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 Blood, Tears & Gold ▬ Kyle

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MessageSujet: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Jeu 21 Fév 2013 - 21:49

Kyle & Enzo.
Mercredi 11 juin 2014 ▬ Fin d'après midi.

Spoiler:
 

Journée normale ? Oui. Non. Peut être. Qu’est ce que c’est sensé être une journée normale au juste ? Ce matin je me suis levé, tôt, et j’ai été courir sur les bords du Lac. J’ai pensé à aller surfer mais je n’avais pas le temps alors je suis rentré, je me suis douché, habillé et je suis descendu prendre mon petit déjeuner parce que je mourrai de faim. Ensuite j’ai été en cours, et je n’ai pas fait d’esclandre, non, je me suis contenté de rester là, dans mon coin, et d’écouter, de prendre des notes, de participer même. L’élève modèle ? Pas vraiment non plus. A midi j’ai été déjeuner, puis j’ai pris l’air, avant de retourner en classe avec les autres. La fin de la journée approche, il me reste encore un cours … Un cours auquel je n’assisterai pas. Alors oui, ça pourrait être une journée normale et dans un sens elle l’est, mais c’est cette petite heure insignifiante qui change la donne : Etude des Moldus. J’ai toujours été réticent vis à vis de ce cours, et déjà au début je faisais mon possible pour ne pas y aller, puis Kyle a débarqué dans ma vie et c’est devenu une évidence pour moi de ne plus y mettre les pieds. Ensuite il est mort, et je suis tombé dans leur filet parce que je n’ai pas réussi à faire autrement. Pendant tous ces mois où j’ai été leur clébard, j’étais « dispensé » non-officiellement de cette torture organisé. Sachant ce que je faisais pour eux, avec le recul, je me dis qu’un peu plus ou un peu moins … Et puis dans le fond et ce que ça n’était pas pire ce que je faisais ? Si. Personne ne pourra me sortir ça de la tête et ça n’est pas parce que je n’en parle jamais que je n’y pense plus. Mes cauchemars sont peut être moins nombreux aujourd’hui, mais ils sont toujours bien là et je ne suis pas près d’oublier tous ces visages, toute cette peur que j’ai pu sentir aussi bien d’un point de vue olfactif que du reste. Les choses se sont tassées, ils ont arrêté de faire appel à moi. Je n’ai jamais posé de questions à voix haute mais ça ne m’a pas empêché de les tourner et les retourner dans mon esprit. Tout ça a pris fin avant Noël l’année dernière et au départ je pensai que c’était à cause de la neige peut être, qu’ils recommenceraient quand les beaux jours reviendraient mais rien. On est au mois de juin, plusieurs Lune sont passés et rien. Je ne vais pas m’en plaindre, évidemment, mais il n’empêche que je m’attends chaque fois au pire. Oui l’approche des Lunes est une véritable source de stress et pour tout un tas de raisons mais c’est comme ça, je n’ai pas le choix et je le sais alors je vis avec. Je ne me cache pas, ou pas vraiment. J’essaie de mettre mes proches en garde de façon plus ou moins détournées et la vie suit son cours comme elle peut. Elle est dans deux jours et déjà je peux sentir le fourmillement électrique parcourir ma peau et mon corps tout entier. Je sais qu’il ne me suffirait de pas grand chose pour partir au quart de tour alors j’évite les autres au maximum et surtout les situations dans lesquelles, je le sais, je pourrai perdre le contrôle plus facilement. Je peux très bien réussir à me barricader derrière une froideur glaciale, une insensibilité apparente, et un recul presque maitrisé mais j’ai bien vu avec Sova et Kyle que ça n’était pas la solution. Me couper du monde me semble être la meilleure solution en attendant que ça passe, qu’elle passe, mais ça n’est pas toujours chose facile à faire et surtout pas quand on à l’envie de vivre normalement en essayant de faire abstraction de … tout ça.

Je suis allé me réfugier, comme souvent, dans les hauteurs du château. Je n’aime pas spécialement l’altitude mais on y trouve plus facilement le calme dont j’ai besoin à l’heure actuelle. Le calme et la solitude, et surtout des cachettes à première vue sures. J’essaie de ne penser à rien de spécial mais je ne peux pas m’empêcher de me demander où ils sont tous. Est ce qu’ils vont bien ? Naturellement ce sont vers Lui que mes pensées se braquent le plus, pour la simple et bonne raison que j’ai toujours la trouille de le retrouver en mille morceaux – ou de ne pas le retrouver du tout – suite à un « cours » d’Etude des Moldus. Je déteste ce terme, Moldu, j’en ai toujours eu horreur et je crois que je ne le prononce pratiquement jamais d’ailleurs mais ça n’est pas la question. Oui j’ai peur, parce qu’il est l’un des leurs et aux yeux de certains rien qu’un cobaye. Je sais qu’il a déjà eu à subir ça, et je sais aussi qu’il ne m’a pas tout dit. Maintenant je pense être certain qu’il n’y a pas remis les pieds depuis un moment. Pour qui ? Pourquoi ? Encore un mystère que je ne comprends pas mais celui là n’est pas vraiment un souci. Tant qu’il ne souffre pas – disons pas trop parce que dans ce contexte c’est plutôt difficile de ne pas souffrir du tout – je ne m’encombre pas de questions de ce genre. Enfin … j’essaie.

J’étais donc tranquille dans les hauteurs, le regard perdu sur le ciel, accoudé à une fenêtre ouverte pour profiter encore un peu du soleil et de l’air de l’extérieur. J’ai entendu des bruits de pas, mais ayant le vent de face je n’ai pas senti l’effluve humain qui s’approchait de moi. Me prendre par surprise en temps normal ça n’est déjà pas une idée lumineuse, mais deux jours avant une Lune sachant que tous mes sens sont aux aguets et que je suis facilement à fleur de peau … Pourtant je ne me suis pas énervé, pour la simple et bonne raison que je l’ai effectivement entendu arriver. Ça aurait pu être n’importe qui, et dans le fond ça n’était pas un visage plus familier que ça mais j’ai rapidement compris que ça n’était pas un « ami ». J’aurai pu tenter de me sauver en courant pour lui échapper mais un seul geste de ma part lui aurait fait sortir sa baguette et contre ça je n’aurai rien pu faire, ou peut être que si mais je ne veux pas que ça se sache, alors je me suis retourné. Je l’ai regardé, il m’a regardé, il a sourit comme s’il était content de me trouver alors que je supposai que le hasard l’avait simplement amené jusqu’ici. S’il me cherchait, il aurait facilement pu mettre des heures avant de parvenir à me trouver tant le château et son enceinte sont immenses.

« Viens par ici Ryans, cette fois t’y échappera pas. »

Sérieusement ? Non, ça ne m’a pas pris plus de trois secondes avant de comprendre le sens de sa phrase. Ça ne m’a pas pris plus de deux pour percevoir le mouvement infime de sa main mais c’était déjà trop tard. Un éclair de lueur et j’étais prisonnier de son emprise. Il m’a fait descendre 3 étages comme ça et mes soupçons se sont confirmés. Chose que j’ai trouvé étrange, il m’a libéré magiquement parlant juste devant la porte et instantanément, comme si tous mes réflexes étaient revenus d’un seul coup, j’ai commencé à me débattre alors qu’il serrait sa main autour de mon bras pour me faire avancer.

« Lâche moi, je mettrai pas les pieds là dedans. »
« Ah oui ? C’est ce qu’on va voir. »

J’ai senti que je commençais à m’énerver, mais la vérité c’est que je paniquai, ni plus ni moins, et j’ai compris qu’il ne me suffirait pas de grand chose pour perdre le contrôle seulement avant même que je ne comprenne ce qu’il se passe j’ai senti une forte attraction sur mon corps et je n’ai pas eu d’autre choix que d’entrer dans la classe, à reculons puisque je m’étais retourné pour foutre le camp. Une seconde plus tard je me trouvai face à Willbott, qui affichait un air stoïque et blasé sur son visage comme si j’étais un cafard insignifiant qui venait perturber son existence. Je l’ai regardé droit dans les yeux et le monde a semblé disparaître autour de nous deux. Jusqu’à ce que …

« Aller avance toi, misérable vermine. »

Une voix là sur le côté, qui a attiré mon attention. Une voix familière. Une voix que j’ai rêvé ne plus jamais avoir à entendre un bon nombre de fois. Une voix que j’aurai pu ne jamais avoir à entendre si Kyle ne m’avait pas empêché de le tuer quelques mois plus tôt.

C’est dans ce genre de moment là où tu as l’impression que ton cœur s’arrête. Au sens littéral du terme. Pendant une seconde, peut être deux, tout en sachant qu’elles m’ont paru durer une éternité chacune, j’ai eu ce sentiment étrange de n’être plus vraiment là, comme si mon corps était une entité abstraite qui allait flancher d’un moment à l’autre. Il ne m’a suffit que de tourner la tête pour me retrouver totalement paralysé et contrairement à ce qu’il s’était passé plus tôt, ça n’avait strictement rien à voir avec la magie cette fois. J’étais droit comme un I, mes muscles se sont tous tendus en même temps et mon organisme s’est réveillé de façon très brutale. Du calme presque mortel, mon cœur s’est remis à battre violemment. Ma respiration s’est accéléré progressivement jusqu’à m’en couper presque le souffle. J’ai senti une boule se former dans ma gorge, puis une seconde dans mon estomac qui a commencé à se contracter. Rapidement je me suis senti observé, agressé, par tous ces regards que je ne pouvais pas éviter malgré le fait que mes yeux soient braqués sur une seule et même silhouette. Dans la classe il régnait soudain un silence de mort, plus rien ne bougeait et face à moi, maintenant que je m’étais totalement retourné, à quelque mètres, retenu par ce type que je rêve de voir détruit depuis trop longtemps : Kyle.

Il s’est passé mille et une choses dans ma tête à ce moment là, quand nos regards se sont vraiment croisés pour la première fois depuis qu’il avait été amené ici par la force. Je me suis dit : Alors c’est ça ? C’est fini ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Pourquoi avec … eux ? Je ne les voyais pas mais je sentais leur présence. Lukas, Mael, Jamie, Harper, Charleen, Rosalynn, et tous les autres. Puis tout s’est embrouillé.

« Un problème, Monsieur Ryans ? »
« Laissez le tranquille. »

Une voix déjà sombre, caverneuse, presque trop animale pour être humaine. Je ne quittai pas Kyle des yeux, j’en étais incapable, mais pourtant je ne bougeais toujours pas d’un seul millimètre. Je crois que c’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à trembler. Mes poings se sont serrés, tout comme les traits de mon visage. Il a fallu qu’il ouvre la bouche et face un geste de trop …

« Hum … Non. »

Il me semble que ça été très rapide mais quand j’ai vu sa main bouger, quand j’ai aperçu l’objet sortir de sa poche et se diriger vers Lui j’ai réagi au quart de tour. Je n’ai pas vraiment pris le temps d’analyser la situation mais tout ce que je sais c’est qu’en un éclair il ne tenait plus Kyle et sa main était collée contre un morceau du tableau en bois, une lame plantée au beau milieu de sa paume. Une de mes mains le maintenait par la gorge mais ça ne l’a pas empêché de hurler sous l’impulsion de la douleur.

« Sale petit enfoiré, tu va me le payer ! »

Fou de rage, je n’écoutai pas. L’odeur du sang commençait déjà à me chatouiller le sens et Loup prenait de plus en plus de place dans mon être. Je ne lutai pas pour le faire partir. Hors de question.

« Sors le. Quant à toi … »

Un sortilège informulé plus tard, je me retrouvai projeté puis plaqué violemment contre le mur sans la moindre possibilité de bouger. Un regard alentour m’appris qu’un des Supérieurs gardait Kyle près de lui et cette simple vision m’a totalement fait perdre patience. J’ai essayé de me débattre mais rien ne se produisait. Voir leurs mains se poser tour à tour sur lui comme ça, ça me rendait malade. La menace qui planait au dessus de sa tête me faisait totalement perdre les pédales. J’ai eu le malheur de relever les yeux, et j’ai croisé le regard de certains de mes camarades. Tout ce qu’ils ont pu y lire n’était que fureur et rage. De la haine à l’état brut.

« Y en a un qui moufte, il le sentira passer. »

Je crois qu’il les a tous bloqué par un sort, mais pour moi ils n’existaient de toute façon déjà plus. Est ce que certains ont essayé d’intervenir ? Peut être. Je n’en ai pas la moindre idée.

« Problème réglé. »

Ils étaient quatre en tout, en comptant Willbott qui ne semblait pas accorder le moindre intérêt à ce qu’il se passait. Je ne comprenais pas vraiment la situation mais j’étais bien incapable d’analyser quoi que ce soit. Tout ce qui comptait c’était l’instant présent. Celui que j’avais blessé était entrain de se faire soigner mais dès que l’un de ses collègues en a eu terminé avec la plaie, il s’est avancé vers moi avec un sourire mauvais sur les lèvres et quand il a levé sa baguette, par réflexe, j’ai fermé les yeux. L’instant d’après je me sentais quitter le sol sans pour autant me détacher du mur, mais surtout, je ne parvenais plus à respirer. La douleur physique j’aurai pu l’encaisser mais ça …

« Vous pensiez quand même pas réussir à nous cacher ça éternellement, hum ? »

Et il s’avançait, un pas vers moi, un regard vers Kyle puis un pas vers lui et un regard vers moi. J’avais l’impression d’être entrain de crever. Lentement, mais surement.

« En vérité ça fait des mois qu’on est au courant, mais on avait clairement d’autres chats à fouetter. Pas qu’on s’ennuie actuellement mais on a besoin d’exemple et vous en êtes un idéal. »

Un … exemple. Un putain d’exemple pour prouver à tout le monde qu’on ne mélange pas Sorcier et Moldu ! Pourquoi ces mois de silence alors ? Pourquoi nous avoir foutu la paix ? Pourquoi nous avoir gardés en vie pendant tout ce temps pour finalement en arriver là ? Parce que c’est drôle, quelle question. Je me suis rapidement rendu compte que ces trois types là étaient présent dans la Cabane Hurlante le jour où ils nous ont séparé. Ils savaient. Depuis tout ce temps, ils savaient. J’avais des doutes depuis un moment, ils se trouvent maintenant avérés et ... Je ne veux pas mourir. Pas comme ça. Lâchez-le … Mais c’est moi qu’ils ont finalement « lâché ».

J’ai retrouvé la terre ferme en m’écroulant sur le sol, et après avoir pris une profonde inspiration j’ai porté mes doigts à ma gorge, dans un geste réflexe sans aucun sens. J’ai essayé de me relever mais je n’en avais pas encore la force. Et Loup non plus. Puis il y a eu ce mouvement tandis qu’un des Supérieurs maintenait toujours Kyle près de lui.

« Messieurs, amusez vous. »

Willbott. Toujours aussi stoïque. Il ne nous a pas accordé ni un regard ni un mot de plus et il est sorti de la pièce comme si rien de tout ça n’avait d’importance. Pour lui ça n’en avait aucune, c’était plutôt évident. Pour moi, pour les autres, pour Kyle, c’était une toute autre histoire. Une histoire de vengeance, une histoire sordide, une histoire d’affirmation de pouvoir et de jeu. Une histoire qui allait mal se terminer et au fond de moi j’ai ressenti un violent coup de poignard ne me prenant cette éventualité qui sonnait plus comme une évidence, en plein cœur.

Même si ça doit se finir aujourd’hui, je l’ai compris, ça ne sera pas rapide.

Si je me suis retrouvé sur mes deux pieds ça n’est pas de mon fait. Il m’a lancé un nouveau sort tout en s’approchant de moi avec un grand sourire sur les lèvres. Il avait la lame dans la main, sa blessure était inexistante et moi je ne pouvais toujours pas bouger. Les bras en croix comme un prisonnier, je ne pouvais pourtant pas m’empêcher d’essayer de luter. Instinct de survie, mais surtout la volonté de protéger cette personne si chère à mon cœur qui n’était qu’à quelques mètres de moi et qui ne me quittait pas des yeux.

Souffrir pour toi je m’en moque, je suis près à l’encaisser encore, et encore, et encore … mais je ne veux pas qu’ils te touchent.

« Alors tout le monde, vous voulez voir l’effet que procure une blessure faite avec de l’argent sur un Lycanthrope ? Aujourd’hui on élargit un peu notre horizon. Ça n’est pas dans l’optique de ce cours en principe mais … »

J’ai arrêté de me battre, instantanément. Le mot a été prononcé mais pire encore, le cauchemar recommence. Mon secret n’en est plus un mais à l’heure actuelle c’est vraiment le cadet de mes soucis. Qu’ils savent, pour ça, pour nous, je m’en moque et je crois même que j’attendais ça depuis longtemps, mais tout ce que j’arrive à me mettre en tête pour l’instant ce sont des souvenirs, relativement lointain, mais toujours aussi vivaces dans mon esprit. Une lame, en argent. Il va recommencer et je ne peux rien faire pour l’en empêcher. Au moins cette fois il ne semble pas avoir l’intention de mettre Kyle à contribution mais je me souviens parfaitement de la douleur que j’ai ressenti quand ce métal est entré en contact direct avec ma chair. Ismaelle ne va pas débarquer cette fois, et s’il recommence, je ne sais pas si je pourrai y survivre. Ma peau garde encore les cicatrices de son dernier caprice, mais je ne vois plus les marques que je lui ai faites dans les cachots la dernière fois que sa route a croisé la mienne d’un peu trop près. Tout ça n’est pas logique. Je ne comprends pas. Je grogne, je ne peux pas m’en empêcher mais de toute façon qu’est ce que ça peut faire, tout le monde sait ce que je suis maintenant. Il se rapproche et j’entends Kyle crier. Je ferme les yeux. Résigné ? Sans doute. A quoi bon me débattre je suis coincé. Je ne supporte pas de le voir comme ça, ça me tue, mais je ne peux rien faire pour me débloquer parce que quelque chose me dit que la chance ne fonctionnera pas deux fois avec autant d’insolence et surtout, il ne fera pas deux fois les mêmes erreurs. Et je la sens, là, froide, contre ma joue alors que mes paupières sont closes et mes mâchoires serrés elles aussi … mais rien. Ça fait mal, oui, évidemment, et le sang coule je peux le sentir, mais la douleur que je ressens n’a strictement rien à voir avec elle que j’ai connu par le passé dans le même genre de circonstances.

« Oh … »

J’ouvre les yeux, le dévisage, il me sourit. Un sourire narquois, malsain, et enfin je comprends.

« Ah ! Détends-toi, ça n’est que de l’acier le chiot. Anh, il grogne. C’est mignon. »

Il se paie ma tête, et ça l’amuse beaucoup. Les autres ne disent rien, ils se contentent de rester là sans rien faire. L’un d’entre eux tiens toujours Kyle, l’autre observe en silence avec une sorte de sourire absent sur les lèvres. J’imprime leur visage dans mon esprit mais ils me semblent insignifiant comparé à cet homme qui aujourd’hui obtient sa vengeance et son heure de gloire. Il a toujours nourri une rengaine contre moi, sans que je ne sache pourquoi mais c’est de la jalousie que j’ai pu percevoir parfois quand j’étais encore « avec » eux. Il me l’a en quelque sorte confirmé le jour où il a joué avec Kyle et moi pour la première fois, et aujourd’hui il recommence.

D’apparence j’aurai presque l’air calme, en réalité je brûle de l’intérieur. L’immobilité m’aide, paradoxalement, parce que je sais pertinemment que je ne serai pas capable de me contrôler si j’avais la moindre opportunité de bouger, mais quand je le vois reculer et s’approcher de Kyle je ne peux pas m’empêcher de recommencer à m’agiter. C’est encore pire quand il attrape son bras. Ce sentiment d’impuissance me rend totalement cinglé. Je perds pied, je peux le sentir, et le fait qu’il garde la lame dans la main ne fait rien pour me rassurer. Le sang continue de couler sur ma joue mais je ne sens qu’à peine la douleur tant l’adrénaline circule dans mes veines. Tout ce que j’espère c’est que …

« Viens par là toi, donne moi ta main. »

Non ! C’est étrange mais aucun mot ne sort de ma bouche. Des sons, oui, plus animal qu’humain parce que je ne peux pas les contenir et que je ne tente même pas, mais aucun mot. Ils sont tous dans ma tête et se bousculent à mesure que je regarde cette scène de loin. Il se débat, autant qu’il le peut, mais n’a aucune chance et on le sait tous très bien.

« Donne-moi ça ! »

Il attrape sa main, essuie la lame sur son pull comme pour en retirer mon sang et intérieurement je l’en remercie. Ça peut paraître étrange, mais c’est simplement que je sais pertinemment qu’il va finir par lui faire du mal, physiquement, et je ne tiens pas à ce que mon sang se retrouve dans son organisme.

« Hop ! »

Nouvelle crise de rage de mon côté alors que mon amour étouffe un cri quand la lame lui tranche la paume. Je ferme les yeux encore une fois mais je n’arrive pas à les maintenir clos. L’odeur, mais pas seulement, la vue aussi. Mes yeux se braquent sur ce liquide rouge qui s’écoule entre ses doigts jusqu’à tomber sur le sol. J’en suis à un tel point que je ne fais plus attention au reste, pas même à cet enfoiré qui s’approche de moi après avoir récupéré un peu de sang dans le creux de sa propre main.

« Alors Enzo, j’ai entendu dire que t’aimais cette odeur, hein ? Et ce goût là, il te plait aussi nan ? »

Mon attention se focalise sur lui même si je n’ai pas vraiment écouté ce qu’il disait, mais ce sourire … je te jure … Je vais te l’arracher. Rends-moi ma liberté et tu verras. Même avec un public, même avec la présence de Kyle, je te jure que je n’hésiterai pas une seule seconde et … NON ! Pas ça. N’importe quoi mais pas ça.

« Oh ben alors, ne fais pas l’enfant. Hum, c’est bon le sang, surtout le sien, n’est ce pas ? C’est vraiment dommage d’avoir envie de tuer et de manger la personne qu’on aime, vous ne trouvez pas ? Ceci dit ç’a un petit côté tragique qui me plait beaucoup. »

J’ai beau essayé de me débattre, rien n’y fait. Il a collé sa main pleine du sang de Kyle sur ma bouche et déjà je peux sentir les effets que ça me procure. L’humain lutte, à la nausée même, mais le Loup lui jubile. Il aime ce goût, il aime cette odeur, il a raison et moi je manque de tourner de l’œil. Ma nervosité monte d’un cran tandis qu’il ne me lâche pas. Pendant un instant j’hésite à le mordre mais réussi à trouver assez de conscience en moi pour m’en dissuader. Encore une fois tout se mélange dans mon esprit : Comment est ce qu’il est au courant de tout ça ? Mais il me lâche et malgré les effets de l’hémoglobine j’arrive à en faire abstraction, tant bien que mal, alors que mon regard que je devine noir, les pupilles totalement dilatées, s’ancrent dans le sien. Rien qu’une bête, voilà ce que je suis. Une bête avec le goût et l’odeur métallique du sang dans les sens, et pas n’importe quel sang. Un goût et une odeur que je tente d’oublier depuis des semaines, des mois mêmes … Tous ces efforts que tu viens de réduire à néant …

« Je vais te tuer, je te jure que je vais te tuer. Peu importe quand, peu importe comment, mais tu vas crever, c’est une promesse. »

Si mon cœur battait déjà très rapidement, là j’ai carrément l’impression qu’il va sortir de ma poitrine. Plus rien n’existe à part lui et moi, et cette pulsion, cette envie de sang, de meurtre, de mort, n’est pas près de s’estomper, je le sais. Oui c’est une promesse. Tu vas mourir. Peut être que je vais mourir aussi mais je te jure que si tu fais la moindre erreur, si tu me laisses la moindre opportunité je saurais la saisir et tu souffriras. Ne t’approche pas de moi ! Nouvelle tentative pour me dégager. Nouvel échec. Et le voilà si près, trop près, me murmurant quelque chose à l’oreille alors qu’une fois encore je ne peux plus bouger. Il me tient, il le sait, et ça le fait jouir.

« Je sais que t’as déjà essayé Enzo, me prends pas pour un con. On le sait très bien tous les deux et on en garde chacun des marques, visibles ou pas. »

Respiration erratique, je tente de faire abstraction de lui, du sang, de tout. Je cherche Kyle du regard, parce que j’ai besoin de lui, mais il est trop loin. Je sais que s’il le pouvait il viendrait jusqu’à moi mais lui aussi ils le tiennent et ça me tue de le voir comme ça. Encore une fois je n’ai pas su le protéger …

« S’il n’y avait que moi, tu serais déjà mort depuis des lustres et j’aurai pris mon pied à te faire souffrir jusqu’à ce que tu chiales avant de t’achever. Ou plutôt non, je t’aurai laissé mourir lentement, mais surement. »

Un nouveau murmure, mais je ne suis plus là. Constante inconstance. Tu n’existes plus à ton tour.

« Allez, faites vous un câlin. »

Quoi ?

Soudainement je ne sens plus d’entrave autour de moi, j’ai récupéré ma mobilité. Lui sauter dessus ? Oh ça oui ça m’est passé par la tête mais ils ont poussé Kyle vers moi et dans un geste réflexe je l’ai attrapé et je l’ai serré contre moi, faisant fi de tout le reste, de tous les regards. Il est là, en vie pour l’instant, c’est tout ce qui compte.

« Tu vas réussir à te tenir ? Faudrait pas le manger quand même. Pas devant ces pauvres petits innocents effrayés. T’imagine la réputation que ça te ferait ? »

Je m’accroche, comme un désespéré. Je m’accroche parce que si je le lâche, je le sais, je ne pourrai pas m’empêcher de faire une connerie qui nous mettra tous les deux dans une position plus dangereuse encore. S’il n’était pas là, je crois que j’aurai foncé dans le tas depuis le début mais je prends sur moi, je me focalise sur autre chose et tente d’ignorer leur présence à tous. Je tente d’ignorer les tremblements violents qui secouent mon corps des pieds à la tête. Je tente d’ignorer l’appel du sang. Je tente d’ignorer cette envie brutale, ce besoin, de les voir morts tous autant qu’ils sont et surtout celle de les tuer moi même. Lentement. L’animal en moi hurle, grogne, lacère chaque partie de mon être à tel point que j’en ai mal. Tout ça n’est qu’abstrait, c’est dans la tête, mais pourtant c’est comme si mon corps pouvait le sentir. Tue. TUE ! Maintenant. Tous, un par un, jusqu’au dernier. Et commence par celui que tu tiens dans tes bras … Non, attends. Attends que la Lune soit pleine et laisse le moi. Il sourit, je peux le sentir. Encore une fois c’est très abstrait mais je ressens à l’intérieur de moi ce désir malsain qui me retourne l’estomac et me donne envie de vomir. Les yeux fermés, je lute autant que je peux, et je me raccroche à Kyle, à la petite part d’humanité qui est toujours présente en moi, cette petite flammèche persistante. Non je ne te le laisserai pas, ni à toi ni à personne d’autre. Si tu as envie ou besoin de tuer, ça n’est pas lui que tu toucheras. Eux, oui. Quand tu veux, mais pas maintenant. Et pourquoi lui ? Pourquoi avoir envie de le tuer ? Tu l’aimes, autant que moi, alors arrête ! Tais-toi ! TAIS-TOI !

« Ça suffit, assez. »

Non ! Mais à nouveau ils nous séparent. A nouveau je me débats, en pousse un violemment mais un sortilège me coupe le souffle une seconde et c’est malheureusement suffisant pour parvenir à leur fin. Et tandis que je reprends mes esprits …

« Tiens, récupères ça et pas d’entourloupe. »

Ça ? Ma baguette. Qu’ils m’ont retiré à l’instant même où ils me sont tombé dessus dans les couloirs. Et à présent ils me la rendent, pourquoi ?

« Maintenant c’est à son tour de souffrir et ça va te permettre de tester un peu tes capacités jeune homme. Le Doloris, tu le maitrises ? Non ? Et bien entraine toi sur lui jusqu’à ce que t’y arrive. Allez, vas-y, on te regarde tous. Observez-vous autres et apprenez. Vous allez voir qu’on est capable de beaucoup de choses sous la pression. »

Non …

« Et surtout qu'on ne mélange pas Moldus et Sorciers sans conséquences. »
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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Mer 27 Fév 2013 - 4:30

La dernière fois que je l’avais vu, c’était le lundi soir. Ou peut-être était-ce déjà le mardi, allez savoir, mais il me manquait déjà. J’avais savouré le déjeuner qui m’attendait à mon réveil et j’avais lu et relu le petit mot qu’il m’avait laissé sur son oreiller. Et après, il osait dire qu’il ne se trouvait pas romantique? Bon d’accord, j’étais prêt à garder son petit secret, si je pouvais être le seul à bénéficier de ses petites attentions. C’était déjà le cas, mais je souhaitais que ça le reste pour toujours. Enfin, après mon estomac bien rempli, j’étais resté dans la pièce, plongé de nouveau dans mes dessins. Cette fois-ci, je recréais la fameuse salle de bain que nous avions visité la veille et qui m’avait laissé un assez bon souvenir. Parce qu’il était avec moi, parce que ce moment était magique, mais aussi parce que l’endroit m’avait tout simplement émerveillé. Dès mon entrée je me serais cru dans un autre monde. Dans une salle de bain de châteaux qui n’appartiennent qu’aux contes de fées. Le dessin me prit un certain temps alors que je tâchais de me rappeler avec précision les détails qu’il y avait au plafond, sur les murs et même tout près de l’énorme bain dans lequel nous avions fait trempette assez longtemps. J’aurais voulu dessiner un personnage ou du moins quelqu’un dans mon nouveau croquis, mais personne ne me vient à l’esprit. Je décidai donc de rouler le parchemin et de quitter les lieux non sans jeter un dernier regard à la pièce.
À notre pièce. Notre nid d’amour.

Je ne croisai personne ou presque durant ma petite escapade pour me rendre au quatrième étage. Mais lorsque je mis ma main sur ma poignée de porte, je senti une présence derrière moi. Je tournai lentement la tête pour apercevoir cette fameuse fille dont j’ignorais le prénom…


- Excuse-moi… Tu connais Cameron Cassidy, non?

Je me retournai doucement pour lui faire face et mes yeux s’ancrèrent dans les siens. Elle m’offrit un petit sourire tremblant, comme si elle était morte de peur ou comme si elle était morte de froid.

- Oui c’est un bon ami à moi. Tu es…?
- Megan. Ne t’inquiètes pas, je ne suis pas là pour te causer des ennuis. À lui non plus d’ailleurs. J’ai simplement besoin de lui parler. Je viens de passer à sa chambre et il n’est pas là… T’aurais une idée d’où il pourrait traîner?


Megan…
J’entrouvrais doucement la bouche lorsque je fis la connexion entre elle et la meilleure amie de Derek. Celle dont me parlait parfois Enzo. Il m’avait affirmé qu’elle n’était pas celle que l’on croyait et qu’elle avait un bon fond. Une fille très sympathique qui se masquait le visage comme lui pouvait le faire parfois. Je n’avais jamais compris ce qui l’unissait à Cameron par contre. Enfin unir… Le mot était peut-être un peu fort. N’empêche, c’était bien elle que j’avais vu traîner lorsque j’étais sorti de la chambre de mon ami. Il ne m’avait jamais parlé d’elle. Il fallait avouer que Cameron était assez discret avec les « relations » qu’il pouvait entretenir avec les filles, mais le prénom de Megan ne figurait pas dans son vocabulaire habituel.
Voyant que je tardais à répondre, elle regarda rapidement de gauche à droite afin de faire un pas derrière. Elle ouvrit de nouveau la bouche, mais je fus plus rapide qu’elle.


- Non je ne sais pas où il est. Il glande souvent dans le château, c’est un petit aventurier. Tu as peut-être plus de chance de le trouver ailleurs qu’ici.
- Merci Kyle.


Un dernier sourire de sa part puis il disparu rapidement dans le couloir sombre.
Comment connaissait-elle mon prénom au juste…? Bah elle devait sans doute savoir qui j’étais par l’intermédiaire de Derek… Je me retournai de nouveau vers ma porte avant d’entrer pour de bon dans ma chambre et je m’installai aussitôt à mon bureau que j’eus refermé le tout et déposer mes trucs. Je me penchai de nouveau sur le dessin de la salle de bain avant de la dessiner elle. Megan. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais je laissai mon inspiration prendre le dessus et je la représentai en sirène avec une énorme queue de poisson en guise de jambes, des étoiles de mer afin de cacher ses « atouts » féminins et ses cheveux légèrement ondulés tombaient sur ses épaules de manière folle, comme si elle avait bravé le vent. Elle prenait place dans le bain, sa queue dépassant au dessus de la mousse, les bras accoudés sur le bord. Et à ses côtés, assis sur le rebord du bain se trouvait Cameron qui avait un air sérieux. Elle semblait… Tout aussi sérieuse. Mais avec un éclat effrayé dans ses pupilles. Pourquoi je l’avais dessiné lui après? Aucune idée.
Dessin étrange dont je ne trouvais aucune explication rationnelle.



Mercredi.
Je me réveillai tard. Du moins je crois… Tout ce que je savais, c’était qu’on était le milieu de la semaine. J’avais réussi à reprendre un peu le « contrôle » du calendrier grâce à Enzo, mais pour ce qui était des heures, je devrais trouver une autre solution. Peut-être que je devrais demander l’achat d’une montre pour mon prochain anniversaire? À considérer.

Je me levai péniblement, comme si j’avais passé une mauvaise nuit alors que ce n’était pas du tout le cas en réalité. Je ne me souvenais pas de mes rêves d’ailleurs, ni même de la manière dont j’étais tombé endormi. Je m’avançai près de mon bureau pour y découvrir de nouveau ce dessin. Celui que j’avais dessiné la veille. Je le pris et l’examinai de nouveau, plongeant mes yeux dans celui des personnages qui me faisaient face et qui m’observaient de leurs pupilles d’encre. Étrangement, j’avais envie de le montrer à Enzo. Peut-être aurait-il des réponses, même si j’en doutais fort. Si Cameron était discret avec moi, celui qu’il considérait comme son propre frère, ça devait être encore pire avec lui. Mais peut-être pourrait-il m’en dire davantage sur cette fameuse Megan dont je ne comprenais pas les idées. Pourquoi voulait-elle voir Cameron, surtout sur le quatrième étage? C’était risqué pour les étudiants de se présenter ici lorsqu’ils n’avaient pas cours, non? Après tout, qu’est-ce que j’en savais, peut-être se foutait-elle du danger. Mais à voir comment elle s’était comporté la veille, j’en doutais fort bien. D’après ce que je savais, elle avait été portée disparue un bout de temps et Dieu seul sait ce qu’il lui est arrivé.
Je lâchai finalement mon parchemin barbouillé avant de m’asseoir derrière mon bureau, de prendre un nouveau rouleau, une nouvelle plume trempée de noire et de commencer autre chose de complètement différent. Je laissai ma main guider mes mouvements sans me poser de question. Et alors que je commençais à être transporté dans une transe que me procurait mon total laissé aller à la créativité, la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, me faisant reprendre un brusque contact avec la réalité. Mon pot d’encre se renversa aussitôt sur ma nouvelle œuvre alors que je me levai d’un coup sec, faisant face à mon nouvel « invité ».

Je fronçai les sourcils lorsque je le reconnu.
Avec sa cicatrice sur sa joue…


- Tiens on se retrouve…

Un simple mouvement de baguette de sa part et je me retrouvai à sa merci la plus totale.
Comme lorsqu’il m’avait forcé à le blesser Lui.


- Mais cette fois-ci tu ne me surprendras pas. Tu auras ta punition jusqu’à la toute fin.

Il eut un sourire mauvais sur son visage défiguré et je m’avançai vers lui à contre cœur. Mes lèvres se trouvèrent scellés par le sort qu’il m’avait envoyé. C’était peut-être mieux ainsi parce que ça ne serait sûrement pas très joli ce qu’il sortirait de là. Il lui avait fait du mal, il en portait d’ailleurs les cicatrices et même si je n’avais pas voulu de mort sur le coup, autant dire que je le regrettais maintenant.
Nous sortîmes de la classe alors que je sentais toujours son contrôle sur moi. Nous avançâmes dans les couloirs jusqu’à arriver à cette pièce désignée pour le cours des élèves. Ce fameux cours sur les moldus dont certains d’entre nous ne sortaient pas toujours vivants… Est-ce que ça serait mon cas cette fois-ci?
La peur commençait à me prendre au ventre.

La porte s’ouvrit et nous entrâmes dans la pièce dont les élèves étaient déjà installés, assis derrière leur bureau. Je me positionnai face à eux et regardai furtivement les différents visages qui s’alignaient devant moi jusqu’à temps que mes yeux furent retenus par un mec qui dépassait tous les autres par au moins trois têtes… Il s’agissait de Lukas. Il me reconnut de son côté et je le vis se mordre les lèvres comme s’il était très angoissé. Il tirait sur ses doigts de manière nerveuse et stressé et il baissa finalement le regard sur son bureau. Traduction : je ne pouvais pas compter sur lui pour me venir en aide. C’était correct. Il ne me connaissait pas beaucoup et franchement, j’aurais probablement laissé tomber à sa place aussi. L’homme à la cicatrice prononça quelques mots auxquels je ne prêtai aucune attention, observant les autres étudiants. Je ne reconnu personne d’autre parmi le groupe. Puis, j’eus une certaine illumination : Lukas et Enzo étaient des camarades de classe. Il me l’avait bien dit, ça je m’en souvenais. Du coup, je le cherchai furtivement, mais à peine eu-je le temps de terminer mon tour d’horizon que je fus tiré sur le côté par l’homme qui me traîna jusque dans l’ombre. De là, durant quelques secondes, j’eus encore le loisir de regarder la masse d’élèves lorsque la porte s’ouvrit et que je vis quelqu’un entrer de reculons dans la pièce.

Mon cœur s’arrêta aussitôt que je le reconnus. Ce n’était qu’un dos, qu’un mec qui marchait à l’envers, qu’une masse de cheveux sur sa tête, mais… Je voulu l’appeler, mais je n’avais toujours pas le libre arbitre de mon corps.
Enzo.
Tout ça ne sentait pas bon. Encore moins avec l’autre qui se tenait derrière moi. J’arrivais presque à sentir sa jubilation tant son nouveau plan établi semblait machiavélique. Je m’attendais au pire et mon cœur s’accéléra davantage. Enzo s’était finalement retourner et j’eus l’impression d’avoir un coup de poing dans le ventre. J’aurais tellement préféré qu’il ne soit pas là, mais apparemment, lui non plus n’était pas venu ici de son plein gré.


- Aller avance toi, misérable vermine.

J’obéis à son ordre, sortant ainsi de l’ombre qui avait légèrement caché ma présence à Enzo. Ses yeux se posèrent sur moi et mon « accompagnateur » qui me prenait par les épaules à présent, comme s’il voulait m’aider à avancer. Nous nous arrêtâmes à quelques mètres de lui et je constatai immédiatement à quel point il était droit, comme sous tension. Je remarquai aussi qu’il ne s’attendait pas à me voir ici et qu’il comprenait qu’un truc allait se passer. Ça allait se jouer entre nous deux.
Si ça se trouvait, ils allaient nous demander de nous entretuer devant tous ceux qui étaient dans la pièce… Avec eux, on pouvait s’attendre à n’importe quoi.


- Un problème, Monsieur Ryans ?
- Laissez le tranquille.
- Hum … Non.


Et là, il se passa quelque chose tellement vite que je n’eus même pas le temps de me rendre compte de ce qui arrivait. Je me senti légèrement projeté sur le côté, étant maintenant libre de mes mouvements. Je me retournai pour voir que l’homme à la cicatrice avait un objet, une sorte de lame qui lui traversait la main et qu’Enzo le tenait par la gorge, fou de rage.

- Sale petit enfoiré, tu va me le payer !
- Sors le. Quant à toi …


La baguette du deuxième homme se mit à bouger dans la direction d’Enzo qui se retrouva projeté dans les airs avant d’atterrir lourdement contre le mur. Paniqué, je fis un pas vers lui et voulu l’appeler de nouveau, mais un homme me retient par le bras, m’empêchant de faire quoi que ce soit. Je ne voulais surtout pas lui nuire davantage. Ses yeux se posèrent de nouveau sur moi et je pouvais y lire toute la rage qu’il ressentait. Si moi j’étais mort de peur, ça ne semblait pas être son cas : son loup devait être bien réveillé à présent et tout ce qu’il souhaitait, c’était de voir ces hommes morts gisant à ses pieds. Ils devraient se méfier, mais ils ne faisaient qu’adorer la situation dans laquelle ils s’étaient enfoncés. Ça paraissait à voir leurs petits airs satisfaits accroché sur leur visage.

- Y en a un qui moufte, il le sentira passer.

Sa baguette se déplaça vers les étudiants et mes yeux suivirent son mouvement. Je regardai systématiquement Lukas qui était devenu bien droit sur sa chaise, les yeux ronds de peur, les doigts sagement entrelacés ensemble, déposés sur son bureau. Un petit coup d’œil aux autres me fit rendre compte qu’ils optaient tous pour cette position maintenant. Seuls les yeux changeaient et parfois l’expression du visage.

- Problème réglé.

Nouveau regard vers l’homme à la cicatrice qui était entrain de subir les premiers soins dû à sa nouvelle plaie. Et un nouveau bobo pour toi, connard. Bien mérité.
Mais je ravalai mes pensées lorsque je le vis se diriger vers Enzo qui était toujours sur le sol. Il n’y restait pas longtemps d’ailleurs : un coup de baguette de la part du supérieur et il s’élevait dans les airs. Sur le coup, je ne compris pas trop, mais je découvris une douleur qui se peignit sur son visage qui prenait déjà une teinte anormale.
Il était entrain de l’étouffer… Et moi j’étais carrément impuissant. Je tentai de me défaire de l’emprise de l’homme, mais elle se resserra davantage.


- Vous pensiez quand même pas réussir à nous cacher ça éternellement, hum ? En vérité ça fait des mois qu’on est au courant, mais on avait clairement d’autres chats à fouetter. Pas qu’on s’ennuie actuellement mais on a besoin d’exemple et vous en êtes un idéal.

Ce qu’il disait me passait carrément par-dessus la tête en ce moment. Tout ce que je voulais, c’était qu’il le lâche pour qu’il puisse respirer de nouveau. J’avais l’impression que le monde n’existait plus hormis moi, mon amour, l’homme à la cicatrice et celui qui me retenait constamment alors que je redoublais d’effort. Je tendis un bras vers Enzo comme si ça pouvait aider. J’aimerais tellement pouvoir courir vers lui, le prendre dans mes bras et lui dire que tout irait bien. Je voulais le rassurer et le protéger du mieux que je le pouvais contre ces hommes cruels, ce monde injuste qui se mêlait constamment de notre relation.
Puis, après un temps qui m’avait semblé interminable, son corps retomba lourdement sur le sol et je le vis prendre une grande inspiration. Je poussai un petit soupir de soulagement alors que mon bras retombait lourdement à côté de mon corps.


- Messieurs, amusez vous.

L’un des hommes bougea avant de sortir de la pièce sans nous accorder le moindre regard. Je me doutais qu’il devait s’agir de l’enseignant de la matière et qu’il se foutait bien de ce qui pourrait advenir de ses étudiants ou de nos deux. Si ça se trouvait, c’était lui qui avait organisé cette « petite rencontre » sordide. Quoi qu’il en soit, il s’agissait là d’un adversaire de moins. Pas que je croyais que l’on avait des chances de s’en sortir, peu importe ce qu’ils avaient prévu, mais dans mon esprit, c’était un ennemi d’ « éliminer ».
Enzo bougea aussi de son coin, se remettant sur pied, mais pas par lui-même car l’homme à la cicatrice était toujours sur son cas, sa baguette levée vers lui. Il s’approchait d’ailleurs dangereusement de mon chéri, une lame dans l’autre main. Enzo, les bras cloués en croix contre son torse ne pouvait absolument rien faire : je parvenais à le voir dans son regard enflammé de colère.


- Alors tout le monde, vous voulez voir l’effet que procure une blessure faite avec de l’argent sur un Lycanthrope ? Aujourd’hui on élargit un peu notre horizon. Ça n’est pas dans l’optique de ce cours en principe mais …

J’eus les yeux grands, aussitôt que l’annonce fût prononcée. Il avait donc l’intention de reproduire ce qu’il s’était produit lors de cette horrible journée dont Enzo avait gardé des séquelles corporelles. Je me souvenais de combien il avait été terriblement malade à la suite de ses blessures imposées par l’argent. Imposées par l’homme, l’argent et… Moi. J’avais été celui qui avait tenu l’objet tranchant et oh combien redouté par tous les lycanthropes. Ce n’était pas quelque chose à prendre à la légère : il aurait pu y laisser sa peau si Ismaelle ne nous avait pas trouvé. Je senti des frissons me parcourir l’échine alors qu’il continuait d’avancer lentement vers lui, comme s’il laissait le couloir de la mort venir chercher sa victime. Ismaelle ne serait pas là pour nous sauver cette fois-ci. D’ailleurs, personne ne pouvait le faire. Ces hommes étaient des Dieux et avaient le droit de faire ce qu’ils leur chantaient. Quant aux élèves de la classe, ils étaient tous soumis à un sortilège contrôlant qui les empêchait presque de respirer. Nous allions être tous témoins d’un crime sordide, horrible et oh combien sadique. Je n’avais pas envie de le voir de nouveau souffrir de cet élément qui lui faisait tant défaut…
J’eus de nouveau un mouvement vers l’avant, mais comme toujours, je fus incapable de ne faire rien d’autre que du surplace.


- NON! hurlais-je alors qu’Enzo fermait les yeux, semblant accepter le sort qui allait lui tomber dessus d’une seconde à l’autre.

Je vis avec horreur la lame se poser sur sa joue et je serrai systématiquement les dents, guettant la réaction de celui que j’aimais. Je vis le sang commencer à couler de sa plaie, mais étrangement, Enzo me semblait avoir aucune réaction. Du moins… Il ne se passait rien contrairement à l’expérience que nous avions vécus.
Je fronçai les sourcils et fis de nouveau du surplace.


- Oh … Ah ! Détends-toi, ça n’est que de l’acier le chiot. Anh, il grogne. C’est mignon.

Je ne pu m’empêcher de pousser un petit soupir de soulagement avant de baisser les yeux vers le sol. Oui je l’étais soulagé. Pas que je sois content qu’il soit blessé, mais je savais que ce bobo n’était rien à comparer de ce que lui aurait fait subir l’argent. L’homme à la cicatrice riait clairement de notre gueule, se payait notre tête devant tout le monde… De plus, il venait de révéler le statut de lycanthrope à tout le monde alors que j’ignorais combien de personnes dans cette salle étaient au courant de sa double nature hormis moi, le professeur et les supérieurs. Je risquai un regard vers les étudiants dont certains visages s’étaient transformés en surprise. Quant à Lukas, il n’avait pas changé depuis le sortilège jeté : les yeux toujours aussi ronds, les mains bien déposées sur son bureau comme s’il était un étudiant sage et attentif. Seule la peur dans ses yeux trahissait son langage corporel. Étrangement, aucune surprise chez lui. Du moins… Si oui, elle ne transparaissait pas.
Une présence près de moi relâcha mon attention de la classe. L’homme se trouvait devant moi à présent et sans prévenir, il m’attrape le bras. Je voulu résister, riposter, mais encore une fois il se trouvait qu’il avait une poigne de fer. Ou bien c’était moi la grosse larve.


- Viens par là toi, donne moi ta main. Donne-moi ça!

Il m’ouvrit la main que je gardais en un poing fermé en essuyant la lame rougit sur son chandail. Je ne quittais pas des yeux l’objet tranchant qui se posa bientôt dans ma paume avant d’en dessiner une ligne bien nette et surtout, profonde.
Je retiens un petit cri de surprise.


- Hop !

Une douleur surprenante et fulgurante me prit d’assaut alors que le sang s’échappait déjà de ma blessure. Il me tient toujours la main grande ouverte et il ne fallut que quelques secondes avant que le liquide rouge barbouille ma paume avant de tomber en gouttelettes sur le sol, s’écoulant entre mes doigts. Il prit un peu de mon sang avant de se rédiger vers Enzo. Et cette fois-ci, je me doutais de ce qu’il allait faire et je m’agitai de nouveau.

- Alors Enzo, j’ai entendu dire que t’aimais cette odeur, hein ? Et ce goût là, il te plait aussi nan?

Exactement ce à quoi je pensais : tentation par mon sang.
Mais Enzo refusa catégoriquement alors qu’il esquissa une grimace et tourna la tête de côté.
Ce qui amusa davantage l’homme.


- Oh ben alors, ne fais pas l’enfant. Hum, c’est bon le sang, surtout le sien, n’est ce pas ? C’est vraiment dommage d’avoir envie de tuer et de manger la personne qu’on aime, vous ne trouvez pas ? Ceci dit ç’a un petit côté tragique qui me plait beaucoup.
- Non arrêtez vous allez le rendre malade!


J’ignorais d’où cette voix était sortie, mais c’était bel et bien moi qui l’avait crié cette phrase.
Mais bien sûr, le supérieur n’écoutait pas se que je disais, se contentant de mettre directement sa main souillée sur les lèvres d’Enzo dont je pouvais voir que l’effet du liquide était instantanée sur lui. Je savais quelle guerre s’enclenchait en lui : son loup qui en demandait plus et son côté humain qui avait envie de gerber. Il m’avait bien décrit ces sensations désagréables, si bien que j’avais presque pu sentir l’odeur du sang me monter au nez. Je savais qu’en ce moment même il luttait contre les deux parties qui occupaient son corps et qu’il tentait désespérément de ne pas sombrer dans l’enfer de cette tentation dégoûtante.
Parce que si son loup raffolait de mon sang, Enzo lui n’en voulait pas.


- Je vais te tuer, je te jure que je vais te tuer. Peu importe quand, peu importe comment, mais tu vas crever, c’est une promesse.

Et cette fois-ci, j’allais lui dire de se lâcher lousse si l’occasion se présentait. Qu’il crève donc cet enfoiré qui nous pourrit la vie depuis des mois. Qu’il ait ce qu’il mérite. Je le haïssais tout autant qu’Enzo, sauf que j’étais peut-être moins démonstratif. Fallait dire que je n’avais pas vraiment les pouvoirs pour l’envoyer au plancher…
L’homme se rapprocha de lui afin de lui dire un truc que je n’entendis pas. Il se passa quelques secondes de suspense durant lesquelles je ne savais plus sur quel pied danser. Il lui disait quoi au juste là…? Le supérieur fini par reculer avant d’annoncer :


- Allez, faites vous un câlin.

Avant que je ne puisse comprendre la signification réellement de cet ordre, on me poussa brutalement vers l’avant et lui m’attrapa presque aussitôt, m’enroulant de ses bras, s’agrippant à mon t-shirt.

- Tu vas réussir à te tenir ? Faudrait pas le manger quand même. Pas devant ces pauvres petits innocents effrayés. T’imagine la réputation que ça te ferait ?

Ta gueule!
Voilà ce que j’avais envie de lui beugler à la figure de celui-là. Mais je préférai garder le silence, profitant de ce petit instant de repos qui nous était accordé. J’avais bien conscience qu’en agissant ainsi, Enzo était entrain de dévoiler à tous ses camarades de classe qu’il avait des sentiments pour un autre garçon. Mais à l’heure actuelle, il semblait s’en foutre royalement et c’est pourquoi je l’enroulai d’un seul bras, cachant le second dans son dos pour avoir un peu plus de prise, le dos de la main accoté sur son chandail. Je voulais à tout prix lui éviter l’odeur que mon sang dégageait de ma blessure. Il se contrôlait, mais à tout moment loup pouvait surgit plus fortement et me sauter à la figure. Ça ferait sans doute plaisir aux hommes qui nous tenaient compagnie, mais ça nous mettrait dans de beaux draps. Contre lui et le loup, je n’y pouvais absolument rien. Je ne lui en voudrais pas bien sur, mais ce n’était pas souhaitable. Alors je me contentai de lui murmurer quelques mots apaisant alors que mes doigts grimpèrent jusqu’à sa nuque.


- Tout va bien aller, ne t’inquiète pas. Je t’aime, ne l’oublie pas.
- Ça suffit, assez.


Cette fois-ci, je me sens reculer vivement alors qu’Enzo se débat déjà pour tenter de venir me rejoindre. Il bouscule l’homme qui s’approche de lui, mais aussitôt l’action commise, je le vis perdre son souffle : l’autre venait au secours de celui qui se trouvait les fesses par terre. Le supérieur à la cicatrice lança une baguette à Enzo.
Pas n’importe laquelle : la sienne.


- Tiens, récupères ça et pas d’entourloupe. Maintenant c’est à son tour de souffrir et ça va te permettre de tester un peu tes capacités jeune homme. Le Doloris, tu le maitrises ? Non ? Et bien entraine toi sur lui jusqu’à ce que t’y arrive. Allez, vas-y, on te regarde tous. Observez-vous autres et apprenez. Vous allez voir qu’on est capable de beaucoup de choses sous la pression. Et surtout qu'on ne mélange pas Moldus et Sorciers sans conséquences.

Nous étions tous les deux abasourdis à cette nouvelle annonce.
C’était l’histoire de l’argent qui se répétait, mais je devenais la victime, lui le bourreau et au lieu d’un métal ce serait le Doloris. Ce simple mot me faisait frissonner, me rappelant l’intense douleur qu’il procurait à la tête. Ça faisait un moment qu’on n’en n’avait pas fait usage sur moi et je ne tenais pas trop à ce que l’expérience se répète. Surtout pas de lui… Et il n’en n’avait pas envie non plus : ça se lisait en toutes lettres dans son front. Pourtant, il n’y avait aucune issue, aucune échappatoire. C’était ça et rien d’autre. Ou peut-être pire. Après tout, il ne lui avait pas demandé de me tuer, mais juste de me faire souffrir. Du moins pas encore…
Ce fut l’instinct de survie qui prit le dessus à la suite de cette dernière pensée. Sans réfléchir vraiment à mes actions, j’assignai un violent coup de coude au visage celui qui me retenait prisonnier depuis trop longtemps. Une fois libéré de son emprise, je parti au pas de course vers la porte, mais bien entendu, je fus repéré aussitôt par l’homme à la cicatrice qui me stoppa aussitôt, alors que je fis un plongé non anticipé vers le sol. Mes bras eurent à peine le temps d’amortir ma chute que mon corps tomba lourdement sur le plancher. Je me fracassai le crâne contre la pierre, ce qui m’assomma légèrement. Et alors que je me trouvais dans un état comateux, je me sentis me remettre sur pied alors que deux supérieurs me tiraient par les bras. Je ne pu retenir un cri de douleur car je cru que les membres allaient m’arracher : peut-être avais-je les os des bras brisés…? Quoi qu’il en soit, cette souffrance était vive et ce fût assez pour me faire reprendre pleinement conscience de ce qu’il se passait, malgré une immense douleur à la tête.


- Ça t’apprendra à vouloir fuir. On ne fuit pas devant son destin.

Je me laissai traîner de reculons alors que je sentais que mes jambes devenaient molles. Enzo réapparut dans mon champ de vision et j’osais à peine le regarder tant mes articulations me faisaient un mal de chien.
J’entendis quelque chose rouler sur le dos derrière moi, mais je ne fis pas l’effort pour me retourner afin de voir de quoi il s’agissait. J’allais certainement le savoir assez tôt.


- Maintenant on va s’assurer que t’ai plus envie de t’enfuir. Lui il n’a pas foutu le camp quand c’était son tour alors tu feras pareil.

Son index avait pointé Enzo et moi j’avais suivis son mouvement des yeux.
Nouveau cri de ma part lorsqu’on me leva de terre pour me plaquer sur ce qui semblait être une table de bois. Ils me lâchèrent enfin, mais je senti aussitôt quelque chose s’enrouler fermement autour de mes poignets et de mes chevilles : des chaînes. J’arrivais à sentir le métal froid sur ma peau et je grinçai des dents. De douleur, de honte et de colère. Puis, la table se mit à se lever et je n’eus d’autre choix que de suivre son mouvement. En quelques secondes, je me retrouvai face à tout le monde : les supérieurs, Enzo ainsi que la classe entière. Attaché sur cette étendue de bois, je me trouvais maintenant à la merci de tous ces sorciers dont les yeux étaient fixés sur moi. Mon cœur battait à tout rompre, mais ce n’était rien à comparer de la douleur et de la peur qui s’emparait de chaque partie de mon être.


- Ça ne te rappelle pas quelque chose?

Il s’adressait à Enzo avec un sourire mauvais.

- Et je te conseille de ne pas toucher à ces chaînes avec tes sales pattes. Parce que là elles sont en argent. Pour de vrai cette fois-ci.

Mes yeux se posèrent enfin sur mon chéri.
Il n’avait plus le choix maintenant. Et moi, étais-je prêt à encaisser de nouveau ce Doloris? N’y avait-il vraiment rien d’autre à faire…?


- Bah qu’est-ce que t’attends? Va s’y, balance-lui ce sort dans la tronche!

Je fermai les yeux l’espace d’une seconde, le temps d’amasser le peu de courage et de bon sens qui me restait. Puis j’ouvris les paupières.

- Oui va s’y Enzo. Je suis prêt à encaisser.

Si je pouvais au moins continuer de le rassurer, ce serait toujours au moins ça…
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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Ven 1 Mar 2013 - 22:41

Tout va bien aller, ne t’inquiète pas. Je t’aime, ne l’oublie pas.

Je n’oublierai pas, je te le promets, mais c’est sans doute la seule promesse que je peux encore te faire actuellement. Tenir. Ne pas craquer. Faire abstraction, de tout : Odeur de sang, bruits, regards, tensions palpables, provocations, … J’allais dire qu’on était naïfs d’y avoir cru, mais dans le fond on savait bien qu’un jour où l’autre ça arriverait. On a fait comme pour tout le reste, on s’est simplement voilé la face pour continuer à vivre parce que sans ça plus personne ici ne continuerait d’avancer. Oui c’est vrai, ça faisait un moment déjà que je me disais qu’ils devaient être au courant, mais je ne l’ai jamais vraiment formulé, comme si j’avais peur qu’en l’exprimant clairement ça devienne réel ou que ça amorce une situation de ce genre. Avec un peu de chance, peut être que tout ça n’est qu’un cauchemar, non ? Je veux dire, ça serait possible après tout. Peut être que je me suis simplement endormi sur mon lit après mon dernier cour et j’ai eu l’impression de me relever, d’aller dans les hauteurs du château pour trouver du calme mais en réalité je dors. Malheureusement les sensations sont trop virulentes pour être factices, et là dessus je ne me mettrai pas un voile devant les yeux. J’en suis incapable. A l’instant T je ne sais pas vraiment dans quel état je me trouve. Comme souvent c’est une addition de plusieurs choses, une sorte de cocktail nocif et déstabilisant. Pour l’heure, je dirai que la surprise prime sur le reste, et pas dans le bon sens du terme, parce que je me retrouve dans l’impossibilité totale de faire le moindre geste, de prononcer le moindre mot, alors qu’aucun sortilège ne me maintient captif. Je suis simplement là, debout devant Kyle, un Supérieur de chaque côté et le troisième à côté de Lui, dos au reste de la classe – sensation que je déteste mais c’est toujours mieux que d’avoir à leur faire face – avec ma baguette dans les mains. Il vient de me demander d’utiliser le sort du Doloris, avec ma propre baguette et ma propre conscience, sur …

Pas un rêve, non, mais bel et bien un cauchemar et tout se mélange dans ma tête. Loup s'agite, il est furieux mais la présence du sang le rend plus particulièrement sournois et dangereux. J'essaie de faire le tri, entre lui et moi, mais aussi entre toutes les informations qui ont atterris dans mes yeux et mes oreilles. Je crois que le sang ne coule plus sur ma joue, mais le mien s'est mélangé avec celui de Kyle et alors qu'il sèche sur mes lèvres, sur mon visage, je sens ma peau qui commence à me tirer. J'ai son goût sur la langue, dans la gorge, et ça m'obsède mais ce qu'il vient de dire me hante et je n'arrive toujours pas à croire ce que je viens d'entendre. Je tente de me concentrer, pour essayer de comprendre, mais rien n'y fait je reste totalement bloqué, comme absent de mon propre corps et de la situation en elle même. Comment est ce qu'il a su pour la morsure ? Seulement très peu de personnes sont au courant et surement pas des personnes avec qui il pourrait avoir des liens. Une petite voix dans ma tête me souffle un prénom : Taylor. Il n'est plus là, mais rien ne l'empêche d'avoir gardé des contacts avec le château. Même de loin il continue de tirer les ficelles de ce jeux abjecte et malsain, et ce type n'est qu'un pantin. Il l'a toujours été. Je ne peux pas prétendre être un as en magie, même si je me défends, mais visiblement le sortilège d'oubliettes que je lui ai jeté le jour où il s'est pris pour Picasso, Kyle pour un pinceau et ma peau pour une toile a fini par s'estomper et plus rapidement que prévu. J'ai encore beaucoup de progrès à faire, j'en ai bien conscience mais … j'ai fait ce que je pouvais. Ma concentration et mon état n'étaient au beau fixe, ça n'a pas du aider. Qu'est ce que ça change de toute façon ? Rien, absolument rien. On est pris au piège et le passé n'a plus la moindre importance, ce qu'il sait et la façon dont il l'a appris non plus. Les deux autres ne sont là que pour faire figuration et protéger ses arrières en cas de besoin mais tout ça, c'est son petit jeu, et nous sommes ses pions, tous autant que nous sommes. Il n'y a pas d'arbitre, les règles sont les siennes. Un jeu perdu d'avance pour nous …

Si je ferme les yeux, peut être que je pourrai encore sentir la main de Kyle sur ma peau, ses doigts autour de ma nuque. J'entends encore sa voix dans mon oreille et je m'y accroche pour tenir le coup. Ce simple contact m'a fait du bien, malheureusement ça n'est pas assez et si pour l'instant Loup semble être « tranquille » je sais que ça ne va pas durer. Il est simplement … surpris. Pris au dépourvu. Lui. Moi. Nous. Je ne sais plus.

Un instant tout est calme, puis soudainement, presque violemment, tout s'accélère à nouveau. Un mouvement et je reviens sur terre. Kyle a donné un coup de coude à celui qui le maintenait prisonnier, puis s'est dégagé et a tenté de s'enfuir. Je n'ai même pas eu le temps de réagir, de dire quoi que ce soit, qu'un nouveau sortilège me bloquait alors que lui faisait un plongeon vers le sol avant de s'y écraser brutalement. Prisonnier de mon propre corps, maintenu immobile par la magie, je n'ai même pas pu me précipiter vers lui pour l'aider, pour m'assurer que tout allait bien dans la mesure du possible. Rester là, impuissant, voilà tout ce que je pouvais faire. J'ai entendu sa tête frapper le sol, je les ai vu s'emparer de lui et le relever par la force en tirant sur ses bras alors qu'il était a peine conscient. J'ai voulu l'appeler mais toujours rien. Est ce qu'ils m'ont coupé l'usage de la parole ? Je ne crois pas pourtant. C'est comme si aucun mot n'arrivait a trouver le chemin vers la sortie. Il a mal, je peux le sentir, et sa souffrance me frappe de plein fouet mais je ne peux rien faire et ça recommence à me rendre cinglé. Loup s'agite lui aussi de nouveau, l'instant critique où l'appel du sang prend le pas sur le reste s'est estompé et de nouveau il redevient protecteur, non sans se départir de ses pulsions meurtrières en vengeresses. Ou peut être qu'il s'agit simplement des miennes ...

« Ça t’apprendra à vouloir fuir. On ne fuit pas devant son destin. »

Un grondement sourd s'est échappé de ma gorge alors que mes yeux se posait sur cet homme. J'avais des flash dans la tête, des images de son corps inerte sur le sol, maculé de sang. Une souffrance sans fin, des hurlements, de la douleur physique mais aussi mentale. Oui, j'avais au creux du ventre un besoin viscérale de le voir souffrir pour lui faire payer tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il est entrain de faire, et je le sais, tout ce qu'il s'apprête à faire puisque c'est loin d'être terminé. Ce type est comme un chat, il aime jouer avec sa proie avant de lui laisser croire qu'il y a encore un espoir pour finalement mieux la finir. J'aimerai rassurer Kyle, j'aimerai comme lui tout à l'heure pouvoir lui dire que tout ira bien, mais j'en suis incapable. Qui plus est c'est comme s'il évitait mon regard et … qu'est ce que ...

« Maintenant on va s’assurer que t’ai plus envie de t’enfuir. Lui il n’a pas foutu le camp quand c’était son tour alors tu feras pareil. »

Il m'a pointé du doigt et je n'ai pas tout de suite fait le rapprochement mais quand j'ai vu les deux autres s'avancer en trainant une sorte de table de bois avec eux, j'ai malheureusement fait le lien. Et le cauchemar recommence … Les rôles s'inversent cette fois. L'entendre crier m'a ramené sur terre instantanément, et les voir poser leur main sur lui m'a de nouveau lancé à toute vitesse dans une volonté de me dégager de mes entraves mais sans succès. Tout ce que j'ai pu faire c'est …

« Lâchez le ! Ne le touchez pas ! »

Inutile. Prodigieusement inutile. Mais humain, non ? Voilà le constat que je me fais en cet instant : Il va souffrir, et une fois encore je ne serai pas en mesure de le protéger. Ça me tue à un point tel que j'en suis à me demander si je ne vais pas finir par craquer. Mélange de fureur et de larmes qui ne demandent qu'à s'écouler, mais je ne leur donnerai pas cette satisfaction. En un éclair Kyle s'est retrouvé allongé sur cette espèce de table en bois, des chaînes se sont enroulés autour de ses poignets et ses chevilles. Trois secondes plus tard il le relevait et le forçait à faire face à toute la classe, attaché comme … comme ...

« Ça ne te rappelle pas quelque chose ? »

Tu veux vraiment jouer à ça ? Tu veux vraiment ?! Tu veux peut être que je te rappelle comment tu as finis ce jour là ? Si t’es encore en vie tu le dois à ce gars là, parce que crois-moi s’il n’avait pas été là pour m’empêcher de te finir, tu serais entrain de pourrir dans les cachots à l’heure actuelle. Remarque, peut être que tes chers collègues auraient fini par te trouver et auraient renvoyé ton corps à ta famille, si t’en as une, ou t’aurais offert une sépulture décente dans le Parc ou n’importe où ailleurs. Si tu veux vraiment savoir ce que ça me rappelle, ça me rappelle l’odeur de ton sang, et surtout celle de ta peur. Ça me rappelle l’accélération de ton muscle cardiaque quand j’étais là, à deux doigt de te tuer, et ton souffle totalement irrégulier, presque inexistant quand j’étais prêt à t’étrangler. Je t’ai même laissé le choix tu vois : une mort lente par asphyxie ou plus rapide. Je te brisai la nuque et tout était terminé. Ça me rappelle la façon dont tu t’es fait avoir comme un bleu par un mec qui n’a même pas de pouvoir. Ça me rappelle qu’aujourd’hui encore j’éprouve une telle haine envers toi que je rêve de te voir mort, ou plutôt non, entrain de te vider de ton sang, de souffrir, jusqu’à ce que ton dernier souffle s’échappe dans la douleur pour te libérer une bonne fois pour toute. Pour nous libérer une bonne fois pour toute. Ça me rappelle à quel point t’es qu’un lâche, une merde, un type qui se cache derrière son statut et sa baguette pour essayer de faire croire au reste du monde qu’il a du cran alors qu’en réalité il n’est qu’un trouillard.

« Et je te conseille de ne pas toucher à ces chaînes avec tes sales pattes. Parce que là elles sont en argent. Pour de vrai cette fois-ci. »

Imbécile. Ça n’est pas en les touchant simplement que ça me fera quelque chose. Je saigne, mais c’est une blessure insignifiante même si elle me brûle, et tant que ma peau amorti l’impact, tant que l’argent ne touche pas ma chair à vif et mon sang, je ne sentirai rien. Alors si, il y a de fortes chances pour que mes sales pattes aillent toucher à ces chaînes parce que je ne supporterai pas longtemps de le voir dans cette position. Je l'ai lâché des yeux pour finalement chercher le regard de Kyle. J'ai pu lire tout un tas de choses dans le sien, tout comme il a pu en lire mile et une dans le mien.

« Bah qu’est-ce que t’attends? Va s’y, balance-lui ce sort dans la tronche ! »

Mes yeux restaient ancrés dans les siens, j'entendais cet enfoiré sans vraiment l'écouter, mais lorsque j'ai vu les lèvres de Kyle s'entrouvrir j'ai compris ce qu'il allait me dire.

« Oui va s’y Enzo. Je suis prêt à encaisser. »

Je crois que si j'avais pu m'écrouler en cet instant je l'aurai fait, et pourtant quand je me suis senti libéré du sortilège qui encore une fois m'avait maintenu immobile pendant de longues secondes, j'ai tenu le coup. Les poings serrés, dont l'un autour de ma baguette, je n'ai pourtant pas fait un pas. Ni vers eux, ni vers lui, mais je suis revenu sur terre et de nouveau j'ai senti mes pupilles se dilater et Loup reprendre le contrôle pour m'aider à franchir cette épreuve tout en gardant la tête haute. J'ai porté ma main à mon visage et je me suis essuyé la joue ainsi que la bouche et le nez, dans l'espoir d'effacer les traces de sang et surtout l'odeur, même si je savais pertinemment que c'était peine perdue. Je me suis redressé de toute ma hauteur, et c'est d'une voix glaciale et ferme que j'ai prononcé ces quelques mots.

« Non. Hors de question que je fasse ça. »

Ça n'est ni par lâcheté, ni par fierté, mais simplement parce que je ne peux pas délibérément faire de mal à Kyle. C'est au dessus de mes forces, même si je sais qu'il ne m'en voudra pas, même si lui a accepté le sort qui l'attend, qui nous attend. On est déjà passé par là il y a quelques mois, et même si c'est en quelque sorte devenu un sujet tabou, passé sous silence et en apparence oublié, de mon côté en tout cas ça n'est pas le cas. Peut être parce que j'en garde des marques physique, mais je crois que c'est surtout dans la tête que ça se passe. Qui plus est, ils ont l'air d'oublier un léger détail.

« Je suis en 6ème année, et vous espérez que je maitrise ce sortilège ? »

La vérité c'est que grâce à Logan je suis désormais capable de maitriser certaines choses qu'on n'est pas sensé apprendre en 6ème année. Grâce à Logan, mais aussi grâce aux efforts que je fournis pour y arriver, et parce que Loup me donne beaucoup de force pour ce genre de choses. Cette rage animale qui m'habite me permet d'être plus fort, néanmoins je n'ai jamais voulu tester ce genre de sortilège pour la simple et bonne raison que je ne suis jamais certains de pouvoir m'arrêter. Fut un temps ça ne m'aurait pas déranger, mais ça n'est plus le cas. En réalité ça ne l'a jamais été, mais parfois la vie fait que … Je ne me cherche pas des excuses, je sais que je n'ai pas toujours été quelqu'un de bien mais rien ne pourra effacer ce que j'ai fait, pas même les regrets.

« Tu sais ce qu’on dit Enzo, c’est en faisant qu’on apprend. Et puis regarde, il attend que ça. Faut croire qu’avec le temps il a pris l’habitude de souffrir à cause de toi. »

Touché. Il a bien compris en quoi résidait une de mes plus grandes faiblesses, et il a surtout bien compris où il faut appuyer pour me faire le plus mal. La culpabilité, ni plus, ni moins. Je ne supporte pas que Kyle souffre, mais la vérité c'est que la plus part du temps c'est par ma faute, et ça j'ai vraiment du mal à vivre avec. Je sais que son statut ne lui permet pas d'avoir une vie normale ici, et que je ne suis pas du fait de tout ce qui a pu lui arriver, mais en l'occurrence, ce petit jeu macabre n'a lieu que parce qu'on est ensemble. C'est un fait. On a cru qu'on pouvait braver les interdits, et aujourd'hui on nous rappelle à l'ordre.

« J’ai dit hors de question. »

Je le fixe, intensément, et son sourire fait grimper la violence qui circule actuellement dans mes veines mais pourtant je prends sur moi. Je suis peut être impulsif, mais je n'en reste pas moins réaliste. Même si je tente quelque chose, ils sont trois sorciers plus expérimentés que moi. Si la Magie n'entrait pas en ligne de compte, le combat serait peut être plus équitable mais là ...

« Tu préfères peut être le battre à mort ? Sinon on peut demander à tes camarades de t'aider. »

Ne les mêle pas à ça ! C'est entre toi et nous. Quand à sa première proposition, qui n'est qu'une provocation je le sais pertinemment, elle me flanque un coup poing dans l'estomac. Le battre ? Je crois que ça serait pire que tout. Jamais je n'ai levé la main sur lui, même dans mes plus fortes crises et j'espère de tout mon cœur que ça n'arrivera jamais. Volontairement ou pas. Je ne peux pas laisser ce type ruiner ça. Je ne peux pas !

« Ou non, mieux, un sectusempra pour qu'il se vide de son sang. Ça, ça te ferait plaisir non ? Au moins à la bête qui se cache en toi. »

Est ce que ça serait pire que de lever la main sur lui ? A ce stade je n'arrive plus vraiment à avoir une pensée cohérente et c'est d'ailleurs pour ça que ma réaction vient brutalement, comme sortie de nulle part encore une fois. Cette fois ça n'est pas à lui, ou eux, que je m'en prends, mais j'envoie un sortilège dans la fenêtre pour la briser et alors qu'elle explose je lance ma baguette à l'extérieur.

« Eh ! »

A l'instant même où mon bras s'est déroulé j'ai su que c'était une connerie, mais je me suis dit que sans ma baguette je ne pourrai pas lui lancer un sort, que les leur ne m'obéiraient peut être pas. J'ai … Je ne sais plus quoi faire pour le sortir de là.

« Qu’est c’que je t’avais dit ?! Pas d’entourloupe. »

il n'a pas prononcé un seul mot mais lorsque son Doloris m'a frappé j'ai reconnu cette douleur particulière. Elle a failli me couper en deux, et d'ailleurs elle l'a fait, mais par je ne sais quel miracle et ce malgré le fait que je n'ai pu retenir un hurlement, je suis resté debout. Les transformations, 27 en tout depuis que j'ai été mordu, ont préparé mon corps à la souffrance physique et même si je n'y suis pas insensible, loin de là, je sais que je suis en mesure de l'encaisser. J'ai tenu bon, mais encore une fois je me suis rendu compte que c'était une connerie. Il a très bien compris que le meilleur moyen de me faire du mal c'est de s'en prendre à Kyle et inversement. C'est pourquoi ...

« Regarde ce que t’as fait ! T’as voulu jouer au plus malin et regarde ce que t’as gagné ! »

Cette fois c'est Kyle qui a pris le sort. Un Doloris, également. J'ai essayé d'avancer vers lui, pour m'interposer ou tenter n'importe quoi pour le protéger mais je me suis senti attiré violemment par l'arrière et une nouvelle fois j'ai rencontré le mur alors que ses cris de douleurs de faisaient plus mal encore que l'impact contre la pierre. Puis tout s'est arrêté. Pendant l'espace de quelques secondes tout à été silencieux, jusqu'à ce que sa voix s'élève à nouveau alors que ma baguette retrouvait sa place entre mes doigts par je ne sais quelle manière.

« Si c’est toi qui le fait, peut être que ça sera moins puissant, tu crois pas ? A toi de voir. Soit je continue et il fini par crever ou perdre la tête. Soit tu t’y mets, tu discutes pas, et vas savoir, peut être qu’il s’en sortira. A toi de choisir. »
« Je peux pas. »
« Fais-le. »
« Je peux pas faire ça ! »
« T’aurais peut être du y penser avant de rentrer dans sa vie tu sais. S’il souffre autant c’est à cause de toi. Regarde-le, attaché là comme une bête, et tu peux parfaitement ressentir ce qu’il ressent en ce moment. Tu peux te mettre à sa place. »

Nouveau grondement sourd alors que je sens mon corps qui commence à flancher. Je ne tiendrai pas indéfiniment à ce rythme, c'est une certitude. Pour l'instant l'adrénaline m'aide à rester debout mais les nombreux chocs que j'ai reçu, et la douleur qu'a provoqué le Doloris même s'il n'a pas duré longtemps, vont finir par avoir raison de moi. Je ne peux pas craquer, pas maintenant. Il a besoin de moi. Je ne peux pas les laisser continuer. Et je ne peux pas laisser les paroles de cet enfoiré m'atteindre, il n'attend que ça. Il essaie de me fragiliser de cette manière là aussi, et je sais par expérience que la torture psychologique peut parfois être pire que le reste. Surtout quand la vérité s'en mêle.

« Je suis sur qu’une partie de toi en meurs d’envie, après tout, ça ne t’a pas toujours dérangé de faire du mal autour de toi hein. C’est en toi, ça fait parti de toi. Tu t’efforces d’être quelqu’un de bien mais t’es un monstre Enzo, et c’est pas en essayant de protéger un Moldu pour sauver ta conscience que ça changera ce que tu es ni ce que t'as fait. »

Un monstre ?
Si moi je suis un monstre, qu'est ce que tu es toi ?

« Endoloris ! »

T'en voulais un, alors le voilà. Ça n'est pas sur Kyle que je l'ai lancé, mais bien sur lui, cependant ça n'a pas duré qu'à peine deux seconde avant que mon sort ne soit contré.

« C’était stupide de faire ça. Terriblement stupide. »

Oui ça l'était, comme tout ce que je fais depuis quelques minutes. Cette fois je n'ai pas réussi à rester debout. Je me suis vu m'attraper la tête alors que mes genoux frappaient le sol. J'ai ressenti chaque parcelle de mon corps alors qu'un véritable brasier s'emparait de tout mon organisme. L'instant d'après j'étais entrain de convulser sur le sol, hurlant de toutes mes forces alors que des milliers de poignards chauffés à blanc me transperçaient de part en part. Et lui se tenait au dessus de moi, je pouvais sentir sa présence, y compris son sourire satisfait, alors que mes yeux demeuraient fermés par réflexe.

« Aller, supplie-moi pour que j’arrête. J’attends. »

Plutôt crever.

« Et là ? »

Je n'ai plus rien ressenti à nouveau, et puis j'ai entendu Kyle crier. Je me sentais à bout de force, totalement épuisé, endoloris de partout, mais quand j'ai relevé la tête, quand je l'ai vu se tordre dans tous les sens avec aucune possibilité de se recroqueviller pour tenter de se protéger, souffrant le martyr et peindre la douleur sur les traits de son visage, je me suis mis à ramper vers lui parce que j'étais incapable de me relever.

« Arrêtez ! Arrêtez … Laissez le tranquille. Laissez-le … »

J'abdique. Vous ne m'entendrez sans doute pas supplier, mais c'est clairement le message qui transparait de mon attitude. Ma voix se brise, je peux le sentir, et la boule dans ma gorge m'indique que je suis proche de la rupture. L'impuissance, la frustration, la douleur, toutes ces ressentis, ces émotions, je perds pieds. Je veux juste que tout s'arrête. Je voudrai qu'il ne souffre plus, et pour ça je serai près à n'importe quoi. Absolument tout et n'importe quoi. Vendre mon âme au diable, encaisser à sa place, me mettre à genoux. Tout. Il a arrêté de crier à l'instant même où le sort a été levé, j'étais toujours sur le sol, en appuie sur un coude à seulement deux mètres de lui. J'aimerai le toucher, mais je ne peux pas. Sa tête penche dangereusement, je n'arrive même pas à voir s'il est encore conscient. Je voudrai l'appeler mais à nouveau plus aucun son ne sort de ma bouche.

« Alors lève toi, lance lui le sort et on verra. Ce que vous faites est un crime et chaque crime mérite une punition. T’es un traite à ton Sang, et lui il n’est rien. On ne mélange pas l'élite et le néant. Rentre toi bien ça dans le crâne. Et c’est valable pour vous tous, c’est clair ?! »

Pour illustrer ses paroles il m'a envoyé un coup de pied dans le ventre. Je me suis retourné en étouffant un cri, jusqu'à m'étendre sur le dos alors qu'il s'adressait aux autres. Pas un bruit. Pas un mouvement. Juste mon cœur qui bat à 100 à l'heure. Je ne sens même plus la présence de Loup.

« Le seul côté bénéfique c’est qu’au moins vous n’aurez jamais de descendance qui pourrait venir souiller notre Sang. »

J'imagine que ça aurait du atteindre mais ses paroles glissent sur moi désormais, et ma conscience du monde s'évapore. Me retrouver dans cette position de faiblesse aurait du en temps normal me rendre plus hargneux encore, mais je me sens comme si … comme si je baissais les bras. Je ne peux pas, je le sais, ne serait-ce que pour Kyle que je n'entends plus, mais je ne sais pas si j'en ai encore la force.

« Jette-lui le sortilège et on vous laisse partir. »

La réalité disparaît, mes yeux se ferment, mes perceptions deviennent lointaine. Non, Enzo, reviens. Comme un électrochoc à nouveau, même si mes gestes sont incroyablement lent. Je peine à me relever, vacille quelques instant. Je le regarde, lui notre bourreau mais je devine qu'il n'y a plus de haine dans mon regard. Juste une résignation latente. Je ne craquerai pas. Pas devant lui. Pas devant eux. Je me tourne vers Kyle et cherche son regard, que je ne trouve pas jusqu'à ce qu'il relève la tête une seconde et me passe un message par son regard. Je ferme les yeux en même temps que lui, tend mon bras et par conséquent ma baguette vers lui, et prononce la formule.

« Endoloris. »

Son corps se crispe à nouveau et se plaque contre le bois. Il ne cri pas, il ne cri plus et sur ma joue je sens une larme qui coule. Lorsqu'elle passe sur la blessure le sel brûle ma chair à vif mais je suis totalement anesthésié. Je regarde Kyle fixement et en cet instant je sais que cette image restera graver dans ma mémoire à tout jamais. Je n'arriverai pas à me la sortir de la tête et je culpabiliserai probablement toute ma vie mais qui sait combien de temps elle durera.

« C’est tout ? C’est tout ce que t’as dans le ventre ? Je t’ai connu plus vif. Plus fort ! PLUS FORT ! Impero. Endoloris. »

Cette fois ci je ne contrôle plus rien. Il a pris possession de mon corps et si mon sort n'était pas puissant, le sien est le coup de grâce. Le corps de Kyle s'agite sous mes yeux mais je n'arrive pas à percevoir la moindre trace de conscience chez lui. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais comme si le schéma se répétait tout devient calme, silencieux, presque mort. Mon corps est libéré de l'Imperium, et à bout de force je tombe à genoux une nouvelle fois. Mon bras se temps, ma main se pose sur la jambe de Kyle, je baisse la tête et serre mes doigts autour de sa cheville. J'ai besoin de le sentir, et je sais qu'il a besoin de me sentir aussi, malgré son état. J'en suis sur, il ne peut pas en être autrement. Il est toujours bien là. Dites moi qu'il est toujours bien là.

« Et ben tu vois, c'était pas si compliqué. Quelqu'un d'autre veut essayer ? »
« Non ! »

Impulsion venue de je ne sais trop où, je me suis relevé et sans me retourner, sans prêter la moindre attention à qui que ce soit j'ai arraché les chaînes qui le maintenait. Ça m'a brulé, un peu, mais sans contact avec ma chair je savais que ça n'allait pas me faire plus de mal que ça. Je me suis dit qu'ils avaient du les ensorceler parce qu'en temps normal je n'aurai sans doute pas pu les arracher comme je l'ai fait mais qui sait de quoi est capable notre magie propre dans ce genre de circonstance. Je ne me suis pas posé de question quoi qu'il en soit, j'ai agit et c'est tout, et si elles n'avaient pas cédés je me serai acharné dessus jusqu'à parvenir à mes fins. Il s'est écroulé dans mes bras et pour la première fois j'ai eu du mal à le tenir. J'ai manqué de m'écrouler sur le sol, avec lui, mais j'ai tenu bon. L'odeur de son sang m'a de nouveau frappé violemment alors j'ai déchiré un bout de mon T-shirt pour le poser sur sa blessure et tout en le gardant dans mes bras je me suis laissé glisser par terre, contre le bureau pour avoir un appuie. Assis. Ma main s'est posé sur sa joue dans un geste tremblant.

« Ça va aller. Je vais te sortir de là, ça va aller. Toi aussi tu l'as dit, tout ira bien. Garde les yeux ouvert s'il te plaît. Regarde moi Kyle. Regarde moi. Ferme pas les yeux. Regarde moi. J'suis désolé … »

Me laisse pas.
Pas encore.
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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Sam 16 Mar 2013 - 5:33

Je ne comprendrai jamais pourquoi le monde s’acharnait sur nous. Sur lui. Sur moi. Je me demandais ce que nous avions fait de si malsain pour que nous soyons constamment pourchassés comme si nous étions les ennemis numéro un de l’état. Est-ce que l’amour entre personne de même sexe était un crime grave? Je savais que ce n’était pas seulement ça qui était en cause, mais j’avais l’impression qu’une bonne partie, sinon la majorité, des supérieurs étaient une bande d’homophobes sans scrupule qui tentait de rendre Enzo fou et de le séparer de moi d’une manière ou d’une autre. Autrement, c’était la valeur de notre sang qui était en jeu. D’après ce que j’avais compris, les sangs purs étaient plutôt rares dans le monde des sorciers et celui que j’aimais en était un. Moi qui étais un non magicien, nous étions donc « incompatibles » de la manière la plus scientifique qui soit. C’était une ségrégation quasi raciale qui nous tombait dessus à tous les jours en plus de l’homophobie. Et j’étais fatigué oh oui j’étais épuisé. Si j’avais toujours cru que je vivais l’enfer à vivre sous le même toit que mes parents, je me rendais compte aujourd’hui, alors que j’étais attaché comme un vulgaire pantin que j’étais au paradis lorsque j’étais en Amérique. Oui j’avais appris à vivre ici, appris à finalement aimer cette vie de prisonnier qui s’était imposée à moi, mais ça n’empêchait pas le fait que j’étais exténué. Toujours devoir courir pour sauver sa peau et se cacher à tout bout de champ commençait à me rendre fou. Le seul qui me permettait de pouvoir surmonter ses épreuves sans flancher c’était lui. Et aujourd’hui il en prenait sur la gueule. Il mangeait des coups et si ça se trouvait, il souffrait beaucoup plus que moi. Et tout ça pourquoi? Parce qu’il était différent des autres. Parce qu’il était amoureux de moi, l’être infâme qui avait un sang qui se faisait comparer à du crachat. Il endurait tout ça pour que nous puissions vivre notre amour. Mais finalement, à quoi tout cela servait si c’était pour nous faire du mal encore plus? Nous passions de très beaux moments ensembles, mais ils me semblaient peu nombreux contrairement à toutes ces zones sinistres auxquelles nous avions eu droit depuis bientôt deux ans. Il était aussi fatigué et épuisé que moi, mais il tenait bon. Parce qu’il était le plus fort de nos deux même s’il affirmait le contraire. Il se tenait debout, droit et fier d’être celui qu’il était, celui qu’il était devenu. Et moi, je continuais de me battre pour lui, même si je ne pouvais pas faire grand chose de plus que de me tenir là, à la merci des hommes en noir. Je continuais de lutter pour nous deux parce que je croyais encore qu’un jour nous serions loin, très loin de tout ça. Loin du château, à l’abri des regards, sur une plage quelque part en Australie… Loin de cet enfer et de ses démons qu’il abritait.
Oui je savais qu’un jour on pourrait vivre ensemble et heureux. Un jour oui, mais pas aujourd’hui.



Inutile de dire que je souffrais le martyr. Mais je ressentais quelque chose de bien plus puissant que ces chaînes en argent qui serraient trop fort mes poignets et mes chevilles. Quelque chose de bien pire que mes bras qui me faisaient mal à en mourir. J’étais en colère. Non j’étais enragé. Et pour une fois, je me maudissais de ne pas avoir laissé Enzo faire lorsqu’il avait voulu éliminer l’homme qui m’avait prit pour un Picasso et Enzo pour une toile vierge. Ce même homme qui aujourd’hui revenait de plus belle sur notre cas, comme s’il n’en avait pas déjà fait assez. Celui qui osait nous exposer devant tout le monde, dévoilant ainsi les secrets les plus profonds d’Enzo : sa lycanthropie et sa relation avec moi. J’imaginais difficilement ce qu’il pouvait ressentir, mais j’éprouvais une énorme compassion envers lui. Je me doutais que pour l’instant ça ne lui traversait pas la tête, mais tôt ou tard, ça le ferait. Ça, c’était si l’homme ne décidait de l’éliminer avant. Cette simple pensée me fit frissonner de la tête aux pieds : je préférais être tué à sa place. Mais malheureusement, je n’avais pas le pouvoir de décidé : tout ce que je pouvais faire était de rester bien sage en attendant le sort qui s’acharnerait sur ma personne d’une seconde à l’autre. Et plus j’attendais, pire c’était.

J’étais prêt à encaisser tous les sortilèges qu’il s’apprêtait à me lancer. Je préférais que ce soit sa baguette à lui plutôt que celle de cette espèce d’énergumène sans scrupule. Je pardonnais déjà à Enzo de tout ce qui allait s’en suivre. De toute manière, ce n’était pas de sa faute et jamais je ne le rendrai responsable de notre sort.
Il se redressa de nouveau, essuyant d’un geste lent les traces de mon sang qu’il avait sur le visage. Je savais à quel point il détestait ça et que son loup aimait ça… J’espérais seulement qu’il ne reste avec aucune séquelle de ce geste qui aurait pu être fatal pour ma personne. On ne savait jamais comment le loup pourrait réagir, surtout en de telles circonstances.


- Non. Hors de question que je fasse ça. Je suis en 6ème année, et vous espérez que je maitrise ce sortilège ?
- Tu sais ce qu’on dit Enzo, c’est en faisant qu’on apprend. Et puis regarde, il attend que ça. Faut croire qu’avec le temps il a pris l’habitude de souffrir à cause de toi.
- J’ai dit hors de question.


Mes yeux alternaient entre les deux interlocuteurs. Enzo semblait décidé à maintenir son idée de départ, mais l’homme aussi. Un large sourire est apparut sur son visage alors que de nouvelles idées semblent traverser son esprit dément. À croire qu’il n’arrêtait jamais de réfléchir pour rendre la situation encore plus difficile, douloureuse, mais surtout plus spectaculaire. Pour lui, tout ceci n’était qu’une partie de plaisir, un petit jeu pour mieux aller se masturber après. Allez savoir… Avec un débile profond de la sorte, on peut s’attendre à n’importe quoi…

- Tu préfères peut être le battre à mort ? Sinon on peut demander à tes camarades de t'aider. Ou non, mieux, un sectusempra pour qu'il se vide de son sang. Ça, ça te ferait plaisir non ? Au moins à la bête qui se cache en toi.

Je fronçai aussitôt les sourcils en entendant la dernière phrase. Je n’arrivais pas à croire à quel point cet homme était cruel. Il jouait tellement sur le loup d’Enzo que ça pourrait me rendre malade. Il le considérait comme une bête de foire, qu’un animal sans cervelle qui n’avait qu’un seul but dans la vie : me tuer. Cette idée me répugnait au plus haut point. Je serrai les poings malgré la douleur de mes avant bras afin de canaliser ma colère.
J’entendis le bruit d’une fenêtre qui se casse et j’eus tout juste le temps de tourner la tête légèrement vers Enzo pour voir qu’il lançait sa baguette dans les airs. Sans doute venait-il de la lancer à l’extérieur. De la manière dont j’étais placé, c’est-à-dire dos aux fenêtres, je n’arrivais pas à voir ce qu’il se passait.


- Eh ! Qu’est c’que je t’avais dit ?! Pas d’entourloupe.

L’homme agita sa baguette de nouveau et lorsque j’entendis Enzo pousser un cri de douleur, je ne pu m’empêcher d’avoir un énorme pincement au cœur. J’aurais voulu lui ordonner d’arrêter, mais aucun son ne semblait se décider à sortir de ma bouche. Je me retrouvais comme paralysé sur cette satanée table qui m’empêchait de faire le moindre mouvement. Et pourtant, c’était l’apocalypse aussi bien à l’extérieur de moi qu’à l’intérieur, mais je n’y pouvais rien. Et me retrouver impuissant dans cette situation qui me dépassait me faisait sentir honteux. J’en voulais soudainement à mes parents d’avoir été des gens « normaux » sans pouvoir magique. Parce que si j’aurais eu un peu de magie en moi, jamais tout ceci ne serait arrivé. Il y aurait eu l’épisode de l’homophobie, mais pas de la torture. Parce que le « mélange » des sangs n’aurait pas été aussi injurieux. Et pourtant… Enzo se tenait toujours debout malgré le sortilège qui l’assaillait et la douleur qu’il ressentait.

- Regarde ce que t’as fait ! T’as voulu jouer au plus malin et regarde ce que t’as gagné !

La baguette de l’homme se tourna vers moi et une seconde plus tard, je ressenti une fulgurante douleur qui me transperça le corps de toute part, m’arrachant un cri de douleur à mon tour. J’avais déjà eu ce sortilège il y a un moment, mais une souffrance telle que celle là ne s’oublie pas facilement. On avait l’impression que le monde s’effondre autour de nous tant le mal est insupportable. C’était comme si notre cerveau éclatait dans notre tête avant de fendre notre crâne en deux et d’exploser sur le mur de derrière. Aillant l’impression que j’étais entrain de mourir sur place, je desserrai finalement les poings, m’abandonnant à la baguette de l’homme.
Ça ne dura que quelques secondes, mais ce fut assez pour m’assommer légèrement. Je n’étais plus aussi endurant qu’avant : j’en avais perdu un peu depuis le temps.
J’étais quand même assez fort pour comprendre ce qu’il se passait autour même si ma tête pendait vers l’avant, comme si je refusais de voir ce qu’il y avait en face de moi.


- Si c’est toi qui le fait, peut être que ça sera moins puissant, tu crois pas ? A toi de voir. Soit je continue et il fini par crever ou perdre la tête. Soit tu t’y mets, tu discutes pas, et vas savoir, peut être qu’il s’en sortira. A toi de choisir.
- Je peux pas.
- Fais-le.
- Je peux pas faire ça !
- T’aurais peut être du y penser avant de rentrer dans sa vie tu sais. S’il souffre autant c’est à cause de toi. Regarde-le, attaché là comme une bête, et tu peux parfaitement ressentir ce qu’il ressent en ce moment. Tu peux te mettre à sa place. Je suis sur qu’une partie de toi en meurs d’envie, après tout, ça ne t’a pas toujours dérangé de faire du mal autour de toi hein. C’est en toi, ça fait parti de toi. Tu t’efforces d’être quelqu’un de bien mais t’es un monstre Enzo, et c’est pas en essayant de protéger un Moldu pour sauver ta conscience que ça changera ce que tu es ni ce que t'as fait.


Je relevai péniblement la tête, la mâchoire serrée avec cette envie de balancer un tas d’insultes à cet homme qui me dégoûtait de plus en plus. Les choses qu’il balançait à Enzo étaient d’une monstruosité sans nom qui déclenchait une rage sans nom en moi. Jamais je n’avais autant haïs quelqu’un de ma vie. Je souhaitais le voir mort, baignant dans son sang après une longue et pénible série de tortures en tout genre. Il ne savait rien, il ne connaissait rien et en aucun cas il était placé pour parler ainsi.
Si Enzo était un « monstre » qu’est-ce qu’il était lui?


- Endoloris !

Sortilège jeté par Enzo cette fois-ci, à l’intention de l’homme. Cependant, ça n’eut aucun effet sur lui : il évita le sort comme s’il ne s’agissait de rien.

- C’était stupide de faire ça. Terriblement stupide.

Et là, je commençai à avoir peur. Très peur. Et avec raison.
Parce que lorsque je vis Enzo se prendre la tête avant de tomber sur le sol, je cru que mon cœur allait s’arrêter de battre. Mes yeux s’étaient agrandis par la peur et l’horreur, alors qu’il avait d’étranges soubresauts qui ne m’indiquaient rien de bon. Je cru que j’étais entrain de le perdre pour de vrai cette fois-ci et je ne pu retenir une larme de couler sur ma joue. Je rassemblai tout mon courage, toute la force qui me restait pour crier :


- Arrêtez bon sang! Vous allez le tuer espèce de sale monstre!

Mais mes paroles ne semblaient pas atteindre l’homme en noir qui se retrouvait au-dessus d’Enzo pour l’admirer d’un peu plus près. J’aurais voulu rajouter quelque chose, mais l’émotion me submergeait beaucoup trop : je n’arrivais plus à me détourner de cette image horrible de voir l’être cher entrain de souffrir sous mes yeux. Je bougeai frénétiquement vers l’avant, comme si je tentais de me libérer de mes chaînes, mais ça ne faisait rien du tout sinon que de m’enlever un peu plus d’énergie et de me faire davantage mal. La peau de mes poignets était en feu, mes bras semblaient vouloir tomber et j’avais un mal de crâne si incroyable que j’étais certain que mon crâne était vraiment fendu en deux.

- Aller, supplie-moi pour que j’arrête. J’attends.
- Ferme là sale con! J’te jure qu’un jour tu vas le payer! Tu vas le payer très cher connard!


Voilà que je le menaçais maintenant. Mais j’étais prêt à tout pour qu’il lui foute la paix et qu’il s’acharne un peu plus sur moi. Le voir souffrir de cette manière m’était tout bonnement insupportable.

- Et là ?

Alors que je m’apprêtais à lui balancer d’autres minces basses, je ressenti de nouveau cette douleur indescriptible qui me transperçait de toute part, m’arrachant encore une fois un hurlement à vous en déchirer les tympans. J’avais cessé de vouloir aller vers l’avant, m’enfonçant plutôt dans la table de bois qui me servait d’appui. J’avais moi aussi envie de porter les mains à ma tête pour atténuer un peu la souffrance, mais j’en étais incapable. Tout ce que je pouvais faire, c’était d’atteindre que ça passe. Rester fort et me raccrocher à de belles images, de bons souvenirs, pour que ça paraisse moins pire que ça ne l’était en réalité. Mes yeux embrumés se perdirent sur la foule d’étudiants qui me regardaient toujours, assis aussi droit que des barres de fer sur leur chaise. Je sais que s’ils avaient pu, certains d’entre eux seraient venus à notre secours, mais ils étaient tout aussi prisonniers que nous. Les pauvres… Dire qu’ils allaient faire des cauchemars à cause de moi… À cause de nous…
Mes pensées semblaient être de moins en moins cohérentes alors que j’avais l’impression que la force me quittait définitivement. Combien de temps encore arriverais-je à tenir? Aurais-je le temps au moins de dire au revoir à celui que j’aimais?

Puis, tout s’arrêta.
Ma tête tombait vers l’avant alors que je regardais le bout de mes converses. L’homme et Enzo parlaient de nouveau, mais je n’entendais rien à ce qu’ils disaient. Tout ce qui résidait dans mes oreilles était une sorte de bourdonnement assez désagréable. J’aimerais pouvoir regarder Enzo afin de savoir comment il va, mais je n’ai plus l’énergie. Je me sens vaciller entre deux mondes comme si j’allais m’endormir à tout moment. M’endormir ou tout simplement tomber dans les vapes. Pourtant, je luttais encore, m’accrochant désespérément à cette horrible réalité qui s’acharnait sur nous. Malgré tout, j’exposais ma faiblesse aux yeux du monde entier. J’aurais voulu me montrer plus fort, plus résistant, mais j’avais eu le malheur d’hériter du sang de mes parents.


- Jette-lui le sortilège et on vous laisse partir.

Étrangement, je réussis à comprendre cette phrase, sachant qu’elle s’adressait indirectement à moi. Le lui, c’était moi et le jette, c’était adressé à Enzo. Avec tout ça, il n’avait pas encore accompli la lourde tâche qu’on lui avait ordonnée de faire. Il avait tenté d’éviter le destin comme il l’avait pu, mais ça nous avait coûté cher à tous les deux. Maintenant, il était temps qu’il le fasse, qu’il passe aux choses sérieuses. Qu’il lève sa baguette vers moi et qu’il m’envoie ce foutu sort afin que nous soyons tous les deux libérés de cette emprise malsaine.
J’ignore encore comment, mais je réussissais à relever la tête et à encrer mon regard dans celui d’Enzo. Nul besoin de mots pour lui faire comprendre qu’il avait le feu vert pour faire ce qu’il avait à faire. Qu’on en finisse.
Puis je fermai les yeux et rebaissai la tête, incapable de la tenir debout plus longtemps et attendis la nouvelle sentence.


- Endoloris.

Même sortilège, mais beaucoup moins puissant que les deux précédents. Il aurait presque pu me chatouiller si mon corps n’était pas aussi meurtri. J’esquissai un bref sourire que personne ne vit, rigolant moi-même de cette petite blague à part.

- C’est tout ? C’est tout ce que t’as dans le ventre ? Je t’ai connu plus vif. Plus fort ! PLUS FORT ! Impero. Endoloris.

Et là, je n’existe plus.
La douleur, insupportable, insoutenable a eu raison de mon corps et de ma personne. J’ai l’impression de flotter dans les airs alors que la baguette du supérieur s’acharne encore sur mon cas. Je me laisse agiter dans tous les sens alors que je m’abandonne complètement à ce qui s’offre à moi. Plus aucune résistance de ma part, juste… Du simple laisser aller. Je ne suis pas un masochiste de nature, mais là je n’y pouvais vraiment rien. Puis, au bout de quelques temps, ça fini par s’estomper. Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe autour de moi : je sais juste que je tiens par un fil. Dans le sens où je fais tout pour ne pas tomber définitivement dans les vapes. J’ai trop peur que ça me soit fatal et je ne veux pas crever ici, comme un sale rat, devant tout le monde. Je veux leur prouver que les moldus sont plus résistants qu’ils ne le croient. Que j’ai ma fierté et que je ne me laisserai pas avoir si facilement. Je veux leur clouer le bec, les faire chier parce que leur plan de merde a planté, mais surtout… Je veux lui dire que je vais bien, que tout ceci une juste une petite piqure d’abeille pour moi. Que ce n’est rien du tout et que son sortilège m’a chatouiller les orteils. Lui dire que je l’aime, que je suis fier de lui, de ce qu’il est et qu’à mes yeux, il est loin d’être un monstre. Le rassurer en lui disant que tout va bien, que c’est juste un petit cauchemar un peu trop réaliste et qu’au jour où l’on va se marier on ne se souviendra de rien. Je veux lui dire tant de chose…

Non Kyle je t’interdis de flancher.
T’as pas le droit. Pour lui. Tu lui dois au moins ça. Restes fort.

Et là, je me sentis libéré. Plus rien ne me retenais au niveau des poignets et des chevilles et je ne pu m’empêcher de tomber vers l’avant alors que j’étais aussi mou qu’une vieille guenille. Alors que je croyais que j’allais frapper brutalement le sol, je me retrouvai plutôt dans les bras de quelqu’un. Une toute petite inspiration m’appris que j’étais dans ses bras à lui : son odeur de marine enveloppa délicieusement mes narines. J’aurais voulu m’agripper à lui, mais je n’en trouvai pas la force alors que je me laissai traîner je-ne-sais-où. Puis quelques secondes plus tard, je sentis une source de chaleur sur ma joue. Sa chaleur à lui. Si réconfortante et si apaisante.


- Ça va aller. Je vais te sortir de là, ça va aller. Toi aussi tu l'as dit, tout ira bien. Garde les yeux ouvert s'il te plaît. Regarde moi Kyle. Regarde moi. Ferme pas les yeux. Regarde moi. J'suis désolé …

Je me forçai à ouvrir les yeux. Son visage m’apparut et si j’avais eu assez de force, je lui aurais offert mon plus beau sourire. Il semblait si fatigué, il semblait avoir tellement mal, mais il tentait de me rassurer. J’aurais voulu lui rendre la pareille, mais j’étais incapable de prononcer un seul mot. D’ailleurs, je n’arrivais pas à faire quoi que ce soit, même pas à lever le petit doigt. Tout ce que je voulais, c’était dormir. Dormir dans ses bras, à ses côtés, pour toujours. Mais je ne le pouvais pas. Il ne le fallait pas.

- Bon. C’est assez pour aujourd’hui. Faites moi sortir ces deux crétins. Harris? Amène-toi.

J’entendis distinctement une chaise crisser sur le plancher et des pas se rapprocher lentement de nous, mais je ne bougeai pas mon regard, focusant sur les traits d’Enzo. J’avais trop peur que si je ne le regardais plus, j’allais tomber dans un état second. C’est stupide, je sais, mais c’était ce que je croyais.
J’entendis l’homme rigoler.


- Ça va mon garçon?
- Ouiouimonsieur…
- Bien. Tu vas me sortir ces deux énergumènes. Amène les où tu veux, je m’en fiche, mais tu nous en débarrasse, c’est clair? Je veux plus voir leur sale tronche de mecs claqués.
- Parfaitouimonsieurjaibiencompris.


Je sentis une présence s’approcher de nous avant de s’abaisser un peu plus à notre niveau. La main de Lukas s’enroula doucement autour de mon bras avant de tirer légèrement dessus dans le but de me faire lever. Je gémissais de douleur et il me lâcha aussitôt.

- Oh je suis désolé je ne voulais pas…
- Bordel qu’est-ce que tu fiches Harris? Sert toi de ta baguette et de ta cervelle bordel! Merde autre aussi con c’est pas possible…
- Ahouimonsieurdésoléjenyavaispaspensé…


Je sentis de nouveau un mouvement à nos côtés : sans doute venait-il de sortir sa baguette. Puis il ajouta à voix basse :

- Je suis désolé Enzo, mais je ne peux jeter qu’un levicorpus à la fois et je vais le faire à Kyle. T’as qu’à prendre appui sur moi, d’accord?

Je me sentis alors flotter dans les airs et je retiens mes souffrances corporelles pour moi-même, mordant ma langue pour m’empêcher de gémir de nouveau. Tout en gardant sa baguette fixée dans ma direction, je vis Lukas passer un bras autour de la taille d’Enzo avant de le lever doucement de terre. Puis lentement, mais sûrement, nous sortîmes de cette affreuse classe dont j’allais certainement me souvenir longtemps.
Je fixai le plancher à présent qui défilait lentement sous mes yeux alors que nous faisions le trajet en silence.


- Je vais vous conduire à l’infirmerie, annonça Lukas.
- Mmmmnon… réussis-je à grommeler.
- Mais vous êtes gravement blessés tous les deux! Ce serait de la folie de ne pas y aller!
- Veux p-pas… Enzo…


S’il te plaît…
Amène moi juste loin d’ici…



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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Mar 19 Mar 2013 - 21:00

Et si tout se terminait maintenant ? Et si tout s’arrêtait ? Plus de souffrance, juste le néant ou peut être une autre vie. Et si je fermai les yeux, comme lui, pour ne plus jamais les rouvrir. Partir ensemble pour échapper à ce cirque qui ne se terminera jamais. Tirer un trait définitif pour cet enfer pour finalement trouver enfin la paix. La paix éternelle. Oui, j’y ai pensé. J’y ai pensé alors que ma main se posait sur sa joue, alors que je retenais les larmes qui menaçaient de s’écouler de mes yeux pour rouler sur mes joues, alors que la douleur brulait tout mon corps. J’y ai pensé, et puis il a ouvert les yeux et j’ai su. J’ai su que ça n’était pas le moment de flancher, ni même d’abandonner, parce que malgré l’horreur, la souffrance, l’humiliation, il est là, il me regarde et même s’il garde le silence, je sais. Il est épuisé, à juste titre. Il a mal, je peux le sentir. Ça me tue de le voir dans cet état mais plus rien n’a d’importance. Il est là. Il le sera toujours, d’une manière ou d’une autre. On doit encore se battre même si aujourd’hui les choses ont encore pris un nouveau tournant. Tinté de négatif, mais aussi de positif. La bataille semble terminée pour aujourd’hui, nous avons perdu, mais il y a une petite étincelle de positif là dedans malgré tout. Je ne la perçois pas vraiment encore, et je sais qu’elle annonce sans doute encore d’autres épreuves mais les secrets ayant volé en éclat aujourd’hui ne seront plus des poids à porter sur nos épaules. Ils savent. Tout le monde sait ou va savoir. Mais il est là, alors tout ira bien.

Je t’ai vu mourir une fois, je ne l’aurai pas supporté une seconde, mais tes yeux dans les miens me transmettent un message. Referme les, je suis là, tout ira bien maintenant. Et petit à petit le monde disparaît …

« Bon. C’est assez pour aujourd’hui. Faites moi sortir ces deux crétins. Harris? Amène-toi. »

J’aurai du me douter que cet état de faux apaisement ne durerait pas. Je me sentais partir, mes yeux se fermaient, mes pensées n’étaient pas très cohérentes mais elles étaient presque calmes. Il n’a suffit que de quelques secondes pour faire remonter toute la tension en moi alors que Kyle semblait sombrer petit à petit. Il tient le coup. Il tiendra le coup, je le sais, je le sens. Harris. Lukas. Je ne tourne pas la tête et mes yeux demeurent ancrés dans ceux de Kyle mais je perçois le mouvement, j’entends le crissement de la chaise et ses pas sur le sol. Et puis il y a eu ce rire …

« Ça va mon garçon? »
« Ouiouimonsieur… »
« Bien. Tu vas me sortir ces deux énergumènes. Amène les où tu veux, je m’en fiche, mais tu nous en débarrasse, c’est clair? Je veux plus voir leur sale tronche de mecs claqués. »
« Parfaitouimonsieurjaibiencompris. »

Alors voilà, c’est tout. C’est fini. Il a joué, il en a assez et on doit dégager. Je ne vais pas m’en plaindre, loin de là, puisque tout ce à quoi j’aspire c’est quitter cet endroit, échapper aux regards. Disparaître. Si ça pouvait être aussi simple … En réalité mon état est assez variant, et je suis partagé. Oui j’ai envie de foutre le camp d’ici mais Loup ne l’entend pas de cette oreille. Et moi non plus d’ailleurs. Je ne les regarde pas mais je sais qu’un simple coup d’œil dans leur direction serait une erreur puisque je sens en moi cette envie palpable de les détruire. Je suis à bout de force, mais la colère, la rage et la haine sont toujours là. Bien présentes. Je rêve toujours de les voir mort, surtout de le voir mort. Sa voix m’agresse, je ne supporte plus sa présence, sa fragrance qui demeure ancrée dans ma mémoire olfactive. Tu vas mourir. Tu dois mourir. Tu dois souffrir. La grande silhouette de Lukas qui se détache devant nous m’offre un divertissement. Je ne relève pas la tête vers lui, je ne veux pas le voir. Ça n’a rien de personnel mais je ne veux simplement pas croiser son regard au risque d’y lire quelque chose que je ne serai pas en mesure de supporter : De la pitié.
Il s’est penché vers nous et sa proximité m’a agressé. Lorsqu’il a posé sa main sur Kyle, et lorsque ce dernier a laissé un gémissement plaintif s’échapper d’entre ses lèvres je n’ai pas pu m’empêcher de me contracter et j’ai du luter pour ne pas le serrer plus fort contre moi pour ne pas qu’on me l’arrache. Il a déjà suffisamment souffert comme ça, inutile d’en rajouter. Il souffre encore. Laissez le tranquille. Ne le touchez pas. Personne. N’approchez pas.

« Oh je suis désolé je ne voulais pas… »
« Bordel qu’est-ce que tu fiches Harris? Sert toi de ta baguette et de ta cervelle bordel! Merde autre aussi con c’est pas possible… »
« Ahouimonsieurdésoléjenyavaispaspensé… »

Il a sorti sa baguette et là c’était pire que tout …

« Je suis désolé Enzo, mais je ne peux jeter qu’un levicorpus à la fois et je vais le faire à Kyle. T’as qu’à prendre appui sur moi, d’accord? »

Non, pas d’accord, mais est ce que j’ai vraiment le choix ? Cette situation de totale impuissance me rend malade mais je le sais, effectivement, je n’ai pas le choix. Alors je le laisse faire. Je le laisse jeter le sort à Kyle et retiens un grondement qui prend forme dans ma gorge. Je ne supporte pas de voir la magie agir sur lui, mais je sais que c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Je ne supporte pas de sentir la main de Lukas se poser sur moi et c’est un nouveau grondement que je retiens alors que son bras passe autour de ma taille. Il m’aide à me relever, je tente de faire abstraction des regards. Ceux de nos camarades de classe, ceux des Supérieurs et même celui de Kyle. Je me retrouve en position de faiblesse et c’est précisément le genre de trucs qui peut me rendre dangereux, je le sais. Néanmoins, je n’ai plus de force, et vu les circonstances c’est surement une bonne chose. Une très bonne chose même. Paradoxalement.

Un pas, puis un autre. C’est une torture. Chaque mouvement réveille la moindre parcelle de mon corps et je suppose que la douleur peut facilement se lire sur les traits de mon visage même si je tente de garder tout ça pour moi. Toujours pas un seul regard vers les autres. Toujours pas un regard vers les Supérieurs que je devine nous regardant sortir avec le sourire jusqu’aux oreilles. Si je craque, je lui saute à la gorge et ça sera pire. Je prends appuie sur Lukas, parce que je ne peux pas faire autrement mais ça me tue d’en arriver là. Je suis plus lourd que lui, c’est un fait, mais sa taille est un avantage dans cette situation. Finalement, je suis sans doute soulagé que ça soit lui et pas un autre. Peut être parce qu’il était déjà au courant et que je ne me sens pas la force d’affronter le regard sans doute pleins de questions de Mael, Harper ou même Jamie.

Une certaine part de tension s’est évaporée alors que nous sortions finalement dans le couloir. A mesure que nos pas nous éloignaient de cette salle de torture, je reprenais lentement mes esprits tout en essayant de faire abstraction de tout le reste, des autres, parce que les couloirs n’étaient malheureusement pas vides. J’ai eu le malheur de relever les yeux lorsqu’on s’est arrêté un instant et voir Kyle flotter dans les airs de cette façon m’a transpercé le cœur. J’ai eu cette violente envie de lui attraper la main, de le faire redescendre et de le prendre dans mes bras mais je n’en ai rien fait. J’ai simplement ravalé ma salive tout en tachant de faire abstraction de la boule qui se formait dans ma gorge. Idem pour celle dans mon estomac que je sentais en pleine tempête. Le sang avait séché, sur sa main comme sur ma joue et le reste de mon visage mais je sentais toujours son odeur et passée la nervosité, c’est la nausée qui prenait toute la place.

« Je vais vous conduire à l’infirmerie. »
« Mmmmnon… »
« Mais vous êtes gravement blessés tous les deux! Ce serait de la folie de ne pas y aller! »
« Veux p-pas… Enzo… »

En un éclair je me détachai de Lukas pour attraper la main de Kyle que je serai le plus doucement possible dans la mienne.

« Je suis là. »

Je le serai toujours.
Aussi longtemps que je le pourrai.
Je ne t’abandonnerai pas.

Que faire ? Nous rendre dans sa chambre dans l’Aile réservée à ceux qui n’ont pas de pouvoir ? Non. Je sais que ni lui ni moi n’avons envie de rester ici, au quatrième. L’infirmerie ? Sans doute la meilleure option mais s’il ne le souhaite pas je ne le forcerais pas. D’autant plus que je n’ai pas spécialement envie d’y aller non plus. Je réfléchis, je vacille mais tiens bon. Je me tiens les côtes avec ma main libre et puis finalement …

« Est ce que tu peux le monter jusqu’aux dortoirs des Gryff ? Rester au quatrième c’est exclu et l’infirmerie j’y tiens pas trop non plus. J’veux juste … J’ai peur de lui faire mal si j’le porte et je sais même pas si j’en ai la force. Une fois là haut ça ira, il a juste besoin d’être au calme. On a … besoin d’être seuls. »

On ne le sera sans doute pas longtemps mais au moins là haut il sera dans un endroit confortable, et pour ma part je me sentirai mieux dans mon environnement, c’est une certitude. Loin de tout le reste. J’ai bien pensé à la Salle sur Demande mais personne ici n’a d’énergie à perdre pour quelque chose d’incertain alors …

« S’il te plait. »

Si tu savais ce que ça me coûte de te demander ça. Si tu savais … Je n’aime pas dépendre des autres, et j’aurai du le protéger ou en tout cas être en mesure de l’éloigner de là moi même, sans avoir besoin de personne d’autre. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Il a accepté, non sans faire la grimace et j’ai pris conscience qu’il s’inquiétait vraiment. Autant être honnête, ce qu’il voulait ou ressentait me passait un peu au dessus de la tête à ce moment là. Tout ce qui m’importait c’était d’éloigner Kyle d’ici, par tous les moyens possible et imaginables, et seul je n’étais pas en mesure de le faire. Je n’aurai jamais cru que monter trois étages soit aussi difficile mais dans l’état où j’étais, j’en ai bavé. Je n’ai pas laissé Lukas m’aider, je me suis contenté de prendre appuie sur la rambarde de pierre parce que j’avais vraiment du mal à supporter sa présence trop près de moi. Qui plus est, si toute sa concentration et ses forces étaient centrées sur Kyle, il ne risquait pas de relâcher sa vigilance. J’ai mis du temps, et j’ai souffert, mais j’y suis parvenu. Une fois dans la tour il a fallu traverser la Salle Commune, j’ai prié pour qu’Elwynn ne soit pas là, ni même Cleo, et mon vœu a été exaucé. Elles se seraient inquiétées. Une fois à bon port je lui ai indiqué mon lit, le premier à gauche quand on rentre, près de la fenêtre. Il a déposé Kyle dessus pendant que je me tenais dans l’embrasure de la porte, pour reprendre un peu mon souffle. La tête m’a tourné et j’ai cru que j’allais m’écrouler et perdre conscience mais le vertige a fini par passer et je me suis avancé vers eux avant de prendre appuie au lit pour parvenir à rester debout, et stable. Mon autre main s’est posée sur l’épaule du grand Jaune.

« Merci Lukas. Ça va aller. »

Un regard insistant de ma part parce que je sens bien qu’il n’a pas l’air d’accord avec moi. Je n’essaie pas de me montrer menaçant mais c’est peut être ce que je dégage. Je n’y peux rien. J’apprécie l’aide qu’il nous a apporté à sa juste valeur mais je sais que plus les minutes passent et moins je supporte la présence d’une tiers personne. Encore une fois ça n’a rien de personnel, lui ou un autre ça aurait été pareil. Il comprend, je crois, et n’insiste pas. Je le regarde faire demi-tour, sortir de la pièce et refermer la porte derrière lui avant de finalement accorder toute mon attention à Kyle, allongé sur mon lit.

Je m’approche doucement, jusqu’à m’asseoir à ses côtés. Un instant ma main se pose sur la sienne et la serre en douceur puis je me remets en mouvement. Des mouvements lents, mais précis. Je lui enlève ses chaussures tout en essayant de le bouger le moins possible pour ne pas lui faire plus mal que nécessaire. Une fois que c’est fait je tire les draps et la couverture pour finalement les poser par dessus lui. Il est en état de choc, je suppose qu’il doit avoir froid. Moi j’ai froid, chose presque improbable quand on y pense.

« Je reviens tout de suite. »

Un baiser sur son front, je m’éloigne et revient quelques secondes plus tard avec un verre d’eau, que je lui tends. Il a l’air tellement épuisé, ça me fait mal de le voir comme ça. J’ai l’impression de ressentir sa souffrance plus fort encore que la mienne.

« Tiens, bois. »

Et tandis qu’il s’affaire j’attrape son bras, toujours aussi délicatement que je le peux, jusqu’à avoir sa paume sous les yeux. Ça a séché, mais ça continue de saigner un peu et le morceau de tissus que j’ai posé dessus s’est imbibé. J’ai un haut le cœur, ferme les yeux, tente de faire abstraction et puis finalement sort ma baguette et la braque vers sa main. Rien ne se passe. Je soupire, dépité, en relâchant son bras.

« J’suis désolé, j’ai pas assez de force pour refermer ta blessure. »

J’aurai pu lui donner ce que m’avait donné Isma il y a quelque temps pour me remettre d’aplomb, parce que j’avais trop forcé et que j’avais eu des vertiges, mais j’ai donné le dernier à Caitlyn la semaine dernière. Je ne vais pas dire que je le regrette, mais ça tombe mal, c’est tout. Je bouge un peu, pour me redresser : Erreur. Je ne peux pas m’empêcher d’écraser un gémissement plaintif alors qu’une violente pointe de douleur me passe en travers de la cage thoracique. Par réflexe ma main se pose une nouvelle fois sur mes côtes, mais l’autre tout aussi rapide serre celle de Kyle sur laquelle elle se trouvait toujours. J’essaie de retrouver un semblant d’attitude.

« C’est rien, t’en fais pas. Repose-toi. »

Ma main se pose sur son front cette fois, puis glisse jusqu’à sa joue, avant de terminer sa course sur son torse. Sur son cœur. Sans appuyer, juste … là, posée en surface. Presque en suspens.

« Tu restes ici cette nuit. Et toutes les autres, jusqu’à ce que ça aille mieux. »

J’aimerai avoir l’air moins ferme, moins tendu mais … j’échoue lamentablement. Mon but n’est pas de le maintenir prisonnier ici, mais j’ai tellement peur de le perdre que j’en deviens irrationnel. Dans ma tête rien n’est stable, je ne sais plus vraiment quelle émotion à le contrôle, ni quel ressenti. Il y a la peur, oui, mais pas seulement. La colère est toujours là. Et une autre plus douce, l’amour. Tout ce que je ressens pour lui à travers toutes ces emmerdes. Je ne doute pas. Pas une seule seconde. Malgré tout ça. Avoir mal ça n’est rien, tant que tu es là. Quand je te regarde je trouve la force de me battre, d’encaisser, et celle de me contrôler autant que faire se peut. Tu m’apaises même si te voir comme ça me rend furieux. Encore un cocktail explosif qui se balade dans mes veines. En plus de ça, ils n’aurait pas pu choisir pire période pour leur petit jeu macabre. Deux jours avant la pleine lune …

Un instant tout est immobile, la seconde suivante la porte s’ouvre, je suis déjà debout et mon corps tout entier hurle de douleur mais l’adrénaline me permet de ne pas ciller. Le bras tendu, la main dans son prolongement et la baguette entre les doigts. Je tremble des pieds à la tête.

« C’est moi. Tout va bien. Enzo … »

Ismaelle, qui ne fait pas un pas de plus. Les bras levés, les paumes ouvertes vers moi, un regard bienveillant, qui se veut rassurant, mais néanmoins inquiet. Je ne bouge pas.

« J’ai croisé Lukas, il … Laisse moi approcher, je ne lui ferai pas de mal, je te le promets. J’ai fait un détour par l’infirmerie, Maxence est débordé mais il m’a donné quelque chose pour apaiser la douleur physique. »

Alors ça y est, le processus est enclenché. Lukas l’a dit à Ismaelle, et une part de moi lui en veut pour ça mais l’autre comprend le geste et tempère. J’abdique. J’accepte. Je me détends et la laisse approcher. Ma réaction était disproportionnée, je le sais. Elle ne lui fera rien, ça aussi je le sais. En tout cas, pas de mal. Je la regarde passer à côté de moi, elle sourit en s’avançant vers Kyle et pendant une seconde je me dis que tout ira bien maintenant qu’elle est là. N’est ce pas ? Je ne sais plus. Je ne sais même pas ce que je veux, ce qui est le mieux. Je ne sais plus.

« Non, non. Ne bouge pas. Tiens, avale ça. Ça te fera dormir et ça calmera la douleur. »

En temps normal j’aurai le regard braqué sur ce qu’elle fait pourtant je ne regarde pas. Je suis toujours debout, les bras le long du corps, la baguette toujours dans la main et le regard dans le vide. Hagard. Absent. Jusqu’à ce qu’elle m’interpelle. Je reviens sur terre, lentement.

« Enzo, vas te changer et te débarbouiller le visage. Je m’occupe de lui d’abord, et je refermerai ta plaie après. »

Ma plaie ?
Ah, oui.
Ça.

« Va. »

Me changer ? Pourquoi ? Parce que mes vêtements sont dans un sale état, déchirés par endroit et surtout parce qu’ils sont parsemés de sang ça et là. J’observe un instant, puis hoche la tête, l’air toujours aussi perdu. Je fini par m’éloigner et disparaître une nouvelle fois dans la salle de bain. Tout est silencieux, j’entends simplement la voix de la professeur dans le lointain. Les mains posés sur le rebord du lavabo, j’ai la tête basse et le reste du corps en appuie sur mes bras. Et puis ça me prend comme ça, violemment, soudainement. Ça couvait depuis de longues minutes mais je ne m’y attendais pas vraiment. Le haut le cœur, la nausée, c’est trop. Tout ça m’a trop secoué, mon estomac s’est trop contracté, il sature. Deux seconde passe et je me retrouve au dessus des toilettes. Tout mon déjeuner y passe, jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien et là encore mon organisme ne s’arrête pas. J’ai mal, je brûle, c’est comme si ma peau prenait feu. Je n’en peux plus et menace de m’écrouler sur le sol mais je tiens le coup, prend appuie où je peux et me relève. Mon ventre cesse de se contracter, je reprends mes esprits mais une sorte de fièvre s’empare de moi. Ma vision se brouille. Je meurs de chaud, puis j’ai froid, et encore chaud. Un frisson me parcoure du sommet du crane jusqu’au bout des pieds puis remonte. J’ai craché du sang, je m’en rends compte en m’essuyant la bouche d’un revers de main. Je sens la crise d’angoisse pointer son nez mais au lieu de rester planté là j’anticipe. Je me débarrasse des vêtements dans des gestes brusques et les balance par terre, faisant fi de la douleur, et je me retrouve sous la douche. Une douche brulante. Mon premier réflexe est de me débarrasser de la moindre trace de sang et surtout de celui de Kyle. L’eau est rouge lorsqu’elle s’engouffre dans l’évacuation. Ma tête tourne à nouveau et je n’ai d’autre choix que de me maintenir le dos contre la paroi en faïence. Elle me semble glaciale. Le jet de la douche coule sur mon visage, ça me fait du bien. Je me calme, je peux le sentir. J’y bois directement parce que je me rends compte que je suis mort de soif, et peu m’importe si elle est brulante. Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis resté comme ça, immobile, mais j’ai fini par arrêter la pression et sortir de là. Après m’être enroulé d’une serviette autour de la taille j’ai pu constater l’ampleur des dégâts. Une coupure sur la joue. Ok. Un hématome au niveau des côtes, comme une impression de déjà vu. Ok. Des bleus un peu partout, sans doute à cause des chocs quand j’ai rencontré les murs. Ok. Un instant mes yeux se perdent sur les cicatrices que j’ai sur le torse, il ne me suffira pas de plus pour sentir de nouveau la rage couler dans mes veines. C’est d’un pas décidé que je traverse le dortoir, sans leur jeter un seul regard. J’ouvre mon armoire attrape des vêtements propres et fais le chemin inverse. Quand je me retourne Ismaelle est là, elle a l’air furieuse. J’aurai voulu cacher la misère, comme j’ai toujours eu l’habitude de faire mais les marques que j’ai sur le corps ne passent pas inaperçu. Pendant un instant j’ai l’espoir utopique que Kyle n’a rien vu. Peut être qu’il dort. De toute façon c’est stupide, il finira bien par les voir un jour ou l’autre.

« Qu’est ce qu’ils t’ont fait ? »
« C’est rien. Dans trois jours j’aurai plus rien. »

Encore une fois mon ton est ferme. Je serre les dents. Elle croise les bras et ne se démontent pas. Je ne lui fais pas peur. En tout cas, elle le cache bien.

« Qu’est ce qu’il s’est passé là dedans ? »

J’ai détourné le regard, enfermé dans mon mutisme et ma volonté de ne rien dire. Ça ne lui a pas plu.

« Enzo ! »

A nouveau mes yeux ont cherché les siens.

« Écoute, je sais que t’aimes pas parler de ce genre de choses et jusqu’ici j’ai respecté ça, mais ils ont dépassé les bornes et je veux savoir ce qu’il s’est passé. »
« C’était un règlement de compte, c’est tout. Kyle s’est retrouvé mêlé à ça alors que ça n’aurait jamais du arriver et maintenant toute l’école va savoir pour nous deux, et ce que je suis. C’est tout. Ils avaient besoin d’un exemple, un type qu’a pas de pouvoir et un Sang Pur c’était tout trouvé, sans parler d’une histoire de fierté mal placée. »
« Qu’est ce qu’ils vous ont fait ? J’ai besoin de savoir pour aider Kyle du mieux que je peux. »
« Doloris. »
« C’est tout ? »
« Ils l’ont blessé à la main aussi. »
« Je sais, j’ai vu et c’est refermé. »
« Merci. »
« De rien. Et toi ? »
« Quoi moi ? »
« Toutes ces marques … »

Je me rends soudain compte que je suis en serviette devant ma prof, tout va bien. Ceci dit, c’est vraiment le cadet de mes soucis. Le ton est sec d’un côté comme de l’autre de toute façon. Elle ne lâchera pas le morceau.

« Mon impulsivité, encore et toujours. J’ai juste rencontré deux ou trois murs, c’est pas la mort. J’ai peut être des côtes fêlées, j’en sais trop rien, mais c’est pas grave. Ça fait plus de deux ans que mon corps se brise deux fois par mois, je survivrai à ça. Et j’te l’ai dit, dans 3 jours j’aurai plus rien. »
« Et ça c’est quoi ? »
« Juste une coupure faite avec une lame. De l’acier, pas de l’argent. »
« Bon. »

Bon. Elle tend sa baguette vers mon visage alors que j’ai les bras croisés sur mon torse, je ne la regarde pas. Sur ma joue je sens ce petit fourmillement familier. La magie opère. La blague … Saloperie de magie. Sans elle on n’en serait pas là.

« Voilà. Pour le reste je peux rien faire. Avec ta particularité je ne veux pas prendre le risque de te donner n'importe quoi. »
« T’inquiète pas, ça ira. Mon organisme réagit vite, il se répare vite. »

Merci ? Il est implicite. Elle le sait.

« Enzo, je veux que tu me promettes de te tenir tranquille, d’accord ? Je te connais, presque par cœur. Je sais ce que tu tentes de cacher derrière cet air faussement calme et je ne te laisserai pas foncer dans le tas. Tu as besoin de repos, et Kyle aussi. Vous avez besoin l’un de l’autre donc tu vas rester ici, avec lui, et toi aussi tu vas dormir. Je n’hésiterai pas à t’assommer si besoin. Regarde toi, tu trembles, t’as mal mais tu t’entêtes à essayer de le cacher. Ça marche pas avec moi alors tu vas rester tranquille. Compris ?»

Ma bouche s’ouvre, rien ne sort. Mes bras retombent de chaque côté de mon corps. Je la regarde, elle est si petite elle aussi.

« Compris. »

Elle a raison, sur toute la ligne, mais c’est pas facile à admettre ou plutôt à le faire admettre à Loup. Et à cette partie de moi qui n’a pas envie d’entendre raison.

« Et toi ? »
« Quoi moi ? »

Impression de déjà vue, on dirait que les rôles s’inversent.

« Je vois bien que t’es en colère. Ton rythme cardiaque est élevé, et tu respires vite. Les traits de ton visage sont crispés et ton corps tout entier est tendu. »
« T’es flippant, tu le sais ça ? »
« Oui. »
« Je resterai à ma place Enzo, je te le promets. Je veux juste faire ce que je peux pour vous soulager tous les deux. Maintenant va rejoindre Kyle et on s’en tient à ça pour aujourd’hui, d’accord ? »
« D’accord. »
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit je suis là, d’accord ? »
« D’accord. »

Elle est repartie comme elle est arrivée et je me suis rhabillé. Un véritable supplice mais au moins j’étais débarrassé du sang et de son odeur. J’ai pris une profonde inspiration avant de rentrer à nouveau dans le dortoir et je me suis dirigé droit vers mon lit après avoir relâché l’air. Je m’y suis assis, presque sur l’oreiller, pour être près de Kyle. Isma était assise en face de moi, elle tenait son poignet dans ses mains, je crois qu’elle contrôlait son pouls. Mes yeux ont glissé sur les cicatrices qu’il a à cet endroit là et j’ai relevé les yeux vers notre ange gardien. Comme toujours, elle ne semblait pas en faire de cas. Ismaelle n’aborde jamais les sujets qui sont susceptibles de fâcher. Et puis qui sait, peut être qu’elle les connaissait déjà. J’ai cherché le regard de Kyle, mes doigts ont glissé dans ses cheveux un instant puis j’en ai profité pour fouiller dans mon tiroir pour en sortir mon Tue-Loup et le boire. C’est à ce moment là que la porte s’est ouverte à nouveau et instantanément je me suis tendu. Comme toujours j’ai eu un geste de protection envers Kyle, je me suis redressé, de façon à pouvoir me mettre entre le danger et lui si besoin et si danger il y avait. On a regardé les gars rentrer un par un, Harper en tête. Il n’a rien dit, il s’est contenté de sourire tandis que les autres allaient jusqu’à leur lit comme si on n’était pas là. La tension est montée d’un cran. La situation n’allait être facile pour personne.

« Je vais vous laisser maintenant. Vous vous reposez, c’est un ordre, et si jamais vous avez besoin d’un endroit où aller, si jamais ça devient trop tendu par ici, venez frapper à ma porte. »
« Merci Isma. »

Encore, et toujours.
Qu’est ce qu’on ferait sans toi au juste ?

Elle a posé sa main sur ma tête, ébouriffé mes cheveux, comme si la situation n’était pas grave. J’ai apprécié. Elle a adressé un clin d’œil à Kyle et elle a filé. J’ai attendu qu’elle soit partie, puis une seconde, une deuxième, avant de finalement me dire qu’il valait mieux crever l’abcès tout de suite donc je me suis levé, avec un peu plus d’assurance que précédemment. Toujours sauver les apparences, ne jamais se montrer faible, ça attire les prédateurs et le seul ici c'est moi et ça restera moi.

« Je vais pas vous supplier à genoux les gars, j’en ai clairement pas la force ni même l’envie. Maintenant vous savez tout et je peux rien y faire. Je comprendrai que ça ne vous enchante pas de nous savoir là, mais il a besoin de repos, moi aussi et ailleurs c’est pas possible. »

Ils étaient cinq en tout mais un seul d’entre eux a brisé le silence. Harper.

« Restez, c’est pas un problème. Hein les gars c’est pas un problème ? »

Certains ont hésité, m’ont dévisagé sans trop savoir sur quel pied danser. J’ai ressenti du dégoût émanant de certains, de la peur aussi, mais pourtant tous ont fini par acquiescer. Je leur ai adressé un signe de tête en guise de remerciement et je suis retourné vers Kyle. deux minutes plus tard, des draps pendaient de chaque côté du lit à baldaquins à l’exception de celui côté fenêtre où je me trouvais, nous séparant ainsi du reste du monde et surtout des regards. Je me suis mis à genoux à côté du lit tout en ne pouvant pas m’empêcher de grimacer parce que le moindre mouvement devenait un supplice, pour être à sa hauteur, j’ai attrapé sa main et j’ai posé mon menton sur mon bras, lui même posé sur la couverture.

« J’ai tellement envie de te prendre dans mes bras, mais j’ai peur de te faire mal. »

Je sais que la situation est pas facile mais est ce qu’on a d’autre choix ? Il est plutôt clair que j’aurai préféré qu’on reste seuls pour encaisser ça, mais on a pas bien le choix. Je les sens, et je sais que toi aussi. Je les sens ces regards qui pèsent sur nous malgré le fait qu’on ne soit pas visible. Ils étaient là, ils ont tout vu, ils savent tout, et on ne peut rien y faire. Je m’en fous de ce qu’ils pensent. A l’heure actuelle ça me passe au dessus de la tête. Peut être que demain ça ne sera plus le cas mais pour l’instant il n’y a que toi qui compte.

« Est c’que ça va mieux ? »

Ne serait-ce qu'un tout petit peu …

« Excuse moi d'être aussi … Je sais que t'es pas en sucre, que t'es un homme, un vrai, un dur à cuire ... »

Oui, c'est une touche d'humour, vous ne rêvez pas. De même qu'une sorte de sourire qui étire mes lèvres sans être vraiment franc ni convaincu.

« J'ai eu peur. C'est … J'peux juste pas m'en empêcher. »

D'être protecteur à outrance, au risque de t'étouffer même si c'est pas le but. De toute façon, pour ce que ça fonctionne ... Si j'étais vraiment efficace tu n'aurais pas enduré le quart de ce que tu as enduré.
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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Lun 25 Mar 2013 - 3:58

Je me sentais comateux, perdu entre deux mondes. Je voyageais entre la réalité douloureuse et le rêve qui m’appelait de plus en plus par sa simplicité des choses. Ou peut-être était-ce le fait que mon corps flottait tout bonnement dans l’air comme s’il s’agissait d’un sac en plastique… Je ne savais pas, je ne savais plus. Ce que je savais en revanche, c’était que j’étais encore en vie malgré toutes les minutes d’horreur que je venais de subir. Que nous venions de subir. Parce que même si ma conscience était plus ou moins présente, je me souvenais parfaitement qu’Enzo avait tout aussi souffert que moi ou sinon plus. Encore une fois, ils étaient tombés sur nous et avaient usés de leurs pouvoirs de toutes les manières possibles. Mais maintenant, d’après ce que j’avais compris, nous « étions libres ». Terminé le spectacle : nous étions bons à jeter. On nous avait envoyé le gentil Lukas pour nous sortir de là, chose qui ne semblait pas si simple à première vue, à cause de notre état lamentable à tous les deux. Et pourtant, avec un peu de patience et de magie, il était parvenu à quelque chose de bien puisque nous n’étions plus dans cet horrible local. Et c’était d’ailleurs la raison pourquoi je flottais dans les airs : la baguette de Lukas avait un effet dingue sur moi. Voilà, ça me revenait maintenant. Il m’avait touché pour me remettre sur pieds, j’avais grimacé et donc, il avait trouvé une solution qui nous convenant à tous les deux. Ou devrais-je plutôt dire : à tous les trois. Je n’osais pas retourner la tête vers eux de peur de devoir grimacer de nouveau, mais je me doutais que le géant prenait Enzo en charge.

Et Lukas voulait nous conduire à l’infirmerie et moi, comme un enfant trop gâté, je refusais.
J’ignorais qui se trouvait là, à l’infirmerie. Si ça se trouvait, ces salopards vêtus de noir avaient envoyé d’autres copains qui nous attendaient là-bas, prêts à nous accueillir pour nous achever. Peut-être devenais-je un peu trop paranoïaque, mais j’avais appris, en restant ici trop longtemps, qu’il fallait se méfier de tout et de n’importe qui. Et là, ça venait de monter d’un cran avec toute cette pression que ma tête venait de subir. Non merci, pas d’infirmerie pour moi.
Tout ce que je souhaitais, c’était qu’il nous emmène loin, très loin d’ici. Qu’il me fasse voler dans les airs jusqu’au Mexique, même si ça prendrait des mois, des années. Mais pas d’infirmerie. Et je voulais qu’Enzo m’appuie dans ma décision ferme. C’est d’ailleurs ce qu’il fit, me prenant la main le plus doucement du monde.


- Je suis là.

Oui, merci mon chéri.
Je me sentais soudainement soulagé, comme si je prenais réellement conscience que nous n’étions plus des proies. Enfin mon raisonnement était peut-être trop tôt (ou trop tard, je ne sais pas), mais il était là. Bien en vie, avec cette chaleur qui se propageait déjà dans ma main, bien qu’il ne soit pas aussi chaud que d’habitude. Après tout, ça devait être normal au nombre de chocs qu’il avait subit… Je tâchai de ne pas trop y penser alors que ma tête menaçait toujours d’exploser. Je ne devais plus penser à rien d’ailleurs. Le laisser choisir l’endroit où nous allions nous cacher pour l’éternité. Peut-être pas, mais sur le moment, je n’avais pas envie d’être confronté de nouveau à quelqu’un.


- Est ce que tu peux le monter jusqu’aux dortoirs des Gryff ? Rester au quatrième c’est exclu et l’infirmerie j’y tiens pas trop non plus. J’veux juste … J’ai peur de lui faire mal si j’le porte et je sais même pas si j’en ai la force. Une fois là haut ça ira, il a juste besoin d’être au calme. On a … besoin d’être seuls.
- Je ne sais pas si c’est une très bonne…
- S’il te plait.


J’entendis Lukas pousser un petit soupir face à la demande et à la supplication d’Enzo. Le dortoir était une excellente idée. Une idée qui m’enchantait même. Si je n’aurais pas eu aussi mal à tous les muscles de mon corps, j’aurais certainement souris. Mais ça ne semblait pas emballer notre ami qui semblait pencher encore pour l’infirmerie.
Allez mon vieux, s’il te plaît…


- Bon c’est d’accord.

Là, j’aurais carrément pu lui donner une tape amicale, mais je restai plutôt en suspend dans les airs, me contentant simplement de suivre le mouvement que m’indiquait sa baguette. Je me sentais aussi mou qu’un spaghetti trop cuit, mais l’effet que je ressentais était tout autre : tout était endoloris. Et alors que les escaliers commencèrent à défiler sous mes yeux, je menaçai de baisser mes paupières à de nombreuses reprises puisque la fatigue me gagnait ardemment. J’avais l’impression de ne pas avoir dormi depuis des jours tant toute mon énergie vitale semblait m’avoir quitté. Si Lukas me lâchait, même en avertissant, je serais incapable d’amortir mon arrivée au sol pour tomber sur mes pieds. Je m’imprégnai du silence qui régnait autour de nous jusqu’à temps que nous soyons finalement arrivés à destination, traversant le tableau qui désignait l’entrée de la salle des Rouges. Nous montâmes encore des escaliers et puis finalement, tout doucement, je me sentis tourner dans les airs avant d’être déposé doucement sur ce qu’il me semblait être un lit.

- Merci Lukas. Ça va aller.
- Tu es certain…?


Encore une fois, impossible pour moi de tourner la tête pour voir ce qu’il se passait, mais je devinais un Enzo au regard convaincu sur notre jeune ami. Lukas prononça autre chose avant de sortir et nous nous retrouvions seuls. Puis au bout d’un moment, alors que je penchais dangereusement de nouveau pour le sommeil profond et possiblement réparateur, je sentis sa présence près de moi. Je levai les yeux jusqu’à lui alors que sa main se posait sur la mienne. À ce moment là, j’eus peur pour lui. Il avait l’air si blême… Tellement que j’étais certain qu’il allait vomir à tout instant. Je voulais lui sourire, lui dire que j’allais bien, mais ma bouche refusait de s’ouvrir pour quoi que ce soit : j’étais condamné à un silence horrible. De toute manière, il n’aurait pas cru à mon petit manège, tout comme je ne croirais certainement au sien. Il décide finalement d’enlever mes vieilles converses en tâchant d’être le plus méticuleux que possible et je me retiens de faire une grimace ou de faire quoi que ce soit d’autre d’ailleurs, préférant ravaler ma douleur. Je ne voulais pas passer pour faible devant lui ou me plaindre tant dis que j’imitais une loque sur un matelas alors qu’il souffrait tout autant que moi. Cette situation me faisait royalement chier, mais avais-je d’autre choix que de passer pour le mort vivant alors qu’il faisait des efforts plus que considérables pour tenir encore debout? Il me gratifie ensuite d’une couverture, élément non négligeable tant dis que je me rendais compte que je claquais des dents. Peut-être était-ce les nerfs qui lâchaient ou alors un énorme frisson qui me parcourait des pieds à la tête, déclenchant une nouvelle vague de douleur.

- Je reviens tout de suite.

Non! Pars pas, me laisse pas!

Un bisou sur le front, un espace noir durant quelques secondes et un Enzo qui revient dans mon champ de vision, soulageant mon petit cœur qui s’était soudainement déchainé dans ma poitrine.


- Tiens, bois.

J’obéis, buvant à petites gorgées l’eau fraîche qui se déversa lentement dans ma gorge. Je me laissai faire lorsque je sentis ma main blessée se faire observée par son regard curieux. Le bout de sa baguette froide me procura un petit frisson et je me doutais de ce qu’il était entrain de faire, même si je n’osais pas regarder, trop concentré à ne rien renverser. Une seconde ou deux de silence et puis… :

- J’suis désolé, j’ai pas assez de force pour refermer ta blessure.

Je délaissai enfin le gobelet.

- Laisse… P-pas… grave… M’en fou.

Ma main était le dernier de mes soucis en ce moment. Ce qui m’inquiétait le plus, c’était lui. J’étais touché et content qu’il s’occupe ainsi de moi, mais qui s’occupait de lui? Personne. Et ça me rebutait parce que c’était comme ça à chaque fois et je commençais à en avoir marre, même si ce n’était pas de ma faute et encore moins de la sienne.
Un petit cri plaintif de sa part me força à relever la tête malgré moi, sous la force de l’impulsion de peur, pour constater qu’il se tenait les côtes de sa main libre. Il tenta de me rassurer, mais ce fut en vain : j’étais encore plus alarmé que je ne l’étais. Je n’avais pas oublié les valses durant lesquels il avait rencontré le mur ou le sol, qui avaient probablement eu raison de ses muscles et pire encore : de ses os. Si ça se trouvait, il avait un truc de brisé et il tenait encore debout à cause de l’adrénaline ou d’un autre truc inexplicable. Je me recouchai finalement, incapable de tenir plus longtemps dans cette position assez souffrante, mais je me mordis la lèvre de colère, tant cette situation me dépassait et me frustrait. Sale violence gratuite… Et dire que ça n’arrêtera jamais…
Je sentis sa main parcourir mon visage avant de s’arrêter sur mon cœur qui s’était légèrement calmé, mais qui exprimait autre chose cette fois.


- Tu restes ici cette nuit. Et toutes les autres, jusqu’à ce que ça aille mieux.

Il avait une voix ferme, comme celle d’un père bienveillant au chevet de son enfant malade, mais je comprenais. Et en quelque part, ça me rassurait, ce fait de pouvoir (et de devoir) rester dans cette chambre, dans ce lit qui était fort probablement le sien. Car je n’avais pas envie d’aller ailleurs, ni de voir personne d’autre. J’ignorais combien de temps il me faudrait pour me rétablir sans médecine, mais j’étais prêt à faire le test si ça pouvait m’épargner cette saloperie d’infirmerie. Je n’offris donc aucune parole de résistance face à ce nouvel ordre que je venais de recevoir.
Nous plongeâmes de nouveau dans le silence ou encore une fois, je menaçai de monter dans l’au-delà, jusqu’à temps que la porte de la chambre s’ouvrit, soutirant une dernière fois les réflexes que je pouvais avoir en moi. Si Enzo a réussi à se lever pour confronter directement l’intrus, moi je ne pu que relever de nouveau la tête, les yeux déjà écarquillés par la surprise et par la peur qui s’emparait de tout mon être. Mais lorsque j’entrevis Ismaelle je relâchai tout, laissant ma tête tomber lourdement sur l’oreiller, me faisant grimacer.


- C’est moi. Tout va bien. Enzo … J’ai croisé Lukas, il … Laisse moi approcher, je ne lui ferai pas de mal, je te le promets. J’ai fait un détour par l’infirmerie, Maxence est débordé mais il m’a donné quelque chose pour apaiser la douleur physique.

Mon Dieu merci…
Merci Lukas, merci Ismaelle, merci le mec de l’infirmerie, même si je déteste ce genre d’endroits…

Je tentai de me redresser une fois de plus, mais un geste de l’enseignante m’indiqua de rester cloué au matelas.


- Non, non. Ne bouge pas. Tiens, avale ça. Ça te fera dormir et ça calmera la douleur.

J’obtempérai, avalant le truc qu’elle me tendait gentiment. Je poussai un petit soupir de soulagement alors que je me sentais assommé davantage, comme si la médecine faisait déjà son effet. D’ailleurs, mes muscles semblaient moins endoloris, faisant place à de l’engourdissement. Enzo et Ismaelle échangeaient quelques paroles que j’entendis à moitié, ne me formalisant pas sur ce qu’il se passait. Je n’avais plus la tête à ça de toute manière, car j’avais beau lutter encore et encore, le sommeil gagnait sur ma personne et ma conscience…

Je sombrai dans un autre monde.
Un monde sans couleur, sans vie. Et pas trop profond.



J’ignorais combien de temps s’était écoulé, mais quelque chose me dit que je n’étais pas tombé endormi très longtemps. Une main était enroulée autour de l’un de mes poignets tant dis que des doigts glissaient dans ma tignasse emmêlée. Mais ce n’était pas ces présences qui m’avaient réveillé : c’était plutôt la porte qui s’était encore une fois ouverte. Mais cette fois-ci, j’étais beaucoup trop comatique pour faire quoi que ce soit : je laissai plutôt les autres agir à ma place, me foutant un peu de ce qu’il pouvait m’arriver. Ça pouvait paraître égoïste, mais tout ce que je souhaitais, maintenant que j’étais dans une certaine sécurité, c’était de dormir. Je cogitais au milieu d’Enzo, Ismaelle et des nouveaux arrivants dont j’ignorais de qui il s’agissait. Sans doute les camarades de chambre de mon copain. Des voix s’élevaient encore une fois et je ne tentai pas de distinguer à qui elles appartenaient. Elles étaient juste… Là.
Il y eut du mouvement autour de moi, mais je n’en tiens pas trop compte. Puis, je sentis Enzo là, tout près, comme s’il se trouvait à la même hauteur que moi sans être couché à mes côtés.


- J’ai tellement envie de te prendre dans mes bras, mais j’ai peur de te faire mal.
- Humsais…


Je savais tout ça et moi aussi j’en avais envie. Mais peut-être que le mieux à faire était d’atteindre d’être en meilleure forme, question que l’on ne se casse pas tous les deux.

- Est c’que ça va mieux ?
- Hum… toi?
- Excuse moi d'être aussi … Je sais que t'es pas en sucre, que t'es un homme, un vrai, un dur à cuire ...


Ne me fais pas rire… Tu sais que tu t’adresses à Boucle d’Or là, hein?
Il évitait la question, bien entendu. Tout comme j’évitais la sienne. Bien sûr que non ça n’allait pas mieux d’un côté comme de l’autre, mais se voiler la face nous faisait sentir moins coupable, même si nous n’étions pas responsables de notre sort.


- J'ai eu peur. C'est … J'peux juste pas m'en empêcher.
- Et tu crois que j’ai pas eu… La frousse de ma vie moi?


Sérieusement, j’ai bien pensé qu’ils nous auraient pour de vrai cette fois-ci. Mais apparemment, ils n’en n’ont pas terminé avec nous puisqu’ils nous ont laissé en vie. On sera de nouveau leurs jouets favoris avant d’être jetés aux poubelles d’ici quelques semaines. Nous sommes trop intéressants, trop différents pour qu’ils nous lâchent aussi facilement. C’est notre destin, notre conséquence pour être ensemble, pour s’aimer comme deux fous. Qui aurait cru que l’amour méritait un tel prix? Désolé que tu te tapes tout ça à cause de moi, parce que c’est bien moi qui t’as entraîné dans cette relation à deux. Faut dire que t’as décidé de flancher, mais ça c’est une autre histoire. Et je m’abstiendrai de faire ses excuses parce que de toute manière, tu ne les prendras pas, tu ne les écouterais même pas.

- Allez, arrête d’être au sol… Viens t’allonger à côté de moi, je vais te faire une place.

Même si ça me demande un effort de Gladiateur.
Comme dis, je me tassai légèrement sur le côté du lit afin de lui laisser un espace suffisant pour qu’il puisse s’installer à mes côtés. Si je devais reprendre des forces, il le devait autant que moi.


- Maintenant, on arrête de penser, on arrête de réfléchir et… On reprend des forces. De toute manière, je sais même pas comment j’fais pour être encore éveillé… Ce truc est tellement puissant…

Je parle du somnifère contenu dans le truc que j’ai avalé plus tôt. C’est que là je n’arrive vraiment plus à garder les yeux ouverts et du coup, j’abaisse mes paupières encore une fois.

- On est en vie, c’est tout ce qui compte.

J’attrapai sa main, à défaut de pouvoir être dans ses bras.

- Je t’aime Enzo Ryans. Pour toujours.

Sur ces dernières paroles, je sombrai de nouveau, mais plus profondément cette fois-ci.


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MessageSujet: Re: Blood, Tears & Gold ▬ Kyle   Lun 25 Mar 2013 - 13:04

C’est injuste, c’est cruel, mais c’est comme ça. Est ce que ça n’est pas triste d’en arriver à penser de cette manière ? A force d’en prendre plein la gueule, on fini par être presque blasés et on n’est pas les seuls dans ce cas là, loin de là même. Seulement dans ce genre de situation, quand on est personnellement pris à parti de cette façon, le sort des autres on n’a pas vraiment ni le temps ni l’envie d’y penser et de s’en préoccuper. A l’heure actuelle tout ce qui m’importe c’est d’avoir Kyle sous les yeux et le reste, les autres, ça n’existe pas ou presque. Je ne peux pas faire abstraction de la présence des gars dans le dortoir, c’est une évidence, et c’est tout aussi évident que je préfèrerai – et lui aussi sans doute – qu’on soit seul mais malheureusement on n’a pas vraiment le choix. Il est épuisé, le truc que lui a donné Ismaelle commence à faire dangereusement effet et je vois bien qu’il lute pour garder les yeux ouverts. Je le suis aussi, qui plus est, même si Loup ou en tout cas ma constitution et mes nerfs me permettent encore de tenir le choc. J’ai mal, partout, je ne me sens pas vraiment bien mais l’estomac vidé et l’odeur du sang n’étant plus qu’un lointain souvenir ou presque, c’est déjà plus facile. La tour des Gryff, c’est le seul endroit où j’ai pensé qu’on serait … j’en sais rien, sinon à notre place au moins un minimum à l’aise. Au moins il est dans un lit confortable et pas enfermé dans une cellule miteuse qu’ils osent appeler chambre. Si j’avais eu le choix et la possibilité c’est dans ma chambre à Lakes que je l’aurai emmené. Douce rêverie. Enfin peu importe, il est là, dans mon lit. Lit qu’il connaît déjà pour y avoir déjà passé un peu de temps à plusieurs reprises ces derniers mois même si c’était rapide à chaque fois. Désormais ça ne sera plus comme ça, essayons de trouver un peu de positif dans tout ça. Mes yeux sont ancrés dans les siens mais j’ai du mal à soutenir son regard. Il y a beaucoup de choses qui se mélangent dans ma tête et qui plus est j’ai du mal à le voir comme ça. J’aimerai fermer les yeux, ou tourner la tête, pour ne pas avoir à le regarder parce que ça me fait mal mais je ne peux pas me résoudre à l’abandonner, à lui tourner le dos et plus que tout à le laisser échapper à ma « vigilance » une seule seconde. C’est peut être démesuré mais j’ai trop peur qu’il disparaisse. Il a pris cher, et qu’est ce qui me prouve que son corps ne tient pas qu’à un fil ? Je tente de faire abstraction des autres présences, je me console en me disant qu’ils vont finir par quitter l’endroit pour aller faire leur devoir ailleurs, ou prendre l’air, puis descendre manger, et on finira par être seuls. Vraiment seuls. De toute façon je n’arrive pas à penser à autre chose, ni à personne d’autres. Mes amis, ma famille, il n’y a pas de place pour eux en cet instant même si je sais que ça n’est pas forcément une bonne manière de voir les choses. Dès l’instant où ce qui s’est passé arrivera jusqu’à leurs oreilles ils voudront faire quelque choses, avoir des nouvelles, s’occuper de nous, etc … Je ne veux pas de tout ça. Seul le temps et la solitude guérira nos blessures, c’est en tout cas comme ça que je vois les choses et je me connais suffisamment pour savoir que je ne supporterai pas d’avoir à gérer le regard de mes proches sur cette situation, ni même leurs sentiments. Colère, peine, inquiétude. Non, c’est trop, je ne peux pas. Alors ma main sur la sienne, je fais ce que je peux pour me concentrer sur lui et je laisse sortir un peu tout ce qui me passe par la tête. Admettre devant lui ce que je considère être des faiblesses c’est beaucoup moins difficile que devant n’importe qui d’autre. Ça l’a toujours été et je n’ai jamais vraiment cherché à savoir pourquoi, ni même s’il y avait une raison. C’est comme ça, et c’est tout. Donc oui ’ai eu peur, tellement peur, mais la rage et la douleur ont pris le pas sur le reste. A l’heure actuelle, tout retombe. Lentement, mais surement. Jusqu’à ce que ça remonte … Il m’a demandé si ça allait mieux et naturellement je n’ai pas répondu. Il ne s’est pas formalisé et la « conversation » a suivi son cour.

« Et tu crois que j’ai pas eu… La frousse de ma vie moi ? »

Si, bien sur que si, c’est juste … ça n’est pas pour moi que j’ai eu peur, ou si un peu mais d’une manière détournée. J’ai eu peur de te perdre, ce qui en soit est une réaction tout aussi « égoïste » que d’avoir peur pour soi même puisque je n’arrive pas à envisager ma vie sans toi. J’aurai du avoir peur pour moi, sans doute, mais les émotions qui se mélangeaient dans ma tête étaient déjà bien trop nombreuses et il n’y avait pas de place pour celle là. Qui plus est, je me connais assez bien – au moins d’un point de vue physique – et je sais ce qu’est capable d’encaisser mon corps. La douleur, même si elle me touche bien évidemment, ne me fera pas plier aussi facilement que le reste. Qui plus est je récupère vite grâce à la Lycanthropie. Ce que j’ai dit à Ismaelle est totalement exacte : Avec la transformation mensuelle qui finalement en est une double puisque passer d’un état à l’autre c’est bien mais il faut revenir à l’original au bout de quelques heures, mon corps a pris l’habitude de souffrir et d’encaisser. Ça, et tout le reste. Ça n’est pas la première fois qu’il est soumis à rude épreuve, volontairement ou pas. Je sais ce que tu veux dire, je comprends. Toi aussi tu as eu peur pour moi et c’est encore le cas parce que tu ne peux pas t’empêcher de te demander à quel moment je vais flancher. Je le sens. Et si tu veux tout savoir, moi aussi je me pose la question mais pour l’instant …

« Allez, arrête d’être au sol… Viens t’allonger à côté de moi, je vais te faire une place. »

T’es pas sensé avoir suffisamment de force pour me donner des ordres, Johnson. Quoi qu’il en soit t’arrive à m’arracher un sourire malgré cette situation merdique. Encore une, pas la première, et surement pas la dernière mais … c’est fini. Au moins pour aujourd’hui, et aussi incroyable que ça puisse paraître je sens que je commence à me calmer, à me détendre un peu.

Il se décale, je ne bouge pourtant pas. Je me contente de le regarder, ma main toujours sur la sienne en grimaçant de concert avec lui en écho à sa propre souffrance. Arrête de bouger ! Je peux rester là … même si je n’en ai pas la moindre envie, même si tout ce que je veux c’est m’allonger à côté de toi sur ce lit. Mon lit. Notre lit, jusqu’à nouvel ordre. Et dire que j’ai rêvé de ça pendant des semaines, et des mois, presque des années. Si j’avais su qu’il faudrait en passer par là pour pouvoir l’avoir ici avec moi sans qu’on ait à se cacher sans arrêt … En réalité, c’était plutôt couru d’avance. Il fallait que tout explose, on aurait du s’y attendre et d’ailleurs on s’y attendait, mais personne n’est jamais prêt pour ça. En tout cas je préfère te voir là plutôt que n’importe où ailleurs dans ce château. Au chaud, sous mes draps et couvertures.

« Maintenant, on arrête de penser, on arrête de réfléchir et… On reprend des forces. De toute manière, je sais même pas comment j’fais pour être encore éveillé… Ce truc est tellement puissant… »

Il ferme les yeux, et je le sais, il ne les rouvrira pas de si tôt. Je reste là, immobile, toujours à genoux sur le sol, mon menton sur mon bras et mon bras posé sur le matelas. La main repousse la mienne pour finalement l’enrouler. Je le laisse faire.

« On est en vie, c’est tout ce qui compte. »

T’as raison.
Je suppose.

« Je t’aime Enzo Ryans. Pour toujours. »

Ce sont les derniers mots qu’il prononcera, et j’aurai espéré qu’ils aient un peu plus d’impact pour moi mais tout ce que je ressens c’est de l’amertume. Pas envers lui, pas contre lui, mais ce toujours … C’est tellement abstrait. Ce toujours peut prendre fin dans deux minutes, comme dans trois mois ou dans 50 ans et … T’as raison, encore une fois, on arrête de penser, de réfléchir et on reprend des forces. Toi tu dors déjà, et ça aussi ça me fait sourire mais si c’est un sourire maigre. Ta main ne lâche pas la mienne.

J’ignore combien de temps je l’ai regardé comme ça, peut être quelques minutes, faisant abstraction des mouvements, des bruits et des présences. J’ai fini par me relever néanmoins, non sans écraser un nouveau gémissement de douleur. J’ai dégagé ma main de la sienne et j’ai attrapé le drap pendu au lit du côté où je me trouvai pour le faire tomber de façon à nous cacher totalement. J’étais pieds nus, en T-shirt, avec un pantalon de survêtement venu d’on ne sait trop où, en coton. Ma température corporelle commençait à remonter un peu alors j’ai viré mon fut et mon T-shirt et je me suis glissé sous les draps à mon tour, derrière lui, tout en prenant soin de ne pas le toucher trop brusquement. Une fois installé confortablement – autant que faire se peu – j’ai passé mon bras par dessus lui et j’ai glissé ma main sous son vêtement pour la poser sur son ventre, en douceur, de façon à le faire profiter de ma chaleur corporelle. Si j’ai enlevé mes vêtements – en partie – c’est parce qu’ils auraient stoppé cette chaleur et c’est de ça dont son corps à besoin, entre autre. Un instant j’ai effleuré sa nuque du bout des lèvres avant d’y déposer un léger baiser.

« Moi aussi … »

Mais est ce que ça suffira ?

Je sais que tu dors, que tu n’entends pas et que tu m’as dit je t’aime il y a de longue minute mais … mieux vaut tard que jamais, il parait.

Le dortoir s’est vidé. Le silence est retombé. Je suis resté là, immobile, incapable de m’endormir malgré mes yeux clos, malgré sa présence contre moi. Je ne serrai pas, j’étais juste … là. Présence je l’espérai réconfortante. Ma main est remonté contre son torse jusqu’à se poser à l’emplacement de son cœur et je me suis calé sur ses battements, ainsi que sur sa respiration. La meilleure berceuse que je connaisse, même si elle n’a pas vraiment été efficace pour une fois. La tension n’était pas décidée à me quitter de ci tôt et à mesure que les heures passaient, elle ne faisait qu’accroitre.

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