AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Juste une pause dans la frénésie de l'existence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 483
Date d'inscription : 02/10/2011
Crédits : Stela
Double Compte : Marek, Takuma, Sovahnn, Alec, Maxence, Yusuke, Kazuo



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1393-jordane-s-links#79754
MessageSujet: Juste une pause dans la frénésie de l'existence   Dim 3 Fév 2013 - 21:07

03 Juin 2014


Besoin d’air, besoin de prendre de la distance. A force d’être tous les uns sur les autres, Jordane étouffait. Chaque souffle semblait être porté par celui d’un autre, chaque pas entraînait un frôlement, et il lui fallait simplement une pause loin de tout ça. S’évader, oui, mais jusqu’où. La nuit était tombée depuis bien longtemps à présent, mais chaque souffle dans le dortoir l’irritait au plus haut point. Alors, sans un bruit, mais le cœur battant de rage, la jeune femme s’était glissée hors de ses draps et, sans prendre la peine de se chausser ou de s’habiller, elle était sortie du dortoir. Oppressée, elle avait toujours eu l’habitude de vivre seule et tant de proximité lui était néfaste. Les singes sont des animaux communautaires, et chaque individu un peu excentré est finalement rejeté et incapable de s’intégrer, de s’adapter, d’exister et de se reproduire. Qu’en est-il des Hommes ? Est-ce qu’elle était l’un de ceux-là ? Trop solitaire de caractère, trop blessée déjà pour réussir à appartenir réellement à un groupe ? Bien sûr, elle n’était pas arrivée depuis si longtemps que ça, et, en tant que nouvelle dans une société, elle était forcément mise un peu sur le côté. Et puis, de toute manière, si elle avait besoin de s’éloigner, c’était bien qu’avec plus de contacts, elle aurait été plus mal encore non ? Il lui fallait du temps pour se faire à ces chaines qu’on lui avait imposé. Mais est-ce qu’un jour elle serait capable de laisser tous ses états d’âme sur le côté, de simplement fermer les yeux et de laisser aller les choses. Non, elle s’accrochait à tout, avait besoin d’assurances, de certitudes, et là, elle ne maîtrisait rien, et d’un sens, cette ignorance la rendait folle.

Bientôt, ses pieds nus s’écorchaient contre les graviers disséminés par-ci par-là sur les dalles des coures ouvertes du château, mais déjà, la voilà qui se glissait dans les ombres du parc, ses pieds, soulagés, profitant de la douceur de l’herbe encore courte. La bise léchait doucement son visage, calmant la frénésie de la rage brutale qui l’avait pris il y avait quelques heures. Besoin de prendre de la distance, oui, mais par rapport à quoi ? Tout peut être. Son avenir, ce qu’elle était aujourd’hui, ses relations, ses états d’âme, ses révoltes et ses défaites. Il lui fallait encaisser son passé, le manque des gens qui auraient dû être là, tout autour d’elle. Mais, voilà, quand on subit un drame, les familles éclatent, elles ne se soudent pas. Pas chez elle en tout cas. Non, son père était revenu, c’était vrai, mais pourquoi ? Enfin, ce qu’elle voulait dire, c’était que, du coup, elle s’était un peu plus isolée. Essayer d’agir au mieux pour une enfant qui a perdu sa mère, c’est bien, mais, finalement, elle n’était pas réellement là. Elle n’était plus qu’une ombre. Et puis, à force de chercher à se refaire, à donner un sens à sa vie… à force de chercher une voie, il lui semblait qu’elle n’avait fait que les multiplier. A présent, elle était tentée d’en choisir à nouveau, mais au final, tout ça ne ma mènerait à rien. Elle ne ferait qu’hésiter, sans arrêt, sur la marche à suivre. Et à force, elle était simplement une gosse perdue, elle qui ne supportait pas se montrer comme ça : comme une pauvre gamine larguée qui aimerait bien qu’on lui dise comment penser, comment agir. Il y avait pourtant bien trop de monde ici à vouloir lui dicter leurs actes. Elle avait pris plaisir à le faire à son tour, c’était clair. Surtout face à quelqu’un comme Logan Rivers qui l’avait blessée. Pourquoi toujours se comporter comme ça ? Pourquoi chercher à faire du mal pour se prouver qu’on gère, qu’on n’a pas d’attache, et que, quoi qu’il se passe, on sera seul maître à bord ?

Au final, si elle ne lui en voulait pas tant que ça, c’était qu’elle aussi agissait comme ça. Besoin d’espace, besoin d’être elle avant tout. Mais qu’est-ce que ça signifie au final ? Elle fuyait quand elle était trop collée, quand elle avait l’impression d’étouffer, mais il n’y avait pas que ça. A chaque fois que les choses se stabilisaient pour elle, elle cherchait la petite bête, le petit truc qui faisait qu’elle avait le droit de se sentir mal. La complaisance dans la souffrance, ça signifie quoi ça au juste ? Un besoin de se justifier, un besoin de souffrir pour se sentir vivant ? Sa mère était morte, elle avait le droit d’être mal, c’était légitime. Elle était enfermée, et avait le droit d’être mal, alors pourquoi toujours aller chercher des petites choses sans importances ? Des détails dont elle n’aurait probablement pas tenu compte en temps normal. Pour se détourner des choses importantes peut être ?

Effleurant la forêt interdite, la jeune femme s’était posée sur un tronc, les yeux ouverts sur les ténèbres opaques de ce milieu où les Hommes n’avaient pas leur place, sans un bruit, sans un mot, elle s’était simplement laissée apaisée, envahie par le besoin de réfléchir au calme, loin de la civilisation bruyante, inhumaine, dangereuse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1626
Date d'inscription : 03/09/2009
Crédits : A[-]P
Double Compte : Marek, Alec, Takuma, Sovahnn, Maxence, Yusuke, Jordane



Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Juste une pause dans la frénésie de l'existence   Dim 3 Fév 2013 - 21:45

Quel but à l’existence ? Lorsqu’on est jeune, cette question nous taraude, mais elle est d’autant plus véridique lorsqu’on a l’éternité devant soi. Là, dans la nuit, quand le monde semblait s’être assoupi, dans la sécurité et le calme de la solitude, l’être des ténèbres se sentait seul tout à coup. Dans cette immensité, il n’y avait rien sur quoi il puisse se raccrocher. Qu’est-ce qu’il lui restait au juste ? Qu’avait-il simplement jamais eu ? Dans cette école, tout le monde semblait se battre avec leur vie mouvementée, leurs excès de sentiments, leurs mensonges, trahisons, pertes et drames, mais lui ? Lui qui avait profité de la vie pour savourer la joie de la détruire cherchait à présent autre chose. Celui qui l’avait créé l’avait aussi délibérément laissé, et, à présent que cette décision ne venait pas de lui, il semblait à Kazuo qu’il avait perdu la seule chose qui l’avait, un jour, raccroché à son humanité, et c’était à partir de là qu’elle prenait tout son sens. La solitude, la détresse et l’incompréhension étaient en lui, parce qu’il se rendait compte que, finalement, il y avait une raison à tout ça. Ce besoin de trouver quelque chose à faire était devenu plus fort au fil des semaines. Jusque là, il s’ennuyait, mais à présent, il tournait en rond sans comprendre comment il en était arrivé là. Il lui semblait d’un coup ne pas être de taille à affronter le monde, tout simplement parce qu’il ne voyait pas ce qu’il pouvait combattre, or, il n’y avait que dans le conflit qu’il savait se construire. A présent, il n’était rien, tout simplement rien. N’être quelqu’un que grâce au regard des autres, c’était ce qu’on lui avait suggéré, on lui avait dit que c’était ce qu’il avait cherché depuis toujours tout simplement parce qu’il n’avait jamais eu de reconnaissance quelconque, et, à présent énoncé ainsi, ce petit jeu ne lui semblait plus avoir le moindre intérêt.

« C’est pas un endroit pour une jeune femme seule et en pleine nuit. »
« C’est en effet un endroit pour un vampire, mais pas un de ceux qui ne décident pas de jouer avec leur proie. »

La jeune femme ne s’était même pas retournée pour lui répondre ainsi.

« Belle observation. »
« Ça aurait pu être une blague. C’est confirmé maintenant. Et que fait un chasseur s’il n’attaque pas au juste ? »
« Il réfléchit. »
« À quoi ? »
« La nature humaine. »

Se retournant finalement, la jolie rousse avait planté son regard dans celui de l’immortel. Sans sourciller, elle avait tapoté l’espace qui restait sur la souche à ses côtés. Non, elle n’avait pas froid aux yeux, mais à vrai dire, elle semblait à présent plus blasée qu’autre chose. Ça n’était pas que rien n’avait d’importance, mais juste qu’elle laissait de côté tous les aspects de sa vie : fortement suicidaire, mais dans sa folie, elle avait de la chance, puisqu’il était dans le même état qu’elle.

« Pourquoi une telle envie de solitude ? »
« J’en sais rien, j’me pose des questions. J’sais pas quoi faire de ma vie, c’est con dit comme ça, mais quand on part de là, j’continue à chercher l’importance de mon existence, et, face à ce que les votre font ces derniers temps, j’me sens… j’sais pas trop quel est l’intérêt de nos vies. J’suis pas dépressive, ‘faut pas le prendre comme ça, c’est juste un constat. Ya trop d’humains sur terre, plus ça va, moins il y a d’espace pour les loger, pour les nourrir. Les mieux adaptés, au final, sont les morts comme vous, mais vous, comment vous vous sentez ici ? »
« Mal. »
« J’ai besoin de me sentir utile. »
« Réconcilier un couple, ça ne t’as pas suffit ? »

Le regard étonné de la jeune femme avait été accueillis par le vampire par un petit sourire amusé. Oui, il était au courant de beaucoup de choses ici finalement. Entre les quelques missions que les Supérieurs lui donnaient, il avait largement le temps d’entendre un peu de tout et de n’importe quoi. Et, si, au début, il n’en avait pas eu grand-chose à faire, l’ennui faisant, le voyeurisme si on peut dire, avait fini par l’emporter.

« C’était… jouissif de gueuler sur Rivers, mais le couple, ça n’est pas exactement pour moi une finalité de vie. J’trouve ça… étouffant, et les gens qui gravitent principalement autour de ça ont tendance à m’emmerder violemment. »
« Sage, à mon avis. »
« Et vous pensez quoi des histoires de sang ? »
« Quelle blague… »
« Sangs purs contre sangs mêlés je parle. »
« J’avais compris. Je dis qu’ils ont globalement le même goût. »

Contre toute attente, face aux sarcasmes du vampire, la jeune femme avait rit de bon cœur, observant un instant encore la forêt face à eux. Pourquoi en était-il arrivé à parler ainsi avec une gamine humaine au juste ? Probablement parce qu’elle ne se comportait pas comme on l’aurait attendu de quelqu’un comme elle à présent, alors il semblait peut être logique qu’il ait une attitude étrange à son tour. Dans tous les cas, se détacher de ce qu’il était, faire une pause en soit, lui faisait un bien fou. Ok, peut être pas autant, mais au moins, il trouvait ça reposant.

« Vous voulez une idée ? Si vous vous faites chié à ce point, venez du côté des plus faibles et gagnez cette guerre avec nous. Ça fera probablement toujours quelques années de prises de tête, de massacre et de sang pour occuper le temps. »
« T’es bizarre comme fille. »
« Complexe du père. ‘Pas assez de considération. »

C’était à son tour de rire, et ça, ça n’avait pas dû arriver autrement qu’avec Esha depuis bien longtemps. Tout ce qui se rapprochait de cette mimique, chez lui, s’apparentait plus à des menaces qu’à un réel amusement. Pourtant, oui, il était amusé par la souffrance, par les originalités dans la mort. Finalement, il ne faisait peut être que chercher à trouver quelque chose qui se rapprochait plus de sa propre condition.

« En quoi les Immortels seraient plus adaptés ? »
« Va lire Darwin. »

Tient, on se tutoie ? Bref, il se foutait pas mal de ce genre de détails, voulant simplement savoir ce qu’elle entendait exactement par là.

« Vous vous nourrissez du sang des vivants, sans toucher aux autres denrées. Ça permet donc de réguler le flux de population. Vous avez d’ailleurs tout intérêt à veiller sur le maintient d’un nombre plus … adapté. Sans pour autant brider l’espèce, car tout déséquilibre risquerait de la faire déraper et disparaitre, et alors votre principale source de nourriture serait réduite à néant. »
« Ton cœur s’accélère. »
« C’est tout ce qu’il y a à dire après une telle hypothèse ? Que je flippe à force de m’associer à un steak tout en étant ici ? »
« C’est que tu reviens doucement à la vie. C’est pas si mal. »

Ouais, c’est pas si mal.

Sans un mot de plus, ils étaient tout deux restés encore un bon moment dans les ombres et le silence. Le cœur de la jeune femme avait doucement repris son rythme initial, berçant doucement le vampire. Revenir à la vie. Tentant.
Revenir en haut Aller en bas
 
Juste une pause dans la frénésie de l'existence
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pause dans les simulations
» Interdiction de fumer totale
» arrivée à Diantra et pause dans ses explorations [libre]
» mais juste une fois dans le chalet (if u know what i mean) ✰ bibou
» Ma pause dans la construction de la ville (SDE)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Outside :: La Forêt Interdite.-
Sauter vers: