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 « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn

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MessageSujet: « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn   Dim 27 Jan 2013 - 9:36



Logan & Caitlyn
« Rira bien qui rira le dernier. »


Samedi 10.05.2014

Réguliers comme le tic-tac d'une horloge, les pas de Caitlyn résonnaient dans les couloirs et les escaliers vides en ce samedi de mai dont les élèves avaient apparemment profité pour prendre l'air dans le parc. Et puis, si elle ne croisait que peu de solitaires, c'était qu'elle s'appliquait à contourner les lieux qu'elle savait fréquentés, malgré les petits détours que cela lui faisait faire. Elle ne tenait pas vraiment à rencontrer quelqu'un avant d'avoir rencontré celui qu'elle voulait, car ce quelle avait à lui dire, elle ne voulait le dire qu'à lui - logique, certes - et devait donc éviter que ça sorte avant qu'elle ne soit en face de lui. Lui l'homme qui, plus ça allait, et plus il la dégoûtait. Lui, l'homme qu'elle ne comprenait pas et qu'elle ne voulait plus comprendre puisqu'il n'en valait plus la peine, du moins pas si tôt après qu'elle ait dû réparer ses méfaits. Lui, le professeur qui faisait pleurer ses élèves et non pas inconsciemment ou involontairement, mais en les rabaissant et ridiculisant délibérément. Lui, Marek Logan Rivers. Il y avait dans la démarche de Caitlyn, dans ses yeux et ses traits, dans tout son être, une détermination froide. Quelque par, c'était contraire à ses principes, car elle n'aimait pas la pensée d'être fermée d'esprit, d'être bornée. Mais finalement, elle aimait encore moins le préjudice porté aux autres et si elle s'emportait de la sorte, c'était parce qu'elle compatissait avec Sovahnn et voyait dans les causes de son état un problème. Un professeur n'avait pas le droit de rabaisser ses élèves, quelle que soit son but et quelles que soient ses relations avec eux. Ça, elle l'avait appris pendant qu'elle vivait avec ses parents. Les lois des moldus étaient très précises là-dessus, il y avait des réglementations par rapport à la relation de maître à élève, basée sur le respect mutuel. Les moldus, en général, agissaient de manière globalement très respectueuse les uns envers les autres, bien plus que les sorciers. C'était ce qu'elle avait remarqué en arrivant à Poudlard. Elle était déjà assez mûre, à 14 ans, pour saisir la différence de comportement entre les deux mondes, et surtout pour se faire une idée sur les causes de cette différence. Bien sûr, il y avait dans le monde des sorciers des lois - le ministère, bien que peu actif, n'était pas tout à fait inutile non plus -, mais le problème, c'était la manière de penser des individus. es magiciens et les moldus n'avaient pas la même morale. Ça, les jeunes sorciers qui fréquentaient Poudlard depuis leurs onze ans ne s'en rendaient pas compte, et se laissaient former par le moule, prenaient les habitudes et les réflexes, les modes de penser, des sorciers, et continuaient donc le comportement.

C'était peut-être pour ça qu'elle était différente, si différente, de son entourage ici. Elle était différente partout où elle allait, elle avait l'impression. Enfin, elle ne s'en préoccupait pas tant que ça, elle faisait comme si elle n'en savait rien, et ne se prenait pas la tête pour ça. Mais elle était au courant, elle avait remarqué, que son moule à elle, il était unique. Chez les moldus, elle était sorcière, chez les sorciers moldue. Chez ses parents enfant, et chez ses amis, maman. Bon, ok, cette dernière phrase allait peut-être un peu trop loin, mais en gros, elle était différente de tous ceux qu'elle fréquentait. Elle avait un comportement assez facile à vivre en général, qui ne rendait que très peu compte de ses débats intérieurs et faisait d'elle une fille active, toujours réveillée, toujours motivée, toujours rieuse, et donc presque un peu fofolle, si bien qu'à première vue elle ne donnait pas du tout l'impression d'être une Raven et de réfléchir plus qu'autre chose. Mais c'était le cas, elle réfléchissait beaucoup, plein de choses se passaient dans sa tête parfois à une vitesse vertigineuse. Et elle était capable de saisir les moindres petites différences qui, si elles étaient extrapolées, auraient eu des impacts bien supérieurs à ceux qu'ils avaient. Des toutes petites différences de comportement, dans la manière de penser, qu'il y avait entre elle et son entourage. Mais elle ne s'attardait pas dessus et continuait la conversation, si bien qu'elle était finalement la seule à les remarquer. Compliqué, tout ça, n'est ce pas ? Finalement, ce n'était pas très important, et il lui arrivait souvent de se dire, comme là, qu'elle se comprenait et que ça devait lui suffire. Si elle avait tenté d'expliquer ça à quelqu'un d'autre, il l'aurait regardée l'air de dire "Mais qu'est ce que tu racontes ?". Donc tant pis. Ou même tant mieux. Car expliquer à quelqu'un qu'elle était différente, c'était pas toujours la meilleure chose à faire. Surtout qu'elle n'avait rien de spécial, elle n'était ni lycane, ni vélane, ni vampire ni même animage, donc bon. A rien ne servait vouloir se distinguer des autres, sauf à creuser encore plus l'écart qu'il pouvait bien y avoir.

Voilà. Elle y était. La porte n'était plus qu'à quelques mètres. Mètres qu'elle franchit sans ralentir avant de s'arrêter une seconde puis toquer sans hésiter. Elle attendit tout de même la permission de rentrer, elle avait beau être énervée, elle ne comptait pas se mettre en position de fautive dès le départ. Elle entra dans le bureau. Il était là, son regard toujours aussi blasé mais insistant attendant qu'elle lui dise le motif de sa visite. Il n'avait pas du tout l'air perturbé par ce qui avait pu se passer, comme s'il ignorait complètement les conséquences qu'il avait eues sur Sovahnn. Bon, d'un autre côté, il n'allait pas les montrer à n'importe qui et c'était plus ou moins normal que de faire abstraction de ce qui venait de se passer pour se concentrer sur ce qu'il se passait. Surtout qu'il ne savait logiquement pas qu'elle était là pour Sovahnn, même si le "pour" n'était pas très approprié mais passons. Elle soutint donc son regard, avant d'ouvrir la bouche et dire :

« Vous n'avez pas honte ? »

Pas très judicieux, la manière d'aborder un prof, surtout Logan Rivers. Mais bon.

« Je sais bien que vous n'êtes pas le modèle de la gentillesse et du respect pour les autres, mais ça va un peu trop loin, là, vous ne trouvez pas ? »

Petite pause, avant de se décider à préciser :

« Je parle de cette fille que vous avez, disons, reçue il y a pas longtemps. »

Pas de noms ni de précisions sur son état actuel, du moins pas pour l'instant. Il savait, ou il ne savait pas. Ou il ne voulait pas savoir, aussi. Et ensuite, on verrait.
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MessageSujet: Re: « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn   Mar 29 Jan 2013 - 7:21

Trop de choses à gérer, trop de choses à penser. Il en avait simplement mare d’être celui qui fini toujours par s’occuper des merdes des autres. Nan mais c’était vrai quoi, il y avait d’autres personnes dans ce château qu’on pouvait aller voir. Des personnes plus aimables et sympa qui plus est, alors pourquoi c’était toujours à lui qu’on se référait. Il n’avait rien d’un modèle, rien de la personne ouverte qui avait envie de s’occuper de tout le monde. Et pourtant, ça n’était pas Maxence ou Ismaelle qu’on allait voir depuis un moment, mais bien lui. Pourquoi merde ? Il était de notoriété publique qu’il n’était ni agréable, ni gentil, ni même tolérant ou respectueux. Non, il était autoritaire, sec et cynique. Mais en attendant, c’était aussi lui qui s’était pris en main pour leur apprendre réellement à réagir. Ses cours étaient violents et il ne laissait de répit à personne. Il réclamait de ses élèves que le boulot soit fait, qu’ils se soient entraînés de leur côté, et, tous les jours, il en prenait un au hasard (ou pas d’ailleurs), le plaçait devant lui, et vérifiait qu’il maîtrisait les sorts qu’ils avaient bossé la fois d’avant, ou celle d’encore avant pour les sorts plus compliqués et ainsi de suite. Il n’avait jamais cogné un élève, mais il n’était pas rare qu’après ses cours, les élèves filent chez le gentil Maxence pour aller se faire soigner de quelques contusions, blessures en tout genre ou brulures. Il n’appréciait pas qu’on lui manque de respect, qu’on parle pendant ses cours ou que qui que ce soit manque d’attention. Après, si quelqu’un ne voulait pas venir, il n’en faisait pas un cake. Non, il n’avait pas la manière de voir les choses de la plupart des professeurs et si un élève décidait de sécher les cours, c’était son choix, et il se démerdait après ça. Il n’était pas là pour les fliquer, pas là pour les éduquer mais pour les instruire, et il ne comptait pas faire autre chose. Ismaelle les maternait, Maxence était le grand frère de tout le monde, ils s’intéressaient à leurs vies, leurs emmerdes, leurs pensées profondes, lui s’en foutait, mais Enzo avait raison bordel, il détestait les laisser sans armes et, à partir de là, il faisait les choses bien, même si c’était à sa manière. Au début de l’année, quand il était arrivé, on pouvait les attaquer sans problèmes, à présent, il n’en était plus question, et encore moins pour les élèves qu’il voyait en colles. Bien sûr, ça lui avait attiré des emmerdes et Logan avait réduit les effectifs. Enzo, Takuma, Sovahnn, et Jordane voulait s’y mettre ; il verrait.

Ce qui c’était passé le mois dernier n’avait pas été digéré, c’était clair, bien au contraire, il flippait, et ça le rendait plus hargneux. Le souci pour les Supérieurs c’était qu’à présent, ils s’étaient fait un ennemi. Il ne comptait pas se laisser faire comme ça. L’Homme qui avait dirigé les opérations manquait déjà à l’appel, les créatures de la forêt interdite s’occupaient de son corps. Oui, quand il faisait quelque chose, Logan Rivers ne le faisait pas à moitié.

C’était un homme injuste et sourd à toute discussion réelle et il le savait parfaitement. Il savait gérer les attaques, mais pas ce que la société avait de bon et, finalement, se comportait un peu comme son corps, ce qui avait tendance à simplement le faire fortement chier. Mais, voilà, c’est comme ça, on reproduit les schémas qui nous on été donné. L’Homme est l’animal ayant la capacité d’apprentissage par mimétisme la plus importante. On ne refait pas des siècles et des siècles de sélection de pool génétiques. Alors, certes, il n’était pas quelqu’un de bien, pas quelqu’un de patient, mais il était autoritaire, et, surtout, savait pourquoi il était là et ce qu’il comptait y faire et ça, ça n’était pas le cas de tout le monde. Depuis qu’il avait rompu avec Aileen et qu’il avait dû encaisser le fait d’avoir provoqué volontairement la mort de son propre frère – bien qu’enflure finie- le besoin d’agir et de faire quelque chose était de plus en plus important. Incapable de rester en place trop longtemps, il l’avait toujours été, surtout en cas de stress.

La baguette à la main, Logan s’était plongé dans une occupation plutôt concrète plutôt que de ruminer sans réel but tout ce qui se passait ces derniers temps. Faire le ménage, eh oui, ça arrive, surtout après l’intervention d’une boule de nerfs comme Sovahnn. C’était lui qui avait proposé la potion pour l’aider à sortir de son coma et lui qui s’en était occupé puisque Jakob n’était pas encore là à cette époque. Tout comme il avait fournis tous les lycanthropes de cette école. Tout comme il avait géré un certain nombre de crises du même genre… et ce, alors qu’il avait une certaine tendance à ne pas supporter les loups garous depuis un certaine époque. Mais, voilà, il l’avait fait, à reculons et en grognant, mais comme beaucoup de choses devaient être faites ici, il s’en occupait, point final. Et c’était pareil pour Sovahnn. Il l’aimait bien cette fille, ça n’était pas la question, elle avait le don de faire passer certaines choses d’une manière bien à elle et même si son constant enthousiasme avait de quoi l’agacer, lui, il fallait bien avouer qu’elle savait s’y prendre pour redonner de la motivation aux autres. La dernière fois, elle avait trouvé les mots, et avait gueulé plus fort et plus vite que lui, tellement qu’il avait compris que, là, il n’avait pas le choix, et il devait faire ce qu’elle disait, puisque si elle se mettait dans un tel état, c’était qu’Alec allait réellement mal. Ok, il le laissait faire ses choix et gérer sa vie comme il l’entendait, mais lui et son cousin étaient proches d’une manière bien particulière. Ils avaient vécus trop de choses pour ne pas se comprendre même si, fondamentalement, ils avaient des comportements bien différents en société. Voilà, ça aussi, il l’avait géré. Tout comme le départ de Jillian à Sainte Mangouste pour qu’elle bénéficie des soins nécessaires à sa survie. Voilà qu’elle était revenue. C’était lui aussi qui avait motivé Takuma à faire ce qu’il fallait pour qu’elle ait une protection sérieusement pendant tout ce temps. Non, il ne lui avait pas proposé la solution la plus correcte, elle amenait même droit à Azkaban. Mais ça, c’était avant que les lois ne changent. S’ils voulaient survivre, c’était en utilisant les mêmes règles que celles des Supérieurs, et pas autrement.

Bref, Enzo a raison sur toute la ligne, et ça, ça fait furieusement chier.

Il n’était pas partis depuis très longtemps finalement, mais à force de remettre les meubles en place, de réparer les murs et le plafond et de rassembler la paperasse, les plumes et autres objets en tout genre, Logan avait largement eu tout le temps qu’il voulait pour cogiter. Agacé, blasé, frustré, il n’aimait pas admettre qu’il avait tord, et il ne le lui dirait probablement jamais, mais il était clair qu’il n’en avait pas rien à foutre des gens qui vivaient dans le château, contrairement à ce que son comportement montrait.

Il en était là de ses réflexions quand quelqu’un à la porte se mit à toquer, l’extrayant de ses pensées en lui faisant lâcher un grognement.

« Quoi encore ?! »

Clair, net, précis : vous me faites chier là ! Tous autant que vous êtes. Il n’est réellement pas possible d’avoir un putain de moment de répits ?

Il avait faillis se faire tuer il n’y avait pas si longtemps que ça, et depuis son réveil, il lui semblait n’avoir pas eu une seconde à lui pour se poser et repenser réellement à tout ça. Encaisser ce qu’il avait fait, comprendre comment il avait fait pour finalement s’attacher à ce point à Aileen, penser ses plaies en fait, tout bêtement. Mais, non, il n’avait pas le droit, pas lui. Ça ne changeait pas par rapport à ce qu’on lui avait apprit dans son enfance. Son père et Enzo ont raison… le monde ne tourne pas rond les enfants. Bref, Caitlyn était entrée. C’était donc avec une expression franchement dubitative, blasée et impatiente qu’il l’avait fixée.

Ça se voit là dans mon regard que c’est pas le moment ?

« Vous n'avez pas honte ? »
« Pardon ?? »

Estomaqué, oui, c’était le terme. Nan mais elle n’allait pas bien celle-là. Les yeux grands ouverts dans une expression de surprise, il n’avait pas eu le temps de grand-chose que, déjà, elle reprenait.

« Je sais bien que vous n'êtes pas le modèle de la gentillesse et du respect pour les autres, mais ça va un peu trop loin, là, vous ne trouvez pas ? »
« … »
D’accord…. Consternant. Tout ça était simplement consternant.

« Je parle de cette fille que vous avez, disons, reçue il y a pas longtemps. »
« S’en est presque navrant.. ; désolant en tout cas. Qui t’as autorisé au juste à me parler sur ce ton on peut savoir ? Ensuite, je pense que Sovahnn est assez grande et mature pour s’exprimer par elle-même, elle l’a d’ailleurs déjà prouvé. Et surtout, ça n’est pas une môme qui va venir m’apprendre à faire mon boulot, et encore moins que je laisserais parler sur des sujets qui ne la regardent pas. T’as probablement pas toutes les données, donc maintenant, retourne jouer à la poupée, et laisse les grands gérer vos emmerdes, parce qu’il n’y en a pas un seul de vous à savoir se gérer seul. Maintenant, dégage, t’as rien à foutre ici et je ne me justifierais pas face à une gosse qui parle sans savoir parce qu’elle a trop envie de se la ramener pour réfléchir trois secondes. Et au passage, tu viens de gagner quatre heures de colles par semaine, et de faire perdre 200 points à Serdaigle :

Quelque chose à rajouter sur le respect des autres ou on s’en tient là ? »


Agacé, il l’était, et ça s’entendait dans son ton sec et froid. On peut savoir ce qu’ils ont les gosses dans ce château ?? Merde ! Il n’était pas son père et ne comptait pas se comporter ainsi. Nan mais sérieusement, vous le voyez avec des gosses ? Non, on est d’accord, et pourtant, il en avait actuellement plus de cinq cents, ce qui expliquait probablement entre autre sa mauvaise humeur. Enzo, il l’écoutait, parce qu’ils avaient quelque chose en commun d’un peu particulier, Sovahnn… Sovahnn elle avait beaucoup fait pour son cousin et ne se permettait pas de débarquer comme ça pour une raison anodine. En revanche, elle, il ne la connaissait pas, c’était aussi simple que ça. Bien sûr, il savait comment elle s’appelait – au bout de tout ce temps, il avait fini par connaître tous leurs noms malgré sa réticence – mais il n’y avait rien qui lui permettait d’agir comme elle le faisait, et s’en était tout simplement inacceptable.
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MessageSujet: Re: « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn   Sam 2 Fév 2013 - 11:52



Logan & Caitlyn
« Rira bien qui rira le dernier. »


Samedi 10.05.2014

Elle aurait bien voulu ne pas être autant sensible aux autres, à ne pas se laisser infiltrer si facilement par leurs émotions. Elles ne rencontraient aucun obstacle, comme l'eau passe à travers une passoire et l'atteignaient souvent en plein cœur. Ça pouvait s'avérer être une qualité, elle était apte à déceler facilement si quelqu'un n'allait pas bien et essayer de l'aider. Et quand au contraire l'humeur générale était à la joie et à la bonne humeur, elle en profitait d'autant plus que ça lui faisait du bien de voir tout le monde s'amuser, sans soucis ou du moins en faisant abstraction de ses soucis. Le truc c'était qu'à force d'intercepter et accepter en soi les humeurs des autres, elle avait l'impression d'en avoir marre, mais alors tellement marre qu'elle était prête à foutre des claques. Non, bien sûr, ce n'était pas à la personne elle-même qu'elle en voulait, mais en quelques sortes à soi-même, pour être aussi sensible, aussi vulnérable. On ne le voyait souvent pas, chez Caitlyn, qui de l'extérieur donnait l'impression de toujours sourire, de toujours être de bonne humeur, et donc d'être inatteignable par les humeurs des autres, tellement ça l'en démarquait. Mais c'était pas du tout le cas. Elle venait d'un milieu stable, soit, ses parents l'aimaient tous les deux, elle avait eu une enfance et une adolescence heureuses, tout allait au mieux dans sa vie. Et sans savoir pourquoi, son inconscient lui disait qu'elle devait faire profiter les autres aussi de cette stabilité, en quelques sortes, et les défaire de leurs problèmes en les prenant sur soi. Enfin, c'était très stéréotypé, dit comme ça, mais c'était peut-être une raison pour laquelle Caitlyn, malgré les apparences, interceptait la plupart des émotions des autres gens. Du moins, c'était sa théorie sur ce fait. Et apparemment, elle ne s'en rendait pas encore trop compte, mais c'était ce qui s'était passé avec Sovahnn. Sa détresse, sa crise de larmes, et de nerfs, tout ça par la faute de Logan. Enfin, d'après ce qu'elle avait compris. Bien sûr, elle avait aussi compris que la magie et surtout le contrôle de la magie n'étaient pas le fort de la Huffle, n'empêche que, aveugle qu'elle était face à la réaction de la jolie blonde qu'elle avait partagée quelques minutes auparavant, elle ne voyait pas en ça une justification suffisante aux agissements de Logan Rivers, le prof de DCFM, qui avait été à l'origine de cette crise. Elle ne voyait pas comment quelqu'un pouvait prétendre aider les autres en s'y prenant de cette manière, en les faisant pleurer après-coup, en s'attaquant à leur personne. C'était peut-être efficace sur court terme, mais au bout de quelques années, les personnes qu'il avait cru aider, Caitlyn craignait qu'elles ne se retrouvent en proie à des complexes dus aux manières dont elles avait appris ce qu'elles savaient faire. Non, sérieusement, elle ne voyait en le comportement de Logan Rivers de bon que son intention. Et ce seulement car elle se doutait qu'il n'était pas du côté des Supérieurs, malgré les apparences, et imaginait donc bien, quelque part, que s'il s'en prenait à ses élèves comme il le faisait, genre en cours ou même apparemment en privé comme avec Sova, c'était pour les aider. A sa manière. Sa mauvaise manière.

Décidément, entamer la conversation en lui demandant s'il n'avait pas honte n'était vraiment pas une bonne idée. Le « Pardon ?? » que le professeur lui avait donné en guise de réponse ne traduisait pas seulement son étonnement au plus haut degré, mais aussi une certaine incrédulité de laquelle il se reprendrait bien vite, elle le savait, pour le lui faire payer. Mais pour le coup, elle était vraiment aveugle, encore pire que tout ce qu'elle avait bien pu rencontrer de gens aveugles dans toute sa vie. Au sens figuré, s'entend. Car les littéralement aveugles l'étaient souvent bien moins que ceux qui se laissent aveugler par leurs sentiments, ou leurs préjugés. Dans le cas de Caitlyn, c'étaient plutôt les sentiments qui l'aveuglaient, les émotions. La colère, en particulier. Et, cela va de soi, elle ne se rendait même pas compte du fait qu'elle agissait d'une manière complètement idiote et insensée, alors elle continua sur sa lancée, interloquant de plus en plus son prof de DCFM. N'empêche que, quelque part, c'était bien qu'elle ne se rende pas compte de ce qu'elle faisait, peut-être que si elle avait été en possession de son bon sens, elle se serait retenue de dire les choses de cette manière et n'aurait pas percuté autant Logan Rivers. Là, elle disait tout comme ça lui sortait de la bouche, comme elle le ressentait, sans penser aux conséquences, et ne se retenait que du fait d'utiliser la magie. Elle voulait juste lui dire ce qu'elle pensait de lui, comme elle l'aurait fait à n'importe qui de son âge. Son statut de professeur le protégeait bien souvent de tout ce que les élèves auraient voulu lui dire. Elle ne lui en voulait pas pour ça, car elle savait bien que pour lui aussi ça devait être difficile, la preuve en étant le fait que les Supérieurs s'en soient pris à lui et soient descendus dans son cours pour ce faire. Mais des fois, il fallait juste faire abstraction des barrières, disons, sociales. Et c'était un peu ce qu'elle venait de faire. Aucune considération pour le fait qu'il soit professeur, aucune considération même pour le fait qu'il soit adulte. Après tout, elle l'était déjà aussi, du moins elle était majeure, dans le monde sorcier en tout cas. En pensant ça, elle n'insinuait aucunement qu'elle avait la quantité d'expérience et de savoir-vivre des plus âgés qu'elle, qu'elle respectait totalement, mais elle considérait quelque part qu'elle avait le droit de s'en prendre d'égale à égale avec quelqu'un de plus vieux qu'elle, surtout que dans le cas du professeur de DCFM, ce n'était que de quelques années. Elle même n'aurait sans doute pas apprécié que quelqu'un vienne lui parler sur ce ton, mais après-coup, elle se serait rendu compte qu'il avait eu raison, et finalement pousser des coups de gueule avait parfois ses avantages. Après tout, Logan lui-même semblait être adepte de cette méthode de pédagogie, alors bon. Quoi qu'il en soit, il finit par se reprendre et, comme elle pouvait s'y attendre, ce n'était pas pour la féliciter ni pour la remercier. Non, c'était à son tour de péter son câble. Sans élever la voix, sans perdre son calme. Après tout, elle non plus ne lui avait pas crié dessus, ç'aurait été pathétique. Non, sa voix était froide et sèche quand il lui répondit.

« C’en est presque navrant... ; désolant en tout cas. Qui t’as autorisée au juste à me parler sur ce ton, on peut savoir ? »

Pour le ton, elle ne pouvait pas dire le contraire. Elle n'avait pas été polie, c'était le moindre qu'on puisse dire. Par contre, navrant, ou désolant... Elle ne partageait pas cet avis, et si Rivers le disait, c'était son point de vue. Pour elle, la seule chose navrante ici était le fait qu'il ne sache pas s'y prendre autrement pour enseigner sa matière qu'en rabaissant les autres, en leur foutant la pression et en les engueulant voire pire à chaque fois qu'ils ne réussissaient pas quelque chose. Ça n'avait été son cas que très rarement, puisque, comme dans les autres matières, elle était plus en avance qu'en retard sur les autres, et on n'avait que peu de reproches à lui faire. Mais s'il voulait aider les autres, car finalement tel était le but d'un prof, d'aider ses élèves à maîtriser sa matière, c'était pas comme ça qu'il allait réussir, elle en était persuadée. Chaque fois elle y repensait, et son opinion n'allait pas changer si tôt que ça : ça pouvait porter des fruits à court terme, mais au bout d'un certain temps, les élèves en pâtiraient plus qu'autre chose de s'être fait rabaisser moralement à chaque fois.

« Ensuite, je pense que Sovahnn est assez grande et mature pour s’exprimer par elle-même, elle l’a d’ailleurs déjà prouvé. Et surtout, ça n’est pas une môme qui va venir m’apprendre à faire mon boulot, et encore moins que je laisserais parler sur des sujets qui ne la regardent pas. T’as probablement pas toutes les données, donc maintenant, retourne jouer à la poupée, et laisse les grands gérer vos emmerdes, parce qu’il n’y en a pas un seul de vous à savoir se gérer seul. »

Dommage, justement, elle espérait, même si la probabilité était très faible, que peut-être... bon, d'accord, tant pis. Il ne comptait pas se laisser enseigner comment enseigner, c'était clair, net et précis. Il ne la considérait comme une môme, c'était génial, lui bien sûr c'était le grand sage. Finalement, si elle était aveugle, il l'était au moins autant. Et pas que maintenant, mais en général. Car il ne semblait pas considérer les élèves de Poudlard autrement que des mômes de dix ans voire moins. C'était triste. Et pas seulement pour les concernés, mais aussi pour lui. Il n'avait confiance en personne, ne voyait aucun potentiel nulle part, le seul à pouvoir faire quoi que ce soit, en gros, c'était lui et lui-même. Il se compliquait la vie, c'était évident. S'il arrêtait de vouloir les paterner, d'autant plus que ce n'était pas du tout dans sa nature, il se rendrait peut-être compte qu'ils pouvaient se débrouiller seuls. Peut-être pas tous, et il faudrait plus ou moins les aider, mais de là à croire qu'il fallait tout faire à leur place... c'était ridicule. C'était finalement tant pis pour lui plus que pour les autres.

« Maintenant, dégage, t’as rien à foutre ici et je ne me justifierais pas face à une gosse qui parle sans savoir parce qu’elle a trop envie de se la ramener pour réfléchir trois secondes. »

Ça, c'était vrai, plus ou moins, et elle ne s'y opposait pas. Enfin, plus ou moins. En fait, ce qui était vrai, c'était qu'elle n'avait effectivement pas toutes les données, qu'elle parlait sans savoir. Et même ça, c'était pas toute la vérité, car si elle ignorait l'étendue de la catastrophe qui avait pénétré le bureau de Rivers qui justement était en train de le ranger - ce qui lui donnait un petit aperçu de ce qui avait dû s'y être passé - elle savait que Logan n'avait "pris en charge" Sovahnn que parce qu'elle en avait besoin. Et Caitlyn n'avait pas oublié que Sovahnn elle-même lui avait dit lui avoir rendu visite "de son propre chef". N'empêche que ça n'excusait pas le comportement général du prof de DCFM, que la Raven trouvait tout simplement dégoûtant, dénué de bon sens et de retenue. Il n'était pas idiot, le prof, loin de là. Mais... bref.

« Et au passage, tu viens de gagner quatre heures de colles par semaine, et de faire perdre 200 points à Serdaigle. »

Great ! Là pour le coup, c'était comme une claque qu'elle aurait reçue. Quatre heures de colle, déjà, ce ne serait pas la joie. Mais en plus, elle venait de faire perdre à sa maison 200 points, et ça, les autres le lui pardonneraient encore plus difficilement qu'elle-même.

« Quelque chose à rajouter sur le respect des autres ou on s’en tient là ? »

Oh que non, on ne s'en tient pas là !

« Vous auriez bien aimé, n'est ce pas ? Que je dégage, et qu'on s'en tienne là. Mais malheureusement, j'ai quelque chose à rajouter, oui. Sovahnn sait parler pour elle-même, sans doute, si vous le dites. Mais elle n'est pas la seule concernée. Si vous arrêtiez de nous considérer comme des mômes, des oisillons à peine sortis du nid, vous auriez peut-être moins à vous occuper de nos affaires, vous "les grands", comme vous dites. Et si vous considérez ça comme une aide que de tout gérer à notre place, vous êtes complètement à côté de la plaque. »

Non mais sérieux, quoi, "pas un seul à savoir se gérer seul", c'est ça ! Si ça continuait comme ça, ils risquaient en effet de finir par ne plus savoir se débrouiller seuls, à force de s'entendre traités d'incapables et de nuls. C'était en partie ça qu'elle entendait sous complexes, quand elle disait que le "aides" qu'il donnait à ses élèves pourraient porter des fruits à court terme, mais seraient à l'origine de complexes au bout d'un certain temps. Elle en avait marre de tous ces gens qui se prenaient pour les meilleurs, voire les seuls au monde. Aussi bien les Supérieurs que certains profs et élèves, dont Doryan ou Sam ou Logan, justement, pour ne citer personne. Du moins, c'était comme ça qu'elle le ressentait, et elle n'était pas la seule. Alors s'ils venaient à s'en plaindre, disant qu'ils faisaient plein de choses pour les autres, eh bien c'était bien leur faute qu'on ne le voyait pas, et ils ne pouvaient pas s'en étonner.
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MessageSujet: Re: « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn   Sam 2 Fév 2013 - 13:43

Nan mais c’est pas vrai ! Pour qui elle se prenait au juste cette gamine surprotégée, prétentieuse et bornée ? On sait tous que la plupart du temps, les gens qui n’arrivent pas à se supporter possèdent les mêmes défauts. C’était son cas sans problème. Elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez et continuait à considérer les choses comme l’aurait fait une gamine. Oui, bien sûr, il agissait à court terme pour que les jeunes soient capables d’agir rapidement et efficacement, sans réellement penser aux dommages qu’ils pourraient avoir plus tard, mais c’était tout simplement parce qu’il y avait de fortes probabilités pour qu’ils n’en aient pas, de plus tard ! Et ils risquaient d’ailleurs encore moins d’en avoir s’il n’agissait pas, lui, comme ça ! Non, ça ne lui plaisait pas, et d’ailleurs, il aurait largement préféré ne pas être là, ne pas se sentir obligé d’agir. Mais manifestement, il n’y avait pas grand-chose pour faire ce boulot là ! Il avait été forcé de gérer les loups garous, y compris un homme de son âge, pour qu’ils évitent de faire des massacres répétés dans le château, il avait dû faire des pieds et des mains pour forcer les Supérieurs à accepter que Jillian sorte et se fasse opérée, il avait agit pour leur donner des bases de défense, c’était démerdé pour contrôler certaines crises qui auraient pu être fatales, avait détourné la rage du directeur plusieurs fois, avait remis Cudrow à sa place, gérait le dortoir des Serdaigle et des Poufsouffle dès qu’il y avait des catastrophes parce que personne d’autre n’était capable de faire son job dans ce putain de château ! NON ! Il ne faisait pas ça de bonté d’âme et encore moins de joie de cœur, mais surtout NON il n’y avait pas grand monde à savoir se gérer ici. Il n’était pas là pour les petits bobos mais pour les grosses crises, et il aurait largement préféré qu’on le laisse tranquille et qu’il n’ait qu’à gérer des copies et des élèves récalcitrants. Il n’était pas un héro, n’avait aucune envie de l’être ou même de le devenir, mais s’il ne voulait pas se voir ramasser les cadavres tous les jours, il fallait bien que quelqu’un ici agisse. Non, il n’avait pas envie de faire partie d’une résistance ou il ne savait pas quoi, mais le but des Supérieurs était juste de tenir le lieu, d’y faire régner la peur pour avoir un contrôle sur la formation des jeunes et une place forte, ils se foutaient complètement de l’état des gens à l’intérieur. Lui en faisait largement assez, et il n’y avait pas grand monde à vouloir se mouiller et risquer ses couilles pour des mômes, et ce, même pour ceux qui les aimaient de tout leur cœur. Alors, merde, si, vraiment, il faisait chier, il n’y avait pas de problèmes, il allait prendre sa retraite et merde, parce que là, tout ça commençait réellement à le faire chier, et cette gamine qui pétait plus haut que son cul, plus encore.

C’était d’une voie grave et impérieuse qu’il lui avait parlé, le regard sombre, il n’acceptait pas qu’elle puisse répondre un peu plus et s’enfoncer dans cette situation dans laquelle elle n’avait strictement aucune place. Mais non, il fallait croire qu’elle ne se prenait pas pour de la merde, et qu’il lui fallait absolument lui dire tout ce qu’elle pensait, et ce, même si Logan trouvait de son côté qu’elle était plus que largement à côté de la plaque. Ok, il n’avait jamais été très respectueux envers les enseignants et ceux-ci le lui avaient bien rendu, mais il avait de son côté fixé les règles très rapidement : on le respectait, et on restait à sa place par rapport à lui ou ça risquait de mal se passer. Face à quelqu’un se comportant en con, croyez moi, il savait se montrer bien plus con encore.

« Vous auriez bien aimé, n'est ce pas ? Que je dégage, et qu'on s'en tienne là. Mais malheureusement, j'ai quelque chose à rajouter, oui. Sovahnn sait parler pour elle-même, sans doute, si vous le dites. Mais elle n'est pas la seule concernée. Si vous arrêtiez de nous considérer comme des mômes, des oisillons à peine sortis du nid, vous auriez peut-être moins à vous occuper de nos affaires, vous "les grands", comme vous dites. Et si vous considérez ça comme une aide que de tout gérer à notre place, vous êtes complètement à côté de la plaque. »

Ô, ça, c’était clair qu’il aurait bien aimé. Mieux, s’il donnait un ordre, il convenait d’agir en conséquence, et ça, même les Supérieurs l’avaient compris. Il ne jouait pas, et il ne fallait pas déconner avec lui. Ceux qui l’avaient laissé pour mort après la descente dans sa classe savaient à quoi s’en tenir, tout simplement parce que l’un d’eux n’avait pas survécus à sa vengeance. S’il fallait l’agresser, mieux valait le tuer après coup, parce qu’il n’était pas exactement du genre à baisser la tête face à qui que ce soit. Et si Caitlyn ne voulait probablement pas sa mort, il n’avait pas l’intention non plus de la placer au même plan que lui. Il la dominait de sa taille, de sa voix, de son ton et du regard, et, non, il n’appréciait pas ce qu’elle pouvait bien raconter, surtout qu’elle ne savait clairement pas de quoi elle parlait. On n’est plus dans le monde des monstres gentils là, il n’y a plus papa ou maman pour faire des gaufres et pour vous rassurer et vous féliciter. Non, ils étaient non seulement dans la vrai vie, mais aussi dans une existence qui déconnait sérieusement et devenait dangereuse, il faudrait qu’elle se foute ça dans le crâne. Le temps de la surprotection est terminé. Françoise Dolto peut aller se rhabiller.

« En effet, oui, il aurait été appréciable que tu comprennes l’instant où tu dépasses les bornes. Tu es une enfant, et je suis l’adulte ici, l’enseignant qui plus est, et ça n’est pas à moi de t’apprendre quand tu dois te taire et prendre sur toi, tout simplement parce que ce genre de conversations n’est pas de ton ressors. Tu es plutôt mal placée je pense pour parler pour l’ensemble des élèves ici. Vous êtes sortis du nid, vous vous prenez en pleine gueule la réalité de la vie, et rien qu’à ta manière d’agir, il est clair que ça n’a pas encore été ton cas. Grand bien te fasses, mais le jour où tu comprendras que tu n’es pas à même de te gérer seule, il ne faudra pas venir pleurer. Alors va gérer, va comprendre que je ne parle pas de larmes, que je ne parle pas de petits bobos et de pauvres choupettes qui ne savent pas tirer leur épingle du jeu. Je parle de guerre et de morts. Je parle de traumas graves, de pertes, de tortures et de mômes qui disparaissent, je parle de savoir faire passer des messages. Et nan, ça, yen a pas un seul de vous qui sait gérer. Alors maintenant, tu vas me laisser faire les choses, parce que si je n’étais pas intervenu là, Sovahnn serait morte, et probablement pas seule. Qu’elle chiale, jm’en fous, elle est en vie, ça m’parait déjà être beaucoup. Maintenant le jour où tu seras capable de comprendre l’importance de certaines choses, le jour où tu me reviendras, ayant perdu tout ce que tu as, avec des balafres sur le corps et dans la tête à n’en plus finir, le jour où tu ne t’énerveras plus pour des bêtises pareilles, là j’t’écouterais. Maintenant, les larmes, en temps de guerre, c’est pas ça qui manque. Le jour où vous n’aurez plus besoin de savoir vous servir d’une baguette pour luter pour votre vie, là, je changerais ma méthode. Mais en attendant, dans la matière que j’enseigne, dans sa réalité, et pas dans ce qu’on raconte dans les bouquins, elle est impitoyable, et c’est pas en vous couvant que je vous apprendrais quelque chose. Ya Ismaelle ou Maxence pour ça, allez chialer dans leurs jupes, c’est pas mon problème. Moi je veux que si quelqu’un se plante devant vous et vous menace, je veux que s’il vous blesse, vous injurie et tue toute votre famille, vous soyez capable d’agir. J’en suis capable, pas vous. Aucun d’entre vous ou presque, et tu ne fais pas partie des exceptions. »

Son ton était sec, froid, cassant, brutal même. Sa voie était devenu rauque, presque gutturale et, oui, oui, là il était énervé, parce qu’il avait passé une journée de merde et que ça n’était vraiment pas le moment de venir le faire chier avec des problèmes de poupées Barbie. Il ne supportait pas qu’une personne comme elle, à peine sortie de l’enfance vienne lui expliquer ce qu’elle pensait de son attitude, surtout quand c’était quelque chose qu’il avait réfléchit et qu’il trouvait justifié. D’ailleurs, elle était typiquement le genre de personne dont il n’acceptait déjà pas les remarques à son âge. A l’image d’Alec envoyant chier Aileen, il n’était pas capable d’entendre ce genre de personne lui parler de la vie et de ce qu’il allait engendrer comme complexes chez ses élèves tout simplement parce qu’il savait que ça le rapprochait de son père. Or, le comparer avec Rivers senior n’était pas exactement la chose à faire pour le brosser dans le sens du poil : ça le mettait hors de lui. C’était cet homme qui avait fait de lui ce qu’il était, cet homme qui avait fait que Logan avait de l’expérience, surtout dans le domaine du combat. Gamin, il avait été cogné, encore et encore, et s’il savait quelque chose, c’était bien qu’apprendre à se défendre, on ne le fait pas dans les livres, on le fait sur le terrain, avec la peur au ventre de se faire tuer. Non, ça n’est pas simple, mais la vie est comme ça. A onze ans, il était dehors, sans trop savoir où il irait une fois l’année de Poudlard terminée, parce qu’il avait goûté à la liberté et qu’il était hors de question qu’il rentre chez lui. Logan avait toujours fait en sorte que personne ne sache ce genre de chose, mais ça l’avait forgé très vite, et ça faisait un moment qu’il devait s’assumer seul et trouver des solutions à des emmerdes pourtant bien complexes. Et ce qu’il se passait à présent dans le château, il savait ce que ça signifiait, pas Caitlyn, ça, c’était clair, sinon, elle n’aurait jamais agit comme ça. Elle n’était pas quelqu’un qui avait eu une vie compliquée, pas quelqu’un qui avait déjà eu peur pour son existence, et elle ne savait pas. Elle ne savait rien de ce dont il cherchait à les protéger. Par conséquent, elle ne pouvait pas savoir comment il se devait de le faire. Et donc, elle n’avait qu’à se taire, et la puissance qui hurlait dans sa voie à présent ne laissait aucun doute à ça.

« Tu es incapable de te protéger, incapable d’agir ! Ne viens pas croire que tu as quelque chose à m’apprendre sur ma manière de faire les choses parce que ce n’est pas le cas ! Arrête de croire que t’es dans un petit monde protégé et que rien n’arrivera parce que tu ne t’es pas encore pris la baffe de ta vie. Ça arrivera, et soit tu seras prête à faire quelque chose, soit non, si tu penses que je n’ais rien à t’apprendre comme je l’entends, ne te pointe surtout plus jamais à mes cours. Personne ne sortira indemne de ce qu’il se passe actuellement, je vous donne une idée de comment gérer ça. Les coups, vous vous en prendrez forcément, les traumatismes, vous en aurez ; tous ; et c’est pas parce que je vous aurais un peu secoués ; ‘faut te réveiller là. J’me fous de ce que tu crois, il te faudra comprendre que sur certains sujets, la tendresse n’amènera jamais rien. Ça t’apprendra pas à te relever. J’pensais que t’étais assez intelligente pour comprendre que tes valeurs d’avant ne peuvent plus avoir le même impact à présent. »

Furieux, il l’avait regardé un instant avant d’ajouter plus doucement :

« Sovahnn ira bien. Elle a eu peur, elle a faillit tuer, déjà, et tu sais pourquoi ? Parce qu’il y a quelques années, elle a faillit crever dans un accident. Elle veut vivre, elle veut apprendre à se battre et à ne plus être, pour reprendre tes dires, un oisillon sorti du nid, frêle et effrayé, qui se prend les obstacles en pleine gueule parce qu’il ne sait pas encore appréhender le monde à sa juste valeur. Si tu la connaissais, tu saurais qu’elle n’arrête pas, depuis des semaines, de chercher à apprendre à se protéger. Tu saurais aussi qu’elle n’est pas la seule, et que, comme beaucoup, elle cherchera la solution la plus efficace, même si celle-ci n’est pas agréable. Grandit, Caitlyn, Ce monde te fera pas de cadeaux. Plus maintenant. »

Là, d’un coup, son visage avait changé. Avec la baguette qu’il gardait à la main, il fit voler celle de Caitlyn jusqu’à l’autre bout de la pièce. D’un coup, son regard se faisait violent et dure, terrifiant peut être même, et son ton, agressif, brutal et dangereux.

« Qu’est-ce qu’il se serait passé, si j’avais voulu… te blesser ? Te violer ? Te dépecer ? T’exposer au grand jour dans ta plus grande vulnérabilité, détruite et brisée ? Qu’est-ce qu’il se serait passé dis-moi, si ça n’avait pas été moi ? »

A chaque question, il avait fait un pas en avant, envoyant un sort qui donnait des petits coups sous forme d’onde de choc à Caitlyn. Ça n’était pas réellement violent, mais elle se prenait à chaque fois une sorte de coup qui la faisait reculer. Très vite, elle remarquerait aussi qu’elle était incapable de faire un pas en avant, de parler, de se défendre, d’agir, tout simplement parce qu’il avait jeté un autre sort. De nouveaux pas en avants, et il se montrait de plus en plus agressif, rien ne disait qu’elle était réellement en sécurité, puisque là, elle ne pouvait rien faire, ses sorts informulés s’en étaient assurés : elle était à sa merci, parfaitement vulnérable et faible. A la dernière question, la jeune femme s’était retrouvée acculée contre le mur et, à l’instar d’Enzo tout à l’heure, son poing vint s’écraser contre celui-ci, à quelques centimètres de son visage. Et d’un coup, il se détourna, fit demi tour, et la libéra des sorts qui bloquaient chacun de ses gestes comme si une barrière psychologique s’était installée, l’empêchant d’agir. Elle était de nouveau libre, et il la regardait de nouveau de l’autre bout de la pièce, retrouvant un ton plus normal, moins… animal.

Tout est une question d’apparences, de justesse. Et elle ne pourrait pas affirmer être sûre de ce qu’il voulait faire. Pourtant, là, il était de nouveau le prof énervé qui lui faisait la leçon, parce que c’était bien de ça qu’il s’agissait. Il lui apprenait le monde, finalement, et il lui apprenait surtout à rester à sa place, parce qu’elle ne savait pas comment il pouvait réagir. Elle ne pourrait pas se défendre s’il l’attaquait, tout simplement parce que, oui, il lui était supérieur à ce niveau là. Pas à tous les niveaux, nous sommes bien d’accords, mais il faudrait qu’elle comprenne et qu’elle encaisse le fait qu’en effet, elle n’est parfois rien d’autre qu’une subordonnée, et que certaines personnes la surpassent sur certains sujets. L’Homme n’est rien qu’un animal, il lui faudra bien apprendre un jour à rester humble. Et si elle n’était pas capable d’apprendre à se taire par respect, elle apprendrait à se taire par peur, parce qu’il avait le pouvoir de la détruire, qu’il en était capable, et qu’il pouvait le faire en un claquement de doigts. Non, il ne le ferait probablement pas, mais rien dans son attitude de tout à l’heure n’était rassurante.

« Personne ne vient t’aider dans ces cas là. Personne ne vient jamais. Tu n’es pas capable de régler ce genre de problème, et tu ne le seras pas quand ça te tombera sur le coin du nez. Et crois, vu la situation actuelle, le but de chacun des clans, c’est de faire peur, parce que celui qui a peur écoute. Ça serait un miracle si tu avais toujours ce genre de discours dans quelques années, et je te le souhaite, mais pour l’instant, t’es juste une gamine, qui n’a jamais réellement vu, qui n’a jamais réellement sentis le souffle putride de l’humanité dans ce qu’elle peut te faire de pire. Tu apprendras. Et t’aimeras pas ça, mais ça sera toujours pire que les cours que je donne. »

Elle avait beaucoup à apprendre, et, si ça n’était pas lui qui s’en chargeait, d’autres le feraient. Lui ne voulait finalement que les aider, ça n’était pas le cas de tout le monde.

« Ça n’est pas sur de la théorie qu’on apprendre à se défendre. En te prenant des coups, tu apprendras à les parer, c’est aussi con que ça. Savoir ce qu’il faut faire n’est rien, quand tout te tombes sur la gueule, t’es paralysé par la peur, par l’incompréhension, par le fait que c’est un monde que tu ne connais pas, et part ce biais, finalement, tu ne fais rien, et c’est avec un trou dans le bide que tu rejoints tous tes potes pour aller nourrir les pissenlits par la racine. Ne croit pas tout savoir Caitlyn, ici, tu n’es qu’une petite vierge effarouchée qui se laisse faire en s’indignant. »

Apprends que tu n’es rien et que, parfois, tu ne peux rien faire d’autre qu’encaisser et serrer les dents. Tu ne le vivras jamais bien, mais la vie n’est ni juste, ni gentille. Les gens mentent, les gens trahissent, et plus encore ceux en qui tu crois, ceux que tu aimes et ceux en qui tu as confiance. Mieux vaut se prendre des coups tôt dans sa vie, plutôt que de penser que tout sera comme on le pense, que la déception ne viendra pas nous rendre amer ; car la chute est bien rude.

« T’iras demander à ta petite protégée et à son super héro ce qu’ils pensent de leur sécurité actuelle. Tu iras leur demander s’ils ont sincèrement besoin d’aide et s’ils sont prêts à quelques claques pour apprendre. J’pense que tu découvriras bien vite que ce qu’on rejette peut souvent être très instructif. Des règles ont été instaurées ; pas les miennes, et s’il faut jouer, c’est avec celles-là. Ceux qui penseront que ce que tu dis vaut encore quelque chose à présent ne survivront pas. On n’en est plus à parler psychologie ; parfois, il faut commencer par essayer de rester en vie, on ne se construit qu’après ça. Va faire un tour au quatrième étage, j’pense que t’as pas dû y aller souvent. »

Le regard froid, il lui avait désigné la sortie, la baguette de la jeune femme toujours derrière lui, traînant derrière son bureau que Sovahnn avait explosé involontairement en arrivant.

« Dégages maintenant, tu reviendras une fois calmée. J’te rendrais ton bien qu’à ce moment-là. Crois moi, là, il faut vraiment que tu apprennes à battre en retraite, parce que je risque réellement de perdre patience. »

You are young, life has been kind to you.
You will learn..

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MessageSujet: Re: « Rira bien qui rira le dernier » | Logan & Caitlyn   Sam 2 Fév 2013 - 20:31



Logan & Caitlyn
« Rira bien qui rira le dernier. »


Samedi 10.05.2014

Des fois, on se prend des claques, dans la vie. On ne s'y attend pas du tout, on croit qu'on est prêt à tout, et, comme pour nous contredire, on se prend un coup en pleine gueule. Tout le monde a vécu ça, et il n'y a pas d'âge pour pouvoir affirmer qu'on s'attend à n'importe quoi, car il y aura toujours quelque chose qui nous surprendra, aussi fort que l'on soit, que ce soit physiquement, mentalement ou les deux en même temps. On se sent con, quand on réalise qu'on s'est trompé sur toute la ligne, on se sent inutile, et tout est prêt à s'écrouler en nous. Nos jugements, nos principes, nos plus profondes convictions autant que les plus superficielles. On se rend compte à quel point on a été aveugle, à quel point on a été fermé du monde extérieur, ou du moins d'un de ses aspects, et on ouvre les yeux, complètement déboussolé, pour affronter - ou pas - la réalité. C'est dur, souvent, de ne pas se perdre de vue quand on se prend une claque de la part de la vie, à travers un fait ou une personne. C'est dur de se relever, de se dire que la faute était de notre côté, soit, mais qu'il faut aller de l'avant, qu'il faut continuer à se battre, en gros, à vivre, de la même manière qu'avant avec pour seul changement celui d'être moins aveugle. C'est dur de ne pas juste sombrer dans les reproches, la mauvaise conscience, les suppositions de "ce qui aurait pu se passer si je n'avait pas été si con", car c'est passé, et que l'on vit au présent. C'est extrêmement difficile d'empêcher cet écroulement des jugements, principes, convictions profondes et superficielles, et de ne permettre que leur changement progressif, qui nous permette, au contraire d'un changement brutal, de ne pas devenir fou. Car plus violente est la claque, plus violentes sont aussi les conséquences, à l'intérieur de soi-même, et qui peuvent se refléter à l'extérieur aussi. Mais si la claque est forte, c'est que le temps passé dans le noir auparavant était trop long, et le noir trop noir, si bien que, quand la lumière arrive, au lieu de nous ouvrir les yeux, elle nous aveugle souvent encore plus que le noir précédent. C'est comme pour les taupes : elles sont extrêmement habiles sous terre, mais une fois sorties à la surface, elles perdent tous leurs moyens. On ne sait plus rien dire, plus rien faire, tellement le bouleversement intérieur est important. Et alors, évolutions peuvent se faire. Soit il se peut qu'on ne s'en remette jamais, que tout s'écroule en nous et qu'on ne parvienne plus à rien reconstruire, qu'en gros la lumière ait été tellement forte et brutale qu'elle a détruit toutes les cellules photoréceptrices de notre œil. Ou alors, l'autre extrême, on les referme juste après le flash et on ne veut plus jamais les rouvrir, on reste sur notre position précédente, on y tient plus encore qu'avant, on s'y enferme pour ne jamais plus en ressortir, en gros on se replie sur soi-même, comme un gosse qui refait les mêmes conneries pour faire chier ses parents. Mais il se peut aussi, et telle est la meilleure solution, ainsi que la plus difficile, qu'on s'oblige à fermer les yeux immédiatement après, qu'on s'interdise à trop y repenser, à trop culpabiliser par rapport à ça, mais qu'on se force ensuite à les rouvrir, et ce progressivement pour ne pas trop les abîmer, et ainsi s'opère un changement plus ou moins doux, sans destructions et donc sans besoin de reconstruction. C'est ça qu'il faut essayer de toute ses forces, car ça nous permet de vivre. D'aller de l'avant, sans se recroqueviller sur ce qu'on sait ou pense savoir déjà, mais de ne pas se laisser dévaster non plus. Il faut trouver le juste milieu.

En quelques sortes, Caitlyn était en train de se prendre une de ces claques que la vie se permet de nous foutre, afin de nous réveiller ou nous enterrer. Elle ne le savait pas encore, elle commençait seulement à s'en rendre compte, mais ne voulait en aucun cas avoir à le reconnaître. Malheureusement pour elle, elle n'aurait pas le choix. Mais ça, elle ne l'avait pas encore réalisé. Elle avait juste décidé de péter son câble - façon de parler, s'entend, car elle n'avait pas haussé la voix de tout le début de la discussion - et de dire à ce prof ce qu'elle pensait de lui, de ses manières qu'elle trouvait complètement idiotes, ou du moins très mal adaptées pour enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit. Elle avait décidé de lui déballer ses quatre vérités, ou plutôt ce qu'elle pensait être des vérités, mais en fait, ce à quoi elle ne s'attendait pas du tout, c'était le fait de s'en recevoir elle-aussi, et encore plus que ce qu'elle pourrait bien pouvoir lui dire. On lui avait souvent dit, et elle l'avait souvent ressenti comme ça, qu'elle était une jeune fille relativement autonome et mature. Peut-être qu'à force, elle avait fini par s'y faire et se dire que ça lui suffisait, qu'elle n'avait donc plus besoin de l'être encore plus, et qu'elle avait arrêté d'avancer dans ce sens ? Allez savoir. En tout cas, ce n'était pas complètement faux, elle savait se débrouiller dans la plupart des cas, et avait une philosophie de la vie que bien des adultes pouvaient lui envier. Ce n'était pas pour autant qu'elle était parfaite, loin de là. Et elle ne croyait pas donner l'impression de se considérer soi-même comme un modèle auquel aspirer. Mais était-ce qu'une illusion ? Peut-être, sans s'en rendre compte, elle était devenue le genre de filles - ou de garçons, ça va sans dire - à se prendre pour le centre du monde, à ne voire que ses qualités, à se reposer sur ses acquis, bref le genre de gens qu'elle n'appréciait elle-même pas du tout ? Ce serait triste, très triste. Ce serait même de l'ironie du sort. Non, en fait, elle n'y croyait pas trop, mais ce que lui ferait entendre le prof de DCFM, elle n'allait pas l'oublier de si tôt. Mais tout ça, elle ne le savait pas encore, ou sinon elle commençait seulement à s'en douter. Pour l'instant, elle était encore dans ce début de conversation, et donc dans l'état d'esprit de celle qui veut faire comprendre à quelqu'un d'autre et de supérieur à elle ce qu'elle pensait de lui. Et la réponse de ce quelqu'un d'autre ?

« En effet, oui, il aurait été appréciable que tu comprennes l’instant où tu dépasses les bornes. Tu es une enfant, et je suis l’adulte ici, l’enseignant qui plus est, et ça n’est pas à moi de t’apprendre quand tu dois te taire et prendre sur toi, tout simplement parce que ce genre de conversations n’est pas de ton ressort. Tu es plutôt mal placée je pense pour parler pour l’ensemble des élèves ici. Vous êtes sortis du nid, vous vous prenez en pleine gueule la réalité de la vie, et rien qu’à ta manière d’agir, il est clair que ça n’a pas encore été ton cas. Grand bien te fasses, mais le jour où tu comprendras que tu n’es pas à même de te gérer seule, il ne faudra pas venir pleurer. Alors va gérer, va comprendre que je ne parle pas de larmes, que je ne parle pas de petits bobos et de pauvres choupettes qui ne savent pas tirer leur épingle du jeu. Je parle de guerre et de morts. Je parle de traumas graves, de pertes, de tortures et de mômes qui disparaissent, je parle de savoir faire passer des messages. Et nan, ça, yen a pas un seul de vous qui sait gérer. »

Ah, voilà le premier bout de réalité qu'elle se prenait en pleine face. Ce n'était pas le dernier. Mais il était déjà assez fort comme ça, elle devait se l'avouer. Il était vrai qu'elle n'était pas sûre de pouvoir gérer un champs de bataille, une scène de torture ou autre traumatisme du genre. Et pour cause, elle ne s'était jamais vue confrontée à ce genre de situation. Elle n'avait aucune idée de ce que les circonstances pourraient bien lui faire faire. Pleurerait-elle ? Elle se plaisait à croire que non, qu'elle serait assez forte pour ne pas se laisser aller aux larmes immédiatement, et que si ça devait arriver, ce ne serait qu'après coup, mais comment en être sûre ? Se mettrait-elle à hurler, à prendre les choses en main ? Peut-être que, si les victimes étaient des plus jeunes qu'elle ou même des gens de son âge, elle agirait spontanément pour essayer d'organiser une quelconque solution, surtout qu'avec son esprit logique, ça lui ressemblait bien de ne pas se laisser avoir par l'agitation - et le terme était faible, elle en était bien consciente - générale et de mettre les choses en place, d'une manière ou d'une autre, pour s'en sortir efficacement. Mais encore une fois, comment savoir ? Bien sûr qu'il lui était arrivé de penser à ce genre de questions, mais tout ça n'était que suppositions, théories, et en pratique, tout serait différent. C'était en gros ce que Logan était en train de lui dire. Et elle n'avait même pas eu le temps de penser à tout ce avec quoi elle n'était pas d'accord, genre le truc de son statut de professeur, de son âge qui était supérieur au sien, de sa manière d'insinuer qu'elle n'était qu'une gamine digne de jouer à la guerre avec des poupées tout au plus. Pour tout ça, elle lui aurait bien foutu une baffe, mais c'était tellement insignifiant à côté du reste qu'elle n'y pensa quasiment pas. Et puis, de toute façon, le prof enchaînait, alors, elle n'avait pas d'autre choix que de continuer à l'écouter.

« Alors maintenant, tu vas me laisser faire les choses, parce que si je n’étais pas intervenu là, Sovahnn serait morte, et probablement pas seule. Qu’elle chiale, jm’en fous, elle est en vie, ça m’parait déjà être beaucoup. Maintenant le jour où tu seras capable de comprendre l’importance de certaines choses, le jour où tu me reviendras, ayant perdu tout ce que tu as, avec des balafres sur le corps et dans la tête à n’en plus finir, le jour où tu ne t’énerveras plus pour des bêtises pareilles, là j’t’écouterais. »

Il avait cette manière de dire les choses, d'une vois si pleine de conviction tout en étant froide, si sèche et si dure qu'elle en était irréfutable ! La douleur de la première claque lui arrivait au cerveau, sa peau rougissait après avoir blanchi sous le coup. C'était la seconde vague d'ondes sismiques. Après les ondes P, les ondes S. Pour augmenter l'étendue de la zone atteinte. Elle s'était vraiment énervée pour un rien, mais pas seulement ça. Elle s'était énervée inutilement. Non seulement l'incident de Sovahnn, comme l'entendait le prof, était insignifiant à côté d'autres choses bien pires qui avaient lieu au sein de ce château de malades, mais en plus, celui contre lequel elle s'était énervée ne la prenait même pas au sérieux. Ou peut-être justement le fait qu'il s'énerve en retour prouvait qu'elle ne lui était pas indifférente ? Il aurait très bien pu refuser de continuer à lui parler, et, après sa réplique, la foutre dehors par la force puisqu'elle ne l'avait pas fait de son plein gré après qu'il le lui ait demandé. Car finalement, si elle l'avait fait, elle ne se serait pas prise cette vérité en pleine face, et elle serait restée encore plus longtemps dans le noir de son existence, qui, elle y croyait, était moins noir que celui de certains autres, de pas-mal d'autres, même, avouons-le, mais qui restait du noir. Serait-elle reconnaissante, en fin de compte, à son professeur, de lui avoir ouvert les yeux de la sorte ? Difficile à dire, surtout qu'elle ne se rendait même pas encore vraiment compte qu'il lui ouvrait les yeux, la seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle avait mal, maintenant, mal partout, que quelque chose la dévastait, à l'intérieur, et qu'elle aurait dû ne jamais entrer dans ce bureau. Malgré elle, les larmes vinrent lui picoter les yeux, comme pour démentir cet espoir qu'elle se faisait d'être assez forte pour résister à des conditions difficile. Mais entendre la vérité était parfois bien plus difficile que la vivre, et il faudrait boire le verre jusqu'au fond.

« Maintenant, les larmes, en temps de guerre, c’est pas ça qui manque. Le jour où vous n’aurez plus besoin de savoir vous servir d’une baguette pour luter pour votre vie, là, je changerais ma méthode. Mais en attendant, dans la matière que j’enseigne, dans sa réalité, et pas dans ce qu’on raconte dans les bouquins, elle est impitoyable, et c’est pas en vous couvant que je vous apprendrais quelque chose. Ya Ismaelle ou Maxence pour ça, allez chialer dans leurs jupes, c’est pas mon problème. Moi je veux que si quelqu’un se plante devant vous et vous menace, je veux que s’il vous blesse, vous injurie et tue toute votre famille, vous soyez capable d’agir. J’en suis capable, pas vous. Aucun d’entre vous ou presque, et tu ne fais pas partie des exceptions. »

Et bim, encore un coup de plus. Toujours dans la même direction. Toujours sur la même joue, en gros, si on parlait de claques. Non, elle ne s'était pas trompée, quand au début de son monologue, elle avait compris qu'il opposait théorie et pratique, livres et vie. Il venait de le lui confirmer explicitement. Mais c'était pas ça le plus flagrant dans ce qu'il venait de dire. "Tu ne fais pas partie des exceptions". Vrai ou faux ? Aucune idée, mais frappant, douloureux. Difficile d'entendre ça. Cette difficulté à l'entendre témoignait-elle d'un égocentrisme qui se serait développé en la Raven ? Ce serait triste, très triste. Non, elle n'était pas égocentrique ni imbue d'elle-même. Elle n'avait juste pas d'expériences, c'était tout. Elle ne pouvait pas dire si oui ou non elle faisait partie des exceptions, car elle n'y avait jamais été confrontée, à ce genre de menace, de blessure, d'injures et de massacres. Il y avait un début à tout et lui non plus n'était pas né savant. Mais là n'était pas la question. Sans doute, elle ne faisait pas partie des exceptions, tout simplement parce qu'elle ne faisait pas partie de ceux qui avaient vécu des traumatismes. Allait-elle s'en plaindre ? Quand même pas, mais c'était vrai que du coup, ceux qui avaient déjà dû faire face à des crises, s'en sortiraient mieux que ceux qui en avait été épargnés. Avait-ce été son cas ? Comment en était-il arrivé à être celui qu'il était, un homme dur et fort ? Elle n'en savait rien, et elle n'en saurait sans doute rien. Après tout, chacun son histoire. Et la sienne, finalement, peut-être qu'elle ne faisait que commencer. Tout comme la rage, la vraie, du professeur.

« Tu es incapable de te protéger, incapable d’agir ! Ne viens pas croire que tu as quelque chose à m’apprendre sur ma manière de faire les choses parce que ce n’est pas le cas ! Arrête de croire que t’es dans un petit monde protégé et que rien n’arrivera parce que tu ne t’es pas encore pris la baffe de ta vie. Ça arrivera, et soit tu seras prête à faire quelque chose, soit non, si tu penses que je n’ai rien à t’apprendre comme je l’entends, ne te pointe surtout plus jamais à mes cours. Personne ne sortira indemne de ce qu’il se passe actuellement, je vous donne une idée de comment gérer ça. Les coups, vous vous en prendrez forcément, les traumatismes, vous en aurez ; tous ; et c’est pas parce que je vous aurais un peu secoués ; ‘faut te réveiller là. J’me fous de ce que tu crois, il te faudra comprendre que sur certains sujets, la tendresse n’amènera jamais rien. Ça t’apprendra pas à te relever. J’pensais que t’étais assez intelligente pour comprendre que tes valeurs d’avant ne peuvent plus avoir le même impact à présent. »

Nooon, elle n'entendait pas qu'elle n'avait rien à apprendre de lui, jamais elle n'aurait même pensé ça. Elle avait des capacités, ses parents en avaient eu aussi et les lui avaient transmises, peut-être par les gênes, peut-être par leurs cours, ou peut-être plutôt par les deux combinés. Mais elle savait bien que personne n'aura jamais fini d'apprendre, et surtout pas à son âge. A 17 ans, elle avait des facilités d'apprentissages par rapport aux autres gens de sa classe, soit, mais ce n'était pas pour autant qu'il n'avait plus rien à lui apprendre. Les larmes avaient débordé de ses yeux à présent plus rouges que verts, et s'écoulaient sur ses joues brûlantes. Elle avait envie de le frapper, maintenant, pour tout ce qu'il lui disait. Là, ce n'était pas une leçon de vie, c'était une attaque à sa personne. Elle ne fit pas la relation, mais c'était en gros ce que Sovahnn venait de vivre elle-aussi. Elle avait envie de le frapper, ou alors de s'enfuir, loin, quelque part où elle serait seule, et où elle pourrait se laisser aller - comme Sovahnn. Et non, elle n'irait pas dans les jupes ni d'Ismaelle ni de Maxence. Mais elle n'en fit rien. Elle ne fit rien du tout d'ailleurs. Elle n'était pas capable de dire quoi que ce soit - et d'un certain côté tant mieux, car il ne semblait pas vouloir entendre quoi que ce soit. La seule chose qu'elle était en mesure de faire encore, c'était de rester plantée là devant lui et de retenir tant bien que mal le reste des larmes qui menaçait de suivre les deux premières. Et ce fut alors que le professeur changea du tout au tout. Le ton de la voix, la dureté du regard, même le sujet. Et ça eut le don de déstabiliser la jolie brune, qui ne savait pas comment interpréter ce changement. Avait-il une once de regret pour ce qu'il venait de lui dire ? Était-ce à cause de ces deux stupides larmes qui avaient coulé sur ses joues ? Cela ne lui ressemblait tellement pas ! On aurait dit qu'il cherchait à la réconforter, à sa manière.

« Sovahnn ira bien. Elle a eu peur, elle a faillit tuer, déjà, et tu sais pourquoi ? Parce qu’il y a quelques années, elle a faillit crever dans un accident. Elle veut vivre, elle veut apprendre à se battre et à ne plus être, pour reprendre tes dires, un oisillon sorti du nid, frêle et effrayé, qui se prend les obstacles en pleine gueule parce qu’il ne sait pas encore appréhender le monde à sa juste valeur. Si tu la connaissais, tu saurais qu’elle n’arrête pas, depuis des semaines, de chercher à apprendre à se protéger. Tu saurais aussi qu’elle n’est pas la seule, et que, comme beaucoup, elle cherchera la solution la plus efficace, même si celle-ci n’est pas agréable. Grandit, Caitlyn, Ce monde te fera pas de cadeaux. Plus maintenant. »

Non, ne surtout pas s'asseoir, ne surtout pas enfouir sa tête dans ses genoux, et ne surtout pas se mettre à chialer comme une madeleine. Pourquoi faisait-il ça ? C'était comme s'il s'était donné pour but celui de la faire craquer - comme Sovahnn - en sa présence, et ça, elle ne le voulait pas du tout. Et c'était même pas sa personne qui la gênait, elle n'aurait voulu craquer en présence de quiconque. Si elle avait fait le lien, elle se serait sans doute dit qu'elle comprenait Sovahnn, désormais, et son vœu de craquer seule. Encore une preuve que souvent, ses propres conseils, elle ne les suivait pas elle-même. Non, elle ne connaissait pas Sovahnn, il avait deviné juste, elle ne savait pas que c'était à cause d'un accident de voiture. Pourquoi le lui disait-il ? Pour lui donner un exemple. Oui, Sovahnn était un exemple de batteuse, de fille qui n'abandonnera jamais, malgré les crises qu'elle pourrait vivre. Caitlyn était un peu comme ça aussi, dans l'âme, mais elle n'avait pas eu à l'appliquer beaucoup. Il fallait qu'elle se réveille, en effet, qu'elle grandisse, comme le lui disait son professeur de DCFM. Et ça aussi ça la choquait. C'était ce qu'aurait pu dire un père à sa fille. C'était tellement pas normal ! Ses parents ne le lui avaient jamais dit, à elle. Ils étaient très intelligents, très attentionnés, très aimants, mais elle avait toujours montré de si grandes capacités qu'ils ne l'avaient que très peu encouragée. Dans leur monde moldu où ils avaient décidé de rester, elle n'avait pas besoin de faire plus d'efforts que ceux qu'elle faisait déjà : sa seule condition de sorcière lui garantissait qu'elle serait hors de danger dans la plupart des cas. Et, mature qu'elle l'était - ou l'avait été - personne n'avait jamais dû lui dire qu'il fallait qu'elle grandisse. Alors, il ne fallait pas s'étonner qu'il ne lui manquait que très peu pour fondre en larmes, tellement l'émotion était forte, finalement, d'entendre quelque chose qu'auraient dû lui dire ses parents de la bouche d'un prof, Logan Rivers qui plus est.

À travers ce voile de larmes, d'émotions et de fièvre douloureuse, elle ne vit que trop tard ce qui se passa très vite. Le premier indice aurait été celui du visage du prof. Non seulement avait-il quitté cette relative douceur inhabituelle, mais il était devenu bien plus inquiétant qu'avant. Sauf que ça, elle ne l'avait pas vu. Sa baguette, qu'elle tenait baissée dans sa main le long de son corps, vola tout à coup sans qu'elle s'en aperçoive à l'autre bout de la pièce. Par réflexe, elle tendit le bras et fit un mouvement pour courir la chercher - alors que son visage changeait d'expression, passant à l'étonnement puis à un début de crainte - mais son élan fut interrompu par un choc ressemblant à un choc électrique qui parcourut tout son corps et dont la source fut son ventre. Enfin, pas précisément, car la vraie source, elle ne mit pas longtemps à s'en rendre compte, c'était le professeur. Professeur qui fit un pas vers elle, puis un autre, disant entre chaque pas une phrase d'une voix menaçante, et lui infligeant en prime chaque fois un autre choc, de plus en plus fort, qui la faisait reculer. Et le pire ? Elle ne pouvait rien faire contre. Elle ne pouvait plus bouger ! Et c'était pas comme avant où elle n'en avait pas eu la force. Non, là, elle essayait de toutes ses forces, mais elle n'y arrivait pas. Ses larmes, très vite, disparurent. Le temps n'était pas aux pleurnicheries. Quelque chose se passait, là, d'inquiétant, de menaçant, non, de dangereux. Elle le regardait s'approcher d'elle, et elle se regardait reculer, jusqu'à se sentir toucher le mur - ou plutôt foncer dans le mur, comme l'autre fois, dans les sous-sols. Sauf que l'autre fois dans les sous-sols, elle avait sa baguette, et elle était en possession de son corps. Là, la seule chose qu'elle pouvait faire, même si elle n'arrêtait pas d'essayer de bouger, c'était de regarder et écouter avec terreur ce qui se passait en face d'elle.

« Qu’est-ce qu’il se serait passé, si j’avais voulu… te blesser ? Te violer ? Te dépecer ? T’exposer au grand jour dans ta plus grande vulnérabilité, détruite et brisée ? Qu’est-ce qu’il se serait passé dis-moi, si ça n’avait pas été moi ? »

Le professeur avait fini tout près d'elle. Et tout à coup, son poing s'abattit sur le mur, à quelques millimètres de sa tête à peine. Si elle avait pu ne serait-ce qu'émettre un son, elle aurait inspiré si fortement qu'elle en aurait crié. Mais là, elle ne parvenait même pas à respirer. Elle était complètement à sa merci. Il pouvait la blesser, oui, il pouvait la violer, la dépecer et l'exposer au grand jour dans sa plus grande vulnérabilité, détruite et brisée. Il pouvait tout ça, et elle ne lui résisterait même pas. C'était ce qu'il avait dit plus tôt, elle n'était pas capable de lui faire face, elle n'était pas capable de faire face au monde tel qu'il l'attendait dehors. Non, tel qu'il l'entourait déjà. Une petite pensée vint lui chuchoter que s'il s'était lui-même trouvé dans ce cas là, il n'aurait rien pu faire non plus. Sauf que lui, ne se serait jamais retrouvé dans ce cas là, car il aurait été prêt, et il n'aurait pas perdu sa baguette dès le départ, stupidement. C'était une feinte, oui, c'était un coup dans le dos, ce qu'il lui avait fait, de seulement discuter avec elle puis de l'attaquer de la sorte. Mais la vie était à ceux qui faisaient des coups bas, et il faudrait soit se conformer à leurs règles, soit se retirer du jeu. Voilà tout ce qui venait de la percuter de plein fouet, tout ce qu'elle venait de réaliser, mais vraiment cette fois. Et finalement, le professeur avait sans doute raison qu'il fallait y aller de la manière forte pour pouvoir arriver à quoi que ce soit. Que c'était sur le terrain qu'on apprenait à se défendre et à attaquer, non pas en restant enfermé dans son petit monde imaginaire. Ses principes, il faudrait qu'elle se les réserve pour des temps moins pires. Le professeur se détourna. Qu'allait-il faire ? Allait-il la laisser mariner quelques secondes pour ensuite revenir, plus menaçant et dangereux qu'avant, et ne plus viser le mur en frappant ? Elle avait peur, oui, elle avait vraiment peur, et les chocs qu'avait diffusés son ventre auparavant furent replacés par une boule de plomb. Ce fut alors qu'une grosse bouffée d'air parvint à ses poumons, lui donnant l'impression qu'ils se brisaient en mille morceaux. Le professeur rejoignit en quelques enjambées l'autre bout de la salle et se retourna, vers elle à nouveau. Il avait revêtu son apparence normale, apparemment.

« Personne ne vient t’aider dans ces cas là. Personne ne vient jamais. Tu n’es pas capable de régler ce genre de problèmes, et tu ne le seras pas quand ça te tombera sur le coin du nez. Et crois, vu la situation actuelle, le but de chacun des clans, c’est de faire peur, parce que celui qui a peur écoute. Ça serait un miracle si tu avais toujours ce genre de discours dans quelques années, et je te le souhaite, mais pour l’instant, t’es juste une gamine, qui n’a jamais réellement vu, qui n’a jamais réellement sentis le souffle putride de l’humanité dans ce qu’elle peut te faire de pire. Tu apprendras. Et t’aimeras pas ça, mais ça sera toujours pire que les cours que je donne. »

Non, il se trompait. Ce serait un miracle si elle ne revenait pas sur ses paroles à l'instant même. Elle ne changerait pas de principes, non, et elle n'adhérerait jamais totalement aux manières du professeur, mais elle devait être d'accord avec lui sur un point : celui qu'à l'heure qu'il était, toute méthode était bonne si elle menait à une bonne fin. Et celle du professeur, visiblement, menait à une bonne fin, mais la sienne aussi. Elle ne prétendait pas aider les autres autant que le faisait Rivers, car elle n'en savait pas assez pour pouvoir le faire. Mais beaucoup de gens étaient venus lui demander de l'aide, de leur expliquer quelque chose, et elle avait réussi à leur enseigner les bases, ce qui était important aussi. Toujours était-il que le prof, dans ce qu'il venait de dire, avait globalement raison, et elle ne pouvait pas le dénier. Elle avait beaucoup à apprendre, et, si ça n’était pas lui qui s’en chargeait, d’autres le feraient.

« Ça n’est pas sur de la théorie qu’on apprendre à se défendre. En te prenant des coups, tu apprendras à les parer, c’est aussi con que ça. Savoir ce qu’il faut faire n’est rien, quand tout te tombes sur la gueule, t’es paralysé par la peur, par l’incompréhension, par le fait que c’est un monde que tu ne connais pas, et par ce biais, finalement, tu ne fais rien, et c’est avec un trou dans le bide que tu rejoints tous tes potes pour aller nourrir les pissenlits par la racine. Ne croit pas tout savoir Caitlyn, ici, tu n’es qu’une petite vierge effarouchée qui se laisse faire en s’indignant. »

Cette fois, le coup n'était pas aussi fort qu'avant. Elle l'avait compris, qu'elle n'était pas en passe de se débrouiller dans des situations qui la dépassaient, et ce genre de situations, il y en avait beaucoup. Elle pourrait se sentir blessée, vexée, tout ce qu'on voulait, par ce qu'il venait de lui dire, elle savait que quelque part, il avait raison. Et même si en temps normal elle n'aurait pas été des plus faibles et moins débrouillards, là, c'était autre chose, et elle s'en était rendu compte. La question était donc celle de savoir si elle se remettrait de cette vérité qu'elle avait apprise sur elle-même, ou si elle n'aurait que la force de vivre en se répétant qu'elle était nulle, ce qui pourrait très bien arriver. Mais quelque part, c'était mal connaître la Raven, et même si là, tout était dévasté, en elle, même si elle avait mal, elle se faisait assez confiance pour savoir qu'elle s'en remettrait, car elle voulait s'en remettre. Autant elle ne suivait pas certains des conseils qu'elle donnait aux autres, autant le fait de le savoir lui permettait de s'interdire de ne pas suivre celui-ci. Il fallait qu'elle s'en remette, il ne fallait pas qu'elle vive en fantôme, en ombre, car la vie, ce n'était pas ça. C'était été le conseil qu'elle aurait donné à n'importe qui d'autre. Maintenant, elle se le donnait à elle-même.

« T’iras demander à ta petite protégée et à son super héro ce qu’ils pensent de leur sécurité actuelle. Tu iras leur demander s’ils ont sincèrement besoin d’aide et s’ils sont prêts à quelques claques pour apprendre. J’pense que tu découvriras bien vite que ce qu’on rejette peut souvent être très instructif. Des règles ont été instaurées ; pas les miennes, et s’il faut jouer, c’est avec celles-là. Ceux qui penseront que ce que tu dis vaut encore quelque chose à présent ne survivront pas. On n’en est plus à parler psychologie ; parfois, il faut commencer par essayer de rester en vie, on ne se construit qu’après ça. Va faire un tour au quatrième étage, j’pense que t’as pas dû y aller souvent. »

Le regard froid, il lui avait désigné la sortie.

« Je... je vous remercie. Sincèrement. »

Ah, ba en fin de compte, oui, elle lui était reconnaissante. Elle n'avait pas eu besoin de très longtemps, finalement, pour comprendre son erreur, l'erreur de sa vie. Et peut-être le prendrait-il mal qu'elle finisse par le remercier, mais c'était comme ça.

« Dégages maintenant, tu reviendras une fois calmée. J’te rendrais ton bien qu’à ce moment-là. Crois moi, là, il faut vraiment que tu apprennes à battre en retraite, parce que je risque réellement de perdre patience. »

Il ne voulait plus rien entendre. Elle aurait voulu lui dire qu'elle était désolée. Elle regrettait tout ce qu'il lui reprochait, elle regrettait d'avoir été comme ça, elle s'en voulait terriblement. Mais il fallait qu'elle arrête. Il fallait qu'elle aille prendre l'air. Et même si elle ne comprenait pas pourquoi précisément le quatrième étage, elle était d'accord avec lui sur le principe : il fallait qu'elle parte. Elle ne pleurerait pas, elle ne pleurait déjà plus. Mais il fallait qu'elle rumine un peu ses pensées, qu'elle assimile tout ce qu'il venait de lui dire, que personne ne lui avait jamais dit avant, malheureusement. Certains parents le font. Pas les siens. Tant pis. Elle le quitta du regard, baissa légèrement sa tête, du moins ne la garda pas haute, et sortit du bureau. Elle lui laissa sa baguette. Autant, en temps normal, elle aurait estimé qu'elle ne lui était pas indispensable, autant elle se sentait en insécurité à cet instant là. Elle reviendrait une fois calmée. Mais si, lui, il n'était pas calmé ? Non, elle ne reviendrait pas, pas de si tôt en tout cas. Au bout d'un moment, peut-être, de quelques jours quoi. Ou alors il la lui rendrait lui-même. Elle le voyait bien assez souvent en DCFM. Elle sortit du bureau, et ferma le porte derrière elle. Elle s'était dit qu'elle ne pleurerait pas, mais elle eut une envie presque irrésistible de le faire. Presque. Elle partit. Sans rancune.
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