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 J'hallucine. - ft. Enzo Ryans

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MessageSujet: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Mer 5 Juin 2013 - 22:46

Dans la cité des anges, aux abords du Mexique,
Nous tentons l’évasion, dans le feu, la passion.
Avec toi, tu verras..
Dans la poussière noire, allez danse les loups ;
Au milieu des serpents, tu partages le sang,
Avec moi, tu verras.


J’ai pris le contrôle sur Phædre. Molle et perdue, elle était particulièrement lente à se mettre en route ces derniers temps. Pourtant, je lui mettais autant de pression que nécessaire pour qu’elle ne prenne pas ses médicaments. Il me semblait la voir se perdre de jour en jour. La pleine lune de ce soir approchait, 19h30. Nous étions toutes deux ravies de ce face à face lunaire, notre corps bien trop épuisé, sa lumière devait nous ressourcer. Baguette dans la manche, je faisais un tour dans le château. La fin des examens avait sonnée, et les élèves ne savaient pas à quel point ces foutus tests m’ennuyaient. Premièrement car je ne pouvais rendre visite à mes petits préférés à ma guise, deuxièmement parce que corriger ces abrutis me fichait la nausée. Tous plus insupportables, les uns que les autres.
Depuis mon arrivée, il y’a quelques mois dans cette école, j’avais déjà repéré quelques têtes fortes. Notamment ce gosse, plutôt mignon, mais terrible dormeur et fauteur de trouble, qui s’était barré de l’examen en plein milieu. D’autres élèves un peu plus brillants, et certains très, très intéressants. Quelques uns avaient su ranimer en moi l’éternelle flamme d’une envie proscrite. Marchant au troisième, je riais seule dans le couloir, mordant ma lèvre fière du souvenir de mes dernières « conquêtes ». Egalement quelques adultes avaient attirés mon attention. Et je me suis découverte un attrait particulier par la punition « injustifiée » ( si ça pouvait l’être un jour ) appliquée à certains moldus. Lorsque l’envie me prenait, de m’amuser un peu, et faire rire quelques serpentards de mes grandes classes. Oh, oui, quelques uns rechignaient devant la rigolade, mais la globalité hurlait de rire face à tant de misérable peur, de déni. Allons mon enfant, qu’est-ce-que cette tache te dis ? Rien ? Mais réfléchis, imbécile, tu n’as dont rien dans la tête ?

Un mouvement de hanche me fit tourner sur moi-même, un bras replié dans le vide en signe de victoire. Démarche victorieuse, port de tête royal, regard de mépris. Voilà Elizaveta mes très chers, fuyez si votre instinct vous alerte à temps.
Ce soir, Phædre dormait profondément. J’usais à loisir de ce corps encore vigoureux, presque athlétique. Et oui, le sport ravive les chairs ! Un sourire. Les quelques élèves qui osaient encore traîner à cette heure me regardaient d’un air effaré de me voir parler seule, exhibant ma grâce et ma beauté à leur jeune cervelle encore vierge de toutes expériences de la vie. Ils ne m’intéressaient pas, qu’on leur fasse tout le mal que ces soi-disant supérieurs veulent, cela m’importe peu. Tant qu’ils ne s’attaquent pas à mes favoris, qui changeront surement d’ici quelques semaines, alors tout va bien.

Vingt heures. Une demie heure s’est écoulée le temps que je descende les trois étages pour le rez-de-chaussée. Destination de fin de ronde, et surtout accès à la lune. Je devais, après avoir terminé, me rendre sous l’astre parfait, et lui accorder chaque cellule de ma peau. Je devais lui rendre ce qu’elle me donnait tous les jours, lui transmettre les aveux d’Hélios. J’avais hâte de lui consacrer mes incantations, de lui prêter ma voix et mon esprit. Nous avions hâte. Toutes deux. Cependant quelque chose m’interpellait, et à l’endroit creusé par mon instinct, mon ventre, cela fourmillait.
Quelque chose devait se passer, ou se passera. Mes yeux se rétrécirent, je devais me laisser guider maintenant.
Marchant aux hasards des couloirs, fredonnant une Ode à Séléné, mes talons claquaient sur le sol. Aucun bruit, peut-être était-ce l’heure de rentrer dans sa tanière ? Aucune idée, même après ces plusieurs semaines d’exercices, je me contrefichais des règles. Mensonge et trahison étaient mon crédo. L’absence de réaction était réservée à Phædre qui, d’ailleurs, ne respectait pas plus les règles que moi, pour la simple et bonne raison qu’elle n’en captait pas le sens. Les astres et les tasses de café, son cristal et nos lignes de mains, voilà ce que nous suivions toutes deux, réellement.

Je m’arrêtais net. Une odeur. Des bruits de pas. Légers, presque graciles.
Au creux de mes mains des vibrations. Seuls mes yeux changeaient de position. Je fermais les yeux, inspirait profondément, et écoutait les murs me parler. Allez, Elizaveta, fais-toi confiance, où se trouve la canaille qui fuit ? Où se cache-t-elle ?

Demi-tour, droite.
J’ai entendu ses pas. Je sais où il va. Il ou elle n’est pas loin. Des mouvements qui se répercutent dans l’air, frôlent ma peau. Un bout de veste. Une basket, il va vite. Je ne cours pas. Tiens… Mais je reconnais cette tête. Ce minois si agréable, et qui cache beaucoup de choses, je l’ai déjà vu. J’ai déjà espéré tant de fois me retrouver seule avec ce garnement. Hum, comment s’appelle-t-il déjà celui-là ? Celui là même qui s’est barré de l’épreuve, celui qui roupille et ne se lève que pour grogner, et foutre le bordel dans mes cours. Ah oui, je sais.

Enzo Ryans, le lycan.
J’en ai beaucoup entendu parlé, et pu constater qu’il n’état pas très présent à mes cours. Oh bien sur, physiquement il était là, ce qui me permettait de me régaler de cette bouille craquante. Mais il m’intéressait pour beaucoup plus que ça. Le simple fait de le savoir dans les parages réveilla Phædre. Elle commençait à taper de ses petites mains blanches à la faille de notre esprit partagé. Elle n’était pas loin. Elle aussi avait un intérêt tout particulier pour cette curiosité de la nature. Nous n’en avions jamais vus, nous voulions sentir ses mains, en tracer les lignes, respirer ses ondes à pleins poumons, le deviner à travers les tortueux chemins de son esprit. Il paraît qu’il douillait pas mal, et moi, la souffrance, c’était ce que je sentais le plus chez les autres. Comme du magnétisme, son mal se répercuterait contre le mien.

- Ne cours pas trop chéri, je sais que tu es là.

Un sourire. Il était coincé, je le sus à l’instant même où il se tourna vers moi. Pas de panique, même pas un soupire de crainte, mais quelque chose d’autre teintait son visage. Qu’était-ce ? Je voulais le savoir. Il m’intéresse vraiment ce petit. Je m’approche de lui environ à deux mètres de distance. Je croise les bras, baguette en main.

- Enzo Ryans, c’est cela ? Il me semble que vous avez séché la moitié de l’examen, je cite : obligatoire, de fin d’année. Il me semble que la notion d’interdiction vous ait également échappée. Que faites-vous là à cette heure-ci ?

Une étincelle de folie dans mon regard, à peine masquée. Je sentais en moi monter Phædre, qui se pointait un peu comme une enfant perdue à l’accueil d’un magasin. Mais mon envie d’en savoir plus, et mon esprit détraqué ne laisseraient pas l’occasion passer.

- Avez-vous un justificatif ? Si non, il va falloir répondre de vos actes.

Sourire.
Tu es piégé, louveteau.
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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Jeu 6 Juin 2013 - 19:33

Samedi 12 juillet 2014 – Début de soirée. Pleine Lune.
J’hallucine


Phaedre & Enzo

Ambivalence. Dualité. Je suis perdu entre deux entités et aucune ne semble vouloir lâcher prise. Une part de moi n’aspire qu’à la paix tandis que l’autre coure après la déchéance. La mienne, oui, mais pas seulement. La mienne mais aussi et surtout celle des autres. Première Pleine Lune depuis la mort de Taylor, première Pleine Lune depuis mes derniers crimes, j’ai peur. Enzo a peur, pas Loup. Qu’est ce qu’il va se passer si je perds le contrôle ? Qu’est ce qu’il va se passer si je croise un être vivant, un être humain ? Est ce qu’ils vont me laisser tranquille ou bien attendaient-ils tout simplement ma transformation pour me tomber dessus et me faire payer ce que j’ai fait. Il y a un mois j’ai pris la vie d’au moins deux d’entre eux, peut être trois, et jusqu’ici rien ne s’est passé. Logan s’est débarrassé du corps de Taylor, quant aux deux autres je soupçonne le Vampire mais n’aie absolument aucune preuve de ça et grand bien m’en fasse je n’irai certainement pas lui poser la question. Je ne l’ai pas revu depuis mais c’est une Ombre, c’est plutôt normal. J’aurai pu néanmoins percevoir son odeur significative et agressive pour sens lupins mais ça n’est pas le cas. Aucune trace de lui, mais je sais qu’il est doué pour qu’on ne le voit pas. Il est le fantôme de ces murs, il connaît tous les secrets et pourtant les garde pour lui. Ce type est mystère. Mort ou vivant, peu importe, c’est un mystère. Qu’il en arrive à me fasciner et je me jette du haut d’une tour, je ne lui donnerai pas cette satisfaction.

J'ai l'impression d'être en suspens au dessus de mon propre corps depuis plusieurs heures. Après avoir quitté le quatrième étage j'ai erré sans but, je me suis isolé et je n'ai pas cherché à rejoindre les autres pour m'assurer qu'ils sont en sécurité. L'espèce humaine me fait fuir, j'ai peur de faire une connerie si je m'en approche trop près. Aucune exception. Si tout se passe comme prévu Kyle est avec Cameron et Jillian dans la Salle sur Demande ou ailleurs. Ça n'a pas vraiment d'importance, je serai dehors de toute façon. Je me sens tellement loin de tout ça, de ces peurs passées, ces douleurs, ces angoisses. Je ne pense plus à ma vie humaine, je laisse Loup prendre ses quartiers tout en tachant de le brider un minimum pour ne pas qu'il nous fasse dérailler. Je ne lute pas, je le laisse m'envahir insidieusement tout en gardant une main sur son échine, prêt à me montrer ferme en cas de besoin. J'ai simplement besoin d'air. Un instant j'hésite, mes yeux se perdent sur les étages supérieurs. Je suis au cinquième. Pourquoi ? Comment ? Aucune idée. Tout les autres sont probablement dans la Grande Salle, les odeurs de nourriture me donne la nausée. C'est toujours comme ça les jours de Pleine Lune, je suis incapable de manger quoi que ce soit. Mes souvenirs olfactifs me rappellent l'odeur du sang, celle de la peur et voilà de quoi je me nourri. J'aspire à la liberté, à l'état sauvage, ça n'est de toute façon plus qu'une question d'heures maintenant. Pas plus de deux. Tout juste un peu plus d'une je dirai. Avec le temps on apprend à appréhender le moment, à l'anticiper, le calculer. Je me sens presque serein maintenant qu'il a pris sa place, c'est étrange comme sensation. Il s'est calmé, ça aussi c'est étrange. Pas de nervosité trop bestiale mais une impatience palpable. L'envie de se défouler, de courir, de chasser et celle de tuer. Il se lèche les babines mais les choses sont claires pour moi, le sang ne coulera pas cette nuit si je peux l'en empêcher. Qu'il soit Humain ou Animal. Alors ? Un tour par le septième ou pas ? Le temps presse et tu le sais. Tic tac, l'horloge interne s'affole, l'horloge lunaire … A quoi bon de toute façon ? A quoi bon faire face à un mur ? Ça ne sera donc pas le septième mais le quatrième, un détour par sa chambre en feintant quelques uns des gardiens de ses lieux. J'en ai pris l'habitude, c'est presque devenu d'une facilité déconcertante et je devrai sans doute m'en méfier mais pas ce soir. Je ne fouille pas dans ses affaires, j'imprime simplement son odeur dans mes sens, attrape un de ses vêtements et disparaît avec dans l'obscurité des couloirs. Tout est calme, il n'y a pas âme qui vive si ce n'est ce chat qui feule et crache en me voyant. Certains me tolèrent, d'autres pas. Je ne sais pas où est Lune d'ailleurs. Je n'ai pas peur, elle est maligne. Sans doute un peu inconsciente parfois mais … c'est de « famille ».

Une profonde inspiration et le morceau de tissus se laisse entrainer par ma main qui l'accroche à un pan de ma ceinture. Je reprends ma marche silencieuse et solitaire bien décidé cette fois à rejoindre l'extérieur. Ismaelle m'a dit ce midi qu'elle allait mettre en place les sortilèges nécessaires pour que je puisse aller changer dans sa cabane et c'est ce que je vais faire. Dans peu de temps je serai libre et plus rien n'a d'importance.

J'aurai du le douter que tout ce calme était trop beau pour être vrai. Je l'ai perçu avant de la voir, j'ai senti sa présence, comme une intuition. Je me suis senti suivi et Loup n'a pas du tout apprécié. Fuir ? J'aurai pu mais je ne l'ai pas fait. Je n'ai rien tenté et sa voix est venu caresser mon être comme une agression doucereuse.

« Ne cours pas trop chéri, je sais que tu es là. »

J'ai fermé les yeux, je me suis immobilisé instantanément sans laisser ses mots m'atteindre. Phaedre Hunt, la Prof de Divination. Elle n'est là que depuis quelques mois mais ses regards me pèsent. Ces derniers temps nos contacts ont été très rares, j'ai manqué presque 3 semaines de cours et les examens sont arrivés. Ça m'allait très bien comme ça. Mon comportement dans sa classe n'a pas vraiment changé, il est resté plus ou moins le même qu'avec ses prédécesseurs mais il y a quelques choses chez cette femme d'extrêmement dérangeant. Je sais que certains en ont peur mais de mon côté ça n'est pas ça. Je n'aime pas sa façon de me dévisager, comme si elle essayait de voir à travers moi, de sonder mon âme. Pourtant je me suis retourné tranquillement mais l'agacement devait pouvoir se lire sur mon visage. Loup s'est agité, nerveux de cette présence, j'ai serré plus fort sur son échine et mes yeux se sont ancrés dans ceux de cette femme étrange. J'ai gardé la tête haute, pas un pas de plus, elle s'est arrêtée à environ deux mètres de mois. Bonne chose.

« Enzo Ryans, c’est cela ? Il me semble que vous avez séché la moitié de l’examen, je cite : obligatoire, de fin d’année. Il me semble que la notion d’interdiction vous ait également échappée. Que faites-vous là à cette heure-ci ? »

Elle est folle, voilà la pensée qui m'a traversé l'esprit en voyant cette espèce d'étincelle dans son regard alors qu'elle semblait me détailler comme si je n'étais rien d'autre qu'un objet de curiosité, un morceau de viande à se mettre sous la dent, presque un cobaye, un sorte d'expérience bien campée sur deux jambes mais plus pour longtemps. Je n'ai pas détourné le regard pour autant, ni descellé mes lèvres.

« Avez-vous un justificatif ? Si non, il va falloir répondre de vos actes. »

Mon justificatif il apparaitra bientôt dans le ciel … Madame.

« J’ai rencard avec la Lune, et elle n’est pas du genre patiente. »

Après tout, c’est une femme, c’est dans sa nature d’être exigeante. Et j’entends déjà la moitié – voir plus – des filles, et des femmes, de ce château crier au scandale et à la diffamation. Sortez les banderoles mesdames, allez y, exprimez vous.

Tout ça d'un ton détaché, mes mains ont glissé dans mes poches nonchalamment. A mon tour j'ai souri, presque avec méprit. Le sourire du prédateur qui s'éveille chaque seconde un peu plus en moi. Elle me paraît si petite, si frêle, mais pourtant il se dégage d'elle une sorte de grandeur étrange. Elle ne m'impressionne pas. Pas ce soir.

« J’ai toujours eu du mal avec l’autorité, et les interdictions, vous m’avez cerné visiblement. Désolé je n’ai pas de mot de mes parents m’autorisant à quitter votre épreuve ni même à me balader dans les couloirs à tout heure du jour ou de la nuit, ni même à prendre le risque de rejoindre l’extérieur, mais je m’en passe et vous allez devoir en faire autant. »

Et mon regard change, de la lassitude il se tinte d'obscurité. Mes pupilles se dilatent probablement. Il est là, juste sous ma peau. Lui. Moi. Nous. J'avance, un pas, puis deux. Je suis là, juste devant elle. Près. Très près. Trop près ? Peu m'importe. Je la surplombe de toute ma hauteur et ma carrure s'impose à elle. De combien de tête je la dépasse ? Je dirai au moins deux bonnes et on fera l'impasse sur le nombre de kilos. Nouveau sourire, plus malsain celui là

« Qu’est c’que vous allez faire hein ? Me punir ? M’empêcher de sortir ? Dire à qui veut l’entendre que je suis un vilain garçon et que ça n’est pas bien de désobéir ? »

Ils sont nombreux à avoir essayé de me mettre en cage et tous ne peuvent pas se venter d’avoir réussi, ou même d’avoir survécu.
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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Jeu 6 Juin 2013 - 22:57

« J’ai rencard avec la Lune, et elle n’est pas du genre patiente. »

J’affichais un regard surpris à l’instant où ses paroles tombèrent. Ah ! Toi aussi donc ? Je connaissais pas mal de légende et de mythes, autour des lycanthropes, mais n’aurait jamais cru à cette histoire de transformation à la pleine lune. Etait-ce ça dont il parlait ? Un nouvel éclair génial traversa mes yeux. J’étais tellement… excitée de curiosité, que j’en oubliais presque son insolence flagrante. Je n’arrivais pas réellement à cerner ce qui tentait son agréable visage néanmoins je pressentais tout de même une certaine tension, de la nervosité émaner de lui. Il glissa ses mains dans ses poches, nonchalant puis souris. Oh arrête avec cette bouille trésor, tu vas presque me faire craquer ! Mon regard perçant tentait de sonder son âme, de trouver ce qu’il se cachait derrière son joli minois. Pourquoi cette contraction, pourquoi ces sensations de bestialité me frappaient l’instinct. Que se passait-il chez lui pour que mes sens se mettent en alerte, comme ça ? Je redresse un peu plus mon être, dans ma folle prestance, et posait mon poignet sur ma hanche, décalée.
Phædre, tais-toi, et laisse-moi agir. Elle était là, curieuse et naïve, je ne permettrais pas de la laisser nous tuer, aussi lente fut-elle être, face à ce garçon. Je la sentais qui grimpais entre nos nerfs, montais les échelons de ma lucidité, bouffait un petit peu plus la part de place que je m’étais réservée. Mais j’appuyais sur sa tête, la noyer sous l’inconscient et me laisser guider la barque. Un point c’est tout.

« J’ai toujours eu du mal avec l’autorité, et les interdictions, vous m’avez cerné visiblement. Désolé je n’ai pas de mot de mes parents m’autorisant à quitter votre épreuve ni même à me balader dans les couloirs à tout heure du jour ou de la nuit, ni même à prendre le risque de rejoindre l’extérieur, mais je m’en passe et vous allez devoir en faire autant. »

- Votre insolence, trésor, il va falloir que vous la gardiez pour vous ou ceux que vos effrayez. Mais pas moi, ça ne marche pas Enzo Ryans.

Je tiquais. Son insubordination continuelle se ressentait de nouveau dans sa manière de me répondre. Tête dure, je présume, j’étais certaine de ne pas l’effrayer. Et pourtant, peu de personnes ici oublient de me craindre. Cela changera, je m’en fis la promesse. Cependant ce n’était pas mon but premier, il m’intéressait pour deux autres points qui là, maintenant, me titillaient. Un, son minois, deux, sa lycanthropie. Je me demande ce qu’il devait donner au corps à corps, avec cet instinct de loup ? Un éclair d’envie. Je ne pus m’empêcher un rictus, à la limite du fou rire, mais je gardais cela pour moi, car Mr. Ryans décida de s’approcher d’un pas. Je devais choisir le bon moment.
A ma grande surprise, il s’approcha encore un peu plus. Et encore un peu. Mais dis donc, as-tu décidé de me faire frissonner ? Un sourire s’étale sur mon visage, au fur et à mesure que mon visage se lèvre pour continuer à garder le contact visuel. Mon regard plongé dans le sien, je constatais au fur et à mesure de son approche sa taille, et sa carrure. En effet, tu me plais de plus en plus trésor. Je n’ai pas bougé. Immobile, sans une once de peur tandis que Phædre commençait à se terrer d’elle-même dans l’ombre. Moi je n’ai pas peur, louveteau, tu le comprendras très vite. Il me dépasse de deux têtes au moins, et je pouvais me cacher aisément derrière lui. J’avais envie de lire ses mains, toucher sa peau et sentir ce qui s’y tramait. Il souriait. Je mordais ma lèvre. Il ne pouvait pas savoir ce que je lui voulais. Je devais trouver très vite le moyen d’arriver à mes fins. Beaucoup déjà ici savent que je suis prête à tout, je suis rusée, maligne et croyez moi, je ne recule devant rien pour mon propre plaisir. Qu’il soit bien plus grand et surement plus fort physiquement que moi ne m’empêcherait pas de le deviner. Je remerciais les astres de m’avoir donné ce don si précieux de divination.

Un sourire fou, une flamme qui vacille dans mes yeux. Je pose ma main, délicatement sur sa joue.
Et je sens. Je devine. Je ferme les yeux, si forts qu’ils m’en font mal. Je ne connais pas ces sensations. Ce toucher n’équivaut à aucun autre auparavant. Je suis ravie, mais endolorie. Une force inconnue frappe mon ventre, rythmée, saccadée, comme celle d’un battement de cœur. Animalité. Puissance. Douleur. Tout est confus, étrange. N’allez pas croire à tous ces clichés des voyantes qui voient et vivent la vie de leurs « clients », les yeux blancs, révulsés. Ce qui se passait là, sous les yeux de l’élève lycanthrope, c’était l’image d’une femme aux yeux plissés, immobile sauf sa main, parcourant très lentement d’abord son cou, y sentir l’artère, puis le haut de la clavicule. Non, nous ne voyons pas souvenirs et ne voyons pas le futur.

Nous le sentons, c'est différent. Pressentons. Voilà les mots justes. Non, tes émotions ne se répercutent pas dans les miens, non, je perçois juste des bribes de toi. Des bribes incroyables, démentielles, j’étais au bord de l’implosion. Mon magnétisme opérait avec perfection, sa tension augmentait la puissance de mes réactions. Sous mes doigts des fourmillements, mon bras était engourdi. Mon instinct me disait de fuir, ma curiosité et mon excitation forçaient mon corps à rester campé là. Mon don ne décrivait pas, il devinait. La magie a ses limites, mon don était déjà incroyable, et j’en étais consciente.

Tu n’es pas seul. Qui es-tu ? Tant de choses, tant de contradictions. Cette tension, d’où vient-elle ? La colère, l’intensité, la fougue. L’impétuosité. Je n’ai plus conscience de la gravité. La lune. Pourquoi t’attire-t-elle ? Impact.

Je lâche tout.

Que s'allume le ciel, que se fende la Terre

Devenir éternel, retourner la poussière

Je gravirai les montagnes d'or

Et le corps dans le corps

Au sommet, dans le sang unifié

De tes nuits sans frontières…
Je serai la lumière.

Mes yeux s’ouvrent, se plantent à nouveau dans les siens. Quelques secondes de pure folie, de pur bonheur astral. Je n’arrive qu’à dessiner les contours d’un être complexe. Incroyable. Je souffle d’admiration. Décidément, les signes ne m’ont pas trompée. Je lâche un sifflement. Je m’éloigne de toi de deux pas, et te jauge, des pieds à la tête. Et oui, t’es trop grand pour mon champ de vision. Quelque chose m’a interpellée. Pourquoi ai-je senti cette dualité sous sa peau ? Il me donnait envie d’apprendre, dans tous les sens du terme. Je nous revois, Phædre et moi, perdues dans nos bouquins de divination. Animal instinct.

Il me plaisait de plus en plus.
Un air de satisfaction au visage, je le détaillais du regard sans gène. J’avais envie de rire. D’ailleurs, je lâchai un bref éclat amusé. Il ne savait pas à quel point j’avais envie de sauter un peu partout. Je me rapprochai à nouveau. Je n’ai pas peur.

- Alors alors, Enzo Ryans, quelle insolence sans égal. Ce que je vais faire ? J’hésite encore. Vous enfermez, tous les deux, serait une mauvaise idée, je crois. Je peux le dire, « tous les deux » ?

Je portai mon ongle entre mes dents, souriante. Deux. Comme Phædre et moi. Quelque part je sentis bondir un sentiment nouveau. Je ne l’identifiais pas à moi, mais je commençais à me dire que je n’étais pas seule. Mais nous, nous étions malades. Et lui ? Qu’était-ce réellement ?

- Qu’est-ce-que ça fait dites-moi ? Vous êtes incroyable, cette puissance, cette étrangeté. J’ai même du mal à vous deviner. Et quelle souffrance ! Vous êtes un trésor à l’état pur.

Ce même éclair de folie qui avait traversé mon regard quelques minutes plus tôt refaisait son apparition. Qu’allais-je lui faire. Je ne pouvais pas le laisser partir comme ça, trop d’intérêt, il avant tant à m’offrir, j’avais tant à lui prendre. Athlétique, plutôt beau gosse, même sans son don il m’aurait plu. Mais là, il m’attirait dans deux dimensions. Lune, tu m’as amenée là, et je sais que ça n’est pas pour rien. Je devais penser à consulter les signes, plus tard. Je devais savoir quoi chercher à travers lui. Où que devait-il trouver à travers moi ?

Théâtrale, je me mis à tourner autour de lui, très près. Mon corps se mouvait, séducteur et chercheur. Je constatais son ossature, essayer de traverser ses vêtements pour admettre sa carrure, ses cheveux, ses yeux, ses expressions. Tout comptait. Revenue devant lui, une main sur la hanche, je plantais mes yeux dans les siens. Je ne que te quitterais pas trésor.

- Alors. Considérons la situation. Moi, mlle Hunt, votre professeur de Divination, termine sa ronde un soir de pleine lune dans l’espoir de la rejoindre. Vous, élève indiscipliné, vous séchez mes cours, dormez en classe, quittez une épreuve obligatoire, et vous baladez le soir dans le château en dehors des limites d’heures imposées, tout ça, pour rejoindre la lune, est-ce cela ?

Un sourire.

- Très bien, donc en somme, nous avons le même but. Hors j’ai le droit d’être ici, et vous non. M’est avis qu’il serait agréable de vous voir tourner en rond dans une petite pièce, malgré que ce soit une très mauvaise idée, aux côtés de ces abrutis de supérieurs, mais j’ai d’autres projets en ce qui vous concerne.

Je tendis ma main vers lui, ne cessant de le fixer.

- Donnez-moi votre main, Ryans.

La douceur de Phædre transparu sur mon visage, une seconde, puis mon air désinvolte revint se poser sur mes traits.
Allez, trésor.

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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Ven 7 Juin 2013 - 19:14

Situation étrange. Femme étrange. Qu’est ce qu’il va bien pouvoir découler de tout ça. Est ce que je devrais m’inquiéter, paniquer et trouver la première excuse possible pour m’enfuir à toutes jambes ? Est ce que je devrai baisser les yeux et la caresser dans le sens du poil ? Marcher dans son sens et ne pas, surtout pas, me comporter comme je le fais ? Même si je le voulais j’en serai incapable. Ça n’est pas moi, ça n’est pas dans mon caractère et il est hors de question que je me rabaisse à agir de cette façon. Non elle ne me fait pas peur, pas ce soir, et c’est sans doute une belle preuve d’inconscience de ma part mais c’est comme ça. Mi-Homme, Mi-Animal. Les lois et les règles du commun des mortels ne me concernent pas aujourd’hui je me comporterai donc en conséquence : C’est à dire comme je l’entends. Que ça lui plaise ou non, elle est prévenue, et même si je sais parfaitement qu’elle a les capacités pour faire de moi ce que bon lui semble, rien n’y fait. Je ne tremble pas. Je n’aspire qu’à une seule chose, en finir avec ça le plus rapidement possible même si visiblement je me laisse prendre au jeu, et rejoindre mon destin lunaire. Ma liberté.

« Votre insolence, trésor, il va falloir que vous la gardiez pour vous ou ceux que vos effrayez. Mais pas moi, ça ne marche pas Enzo Ryans. »

Pour l’instant peut être, et quand bien, je n’ai pas l’intention de changer quoi que ce soit pour vos beaux yeux, Mlle Hunt. Et sincèrement, Trésor ? Puis cette façon qu’elle a de répéter sans cesse mon prénom ne me plait pas. Pourquoi insister autant là dessus ? Ca n’a pas de sens, c’est simplement une figure de style, comme une image qu’elle se donne, ou bien le reflet exacte de sa personnalité si complexe. Elle est … décalée, voilà l’impression qu’elle me fait quand je la regarde, là, sa main posée sur sa hanche et ce sourire qui va et qui vient. Complètement folle penseraient certains, mais j’ai l’impression que c’est bien plus que ça. Doit on en attendre autrement d’une professeur de Divination ? C’est un mystère pour moi. Sincèrement, je n’ai pas ma place dans cette matière. Je suis un grand rêveur c’est vrai, j’ai une imagination débordante et souvent la tête dans les nuages mais ça … non, ça n’est pas pour moi. En Australie, je ne suivais pas ce cours mais en débarquant ici, à Poudlard, au Royaume Unis, j’étais tellement désaxé. A vrai dire je ne me souviens même plus comment c’est arrivé. Peut être que c’est Grand-Mère qui a choisi pour moi mais quand bien même elle n’aurait jamais rien fait sans mon approbation. Je me foutais de tout à cette époque alors j’ai du dire oui simplement pour qu’on me fiche la paix et peut être pour lui faire plaisir, si j’en étais encore capable. Je n’en suis pas très sur. J’étais rongé par la colère, je lui en voulais de me jeter hors de sa vie, … Peu importe, l’année est terminée de toute façon même si les cours vont se poursuivre pendant l’été, ça je n’en doute pas une seule seconde. Je me poserai des questions plus tard, ça n’est pas le moment. Pas pour ça.

Elle n’arrête pas. Elle n’arrête pas de me regarder de cette façon si dérangeante, presque déstabilisante. J’ai bien dis presque, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ses sourires, ses mimiques, cette façon de se dandiner comme une petite fille qui ne tient pas en place. C’est comme si elle changeait d’esprit toutes les trois secondes. Une petite fille oui, mais ça n’est clairement pas une petite fille qu’elle m’inspire quand je vois ce nouvel éclat dans ses yeux alors qu’elle me fixe. Et puis ce geste, auquel je ne m’attendais pas mais qui pourtant ne m’a pas fait reculer complètement. J’ai simple sursauté et retenu mon souffle quelques secondes, mon cœur s’est accéléré. Sa main, sur ma joue. Une agression, ni plus ni moins, mais quelque chose d’autre à la fois. J’ai eu l’impression que même si je tentai de m’en dégager ça serait peine perdue. Elle, semblait comme fasciné parce qu’elle ressentait, et moi, je me sentais pris au piège. Elle ferme les yeux, sa main glisse lentement contre mon cou puis descend jusqu’à ma clavicule. Je n’aime pas ça, je n'aime pas qu'on me touche à l'exception de mes proches, mais pourtant je ne fais rien pour me dégager. Ce contact m’agresse mais me perturbe et je ne peux pas le nier. Je gronde, c’est plus fort que moi. Un grondement sourd qui s’évade des tréfonds de ma gorge alors que le visage de Kyle m’apparaît. Dans mon inconscient. Lui a le droit de me toucher, pas elle. Ce corps est le sien, à lui, il lui appartient. Elle n’a pas le droit. Et pourquoi est ce qu’elle fait ça d’ailleurs ? J’en ai bien une petite idée et autant le dire ça ne me plait pas non plus. Elle me sent. Non, elle me ressent, et moi je vis cette intrusion comme une sorte de viol spirituel. Le soupir de soulagement que j’expire une fois qu’elle se retire est difficilement camouflable et ça me tue qu’elle parvienne à me mettre dans cet état d’incertitude. Je m’agite, je m’énerve, je tourne en rond à l’intérieur de moi même et Loup se terre dans un coin. Alors quoi ?! Tu vas m’abandonner encore une fois ?! Espèce de traitre.

Elle ouvre les yeux, à son tour soupire mais cela n’a rien à voir avec le mien. Elle se recule de deux pas et m’observe de la tête aux pieds avec une tinte … oserais-je le dire ? Une tinte d’admiration dans le regard. Pourquoi ? Hypothèse : Encore une tarée qui s’accroche à ma Lycanthropie. J’ai bien capté le regards de certains depuis que mon secret n’en est plus un. Ils ont peur mais m’observe comme si j’étais une bête de foire, un objet d’étude, disons l’expression vivante de ce qu’ils ont appris de DCFM. Je suis un être vivant, je parle, je marche, je pense. Foutez moi la paix, merde ! Et cet air satisfait, ces sourires encore et toujours, ces rires même, à peine masqués, cette proximité …

« Alors alors, Enzo Ryans, quelle insolence sans égal. Ce que je vais faire ? J’hésite encore. Vous enfermez, tous les deux, serait une mauvaise idée, je crois. Je peux le dire, « tous les deux » ? »

Je garde mon calme mais ça n'est pas chose simple et comme un réflexe, une de mes mains sort de ma poche et s'accroche au bout de tissus qui pend à un des pans de ma ceinture. Le T-shirt de ma moitié. Comme si ça pouvait m'apaiser ou quelque chose comme ça. Je ne réponds pas mais j'en aurai presque envie. Elle sait, évidemment. Elle est Prof, même avant que ce secret éclate au grand jour elle le savait ou en tout cas avait les moyens de le savoir. Je suis déclaré, qui plus est, et j'ai l'impression d'être un chien en disant ça. Déclaré … Non mais sincèrement ? Ça peut peut être se comprendre mais c'est difficile à encaisser quand on fait partie de ces rangs là. Un numéro parmi d'autres, répertorié comme une bête sauvage potentiellement dangereuse. Je le suis, en tout cas je peux l'être, je ne le nie pas, mais il n'empêche que ça n'est pas une sensation agréable. Alors oui elle peut dire tous les deux, parce que c'est bien ce que nous sommes. Plus ou moins. Quant à nous enfermer, effectivement ça n'est pas l'idée du siècle et ça aussi je dois l'admettre, ça m'a fait réagir. Mon corps tout entier s'est tendu pourtant je n'ai pas vécu ses mots comme une menace. Étrange, encore une fois.

« Qu’est-ce-que ça fait dites-moi ? Vous êtes incroyable, cette puissance, cette étrangeté. J’ai même du mal à vous deviner. Et quelle souffrance ! Vous êtes un trésor à l’état pur. »

Pris au dépourvu, ni plus, ni moins. Ma bouche s'est ouverte mais rien n'est sorti et je me suis senti très con, déstabilisé. Je l'ai refermé tout aussi vite et mon poing s'est serré plus fort autour du vêtement. Répondre ? Non. Même si encore une fois ça me démange. L'envoyer balader, surtout. Incroyable, puissant, étrange. J'aimerai que ces mots n'aient aucun impact sur moi mais ça n'est pas la vérité. En réalité ils m'atteignent en plein cœur, et pas d'une façon négative. Instantanément je culpabilise. Hors de question que je me laisse avoir par de la flatterie de ce genre. Et encore ce terme … Trésor … Puis la souffrance ? Ne ramène pas ça sur le tapis, j'essaie simplement de m'en sortir. Je pensais que la situation ne pourrait pas être pire et naturellement je m'étais trompé. Quant elle a commencé à me tourner autour tel un prédateur j'ai dégluti, gardant néanmoins le regard rivé droit devant moi sans faire le moindre geste, sans faire le moindre mouvement. Loup s'est agité, mes sens se sont réveillés et pas de la meilleure des façons. Pas comme ça, pas avec elle. Son corps se mouvait contre le mien, m'effleurant au passage, et ça n'aurait rien du me faire mais ça n'a pas été le cas. Elle me cherche, elle me provoque, et quelques heures seulement avant une Lune c'est … difficile. Je n'ai pas été en contact avec le corps d'une femme depuis longtemps, depuis quelques mois en réalité, et ça ne me manque pas mais ça ne veut pas dire pour autant que je suis devenu insensible à leurs charmes. Elles ont ce que Kyle n'aura jamais, ce que j'aimai avant de le rencontré, ce que j'aime toujours. Je suis heureux avec lui, je ne manque de rien, mais il n'empêche qu'elle ne me laisse pas de marbre à agir comme elle le fait et j'ai envie de fuir. Elle le sent, j'en suis persuadé. Quel est son but dans tout ça au juste ? Puis la revoilà devant moi, me dévisageant à nouveau et cette manie de cambrer sa hanche sur le côté. C'est une belle femme, ça personne ne peut le nier. Un instant je regarde en l'air, tachant de retrouver un peu de contenance, appuyant fermement sur l'échine de Loup qui commence déjà à me murmurer des choses que je ne veux pas entendre.

« Alors. Considérons la situation. Moi, mlle Hunt, votre professeur de Divination, termine sa ronde un soir de pleine lune dans l’espoir de la rejoindre. Vous, élève indiscipliné, vous séchez mes cours, dormez en classe, quittez une épreuve obligatoire, et vous baladez le soir dans le château en dehors des limites d’heures imposées, tout ça, pour rejoindre la lune, est-ce cela ? »
« C’est ça. »

Clair, net et précis.
Bon résumé de la situation.
Et je n’ai rien à rajouter.

« Très bien, donc en somme, nous avons le même but. Hors j’ai le droit d’être ici, et vous non. M’est avis qu’il serait agréable de vous voir tourner en rond dans une petite pièce aux côtés de ces abrutis de supérieurs, mais j’ai d’autres projets en ce qui vous concerne. »

Je me suis retenu, mais inutile de dire à quel point ça m'a couté. J'ai senti cette vague de violence et de brutalité naitre en moi à a simple évocation de ces ordures, et des souvenirs qu'elle a soulevé en projetant cette image sordide à mon visage. Est ce qu'elle sait tout ce qu'ils m'ont fait ? Aucune idée, mais ce qu'elle expose je l'ai déjà vécu et revivre l'expérience n'est pas envisageable pour moi. Pourquoi est ce que ...

« Donnez-moi votre main, Ryans. »

Pardon ?

« En quel honneur ? Vous voulez y lire mes lignes peut être ? »

Réaction immédiate.
Je perds patience et ça n'est pas bon signe.
Je dois foutre le camp, c'est tout.

« Désolé c’est pas mon délire vos trucs de fétichistes. Va falloir vous passer de moi. Bonne soirée ... Mlle Hunt. »

Là dessus j’ai commencé à marcher, à reculons. Jamais je ne tourne le dos en présence de quelqu’un en qui je n’ai pas confiance et c’est le cas la concernant. A vrai dire j’ignore ce qu’il va se passer, les risques que je prends en désobéissant sciemment une fois de plus, en l’affrontant comme je le fais et en lui éclatant mon insolence en plein visage. Je ne devrai sans doute pas jouer comme je le fais puisque les enjeux sont assez conséquents. Qui plus est je m’étais promis de rester tranquille mais visiblement Sovahnn avait raison, je ne peux pas m’en empêcher. En attendant j’ai la ferme intention de prendre le large même si je l’admets, elle a piqué ma curiosité. L’ascension de la Lune me presse mais il n’y a pas que ça. Se cache là dessous, sous cette apparence nonchalance presque provocatrice et ce port de tête que je ne rabaisserai pas devant elle, une fierté mal placée que je ne tente pas de brimer une seule seconde pour l’heure. Ça me jouera sans doute des tours …
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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Ven 7 Juin 2013 - 23:20

Il ne pouvait pas savoir à quel point je trépignais d’impatience de lire ses lignes. J’avais senti beaucoup de choses à travers lui. La force, la dualité, la colère, la souffrance… l’amour. Oui, l’affection. Quelque part en lui, des liens avaient étés forgés. Et pourtant tant de cassures. Je ne sais pas tout de lui, comment dire, sinon ce serait trop facile. Je ne suis pas dieu. Mais son toucher était communiquant. Il devait être dans un état fébrile pour laisser passer autant de sensations. Il ne le savait surement pas, mais peut-être dans une autre vie avait-il été doué pour la divination. Quelque chose s’était passé de sa peau à la mienne, je n’avais jamais ressenti tant de choses d’un coup. Je sentais déjà la fatigue d’avoir éprouvé son être si confus, tourmenté. J’avais envie de l’enlacer, mes bras collés contre sa peau, et ressentir encore plus violemment les ondes de son âme. J’étais certaine de pouvoir lui apporter quelque chose, mais quoi ? Les signes. Phædre, pense à demander aux signes.

« En quel honneur ? Vous voulez y lire mes lignes peut être ? »

Je n’étais pas vexée, je souriais. Il ne m’échapperait pas s’il fuyait.

« Désolé c’est pas mon délire vos trucs de fétichistes. Va falloir vous passer de moi. Bonne soirée ... Mlle Hunt. »

Et il se mit à marcher à reculons. Fais encore quelque pas mon mignon. Mon sourire s’agrandissait sur mon visage. Où croyait-il pouvoir s’enfuir, là, maintenant ? Cette démarche de partir en continuant à me fixer m’interpellait. Il n’avait certainement pas confiance. Il avait raison. Totalement. Ne pas faire confiance à une malade comme moi. Surtout en vue de ce que je projetais de faire avec lui. Je suis sure qu’il le sentait. Je redressais mon corps, croisais mes bras, levais de nouveau les yeux vers lui, un sourcil redressé. Pourquoi tu t’obstines petit Loup, reste ici.

- Mr. Ryans…

Ma voix s’élevait comme un feulement. Ma langue fourchait comme celui d’un serpent. Comme mon patronus d’ailleurs, qui représentait parfaitement ma double-identité. La dangerosité, le côté imprévisible de cet animal me collait à la peau. Il muait, se transformait, comme je transmutais dans la deuxième partie de notre esprit fragmenté. Suave, sensuel, fourbe et perfide, Elizaveta. Doux, discret, effacé à l’instar de Phædre. Mais là, ce qui m’intéressait, c’était ce garçon, dont le loup était tapi derrière ses iris. Je croyais sentir, de loin, son animosité envers moi. Et ce mot, je trouve, était parfait pour la situation. Qu’avait-il de l’animal ? Se ressentait-il dans ses gestes quotidiens ? Je donnerais Phædre pour vivre une journée sous sa peau. Je ne le pouvais pas, sinon je n’avais moi-même plus d’existence. Nous étions deux entités complètements dépendantes.

- Ryans, arrêtez-vous.

Je sortis ma baguette, et plaqua mon bras le long de mon corps. Tu fuis, tu chasses ? As-tu déjà tué ? Je n’en mettrais pas ma main au feu, mais j’ai senti derrière le tien la trace maudite, la trace du damné. La fatalité, dans les contours d’une tache de café. Un frisson me parcouru l’échine. Je déteste les mauvais signes. Mais je préférais pour l’instant braver ce tissu profane et y sentir la vie, je ne voulais pas le laisser passer. Je ne voulais pas en arriver là. Je n’aime pas particulièrement ma baguette, je m’en sers peu. La divination seule suffit à mes appétits. La lune, l’astre solaire, les pierres et le cristal sont ce que je respecte le plus. Mais il m’y obligeait, aussi têtu soit-il il ne pourrait rien faire contre la magie d’un professeur, d’autant plus que j’excellais en sortilège. A son âge, j’adorais ça. Je fis l’impasse immédiatement sur mes souvenirs, avant de réveiller Phædre que je terrais dans l’ombre. Hors de question de me rappeler ça. Je jetai un coup d’œil à la Lune, levai ma baguette vers lui, et d’une voix calme, fermée, presque suave je prononçai quelques mots.

- Locomotor Mortis.

Je lui montrai ma baguette en souriant l’air de dire « hé, as-tu oublié où nous étions ? ». Un sourire un peu fou, démentiel de nouveau plaqué comme une évidence sur mon visage. Maintenant qu’il ne pouvait plus bouger, qu’allais-je faire. Je ne m’approchai pas. Je fis mine de chercher mes mots, posant ma baguette sur mes lèvres, levant les yeux au ciel. Où comptais-tu courir comme ça jeune Ryans, je n’en ai pas fini avec toi. Que croyais-tu voyons, on ne se défile pas des paroles de Mlle Hunt ainsi. « Trucs de fétichistes ». Un frisson me parcouru de nouveau la peau lorsque je me souvins de cette remarque. Crois-moi, c’est loin d’être du fétichisme. Mais pour une fois, dans mon incroyable vie de mensonge, j’allais lui dire la vérité. Il ne me connaissait pas, et j’étais sure qu’intérieurement il me jugeait. Occupé à tenter de se défaire de l’emprise du sort, je rompis le silence.

- Comment s’appelle-t-il ?

Je pointai son cœur de ma baguette.

- Non Enzo, pas le loup. Celui qui a teinté votre cœur d’un peu d’affection.

Touché. Je souriais. Etape suivante.

- Ne voulez-vous pas me laisser lire votre main ? C’est une regrettable erreur. Premièrement car je le ferais avec ou sans votre autorisation, en vous faisant mal, ou non. Deuxièmement parce que vous pourriez apprendre tant de choses. Je vois derrière vos yeux que vous me jugez en novice. La divination n’est pas un art de fou. Je mentirais une nouvelle fois en vous disant que je ne suis pas désaxée, mais ça c’est autre chose. Une tout autre affaire. Mobilicorpus.

Baguette en main, je fis déplacer son corps là où il était avant de commencer à s’en aller. Je ressentais à nouveau cette chaleur exacerbée qui provenait de son être. Comment était-ce possible d’avoir aussi chaud ! Encore une question que j’aurais à lui poser. Ou à lui extirper s’il continuait à se mordre la langue. J’étais en pleine possession de mes moyens, et très agréablement proche de lui. Je fis mine de le toucher, mais sans le faire vraiment. J’avais compris, déjà tout à l’heure, que ça lui était presque insupportable. De nouveau, je tournai autour de lui, lentement, presque tendre dans mes gestes. Soyeuse, suave. Je ne me lassais pas de l’observer, mais ici il s’agissait surtout de bien constater l’efficacité du sortilège et voir s’il avait possession de sa baguette, et où. Revenue devant lui, je m’approchai de son visage et vint lui murmurer.

- Ne voulez-vous donc pas savoir ce qu’il peut se passer ? Vous arriver ? Ne voulez-vous pas comprendre les signes que la Lune vous envoient ?

J’ai du me mettre sur la pointe des pieds pour lui parler ainsi. Revenue stable et devant lui, mon expression changea pour quelque chose de plus sérieux. Il devait entendre ce que j’avais à lui dire.

- Vous savez Mr. Ryans, ne me jugez pas trop vite. Je ne suis pas ce que vous pensez, et croyez-moi je me fais une petite idée des vôtres. J’ai deviné pour votre Roméo.

Je dis ça en soulevant et en laissant retomber le tissu accroché à sa ceinture. Pour le comprendre, toucher ne suffisait pas, le regarder dans son entièreté, ses expressions, ses grondements ressemblant à ceux de l’orage, ses manières. Tout. Un être ne se perçoit pas seulement en un toucher. Je me demande vraiment ce que ces jeunes cervelles s’imaginent. Enfin, je m’égare.

- Sachez que je ne suis pas du genre à m’importer des ragots qui trainent dans cette école. Peu m’importe ceux que vous appelez supérieur, moldus, ou autre. Je n’ai pas besoin de ça pour savoir ce que vous êtes.

En parlant, presque mégalo, je commençai à marcher dans le couloir, jouant de ma baguette la faisant tourner au rythme de mes paroles. Lui jetant des regards enflammés, toujours cette même curiosité au creux des yeux.

- Je dois vous dire que je suis admirative. Comment arrivez-vous à garder le contrôle, au quotidien ? Vous me plaisez Ryans, autant être franche jusqu’au bout. Cependant vous restez d’un mystère presque de marbre. Vous ne m’intéressez que d’autant plus. Deviner n’est pas tout, il faut savoir comprendre les signes, comprendre les lignes, comprendre les afflux de sensations. Je dois dire que vous me donnez du fil à retordre. Vous devez savoir que je suis très obstinée, peut-être pas autant que votre tête dure, mais suffisamment pour arriver à mes fins.

Comme un vampire assoiffé, comme une transmutation brutale. Je me retournai d’un coup sec, mon visage avait changé d’expression. La curiosité avait fait place à un air irascible, rude. Je n’étais pas violente, mais engagée. J’avance à grands pas vers lui, attrape son poignet qui, je dois le dire, est trois fois plus gros que le mien, et y plante mes ongles.

- Ryans, votre main.

Un sourire. Machiavel.

- Laissez-moi vous dire que vous finirez dans ces catacombes si vous ne me laissez pas faire. Ne me compliquez pas la tache en vous fermant. Soyons honnêtes, aussi bestial que vous êtes, mon bras ne fera qu’une demi-seconde. Mais je vous jure que votre souffrance durera des siècles. Et puis, ne voulez-vous pas savoir ?

Je pose ma main dans la sienne, je sais qu’il va détester ce toucher, pourtant ma peau blanchâtre est douce, mais ma personne acariâtre et insupportable est détestable. Mon visage se radoucit, un sourire presque bienveillant à la manière de Phædre s’y dessine. Je lâche un « Finite » qui rompt le sort lancé. Sinon, je ne devinerais jamais correctement cet être incroyable.

- Où sinon, je lis, et ferme les yeux sur votre présence ici ce soir pour vous laissez rejoindre la Lune. Le temps presse, faites votre choix, je dois moi-même la rejoindre. Et cela me prendrait plus de temps si je devais vous envoyez dans les sous-sols.

Mon regard se pose dans le tien.
Cela ne te fera pas mal. Je le jure.

Ne croit jamais cette menteuse.

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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Sam 8 Juin 2013 - 10:26

Il paraît que les Loups ont peur du feu. En réalité, je crois que cette particularité touche toutes les créatures du monde animal, comme une sorte d'instinct ancestral. C'est d'ailleurs valable pour les Hommes aussi mais ils ont appris à le « contrôler », à l'appréhender néanmoins et à s'en servir même. Ce qui n'est pas le cas des autres êtres vivants sur notre planète, dont les Loups. Je crois que cet élément m'a toujours fasciné et aujourd'hui je peux le dire, ou en tout cas je répéter, j'aime jouer avec et ce dans tous les sens du terme. Ça m'a valu bien des surprises et pas que des bonnes mais c'est en moi et je ne peux pas aller contre. C'est exactement ce que je suis entrain de faire, là, avec elle, et j'en ai parfaitement conscience. Je joue avec le feu et naturellement je sais que je peux m'attendre à un retour de flamme à n'importe quel moment mais je tente quand même. J'ai besoin de mettre de la distance entre elle et moi, ça n'est pas un jeu même si au départ ça aurait pu en prendre la tournure. Non, à présent il en est tout autrement. Plus je m'éloigne et mieux je me sens, façon de parler bien sur. La Lune m'appelle, de plus en plus, et je n'ai pas le temps de me laisser avoir par les simagrées de cette femme, je n'ai pas de temps à perdre avec elle. Quand elle me regarde par moment j'ai l'impression de revoir les yeux de braises de Seren quand ils se posaient sur moi à une époque, cette même « fascination », ce même attrait pour ce que je suis. La Créature, pas l'Homme. Seren elle me faisait bien comprendre que je ne n'étais qu'un gamin et pour cause j'avais 16 ans à l'époque mais pourtant ça ne m'a jamais arrêté. Je prenais un plaisir non dissimulé à jouer avec elle, à lui rentrer dedans pour essayer par tous les moyens de me faire une place entre ses draps et surtout entre ses cuisses. Elle n'a jamais cédé, mais ça nous a diverti tous les deux. Période délicate de ma vie sur laquelle j'ai tiré un trait, tout comme sur elle d'ailleurs et je sais que ça ne lui plait pas. Elle aimait me voir lui courir après, m'exposer ses charmes pour me faire baver sans jamais me les accorder, jouer avec moi, ... Mademoiselle Hunt entre t'elle dans ce même genre de catégorie de femmes ? Des rumeurs circulent bien que je n'y fasse pas vraiment attention mais je n'ai pas envie de jouer de toute façon. Pas de cette façon là. Plus maintenant. En d'autre temps peut être, dans une autre vie comme j'aime à l'appeler, mais pas Aujourd'hui. Alors je suis là, mon regard braqué dans le sien, marchant à reculons, courant après ma liberté, mais pas franchement convaincu pour autant. Non, ça ne sera pas aussi simple et je le sais. Je n'aime pas sa façon de me regarder, de me détaillé, pièce par pièce. Ça me dérange, ça me déstabilise et ceux qui me connaissent savent que ça ne donne rien de bon lorsque je perds mes moyens. Surtout quelques heures avant que la Lune ne soit pleine et prenne ses quartiers dans le ciel. Le temps presse ...

« Mr. Ryans… »

Les bras croisés sur sa poitrine elle ne cesse de sourire, et je ne cesse de continuer à reculer. Cette façon qu'elle a de prononcer mon nom … Ce ton, suave, dissimulant une menace, comme si elle tentait de m'amadouer mais ça ne fonctionne pas.

« Ryans, arrêtez-vous. »

Sinon quoi ? Question sans doute stupide mais oui je garde encore l'infime espoir qu'elle me laisse partir, comme ça, sans piège, pourtant ses appels sonnent comme des ultimatums. Je ne m'en tirerai pas comme ça. L'affronter ? Ça ne m'a pas effleuré l'esprit une seule seconde. Je ne veux pas aller au conflit, et surtout pas avec une femme. Si elle était un homme d'ailleurs, comment est ce que cela se passerait-il ? Différemment, sans aucun doute. M'en prendre à une femme c'est impensable pour moi, pas physiquement en tout cas, ni magiquement. Parfois mes paroles ont été bien plus blessantes que tout envers certaines d'entre elles, j'en ai bien conscience, mais jamais je ne lèverai la main sur l'une d'entre elle. A quoi bon toutes ces questions de toute façon, elle n'est pas un homme.

« Locomotor Mortis. »

Nous y voilà. Si moi je n'ai pas décidé d'user de ma magie, elle, ne s'est pas donné cette peine. Ça n'est pas un réflexe pour moi, ça n'en a jamais été un je crois, et quand bien même … Elle est Professeur, je suis élève – en 6ème année de surcroit – alors même si j'ai certaines aptitudes en terme de magie et notamment en DCFM et dans certaines autres matières ou la pratique prime, je n'en ai pour autant pas le niveau d'un Sorcier expérimenté, loin de là. C'est encore brouillon, pas toujours très efficace. Elle, il ne lui aura fallu qu'un geste imperceptible, juste un murmure, et me voilà paralysé ou presque. Aucun contrôle, aucune mobilité sur mes jambes. Pris au piège comme un vulgaire animal balancé dans une cage. Électrochoc pour Loup. Il hurle et se jette violemment contre les paroi de cette prison de magie. J'essaie de me débattre, sorte de réflexe, mais naturellement rien ne se passe, seul le haut de mon corps s'agite et s'en ai ridicule alors je m'arrête. Pourquoi tout ce cinéma ? Sans doute une férue de la mise en scène et je n'aime pas ce que cette attitude me rappelle. Tout ça c'est dans leurs habitudes … Habitudes que je n'ai que trop connues mais le plus fervent de tous est mort, et malgré ma tentative de rédemption je regretterai toujours de ne pas l'avoir fait souffrir un peu plus longtemps. J'ai vu le voile se lever dans son regard, le sang s'échapper de sa gorge grande ouverte alors que mes crocs s'étaient refermés sur elle … N'y pense pas Enzo, pas maintenant, ça n'est pas le moment. Et tandis que je commence à bouillonner de l'intérieur ...

« Comment s’appelle-t-il ? »

… elle m'interpelle. Je fronce les sourcils et fixe un instant mon regard sur sa baguette, braquée vers mon cœur si je ne m'abuse. Je ne comprends pas cette question. Je crois. Ou peut être n'ai-je simplement pas envie de la comprendre.

« Non Enzo, pas le loup. Celui qui a teinté votre cœur d’un peu d’affection. »

Ne me dites pas, par pitié, que tout ce cirque va recommencer … J'aimerai masquer les émotions que cette « révélation » soulève en moi mais c'est peine perdue. Je m'immobilise totalement, soupire et ferme les yeux. Étrangement ça m'a calmé mais je sais que ça n'est l'histoire que de quelques secondes seulement. Je ne supporte pas qu'on me parle de lui … Pas … comme ça. Pas eux. Pas elle. Pas d'une personne qui ne le connait pas ou bien représente un danger potentiel pour lui. Je gronde, encore une fois, alors que mon regard se pose sur elle, noir. Assassin. Tu n'auras pas de réponse à ta question.

« Ne voulez-vous pas me laisser lire votre main ? C’est une regrettable erreur. Premièrement car je le ferais avec ou sans votre autorisation, en vous faisant mal, ou non. Deuxièmement parce que vous pourriez apprendre tant de choses. Je vois derrière vos yeux que vous me jugez en novice. La divination n’est pas un art de fou. Je mentirais une nouvelle fois en vous disant que je ne suis pas désaxée, mais ça c’est autre chose. Une tout autre affaire. Mobilicorpus. »

Je n'écoute plus. Ou peut être trop, justement. Elle me contrôle et je ne supporte pas ça. Loup continue de me lacéré à tel point que j'en ai mal. Douleur fantôme, mais bien réelle. Mon corps sent que la transformation va bientôt avoir lieux et commence à agir en conséquence. Je tremble. Je sens la fièvre poindre, les sueurs froides et les crampes. Mes membres se tendent, tous mes nerfs, mes muscles. Mon rythme cardiaque s'intensifie, se fait plus irrégulier qu'en temps normal encore, et cette chaleur. Chaleur incroyable que je ressens et dégage. En permanence oui, mais plus fort encore quant arrive l'appel de la Lune. Je dois sortir d'ici, mais je suis coincé. Chaleur … Chaleur qu'elle doit ressentir étant donné cette nouvelle proximité alors qu'elle m'a ramené vers elle. Cette présence dans mon espace vital m'agresse de plus en plus et quand elle tend la main vers moi je suis près à mordre. Elle se ravise, ou bien est-ce seulement un jeu. Un de plus. Elle recommence à tourner autour de moi mais cette fois plus aucune ambiguïté de mon côté. J'ai la rage au creux du ventre, une rage à l'état brut. L'Humain s'estompe. L'Animal commence à dominer.

« Ne voulez-vous donc pas savoir ce qu’il peut se passer ? Vous arriver ? Ne voulez-vous pas comprendre les signes que la Lune vous envoient ? »
« Croyez-moi, je les comprends déjà ... »

Peut être pas de la même façon, le côté spirituel ne m'atteint pas vraiment. Ce que je vois, ce que je ressens, c'est le palpable. Elle m'appelle, elle veut que je chante pour elle. Elle veut que je coure sous ses rayons. Elle veut me bercer comme une mère. Et moi … moi je veux la rejoindre. Je veux la laisser me caresser et me retrouver seul avec Loup, ne faire plus qu'un avec lui et le laisser profiter de cette nuit. Mais je suis là, coincé. Je n'entends plus qu'un mot sur deux. Non, je n'écoute plus qu'un mot sur deux. Tout se mélange dans mon esprit. Les émotions s'emballent. Mon corps s'enflamme. Et sa présence, si près, trop près, m'agresse. Son murmure a été comme un hurlement et je ressens le besoin de me couvrir les oreilles pour l'atténuer. Mes sens deviennent fous. Je sens, entends, perçois, de plus en plus de choses. Ma tête tourne. Je brule. Et elle parle, encore et encore.

« Vous savez Mr. Ryans, ne me jugez pas trop vite. Je ne suis pas ce que vous pensez, et croyez-moi je me fais une petite idée des vôtres. J’ai deviné pour votre Roméo. »

Oui, j'ai envie de hurler, je m'agite, devient de plus en plus nerveux. Je parviens à sentir cette épée de Damocles qui pourtant semblait avoir disparu depuis quelques temps mais la voilà de retour. Au dessus de sa tête. Au dessus de nos têtes. Est ce qu'un jour ils, ou elle ce soir en l'occurrence, lui foutront la paix. Est ce qu'un jour j'aurai les moyens de réellement arrêter de penser que sa vie est un Enfer en grande partie à cause de moi, parce que j'en fais partie ? Mais je me tais, je me mords la lèvre plutôt que de laisser m'échapper toutes ces menaces stériles qui ne demandent qu'à exploser. Ne touche pas à un seul de ses cheveux … Oui c'est ce que je pense mais je m'abstiens, mon regard doit être de toute façon déjà très éloquent et avec sa capacité à « lire » entre les lignes je ne doute pas une seule seconde qu'elle sait déjà tout ce qui me passe par la tête actuellement. Je replonge dans mes accès de violence, dans cette rage que j'ai tant essayé de mettre de côté, dans cette culpabilité qui ne me lâchera jamais les tripes tout en essayant de rester droit et fier, tout en essayant de garder un air détaché, comme si ça pouvait le protéger, alors que je me consume de l'intérieur. Je ne veux pas laisser ce serpent ramper sous ma peau à nouveau, celui qui me murmure chaque fois qu'une situation comme celle ci se présente qu'il serait mieux sans moi et que je devrai m'éloigner de lui, parce que c'est la meilleure chose à faire. Je lui ai promis de ne plus jamais le quitter. Oh bien sur je n'ai pas prononcé les mots, je ne veux plus formuler de promesse que je ne suis pas certain de pouvoir tenir, mais j'en ai pensé chaque mot. Je ne t'abandonnerai plus jamais, même si j'en arrive à penser que c'est pour ton bien. Si un jour la décision vient de toi je la respecterai mais en attendant je ferai tout mon possible pour te protéger, t'épargner au maximum sans pour autant disparaître de ton existence et pour ça je sais que je dois me tenir tranquille. Alors je prends sur moi, mais c'est difficile. Loup recommence à tourner en rond, à me lacérer de ses griffes et de ses crocs. Je ne lâche pas son échine pour autant et il n'apprécie pas. Il me le fera sans doute payer plus tard mais pour l'heure je garde le contrôle et il n'a pas son mot à dire. Je n'aime pas lui faire ça, mais pour Kyle je suis près à tout, et même à n'importe quoi, et ce peu importe ce que ça me coûte d'un point de vue personnel. Ce qui incluse Loup, puisqu'il est moi et je suis lui. Nous sommes qu'un malgré nos deux entités parfois bien distinctes. Dualité permanente mais unité latente, malgré toute cette ambivalence. Difficile à suivre, n'est ce pas ? N'essayez pas, ça ne regarde personne d'autre que moi, que lui, que Nous.

« Sachez que je ne suis pas du genre à m’importer des ragots qui trainent dans cette école. Peu m’importe ceux que vous appelez supérieur, moldus, ou autre. Je n’ai pas besoin de ça pour savoir ce que vous êtes. »

Faites moi rire.
Vous ne saurez jamais qui je suis.
Jamais !

« Je dois vous dire que je suis admirative. Comment arrivez-vous à garder le contrôle, au quotidien ? Vous me plaisez Ryans, autant être franche jusqu’au bout. Cependant vous restez d’un mystère presque de marbre. Vous ne m’intéressez que d’autant plus. Deviner n’est pas tout, il faut savoir comprendre les signes, comprendre les lignes, comprendre les afflux de sensations. Je dois dire que vous me donnez du fil à retordre. Vous devez savoir que je suis très obstinée, peut-être pas autant que votre tête dure, mais suffisamment pour arriver à mes fins. »

Quelque chose en elle change, se réveille, je le ressens. Elle tourne la tête brusquement, me regarde avec virulence, s'approche à pas rapide et se saisit de mon poignet. Instinctivement je serre le poing et lute pour ne pas faire le moindre geste que je pourrais regretter. J'ai ma baguette dans ma poche mais je ne fais aucun geste dans cette direction. À l'instant T, j'ai simplement peur de perdre le contrôle et de faire quelque chose que je regretterai par la suite. Ses ongles s'enfoncent dans ma peau, je grimace. Plus par réflexe par réelle douleur mais ma peau est toujours plus sensible avant et après une transformation. Ma respiration commence à devenir erratique. Mon souffle se fait de plus en plus court. J'ai de plus en plus chaud. Mes vêtements deviennent une présence quasi-insupportable.

« Ryans, votre main. »

Non.
Je m'entête.

« Laissez-moi vous dire que vous finirez dans ces catacombes si vous ne me laissez pas faire. Ne me compliquez pas la tache en vous fermant. Soyons honnêtes, aussi bestial que vous êtes, mon bras ne fera qu’une demi-seconde. Mais je vous jure que votre souffrance durera des siècles. Et puis, ne voulez-vous pas savoir ? »

Je n'ai pas peur de la souffrance. Je la côtoie depuis deux ans presque quotidiennement. La souffrance, la douleur, physique, est comme une vieille amie que je retrouve de toute façon une nuit par mois alors que mon corps se brise par deux fois. Un aller. Un retour. Non, elle ne me fait pas peur, de même que les catacombes n'ont plus vraiment de secret pour moi, mais je n'ai pas envie de de ça. J'ai besoin de ma liberté et je crois que je suis près à tout pour l'obtenir. A tout, ou presque. Et non, je ne veux pas savoir. Ou peut être que si. Je ne sais plus. LACHE MOI ! Ne me touche pas ...

« Finite »

Mes jambes me lâchent, je ne m'écroule pas pour autant. Juste un pas en arrière, une main dans les cheveux alors que j'étouffe une sorte de cri, plus un grognement qu'autre chose. Et sa main ne lâche pas la mienne. Sa voix devient une véritable agression. Pourquoi ? Pourquoi cette obstination ? Pourquoi cette obsession ? Qu'est ce qu'elle pense trouver en moi ? Pourquoi ?!

« Où sinon, je lis, et ferme les yeux sur votre présence ici ce soir pour vous laissez rejoindre la Lune. Le temps presse, faites votre choix, je dois moi-même la rejoindre. Et cela me prendrait plus de temps si je devais vous envoyez dans les sous-sols. »

Je m'immobilise, bloque complètement, ma tête se soulève, mes yeux croisent les siens et son regard me capture. Elle semble presque bienveillante. Le temps semble s'arrêter une seconde, puis deux, rien ne se passe et j'ai soudain cette réaction venu de nulle part. Rien n'aurait pu la prévoir, pas même moi. Je récupère ma main brusquement et l'attrape par la gorge avant de la plaquer violemment contre le mur. Mon visage est si près du sien, il l'effleure, à nouveau un grondement sourd s'évade alors que je la respire. J'ai l'impression que mon cœur va exploser. Mélange de violence et d'autre chose. Je suis partager entre l'envie de lui faire du mal et celle, un peu plus sournoise, de simplement m'amuser un peu avant de disparaître dans la nuit. C'est malsain. Je ne suis plus moi même ou disons plutôt une autre facette encore. Une que je n'apprécie pas spécialement. Il y a d'ailleurs cette petite voix dans ma tête, celle de la raison, qui tente de me rappeler à l'ordre mais rien n'y fait. Ma main droite garde sa prise autour de sa gorge, l'autre se pose sur sa hanche. Nos deux corps se touchent, un instant je lui impose toute ma carrure, elle est coincé. Le mur derrière elle, et moi, là, devant. Si près. Trop près. Prise de conscience alors que le laisse trainer mon nez dans ses cheveux, et près de sa peau, là sur son cou. Je ne devrai pas faire ça. Alors je me retire aussi rapidement que je me suis imposé à elle. Je la lâche, m'éloigne d'un pas, puis d'un deuxième. Mes yeux s'ancrent à nouveau dans les siens et je crois que cette fois c'est dans mon regard que se trouve la folie. Ou bien la peur. L'état sauvage quoi qu'il en soit. Ensuite il y a ce nouveau geste étrange de ma part. Je tend le bras, expose ma main, paume ouverte, sous ses yeux, attrape la sienne de celle qui me reste de libre et la dirige jusqu'à la mienne pour la poser dessus. Aucun de mes mouvements n'est délicat.

« Faites ce que vous avez à faire et foutez moi la paix, mais faites le vite. »

Je ne sais pas ce que tu comptes voir là dedans mais je te souhaite bien du plaisir et tu pourras prétendre autant que tu veux savoir qui je suis après ça, ça ne sera jamais la vérité.
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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Sam 8 Juin 2013 - 13:37

– Finite

Sa main dans la sienne, je l’entends gronder. Ça me ferait presque frissonner d’entendre ce râle sourd, sortir de sa gorge, emplir ses poumons. Cela venait des tréfonds de son être, j’en ressentais les échos à l’intérieur de mon ventre. Etait-ce l’homme ou l’animal ? Comment contenait-il les deux ? J’étais autant intéressée par l’un que par l’autre. J’étais même plus attirée par la jonction des deux, plutôt que par l’animal ou l’homme seul. L’un sans l’autre, à l’instar de Phædre et moi, n’avait surement pas la même valeur. Pauvre de lui, s’il n’avait pas été « bénéficiaire » de ce don, je ne me serais surement jamais retournée sur son passage. Mais ces affreux bruits de couloirs avaient parlés pour lui. Je déteste les ragots, j’en avais tellement été victime plus jeune, que je ne pouvais plus supporter les messes basses. Et pourtant, c’était toujours le cas aujourd’hui, mais plus pour les mêmes choses. Et puis j’étais trop fière de moi, trop confiante pour me permettre de m’abaisser à les entendre. Mais dans le cas de jeune homme, j’avais juste entendu « lycan » et Phædre et moi avions coexistées l’espace de quelques secondes complètement en harmonie pour ce pur trésor que nous ne pensions pas trouver ici. Peut-être était-ce pour ça que les signes m’avaient envoyée ? Mais je ne faisais pas de conclusion trop hâtive, on ne pouvait pas réellement savoir, juste essayer de deviner, et tracer sa route.

Je sentais de l’agressivité, de la tension qui commençait sérieusement à « m’inquiéter » chez le jeune homme. Ce n’était pas la première fois qu’il grondait depuis le début de notre entrevue mais là se dégageait autre chose de son corps. Je crois qu’il commençait réellement à ne plus nous supporter. Phædre s’était parfaitement réveillée et commençait elle aussi à taper sur les parois de mes entrailles. Je l’imaginais chaque fois, le regard perdu, à frapper de nos mains frêles sur les murs d’une petite pièce noire : notre corps. Elle pouvait crier, je ne l’entendais qu’à peine, mais cela me faisait tiquer. C’était exactement le genre de moment propice à une transmutation, et il était hors de question que je perde le contrôle et pourtant. Elle montait en nous comme du lierre grimpant, mais à vitesse grand v. Je retenais parfois mon souffle, discrètement, comme pour lui bloquer la route vers notre conscience.

Mes ongles toujours plantés dans son poignet, je finis de lui laisser le choix sur la marche à suivre et surtout sur la fin de sa soirée.

- Où sinon, je lis, et ferme les yeux sur votre présence ici ce soir pour vous laissez rejoindre la Lune. Le temps presse, faites votre choix, je dois moi-même la rejoindre. Et cela me prendrait plus de temps si je devais vous envoyez dans les sous-sols.

Je pense qu’il avait déjà été déstabilisé par ma prise de position de le laisser les jambes libres. Mais c’était primordial si je voulais le lire. Immobile, complètement bloqué dans une sorte de.. je ne sais quoi d’ailleurs, de la stupeur, surprise peut-être. Je n’avais pas de mots. Il semblait coincé dans mes dernières paroles, comme s’il les ingérait doucement, réalisait la teneur du marché que je lui proposais. Nos regards croisés, j’imitais son immobilisme, ne voulant troubler cet instant, profiter au passage de décrire son expression, ancrer son visage au profond de ma rétine. Je ne devais pas oublier cette image se défaire de notre esprit. Nous devrions l’analyser plus tard. Rien ne se passe. Immobile. Une seconde. Deux.

Une pulsion de sa part vient troubler le parfait tableau de cire que nous nous étions imposé. Sa réaction, imprévisible, même mes sens n’ont pas su la déceler. En une demi-seconde, je me retrouve une main enserrant ma gorge, plaquée contre le mur. Palpitations, tremblements. Je n’ai pas peur, mais Phædre si. Elle s’agite. Il ne sait pas ce qu’il vient de faire, la violence est une chose que d’ordinaire, durant un corps à corps ressemblant à celui dans lequel nous étions, m’excitait vaguement. Mais là il s’agissait d’autre chose. Bien sûr son être tout proche du mien me faisait frissonner, il devait le voir. C’était presque contre mon gré, notre corps réagissait en fonction de la personnalité installée. Vicieuse, manipulatrice, portée sur le corps à corps, sensuelle, je réprimais des rictus d’envie. Parce qu’autre chose se tramait. J’étais tiraillée entre deux sensations très différentes, entre le chaud et le froid. J’entendais Phædre hurler. Je plissais les yeux, ses cris dans notre tête rebondissaient et détruisaient ma lucidité, piquait des pièces dans le puzzle de notre esprit. Elle mangeait peu à peu l’espace que je m’étais réservé. Ses ongles griffaient nos parois, elle réduisait les murs en charpie. D’un autre côté, je frissonnais de la main du garçon sur ma hanche, de ses respirations dans mon cou. Son petit jeu était malsain. Il avait tout le loisir de jouer avec moi, et pourtant il restait dans ses retranchements. Phædre avait peur. Le grognement nouveau qui s’échappa de la poitrine d’Enzo vint bousculer les deux sentiments dans lesquels j’étais plongée.
D’abord, j’adorais ça. Je sais que ce grognement n’était surement pas assimilé au désir, même face à une femme comme moi. Je me demandais ce qu’il voulait faire là, en trainant en dans mon cou. De l’autre côté, l’emprise de ses doigts affolait Phædre. Je la sentais là, pas trop loin. Comme si elle courait vers moi. Ses cris de plus en plus fort, je lâchai moi même un son sourd, plaintif, non pas par peur ou par souffrance physique, mais parce que la pression de Phædre devenait intolérable. Il ne se rendait pas compte, il réveillait la moitié de nous. Il allait me faire perdre le contrôle de la situation. Je sentais la colère me monter, la douleur de Phædre et sa flippe envahir notre sang. Mon corps se refroidissait, et l’espace d’un instant, là, bloquée contre le mur je fis l’équivalent d’un malaise. Mais pour transmuter.

Combat. Mon corps relâché, je ne sentais même plus la présence du garçon qui provoquait cela. Un mal de tête infâme. Je ne devais pas lui laisser gagner le terrain. Cela dura deux secondes, peut-être s’était-il rendu compte du subreptice changement d’expression sur mon visage. J’ai suffoqué, plissé les yeux. Je me battais contre Phædre, tentais de la terrer à nouveau mais ses cris comme ceux des sirènes étaient intolérables. Je lâchais, je me sentais descendre, tomber, je ne voulais pas. Ne pas laisser passer ma chance. Phædre, laisse-moi gérer, je t’en prie. Phædre, la ferme !

Contact avec le sol. J’ouvre subitement les yeux, immobile. Le choc m’a ramenée. Je n’ai pas faiblis. Il s’éloigne. Et il fait bien. J’étais en colère de ce que j’avais du subir, là, emprisonnée dans sa main, j’avais failli tous lâcher. Tout laisser tomber, j’avais été à deux doigts de devenir cette limace lente et pitoyable, incapable de se démerder face à la dangerosité potentielle du garçon. Je tremblais. J’avais froid. Mais je ne devais rien laisser voir de ce qu’il s’était passé. Je relevai mon regard, il y planta le sien. Je décèle quelque chose de nouveau dans ses yeux. De la folie peut-être, cet éclair ressemblait au mien étrangement. Lui aussi avait peut-être passé un cap dans sa transformation, s’il s’agissait de cap. Je n’en savais rien, j’étais là pour apprendre après tout. Il fit un geste qui me surprit une nouvelle fois. Mon instinct détraqué par les différents stades qu’il venait de subir. Il ouvrit sa grande main, paume vers le ciel et complètement offerte à ma vue, il attrape la mienne qu’il plaqua contre. Indélicat, presque sauvage, peut-être était-ce là sa part de loup ?

« Faites ce que vous avez à faire et foutez moi la paix, mais faites le vite. »

Ressaisis-toi, c’est ta chance. Pousse cette imbécile de Phædre au fond de votre pièce, de votre corps. A toi de jouer, convoque la Lune, convoque ton Soleil, nourris-toi de lui. Il peut t’apporter tellement de choses, tu m’entends Phædre ? Alors la ferme, arrête de crier c’est inutile, je reprends le contrôle. Dégage, laisse-moi faire. Je sers également ta soif d’apprendre, alors laisse moi opérer notre art avec perfection. Tu me remercieras plus tard de t’avoir noyée si, encore une fois, tu n’oublies pas ce qui s’est passé. Tu m’exaspères.

Je le regardai une nouvelle fois, un sourire dément, envieux, sur les lèvres. Je suis sure qu’il pouvait voir mon impatience. Malgré tout mon esprit restait brouillé par les chocs subis et ma lecture serait confuse, je le sais. Je ne devinerais pas tout. A cause d’elle. Je grognai pour moi-même, laissant échapper quelques murmures en fait, un chapelet d’insultes à l’égard de Phædre, presque imperceptible. Je baissai les yeux et les fermai. Je pris une longue inspiration, et serra sa main dans la mienne, douce. Sans lui faire de mal. Je ne sentais presque pas. Pourtant j’étais persuadée qu’il devait être à cet instant très communicatif. Son loup ne devait pas être loin, car une sensation de rupture émanait de lui. Mais ce contact n’était pas suffisant, je le savais, pour deviner quelqu’un par la sensation, il ne s’agissait pas des mains. Les autres parties de la peau, comptaient plus. Je voulais juste m’assurer de son ouverture quant à cette lecture, mais sentait la répulsion.

- Détendez-vous, tous les deux, ça ne fait pas mal.

Un sourire moqueur, un regard en biais lancé puis je repose mon regard sur nos mains. Je les détache, et me met à inspecter ses lignes. Je lâche de nouveau un soupir d’admiration. « Epoustouflant ». Un sourire agréable, calme se dessine sur mon visage. Je prends sa main entre les deux miennes, et l’ouvre plus en quelque sorte, fixant mon regard sur ses lignes. Courbes, contre-courbes et cassures. Longues, effilées, mais elles ont presque des allures de veines tant elles se fragmentent en plusieurs. S’il pouvait voir nos deux personnalités, il verrait Phædre dans la même position que la mienne, scrutant derrière mon épaule. Là, à cet instant précis, nous étions en harmonie complète, là était l’art de la divination : nous réunir. Je nous sentais comme une gosse découvrant la magie. Exactement pareil. Les doigts de ma main gauche vinrent glisser le long des lignes. Je comptais à voix basse les fêlures. Pourquoi ne voyais-je pas tant de mains intéressantes ? Des lignes brisées reprenaient leur cours plus tard, d’autres s’étalaient en plusieurs et surtout, la ligne centrale, celle de l’esprit, me frappa. Un instant, je regardai de plus près. A un endroit précis de sa main, au centre, il s’était formé une boucle. Sa ligne dédoublée, s’était resserrée en une seule. J’ouvris ma main gauche également. Et constata. Au centre de ma main, une ligne dédoublée, qui n’en formait plus qu’une. Mais la sienne, contrairement à la mienne, était presque parfaite. Bien des entailles s’étaient formées sur celle-ci mais elle restait harmonieuse, elle suivait son cours, la mienne ressemblait au chaos. Je me mordis la lèvre sans me rendre compte que c’était presque jusqu’au sang. Je levai le regard vers lui. Il s’était teint de la bienveillance de Phædre, et son calme. Je n’étais plus la même, mes sautes d’humeur régulières faisaient perdre le fil de l’histoire.

- Pourquoi vous faites-vous autant de mal ? Je vois la mort, la séparation, beaucoup de douleur mais également de la force, la dualité, la persévérance. Vos lignes sont loin d’être parfaites, des rebondissements à chaque épisode et pourtant, elles sont longues. C’est stupéfiant, si vous suiviez mes cours, vous comprendriez que vous avez des mains très étranges, communicatrices. Est-ce par la présence de votre don ? Et ça…

Je pointai la boucle au centre de sa main.

- Ca très cher, dans mon cas, ça n’a pas été très bon signe.

J’ouvris ma main à la gauche de mon visage. Un sourire.

- Et pourtant chez vous quelque chose s’est raccordé. Quelque chose à fait son chemin, une coexistence pas encore parfaite. Je ne saurais vous dire si c’est en corrélation avec votre animalité persistante, cependant… Il ne faut pas négliger ça.

Je lâchai sa main, faisant retomber la mienne sur ma hanche, comme à mon habitude. Je restais admirative, les yeux dans le vague. Je levai ma main comme pour la poser sur sa joue puis me retint. Un regard vers la lune. Mon instinct me rappelait à l’ordre. J’étais terriblement fatiguée, mais, la lune avant tout. Et il finirait par me découper en pièce si je continuai dans cette voix. Je reposai mon ongle entre mes dents, un sourire provocateur, et des yeux encore brûlants de toutes ces expériences que je venais de vivre, ce savoir qui venait de s’introduire dans notre esprit.

- Je regrette déjà ma décision de vous laisser partir. Ryans, vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi. Aussi complexe soyez-vous, je finirais par savoir.

Plantée là, je lui souriais.
Je sais que tu me détestes presque. C’est toi qui finira par revenir vers moi.
Tu voudras savoir ?
J’attendrais.

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MessageSujet: Re: J'hallucine. - ft. Enzo Ryans   Mar 11 Juin 2013 - 12:36

Je n’aime pas cette situation, je pense que c’est inutile de le souligner tellement ça me semble évident. Il y a des choses que je ne contrôle pas, et notamment ces grondements sourds qui s’échappent presque régulièrement de ma gorge. Ce type de son n’est pas quelque chose que j’aime émettre devant les autres – à l’exception parfois de Kyle mais ça n’est définitivement pas dans le même contexte en règle générale – mais dans ce cas de figure je n’y pense en réalité pas vraiment. C’est la colère qui me pousse à réagir de cette manière là, cette impression que j’ai d’être pris au piège et d’avoir été balancé dans une cage encore une fois. Dans tout mon paradoxe habituel, je n’aime pas qu’on me prenne pour un animal et pourtant par certain côté c’est ce que je recherche mais je crois que comme toute personne normalement constituée je n’aime simplement pas sentir que je perds le contrôle. Que ce soit celui d’une situation, d’une autre personne ou bien simplement le mien. Oui je perds le contrôle et ce que je viens de faire en est un exemple flagrant. Je l’ai agressé, physiquement, alors que je me maudissais il y a seulement quelques minutes à l’idée que je puisse faire une chose pareille. Et voilà, c’est arrivé, et pour tout un tas de raison la culpabilité se joint à la myriades d’émotions qui m’envahissaient déjà avant ce moment d’égarement. Je n’arrive pas à savoir si elle a eu ce qu’elle voulait, si elle tentait de me pousser à bout pour obtenir une quelconque réaction de ma part y compris celle là, mais elle n’a pas pu me cacher ce qu’elle a ressenti sur le moment. Son corps n’a pas pu et s’est exprimé lui même, répondant au mien qui n’aurait jamais du franchir cette barrière physique. Mélange de peur et d’envie, elle ne pourrait pas le nier. Étant une personne très portée sur le contact en règle générale je ne peux pas dire que je n’ai rien ressenti non plus mais ma raison et mes sentiments pour l’homme que j’aime m’ont rappelé à l’ordre et m’ont permis de reprendre ce fameux contrôle que j’ai perdu l’espace de quelques secondes. J’ai bien compris que je ne serai pas tranquille tant que je n’aurai pas cédé, et une part de moi me pousse de toute façon à la curiosité alors autant pousser le vice jusqu’au bout. Voilà pourquoi je lui ai tendu ma main, pourquoi j’ai posé la sienne sur ma paume, tout en affichant une expression d’absence totale de bonne volonté néanmoins. Qu’elle s’amuse et qu’elle me foute la paix. Tout le monde sera content.

Mon regard braqué dans le sien avec insistance, il m’a semblé y percevoir une sorte de combat interne de son côté. Elle a hésité quelques secondes, se demandant peut être ce qui était le mieux, je n’en sais trop rien. Je n’ai pas bougé de toute façon mais qu’elle se décide rapidement parce que je n’étais clairement pas décidé à passer le reste de la nuit ici à attendre qu’elle se manifeste. Je ne peux pas prendre de chance, je ne peux pas prendre le risque d’attendre trop longtemps parce que si la transformation se déclenche à l’intérieur je ne pourrais sans doute rien faire pour arriver dehors à temps. Et quand je dis dehors, j’entends par là un espace où je ne serai pas vulnérable. Hors de question que je me transforme n’importe où et aux yeux de tous. Ce cap est le plus critique de la Lycanthropie, celui durant lequel je suis une proie facile pour n’importe qui y compris un enfant de 11 ans s’il le souhaite. Qui plus est c’est quelque chose de très personnel, d’intime, et très peu de gens ont assisté à l’une d’entre elle. Mon frère, Kyle, et quelques Supérieurs. Ismaelle, Maxence et Takuma aussi je crois, le jour où j’ai fini à l’infirmerie après m’être battu avec Taylor. Le mois dernier, un souvenir que j’aimerai autant ne pas remettre sur le tapis. C’est tout et je tiens à ce que ça reste comme ça. En réalité je tiens à ce que plus jamais personne n’assiste à l’une de mes transformation et ce sans exceptions, qu’elle soit dans un sens ou un autre.

Après l’hésitation c’est à nouveau une sorte d’étincelle de folie que j’ai perçu dans ses yeux mais elle me semblait toujours un peu perdu entre deux eaux, entre deux états. Comme si une partie d’elle en mourrait d’envie mais l’autre en avait peur. Un instant j’ai fait le parallèle entre cette chose étrange qui émanait d’elle et ma cohabitation avec Loup. Lui et moi ne sommes pas toujours d’accord, loin de là même, et parfois il nous arrive d’être en conflit de manière plutôt violente. C’est épuisant mais jusqu’ici – hormis au début, la première année je dirai, et quand je n’ai pas de Tue-Loup dans l’organisme évidemment – j’ai toujours eu le dernier mot. Je ne dis pas que j’ai toujours agis d’une bonne façon, simplement que quoi qu’il ait pu se passer, c’est qu’Enzo le voulait bien. On fera l’impasse sur la cicatrice que porte Kyle sur l’avant bras puisque naturellement je n’ai jamais voulu le mordre mais l’effet de surprise m’a fait perdre mes moyens et … Stop, je ne veux pas penser à ça non plus. Une chose me rassure cependant : Malgré la présence de Loup partout dans mon être je ne ressens pas cet appel du sang, de son sang. C’est bon signe, et peut être que d’ici quelques pleines lunes je pourrais enfin rester près lui sans avoir peur de lui faire du mal. Cette situation me tue mais on n’a pas vraiment le choix. Je préfère vivre cette séparation plutôt que de risquer sa vie encore une fois. Ce soir il ne me manque pas de toute façon, j’ai simplement envie d’être seul et le savoir à l’abri, en présence de personnes de confiances aide, c’est indéniable.

Une profonde inspiration de sa part m’a ramené sur terre et lorsque j’ai senti sa main sur la mienne de façon plus insistance je me suis totalement fermé. J’ai eu envie, encore une fois, de fuir. Ce contact que je vivais comme forcé m’agressait mais j’ai pris sur moi et j’ai continué de la laisser faire.

« Détendez-vous, tous les deux, ça ne fait pas mal. »

Comment te dire qu'a l'approche de la Lune ça n'est pas possible ? Tout comme ça ne l'est pas en ta présence, femme. Je l’ai pensé très fort mais encore une fois j’ai gardé ça pour moi. Loin de moi l’idée de la préserver de ma mauvaise humeur mais simplement un besoin de silence. Est ce que ça venait de moi, de lui ? De nous deux je pense. La situation ne me permet clairement pas de me détendre et quand elle commence à jouer avec ma main, à laisser courir ses doigts sur ma paume, sur les lignes qui s’y trouvent, je ferme les yeux. Mes autres sens sont aux aguets néanmoins. Quand moi je les regarde je ne vois que des lignes, un morceau de corps humain parsemé de relief, rien de bien intéressant ou transcendant. En me laissant aller à l’observer quelques seconde je la surprends en pleine observation et je dois bien le dire, ça m’intrigue. Oui je me demande ce qu’elle peut bien voir là dedans. Si j’avais suivi les cours peut être que je le saurai mais ça n’est pas vraiment le cas. Est ce que je le regrette ? Je dois bien le dire, l’espace d’un instant c’est un peu le cas. Le temps passe et je me sens étrangement calme, même son contact ne m’ait plus insupportable. Disons que ça va, ça vient, c’est par vague. Tant que le silence règne il semblerait que ça soit plus simple. Mes mains la fascine, c’est l’impression qu’elle me donne, et je trouve ça légèrement effrayant. Je commence à m’inquiéter, moi qui n’aime pas qu’on me lise pourquoi je l’ai laissé faire ? Surtout dans un moment si inopportun. Elle observe, compare, marmonne, et au final je ne perds plus une seule de ses réactions. L’espace de quelques secondes je deviens un petit garçon curieux et le Loup se cache. Peut être est il allé voir ailleurs si je n’y étais pas. Quand elle a levé les yeux vers moi j’ai constaté que je n’étais pas le seul à avoir changé d’état d’esprit. J’ai soutenu son regard mais il ne devait plus y avoir dans mes iris la moindre trace d’agressivité. Juste une sorte de calme interrogatif. Ça n’allait sans doute pas duré mais peu importe. Un peu de répit. Elle m’a dit que ça ne ferait pas mal et effectivement c’est le cas. Je me tiens tranquille. Voilà le deal actuel.

« Pourquoi vous faites-vous autant de mal ? Je vois la mort, la séparation, beaucoup de douleur mais également de la force, la dualité, la persévérance. Vos lignes sont loin d’être parfaites, des rebondissements à chaque épisode et pourtant, elles sont longues. C’est stupéfiant, si vous suiviez mes cours, vous comprendriez que vous avez des mains très étranges, communicatrices. Est-ce par la présence de votre don ? Et ça… »

Pourquoi est ce que je me fais autant de mal ? Cette question m’a fait écarquiller les yeux avant de lâcher un rire sec pour finalement secouer la tête, comme si la réponse pouvait m’apparaître dans ce réflexe gestuel et humain. Ou plutôt comme si elle était tellement évidente cette réponse : Parce que je ne sais pas faire autrement. Je pense trop, ça je l’ai toujours su mais malgré mes nombreuses tentatives pour me défaire de cette sale habitude rien n’y fait. Quand je vois où ça m’a mené récemment, je sais que ça peut être dangereux mais c’est dans ma nature. Je suis quelqu’un de relativement angoissé et ma vie depuis deux ans ne m’a pas vraiment permis de souffler alors voilà le résultat. Elle le dit elle même : La mort. La séparation. Beaucoup de douleur. Mes parents, Kyle, ma terre natale, et celui que j’étais avant. Du sang, des larmes, et pas seulement les miens. Je n’ai pas 18 ans et pourtant déjà probablement plus de sang sur les mains et de morts sur la conscience que le quart des adultes de ce château. J’ai tué, je suis un assassin, est ce qu’elle peut le voir ça ? Ca devrait me déstabiliser qu’elle puisse sentir autant de choses mais pourtant ça n’est pas le cas. Je ne dis pas que j’apprécie, mais c’est comme ça, c’est ce que je suis, et c’est tout. De la force, de la dualité, de la persévérance. Oui, il y a surement de ça sinon je serai sans doute déjà mort depuis un bon moment. J’en ai eu plusieurs belles occasions mais je suis encore là malgré tout. J’ai souvent mis ça sur le dos de la chance, ou bien sur celui des autres, de mes proches, qui m’aident chaque jour par leur simple présence. C’est peut être un peu plus que ça mais malgré les apparences je ne suis pas le gars le plus confiant de la terre. Beaucoup pense le contraire puisque l’image que je laisse paraître n’est pas entièrement celui que je suis et ça me va très bien comme ça. J’ai visiblement des mains étranges alors, et communicatrices ? Si je l’écoute, et je le fais, elle témoigne de beaucoup de choses dans ma vie. Et puis cette sorte de boucle alors, qu’est ce que c’est ?

« Ça très cher, dans mon cas, ça n’a pas été très bon signe. »

Encore un nouveau rire chez moi. Pas un rire nerveux, plus un rire plein de dépit. Pas très bon signe, qu’est ce que ça veut dire au juste ? Elle me montre sa paume, en son centre s’y trouve a peu de chose près la même marque, je fronce les sourcils et reprend mon calme. Intrigué, mais inquiet et ça je ne peux pas le nier.

« Et pourtant chez vous quelque chose s’est raccordé. Quelque chose à fait son chemin, une coexistence pas encore parfaite. Je ne saurais vous dire si c’est en corrélation avec votre animalité persistante, cependant… Il ne faut pas négliger ça. »

Je me casse et je me répare tant bien que mal. L’histoire de ma vie. Jusqu’à ce que j’en crève mais je l’espère le plus tard possible. Et elle me lâche, je reprends ma liberté, l’esprit un peu ailleurs. Mes mains retrouvent leur repère et s’enfouissent dans mes poches. Elle semble perdu dans ses pensées, je le suis aussi mais pourtant incroyablement présent malgré tout. Puis de nouveau cette provocation de sa part, Loup revient au quart de tour et me frappe de plein fouet, presque violemment.

« Je regrette déjà ma décision de vous laisser partir. Ryans, vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi. Aussi complexe soyez-vous, je finirais par savoir. »
« J'en doute. »

Mon regard s'assombrit, je retrouve ma noirceur et mon corps tout entier se souvient de l’appel de la Lune. La douleur lancinante et insidieuse fait sa grande entrée. Les sueurs froides reviennent elles aussi et je sais qu’il est plus que temps pour moi de partir et rejoindre mon destin. Mon organisme réclame la transformation, elle m’offre une porte de sortie et je serai fou de ne pas m’y précipiter. J’ai suffisamment fait de connerie comme ça par fierté et ne serait-ce que pour ma famille je ne peux pas me permettre de recommencer. Ils ont trop souffert parce que j’ai trop souffert, et parce que je suis trop souvent allé au devant du danger. Je ne veux plus leur infliger ça même si ça signifie aller contre celui que je suis vraiment. Au moins en partie.

Je laisse planer le silence, soupir, m’attrape la nuque après avoir sorti une de mes mains de ma poche. Un instant je regarde le sol, soupir à nouveau alors que les tremblements s’emparent de moi, relève la tête et plante mes yeux noisette dans les siens.

« Ne comptez pas sur moi pour vous courir après, je n'ai pas envie ni besoin de connaître mon avenir, ni même envie d'essayer de comprendre ce qu'il se passe dans le présent ou bien ce que représente le passé. Je ne suis pas une feuille de thé ou je ne sais trop quoi dans lequel vous pouvez lire, de même que je ne m'intéresse pas à vos propres fêlures. Maintenant si vous voulez bien m'excuser j'ai quelque chose à faire qui ne peut pas attendre et si je peux me permettre, vous ne devriez pas sortir prendre l'air les nuits où la Lune est pleine parce que contrairement à ce que vous devez sans doute penser, ça ne regarde pas que vous, et ça n'implique pas que vous non plus. »

Tout ça dit d’un ton calme, ma nervosité est contenue et pas dirigé contre elle. Je pense qu’elle le sentira mais si ça n’est pas le cas je m’en moque. Elle n’est rien ni personne pour moi, ce qu’elle pense et ce qu’elle ressent n’est pas mon problème. Ce qui est mon problème en revanche c’est que je ne tiens pas à perdre le contrôle une nouvelle fois et si ça arrive, pour je ne sais qu’elle raison, je veux mettre tous les chances de mon côté pour éviter de tuer à nouveau. J’ai déjà pris trop de vies et perdu des morceaux de mon âme. Je coure après mon innocence depuis la première fois où un cœur s’est arrêté de battre par ma faute et je n’oublierai jamais leur visage. Le fait que ça ne soit plus aussi difficile me fait peur. J’étais sincère quand j’ai dit à Kyle que ça ne m’avait rien fait de tuer ces hommes pendant la dernière Lune, et contrairement à ce que j’ai pu vouloir – ou penser vouloir pour être plus exact – je ne veux pas tirer un trait sur mon humanité. J’aspire juste à être un gosse normal, un gamin de 17 ans qui vit comme tel, et c’est tout. C’est impossible, je le sais, mais j’essaie de mettre toutes les chances de mon côté pour me rendre la vie plus simple et surtout celle de mes proches. Me préserver c’est les préserver eux, je l’ai compris maintenant.

« Ne me suivez pas. »

Oui c’est un ordre et elle en fera ce qu’elle veut.

« Bonne nuit Mlle Hunt. »

Un dernier regard, et je reprends ma route à reculons. Non je n’ai toujours pas confiance, ça aussi c’est dans ma nature. Jamais je ne lui tournerai le dos. Elle fini par disparaître de mon champ de vision et enfin la nuit m’enveloppe de sa douceur. Je suis dehors. Je suis libre. On est libre.

▬ Terminé ▬
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