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 Elle viendra quand même ▬ Derek

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MessageSujet: Elle viendra quand même ▬ Derek   Lun 15 Avr 2013 - 20:47

Dimanche 22 Juin 2014 ▬ Dans l'après midi.

Derek & Enzo

Et pourtant elle viendra quand même …

… Ca n’est simplement pas le moment.
Encore une fois.

Souvent la froideur de la vérité vient m’embrasser,
Rien n’a de sens on peut que regarder le temps passer,
Y’a pas longtemps j’imaginais même pas clamser,
Mais plus le sablier s’écoule et moins ça me semble abstrait.
Angoissé, en pleine nuit le sang glacé,
Le plus dur c’est pas le cauchemar c’est l’instant d’après,
C’est l’instant de clarté.


Animal ou humain ?
Mal ou bien ?
Est ce qu’il faut vraiment choisir ?

Tout est sombre. Tout est calme. Tout est … vide. Je suis vide. Je me sens loin, absent, c’est comme si je flottai dans le néant et je me rends compte que je connais déjà cette sensation. Si mon esprit l’a mise de côté, il semblerait que mon corps lui s’en souvient. Ou peut être que c’est l’inverse, je ne sais pas vraiment. Je suis seul, et je me rends compte que ça me va très bien comme ça. Aveugle, sourd, nu. Vulnérable. Je suis une molécule dans l’infini, une simple goute d’eau de pluie en perdition et qui finira par s’écraser dans l’océan, comme toutes les autres. Je ne suis rien. Rien dans le néant. Et pour la première fois depuis … quand ? Peu importe. Je me sens bien. Pas vivant. Pas mort. J’ai à peine conscience de mon être et tout me semble léger, impalpable, abstrait. Plus rien ne peut m’atteindre. Je suis libre.

Libéré de mes chaines et de mes entraves, je ne ressens plus toutes ses choses qu’on appelle émotion. Dépossédé peut être, mais loin de cette humanité que j’ai trainé comme un futur condamné, comme une charge, un poids. Sans doute pas comme j’aurai du le faire si j’avais été « normal » mais je ne suis pas de ceux là. Je ne suis personne. Je ne suis plus un Homme. Pas vraiment un Loup non plus. Je ne suis plus rien. J’ai été tout ça, et je ne veux plus l’être.

Parce que moi aussi j’ai de l’humidité sur chaque prunelle.
Parce que moi aussi je connais la cruauté de faire partie de la race humaine.

Lâcheté ? Peut être. Pas vraiment. Solution de facilité ? Peut être. Pas vraiment non plus. Je n’ai simplement pas l’impression de devoir revenir, pas de sentiment d’urgence qui me colle à la peau et qui me hurle de faire un pas vers la vie, vers eux. Pourtant il y a cette petite voix qui m’appelle, sans cesse, toujours, et je tente de faire le sourd.

Reviens …
La ferme !

Revenir ? Pourquoi faire ? Non, je ne veux pas revenir. Je veux rester là, ne pas basculer ni d’un côté ni de l’autre. Ne pas retrouver les vivants. Ne pas … En fait … Peut être que ma place est avec les morts finalement. C’est avec eux que je devrai être depuis plus de deux ans maintenant et si cette idée m’était sortie de la tête avec le temps, visiblement la voilà qui fait son grand retour. C’est injuste ? Oui surement. Pour ceux qui restent. Moi aussi je fais partie de ceux qui restent, et je ne sais pas si j’ai envie que ça continue. A quoi ça rime tout ça ? C’est pas parce que j’en ai tué un, voir deux, peut être même trois je m’en souviens maintenant, que ça va arranger la situation. On y passera tous tôt ou tard. Certains plus tôt que d’autre. Certains plus tard. C’est tout. Est ce que le temps qui nous reste à vraiment de l’importance. Est ce que quoi que ce soit à vraiment de l’importance ?

Réveille-toi …
Lâche-moi !

J’ai tué, oui, je m’en souviens maintenant. Ça n’est pas bien. Pourquoi est ce que j’ai fait ça ? Peu importe. On ne peut pas changer le passé, et je ne regrette rien. Il le méritait. Ils le méritaient. Ils m’ont pris bien plus que ce que je n’aurai pu penser. C’est moi qu’ils m’ont pris. Oui, ils m’ont arraché à moi même. Je n’étais qu’un gamin, et lentement et surement je suis devenu un assassin. Oh j’ai cru bien faire, ou en tout cas j’ai agis en suivant mon instinct, mais en faisant ça c’est comme eux que je suis devenu. Non, je ne vaux pas mieux qu’eux, et ça n’est pas la première fois. La rédemption a voulu me sauver une fois, je lui ai couru après et voilà le résultat. Peut être que je ne suis simplement pas fait pour ça, pour cette vie, pour … vivre, tout simplement.

L’obscurité s’estompe. Je perçois de la luminosité derrière mes paupières closes. Parfois je sens des odeurs, familières. Un contact, une voix, une présence. Un, deux, plus parfois. Ça va, ça vient. On me parle, je n’écoute pas vraiment. Je sombre à nouveau, puis revient, pour mieux repartir. J’oscille entre leur monde et celui de ceux qui ne sont plus là pourtant il n’y a que les vivants que je perçois. Ça n’est jamais clair, et je ne sais pas si c’est volontaire ou pas mais leur prénom ne franchissent jamais les barrières de mon esprit fermé. C’est comme s’il était hermétique. Comme si je n’existai pas. Comme s’ils n’avaient jamais existé.

Ouvre les yeux, tu n’auras pas le dernier mot …

Et j’ai obéis. Et j’ai ouvert ces putains de paupière sur un monde que j’ai envie de fuir, comme une sale sensation de déjà vue.

Tu fais chier.
T’aurais pas juste pu me foutre la paix pour une fois ?

Ce que j’ai vu en premier ce sont des formes assez floues, indistinctes. Du blanc, partout, puis des nuances de couleurs à certains endroits. Rien ne bougeait, tout était calme, mais je n’étais pas seul. J’imagine que j’aurai du être content de ça, mais pourtant je n’ai rien ressenti d’autre qu’un sentiment d’agression, d’intrusion presque. Sentiment qui s’est calmé, presque estompé, quand mon odorat a fait le boulot avant mes yeux. Puis tout est devenu plus clair au fil des secondes. Des murs blancs, comme avant. Pas un hôpital, juste une infirmerie. Cette même ambiance de mort en suspens, pourtant. Combien y sont déjà passé ici ? Peut être qu’ils ont arrêté de les compter. Peut être qu’ils ne les ont jamais compté, après tout. A quoi ça sert de toute façon ?
Je ne bouge pas. Lui non plus. Ses traits se dessinent un peu plus précisément. Il ne me regarde pas, il a la tête baissée et le visage caché dans les mains. L’espace d’une seconde cette idée me traverse l’esprit : Si je referme les yeux, il ne saura jamais qu’ils ont été ouverts. Conscience ? Instinct ? Volonté propre ? Sentiment ? Je n’en sais rien, mais avec lui ça n’a jamais été pareil de toute façon. Il était là déjà la première fois, le jour où je me suis réveillé. Un jour comme aujourd’hui, un jour que j’ai l’impression de revivre. C’est son regard que j’ai croisé en premier et c’est dans ses yeux bleus que j’ai lu la réponse à mes questions, à mes doutes. Ils sont morts. Cette vérité me frappe de nouveau en pleins cœur et c’est comme si je revivais cette douleur comme la première fois. Ils sont morts, et maintenant je sais pourquoi. L’émotion qui prend le contrôle de mon être en cet instant n’est pourtant pas la peine même si j’ai le sentiment de revivre leur perte une deuxième fois. Non, ça n’est pas la peine, mais la colère. Comme une sorte de rage primaire alors que je n’ai pourtant pas oublié ce que j’ai fait pour atterrir ici. Il est mort, je l’ai tué, je les ai vengé et j’ai éliminé la menace qui planait au dessus de la tête de mes proches depuis trop longtemps – au moins celle ci – mais ça ne calme pas cette sensation virulente qui circule dans mes veines et qui transpire par chaque pore de ma peau. C’est comme si j’avais encore le goût de son sang sur les lèvres et je n’ai qu’une envie, le tuer, encore et encore et encore. Le faire souffrir. Il n’a pas assez souffert. Ils n’ont pas assez souffert.

Derek soupire et me rappelle à sa présence. Je reviens sur terre, les lignes sont clairement distinctes maintenant. Il n’a pas bougé d’un poil. Il reste là, silencieux, veillant sur son p’tit frère comme il l’a toujours fait dans le fond. Je sais qu’il n’est pas venu souvent à l’hôpital il y a deux ans, je sais aussi que ça a été le cas cette fois, mais je crois que je n’aurai pas pu ouvrir les yeux pour quelqu’un d’autre que lui.

Là bas, à l’époque. Ici et maintenant. Dans le fond, c’est souvent une histoire de schéma qui se répète. Est ce qu’on ne risque pas de finir par trouver ça blasant un jour ou l’autre ?

« Tu m’as apporté le p’tit dej ? »

Ma gorge me brule, ma voix est rocailleuse comme si … je venais de me réveiller, la blague. Je n’ai pas prononcé un mot depuis … depuis combien de temps d’ailleurs ? Et si j’essaie de bouger, qu’est ce que ça donne ? Non, mauvaise idée. J’ai mal partout, je m’en rends compte maintenant alors que j’écrase un cri tandis qu’il reste bouche bée l’espace de quelques secondes. Et bien non, tu vois, j’suis pas encore mort. Faut croire que j’ai une sacré bonne étoile, ou alors que la faucheuse ne veut vraiment pas de moi. Tu sais quoi, un jour ou l’autre t’auras pas vraiment le choix parce que créature ou pas, contrairement aux vampires je ne suis pas immortel.


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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Dim 21 Avr 2013 - 0:30

Enzo & Derek
« elle viendra quand même »



La semaine s’était révélée être un véritable enfer pour moi. Pris entre mes cauchemars régulier (ça c’était quand j’arrivais à fermer l’œil) et entre tous ces gens qui venaient à ma rencontre pour m’apporter leur soutient ou avoir des nouvelles de mon frère, j’avais envie d’exploser. Si au départ j’avais ressenti uniquement de la colère face au monde entier à l’annonce de l’état critique de mon cadet, ma perception avait changé au fil des jours pour se transformer en quelque chose de tout aussi intense, mais de moins…Dangereux. Je n’oubliais pas de si tôt ce que j’avais fait le dimanche dernier, alors que j’avais péter une coche solide en retrouvant deux agresseurs de Megan. Au départ, j’avais espéré retrouver le salopard qui m’avait arraché le seul membre de ma famille qui me restait, mais au lieu de ça, j’étais tombé sur eux et les avait maintenus prisonniers le temps que j’aille retrouver Cassidy au quatrième étage. À deux, nous avions éclaté la gueule de ces salopards, rendant ainsi justice à ma meilleure amie qui n’avait pas mérité le calvaire qu’ils avaient osé lui faire subir. Bien entendu, je comptais passer sa sous silence, de peur que cette affaire retombe sur son dos à elle, alors qu’elle n’y était pour rien. Quoi qu’il en soit, ce petit épisode m’avait aidé à expulser une grande partie de ma rage, avant de me faire sombrer dans un profond état de tristesse. C’était comme si je réalisais enfin que mon frère pouvait me quitter du jour au lendemain. Je réalisai par le fait même que j’avais plutôt été absent pour lui ces derniers temps et je m’en voulais. Si ça se trouvait, cette histoire de bagarre n’était pas une chose du hasard et qu’il ne s’agissait pas simplement de se faire les griffes sur un autre. Cette vision me troublait, me demandant encore dans quel pétrin s’était foutu mon frère. Si ça se trouvait, je ne le saurais jamais.

Oui cette semaine avait été terrible et j’aurais dont souhaité que mes parents soient là avec moi. Mais non, je devais affronter cette situation seul parce que j’étais un grand garçon et surtout, parce qu’ils étaient morts. Lors de l’accident, celui où ils avaient justement laissé la vie, j’avais eu la chance d’avoir grand-père et grand-mère à mes côtés. Mais durant le coma d’Enzo, je m’étais éloigné d’eux, me renfermant sur moi-même plutôt que d’en parler. J’avais agis de manière solitaire, comme lorsque je le faisais en ce moment. Seulement là, je serais prêt à tout pour avoir ne serais-ce qu’un petit câlin de ma grand-mère qui, ne devait même pas être au courant de ce qu’il se passait ici. C’était peut-être mieux comme ça après tout : après le départ de grand-père, elle n’avait pas besoin de ça en plus. D’un autre côté, je faisais le choix d’être seul puisque je savais qu’ils étaient quelques uns à vouloir m’apporter du soutient. Notamment Jillian et Megan. Mais j’ignorais les deux filles complètement, quitte à passer près d’elles sans leur accorder le moindre regard. J’avais trop peur. Peur de flancher devant elles, d’avoir l’air plus faible alors qu’en réalité, je devais me montrer fort. Surtout pour Jill puisqu’Enzo était son meilleur ami et donc, je ne tenais pas spécialement à ce qu’elle me voit dans un état lamentable. Je ne voulais pas lui faire perdre espoir. Et pour Megan… J’avais partagé beaucoup de choses avec elle, même probablement plus qu’elle aurait voulu en savoir, mais je n’étais pas prêt à montrer cette facette de moi. Certains professeurs avaient aussi entré en contact avec moi, m’apportant soutient et aide, mais je refusais la plupart d’entre eux, sinon tous. Je me fichais bien de ce qu’ils pensaient et je ne voulais pas être dispensé des cours : ils me donnaient l’occasion de tourner mes pensées ailleurs même si, bien évidemment, je pensais toujours à mon frère dans cet état lamentable. Pour ce qui est des visites à l’infirmerie, j’y allais rarement. Le voir cloué à son lit me rappelait trop de souvenirs (dont la perte tragique de nos parents) et me démoralisait davantage. Et aussi bien l’avouer, je ne tenais pas spécialement à voir Johnson qui devait passer toutes ces journées enfermer avec lui, à mouiller les draps de ses larmes. Je n’avais rien contre lui, mais je… N’avais pas plus envie de partager ça avec lui.

Aussi bien l’avouer : j’étais plus que solitaire dans des cas comme ça. Au fil du temps, peut-être que je m’habituerai à cette situation qui me dépassait complètement, mais pour la première semaine, voilà à quoi je m’en tenais.



Pour l’une de ces rares fois, je me trouvais enfin aux côtés du lit de mon frère. Il n’avait pas bougé d’un poil depuis une semaine, bien que l’infirmer devait le laver une fois de temps en temps. Lorsque j’étais entré, j’étais certain de voir Johnson, mais étrangement, il n’y avait personne. Mon frère était laissé à lui-même et c’était sans hésiter que je décidai de lui tenir compagnie. Peut-être que si son moldu avait été là j’aurais décampé en vitesse, mais ce n’était pas le cas alors…
Je m’assis sur la chaise qui reposait à côté avant de le regarder. J’aurais envie de le voir s’animer, me balancer une connerie comme il avait l’habitude de faire, mais au lieu de cela, il restait silencieux et immobile. Qu’est-ce qui c’était réellement passé cette fameuse nuit de pleine lune pour que tout dérape? J’avais beau chercher, mais il manquait trop de pièces au puzzle pour en comprendre le sens. Et ça me rongeait de l’intérieur. Au moins, lors de l’accident, je n’avais pas un de problème de compréhension : un accident de la route, mon frère s’en était sorti parce qu’un lycanthrope l’avait mordu, fin de l’histoire. Mais là, du jour au lendemain, mon frère se battait avec un autre sans raison apparente. Et je savais qu’Enzo n’était pas du genre à faire de la violence gratuite. Il fallait que l’autre l’ait cherché, qu’il l’ait poussé à bout, qu’il l’est menacé lui ou ses proches pour s’en prendre une. Et quand on voyait le résultat, on savait que l’autre ne s’était pas laissé faire.

Appuyant mes coudes sur mes cuisses, je m’en servis comme appui, avant de plonger mon visage au creux de mes mains et fermai les yeux. J’essayais de me changer les idées, mais ça ne fonctionnait pas vraiment. Je me souvenais pourquoi je détestais autant venir ici : au lieu de me donner de l’espoir, ça me l’arrachait. J’avais eu la chance d’assister à son réveil la première fois, est-ce que ce serait pareil cette fois-ci? Je n’avais pas la force d’y réfléchir, essayant de rester neutre.
Je poussai un soupir, fatigué de cette situation qui semblait m’envenimer avec elle. Pourquoi fallait-il que le malheur s’acharne sur nous?


- Tu m’as apporté le p’tit dej ?

Voix faible, endormie qui semblait venir du lit.

J’ouvris aussitôt les yeux et relevai la tête brusquement en voyant mon frère qui était toujours dans son lit, mais qui bougeait cette fois-ci. Il avait les yeux ouverts, même s’ils avaient l’air petits et…
Il était réveillé bordel.

J’éclatai de rire, n’en croyant pas mes yeux ni mes oreilles : cet espèce de petit salopard avait encore réussi à déjouer la mort pour une seconde fois. Bordel, mais il était fait en quoi celui là?
Je me levai, me penchai un peu vers lui avant de le serrer contre moi, mais de manière modérée, question de ne pas le briser. Il avait tout d’un immortel, mais il n’en n’était pas un et qui plus est, après un long dodo comme ça, ça doit pas être la forme.


- Putain j’arrive pas à croire que t’es revenu. Merde si c’est pas du Ryans ça! Putain qu’est-ce que je suis content!

Je riais encore en le lâchant pour qu’il respire un peu, mais je demeurais debout, bien incapable de me rassoir à présent.
Un miracle venait de se produire.


- Ah merde c’est pas croyable! Tu sais que t’as une veine d’enfer?! Par contre pour la pêche, tu devras en reprendre un peu mon frère!

Je donnai un petit coup avec ma main sur le matelas, à côté de lui. Je n’arrivais pas à détourner mon regard, de peur qu’il sombre de nouveau.

- Comment tu te sens? Veux-tu que j’appelle l’infirmier?
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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Mer 24 Avr 2013 - 16:16

Deux fois. Ça fait deux fois que ça m’arrive. Jamais deux sans trois ? Allez savoir. Sortir du coma est une expérience assez étrange. Je ne sais pas comment le vivent les autres, je ne sais pas comment l’a vécu Sovahnn, disons pas en détail, mais pour ma part j’ai l’impression d’avoir été hors d’atteinte pendant des siècles, plus ou moins volontairement. La première fois que j’ai ouvert les yeux, il y a deux ans, je n’ai pas le souvenir de l’avoir fait volontairement et là encore c’est cette impression que je traine. J’imagine que c’est inconscient, sauf si on m’a donné un truc pour me faire revenir. J’en sais rien, je me dis qu’avec la magie tout est possible, mais je ne crois pas qu’ils auraient fait ça. Ou peut être que si. D’ailleurs, ils, c’est qui ? Comment j’ai atterri là ? Et depuis combien de temps je suis là ? Les derniers souvenirs que j’ai de la pleine lune – et j’ai l’impression que c’était hier, mais en même temps à des années lumières – c’est Taylor qui s’écroule, et moi avec quelques secondes ou minutes plus tard. Tout le reste est assez flou, y compris les émotions et les ressentis. Je me rends compte que par moment j’ai l’effluve du sang qui me revient en mémoire. Le sien, le mien, et … celle d’un autre Loup. Qui ? Comment ? Pourquoi ? C’est encore trop vague. J’ai du oublier certaines choses mais lui certainement pas, et ça n’est pas non plus le cas de ces paroles avant qu’il ne m’abandonne, enchainé comme une bête sauvage, pensant qu’il me laissait là et que j’allais mourir comme un chien. Le Vampire … Oui, ça aussi je m’en souviens maintenant. Il m’a libéré. Pourquoi est ce qu’il a fait ça ? Il aurait simplement pu me regarder crever avec une pointe d’ennuie dans le regard, mais non. Il m’a libéré de mes entraves, il m’a même dit de ne pas me planter. C’est … confus. Peut être que tout reviendra plus clairement plus tard, après tout je viens tout juste d’ouvrir les yeux. Est ce que j’ai envie que ça revienne ? C’est un autre débat.

En attendant, une fois encore, c’est en présence de mon frère que j’ai renoué avec le monde des vivants. Choix ou pas choix, de toute façon c’est comme ça pas autrement. Je ne peux pas dire que je saute de joie à l’idée de m’être réveillé mais je suis plutôt heureux que ça soit lui et pas un autre, et personne d’autre, qui soit là. Enfin, heureux, je ne sais pas si je peux employer ce terme à vrai dire parce que j’ai beau chercher, je ne ressens pas la moindre trace d’une émotion positive en moi. C’est comme si j’étais vide, ou partiellement envahit de choses plus ou moins distinctes mais qui n’ont rien de joyeux ou ce genre de trucs. Peu importe, une phrase lancé comme ça, au hasard, et j’ai toute son attention. Au départ il reste là comme un con, immobile, la bouche ouverte et pour un peu ça me ferait presque sourire. Je l’ai surpris, ça me plait, et pas dans le mauvais sens du terme. Parce qu’avec lui rien n’est jamais pareil de toute façon. Ensuite il a éclaté de rire, ce qui m’a sursauter, mais ça n’était rien comparé au geste qu’il a juste après. Il s’est levé, s’est penché au dessus du lit et m’a serré dans ses bras. Ça n’est pas la première fois, mais c’est rare, et ce côté rare rend le geste encore plus … important je dirai. J’ai eu mal mais je n’ai rien dit. Je l’ai laissé faire alors qu’une partie de moi hurlait contre ce contact forcé, avec cette sensation de ne pas avoir été touché depuis des lustres et c’est comme si ça m’allait très bien comme ça. Pourtant, non, je n’ai rien dit, rien fait. Je ne l’ai pas repoussé. Je ne lui en ai pas voulu une seule seconde non plus. Je n’ai juste simplement pas apprécié comme j’aurai sans doute du le faire mais quand il s’est redressé et que son regard s’est planté dans le mien j’ai zappé ces détails de mon esprit.

« Putain j’arrive pas à croire que t’es revenu. Merde si c’est pas du Ryans ça ! Putain qu’est-ce que je suis content ! »
« Fais gaffe, tu deviens sentimental. »

Un rictus sur mon visage, comme une sorte de sourire, mais je le sentais amer et pas franchement convaincu ce mouvement. Lui n’avait pas l’air de se rendre compte de ce qu’il se passait dans ma tête. Tant mieux. Ça n’est pas quelque chose que j’ai envie de partager. D’ailleurs, est ce qu’il y a encore quelque chose que j’ai envie de partager ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je veux juste … arrêter de penser. C’est possible ça ? Je veux juste me faire à l’idée que ça y est, je suis de retour, et c’est tout. Peu importe ce que ça me fait. Je veux accepter, passer à autre chose et c’est tout.

« Ah merde c’est pas croyable ! Tu sais que t’as une veine d’enfer?! Par contre pour la pêche, tu devras en reprendre un peu mon frère ! »

Une veine d’enfer ? Je sais pas. Peut être. Et si je te dis que je trouve le terme enfer très bien choisi, tu me réponds quoi ? J’aimerai tellement partager sa joie mais je n’y arrive pas. Dans ma tête tout se bouscule, je n’arrive pas à cerne une seule émotion distinctes mais je sais qu’elles sont toutes sinon mauvaises ou dures, au moins négatives. Je ne suis pas vraiment là. Je ne suis plus vraiment moi. Qui est ce que je suis d’ailleurs ? Hier j’étais un énorme Loup épris de vengeance, et aujourd’hui ? J’ai l’impression d’être un putain de zombie, un mort vivant, mais pas comme les autres fois où j’ai pu ressentir ça. Je me sens détaché de tout, et de tout le monde, mais paradoxalement je prends trop de choses à cœur ou en considération alors je fais ce que j’ai toujours eu l’habitude de faire : Donner le change. Sauver les apparences. Me réfugier derrière un masque, une carapace, pour maintenir le monde à distance respectable de moi. Une part de moi s’en veut, l’autre s’en fout. Je crois que ma tête commence à tourner mais je m’accroche, tout en ne faisant quasiment aucun mouvement tant mon corps me fait mal.

« Tu crois ? Moi qui pensais aller prendre quelques vagues, c’est râpé alors ? »

Ma voix est faible, mes yeux à peine ouvert, et pourtant à l’intérieur j’ai l’impression que tout tourne trop vite. J’ai soudainement très chaud, comme si ma température remontait d’un coup alors que j’avais presque froid quelques secondes plus tôt, comme si mon corps se remettait à vivre et qu’il réclamait le droit de s’exprimer. Le droit de fuir, de foutre le camp d’ici et de tout ce que ça implique de rester là. Des autres. Parce que je les sens toutes ces odeurs familières. Maxence bien sur, un peu Takuma, puis Ismaelle, mais surtout la sienne. A Lui. Et ça me fait peur parce que je ne ressens rien. Pire, je n’ai pas envie de le voir. Pas lui plus que les autres. Je veux juste … je veux disparaître et ne pas avoir à être confronté à d’autres membres de l’espèce humaine hormis mon frère parce que je ne me sens pas comme eux, je ne me sens pas humain, mais pas vraiment loup non plus.

« Comment tu te sens ? Veux-tu que j’appelle l’infirmier ? »
« Non ! »

Réaction impulsive, et trop brutale, ce qui m’a valut un cri de douleur étouffé parce qu’à la seconde même où mon corps s’est crispé, il a hurlé, et moi j’ai serré les dents pour ne pas laisser s’échapper cette marque de faiblesse. C’est mon frère, je devrai m’en foutre royalement, mais je ne peux pas. Je ne veux pas. Ni lui, ni un autre. Je ne suis pas une petite chose fragile, je ne peux pas me permettre d’avoir l’air d’une proie. Tout ça, ce sont les choses qui se trament et se baladent dans ma tête actuellement. Lève la tête, tiens toi droit, ne baisse pas les yeux. Lever la tête ça je peux le faire, ne pas baisser les yeux aussi. Pour ce qui est de me tenir droit, il y a encore du boulot. Il a raison, pour la pêche va falloir faire quelque chose. T’as pas un p’tit shoot d’adrénaline en stock par hasard ? Ca doit bien se trouver par là, après tout on est dans une infirmerie. Calme toi Enzo, et profites en pour te redresser un peu tant que t’y ai puisque de toute façon ton corps est déjà entrain de bruler. C’est donc ce que j’ai fait, j’ai tenté de m’asseoir un peu plus parce que la position allongé pour parler c’est pas évident. Même si je n’ai pas envie de parler à vrai dire, et une fois que j’ai réussi à me redresser un peu tout en gardant le dos et la tête posé contre l’oreiller, j’ai fermé les yeux, tâché de faire abstraction de la souffrance physique et des voix dans ma tête qui se balançaient tout et son contraire, une fois que j’ai réussi à me calmer un temps soit peu et à retrouver un semblant de consistance, j’ai raccroché mon attention sur Derek alors que mes bras se posaient sur les draps. J’avais les poings un peu trop crispés pour avoir l’air détendu, j’espérai simplement qu’il ne s’en rendrait pas compte, parce que je n’arrivai pas à faire autrement.

« Non, je … il finira bien par passer par lui même j’imagine. »

Lui, et les autres.

« Et j’me sens … comme si j’avais la gueule de bois. »

Oui c’est a peu près ça. Comme si j’avais trop picolé la veille et que je m’étais cassé la gueule dans les escaliers en rentrant. Résultat j’ai mal partout et l’impression d’avoir les muscles en feu, les os brisés, et l’esprit complètement dans le cirage. J’ai des trous de mémoire, des flash un peu flous. Je comprends rien, je sais plus où je suis, qui je suis, où j’habite ni comment je m’appelle. Au moins je me réveille tout seul dans mon lit, c’est déjà ça. On ne risque pas de m’annoncer dans 9 mois que je suis papa. En plus de ça j’ai plutôt tendance à enlever la vie que la donner ces derniers temps …

« Donne moi deux secondes, je vérifie que j’ai pas perdu une jambe en cours de route et que tout fonctionne correctement. »

J’ai surtout besoin de souffler, de faire un break avec la réalité et de me préparer à recevoir une avalanche de questions. Il y a des choses qu’il va falloir que je te dise, et je ne sais pas si tu es prêt à les entendre mais je ne peux pas te cacher ça. J’ai gardé pas mal de trucs pour moi, je suis plutôt doué pour ça, mais ça c’est … ça serait te trahir et je ne veux pas faire ça. Tu as le droit de savoir.

En tout cas j’ai lié le geste à la parole et j’ai commencé à observer mon corps, en commençant par les bras. Quelques marques, rien de bien méchant, mais une espèce de gène dans le gauche. Cet enfoiré m’a cassé la patte, je m’en souviens maintenant. Je porte un T-shirt, et un caleçon, mais rien de plus. Je pousse les draps, bouge les jambes, elles réagissent bien et j’ai l’impression que la douleur s’estompe. Je crois que je suis simplement rouillé. En soulevant mon T-shirt je peux voir quelques marques sur mes côtes, mon ventre et pour le dos on verra plus tard mais globalement ça n’est rien et pourtant, j’ai eu l’impression que Taylor m’avait littéralement déchiqueté. Tout à l’air en ordre, je n’ai pas mal à outrance, certains gestes reviennent tranquillement et pour le reste on verra plus tard aussi.

« On est quel jour ? J’ai "dormi" combien de temps ? Et comment j’ai atterri ici ? »

Le dernier endroit où je me suis vu c’est la forêt et je doute avoir eu l’occasion de remonter ici par moi même. Ce qui veut donc dire quelqu’un m’a trouvé, donc que quelqu’un a été dans la forêt pour me chercher, donc que …

« Est c’que … tout le monde va bien ? »

Parce que la forêt la nuit c’est dangereux, et parce que je ne sais pas ce qu’à fait Taylor entre le moment où il m’a laissé et celui où je l’ai retrouvé. Parce qu’il vous a tous menacé, parce qu’il est … était … complètement cinglé. Est ? Etait ? Dans mon esprit il est mort, mais est ce que je peux faire confiance à mon cerveau ? Si ça se trouve ça n’est pas le cas.
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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Sam 27 Avr 2013 - 23:05

Les miracles, dans une vie, ça n’arrivait pas souvent. Il fallait être attentif et avoir foi en quelque chose pour que ça se concrétise. Certains passaient leur vie sur les bancs d’une église en espérant que quelque chose d’important ou de rare se concrétise. Et moi, sans avoir eu à m’asperger dans une religion ou l’autre, sans avoir à faire de prière ou à traîner un chapelet porte bonheur sur moi, j’avais déjà eu droit à deux miracles bien distincts. Le premier avait été lorsque mon frère s’était éveillé pour la première fois d’un coma. Je n’étais pas passé le voir très souvent à l’hôpital, ayant un deuil à gérer en plus du reste, mais lorsque j’y étais venu lui accorder une attention réelle, il s’était réveillé. Un peu comme s’il m’avait attendu durant tout ce temps là. J’avais été très heureux de le revoir, mais en même temps, j’avais dû lui annoncer la mauvaise nouvelle comme quoi nous avions perdu nos parents et que désormais, notre vie allait être transformée à jamais. Et que, par-dessus le marché, il s’était fait mordre par une bête poilue et c’était ce qui l’avait sauvé en quelque sorte. C’était donc un miracle, oui, mais accompagné d’une lourde tâche qui, au final, ne m’avait pas rendu forcément plus heureux. Nous étions deux à surmonter l’épreuve, mais encore une fois, j’avais préféré prendre mon côté. De toute manière, Enzo avait beaucoup trop changé suite à toutes ces nouvelles informations, mais également à son côté sauvage qui se développait de plus en plus. Une rupture, un fossé s’était creusé entre nous. Et le deuxième miracle en comptait deux en un : deux retours totalement inespérés. Il s’agissait bien sûr de Jillian qui était revenue après avoir guéri de sa maladie et Megan qui était revenue d’entre les morts après un séjour chez les supérieurs. C’était donc dire que j’avais eu de la chance jusqu’ici : les trois personnes qui comptaient le plus pour moi m’étaient toujours revenues après un séjour en enfer. Trois personnes différentes, trois enfers différents.
Est-ce que j’espérais sincèrement un troisième miracle en venant ici dans cette infirmerie? Bien sûr que oui. Je me disais que peut-être seule ma présence réussirait à extirper mon jeune frère de son coma, bien que je ne mise pas trop là-dessus. Ça c’était déjà produit une fois et ça relevait de la chance plus que d’autre chose.

Et alors que je commençais sérieusement à désespéré de cette vie qui semblait s’acharner sur ma famille depuis quelques années, j’avais entendu la voix de mon frère. Fatiguée, pas très élevée et raillée, mais c’était la sienne : je l’aurais reconnu parmi des millions. Un troisième miracle venait de naître devant moi alors que je m’étais caché le visage. Dommage, parce que je n’avais pas pu assister à son réveil, n’étant pas conscient de ce qui se passait à ce moment là dans le lit. Mais ce n’était qu’un détail.
Il avait vaincu la mort une fois de plus et cette fois-ci, les circonstances faisaient en sorte que je pouvais être réellement heureux qu’il soit de retour parmi nous. Et hop! Une plaisanterie, un câlin fraternel et la question : l’infirmier, ou pas?


- Non !

Il avait répondu de manière assez brusque. Si bien que je l’entendis gémir parce qu’il avait légèrement bougé et que naturellement, de cette manière, il s’était blessé.
Je fronçai aussitôt les sourcils, surpris d’une telle réaction de sa part. Mais bon après tout, c’était bien connu dans la famille que nous n’aimions pas dépendre des médecins, des médocs et autres. Alors du coup, je le comprenais.


- Non, je … il finira bien par passer par lui même j’imagine. Et j’me sens … comme si j’avais la gueule de bois.

Le sourire m’était revenu aussitôt, bien que la situation ne fût pas drôle. Après tout, j’ignorais ce que produisait l’effet de se réveiller après des journées de « sommeil aussi profond ». N’empêche que je comprenais mon frère de se sentir dans un drôle d’état. La réadaptation n’avait pas été facile la première fois, surtout à cause des mauvaises nouvelles et de la transformation qui avait lieue dans son corps en même temps, mais ça devait être à peu près pareil dans ce cas-ci. Il était déjà lycanthrope, personne n’était mort durant son « absence », mais le corps lui avait souffert du lit et ça, ce n’était pas forcément bon pour les muscles. De plus, peut-être n’était-il pas tout à fait guéri de ce qu’il avait subit durant son combat, ce qui devait empirer la chose, bien que le temps ait certainement contribué à guérir certaines blessures.

- Donne moi deux secondes, je vérifie que j’ai pas perdu une jambe en cours de route et que tout fonctionne correctement.

J’hochai la tête en guise de réponse, avant de me rassoir sur la chaise, prêt à m’armer de patience pendant qu’il reprenait le contrôle de son corps. J’avais quand même des questions à lui poser concernant ce qu’il s’était passé ce soir là. Les circonstances, l’identité de l’autre loup qui l’avait foutu K.O. et tout le reste. Il y avait trop d’ombres au tableau pour que je puisse comprendre quoi que ce soit et ça m’avait pesé durant toute la semaine, alors que j’avais tenté de résoudre l’énigme moi-même, mais en vain.
Je l’observai, alors qu’il se regardait, faisant probablement le constat des marques qui restaient visibles sur sa peau. Il rejette les draps, bouge légèrement les jambes, soulève son t-shirt qui laisse apparaître d’autres rougeurs ça et là avant de rebaisser son vêtement.


- On est quel jour ? J’ai "dormi" combien de temps ? Et comment j’ai atterri ici ? Est c’que … tout le monde va bien ?

Apparemment, lui aussi avait beaucoup de question à poser. Fallait dire que je m’y attendais un peu aussi : après toutes ces journées ratées, c’était compréhensible. Et encore là… Il ignorait quel jour on était. Il était temps pour moi de le rassurer un peu. Comme j’avais dû le faire la première fois sauf que là, aucune terrible nouvelle à annoncer. La tâche s’avérait donc être moins lourde.

- On est dimanche après midi. Le 22 juin. 2014 évidemment. C’est donc dire que t’as été dans le coma pendant 9 jours. Enfin, ça allait faire 9 jours ce soir. Parce qu’au cas où tu ne t’en souviendrais plus, t’es tombé dans la nuit du vendredi le 13 juin à la suite d’une bagarre avec un autre loup. Et comment t’es arrivé ici, je ne le sais pas. C’est le samedi, au petit matin que Stoneheaven est venu m’avertir de ton état et de la bagarre qui avait eu lieue. J’ai pas pensé à me renseigner sur le coup et même après… Tu étais là, ici, en sécurité. Pour moi, c’était tout ce qui comptait.

C’était la vérité. Jamais je ne me m’étais posé de question concernant la manière dont il avait atterrit à l’infirmerie. Je me disais qu’une bonne âme l’avait trouvé sur son chemin et avait fait ce qu’il fallait. Peut-être qu’on ne connaîtrait jamais le bien faiteur, mais en même temps, l’infirmier devait savoir de qui il s’agissait. À moins qu’on ait simplement déposé le corps de mon frère devant la porte comme on dépose un bébé dans un panier sur un paillasson avant de foutre le camp… Bref, je m’en foutais un peu : l’important était que mon frère était réveillé maintenant et qu’il avait un minimum de santé.

- Et oui, tout le monde va bien même si les sourires sont assez rares ces temps-ci. J’ai pas vu Jill depuis qu’elle est arrivée en même temps que Johnson et Cassidy le samedi matin. Ils sont débarqués pas très longtemps après moi et j’ai foutu le camp aussitôt. Pour les autres, tes amis et tout le reste, je sais pas. J’ai pas pris contact avec eux, comme ils ne l’ont pas fait avec moi. J’ai fuis tout le monde, un peu comme la première fois… Celle de l’accident…

Je n’allais certainement pas lui raconté qu’il y avait une semaine précisément j’avais foutu un chaos totale dans une pièce des catacombes avec Cassidy pour une histoire de vengeance. Il n’avait pas besoin d’entendre ça et de toute manière, ça ne le concernait pas vraiment, même si à la base, j’étais descendu là pour lui.
Je lui offris un sourire néanmoins.


- Mais bon, c’est de l’histoire ancienne tout ça. T’as réussi à survivre, t’as encore réalisé l’impossible et te revoilà parmi nous. Les autres vont être fous de joie de l’apprendre. Et je voudrais bien leur apprendre la nouvelle, mais…

Je m’interrompis, hésitant à lui poser les questions qui planaient dans mon esprit depuis trop longtemps. Peut-être était-il trop tôt, mais…

- Tu te souviens quoi au juste de cette nuit là? Parce que moi… J’ai n’ai eu aucune information sur ce qu’il s’est passé. Tu connais ton agresseur?
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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Dim 28 Avr 2013 - 20:00

Est-ce que c’est conscient ou pas ? A vrai dire c’est assez difficile à trancher puisque d’après les derniers ressentis dont je me souviens alors que j’avais encore les yeux fermés, c’était que je n’avais pas envie de les ouvrir justement. Et pourtant je l’ai fait, pour mon frère, encore une fois. Pourquoi lui et pas quelque un d’autre ? Pourquoi pas Kyle ? Dans le fond tout ça doit avoir une logique, ou peut être pas, mais c’est comme ça. J’ai ouvert les yeux pour lui, deux fois, et je sais au fond de moi que je ne l’aurai sans doute pas fait pour une autre personne. Une intime conviction. Enfin bref, peu importe, j’ai connu mieux niveau forme olympique et je crois pas que je suis prêt de remonter sur une de mes planches quand je vois à quel point j’ai déjà du mal à bouger les jambes tout en étant allongé, ou plutôt à moitié assis, sur un lit d’hôpital, enfin d’infirmerie plutôt mais au final ça en revient presque au même. J’imagine que ça devrait me décevoir, mais non, pour ça non plus aucune … émotion particulière. En revanche j’ai besoin de comprendre et de savoir certaines choses. J’ai voulu regarder l’heure, par réflexe mais ma montre n’est pas à mon poignet, tout comme ma chaîne n’est pas autour de mon cou. Il me faut quelques secondes pour remettre les choses en ordre dans la tête mais ça revient rapidement, et je sais très bien où les trouver si je veux les récupérer. Ça pourrait, étant donné leur provenance, mais paradoxalement ça n’est justement pas le cas. C’est presque comme si je ne voulais pas les voir non plus. Trop de souvenirs. Trop de douleurs. Trop de … juste trop. Quant au reste, verdict ?

« On est dimanche après midi. Le 22 juin. 2014 évidemment. C’est donc dire que t’as été dans le coma pendant 9 jours. Enfin, ça allait faire 9 jours ce soir. Parce qu’au cas où tu ne t’en souviendrais plus, t’es tombé dans la nuit du vendredi le 13 juin à la suite d’une bagarre avec un autre loup. Et comment t’es arrivé ici, je ne le sais pas. C’est le samedi, au petit matin que Stoneheaven est venu m’avertir de ton état et de la bagarre qui avait eu lieue. J’ai pas pensé à me renseigner sur le coup et même après… Tu étais là, ici, en sécurité. Pour moi, c’était tout ce qui comptait. »

Neuf jours, c'est plus que la dernière fois ça. Beau palmarès Enzo, la prochaine fois tu tiendras peut être deux semaines entière, mais de toute façon la championne toute catégorie c'est Sovahnn, et je sais, ça n'est absolument pas drôle. Si je pensais à voix haute, le cynisme serait clairement évident. Je suis tombé … Quelle drôle d'idée d'employer ces mots là, j'ai l'impression d'avoir fait la guerre. Dans le fond ils sont justes, je dis pas, c'est simplement que je les trouve étranges casés ici. Un vendredi 13 donc, tellement prévisible. Qui a dit que ça portait la poisse ? Je ne vois pas du tout pourquoi. Pur hasard de toute façon, je ne suis pas superstitieux. Hors de question que je me mette à avoir des chats noir juste parce qu'un type a décidé de me refaire le portrait un vendredi 13. Et puis qui sait, peut être qu'on était déjà le 14 quand c'est arrivé, non ? C'est donc Ismaelle qui l'a prévenu, tout ce que j'espère c'est qu'elle n'a pas risqué sa vie pour venir me chercher. Je pourrais dire que ça serait pareil si c'est elle ou quelqu'un d'autre mais c'est faux alors autant être honnête même si ça n'est qu'avec moi même puisque ces mots là ne franchiront surement pas la barrière de mes lèvres. Il me reste un soupçon de conscience, il faut croire, parce que l'imaginer entrain de se balader en pleine nuit, pendant la pleine lune, au milieu de la Forêt, et dans son état, ça ne me plait clairement pas comme image. Pour le reste, je crois que je vais devoir attendre pour en savoir un peu plus, mais est ce que ça a de l'importance ? Surement. Peut être.

« Et oui, tout le monde va bien même si les sourires sont assez rares ces temps-ci. J’ai pas vu Jill depuis qu’elle est arrivée en même temps que Johnson et Cassidy le samedi matin. Ils sont débarqués pas très longtemps après moi et j’ai foutu le camp aussitôt. Pour les autres, tes amis et tout le reste, je sais pas. J’ai pas pris contact avec eux, comme ils ne l’ont pas fait avec moi. J’ai fuis tout le monde, un peu comme la première fois… Celle de l’accident… »

Toi et moi, on est vraiment des gros cons, il faut que tu le saches. Pourquoi tu l'as laissé toute seule alors qu'elle a surement eu besoin de toi ? Hein ?! Je sais que t'as la tête sur les épaules Jill, mais je sais aussi que t'as besoin de lui seulement c'est un Ryans, et on fait les choses de travers. On est pas capable de vivre la souffrance avec les gens qu'on aime, on s'isole et on fait du mal aux autres. J'aurai réagis exactement de la même manière si les rôles avaient été inversés, j'en mettrai ma main à couper. Tout ça ce sont des noms que j'ai sciemment mis de côté, des visages que j'ai essayé de ne pas visualiser, mais l'entendre les prononcer me donne comme une sorte d'électrochoc, comme si on me mettait devant le fait accomplis. Le monde c'est arrêté de tourner pour moi pendant 9 putain de jours, et naturellement ça me fait culpabiliser mais ça ne changera rien. Et ne me parle pas de l'accident. J'ai pas envie d'y penser, plus envie de penser à rien.

« Mais bon, c’est de l’histoire ancienne tout ça. T’as réussi à survivre, t’as encore réalisé l’impossible et te revoilà parmi nous. Les autres vont être fous de joie de l’apprendre. Et je voudrais bien leur apprendre la nouvelle, mais… »

De l'histoire ancienne … Malheureusement non, je ne crois pas. Pas pour moi en tout cas. J'ai pas oublié et je ne suis pas près d'oublier ce qui s'est passé cette nuit là, ni les jours d'avant. Mon corps se remet, soit, mais mon esprit est en plein chaos, je le sens bien. Y a rien de stable chez moi, j'étais déjà pas franchement le mec le plus stable de la terre avant mais cette fois c'est pire. Trop a encaisser, depuis trop longtemps. Trop de rancœur, trop de colère, trop questions, trop, encore et toujours trop. Alors non, ça n'est pas de l'histoire ancienne. J'ai peut être dormi 9 jours, mais ça ne m'a pas reposé, ça ne m'a pas apaisé non plus et ce que j'ai vécu, il y a autant de jours, voir même plus pour certaines choses, et bien c'est comme si c'était arrivé hier justement. L'impossible … Si tu savais à quel point je me sens amer vis à vis de tout ça. Pour moi à l'heure actuelle c'est juste une grosse blague et j'ai l'impression de ne rien avoir à foutre ici. Je dis pas que j'aurai préféré crever, c'est pas ça, c'est juste … j'en sais rien, je me sens pas à ma place, c'est tout. Elle où cette foutue place ? Ça c'est un autre débat. Juste, pas ici. Pas en tant qu'être humain. Pas en tant que Loup non plus. Qui ? Où ? Peut être en Enfer, mais est ce qu'on n'y est pas déjà de toute façon ? Parmi vous, ça j'en suis pas si sur. Physiquement, oui, peut être, mais dans ma tête je suis à des millier de kilomètres, complètement out of space, et même l'idée de les voir heureux de me savoir bien vivant et de retour n'arrive pas à me faire me sentir mieux. J'ai juste envie de foutre le camp, de partir loin, de tirer un trait sur tout ça.

« Tu te souviens quoi au juste de cette nuit là? Parce que moi… J’ai n’ai eu aucune information sur ce qu’il s’est passé. Tu connais ton agresseur? »

Nous y voilà. L’instant de vérité, ou bien celui où je prétends ne rien comprendre, ne rien savoir ou carrément avoir tout oublié. Oui, je dois l’admettre, j’y ai pensé, mais seulement l’espace de quelques secondes parce que comme souvent faire face à la vérité, mettre des mots dessus, ça me fait peur. Tout comme je ne saute pas au plafond à l’idée de raconter à mon frère que depuis des mois je lui cachais tout ça, et qu’en plus de ça, ce type est responsable de la mort de nos parents. Pourtant je le dois. Je le lui dois.

« Oui. Plutôt bien même. »

Tu m'étonnes … Même si c'était plutôt lui qui me connaissait le mieux. Et voilà, encore un putain de grondement que je n'arrive pas à retenir alors que je sens mon regard se perdre dans le vague tandis que mes poings se ferment autour des draps que j'ai remis sur mes jambes. Reviens sur terre, t'as un truc à faire et plus vite ça sera fait, mieux ça sera.

« Reste assis Derek, c'est mieux, et ne m'interromps pas s'il te plait parce que ce que je m'apprête à te raconter ne va surement pas être une partie de plaisir, ni pour toi, ni pour moi. »

Je ne sais même pas par où commencer … Et puis merde, on verra bien comment ça sort, le tout c'est de se lancer.

« Ça fait des mois qu'il était sur mon dos. Il m'a pourri la vie, il vous a tous menacé alors je lui ai dit que je ferai ce qu'il voudrait pour qu'il vous foute la paix, mais ça n'a pas vraiment bien fonctionné. En plus avec mon sale caractère, c'était impossible pour moi de m'écraser devant ce type. »

Je ne peux pas me soumettre devant qui que ce soit, c'est comme ça, et si je ne le fais pas devant Jakob c'est certainement pas devant un mec comme lui que je l'aurai fait même si j'étais près à n'importe quoi pour protéger les miens.

« Il s'appelle – s'appelait – Taylor, c'est tout ce que je sais vraiment de lui. Il a débarqué ici il y a quelques mois et il a décidé de faire de moi son larbin. A cause de lui j'ai mordu Kyle, c'est pour ça qu'on s'est séparé en mars, et j'entrerai pas dans les détails mais si j'avais déjà des envies de meurtres le concernant, après ça c'était encore pire. Il s'est amusé avec moi, à chaque pleine lune, et entre. On s'est battu plusieurs fois et un jour il a fini par me dire qu'il m'avait créé. C'était lui, le jour de l'accident, c'est lui qui m'a mordu et pendant deux ans il m'a laissé dans mon coin avant de revenir réclamer son « droit » de faire de moi ce qu'il voulait. Il s'est approché de grand mère pour savoir où me trouver et ça ... »

Ça ne passe pas. La simple idée de l'imaginer rodant autour d'elle sans qu'elle ne se rende compte de rien, sans qu'elle ne se méfie de lui, ça me rend malade. Il ne lui a rien fait, il me l'a dit, et ça n'est pas que je le crois mais j'ai eu de ces nouvelles, à elle, depuis. On ne touche pas à ma famille !

« Ce qui s'est passé cette fois c'est qu'il … il m'a enchainé dans les cachots, comme une putain de bête sauvage, et il s'est barré supposant me laisser crever parce que les entraves m'empêcheraient de me transformer sauf que ça ne s'est pas passé comme ça. Quelqu'un m'a libéré. »

Ce quelqu'un je vais le garder pour moi, si tu n'y vois pas d'inconvénient. De toute façon ça n'a pas le moindre intérêt pour toi dans cette histoire.

« Avant de partir il m'a avoué un truc … un truc qui … c'est de sa faute Derek, si nos parents sont morts. Il s'est jeté entre le camion et la voiture, le camion a du vouloir l'éviter, papa a évité le camion et on a dévalé le ravin. J'ai été éjecté, pendant la chute, il m'a trouvé, il m'a mordu, papa et maman sont morts. Ils sont morts juste parce qu'il s'emmerdait, parce qu'il venait de tuer son dernier jouet et qu'il lui en fallait un autre. Il a dit qu'il voulait me tuer aussi, au départ, que ce sont mes cris et l'odeur de mon sang qui l'ont alerté et au lieu de ça il a décidé de me sauver, pour pouvoir m'imposer sa volonté plus tard ou un truc du genre, sauf qu'on a foutu le camp en Angleterre pas longtemps après. »

Encore des supers souvenirs.
Et faut pas que je m'arrête.

« Je pouvais pas le laisser vivre sachant ce qu'il a fait. Je pouvais pas le laisser vivre sachant qu'il menaçait tous mes proches, toi y compris. Alors j'ai foncé, tête baissée, j'ai arraché la gorge de l'enfoiré qui a joué avec Kyle et moi plusieurs fois, j'ai poussé un autre type par la fenêtre pour pouvoir sortir et j'ai traqué Taylor jusqu'à ce que je le retrouve. Il avait tué un autre loup juste avant, et blessé encore un autre, moi j'étais totalement hors de contrôle et quand bien même je n'aurai pas pu faire autrement alors on s'est battu, et j'ai cru qu'il allait m'avoir mais finalement la situation s'est retournée et j'ai senti sa nuque se briser entre mes crocs. Après, c'est le trou noir. »

Dans ma tête je revis le fil de tout ça et je ne pense qu'à une chose : Le faire souffrir, encore, et encore, et encore.

« T'as le droit de m'en vouloir de t'avoir caché tout ça, et aussi d'avoir risqué ma vie, mais j'aurai jamais pu laisser ce type s'en sortir comme ça après tout ce qu'il a fait à notre famille. »

Et oui, j'inclue Kyle dedans, même si … Peu importe.

Il a ruiné nos existences, il a décidé pour nous de tout ce qui nous est arrivé depuis ce foutu 8 mars 2012 et même si certains trucs sont positifs, à l'heure actuelle ils ne pèsent pas assez lourd dans la balance. Pas pour moi en tout cas. Je ne regrette pas ce que j'ai fait et je ne le regretterai jamais, peu importe ce que ça me coûtera. La vérité, c'est que je suis presque certain que tu ne m'en voudras pas pour ça, mais plutôt de ne pas t'avoir donné l'occasion d'avoir toi aussi ta part du gâteau.
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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Jeu 2 Mai 2013 - 22:14

J’avais été l’heureux chanceux qui avait su avant tout le monde que mon frère se trouvait de nouveau parmi nous : c’était un beau cadeau qu’il m’offrait là même si je voyais qu’il avait l’air… Bizarre. La première fois ça avait été normal, avec toutes ces mauvaises nouvelles qui lui étaient tombés sur le coin de la gueule dès son réveil, mais là… Qu’il soit un peu perdu et sonné au départ je peux le comprendre, mais j’espérais qu’il serait plus content que ça de me voir là. Au premier coup d’œil, il avait l’air presque déçu de s’être éveillé. Du moins, c’était la perception que j’en avais. Peut-être aussi que c’était simplement une illusion, puisqu’après tout ça ne faisait que quelques minutes, mais… Le plus étrange était qu’il n’avait pas encore mentionné Kyle. Je m’attendais à ce qu’il me demande où il était et comment il allait, mais il avait préféré garder le silence sur son compte. Pas que ça changeait quelque chose à ma vie, mais en sachant à quel point il était attaché à son moldu, le manque de question le concernant me surprenait.
Quoi qu’il en soit, je n’avais pas perdu de temps pour tenter d’avoir des réponses à ce qu’il s’était passé cette nuit là. Ça me rongeait depuis une semaine et puisqu’il semblait être le seul à pouvoir m’éclairer un peu… J’avais conscience que j’allais peut-être un peu vite, mais tant qu’à continuer à patauger dans l’inconnu, aussi bien l’apprendre le plus tôt possible. Et puis… Il devait bien se douter que ce genre de questionnement arriverait tôt ou tard. Surtout avec son grand frère.


- Oui. Plutôt bien même.

Cette simple réponse inaugurait plutôt mal. Quoi que je m’en doutais un peu, sans trop savoir pourquoi. Je n’avais eu aucun indice qui m’aurait prouvé le contraire, et pourtant…
Sa réaction en disait long aussi. Je crus entendre un grondement animal sortir de sa gorge et il me semblait tendu tout d’un coup, comme si les souvenirs de cette fameuse nuit lui revenaient brutalement en mémoire. en quelque part, j’étais responsable de ce nouvel état dans lequel il se sentait, puisque je voulais lui tirer les ver du nez. Est-ce que je me sentais mal pour tout ça? Pas du tout : j’étais très impatient de connaître la suite. Si ça se trouvait, peut-être que je le connaissais moi aussi et que ce connard m’était passé sous le nez sans que je m’en aperçoive.


- Reste assis Derek, c'est mieux, et ne m'interromps pas s'il te plait parce que ce que je m'apprête à te raconter ne va surement pas être une partie de plaisir, ni pour toi, ni pour moi.

Je fronçai aussitôt les sourcils, surpris de ce genre de réflexion.
Allais-je être assez en colère sur ce qu’il avait fait à mon frère pour que je pète de nouveau un câble? Du moins, c’était comme ça que je le sentais.
J’hochai néanmoins la tête, réceptif à sa demande : j’allais garder le silence et rester sagement assis sur ma chaise jusqu’à temps qu’il ait terminé. De son côté, il semblait chercher ses mots, comme s’il ignorait comment m’expliquer la chose, ou comme s’il… Je ne savais pas trop, c’était assez bizarre en fait.


- Ça fait des mois qu'il était sur mon dos. Il m'a pourri la vie, il vous a tous menacé alors je lui ai dit que je ferai ce qu'il voudrait pour qu'il vous foute la paix, mais ça n'a pas vraiment bien fonctionné. En plus avec mon sale caractère, c'était impossible pour moi de m'écraser devant ce type. Il s'appelle – s'appelait – Taylor, c'est tout ce que je sais vraiment de lui. Il a débarqué ici il y a quelques mois et il a décidé de faire de moi son larbin. A cause de lui j'ai mordu Kyle, c'est pour ça qu'on s'est séparé en mars, et j'entrerai pas dans les détails mais si j'avais déjà des envies de meurtres le concernant, après ça c'était encore pire. Il s'est amusé avec moi, à chaque pleine lune, et entre. On s'est battu plusieurs fois et un jour il a fini par me dire qu'il m'avait créé. C'était lui, le jour de l'accident, c'est lui qui m'a mordu et pendant deux ans il m'a laissé dans mon coin avant de revenir réclamer son « droit » de faire de moi ce qu'il voulait. Il s'est approché de grand mère pour savoir où me trouver et ça ...

Au fur et à mesure qu’il avançait dans son discours, je devenais complètement abasourdi par ce que j’entendais. Comment était-ce possible…? Comment ce type avait fait pour le retrouver alors que l’accident s’était passé alors qu’on habitait encore en Australie et que nous étions maintenant en Écosse, deux ans plus tard? Et puis il était qui pour prendre mon frère comme étant son… Esclave ou je ne sais quoi encore…? Ce n’était pas comme ça que ça fonctionnait entre lycanthrope, du moins de ce que j’en savais…
Mais quand j’appris qu’il avait approché notre grand-mère pour justement savoir où Enzo se trouvait, je me crispai aussitôt, m’attendait au pire. L’avait-il tué sans qu’on le sache?


- Ce qui s'est passé cette fois c'est qu'il … il m'a enchainé dans les cachots, comme une putain de bête sauvage, et il s'est barré supposant me laisser crever parce que les entraves m'empêcheraient de me transformer sauf que ça ne s'est pas passé comme ça. Quelqu'un m'a libéré. Avant de partir il m'a avoué un truc … un truc qui … c'est de sa faute Derek, si nos parents sont morts. Il s'est jeté entre le camion et la voiture, le camion a du vouloir l'éviter, papa a évité le camion et on a dévalé le ravin. J'ai été éjecté, pendant la chute, il m'a trouvé, il m'a mordu, papa et maman sont morts. Ils sont morts juste parce qu'il s'emmerdait, parce qu'il venait de tuer son dernier jouet et qu'il lui en fallait un autre. Il a dit qu'il voulait me tuer aussi, au départ, que ce sont mes cris et l'odeur de mon sang qui l'ont alerté et au lieu de ça il a décidé de me sauver, pour pouvoir m'imposer sa volonté plus tard ou un truc du genre, sauf qu'on a foutu le camp en Angleterre pas longtemps après. Je pouvais pas le laisser vivre sachant ce qu'il a fait. Je pouvais pas le laisser vivre sachant qu'il menaçait tous mes proches, toi y compris. Alors j'ai foncé, tête baissée, j'ai arraché la gorge de l'enfoiré qui a joué avec Kyle et moi plusieurs fois, j'ai poussé un autre type par la fenêtre pour pouvoir sortir et j'ai traqué Taylor jusqu'à ce que je le retrouve. Il avait tué un autre loup juste avant, et blessé encore un autre, moi j'étais totalement hors de contrôle et quand bien même je n'aurai pas pu faire autrement alors on s'est battu, et j'ai cru qu'il allait m'avoir mais finalement la situation s'est retournée et j'ai senti sa nuque se briser entre mes crocs. Après, c'est le trou noir.

Si j’étais d’abord abasourdi, là c’était encore pire.
Aussitôt qu’il avait davantage évoqué le souvenir de nos parents, c’était comme si il y avait eu un énorme bourdonnement près de mes oreilles, m’empêchant d’entendre correctement la suite. Je n’arrivais pas à croire que c’était un espèce de salopard qui était venu enlever la vie de nos parents simplement parce qu’il « s’emmerdait ». Si je pensais que j’étais le pire connard de toute la Terre, je savais maintenant qu’un mec avait été pire que moi. Il avait détruit une famille au grand complet simplement pour se trouver un « nouveau jouet » avec qui il passerait du temps. Ce jouet en question c’était mon frère, avec qui il avait passé beaucoup de temps semblait-il. Et si j’avais saisi le tout, il me cachait ça depuis plusieurs mois, puisqu’il semblait être assez « près » si l’on veut, de son agresseur. Ou plutôt du salopard qui avait tué nos parents…
Il me fallu toute ma concentration pour ne pas me mettre à trembler de la tête aux pieds, tandis que la colère me gagnait. C’était inutile : de toute manière, il était déjà mort. Il venait de le confirmer. N’empêche que j’aurais bien aimé lui voir sa gueule d’enfoiré juste pour l’éclater moi aussi. Après tout… Il était celui qui était responsable de tout ce qui était arrivé durant ces deux dernières années. La mort, la solitude, le déménagement, la perte totale de repère, la bestialité de mon frère et toutes les autres merdes qui nous sont tombés sur le coin de la gueule. Ouais j’aurais bien aimé le voir juste une fois pour pouvoir savoir de quoi il avait l’air…


- T'as le droit de m'en vouloir de t'avoir caché tout ça, et aussi d'avoir risqué ma vie, mais j'aurai jamais pu laisser ce type s'en sortir comme ça après tout ce qu'il a fait à notre famille.

Je serrai les poings avant de baisser la tête et de fermer les yeux, le temps d’encaisser toutes ces nouvelles qui me tombaient sur la tête. Si la première fois c’était moi qui avais du tout déballé, le contraire se produisait cette fois-ci : c’était comme si l’on m’apprenait une deuxième fois qu’ils étaient morts. C’était un peu le cas en fait. Sauf que je n’étais pas triste : j’avais juste envie de tout démolir comme lorsque j’avais appris pour mon frère. Tout comme lorsque j’avais appris pour eux la première fois. Il fallait croire que j’avais le dos large, parce que franchement, je ne recevais que des mauvaises nouvelles depuis un sacré bout de temps. Oh il y en avait eu quelques bonnes, mais malheureusement, elles ne semblaient pas contre balancer avec le reste.
Je préférai donc garder le silence durant quelques instants, me disant que tout était déjà fait et que je pète une crise ou pas, ça ne changerait absolument rien au fait qu’ils étaient morts et lui aussi désormais. Ça ne servait à rien de m’en prendre à Enzo puisque si j’avais été à sa place, j’aurais exactement agi de la même manière. On n’était pas frères pour rien. Mais peut-être aurais-je été mieux de ne rien savoir de tout ceci. En quelque part, ça ne m’aurait pas autant atteint et j’aurais continué de croire que c’était un simple accident de voiture et qu’il s’agissait d’un bon samaritain qui voulait sauver la vie d’un adolescent sur le bord de mourir. Les mensonges auraient fait moins mal que la vérité qui s’affichait à moi aujourd’hui.

J’ouvris les yeux, relevai finalement la tête et relâchai la tension que je maintenais dans mes muscles. J’eus un profond soupir avant de finalement regarder mon frère.


- Sale histoire.

Que pouvais-je dire d’autre de plus?
Il fallait continuer à aller de l’avant puisque cet épisode de notre vie semblait être clos désormais, bien que je croie qu’il l’était depuis un bon moment déjà. Mais non, le malheur aimait trop les Ryans apparemment.


- C’est sûr que j’aurais préféré que tu m’en parles, mais… Une partie de moi aurait préféré ne jamais savoir. Mais bon je t’ai demandé, tu m’as répondu et… Voilà, c’est la vie. Ce salaud est mort et… On peut maintenant faire le deuil de nos parents. Toi tu vas retrouver ta vie « normale » avec ton loup, ton moldu et tout le reste et moi… Je vais continuer de faire comme je fais toujours. Aller de gauche à droite en affichant ma belle gueule à tout le monde.

Je lui offris un petit sourire, même si pour le coup, je n’avais pas vraiment envie de rire.
La bonne humeur semblait être éphémère chez moi depuis quelques temps. Si j’étais très heureux au départ en voyant mon frère s’extirper de son coma, là c’était tout le contraire. Pas que j’étais en colère de le voir parmi nous (bien au contraire), mais le reste m’avait inspiré toutes autres émotions assez contradictoires.


- T’as dit qu’il avait approché grand-mère… Lui est rien arrivé au moins?

Parce que si c’est le cas, je vais commettre un autre meurtre et j’ai déjà les mains taché de sang…
Mais non. Il me rassura en me disant qu’il ne lui était rien arrivé : plus de peur que de mal. Heureusement. Parce que deux membres c’était déjà pas mal, un troisième ça n’aurait pas été très… Enfin. Tout allait bien pour elle désormais, puisqu’il ne serait plus la pour venir la tétaniser et la menacer pour avoir son petit fils lycanthrope.

Un petit silence planait de nouveau dans la pièce et franchement, j’ignorais quoi lui dire de plus, ayant soudainement l’envie de me retrouver seul. Encore. Parce que j’avais besoin de frapper sur quelque chose en m’imaginant la tête de ce type. Parce que je devais vivre mon deuil une deuxième fois. Pour une foule de raisons en fait. Et je n’avais pas envie d’éclater devant mon frère. C’était déjà assez pénible pour lui, inutile d’en rajouter davantage.
Le son de cloche sonna lorsque j’entendis la porte ouvrir dans mon dos. Je me retournai sans me lever pour voir Johnson et Stoneheaven qui débarquaient dans la pièce, l’air assez joyeux : ils ne m’avaient pas remarqué et encore moins Enzo qui était désormais éveillé.
Mais c’était provisoire, bien entendu. Johnson avait relevé les yeux vers moi.


- Derek tu… En…

Il n’eut pas de terminer le prénom qu’il accourait déjà vers lui, les deux bras tendu comme s’il venait réclamer un jouet attendu ou un gros festin. Mais il ralenti sa course aussitôt arrivé près du lit et je vis de grosses larmes de crocodile rouler sur ses joues. C’est à ce moment là que je me levai en roulant des yeux et j’offris un dernier sourire à mon frère.

- Aller j’y vais moi. Prend soin de toi petit con. Et la prochaine fois, viens me parler un peu plus tôt, okay?

Je tournai les talons, offris un signe de tête à Stoneheaven avant de définitivement sortir de la pièce.

Pour me rendre où?
Dans un endroit où personne ne me trouverait.
Dans un endroit où je pourrai frapper jusqu’à ce que les jointures veuillent m’exploser. Parce que j’avais encore toute une rage qui avait envie de sortir, là, maintenant.

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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Sam 4 Mai 2013 - 2:54

J’aimais bien revenir sur de vieux souvenirs. C’était toujours agréable de se remémorer le passé, en particulier lorsque l’on y revenait avec un peu de recul. Sur le moment, ce n’est jamais drôle, pas souvent agréable, enfin ça dépendait du sujet, des personnes avec qui on avait vécu le truc, mais après coup, on se dit que ce n’était pas si mal. Ça ne nous avait pas tués. Au contraire : la majorité du temps, ces petits moments existaient pour nous rapprocher. Comme ça avait été le cas entre lui et moi. Notre première rencontre s’était plus ou moins bien passé, mais heureusement qu’elle avait eu lieue, car autrement, peut-être qu’on ne s’aurait jamais vu autrement. Enfin… Peut-être dans d’autres circonstances, mais… Pour rien au monde je n’échangerais ce petit moment que j’avais avec lui, même si ça avait tout d’étrange. Lorsqu’on le connaissait mieux, on savait pourquoi il était nu en dessous de l’arbre. On comprenait aussi pourquoi sur le moment il avait été aussi faible et pourquoi il n’avait pas sa baguette avec lui. On savait aussi pourquoi il agissait de manière si… Détachée, presque agressive par moment. Mais bon, tout ça était loin à présent. N’empêche que raconter tout ça à Ismaelle était assez spécial. Elle nous connaissait depuis le début de notre relation et pourtant, jamais nous ne parlions de nous à elle, tout comme elle gardait aussi son intimité de son côté. Après tout elle était une adulte, Enzo était son étudiant et moi j’étais… L’intrus dans l’équation qui était dans le mauvais monde. Ça n’empêchait pas qu’une amitié avait finie par se forger entre nous trois et que les circonstances que nous traversions nous rapprochaient davantage, ouvrant donc cette partie un peu « cachée » de notre existence.
Et si habituellement je prenais plaisir à me remémorer ces souvenirs, c’était plus ou moins le cas cette fois-ci. Je ne voulais pas craquer encore une fois, mais je n’avais pu retenir mes larmes de couler. J’ignorais même qu’il m’en restait après tout ce temps qui commençait à peser lourd sur mes épaules. De nouvelles pensées noires m’avaient aussitôt envahi en plus, comme si ce n’était pas déjà assez. J’étais incapable de rester sur un petit nuage de bonheur plus de dix minutes et la chute était vertigineuse, brutale.

Ismaelle m’avait attrapé la main et j’avais tout naturellement relevé le regard vers elle, bien que je la voie légèrement embrouillée.


- Tu n'es pas seul Kyle, j'espère que tu le sais. Tu as des amis ici, des gens qui tiennent énormément à toi et qui ne t'abandonneront pas. Et j'en fais partie.

J’hochai la tête de manière machinale, bien que je sache qu’elle avait parfaitement raison sur ce point.
Après tout ce temps passé ici, j’avais eu l’agréable surprise de faire des rencontres surprenantes qui se sont transformées en rapprochements, en amitié. Il y avait d’abord eu Lui, puis Cameron qui se révèle maintenant comme étant mon super héro, le grand frère cool que je n’avais jamais eu. Puis Jillian avec qui les choses s’étaient légèrement embrouillées pour reprendre leur cours normal. Puis le retour vraiment inattendu de Billy, bien que je le voie plus ou moins, j’avais toujours une pensée pour mon premier meilleur ami. Et encore d’autres qu’Enzo m’avait fait connaître. Ce n’était pas comme lorsque j’étais en Amérique : ce Kyle là, celui qui racontait tout à un vieux phare avait fini par grandir, par évoluer. Il avait maintenant des amis. Peu nombreux, certes, mais des gens sur lesquels il pouvait compter et en qui avoir confiance. Et s’il venait à…

Ses mains lâchèrent la mienne pour venir toucher du bout des doigts la chaîne que je portais dans mon cou depuis un petit bout de temps maintenant. Ce n’était pas n’importe quel bijou.


- C'est à lui ça, non ?
- Oui. Ça et la montre que je porte. Il me les donne avant chaque transformation pour ne pas qu’ils soient brisés. Il tient beaucoup à ces deux objets…


Et je les garderai sur moi aussi longtemps qu’il le faudra.
Même s’il vient à…


- Tu sais, je me souviens de la première fois que je vous ai vu tous les deux. C'était … je ne sais plus vraiment quand exactement, en début d'année dernière je crois. Près du Lac, un soir. Je cherchai Fenrir et j'ai aperçu la grande carcasse d'Enzo – qui n'était pas si grand à l'époque d'ailleurs, mais qu'est ce qu'il mange pour avoir grandi aussi vite en si peu de temps – un peu plus loin. Au départ je n'ai pas vraiment fait attention mais en me rapprochant je me suis rendu compte qu'il n'était pas tout seul, et je t'ai reconnu. On s'était rencontrés pas longtemps avant toi et moi, tu te souviens ? T'avais débarqué aux enclos, je t'avais présenté Mila, on avait discuté un peu et tu t'étais enfuis comme un voleur après m'avoir posé des questions sur les Garous. J'aurai du vous dire de rentrer ce soir là, ne pas vous laisser rester dehors, c'était totalement irresponsable de ma part mais … je ne sais pas, ça ne m'a pas effleuré l'esprit. Enzo était tellement solitaire à l'époque et même si j'avais cru remarquer un certain rapprochement entre Jillian et lui quelques temps plus tôt, je me disais que quelqu'un comme toi dans son environnement ça ne pouvait que lui être bénéfique. C'est stupide, parce que de loin comme ça je ne pouvais absolument pas juger de ce qu'il se passait mais je me suis mise dans le crane que vous étiez amis, et que c'était une bonne chose. Le fait que quelqu'un arrive à l'approcher comme ça, c'était … un peu nouveau. Quand vous vous êtes éloignés, quelque chose m'a frappé, entre vous deux. Je vous ai trouvé proches, et maintenant je comprends mieux pourquoi évidemment mais sur le moment, ça m'a simplement un peu surprise puis j'ai décidé de fermer les yeux sur tout ça et je suis rentrée.

De nouveaux souvenirs évoqués. De très bons d’ailleurs.
Je me souvenais parfaitement lorsque j’avais vu Ismaelle pour la première fois, peu de temps après qu’Enzo m’ait fait visiter la salle de bain des Gryffondors. Je me souvenais également de l’animal invisible qui était aussi une toute autre découverte pour moi. Et bien sûr que je me rappelais de la manière dont j’étais rapidement parti après avoir appris toutes ces choses sur les lycanthropes. D’ailleurs, j’agissais encore de la même manière aujourd’hui lorsqu’un truc me faisait peur ou que je n’avais pas envie de parler de quelque chose : Cameron commençait à le savoir ça. Par contre, je fus surpris d’apprendre qu’elle nous avait vu avant, de manière aussi proches. Ce soir là… La première fois où… La soirée la plus magique de ma vie, même si elle s’était légèrement mal terminée en ce qui me concernait. Mais tout ça était loin maintenant et je préférais m’attarder sur ce qui s’était passé à l’extérieur. Il avait été tellement mignon cette fois-là…


- C'est Derek qui m'a permis de comprendre que je ne m'étais pas fait des idées. Quel petit con celui là quand il s'y met, même s'il a visiblement grandi dans sa tête ces derniers temps.

Je fronçai légèrement les sourcils en m’essuyant les joues du revers de la main.
Derek?! Ils nous avait donc vu lui aussi?


- Enfin bref, ce que je veux dire c'est que vous en avez fait du chemin tous les deux, et tu l'as dit toi même vous avez évolué ensemble. C'est une belle histoire, et pour l'instant on n'en connait pas la fin alors … tourne les pages une par une, et concentre toi sur l'instant présent. Tu veux rentrer ?

Elle avait raison, encore une fois.
Je devais arrêter de me tourmenter et laisser le temps filer. Ne pas trop entrevoir alors qu’il ne s’est rien passé pour l’instant. Le temps déciderait pour nous et j’accepterai le verdict, quel qu’il soit. Après tout… Ce n’était peut-être pas aussi terrible de ce que je m’attendais. Si ça se trouverait, il ouvrirait les yeux cette nuit.


- Oui je crois que l’on devrait y aller. Il me manque déjà.

Je lui fis un sourire auquel elle me répondit. Elle siffla de nouveau et l’énorme cheval ailé vient nous rejoindre dans les secondes qui suivirent. Une fois de plus, nous montâmes sur l’animal qui se mit en vol avant de se diriger de nouveau vers le château. Agrippant de nouveau les hanches de l’enseignante, je regardai pour une dernière fois le magnifique paysage qui s’offrit à moi. Le vent frais mêlé à l’altitude me faisait un bien fou et je profitai de ces instants de pure liberté pendant qu’il en était encore temps. Une chose était certaine : j’allais certainement demander à Ismaelle de refaire un tour un jour. Lorsqu’elle aurait accouché.
Plutôt que de revenir devant la fenêtre de l’infirmerie comme il l’avait fait plutôt, l’animal se posa sur une partie du toit assez plate, de manière à ce que nous ne risquions pas de tomber. Elle caressa un peu le cheval et je fis pareil avant qu’il nous abandonne pour repartir vers le bas. Par la suite, nous nous sommes engouffrer vers une fenêtre qui était toute grande ouverte et nous nous retrouvions dans l’un des corridors du septième étage. Je tournai la tête vers elle alors que nous nous dirigeons vers l’infirmerie.


- Merci beaucoup pour ce petit tour et cette petite discussion. C’est plutôt agréable de voler dans les airs. C’est vraiment un truc à refaire. Et puis… Merci aussi pour ces souvenirs. C’était bien de pouvoir partager ça avec toi.

Je lui offris de nouveau un sourire.
Ce n’était pas parce qu’elle était enseignante que nous ne pouvions pas être amis. Il y avait une différence d’âge (bien que j’ignorais le sien), mais Ismaelle restait tout de même assez jeune dans son cœur. De plus, elle avait été présente et beaucoup plus qu’utile dans certaines situations et jamais je ne pourrai assez la remercier de sa patience et de son dévouement. Nous avions beaucoup de chance. Et Maxence en avait davantage que nous en étant le père de l’enfant qu’elle portait : il ferait une superbe famille, j’en étais persuadé.
Nous entrâmes dans l’infirmerie et nous nous dirigeâmes vers la fameuse pièce secrète de Maxence dans laquelle se trouvait Enzo. Nous n’étions pas partis longtemps et pourtant, mon cœur battait juste à l’idée de le revoir. Un peu comme si je m’attendais à une belle surprise, bien que je me doutais qu’il n’y avait pas du avoir du nouveau depuis mon petit bol d’air frais. Je poussai finalement la porte de la pièce et regardait partout autour comme je le faisais habituellement. Juste au cas qu’il y aurait d’autres personnes.
Puis, mes yeux se posèrent sur lui. Derek. Qui était là. Assis sur ma chaise habituelle.


- Derek tu… En…

Mon cœur eu un raté lorsque, avant même que j’aie terminé ma phrase, je me rendis compte qu’Enzo n’était plus allongé sur le lit. Il était là assit et il… Avait les yeux ouverts…

Sans prendre le temps de réfléchir une seconde de plus, j’accourrai vers le lit en tendant les bras dans un geste instinctif, mais je ralentis aussitôt arrivé près du matelas. J’avais bien envie de lui sauter dessus, mais c’était une très mauvaise idée. Je le regardai l’air surpris et heureux à la fois alors que mon cœur s’était de nouveau mis à battre et encore plus rapidement avant que je n’entre dans la pièce. Et sans que je ne les commande, de nouvelles larmes s’écoulèrent de mes yeux tant j’étais heureux de la vision que j’avais devant moi. Il était là, assis, à me regarder, moi. Il était réveillé… Enfin…


- Aller j’y vais moi. Prend soin de toi petit con. Et la prochaine fois, viens me parler un peu plus tôt, okay?

Et tandis que j’entendais les pas de Derek s’éloigner de nous, je lui offris un sourire tremblant tant l’émotion me submergeait. Mes yeux allaient de sa tête à ses pieds, des pieds à sa tête, comme si j’essayais de vraiment prendre conscience de ce qu’il se passait. Je tombai finalement à genoux puisque mes jambes ne semblaient visiblement pas être capables de prendre ce nouveau choc de bonheur qui m’envahissait. Sans lui demander la permission, j’attrapai doucement sa main avec les miennes avant de la porter à mes lèvres tremblantes.

- Merci, merci, merci, merci, merci…

Je murmurai ces paroles en fermant les yeux, déclenchant une nouvelle vague de larmes qui tombèrent sur mes joues déjà humides. Je couvris sa peau de petits baisers rapides et je pris une bonne inspiration, comme si je voulais enfermer son odeur dans mes narines. Ça pouvait sembler très animal, mais disons que c’était devenu… Une sorte de rituel entre nous. J’ouvris les yeux et les levai vers lui en déposant sa main sur ma joue.

- Tu m’as tellement manqué… J’ai tellement eu peur si tu savais… Je suis tellement content… Je crois que j’ai jamais été aussi heureux de ma vie… T’es revenu parmi nous…

J’eus un petit rire heureux, amusé.
Et dire que j’avais manqué son réveil… Tant pis. Maintenant il était là, bien réveillé et plus jamais il ne partirait. Du moins… Pas pour l’instant.


- Oh mon chéri… Dis-moi, comment tu te sens? As-tu besoin de quelque chose? Veux-tu voir les autres? Demande moi tout ce que tu voudras et tu l’auras.

Même la lune.
Si tu veux, j’irai te la décrocher et comme ça, tu pourras en faire ce que tu veux.

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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Sam 4 Mai 2013 - 10:38

Honnêtement, je pensais que ça serait plus difficile que ça à laisser sortir. Je ne dis pas que c’était une partie de plaisir, loin de là, et non je n’ai pas encaissé le choc ni accusé le coup, je ne suis pas calmé pour autant mais je viens de me réveiller d’un coma de 9 jours alors je suppose que ça aide à ne pas avoir les idées très claires. Je crois que je n’ai simplement plus envie de me battre, plus la force pour ça. Je n’ai plus envie de penser à toutes ces choses qui font mal, aux mauvais souvenirs et aux mauvais moments passés, mais je n’arrive pas non plus à m’accrocher aux bons. C’est comme si les uns n’allaient pas sans les autres et comme les mauvais – à l’heure actuelle – pèsent plus lourd dans la balance …

Derek m’a écouté du début à la fin et il ne m’a jamais interrompu. Bonne chose. A vrai dire je ne sais pas comment j’aurai réagit si ça n’avait pas été le cas et surtout je ne sais pas si j’aurai été en mesure de poursuivre mes explications après les avoir stoppé. Je l’ai vu se crisper quand j’ai évoqué grand mère, puis se liquéfier à mesure que je continuais jusqu’à ce que j’en vienne aux faits. Grosse claque, à n’en pas douter. En revanche pas la moindre réaction quand j’ai avoué avoir mordu Kyle, pas de questions non plus. Il n’était pourtant pas au courant, très peu le sont et je tenais à ce que ça reste comme ça jusqu’ici même si Derek n’est jamais rentré dans aucune case. Il a la sienne. Donc pas de questions, soit. A mon sens ça en soulevait quelques unes mais c’est tout aussi bien. Il doit d’ailleurs peut être s’interroger sur le fait que je ne l’ai pas mentionné une seule fois, enfin pas réclamé surtout. En temps normal c’est ce que je j’aurai fait et ça je suis intimement persuadé qu’on en a parfaitement conscience tous les deux. Quelques choses cloche, mais quoi ? La réponse est simple : Moi. Je ne sais pas si c’est de l’autoprotection ou un truc un plus complexe mais maintenant que c’est dit je ressens juste l’envie de tirer un trait sur ça et de ne plus jamais y repenser. Je me connais très bien sur certains points et je sais à quel point j’ai la capacité à coincer des trucs dans les recoins de mon esprit de façon à ce qu’ils ne m’atteignent pas. Le problème c’est qu’un jour où l’autre ils refont surface et assez violemment en règle générale mais pour l’heure tout semble me foutre la paix, étrangement, alors autant en profiter parce que je n’ai vraiment pas envie d’affronter tout ça maintenant. Je dois bien le dire, j’espère que mon frère ne me posera pas plus de questions, qu’il se contentera de ce que je viens de lui raconter et je crois que c’est ce qu’il va faire. C’est plutôt « marrant » mais de ce point de vue là lui et Kyle se ressemble étrangement : Ils ne posent pas ou peu de questions. Je dois bien le dire, d’un point de vue extérieur et quand on s’en pose trop comme moi, ça pourrait presque passer pour de l’indifférence mais je sais que ça n’est pas le cas. Jillian est un peu pareille d'ailleurs. Ils respectent les silences, même si certains ne sont pas fait pour ça, et je me suis parfois surpris à avoir envie de hurler quelques choses du genre : Ouvre les yeux ! Demande-moi ce qui cloche plutôt que de me laisser m’enliser tout seul dans mon coin. Sovahnn a essayé de le faire, elle m'a posé des questions et au lieu d'être franc avec elle je l'ai en quelque sorte repoussé. Je sais que je n'aurai sans doute pas du, mais les choses sont ce qu'elles sont et qu'est ce qu'elle aurait bien pu faire de toute façon ? Mettre sa vie en danger pour m'aider ? Hors de question. Qui plus est, comme je le lui ai expliqué la dernière fois qu'on s'est vu, il y a des choses dont je ne peux pas, et ne veux pas, parler. De toute façon ça n’est pas à eux de me gérer, c’est à moi et à moi seul, malheureusement j’ai pris le pli de garder beaucoup de choses pour moi au fil du temps et quand on voit le résultat … Je ne peux m’en prendre qu’à moi même, mais je n’ai pas de regrets ni de remords. Pas la place pour ça, j’veux juste oublier, ne plus penser à rien, et probablement à personne.

« Sale histoire. »

Ça faisait un bon moment maintenant qu’il ne disait plus rien, un bon moment que j’avais terminé mon petit discours. Le silence c’était installé dans la pièce et seul les bruits de l’extérieur le brisaient. La fenêtre était ouverte et j’ai laissé mon regard divaguer sur le ciel sans vraiment le voir. La tête posée sur l’oreiller, le drap remonté jusqu’au ventre et les bras le long du corps. Mes poings n’étaient plus serrés, comme si la virulence de certaines émotions s’était calmée tout aussi vite qu’elle n’était venue et à nouveau je me sentais vide, absent, sans ancrage réel. Ailleurs, oui, mais où ? Mystère. Partout et nulle part à la fois. Surtout nulle part à vrai dire.

D’après moi, il devait savoir la vérité même si c’était prendre le risque de lui faire du mal. Les minutes qu’il a passé dans le silence lui ont servi à assimiler les infos, les intégrer, et à encaisser, mais je le connais. Oui, presque par cœur même. Il ne tremble pas, chose plutôt étrange quand justement on le connaît. Je me serai attendu à ce qu’il explose ou en tout cas à ce qu’il manque de le faire mais il avait l’air étrangement calme, presque blasé. Le choc, probablement, et surement une part de réserve parce qu’il est comme moi, il n’a jamais aimé craquer devant qui que ce soit même si entre frangins c’est encore autre chose. Peut être qu’il se dit que je n’ai pas besoin de ça, c’est possible. Il a beau avoir été un enfoiré avec moi pendant plus de la moitié de ma vie, il n’en reste pas moins protecteur et je suis et resterai toujours son petit frère. On ne touche pas à la famille, et c’est valable aussi bien pour lui que pour moi. On est comme ça, avec tout ce que ça implique de l’être.

Il me regardait à présent, et j’avais finalement détaché mon regard de l’extérieur pour lui accorder mon attention à mon tour. Pendant un instant je me suis senti partir, comme si le sommeil avait décidé de venir me capturer de nouveau et puis l’effet c’est dissipé, me laissant néanmoins moins vif que quelques minutes plus tôt. On ne se remet pas comme ça d’un coma, et je sais de quoi je parle, alors j’imagine que c’est normal.

« C’est sûr que j’aurais préféré que tu m’en parles, mais… Une partie de moi aurait préféré ne jamais savoir. Mais bon je t’ai demandé, tu m’as répondu et… Voilà, c’est la vie. Ce salaud est mort et… On peut maintenant faire le deuil de nos parents. Toi tu vas retrouver ta vie « normale » avec ton loup, ton moldu et tout le reste et moi… Je vais continuer de faire comme je fais toujours. Aller de gauche à droite en affichant ma belle gueule à tout le monde. »

J'aurai pu sourire, j'aurai même surement du mais c'est un visage impassible qu'il a pu voir face à lui. Tout est fini, au moins en ce qui concerne la partie Taylor et tout ce que sa venue dans nos vie a impliqué. Je ne vais pas dire que c'est de ma faute puisque avec ou sans tout ce qui est arrivé dernièrement papa et maman serait quand même morts mais une part de moi se dit que sans moi, si j'étais mort aussi cette nuit là, beaucoup de gens n'auraient pas souffert autant qu'ils ont pu souffrir. Peut être que Derek aurait pu rester en Australie sans un petit frère Lycanthrope, peut être que ça aurait été plus facile à gérer pour Grand Père et Grand Mère, peut être que notre aïeul ne serait d'ailleurs pas mort parce que Derek aurait pu être avec lui le jour où ces types lui sont tombés dessus. Tout ça se sont des suppositions bien sur et ça ne changera strictement rien à ce que la vie est maintenant, rien non plus à ce qu'elle a pu être ces deux dernières années. Ça s'est passé comme ça et pas autrement, on n'a pas vraiment d'autre choix que de faire avec et c'est tout. Il n'empêche que oui, une page semble tournée et pour le reste, les Supérieurs entre autre, je n'ai pas vraiment envie d'y penser ni d'en parler. Ça pourrait être simple, je pourrai comme il le dit retrouver une vie « normale » avec mon Loup, et avec mon Moldu, mais … je n'arrive pas à visualiser le futur comme ça. En réalité je n'arrive pas à me projeter même dans 5 minutes, et surtout pas avec quelqu'un, pas même avec Loup que je ne parviens pas vraiment à toucher. Il est là sans être là tout comme je suis là sans être là. Il va, vient, très vite, comme une ombre impalpable et insaisissable et ça me donne le tournis. J'aurai pu sourire quand il a dit qu'il continuerait d'aller de gauche à droite en affichant sa belle gueule à tout le monde et d'ailleurs en temps normal je lui aurai renvoyé une vanne sans hésiter une seconde tout en ayant une pensée pour Jill, mais non, pas envie. Je l'écoute parler et c'est tout. Je ne visualise même pas.

« T’as dit qu’il avait approché grand-mère… Lui est rien arrivé au moins? »
« Non, en théorie non. J’ai eu de ses nouvelles depuis qu’il m’a dit ça et d’après ce que j’ai compris elle l’a embauché pour l’aider avec le jardin ou des conneries comme ça. Ceci dit je pense qu’elle a eu de la chance qu’il ne la tue pas après avoir obtenu ce qu’il voulait. C’était un joueur, mais il était complètement malade. J’sais pas, peut être qu’il s’est dit qu’il aurait besoin d’elle après ou alors il a eu peur de se prendre toute la famille Ryans sur le coin de la gueule. »

Comment le savoir ? J'ai éliminé la seule personne en mesure de répondre à ses questions et ça me va très bien comme ça. Enfin je pense l'avoir éliminé et je l'espère de tout mon être. Si j'ai échoué, je recommencerai jusqu'à parvenir à mes fins mais pour l'instant je n'ai pas envie de m'engager sur ce terrain là. Je viens d'ouvrir les yeux, j'ai besoin de souffler. La famille Ryans, une grande et belle famille de Sang Purs et deux éléments jeunes et hors de contrôle, parfois dénué de limite. Si Grand Mère savait le quart de ce qu'on a fait depuis qu'on est ici … Et les autres ? De quoi ils sont au courant au juste ? Je sais que certains de nos oncles et tantes ne savaient même pas ce que j'étais devenu quand on a quitté notre île. Pourquoi nous avoir envoyé en Angleterre d'ailleurs ? Pourquoi ne pas simplement nous avoir envoyé dans de la famille là bas, en Australie ? Je crois qu'ils ont voulu nous éloigner, sans doute pour notre bien, j'en sais trop rien, ou bien les autres ne voulaient pas de nous. Peu importe, ça ne compte plus maintenant tout ça et peut être que si un jour on retourne là bas, je leur poserai moi même la question. En réalité je ne crois pas, je m'en fous, les seuls qui comptent vraiment sont morts et pour le reste il n'y a que Derek et Grand Mère. Les autres ne sont plus que lointains souvenirs.

« En tout cas elle ne s’est jamais douté de rien et tant mieux. C’est pas la peine de lui en parler, et d’ailleurs j’crois que ça serait mieux si ça restait entre nous. Enfin, t’en fais ce que tu veux. »

Pour ça non plus j'ai plus envie de me battre. Faites ce que vous voulez, quand vous voulez. Dites ce que vous voulez, a qui vous le voulez. Je ne sais plus qui a dit ça un jour mais il paraît qu'il faut vivre et laisser vivre alors soit, faisons comme ça.

A nouveau un silence s'est mis à planer au dessus de nos têtes. Mon frère ne me regardait plus, moi je fixait le plafond, probablement chacun dans ses propres pensées avec un soupçon d'envie d'être seul. Je ne sais pas vraiment combien de temps on a pu rester comme ça mais quand du bruit a attiré mon attention, j'ai paniqué, j'ai eu envie de fuir, parce que j'ai compris que quelqu'un arrivait et je me suis senti comme un animal pris au piège. Pourtant je n'ai pas fait un geste, j'en était de toute façon incapable, alors j'ai laissé faire, j'ai laissé venir et quand j'ai tourné la tête alors que la porte s'ouvrait, j'ai reconnu ses deux silhouettes avant même qu'elles ne se rendent compte de ma « présence », ni de celle de Derek d'ailleurs. J'ai senti les battement de mon cœur s'accélérer jusqu'à ce que ça m'en fasse tourner la tête et puis ...

« Derek tu… En… »

Nos regards se sont croisés, je me suis senti comme paralysé. Je l'ai vu se précipiter vers moi, les bras tendus, et j'ai presque vécu ça comme une agression. Il s'est finalement arrêté, il pleurait, et je ne ressentais rien. J'ai jeté un coup d'œil à mon frère instinctivement néanmoins parce que ces deux là dans la même pièce … D'ailleurs, je crois bien que c'était la première fois qu'on se retrouvait tous les trois au même endroit. Derek s'est contenté de lever les yeux au ciel, se relever et m'adresser un dernier sourire. Pour un peu, j'aurai pu croire qu'il était amusé par la situation et moi j'ai eu envie de lui hurler de rester, de ne pas me laisser seul avec lui. Pourquoi ?

« Aller j’y vais moi. Prend soin de toi petit con. Et la prochaine fois, viens me parler un peu plus tôt, okay ? »
« J’essaierai. A plus connard. »
« Surveillez votre langage les Ryans. »

Ismaelle, fidèle à elle même, et en tournant la tête vers elle j'ai vu voir le voile humide dans ses yeux. Tu ne vas pas pleurer toi aussi hein ? Lui est là, il me sourit et je suis incapable de le lui rendre. Quand je le regarde, j'ai des flash de beaucoup de choses, mais pas une seule de positive. De la violence, de la douleur, de la peur. Où ils sont passés tous nos bons moments ? Je ne comprends pas, je n'ai pas oublié pourtant. Sans prévenir il s'est laissé tomber sur les genoux, à côté du lit, et ça m'a fait sursauter. Je crois que j'ai eu comme un mouvement de recul d'ailleurs mais il m'a attrapé la main et j'ai ressentis ce geste comme une intrusion dans mon espace vital. J'ai eu envie de me dégager de son emprise et pourtant elle était douce, ça aurait du m'apaiser, me faire du bien.

« Merci, merci, merci, merci, merci… »

A l'intérieur je hurlais, lui il déposait des baiser sur ma peau, il me respirait, comme on avait toujours l'habitude de faire. Je n'ai pas bougé d'un millimètre et j'ai posé mes yeux ailleurs pour ne pas me trahir même si une réaction comme celle pouvait lui faire comprendre que quelque chose clochait chez moi. J'ai juste jeté un regard à Ismaelle, esquissé un semblant de sourire pas franchement convaincu, observé le poignet de Kyle autour duquel était enroulé ma montre, puis ma chaine autour de son cou comme je m'en doutais. Elles sont bien là, qu'elles y restent. Ma main s'est trouvé sur sa joue, sans que je ne fasse quoi que ce soit d'autre que d'accepter les mouvements qu'il décidait pour moi. J'ai laissé faire et j'ai essayé de le regarder dans les yeux moi aussi mais ses larmes … elles auraient du m'attendrir, elles ne faisaient que m'agacer.

« Tu m’as tellement manqué… J’ai tellement eu peur si tu savais… Je suis tellement content… Je crois que j’ai jamais été aussi heureux de ma vie… T’es revenu parmi nous… »

J'aimerai pouvoir en dire autant tu sais, vraiment.

« Oh mon chéri… Dis-moi, comment tu te sens? As-tu besoin de quelque chose? Veux-tu voir les autres? Demande moi tout ce que tu voudras et tu l’auras. »

Je voudrais … que tu me lâches, et ça non plus c'est pas normal.

« J'vais … ça va. Autant que possible j'dirai. Et c'est gentil mais j'ai besoin de rien. Juste de me reposer même si je viens de faire une grosse sieste. J'crois que finalement elle était pas si reposante que ça. J'suis un peu embrouillé. »

Oui ça doit juste être ça, il me faut simplement le temps de tout remettre en place. Demain ça ira mieux et je me rendrai enfin compte à quel point tu m'as manqué aussi même si je n'en avais pas conscience puisque je n'étais pas vraiment là.

« Si ça vous embête pas, j'aimerai autant rester au calme et voir personne pour le moment. Prévenez pas les autres tout de suite, je préfère être un peu plus réveillé pour les accueillir dans … mon donjon. »

Ou ma prison, question de point de vue. Prison qui est en fait un refuge et j'ai bien conscience d'être complètement injuste mais je n'arrive pas à faire autrement. C'est le bordel dans ma tête et paradoxalement je n'arrive pas à ressentir réellement quelque chose si ce n'est cette impression de néant qui ne semble pas vouloir me lâcher.

« Ça va vous ? Et Lune, comment elle va ? »

Un automate, voilà ce que je suis.
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MessageSujet: Re: Elle viendra quand même ▬ Derek   Sam 4 Mai 2013 - 11:41

C'est vrai que ça fait du bien de faire un petit break comme ça, de prendre le temps de se rappeler de bons souvenir, d'un passé qui semblait beaucoup plus doux que le présent, un présent que personne ne semble pouvoir contrôler. Ça n'est pas le but, d'un côté, mais il faut avouer que ces derniers temps c'est un peu trop et ce pour beaucoup de monde. Je crois qu'Enzo serait étonné de voir le nombre de personnes que ça affecte de le savoir entre la vie et la mort – n'ayons pas peur des mots – lui qui se croit si solitaire. C'est peut être un sauvage mais il aime les gens, certains en tout cas, et chacun le lui rend bien. C'est juste un gosse comme les autres, avec son petit caractère, c'est tout. Ok c'est un Lycanthrope mais dans le fond même si ça influe beaucoup sur sa vie, ça ne change pas qui il est réellement à l'intérieur. Un garçon adorable entouré de gens qu'il aime et qu'ils l'aiment en retour. D'ailleurs j'en ai un exemple flagrant sous les yeux. Un exemple a qui il manque déjà beaucoup j'ai l'impression, même si ça ne fait pas si longtemps que ça qu'on a quitté l'infirmerie.

« Oui je crois que l’on devrait y aller. Il me manque déjà. »

Qu'est ce que je disais. Oui, je suis la science infuse. Non sincèrement, je peux le comprendre. Il a peur et c'est normal donc l'avoir sous les yeux ça le rassure. C'est comme s'il ne voulait manquer aucune de ses respirations, aucun battement de son cœur et c'est tout à fait légitime. Ça n'est pas le premier que je vois faire ça, mes parents étaient pareil avec moi quand j'étais à l'hôpital étant petite.

Un sourire, de sa part à mon intention, de la mienne à la sienne, et nous voilà de nouveau camper sur nos deux jambes. Un sifflement, un dernier regard sur le Lac, Orage arrive à pas tranquille et se couche pour nous laisser l'escalader à nouveau et c'est reparti pour un petit tour en altitude. Sortir par la fenêtre est une chose, y rentrer en est une autre et c'est beaucoup moins simple donc option numéro 2 : Choisir un terrain d'atterrissage praticable dans les hauteurs et c'est rapidement mission accomplie. On s'est posé directement au septième, sur un pan de toit qui est une surface plus ou moins plane et hop, en deux temps trois mouvements nous étions de retour à l'intérieur.

« Merci beaucoup pour ce petit tour et cette petite discussion. C’est plutôt agréable de voler dans les airs. C’est vraiment un truc à refaire. Et puis… Merci aussi pour ces souvenirs. C’était bien de pouvoir partager ça avec toi. »
« C'est quand tu veux. »

Quelques pas dans le couloir, quelques uns supplémentaire dans l'infirmerie, après lui avoir ébouriffé les cheveux dans un geste plein de tendresse. Je crois qu'on a tous une petite appréhension chaque fois qu'on passe cette porte, celle de la pièce magique de Maxence. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre : Changement ou pas ? Positif ou négatif ? Il se trouve que cette fois ...

« Derek tu… En… »

Il y avait bien changement, et il était positif. Derek était là effectivement, au chevet de son frère, son frère qui était éveillé. Le plus âgé des Ryans n'a quasiment pas pointé son nez ici depuis que le plus jeune a sombré dans les limbes de son inconscient il y a une dizaine de jours et c'est comme si ce dernier l'avait attendu pour ouvrir le yeux. Ils ne sont pas très ouverts, certes, et il a l'air complètement perdu et épuisé mais il est réveillé et c'est tout ce qui compte. Kyle est déjà près de lui, Derek se lève et s'apprête à partir.

« Aller j’y vais moi. Prend soin de toi petit con. Et la prochaine fois, viens me parler un peu plus tôt, okay ? »
« J’essaierai. A plus connard. »
« Surveillez votre langage les Ryans. »

C'est sorti le plus naturellement du monde mais avec un sourire teinté d'émotion et ça je ne pouvais pas le cacher. Le Serpentard m'a fait un signe de tête et s'est éclipsé, j'ai reporté mon regard embrumé sur les deux jeunes amoureux. Le petit Américain était déjà près de sa moitié, les larmes aux yeux d'après ce que je pouvais entendre dans sa voix même si je ne visualisai pas son visage.

« Merci, merci, merci, merci, merci… »

Est ce que je me sens de trop ? Étrangement, non. Je reste là, dans mon coin, silencieuse. Je leur laisse du temps mais je ne lâche pas le Gryffondor des yeux. Si Kyle est heureux et soulagé, il en va de même pour moi mais je reste en retrait et garde ça pour moi. Enzo lui a l'air dans les vapes, presque perdu. J'imagine que c'est normal, il lui fait le temps de reprendre ses esprits et ses repères.

« Tu m’as tellement manqué… J’ai tellement eu peur si tu savais… Je suis tellement content… Je crois que j’ai jamais été aussi heureux de ma vie… T’es revenu parmi nous… Oh mon chéri… Dis-moi, comment tu te sens? As-tu besoin de quelque chose? Veux-tu voir les autres? Demande moi tout ce que tu voudras et tu l’auras. »

Rolling Eyes
Oui bon d'accord, c'est mignon.

« J'vais … ça va. Autant que possible j'dirai. Et c'est gentil mais j'ai besoin de rien. Juste de me reposer même si je viens de faire une grosse sieste. J'crois que finalement elle était pas si reposante que ça. J'suis un peu embrouillé. »

Je te rassure, ça se voit.

« Si ça vous embête pas, j'aimerai autant rester au calme et voir personne pour le moment. Prévenez pas les autres tout de suite, je préfère être un peu plus réveillé pour les accueillir dans … mon donjon. Ça va vous ? Et Lune, comment elle va ? »
« Je viens d'emmener ton homme faire un tour sur le dos d'un Abraxan, et j'crois qu'il a apprécié le voyage hein ? Wink »
« Oh … C'est cool ça. Tant mieux. »

Pas de crise ? Même pas un regard inquiet ? Oui, t'es vraiment à l'ouest toi hein. Je plaisante, je sais qu'il me fait confiance tout comme malgré son côté extrêmement protecteur il n'empêche pas Kyle de faire ce qu'il a envie de faire. Enfin c'est en tout cas l'impression que j'ai parce que je ne sais pas comment ça se passent quand ils sont que tous les deux mais Kyle n'a pas l'air complètement terrorisé ou soumis ou ce genre de trucs.

« Et Lune va bien mais tu lui manques alors dépêche toi de te remettre sur pied. Je plaisante, prends le temps Enzo, l'important c'est que tu sois totalement remis et peu importe le temps que ça prendra. On s'occupe d'elle, t'as pas à t'en faire pour ça. Elle oscille entre moi et Kyle, pour l'essentiel. »

Et d'ailleurs, elle est peut être déjà entrain d'attendre devant la porte de l'infirmerie.

« Je suis d'accord pour te laisser tranquille jusqu'à ce que tu te sentes suffisamment en forme pour recevoir de la visite mais Maxence et Takuma ont naturellement un passe droit. D'une parce qu'on est dans leur fief, et de deux parce qu'ils vont surement vouloir vérifier que tout va bien pour toi. Tu sors d'un coma Enzo, pas d'une bonne grosse nuit de sommeil, donc tu vas surement devoir subir une batterie d'examens, etc ... »
« Oui, oui. Je sais. »

Je sais que tu sais, mais je sais aussi que tu es du genre borné et que tu ne tiens pas en place Enzo Ryans ...

« A ton avis je pourrais sortir d'ici rapidement ? »
« Hey doucement, tu te reposes et tu attends le verdict des pro. Hors de question que je te retrouve dès demain matin à faire le marioles sur une de tes planches, c'est compris ? »

C'est ça, acquiesce d'un signe de tête mais je t'ai à l'œil.

« T'as faim ? »
« Un peu oui, je crois. »

Tout s'est enchainé tranquillement ensuite. Kyle est resté près de lui, assis sur le lit tout en ne le lâchant pas une seconde du regard. Je lui ai rapporté quelques trucs à grignoter, il est resté relativement silencieux et je me suis dit que pour les questions on verrait plus tard. Maxence est arrivé, il a fait ce qu'il avait à faire, l'heure a tourné et finalement il a fini par se rendormir. Je dois bien le dire, c'était un peu dur d'accepter de le laisser rejoindre Morphée puisque c'était prendre le risque qu'il ne se réveille pas à nouveau mais … On a respecté sa volonté, celle d'être seul et de se reposer, mais je serai là aux premières heures demain matin mon grand, et Kyle aussi très probablement. Max et Takuma resterons sans doute là, iront et reviendront.

▬ Topic fini ▬
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