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 Let's Not Pretend [PV Jeroen]

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MessageSujet: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Jeu 14 Mar 2013 - 22:34

Dingue. Elle était totalement dingue. Julian ne pouvait plus le nier maintenant, elle était folle à lier et le pire dans tout ça, c’était qu’elle n’avait nullement l’intention de faire quoi que ce soit pour changer cela. Jeroen avait eu raison en les appelants ainsi, en soulignant que leur acte avait été un peu folie surtout dans le contexte actuel. Et pourtant, la jeune femme ne regrettait rien et, pire encore, elle n’en oubliait rien. Le tout était inscrit dans sa mémoire, ancré. Cet instant de plaisir intense, cette sensation de partir, d’être dans un monde. Et puis, le bien être, la douceur des mains de son aîné sur son épaule et ce semblant de retour à la normal. Comme s’il n’avait jamais perdu pied, Jer’ avait rapidement enchaîné, parlant du fait que la rousse avait prétendue ne peut avoir besoin de faire ça avec lui pour gagner, ne pas avoir besoin de faire recours à ses charmes. Sur le moment, si elle avait été surprise, elle avait ensuit rit, parce qu’elle en avait envie, parce qu’elle se sentait légère et que ses petites réflexions n’étaient plus des pics à ses yeux mais des moments d’humour. Et puis, malgré tout, ce qu’il avait dit elle s’en souvenait, qu’elle était « bien comme ça ». En temps normal, elle n’aurait même pas fait attention à ces mots, ils ne se seraient pas ancrés dans sa mémoire mais là, elle s’en souvenait parfaitement, elle le revoyait même les prononcer. Ju’ ne pouvait s’en détacher car ce n’était pas tous les jours qu’elle entendait ça de la sorte, non vraiment pas. Enfin, ce n’était surtout pas tous les jours qu’elle se sentait vraiment touchée. Après tout, en tant que séductrice de base, elle entendait de temps en temps des mecs répondre à ses attentes, la complimenter, surtout dans le but d’ensuite la mettre dans leurs lits. Elle s’en fichait, cela ne la dérangeait pas plus que ça puisqu’elle ne le faisait que quand elle en avait envie. Mais là, elle n’arrêtait pas de se convaincre qu’il avait dit cela d’une manière différente même si elle cherchait à s’interdire de trop penser à lui, de trop vouloir interpréter ses paroles, ses gestes… Clairement, il fallait qu’elle se fasse soigner parce que là ça devenait franchement grave. C’était toujours la même rengaine, elle n’arrêtait pas de penser à lui, elle s’auto flagellait pour ça, se forçait à s’occuper l’esprit en permanence mais au final, elle en revenait toujours au même point. Julian n’arrivait pas à se sortir de ce pétrin, à sortir ces souvenirs de sa tête. Surtout que de leur dernières petites entrevue, elle se souvenait surtout d’une petite phrase ; Jeroen avait clairement dit qu’il fallait une troisième manche, qu’il fallait que les deux se retrouvent encore une fois au moins. Elle ne savait pas trop s’il voulait reprendre le jeu comme il avait commencé ou si… Non, elle ne devait pas se faire de films, certainement pas. Elle devait rester la même, joueuse, sûre d’elle et n’attendant rien ni personne. Oui clairement c’était la meilleure chose à faire.



Mouais, sauf que cela ne fonctionnait absolument pas. Julian avait beau tenté la méthode de l’auto persuasion de toutes les manières possibles, cela ressemblait clairement à un échec cuisant. Aussi, la demoiselle n’arrêtait pas de se dire depuis quelques jours maintenant qu’il fallait qu’elle le revoit, qu’elle affronte cette nouvelle entrevue même si, bien qu’elle refusait clairement de l’admettre, elle en avait un peu peur. Pour la première fois, elle avait l’impression de ne rien contrôler. Si jusqu’alors sa relation avec Jeroen était pleine de surprises et que c’était justement pour cela qu’elle l’appréciait, pour le coup, elle ne savait pas du tout sur quel bien danser et cela avait quelque chose d’un peu effrayant. Mais bon, malgré tout, le jour où Julian deviendrait une poule mouillée et qui plus est, effrayée par les mecs, n’était pas encore arrivé. La rousse avait donc décidé de prendre son courage à deux mains et de lancer la troisième manche. Pour cela, elle avait décidé de jouer un peu. Après tout, si on ignorait le bordel qui sévissait actuellement dans sa tête, Jeroen et elle c’était un jeu, un défi constant et elle devait donc lui donner du fil à retordre. Aussi, après s’être arrangée avec un autre Serpy, elle avait réussi à obtenir de lui qu’il délivre un message au principal intéressé de sa part. Mettre des pions en jeu, c’était sa grande spécialité et cela lui rappelait cette impression de contrôle qu’elle aimait tant, l’idée que rien ne pouvait lui échapper alors qu’en ce moment justement, tout semblait simplement lui glisser entre les mains. Ainsi donc elle s’était placée en meneuse, son pion avait juste à dire à son camarade qu’elle l’attendait, dans les gradins du stade la veille de son anniversaire vers seize heure. Et oui, Julian avait mené sa petite enquête sur Jeroen. Au début, elle cherchait juste quelques infos amusantes et à force de discuter par-ci par-là et de fourrer son nez partout, elle avait appris la date d’anniversaire du jeune homme. De l’extérieur, elle aurait très bien pu passer pour une psychopathe, ce qu’elle était un peu au finale. Mais bon, ça ce n’était pas nouveau et puis, il fallait toujours bien connaître ses adversaires, non ?

En tout cas, Julian n’avait pas pu s’empêcher de glaner des informations, au moins ça l’avait occupée. Mais finalement elle n’avait pas appris grand-chose, rien de bien passionnant en tout cas. Ce n’était pas si grave. L’important c’était ce qui allait se passer, ce que ces petites retrouvailles avec Jeroen allaient bien pouvoir donner. Le problème c’était, qu’en réalité, elle n’arrivait pas trop à y penser. Quand elle cherchait à comprendre, à deviner, à supposer, elle avait l’impression de devenir totalement folle et préférait arrêter pour préserver sa santé mentale (du moins, ce qu’il en restait…). Cela n’avait pourtant pas empêché qu’elle se rende au lieu de rendez-vous bien en avance. Elle ne savait pas trop pourquoi elle avait choisi cet endroit. Peut être le besoin d’air frais, le fait aussi que ça lui rappelait que Jer’ et Ricky se connaissaient au final. Ou juste parce qu’elle avait envie de profiter du soleil. Aucune raison ne semblait se valoir plus que l’autre à ses yeux, ce qui allait contre son habitude de tout contrôler et de tout faire dans un but précis mais mieux valait ne pas trop lui rappeler. Julian était donc dans le flou total, assise dans les gradins, à regarder le ciel bleu. Pour passer le temps, elle avait pris avec elle le paquet de cigarettes qu’elle s’était procurée pendant la soirée du 13. Il n’était pas vide pour la simple et bonne raison qu’elle n’était pas une vraie fumeuse, qu’elle ne tirait sur les cigarettes que rarement. Mais dans le cas présent, elle en avait franchement envie. Elle l’avait donc allumée en continuant sa contemplation. Le vide. Tout d’un coup, tout était vide autour d’elle. Elle oubliait ses questionnements habituels, ses angoisses, ses peurs. Elle ne pensait plus à rien, juste à la légère brise sur son visage, à cette fumée étrangement salvatrice, au soleil qui la réchauffait. Au bout d’un moment, elle ferma même les yeux. Sa cigarette vint à se finir et elle se laissa emporter par le silence. Jusqu’à ce que des bruits de pas troublent ce calme parfait. Et sans même se retourner, sans même ouvrir les yeux, elle avait lâché quelques mots, persuadée qu’il ne pouvait s’agir que d’une seule et unique personne.

« J’ai faillit attendre. La ponctualité est la clé pour gagner un duel ! »
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mer 27 Mar 2013 - 23:46

Jeudi 19 juin 2014.

Aujourd’hui il fallait qu’il évite le monde entier. Il n’aspirait pas à être tranquille ; c’était carrément devenu nécessaire. Les Supérieurs l’avaient déjà bien occupé hier, avec un pauvre gars dont il ne connaissait même pas le nom. Il avait fait ce qu’on lui avait demandé, mais de loin, avec une motivation dans les négatifs... Le problème, c’était s’ils décidaient de remettre ça. Jer devrait être loin à ce moment-là. C’était devenu une évidence il y avait quelques jours, lorsqu’un de ses amis était venu le voir comme une fleur, quelques minutes avant le début d’un cours.

    - Julian, en septième année, tu connais ? Petit cachotier. Elle traîne une bonne réputation derrière elle cette nana. Vous avez déjà… hein ?
    - Non. Je ne vois pas d’où tu sors ça.

Plus laconique, tu meurs. En théorie, cela aurait dû le refroidir, mais ce copain en question était plus tenace que la moyenne quand il s’agissait de tirer les vers du nez des autres. Il arrivait avec l’air de celui qui obtient toujours tout, et en quelque sorte, c’était le cas, car il ne venait jamais sans les arguments les plus tendancieux… Jer soupira en soutenant son regard, l’air de rien. Peut-être qu’Alec avait laissé savoir quelque chose. Ou alors, Julian et lui étaient tellement peu discrets dans leur petit manège, ces derniers temps, que ça commençait à se remarquer même aux yeux des gens un peu plus simplets. Un grand sourire s’afficha sur les lèvres de son ami. Il avait sa réponse, même si ce n’était pas un aveu. Il n’avait pas besoin de plus pour aller jouer la commère.

    - Elle est venue me voir. J’ai franchement espéré que ce serait pour moi, mais elle m’a dit de te donner rendez-vous la veille de ton anniv’, à 16h au stade… Cache ta joie surtout !

Jeroen était resté là sans bouger, à regarder son camarade, mais dès la fin du message, il avait souri. Si ça venait d’elle, c’était une autre histoire… Lorsqu’elle voulait jouer ouvertement, tout le monde était au courant, et elle prenait son pied. Elle jouait avec son entourage pour le relancer après ces semaines de silence, et ce, d’une manière terriblement ostensible. Savait-elle que ça le mettait au pied du mur, par exemple en ce qui concernait l’aspect jusque-là secret de leur relation… ou était-ce juste sur une impulsion, comme à son habitude ?

    - Jé’, tu nous dis pas tout.
    - Avec elle c’est pas facile de savoir quoi dire…

Ou ne pas dire. Leur petit secret foutait le camp, allez savoir si c’était une bonne idée pour une fuite qui risquait de poser problème. De son côté, elle n’avait rien à craindre, sa réputation était déjà faite. Elle n’avait fait qu’ajouter un nouvel homme à son tableau de chasse. Toutefois, du côté de Jeroen, il n’était pas connu comme cédant facilement à des avances d’une fille en apparence facile. Bon. Il fallait relativiser. Julian était une sang-pure, pas trop mal vue au final, et un écart peut se justifier aisément, il avait des excuses à la pelle à offrir à son camarade de classe. Le travail de régulation de l’information risquait juste d’être ardu…

A côté, il ne savait pas où il en était clairement avec elle. En fait il ne s’en souciait pas vraiment, comme par volonté de négation envers tout ce qui pouvait le rattacher un peu trop à elle ; le fait qu’il pensait souvent à elle par exemple. Ou l’envie de la revoir. Le cœur un peu serré quand il pensait à elle. Dans ces moments-là, il se sentait juste bien, alors il n’allait pas chercher des excuses à ses comportements. Il n’en était pas là. Ils n’étaient que deux étudiants qui s’ennuyaient et passaient le temps ensemble, leurs occupations n’avaient aucune sorte d’importance tant qu’ils s’amusaient. S’engager ? Haha. Il aurait certainement rit si on lui avait sorti une pareille idée… Ils s’étaient vus deux fois seulement. Faudrait penser à tuer l’ours avant de faire des projets de tapis.

    - Je peux compter sur toi pour garder ça… au moins jusqu’à mon anniversaire ?
    - Tu vas avoir des comptes à rendre toi !
    - J’avais compris…

Son camarade sourit avec satisfaction, et retourna à sa place. Les cours suivants furent terriblement longs.

Il en était donc au 19 juin. Il venait de sortir de son dernier cours, durant lequel son copain n’avait pas cessé de glousser en l’observant, chose qui n’aidait pas à rester sérieux. Avant que celui-ci n’ait l’idée de le retarder pour le voir s’angoisser comme un ado lors de son premier rendez-vous, Jeroen s’éclipsa le plus discrètement possible et disparut dans les couloirs, en direction de sa salle commune. Il ne la croisa pas, à son grand soulagement. Il prit une douche rapide pour s’éclaircir les idées, se rhabilla rapidement et partit en direction du stade de Quidditch.

Il n’y avait personne. Du moins, il n’y avait personne dans les environs, sur le terrain, ou encore près des vestiaires ; ce n’était pas un jour d’entrainement, et les élèves allaient plutôt près du lac s’ils avaient du temps à tuer. Il était en avance. Après avoir fait un rapide tour du stade, qu’il connaissait sur le bout des doigts, il releva les yeux vers les gradins et il la vit, là-haut. Elle fumait. Il ne l’avait jamais vu fumer. Où se l’était-elle procurée ? Son réseau devait être important pour qu’elle arrive à faire rentrer de l’alcool ou des cigarettes dans Poudlard... Il soupira et s’approcha des escaliers avant de se figer. Sur les gradins. C’est-à-dire en hauteur. Apparemment, elle était allée chercher beaucoup plus que la date de son anniversaire et qui trainait avec lui. Pour le mettre dans une situation où il serait carrément mal à l’aise, elle avait trouvé le point faible. Il avait déjà suffisamment de mal à calmer son cœur battant…

Il mit plusieurs minutes avant de commencer à escalader les escaliers des gradins, avec sa méthode habituelle : foncer sans réfléchir avant que le fait de réfléchir ne l’empêche totalement d’avancer. Il ne devait pas regarder en bas, en arrière, c’est-à-dire qu’il avait les yeux fixés sur les marches qu’il avait au niveau de son nez. Regarder plut haut ou plus bas lui foutrait le vertige. Il aurait pourtant juré que son estomac noué ne venait pas que de cela. Il sentait que ça jouait, mais surtout qu’autre chose accentuait la sensation, et pour une fois, cette sensation-là était presque désagréable. Il finit par arriver à l’air libre. L’air. Il repensa à son dernier passage à la volière, ou il avait respiré de l’air pur à l’overdose, qui s’était soldé par des semaines à la limite du traumatisme. Pourtant il en faisait des efforts pour se débarrasser de cette phobie débile…

Il souffla pour reprendre son souffle, puis s’approcha calmement de Julian. Du moins cherchait-il à avoir l’air calme. Le ciel était bleu, il y avait peu de vent, comme si tout était figé autour, ou plutôt, comme si tout s’était figé à l’instant où il l’avait vue sur son perchoir...

    - J’ai failli attendre. La ponctualité est la clé pour gagner un duel !
    - C’est toi qui es en avance, et l’avance démontre l’impatience. Ça fait des semaines qu’on ne s’est pas vraiment parlé, t’aurais fait un caprice pour quelques minutes de plus ?

Embrayage rapide. Il s’installa nonchalamment à côté de Julian et sourit. Peut-être qu’il avait un peu de retard au fond. Il ne savait pas combien de temps il était resté en bas, à respirer pour se donner du courage – au moins, planqué en bas des escaliers, elle n’aurait pas pu le voir. Maintenant il fallait penser à autre chose, se concentrer sur la nouvelle partie, et démarrer directement semblait une bonne solution.

    - Goûts de luxe. D’où tu sors tes cigarettes ?

Une denrée si rare… A l’époque où Poudlard était encore ouvert, le retour des vacances était parfois composé de petits échanges de trucs comme ça. La nicotine moldue ne valait pas grand-chose ; maintenant c’était tout l’inverse, car en plus d’être interdite, les vrais fumeurs ne savaient plus où en chercher. Comment donc faisaient-ils rentrer ça dans l’enceinte du châteaux ?
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Dim 21 Avr 2013 - 19:32

La discrétion était sans doute le petit détail que Julian avait oublié dans cette histoire. Elle n’avait pas trop réfléchi en demandant à une personne extérieure de transmettre son message à Jeroen. Après tout, elle avait tant l’habitude de maîtriser sa réputation, de faire taire quand ça ne l’arrangeait pas, qu’elle ne se souciait pas trop de ce qu’on allait pouvoir dire. D’autant que le jeune homme était plutôt dans le même genre de fréquentations qu’elle donc elle ne craignait pas grand-chose et ce n’était pas non plus comme si c’était la première fois qu’on la surprenait en train de s’amuser avec un garçon. Alors bien sûr cette fois, tout était différent, elle le sentait en elle, plus simplement dans ses pensées mais dans tout son corps. Quelque chose de physique, de presque violent parfois. Mais ça elle n’était pas encore prête à se l’avouer alors il valait mieux qu’elle agisse comme à son habitude, comme si rien n’était réellement différent d’avant. Pourtant, comment pouvait-elle prétendre une telle chose ? Alors qu’elle l’attendait son cœur n’avait cessé de varier son rythme et alors que la cigarette était normalement un moyen ultime chez elle pour se détendre, en cas d’afflux d’émotions incontrôlables, elle avait eu l’impression que l’effet était bien moindre par rapport à d’habitude. Oui, Ju’ sentait bien que son camarade de jeu avait la possibilité de la rendre folle et pourtant, elle en demandait encore. Elle voulait l’affronter une nouvelle fois, pour voir si tout ce dont elle se souvenait de leur dernière entrevue n’était qu’exagération ou s’il était vraiment cette image qu’elle s’était construite. C’était perturbant pour une fille comme elle de se sentir soudainement réduite au même rang que les autres, à ne plus regarder le sexe opposé comme une possibilité de jeu mais comme quelque chose avec une capacité d’attirance toute particulière… En tout cas, il ne fallait pas qu’elle perde ses moyens parce que sinon, dès son arrivée, le Serpentard risquait d’en profiter pour prendre le dessus et ce n’était clairement pas ce qu’elle désirait, elle devait rester cette fille forte et inaccessible, personne n’avait le droit de déchirer ce voile qu’elle avait mis des années à construire, à placer devant elle et à rendre totalement opaque. Pourtant, alors qu’elle avait entendu son arrivée et qu’elle avait lâché quelques mots pour l’accueillir à sa façon, toutes ses préoccupations s’étaient comme envolées. Effacées, en un claquement de doigt. C’était assez déconcertant comme phénomène mais il fallait bien s’y faire. Et puis, ce n’était pas comme si elle avait tout son temps pour analyser la situation puisque Jeroen venait tout simplement d’entamer l’hostilité en lui répondant du tac au tac, comme à son habitude. La jeune femme ne pu s’empêcher de sourire. Il n’avait pas changé pendant ces quelques jours, c’était déjà un bon point. Mais elle non plus et elle n’allait pas se contenter de courber l’échine face à une telle réponse. Elle, faire des caprices ? Mais pas du tout, absolument pas son genre.


« Ce n’est pas une question d’impatience, j’aime juste prendre connaissance avec le terrain, me l’approprier, c’est une sensation très agréable. Quant à un possible caprice, ce n’est pas mon genre voyons, comme si j’avais besoin d’en faire pour obtenir ce que je veux… »


Julian avait ponctué sa phrase d’un large sourire provocateur qu’elle lui adressa, une légère lueur dans les yeux, signe de son humeur effrontée. Il fallait bien avouer qu’il l’avait cherchée en la lançant sur ce terrain, ce qui n’était pas étonnant de sa part mais bon. Tout restait assez gentillet pour le moment et quelque part ce n’était pas plus mal, si Ju’ aimait toujours autant jouer sur les mots, elle n’avait pas réellement envie d’une joute violente. Du moins elle n’en ressentait pas le même besoin pressant qu’auparavant. Enfin, Jeroen ne devait pas être outré parce qu’il pris place à côté d’elle, enchaînant sur un tout autre sujet. Ah, oui il fallait bien avouer que les cigarettes n’étaient pas vraiment faciles à trouver dans le Château ces derniers temps mais le tout, c’était d’avoir des relations. Et pour le coup, c’était clairement le fort de la rousse. Elle avait une facilité à se créer des réseaux, à aller voir les bonnes personnes et à trouver des compromis tournant principalement à son avantage. Ce n’était pas pour rien qu’elle faisait partie de ceux qui organisaient des soirées de temps en temps. Elle savait obtenir les marchandises prohibées comme le tabac et l’alcool. Elle pourrait faire une super carrière dans la contrebande plus tard… Comment ça c’est mal ?

« Il suffit juste de savoir à qui s’adresser et d’avoir des arguments convaincants. Je ne révèle pas mes petits trucs si facilement par contre, si t’es sage, je peux t’en procurer, de l’alcool aussi d’ailleurs, si tu veux. »

Nouveau sourire et pourtant, sa proposition était sérieuse au-delà du petit jeu et de l’aspect un peu moqueur de sa déclaration. Elle était réellement prête à rendre à service à Jeroen, elle l’appréciait, ça elle ne pouvait pas le nier, et tant que cela ne représentait rien de très dérangeant pour elle, elle pouvait au moins faire un petit geste. D’ailleurs, en parlant de ça, elle sortir une nouvelle cigarette avant de tendre le paquet à son camarade pour lui en proposer une. Elle ne savait pas vraiment si il fumait mais bon. Et pour sa part, elle venait certes de s’en fumer une mais encore une fois, elle en ressentait le besoin sans trop savoir pourquoi ou du moins, sans qu’aucune raison acceptable ne se présente à son esprit. La jeune femme alluma donc sa clope, tira lentement une bouffée dessus avant de reprendre la parole, se tournant vers son camarade pour lui parler tout en évitant bien sûr de lui envoyer sa fumée à la tête, un peu de politesse voyons.


« Alors, t’as pensé quoi de mon petit jeu de piste ? »


Oui bon, elle tombait encore dans la pure provocation mais c’était sa spécialité et elle trouvait aussi et surtout que c’était un bon sujet de conversation. Elle ne se sentait pas d’aborder leur dernière rencontre alors autant embrayer sur un thème intéressant plutôt que de s’attarder sur des banalités comme ce qu’il avait bien pu faire pendant ce laps de temps. Mais surtout, c’était un moyen de ne pas parler d’elle, de ne pas parler de sujets plus sérieux, plus sensibles peut être. Elle s avait bien que le danger de leur petit jeu c’était qu’il puisse s’en servir pour en savoir plus, pour creuser et elle le redoutait. Son esprit était trop en bordel, ce serait trop risqué. Elle avait peur de perdre le contrôle. Ce n’était pas une sensation qu’elle connaissait très bien et de fait, elle en était bien plus effrayante. Mais chut, ça elle ne pouvait pas l’avouer, elle ne pouvait pas trop en parler, cela devait rester dans le secret de son esprit. Se cacher encore et toujours, prétendre être quelqu’un d’autre… Julian avait clairement ce sale défaut et bizarrement, elle sentait que son camarade était capable d’aller contre ça. Elle avait peut être été un peu masochiste en provoquant leur petite entrevue. Ou alors elle avait une envie inavouable de changement ? Difficile à dire. En tout cas, Julian se concentrait sur sa cigarette, sur sa petite répartie pour ne pas avoir à trop se préoccuper de son rythme cardiaque encore dur à stabiliser et des émotions assez contradictoires que la présence du jeune homme faisaient naitre en elle.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Lun 22 Avr 2013 - 18:01

Il était heureux de la revoir. Pas qu’elle lui ait foncièrement manqué, mais il commençait à devenir accro à la sensation d’être avec elle. Juste la sensation, hein. Aujourd’hui n’était pas comme la dernière fois. La dernière fois, ça l’aurait consumé, bousillé de l’intérieur s’ils étaient restés plus longtemps dans cette salle diabolique, il s’en rendait compte parce qu’il lui restait quelque chose de cette fois-ci, et ça ne se résumait pas à la honte d’avoir perdu face à elle, non. Il ne savait pas ce que c’était. Il n’avait jamais ressenti ça, jamais de cette manière, alors il avait trouvé une solution simple pour faire face : faire comme si ce n’était rien. Ainsi, c’était plus simple de rester naturel quand il était en sa compagnie, et de ne pas réfléchir le moins du monde à tout ce que ça pouvait impliquer.

Malgré tout, en arrivant en haut des gradins, il n’était pas dans un état d’esprit qui l’aidait à rester calme et serein. Cette place si haute le mettait mal à l’aise, et risquait de le pousser à trop en faire ou à se laisser avoir comme un bleu. Elle ne le savait certainement pas, mais elle le mettait dans une position de faiblesse pas bien agréable. Le fait qu’elle soit là réglait le côté désagréable de la chose, mais niveau faiblesse et attitude posée, elle risquait justement d’envenimer l’affaire. Troisième face-à-face, Jeroen était dans la merde dès qu’il était venu à l’esprit de la verte de choisir les gradins comme nouveau terrain de jeu. Cette femme allait le perdre, franchement…

Il s’installa à côté d’elle avec un sourire. Pour se donner une chance, il ne fallait pas qu’il ait le temps de réfléchir à ce qui l’entourait.

    - Ce n’est pas une question d’impatience, j’aime juste prendre connaissance avec le terrain, me l’approprier, c’est une sensation très agréable. Quant à un possible caprice, ce n’est pas mon genre voyons, comme si j’avais besoin d’en faire pour obtenir ce que je veux…

Un terrain que Jeroen lui-même ne pouvait pas apprivoiser, c’était intelligent. Il avait passé beaucoup de temps ici, lors des matchs où il ne jouait pas encore, avant que l’histoire avec sa mère ne le pousse à repousser ses limites comme un dératé… mais ça avait toujours été une épreuve terriblement difficile pour lui. Il ressentait le besoin de s’accrocher aux bancs. Devant Julian, il ne pouvait pas, cela aurait prouvé son problème avec l’altitude, qui n’était pas un secret chez les fans de Quidditch ; et si ce choix avait été fait par hasard, ça pourrait le mettre à mal en dévoilant une faiblesse encore cachée… Traitresse. Haa.

    - Je pense, en effet, que dès qu’on t’oppose un peu de résistance, tu es capable de faire des caprices de gamine impulsive. Mais tu le caches bien, c’est un bon point.

Sourire nonchalant. Il disait des choses plutôt gentilles, est-ce qu’il se ramollissait ? En même temps, ils avaient dépassé à une vitesse phénoménale la simple bataille d’égos, et se cloîtrer dans un schéma de joute prédéfini ne les mènerait à rien. Elle non plus ne partait pas sur un pied de guerre comme la première fois. Elle voulait en donner l’illusion, mais ça ne prenait pas. La discussion dériva très rapidement sur ses cigarettes. La première fois qu’il l’avait approchée, c’était dans le but d’obtenir des informations sur son réseau. Si l’on peut faire rentrer de tels objets dans le château, il doit être possible d’en faire sortir, non ? Au moins une lettre d’alerte à son père, qui saurait faire quelque chose depuis l’extérieur. Sa résolution s’était un peu effritée la dernière fois. Ça l’intéressait toujours, mais de toute façon, il fallait qu’elle ait confiance avant de livrer de tels secrets, il était donc obligé d’être naturel et de s’amuser avec elle encore un peu. Dommage hein !

    - Il suffit juste de savoir à qui s’adresser et d’avoir des arguments convaincants. Je ne révèle pas mes petits trucs si facilement par contre, si t’es sage, je peux t’en procurer, de l’alcool aussi d’ailleurs, si tu veux.
    - Il y a assez de gens qui me soulent ces derniers temps pour que j’en rajoute, mais peut-être qu’à l’occasion…

En fait, il avait arrêté de boire et de se lâcher dans des fêtes clandestines pour la simple et bonne raison que ça pourrait lui faire dire des choses qu’il regretterait amèrement ensuite. Mais c’était son petit secret, ça. S’il le disait à Julian, il était sûr de se faire tirer dans une fête et de se retrouver ivre mort et à sa merci... et pas forcément consentant :D Il refusa gentiment le paquet de cigarettes et l’observa en allumer une seconde. Fumer, chez les moldus, est généralement utilisé comme un moyen pour se calmer. Il était calé sur le sujet, sa mère fumait elle aussi et c’était la pire stressée qu’il ait jamais connue. Julian avait donc quelque chose à calmer ? Ça relativisait sa propre difficulté à respirer avec calme et zénitude. Au moins avait-elle la présence d’esprit de ne pas lui envoyer la fumée dans la tronche.

    - Alors, t’as pensé quoi de mon petit jeu de piste ?
    - Plutôt habile. Le copain que tu as pris comme hibou postal n’est pas une grande gueule, mais dès qu’on retournera au château, ça devrait avoir fait le tour de la salle commune… Evidemment, pour eux ce n’est pas un jeu de piste mais un rencard. Tu détruis ma réputation de célibataire frigide, c’est pas gentil-gentil.

Très ironique. C’est vrai qu’il avait une réputation d’homme difficile à atteindre et plutôt détaché de ses pulsions naturelles. Un rencard avec une fille comme Julian, ça allait faire jaser chez ceux qui le connaissaient un tant soit peu. Il pouvait contenir la rumeur pour qu’elle ne fasse pas le tour de la salle commune, et son camarade attendrait sûrement qu’il revienne pour commencer à en parler - d’une, parce qu’il était réglo et que Jeroen le lui avait demandé, et de deux, parce qu’il voudrait l’exclusivité du récit du rencard en question. Mais ça, elle n’avait pas à le savoir. Si elle avait peur qu’on la prenne à avoir un simple rencard avec un gars - ils ne savaient pas le reste de l’histoire -, elle flipperait. Sinon, c’était amusant d’émettre l’hypothèse qu’ils étaient en plein rencard quand même, et ça avait le pouvoir de la distancer dans son esprit, la rendant un poil absurde. Il se pencha vers elle avec un petit sourire cynique.

    - Tu l’as choisis au hasard n’est-ce pas ? Imagine, si je choisissais mal mes amis, sait-on jamais ; il y aurait déjà des crétins en bas pour regarder l’intouchable Julian et son rencard. Ton petit jeu de piste me met dans une mauvaise posture, mais c’était risqué pour toi aussi…

Rencard, rencard, comment faire passer ça pour autre chose qu’un rencard après tout ? Pour lui c’était évident que ça n’en était pas un, là n’était pas la question, mais les autres ne seraient pas de cet avis et risquaient de lui dire qu’il se voilait la face comme un pou trop imbu de lui-même. Ce qui serait le cas, mais Jeroen opposerait une résistance féroce. Il ne tombait pas amoureux facilement. Il n’était pas pris dans les filets de Julian. Ce n’était pas possible.

    - D’ailleurs, c’est peut-être un peu exposé ici, si on éviter de se faire déranger par des imbéciles...

Non, il n’avait pas besoin d’être plus isolé encore, ce n’était pas foncièrement nécessaire vu le désert humain qu’était le terrain aujourd’hui, mais s’il pouvait tenter de les déplacer vers un coin plus près du sol… Il se rendit compte qu’il s’était mis inconsciemment à s’accrocher au bois. Il desserra sa main discrètement sans quitter Julian des yeux. Alors, réactions ?
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mar 30 Avr 2013 - 15:17

Gamine impulsive ? Non mais pour qui il se prenait maintenant, il osait la catégoriser ainsi, la railler de la sorte… Bon d’accord, Julian était loin de prendre la mouche, peut être à cause de ce sourire qu’il arborait, qui lui montrait qu’au final il n’était plus dans l’attaque frontal comme auparavant mais qu’il cherchait plutôt à la taquiner. La demoiselle c’était donc contenté d’un haussement de sourcil en guise de réponse à cet affront. Elle se ramollissait peut être un peu aussi mais la demoiselle préférait se dire qu’elle laissait une chance à Jeroen, qu’elle ne réagissait pas pour qu’il puisse se rattraper. Plutôt nul comme excuse mais bon, vu qu’elle était plus dans l’auto persuasion qu’autre chose, cela suffisait largement. D’autant qu’elle n’eut pas spécialement l’opportunité de s’attarder sur le sujet. La discussion s’enchaîna et les deux jeunes gens en vinrent à parler de la cigarette et des capacités de Ju’ à obtenir pas mal de choses dans ce Château, même celles qui pourraient paraître inaccessibles. L’alcool faisait partie de ces choses et c’était donc tout naturellement qu’elle avait proposé à son camarade de lui procurer un peu de ce met presque rare désormais. Sa réponse ne se fit pas attendre et Julian ne pu s’empêcher de rire. Ok son jeu de mot n’était pas super évolué mais elle devait bien avouer que cela l’amusait et puis, elle n’avait vraiment pas envie de se prendre la tête. Le but de sa présence ici ce n’était vraiment pas de réagir à la moindre petite attaque ou au contraire de rester froide et distante. Ce n’était pas son genre, si elle n’était pas la pimbêche qui riait chaque fois qu’un mec mignon ouvrait la bouche, elle n’avait pas envie non plus de travestir son comportement pour éviter qu’on l’interprète. Enfin, ce n’était pas non plus une raison pour se laisser trop aller et laisser voir certaines choses à Jer’ qu’elle pourrait regretter plus tard. C’était peut être aussi pour cela qu’elle avait décidé de se concentrer un peu sur sa cigarette. Cela lui faisait du bien d’avoir une partie de son attention portée sur les volutes de fumée, sur ce coup âcre qui lui envahissait la gorge. Un petit plaisir qui lui rappelait les choses simples, sa respiration par exemple, sur laquelle elle devait garder un parfait contrôle. Et non, elle n’avait même pas envie de se demander pourquoi elle pourrait en perdre le contrôle. STOP. Trop de pensées, encore une fois. Reprend le fil de la discussion Julian et arrête de réfléchir pendant plus de vingt secondes. D’autant que les propos de son camarade commençaient à devenir assez intéressants. Il venait de lui faire comprendre que la personne à qui elle s’était adressée risquait fort d’en parler un peu aux Serpys qui verraient leur petite entrevue comme un rencard plus que comme un jeu de piste. Julian éclata littéralement de rire pour le coup. Un rencard ? Entre eux ? Noooon, pas possible, enfin voyons. Et puis, surtout, Jeroen en célibataire d’accord mais frigide, elle avait clairement de quoi prouver le contraire maintenant. Alors que son rire se calmait, cette pensée ne pu que lui arracher un sourire en coin.

« Célibataire je veux bien, frigide mon grand, c’est pas à moi que tu le feras croire… »

Oui, c’était complètement gratuit, une petite moquerie comme ça au passage. Elle ne pouvait pas non plus changer complètement de nature comme ça, du jour au lendemain, certaines choses restaient comme sa volonté de toujours placer le bon mot. Et puis, il fallait bien avouer que dans le cas présent, ce n’était même plus une perche que le jeune homme venait de lui tendre. Mais bon, elle le laissa tout de même continuer sur sa lancée, elle le laissa lui expliquer ce que son petit jeu de piste pouvait entraîner. Il émit alors l’hypothèse que des gens puissent les regarder d’en bas et surtout, il parla d’elle comme de « l’intouchable Julian », ce qui l’a fit beaucoup rire. Si elle était connue pour choisir bien ses partenaires et ne pas se laisser approcher par n’importe qui, elle n’était pas non plus inaccessible. Au contraire, pas mal de gens la connaissaient aussi pour son petit côté sulfureux et sa fâcheuse tendance à coucher avec quelqu’un sans trop se poser de questions. Elle avait donc envie de rebondir là-dessus mais sa répartie fut légèrement ralentie par le fait que Jeroen venait tout simplement de se pencher vers elle, réduisant la distance entre eux, toujours avec le même sourire… Réagir, surtout réagir et ne pas se laisser entraîner dans une mauvaise spirale, telle était la principale mission de la rousse en cet instant.

« Crois moi je sais ce que je fais, si je craignais tant pour ma réputation je ne t’aurais jamais revu et puis, après tout, je suis plutôt connue pour être une femme libérée alors bon. »

Julian servit alors un étrange sourire à son camarade. Était-ce une provocation de bas étage ? Elle avait un peu de mal à le nier. Il fallait bien avouer qu’en déclarant cela elle signifiait de manière claire à Jer’ qu’il n’était pas le premier, qu’il n’était peut pas le seul avec qui elle s’amusait à ce genre de petit jeu. Après tout, il ne devrait rien en avoir à faire puisque ce n’était pas un rencard, puisqu’il n’y avait rien de particulier entre eux. Et pourtant, la demoiselle n’avait pas pu s’empêcher de lâcher ça, tout comme elle ne pouvait pas s’empêcher de guetter de manière plus ou moins discrète ses réactions. En même temps, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre, de même elle ne savait pas trop ce qu’elle espérait, qu’est-ce qu’elle voulait voir se dessiner sur le visage du jeune homme. De la jalousie ? Mais pourquoi ? De l’indifférence ? Si cette réaction était censée être la plus logique, au fond d’elle la demoiselle savait bien qu’elle ne lui plaisait pas, qu’elle ne pourrait que difficilement la supporter. Décidément, ce type la mettait dans des situations telles qu’elle en venait à avoir d’étranges conflits internes. Cela avait plutôt le don de l’énerver. Seulement cette fois, elle n’eut pas le temps de remuer tout cela puisque ce fut la surprise qui l’emporta lorsque son camarade proposa de changer d’endroit, pour ne pas qu’ils soient dérangés. Ju’ ne savait pas trop ce qui se cachait derrière cette demande. Comme à son habitude elle se cacha derrière l’humour, derrière la provocation pour chercher à comprendre ce que le jeune homme dissimulait, le regardant droit dans les yeux.

« Mais dis moi, qu’est-ce que tu voudrais cacher ? Hm ? Tu as peur de quelque chose en particulier ? »

Elle voulait savoir. Sa curiosité était piquée au vif. Qu’est-ce qui le dérangeait tant dans cet endroit qui, en soi, était plus que vide ? La jeune femme s’approcha alors de lui de telle sorte que la distance entre eux était désormais infime. Comme si cela ne suffisait pas, sa main se posa alors sur celle de son camarade et elle arrêta son visage juste devant le sien. Elle savait comment rendre fou les mecs, une vieille habitude. Si Jeroen était clairement un cas particulier, elle n’avait pas pour autant envie de renoncer totalement à ses bonnes vieilles techniques qui étaient plutôt pratiques pour obtenir ce qu’elle voulait. Souriant comme à son habitude, elle prit alors la parole dans un murmure d’une voix suave, juste pour le pousser dans ses retranchements, juste pour qu’il crache le morceau.

« Qu’est-ce qui te tracasse Jeroen ? »
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mar 30 Avr 2013 - 17:40

Elle riait. Ce qu’il racontait, ces conneries de bas-étage, ça la faisait rire, surtout cette histoire de rencard. C’était tellement ridicule, inimaginable venant de deux personnes comme eux. Mais Jeroen ne mentait pas. Ses copains ne connaissaient pas l’histoire, ne savaient pas ce qu’il pensait d’elle, et ils ne connaissaient certainement pas suffisamment la réputation de la jeune femme s’ils estimaient que lorsqu’elle voyait un homme, c’était par sentiments. Et lui… depuis combien d’années n’avait-il pas eu de véritable rencard ? Des sorties, oui, avec des filles qui l’avaient harcelé pendant des semaines, et qu’il avait fini par laisser tomber pour leur faire comprendre qu’il se foutait d’une groupie aveuglée par l’image qu’il donnait sur le terrain. Ça l’insupportait. Peut-être que son copain pensait que cette fois-ci était la bonne, pour la simple et bonne raison qu’il n’avait pas tiré la gueule en attendant le rendez-vous. Il se faisait quand même de belles illusions, que Jeroen détruirait sans remords. Haha, un rencard…

En tout cas, elle riait. C’était l’important pour l’instant. Ce rire qui lui tirait un sourire, lui donnait envie de rire lui aussi. Depuis la première fois, il trouvait son rire juste… Peut-être qu’elle se fichait de lui, qu’elle ne riait pas seulement parce que ce qu’il disait était ridicule et hilarant. Ça ne le dérangeait pas, ou plutôt, ça ne le dérangeait plus. Il le cherchait bien, aussi, il n’était pas sérieux et surtout il n’avait pas envie de l’être. Il jouait l’impulsivité pour découvrir cette espèce de magie dans ce type d’échange détaché et naturel. Discuter de choses et d’autres comme si ça pouvait suffire à lui faire oublier que pour le moment, certains trucs risquent de le planter s’il y fait attention. Et pas que le vide.

    - Célibataire je veux bien, frigide mon grand, c’est pas à moi que tu le feras croire…
    - Oh, tu sais... certains le croient. Ça a au moins le mérite d’éloigner les prétendantes un peu trop collantes.

Parce qu’il y en avait. Avant surtout, mais à chaque match de Quidditch, sa cote de popularité remontait jusqu’à ce qu’il ait rejeté les demandes des plus hystériques. Peut-être qu’il devrait se chercher une copine fictive pour être enfin tranquille ; quoiqu’elle risquerait de se faire tabasser par les plus timbrées, qui l’avaient déjà stalké un peu trop... Il avait une vie amoureuse dangereuse, le Jeroen. Parfois c’était chiant, mais la popularité, on ne crache pas dessus sans risquer sa place… Et elle, ça la faisait marrer. Pour quoi allait-il passer, maintenant ? Un gars qui ne savait pas gérer sa réputation ? Justement si, c’était tout le contraire. Même chose pour elle. Apparemment, elle gérait comme il fallait…

    - Crois moi je sais ce que je fais, si je craignais tant pour ma réputation je ne t’aurais jamais revu et puis, après tout, je suis plutôt connue pour être une femme libérée alors bon.

Hé. Beh oui. Jeroen savait bien, qu’il n’était pas le premier amant d’un soir de la demoiselle et qu’il n’était peut-être pas le seul en ce moment. Si ça le vexait ? Oui. Carrément. Va dire à un gars imbu de lui-même qu’il n’est pas unique, tu risques de t’en prendre une. Bon. Jer’ ne montrait pas les dents. Il ne se serait pas rabaissé à montrer qu’il était vexé de ne pas être unique, parce qu’il était prévenu, et que ça aurait signifié que de son côté aussi elle était unique, sans réciprocité ça n’aurait aucun sens. C’était le cas mais pas comme ça. Enfin, non, il n’avait pas d’autres aventures à côté, ce n’est pas ce qu’il voulait dire, mais… mais zut ! Il ne voulait pas s’avouer qu’il voulait un peu d’exclusivité, peut-être parce que c’était la première fois que ça lui faisait cet effet et qu’il n’en avait pas l’habitude. Cupidon s’était toujours un peu planté en visant les filles avec qui il était sorti, il y pouvait rien le pauvre. Julian eut un sourire étrange en disant cela. Il ne savait pas trop comment le prendre. Se vanter de ses conquêtes auprès de l’une d’entre elles, c’est un peu étrange tout de même. Enfin, elle n’avait pas vraiment de tact de toute façon, elle aurait fait fuir la majorité de ses amants en manque d’amour. Jeroen ne se considérait pas comme un amant en manque d’amour, alors il ne fuirait pas. Même s’il restait un peu vexé.

    - Ça, on peut le dire…

Sourire en coin. Il ne montrait pas grand-chose ; il savait déjà tout ça, au final il était assez blasé et n’allait pas faire une crise de jalousie alors qu’elle ne lui devait clairement rien. Ce n’était même pas un rencard. Il finit par demander à bouger. Là, réaction pas escomptée, mais prévue quand même face à une demande si étrange de sa part…

    - Mais dis-moi, qu’est-ce que tu voudrais cacher ? Hm ? Tu as peur de quelque chose en particulier ?

C’était une question à ne pas poser à un gars qui fait tout pour oublier que rien ne le sépare d’un vide béant qui va l’avaler d’une seconde à l’autre. Il recommença à serrer la planche sur laquelle ils étaient assis, tendu. Ça revenait. Le vertige. Elle lui parlait de ça alors il avait du mal à se le sortir de la tête, et… elle finit par s’approcher dangereusement près de lui, posa sa main sur la sienne, comme si c’était devenu naturel depuis la dernière fois, approcha son visage du sien. C’était déloyal. Absolument déloyal. La seule situation de faiblesse possible, et il fallait que ça arrive avec elle, qui ne crachait jamais sur une occasion d’obtenir ce qu’elle voulait. Sa voix suave… la chaleur de sa paume… Ne profite pas d’un homme en situation de faiblesse, traîtresse, c’est un viol t.t

    - Qu’est-ce qui te tracasse Jeroen ?

La proximité du vide et la pression que tu me mets peut-être ? Donner seulement le deuxième tenant, ce serait s’avouer vaincu alors qu’ils avaient à peine commencé. Impensable. En plus, au point où il en était, il avait du mal à gérer, à se recentrer sur elle si elle continuait à lui mettre la pression pour savoir. C’était LE point sensible et elle me titillait sans vergogne, sans savoir à quoi elle se frottait. Elle n’aurait pas profité d’une telle faiblesse. Enfin, jouer sur la phobie de quelqu’un, ce n’est pas digne d’une tête comme elle, n’est-ce pas…

    - Puisque que tu t’es si bien renseignée sur moi…

Il sourit avec un léger accent de cynisme. Non, elle ne savait sûrement pas tout. Il devait parier là-dessus. Parier sur le fait qu’elle respecterait au moins un malaise dont il ne pouvait pas se défaire, même avec tous les efforts du monde. Un truc indépendant, comme le sort dans la pièce, l’autre jour.

    - … tu ne dois pas être sans savoir que j’ai un problème avec le vide. Quelque chose sur lequel je n’aime pas trop qu’on joue, par contre.

Sur cette dernière phrase, il avait plus in ton nettement plus sérieux qu’à l’accoutumée. On l’avait déjà assez traumatisé avec ça. La volière, il n’y mettrait plus jamais les pieds, même si une lettre de sa famille l’y attendait, ou même si c’était là sa seule chance de partir d’ici. Deux fois, c’était deux fois de trop. Il espérait que Julian comprendrait sans qu’il ait à expliquer les détails d’une phobie qu’il ne s’expliquait pas à lui-même. Déjà, dire qu’il avait un problème lui arrachait la langue. Il soupira pour se redonner une consistance et posa son front contre le sien. Il était si proche qu’il n’avait pas eu à aller le chercher trop loin…

    - Je veux dire, je ne vais pas faire une crise de panique si on reste là. Juste, faut pas que j’y pense. Ce serait déloyal que tu en profites trop.

Pourquoi disait-il ça ? Ce genre de choses qu’il avait déjà eu du mal à dire à ses camarades de Quidditch ? Parce qu’il lui faisait confiance ? Le problème, ce n’était pas qu’elle le sache. Tout le monde savait plus ou moins, il suffisait de le voir s’écrouler les jambes en coton à la fin d’un match pour se poser des questions, et il avait chargé ses camarades de laisser l’info filtrer - le faisant devenir un héros capable de braver ses peurs, par la même occasion. Mais il lui expliquait quand même un peu. Avec un ton plus calme, un peu moins tendu ; son visage remplaçait la vision du vide, il pouvait penser au contact de sa main, de son front, à l’odeur légère qui lui parvenait. Jeroen, sale mollasson, reprend-toi. Mets-toi des baffes, je sais pas, mais là, tu crains mec. Tu te laisses envahir par le vide alors que t’es censé un peu te défendre… 'Spèce de victime.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mer 1 Mai 2013 - 0:51

Julian avait bien du mal à croire que l’on puisse penser Jeroen frigide. Non mais sérieusement, s’il n’était pas du genre à sauter sur n’importe qui, s’il n’avait pas cédé aussi vite que les autres garçons, il y avait une chaleur en lui, une flamme qui si elle ne devenait pas très vite incontrôlable, était bien là. C’était sans doute cette belle flamme qui avait attirée Ju’, l’idée qu’il n’était pas facile à attendre mais que ce qu’elle obtiendrait dépasserait toutes ses attentes. Alors bien sûr, elle n’allait pas le crier sur tout les toits et au contraire, elle était plutôt contente que certaines filles aient tendance à prendre peur face à son côté apparemment distant. Ces filles là étaient faibles et débiles, elles ne voyaient en Jer’ que son côté beau gosse, que le sportif qui gagnait des matchs de Quidditch. Tant pis pour elle. De toute façon, maintenant qu’elle l’avait dans ses filets, elle ne pourrait que regarder d’un œil étrange celles qui s’approcheraient. Elle ne l’empêcherait jamais de voir des filles, après tout, ils n’étaient pas dans une quelconque relation, mais elle trouverait un plaisir sadique à se comparer à ses autres conquêtes, à bien montrer qu’elle valait mieux qu’elles. Oui, Julian avait toujours besoin de se sentir supérieur, c’était innée chez elle, un besoin viscéral. Avec les mecs, c’était encore pire. Si elle passait tant pour une femme libérée ce n’était pas parce qu’elle était nymphomane, non c’était plutôt parce qu’elle voulait passer pour la fille désirée. Elle voulait que les garçons languissent en la voyant, elle avait besoin de sentir qu’on la voulait, qu’être avec elle était vue comme un privilège. Ce sentiment, elle s’en nourrissait sans cesse. Alors bien sûr, cela s’accompagnait souvent d’une sale réputation, certains la prenaient un peu pour la prostituée de l’école mais elle avait une assez grande gueule pour se défendre face à ce genre d’accusations. La réaction de son camarade lui avait laissé comprendre qu’il avait du entendre un peu parler de sa réputation. Que pouvait-elle lui dire ? Elle en était consciente. Mais elle ne se laisserait pas calomnier. Après, s’il craignait d’être vu avec elle à cause de ça, c’était un autre problème. Mais vu qu’elle était plutôt proche des Supérieurs, les gens préféraient se taire et la respecter plutôt que de l’insulter en public. Mais elle avait vu son sourire aussi. Il était toujours aussi mystérieux. Maintenant elle aimait ce petit côté indescriptible et elle osait croire que ce n’était pas contre elle. Qu’il puisse ne pas partager sa vision des relations avec le sexe opposé, c’était un fait, mais elle ne sentait pas de jugement, plus de l’amusement et de la taquinerie constante et cela lui plaisait. D’ailleurs, elle n’avait rien à dire de ce côté-là puisqu’à peine avait-elle vu une brèche dans le comportement du Serpentard qu’elle avait foncé dedans. Elle avait profité de ses atouts, de l’atmosphère assez électrique entre eux pour chercher à lui soutirer des informations et à vrai dire, elle ne s’attendait pas à une telle réponse. Elle vit son sourire cynique et puis, on ton changeant. Elle connaissait bien des choses dans ses accents de voix mais cette fois, elle fut confrontée à quelque chose de nouveau. Du sérieux. Il déclara d’un air sérieux qu’il avait un problème avec le vide. Face à cela, Julian ne pu que répondre honnêtement, pas avec un air coupable ou déstabilisé. Non, juste sur un ton neutre mais avec de la sincérité.

« Je n’étais pas au courant. »

Julian le regardait droit dans les yeux, ne sachant pas trop quoi ajouter. Elle n’aurait pas du lui donner rendez-vous ici, elle s’en rendait maintenant compte. Mais accepter une erreur était encore quelque chose de difficile pour elle, qu’elle ne ferait pas aussi facilement. Aussi, elle avouait qu’elle n’était pas au courant de manière sincère, elle osait dire qu’elle ne savait pas tout mais de là à revenir sur une décision… Non ce n’était pas si simple que ça. Aussi, elle laissa le lead à Jeroen. Ce dernier n’était pas tout à fait à l’aise, elle le sentit à son sourire. D’un côté, elle le comprenait parfaitement bien. Il venait de lui avouer une de ses faiblesses, il venait de lui montrer clairement son point faible. C’était un peu une mise à nu mais aussi une marque de confiance. En disant ça à Julian, il devait très certainement compter sur le fait qu’elle n’en profite pas, qu’elle accepte cet aveu sans le retourner contre lui. Elle sentit alors son front contre le sien et elle du retenir un léger frisson. Si elle avait usé de la proximité, si elle l’avait provoquée pour en arriver à ses fins, elle se rappelait alors qu’elle pouvait être à double tranchant et que ce n’était pas comme si elle restait totalement indifférente à tout cela bien qu’elle ne veuille pas toujours le voir. Jer’ reprit alors la parole, lui expliquant que s’il n’allait pas partir en crise de panique, il valait mieux qu’elle n’en profite pas. Ju’ laissa alors échapper un léger rire.


« Je joue toujours dans les règles de l’art tu sais…. Je ne profiterai pas de ce que tu viens de me révéler comme je n’irai pas le crier sur tous les toits. »


Si Julian pouvait être une véritable salope quand elle s’y mettait dans le cas présent, elle n’avait nullement envie de la sorte. Bien qu’elle se voile la face sur bien des sujets, elle devait avouer que Jeroen n’était pas comme les autres, qu’elle ne pouvait décidément pas le considérer comme n’importe quelle autre personne de son entourage. Elle n’avait donc pas envie de répandre des rumeurs pour son pur plaisir. Alors bien sûr, son côté rancunier pourrait faire qu’en cas de grosse engueulade entre les deux, elle cherche à se venger en utilisant cela mais ils n’en étaient pas là et elle ne pouvait très certainement pas prévoir l’avenir. Mais en cet instant, elle n’avait pas envie de penser à tout ça, à ce qu’elle pourrait faire de cette information. Non, elle se concentrait sur cette proximité et aussi, sur un bout des propos de son camarade. Il avait déclaré qu’il ne devait pas penser au vide et que tout allait bien. Elle pouvait donc choisir de l’emmener plus bas, de descendre les gradins avec lui ou alors…

« Si tu veux, on peut aller sur le terrain, ça t’évitera d’être mal à l’aise ou sinon… »

Au lieu de finir sa phrase, au lieu de s’embarquer dans un monologue, Julian vint poser ses lèvres sur celles de Jeroen et l’embrassa doucement. Ce baiser n’avait pas la fougue de ceux qu’ils avaient partagés auparavant et il n’avait pas non plus l’excuse de cette fichue salle qui accentuait les émotions. Non, Ju’ ne pouvait pas se cacher derrière quoi que ce soit, elle avait agit de manière tout à fait impulsive, sans même imaginer trente secondes la possible portée de son acte. Elle avait mis la Julian calculatrice de côté pendant quelques instants pour laisser place à celle impulsive, au caractère sulfureux. Elle recula finalement son visage et afficha un léger sourire.

« Ou sinon il faut te faire penser à autre chose mais ce n’est sans doute pas une bonne idée… »

Ju’ laissa alors flotter la fin de sa phrase puis se recula, retirant sa main de celle de Jeroen et portant alors son regard vers le ciel. Elle devait paraitre incompréhensible à agir ainsi et pourtant, c’était très simple. Elle se rendait compte que son attitude était tout de même assez étrange bien qu’elle se refuse à trop analyser la situation. Et puis, aussi, elle se disait, ou se cachait derrière l’idée qu’ainsi elle laissait son camarade faire son choix. Oui, pour la première fois depuis bien longtemps Julian avait peur de mener la situation parce qu’elle sentait bien que quelque chose lui échappait. Un inconnu qui lui faisait peur et de fait, elle avait envie de se laisser guider, de ne pas avoir de responsabilités… Mais chut, il ne fallait pas le dire trop fort.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mer 1 Mai 2013 - 22:53

Il n’allait pas lui en vouloir. Une faille, on sautait dessus, entre eux ça marchait comme ça et pas autrement. Il n’y avait pas de place dans le jeu pour un quelconque ménagement de l’autre. En théorie. Il fallait bien avouer qu’en théorie, ils auraient dû en rester à un dialogue presque agressif, avec distance de sécurité de vingt centimètres minimum. Ils auraient dû se retenir, la dernière fois, ils devraient être en train de se regarder dans le blanc des yeux avec un intérêt qui ne touchait rien d’autre que le cercle de connaissances et la réputation de l’autre. A bien y réfléchir, il se demandait comment ils avaient pu en arriver là, comme ils avaient pu s’accepter comme plus qu’un adversaire en seulement deux petites entrevues. Leur relation partait pour n’en faire qu’à sa tête, et il ne savait pas encore si ce qui allait en sortir serait bon ou mauvais.

Pour le moment, il bousillait l’ambiance. Il le savait pertinemment et ça le dérangeait. Signifier clairement qu’elle avait fait une connerie dans le choix de son lieu et qu’il ne jouerait plus si elle essayait d’en profiter, ça avait de quoi plomber le dialogue. Evidemment, c’était la vérité, et pour son bien-être, quelque part, cela devait être dit. Mais voilà. Julian avait l’air… presque gênée, mais pas tout-à-fait. Son expression était neutre mais le contraste avec son rire, quelques secondes plus tôt, le refroidît comme s’il était parti se jeter dans le lac du parc en plein hiver. Couillon.

    - Je n’étais pas au courant.

Droit dans les yeux. Clair, limpide, elle disait la vérité ; elle n’était donc pas si renseignée que ça. C’était pourtant un renseignement à la portée de tout le monde. Peut-être que depuis le temps, l’intérêt pour le sport sorcier s’était effrité au point que les rumeurs sur les joueurs ne grouillaient plus. Il y a deux, ça jasait encore pas mal, mais maintenant, en dehors des saisons, les élèves avaient d’autres préoccupations… C’était somme toute normal. Il acquiesça avec un léger sourire.

    - Je joue toujours dans les règles de l’art tu sais… Je ne profiterai pas de ce que tu viens de me révéler comme je n’irai pas le crier sur tous les toits.
    - Je sais, je te connais. Par contre, ce n’est un secret pour personne. Tu n’auras pas de scoop à balancer si un jour tu as envie de me faire du tort.

Il rit de sa pointe d’humour, pas qu’il l’a trouvait vraiment drôle, mais le rire avait cette faculté de calmer les ambiances pourries. Bien entendu, quand les gens parlaient de la phobie du batteur des verts, il y avait un risque qu’ils utilisent cette faiblesse contre lui, mais il fallait bien le connaître et l’avoir vu de près face au vertige pour savoir comment s’y prendre pour qu’il en souffre vraiment. Les deux fois où des gens en avaient profité, c’était ça. Des amis qui savaient qu’il ne pouvait pas résister à ça. Au moins, il avait pu en sortir presque indemne à chaque fois, alors qu’avec des personnes le détestant foncièrement, il n’en serait peut-être pas sorti du tout. Le cercle était restreint à quelques amis à qui il permettait, inconsciemment, de lui mettre des claques s’il faisait des conneries. La première fois, c’était pour le « protéger ». Des copains complètement dingues l’avaient pris à côté dès l’arrivée des hommes en noir pour le forcer à rejoindre les rangs. S’ils ne l’avaient pas fait, à cette heure-ci, il ne serait qu’un rebelle maltraité, ou peut-être qu’il serait déjà mort… La seconde fois, c’est parce qu’il lui avait fait du mal, à Candice. Elle était allée trop loin, mais ce n’était pas tout-à-fait sans raisons. Il ne l’avait plus recroisée depuis…

Julian venait de rentrer dans ce cercle, en quelque sorte. Elle était intelligente, et s’il lui faisait du mal, il devrait l’éviter encore plus qu’un Supérieur mis au fait de ce qu’il manigançait depuis le début. Il la connaissait assez bien, aussi, la Julian. Pas ses phobies, pas ses angoisses secrètes ou ses cadavres dans le placard, mais il savait qu’il était facile de l’amener à faire ce qu’on voulait, si on l’incitait avec finesse à se laisser porter par son impulsivité naturelle… ils étaient presque à égalité. Il montrait un côté faible mais rien de dramatique. Voilà.

    - Si tu veux, on peut aller sur le terrain, ça t’évitera d’être mal à l’aise ou sinon…

Il attendit la fin de la phrase quelques secondes. Ou sinon quoi ? Ah. Oui. Ça.

Il sentit ses lèvres sur les siennes, un baiser doux, chaud, loin des baisers extatiques de la dernière fois, mais étrangement, ça lui faisait le même effet. Le cœur qui bat, une chaleur dans tout le corps, tout ça, ces petites traductions physiques du plaisir. Elle le prenait un peu de court. La dernière fois, ils étaient devenus fous à cause de la salle, à cause de… de quelques sentiments pas importants détournés et exacerbés jusqu’à les mener à un point de non-retour. Ici, rien. L’atmosphère était calme, entre ciel et terre, une légère brise, un temps agréable, mais pas de sortilège, rien pouvant vraiment motiver ce type de geste. Il lui rendit son baiser malgré tout, juste avant que ses lèvres ne lui échappent. Si elle ne lui laissait même pas le temps de savourer aussi…

    - Ou sinon il faut te faire penser à autre chose mais ce n’est sans doute pas une bonne idée…
    - Faire penser à autre chose, en soi, c’est la plus merveilleuse idée du monde. Mais pas comme l’autre jour, pas ici, j’ai confiance en notre hibou postal mais n’importe qui pourrait passer dans les environs…

Quoi Rolling Eyes Oui, il pensait tout de suite à ça, mais ça lui semblait d’une logique imparable. Il associait directement leurs baisers avec leur petite folie nocturne de la dernière fois. En dehors de ce type de contexte, habituel avec la verte, il n’y avait que les couples pour se bécoter ainsi. Ils n’étaient pas en couple. Voilà, logique imparable pour penser trucs en-dessous de la ceinture. Comme quoi on peut faire avaler beaucoup de choses aux gens, y compris à soi-même, en suivant un certain raisonnement, pourvu que ça ait l’air un tant soit peu complexe.

Elle s’écarta de lui en finissant sa phrase. Plus de contact, même plus un contact visuel ; elle regardait les nuages, ou le vide, les deux étaient assez proches. Le revirement était violent. Jeroen sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Cette sensation qu’il avait étant gosse quand son père, son modèle, ne s’occupait pas de lui, avant qu’il comprenne qu’il devait exister par lui-même, en-dehors des regards amoureux de sa famille. Comme s’il était soudain tout seul, sur les gradins, et qu’il était seul à devoir prendre ses responsabilités et son courage à deux mains pour que cela cesse. Il inspira lentement l’air pur. Savourer. Au moins en avoir l’air. Il se mit à rire.

    - Merde. J’ai réussi à plomber l’ambiance. Je me gère, tu sais. Je ne fais pas du Quidditch pour rien. Si c’est ça qui te tracasse, cherche pas, les hommes sont des cons et des rabat-joie, et je suis un peu trop bon niveau plombage d’ambiance… Ça me va très bien ici.

Il avait dit ça comme il lui avait dit, la dernière fois, qu’il l’appréciait telle qu’elle était. Avec franchise. Elle était réglo avec lui, et il se sentait mal parce qu’il se sentait responsable de son revirement d’humeur. Bon, maintenant qu’il s’en voulait, il avait moins de temps pour penser au vide. Y’avait ça de bien au moins. Il soupira et décida de reprendre les devants pour tenter de dissiper le malaise qui s’était installé, en posant sa main sur la sienne et en s’avançant pour réduire de nouveau la distance.

    - Il y a autre chose ?

Il n’était pas con et imbu de lui-même au point de penser qu’elle pouvait se faire doucher l’excitation parce qu’il lui avait parlé de son petit problème. Même les nanas sensibles, elles le trouvaient charmant par cette sensibilité, éventuellement elles se mettaient à le materner dès qu’ils montaient dans les étages (ce qu’il détestait d’ailleurs) mais on ne lui avait jamais fait le coup du silence pensif et aussi soudain. Il pouvait bien demandait. Ça lui donnait aussi une raison pour toucher sa main, jouer légèrement avec ses doigts, afin de s’éviter de se crisper en s’accrochant bêtement à un truc qui le retiendrait pas ; et qui était froid, et qui ne parlait pas et n’avait aucun intérêt. Entre une planque et la main de Julian, le choix est vite fait, hein.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Jeu 2 Mai 2013 - 23:27

Lui faire du tord ? Ce n’était pas encore dans les projets de Julian. Si elle avait déjà une petite liste de personnes à qui elle avait bien envie de refaire le portrait et sur qui elle expérimentait ses différentes techniques de destructions morales, Jeroen n’en faisait pas encore partie. Loin de là. En fait, le problème avec lui c’est qu’elle n’arrivait décidément pas à le caser dans une catégorie. Pour elle, il était hors jeu. A chaque fois qu’elle le mettait dans une colonne, elle se rendait compte que certaines caractéristiques ne collaient pas, que certains détails poussaient à le changer de place dans le répertoire et ce ainsi de suite. De fait, depuis qu’elle l’avait rencontré, elle ne savait pas quoi penser de lui, elle ne savait pas quoi attendre de lui ni quel était le meilleur comportement à adopter pour obtenir ce qu’elle voulait pour la simple et bonne raison qu’elle ne savait pas réellement ce qu’elle attendait de lui. Mais bon, ce qui était certain c’était que pour le moment, lui faire du mal ne faisait pas partie de ses projets. Et puis de toute façon, si elle en arrivait à vouloir réellement l’atteindre, elle chercherait quelque chose de plus profond qu’une peur, une plaie ouverte, en plein cœur, que chaque allusion écorche un peu plus. Oui, quand Ju’ décidait de s’en prendre à quelqu’un, elle faisait rarement dans la dentelle. Elle aimait fouiller partout, aller chercher la petite histoire bien dissimulée, le secret qui vous détruit une vie. Elle savait bien que cela était totalement immoral, que c’était révoltant d’agir de la sorte et qu’elle-même ne supporterait pas que quiconque essaye de s’immiscer dans son jardin secret. Mais elle le disait parfois elle-même avec le sourire, elle était une salope et elle l’assumait pleinement. C’était aussi sa façon à elle de se défendre, de se préserver. Enfin, heureusement pour Jer’, elle avait un comportement bien différent avec lui qui venait clairement de se manifester dans ce baiser qu’elle lui avait donné. Pourquoi ? Aucune idée mais cela n’avait au final pas d’importance. C’était un moyen de le distraire comme un autre puis surtout un moyen de jouer après tout. Cependant, alors qu’elle s’écartait et que Jeroen entreprit de lui répondre, elle se sentit comme prise au piège de son propre jeu. Sa phrase l’atteignit en pleine poitrine sans même qu’elle ne puisse savoir pourquoi. Elle s’était elle-même qualifiée de fille libérée, elle gérait elle-même sa réputation et pourtant, que son camarade pense tout de suite à leurs petites galipettes lui fit horriblement mal. Ce fut comme un battement de cœur raté, un souffle qui se manque et qui devient un véritable poison. Dans ces mots, elle se voyait de manière étrange. C’était une image d’elle déplaisante qui se présentait. Cette fille que l’on aime bien quand elle est cachée et qu’elle sert à assouvir des désirs… C’était idiot de réagir ainsi, elle le savait, Jeroen l’avait d’abord appréciée pour sa répartie quant aux restes, ils étaient juste des camarades qui avaient une fois décidé de s’amuser un peu. Voilà tout. Elle n’avait aucune raison de prendre mal ce qu’il avait dit. Pourtant, c’était toujours aussi dérangeant. Le ciel et les nuages lui apportèrent un peu de calme. Julian avait de la chance, elle était habituée à contrôler ses émotions, son visage était donc resté neutre mais cela n’empêchait pas qu’elle était déstabilisée et en colère. En colère contre elle-même de ressentir tant de choses sans raison. Ce fut le rire de Jer’ qui la tira de ses pensées. Elle tourna alors la tête vers lui, surprise de ce soudain éclat. Elle l’écouta alors attentivement et lui répondit avec un sourire.

« Je m’en fais pas pour toi et de toute façon, j’aurais pas changé d’endroit, moi je suis bien ici. »

Elle aurait pu brandir un panneau lumineux au-dessus de sa tête avait écrit menteuse dessus que ça aurait eut le même effet. S’il lui avait demandé, elle aurait déménagé, en le charriant un peu bien sûr mais sans trop d’hostilité. Mais Julian ne voulait pas passer pour la jeune fille toute douce qui se préoccupe des petites peurs de ses camarades. Non, elle devait rester cette fille rieuse et presque insensible qui use des faiblesses de chacun et n’a honte d’aucun coup bas. Garder la face alors qu’à l’intérieur d’elle c’était un bordel sans nom. Et Jer’ ne fit rien pour arranger les choses. Il s’approcha alors d’elle, réduisant la distance qu’elle avait précédemment réinstallée. Il posa sa main sur la sienne. Ju’ ne réagit pas tout de suite à ce contact. Cependant, elle n’était pas au bout de ses surprises. Il lui demanda alors s’il y avait autre chose, une raison autre que sa petite révélation à son silence soudain. La rousse fut stupéfaite par cette question. Elle ne s’attendait pas du tout à ça. En fait, cette phrase dénotait totalement par rapport à leurs discussions habituelles. C’était étrange, elle se sentait complètement dépaysée. Dans le jeu, elle maîtrisait tout mais cette fois, il y avait un aspect bien plus sérieux. Son camarade n’avait pas lancé cette phrase en l’air, juste pour rire ou ouvrir une nouvelle direction pour la joute verbale. Non il avait dit ça pour savoir ce qui pouvait tracasser la jeune femme. Son premier réflexe fut donc de se mettre en situation de défense.

« Pourquoi tu dis ça ? J’ai juste été prise d’une furieuse envie de regarder le ciel, c’est pas comme si tu devais toujours être le centre de mon attention. »

Sans le vouloir, Julian avait prononcé ces derniers mots sur un ton légèrement agressif. Ou plutôt, comme si elle voulait lui renvoyer quelque chose à la figure. C’était peut être le fait de sentir ses doigts jouant sur sa main… Oui ça ne faisait qu’accroître le flux d’émotions contradictoires qui l’envahissait. Elle avait besoin d’air, elle avait besoin de tout remettre en place. Le problème c’était qu’elle n’était même pas sûre de vouloir y voir plus clair. Toujours le même sentiment, toujours la même peur de ce qu’elle pourrait bien découvrir au fond d’elle. Dans tous les cas, elle devait se ressaisir et tenir tête face à Jeroen. Elle ne pouvait pas se laisser glisser ainsi, elle ne pouvait pas le laisser triompher. La jeune femme avait l’impression qu’il l’avalait, qu’il était en train de la submerger, de créer un gros bordel en elle et qu’elle ne pouvait strictement rien faire contre ça. Ou donner de la tête ? Julian était en train de réfléchir à toute vitesse, se demandant bien ce qu’elle allait pouvoir lui répondre. Seulement, cette fois, tout ne marcha pas comme prévu et son cerveau lui joua plutôt des mauvais tours. Sans savoir pourquoi, elle ôta sa main de sous celle de Jeroen d’un geste vif puis s’alluma une clope, comme pour justifier cela.


« Et puis, je vois pas pourquoi je te confierais quoi que ce soit…. »


Là, Julian était clairement en train de s’enfoncer. Son ton sentait l’amertume à trois kilomètres et un détail pareil n’échapperait jamais à Jeroen. Elle se sentait profondément conne sur le coup. Non, il n’y avait pas d’autre mot. Elle avait l’impression d’être la dernière des imbéciles et sa colère envers elle-même ne cessait de s’accroître. Cela se voyait à la manière dont elle tirait sur sa cigarette. Putain, ça ne lui arrivait jamais de perdre le contrôle, il fallait que ce soit face à lui, face à celui qui était le plus apte à la décrypter et à la pousser dans ses retranchements. Sur ce coup, elle n’avait pas assuré du tout.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Sam 4 Mai 2013 - 1:27

Rien à voir. Ça n’avait rien à voir, ni avec leur expérience commune passée, ni avec tout ce qu’il avait connu auparavant. Avec elle, il savait déjà que c’était délicieusement différent d’avec les autres, mais ça prenait une toute autre tournure aujourd’hui. Il avait plus de mal à la cerner, comme si quelque chose avait changé ; quoi ? Il ne s’était rien passé entre temps. Aucune histoire qui aurait dû influencer leur rencontre d’aujourd’hui. Jusque-là Jer’ était même de très bonne humeur, mais il ne s’attendait sûrement pas à ce que l’ambiance fasse une chute pareille alors qu’il venait d’avouer un truc pas bien important.

Elle ne releva pas l’allusion à leurs folies de la dernière fois. Bien sûr, il pensait que pour elle, c’était à la limite de l’habitude, et il n’avait certainement pas dit ça comme une critique. Il était bien rentré dans son jeu après tout, de son plein gré, parce que cette « aventure sans lendemain » l’intéressait en soi ; quoique les concernant, il y avait bien un lendemain, mais pas sous la forme que l’on attendrait. Avait-il piqué un point un peu trop sensible ? Elle n’avait rien relevé, rien ajouté, alors qu’il se serait attendu à une remarque, une allusion au fait qu’il pensait tout de suite à ça alors que ce n’était peut-être pas le propos… Evidemment, ils n’avaient pas le devoir de répondre à chaque fois, mais là, il aurait presque espéré qu’elle le traite de gros pervers.

Détendre l’atmosphère. Absolument. Il n’avait pas l’habitude de devoir gérer des silences gênants dans une discussion à deux, surtout avec une fille. Pas qu’il n’avait jamais eu droit à la crise existentielle d’une copine, mais les circonstances différaient, et comme ils ne parlaient pas beaucoup de ce qui devrait peut-être être dit, il ne voyait pas du tout pourquoi Julian se mettait dans cet état. Il n’était pas encore au bout de ses surprises, mais il n’avait pas forcément envie d’aller plus loin dans le malaise…

    - Je m’en fais pas pour toi et de toute façon, j’aurais pas changé d’endroit, moi je suis bien ici.

Que disait-elle il y a deux minutes seulement ? « Si tu veux, on peut aller sur le terrain… » non ? Quelle mauvaise foi. Elle se contredisait toute seule avec un air de gamine qui veut un peu trop avoir raison. Elle se ramollissait en rhétorique, mais il n’y avait pas que ça. En fait, ça ne ressemblait pas à la Julian du début. Il y avait un côté sensible, enfantin que Jer’ appréciait pas mal chez elle, de ce qu’il avait pu entrevoir précédemment… mais ce côté prenait une ampleur un peu flippante. Il réduisit la distance pour lui demander sérieusement ce qu’elle avait, ce qui la rendait aussi pensive. Elle mit du temps à réagir, et ce fut la stupéfaction qui se lût sur ses traits. Sérieusement, c’était si étonnant qu’il lui demande ça ? Alors que la conversation toute entière prenait une tournure violemment inhabituelle, pourquoi une simple question l’étonnait autant ?

    - Pourquoi tu dis ça ? J’ai juste été prise d’une furieuse envie de regarder le ciel, c’est pas comme si tu devais toujours être le centre de mon attention.

Elle lui avait donné rendez-vous, et jusque-là, à chaque fois qu’ils se trouvaient dans la même pièce, ils n’avaient d’yeux que pour l’autre. Enfin, façon de parler, mais en soi, ils vivaient leurs joutes à fond, sans penser à autre chose. Là, d’autres pensées s’immisçaient dans l’esprit de la jeune femme, des pensées qui gênaient leur « rencard ». Il n’essaya pas d’imaginer ce qu’aurait dit son copain de cette situation, lui, « l’expert amoureux »... Elle ôta sa main d’un geste vif pour s’allumer une cigarette. Mais bon sang, quand sa mère rejetait ainsi le contact avec son père, c’était lorsqu’ils s’étaient disputés… Pourtant, ils ne s’étaient pas disputés, non ? Ils étaient partis positif et paf, mauvaise ambiance, comme un cognard en pleine face. Il se ramassa le vent et l’échec de son approche sans trop montrer qu’il était un peu vexé. S’il avait su, pas sûr qu’il serait venu avec autant d’entrain…

    - Et puis, je vois pas pourquoi je te confierais quoi que ce soit…

Ok. Quelque chose clochait chez elle, et Jeroen n’avait aucune idée du problème qu’elle refusait de « confier ». Rien de pire qu’une femme qui n’a pas envie de parler : elle rumine dans son coin, est d’humeur exécrable et se met dans des états pas possibles dès qu’on lui demande ce qui se passe. C’était son père qui n’arrêtait pas de leur répéter ça, lorsqu’ils étaient gosses. Sa mère râlait en arrière-plan, comme pour prouver ce qu’il racontait. Ça les faisait surtout rire, les gosses, mais il n’aurait pas imaginé que ce soit si vrai… Julian tirait presque rageusement sur sa cigarette. Ses défenses étaient totalement tombées à plat, elle se montrait sous son vrai jour, sans artifices, sans mensonges et de mauvais poil par-dessus le marché. Il s’écarta d’elle, pencha la tête en arrière et plongea son regard dans le ciel, sans vraiment le regarder.

    - Tout va bien dans le meilleur des mondes, c’est ça ? Je ne sais pas ce qui te met dans cet état, peut-être une remarque que j’ai faite… En tout cas, ça te suffit à te mettre dans un de ces états… Tu t’énerves toute seule, là.

Il la mettait en face de son propre comportement, avant toute chose. Vu la fierté de la verte, elle serait forcée soit d’abdiquer et de se calmer, soit d’exploser une bonne fois pour toute. Pour la mettre dans cet état, ce qu’elle avait dans la tête devait avoir un minimum de gravité. Il ne faut jamais laisser quelque chose de grave en suspension dans notre tête. En soi, il lui demandait presque de se confier à lui, en effet, parce qu’il n’aimait pas la voir dans cet état. Il se sentait lui-même un peu désemparé… En même temps, voulait-il vraiment entendre ce qu’elle avait à dire ? Il s’illusionnait pas mal tout seul, si elle venait à remettre certaines choses en question en mettant à nu ses propres angoisses, il avait des chances de finir par se poser des questions lui-même, et il n’aimait pas ça. Dans sa vie, il voulait que tout tourne correctement, sans accrocs, il était un peu control freak sur les bords… Note, elle n’avait pas l’air d’apprécier beaucoup sa remise en question non plus.

    - Tu n’es même plus capable de cacher ce que tu ressens. Sérieusement, tu voudrais que je fasse semblant de m’amuser follement tout seul tandis que tu rumines tes idées noires ? Si j’ai fait quelque chose, dis-le-moi, j’y peux sûrement quelque chose. Sinon, je ne suis peut-être pas la meilleure oreille de Poudlard et tu n’as pas à me raconter ta vie, mais si ça te met dans tes états pareils, ce n’est pas ruminer en agressant les gens qui te demandent ce qui ne va pas que ça va s’arranger.

Il revoyait sa mère et ses petites crises. Son père se collait à côté d’elle et attendait qu’elle cède et lui parle de ce qui la tracassait. Un homme fier, mais à l’écoute lorsqu’il s’agissait de sa famille et de sa femme. A partir du décès de celle-ci, il avait commencé à faire la même chose avec sa fille, s’asseyant à même le sol en face d’elle lorsqu’elle boudait, attendant qu’elle ouvre la bouche - c’était toujours plus rapide avec Lily, elle n’arrêtait pas de parler cette gosse... Avec ses garçons, il n’avait pas à faire face à autant de caprices, ils vivaient leurs vies… Mais Jer’ aimait bien regarder. Il trouvait ça bien. Peut-être que Julian parlerait aussi s’il se comportait de la même manière. C’était un peu de la pression psychologique, mais si ça pouvait décoincer la situation… Il n’avait pas quitté le ciel des yeux en disant tout cela. Il réfléchissait aux raisons plausibles et ce n’étaient pas forcément des hypothèses géniales…
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Sam 4 Mai 2013 - 12:35

Respirer à fond. Décomposer chaque mouvement que devait faire son abdomen et prendre le temps de bien inspirer et expirer. C’était la seule solution pour reprendre le contrôle sur elle-même, sur la situation qui était dangereusement entrain de lui filer entre les doigts. Il fallait à tout prix qu’elle respire. Julian connaissait cette technique, elle la maîtrisait même parfaitement puisqu’en temps normal, c’était de manière tout à fait naturelle qu’elle prenait le contrôle sur son rythme respiratoire pour ne pas laisser transparaitre la moindre émotion. Seulement dans le cas présent, elle n’arrivait pas à opérer cela, ce qui pourtant n’était pas un exercice si compliqué. Il y avait comme une barrière qui l’empêchait de reprendre le dessus et cela devenait de plus en plus inquiétant. Elle se connaissait bien et elle avait vraiment peur de ce que cela pouvait donner. Ju’ avait plutôt tendance à tout maîtriser, à garder ses émotion pour elle, à part peut être avec Ricardo ou Sean, et encore. Elle était plutôt du genre à n’éclater qu’en elle-même ou alors une fois seule. La seule émotion qu’elle pouvait parfois laisser transparaitre c’était la colère mais jamais la rage. Sa colère était en général édulcorée, elle s’en servait comme outil de vengeance, comme moyen de faire peur aux autres, de les menacer et de leur faire comprendre qu’il valait mieux ne pas trop la chercher. Mais la colère pure, celle qui se rapproche de la rage et qui fait tout exploser, elle avait plutôt trouvé refuge au creux d’elle-même et ne sortait que très rarement. Elle savait bien qu’une telle attitude pouvait parfois être dangereuse sauf qu’en général, le fait de se défouler sur ses petites victimes suffisait amplement à dégager la pression et lui permettait d’emmagasiner encore du ressentiment sans jamais exploser. Mais cette fois c’était bien différent. Tout allait bien jusque là, elle était d’une super humeur et avait juste envie de profiter de l’instant passé avec Jeroen. Mais d’un coup, tout s’était transformé. La situation avait viré de bord et tout s’était assombri. Julian sentait indéniablement la colère montait en elle pour quelque chose de futile, quelque chose qui ne devrait tout simplement pas l’atteindre. Et pourtant c’était indéniable, la colère était là, bien présente. Les paroles de son camarade n’arrangèrent pas les choses. Lorsqu’il déclara qu’elle était tout simplement en train de s’énerver toute seule, la demoiselle se crispa violement. Tous ses muscles se serrèrent, ses dents grincèrent et elle eut juste envie de lui hurler dessus. Seulement voilà, elle avait encore un minimum de retenue et parvint à rester silencieuse, pour le bien de la communauté. Si elle éclatait maintenant, elle risquait fort de perdre totalement le contrôle et dire des choses qu’elle ne voulait pas. Hors elle ne pouvait pas se permettre une telle erreur, un tel faux pas face à lui. Julian évita alors soigneusement de regarder son camarade, elle savait bien que voir son visage calme ne ferait que l’énerver d’avantage. Mais pourquoi prenait-elle autant la mouche pour une simple connerie ? Qu’il la prenne pour une simple fille facile qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Ce n’était pas le premier après tout et elle s’en était toujours remise…

Ju’ jeta alors sa cigarette qui venait de se terminer avant de l’écraser avec son pied d’un geste légèrement violemment. Jusque là elle avait encore le contrôle de sa colère, même si tout ne tenait qu’à un fil. Elle arrivait à garder le silence. Le problème c’était qu’elle s’énervait elle-même et celle devenait clairement un cercle vicieux. Oui, la jeune femme avait comme l’impression d’être prise au piège, de ne pouvoir rien faire, d’être là à se débattre comme une idiote contre elle-même sans être même sûre qu’à la fin, elle gagnerait le combat. Tout cela la rendait folle et Jeroen vint tout simplement l’achever. Il lui reprocha alors sa colère soudaine, lui faisait clairement comprendre qu’il n’allait pas rester là à faire le joyeux luron alors qu’elle faisait la gueule. Sa réaction était on ne peut plus logique et normale cependant Julian avait bien du mal à l’accepter. Elle sentait bien que tout allait exploser. La fine barrière qu’elle avait réussi à maintenir, celle qui contenait encore un minimum le flux de sa colère et qui évitait qu’elle n’explose à la tronche de Jer’ était en train de s’effriter. Oui, elle allait craquer, elle le sentait.


« Tais toi. »


Elle n’avait pas crié, non ce n’était pas son genre. Julian avait dit ça sur un ton glacial. Jeroen ne l’avait certainement entendu parler ainsi. Mais c’était trop tard maintenant, la colère était là. Ju’ n’allait pas exploser, elle n’allait pas se mettre à hurler. C’était très rare qu’elle en arrive là. Non, sa colère à elle était froide. En général, elle ne lançait que des mots bien douloureux, bien ciblés. Le problème dans le cas présent c’était que sa colère étai pleinement dirigée vers elle-même, vers ses sentiments qu’elle n’arrivait plus à comprendre. Alors oui, elle pouvait toujours faire des reproches à Jeroen mais cela n’aurait au fond aucun sens. Par contre, le vrai souci, c’était qu’elle risquait de moins bien contrôler ce qu’elle allait dire et de lui cracher à la figure des choses qu’elle aurait bien voulu garder secrètes. De toute façon, elle ne pouvait pas rester sans rien faire. Avec ce qu’elle venait de dire, il risquait fort de partir et inconsciemment, elle ne pouvait se résoudre à cette idée. L’étau était en train de se resserrer et avant même qu’elle n’ait pu en prendre conscience, la rousse avait reprit la parole.

« Je suis pas ta pute Jeroen. Je ne suis pas là juste pour coucher avec toi et te faire plaisir avec quelques remarques acerbes. Des nanas prêtes à te sauter dessus y’en a partout alors ne les confond pas avec moi. Ce n’est pas parce que je m’approche de toi que j’ai nécessairement envie de coucher avec toi. »

Et merde. Elle venait de le dire. Enfin pas de manière claire, un certain doute planait encore mais Ju’ venait clairement de faire comprendre à son camarade qu’elle n’avait pas envie qu’il la considère juste comme une espèce de plan cul. Pour le coup, c’était débile. Elle était la première à revendiquer sa liberté, le fait qu’elle ne s’attachait pas à n’importe qui, que tout n’était pour elle qu’un jeu et que Jeroen ne changerait rien à cela. Et pourtant… Pourtant elle venait de lui signifier le contraire, de lui montrer qu’elle n’était pas en sa compagnie exactement la même fille prétentieuse et pleine d’assurance qu’elle montrait à tout le monde. Ce n’était vraiment pas bon. Julian prenait conscience au fil des secondes qu’elle était dans une situation de merde. Alors qu’elle venait de se décharger un peu de la pression, de ce qui la mettait en colère, elle se mit à chercher une issue de secours. Un moyen de sortir de ce pétrin dans lequel elle venait tout simplement de sauter à pieds joints. Mais toutes les portes semblaient se fermer devant elle. Elle avait beau réfléchir à toute vitesse, c’était le vide complet et c’était bien la première fois que cela lui arrivait. La jeune femme se leva alors vivement, elle n’arrivait pas à tenir en place. Dans un geste de rage, elle donna un coup de pied dans ce qui servait de banc. De toute façon, ce n’était pas comme si elle pouvait encore sauver les apparences alors un geste rageur de plus ou de moins, cela ne changerait pas grand-chose.

« Et merde. Oublie ça tu veux. »

Bah voyons, comme si ça allait marcher. Sur ce coup, Julian méritait clairement un zéro pointé.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mer 8 Mai 2013 - 17:25

Aucune réponse. Rien. Un silence plein d’animosité mais contrairement à ce qu’il aurait cru, elle avait encore du self-control. Cela lui permettait de ne pas exploser, alors qu’elle semblait atteindre ses limites. Elle s’était juste crispée. Il ne l’avait jamais vue dans un tel état. Mais non, il ne partirait pas pour autant. Il s’était mis en position d’écoute et il s’y tiendrait. Même si ses mots pouvaient signifier le contraire, il n’avait pas prévu d’aller s’amuser ailleurs, parce qu’il n’y avait qu’avec elle qu’il arrivait à réellement passer outre ses problèmes de la vie courante, ces derniers temps. Un truc unique. En plus, il n’était pas le genre à fuir les problèmes. Son besoin de comprendre y jouait un grand rôle, mais il était aussi simplement mieux que ça.

Elle jeta sa cigarette au sol et l’écrasa violemment. Bien entendu, elle pétait un plomb, elle s’en rendait compte, et à coup sûr ça la rendait encore plus dingue de ne pas arriver à contrôler ça. Pourquoi avait-elle perdu toute retenue ? La réponse allait venir. Il en était intimement certain. Il lui suffisait alors d’être patient, de ne pas bouger. Sans réfléchir trop non plus, ça pouvait envenimer l’histoire s’il se mettait à donner de mauvaises réponses à de mauvaises questions.

    - Tais-toi.

Ah, c’est charmant, une femme en colère. Jeroen ne broncha pas et n’essaya pas de répondre. Son ton était trop différent, trop glacial. Au moins, le vert savait faire face à des tons beaucoup plus méprisants ; la haine réfléchie par exemple, celle à laquelle on ne peut pas faire face. Là, il lui suffisait de se taire. D’obéir oui, mais il ne se mettait pas en position de faiblesse pour autant. Faire le contraire lui attirerait plus d’emmerdes qu’attendre cinq minutes qu’elle laisse enfin éclater ses pensées…

    - Je suis pas ta pute Jeroen. Je ne suis pas là juste pour coucher avec toi et te faire plaisir avec quelques remarques acerbes. Des nanas prêtes à te sauter dessus y’en a partout alors ne les confond pas avec moi. Ce n’est pas parce que je m’approche de toi que j’ai nécessairement envie de coucher avec toi.

Ah. Voilà. C’était sorti. Le problème. Elle s’était vexée, tout compte fait, et cette fois-ci, elle ne jouait pas la comédie. Son image de fille insensible et aguicheuse en prenait un coup. Il resta sans bouger, sans rien laisser transparaitre, mais il n’appréciait pas trop ce qu’il entendait. Elle s’imaginait qu’il la voyait comme un simple corps à consommer, et surtout, elle demandait à ce qu’il la voie comme quelqu’un d’unique. Ça sonnait presque comme un « regarde-moi », accompagné du dramatisme de la fille qui refuse de s’avouer ce qu’elle ressent. Non, ça ne lui plaisait pas. Elle n’était plus en état de comprendre ce qu’il ne disait pas, elle déformait tout, et ce qui l’amenait à penser tout cela l’éloignait de la simple (et fausse) constatation qu’il n’était qu’une conquête comme une autre.


J’veux pas savoir, j’veux pas connaître la suite,
La fin de l’histoire ne m’intéresse pas, me panique,
Pourquoi ce qui paraît ordinaire a des allures d’équilibre précaire ?

- Buridane, Parfois on recule

Ça lui donnait le tournis. Il ne bougeait pas, son regard était toujours perdu dans le vide tandis que Julian se levait et frappait dans le gradin avec rage. Il ne savait pas trop que dire, que faire. Il appréciait être avec elle, il appréciait cette idée de liberté qu’il ressentait avec elle, mais au fond il savait qu’il n’y avait pas de réelle amitié hommes/femmes ; juste quelques temps à se tourner autour et la question qui clôt l’affaire soit par une relation plus sérieuse, soit par un éloignement nécessaire. Une relation sérieuse ? Lui, maintenant ? Pétard, ça jaserait. Ça risquait aussi de compromettre pas mal de choses s’il se retrouvait au centre de l’attention, ou même si elle cherchait à remuer un peu les placards de sa vie. Et l’amour dans tout ça ? En trois entrevues ?

Il manquait encore une claque pour lui faire comprendre que c’était peut-être ça, ce qu’il ressentait lorsqu’il était avec elle. De plus, il ne se sentait pas en état de prendre une telle décision dans un laps de temps aussi court, ainsi pris au dépourvu… mais il savait aussi qu’il ne pouvait pas se barrer, fuir le dialogue parce qu’il avait besoin de faire une étude approfondie de l’impact d’une telle question sur sa couverture, et sur la suite de l’histoire…

    - Et merde. Oublie ça tu veux.

Ça, c’était le signal. Ce moment qui demandait une réponse alors qu’officiellement, c’était exactement le contraire. Son comportement impulsif demandait un retour. Il ramena son regard sur elle, se mordit la lèvre une seconde, puis soupira.

    - Je n’ai pas dit ça pour te blesser. Si tu l’as si mal pris, alors je m’en excuse. Tu n’es pas une pute, encore moins « ma » pute, je n’ai jamais rien dit dans ce sens. Tu fais ce que tu veux, selon tes envies, et c’est tout à ton honneur.

N’était-ce pas ça qui l’avait attiré, au fond ? Le fait qu’elle l’ait choisi, non pas pour l’image qu’il donnait mais pour tout ce qu’il pouvait cacher derrière cette carapace ? Il se foutait de sa réputation, de ce qu’on disait sur elle. Il avait découvert des faces cachées qu’il voulait revoir un jour sur son visage de sale gosse insupportable et adorable à la fois. Toutefois, ça le vexait un peu qu’elle puisse penser ça de lui. Sa réputation le suivait, ça faisait deux ans qu’il ne s’était pas retrouvé seul à seul avec une fille, pas dans un contexte amical ou plus si affinités. Ce n’était pourtant pas les occasions qui manquaient. Mais franchement, des fans hystériques, ça fait plus peur qu’envie ; même pour le grand Jeroen, ouais.

    - Tu penses sérieusement que j’ai que ça en tête ? Sauter toutes les filles qui passent ? C’est carrément vexant, en fait…

Il sourit avec cynisme. Oui, ça le vexait. C’était pourtant une image qu’il n’avait pas envie de donner, sauf que si même elle commençait à croire cela, il risquait d’être dans la merde auprès du reste du monde ; reste du monde qui veillait au grain en la personne de son pote spécialiste des cœurs, ça n’aidait pas. Il n’avait pas voulu profiter d’elle, mais franchement, même si ça avait été… intense, magique et tout, il pouvait dire sans mentir que ça ne serait jamais arrivé en-dehors de cette salle ensorcelée. A nouveau, il savait réfléchir avec autre chose que son bas-ventre.

    - J’ai l’impression que mes actes ne correspondent pas à ce que tu souhaites. Evidemment, tu sais que je ne vais pas me plier à tous tes désirs, mais tout de même, je ne comprends pas ce que tu veux, ce que tu cherches. Ton comportement est hermétique aujourd’hui, et je n’ai pas consulté les astres avant de venir pour savoir ce que tu as dans la tête.

Pancarte « mec paumé » avec clignotants fluorescents et tout le bazar. Vu son état à elle, elle ne pouvait pas critique le fait qu’il n’y comprenne rien.

    - Donc. Est-ce que tu veux bien respirer un peu d’air pur, t’asseoir tranquillement, et me dire ce que tu veux ?

Elle n’avait pas grand-chose à dire, au fond. Juste ce qu’elle pensait. Il ne demandait pas non plus de réponse immédiate. Vu son état actuel, c’était clair qu’elle aurait besoin de graaandes goulées d’air avant de faire assez de vide dans son cerveau pour remettre les choses en ordre et réfléchir correctement. Comme il n’avait pas bougé, il pensa qu’elle pouvait comprendre cela sans qu’il lui dise de prendre son temps, injonction qui pouvait vexer plus qu’aider… En plus, il n’était pas pressé… Voulait-il réellement connaître cette réponse ? Voulait-il une franchise qui ne lui était pourtant pas due, ou juste un mensonge, au moins quelques vérités éludées, qui les protégeraient tous les deux ? Mais est-ce que ça les protégerait vraiment au fond ? Ses mains se resserraient presque convulsivement sur le bois et il ne s’en rendait même pas compte. Ça faisait si longtemps qu’il n’avait pas fait face à de telles questions…
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Dim 12 Mai 2013 - 13:36

Idiote. C’était le mot. Julian se sentait profondément conne. Au début c’était de la colère pure, une rage qu’elle ne soupçonnait pas qui l’avait envahie et poussée à réagir ainsi, à s’énerver et à s’en prendre à se pauvre banc qui n’avait rien demandé à personne. Puis il y eut ce simple soupire et sa voix. Il prit la parole sur un ton bien plus calme qu’elle, lui faisait comprendre qu’il n’avait jamais voulu la blesser et qu’il trouvait cela bien qu’elle agisse selon ses envies. La jeune femme eut alors l’impression de se dégonfler, pire qu’un ballon de baudruche. La colère qui l’envahissait semblait se transformer en une honte violente et très désagréable. Ju’ ne connaissait que très peu ce sentiment. Elle était plutôt habituée à assumer tout ce qu’elle faisait, à ne rien craindre, à tout porter fièrement. Et pourtant, cette fois c’était bien différent. Elle se sentait tellement idiote, elle avait l’impression de ne plus se ressembler, d’avoir cédé à une impulsion qui n’était pas elle et qu’elle allait maintenant en payer les conséquences au fond d’elle-même. Cette honte était en train de lui bouffer les entrailles. Elle revoyait tous ses actes, toutes les choses stupides qu’elle venait de dire et de faire. Elle s’était donné à un pitoyable spectacle. A vrai dire, la rousse n’osait même pas regarder son camarade en face. Elle avait envie de disparaitre dans un trou de souris. Pourtant, ce n’était apparemment pas l’intention de Jeroen. Il aurait pu la laisser là, en plan, partir et la laisser se démerder avec sa réaction stupide. Mais non, il s’accrochait, lui parlait, cherchait un peu à comprendre ce qui avait motivé la jeune sorcière à partir ainsi en free-style. Mais d’abord, il lui fit comprendre qu’il avait été un peu vexé par la façon dont elle l’avait envisagée. A vrai dire, en supposant qu’il veuille voir pleins de filles, elle avait plutôt dit des conneries. Elle-même le savait bien mais c’était bien plus simple d’interpréter la situation de la sorte. Julian osa un regard en coin vers Jer’ et elle aperçut son sourire qui n’avait rien de joyeux. Il puait le cynisme à trois kilomètres et cela montrait bien qu’il n’avait pas apprécié les propos de la jeune femme. Quoi de plus normal après tout, elle avait agit comme une hystérique et s’en était prise à lui tout simplement parce que c’était le bordel dans son esprit à elle. Il avait été son bouc émissaire et elle s’en voulait. Oui après la honte, c’était le sentiment de culpabilité qui avait pris possession de la jeune femme. C’était tout aussi désagréable. Elle avait besoin d’air, elle aimerait tant pouvoir revenir en arrière et effacer tout ce qui venait de se passer et pourtant, c’était clairement impossible. Julian n’eut pas l’impression que la situation s’arrangeait, bien au contraire. Elle sentit une pointe de reproche lorsque Jer’ poursuivit dans sa lancée, lui faisant comprendre qu’il ne pouvait pas lire dans son esprit et que si elle voulait quelque chose, elle devait le formuler. Il insista en lui proposant de s’asseoir et de prendre le temps de respirer. Julian n’osa pas le regarder mais elle obéit, s’assit, fixant ses pieds. Elle avait tout simplement l’air d’un enfant prise en flagrant délit, incapable d’expliquer son acte.

Julian aurait pu s’excuser et lui dire clairement ce qu’elle voulait. C’était simple après tout, elle le voulait lui, elle voulait être sûr qu’il n’aille pas voir ailleurs, elle voulait quelque chose de particulier sans pouvoir mettre de mots simples dessus. Mais voilà, il y avait cette fierté qu’elle avait entretenue pendant des années. Cette fierté qui lui rendait impossible d’avouer la moindre faiblesse, de montrer ses sentiments aussi facilement. Pour elle, il fallait toujours tout masquer. Elle ne devait rein montrer, surtout pas ses émotions qui pouvaient la fragiliser. Mais cet adage n’était pas toujours facile à assumer et dans le cas présent, elle se sentait tiraillée. C’était assez douloureux, tout son esprit se déchirait et il lui semblait impossible de prendre une décision. Ce trouble fit ressurgir ses maux de tête et elle fronça les sourcils à cause de la douleur. Elle n’avait vraiment pas besoin de ça, pas maintenant. La jeune femme laissa alors planer un long silence, ne parvenant pas à s’exprimer, ne sachant pas quoi dire. Cela en devenait presque pesant jusqu’à ce qu’elle décide enfin de se jeter à l’eau et de parler, à voix basse, loin du ton provocant qu’elle avait pourtant l’habitude d’arborer.

« C’est pas moi ça… Je réagis jamais comme ça. Tu as le droit de faire ce que tu veux de ta vie, ça me regarde pas et je devrais pas me préoccuper de ce que tu penses de moi, après tout c’est à toi de voir, de toute façon, j’assume ce que je suis… »


Autant dire qu’on n’avançait pas vraiment. Julian ne faisait que répéter ce qu’elle avait toujours dit mais il manquait un peu de conviction. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Après tout, elle s’identifiait un peu d’habitude à une femme libérée, à un Alec masculin. Oui, blague mise à part, ils avaient quelques points communs, leur côté volage et le fait qu’aucun d’eux ne se préoccupaient trop de l’image qu’ils renvoyaient. Quand elle avait couché avec lui, elle s’était juste amusée. Elle se fichait des multiples conquêtes qu’il avait eu, de ne pas être la seule, ça n’avait aucune importance, d’autant qu’elle s’entendait bien avec lui. Mais si Jeroen faisait la même chose, elle était sûre qu’elle ne réagirait pas de la même façon. Qu’est-ce que cela voulait bien dire ? Elle avait sa petite idée mais n’avait aucune envie de s’y confronter. Elle avait juste envie de prendre la fuite. Et ce marteau dans son crâne qui ne se calmait pas. La rousse prit alors sa tête entre ses mains, se massant les tempes, espérant que cela l’aiderait, mais en vain. Andrews lui avait donné un truc efficace une fois, mais elle n’irait pas le voir pour lui en redemander, ce type l’énervait. Et puis elle était censée voir Logan bientôt, il l’aiderait…. Elle n’avait pas envie de penser à tout ça maintenant, cela ne l’aidait pas à y voir clair bien au contraire.

« Je suis fatiguée en ce moment, j’ai des maux de crâne insupportables et du coup, je pète les plombs pour rien. »

Elle esquivait encore une fois la question de Jeroen mais au moins elle ne mentait pas. Si Ju’ n’était pas décidée à lui parler de ses flashs, au fait qu’elle supposait qu’on lui avait effacé la mémoire à un moment de sa vie, elle pouvait lui dire que son crâne la faisait souffrir. Cela n’expliquait pas tout, ne lui donnait pas raison d’avoir réagit ainsi mais pouvait expliquer qu’elle soit plus irritable. Toujours était-il qu’elle ne lui répondait pas et surtout, qu’elle n’arrivait pas à le regarder droit dans les yeux, ce qu’elle avait coutume de faire pourtant. Allez Julian, réagit, reprend toi… Dans une grande inspiration, la jeune femme se redressa. Elle se mit à califourchon sur le banc de telle sorte qu’elle se retrouvait face à Jeroen et n’avait d’autre choix que de poser son regard sur lui. Elle vit alors sa main un peu crispée sur le banc et posa la sienne dessus avec un léger sourire. Elle resta silencieuse encore quelques instants avant d’enfin ouvrir la bouche et d’oser dire ces mots qu’en temps normal elle retenait toujours.

« Je suis désolée. »

Cela faisait des années qu’elle n’avait pas dit ça. Julian avait ravalé sa fierté et fait un pas en avant mais ce n’était pas pour autant qu’elle pouvait expliquer ce qu’elle ressentait à Jeroen, non ça c’était bien trop gros, bien trop dur à dire. Ça, elle avait encore besoin d’y réfléchir avant de le lâcher. La demoiselle se leva alors, se retrouvant debout, en équilibre sur le banc. Elle avait repris le contrôle d’elle-même. Elle risquait de le rendre fou à ce rythme, pire qu’une lunatique. Elle le regarda alors, le sourire aux lèvres.


« On devrait aller ailleurs, j’aime bien jouer aux équilibristes, mais je crains que ce soit incompatible avec ton vertige. On pourrait rentrer tranquillement au Château, faut que je révise encore de toute façon.»


Julian qui se cache derrière les révisions. Oui, elle prenait la fuite, histoire de remettre tout en ordre.
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Dim 12 Mai 2013 - 18:58

Mais bon sang… pourquoi continuait-elle à s’imaginer qu’elle l’emmerdait ? Bien entendu, sa crise était carrément flippante et il ne savait pas comment réagir, mais si elle l’agaçait purement et simplement, il serait parti en se disant qu’elle n’en valait pas la peine, au fond, que son véritable visage n’était pas intéressant. Chose absolument fausse. Il avait un peu peur de ces réactions insensées, mais son premier désir était que Julian se calme et lui explique un peu, l’aide à comprendre, parce qu’il savait qu’elle n’était pas qu’une hystérique incompréhensible. Il ne réagissait pas de manière un peu froide et cynique pour lui reprocher son comportement, mais plutôt pour évacuer le stress que la situation provoquait en lui. En même temps, niveau facteurs de tensions, il était servi, entre la hauteur et une fille en pleine crise existentielle… Tout le monde a des limites !

Julian obéit. Elle s’assit sans lui lancer un regard. Elle ressemblait à une gosse qui se fait gronder, comme Lily quand elle avait fait une connerie et sentait qu’on allait bientôt être au courant de ce qu’elle avait fait. Enfin, s’il n’y avait que ça pour la calmer… Toutefois elle ne parla pas. Pas tout de suite. Il ne brisa pas le silence non plus à vrai dire. Il attendait qu’elle ouvre la bouche, et elle allait le faire, il en était certain. Il l’observait du coin de l’œil. Elle semblait tellement… fragile ? Fragile face à elle-même, face à ses réactions qui la mettaient dans une situation périlleuse. Elle le savait, c’était ça le pire. Elle réagissait sans les limites nécessaires et elle voyait, en même temps, que ce qu’elle était en train de faire l’enfonçait dangereusement. C’était triste. Dans une même situation, Jeroen aurait lui aussi pété un plomb. La voir calmée était un peu rassurant, donc, même si ça voulait dire la mettre face à son comportement… et ainsi, avoir droit, après la crise inopinée, à un silence froid et trop pensif à son goût. Prends ton mal en patience, Jéjé. Tu auras plus d’une fille à contenir dans ta vie, faut s’y habituer tout de suite.

    - C’est pas moi ça… Je réagis jamais comme ça. Tu as le droit de faire ce que tu veux de ta vie, ça me regarde pas et je devrais pas me préoccuper de ce que tu penses de moi, après tout c’est à toi de voir, de toute façon, j’assume ce que je suis…
    - Je sais. C’est bon. Comme je te l’ai dit, tu fais ce que tu veux, et personne n’a rien à y redire, surtout pas moi.

Aucun problème, c’est vite dit. S’il tombait face à une conquête de Julian, il aurait l’étrange envie de lui mettre un pain. Il savait qu’elle ne lui devait rien, mais les autres étaient comme des adversaires sur un terrain qu’il avait fait sien le jour où il avait commencé à parler avec la jeune femme. Ça, c’est ce dont il avait conscience. La dernière fois, ç’avait été plus puissant que ça. Il avait senti qu’il la voulait, elle, sa peau, ses mains, ses lèvres… qu’il voulait tout ça juste pour lui. Le courant électrique à chaque contact… Si avoir le monopole de cette sensation signifiait devenir dingue, il aurait presque accepté. Ça voulait tout dire. Heureusement qu’il ne savait pas pour Alec, pour sûr, ça aurait ruiné une alliance à peine créée.

Julian prit sa tête entre ses mains et se massa les tempes. Ça, c’était encore autre chose. Elle cumulait les comportements étranges, les problèmes. Quelque chose semblait clochait dans sa vie, et bien entendu, pas des choses qui pouvaient courir dans les couloirs comme une vulgaire rumeur de rencard. A côté de cela, elle n’était vraiment pas décidée à répondre. Lui en voulait-il pour ça ? Pas vraiment. Il aurait esquivé si ça n’avait pas été, à ses yeux, une preuve de faiblesse de sa part. Ça l’arrangeait qu’elle fuie la réponse à sa place quoi…

    - Je suis fatiguée en ce moment, j’ai des maux de crâne insupportables et du coup, je pète les plombs pour rien.
    - Tu es passée à l’infirmerie ? Ça ne doit pas être bien grave, mais laisse pas traîner.

Oui, ce devait être les hormones, quelque chose du genre. Ça explique tout, les hormones, en particulier chez une fille. Et lui qui s’inquiétait pour elle. C’était mignon. Il aurait bien sorti sa baguette magique pour lui trouver un soin mais lorsqu’il avait le vertige, sa baguette ne lui obéissait qu’à moitié, c’était une mauvaise idée. Il avait un petit pincement au cœur en la voyant dans cet état. Elle finit par bouger un peu, par reprendre ses esprits. Elle s’assit à califourchon sur le banc pour avoir le vert en face d’elle, posa sa main sur la sienne. La chaleur du contact passée, il se rendit soudain compte qu’il serait méchamment le banc… eh merde. Il inspira lentement et desserra son poing autant qu’il le put, sans défaire le contact, mais ses muscles crispés avaient du mal à reprendre leur place.

    - Je suis désolée.

Il la regarda en silence. Il ne le montrait, pas mais ce revirement l’étonnait encore plus que tout le reste. Pour quoi s’excusait-elle ? Pour son humeur massacrante, pour lui avoir fait peur, pour le choix du lieu, pour le fait qu’elle ne lui ait toujours pas clairement répondu ? Il ne savait pas quoi répondre, mais rester silencieux risquait de lui donner un air de poisson, bof. Il sourit légèrement.

    - On a tous des mauvais jours.

Répartie fracassante… Elle se mit soudain debout sur le banc. Il la suivit du regard. Elle semblait beaucoup plus calme, maitre d’elle-même, enfin.

    - On devrait aller ailleurs, j’aime bien jouer aux équilibristes, mais je crains que ce soit incompatible avec ton vertige. On pourrait rentrer tranquillement au Château, faut que je révise encore de toute façon.

Des révisions, quelle bonne blague. Elle aurait pu trouver cinquante excuses, aller à l’infirmerie, aller aux toilettes ou même retrouver son prochain rencard, mais elle parlait de révisions alors qu’il leur restait encore des semaines avant les examens. Chez les verts, l’habitude n’était pas aux révisions. En gros, elle fuyait la suite de la conversation presque ostensiblement. En même temps, tout ça avait dû pas mal l’épuiser, physiquement et nerveusement, et s’ils restaient là, elle risquait de fumer encore plus, ce qui n’arrangerait rien. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Aujourd’hui aurait été une rencontre courte mais il y avait déjà trop d’infos à assimiler d’ici la prochaine fois, donc une pause ne le gênait pas tant que ça. Il avait le temps pour entendre les réponses. Pas trop envie aussi. Il sourit en retour.

    - Mon vertige se porte bien, ne t’inquiète pas. Et réviser est une mauvaise excuse, ajouta-t-il en riant, sans une once de moquerie dans sa voix ; mais ça ne me pose pas de problème de rentrer. Et repose-toi, on n’a pas les idées claires avec des maux de tête.

Il se leva à son tour, s’étira pour se donner l’occasion de détendre ses muscles crispés. Il laissait les questions en suspens. De toute façon, dans ce genre de cas, on a tendance à mariner de notre côté, et les réponses arrivent par la suite. Lui aussi allait mariner. Il le sentait venir gros comme une maison. Ses copains y seraient pour quelque chose bien entendu. Il devrait contenir les rumeurs, mais aussi leurs débats potentiels sur la question « amoureux ? pas amoureux ? »… Ça promettait d’être folklorique.

    - On bouge ?

Il sourit.

HJ:
 
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MessageSujet: Re: Let's Not Pretend [PV Jeroen]   Mer 15 Mai 2013 - 12:11

Ce n’était pas bien grave, cela allait passer… Julian aurait aimé pouvoir croire ces mots, pouvoir s’y accrocher. Elle avait été surprise que Jeroen prenne aussi bien ses excuses, qu’il parle de manière si naturelle, si simple. Elle craignait qu’il s’emporte, qu’il s’en aille violemment mais non. Il restait et cherchait même à la rassurer. Si elle ne savait ce qui se cachait derrière ses maux de tête, elle l’aurait sans doute écouté. Elle se serait sans doute noyée dans ses paroles, y cherchant le réconfort. Sa voix aurait presque pu la convaincre, elle aimait l’entendre, elle lui faisait du bien. Et puis, il y eut ce sourire alors qu’il lui faisait comprendre qu’elle était pardonnée pour son accès de colère, pour cet énervement soudain et sans explication. A cet instant, Ju’ aurait aimé s’arrêter là, rester concentrée sur ce sourire et oublier tout le reste. A part peut être ce contact sur sa main. Elle avait bien sentie qu’il s’était crispé sur le banc. Le pauvre, elle ne l’avait pas ménagé sur ce coup. Non seulement elle lui avait piqué une crise de colère mais en plus elle l’avait mis face à sa peur sans même le faire exprès. Au moins elle le saurait pour la prochaine fois. Mais à vrai dire, elle s’en fichait qu’il ait cédé, qu’il ait ressenti le besoin de s’agripper ainsi au banc. Alors bien sûr elle aurait pu profiter de ce petit détail, en jouer et le charrier un peu, montrer du doigt une des faiblesses de Jer’. Et pourtant, cela ne l’attirait pas du tout, elle avait l’impression que ce petit jeu ne lui procurerait pas la moindre satisfaction. Cela ne lui ressemblait de refuser un amusement, une petite joute qui se présentait de manière si évidente. Mais c’était comme si sa colère l’avait vidée de son énergie. Elle n’était plus dans la même optique, elle se sentait fragile mais aussi ailleurs. Elle avait l’impression qu’elle devait se laisser bercer par le vent, oublier ses petits jeux coutumiers et fermer les yeux, se retrouver seule avec elle-même pour remettre de l’ordre dans son esprit, pour reprendre le contrôle. Pourtant, ce ne fut pas si simple de rompre leur léger contact et de se mettre debout sur le banc. C’était comme si elle s’éloignait brutalement d’une douce source de chaleur. Mais elle devait le faire. Julian le sentait, il fallait qu’elle s’éloigne même si elle n’en avait pas envie, même si elle ne comprenait pas pourquoi tous ces signaux lui disaient de fuir. Oui fuir pour sauver sa fierté, ça elle comprenait mais il y avait autre chose, quelque chose d’inconnu qui semblait défier toute logique… Mais pourtant elle suivit cet instinct. Elle se leva et trouva le premier prétexte venu pour dire qu’ils devaient quitter l’endroit. Jeroen sourit à sa demande et lui fit clairement comprendre qu’il n’était pas dupe, qu’il voyait bien qu’elle avait usé d’une excuse. Au moins il ne cherchait pas à la retenir, il lui laissait sa liberté même alors qu’elle lui mentait ou du moins alors qu’elle volait la vérité de manière éhontée.

« Ah bon ? Je n’ai pas l’air de la fille la plus sérieuse de l’école ? »

Julian se moquait d’elle-même, de cette excuse pourrie. Elle n’allait pas revenir sur sa décision de prendre le large, de respirer pour mieux réfléchir mais cela ne servait à rien de se cacher. Tout d’abord parce que Jeroen était bien trop malin, il arrivait à la comprendre, à lire dans son jeu assez facilement et ce n’était pas en abaissant des cartes aussi pauvres qu’elle avait la moindre chance de le leurrer. Et puis aussi parce qu’il tolérait, parce qu’il ne l’avait pas attachée, qu’il ne s’agrippait pas à elle à la recherche d’explications. En y réfléchissant, cela avait un petit côté étrange. Après tout, pourquoi accepter de lui laisser tant de liberté ? Pourquoi ne pas vouloir en savoir plus en usant de son habileté à jouer avec le langage ? Après tout, Jer’ avait bien remarqué que la rousse n’était pas au top de sa forme et que, sans réellement profiter de sa faiblesse, il pourrait en savoir plus s’il savait se montrer habile. Mais c’était comme si, pas plus qu’elle, il ne voulait mettre de mots clairs sur ce qui venait de se passer. Étrange. Julian se mit alors à réfléchir mais elle stoppa rapidement cet élan. Juste quelques secondes de vide avant de recommencer à faire fonctionner ses méninges, juste quelques secondes à profiter de sa présence avant de réfléchir sur les implications de ses paroles, de ses actions. Aussi, lorsque son camarade lui proposa de se mettre en mouvement, elle acquiesça et se mit en route, avançant toujours sur le banc. Comme ça, elle était plus grande que Jeroen, c’était amusant. La demoiselle se concentra sur ce petit jeu enfantin, sur ce détail futile et cela lui permit en effet d’oublier tout le reste l’espace d’un instant.

« Je suis en position victorieuse, on dirait que je suis sur la première marche du podium et toi, seulement sur la deuxième ! »

Julian adressa alors un sourire en coin à Jeroen. Elle avait besoin de se changer les idées et donc elle avait lancé le jeu sur quelque chose de tout à fait futile. Son camarade y verrait sans doute clair. Elle n’avait pas pour but de lancer une nouvelle joute mais juste de détendre l’atmosphère. Il y avait eu trop de tensions en elle-même. Puis, alors qu’ils arrivèrent aux escaliers qui leur permettaient de descendre des gradins, la rousse descendit de son perchoir, adressant un nouveau un sourire à Jer’ avant de dévaler les marches. Lorsqu’ils furent en bas elle s’arrêta. Alors qu’elle avait quitté les hauteurs, c’était comme si la légèreté enfantine qui l’avait habitée venait de s’envoler. Toutes les questions qu’elle s’était posée jusque là lui revenait en pleine face. Elle se tourna alors vers Jeroen et planta son regard dans le sien. Puis, impulsive comme à son habitude, elle s’approcha de lui et vint l’embrasser. Il y avait un mélange de tendresse et de fougue dans ce baiser. Quelque chose qu’elle ne pouvait expliquer mais qu’étrangement, elle avait l’impression de contrôler totalement. Elle ne su combien de temps dura leur échange mais lorsqu’elle le rompit, elle alla murmurer quelques mots à l’oreille de Jeroen.

« C’était pour te remercier. »

Julian recula ensuite avec un sourire et, sans même prêter attention à savoir dans quelle direction Jer’ devait se rendre, elle se mit à marcher rapidement vers le Château, le laissant derrière elle, ne se retournant pas. Il y avait eu quelque chose d’étrange dans son ton. C’était comme si elle lui disait au revoir, comme si elle le remerciait des petits jeux et passait à autre chose. Pourtant, Ju’ elle-même n’était pas convaincue par cette idée. Elle avait dit ça sous l’impulsion, elle en voyait le sens caché mais ne cherchait pas à l’expliquer. Mais ce qu’elle savait, c’était qu’elle avait besoin de distance. Il devait sortir un peu de sa tête, elle devait être capable de l’oublier un peu…

HRP:
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