade, et on essaye tous de la maintenir en place pour sauver les apparences mais quand on s'écroule à l'intérieur il arrive toujours un jour où l'extérieur trahis ce qu'il se passe. Kezabel a été témoin de ça ce soir et ceux qui me connaissent bien auraient sans doute compris que quelque chose ne tournait pas rond s'il l'avait vu. J'aurai beau faire tous les efforts du monde je crois que je garderai toujours un peu de rancœur vis à vis d'eux.

« Pour ce qui est du mensonge, je sais pas, c'est plutôt une histoire de non dit et je crois que ça touche tout le monde de près ou de loin. On est tous un peu lâche sur les bords à mon avis. »

J'en suis la preuve vivante puisque je n'arrive pas à aller vers eux pour leur dire tout ce que j'ai sur le cœur. J'ai toujours agis comme ça je crois, déjà avec ma mère j'ai souvent fuit les conflits. Je suis capable de monter au créneau, de l'ouvrir un peu trop, de défendre ce que je crois être juste. Je n'ai pas toujours peur de foncer dans le tas mais je crois que défendre les autres et m'occuper de moi c'est vraiment deux choses différentes. Une est plus simple que l'autre apparemment.

« Et concernant mon père, je ne l'ai pas vu depuis bientôt deux ans, depuis la rentrée avant laquelle les Sup ont débarqué en fait. Depuis j'ai réussi à avoir des nouvelles de temps en temps mais ça fait un moment. La dernière fois c'était il y a quelques semaines, peut être même des mois maintenant. »

L'obscurité délierait elle les langues ? Depuis combien de temps je n'ai pas autant parlé de moi ? Je ne m'en souviens même pas.

« C'est lui qui m'a offert ça, pour mon anniversaire, en avril dernier. Je crois que j'avais pas été aussi heureuse depuis un bon moment quand j'ai vu la chouette voler vers moi, avec le paquet dans les serres. »

Entre mes doigts, faiblement éclairé par le reflet de la Lune, une petite biche en argent. Un pendentif raccroché à mon cou par une fine chaine faite dans le même métal. Un objet que je ne quitte jamais. J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Et la biche, pour la petite histoire, c'est simplement mon patronus. Patronus qui me manque à l'heure actuelle … tout comme mon père.

« C'est pas facile tous les jours mais on s'accroche, il le faut, et puis tout le monde à des problèmes, des états d’âmes. C’est pas la peine d’en faire un foin, j’aurai sans doute pas du craquer comme ça mais ça m’a fait du bien. Merci de … Merci, c'est tout. »

D'avoir été là, de m'avoir laissé vider mon sac, de ne pas m'avoir jugé. Ça compte énormément pour moi et je me sens redevable. J'aimerai faire quelque chose pour toi moi aussi et j'ai comme l'impression que ce qu'on est entrain de vivre là, ensemble, ça n'est pas anodin. C'est comme si je me sentais liée à toi désormais alors que je ne te connaissais pas il y a seulement quelques … heures ? A vrai dire j'ai perdu la notion du temps.

« Tu devrais essayer. »

Encore un sourire mais pas amusé cette fois. Un sourire compatissant, je crois. J'en sais trop rien mais je vois bien qu'il se passe beaucoup de choses dans ton regard malgré l'absence de clarté évidente. Enfin … c'était sans compter sur ses flammèches qu'on aperçoit finalement droit devant nous entre les troncs tous plus massifs les uns que les autres. A mon tour de tendre le bras droit devant moi pour te l'indiquer.

« Regarde … Je crois qu’on a une bonne étoile. »

Sans vouloir faire de jeu de mots.

Le château, enfin, et je crois que j'ai rarement été aussi heureuse de voir se dessiner cette grande bâtisse. Je crois que malgré nous on a accéléré le pas et quelques minutes plus tard on arrivait en lisière de la Forêt. Avec un énorme soupir de soulagement.

« Maintenant il faut qu’on se débrouille pour traverser le Parc sans se faire repérer, qu’on rentre dans le château sachant que la porte est fermée de l’intérieur mais je pense connaître un passage par une des fenêtres du Hall, certains l’utilisent fréquemment et pour l’instant les Sup ont rien remarqué je crois. Faudra juste un peu grimper mais vu ce qu’on vient de faire je m’en fais pas trop pour nous. On est plutôt agiles nan ? »

Cat's Eyes, tu connais ?

« Et dans l’idéal, poussons le vice et allons voir dans les cachots si nos baguettes n’y sont pas … Je doute qu’elles soient sur nos oreillers à nous attendre comme par magie … »

Parce que vivre ici sans baguette c'est … et puis … je n'aime pas la savoir entre les mains de n'importe qui. Je me sens presque vide sans elle. Aucun moyen de savoir si elles y sont vraiment et c'est surement du suicide mais …

« Ou alors on trouve celle de quelqu'un d'autre et on voit si elle veut bien nous répondre. Peut être qu'un Accio Maxima suffirait ... T’en penses quoi ? »
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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Lun 29 Juil 2013 - 22:08

Je la laisse de nouveau vider son sac, sans l’interrompre. Riley en avait gros sur la patate et sincèrement, ça se ressentait. De la voir aussi facilement débitée tout ce qui la rongeait de l’intérieur était une preuve flagrante qu’elle n’en pouvait plus, rendu à un stade où tu as juste besoin de vomir tout ce qui te blesse, tout ce qui te fais mal. Et c’est ce qu’elle faisait tandis que je l’écoutais attentivement. Elle m’énuméra un par un ceux qui l’avaient déçu, ceux qui lui ont échappé sans qu’elle ne fasse rien. Plus je l’écoutais parlé, plus elle me donnait l’image d’une petite fille sur le quai, regardant partir le bateau, sans elle. Riley était comme ça, elle se taisait, encaissait, jusqu’au moment où elle éclatera. Comme ce soir. Nous étions si semblables sur ce terrain que je m’en trouvais déstabilisé. Je n’avais pas dis un mot sur ce qui me rongeait, sur ce qui faisait mes cauchemars quotidien. Si tu savais combien je te comprenais…

Et avec tous ces aveux, j’apprends la raison de sa présence ici. Une sorcière et un moldu qui s’entendent bien, ça fait désordre et ça, ils ne le laissent pas passer. Et quelle bande de con. On se croirait revivre le cauchemar Nazi des années 40, les juifs, Auschwitz, Dachau, la persécution et j’en passe. Ici, l’histoire était la même ne trouves-tu pas ? A un détail prêt : Le monde magique. Sang pur contre Impure. Race arienne contre la race inférieure. Ça me donne la nausée, parce que la vérité était là, sous mes yeux. Il suffisait de nous regarder pour comprendre que l’homme n’évoluait pas. Il régressait. Il régressait dans sa violence, dans sa soif de pouvoir, toujours avide d’en avoir plus, de détruire. Toujours cette faim de souffrance, de sang, ce besoin de faire mal et de détruire. Nous redevenions animal, homme primaire. Homme des cavernes. Les larmes me montent aux yeux de me rendre une fois de plus compte que nous vivions dans un monde qui n’était pas le notre, qui n’était pas le mien. Etions-nous cette jeunesse qui ferions revenir lumières aux plus obscures d’entre nous ? Je te regarde toi, jeune femme brisée, tu étais simplement le reflet de ma douleur. Je t’appréciais de plus en plus…Peut-être était-ce grâce à des personnes comme toi que nous tenions, que nous trouvions la force de se lever, de se battre, et d’hurler à la révolte. Des personnes comme toi, comme mon frère, mon père, Caem et j’en passe. Vous étiez l’Etoile de nos nuits.

Tes paroles s’échappent et se perdent dans la nuit, s’évacuent pour soulager le nœud présent au fond de toi.

« Pour ce qui est du mensonge, je sais pas, c'est plutôt une histoire de non dit et je crois que ça touche tout le monde de près ou de loin. On est tous un peu lâche sur les bords à mon avis. »

Je te regarde, tu n’avais pas tord. Non en faite, t’avais complètement raison. Qui n’a pas été lâche au moins une fois dans sa vie ? Même les plus grandes gueules l’étaient à se cacher derrière leurs prétentions. Nous continuons de marcher, d’un pas plus tranquille même si le danger était dans chaque branche d’arbre qui nous entourait.

« Elwynn ne se rend pas compte de ce qu’elle perd à t’en vouloir pour des trucs aussi con. Je ne juge pas, j’te dis juste ma façon de penser. C’est stupide de bousiller une amitié pour un mec qui, peut-être, lui fera plus de mal qu’autre chose. Je ne lui souhaite pas, mais c’est là qu’elle se rendra compte qu’elle a fait une belle connerie. »

Je ne suis pas la mieux placer pour parler des histoires d’amours, celle qui dégouline de tendresse ni même les coups d’un soir… Mais il ne fallait pas être un pro pour se rendre compte de ça. Je veux bien admettre que celui ou celle que l’on aime peut prendre une place très importante… Mais de là à évincer toute amitié par jalousie ? A mon humble avis, Riley méritait bien mieux.

« Concernant Lukas… Tu devrais peut-être aller lui parler. Encore une fois. Après, je sais que c’est pas évident à entendre mais la vie est ainsi faite, certains partent pour mieux revenir ou ne pas revenir du tout. Mais si tu veux sauver le peu qu’il reste, alors fais, ne pars pas avec le regret de ne pas avoir tout essayé »

Je suis pas là pour donner des leçons ni rien, elle se confie à moi et j’essaie au mieux de la conseiller… Du moins j’espérais bien faire et de pas dire de connerie. Quoi qu’il en soit, désormais elle n’était plus seule. J’étais là, pour de bon. Après une soirée come celle-ci je me voyais mal lui tourner le dos. Enfin, certains le ferait mais je n’en avais pas l’envie. D’abord parce que ça n’était pas mon genre et puis, je l’aimais bien Riley. Elle dégageait quelque chose d’attractif. Et puis merde, on vit qu’une fois et j’ai pas envie de t’laisser. Et lorsque tu me montre ce petit pendentif que tu tiens si précieusement entre tes doigts fins, ma gorge s’obstrue d’une boule de sanglots. Elle me livrait ses petits secrets, sans retenu et j’appréciais. L’évocation de son père me ramena inévitablement au mien, à Adam et à ma mère. Je repensais au livre que je gardais bien précieusement dans ma valise. Seul Loar en avait connaissance et ce, malgré moi. Je savais aussi bien que toi que ce genre de petit objet pouvait être presque aussi précieux qu’une vie et personnellement, je vouais un vrai culte à ce bouquin. Il n’était peut-être qu’un livre pour enfant, mais il contenait toutes les histoires que ma mère m’avait tant de fois raconter avant de m’endormir. Mais aussi, un mot de quelques lignes qui la font vivre au mieux, et qui, à chaque fois que je les lis, me rappelle son souvenir, son odeur et sa douceur maternelle. Putain qu’elle me manquait… Je secoue la tête. Ne commence pas à t’évader là où il ne faut pas.

« C'est pas facile tous les jours mais on s'accroche, il le faut, et puis tout le monde à des problèmes, des états d’âmes. C’est pas la peine d’en faire un foin, j’aurai sans doute pas du craquer comme ça mais ça m’a fait du bien. Merci de … Merci, c'est tout. »

Je lève la tête, surprise. Je n’attendais pas de toi à ce que tu me remercie, tes confidences ayant fait le reste. Je souris, tu avais l’air handicapé des sentiments. Et ton simple merci en disait suffisamment pour moi.

« Je suis contente que tout ça ait pu te soulager… Vider son sac un bon coup ne peut faire que du bien. »

« Tu devrais essayer. »

Je tique un peu. Je me tends, me fige et me bloque. Avait-elle tout simplement lu dans un regard que le gouffre était au bout de mes pieds ? Aucuns mots ne sortaient, je ne trouvais que le moyen de sourire… Un sourire crispé, tendu et affreusement triste. J’aimerais tu sais, te dire tout ce qui ne va pas, tout ce qui fait mal et tout ce qui me déchire depuis plus de 4 ans. J’aimerais vomir mes douleurs comme toi, avec toi. Te donner le change des confidences, me libérer et me reposer un peu sur ton épaule comme toi tu l’avais fais. Mais je n’y arrivais pas. Je serrais les poings… J’avais envie de te hurler que ma mère me manquait à en crever, que je ne pouvais plus supporter ce vide béant et cette douleur quotidienne. Mais plus je me faisais violence pour t’avouer mes maux, plus je me bloquais. Je n’étais pas du genre à me confier, je me trouvais à chaque fois ridicule et grotesque. Pourtant, combien aurait survécue à ce massacre des sentiments dis moi ?

Et ton sourire à toi, qui en disait lui aussi très long. Tu te doutais peut-être de quelque chose, je n’en savais rien. Mais tu avais cette bienveillance sur ce visage qui laissait transparaitre que je pouvais déverser le flot de haine et de douleur à tes pieds. Un jour, je te le promets. Un jour, je viendrais sûrement te chercher, le souffle coupé, le corps tremblant tant je sentirais le point de rupture arriver. Ce jour là, j’aurais besoin de quelqu’un, d’une personne solide sur qui compter. Et peut-être, que ce sera toi.

En attendant, tu me montre l’espoir du bout du doigt. Enfin ce foutu château. C’était affreusement cocasse d’être si soulager de voir sa bâtisse s’élever droit vers le ciel alors que nous passions nos journées à le craindre avec l’envie viscérale de le fuir. Et nous courrons presque. Vite, fuir, le noir, la peur, le danger. J’ai le cœur qui bat comme un fou tant le soulagement se fait impatient. Et là… Gloire. Bordel, le respire. J’inspire, je vis. J’ai envie de m’écrouler et de pleurer comme une gamine tant mes nerfs menacent de lâcher sous le bien être de la semi-sécurité. Je m’avachis dans l’herbe, le corps complètement alourdis de fatigue. Désolée Riley, mais là c’est trop pour moi. Okay, on respire la jeunesse mais faut pas pousser…

« Maintenant il faut qu’on se débrouille pour traverser le Parc sans se faire repérer, qu’on rentre dans le château sachant que la porte est fermée de l’intérieur mais je pense connaître un passage par une des fenêtres du Hall, certains l’utilisent fréquemment et pour l’instant les Sup ont rien remarqué je crois. Faudra juste un peu grimper mais vu ce qu’on vient de faire je m’en fais pas trop pour nous. On est plutôt agiles nan ? »

Toi on peut dire que tu ne manquais pas de ressource. Et la perspective de jouer les James Bond Girl était plutôt séduisante… Bon j’suis complètement vannée et j’ai qu’une envie c’est de m’écrouler dans mon lit. Mais un peu de piment dans cette vie de fou, ca faisait pas de mal.

« Et dans l’idéal, poussons le vice et allons voir dans les cachots si nos baguettes n’y sont pas … Je doute qu’elles soient sur nos oreillers à nous attendre comme par magie … Ou alors on trouve celle de quelqu'un d'autre et on voit si elle veut bien nous répondre. Peut être qu'un Accio Maxima suffirait ... T’en penses quoi ? »

Riley et le génie d’une meneuse de troupe. Tu confirmais ce que je pensais depuis le début. Derrière tes angoisses, tu ne manquais pas de cran. Plus j’avançais avec toi, plus tu me reflétais. Nous voilà comme deux comparses de galère pour de bon, j’suis sûre que nous aurions fait les quatre cents coups en couche culotte qui nous nous étions connu avant ! Oui je m’égare… mais en même temps, c’est en te fréquentant que ma connerie ressort. Ouh la menteuse, j’suis juste cloitré dans mes angoisses depuis trop longtemps. Cette soirée a été sûrement l’une des plus terrifiantes de ma vie, mais je ne m’étais jamais autant amusé. Pour l’amusement, mesurons le degré, entendons-nous bien. Bref, j’me suis comprise ! Et les faits étaient là… sans baguette ici, nous n’étions plus rien. Et cette absence au bout de mon bras commençait à se faire lourde. Elle était le prolongement de ma main, elle accompagnait mes gestes et épousait la forme de ma paume a la perfection. Ne plus l’avoir sur moi me donnait la sensation du membre fantôme. Perdre par exemple sa jambe, mais d’avoir cette sensation qu’elle était toujours là… Très désagréable.

« J’en pense que c’est une très bonne idée… Pour le vole de baguette. Les cachots ça m’tente pas et franchement, autant retourner dans au cœur de la forêt interdite pour retrouver notre grande copine l’araignée… »

Le plus logique serait de trouver un Supérieur un peu bête et de trouver un moyen de lui subtiliser sa baguette et sur ça… je nous faisais confiance. Avec nos deux supers cerveaux combinés, tout devrait être facile. Nous étions des femmes non ? Et pas des moindres. Je me lève et la suit. Tu es mon guide se soir, montre moi donc les secrets du château que je ne connais pas. J’vous jure qu’on aurait pu faire un film. Première séquence : Traverser le parc sans se faire voir. Et c’est avec une extrême prudence que nous fonçons droit sur le château, le regard constamment entrain de fouiller les horizons pour vérifier que personnes n’étaient là. Et à croire que la chance tournait vraiment puisqu’il n’y avait pas un chat ici. Nous filions comme deux flèches et je te suivais aveuglément et franchement, c’était pas le moment de douter de quoi que ce soit. Nous étions entrain de jouer nos vies car même si l’Accromentule était la plus dangereuse, les Supérieurs eux prendront le temps de nous torturer. Et peut-être bien plus que cela. Un frisson de terreur me parcourra l’échine et me ramena l’image du type dégueulasse au regard lubrique qui ne cessait de zieuter Riley tout à l’heure. J’espère seulement qu’il laissera tranquille… mais en vu de leur esprit tordu, j’en doutais.

Tu me tire de mes pensées en me soufflant que le passage a été trouvé. Franchement, tu m’impressionne, pour quelqu’un qui avait la phobie du noir et qui se croyait être ridicule tu te montrais être très débrouillarde. Heureusement que je suis tombée sur quelqu’un comme toi pour cette punition collective… A sa suite, je grimpe les quelques pierres apparentes. A croire qu’elles étaient là pour nous. Je remercie mes années à crapahuter partout avec les copains de l’école, parce que je ne pense que j’aurais réussit tous les exploits de cette soirée sans ce petit atout. Et tu débrouillais aussi bien, grimpant avec l’agilité d’un félin. Après Spiderman …

« Eh fallait m’le dire que tu étais la pote de Catwoman. »

Autant continuer les conneries si nous ne voulions pas tomber folle. Une main a gauche, le pied gauche en appuie et hop, on recommence. C’était sans compter les crampes sous l’effort, le corps ayant trop subit pour la soirée. Allez, encore un petit effort Kezabel… tu y es presque. Le cœur tambourine contre les côtes et les muscles de mes cuisses me brulent. Je souffle et tend la main vers celle de Riley qui était à porter de doigts, pour me hisser vers la fenêtre. Je prend appuie sur le bord pour ensuite m’écrouler à nouveau, sur le sol frais.

« Rappelle-moi … de me remettre sérieusement au sport. J’ai l’impression d’être un éléphant qui essaie de grimper une échelle. »

Essoufflée que je suis… A croire que nous ne verrons jamais le bout de cette mésaventure. Et puis ça n’était pas le moment de se prélasser. Ce n’était pas comme si un Supérieur pouvait rappliquer d’une seconde à l’autre. Bien campé sur mes pieds, je te suis à nouveau, sans faire un bruit, le souffle presque en suspend. Nous parcourions le Hall en toute discrétion, jetant des œillades à chaque recoin pour être sûre que personne n’arrivait… Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Bruit de pas, voix au loin. J’agrippe Riley par la hanche et la plaque dans enfoncement du mur, à l’ombre et surtout à l’abri de tout regard. Désolée pour ce corps à corps forcé mais là, c’était sa ou la mort. Mon visage près du sien je pose un doigt sur ses lèvres en faisant un signe de tête vers le Hall où deux Supérieurs bien éveillé faisaient leur ronde nocturne. Le sang battait mes tempes et je retenais tant bien que mal mon souffle. Je pouvais sentir son coeur battre contre le mien…

« Font chier ces p’tits merdeux. On devrait tous les enfermés dans un foutu cachots et en faire notre affaire, on serait pas là à tourner en rond pour rien.
- Arrête de te plaindre… T’étais bien content hier de t’amuser avec l’une d’entre elle. »

Gros éclats de rire. Grosse nausée pour moi. La rage vint me violenter le ventre, le cerveau, le corps. Mon corps se crispe et je sens le tien suivre le même chemin. Je t’intime d’un regard de te taire. Ne pas bouger, limiter sa respiration. Le feu me bouillonnait les veines et l’envie de les suspendre par les pieds au dessus du lac me démangeait. Mais pas de baguette, pas d’acte inutile et dangereux. Nous attendions en silence quelques minutes avant de pouvoir se dégager.

« Pardonne moi pour la proximité… mais c’était ça ou les cachots. Et a en juger par leur discussion dégueulasse, nous aurions eu droit à pire. »

Pas le temps de s’attarder sur la colère qui me rongeait les veines et qui me brûlait le creux du ventre. L’horreur qui nous attendait si nous nous étions fait prendre entrain de nous balader dans le hall en pleine nuit, me fit frissonner avec violence. Enlève-moi ces images de ta tête…
D’un pas pressé et angoissé, nous continuons notre quête au travers le Hall. Nous arpentons un couloir, un virage, puis un autre couloir. L’agacement commençait à se faire sentir et surtout l’épuisement… je ne sais pas toi, mais je crois que cette nuit allait être celle où je n’aurais même pas la force de faire un cauchemar. Juste celle de m’écrouler sur mon lit.

Et là, notre bonne Etoile nous fit un cadeau du Ciel. Face à nous, un Supérieur s’était endormie sur les marches en colimaçon menant au premier étage. Instinctivement je baissai la voix

« Je crois que la chance tourne pour de bon »

La baguette de l’imbécile peut assidu dans son rôle de guetteur, pendant au bout de ses doigts, prête à chuter sur le sol. Je lève mes yeux vers toi… Alors, c’était toujours toi et moi ?

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MessageSujet: Re: Who are we in this rotten orchard. ~ Ft Riley S. Jenkins.   Jeu 1 Aoû 2013 - 20:08

Les amis ça va, ça vient. C’est con mais c’est comme ça et on fini par s’y faire quand ça se produit. Ou pas. Certains jours oui c’est le cas, et d’autres non, clairement pas. Les gens vont et viennent dans ta vie, entre parfois sans frapper et ressorte par le fenêtre. Rien n’est jamais acquis je crois bien. On évolue, on se lasse, on a plus rien à se dire, plus rien en commun, les éléments extérieurs font parfois le boulot tous seuls comme des grands. Bref ! La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Peut être qu’Elwynn ne se rend pas compte de ce qu’elle perd comme tu le dis mais en attendant j’ai surtout l’impression que c’est moi qui perd quelque chose dans cette histoire. Est ce que j’aurai du me battre un peu plus ? C’est possible mais quand on fait face à ce qui semble être un mur, comment dire … on ne peut pas dire que c'est motivant. J'ai abdiqué je crois, ouais, j'ai simplement baissé les bras et puis c'est tout. Visiblement au bout d'un moment on fini par se complaire dans l'éloignement et la solitude et dans mon esprit j'en suis au point où j'ai l'impression que toutes nos années d'amitié n'ont pas existé. Je garderai toujours une place pour elle dans mon cœur mais se faire rejeter pour un truc aussi débile, sincèrement, la pilule à du mal à passer. Si encore j'avais la réputation d'être une menace quelconque mais non, rien de tout ça. Je ne suis pas une Marie-couche-toi-là, j'ai jamais piqué le mec de personne et ça n'a jamais été dans mes projets alors à mon sens rien ne justifie une telle réaction de sa part et si l'amour fait faire ce genre de truc et bien, clairement : je n'en veux pas. Je ne lui souhaite pas d'être malheureuse pour autant, loin de là, et puis de mon point de vue Billy m'a tout l'air d'être un gars bien, mais je ne sais pas si j'aurai la force d'être là pour elle si un jour ça se termine mal. J'en sais rien, peut être, mais de toute façon j'espère que ça n'arrivera pas. Si elle est heureuse alors tant mieux, et tant pis si je n'ai pas ma place dans son bonheur. Bien sur que je ressens de l'amertume mais je me fais une raison. J'ai essayé de faire un pas vers elle, je lui ai fait comprendre que ma porte était ouverte mais elle n'a pas semblé souhaiter la pousser pour revenir vers moi alors … soit.

Pour ce qui concerne Lukas c'est autre chose. Y a eu des disputes entre nous, surtout une en fait, ou plutôt deux, mais je ne crois pas que cet éloignement prolongé soit réellement lié à ça. Ça été progressif même si par moment je l'ai vécu violemment. Après tout, qui aurait envie de trainer avec sa grand sœur en permanence ? Kezabel a raison, peut être que je devrai lui parler, mais pour lui dire quoi ? Tu me manques ? Reviens ? S'il est parti c'est que ma présence ne lui était plus essentielle non ? C'est comme ça que je le vis et sans doute pour ça que je ne fais pas de pas dans sa direction. Avec tout ce qu'il s'est passé j'aurai pensé qu'il se tournerait vers moi mais il a choisi de ne pas le faire alors bien entendu ça me blesse mais au risque de me répéter … c'est comme ça. Il m'arrive de ressentir une pointe de jalousie envers ceux qui ont la chance de pouvoir profiter de sa présence mais ça fini toujours par passer. Je me dis que je suis ridicule, rien qu'une vieille mère poule qui ne veut pas laisser son poussin s'échapper du nid. Passe à autre chose ma pauvre Riley, la vie est ainsi faite.

Donc voilà, j'ai vidé mon sac devant une parfaite inconnue ou presque, et ça m'a fait du bien. C'était sans doute pas le meilleur endroit ni le meilleur moment mais est ce que ça existe vraiment ? L'émotion, l'adrénaline, ce beau mélange … il fallait que ça sorte et c'est sorti. Mon corps et mon esprit devaient avoir bien assez à gérer pour en plus s'encombrer de choses aussi « futiles ». J'ai bien vu qu'elle a tiqué à ma remarque mais loin de moi l'idée de la mettre mal à l'aise. Ça n'était pas une invitation à se confier comme j'ai pu le faire, ça n'était pas non plus un jugement ou quoi que ce soit dans ce goût là. C'était simplement une remarque anodine, un constat, des mots qui ont voulu sortir et que j'ai laissé faire, encore quelques uns, puis une chose en entrainant une autre on s'est retrouvé à la lisière du parc, avec le château en visuelle. Elle s'est écroulé sur le sol, moi je suis resté statique un moment, me demandant comment je faisais pour tenir encore et surtout pour ne pas sombrer à nouveau dans la peur panique du noir qui flirtait avec mes nerfs depuis un bon moment. Je connais le parc, c'est un endroit qui ne me fait pas peur en règle générale, un endroit où je me sens bien, voilà pourquoi je ne tremble sans doute plus comme un peu plus tôt. Ça et ma tête de mule qui arrive à me convaincre que je n'ai pas la trouille. La Lune est belle, tellement belle, et tellement lumineuse. Merci le soleil de continuer à nous éclairer par son intermédiaire. Elle illumine les alentours de sa lueur argentée, presque rassurante. Je sais que là encore ça n'est surement pas le moment mais c'est tellement beau …

Sauver notre peau pourrait s'avérer être une bonne chose, et par conséquent ne pas s'arrêter là, voilà pourquoi je propose à ma comparse guerrière – oui à ce stade je pense qu'on peut s'auto-proclamer – un nouveau plan pour rentrer au château. Elle semble convaincue.

« J’en pense que c’est une très bonne idée… Pour le vole de baguette. Les cachots ça m’tente pas et franchement, autant retourner dans au cœur de la forêt interdite pour retrouver notre grande copine l’araignée… »

Je ne vois absolument pas pourquoi tu dis ça … A choisir, entre l'homme ou la bête, qu'est ce qui est le pire ? Je pense que ça dépend de chacun, de la notion qu'on peut avoir du pire en question et surtout de l'imagination. Mourir vidée de tout fluide vitale puis broyée entre les pinces d'un monstre à huit pattes ou bien subir tout et n'importe quoi de la part d'un de nos semblables aux idées un peu trop … extrêmes ? Je n'ai pas vraiment envie de choisir à vrai dire.

On s'est mis en route, telle deux ninjas à l'affut du moindre bruit et du moindre mouvement. Devant, derrière, sur les côtés, même en hauteur. Hors de question qu'on se laisse surprendre. Des silhouettes passaient parfois devant les fenêtres éclairées du château, nous faisant sursauter, puis nous immobiliser, retenant notre souffle avant de repartir jusqu'à ce que les murs soient là, sous nos mains. J'aurai pu embrasser la pierre je crois. Guidant la Poufsouffle je me suis donc mise en quête de ce fameux passage sans réellement savoir où il se trouvait. Une fenêtre à l'abri des regards indiscrets, ensorcelée par un petit malin pour ne jamais vraiment se fermer. Je ne connais pas l'endroit exacte mais en cherchant un peu … Bingo ! La voilà. Et c'est partie pour un peu d'escalade. Cette soirée – bien qu'elle ne soit pas terminée – aura été riche en rebondissements et surtout en activités physiques et sportive diverses et variées. Je crois que je peux remercier mon hyperactivité de m'avoir maintenue en forme et éventuellement ma mère pour m'avoir transmis sa passion pour le Quidditch parce que c'est grâce à ça si j'ai pu développer autant d'endurance et de souplesse et à l'instant T ça m'aide beaucoup.

« Eh fallait m’le dire que tu étais la pote de Catwoman. »
« Sa pote ? J’suis pas sa pote. Catwoman c’est moi. »

Un sourire entre deux efforts, et surtout un échange pour se détendre mais toujours à voix basse. Hors de question qu'on se fasse surprendre, une fois encore. Et miracle ! Je suis à l'intérieur. La seconde d'après mon bras se tend et la main de Kezabel attrape la mienne. Je l'aide à se hisser et la laisse reprendre son souffle sur le sol frais. Qui aurait cru qu'on aurait pu se sentir si en sécurité à l'intérieur ? Et surtout qui nous dit qu'un autre danger n'est pas tapis dans l'ombre, près à nous sauter dessus et à jouer avec nous tel un chat avec sa proie.

« Rappelle-moi … de me remettre sérieusement au sport. J’ai l’impression d’être un éléphant qui essaie de grimper une échelle. »
« J’me ferai un plaisir de t’entrainer dans mon vice hyperactif si tu veux. Et j’te rassure, t’as pas grand chose à voir avec un éléphant. »

Oh ça non ! Pas que j'ai quelque chose contre les éléphants parce qu'en plus de ça, je me dis que si on en avait un avec nous on aurait peut être moins de problème mais ça n'est pas la question. Et puis c'est reparti pour un tour, à pas de loup telles deux souris, sans bruit aucun, jusqu'à ce que mon cœur menace d'exploser ou de sortir de ma poitrine. Elle m'a surpris et j'ai failli hurler, je dois bien le dire. Réflexe humain totalement stupide mais totalement … humain. Elle est là, contre moi, son doigt sur mes lèvres et moi j'ai les yeux grand écarquillés par la surprise. Je comprends enfin quand des voix s'élèvent non loin de nous.

« Font chier ces p’tits merdeux. On devrait tous les enfermés dans un foutu cachots et en faire notre affaire, on serait pas là à tourner en rond pour rien. »
« Arrête de te plaindre… T’étais bien content hier de t’amuser avec l’une d’entre elle. »

Nausée. Rage. Haine. Et une pensée pour cette pauvre fille qui aurait pu être n'importe laquelle d'entre nous. Une pensée pour Megan, pour Casey et pour Enola aussi : Qu'est ce qu'ils vous ont fait quand vous étiez là vas ? Elles sont vivantes, toutes les trois, et d'apparence en bonne santé mais les blessures les plus douloureuses ne sont pas toujours visibles. Si je m'écoutais je leur rentrerai dans le lard mais le regard de ma comparse est suffisamment éloquent alors j'attends, je prends mon mal en patience et tente de me calmer tant bien que mal. Je le sais, je n'ai aucune chance contre eux de toute façon. Et je crois qu'on a assez risqué notre peau comme ça pour aujourd'hui de toute façon. Les minutes passent, semblables à des heures, puis finalement le silence revient. Elle me libère, j'expire.

« Pardonne moi pour la proximité… mais c’était ça ou les cachots. Et a en juger par leur discussion dégueulasse, nous aurions eu droit à pire. »

Tu me pardonneras mais je vais faire en sorte de ne pas y penser et surtout de ne pas me souvenir de la présence un peu trop proche de l'autre ordure dans mon espace vital, de ses mains sur moins, de son souffle contre ma nuque et mon oreille … Et je la laisse prendre les commandes cette fois si, la suivant sans rien dire, toujours à l'affut, jusqu'à ce qu'elle s'immobilise et me montre le pourquoi du comment de cet arrêt.

« Je crois que la chance tourne pour de bon »

Devant nous un autre supérieur, assis sur les marches et visiblement proche de l'endormissement profond. Dans sa main : Sa baguette. Ça paraitrait presque trop simple et je me surprends à me prendre pour James Bond, à fond dans un film à suspens. Un moment d'immobilité et puis ...

« Bon … Je crois que c’est le moment de vérifier si Catwoman et ses gènes sont toujours de la partie. »

Ce qui m'a sembler durer des heures ne s'est en fait joué qu'en une fraction de secondes. C'est sur la pointe des pieds qu'on s'est approché, se figeant chaque fois qu'un ronflement devenait plus fort qu'un autre. S'il se réveillait c'était foutu pour nous mais par je ne sais quel miracle il est resté au pays de Morphée et nous deux, on est repartie comme on est venu avec sa baguette entre nos doigts. Une fois à l'abri je n'ai pas pu m'empêcher de la prendre dans mes bras et de la serrer fort contre moi alors que les mots s'échappaient nerveusement de ma bouche.

« Putain de merde ! On a réussi … »

Et je l'ai lâché, sans aucune trace de gêne dans le regard.

« Maintenant faut réussir à être suffisamment près ou en tout cas visualiser le truc pour que ça fonctionne et surtout prier pour qu’il n’y ai personne. Enfin de toute façon, si la baguette ne nous répond pas … »

Qui se sensé irait se jeter dans la gueule du Loup ? Pas nous. Il faut croire que nous ne sommes pas des personnes sensées puisque c'est vers les cachots que l'ont s'est dirigé toutes les deux, empruntant les passages les plus discrets et sursautant à la moindre occasion. Je crois savoir a peu près où ils ont laissé nos baguettes, je n'ai donc pas vraiment de mal à visualiser l'endroit alors …

« Accio baguettes maxima. »

Rien ne se passe.

« Accio baguettes maxima ! »

Toujours rien.

« Essaies toi peut être. »

Je lui ai tendu la baguette et après deux essais tout comme moi le miracle a opéré. Un léger filet lumineux s'est échappé de la baguette du Supérieur et quelques secondes plus tard les deux notre reposaient dans nos paumes respectives.

« On … on … J’y crois pas … »

Ni une ni deux on a foutu le camp et c'est chez les Verts que je l'ai emmené malgré ses préjugés avoués du début de soirée. Elle n'a pas semblé m'en tenir rigueur et puis de toute façon c'était l'endroit le plus proche des cachots. Une fois à l'intérieur, on s'est écroulé toutes les deux sur les fauteuils, à bout de nerfs et de souffle. L'endroit était désert, tant mieux.

« Je crois que j’arriverai pas à dormir, ça t’embête si on reste ensemble le reste de la nuit ? »

J’ai pas envie d’être toute seule …

Ce qu’il s’est passé ensuite c’est qu’on est restée toutes les deux dans la Salle Commune pendant le reste de la nuit et au petit jour chacune a repris sa route. Je suis allée me réfugier dans ma chambre, j'ai pris une douche brulante pendant de longues minutes et je me suis couchée. Épuisée.

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