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 That point where we can't stop lying ▬ Ems

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MessageSujet: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Dim 19 Mai 2013 - 19:10

Mardi 9 juillet. Night. Insomnie, quand tu nous tiens.

    - Dégage. Sors respirer. J’ai besoin de dormir là.

Le soutien du camarade de chambrée qui n’arrive pas non plus à dormir et qui met ça sur le compte de l’insomnie de l’autre, ou comment passer une bonne nuit chez les verts. Jeroen soupira d’agacement, ostensiblement, enfila les premiers vêtements qui lui passaient sous la main, attrapa sa baguette et déserta le dortoir, sans réellement se soucier de réveiller d’autres personnes en même temps. Alors oui, demain matin, il y avait les premiers examens. Oui, tout le monde dans le dortoir avait décidé de revoir ses cours en urgence avant de se coucher, donc tout le monde était sur les rotules. Oui, bon sang, il n’arrêtait pas de se retourner dans son lit, sans avoir dormi une minute depuis qu’il s’était couché. Mais était-ce une raison pour l’envoyer paître ? De mauvaise humeur, agacé par sa propre incapacité à gérer son stress, il claqua la porte de la salle commune et partit s’aérer l’esprit dans les couloirs du château silencieux.

Il pouvait. La veille des partiels de fin d’année, peu d’élèves auraient l’idée de traîner dans les couloirs, mais quelques Supérieurs s’étaient mis d’accord pour faire des rondes depuis quelques jours, afin d’éviter de nouveaux mouvements comme celui du 6 juillet, lorsque la musique avait résonné dans les couloirs. Il y avait de ça. Ça mettait tout le monde sur les rotules. Jer avait commencé sa petite enquête sur les auteurs probables de cette petite révolte, passant en revue les résistants connus et possiblement musiciens qui seraient capables d’aller aussi loin. Il n’y en avait pas cinquante vu que les effectifs se réduisaient régulièrement… mais il n’avait pas trouvé, pas encore. Personne d’autre ne savait non plus, apparemment. Enfin voilà. De par sa place, il pouvait se promener dans les couloirs à des heures pas très permises, prétexter qu’il tournait lui aussi, et se faire renvoyer au lit avec une simple réprimande parce que jouer solo n’est pas toujours très bien vu.

Il avait cette histoire de musique dans la tête, mais pas que, et ce n’était pas le plus important pour lui. Après l’entrevue avec Julian, de nouveaux bruits couraient sur elle. Son pote cupidon semblait un peu gêné et tâchait de minimiser l’affaire mais Jeroen, contre toute attente, se sentait un peu trahi par ce qu’il entendait. Un peu triste, aussi. Impossible de dormir avant qu’il ne soit sûr de ce qui se disait, sûr que ce qu’il avait entraperçu la dernière fois n’était qu’un semblant de farce pas vraiment drôle. Il était stupide. Il n’avait rien demandé, ne voulait pas s’attacher, pas s’engager, mais il râlerait volontiers sur le monde entier et cet ombre qui avait touché Julian après lui, s’il n’avait pas un tempérament aussi fermé. Evidemment, il n’en parlait à personne, et le peu de potes au courant de l’entrevue entre les deux verts s’en inquiétaient ; ils s’étaient mis dans l’idée de le faire parler, mais tout ce qu’ils obtenaient était un le silence d’un mur ou les engueulades fières d’un homme en apparence détaché de tout. Après tout, « ce n’était pas un rencard », « elle ne lui devait rien », « il s’en fichait », ça sonnait bien, il y avait cru lui-même jusque-là, jusqu’à ce que le discours martelé comme quoi il était amoureux finisse par monter à son cerveau…

Le. Bordel. Donc. En plus des exams et de la pression martelée par les professeurs et les élèves des autres maisons, il était au bord du black-out et il était obligé de se promener dans des couloirs vides et froids pour ne pas frapper ses camarades de chambrée. Super.

Il ne savait pas quelle heure il était, il n’avait pas envie de savoir depuis combien de temps le sommeil lui faisait la tronche. Il marchait un peu en long, en large et en travers, recroisant les mêmes couloirs deux fois de suite. Il avançait au hasard en fait, concentré sur la maîtrise de son souffle et le silence rassurant des couloirs ; eh bien oui, tant qu’il n’y avait pas de bruits, c’est qu’il n’y avait personne, donc pas d’emmerdes possibles. Il se dirigea ensuite vers les escaliers principaux. Ils semblaient endormis, immobiles. Lorsqu’il commença à monter, ils ne commencèrent pas à se déplacer dans des directions improbables, sûrement fatigués du nombre de pieds qui les piétinaient chaque jour depuis un nombre incalculable d’années - bon, si, il aurait dû pouvoir dire quand le château avait été construit, mais la date s’était envolée et il n’irait certainement pas courir après, même pour le devoir de jeudi. Il s’arrêta au second étage, resta un moment accoudé au-dessus du vide, le cœur battant par le vertige, puis s’éloigna dans le couloir en s’étirant comme avant un entraînement de Quidditch. C’était le couloir de la « salle dingue », comme il avait décidé de l’appeler. La salle des sentiments. Choix hasardeux ? Ses pas l’avaient mené là, mais il se serait claqué s’il avait eu un peu plus de souplesse au niveau des bras. C’est pas le moment de faire dans les sentiments…

Soudain, il entendit du bruit un peu plus haut. Il rejoignit les escaliers fixes qui se planquaient quelques mètres plus loin, baguette sortie - histoire d’avoir l’air de patrouiller - et commença à monter. Il lança vite fait un sort de détection avant de tomber sur les insomniaques. Une personne seule un peu au-dessus, et du bruit, mais beaucoup plus loin. Il continua de monter avec assurance, et tomba enfin nez-à-nez avec la personne seule. Une moldue. En tant que supposé haineux envers les moldus, il aurait dû y trouver une occasion rêvée de passer ses nerfs sur quelqu’un, mais il avait un peu envie de grimacer. Il ne laissa toutefois rien transparaître, ni surprise ni dégoût, et s’arma, pas bien pressé non plus d’attaquer la demoiselle… mais bon, il fallait bien jouer son rôle, d’autant qu’ils étaient à l’étage du directeur et que si quelqu’un tombait sur un Jeroen en train de sympathiser avec la sous-race… Ils étaient morts Rolling Eyes

    - Eh bien, eh bien… Ce n’est pas une heure pour se promener ça. Tu pensais aller où comme ça ?

Il l’avait déjà vue, évidemment. Il avait déjà vu la plupart des moldus des environs, que ce soit pendant les cours d’étude des moldus ou lors des petits abus de pouvoirs des hommes en noir - et il n’avait pas une image reluisante auprès de ces pauvres sans-pouvoirs. Elle était là depuis un moment, Emily. Elle avait survécu jusque-là, il ne pouvait pas la prendre à la légère. Au fond, ce type de personnes, il les respectait carrément plus que les résistants sorciers qui se battaient contre du vent - bon, l’action de chanter, l’autre jour, avait été un coup de folie plutôt amusant au final donc ça passait, mais le reste du temps, ils se mettaient juste en danger. Non, il voulait que sa sœur, elle aussi à cheval entre le monde moldu et le monde sorcier devienne comme ça, une battante incassable sachant survivre sans renier ses idées. A onze ans, elle avait encore de la marge, hein… Mais enfin. Ses idées n’avaient pas de raisons d’être. Avec Emily comme avec le monde entier, il ne pouvait pas montrer ce qu’il pensait vraiment, il devait mentir, faire semblant, car c’était sa façon de survivre et changer de technique après tout ce temps reviendrait à un suicide pur et simple. Il devait donc jouer les connards, mais ça risquait de le mettre encore plus sur les nerfs, et il l’était déjà suffisamment… Satanés Supérieurs.

    - Remonte. Tu n’as rien à foutre là, et j’imagine que tu le sais pertinemment... C’est quoi, cette manie générale de s’attirer des emmerdes ?

Il lui lança un regard dur et sombre. Qu’est-ce qu’ils étaient chiants, tous. Si elle avait été un peu plus discrète dans sa sortie nocturne, il aurait pu remuer ses idées noires tranquillement, et ben non. Il ne pouvait même pas la laisser partir aussi simplement, ce serait suspect… Quand on ment, on se prend toujours les conséquences en pleine face. Vlan, Jeroen, prend-toi ça. Même ta petite sœur t'en mettrait une si elle était là...
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Jeu 23 Mai 2013 - 22:38

Quelle vie. Emily avait l’impression que tout se passait en accéléré ces derniers temps. Entre le concert, les nouvelles rencontres, ses retrouvailles avec Cameron. Chaque journée était bien remplie et elle se sentait fatiguée. Heureuse et fatiguée. Après tout, ce n’était pas de tout repos que de devoir toujours courir à droite et à gauche, de sourire, de faire l’idiote et en même temps, de rester assez discrète pour ne pas mettre en danger ses camarades. Avec la fatigue, elle avait un peu de mal à réfléchir de manière toujours très clair et raisonnée et du coup, elle savait bien que si elle ne faisait pas attention, elle risquait de trop attirer l’attention sur elle et donc sur les autres membres du groupe. Si Ems savait bien qu’ils étaient grands, depuis le concert, elle n’arrêtait pas de se rendre malade en pensant à eux. Elle avait une trouille monstre. Elle avait bien envie d’en parler avec Ricardo mais ce n’était pas évident. Il allait sans doute l’engueuler si elle lui disait qu’elle craignait pour lui, qu’elle ne voulait pas qu’il prenne de risques. Enfin bon, si la demoiselle était préoccupée, sa joie ne l’avait pas quittée. Elle respirait le bonheur depuis quelques temps et le fait d’avoir pu parler avec Cameron lui faisait un bien fou. Ils avaient été plus discrets l’un envers l’autre après qu’elle l’ait trouvé amoché par le bibliothécaire. Mais finalement, tout était rentré dans l’ordre. Emily avait besoin de lui, c’était indéniable. Tout était tellement plus simple quand elle pouvait rire avec lui et oublier tout le reste. Il lui rappelait l’enfant qu’elle était. Ainsi, quand elle rencontrait de nouveaux moldus comme Matthew, elle faisait la grande, l’experte, avec Cameron elle était la gamine et si elle faisant souvent l’outré, au fond cela lui faisait du bien de savoir qu’elle pouvait se reposer un peu sur son épaule. Aussi étrange que cela pouvait paraître, Emily se sentait désormais presque chez elle dans ces murs. Alors n’allait pas croire qu’elle était totalement cinglée mais un an, quand on n’a aucune perspective de sortie, c’est long. La jeune femme savait qu’elle était encore là pour un moment alors elle s’était faite à cette idée. Après le concert, après sa rencontre avec Matthew, elle avait compris qu’au final, elle était sur son territoire. Elle connaissait pas mal de secrets de l’endroit et surtout, elle avait des amis ici. La cracmolle avait envie de partir comme tout le monde, de quitter la violence, de dire Adieu aux Supérieurs mais étrangement, elle se posait encore et toujours la même question : si elle sortait finalement d’ici, où irait-elle ? C’était cette question qui martelait l’esprit de la demoiselle cette nuit là et qui l’empêchait de dormir. Cette question qui l’avait poussée à quitter sa cellule, comme à son habitude en évitant les Supérieurs, pour aller errer dans le Château. Marcher lui apporterait peut être des réponses.

~ Jimmy oh won’t you please come home ~

Emily ne savait pas trop où elle allait et elle s’en fichait, son cerveau tournait à plein régime et pourtant elle était à des millions de kilomètres, dans sa bulle, dans ses pensées. Elle se demandait si elle pourrait réellement retourner à Edimbourg un jour. Si elle était libérée, après plusieurs années d’absence, où seraient ses amis, voudraient-ils encore d’elle ? Et puis, elle doutait que ses parents la laisse vivre en paix. Alors où ? Recommencer une nouvelle vie. Cette idée lui arrachait le cœur. Elle avait perdu ses frères une fois, s’ils sortaient un jour d’ici, elle et ses camarades seraient sans doute séparés. Alors elle, que ferait-elle ? Ems se sentait idiote à penser ainsi car c’était presque comme si elle ne voulait pas quitter Poudlard. Or, elle n’en pouvait plus de voir des gens disparaitre sans cesse. Elle se sentait folle en réalité. Oui c’était le mot. La jeune écossaise avait l’impression de devenir totalement folle à force de remuer toutes ses pensées. Cela ne lui servait à rien d’imaginer tout ça de toute façon puisque le départ n’était pas pour tout de suite et elle le sentait, elle l’espérait, le moment venu elle saurait quoi faire. Elle tenta donc de se ressaisir mais ne renonça pas pour autant à sa petite promenade nocturne. Tant qu’elle y était, autant se dégourdir encore un peu les jambes puisque de toute façon, elle n’avait pas encore sommeil. Fatiguée mais impossible de dormir, elle en avait l’habitude maintenant. La meilleure méthode pour lutter contre cela était de s’épuiser physiquement, alors elle marchait encore et encore jusqu’à ce qu’elle sente une vraie fatigue et qu’elle puisse s’écrouler sur son lit. Emily avançait donc à tâtons dans les couloirs, ses yeux s’habituaient plutôt bien à l’obscurité et elle arrivait à se déplacer sans trop de problèmes, sans même se prendre de mur en pleine face :top :.

~Jim, Jimmy, Jimmy, it’s your last cigarette~

Emily avait aussi terriblement envie de fumer mais pour le coup, elle n’était pas suicidaire et elle n’avait pas envie de prendre le risqué d’alerter les Supérieurs, de manifester sa présence avec la fume. La jeune femme retint donc son envie. Mais apparemment elle n’avait pas besoin de fumer pour faire comprendre qu’elle était là. Avec qu’elle n’ait le temps de réagir, elle se retrouva en face d’un jeune homme, un jeune sorcier. Elle l’avait déjà aperçue dans des salles de classes et elle savait qu’il était des Serpentards comme son frère. Mais à part ça rien. Mais Ems pu vite déduire qu’il n’était pas du genre à faire ami ami avec les gens comme elle puisqu’il entama la discussion sur un ton peu charmant. Comme à son habitude, la demoiselle afficha un large sourire et répondit sur un ton léger, comme s’il s’agissait d’une simple routine.


« J’en sais rien. Je calcule pas trop, en général je laisse mes pas me guider mais bon s’il faut donner une destination je peux en trouver une ! »


Emily se foutait ouvertement de la tronche du type et cela la faisait beaucoup rire. Alors bien sûr, elle savait qu’elle ferait mieux de vite arrêter ce petit jeu si elle n’avait pas envie de finir dans une situation profondément merdique. Mais bon, autant le tester un peu ce jeune homme, voir s’il était aussi terrifiant que ce qu’il semblait vouloir faire croire. En tout cas, il semblait plutôt du genre autoritaire puisqu’il lui intima d’un air très sérieux de remonter dans sa cellule. A cette phrase Emily prit son menton entre ses doigts et fit mine de réfléchir pendant quelques secondes.

« Remonter ? Non. Quant à la manie générale de s’attirer des ennuis je sais pas, on doit avoir ça dans les gênes nous les sous-hommes. »

Les derniers mots d’Ems avaient été prononcés sur un ton plus sec, plus froid. Si jusque là elle se contentait de faire le pitre, cette fois elle avait clairement fait comprendre à l’autre type qu’elle se fichait de son air dédaigneux, qu’elle n’avait pas envie de se plier à ses règles. Comme pour enfoncer le clou, elle reprit la parole.

« Et puis, ta baguette ne me fait pas peur mon grand, j’en ai vu des bien plus impressionnantes que ça ! »

Toujours le mot pour rire la Emily. Cette nuit allait décidément être mouvementée.
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Mer 12 Juin 2013 - 23:23

~ Jambo Jimmy you’d better hold your nose ~

Jeroen jouait mal les bad guys. Bon, officiellement, l’illusion était parfaite, mais il lui arrivait d’aller tellement dans la démesure que ça lui semblait sur-joué, et pourtant !, il ne faisait que copier les façons de faire de quelques stupides imbéciles, en remettant tout ça à une sauce un peu plus « digne ». Jouer au con et au salopard lui faisait mal à l’amour-propre. Il ne savait pas comment il arrivait à se regarder encore dans la glace mais il y arrivait sans un seul sentiment de haine envers lui-même, sans un seul remord. Peut-être qu’il avait un petit côté psychopathe, mais psychopathe dans le sens où il ne ressentait pas comme la moyenne des êtres humains… voire ne ressentait pas du tout certaines choses. C’était étrange mais il n’était pas dingue pour autant.

Elle. Haha. Oui, il se souvenait d’elle. Une jeune femme qui tenait pas mal tête à l’autorité et à tout ce qui essayait de lui donner des ordres, même si ça devait lui nuire grandement. Pour se protéger, il y avait de meilleures techniques, se planquer ou juste pas trop ramener sa fraise… sauf qu’elle faisait tout l’inverse, cette imbécile. Bien sûr, elle avait au moins le mérite de ne pas renier ses croyances ni ce qu’elle était, mais au risque de se tuer, quel intérêt ? Toutefois, lui ne semblait pas l’avoir marquée. Elle ne semblait pas le reconnaître vraiment, ni avoir peur… en fait, elle semblait presque d’amuser de la situation, comme s’il n’était qu’un vulgaire fanatique qu’elle pouvait mater avec de simples mots.


    - J’en sais rien. Je calcule pas trop, en général je laisse mes pas me guider mais bon s’il faut donner une destination je peux en trouver une !

Ça la faisait rire ? Ça changeait des réactions terrifiées à chaque fois qu’il croisait la route d’un pauvre moldu qui avait déjà eu le temps de comprendre qu’ici, sa vie ne valait rien et qu’il vaut mieux s’aplatir devant toute personne s’approchant de près ou de loin aux hommes en noir… et elle, ça la faisait marrer. Il resta neutre et avec un air indifférent, pour voir jusqu’où elle irait, et comme il s’y attendait elle continua sur sa lancée, loin de se démonter face au semblant d’autorité dont il voulait faire preuve.


    - Remonter ? Non. Quant à la manie générale de s’attirer des ennuis je sais pas, on doit avoir ça dans les gênes nous les sous-hommes.

Ça lui hérissait les poils. De une, le fait qu’on se foute de sa gueule quand il demandait quelque chose - enfin, ordonnait dans le cas présent -, mais aussi cette appellation de « sous-hommes » ; le sang-mêlé en lui se révoltait. Il lâcha un sourire cynique. Merdre, hein. Si elle voulait jouer sur ce terrain-là, il était bon, très bon. Et elle ne serait certainement pas aussi bonne que Julian ; du moins, sa position ne lui permettait pas la même liberté… Ça faussait un peu les résultats mais il était d’assez mauvais poil ces derniers temps pour s’accorder une petite victoire facile sur une cible facile dans une situation facile. Facile, quoi.


    - Et puis, ta baguette ne me fait pas peur mon grand, j’en ai vu des bien plus impressionnantes que ça !
    - C’est comme ça que tu le prends ? C’est amusant. Tu as plus de cran que pas mal de couillus dans ce château. Bon, si tu me cherches, je n’aurai aucun remord à réagir en conséquence, mais ça ne sert à rien de te prévenir, tu le sais déjà pertinemment.

Allez, lâche l’affaire petit chien enragé, tout ce que tu risques, c’est de finir dans un état pitoyable pour la couverture d’un gars que tu n’encadres même pas. Il se battait pour la forme, sans conviction… Si elle avait un peu fermé sa gueule, il l’aurait juste fait remonter calmement et l’aurait laissée vivre sa vie, mais maintenant, un tel comportement manquerait de crédibilité. Jeroen ne pouvait pas se permettre cela, même auprès des personnes qu’il espérait aider sur le long terme. C’est-à-dire les moldus comme Emily. Il soupira avec un air faussement agacé, cala sa baguette dans sa ceinture, à portée de main, et attrapa la jeune femme par le col pour la tirer dans les escaliers. Elle se moquait de sa magie, mais il avait bien plus que de la magie à portée de main. Quidditch, comme d’habitude. Il n’avait pas de gonflette mais ce qu’il avait, ce n’était pas du flan, elle avait peu de chances de se défaire si facilement de ça. Il la fit donc remonter fissa jusqu’au quatrième étage, sans lui laisser le temps de protester. S’il la laissait faire, ils n’étaient pas rendus. Il avisa rapidement une salle vide du couloir et y envoya balader la jeune moldue avant de fermer derrière eux. Et de jeter un sort informulé pour leur permettre un peu de tranquillité. Il savait que des Supérieurs traînaient dans les couloirs, et pas très loin. S’ils voulaient prendre part à la réjouissance, Jeroen ne promettait pas l’état d’Emily en sortant. Il voulait jouer sur un règlement de comptes à un contre un avant qu’un tiers la mette en miettes alors qu’il préférait ménager, même si en apparence ça avait l’air de pure violence…


    - Ça t’amuse, hein. C’est toujours amusant d’essayer de mener les autres à bout. Tu te sens puissante mais il n’y a pas de fierté à pousser des débiles à te faire du mal…

Il reprit sa baguette et sans dire un mot, lança un sort qui projeta la demoiselle en arrière et ramena en même temps une chaise vers elle pour qu’elle y pose son divin postérieur. Pas dans le sens sexyness du terme hein. Il s’accouda ensuite à une table en face d’elle, jouant avec sa baguette du bout des doigts et sourit avec un air cynique et étrange.


    - La dernière femme qui s’est retrouvée dans cette position face à moi a disparu je ne sais trop comment. Elle n’était même pas moldue mais elle l’ouvrait trop. C’est d’une stupidité…

Oui, ça lui faisait penser à Candice, cette situation. Une salle, lui et une jeune femme à qui il était censé faire du mal, mais il n’avait personne pour surveiller si le boulot était bien fait derrière, et la jeune moldue n’irait certainement pas lui faire un coup comme celui de la volière, pas au courant. Il était pensif. Pas dans l’état d’esprit. Ça le gavait tout ça. Faire semblant. Encore. Et se faire jeter de sa propre chambre aussi. Et se rendre compte qu’auprès de Julian, il n’était rien. Rien. Il plongea son regard dans celui d’Emily et soupira.


    - Et là, je suis censé te faire du mal. Ça te plairait hein ? Que je te cède. Que je me laisse baratiner pour que tu puisses partir plus vite. Ce serait trop facile...

Non, il ne lui ferait peut-être pas de mal si elle se tenait tranquille, mais il était de tellement mauvaise humeur qu’il pouvait la mettre mal à l’aise rien qu’en restant face à elle. Oui, il allait rester un moment avec elle, comme une araignée et la mouche coincée dans sa toile, mais ensuite il aviserait s’il fallait jouer les gros durs jusqu’au bout ou juste la faire à sa manière, en mode oppression…
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Jeu 13 Juin 2013 - 14:45

~You’ve gotta have a wash but you can’t clean your name~

Se laisser faire ne faisant définitivement pas parti du code génétique d’Emily. Elle aurait pu se taire, s’excuser, baisser la tête et passer à autre chose, retourner calmement dans sa cellule et renoncer à sa petite balade du soir. Seulement voilà, la provocation était clairement une habitude pour elle. De plus, c’était le contre coup de son renouveau d’énergie. Si elle avait retrouvé une joie de vivre inespérée, si elle avait enfin l’impression d’être heureuse malgré les difficultés de la vie ici, cela s’accordait avec une envie de tout casser. Pour rester ainsi, elle devait être en harmonie avec elle-même, avec sa façon de penser, avec ce qu’elle était au plus profond d’elle-même. Et pour ça, elle ne pouvait pas renoncer à ses idéaux. Pour ça, elle était dans l’obligation de protester, d’ouvrir sa bouche à chaque occasion et de faire comprendre à tout le monde qu’elle ne se laisserait jamais écraser. Cela pouvait paraître étrange mais, dans un certain sens, maintenant qu’elle avait retrouvé un certain équilibre, une sorte de paix intérieure, la proximité de la mort lui était moins intolérable. Cela faisait maintenant trop longtemps qu’elle vivait la peur au ventre, trop longtemps qu’elle se demandait si elle allait connaître le jour suivant. Tout cela s’était fini. Si la peur existait encore, si elle ne pouvait pas l’oublier totalement, elle vivait avec mais surtout, elle lui interdisait de la bloquer dans quoi que ce soit. Ems avait donc gardé la tête haute face à ce type qui semblait être l’un des petits chiens-chiens des Supérieurs. La cracmolle était même allée jusqu’à faire une petite blague grivoise histoire de dédramatiser la situation. Oui ce type pouvait la faire souffrir, il pouvait lui faire regretter son audace et pourtant, elle n’avait pas hésité une seule seconde avant de parler. A force de voir la peur sur le visage des gens, la soumission rapide, ils se prenaient tous pour des super héros. Ils pensaient tous pouvoir mettre le monde entier à leur pied mais surtout, ils se prenaient trop au sérieux. Emily voulait casser cette image. Elle voulait montrer aux autres qu’ils n’étaient tous au final que des hommes avec leurs petites faiblesses. Cependant, agir ainsi était loin d’être sans risque et la jeune femme ne mit pas longtemps à le comprendre. Rien que quand le jeune homme ouvrit la bouche, elle sentit qu’elle s’était encore fourrée dans une situation pourrie. Elle ne pu s’empêcher cependant de sourire quand il lui dit qu’elle était certainement bien plus couillue que la plupart des mecs ici. Oui, ça elle le savait mais en même temps, c’était une obligation pour elle. Emily savait bien que ce n’était pas si normal d’être téméraire comme elle l’était, ça frôlait souvent l’inconscience mais tout cela était aussi lié à une désillusion. Elle avait abandonné l’idée que la vie lui ferait des cadeaux alors elle avait décidé de tout prendre en main. Et l’autre aussi apparemment. Il lui fit clairement comprendre qu’à se comporter ainsi, elle ne faisait qu’aggraver son cas. Il joignit alors le geste à la parole en attrapant l’écossaise et en la forçant à le suivre. Elle ne pouvait rien faire, enfin pas pour le moment…

« Oh il est blessé dans son orgueil le pauvre petit, alors il montre ses muscles pour prouver qu’il est un homme, un vrai.. »

Emily aurait dû se taire et accepter l’idée qu’elle n’avait pas besoin d’empirer la situation. Mais en réagissant ainsi, le jeune homme ne lui donnait que l’envie d’aller encore plus loin. En effet, ce qui l’agaçait chez ceux comme lui c’était bel et bien cette façon de s’enrager pour rien, de choisir la violence comme réponse systématique. Si elle aussi avait tendance à user de ses poings, elle le faisait toujours à armes égales. Eux n’étaient que des lâches. Alors face à ça, elle ne pouvait se retenir, sa langue se déliait et les réflexions fusaient. Mais du coup, bien vite les deux jeunes gens se retrouvèrent coincés dans une pièce et Ems n’eut pas besoin d’un dessin pour comprendre qu’il allait passer ses nerfs sur elle, ici-même. Elle ne détourna pas le regard pour autant, continuant de le fixer, droit dans les yeux, mais surtout, d’afficher ce léger sourire en coin, montrant bien qu’elle n’avait pas l’intention de se démonter. Elle ne pu cependant faire quoi que ce soit contre le sort qui la projeta en arrière et la poussé à se retrouver assise sur une chaise. Cependant, ce n’était pas ce qui avait le plus retenu son attention. C’était ce que le jeune homme venait de dire. Il venait de déclarer qu’elle n’avait aucune fierté à tirer de son comportement, du fait qu’elle poussait les gens à bout. Mais surtout, c’était le mot débile qui l’avait heurtée. Parlait-il de ses collègues ? C’était étrange qu’il use de ce qualificatif en face d’elle, une victime. Elle ne pu cependant pas trop s’attarder sur ce détail puisqu’il enchaîna, s’accoudant sur une table en face d’elle, toujours avec un air provocant. Ems ne pu s’empêcher de rire face à sa prise de parole.

« Encore une histoire de fierté bafouée apparemment… Il semblerait que tu ais vraiment du mal avec ta masculinité mon grand. »

Oui Emily jouait toujours sur le même tableau, ce n’était pas original mais elle s’en fichait. Elle n’avait pas envie de paraitre brillante, intelligente ou quoi que ce soit. Son seul but c’était de l’emmerder, de insupporter et de lui faire comprendre qu’en lui faisant du mal il ne prendrait pas son pied, au contraire, il en aurait mal d’elle. Elle était prête au combat à mort, rien ne pouvait l’arrêter et puis, ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’elle se trouvait dans une telle situation. Mais apparemment, elle était tombée sur un original. Un jeune homme qui semblait s’y connaître pas mal dans le domaine du sadisme puisqu’il lui fit comprendre qu’il ne lui ferait pas le plaisir de la faire souffrir tout de suite pour qu’elle puisse être libre rapidement. Ems ne se démonta pas pour autant et lui répondit avec toujours la même assurance.


« Crois moi, quoi que tu fasses, je m’en fiche. La torture psychologique, je la côtoie depuis mes 11 ans, depuis que ma famille a appris que je n’avais pas de pouvoir. Quant à la torture physique, c’est mon quotidien depuis plus d’un an. Alors amuse-toi de la façon que tu veux, ça ne m’atteint pas. »


Alors bien sûr, ce n’était pas tout à fait vrai. Emily ne pouvait pas affirmer que l’acharnement des autres sur elle ne lui faisait rien. Mais elle s’était endurcie et elle ne montrerait jamais sa douleur. Cela faisait trop longtemps qu’on la poussait à courber l’échine. Son père aurait gagné si elle décidait de baisser les bras, si elle se montrait faible. Et ça, elle ne pouvait pas l’accepter. Ems avait donc presque l’impression d’être en terrain connu. Son mental était là. Pour l’instant elle pouvait tenir le choc et elle espérait continuer sur cette voie. Il pouvait la faire plier s’il savait où frapper, s’il se montrait particulièrement violent, mais ça, il n’avait pas besoin de le savoir. Pour l’instant, elle se montrait féroce et prête à se battre.

« Il est possible que tu en ais marre avant moi tu sais. »
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Mer 19 Juin 2013 - 22:38

Jeroen était habitué à la soumission rapide, il ne pouvait pas le nier. Si les spécimens rebelles semblaient courir les rues, c’était seulement parce qu’ils faisaient beaucoup de bruit. Les moins rebelles, eux, étaient discrets, timides, mais étaient bien plus nombreux… et ne passaient pas pour autant au travers des ennuis. Quand on les attrapait dans les couloirs, ils s’aplatissaient par terre pour ne pas avoir à faire face à une réaction violente. Parfois, même, ça marchait : ils leur faisaient peur et les laissaient détaler comme des lapins pris en chasse, ça réglait le problème en quelque sorte et l’influence était là. Pourtant il n’aimait pas ça, le vert. La fille qui s’aplatissait, prête à donner tout ce qu’elle avait, corps, fierté, pour ne pas souffrir d’une autre façon, c’était retomber à la plus basse condition imaginable, et il avait tellement de fierté lui-même qu’il avait du mal à comprendre qu’on puisse encore se comporter ainsi. Les gens n’avaient-ils plus aucun amour-propre ? L’inverse était stupide aussi, là n’était pas la question, courir au-devant du danger ne l’éloignait pas… Mais il y avait une façon de se révolter ou de s’abaisser. Jer’ s’abaissait à jouer leur chien-chien, mais tout en gardant un minimum de dignité et en se préparant à se révolter plus fort que jamais. En plus, il gardait son espace vital et son champ d’action en faisant semblant d’être avec eux. Sa condition semblait parfaite. Cours gratuits de maléfices qu’il s’imaginait déjà leur renvoyer à la tronche, confidences et informations à tour de bras sur ce qui se passait dans leur tête... Ce n’était pas une situation facile à gérer tous les jours, mais il avançait déjà mieux que Killian ou Emily.

Elle, elle s’enrageait avec arrogance mais si elle voulait rester en vie, la technique n’était pas bien bonne. Evidemment elle tombait sur la bonne personne, là. Il n’était pas d’humeur mais il avait plus de finesse quand il était seul et avec pour seule obligation de tenir sa couverture en place. Par exemple, si on lui jetait des insanités à la tronche, il avait tout le loisir de ne pas réagir et de répondre à sa manière… Alors qu’auprès des autres, de tels mots méritaient déjà des sorts violents, et continuer sur sa lancée faisait ressortir quelques sorts impardonnables à un moment ou un autre, car les Supérieurs n’ont pas la patience. Elle était vraiment bien tombée.

    - Oh il est blessé dans son orgueil le pauvre petit, alors il montre ses muscles pour prouver qu’il est un homme, un vrai…

Et il ne dit rien, ne sortit pas sa baguette, ne fut pas plus violent que nécessaire pour la tirer jusqu’au quatrième étage. Elle se laissait faire malgré ses mots acerbes, il n’avait aucune raison de réagir au quart de tour pour faire semblant d’être plus stupide qu’il ne l’était. Elle allait bien se lasser à un moment devant son manque de réactivité. C’était tout l’intérêt de la manœuvre : si elle ne trouvait aucune prise sur lui, il l’avait dans la poche et pouvait la laisser se descendre toute seule au trente-sixième sous-sol avant de lever le petit doigt. Ça marchait, il l’avait testé dans diverses situations, avec des cobayes ou même avec Julian… Tous pareils. L’être humain n’était pas fait pour être patients.

A présent, ils étaient bien installés dans une pièce tranquille de l’étage, isolée par un sort pour que les rôdeurs n’aient pas l’idée de débarquer ajouter leur grain de sel ; il avait le temps de la mettre mal à l’aise et de se défouler un peu à présent. D’abord, la mettre à l’aise sur une chaise et lui expliquer sa démarche, puis tout mettre en miettes par la suite. Elle était déjà étonnée par ce qu’il racontait. Ah, on ne s’attend pas à ce que le toutou dénigre ses maîtres n’est-ce pas ? Il ne visait pas forcément les Supérieurs d’ailleurs. Surtout les petits chiens qui tournaient autour avec plus de ferveur et de bêtise que lui. Mais il n’allait pas s’expliquer non plus, ce n’était pas le but.

    - Encore une histoire de fierté bafouée apparemment… Il semblerait que tu aies vraiment du mal avec ta masculinité mon grand.
    - Peut-être bien. Qu’est-ce que ça peut changer ? La réactivité, l’impulsivité, la violence, le sommeil ou même la mémoire. Ça peut influer sur tant de choses. C’est effrayant n’est-ce pas ?

Pour quelqu’un de blessé dans son amour-propre, il n’avait pas de problème notable du côté de la violence ou de l’impulsivité. Le sommeil, par contre, le fuyait et il se sentait si excité en son for intérieur qu’il ne se sentait même pas fatigué. Demain, il souffrirait des retombées d’une presque nuit blanche, mais il ne serait certainement pas le seul à s’endormir sur sa copie… et puis, ce n’était que botanique, qui s’intéressait à la botanique, sérieusement… Il n’avait pas la main verte de toute façon. Il avait un bon feeling avec les sortilèges, la défense contre les forces du mal et même les bêtes, mais même les cactus qu’ils avaient à Londres sortaient de son domaine de compétence. Sa masculinité bafouée pouvait bien faire un peu des siennes, pour une fois. D’autant qu’elle commençait à réagir un peu à ses manières un peu spéciales.

    - Crois-moi, quoi que tu fasses, je m’en fiche. La torture psychologique, je la côtoie depuis mes 11 ans, depuis que ma famille a appris que je n’avais pas de pouvoir. Quant à la torture physique, c’est mon quotidien depuis plus d’un an. Alors amuse-toi de la façon que tu veux, ça ne m’atteint pas.
    - On ne se fiche jamais assez de ce genre de choses. Tu as du courage de dire que tu t’en fiches alors que tu réagis déjà au quart de tour quand il s’agit de s’attirer des ennuis…

Un tempérament sanguin, et elle prétendait que ni la torture physique, ni la torture psychologique ne pouvaient pas toucher ? Il fallait vérifier ça. Voir si c’était réellement possible, peut-être que Jeroen finirait par avoir un peu de respect pour elle sur la fin, mais il était tellement sûr de lui et sûr que son interlocutrice n’était pas si détachée qu’elle le croyait qu’il n’envisageait pas l’affaire. Elle avait le mental mais il avait de la bouteille quand il s’agissait de le détruire. Insidieusement, il savait tout de même rester sur du superficiel. Ses victimes devaient prendre peur, s’écarter lorsqu’elles croisaient son chemin, mais surtout se relever derrière, il ne voulait pas détruire les mauvaises personnes mais leur faire comprendre qu’il était dangereux et qu’une fois de leur côté, il serait plus dangereux que jamais.

    - Il est possible que tu en aies marre avant moi tu sais.
    - Tu remets déjà ma patience en doute ? Je suis bien plus patient qu’il n’y paraît.

Simples mots. Il ne parlait pas beaucoup, mais ça faisait partie de la combine. Dans ces cas-là, un silence, ce n’était pas juste quelques minutes voire quelques heures d’ennui, c’était la pression qui montait car derrière ses yeux qui la fixaient plus ou moins, rien ne transparaissait. Il faisait silence dans son regard et dans ses gestes aussi. Faire face à un mur, parler à un mur, tenter de briser un mur, c’est comme jouer à être une vague qui s’écrase sans cesse, mais une vague qui n’en a pas la résistance. Il sourit légèrement, un peu cynique. La baguette vibrait légèrement dans sa paume, excitée par l’appel sourd de la violence qu’il réprimait au fond de lui-même.

    - Alors ? Qu’est-ce que tu espérais faire de beau ?


Dernière édition par Jeroen van Saade le Mar 9 Juil 2013 - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Mer 26 Juin 2013 - 11:48

Entre le calme et la tempête. C’était exactement ainsi qu’Emily pensait pouvoir illustrer la situation, la confrontation entre elle et cet élève. Il avait l’air de maîtriser chacune de ses phrases, de chacun de ses gestes alors que la demoiselle cherchait à tout prix à le sortir de son territoire, à le provoquer, à le faire exploser. Elle sentait bien qu’il n’était pas du genre à éclater à la première remarque, à sortir de ses gonds dès que cela devenait difficile. D’autant que la demoiselle attaquait là où, en général, ça faisait plutôt mal. Il ne valait pas se leurrer, les hommes avaient souvent quelques petits difficultés avec leur virilité, c’était souvent un sujet qui pouvait les rendre totalement dingues. Si Ems avait d’abord cru que cela fonctionnait plutôt bien avec ce jeune inconnu, elle se rendait compte qu’au final, il avait plus de contrôle que ce qu’il y paraissait. Pour preuve, il n’avait pas encore utilisé un seul sort depuis le début de leur rencontre. C’était significatif. Les sorciers ici n’étaient pas du genre à s’embarrasser de ce genre de finesses. Quand un moldu se rebelle, ils sortent la baguette et attaquent avec violence, cela n’allait pas plus loin. Mais lui semblait ne pas avoir envie de ça. Il semblait avoir assez de maîtrise sur lui-même pour pouvoir chercher à atteindre un plaisir plus sophistiqué. Cela avait quelque chose d’un peu effrayant. Si l’écossaise était loin d’en être à trembler, si elle avait encore assez de retenue pour garder son calme et si, surtout, elle ne se sentait pas encore vraiment embourber dans un piège mortel, elle ne négligeait pas pour autant cet aspect. Ce type n’était pas de la même trempe que ceux qu’elle rencontrait d’habitude, que ceux qu’elle avait l’habitude de froisser avec seulement quelques mots. Elle allait être devoir plus inventive, plus maline que ça si elle voulait vraiment le déstabiliser, si elle voulait vraiment le moduler pour se tirer de cette situation. En effet, alors qu’elle avait attaqué sa masculinité une nouvelle fois, avec toujours ce petit ton moqueur, il était resté parfaitement calme. Il avait répondu tout en douceur comme s’il n’en avait rien à faire de ce qu’elle venait de dire. La jeune femme ne se démonta pas pour autant. Elle n’était pas vraiment du genre à abandonner à la première difficulté, bien au contraire. Avec son caractère bien trempé elle avait plutôt tendance à s’entêter, à s’acharner. Surtout que là, ce n’était pas seulement pour le plaisir qu’elle agissait ainsi. C’était aussi pour s’en sortir entière aussi bien mentalement que physiquement. Supplier serait un supplice pour elle. Alors elle devait gagner la bataille pour l’énerver, pour qu’il perde le contrôle et qu’elle puisse s’en aller, qu’elle puisse prendre l’ascendant sur lui. C’était un jeu dangereux mais Emily n’aimait pas faire dans la simplicité, n’aimait pas mettre son honneur de côté à chaque fois qu’elle se trouvait face à l’un d’entre eux. Mais là, ce type lui donnait vraiment du fil à retordre.

Emily avait une fois de plus joué sur la carte de l’habitude, qui en même temps, s’avérait être de plus en plus vrai. La torture était en quelque sorte devenue son quotidien et face à ça, suivant les jours, on réagit différemment. On peut totalement craquer sous la fatigue comme on peut être blasé et encaisser, si ce n’est sans douleur, avec plus ou moins de facilité. Seulement voilà, le petit sorcier ne semblait pas être du genre que l’on peut rouler aussi facilement, bien au contraire. Il semblait vouloir affirmer son savoir, faire comprendre à Ems qu’elle aurait beau déclarer bien des choses avec toute l’assurance du monde, il ne la croirait pas pour autant. Il affirma en effet que malgré tout ce qu’elle pouvait affirmer, elle ne pouvait pas s’en ficher à ce point. Cela avait forcément une importance pour elle et lui, interprétait cela de sa façon de réagir quand elle était proche d’une situation emmerdante. Cette idée fit sourire Ems. Si les circonstances n’avaient pour le coup vraiment rien d’amusantes, il fallait bien avouer que la réaction du jeune homme avait quelque chose de singulière. Il analysait tout avec un calme olympien et le pire dans tout ça, c’était qu’il n’était pas loin de la vérité, même si ça la rendait malade rien que d’avouer mentalement un truc pareil. Mais bref, toujours était-il que ce type voyait les choses trop clairement et qu’elle avait devoir être plus subtile que ça si elle voulait s’en tirer à sa manière. Le problème c’était que si Emily avait l’habitude de jouer sur les mots, la subtilité en elle-même n’était pas non plus sa plus grande qualité. Elle était plutôt du genre à foncer dans le tas, on la voyait venir avec ses gros sabots à des kilomètres à la ronde. Finesse, ce devait être maintenant son mot d’ordre. Mais avant cela, elle devait creuser, en tirer un peu plus de lui. Elle ne savait pas du tout comment lui faire perdre son calme, où attaquer, elle ne savait rien de lui et c’était bien ça le problème. Assise sur sa chaise elle espérait donc qu’il en ait marre avant elle, comme elle venait de lui faire comprendre. Seulement, encore une fois, il refusa de se démonter en affirmant avec tout le calme du monde qu’il était bien plus patient que ce qu’il n’y paraissait. La jeune cracmolle poussa alors un long soupir.

« Un sorcier sadique et patient, mais dites donc, j’ai tiré le gros lot moi ! »

Désinvolture, c’était décidément le mot d’ordre quand il s’agissait d’Emily. Aussi grave que pouvait être la situation, garder son sérieux semblait être au-dessus de ses forces. Et ce n’était certainement pas pour faire plaisir à ce type qu’elle allait arborer une mine sérieuse. Non, garder du recul par rapport à tout ça, être toujours dans l’humour c’était sa façon à elle de s’en sortir, de garder la tête haute et de ne pas avoir à chaque fois l’impression de dépérir. Cela reposait aussi sur le fait qu’en tant qu’habituée, elle était plutôt coutumière aux réactions des Supérieurs et de leurs petits toutous. Mais ce type semblait bien différent des autres puis qu’avec un étrange sourire il lui demanda ce qu’elle comptait faire de beau. Emily resta scotchée quelques instants avant d’éclater de rire. C’était un rire incontrôlé, incontrôlable, qui sortait un peu de nulle part. Sa réflexion était en même temps plutôt amusante, ce type était totalement barge, vraiment. Enfin, cela signifiait aussi qu’il était potentiellement plus dangereux que certains autres et que donc, elle ne pouvait pas non plus se permettre de ne pas être du tout sur ses gardes. Elle reprit alors plus ou moins son calme, regardant le jeune homme en face d’elle avec un certain sourire, elle n’allait pas se démonter si facilement.

« J’envisageais de me tourner les pouces jusqu’à ce que tu te lasses de moi mais c’est un peu ennuyant comme programme il faut bien l’avouer… »

Joignant alors le geste à la parole, Emily se mit à se tourner les pouces dans le sens littéral du terme. Oui, elle n’était pas du genre à se contenter des effets d’annonce, quand elle disait qu’elle allait faire quelque chose, en général elle l’appliquait dans les secondes qui suivaient. Ems n’arrivait pas encore à avoir peur pourtant, elle le sentait, ce type était capable de tout, elle devait essayer d’avoir un maximum de maîtrise sur la situation…
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Mar 9 Juil 2013 - 23:05

L’habitude. Elle pouvait bien jouer dessus, il n’avait pas peur des terrains inconnus, d’autant qu’il l’attaquait avec sa technique de cœur. La manipulation, s’il n’en usait pas tous les jours et qu’il tâchait de ne pas baser toutes ses relations sur des techniques si fourbes, était un exercice dans lequel il était bon, très bon. Il l’utilisait rarement pour nuire aux gens mais aujourd’hui... La mauvaise humeur et ce que ça peut engendrer, hein. Il se lâchait et risquait d’oublier un peu les limites de l’esprit d’une petite rebelle moldue dans le genre d’Emily. En même temps, elle l’avait cherché au lieu de s'aplatir comme toute personne dotée de bon sens l'aurait fait. Combiné au mauvais endroit, au mauvais moment, surtout au mauvais moment en fait... dans un contexte où il devait toujours rester dans le chemin que les Supérieurs traçaient... Il fallait bien avoir l’air un peu méchant. Ce n’est pas comme si un tel état de siège pouvait s’effondrer dans le mois après tout, donc il fallait maintenir son statut, continuer d’avoir l’air tant que rien ne semblait vouloir s’améliorer. Évidemment, le concert d’il y a deux jours pouvait laisser présager une modification profonde de la vie du château, mais pour lui, ce n’était pas aussi simple. Peut-être parce qu’il se compliquait tout le temps la vie. Bonne blague hein... Rolling Eyes N’empêche.

Il lui faisait face sans broncher, sans démontrer la moindre marque d'impatience ou d'énervement. Oh, par contre, intérieurement, ça bouillait comme une bouilloire sous pression, mais ça explosait d'une manière étrange et toujours sans que personne ne sache ce qui pouvait se passer dans sa boite crânienne. A force de prendre sur soi, il finissait par intérioriser tout ce qui risquait de lui porter atteinte de quelque manière que ce soit. Il avait pris le pas sur la boule de nerfs dont il avait hérité de sa mère. Le contact constant avec la violence devait aussi l'aider à faire face à toutes les situations pour limiter la casse, ça avait au moins ça de bon... Si elle s'énervait ou montrait le moindre signe de faiblesse ou d'animosité - sans compter son apparent besoin compulsif de s’attirer des ennuis, bien sûr -, il estimerait certainement avoir gagné et la laisserait tranquille. Il avait juste besoin de dominer, de ne plus être le toutou faible dont on use comme d'un besogneur. De reposer un peu sa virilité en petits morceaux en prenant position vis-à-vis de quelqu’un de plus faible.

    - Un sorcier sadique et patient, mais dites donc, j’ai tiré le gros lot moi !

Il sourit, presque flatté d'un tel titre quoiqu’il sache que ce n’était qu’une façade. Ce genre de remarques lui manquait. Il n'estimait pas être sadique, mais cette image - que tout le monde ne prenait pas au sérieux, évidemment - le protégeait de ceux qui écoutaient trop les bruits de couloirs. Même avant, l'image du serpentard fier et presque intouchable lui évitait le contact avec les élèves plus stupides de l’école. Ça ne marchait pas toujours, mais il y avait tellement d'imbéciles sur Terre que ça en touchait toujours au moins quelques-uns…

    - Et moi donc. Une drôle de fouille-merde, un peu hystérique sur les bords… J’aime bien faire la conversation aux fouilles-merde. C’est amusant.

Ça se sentait que ça ne l’amusait pas dans le sens où il rigolait de tout ce qu’elle disait. Non, il se moquait plutôt gentiment de cette ardeur à s’autodétruire par l’intermédiaire de gens encore plus cons qu’elle. Pour quelqu’un qui risquait de se faire tuer par les deux camps lorsque le château se soulèverait, c’était un peu étrange, mais il ne voyait pas le problème vu que pour sa part, il avait réussi à se sauver la peau pendant plus de deux ans déjà. Comparé à la petite résistance formée parmi les élèves, il sera en meilleur état physique et psychique lorsque ça lui retombera dessus. En parlant de résistance… ça ne l’étonnerait même pas que la Killian soit amie avec Emily, vu qu’elles fonçaient toutes les deux dans le tas avec une fougue qui semblait ne jamais vouloir s’éteindre… une fougue sur laquelle il ne crachait pas vu qu’il appréciait voir que d’autres se battaient pour leurs idéaux sans ressentir le besoin de mentir ou de se cacher… Mais fallait arrêter de vouloir s’autodétruire à la fin. Prendre soin de soi et de ses amis, ça comptait aussi.

Lorsqu’il lui demanda naturellement ce qu’elle comptait faire, il la vit un instant interloquée puis elle éclaté de rire. Véritable amusement, ironie, nervosité… non, elle semblait simplement trouver cette remarque très drôle, certainement très décalée par rapport à la situation. Qui a déjà vu un tortionnaire s’enquérir des occupations certainement passionnantes de ses victimes ? Enfin, victime, la pression psychologique partait mal s’il commençait à lui faire la discussion comme ça, mais on passera là-dessus. Dans le couloir, des bruits de pas se firent entendre l’espace d’un instant. Jeroen se tendit imperceptiblement jusqu’à ce que les pas se soient éloignés. Ils n’avaient rien à faire ici, et se faire renvoyer à son dortoir en sachant que ces imbéciles allaient s’amuser avec Emily, bof, ça risquait de ne pas arranger son état d’énervement.

    - J’envisageais de me tourner les pouces jusqu’à ce que tu te lasses de moi mais c’est un peu ennuyant comme programme il faut bien l’avouer…

Et elle se mit à tourner ses pouces, au sens littéral du terme. Il eut un léger sourire en coin. Elle semblait s’amuser, au fond, même si elle devait rester sur ses gardes avec un homme comme lui. S’ils s’amusaient tous les deux, qu’est-ce que ça pouvait bien changer au final…

    - Tu t’amuses, dis-moi. Mais je parlais d’avant qu’on se croise. Il faut une bonne raison pour oser sortir vadrouiller en pleine nuit. Je ne parle pas d’une excuse, les profs qui vadrouillent n’écoutent jamais les excuses, mais je croise rarement des gens qui sortent juste pour se faire attraper en dehors du couvre-feu.

Ah, il avait une excuse, lui, il s’était fait éjecter du dortoir, et il savait que s’il était resté à tourner en rond dans la salle commune, il aurait juste grogné sur le moindre élève descendu pour aller pisser, comme un loup à l’approche de la pleine lune. Il grognait bien sur la demoiselle, d’un certain point de vue, mais elle avait du répondant, alors qu’un serpentard mal réveillé, ça répondait juste par d’autres grognements absents et désagréables… Il préférait un peu de répondant. Ça lui rappelait Julian. Julian et sa manie de vouloir toujours avoir raison, ses manières de sale gamine, même si elle n’était pas vraiment le genre révolutionnaire. Il posa sa baguette à côté de lui et se frotta légèrement les yeux. Ça picotait quand même un peu. Maintenant qu’il avait trouvé quelque chose à faire et une personne avec qui s’amuser, qu’il avait une solution d’apaisement de la tension qui l’avait tenu éveillé jusque là, il sentait que la fatigue s’apprêtait à revenir faire un tour en force, simplement pour l’emmerder.

    - C’est à croire que plus personne n’arrive à dormir…

Il montrait un petit signe de faiblesse là, ça n’allait pas… mais il ne fit pas mine de vouloir bouger. Il avait de la résistance. Un peu comme elle.
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Lun 2 Sep 2013 - 15:54

Fouille-merde… Ce n’était pas très sympathique comme surnom même si Emily devait bien avouer que parfois elle le méritait. Oui elle avait tendance à mettre son nez un peu partout mais pas seulement par pure curiosité. Avec le contexte actuel elle avait besoin d’être au courant de beaucoup de choses, de savoir qui était dans quel camp et par conséquent, de se renseigner sur le plus de monde possible. Alors bien sûr, cela s’avérait être une mission risquée puisqu’elle s’exposait aux foudres de ceux qui n’appréciaient pas vraiment qu’on se mêle de leurs affaires, comme ce jeune homme en face d’elle. Il était de l’autre côté apparemment et n’avait pas très envie d’être dérangée par une jeune femme légèrement hystérique sur les bords comme il le disait sur bien. Cette description amusait définitivement beaucoup Ems. Pour l’hystérie ça, elle en avait pleinement conscience puisque même certains de ses amis lui faisait parfois remarquer qu’elle avait tendance à péter les plombs. Mais de la part de ce type, c’était plus drôle. Il cherchait peut être à l’énerver en lui attribuant des qualificatifs pas forcément flatteurs ? Dans ce cas là, il se foutait les doigts dans l’œil. Il n’arriverait pas à la faire sortir de ses gonds de cette façon. Si la cracmole était clairement du genre impulsif, prête à partir au quart de tour vraiment facilement, elle ne se braquait pas quand on parlait d’elle, quand on cherchait à la rabaisser. C’était trop facile, trop commun. Il n’était pas le premier et ne serait sans doute pas le dernier à vouloir la mettre plus bas que terre alors bon… Aussi, la demoiselle se contenta de laisser échapper un rire narquois tout en restant sagement sur sa chaise. A ce rythme là, la nuit risquait vraiment d’être longue. Les deux semblaient être aussi têtus l’un que l’autre et prêt à faire chier l’autre pendant des heures. Ce serait au premier qui allait craquer ? Ou plutôt au premier qui saurait appuyer là où ça fait mal ? La jeune femme n’en savait trop rien mais pour le moment elle ne s’en inquiétait pas trop. La situation était encore plus ou moins entre ses mains. Elle n’avait pas encore peur de ce que les minutes suivantes pourraient lui réserver. Ce fut sans doute pour cela qu’elle se permit une petite provocation. Lorsqu’elle se mit à se tourner les pouces, elle savait très bien que cela pouvait ne pas passer. Beaucoup de Supérieurs et de leurs toutous avaient un orgueil démesuré et de fait, ils ne supportaient pas le moindre touche d’humour. Et en même temps, ce type semblait un peu différent des autres. Et elle était clairement dans une période d’euphorie qui la poussait à agir bien trop souvent de manière inconsidéré. Alors elle avait choisi de le provoquer sans prendre en compte les possibles conséquences, foncer tête baissée comme elle en avait tant l’habitude. La réaction du jeune homme ne se fit pas attendre. Il semblait en réalité plutôt amusé par toute la mascarade de la demoiselle, ayant apparemment compris qu’elle n’était pas du genre à se mettre à trembler et à se plier aux quatre volontés des types qui se prétendaient être au-dessus d’elle. Cela promettait d’être amusant…

Le sorcier tenta cependant de garder le dessus et de revenir sur le sujet initial de leur conversation. S’il ne s’outrait pas vraiment de son foutage de gueule évident, il n’en oubliait pas moins sa question et la reposa attendant apparemment une réponse franche d’Emily. Cette dernière était en pleine hésitation. Elle s’amusait bien et n’avait pas envie d’arrêter de se payer sa tête et en même temps, elle devait être maline et savoir alterner entre provocation et prudence. Cruel dilemme. L’euphorie était en train de prendre le dessus mais cela pouvait réellement s’avérer dangereux. Ems leva alors le regard vers le jeune homme, le fixant. Elle cherchait à le sonder, à comprendre quelles pouvaient bien être ses intentions…

« Il ne s’agit pas d’oser, il s’agit de vivre. Je suis sortie parce que j’en avais envie et qu’importe ce qu’en pensent les Supérieurs. Je suis un être humain, je suis libre même si vous voulez nous faire croire le contraire. J’ai envie de me promener la nuit alors je le fais, c’est aussi simple que ça. »

Emily avait repris son sérieux l’espace de quelques instants. Si elle était toujours dans la provocation par le fond de ses propos, il n’ne restait pas moins que la forme exprimait tout le sérieux avec lequel elle considérait ses propres propos. Elle ne blaguait pas. Elle avait eut envie d’errer en pleine nuit et avait décidé de le faire. Alors oui cela pouvait lui attirer des ennuis, oui cela n’était pas une excuse satisfaisante pour ceux qui régnaient ici, mais cela n’avait aucune importance. Peut être que le sorcier trouverait sa réponse amusante. Mais elle la pensait du fin fond de son âme. Elle était un être libre et en avait assez qu’on cherche à lui prouver le contraire. La petite tigresse commençait à sortir les griffes…

Finalement, ce n’était peut être pas le mauvais moment pour se montrer un peu plus incisive. En Effet, son camarade semblait moins virulent. Lorsqu’il reprit la parole ce fut pour souligner le nombre d’insomniaques que l’on croisait dans les couloirs. Cette réflexion amusa beaucoup Ems. Pour la première fois depuis qu’elle avait été éjectée sur la chaise par le jeune homme, elle décida de se lever. La demoiselle avança ensuite d’un pas lent vers son vis-à-vis. Un léger sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle était calme, parfaitement calme. Elle se planta ensuite devant le sorcier et le regarda dans le blanc des yeux.

« Ce n’est pas faux… Entre ceux qui sont dévorés par la peur, ceux qui envahis par l’excitation de botter le cul aux gens comme toi qui au final, sont parfois rongés par les remords lorsqu’il se retrouve face à l’horreur de ce qu’ils font… »

Emily avait beau haïr tous les Supérieurs il lui arrivait parfois d’imaginer que certains d’entre eux étaient encore un minimum humains. Que certains pouvaient voir leurs victimes revenir les hanter. Elle ne connaissait pas le jeune homme, n’avait aucune idée de la catégorie dans laquelle il pouvait se ranger mais cela valait le coup d’essayer, de le déstabiliser un peu. Impulsive, hystérique mais pas totalement idiote. La jeune femme retourna ensuite de son plein gré s’asseoir sur la chaise, encore une provocation mais plus discrète cette fois. Puis, sans préavis…

« Bon maintenant qu’on a bien discuté, tu me laisses retourner à mes occupations ou ta frustration est encore trop forte ? »

A quoi bon vivre si on n’affronte jamais le danger ? Si on ne pimente jamais son existence ? Prendre des risques pour mieux profiter du calme par la suite…
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Lun 9 Sep 2013 - 12:59

Il n’avait rien contre elle. Il la traitait certes avec un mépris feint, mais intérieurement, ce qu’il disait avait plutôt un but ludique. Qu’elle apprenne à se méfier, car dans ce monde, beaucoup de situations pouvaient sortir de l’ordinaire auquel on est habitué. Elle cherchait beaucoup trop les emmerdes, elle risquait gros. Certes, tout le monde courait après les emmerdes comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, mais il fallait le faire avec style, élégance, réflexion. C’était plus sûr, et rien de mieux qu’un risque minimisé autant que possible. Oh, bien sûr, c’était tout de suite moins drôle, moins excitant. Être sûr de soi en permanence, peser le pour et le contre comme on choisit des fruits au supermarché, ça manque d’originalité, mais chacun son choix de vie. Jeroen aimait contrôler, Emily aimait certainement foncer sans réfléchir. Si ça l’amusait, si elle acceptait que cela puisse se retourner contre elle, le vert était content pour elle, d’autant qu’à fouiller la merde des autres, on pouvait sortir beaucoup de choses intéressantes. Il faisait pareil, plus discrètement. Il cherchait à emmagasiner tout ce qu’il pouvait savoir sur les gens, mais sa technique avait l’avantage de ne pas trop se faire remarquer. Oui, c’était une boutade, une remarque pas méchante, et elle le prenait plutôt bien. C’était amusant, pas désagréable. Son petit rire narquois faillit même lui tirer un sourire. Oh que oui, faire la conversation aux fouilles-merde l’amusait réellement, surtout quand il devenait une sorte de cible plus ou moins sérieuse. Il retrouvait le jeu avec Julian, le jeu de pouvoir, d’ascendance. Même s’il partait dans une autre optique plus subversive, retrouver ce petit côté ludique ne le laissait pas indifférent.

Elle le cherchait, mais ce n’était pas mesquin non plus. Elle faisait montre de désinvolture, donnait son point de vue sur la situation mais elle ne le traitait pas de salaud, de chien, plein de choses qui ressortaient souvent des « discussions » qu’il avait avec les résistants et autres moldus. Elle le traitait comme un pro-Supérieurs un peu plus intelligent que les autres. Ça lui plaisait. C’était vrai, niveau pertinence et raison, il dépassait la plupart des crétins qui lui servaient de camarades, Supérieurs et administration actuelle de Poudlard compris. La seule différence était qu’il était encore jeune, inexpérimenté et pas assez timbré pour aller trop loin et user de ses capacités à mauvais escient. Il ferait un bon génie du mal finalement… Bon, il fallait déjà tenir tête à sa copine fouille-merde, qui le regardait en cherchant à savoir ce qu’il voulait, et jusqu’où elle pouvait pousser le bouchon avant de prendre des risques réels…

- Il ne s’agit pas d’oser, il s’agit de vivre. Je suis sortie parce que j’en avais envie et qu’importe ce qu’en pensent les Supérieurs. Je suis un être humain, je suis libre même si vous voulez nous faire croire le contraire. J’ai envie de me promener la nuit alors je le fais, c’est aussi simple que ça.
Il sourit. Irrésistiblement, il trouvait cette réponse bonne, même si ce n’était pas ce qu’il attendait.

- Certes. Pas bien malin dans la pratique vu les risques dus à ton sang et le fait que c’est une règle qui concerne tout le monde… mais certes.
Bah quoi, il n’allait pas non plus lui dire l’inverse de ce qu’il pensait quand même ? Il trouvait cette réponse bien et il ne s’en cachait pas, même si au fond ça ne changeait absolument rien aux problèmes de la demoiselle. Il était censé représenter le problème, mais quelque part lui non plus n’avait pas la totale liberté d’errer dans les couloirs quand il en avait envie. Il n’avait rien à foutre là non plus. De plus, à réponse sérieuse, comportement sérieux. Elle s’impliquait dans sa réponse, et Jeroen n’avait pas envie de détruire cette implication, surtout maintenant qu’elle commençait à peine à lui parler un peu sérieusement… Il pouvait en apprendre plus, s’amuser encore un peu, ce n’était pas négligeable. Contre toute attente, Emily se leva de sa chaise sans permission et s’avança lentement vers lui. Il ne se crispa pas, ne laissa transparaitre aucun signe de nervosité. Si elle esquissait le moindre geste en direction de la porte ou agressif à son égard, il la remettrait à sa place, mais montrer que rien qu’un mouvement le mettait sur les nerfs risquait de lui desservir plus qu’autre chose…

- Ce n’est pas faux… Entre ceux qui sont dévorés par la peur, ceux qui envahis par l’excitation de botter le cul aux gens comme toi qui au final, sont parfois rongés par les remords lorsqu’ils se retrouvent face à l’horreur de ce qu’ils font…
L’horreur de ce qu’ils font ? Elle employait les grands mots pour le viser et lui soutirer un peu de compassion. Cela faisait deux ans qu’il regardait les gens souffrir et décrépir, et pourtant il n’arrivait pas à ressentir d’horreur. Ce n’était pas ça. Il ressentait du dégoût pour les gens qui perpétraient de telles atrocités, mais il les suivait. Il avait pitié des gens à qui il faisait du mal mais ne les aidait pas autant qu’il l’aurait voulu. Peu de monde étaient capable de comprendre qu’au fond, il était immunisé à un degré un peu effrayant contre toute cette violence et cette aura de mort qui planait. Au moins, sa raison le gardait sur le droit chemin, et il faisait ce qu’il pouvait pour suivre ses propres règles à la lettre. Ne jamais prendre de plaisir à faire du mal à quelqu’un, déjà… à ce niveau-là il était fort pour simuler… Mais ça, elle n’avait pas à le savoir. Il devait garder son image de connard incapable de sentiments, ça le protégeait de ses propres « alliés » lorsque ceux-ci cherchaient à le tester. De plus, elle n’était pas totalement idiote… il devait faire attention.

- Ah non. Je ne me sens pas visé, si c’est ça que tu cherches. Les exams me mettent sur les nerfs, les gens me mettent sur les nerfs. Ce n’est pas une question de remords !
Quelque part, il ne répondait pas vraiment. D’autres choses pouvaient le tenir éveillé, mais libre à elle de l’imaginer avoir des remords le reste du temps, de toute façon, il suffisait qu'elle veuille y croire pour que la réalité ne l'atteigne plus... Il savait lui-même que la plupart des élèves, qui commettaient en général moins de forfaits que lui, avaient des remords et des gros problèmes de conscience à chaque fois. Quand il captait quelqu’un dans cette situation de détresse, il essayait parfois de limiter la casse morale et de les pousser gentiment à continuer, pour qu’ils n’aient pas plus d’ennuis. Au fond, il pouvait leur dire que faire du mal était bien sans retombées ; ils n’écoutaient pas vraiment puisqu’au fond ils n’étaient pas sadiques, ces pauvres gosses. Juste pris dans une machine infernale qui ne les recracherait que quand elle tomberait elle-même en morceaux. Ça allait venir, il fallait être patient… Il regarda la demoiselle retourner s’assoir sagement, sentant la fatigue monter petit à petit.

- Bon maintenant qu’on a bien discuté, tu me laisses retourner à mes occupations ou ta frustration est encore trop forte ?
- Quelles occupations ? Je croyais qu’il s’agissait de vivre. Si je t’emmerde en te gardant ici, ça ne t’empêche pas de vivre, et puis plus tu me le demanderas, moins j’aurai envie. C’est un mécanisme de base pourtant. Demander quelque chose de gentil à quelqu’un de méchant amènera toujours l’effet inverse.
Oui, bon. Il finirait bien par la lâcher mais pour l’instant, il n’avait pas envie de faire comme elle le désirait, ça gâchait tout l’aspect drôle du truc. Il sourit.

- Mais bon, si tu veux absolument rentrer… Je peux te ramener à ton dortoir. Ou en bas… ça règlerait tout, ton problème avec moi et ma frustration, tu ne penses pas ? Je pourrai aller me coucher en te laissant à quelques potes. Je ne suis pas le seul à n’avoir que ça à faire de ma vie...
Il la testait. Est-ce qu’elle avait toujours envie de sortir, s’il la menaçait de la mettre dans une posture encore pire, ou allait-elle se ranger sagement et arrêter de chercher le gars gentil et compatissant en lui ? Il n’avait pas prévu d’aller jusqu’au bout de sa menace, mais elle ne pouvait pas le savoir car il avait l’air très sérieux, avec une pointe de cynisme. C’était courant de laisser le boulot à d’autres quand on n’avait pas envie ou pas le temps de s’en occuper. Certes, Jeroen lui-même pouvait difficilement déléguer vu qu’il n’était qu’un sang-mêlé, mais ça non plus elle ne le savait pas…
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Jeu 19 Sep 2013 - 12:09

Ce type était vraiment étrange. Emily avait bien du mal à croire qu’elle avait pu rencontrer un lèche-bottes des Supérieurs aussi bizarre. Il ne fonctionnait comme aucun des autres. A vrai dire, à force de vivre dans le Château elle était persuadée d’avoir rencontré tous les phénomènes, d’avoir été en face de tous les types de gros vilains possible. C’était un peu de la catégorisation facile mais, en réalité, Emily avait même fini par faire des cases plus ou moins définies. Oui, c’était le seul domaine pour lequel Ems mettait de côté son ouverture d’esprit, pour lequel elle avait du mal à voir chaque personne comme un être à part entière. Mais lui… Il la forçait à revoir son jugement. Voilà qu’il acceptait même son argument quant au fait de vivre tout simplement, même s’il se permettait d’émettre quelques révisions. Comment un type comme lui pouvait comprendre ne serait-ce qu’un minimum le point de vue d’une fille comme elle ? Ils vivaient dans des mondes trop différents pour se comprendre, pour voir distinctement le fonctionnement de chacun. La cracmole était vraiment perplexe face à tout ça, et c’était sans doute pour cela que, malgré son envie de partir au plus vite, une petite voix en elle faisait comprendre qu’elle serait ravie de rester un peu pour en découvrir plus sur ce phénomène… D’ailleurs, Emily eut un peu de mal à le croire lorsqu’il fit mine que la notion de remords ne l’atteignait pas. Seulement le stress des examens ? Mouais. Là pour le coup, elle n’était vraiment pas convaincue par ses propos alors qu’il était plutôt bon dans l’art de la conviction. Il lui manquait nécessairement un élément dans ce cas là, quelque chose dans son mécanisme interne qu’elle ne connaissait pas et qui pouvait expliquer son air si détaché. Soit il était réellement convaincue par la thèse des Supérieurs soit il avait des intérêts à servir ce qui le poussait à ne pas réfléchir sur l’étendue de ses actes… Que ce soit l’un ou l’autre ça ne changeait rien pour la jeune femme et elle avait beau être curieuse, elle n’allait pas le questionner là-dessus. Pas pour le moment en tout cas… Oui, pour l’instant elle envisageait quand même de retourner tranquillement dans son dortoir (ou vagabonder dans les couloirs mais ça elle n’était pas obligée de le dire). Bien que ce spécimen soit clairement intéressant, elle ne donnait pas encore dans l’analyse comportementale et préférait rester un peu centrée sur son nombril. Mais voilà, le jeune homme ne semblait pas être vraiment du même avis. Bien au contraire, lorsqu’elle évoqua le fait qu’il pouvait désormais la laisser partir, il réfuta en jouant clairement sur les mots. Ems ne pu s’empêcher d’arquer un sourcil en l’écoutant. Il était vraiment drôle quand il s’y mettait quand même.

« Arrête de jouer les gros durs. Crois moi, j’en ai côtoyé des méchants ici, et tu as beau dire ce que tu veux, si on faisait un concours de vilénie, tu ne leurs arriverais même pas à la cheville…

Pour le coup, Emily était on ne peut plus sincère. Quand on est enfermé dans un lieu où l’on est la victime idéale, on s’habitue ou plutôt, il devient facile de comparer les différents types de sadisme et de méchanceté. Et oui, elle était persuadée que le jeune homme en face d’elle n’était pas le gros méchant qu’il prétendait être. S’il pouvait aimer jouer avec ses proies, il n’empêchait que certaines de ses réflexions poussaient à croire qu’il n’y avait pas que cela. D’ailleurs, il lui apporta une sorte de confirmation lorsqu’il évoqua la possibilité d’amener Ems à certains de ses camarades pour qu’ils s’occupent d’elle. Cette fois, la demoiselle laissa échapper un léger rire. Ce n’était pas la première fois qu’elle entendait ce genre de menaces. Oui, le champion dans le genre c’était son frère aîné. Stefen avait tellement peu de courage quand il s’agissait d’affronter sa sœur, qu’il avait la fâcheuse tendance de déléguer, de demander à ses copains de faire le sale boulot à sa place. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il se dégonflait souvent quand il s’agissait de demander. La cracmole ne pouvait compter le nombre de fois où son frère avait évoqué l’idée d’aller demander à ses camarades de régler leurs différents avant d’abandonner cette idée, n’osant pas regarder sa petite sœur se faire martyriser. Il était assez difficile à comprendre sur ce sujet. A force, Ems avait fini par avoir du mal à le croire lorsqu’il proférait ce genre de menaces. Du coup, comment croire ce type alors qu’il utilisait le même mécanisme que son poltron de frère ?

« Peu convaincant. Soit tu aimes jouer avec tes proies, comme tu sembles le montrer depuis le début, dans ce cas, tu n’aimeras pas que les autres jouent à ta place… Soit… Soit tu n’es qu’un trouillard et tu te caches derrière tes camarades dès qu’il s’agit de faire le sale boulot et tu te sers de ma requête comme d’une excuse. Dans tous les cas, désolée mais j’suis pas convaincue ! »

Emily avait ponctué sa phrase avec un grand sourire narquois. Oui cela l’amusait quelque part. Elle oubliait le danger, elle oubliait le fait que si cela continuait, elle pourrait se retrouver avec de gros ennuis. Alors certes au moment où le jeune homme craquerait et déciderait de la torturer physiquement, elle se rappellerait durement de la réalité. Mais pour l’instant, elle oubliait tout cela et se contentait de profiter d’un type un peu plus intéressant que la moyenne des pions qu’elle avait coutume de croiser. En général, ils craquaient tous assez rapidement, ne supportant pas de se voir incapables de lui répondre et jetaient donc des sorts à tord et à travers. Lui restait encore assez calme parce qu’il avait de la répartie… Alors qu’elle réfléchissait, une idée lumineuse lui traversa l’esprit. C’était peut être le meilleur moyen pour se protéger… Sans plus réfléchir, la jeune femme décida de foncer.

« Et puis, ce serait une défaite pour toi d’en recourir à la violence physique. Cela voudrait dire que tu ne parviens pas à avoir l’ascendant sur moi seulement avec les mots et pour un cas comme toi… »

Emily savait bien qu’elle n’était pas imbattable à ce jeu là. Elle avait du mordant et savait répondre du tac au tac mais pouvait aussi vite se faire débordée quand elle tombait face à quelqu’un qui avait hissé le domaine de la répartie au rang d’art. Elle se rendait bien compte que c’était peut être le cas du type en face d’elle et qu’elle prenait un risque en l’emmenant sur ce terrain mais elle n’avait qu’un seul et unique but, éviter la torture physique. Si elle pouvait éviter la douleur, cela serait quand même vraiment pas mal. Ems jouait sur l’audace, c’était quitte ou double. Il pouvait très bien avoir juste envie de la contredire mais si elle ne tentait rien, elle ne le saurait jamais… Toujours provocante au possible, Emily se mit à bailler de manière outrageante tout en s’étirant. P

« En tout cas, c’est pas que je m’ennuie mais si tu pouvais te décider vite ce serait quand même plutôt cool. »

Un nouveau sourire provoquant. Elle n’avait plus rien à perdre et puis, maintenant qu’elle s’était lancée dans une voie, autant continuer jusqu’au bout…

HRP:
 
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Sam 28 Sep 2013 - 18:09

Bizarre… Hé, il ne fallait pas le dénigrer non plus ! Il était cent fois plus intelligent et réfléchis que les autres, c’est ça qui donnait l’impression qu’il ne leur arrivait pas à la cheville en matière de méchanceté, qu’il n’entrait pas dans la norme. Avec Emily, il se lâchait, mais dans la vie courante, il se faisait passer pour plus con qu’il ne l’était. Il suivait à l’aveuglette, ne posait pas de questions, parce qu’un sang-mêlé trop intelligent était un danger potentiel, un risque important de trahison. S’il devait être vraiment méchant, il ne fonctionnerait pas de la même manière. Pour obtenir ce qu’il voulait, il était insidieux tout en restant correct, logique et impossible à contrer. C’était ça sa force. Être une grosse brute sans cervelle, ça n’apporte rien de plus qu’une satisfaction superficielle, car au fond, faire du mal aux autres était une pure preuve de faiblesse… alors que lui ne rabaissait pas physiquement, quand il avait le choix. Il contrait, laissait les autres plonger tous seuls. Tiens, d’ailleurs. Il ne l’avait pas attachée ni ne lui avait fait de mal, même s’il l’avait tirée ici un peu contre sa volonté. Il n’était pas une menace évidente, ce qui faisait qu’il était difficile à cerner et donc à atteindre… Implacable, disions-nous.

Il imaginait que ça pouvait aider les autres à comprendre que le mal ne vient pas toujours de ce qui est le plus évident. Si Emily croyait tout savoir, il lui offrait un moyen de revoir son jugement, d’aller au-delà de ses croyances pour mieux comprendre ce qui se passait tout autour d’elle. Il la forçait ainsi à voir au-delà des apparences. En partie parce que plus tard, il en aurait besoin. Il avait besoin de mettre un doute sur ce qu’il faisait et ce qu’il était, afin qu’elle soit capable de comprendre par la suite. Pour l’instant, elle était juste perplexe, son plan marchait. Elle remettait en doute une logique qu’il défonçait à coups de pied. L’idée de la laisser partir comme ça, aussi ; elle croyait vraiment que c’était aussi simple ou est-ce qu’elle continuait de se foutre de sa gueule ?

- Arrête de jouer les gros durs. Crois-moi, j’en ai côtoyé des méchants ici, et tu as beau dire ce que tu veux, si on faisait un concours de vilénie, tu ne leurs arriverais même pas à la cheville…
- Ah ouais, mais ça… Tu sais, je n’ai pas le sang assez pur pour avoir le droit de gagner le concours de vilénie.
Il eut un petit sourire. Ça ne prêtait pas à rire mais qu’importe. Il n’était pas assez sorcier pour valoir quelque chose dans leurs rangs, c’était un fait avéré et tout le monde était au courant dans leurs rangs. Il n’était qu’un toutou. Il devait rester à sa place, et trop ressortir du lot par des capacités exceptionnelles à faire le mal risquait juste de lui attirer la jalousie des plus débiles… Bon, il ne fallait pas qu’Emily interprète ça autrement. Si les Supérieurs avaient vent du fait qu’il ait sous-entendu à une cracmole qu’il ne supportait pas qu’on le traite comme un moins que rien, il était foutu-foutu. Certes, il se serait bien plaint… mais pas à elle… Pas alors qu’elle se moquait de lui parce qu’il lui proposait de la laisser à des copains. Ben quoi, quand on est « amis », faut bien partager nan ? Rolling Eyes

- Peu convaincant. Soit tu aimes jouer avec tes proies, comme tu sembles le montrer depuis le début, dans ce cas, tu n’aimeras pas que les autres jouent à ta place… Soit… soit tu n’es qu’un trouillard et tu te caches derrière tes camarades dès qu’il s’agit de faire le sale boulot et tu te sers de ma requête comme d’une excuse. Dans tous les cas, désolée mais j’suis pas convaincue !
- Eh merde, comment as-tu donc deviné ? Je ne suis pas partageur. Sauf que ce n’est pas du sale boulot. Titiller une fouille-merde quand on s’ennuie, c’est vraiment divertissant, en fait. Mais tu comprends, j’ai besoin de te déstabiliser pour arriver à quelque chose… prendre l’ascendant, tout ça… cette fois-ci ça n’a pas marché, mais depuis tout à l’heure, tu as déjà montré bien plus de choses que ce que tu ne l’aurais voulu, j’en suis certain.
Fouille-merde, là encore, c’était gentil et sincère. Il s’amusait bien, intellectuellement, à chercher à comprendre le mécanisme de défense de la jeune femme pour le désamorcer et la faire réagir. Il faisait des tests. Là, il avouait carrément sa technique pour ne pas avoir à donner de réponse. Si elle n’était pas stupide, elle se serait déjà rendu compte de ce qu’il essayait de faire, mais qu’il le dise n’était pas forcément attendu. Surprise ! Il n’avait pas peur d’être découvert. Son but n’était pas de la blesser de toute façon. Il passait le temps en gardant une couverture, c’était tout ce qui motivait cette conversation franchement étrange. Il répondit à son sourire narquois. Si elle s’amusait aussi, tant mieux.

- Et puis, ce serait une défaite pour toi d’en recourir à la violence physique. Cela voudrait dire que tu ne parviens pas à avoir l’ascendant sur moi seulement avec les mots et pour un cas comme toi…
Elle lui ouvrait une porte. Elle cherchait à le convaincre que la violence physique n’était pas dans son intérêt, ce qui pouvait témoigner qu’elle souhaitait l’éviter. Oh, ça pouvait signifier d’autres choses bien entendu, mais le fait qu’elle ressorte ça alors qu’ils étaient passés à un autre sujet, lui en l’occurrence… Elle prenait un risque. Il aurait pu continuer de rester sur la défensive et répondre à chaque remarque qu’elle aurait lancée sur lui, il aurait pu oublier qu’en bon pro-Supérieur, elle s’attendait à ce qu’il lui fasse du mal…

- En tout cas, c’est pas que je m’ennuie mais si tu pouvais te décider vite ce serait quand même plutôt cool.
Se décider, se décider… à faire quelque chose, il fallait bien. Ça tombait bien, il avait besoin de se dégourdir les jambes. Il se leva, s’avança avec une démarche nonchalante jusqu’à elle et posa sa main sur le dossier de la chaise en se penchant vers elle.

- Est-ce que ce serait considéré comme une défaite si ça suffisait à te faire peur ?
La douleur physique… quand on n’a pas l’habitude ou qu’on ne sait gérer la douleur, ou même qu’elle nous surprend ou qu’elle touche quelqu’un d’autre… ça pouvait foutre des cauchemars pendant longtemps. Il ne savait pas encore à quel point il avait raison. Un doloris, ça foutrait des angoisses à n’importe qui, lui compris :roll:Si elle avait peur qu’il cède à la violence, même un peu, elle réagirait. Positivement ou négativement ; peur ou détachement feint ; à voir.

- Et puis… j’ai l’impression, vu ton empressement, que c’est céder en accélérant les choses qui te ferait le plus plaisir. Je sais que j’ai raison, n’essaie même pas de nier. Tu sais, je peux aller au-delà de ma frustration s’il n’y a que ça qui marche pour t’emmerder…
Même s’il commençait à se laisser gagner par la fatigue. Ça l’arrangerait qu’elle arrête de lui offrir des occasions de la garder ici sur un plateau en argent.[/color]
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Sam 12 Oct 2013 - 11:50

Cette soirée semblait décidément placée sous le signe de la surprise. Rien ne se passait comme prévu et à vrai dire, Emily n’aurait jamais pu imaginer un tel cas de figure. Il n’y avait aucune logique dans tout ça. Tout lui semblait être flou, étrange… Alors oui, dans ce château elle avait finit par s’habituer à la bizarrerie car, si on était entièrement franc, aucun être humain n’aurait pu imaginer qu’un tel régime soit de nouveau mis en place et surtout au sein d’une école. De fait, il en fallait désormais pas mal pour surprendre la demoiselle qui avait fini par accepter dans son cadre de vie des choses totalement anormales. Mais elle devait bien avouer que le jeune homme en face d’elle semblait être assez doué pour surprendre les gens. Alors qu’elle se contentait de le charrier, de faire des réflexions plus ou moins mesquines pour lui faire comprendre qu’il n’était pas vraiment en train de l’impressionner, lui distillait des informations. Lorsqu’il parla de son sang, Ems ne pu s’empêcher d’avoir un moment de bug. Voilà qu’il lui sortait comme une fleur qu’il n’était pas un sang pur. Si en soi la demoiselle n’en avait strictement rien à foutre et qu’elle savait très bien que certains petits pions des Supérieurs n’avaient pas un parfait pédigrée, elle s’étonnait de voir quelqu’un l’assumer avec autant de facilité. En général c’était le genre de détails qu’ils passaient sous silence pour avoir des ennuis. Emily était bien placée pour savoir que pour les extrémistes pur et dur, un ascendant même très éloigné avec du sang-mêlé c’était la fin des temps. Alors en général, les gens s’évertuaient à cacher ce genre d’informations pour éviter d’avoir des ennuis. Alors la cracmolle se doutait bien que le jeune homme ne criait peut être pas cette information sur tous les toits mais il n’en restait pas moins qu’il venait de la révéler à une de ses proies avec une désinvolture tout à fait surprenante. Cela ne faisait que conforter la jeune femme dans son idée que tout n’était pas clair chez lui, qu’il cachait un truc qui le distinguait nettement de ses petits camarades. Le type continuait cependant son petit manège. Pas partageur ? Mouais, Emily n’était pas convaincu. Pour elle la raison était bien plus profonde que ça. Derrière son assurance, elle imaginait une volonté de garder son intégrité tant que cela lui était possible. Ce mec n’était pas net. S’il était si convaincu par la cause, il aurait usé d’un sort, même minime, depuis un bon bout de temps déjà, il n’aurait pas raconté sa vie à une fouille-merde comme il le disait si bien. C’était frustrant car la jeune femme avait clairement envie de comprendre le mécanisme qui l’animait et en même temps, il fallait bien avouer que sauver sa peau et se tirer d’ici au plus vite étaient ses priorités et que tout cela n’était pas aisément conjugable.

Emily avait donc du mettre de côté sa petite enquête intérieur pour essayer de se créer des brèches. Elle n’avait pas envie de passer la nuit ici et si elle ne se bougeait pas un peu, elle n’aurait sans doute aucune chance de s’en tirer. Alors il fallait provoquer les opportunités. Bien sûr, c’était un jeu dangereux. Cela pouvait mener à aggraver son cas, elle en était parfaitement consciente. Mais Ems n’était pas du genre à se planquer et à attendre les bras croisés que la situation évolue. Elle devait agir, elle en était persuadée alors elle allait le faire sur le champ. L’écossaise avait donc décidé de le provoquer un peu. D’accélérer la fin de tout ça, même si cela pouvait tourner à son désavantage. Attaquant de front elle avait donc reparlé de la possibilité de l’utilisation de la violence. Le jeune homme ne se laissa pas démonter puisqu’il déclara le plus naturellement du monde que ce ne serait peut être pas considéré comme une défaite si cela faisait peur à la demoiselle. Ok, il marquait un point si on était totalement objectif sauf que ce n’était pas le cas d’Emily et elle ne laissa rien paraitre du fond de ses pensées.

« Wouuuh, je suis terrorisée… »

Sur le coup, Emily n’avait pas pu s’en empêcher. Ce n’était clairement pas malin, à aucun niveau mais c’était plus fort qu’elle. Son côté tête de mule revêche ne cessait de vouloir s’exprimer et à force de tambouriner, elle avait fini par ouvrir les vannes. Elle ne pouvait résister éternellement à l’appel de la provocation et avait fini tout simplement par craquer. Et puis, il fallait bien avouer qu’il l’avait cherché. Il voulait jouer au plus malin mais c’était sans compter le côté tenace et emmerdeuse de première de la jeune femme. Pour le coup, elle avait beaucoup d’expérience en la matière, il n’était pas le premier à lui proférer des menaces et ne serait certainement pas le dernier. Alors oui, elle n’avait nullement envie de souffrir inutilement et malgré son assurance, elle gardait des souvenirs douloureux de certains séjours aux cachots. Mais l’assurance était sa seule défense, son dernier rempart et elle ne comptait pas s’en débarrasser aussi facilement. Qu’importe si l’autre voyait clair dans son jeu, rien que pour elle, rien qu’à son niveau c’était important. Bon, le problème était que le sale type était vraiment malin et qu’il ne cessait de voir clair dans le jeu de la demoiselle ce qui commençait un peu à l’agacer. Que faire ? Pour la première fois Emily se retrouvait légèrement dans une impasse. Aussi, comme à son habitude, elle préféra laisser parler sa spontanéité plutôt que de se prendre la tête pendant des heures pour savoir qu’elle était la meilleure chose à faire.

« Pense ce que tu veux, interprète tout ça comme tu veux je m’en fiche. Mais je veux bien avouer un truc, j’ai envie que cette histoire se termine alors prend une décision et n’en parlons plus. »

Elle jouait avec le feu et elle en avait totalement conscience. Elle risquait de le pousser à mettre sa menace à exécution et il pouvait la garder ici encore un moment. De l’autre côté, il avait beau dire, elle était sûre qu’il allait commencer par se lasser de tout ça. Soit il était vraiment un gros méchant et finirait par avoir envie de passer plus à l’action, soit il n’était pas si terrible qu’il le prétendait et tout ça finirait par l’ennuyer. Après c’était sans côté sa capacité à prétendre pour sauver les apparences, mais ça c’était encore autre chose. Ems avait de l’espoir. Si cette rencontre allait encore la tarauder longtemps, elle n’en doutait pas une seule seconde, elle avait quand même envie de tout arrêter. Ce type l’intriguait certes, mais pas d’une manière assez positive pour qu’elle ait une fulgurante envie de s’éterniser.

« Tu ne passeras pas pour un lâche parce que tu me laisses partir mais plus pour un prédateur qui sait très bien comment s’amuser avec ses proies en reculant l’échéance et en faisant vivre sa cible dans la peur. »

Oui Emily était clairement entrain de lui expliquer pourquoi il pouvait la laisser partir. Elle était en train de lui donner des justifications à son comportement. C’était une étrange technique, elle-même n’était pas convaincue que cela allait fonctionner. Mais c’était son impulsivité qui parlait et sur le moment, cela lui avait paru être une sage idée. Elle en verrait de toute façon assez rapidement les conséquences, bonnes ou mauvaises.
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MessageSujet: Re: That point where we can't stop lying ▬ Ems   Mer 16 Oct 2013 - 19:12

C’était définitivement difficile de garder une ligne de conduite stable. Emily, jeune femme à peine majeure, s’y connaissait bien plus en méchants que la moyenne… et surtout, elle s’y connaissait en habitudes ; ça posait un peu problème au serpentard. Lorsqu’il se retrouvait face à des ignorants, il pouvait se comporter comme ça l’enchantait, personne ne relevait l’étrangeté de ses comportements, ou du moins, les gens relevaient mais n’en mesuraient pas l’importance. Mais elle… elle en savait bien trop, ce qui la rendait un peu dangereuse. Il s’était embarqué dans une histoire un peu risquée. Certes, il commençait à déconner ces derniers temps, mais au point de se dévoiler à une moldue parce qu’il était crevé et frustré, c’était un peu bidon. Il perdait un peu pied, il allait falloir qu’il se reprenne. Il pensait bien qu’elle n’allait pas le balancer s’il ne lui faisait pas de mal, mais même une idée partielle de ce qui s’était passé, laissée entre les mains de n’importe qui… c’était comme une étincelle près d’une source de gaz fragile. Ça pouvait péter quand on s’y attendait le moins.

Il ne savait pas trop s’il devait aller dans son sens ou faire l’inverse. L’écouter baragouiner qu’elle ne valait pas la peine qu’il s’attarde avait quelque chose de divertissant, d’apaisant. Elle avait une confiance en elle-même qui changeait des ados qui se sentait en permanence au bord du précipice. Jeroen n’avait clairement pas envie de devoir la pousser, rien que parce qu’il n’avait pas envie de fournir l’effort nécessaire à démonter une forte tête comme la moldue. Mais il y avait une distinction à faire entre ce vouloir et le devoir qui le taraudait encore et toujours, comme s’il n’était plus capable de s’en défaire après tout ce temps passé à y obéir à la lettre. Il tâchait d’apparaitre sûr de lui, mais il ne savait pas trop où ça le mènerait. Quel chemin allait-il accepter de suivre aujourd’hui ? Ses envies - dont son envie de plus en plus sensible d’aller se recoucher - risquaient-elles de prévaloir sur le reste ?

Pour l’instant, la réponse était oui. Il ne fallait pas se mentir, depuis le début, il racontait sa vie et distillait autant d’informations qu’il en obtenait en échange d’Emily. Le dialogue était amusant. Il aimait bien voir ses réactions lorsqu’il disait ces choses absolument hors de propos, ou hors-la-loi. Il se plaignait de son sang, ou plutôt de la place qu’on lui donnait. Ce n’était pas clairement dit comme cela, mais en le connaissant un peu, on pouvait deviner qu’il ne disait jamais rien sans une idée derrière la tête. Devant les Supérieurs, il gardait sa langue au fond de sa poche et ravalait sa fierté, mais il assumait totalement son sang. Si encore la pureté avait un rapport avec la force magique… mais non, même pas. Tout ce qu’il observait, c’était que les sangs-purs  qui se pensaient supérieurs étaient soit timbrés, soit consanguins. Ça n’incluait ni Derek, ni Alec. Quoiqu’ils étaient timbrés. Bref.

Devait-il avoir honte de sa famille ? De son père qui s’était marié à une moldue ? Un père qui d’ailleurs n’était même pas sang-pur, mais qui avait une place au Ministère de la Magie, rien que ça ? Et elle ? Elle s’assumait toute entière, elle était capable de comprendre ce qu’il ressentait. L’extrémisme n’aidait même pas les imbéciles censés être privilégiés, vu que ça les abrutissait à coup de fierté mal placée. Elle ne pouvait pas utiliser ça contre lui. Qu’est-ce qu’un résistant peut rétorquer à un ennemi qui partage les mêmes principes ? Rien. Emily ne dit rien. Elle resta silencieuse tandis qu’il racontait sa vie, qu’il se vantait de ne pas être partageur. C’était vrai, il ne voulait pas partager une proie qu’ils détruiraient alors qu’il tentait de la préserver. Qu’ils aillent se chercher quelqu’un d’autre, il l’aimait bien cette moldue, il n’avait pas envie de les voir trop s’amuser avec tandis qu’il serait mis sur la touche… D’autant qu’elle serait bien d’accord avec lui s’il lui exposait son véritable but.

- Wouh, je suis terrorisée…
Il lui lança un petit sourire cynique. Elle n’avait pas perdu de sa verve. Elle le provoquait, le piquait là où elle pensait que ça pourrait faire mal, mais elle se heurtait à un mur imaginaire qui ne laissait aucune prise. Ces convictions qu’elle cherchait à heurter n’existaient pas parce qu’il ne les avait jamais eus. Elle devait commencer à comprendre. Si elle était si intelligente qu’elle le semblait, elle devait sentir que quelque chose clochait. Et ça ne faisait rien à Jeroen. Il s’amusait, à l’aveugle, se forçant à fermer les yeux pour ne pas trop penser à ce qu’elle pouvait s’imaginer. Il se disait juste qu’il la cherchait, qu’elle répondait en conséquence, mais que dans un jeu, les prises pour faire tomber l’autre à l’avenir étaient rares. Qu’est-ce qu’il devait faire ? Il le lui demanda carrément. Au culot. Forcément, elle réagit avec un peu plus de recul, ne voyant pas du tout où il voulait en venir.

- Pense ce que tu veux, interprète tout ça comme tu veux je m’en fiche. Mais je veux bien avouer un truc, j’ai envie que cette histoire se termine alors prend une décision et n’en parlons plus.
- Tu joues un jeu dangereux.
Il se redressa et soupira ostensiblement. Il allait bien falloir agir, mener cette discussion quelque part avant qu’ils se retrouvent l’un en face de l’autre à s’observer le blanc des yeux. Ça commençait aussi à l’ennuyer qu’elle sollicite autant sa réponse. Il n’avait pas envie de répondre. Ce stand-by était plus simple à maintenir, moins d’efforts psychologiques. Il n’avait ni à passer pour le lâche, ni à passer pour le gros méchant. Qu’est-ce qu’elle attendait de lui, au fond ? Est-ce qu’elle croyait qu’il n’était pas si vilain que ça, ou se donnait-elle juste une façade sans être sûre de ce qu’elle croyait interpréter ? Et lui, au-delà de ce que lui répondait… était-il capable de l’emmerder encore, ne serait-ce qu’une petite heure ? Pas sûr. Ils étaient tous les deux un peu trop crevés pour que ce soit intéressant, en fait.

- Tu ne passeras pas pour un lâche parce que tu me laisses partir mais plus pour un prédateur qui sait très bien comment s’amuser avec ses proies en reculant l’échéance et en faisant vivre sa cible dans la peur.
Regard silencieux. Evidemment qu’elle voulait qu’il la laisse. Elle lui trouvait même des excuses pour qu’il cède à son envie d’aller se recoucher sans faire de mal, tout gentiment. Elle aurait pu dire qu’il n’aurait pas un cauchemar de plus à se souvenir au réveil, ça aurait été tout aussi vrai. C’était si simple d’aller dans le sentiment et de le toucher, même s’il n’avait pas l’air d’y réagir… il ne passerait pas pour un lâche auprès d’elle. Juste pour un gars incertain, étrange. C’était une position qu’il acceptait, finalement. Il se dirigea sans préavis vers la porte, l’ouvrit à la volée, sans se soucier de qui pouvait rôder dans les environs, et regarda Emily.

- Tu retrouveras ton dortoir ou tu as besoin d’aide ? Si je te revois ailleurs, je te laisse en bas pour la nuit, promis. Mais ça m’étonnerait que tu veuilles voir la facette prédateur tout de suite.
Il attendit qu’elle sorte, referma la porte afin de ne laisser aucune trace de leur passage et la surveilla jusqu’à ce qu’elle soit dans la zone de son dortoir. Il ne vérifierait pas qu’elle rentrerait bien, pas envie, c’était son problème si elle croisait quelqu’un de moins bien intentionné parce qu’elle avait décidé de désobéir. Lui, il avait juste envie de rentrer se coucher. Demain, les exams…

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