AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 We wait and we wonder ▬ Kyle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: We wait and we wonder ▬ Kyle   Dim 14 Avr 2013 - 19:31

Dimanche 22 juin – Début d’après midi
We wait and we wonder

Kyle & Ismaelle

Les jours passent et malheureusement ou pas, ils se ressemblent. Rien ne bouge, rien ne change. Il ne s’est toujours pas réveillé. Point positif, il est toujours en vie, et en apparence serein d’ailleurs. Il dort, et c’est tout. Son corps reprend des forces, ses blessures guérissent, il reprend des couleurs. C’est plutôt bon signe, oui, c’est même encourageant. Ça prend du temps, mais je crois qu’il en a besoin. Si son corps se retape, son esprit a besoin de ce break et je pense que c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’ouvre pas les yeux. Plus d’une semaine maintenant, et comme d’autres je trouve le temps long. Kyle passe à l’infirmerie au moins une fois par jour et d’ailleurs il y était encore hier soir quand j’ai quitté l’endroit. Ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait passé la nuit, je sais que Maxence ne le mettra pas dehors. Pas plus que Takuma. Sovahnn et Jill passent aussi régulièrement, Derek c’est un peu plus rare et je n’ai pas vu Cameron depuis quelques jours. En réalité, je crois qu’il n’est venu qu’une seule fois, en plus du jour où ils ont appris la nouvelle. On tente de faire attention tout de même, de limiter les allées et venues pour ne pas attirer les mauvaises personnes et surtout pour ne pas envahir l’espace. Il a besoin de calme, alors plus de monde ça ne serait pas une bonne chose. Certains autres me demandent parfois des nouvelles, l’information à fait son petit bonhomme de chemin en passant d’une bouche à une oreille et ainsi de suite. Je viens de manger tranquillement dans ma cabane, en tête à tête avec Fenrir, et décide d’aller rendre visite au Gryffonfor avant de reprendre les correction de copies et autres. En chemin je croise Lune, qui passe la plus part de ses nuits avec moi. Elle alterne je dirai, entre mon chez moi, celui de Kyle, et peut être d’autres. Je crois qu’elle cherche l’odeur de son maitre mais son absence lui pèse, elle le réclame. Elle est là, à mes pieds, me regardant de ses yeux bleus perçant tout en miaulant. Oui, elle le cherche, et elle sait que je sais où il est, mais elle sait aussi qu’elle n’a pas le droit d’y entrer. Une infirmerie n’est pas un endroit fait pour accueillir les animaux.

Je me penche et l’attrape, elle ronronne en se frottant contre moi. Je souris et la caresse tranquillement.

« Je sais ma belle, je sais. Il te manque, mais Monsieur a décidé de prolonger encore un peu sa sieste alors … il va falloir que tu sois patiente. »

Les ronrons, ça apaise. Et à voir l’expression qu’elle arbore quand je lui gratte la tête, je pense qu’elle est plutôt heureuse de cette « collaboration » de quelques minutes. Hein boule de poils ?

« Il va revenir. J’en suis sure. »

A elle je peux le dire, parce que même si je sais que les animaux comprennent beaucoup de choses, ces mots là ne veulent rien dire pour elle. Je ne les prononcerai pas devant Derek, Kyle, Jillian ou Sovahnn par exemple. Oui je sens au plus profond de moi qu’il va revenir, mais si je me trompe, ça n’est pas la peine d’aller coller de faux espoirs à tout le monde pour une simple intuition. D’autant plus qu’ils n’ont absolument pas envie d’entendre ça, j’en suis presque certaine. Alors je me tais, je garde ça pour moi, et pour Fenrir, Lune et tous les autres poilus, plumeux, écailleux et j’en passe. Devant les humains j’affiche une mine sereine, je plaisante de temps en temps, je ne prends personne en pitié. Je suis juste là, et c’est tout. S’ils ont besoin de quelqu’un sur qui hurler je les laisse faire, si c’est d’une épaule pour pleurer, les miennes sont là pour ça, et si c’est des bras dans lesquels se loger, c’est pareil. Et puis il y a le bébé. A lui je lui parle et je lui dis tout ce qui me passe par la tête. Je lui dis qu’Enzo va se réveiller et que quand lui sera là, ils pourront faire connaissance, qu’ils s’entendront bien, j’en suis sure de ça aussi. Une famille. On sera une famille. On l’est déjà.

J’ai finalement rendu sa liberté à la minette blanche comme neige, et je dois bien l’admettre, j’ai du luter pour l’empêcher de rentrer dans l’infirmerie, mais j’ai réussi ! Ismaelle 1 – Lune 0 ! Hum. Bref. Direction la petite pièce secrète dans le fond et quand je pousse la porte, je me rends compte que je ne suis pas seule. Kyle est là, et il a l’air épuisé. Ca me transperce le cœur de le voir comme ça mais pourtant j’arrive à trouver la force, ou plutôt le courage, de lui sourire.

« Bonjour. »

Il a du passer la nuit ici, j’imagine. Peu importe, je ne m’arrête pas pour autant dans ma lancée et poursuit comme si tout allait bien, comme si la situation était normale alors que le Gryffondor est toujours là, étendu sur un lit, inerte. Son cœur bat, il respire, et même s’il n’a pas l’air aussi en forme qu’il a pu l’être – la blague – il se retape de jour en jour.

« Enzo, t’es bien mignon quand tu dors, et ça nous fait des vacances, mais la pauvre Lune commence à s’impatienter alors il serait temps que tu te réveilles. Tu crois que j’ai pas compris que tu fais ça juste pour échapper aux exams ? Ca marche pas avec moi. »

Et je roule des yeux, à fond dans le personnage, me plante devant le lit et croise les bras sur ma poitrine – un peu trop ronde à mon goût depuis quelques semaines mais c’est un autre débat – tout en le regardant comme s’il était conscient, comme s’il comprenait que je l’engueule. Enfin que je le taquine surtout. Mais rien, évidemment. Rien ne se passe. Il n’ouvre pas les yeux, il reste immobile. Est ce que je m’attendais réellement à ce qu’il se passe quelque chose ? Je crois qu’au fond de moi oui mais si j’agis comme ça, c’est surtout pour Kyle. C’est ma manière à moi d’essayer de le faire sourire, de le sortir un peu de cette spirale d’angoisse qui semble sans fin. Il encaisse trop de choses, depuis trop longtemps, et ça c’est le coup de grâce. Je ne peux pas rester à rien faire, le laisser là comme ça, seul, dans l’attente. Il ne demandera jamais rien à personne, je le sais, je commence à cerner le personnage.

« T’as passé la nuit ici, j’me trompe ? Depuis combien de temps t’as pas pris l’air Kyle ? Et depuis quand t’as pas mangé ? »

Il est pâle, bien plus que d’habitude même si sa peau n’a jamais été très colorée. Il a l’air fatigué, oui, épuisé, et ça m’est insupportable de le voir dans cet état alors …

« Viens. On va aller faire un tour. Il est en sécurité ici, c’est promis. Et puis Maxence passe régulièrement, Takuma aussi, tu le sais. Ça va aller. »

Mon bras est tendu au dessus du lit. Lui est assis, moi debout, et entre nous deux l’endormi ne proteste pas quand ma main attrape celle du jeune anglais. Mon sourire ne disparaît pas, jamais, pas une seule seconde, et puis dans ma tête certaines connexions se font alors qu’il se lève.

« J’ai une idée. »

Je lâche sa main et me dirige vers la fenêtre que j’ouvre. Un peu d’air dans cette pièce, ça ne peut pas faire de mal. Ça n’est pas un endroit stérile, il n’y a rien à craindre et puis la Magie protège les lieux de toute façon. Je jette un coup d’œil à droite, puis à gauche, en me penchant légèrement au dessus du vide, les mains et les bras en appuient sur le rebord de la fenêtre. Il fait beau, il fait même bon, c’est agréable. Je siffle. Les secondes passent dans le silence, et puis une rafale de vent fait voler mes cheveux alors qu’une gigantesque masse alezan prend place devant moi et fait éclipse. Il hennit, je lui flatte l’encolure en lui parlant doucement avant de me retourner vers Kyle qui est resté près d’Enzo mais qui voit parfaitement ce qu’il se passe.

« T’as déjà volé sur le dos d’un Abraxans ? »

J’ai bien pensé aux Sombrals mais d’une avec BlackCherry qui est prête à mettre bas et Sinistros qui ne veut pas la lâcher d’une semelle c’est compliqué, et de deux, voler sur une chose qu’on ne voit pas ça n’est clairement pas ce qu’il y a de plus rassurant. Qui plus est, un Abraxans, et surtout Orage, c’est très confortable.

« Un p’tit baptême, ça te tente ? »

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité


Invité
MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   Dim 21 Avr 2013 - 0:53

Ismaelle & Kyle
« we wait and we wonder »



Plus les journées filaient et moins je sentais l’espoir en moi. Bien que les visites continuent d’affluer près du lit d’Enzo, je voyais les visages devenir sans vie, comme si le désespoir semblait les gagner aussi. Durant les premières journées, j’avais tenté de prendre le tout avec optimisme, me disant que d’une heure à l’autre je verrais enfin ses yeux ouverts, mais l’occasion ne s’était pas encore présenté. Du coup, je ne lâchai pas prise, continuant de veiller sur lui autant que je le pouvais avant de quitter pour partir à ma chambre. Et lorsque je tombai sur le lit, c’était la tristesse qui s’emparait de mon être alors que je m’effondrais en larmes pratiquement à tous les soirs. Lorsque j’arrivais enfin à m’endormir, je le rejoignais dans mes rêves et heureusement : au moins ça me donnait quelques heures avec lui, même si c’était parfois des mondes bien étranges. Je me sentais affreusement impuissant dans cette situation et le fait de rester là à ne rien faire, assis à côté de lui commençait à m’écœurer. Pas dans le sens où j’étais fatigué (même si je dois bien avouer qu’à certaines journées je n’en menais pas large niveau moral), mais savoir que mon odeur ou mes caresses sur ses bras ou des ses cheveux n’avaient aucun effet sur lui. Physiquement, il avait l’air mort : son corps était froid contrairement à d’habitude. Ses blessures avaient prit du mieux cependant : certaines avaient même complètement disparues. Il continuait de respirer et ça, je le savais de source sure puisque j’adorais promener mon oreille près de ses narines. Je devais avoir l’air complètement stupide, mais je n’étais pas totalement idiot : un coma ne voulait pas forcément dire qu’il s’éveillerait. Le contraire était tout aussi possible et je m’attendais donc à toutes éventualités. En souhaitant de tout cœur qu’il reste parmi nous, bien entendu et cette respiration me donnait un minimum d’espoir lorsque je sentais qu’il n’y en avait plus.
Cela faisait près d’une semaine qu’il était dans cet état et il manquait à un point tel que je ne saurais mettre des mots là-dessus. Cette situation était définitivement pire que celle lorsque je croyais qu’il était mort. Car vive dans l’incertitude était une chose beaucoup plus pénible. Si ça se trouvait, jamais il ne se réveillera ou bien il le ferait des mois, des années plus tard. Je savais cependant que si l’un ou l’autre arrivait, je serais à ses côtés. Peu importe la douleur, peu importe le temps. Je m’étais donné comme mission de le soutenir jusqu’à la fin ou sa renaissance, peu importe le choix qu’il ferait.

Jamais je n’allais l’abandonner.



Je ne l’avais pas entendu arriver, alors que j’avais une fois de plus l’oreille penchée tout près de son nez.

- Bonjour.

Je ne sursautai pas, bien que je n’aie pas senti sa présence.
Ismaelle, bien entendu. Son petit tour quotidien. L’une des rares qui étaient venues plus régulièrement que les autres. Elle s’était approchée du lit et en guise de salutations, je lui offris un signe de tête.


- Enzo, t’es bien mignon quand tu dors, et ça nous fait des vacances, mais la pauvre Lune commence à s’impatienter alors il serait temps que tu te réveilles. Tu crois que j’ai pas compris que tu fais ça juste pour échapper aux exams ? Ca marche pas avec moi.

J’esquissai un bref sourire.
Lune. Sa fameuse boule de poil blanche. Étrangement, cette dernière passait un peu de temps avec moi dans ma chambre, lors de certaines nuits. Elle me reniflait longtemps, comme si elle tentait de trouver une brève odeur de son maître sur ma personne. Probablement qu’elle le sentait : au nombre d’heures où je laissais aller mes mains et mes doigts sur son corps, il était certain que j’emportais un effluve avec moi. La pauvre ne pouvait pas entrer à l’infirmerie et donc, elle devait retrouver un peu d’Enzo sur moi, bien que je fusse loin d’être le même personnage. Je me plaisais à la voir roulée en boule dans mon lit, ce qui me donnait souvent le sourire malgré mes larmes. Parfois, je la surprenais même à se tenir près de moi et j’avais un peu l’impression que c’était lui qui c’était réincarner dans sa chatte. Illusion complètement débile quand on y pense, mais ça me faisait du bien, une fois de plus.
Disons que je faisais avec ce que j’avais.


- T’as passé la nuit ici, j’me trompe ? Depuis combien de temps t’as pas pris l’air Kyle ? Et depuis quand t’as pas mangé ?
- Une partie oui. Quand je n’ai plus été capable de me rendormir je suis venu ici. Pour l’air je dirais… Sûrement près de deux semaines maintenant. Et tout à l’heure Maxence m’a apporté quelque chose à manger alors pour l’estomac, ça va.


Je me rendais compte que je parlais comme un automate, sans intonation dans ma voix. Je ne levais pas les yeux de mon Enzo qui ressemblait à un prince au bois dormant. Si ça prenait seulement un baiser pour le réveiller, ça serait tellement plus simple…
Plus rien ne semblait avoir de l’importance autour de moi hormis son état. Que je n’aille pas à l’extérieur ne me manquait pas. Ne pas voir mes amis comme Jillian et Cameron ne me manquait pas. Et la nourriture se retrouvait sans saveur : même le truc le plus épicé du monde me laisserait de marbre.


- Viens. On va aller faire un tour. Il est en sécurité ici, c’est promis. Et puis Maxence passe régulièrement, Takuma aussi, tu le sais. Ça va aller.

Je lâchai un petit soupir alors que sa main se glissait dans la mienne.

- M’ouais…

En réalité, je n’avais pas tellement envie de le laisser, même si je savais qu’Ismaelle disait la vérité. Ils s’étaient très bien occupé de lui et ce, depuis le départ. Et pour la sécurité… Je savais que les supérieurs ne l’embêteraient plus, du moins, jusqu’à temps qu’il se réveille. Malgré tout, je me levai, comme si une impulsion me disait de le faire. Je savais que mon comportement n’était pas des plus sains, ni mes nouvelles habitudes, mais j’étais rongé de tristesse, d’espoir mêlé au désespoir et d’attente continuelle. Elle avait raison : j’avais besoin d’aller faire un tour. Me changer un peu les idées même si en fait, ma tête était toujours ici. Près de lui.

- J’ai une idée.

Ismaelle lâcha ma main et je la regardai faire alors qu’elle se dirigeait vers la fenêtre qu’elle ouvrit sans peine. Elle semblait humer l’air avant de siffler et je fronçai les sourcils de curiosité. Après tout ce temps, la magie me surprenait encore et je me demandais bien qu’elle surprise elle me réservait. Et au bout de quelques secondes, j’eus ma réponse : je vis une énorme masse se poser (ou plutôt faire du surplace) tout juste devant la fenêtre, créant une ombre dans la pièce. Je fis un pas vers la fenêtre, puis un autre, avant de voir un gigantesque cheval ailé. Je me souvenais de cette créature alors qu’une fois avec Enzo on…

Mon cœur se serra.
Elle se tourne vers moi.


- T’as déjà volé sur le dos d’un Abraxans ? Un p’tit baptême, ça te tente ?

Je ravalai difficilement ma salive, tâchant de faire abstraction du souvenir qui s’était emparé de moi à la vu de l’animal magique. Puis, je fis un pas de plus en lui offrant un petit sourire.

- Pourquoi pas. Si montes avec moi, bien sûr.

Bien sûr qu’elle le ferait.
Je m’approchai jusqu’à ce que je sois à ses côtés et porté mes yeux vers l’animal en question. Est-ce qu’Enzo voudrait que je le fasse? Probablement, même s’il détestait voler. Moi je n’avais jamais essayé et donc, c’était l’occasion ou jamais. Aussi bien tenter ma chance.


- Faudrait que tu me montre comment on fait pour… Embarquer là-dessus.

Je pointai l’animal qui survolait doucement, semblant nous attendre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   Mar 23 Avr 2013 - 21:45

Je crois que le pire c’est l’attente, l’incertitude. Le voir comme ça, immobile, et sans aucune certitude qu’il revienne parmi nous un jour c’est … dur. Tout comme ça l’était avec Logan même si les émotions n’étaient peut être pas tout à fait les mêmes. C’est étrange mais ça me ramène à des souvenirs personnels, et lointain surtout. Ça me fait surtout prendre conscience de ce qu’on eu à subir mes parents pendant mes longs séjours à l’hôpital alors que mon cœur refusait de battre normalement, refusait de battre tout court même. Je ne crois pas avoir fait de réel coma mais certains jours je voyais bien dans leur yeux que réveillée ou pas, je n’avais pas vraiment l’air très vivante. Même les médecins étaient septiques, c’est dire à quel point. Concernant Enzo c’est plus complexe. Son organisme a souffert mais il a aussi la particularité de pouvoir se régénérer lui même et pourtant, malgré ça, malgré le travail qu’ont fait Maxence et Logan sur lui quand ils l’ont ramené, il ne se passe rien. Il ne se réveille pas. Ever non plus, d’ailleurs. Les jours passent, se ressemblent, s’éteignent et recommencent. Je garde espoir, je garde le sourire devant les autres, mais je ne peux pas mentir, pas à moi même, je sais qu’il y a une chance pour qu’il ne nous revienne jamais. Je ne me risquerai pas dans des pourcentages mais personne n’est à l’abris de la mort et ce peu importe l’âge. Qui plus est, le choix lui appartient, et s’il ne revient pas, si son état reste stable mais inchangé, c’est qu’il n’a toujours pas pris la décision. Partir définitivement ? Rester ? Prends le temps qu’il te faut petit loup, mais dépêche toi quand même. Et si tu pouvais décider de rester, ça serait encore mieux. Aller, fais un effort, réveille toi.

L’infirmerie est devenu le lieu à la mode depuis une semaine, et si dit de cette manière ça peut sembler positif, ça n’est pas le cas bien évidemment. Je passe tous les jours, Kyle aussi, Takuma et Maxence sont là presque H24, Killian est aussi très présente pour sa sœur, Sovahnn passe de temps en temps pour engueuler Enzo d’après ce que m’a dit Maxence, il paraît même que Jakob fait le détour quotidiennement ce qui n’est pas très étonnant quand on sait qu’il s’agit là de deux de ses protégés. Je ne m’en formalise pas, j’ai juste la chance de ne pas être là quand il débarque. Enfin la chance … A mon avis c’est plutôt lui qui s’arrange pour venir quand je ne suis pas là mais peu importe, tant mieux. Me retrouver dans un espace clos comme celui ci, avec lui, non merci. Je suis passé à autre chose, et j’ai surtout autre chose à penser, mais il n’empêche que plus loin de moi il est, mieux c’est.

Donc ! Si on arrête de s’éparpiller un peu, la mission du jour est de changer les idées de Kyle. Kyle qui n’a pas mis le nez dehors depuis deux semaines … Je peux comprendre, mais il a besoin de débrancher et même si c’est difficile de laisser Enzo derrière lui, je crois qu’il va accepter. Alors ?

« Pourquoi pas. Si tu montes avec moi, bien sûr. »

Sage décision.

« Évidemment. Je ne vais pas t’abandonner dans les airs sur le dos d’un immense cheval ailé. J’te rappelle que dans quelques mois je vais devoir m’occuper d’un mini être humain alors je m’entraine, tu vois. Tu vas me servir de cobaye et me dire si je fais les choses bien ou pas tiens. »

Encore un sourire, et oui je parle de ça ouvertement, et le plus naturellement du monde. Il est au courant, il est l’un des seuls, pourquoi est ce que je m’en priverai. Personne d’autre n’est là.

« Faudrait que tu me montre comment on fait pour… Embarquer là-dessus. »
« Oh ben tu sais, c’est comme monter à cheval. Bon … un très grand cheval, je te l’accorde, mais c’est très confortable, tu verras. Fais comme moi. »

Si Maxence me voyait grimper sur le rebord d’une fenêtre dans mon « état » … Mais il n’est pas là ! Oui une femme enceinte doit faire attention, bla bla bla, mais je ne vais très certainement pas m’arrêter de vivre parce qu’un mini moi prend ses quartier dans mon ventre. On est solide dans la famille, et avec un géniteur à moitié loup, je suis sur que c’est un costaud et qu’il n’attend que ça d’ailleurs. Quoi que, les Loups n’aiment pas trop voler il me semble, ou alors c’était simplement celui qui fait sa sieste à côté de nous. Et oui, j’ai bien l’intention d’emmener mon enfant voler sur le dos d’un Abraxan quand il sera là ! Est ce que ça fait de moi une future mauvaise mère ? Je demanderai à la mienne, on verra bien ce qu’elle me dira mais en attendant, après une sorte de bon agile je me trouve sur le dos de Orage qui reste incroyablement stable malgré le fait qu’il ait replié une aile le temps de me laisser monter. Il reprend un peu de stabilité encore, bat des ailes, puis reviens et se remet en position. J’attrape la main de Kyle pour l’aider à grimper à son tour et le voilà derrière moi, une jambe de chaque côté de l’étalon alezan. Enfin, palomino plutôt mais peu importe.

« Voilà, maintenant tu t’accroches bien à moi et tu ne me lâches pas, d’accord ? »

Je le sens qui hésite, et me tourne vers lui en souriant. Peut être qu’à ses yeux je suis une adulte, une prof, et surtout une femme – je suis les 3, pas de malaise – mais je suis une amie avant toute chose, peut être même une sorte de figure maternelle pour pas mal de monde ici et je comprends que la situation soit un peu gênante mais …

« Oui, c’est un peu bizarre, mais on s’en fout, il dort, il dira rien et moi je ne m’en formalise pas. »

Et puis qui sait, peut être que ça le réveillera de te savoir entrain de t’accrocher à moi Rolling Eyes

« C’est bon ? Alors c’est parti ! »

Un nouveau sifflement, et c’est la chute libre. Orage se laisse tomber tout en s’éloignant des murs du château et une fois assez loin il déploie de nouveau ses gigantesques ailes. Le fond de l’air est un peu frais mais c’est toujours un réel bonheur de sentir le vent contre son visage et dans ses cheveux de cette façon. Kyle s’accroche, solidement, mais je crois qu’il apprécie le voyage et s’il a peur il ne le montre pas vraiment. En vol je lui explique que cette magnifique créature n’est autre que le père de Fly, le poulain qui l’a fait décoller dans les airs il y a quelques mois alors que je lui tendais la longe pour aller chercher une étrille. Je lui parle un peu de mes créatures, de Jake qui est aux enclos et qu’on aperçoit. Mon nouvel assistant, et étrangement, celui là me plait beaucoup plus. Certes il est plutôt du genre beau gosse, mais c’est surtout qu’il est le frère d’Aileen, que c’est Maxence qui me l’a présenté et que par conséquent il ne m’a pas été imposé et avec tout ça, je lui fais confiance. Il ne demande qu’à apprendre, il s’intéresse et ne prétend pas avoir la science infuse. C’est un véritable bonheur de travailler avec lui même si pour l’instant je n’en ai eu qu’un bref aperçu. Qui plus est, il tombe bien, y a pas à dire.

Orage continue de nous balader, au dessus du parc, au dessus du lac qu’il frôle, et puis au bout de plusieurs longues minutes de liberté presque totale, je siffle à nouveau pour lui indiquer de se poser. Chose qu’il fait sans protester. Une fois à terre il se couche pour nous permettre de descendre, puis se relève et va faire un tour plus loin. Je me tourne alors vers le jeune Moldu tandis que le clapotis de l’eau redevient tranquille à côté de nous, après avoir été légèrement mis en mouvement par notre atterrissage.

« Convaincu ? On recommence quand tu veux. »

Un sourire, encore un, puis un silence qui s’installe.
Un silence lourd de sens.
Et c’est plus fort que moi.

« Viens là. »

Je ne lui demande même pas son avis, je n’attends pas quelconque réaction de sa part. Je le prends dans mes bras et c’est tout. Comme beaucoup il est un peu plus grand que moi mais ça n’a pas la moindre importance. Je n’accompagne pas mon geste par des paroles, je me contente d’être là, de lui offrir une présence physique même si ça n’est certainement pas celle dont il rêve. Je ne sais pas, je crois qu’à sa place j’en aurai besoin. Je ne suis pas à sa place mais … Il ne me repousse pas quoi qu’il en soit, et au bout de quelques secondes, peut être une minute, je lui rends sa liberté tout en ancrant mon regard dans le sien. Ma main se pose sur sa joue et j’ai l’impression que ce geste est assez familier.

« Je ne peux pas te promettre qu’il va revenir, même si j’aimerai être en mesure de le faire, mais il est solide, et … il a besoin de temps, tu le connais. Son corps et son esprit ont besoin de repos, et puis son côté sauvage doit lui faire comprendre que revenir parmi les êtres humains c’est pas … comment dire … oui, il a besoin de temps. »

C’est comme ça que je le ressens en tout cas. Je ne dis pas que c’est la vérité, ce sont juste des suppositions. C’est tout ce que j’ai en stock. 

« Il sait qu’on l’attend, ça doit lui coller la pression, et je suis sure qu’il est entrain de préparer son retour pour que la première chose qu’il dise en ouvrant les yeux et la bouche soit la plus belle connerie de toute sa vie ! Parce qu’il est doué pour ça, autant le dire. Un vrai gamin Rolling Eyes »

Et je me laisse aller à un petit rire, convaincu, malgré tout. Je ne veux pas que mes propres sentiments viennent empiéter sur ceux de Kyle, au contraire.

« Je vais te raconter comment j'ai remarqué cet espèce d'énergumène quand il a débarqué de son Australie natale tiens, ça te fera surement sourire. »

Et j’attrape sa main tranquillement, l’entraine avec moi quelques mètres plus loin pour l’inviter à s’asseoir sur l’herbe. Une fois installés, je laisse mes yeux se perdre sur le lac un instant, tachant de regrouper les images dans ma tête avant de me lancer dans mon récit. Un soupir et puis …

« C’était au début de l’année scolaire 2012-2013, il y a presque deux ans donc. Derek et lui avaient débarqués depuis quelques semaines et j’avais déjà repéré le petit dernier de la fratrie. Il était toujours dans son coin, le plus loin possible des autres, avec sa tête de p’tit merdeux désagréable que tu dois bien connaître. Un jour, après le cours des 5ème année, je l’ai surpris entrain de parler à Mila. Il se croyait seul, je n’ai pas fait un seul bruit, par chance je ne devais pas avoir le vent dans le dos ou peut être que ses sens n’étaient pas aussi développés que maintenant. Bref, Mila semblait paniquée, je crois qu’elle avait eu peur de quelque chose. Elle était toute petite à l’époque. Il la rassurait, il lui caressait l’encolure tout en lui murmurant des mots calmes et … J’ai fondu, littéralement. Je crois qu’il n’a jamais su que j’étais là, et tant mieux parce qu’il se serait refermé comme une huitre instantanément. Je l’ai laissé faire et je suis partie m’occuper ailleurs, avec Fenrir. Depuis ce jour là j’ai su qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être, que c’était juste un petit garçon perdu, et au fil du temps j’ai réussi à l’apprivoiser, lentement mais surement. Je crois que je n’oublierai jamais la première fois qu’il m’a sourit, un sourire sincère je veux dire, pas une marque d’ironie ou ce genre de choses. »

Parce que pour ça aussi il est doué ce petit con. Ça ne m’étonne pas que certains Prof ne soient jamais passé outre la carapace parce qu’il peut vraiment être insupportable quand il a décidé qu’il ne ferait pas d’efforts. Moi j’ai décidé de faire un pas vers lui, et il m’a laissé venir.

« C’était … comme une sorte de récompense, tu vois ? »

Parce qu’il m’en a fallu de la patience Rolling Eyes
Mais je suis bornée, alors ça aide.
Et bien sur que tu vois.

« Je sais qu’il ne m’en voudra pas pour cette comparaison, mais tenter d’apprivoiser Enzo c’était comme amadouer un animal sauvage. Il a fallu du temps, de la patience, mais ça en valait la peine. »

Et je crois qu'on doit simplement en faire preuve d'un peu encore. Il finira par se rendre compte qu'ouvrir les yeux tous les matins et profiter des gens qu'on aime c'est bien plus important et plus fort que tout le reste. Y compris la peur de vivre, la peur de soi et celle des autres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité


Invité
MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   Ven 26 Avr 2013 - 3:47

Ça faisait maintenant… Près de huit jours qu’il se trouvait dans cet état. Oui, huit jours dès ce soir puisqu’il était tombé dans un profond trou noir le vendredi de la semaine dernière. Donc disons sept jours et demi pour le moment. Sept longues et pénibles journées qui m’avaient semblé une éternité. Non pas parce que je ne faisais rien de mes journées (hormis être à son chevet), mais bien parce que plus les heures avançaient, plus l’attente devenant insoutenable, intenable. À chaque bruit, chaque respiration trop forte, je me tournais vers lui comme un paranoïaque, m’attendant à voir ses yeux noisette posés sur moi. Mais au lieu de cela, il restait immobile et les paupières closes : mon imagination m’avait joué des tours une fois de plus. Pourtant, je savais qu’il n’y avait pas raison de perdre espoir : il n’était pas encore mort et ça ne faisait pas si longtemps qu’il était dans cet état. N’empêche qu’il me manquait terriblement. Sa chaleur. Son sourire. Les conneries qu’il pouvait me sortir. Ses petites attentions. Sa manière de me regarder ou encore de m’admirer durant que je faisais mes dessins. Nos conversations. Sa main refermée autour de mon poignet. Sa voix. Même ces sauts d’humeur. Tout. Absolument tout de lui me manquait. Sans lui, ma vie était revenue comme elle l’était avant qu’il n’arrive : terne, sans couleur. J’étais comme un peu tombé dans les vapes moi aussi : les supérieurs ne me faisaient plus aucun effet lorsque je passais près d’eux. Je les entendais s’esclaffer, certains semblaient vouloir me menacer dans mos dos et pourtant, je continuais ma route comme s’ils n’étaient que le fruit de mon imagination. Même chose pour les élèves dont certains se retournaient sur mon passage : surement les étudiants qui avaient assisté à notre torture commune. Aucun d’entre eux ne m’adressait la parole cependant et je les remerciais intérieurement pour ça. Que pourrais-je leur dire de toute manière? Foutez-moi la paix, mon petit ami est dans le coma? M’ouais, mais non.
Les visites avaient plus ou moins diminuées aussi, ce qui me décourageait un peu. Mais en même temps je pouvais comprendre : d’après ce que j’avais compris, les examens arrivaient bientôt et donc, ils devaient être prit avec leurs études. En même temps, pour ceux qui se sentaient plus près d’Enzo, ça devait être là une porte de sortie pour se changer les idées. Je n leur en voulais pas. Mais même si j’aurais été étudiant… Tant pis pour les études : j’aurais fait exactement ce que je faisais depuis le tout début.

Cependant, ce dimanche allait être différent pour une fois. Moi aussi j’allais pouvoir profiter d’une « porte de sortie » même si ça me fendait le cœur de devoir le laisser. J’avais décidé de me changer un peu du train-train quotidien puisqu’Ismaelle venait tout juste de me proposer de prendre la poudre d’escampette avec elle, mais pas de n’importe quelle manière. Non, moi j’avais la chance de pouvoir monter sur un cheval ailé. Animal qui ne se trouvait pas dans le monde des moldus, naturellement. De quoi en faire rougir certains de jalousie.


- Évidemment. Je ne vais pas t’abandonner dans les airs sur le dos d’un immense cheval ailé. J’te rappelle que dans quelques mois je vais devoir m’occuper d’un mini être humain alors je m’entraine, tu vois. Tu vas me servir de cobaye et me dire si je fais les choses bien ou pas tiens.

Elle me sourit et je le lui rendis.
D’accord. Parce que quand même… J’ignorais comment tenir les reines d’un cheval sur la terre… D’ailleurs, je n’avais jamais eu la chance de voler dans les airs : Enzo détestait monter sur un balai.


- Oh ben tu sais, c’est comme monter à cheval. Bon … un très grand cheval, je te l’accorde, mais c’est très confortable, tu verras. Fais comme moi.

Telle une véritable pro de la chose, Ismaelle grimpa par-dessus le bord de la fenêtre jusqu’à se retrouver assise sur le dos de l’immense bête qui se laisse faire. Il se mit à voler un peu, question de pouvoir être plus à l’aise sans doute et ses ailes battantes me donnèrent une bouffée de vent frais qui fit voler mes cheveux dans tous les sens. J’eus une petite exclamation de surprise alors que l’animal revenait à la même hauteur à laquelle il se trouvait quelques secondes plus tôt. L’enseignante me tendis la main, mais avant que je ne puisse l’attraper, je ne pu m’empêcher de jeter un dernier coup d’œil à Enzo qui ne bronchait pas. Aurait-il désapprouvé ce petit bol d’air? Non. Il m’aurait laissé aller parce qu’il la connaissait bien et qu’il avait confiance en elle. De plus, il connaissait aussi l’animal pour s’en être occupé alors du coup… Il aurait été content pour moi. Et il l’était de là où il nous voyait, j’en étais certain.
Je détournai finalement la tête pour prendre la main d’Ismaelle avant de grimper à mon tour sur le dos de l’animal de manière peu assurée : je n’avais embarqué sur un cheval de toute ma vie. Disons que ce n’était pas le genre d’activité que je faisais en Amérique.


- Voilà, maintenant tu t’accroches bien à moi et tu ne me lâches pas, d’accord ?

Malaise.
Je baissai les yeux sur ses hanches, ignorant où placer mes mains exactement. Je savais que c’était là qu’elles allaient, mais disons que… Je ne sais pas ça avait quelque chose… D’étrange.
Je l’a vis tourner la tête vers moi avec un sourire.


- Oui, c’est un peu bizarre, mais on s’en fout, il dort, il dira rien et moi je ne m’en formalise pas. C’est bon ? Alors c’est parti !

Je m’étais finalement accroché à elle comme elle me l’avait demandé avant que l’énorme animal ne tombe… J’ouvrai la bouche alors que je n’arrivais plus à respirer, le souffle coupé par la sensation forte que cette chute me procurait. J’aurais bien voulu crier, mais rien ne sortait : je voyais simplement le décor défiler devant moi à une vitesse folle alors que j’avais l’impression que mes fesses ne touchaient même plus le dos de la bête. Et lorsqu’il ouvrit ses ailes de nouveau pour se donner une poussée, je pu entendre toute la puissance qu’il dégageait dans ses muscles en même temps que de la sentir. Chaque bouffée d’air frais qu’il nous envoyait semblait nous faire monter plus haut et je ne pu m’empêcher de regarder derrière moi pour voir que nous nous éloignions du château. Pendant un bref instant, je ressenti les vertiges de la liberté, mais je me rappelai aussitôt à l’ordre, me disant que même si j’avais l’occasion (ce qui n’était d’ailleurs pas le cas en ce moment) jamais je ne quitterais l’endroit sans Enzo. Hors de question. Pas sans lui ni Cameron. Je me concentrai donc plutôt sur le décor qui semblait défilé moins vite à présent et j’appréciais le voyage. Je souriais juste à être entrain de me demander de quoi j’avais l’air en ce moment. D’un petit garçon émerveillé, la bouche à demie ouverte qui regardait partout autour de lui en découvrant la vie pour la première fois. Ou plutôt… Qui parvenait à voir l’ensemble du château et ses environs du point de vue du ciel et qui, en même temps, se trouvait sur le dos d’un cheval ailé. Mais sérieusement, la vue était vraiment époustouflante de là-haut : jamais je n’aurais cru que l’endroit était aussi beau et le château si majestueux. Les terrains étaient vastes et… Que dire de cette Forêt qui semblait s’étaler sur des millions de kilomètres. Un petit paradis terrestre et un endroit idéal pour y faire des études. Si on faisait abstraction des supérieurs, bien entendu. Nous survolâmes bientôt le lac et je fermai les yeux, revoyant Enzo, mon Enzo devenir le roi de la vague. Je le voyais bien, dans la luminosité du soleil debout sur sa planche avec cet air fier et heureux accroché au visage. Je souriais davantage, laissant échapper une larme par la même occasion.
Cet endroit me rappelait tant de souvenirs qui, pourtant, n’étaient pas si lointain. Alors que là j’avais l’impression que c’était arrivé il y a une éternité.

Ismaelle poussa un sifflement et j’ouvris aussitôt les yeux, essuyant rapidement du revers de la main l’unique larme qui n’avait pas réussi à disparaître malgré le vent. Au bout de quelques secondes, nous nous retrouvâmes sur le sol et sur le moment, je me sentis légèrement étourdi de mon tour, comme si j’avais déjà oublié ce que c’était d’avoir les pieds sur terre.


- Convaincu ? On recommence quand tu veux.
- C’était absolument génial. Merci beaucoup. Et… Je vais essayer que ça ne devienne pas une habitude. C’est sûr que les balais doivent être moins confortable, mais… Vous avez de la chance de pouvoir voler.


Ça permet d’oublier certaines choses, comme la dure réalité. J’avais vraiment réussi, en l’espace de quelques instants, d’oublier qu’il était dans le coma et que nous étions enfermés dans un endroit dont on ne sortirait probablement jamais. La vue et tout le reste m’avait aidé à m’évader de ma prison quotidienne et celle de mon esprit. Mais le lac m’avait frappé de plein fouet et la réalité était de retour, même si ce n’était pas sous la même forme.
Un silence s’installa entre moi et elle et je regardai de nouveau cette étendue eau qui était synonymes de tant de choses pour moi. C’était ridicule et mal sain, je le savais, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Et si Cameron et Jillian étaient ici avec moi, penseraient-ils à la même chose?


- Viens là.

J’eus à peine le temps de poser mes yeux sur elle qu’elle s’était déjà collée contre moi. Un peu surprise, je restai statique durant quelques secondes, avant de finalement l’enrouler de mes bras. Je poussai un petit soupir en posant mon menton sur le dessus de sa tête. Soupir de fatigue, de tristesse : pas d’embêtement. C’était un peu étrange, mais qu’est-ce qu’il ne l’était pas dans cet endroit? Et puis avec tout ce qui nous tombait sur le coin de la gueule ces temps-ci, aussi bien avouer qu’une présence faisait un peu de bien. Surtout d’une personne appréciée et concernée. J’avais confiance en Ismaelle. Beaucoup plus que pour certaines personnes. Je savais que l’état d’Enzo la faisait tout autant souffrir. Je le voyais lorsque son regard se posait sur le corps inerte. Elle et lui partageaient un lien spécial que je n’avais jamais vraiment compris, mais après mieux avoir appris à la connaître elle, je comprenais pourquoi il l’appréciait autant. Sa manière d’être douce, d’être une « maternelle » plutôt cool, d’accepter la différence sans poser de question, d’être toujours là quand ça ne va pas… Elle allait faire une excellente mère et elle méritait Maxence à cent pour cent.
Elle se distança de moi et nous nous regardâmes.


- Je ne peux pas te promettre qu’il va revenir, même si j’aimerai être en mesure de le faire, mais il est solide, et … il a besoin de temps, tu le connais. Son corps et son esprit ont besoin de repos, et puis son côté sauvage doit lui faire comprendre que revenir parmi les êtres humains c’est pas … comment dire … oui, il a besoin de temps. Il sait qu’on l’attend, ça doit lui coller la pression, et je suis sure qu’il est entrain de préparer son retour pour que la première chose qu’il dise en ouvrant les yeux et la bouche soit la plus belle connerie de toute sa vie ! Parce qu’il est doué pour ça, autant le dire. Un vrai gamin.

Elle eut un petit rire et je l’accompagnai, m’imaginant parfaitement la situation.
Elle le connaissait bien. Sa description me faisait rêver et je savais que c’était exactement ce qu’il se passait dans sa tête à lui. Il avait besoin de temps, il en avait toujours eu besoin : spécialement avec moi. Du repos, ça oui. Il en avait besoin plus que qui conque après ce par quoi il était passé.


- Je vais te raconter comment j'ai remarqué cet espèce d'énergumène quand il a débarqué de son Australie natale tiens, ça te fera surement sourire.

Sa main se glissa dans la mienne et pour ce coup là, ça me fit étrange de sentir une main délicate, étant habitué à la sienne. Mais je n’en fis pas de cas, me contentant de la suivre en silence alors qu’elle m’entraînait un peu plus loin afin que nous puissions nous asseoir sur l’herbe.
J’avais bien hâte de connaître cette histoire.


- C’était au début de l’année scolaire 2012-2013, il y a presque deux ans donc. Derek et lui avaient débarqués depuis quelques semaines et j’avais déjà repéré le petit dernier de la fratrie. Il était toujours dans son coin, le plus loin possible des autres, avec sa tête de p’tit merdeux désagréable que tu dois bien connaître. Un jour, après le cours des 5ème année, je l’ai surpris entrain de parler à Mila. Il se croyait seul, je n’ai pas fait un seul bruit, par chance je ne devais pas avoir le vent dans le dos ou peut être que ses sens n’étaient pas aussi développés que maintenant. Bref, Mila semblait paniquée, je crois qu’elle avait eu peur de quelque chose. Elle était toute petite à l’époque. Il la rassurait, il lui caressait l’encolure tout en lui murmurant des mots calmes et … J’ai fondu, littéralement. Je crois qu’il n’a jamais su que j’étais là, et tant mieux parce qu’il se serait refermé comme une huitre instantanément. Je l’ai laissé faire et je suis partie m’occuper ailleurs, avec Fenrir. Depuis ce jour là j’ai su qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être, que c’était juste un petit garçon perdu, et au fil du temps j’ai réussi à l’apprivoiser, lentement mais surement. Je crois que je n’oublierai jamais la première fois qu’il m’a sourit, un sourire sincère je veux dire, pas une marque d’ironie ou ce genre de choses. C’était … comme une sorte de récompense, tu vois ? Je sais qu’il ne m’en voudra pas pour cette comparaison, mais tenter d’apprivoiser Enzo c’était comme amadouer un animal sauvage. Il a fallu du temps, de la patience, mais ça en valait la peine.

J’avais souris au fur et à mesure que son récit avançait, n’aillait aucun mal à revoir la tête du Enzo que j’avais vu en dessous de l’arbre ravageur. Je me l’imaginais en classe, la capuche par-dessus sa tête comme pour lui donner un air encore plus mystérieux et méchant pour qu’on lui foute la paix. Mais je le voyais aussi revenir doux et gentil avec la Sombral, comme il était complètement gaga avec Lune. Il avait toujours eu cette facilité déconcertante avec les animaux qui me fascinait. C’était peut-être parce qu’il en possédait lui-même un dans sa personnalité, mais n’empêche qu’il y avait une connexion plutôt dingue. Lune faisait parti des félins, lui des canidés et pourtant ils étaient inséparables. Je me disais que, même avant d’avoir cet aspect de lycanthropie en lui, il devait déjà avoir ce don naturel avec les animaux. Quoi qu’il en soit, je le reconnaissais parfaitement dans l’histoire d’Ismaelle et je la comprenais aussi quand elle le comparait à un animal sauvage. Il avait cette partie en lui qui ne disparaîtrait peut-être jamais complètement, même s’il avait beaucoup changé. Elle avait réussi à le faire sourire et moi, j’avais réussi à avoir son cœur. J’avais encore de la difficulté à savoir comment j’avais réussi à m’y prendre, mais maintenant qu’il penchait pour moi, je ne le laisserais pas filer de si tôt.
Même s’il se trouvait à l’article de la mort.


- Non il ne t’en voudrait pas. C’est vrai que… Le début n’était pas vraiment facile pour moi non plus. Je me suis introduit dans sa vie sans sa permission et je crois qu’il n’a pas vraiment apprécié.

Mes yeux se perdirent sur le lac alors que mes premiers souvenirs me revenaient en mémoire. J’avais envie de lui partager moi aussi puisque nous étions sur le sujet. Se remémorer « l’ancien » Enzo, c’était plutôt comique, même si ça rendait très nostalgique. Après tout ce par quoi nous étions passés, j’avais l’impression de devoir revenir des années en arrière alors qu’en fin de compte, ça ne faisait pas si longtemps. Mais les expériences et les souffrances nous avaient mis dans l’urgence, nous faisant sauter des étapes. Tout avait été trop vite dans un sens, mais… C’était notre histoire à nous. Et pour rien au monde je ne l’échangerais. Ni cette histoire, ni lui.

- Je me souviens c’était… Pas tellement longtemps après que j’aie atterri ici. Ne me demande pas comment j’ai fais, parce que, maintenant que j’y pense, je me dis que la sécurité et/ou la surveillance devait être moins élevée dans ce temps là, mais… Aux petites heures du matin, j’avais réussi à m’éclipser de ma chambre du quatrième et je m’étais même rendu dehors. En fait, je me suis rendu jusqu’au saule… Tu sais cet espèce d’énorme arbre fou qui, quand on s’en approche trop près active ses branches et balai tout sur son passage? Y’avait quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui avait attiré mon attention : lui. Il était là, complètement nu, en dessous de l’arbre et moi, j’avais balancé mes plans de fuite à l’eau. J’avais préféré lui venir en aide parce que je ne sais pas… Cameron aime m’appeler Superman et du coup je pense que pour cette situation-ci, le surnom pourrait bien s’appliquer. M’enfin je me suis approché, il n’avait vraiment pas l’air bien et moi, j’étais assez perdu. J’veux dire, un mec dehors aux petites heures du mat, nu comme un ver… Qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre là?

J’eus un petit rire.
À l’époque, j’ignorais tant de choses…


- Enfin j’ai fini par le réveillé et je voulais l’emporter dans le château, mais tu sais comment c’est après une transformation… Il n’allait vraiment pas bien, mais avant que j’apprenne sa vraie nature, j’ignorais jusqu’à quel point ça n’allait pas. Moi je me disais juste qu’il avait du passer une mauvaise nuit, sans plus. Du coup, il m’a envoyé chercher la baguette d’un môme qui se trouvait pas loin et moi… Je n’avais pas vraiment apprécié l’ordre qu’il m’avait donné et la manière dont il a dit les choses alors j’avais sorti un truc du genre : bah de toute manière les gens comme moi sont fait pour vous servir alors je vais le faire et fermer ma gueule. Enfin ce n’était pas tout à fait ça, mais… Enfin, j’ai eu la baguette, je lui ai rapporté et là il s’était mis à dire des trucs… Des trucs dans votre jargon bien particulier. Je suis capable de reconnaître certains termes comme impero ou endoloris, mais ça… Au bout de quelques secondes, j’ai vu des vêtements qui volaient dans les airs et moi je… Wow écoute, je pense que c’est une image qui restera longtemps gravée dans ma mémoire. Je n’avais pas eu l’occasion de voir vraiment la magie s’opérée avant ça et… Ça avait été une bonne surprise, même si pour le coup c’était pas vraiment drôle. Et puis après on a entrepris de partir et il voulait que j’aille à l’infirmerie parce qu’entre temps ces satanés branches m’avaient fouettés le dos à force d’aller et venir en dessous de l’arbre… C’était d’accord, s’il venait avec moi. Et là, il a péter un câble. Et moi aussi. J’en avais marre de son comportement de merde et…

J’eus un petit rire de nouveau, me disant que ça avait toujours été comme ça entre nous : il pétait un câble, je pétais le mien et finalement il s’excusait et moi je lui pardonnais tout, presque tout de suite. La majorité du temps en tout cas.

- C’est vraiment dingue… Maintenant que j’y pense… Il s’est excusé, je lui ai pardonné et on s’est laissé comme ça. C’est trop dingue parce que… C’est comme ça entre nous maintenant même si… Même si les temps on vraiment changé…

Mon expression se fit plus sombre alors que je fronçais légèrement les sourcils comme pour empêcher l’émotion de monter plus haut.

- J’n’aurais jamais cru que j’en viendrais à bout moi aussi. Mais il y avait quelque chose chez ce mec… Quelque chose qui m’intriguais. Je voulais retomber sur lui, apprendre à le connaître, à le décortiquer… C’était un mystère. Alors j’ai insisté dès la deuxième rencontre et de fil en aiguille… Il s’est complètement métamorphosé. Et moi aussi. On a évolué ensemble et s’il… Si je le perds... Encore…

Focus sur l’eau Kyle.
Regarde le lac. Il est magnifique n’est-ce pas?
Non. Ce fichu lac n’est pas aussi beau que lorsqu’il anime des vagues artificiellement. Il n’est plus beau parce qu’il n’est pas lui pour lui donner forme, lui donner vie. Il ne vaut rien. C’est qu’un fichu lac ordinaire, trop ordinaire et dénué de présence. De sa présence.

De grosses larmes coulaient sur mes joues à présent, incapable de m’en empêcher. Ça devait être la première fois en sept jours et demi que j’éclatais devant quelqu’un, hormis à l’annonce de la terrible nouvelle, bien entendu. Je risquai tout de même un regard vers Ismaelle.


- Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir ici, mais avec lui je suis prêt à supporter les pires merdes. Mais s’il n’est pas là, je ne sais pas comment je ferai… Je vais encore me retrouver perdu, comme je l’étais lorsque je suis arrivé ici… Je l’ai déjà perdu deux fois, je ne veux pas qu’il parte encore… Je ne sais pas si j’arriverai à supporter…

Non, je n’y arriverais pas.
Parce que la vie sans lui, ça n’a aucun sens.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   Dim 28 Avr 2013 - 23:40

Quoi dire ? Quoi faire ? A par simplement laisser parler mon cœur, je ne peux pas faire grand chose. Et c'est ce que je fais, c'est ce qui me semble être la meilleure chose à faire d'ailleurs. Parler de lui, c'est en quelque sorte le rendre un peu vivant. Je ne dis pas qu'il est mort, simplement il n'est pas vraiment avec nous et ça tous ceux qui sont passés le voir s'en sont rendu compte. Il voyage dans les limbes de son inconscient, peut être qu'il prend le temps de peser le pour et le contre, le temps de se reconstruire, et celui de profiter d'un peu de calme, chose dont il a cruellement manqué ces derniers temps. Lui, comme pleins d'autres. Le mois de juin n'est vraiment pas de tout repos et si de mon côté je n'ai pas vraiment à me plaindre, voir tous ces gosses dans cet état ça me brise le cœur. Qui a dit que la vie était un long fleuve tranquille ? Je ne sais plus, mais c'était potentiellement ironique à mon avis. Il faut dire qu'ici, les circonstances, le contexte, n'aident pas mais cette montée en puissance me fait peur même si je n'en montre rien. L'enfermement renforce les émotions, les liens, et tout ce qui va avec, alors s'en prendre à une personne c'est s'en prendre à toute sa « famille ». C'est exactement ce qui se passe avec Enzo, si lui souffre, c'est le cas de tous les autres aussi. Chacun gère à sa façon mais le résultat est le même. Comment sortir de ce carcan ? Comment débrancher ? J'ai beau faire mon possible, parfois je suis moi aussi en bout de course, et à bout de souffle. Tout ça m'affecte moi aussi mais je m'efforce de garder la tête droite et de tenir le coup. J'ai peur, naturellement, mais quand je croise le regard de Kyle, celui de Jillian, de Sovahnn ou de n'importe qui touché de près ou de loin par cette histoire, je ne peux pas faire autrement. Ils ont besoin de pouvoir se reposer sur quelqu'un de solide, quelqu'un qui véhicule un certain message, celui de l'espoir. Un sourire n'effacera pas les blessures mais il peut les apaiser, au moins le temps de quelques secondes, et rien que ça n'a pas de prix.

A mesure que mon « récit » avance je vois Kyle qui se perd dans ses pensées, dans ses propres souvenirs, dans l'image qu'il a d'Enzo et qui n'est certainement pas exactement la même que la mienne puisque les relations que l'on entretient chacun avec lui ne sont pas les mêmes, naturellement. Poutant je crois qu'il le retrouve bien dans celui que je lui décris, dans ma vision de voir le jeune Gryffondor, et dans l'évolution qu'on a tous pu percevoir au fil des mois.

« Non il ne t’en voudrait pas. C’est vrai que… Le début n’était pas vraiment facile pour moi non plus. Je me suis introduit dans sa vie sans sa permission et je crois qu’il n’a pas vraiment apprécié. »

Je souris de plus belle, m'imaginant assez facilement un Enzo ronchon entrain d'essayer de se dépêtrer de ce jeune Moldu qui ne semble pas vouloir le lâcher. Dans le fond, je ne connais pas très bien Kyle, ça n'est pas un grand bavard et il est assez avar de confidence, plutôt discret, mais je crois qu'il y a beaucoup de chose que j'ignore et qu'il ne montre pas à tout le monde. Ça n'est pas un problème, c'est simplement assez amusant de l'imaginer entrain de … s'introduire dans la vie d'Enzo sans sa permission. Je ne m'étonne pas que le plus jeune des deux Ryans n'ait pas apprécié mais une part de moi ne peut s'empêcher de penser que c'était sans doute en grande partie du bluff, un moyen de garder la face. Peut être que je me trompe mais je crois qu'il y tient à l'image qu'il s'est fait auprès des autres, en tout cas de certain. Ça lui permet de rester tranquille, et de maintenir les autres à distance. Il est solitaire sans l'être, mais il a besoin de son espace, ça je crois que tout le monde en a parfaitement conscience, et y entrer de force ça n'est pas l'idée du siècle. Kyle est vraiment quelqu'un de spécial pour avoir réussi à faire ça sans trop de dommage. Enfin, d'après ce que j'en sais. C'est à dire pas grand chose.

« Je me souviens c’était… Pas tellement longtemps après que j’aie atterri ici. Ne me demande pas comment j’ai fais, parce que, maintenant que j’y pense, je me dis que la sécurité et/ou la surveillance devait être moins élevée dans ce temps là, mais… Aux petites heures du matin, j’avais réussi à m’éclipser de ma chambre du quatrième et je m’étais même rendu dehors. En fait, je me suis rendu jusqu’au saule… Tu sais cet espèce d’énorme arbre fou qui, quand on s’en approche trop près active ses branches et balai tout sur son passage? Y’avait quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui avait attiré mon attention : lui. Il était là, complètement nu, en dessous de l’arbre et moi, j’avais balancé mes plans de fuite à l’eau. J’avais préféré lui venir en aide parce que je ne sais pas… Cameron aime m’appeler Superman et du coup je pense que pour cette situation-ci, le surnom pourrait bien s’appliquer. M’enfin je me suis approché, il n’avait vraiment pas l’air bien et moi, j’étais assez perdu. J’veux dire, un mec dehors aux petites heures du mat, nu comme un ver… Qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre là? »

Oh … alors ça c'est de la rencontre atypique et c'est rien de le dire. J'admets que ça ne m'a jamais traversé l'esprit de savoir comment ils s'étaient rencontrés ces deux là, je crois que je me disais simplement que c'était le hasard et ça l'est mais les circonstances sont assez … disons peu commune. Qui n'a jamais rêvé de trouver un homme nu sous un arbre en allant faire sa promenade ? Est ce que j'ai vraiment pensé ça ? Saletés d'hormones de grossesses. Oui, je sais, elles ont bon dos. Je dois bien avouer que c'est un peu étrange d'avoir cette conversation dans le sens où imaginer Enzo nu me pose problème. J'ai l'impression de pénétrer dans son intimité et c'est assez dérangeant mais peu importe, oui, qu'est ce qu'il pouvait bien foutre là ? La réponse est – je pense – assez simple quand on connait sa particularité. Enfin j'espère que c'était ça sinon ...

« Enfin j’ai fini par le réveillé et je voulais l’emporter dans le château, mais tu sais comment c’est après une transformation… Il n’allait vraiment pas bien, mais avant que j’apprenne sa vraie nature, j’ignorais jusqu’à quel point ça n’allait pas. Moi je me disais juste qu’il avait du passer une mauvaise nuit, sans plus. Du coup, il m’a envoyé chercher la baguette d’un môme qui se trouvait pas loin et moi… Je n’avais pas vraiment apprécié l’ordre qu’il m’avait donné et la manière dont il a dit les choses alors j’avais sorti un truc du genre : bah de toute manière les gens comme moi sont fait pour vous servir alors je vais le faire et fermer ma gueule. Enfin ce n’était pas tout à fait ça, mais… Enfin, j’ai eu la baguette, je lui ai rapporté et là il s’était mis à dire des trucs… Des trucs dans votre jargon bien particulier. Je suis capable de reconnaître certains termes comme impero ou endoloris, mais ça… Au bout de quelques secondes, j’ai vu des vêtements qui volaient dans les airs et moi je… Wow écoute, je pense que c’est une image qui restera longtemps gravée dans ma mémoire. Je n’avais pas eu l’occasion de voir vraiment la magie s’opérée avant ça et… Ça avait été une bonne surprise, même si pour le coup c’était pas vraiment drôle. Et puis après on a entrepris de partir et il voulait que j’aille à l’infirmerie parce qu’entre temps ces satanés branches m’avaient fouettés le dos à force d’aller et venir en dessous de l’arbre… C’était d’accord, s’il venait avec moi. Et là, il a péter un câble. Et moi aussi. J’en avais marre de son comportement de merde et… »

C'était donc bien après une pleine lune mais qu'est ce que tu foutais dehors un matin Enzo Ryans ? A vrai dire, avant de se transformer dans ma cabane, il changeait dans la salle sur demande il me semble, mais la place est chère parfois. Je crois qu'on devrait protéger des endroits où les Lycans de ce château pourraient procéder à leurs transformations en toute tranquillité, le soucis étant qu'ils aiment être libres une fois Loup et les enfermer, ça ne me semble pas être une bonne idée. Idée à creuser.

« C’est vraiment dingue… Maintenant que j’y pense… Il s’est excusé, je lui ai pardonné et on s’est laissé comme ça. C’est trop dingue parce que… C’est comme ça entre nous maintenant même si… Même si les temps on vraiment changé… »

Un instant il sourit, puis l'autre son regard se fait plus sombre. Je fronce les sourcils, le répit n'aura été que de courte durée je crois.

« J’n’aurais jamais cru que j’en viendrais à bout moi aussi. Mais il y avait quelque chose chez ce mec… Quelque chose qui m’intriguais. Je voulais retomber sur lui, apprendre à le connaître, à le décortiquer… C’était un mystère. Alors j’ai insisté dès la deuxième rencontre et de fil en aiguille… Il s’est complètement métamorphosé. Et moi aussi. On a évolué ensemble et s’il… Si je le perds... Encore… »

Il ne me regarde plus, ses yeux sont totalement bloqués sur le Lac et le silence s'installe mais les larmes qui roulent sur ses joues ne passent pas inaperçu et je me sens de nouveau très impuissante. Je sens mes propres yeux s'humidifier et je ne sais pas ce qui me fait le plus mal : Le voir comme ça, partager sa peine, ou bien me dire que si Enzo ne revient pas, je le perdrai moi aussi. Je me suis attachée à ce gosse comme une mère pourrait le faire avec son fils et si jusqu'ici j'ai mis mes propres états d'âmes de côté, je n'arrive plus à les refouler quand je perçois toute la détresse du jeune américain. Pourtant quand il se retourne vers moi, je remets mon masque et ravale mes larmes. Je ne suis pas insensible, et j'espère que ça n'est pas ce qu'il pense même si j'en doute, mais je ne veux pas pleurer devant lui, ni devant personne. Ça n'aidera pas.

« Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir ici, mais avec lui je suis prêt à supporter les pires merdes. Mais s’il n’est pas là, je ne sais pas comment je ferai… Je vais encore me retrouver perdu, comme je l’étais lorsque je suis arrivé ici… Je l’ai déjà perdu deux fois, je ne veux pas qu’il parte encore… Je ne sais pas si j’arriverai à supporter… »

Pourquoi est ce que la vie est aussi difficile, aussi dure avec ces enfants ? Pourquoi ? Si la peine prenait le pas sur le reste deux secondes plus tôt, cette fois c'est la colère. Je ne comprendrais jamais pourquoi le sort s'acharne à ce point. Ils n'ont rien fait, ils n'ont rien demandé, ils vivent juste leur histoire, en retrait sans déranger personne et … ça me tue. Ça me rend folle tant de violence, tant de cruauté. Kyle et Enzo ne sont qu'un exemple parmi tant d'autres mais je me sens proches de ces gamins alors leur histoire m'atteint plus que celle d'autres, forcément. Je suis au courant depuis sans doute le tout début ou presque et devant moi ils ont appris à ne plus se cacher, à avoir confiance. Je ne supporte pas de me dire qu'à cause d'hommes qui ne méritent même pas cette appellation ils ont du endurer tout ce qu'ils ont enduré. Et si tout se termine comme ça ? C'est tellement injuste. Sans réfléchir j'attrape sa main entre les miennes et plonge mon regard dans le sien

« Tu n'es pas seul Kyle, j'espère que tu le sais. Tu as des amis ici, des gens qui tiennent énormément à toi et qui ne t'abandonneront pas. Et j'en fais partie. »

Je ne sais pas ce qu'il va se passer, et je sais qu'on ne le remplacera jamais mais c'est important pour moi de te le dire et j'espère que tu en as conscience. Je ne vais pas te faire de liste mais je veux que tu imprimes bien ça dans ta petite tête. Si jamais le pire devait arriver, s'il ne revient pas, ne t'isole pas. Je ne te laisserai pas faire de toute façon. Je l'ai fait une fois avec Enzo et je ne referai pas cette erreur. Vous n'êtes pas pareil, vous n'avez pas le même caractère, mais peu importe. Je l'ai abandonné une fois, je ne ferai pas cette connerie avec toi. Et puis merde ! Il n'est pas mort. Il va revenir.

« C'est à lui ça, non ? »

Entre temps, tachant de retrouver un peu de calme intérieur, j'ai lâché sa main pour finalement porter une des miennes à son cou où pendait une chaine faite dans ce qui semblait être de l'argent, avec une petite croix au bout. J'ai sourit, laissant mes doigts frôler le petit objet avant de reposer mes avant bras sur mes genoux. Si je ne me trompe pas, et si ce bijou est vraiment celui d'Enzo, je sais qu'il y tient comme à la prunelle de ses yeux. On n'a jamais abordé le sujet à vrai dire mais il y a des choses qui ne trompent pas. Il est souvent entrain de jouer avec, surtout quand il est perdu dans ses pensée. Il la fait glisser entre ses doigts pendant que son esprit se focalise sur autre chose. Une manie, un tic, une habitude. Kyle en est le gardien alors.

« Tu sais, je me souviens de la première fois que je vous ai vu tous les deux. C'était … je ne sais plus vraiment quand exactement, en début d'année dernière je crois. Près du Lac, un soir. Je cherchai Fenrir et j'ai aperçu la grande carcasse d'Enzo – qui n'était pas si grand à l'époque d'ailleurs, mais qu'est ce qu'il mange pour avoir grandi aussi vite en si peu de temps – un peu plus loin. Au départ je n'ai pas vraiment fait attention mais en me rapprochant je me suis rendu compte qu'il n'était pas tout seul, et je t'ai reconnu. On s'était rencontrés pas longtemps avant toi et moi, tu te souviens ? T'avais débarqué aux enclos, je t'avais présenté Mila, on avait discuté un peu et tu t'étais enfuis comme un voleur après m'avoir posé des questions sur les Garous. »

Wink

Non je n'ai pas oublié, et bien sur que non, je ne t'en veux pas. J'imagine que ça a du te faire un choc d'apprendre que ce genre de créatures existaient, et que le garçon que tu venais de rencontrer – parce que j'imagine que c'est pour ça que tu m'as posé ces questions – en faisait partie.

« J'aurai du vous dire de rentrer ce soir là, ne pas vous laisser rester dehors, c'était totalement irresponsable de ma part mais … je ne sais pas, ça ne m'a pas effleuré l'esprit. Enzo était tellement solitaire à l'époque et même si j'avais cru remarquer un certain rapprochement entre Jillian et lui quelques temps plus tôt, je me disais que quelqu'un comme toi dans son environnement ça ne pouvait que lui être bénéfique. C'est stupide, parce que de loin comme ça je ne pouvais absolument pas juger de ce qu'il se passait mais je me suis mise dans le crane que vous étiez amis, et que c'était une bonne chose. Le fait que quelqu'un arrive à l'approcher comme ça, c'était … un peu nouveau. »

On ne peut pas vivre seul, c'est contraire à la loi de la nature. Il existe des espèces dont les individus vivent seuls, mais ça n'est pas le cas de l'homme, ni même celle du Loup. Il était malheureux, et si certains ne s'en rendaient pas compte, s'il donnait parfaitement le change, avec moi ça ne fonctionnait pas.

« Quand vous vous êtes éloignés, quelque chose m'a frappé, entre vous deux. Je vous ai trouvé proches, et maintenant je comprends mieux pourquoi évidemment mais sur le moment, ça m'a simplement un peu surprise puis j'ai décidé de fermer les yeux sur tout ça et je suis rentrée. »

C'est vrai qu'en y repensant, c'était vraiment et totalement irresponsable. Le Parc la nuit peut être dangereux et qui plus est ils n'avaient pas le droit d'être là mais … J'en sais rien, une intuition, je ne pouvais juste pas. Pourtant c'était deux gamins, à la merci de n'importe qui et n'importe quoi et l'ainé des deux Ryans ne s'est pas fait prier pour me le faire remarquer peu de temps après d'ailleurs. Quand j'y pense ...

« C'est Derek qui m'a permis de comprendre que je ne m'étais pas fait des idées Rolling Eyes Quel petit con celui là quand il s'y met, même s'il a visiblement grandi dans sa tête ces derniers temps. »

Il s'est excusé, et j'ai pris ses excuses en compte. Oui il a grandi, et c'est tout à son honneur. Qui plus est, lui non plus n'a pas eu la vie facile et j'imagine a quel point ça doit être dur pour lui en ce moment alors que comme nous tous il attend dans l'incertitude. Il le fait seul, et contrairement à ce que je fais pour Kyle je n'irai pas faire lui. J'ai compris que c'était sa manière à lui de gérer les choses et je respecte. Et d'ailleurs je ne devrais même pas parler de lui.

« Enfin bref, ce que je veux dire c'est que vous en avez fait du chemin tous les deux, et tu l'as dit toi même vous avez évolué ensemble. C'est une belle histoire, et pour l'instant on n'en connait pas la fin alors … tourne les pages une par une, et concentre toi sur l'instant présent. »

C'est tout ce qu'on peut faire, et je sais bien que c'est facile à dire mais … est ce qu'on a vraiment le choix ?

« Tu veux rentrer ? »

Je suis persuadée que ça t'a fait du bien ce petit vol et simplement de prendre l'air, de voir un peu autre chose, mais je vois bien que tu n'aimes pas être loin de lui et je comprends.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   Ven 3 Mai 2013 - 9:35

Suite
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: We wait and we wonder ▬ Kyle   

Revenir en haut Aller en bas
 
We wait and we wonder ▬ Kyle
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hide & Seek {Kyle}
» It's gonna be legen... wait for it [qui veut :3] dary.
» Kyle XY
» 02. Wait a minute girl, can you show me to the party ?
» It's Gonna Be Legen..wait for it..Dairy ! (or not)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Septième Etage. :: ─ Infirmerie :: ─ Pièce magique et secrète de l'infimier-
Sauter vers: