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 When the dead one's trying to breath

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MessageSujet: When the dead one's trying to breath   Mer 2 Jan 2013 - 11:14

« Tu comptes faires quoi maintenant hein ? J’te vois comme personne ne sait, t’étais un gamin intelligent, mais qui cherchait une certaine reconnaissance que tu n’as finalement jamais trouvé. Depuis toujours, c’est le seul but que tu t’es trouvé : une identité. T’étais qu’un gosse paumé, et pour être fort, je t’ais, je l’avoue, fait oublier ta famille, tes proches, ton éducation, je ne t’ais fait voir que la puissance, l’anarchie en quelque sorte. Alors, tu cherchais mon regard, puis la liberté, et au final quoi ? Tu as voulu montrer que tu étais capable, que personnes ne pouvait te faire tomber, tu as cherché à multiplier tes capacités, pour te prouver quelque chose, que tu existes, bêtement, peut être. Dans tous les cas, je vois bien que cette période t’es passée, tu rôdes, tu cherches quelques réponses sans vraiment vouloir en comprendre tout à fait la signification. Tu ne veux pas te venger de moi, et pourtant, tu recherches ma compagnie. Pourquoi ? Parce que je suis le dernier vestige de ton passé ? Ta vie réside à présent, il te faut lui trouver une utilité, il te faut te comprendre toi-même, mais tu as dressé bien trop de barrières autour de toi pour pouvoir faire une chose pareille. Tu devrais.. »

Posé sur le toit, c’est sourcils froncés que je me suis une nouvelle fois retrouvé face à cet homme, celui qu’enfant, j’ai appelé monstre et qui m’a poussé, qui m’a fait aimer le sang et supporter la peur. C’est dents serrées que je l’écoute car je sais qu’il est dans le vrai, que tant étrange qu’il puisse être, et même s’il n’a probablement pas toute sa tête, il tape dans le mile, et il n’y a rien qui puisse plus me déplaire. Il comprend sur moi des choses dont je n’ai pas idées. Ces réflexions, ça fait longtemps que je m’en tiens à l’écart, pour ne pas raisonner, pour ne pas comprendre et m’interroger sur ce que, moi, je suis. Sur ce que je pourrais être aussi. Et pourtant, il voit juste, depuis un moment, je m’ennuis, cette vie ne me va plus et il me semble qu’elle n’a jamais eu réellement d’importance. C’est donc avec sarcasme que je me suis entendu répondre, mais le cœur n’y est pas.

« J’ai pas… J’ai aucune envie d’me taper une psychanalyse. Pourquoi t’es venu ? Pas pour jouer les Freud. »

« Il y aurait probablement de quoi dire pourtant. »

Il n’y a plus la violence, la fougue qui brulait lorsque, petit, mon regard se posait sur ce grand gaillard un peu rabougris. Je n’ais jamais réellement accordé d’importance aux autres, ou du moins, disons que j’essaie de ne jamais le faire, parce qu’on m’a appris, parce que lui m’a appris que les autres sont éphémères et que leur perte ne fait que m’affaiblir, elle me décime, me désagrège au fil des jours, et donc toute relation est nuisible. Et pourtant, lui est finalement peut être la seule plus ou moins stable que j’ai été forcé de supporter, et, dans un sens, ça doit me pousser à lui donner au moins le bénéfice de l’écoute. Les premières fois, c’est son sang que j’ai cherché, mais à présent s’il m’agace, je voudrais tout autant qu’il disparaisse, que la furieuse envie d’avoir de sa part quelques éclairements sur ma vie.

« Dit de la part d’un mec qui joue avec des gamines et salit l’image du père, il y a de quoi rire.. »

Derrière les nuages, la lune éclaire doucement la surface immobile du lac et tout semble endormi dans le château et ses alentours, et pourtant, la nuit regorge d’activités innombrables, de drames et de banalités qui, dans les fourrés se déroulent sans un bruit.

« La vision que tu te fais de moi est limite blasphématoire, mais là n’est pas la question. Si je suis ici, c’était justement à propos de mes fils. Il s’avère que Walters est l’un de ma lignée, or si je reste, je ne donne pas cher de ma peau, et je ne peux me résigner à lui prendre la vie. »

Audric a donc un cœur, une conscience, il y a de quoi s’en étonner. Pourtant, ceux qu’il avait appelé ses fils, et dont je fais partis, eux, il n’a pas hésité à les sacrifier avec un demi-sourire à peine caché. Mais les liens du sang font faire des choses étranges dirait-il. Et puis, les autres morts étaient pour me dresser, moi, à un autre niveau. Oui, ce serait tout à fait le genre à me répondre ça. Pourtant le sang coulé aurait pu être évité, et j’en arrive à me dire que ça aurait dû. J’en arrive à avoir une considération pour la vie alors même que je m’interroge sur l’utilité de la mienne. S’il est comme ça, c’est qu’il sait que toute cette histoire va dégénérer, et qu’il faudra plus que de la bonne volonté pour remettre les choses en ordre. Et il ne sera pas de ceux qui mèneront cette guerre. Mais qui alors ? Tous les mômes ici, tous les adultes, tous perdus, qui se débrouillent chacun, plus ou moins bien pour tenter de garder une certaine consistance, pour se croire à peu près en sécurité ? C’est eux que ça concerne, mais si jamais personne ne fait rien pour les autres, c’est le contexte de ma naissance qui reviendra hanter cette génération-ci : la guerre, dans toute son immoralité, dans toute sa puissance, son intégralité, sa beauté, son ignominie. Et aucune aide, pas plus pour eux que pour moi. Serais-ce de la jalousie ? Du mépris ? Non, juste de l’amertume. Un sentiment purement humain, affreusement rébarbatif qui pousse bien souvent à des actes insensés. Je suis resté à l’écart du monde trop longtemps.

« Beaucoup de blabla pour un au-revoir. »

« Tu ne pourras rester froid et dur durant toute ton… immortalité. La vie t’est offerte, il faudra que tu l’acceptes un jour, et tant que tu n’accepteras pas de souffrir, quoi que tu cherches, ça sera vain. »

Et encore une fois, il voit juste. Je suis resté mort trop longtemps, et il faudra bien un jour que j’apprenne à vivre, que j’apprivoise à plus de cent cinquante ans, ce que tout enfant choyé a compris avant ses neuf ans.

« C’est Yoda qu’on aurait dû t’appeler, pas Lucifer.. »

L'instant d'après, il avait disparu.

Il parle comme un fou, et pourtant, j’suis à nouveau comme un enfant, et malgré tout, je l’écoute. Parce qu’il a raison ce dégénéré. On m’a offert l’éternité pour vivre, mais je n’ai pas la moindre idée de comment m’y prendre. J’ai cherché la liberté, mais je n’ais fait que reproduire ce qu’on m’avait appris, je me suis alors implanté dans la violence, en me prouvant que j’étais le meilleur dans un domaine donné qu’on m’a imposé dès l’enfance, mais, de là, je n’ai fait que donner de l’importance à ceux qui m’ont conduit sur un certain chemin quand je n’étais alors qu’humain. Je connais l’art de la guerre, mais pas celui de choisir mes ennemis, et encore moins de comprendre contre quoi je me bats. Contre ce qui m’a poussé à être ce que je suis ? Contre ce qui a tué ma famille il y a bien longtemps peut être ? Mais alors, je n’ais fait qu’être un engin de cette même uniformité destructrice. Pourtant, je n’ais peut être jamais fait que chercher à me découvrir moi-même, à me trouver une raison d’exister. Une raison valable. Mais il n’y en a aucune, et ce que le simple commun des mortels connait et trouve normal m’est parfaitement étranger. Je ne suis alors que perdu, balancé dans un monde qui n’a jamais été le mien malgré l’acharnement que j’ai mit à m’y trouver une place reconnue.

Même si ça n’était pas la bonne.

Je suis démuni face à tout ça, et ma plus grande force n’est que la plus basse des faiblesses. Alors que faire à présent ? Continuer dans cette voie qui ne semble pas plus me correspondre que celle qu’on imposerait au premier gamin venu ? Ou changer du tout au tout et, à partir de là, me remettre en question, me planter en position de faiblesse et, sans vanité, avec une sincérité douloureuse, comprendre ce qui a fait que j’en suis arrivé là. Et enfin, peut être, me reconstruire. J’ai toute l’éternité, et pas la moindre idée de comment l’employer. Tout fou qu’il puisse être, Audric a donné à la sienne une importance en cherchant à étudier l’être humain sous toutes ses coutures, ses faiblesses, ses forces et ses digressions. Et tant mis à part que nous sommes, créatures de la nuit, on n’en reste pas moins humain, et ce malgré l’opiniâtreté que moi et d’autres mettons à mettre ce détail de côté. Le temps nous est offert mais avec lui, les petites joies du quotidien s’envolent, mais je ne les ais jamais connues, pourquoi me manquent-elle dans ce cas là ? Pourquoi m’arrive-t-il de penser encore aux gens que j’ai pu connaître il y a plus d’un siècle, à ceux qui ont marqué ma vie alors que je ne leur jetais qu’à peine un regard dédaigneux ? J’étais à la recherche de plus à cette époque-là, je voulais trouver quelque chose qui me différencierait des autres, qui me donnerait une existence finalement, comme l’autre le dit. Mais c’est à présent que mon nom est connu sans que je sois parfaitement sûr de l’avoir cherché que je voudrais voir autre chose. C’est en observant les gens autour de moi que je leur trouve une profondeur, une complexité navrante de sentimentalisme qui pourtant m’attire. Je n’ais jamais cherché à comprendre les autres, persuadé qu’il me fallait d’abord me sortir de mes chaînes avant d’y trouver une quelconque utilité, et pourtant, personne n’a jamais d’existante qu’à travers le regard des autres, c’est bien ce qui fait peur, ce qui les pousse à se montrer sous leur meilleur jour, mon peuple – pour le peu qu’il le soi – reste caché aux yeux du monde, mais il se retrouve dans ses paires. Pas moi.

Je me suis défini comme celui qui a cherché à être invulnérable parce qu’il a passé son enfance à ployer les genoux à force de recevoir les coups, puis comme celui qui a fuit et qui a dû se montrer fort pour survivre. Ensuite, j’ai cherché à me démarquer, à me prouver que j’étais le meilleur sur un certain nombre de points, fidèle à l’exigence qu’on a eu envers moi depuis tout môme. Et lorsque j’ai eu du temps devant moi, j’ai pris un moment à me cultiver, à développer un peu plus certaines capacités pour être l’un de ceux qu’on craint, qu’on respecte ou qu’on réclame, mais nullement qu’on ignore. Et après quoi ?

Oui, et après… quoi ? ou juste Qui ?
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