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 Un brin seul de muguet [PV Kezabel]

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MessageSujet: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Lun 3 Juin - 21:47

7 juillet -Soirée

~Mon amour j'ai pensé
Avec naïveté
Qu'un brin seul de muguet
Pouvait te ramener~

Emilie Simon

Une plaine enneigée, le silence, un vent frais, glacial pour certain. Une grande bouffée d’air frais, le murmure des feuilles, le glissement des pas d’animaux sur la neige encore immaculé. Et ce feu de cheminée, qui le réchauffait doucement, qui lui rappelait que dans l’enceinte de la maison il ne craignait rien. Puis soudain, quelques notes de piano, une mélodie enchanteresse, des doigts qui glissent avec une agilité peu commune sur les touches. La musique se mélange à l’atmosphère générale et le tout ne forme qu’un, qu’une seule et même entité. Qu’une seule et même douceur qui l’enveloppe, le porte et le pousse à oublier tout le reste. Juste quelques instants la nostalgie et la mélancolie s’emparent de Caem. Elles le font virevolter tout en douceur, loin de Poudlard, dans un foyer qu’il a quitté depuis trop longtemps, dans un foyer qui est sans doute en ruine désormais. Un foyer qu’il sent pourtant encore en lui. L’odeur des bois lui chatouille encore les narines, la chaleur l’entoure et la mélodie l’entraîne. Chaque sensation est encore nette, il ressent tout et n’a surtout pas envie d’oublier. Pourtant il le sait, tout cela n’est que souvenir. Malgré ses yeux clos, il sent bien que ses vêtements sont trop légers pour l’hiver russe, il sent bien que l’accoudoir du fauteuil ne ressemble en rien à celui qu’il avait chez lui, il entend bien que les chuchotements de ses camarades de maison n’est en rien comparable aux douces notes de musiques produites par sa mère quand elle se plaisait à lui jouer un morceau de piano. Pourtant le jeune homme ne veut pas quitter cette douce vision, il veut rester dans l’illusion encore quelques instants pour se ressources, retrouver cette énergie qu’il puisait là bas et qui lui permettait d’avancer toujours avec le même sourire. Il donnerait tout pour y retourner, pour revivre tout ça, ne serait-ce que pour quelques minutes. Mais non, malgré tous ses efforts, malgré la douceur des souvenirs, Caem finit par être obligé d’ouvrir à nouveau les yeux. Au début, sa vue a du mal à se faire de nouveau à la lumière. Il ne sait pas exactement combien de temps il a passé à méditer ainsi mais la nuit ayant été courte avec Killian, il serait tout à fait possible qu’il se soit endormit. Le jeune homme était pourtant bien parti, il était arrivé tout frais dans sa salle commune pour travailler encore un peu cette fichue botanique qui semblait vouloir lui résister. Mais bien vite il s’était laissé aspirer par ses souvenirs, par toutes ces choses qui lui manquaient atrocement depuis son arrivée ici. En général il n’y pensait pas, où alors il se contentait d’en parler avec tendresse. Mais cette fois, il s’était laissé emporter par son souvenir, et il avait encore l’impression de sentir la présence de sa défunte mère juste à ses côtés… Le jaune poussa alors un long soupir, se frottant ensuite le visage pour bien se réveiller. Il devait sortir de cette torpeur, aussi douce pouvait-elle être, il devait se remettre au travail, se concentrer sur autre chose plutôt que de se laisser aspirer dans ses souvenirs qui risquaient fort, à un moment ou un autre de l’attirer vers la bouteille. Respirer et se concentrer, il en était capable, il n’en doutait pas.

C’était donc pris d’un tout nouvel élan que Caem s’était redressé dans son fauteuil, avait pris son bouquin de botanique bien en main et s’était de nouveau plongé dans la lecture. Il travaillait comme un dingue pour rattraper son retard et même si cela faisait maintenant bien des mois qu’il était là, il avait l’impression de galérer toujours autant. Alors bien sûr, en sortilèges, il n’avait aucun problème, il s’en sortait très bien mais la botanique faisait typiquement partie des matières qui lui posaient problème. S’il était presque incollable sur la végétation russe, les plantes magiques d’Angleterre lui passaient au-dessus de la tête. Il ne pouvait pourtant pas se permettre d’échouer. Il s’était fait une promesse en arrivant ici et si bien des éléments avaient bousculé ses plans, il ne pouvait pas se cacher derrière cela et il devait faire des efforts pour s’en sortir, pour être un bon élève. Le jeune homme était donc en train de froncer les sourcils sur le texte qui défilait sous ses yeux. Il étudiait les images, les schémas explicatifs avec la plus grande attention pour que le plus d’informations possibles lui rentre dans la tête mais il avait parfois l’impression de se battre contre du vent, que c’était peine perdue et que les plantes resteraient ses pires ennemies pour le restant de ses jours. Caem s’autorisa alors à jeter un coup d’œil par la fenêtre. La luminosité commençait à baisser doucement. Il devait être plus de 20 heures et il réalisa alors qu’il avait oublié d’aller se restaurer. Il haussa les épaules. Tant pis, il n’allait pas en mourir. Et puis de toute façon, il ne pouvait pas se permettre de baisser les bras maintenant, il fallait qu’il travaille, encore et encore. Seulement voilà, le jeune homme devait se rendre à l’évidence : il galérait tout seul et il avait besoin qu’on lui donne quelques explications s’il voulait s’en sortir. Malheureusement, Zora n’était pas dans les parages. Il aurait été bien content de la trouver pour qu’elle l’aide un peu. Il fit donc le tour de la salle commune du regard. Certains discutaient et il aperçu une jeune fille assise un peu plus loin. Kezabel. Caem ne pouvait pas se dire proche d’elle mais il lui avait déjà adressé la parole, elle était plus âgée que lui et pourrait sans doute l’aider. Il se leva donc et s’approcha finalement d’elle, un sourire gêné aux lèvres.

« Salut Kezabel. Dis, je suis vraiment désolé de te déranger et surtout pour te demander ça mais… Tu pourrais pas m’expliquer quelques trucs en botanique ? Je suis totalement perdu… »

Caem n’aimait pas déranger les autres. S’il pouvait bousculer ses plans pour quelqu’un sans aucune hésitation, il détestait être la cause de troubles. Mais il avait aussi appris, notamment lorsqu’il parlait avec Killie pour lui expliquer ceci, que demander de l’aide n’était pas toujours une tare et qu’il fallait parfois reconnaître qu’on ne pouvait pas s’en sortir seul. Cependant, il ne pu s’empêcher d’enchaîner pour détendre l’atmosphère mais surtout, pour laisser une porte de sortie à la demoiselle.

« Mais je suppose qu’une jolie jeune fille comme toi à mieux à faire que d’aider un petit septième année totalement paumé. »

Smile. Oui, Caem se sentait un peu idiot pour le coup mais bon, il n’avait pas le droit de se foirer, il l’avait promis à sa mère.
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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Mar 4 Juin - 19:44

But upon an unfortunate series of events, saw those dreams dashed and divided like a million stars in the night sky that I wished on over and over again


Les cauchemars se faisaient incessant, plus intense, plus monstrueux. J’avais cette sensation que réalité et illusion se confondaient, s’unissant pour mieux m’achever et me trainer, m’écorcher vive. La nuit a été mauvaise, comme les précédentes. Les sons de l’explosion, les hurlements, mais surtout l’odeur du souffre, du sang, de la chair brûlée vive. Tout était si… réel. Et tout s’était intensifié depuis que Maxence était présent ici. Du moins, depuis que je l’ai croisé et reconnu. Il y a eu les explications, certes … mais à la vu de son profil, il me ramenait inévitablement à ce que je préférais oublier. Chacun de ses traits me rappelaient cette douleur, cette haine que je refoulais au plus profond de mes propres abysses. Sans le vouloir, il incarnait mon cauchemar, le rappel à ma souffrance, le rappel à la réalité : Je n’ai plus de mère. Je ne saurais décrire précisément ce vide, béant, me laissant agonisante en silence. Autant me jeter dans l’océan avec une pierre attachée à la cheville, le sentiment serait le même. Son souvenir me hantait et ce, même après plusieurs années. Ses cheveux, son odeur, son sourire. Ses bras sécurisant d’une mère essayant de réconforter sa fille, son enfant, après un cauchemar, après une déception quelconque. Putain… Le manque se faisait viscéral, j’ai beau avoir acceptée ce qu’il s’est passé, je n’arriverais jamais à faire ce deuil. Non, elle était ma chair, mon sang. Elle était ma moitié de femme, elle était celle qui était censée me faire devenir quelqu’un de bien. Elle était mon repère. La douleur est abyssale et mon cœur n’est qu’une pierre tombale portant son nom… Je l’ai perdu. Pour toujours. Et tout ça me crame l’âme, me brûle l’estomac et me lacère la poitrine, comme si un monstre y surgissait pour me rappeler combien la douleur est présente.

Mais chérie, tu ne dois pas baisser les bras et encore moins les yeux. Cette douleur est tienne, elle sera ta seconde peau, il faudra bien que tu t’y fasses…

« Allô Keza ! Je te parle hein… Tu fais une drôle de tête…»

Sursaut. Je me suis égarée. Et c’est là que tu joue la carte du masque. Relève les yeux, affiche ton plus beau sourire et le plus confiant, anime ta voix de tout un bonheur artificiel… Et ça marche :

« Non désolée ! Je repensais au cours de Divination, il faut que je termine mon devoir d’ailleurs. »

J’émerge enfin. Te laisse pas aller à ces idées, tu sais que c’est néfaste et que tout cela te pousse à la limite du supportable. Bref regard autour de moi. Je me trouvais en présence de trois amies dans notre dortoir. Lits a baldaquins, pièce spacieuse et illuminée la journée, le tout décoré aux couleurs de notre maison : Poufsouffle. Assise en tailleur sur le lit, je rassemblais mes affaires tout en finissant de discuter avec elles. Le retour à la réalité s’était aussi ça : Les devoirs. Je n’avais pas à me plaindre de ma scolarité, je n’étais ni médiocre, ni une tête d’ampoule. Et vu les circonstances ici, plus nous étions discret mieux c’était. Quoi que me concernant je n’avais pas la langue dans ma poche, ou du moins, plus. Plus depuis que tout cela était arrivé, plus depuis que ma haine était née de la mort et du sang.
Je saluais mes amies, livre sous le bras, parchemin dans la main. Quand il faut y aller, faut y aller… la Divination n’était pas ce qu’il y avait de plus passionnant. Et mes croyances n’étaient pas les leurs. Mon côté terre à terre me faisait défaut à ce cours… Dire que je l’ai prit en option pour m’ouvrir l’esprit à ce qui me dépasse.

La salle commune était une pièce vaste et aérée, tout aussi bien illuminée que nos dortoirs. J’aimais me retrouver ici de temps en temps, pour la simple et bonne raison que s’était l’un des seuls endroits dans ce château où nous pouvions y voir une certaine fraternité de maison. Nous étions tous dans le même bateau, les mêmes angoisses. On pouvait voir sur leur visage la chaleur humaine, où en ces temps, il était difficile de sourire, de rire, de se détendre. Tout simplement vivre. Moi qui ne croyait plus en la sincérité de l’humain, il m’arrivait parfois de reprendre confiance en les voyant tous ainsi réunit… Ne t’égare pas trop. Toi-même tu le sais, les masques sont les plus faciles à porter.
J’allai m’assoir près de la fenêtre où je pouvais voir la nuit s’installer, intimant au Soleil de laisser place au silence, aux secrets. J’aimais cette période de la vie, où la beauté nocturne prenait sa place au sein de nos quotidiens pour nous murmurer ces paroles que peu d’entre nous entendent réellement. Ceux du calme, du silence, ceux de la solitude et la plénitude. C’est à ce moment de la « journée » que toute la nature s’éveille, où nous pouvions écouter chaque murmure, chaque mouvement au sein de son cœur.

Dans un soupire, j’ouvris mon livre et m’attela à mon devoir. Je laissais la concentration prendre le pas sur ma conscience qui ne percevait à présent plus rien autour de moi. Les voix s’estompaient, les bruissements de leur pas mourraient au creux de mon silence cérébral. Je ne sais pas combien de temps passa avant qu’une voix ne me sorte de ma torpeur éducative.

« Salut Kezabel. Dis, je suis vraiment désolé de te déranger et surtout pour te demander ça mais… Tu pourrais pas m’expliquer quelques trucs en botanique ? Je suis totalement perdu… »

Je lève les yeux… Un jeune homme, de quelques années mon cadet se tient devant moi. Caem, c’est ça ? Oui j’me souviens de toi, je t’ai parlé quelque fois. C’est le genre de « gamin » qui vous attendris avec ses airs timides et embarrassés. Je l’aimais bien, même si je le connaissais en réalité très peu. Sa simplicité me suffisait, il n’était pas prise de tête, discret – du moins, de peu que je le connaissais – et plutôt adorable.
De même que j’étais de nature enjouée et avenante. Il n’était pas dans mon caractère d’être un mur de glace face aux autres, bien au contraire. Le sourire en toute circonstance, c’était pour moi le meilleur moyen de défense pour ne pas que l’on se glisse entre mes failles. La règle était simple : Je vais bien. Et cela me convenait parfaitement, c’est tout ce que je demandais. Que l’on se limite à la surface que je laissais paraitre. Pas que l’on plonge les mains dans l’acide de mon passé…
Avant que je ne puisse répondre, il enchaina :

« Mais je suppose qu’une jolie jeune fille comme toi à mieux à faire que d’aider un petit septième année totalement paumé. »


La peur de déranger fut flagrante et sa maladresse me fit sourire tout autant que son compliment. Je restais toujours distante face à ce genre de remarques, aussi agréable soient-elles. Surement dû à ma nature modeste, même si mon père me répétait toujours que je ferais tomber des hommes, comme les feuilles chutent sous l'automne.
Je regarde mon livre de divination que je fermai d’un coup sec :

« Je ne laisse jamais tomber un camarade de maison, tu le sais bien. Et puis entre t’aider et finir mon devoir de Divination… le choix est vite fait. »

Je l’invitai à s’asseoir à côté de moi en dérangeant mes affaires. Je n’étais pas la meilleure des lumières en cours, mais je savais suffisamment me débrouiller pour m’en sortir avec une moyenne convenable. Bon, sauf en Divination justement… Peu importe.

« Alors, montre-moi ce monstrueux devoir qui te fais perdre la boule »

Caem était l’un des seuls à être si posé, si souriant en vue des moments noirs qui planaient sur l'école. Et je pense que c’est de là que me vient cette « affection » pour lui. Je n’avais pas besoin de me forcer à sourire, c’était tout simplement naturel et en toute honnêteté, ça me facilitai la tâche. Vivre chaque jour avec ce masque était parfois oppressant, étouffant. C’était comme garder un lion en cage, comme laisser ma gangrène vous ronger la peau dans d’atroce souffrance. Mais tout ça, en silence, dans le plus grand mutisme possible. Puisqu'en ce monde, il n’y a pas de place pour les faibles si ce n’est de mourir à genoux. Puisque l’Homme a perdu sa conscience en même temps que sa prise de pouvoir…

Je lui pris le sujet délicatement des mains et lu l’énoncé. Je me souviens d’avoir vu approximativement ce sujet en cours il y a quelques années, alors le plus clairement possible, je le lui expliquai les utilités et histoires de la branchiflore, cette plante aquatique qui pouvait vous permettre de nager avec les dauphins sans difficulté. Mais aussi de l’Alihotsy, une plante pouvant rendre complètement hystérique… A bien y réfléchir, certains n’en avaient franchement pas besoin…
Je prenais plaisir à lui venir en aide mais surtout à le voir comprendre les explications. Après dix bonnes minutes de schéma et de description, je me tournai vers lui.

« Voilà ! C’est plus clair pour toi ? »

De nouveau, je lui souris. « Ca fait longtemps que je ne t’ai pas vu dans le coin, comment se passe les cours, ta vie ? »

Je ne connaissais rien de lui et peut-être était-ce l’occasion de le faire se dévoiler un peu…

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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Mar 11 Juin - 22:46

Caem se sentait bête avec son sujet type d’examen de botanique à la main. Il détestait déranger les autres, être un poids mais il n’avait pas non plus le choix. Il aurait pu aller voir Killian mais elle faisait déjà beaucoup pour lui et ce n’était pas comme si elle n’avait pas ses propres trucs à gérer. Alors il avait lancé un appel au secours à Kezabel, une fille de sa maison qu’il ne connaissait que peu. Il n’avait pas envie de passer pour le type qui ne parle aux gens que pour leur demander quelque chose en échange mais pour le coup il avait la désagréable impression d’être dans une impasse. L’avantage c’était que la plupart de ses camarades avaient été compréhensifs depuis son arrivée, voir un type débarquer en cours d’année avec un fort accent russe (qui était désormais très atténué et bien moins audible), ça pousse à l’altruisme. Mais il n’avait pas envie d’être ce nouveau paumé trop longtemps. Il commençait à prendre ses marques et avait plus envie d’aider les autres que de devoir toujours se tourner vers quelqu’un pour obtenir des informations. Enfin, toutes ces réflexions allaient finir par lui donner des nœuds au cerveau et il fallait plutôt qu’il se concentre sur ses révisions, c’était sa top priorité pour le moment, il n’avait pas le droit de se planter. Pourtant, il devait bien avouer qu’à force tout ça le fatiguait. Il avait juste envie d’aller prendre l’air mais aussi et surtout, de parler russe. C’était assez bête mais depuis son arrivée ici, il n’avait pu parler cette langue qu’avec Tallulah et cela faisait un moment qu’il ne l’avait pas croisée. Sa langue maternelle lui manquait terriblement. Il réfléchissait désormais dans les deux langues et craignait que le russe finisse par se perdre dans sa mémoire comme le gaélique qu’il avait désormais totalement oublié et l’anglais qu’il avait du ré apprivoisé. L’adolescent avait parfois envie d’écrire ses devoirs en russe mais il n’osait même pas imaginer la tête que feraient ses professeurs s’il leur rendait ça… En même temps, cela pourrait être franchement drôle mais bon, se marrer n’était pas la priorité de Caem quand les études étaient concernées. Cela n’en rendait pas pour autant son mal du pays moins important. La langue était sa seule attache à la Russie alors il essayait de l’entretenir autant que possible. Et puis, il devait bien avouer que si l’anglais lui était désormais très bien revenu, quand il était fatigué, il lui arrivait de sortir des mots en russe, comme par réflexe, ou de ne pas trouver ses mots en anglais. Tout ça ne l’aidait pas à être au top pour ses révisions. Il avait vraiment besoin d’un regard neuf parce qu’il tournait vraiment en rond et heureusement, il semblait s’être adressé à la bonne personne. Kezabel lui signifia tout de suite qu’elle ne le laisserait pas dans sa galère et qu’elle préférait de toute façon l’aider que rester à réviser sa divination, Caem répondit à cela par un sourire.

« La divination… Cette matière est faite pour nous rendre aussi fous que les profs qui l’enseigne je crois ! »

Les révisions ne devaient pas les priver de toute forme d’humour quand même ! Et puis il fallait bien avouer que la divination était sans doute la matière la plus étrange enseignée à Poudlard même si Caem trouvait quand même que quelques trucs étaient intrigants là-dedans. Enfin, ce n’était pas la matière qui l’intéressait aujourd’hui. Il s’assit alors à côté de la demoiselle et lui tendit son devoir à sa demande, afficha un air perdu. Il n’y comprenait vraiment rien. Mais bon, il était prêt ! Aussi, sans perdre une minute, il se concentra et écouta avec la plus grande attention les explications de sa camarade. Kezabel était plutôt douée car elle parvint à lui expliquer les choses de manière plus que claire et avec l’aide de schémas, elle mit en place le processus de mémorisation dans l’esprit du jeune homme. Il était plus qu’attentif et cela portait ses fruits puisque les connexions qu’il cherchait depuis le début étaient en train de se faire. Le flou artistique qui entourait le sujet jusque là s’envolait doucement. Alors qu’il avait les sourcils froncés au début, son visage se détendait de plus en plus, au fur et à mesure qu’il comprenait et assimilait les informations transmises par sa camarade de maison. Quand elle le regarda finalement pour lui demander si c’était plus clair désormais, le jeune homme lui adressa un grand sourire.

« Oui merci beaucoup ! La lumière est apparue dans mon esprit, je te jure que si je réussis la botanique, je te dédie ma note ! »

Caem déconnait bien sûr et pourtant, pas tant que ça. Il reviendrait la remercier après l’examen, cela ne faisait aucun doute. Pour le coup, il avait vraiment tout saisi et pourrait ainsi aborder la matière de manière plus sereine, sans avoir l’impression d’être un total demeuré incapable d’y comprendre quoi que ce soit. C’était déjà un bon pas en avant ! Il referma donc son livre soigneusement quand Keza souligna que cela faisait un moment qu’elle ne l’avait pas croisé et lui demanda des nouvelles. Discuter un peu et se sortir la tête des bouquins ne lui feraient très certainement aucun mal. Bien au contraire, il avait besoin de se détendre et cette jeune femme était de bonne compagnie. Elle était souriante et cela faisait plaisir de croiser des gens qui favorisaient toujours la bonne humeur. Comme un geste symbolique, il posa ses bouquins à même le sol, les mettant de manière clair de côté, pour le moment. Il se tourna ensuite vers sa camarade, toujours un sourire aux lèvres.

« Oh et bien je passe le plus clair de mon temps à réviser ou à perfectionner ma technique de vol. Et que ce sont pour les cours ou pour le vol, j’ai un sacré retard à combler mais bon, à force de volonté j’espère pouvoir m’en sortir ! »

Caem avait tout à fait conscience de ses difficultés et ne les masquait pas. A vrai dire, la seule chose qu’il dissimulait c’était la raison pour laquelle il n’avait pas eu une scolarité normale. Ça c’était son petit secret. Même Killian n’était pas au courant de tout. Il comptait se livrer à sa petite amie mais ce n’était pas un sujet évident à aborder alors il préférait attendre que l’occasion se présente, qu’il se sente d’humeur à parler de ça. De toute façon, parler du passé ne changerait rien alors autant laissé ce sujet de côté. Et puis, il avait avancé dernièrement, depuis sa crise du 24 avril il allait mieux, enfin, si on mettait de côté ses légers problèmes avec l’alcool. Mais ça, personne n’avait besoin de le savoir, non vraiment, il était préférable qu’il garde ça pour lui.

« Et toi alors ? Tu arrives à avoir un peu de temps libre malgré les examens ? J’espère que tu fais un minimum la fête quand même ! »

Et oui, Caem le fêtard était de retour ! En arrivant ici il s’était pas mal calmé mais en Russie, il n’était pas le dernier à faire la fête et il était vrai que quand il avait l’occasion ici, il lui arrivait de saisir cette chance. Et il devait bien avouer que cela faisait un bien fou. La vie était loin d’être rose entre ces murs alors s’évader un peu, se laisser aller était la meilleure façon de ne pas sombrer dans le désespoir. Car Caem était plus que bien placé pour le savoir, ce n’est pas parce qu’on affiche toujours un beau sourire qu’à l’intérieur on se sent particulièrement bien. Il espérait que sa camarade ne lui ressemblait pas trop sur ce point même s’il était le premier à penser que ceux s’affichant comme les plus heureux étaient souvent parmi les plus malheureux.
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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Jeu 13 Juin - 22:11

L’avantage que j’avais ici était que je m’entendais bien avec tout le monde. J’étais facile à vivre et n’étais pas exigeante envers ceux que je côtoyais… Enfin si, je l’étais, mais uniquement envers ceux qui voulait être plus proche de moi. La confiance n’était plus une amie, au contraire. Elle était devenue pour moi un caméléon, une espionne parfois traîtresse à vous en faire souffrir de martyr. L’homme est bien trop cruel et avide de pouvoir pour ne pas se laisser tenter par la trahison lorsque l’occasion se présente. Plus je vis dans cette école et plus je me rends compte que rare sont les personnes prêtes à donner sa vie pour l’autre. Surtout en ce temps plus que sombre… Les couloirs étaient de vrais pièges permanents. J’avais assistée à des séances de tortures publiques, en pleins cours, en pleins couloirs, en plein parc. Tout était bon pour nous montrer l’ampleur de la cruauté mais aussi, de la violence sans limite.
Puis il y avait des gens comme toi, Caem. Agréable et souriant. Je ne te connais pas mais je sais juste qu’il est bon de parler avec toi. Simple, naturel et spontané. Je perçois un léger accent dans ta voix… Pays du Nord ? Je ne connais pas grand-chose de toi malheureusement, si ce n’est que t’es un petit « étranger » tout nouveau. La salle commune est calme aujourd’hui. Les révisions s’intensifient.  Nous courrons tous après le même objectif : Réussir les Examens. Ils sont une porte de sortie pour fuir l’horreur quotidienne, peu importe d’où elle provient. Ils le sont en tout cas pour moi … Rejoindre mon frère. Prendre enfin soin de lui comme il se doit. Je me demande ce qu’il fait et comment va papa… Je n’ai pas eu de nouvelles d’eux depuis quelques semaines déjà. Je garde le futile espoir que cet été, je pourrais les rejoindre, mais je ne suis pas sûre qu’il soit bon de s’accrocher à cette idée.
 
Quoi qu’il en soit, je fus ravie de constater que mes explications ne furent pas vaines et que Caem avait parfaitement compris son cours… Peut-être devrais-je songer à devenir prof. Et rester des années de plus enfermer ici ? Jamais. Pourtant, je m souviens parfaitement de la magie qui gonflait mon cœur lorsque je suis arrivée ici pour la première fois. Tout ces murs tapissés de tableaux tout aussi différent les uns que les autres, ses fantômes qui traversaient les murs et nous passaient le bonjour, comme si tout était normal. Et justement, c’était NORMAL. Tout ce monde l’était, ces passages secrets, ces salles immenses qui parfois apparaissaient et disparaissaient sans savoir comment ni pourquoi. Ce château était un vrai mystère à lui tout seul, une fascination sans limite. Je me souviens de la chaleur rassurante du dortoir alors je sympathisais avec mes « nouvelles copines », comme je l’avais écris à mes parents. Tout était si calme et serein, apaisé. Rien ne laissait présager cette horreur progressive…
Je pris un crayon, rassembla mes cheveux en un chignon et m’en servi comme « pince » en le plantant en plein cœur. Système D !
Je l’écoutais parler et l'entendre me parler de vol sur balai me rappela le Quidditch. J’aimais bien regarder les matchs, c’était une des activités le plus primés ici pour se détendre et surtout se changer les idées. Il fallait bien que l’on trouve sa distraction quelque part et puis, ça permettait à a peu près tout le monde de se rassembler et de se souder. C’était une qualité que l’on ne pouvait nier à nous, Poufsouffle : La fraternité. Je ne les ai jamais vus s’abandonner ou même se tourner le dos. Moi-même je ne pourrais laisser un camarade de maison dans une situation le mettant en difficulté, quelqu’en soit le danger. De plus, ça n’était pas dans mon caractère et encore moins après ce que j’avais vécue.
 
Aux premiers abords, il me ressemblait. Toujours ce même sourire, cette persévérance et cette confiance apparente. Il ne se démontait pas, me présentait sur un plateau ses quelques faiblesses. Une qualité que j’appréciais, ayant du mal avec les hommes … Trop hommes justement. Ceux qui font croire aux plus naïves leur perfection qui n’a jamais existé. La faiblesse est une belle preuve de courage. Car l’affronter caque jours vécus est un combat herculéen.
 
« La persévérance est une bonne qualité, il te faudra de la patience mais je suis sûre que tu t’en sortiras très bien et c’est déjà le cas ! Regarde, tu apprends vite ! »
 
Me concernant, je n’avais jamais vraiment eu de mal avec les cours, je n’étais pas quelqu’un de très douée mais j’assimilais vite les choses. Je range moi-même mes livres et me tourne à nouveau vers lui lorsqu’il acheva sa question. La fête ? Je souris
 
« Disons que je me « force » à réviser un maximum… Je tiens à avoir mon examen. Concernant la fête, ça n’est pas trop mon truc, les grosses fêtes, trop de musique, trop de monde. Je n’ai aucun mal à me mélanger aux autres mais je préfère une bonne petite soirée entre amis, quelque chose de plus intime en faite ».
 
Pourtant, j’étais un vrai passe-partout. Je me mélangeais à la foule sans difficulté, j’avais le contact facile avec les gens et c’est une qualité qui m’a été bien des fois utiles, en particulier lors des rentrées des classes ! Mais je dois bien avouer que je n’étais pas une fervente des grosses fêtes où nous étions trop nombreux. C’était pour un frein à se faire des connaissances, poussant les plus timides dans leurs coins sans que personne ne fasse réellement attention à leur présence.
 
« Mais j’aime rire hein ! Ne va pas croire que je suis casanière, même si j’aime mes petits moments de solitudes. Mais je ne suis pas la dernière pour rire et détendre l’atmosphère. Et toi ? Tu prends le temps de t’amuser ? Il parait qu’ils ne blaguent pas question soirée festive… »
 
Toujours ce sourire. Je me demande comment son arrivée avait été pour lui. Les rumeurs cours les couloirs aussi vite que le vif d’or parcoure le terrain. La venu des nouveaux est vite propagé, mais surtout … Comment avait-il réussi à s’adapter à l’horreur quotidienne. Je ne sais pas s’il était sang-mêlé ou sang-pur ou peut-être né moldu mais je suppose qu’il avait dû subir son lot de torture ici. Comme nous tous. Je ne savais pas réellement d’où il venait. Le nom de la Russie avait été mentionné mais question « pêche aux infos » j’étais vraiment… inutile. Autant dire que tout ce qui était ragots et leurs cousins, je n’en prêtais pas attention. Untel avec untel. Je n’aimais pas écouter les autres colporter les informations intimes, les commérages… Je ne supportais pas ça en faite. Bref, je m’égare...
 
Je plante mon regard dans le sien. Je ne sais rien de lui et j’ai envie d’en savoir un peu plus, de le connaitre, tout bêtement.
 
« Désolée si je suis indiscrète… Mais de quelles origines es-tu ? L’intégration n’a pas été trop compliquée ? T’es pas obligé de répondre hein t’inquiète ! Juste que je trouve ça dommage d’être de la même maison et de ne presque pas se connaitre. »
 
Je ne voulais pas paraître grosse curieuse. Je détestais ça, m’immiscer dans la vie des gens, comme si je violais leur intimité. Je voulais simplement le connaitre, libre à lui de m’en dire plus.  Moi-même je suis quelqu’un de très renfermé. Aussi étonnant que cela puisse paraître  il ne me fallut que peu de temps pour me forger cette tour afin de me protéger. La violence du choc et de la douleur avait été telle que les premiers mois je fus un mur, froid et rigide. Sans possibilité de discussion, d’aveu, de larmes. Puis j’ai continué sur cette voie, je n’ai pas pleuré, pas sur ça, parce que c’était à mes risques et périls. Et plus les années passaient, plus je sentais cette douleur devenir un véritable poison. Je savais que si je lâchais prise, je courais droit à ma perte. Je n’aurais pas la force de lutter, ni de remonter…
 

Je secouai légèrement la tête comme pour me dégager de l’emprise de ces pensées négatives. Reprendre les armes, sourire et parler. Discuter. Avec lui, et c’était plutôt agréable. 


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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Mar 18 Juin - 12:32

Persévérance et patience, on pouvait dire que c’était des qualités que Caem avaient essayé d’apprendre. S’il n’était pas toujours parfait dans le domaine et que parfois, il faisait des entorses aux lois qui régissaient ses qualités, il faisait toujours de son mieux pour ne pas aller contre. Surtout quand il avait un objectif en tête. Avec Kevin, il apprenait à se maîtriser pour devenir un véritable expert en vol sur balais. Avec Kezabel, il avait réussi à retrouver son calme pour enregistrer soigneusement les informations qu’elle était en train de lui délivrer. Il fut d’ailleurs touché par la remarque de la demoiselle, quand celle-ci souligna qu’il apprenait vite. L’adolescent lui adressa à ce moment là, un grand sourire. C’était aimable de sa part de dire ça. Il ne savait pas si c’était complètement vrai mais en tout cas, il faisait de son mieux pour que la demoiselle ne se trompe pas en affirmant cela. Parfois, le jeune homme avait l’impression de mener un combat quotidien contre lui-même, contre certaines parties de lui qui pourraient l’encourager à baisser les bras, à renoncer à l’envie de se battre. Jusque là, le combat tournait en sa faveur et il espérait que cela allait continuer. Ce n’était pas pour autant qu’il avait renoncé à tous les plaisirs de la vie. Pour Caem, il était tout à fait possible de suivre ses études avec sérieux tout en s’accordant des moments de détente, des moments pour respirer et oublier un peu tout le reste. Sinon c’était s’ouvrir à la folie et se condamner à un ennui mortel. Depuis toujours, il avait su s’accorder un moment de détente, il avait toujours su rejoindre des amis après le travail pour s’adonner aux plaisirs de la fête. Alors même maintenant, même avec la situation atroce qui régnait, il voulait profiter de certains moments plus doux, plus détendus. Bon bien sûr avec les examens qui approchaient, ce n’était pas forcément évident. D’ailleurs, sa camarade de maison semblait être plutôt du genre à se concentrer à fond sur ses études et à sacrifier un peu les moments de fête. Du moins, ce fut la première chose qu’elle affirma. Seulement, elle précisa par la suite qu’elle préférait plutôt les petites soirées aux grosses fêtes clandestines organisées dans l’école. Ca, le russe pouvait tout à fait le comprendre. A vrai dire, lui aussi aimait bien les ambiances un peu plus calmes où il pouvait vraiment discuter avec les autres sans être obligé de hurler. Mais parfois, se défouler de manière presque anonyme faisait vraiment un bien fou. Dans ces moments là, il pouvait presque se permettre d’être quelqu’un d’autre, il se laissait aller. Enfin, il avait répondu à sa camarade avec un sourire et un petit hochement de tête, il comprenait sa façon d’être et n’avait nullement l’intention de la juger. Il ne pu cependant s’empêcher de rire quand Kezabel affirma que ce n’était pas pour autant qu’elle n’aimait pas rire. Il n’avait quand même pas cru ça, chacun avait sa façon de profiter et ce n’était pas parce que ça ne passait pas par la fête que la personne en question était ennuyeuse.

« T’inquiète pas, je ne te prends pas pour une fille triste et ennuyeuse ! »

Non, surtout que Caem n’était pas vraiment du genre à juger les autres au premier regard. Il détestait la notion même de préjugé et faisait toujours de son mieux pour observer les autres de l’extérieur, comme s’il ne faisait qu’observer. Chacun sa façon d’être et ça, il faisait de son mieux pour le respecter. Et puis, en ce qui concernait Kezabel, il trouvait sa façon d’être plutôt agréable alors il n’avait nullement l’intention de la juger ou de lui reprocher de préférer les soirées plus posées, plus calmes, même si lui aimait à la fois ça et les moments plus endiablés.

« Oui, je fais la fête quand je peux, ça me fait du bien de me sortir la tête des bouquins ! Et oui, les sanctions sont plutôt strictes mais comme pour tout alors bon… C’est une prise de risque de faire la fête mais comme ça l’est de respirer quand on est pas sang-pur ! »

Si Caem n’était pas un révolutionnaire, s’il n’avait jamais décidé d’entrer dans la lutte, ce n’était pas pour autant qu’il se voilait la face. Il savait bien que tout n’était pas rose et lui, comme toujours, avait envie de vivre à fond. C’était son seul objectif. Le russe ne l’avait jamais caché, il voulait vivre autant que possible. Certains ne comprenaient peut être pas sa façon d’être, il le savait. Si Killian l’acceptait comme il était, Caem était presque sûr que dans ses camarades Résistants, certains devaient se demander comment un type pouvait vouloir profiter de la vie alors qu’ils étaient en train de vivre quelque chose de profondément atroce. Mais c’était simple, lui n’avait jamais eu de vie normale et il avait fait une promesse, une promesse prononcée vers le ciel qu’il ne comptait pas abandonner. C’était aussi ce qui faisait sa force et lui permettait de tenir dans cette atmosphère alors, pourquoi y renoncer ? C’était une partie de lui-même, importante, indéniable. Tout comme ses origines l’avaient toujours forgé. Kezabel l’interrogea alors sur ce sujet. Comme toujours, le Poufsouffle lui adressa un sourire, non il n’était pas gêné par la question, cela ne le dérangeait pas de parler de ça, surtout qu’il sentait bien que la demoiselle était sincère, elle voulait connaître un camarade de maison et non avoir des armes contre lui.

« Mon père est irlandais et ma mère est russe. J’ai vécu en Russie jusqu’à mon arrivée ici. M’intégrer n’a pas été très dur, à vrai dire, le plus compliqué, c’est de gérer le mal du pays ! »

Caem avait laissé échapper un léger rire à la fin de sa phrase, comme pour faire comprendre que tout cela n’était pas dramatique pour autant. Il tenait le coup même s’il ne rêvait parfois que d’une chose, s’étendre dans la neige et regarder le ciel. Un jour il y retournerait, il n’en doutait pas une seule seconde. Le jeune homme s’apprêtait donc à poser une question à la demoiselle pour en apprendre un peu plus sur elle mais il n’eut pas vraiment le temps de s’aventurer dans cette voie. Alors qu’il allait ouvrir la bouche un jeune homme se planta juste en face d’eux. Ce type était de leur maison, en dernière année et un petit chien des Supérieurs. Il prit la parole sur un ton moqueur, déplacé.

« Bah alors le russkov, ta copine te suffit plus ? Tu dragues en jouant te ton aspect de pauvre petit étranger perdu ? A moins que tu lui ais parlé de ta famille ? »

Au début, Caem avait préféré ignorer et pousser un long soupir, ne regardant pas le type et se contentant de faire comprendre à Kezabel que ce n’était pas la peine d’intervenir. Cependant, quand l’autre andouille fit mention de sa famille, le russe ne pu s’empêcher de réagir. Que savait-il de lui ? Comment pouvait-il avoir des informations surtout ? Le jeune homme se leva alors doucement et se planta en face de l’autre, avec son calme habituel.

« Fiche moi la paix mon grand. J’ai assez de respect pour les femmes pour ne pas les considérer comme des objets de drague mais des êtres humains. Alors garde tes remarques désobligeantes et va t’amuser ailleurs. »

Caem n’avait pas haussé le ton une seule fois. Il était encore très calme et n’avait franchement pas envie provoquer un conflit.

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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Mer 3 Juil - 17:59

« Oui, je fais la fête quand je peux, ça me fait du bien de me sortir la tête des bouquins ! Et oui, les sanctions sont plutôt strictes mais comme pour tout alors bon… C’est une prise de risque de faire la fête mais comme ça l’est de respirer quand on est pas sang-pur ! »

Je souriais sans aucune joie. S’il y a bien une chose que j’ai apprit ces deux dernières années, c’était bien que lorsque nous n’étions pas sang-pur, notre vie était perpétuellement en danger. Comme chacun d’entre nous, j’ai vite compris petite que le monde dans lequel nous vivions était tout simplement à l’image de l’humain. Plus je grandissais et plus je voyais l’Homme le détruire de ses propres mains, vices et désirs démesurés. A Poudlard nous étions en plein cœur de la cruauté même, l’âme de l’homme étant pourri par la violence où aucun héroïsme ne pourrait démanteler ce réseau de pourriture d’un claquement de doigts. Et nous étions tous là, à subir du mieux que nous le pouvions, en plus des problèmes personnels de chacuns. Sans que nous ne comprenions réellement ce qu’il se passait.
J’étais moi même de sang mêlé et je craignais pour ma vie chaque fois que je rencontrais un Supérieur. Mais jamais je n’aurais voulu être à la place des Moldus ou même des sorciers nés de parents sans pouvoirs magiques. Des sorciers qui pourtant, étaient pour la plupart bien plus doués que nous. Je repensais ce à quoi nous assistions presque tous les jours en cours et un nœud au ventre me crispa. Nous avions vue des tortures au delà de l’imaginable et si un jour on m’avait dit que j’assisterais à ce genre de scène, jamais je ne l’aurais cru. Et pourtant, ça devenait presque un quotidien… Un quotidien peu supportable. Toute cette histoire de sang, pur ou non, quelle connerie. Tout cela n’a aucun sens, c’est totalement absurde. Je déteste ce type de pensée préconçue.

Je l’écoute me conter que finalement l’intégration n’avait pas été si compliquée que ça, le plus dur étant le mal du pays. En me mettant à sa place, je pouvais déjà ressentir ce manque, cette absence de paysage au creux de mes rétines, ce besoin de sentir en inspirant un bon coup, cet air particulier et rattaché à un lieu précis. Et passer de la Russie à l’Ecosse, autant dire que c’est plutôt un changement radical. J’imaginais d’ici la « souffrance » de Caem, celle viscéral, imprégnée dans chacune de ses veines. Je me suis toujours demandée comment faisait les Voyageurs pour s’intégrer dans un autre pays. Langue à apprendre, coutume, habitude, de nouvelles connaissances à faire, de liens a nouer, se refaire une « image », tout était à refaire. Je le contemplai en silence tout en me disant qu’il avait eu bien du courage surtout pour s’intégrer en si peu de temps. Plus les minutes passaient, plus il se révélait un garçon adorable et agréable. Il était le genre de personnalités avec qui j’accrochais sans aucune difficultés : Simple, humble et sans prise de tête. Et c’était bon d’avoir en face de soi, quelqu’un qui n’avait aucun artifice, sans faux semblant où la personnalité se révélait sous son vrai jour, avec un naturel presque déconcertant.

Moi même, j’étais de nature honnête, simple et joueuse. J’aime les nouvelles rencontrent et m’abreuver de différentes personnalités. Sans le savoir, elles m’aident à oublier les douleurs, omnibulant mes pensées sur un « Ailleurs » qui n’était pas le mien et c’est ce qui me porte secours. M’oublier aux travers de leurs problèmes et de leurs vies. C’était toujours mieux que de se concentrer sur la mienne, bien trop noué et bordelique par moment.

« J’espère qu’un jour tu pourras refouler ta terre natale. D’ailleurs, raconte moi un peu com… »

Je n’eu pas le temps d’achever ma phrase que je fus interrompu par un jeune homme venant se planter à côté de nous. Je lève la tête… Quand nous énonçons qu’un enfant porte le vice sur ses traits, lui portait la crétinerie et la méchanceté gratuite dans son sourire narquois. Grand, brun, il était l’archétype d’un homme normal. Mais il suffisait juste de capter son regard pour comprendre qu’il n’avait rien de bon. Quelque soit la maison, il y avait des mauvais partout et il fallait que nous tombions dessus… Pas moyen de rester tranquille très longtemps.

« Bah alors le russkov, ta copine te suffit plus ? Tu dragues en jouant te ton aspect de pauvre petit étranger perdu ? A moins que tu lui ais parlé de ta famille ? »

Je le jauge du regard sans dire un mot. Son air arrogant était à vomir et autant dire que ce genre de réflexion me faisait autant de mal que ça me mettait en colère. Et plus je le regarde, plus ses traits me disent quelque chose… Je fouillai dans ma mémoire sans pour autant me souvenir.
Je portai mon regard sur Caem qui resta à la limite de l’impassible et j’admirais son calme. A l’évocation de sa famille, j’haussai un sourcil. Quel rapport y avait-il ici ? Je n’en ai aucune idée et ça ne me regardai aucunement, mais je me doute que l’allusion ici n’était pas faite pour faire plaisir… Tout est prétexte à faire mal.

Je le regarde se lever, un instant je flippe de le voir lui en retourner une – quoi que ça serait mérité, mais soyons un tant soi peu pacifiste – mais c’est avec un calme olympien que je le regarde le remettre gentiment à sa place …

« Fiche moi la paix mon grand. J’ai assez de respect pour les femmes pour ne pas les considérer comme des objets de drague mais des êtres humains. Alors garde tes remarques désobligeantes et va t’amuser ailleurs. »

Pas un mot plus haut que l’autre, la neutralité inscrit sur ses traits. Il s’était simplement levé pour lui faire face. Je jette un regard à la salle commune qui était pratiquement vide mais déjà, les quelques élèves présents avaient les yeux pointés sur la « scène ». Je n’aime pas être au centre de l’intention, même indirectement. Mais ici, la situation m’accaparait trop pour y prêter une once d’intérêt. Caem était vraiment le type même du gentleman, ce qui me rendait au fond amer en repensant à ma déception amoureuse d’il y a quelques années déjà. Depuis, j’ai connu quelques petits flirts mais rien de sérieux. Autant dire que mon cœur était difficilement à prendre et cela allait de même avec ma confiance.
Je les regarde alternativement... J'interviens, je n'interviens pas? J'hésite, n'ose pas. Ca n'est peut-être pas la meilleure des solutions.

« Eh oh! l’Etranger se prend pour un grand ? La polygamie est autorisée dans ton pays ? Parce que moi j’veux bien que tu me la prête ta copine, t’es encore trop jeune pour savoir t’en occuper ! »

Arrêt sur image. Non, arrêt sur les mots, les sons. Mon sang ne fait qu'un tour et j'ai presque envie de rire tellement sa réflexion tiens de la débilité. Est-ce que j’ai bien entendu ? Je me crispe et me lève doucement. Alors là l’ami, autant te dire que tu ne viens pas de te faire des copains. Ce genre de machisme me mets hors de moi et de quel droit tu oses sortir ce genre d’insanités. Je ne suis pas du genre à m’énerver rapidement et pour rien, mais il y a des comportements qui ne sont pas supportable et celui-ci en faite partie. Regardez le… il est là a faire le beau, à se pavaner avec ses réflexions alors que même un Botruc serait plus attirant pour un câlin. Un main sur la table, je lui souris avec tout le sarcasme dont j’étais capable :

« Mr le Sombre Idiot, je préfère tenir la conversation à dix « russkov » comme lui, comme tu le dis si bien… Plutôt que de t’entendre une seconde de plus à sortir des conneries aussi grosse que ta tête qui visiblement, ne contient pas un gramme d’intelligence. »

Je suppose que Caem aurait préféré régler ça tout seul mais là c’était trop et pour tout avouer, ça faisait du bien de se lâcher un peu. Bon, j’avoue que je suis plutôt quelqu’un de franche et que vu la tête de notre nouveau copain, ça risque de me porter préjudice, mais peu importe. Ma tolérance a ses limites. Et je continue à chercher comme une forcener pour me rappeler ce visage benêt...

«  Oh c’est qu’en plus la demoiselle est farouche, on pourrait peut-être s’occuper sérieusement de ton cas finalement, après nous être débarrassé de ton p’tit copain d’étranger. »

- « On » ? C’est qu’en plus il veut ramener ses copains. Ca c’est que j’appelle du courage…

Du tac-au-tac, je n’avais pas su me retenir. Il abuse et il joue, il le sait. Puis un flash. Qu’elle abrutie je suis. Evidemment que son visage m’était familié… Cet idiot était l’un des partisans du mal, autrement dit : Des Supérieurs. Ma main se posa discrètement sur ma poche, là où se trouvait ma baguette. Je l’avais déjà vu à l’œuvre avec quelques moldus dans les couloirs, c’était un peu la grosse brute sans cervelle qui préférait cogner plutôt que de parler. Forcément c’était plus simple pour lui en vu du peu de capacité intellectuel que cela demandait. Le problème était qu’il fallait s’attendre au pire avec ce type de personne et cette perspective m’enchantait moins. Et surtout, je ne voulais pas impliquer Caem dans quoi que ce soit. Encore une fois, j’aurais mieux fais de me taire. Comme si le danger quotidien n’était pas suffisant, il avait fallu que je rentre en plus dans le tas. Je culpabilisais déjà … J’espère que tu me pardonnera cette erreur.

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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Ven 5 Juil - 12:23

Caem rêvait de refouler sa terre natale. Il la voyait encore dans tous ses rêves et il ne pouvait s’empêcher de ressentir souvent des sensations liées à la Russie. Celle du froid mordant, de la fascination face à la neige, l’impression de fondre quand on rentre dans une maison bien chauffée et l’impression de mourir sous les chaleurs écrasantes de l’été. Mais surtout, ce qui lui manquait particulièrement c’était cette impression de tranquillité qu’il pouvait avoir. Parfois, quand il en avait marre, besoin de calme, il allait tout simplement se promener, se ressourcer. Et il oubliait tout, il avait l’impression d’être pleinement chez lui, que le paysage qui s’offrait à ses yeux était sien. Tout devenait alors très simple. Il arrivait aisément à se plonger en lui-même, à méditer sans trop de difficulté. Les problèmes qu’il avait pu rencontrer plus tôt trouvait alors des solutions avec une certaine simplicité mais surtout, il retrouvait la paix. Une paix intérieure. Même s’il ne trouvait pas nécessairement de solution miracle à ses soucis, il avait l’impression que plus rien n’était insurmontable. Il puisait sa force dans la terre. Toute cette énergie qui lui donnait envie de se battre, d’avancer chaque jour un peu plus. Quand il fermait les yeux, il revoyait tout ça. Avec le temps, il ne craignait qu’une seule et unique chose, que ses souvenirs s’effacent. C’était sa plus grande peur, une crainte inscrite au fond de lui-même qu’il avait l’impression de nourrir chaque jour un peu plus. Alors oui, il espérait vraiment pouvoir bientôt remettre les pieds chez lui et se laisser de nouveau envahir par ce sentiment de quiétude. Aussi, il était capable de parler de ça pendant des heures. La Russie, maintenant qu’il l’avait quitté, était devenue sa passion. Il se rendait compte de l’amour qu’il pouvait porter à son pays et à tous les souvenirs qu’il y attachait. Alors il avait envie de partager tout ça. Il pouvait déjà le faire avec Killian qu’il comptait bien emmener avec lui. Il aurait trouvé cela tout aussi agréable de partager avec Kezabel. C’était un moyen de faire voyager les gens avec lui, de les faire quitter le Château en leur parlant d’une contrée lointaine. Mais voilà, la tranquillité ne semblait pas l’avoir suivi jusqu’ici, bien au contraire. Entre ces murs, tout semblait être fait pour qu’ils n’aient aucun moment de répit. Et alors qu’il se trouvait face à une camarade sympathique qui était prête à discuter avec lui de tout ça, ils avaient été brutalement interrompus par un triple idiot. Caem commençait à être habitué à ce genre de choses, même s’il n’était pas le plus à plaindre. Il savait garder son calmer et en général, les mecs abandonnaient, préférant les réactions plus virulentes. Et puis, il n’était pas non plus du genre à se faire remarquer. Seulement le type qui venait de les interrompre semblait plutôt être du genre coriace. Alors que le russe venait gentiment de lui demander de leur foutre la paix, l’autre se mit à renchérir. Le jaune se crispa. Non seulement il le traitait de manière dédaigneuse à cause de son origine, il le prenait pour un espèce de barbare et en plus il osait parler de Killian. Le jeune homme sentait bien que la colère montait mais il parvenait encore à se contenir. Seulement voilà, alors qu’il s’apprêtait à répliquer, une voix le poussa à se retourner.

« Mr le Sombre Idiot, je préfère tenir la conversation à dix « russkov » comme lui, comme tu le dis si bien… Plutôt que de t’entendre une seconde de plus à sortir des conneries aussi grosse que ta tête qui visiblement, ne contient pas un gramme d’intelligence. »

Keza… Caem aurait préféré qu’elle ne se mêle pas ça, qu’elle reste de son côté et en même temps, il commençait à se faire à l’idée que nul ne pouvait rester de marbre face à ce genre de comportement. Et puis, il devait bien avouer que la jeune femme avait répondu avec une sacrée verve ! Un léger sourire s’afficha alors sur ses lèvres. Oui ce qu’elle avait dit l’amusait beaucoup mais surtout, cela lui faisait plaisir de voir l’autre se faire envoyer bouler dans les règles de l’art. Malheureusement, ils le savaient tous très bien, cela ne suffirait pas. Ce type était habitué à avoir tous les pouvoirs dans le Château, à emmerder le monde quand bon lui semblait et comme il le souhaitait. Aussi, il ne risquait pas de s’arrêter à un affront. Cela fut confirmé dans les secondes qui suivirent puisque l’autre imbécile rétorqua qu’il comptait dans ce cas bien s’occuper de Keza après avoir réglé son compte à Caem. Les choses s’envenimaient et il n’aimait pas ça du tout. La jeune femme répondit une nouvelle fois du tac au tac et le russe n’eut pas besoin de plus pour comprendre qu’ils étaient sur une sacrée pente glissante. Par réflexe, il tendit son bras sur le côté, pour séparer le type de Keza et la forcer à se tenir en retrait.

« Écoute, si t’as un problème avec moi, on le règle ensemble. Mais ce n’est pas la peine d’aller chercher des emmerdes à toutes les personnes présentes dans cette salle commune. »

Caem voulait désamorcer la bombe. A vrai dire, c’était la seule chose qu’il avait en tête pour le moment, calmer le jeu ou du moins minimiser les dégâts. Il n’avait pas envie que cette altercation finisse en bain de sang, non vraiment pas. Il aurait aimé pouvoir régler tout ça avec une poignée de main mais il savait bien que c’était tout bonnement impossible. La tension ne cessait de monter dans l’enceinte du Château ces derniers temps.

« Tu m’fais pas peur le russe… Mais je te propose un marché, je te provoque en duel. Tu gagnes, je me tire. Je gagne, je fais ce que je veux de la p’tite teigneuse. »

Réfléchir vite. Caem sentit son rythme cardiaque s’accélérer. Tout ça ne sentait vraiment pas bon. Il n’avait pas le droit à l’erreur. Concrètement, il se fichait de perdre un duel, son honneur n’était pas son sujet de préoccupation le plus important. Le problème dans tout ça, c’était que s’il se merdait, il mettait Kezabel en danger et ça il ne pouvait pas se le permettre. Non, il refusait de prendre une décision qui n’impliquait pas que sa propre personne… Il ne pouvait pas accepter un tel marché d’autant qu’il était presque sûr que le type allait tricher. Il n’avait pas confiance.

« Non. Je ne l’implique pas là dedans. Je gagne tu te tires, tu gagnes tu fais ce que tu veux de moi et tu laisses Keza tranquille. »

Il devait accepter, il devait accepter…

« Marché conclu, mais elle sera obligé de regarder ce que je t’inflige si je gagne »

Caem sortit alors sa baguette de sa poche et la serra entre ses doigts. Il se tourna ensuite vers sa camarade à qui il adressa un grand sourire. Killian allait le tuer s’il revenait amoché… Il vit alors que déjà plusieurs regards dans la salle commune étaient tournés vers eux. A vrai dire, il s’en fichait de ça. Il espérait juste que tout cela n’allait pas dégénérer… Il alla alors se placer en face du type, les deux se mirent en position de duel. Seulement, avant même qu’un signe ait pu déclarer le début du duel, Caem fut éjecté au bout de la pièce. Loin de se laisser démonter, il fit virevolter son adversaire qui se retrouva plusieurs mètres plus loin, à même le sol dans un lourd fracas. Le russe se releva alors rapidement, prêt à enchaîner un autre sort. Le sien et celui de son adversaire se croisèrent alors. Lui qui n’avait l’intention que désarmer son adversaire fut pris du court. Avant que le Supérieur ne perde sa baguette, ce dernier eut le temps de l’atteindre avec son sort. Une profonde entaille apparu alors sur le torse du jeune homme qui sur le coup, tomba à genoux, le souffle coupé par la douleur. Caem voulu alors lancer un autre sort mais son esprit était embrumé par le sang qu’il était en train de perdre. Il leva lentement son bras, cherchant ses mots et priant pour que l’autre n’ait pas encore trouvé sa baguette… Merde, il ne devait pas perdre…
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MessageSujet: Re: Un brin seul de muguet [PV Kezabel]   Sam 13 Juil - 15:58

Je savais que mon caractère à foncer dans le tas me porterait préjudice et je n’avais surtout pas réfléchis aux conséquences de mes actes. Du moins, j’aurais pu mesurer mes mots si j’avais eu ce flash plutôt concernant notre adversaire qui n’était pas un élève comme les autres. Sous la coupe des Supérieurs, ce sombre idiot avait carte blanche pour nous faire la peau à tous les deux et je ne serais pas surprise quant aux manières utilisés. Comment il s’appelait déjà … Mar-quelque chose. Comme si c’était le moment de penser à ça… Lorsque je vis Caem tendre son bras pour s’interposer entre notre nouveau camarade de « jeu » et moi, je compris que c’était trop tard. J’appréciais beaucoup le geste de mon camarade de maison et il était bien comme je me l’imaginais : Quelqu’un sur qui nous pouvions compter. J’en avais fais de même pour lui et si je pouvais me débrouiller toute seule, son initiative de protection me fit chaud au cœur. Instinctivement, il y avait cette prise de défense, presque comme une aide fraternel. J’appréciais cela. Je partais du principe que nous étions tous dans la même merde et que la lâcheté ne servait à rien si ce n’est qu’à culpabiliser jusqu’à la fin de tes jours de n’avoir rien su faire lorsqu’il le fallait. De te ronger les doigts jusqu’à l’os d’avoir laissé tombé quelqu’un… J’en étais tout bonnement incapable. Et encore moins avec Caem.

« Écoute, si t’as un problème avec moi, on le règle ensemble. Mais ce n’est pas la peine d’aller chercher des emmerdes à toutes les personnes présentes dans cette salle commune. »

Si Caem pensait calmer la tension, l’effet fut l’inverse. Bien au contraire, à voir la tête de fouine de notre adversaire, ce fut l’occasion rêvé d’en découdre et d’éliminer un élève de plus. Pour le coup, mon assurance laissa place à la crainte car la dernière chose à laquelle je souhaitais assister, c’était bien à un quelconque combat pouvant blesser mon ami. Marcus ! Voilà, cette ordure se nommait Marcus et croyez moi qu’il n’a pas hésité une seule seconde pour rebondir sur les dire de Caem en me nommant comme trophée si jamais celui-ci venait à perdre. Et cette fois, le danger se fit sentir. Les yeux de Marcus brillait d’une envie de sang, de combat, de voir mon camarade de maison gisant sur le sol. Il ne réfléchissait que par ça : L’affrontement. Hors de question. Je voulus saisir le bras de Caem pour lui dire d’abandonner ça, de partir, de le laisser là avec sa bêtise. Ca n’était pas mon genre de fuir, mais ici je n’étais pas seule en jeu et je ne serais pas surprise de savoir que mon ami pensait de la même manière que moi. Connaissant le gabarit de la personnalité de Marcus, c’était une évidence que le duel ne serait pas fair-play, bien loin de là. La panique s’immisça dans la pièce et mon cerveau réfléchit à tout à l’allure. Trouve quelque chose bordel, trouve une entourloupe, un moyen d’envoyer valser l’autre idiot…

« Non. Je ne l’implique pas là dedans. Je gagne tu te tires, tu gagnes tu fais ce que tu veux de moi et tu laisses Keza tranquille.

Je relevais brusquement la tête. Quoi ? Je l’attrape brutalement par le bras. Pas ça, c’est très héroïque de ta part mais je refuse catégoriquement ce danger pour moi. La nausée me saisit, la culpabilité par la même occasion. J’aurais dû la fermer. Une fois de plus.

« Non. Caem arrête tes conneries, fais pas ça…
- Marché conclu, mais elle sera obligé de regarder ce que je t’inflige si je gagne »

L’horreur venait de me pendre haut et court. Mon cœur ne cessait sa course effrénée, me donnant la sensation de rompre mes côtes sous les battements en tachycardie. Tout était de ma faute et quand je vis le sourire de Caem qui se voulait rassurant, j’eu envie de lui hurler dessus. Idiot, pourquoi tu ferais ça pour moi bon sang. Ca n’est certainement pas la seule issue ici ! Ce sourire venant de m’achever et j’aurais préférée m’enterrer vivante que de le voir blesser par ma faute. Je me déteste. Pour cette impulsivité. A avoir voulu le défendre, j’allais le regarder risquer sa vie pour me préserver. C’était tout simplement hors de question. La rage se faisait telle au creux de mes entrailles que mon estomac me brûlait, mes mains tremblantes venant caresser du bout des doigts ma baguette logée dans ma poche.  A défaut de pouvoir faire le duel à ta place, je devais être prête à riposter si jamais la situation venait à se dégrader et je savais pertinemment que ça serait le cas. Je ne savais pas si Caem était bon en duel et je m’en foutais royalement, tout ce que je souhaitais c’était qu’il s’en sorte indemne. Mon esprit s’enfonçait dans des marécages obscurs, la culpabilité prenant la forme de liens me tirant vers le bas, me noyant. Je n’étais qu’une petite idiote.

Je les regarde non sans crainte, se mettre en place. Je priais je ne sais quel dieu de le laisser en vie. Et l’envi de sortir un sort droit sur Marcus de manière incongrue me rongeait la main. Ca ne serait pas loyal et Caem m’en voudrait certainement. Mais étais-je prête à jouer la petite fille bien rangée pour préserver les honneurs lorsque la vie de mon ami était en Jeu. Clairement, non. Il pouvait compter sur moi, sur mon aide et ma présence et je ne devais en aucun cas le laisser tomber. J’avais été stupide de l’ouvrir, j’aurais du le laisser régler ça et peut-être que l’autre crétin ce serait lassé de voir que sa vie, on en avait rien à faire. Je serrais les poings et la mâchoire, j’avais terriblement honte de moi. Qu’est-ce qu’aurait pensée ma mère de tout ça ? Je voyais son visage ensanglanté, ayant pour trait la déception… Ce fut un uppercut au creux de l’estomac. Réveille toi, c’est pas le moment !

Le sort atteignit Caem avant que quiconque n’eu le temps de réagir. Il se trouvait maintenant écrasé sur le sol mais je fus ravis de voir que ce n’était pas ça qui le démontait. Bien au contraire. C’est avec une joie non dissimulé qu’il répliqua tout aussi vite. Vas-y, bats toi comme il se doit et je te promets que je me ferais pardonner de cette situation. Mais sors-toi en vivant, je t’en pris. Je regardais la boule au ventre, les sors s’échanger. Et quand je cru voir mon ami avoir le dessus, l’horreur me submergea. Leurs sorts se croisèrent et si celui de Caem était inoffensif, respectant l’art des Duels loyaux, celui de Marcus fut bien plus brutale et mesquin…

Rouge.
Liquide.
Blessure.
Sang.

A la seconde où je vis l’entaille sur son torse, son visage blafard et ses yeux agars, ses vêtements s’imbibant déjà de ce flux sanguin, ma rage balaya toute forme d’honneur, de fair-play. Avant que quiconque ne réagisse, je dégainai ma baguette droit sur Marcus, la fureur comme alliée :

« Everte Statis maxima ! »*

1er round. Tu ne t’en sortiras pas comme ça. Il fut éjecté une nouvelle fois contre le mur avec une grande violence, je me précipitai vers lui, la rage au cœur. Je déteste toute forme de crasse de ce genre et même si je suis d’une personnalité qui prime la douceur, ici on s’en prenait à quelqu’un que je tenais et je n’hésiterais pas à fondre droit sur le danger. Depuis la mort de ma mère, je me suis juré que je ne laisserais personne en danger, quel qu’il soit, quitte à risquer ma vie. J’aurais du courir dans cette maison, l’aider, me battre à ses côtés. Ma mère en avait perdu sa vie, mon frère la capacité de marcher, mon père son cœur. Je sentais mon sang battre à mes tempes, mon cœur ivre d’une colère sans nom. Mes entrailles crispées sous les émotions, le corps en ébullition, je prononçais presque en criant, les yeux aveuglés par les larmes naissantes :

« Incarcerem ! »***

Des cordes prirent naissance tout autour de son corps lourdement avachis sur le sol, sonné, pour venir le ligoter fermement. Et crois moi que si Caem n’était pas entrain de se vider de son sang, je n’hésiterais pas à faire tomber une pluie de sort sur ton être insipide, plus contraignant les uns que les autres. Caem… Je fis volteface, le souffle court pour me précipiter vers lui. Faite que ça ne soit pas si grave, je vous en pris… Je ne pouvais concevoir qu’il puisse être blessé par ma faute. Lorsque je vis tout le sang déversé autour de lui, l’odeur me prit de court. Et mon esprit s’embrumait, se noyant sous les flashs qui surgissaient par dizaine. Cette odeur métallique et acre me ramena à celle des cendres, de la chair brûlée. Les cris, les sorts éclatant les murs, les corps. Les hurlements de douleur de mon frère, ceux de désespoir de mon père lorsqu’il vit notre maison en feu, ma mère à l’intérieur. Les larmes jaillirent en même temps que ma raison. N’oublie pas pourquoi tu es à genoux devant un corps ensanglanté. Par ta faute. Comme pour ta mère. Lâche.

Je secouai la tête. Ferme là, et bouge. Bouge. Caem sur le dos, une profonde entaille sur le torse, je réfléchis à vive allure. Un sort, pour stopper tout ça. Allez bordel, t’es en 9ème année, tu connais bien quelque chose ! Ton visage pâle me fait perdre mes moyens… je suis si désolée si tu savais. Je me déteste, je me hais. Et la culpabilité se joue de moi, toutes griffes dehors lacérant mon cœur en panique devant ton torse éventré. Je posai instinctivement ma main sur ta plaie, comme pour empêcher le sang de sortir. Kezabel, REFLECHIS ! Je sais que tes cours sont pas donné par le meilleur des profs parfois mais réfléchis à tout ce que tu as lu. Tu t’es tuée à la tache pour faire ta propre éducation magique durant des heures entières, c’est pas pour rien bordel…

Eclair de lucidité

Je plante ma baguette, droit sur la plaie pour prononcer d’une voix tremblante :

« Vulnera Sanentur »***

L’effet ne fut pas celui escompté mais déjà le sang fit demi-tour, revenant au corps de Caem par sa plaie. Il ne le fit pas totalement, refermant partiellement la plaie mais ce fut déjà suffisant pour qu’il ne saigne que faiblement, amenuisant la blessure…

« Allez, réveille toi, déconne pas … »

La culpabilité me rongeait, m’arrachant quelques larmes. Jamais je ne me pardonnerai ce qu’il venait de se passer. Tout ça par ma faute, d’avoir voulu jouer les mères protectrices en prenant ta défense je n’avais fais que mettre ta vie en danger. Il fallait que je l’emmène à l’infirmerie au plus vite, car la blessure encore présente bien qu’amoindri et le sang répartie sur le sol était le signe que mon sort n’avait fonctionné qu’à moitié. Et j’avais eu de la chance d’avoir obtenu un résultat à peu près potable.
Je tapotai sur les joues de Caem pour le sortir de cette torpeur qui le sonnait. Ouvre les yeux et dis moi que ça va, je t’en pris.

« Tout est ma faute. Je suis tellement désolée Caem… »

Ma main se crispa sur son tee-shirt, voulant retenir la vie en lui. Reprenant contenance quelques fragments de seconde, je fus aidé par un camarade de classe pour soulever la masse du jeune homme qui était tout de même, bien plus grand que moi, pour pouvoir t’emmener à l’infirmerie. Je sentais mon cœur, furibond, hurlant ma peine entre mes côtes, mon corps tremblant sous les émotions multiples qui ne cessait de me crever l’âme. La nausée m’habitait, bercé par la culpabilité, transportée par la colère contre mon être. Je regardai le sang sur mes mains. A quelques détails près, le sang fut versé par ma faute, seule coupable de ce crime.  

* TOPIC OFF *


Edit :
*Everte Statis : Propulse en arrière la personne visée.
**Incarcerem : Fait apparaitre des cordes magiques qui ligotent la personne visée
***Vulnera Sanentur : Sort pour refermer les plaies profondes ou mineur et où le sang effectue le chemin inverse (retourne à la blessure)
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Un brin seul de muguet [PV Kezabel]
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