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 Maybe not listened to everything... - Jakob

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MessageSujet: Maybe not listened to everything... - Jakob   Jeu 11 Oct 2012 - 0:45

Et le temps passe. Une journée de plus. Il se sent léger. Mai est arrivé, et la fin de l’année scolaire arrivera, bientôt. Bien entendu rien n’avait changé dans la situation du château, et rien ne présageait d’évolution, ce qui signifiait des vacances scolaires à attendre dans l’enceinte du château, et peut-être même des cours en plus. Mais ça le touchait moins. Il faisait meilleur, le soleil était un peu plus chaud. Même si ce n’était toujours pas fantastique, les jardins étaient un peu plus vivants. C’était ça qui manquait à Poudlard après tout : la vie. Le monde s’illuminait lorsque les élèves osaient sortir de leur silence de morts en suspens.

Peut-être que le changement n’était pas perçu par tout le monde ; mais pour Jeroen ces derniers jours passaient mieux que les autres. Il avait pu régler quelques problèmes qui le suivaient depuis un certain temps, et même s’il en gardait quelques cicatrices il se sentait plus léger – et plus viril si on pense les cicatrices comme signe de force, mais pour ce qu’il en avait à faire... Il pouvait maintenant respirer, éviter les embrouilles avec plus de facilités pour se concentrer sur l’essentiel et tout allait pour le mieux. D’ailleurs, ça n’avait pas de rapport, mais il avait revu Julian dernièrement, au détour d’un couloir. Avec sa vitalité naturelle et ses amis, elle avait constamment l’air de se mouvoir dans le monde comme si tout était normal, sans conséquences ; une vraie bouffée d’air pur. Même si elle restait un grand adversaire, il aurait aimé, dans un contexte plus propice, profiter de ça tout entier, l’inspirer en quelque sorte. Mais il avait dû se contenter d’un regard qui défiait, pas de discussion, pas de rendez-vous pour une nouvelle bataille corsée ; juste un regard. Bizarrement il n’avait pas vraiment besoin de plus pour décrocher du monde réel, même s’il niait totalement ce facteur dans l’explication de son état. Personne n’était là pour lui envoyer la vérité en pleine poire de toute manière, puisque personne n’était au courant de ce qui se passait entre eux.

Et le temps passe. Aujourd’hui il faisait presque bon, avec quelques camarades ils auraient sorti les tongs et le pique-nique s’ils n’avaient pas eu cours de la journée. Ils auraient sûrement été les seuls : le sang chaud ce n’est pas donné à tout le monde. Jeroen était parti dans l’optique qu’il ferait ce qu’il voudrait de ces heures de discussion à sens unique qu’étaient les cours, d’autant plus qu’il commençait par quelques heures d’histoire de la magie, une discipline qu’il ne supportait pas. Ça venait peut-être du fait que son grand frère était un mordu d’histoires longues et répétitives, et que Jeroen ne crachait jamais sur une contradiction avec lui. Il repensait à lui, à leurs engueulades presque calmes à cause de leurs caractères opposés mais pas violents. Ça lui manquait presque en fait, cette vie normale. Il faudrait vraiment qu’il trouve un moyen de faire parvenir quelque chose à l’extérieur, pour alerter, puisque peu en étaient capables. Et pour cela il devrait encore se concentrer sur ses rapports avec Julian. Elle était un peu le centre de plein de choses ces derniers temps… Ça en devenait suspect.

    - Pouah j’ai dormi.
    - Et tu as gagné de la colle. Mes félicitations !

Une conversation banale d’étudiants normaux. D’autres choses devaient mettre les gens de bonne humeur, l’ambiance générale était bon enfant pour une fois. Jeroen tannait son camarade, les autres se gaussaient. Un peu puéril mais ils n’en étaient plus à ça près. A milieu du faux débat qu’ils avaient lancé, le directeur de leur maison passa dans le couloir. Sa mauvaise humeur apparente et son air constipé suffirent à faire baisser la température de plusieurs degrés. Ils rejoignirent rapidement leurs salles de classe sans plus dire un mot.

Les salles du sous-sol étaient connues pour être toujours les plus fraiches. Ça n’aidait pas la température à remonter après le froid que le directeur leur avait jeté. Jeroen s’assit au fond de la classe pour une fois, à la place du cancre, alors qu’il mettait généralement un point d’honneur à avoir l’air de travailler, au minimum pour ne pas trop vexer les professeurs. Mais là, il n’avait pas le courage de faire semblant. Potions. Il n’était pas nul dans ce cours, comme dans la plupart des autres cours, mais il fournissait les efforts d’un serpentard type : pas grand-chose. Car non, ce qui l’intéressait pendant ces heures à manipuler des produits qui pouvaient exploser à tout bout de champs, c’était le professeur. Un lycanthrope ; ça, ça l’intéressait, comme toutes les bestioles de ce monde pourvu qu’elles soient un peu impressionnantes, étonnantes et même dangereuses. Mais ce n’était pas vraiment le sujet d’étude. D’ailleurs, en y repensant : il n’était pas retourné dans la forêt Interdite depuis qu’ils avaient croisé un chien à cœur avec le professeur Stoneheaven. Il y avait pensé bien sûr, et bien des fois, et il ne manquait pas d’envie. C’était surtout le temps et les occasions qui lui faisaient défaut ces derniers temps. Est-ce que ça valait encore la peine aujourd’hui qu’il essaie de passer sous le nez de la garde chasse pour vérifier un peu si la bête trainait encore dans le coin ? Ça lui donnerait une occasion de proposer à Julian une petite sortie interdite et hors du commun…

Il soupira silencieusement et posa son menton sur ses bras, les yeux au niveau de son chaudron qui bavait un peu. Le liquide bouillait et avait une couleur pas tout-à-fait normale. Il réfléchit à ce qui clochait, avant que ça n’explose… Finalement il arrêta de suivre les instructions, potion irrécupérable. Ça faisait se gausser les copains tandis qu’il ajoutait des ingrédients autres avec comme seul critère que ça ne fasse pas tout sauter. Lorsqu’il sentit que le professeur se rendait compte de son manège, il reposa tout, laissant sa mélasse bouillonner avec un air contrit – vu qu’il s’était planté il ne savait trop comment, il pouvait se permettre d’amuser un peu la galerie.

    - Je ne sais pas pourquoi ça a donné ça...

Il observa discrètement Hammeschmitt scruter la bouillie toxique. Ce n’était vraiment pas fameux, en même temps, il était le seul à s’être autant éloigné du résultat espéré… Et à présent, le cours était beaucoup trop avancé pour qu’il pense à tout recommencer depuis le début. Le professeur lui fit comprendre qu’il souhaiterait le voir après le cours. Lorsqu’il repartit donner quelques explications générales, Jeroen retomba sur sa table avec un air las.

    - Tu vas gagner de la colle aussi ! railla discrètement un camarade.
    - Et toi, tu risques de tester ma potion si tu ne la fermes pas.

L’autre fit une grimace et lâcha un ingrédient dans sa soupe comme s’il s’agissait d’un truc dégueulasse. Jero sourit en secouant la tête, tentant de se concentrer sur son livre de cours et la recette maudite. En fait il avait juste manqué plusieurs étapes des plus importantes. Forcément la suite avait été faussée. Il rattrapait son sommeil ou quoi ? La fin du cours passa relativement vite. Il vida son chaudron avec précautions en attendant que le professeur sonne la fin du cours. Les autres sortirent, non sans se foutre gentiment de lui ; ils avaient de nouveau une occasion de rire bêtement, pourquoi seraient-il passés outre ? Jeroen s’avança ensuite vers le bureau et passa sa main dans ses cheveux pour y remettre un peu d’ordre.

    - Professeur ? Vous vouliez me parler.

Il n’avait pas vraiment envie de se justifier. Il n’avait rien d’ailleurs pour expliquer qu’il se soit ainsi planté, et que ça arrive plus que ça n’aurait dû ces derniers temps ; si les cours de potion ne l’intéressaient pas outre mesure, il n’y pouvait rien. Son manque d’assiduité n’était un secret pour personne, même s’il avait généralement l’air de suivre normalement. D’ailleurs, peu de profs s’occupaient encore des élèves qui lâchaient prise dans leurs cours ou même ceux des autres, car le contexte était trop « spécial »… Mais Hammerschmitt, lui, ce n’était pas pareil. C’était même un prof qui, par cette envie propre de transmettre son savoir, inspirait toujours un certain respect ; et une pointe de fascination. Mais ce n’était pas vraiment le sujet d’étude.
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Dim 14 Oct 2012 - 1:30

Jeroen & Jakob
« maybe not listened to everything... »




La découverte de Taylor dans le château avait fait naître en moi un sentiment de protection encore plus élevée qu’à l’habitude. Ce supérieur malsain, possédant le don de lycanthropie avait prit pour cible Enzo, un jeune avec qui je partageais un lien spécial. Je le considérais un peu comme mon apprenti puisqu’il me demandait parfois conseil avec son loup. Et moi ça me faisait plaisir de lui enseigner mon savoir. La confiance semblait s’être rétabli de côté après que nous aillons eu une bonne conversation sur le sujet. J’avais donc appris qu’il m’avait soigneusement évité de son côté pour une raison qui m’était jusqu’à alors inconnue. Maintenant, les choses étaient à jour et nous pouvions donc nous concentrer sur le problème présent, soit Taylor. Je n’avais aucune sympathie pour cet homme qui nous faisait tous passer pour des bêtes de foire. Osant se donner en spectacle sous sa forme animal, il m’avait foutu une des pires honte de ma vie. Étant le mâle alpha des lieux, je me devais de faire régner l’ordre et cet énergumène venait jouer avec ma patience. Je ne comprenais toujours pas pourquoi je n’avais pas senti sa présence avant, mais le fait était que maintenant que je connaissais son odeur, il avait disparu de la circulation. Après l’avoir sérieusement blessé, il avait prit la poudre d’escampette plutôt que de vouloir terminer le combat. En plus d’être un connard de première, cet idiot était un lâche. Quoi qu’il en soit, le fait qu’il soit parti ne voulait pas dire que je devais cesser ma surveillance : c’était peut-être justement son plan. Peut-être voulait-il se faire oublier pour mieux revenir frapper ensuite. Je n’avais pas envie que ça arrive et de plus, je m’étais promis de le faire pour Enzo. Pour sa protection, mais aussi pour celle des autres dont les vies étaient en jeu. Étant un supérieur, je me doutais que Taylor avait du profiter de l’état des moldus simplement pour s’amuser. J’étais déjà prêt à affronter son retour et s’il le fallait, je le tuerais moi-même. J’avais déjà tué des hommes comme lui auparavant et le voir disparaître pour de bon ne serait qu’un problème de moins à régler.

Les jours suivant notre discussion furent plutôt calmes. Cela ne m’empêchait pas de faire des rondes au moins de deux à trois fois par jour pour m’assurer que tout allait bien. Tout naturellement, j’accordais plus d’importance près de la salle des Gryffondors pour m’assurer qu’il ne rôdait pas autour. Autrement, je passais la grande majorité de mon temps dans mon bureau à corriger des copies, préparer les prochains cours ainsi que les examens qui approchaient à grand pas. La majorité des enseignants étaient d’ailleurs tous préoccupés par ces questions d’ordre scolaire qui pointaient leur nez. C’était probablement l’une des plus grosses périodes de l’année avant les grandes vacances, malgré le fait qu’ici, c’était plutôt un temps de prison. Tout comme les élèves, nos sorties étaient restreintes et donc, impossible pour moi d’aller rendre visite à ma mère et mes frères qui me manquaient toujours autant et dont je n’avais aucune nouvelle. Mes lettres devaient être interceptées tout comme celles des étudiants.

Le mercredi était probablement ma plus grosse journée. Je débutais très tôt le matin et terminais aussi tard que les cours pouvaient le permettre. Mais après les classes, ce n’était pas terminé : je devais bien entendu continuer mon rôle d’enseignant, me plongeant dans les parchemins des étudiants et autres. Ce matin là, je commençai avec mon premier groupe, soit les premières années. Puisque le printemps approchait à grands pas (s’il n’était pas déjà là, j’avais peu de contact avec l’extérieur ces derniers temps), la chaleur semblait être de retour parmi nous. Bien entendu, chez les plus jeunes, cela suscitait parfois une excitation connue puisqu’elle annonçait bien souvent les vacances. Malgré l’heure matinale, les étudiants étaient bien éveillés et même un peu trop à mon goût. Je du les rappeler plusieurs fois à l’ordre alors que certains parlaient lorsque je donnais des explications ou encore qu’ils jouaient avec les ingrédients de leur future potion. Je faillis même sortir un garçon de la classe qui semblait se foutre de mon autorité, mais qui s’était racheté à la dernière minute avant que je ne lui montre la porte. Et lorsque le groupe quitta enfin mon local, je poussai un soupir de soulagement. Quelque chose me disait que la journée allait être longue si les autres étudiants agissaient de la même manière.
Il y eut une maigre pause dont je ne vis même pas les minutes défilées avant que mon groupe de neuvième année s’installe derrière les tables. Je dû parler plus fort pour attirer leur attention alors qu’ils semblaient partir dans leur délire de jeunes adultes. Je fis un peu de théorie à l’aide de mon livre avant de les lancer devant leurs chaudrons. Ils devaient exécuter une potion difficile, mais simple à faire si l’on suivait bien les instructions écrites dans le bouquin. Alors que les élèves s’affairaient, je faisais le tour des tables afin de m’assurer qu’ils étaient dans la bonne voie. La majorité s’en sortait pas mal. Et lorsque j’entendis un groupe d’élèves un peu plus au fond en train de rigoler, je me rapprochai d’eux et remarquait aussitôt la couleur rouille qu’avait prise la potion de Jeroen.


- Je ne sais pas pourquoi ça a donné ça...

Je fronçai les sourcils, me rapprochant de son chaudron qui débordait légèrement. Il avait complètement raté l’affaire et il était beaucoup trop tard pour faire marche arrière. Le cours était sur le point de se terminer, c’était donc inutile de le faire recommencer du début, surtout que je ne pouvais pas vraiment me permettre de le faire rester à la toute fin pour lui faire reprendre. N’empêche, j’avais bien quelques minutes pour lui parler un peu.

- Vous resterez après la klasse monsieur Van Saade.

Je lui tournai finalement le dos afin de retourner à l’avant pour ravoir l’attention des élèves. Je me lançai dans de nouvelles explications suite à quoi, je m’assis derrière mon bureau, de nouveau plongé dans mes nombreux parchemins. Au bout de quelques minutes, j’annonçai aux élèves qu’ils pouvaient quitter après avoir vider et ranger les accessoires et ingrédients qu’ils avaient utilisés durant le cours.
Et au bout d’un petit moment…


- Professeur ? Vous vouliez me parler.

Je relevai la tête et je vis Jeroen qui se tenait debout devant mon bureau. J’avais complètement oublié que je lui avais donné rendez-vous tellement j’avais été concentré durant les minutes qui avaient précédés. Je lui fis signe de prendre un siège. Ça ne devrait pas être très long, mais…

- Oui danke d’être resté, j’avais oublié.

Je rangeai rapidement ce qui se trouvait devant moi, question de ne pas avoir les yeux qui se promenaient sur les lignes des parchemins. Ou bien encore de ne pas faire de dégât : il était hors de question que je fasse des taches d’encre sur des devoirs, même si c’était facile à faire disparaître…

- J’ai remarqué votre trank toute à l’heure et d’ailleurs, c’était plutôt difficile de la rater… Il suffisait de suivre les anleitung pour parvenir à la bonne lösung… Vous êtes un étudiant habituellement brillant… Il me semble que ça fait quelques kurs que vous avez un peu de laisser aller. Il est certain que vous n’êtes pas toujours vorsichtig et si au début je m’en inquiétais un peu, vos notes me prouvaient que vous étiez capable de Können…

Je poussai un petit soupir.

- Monsieur Van Saade, vous semblez oublier que les Untersuchungen approchent à grands pas et que cette trank que vous deviez faire en klasse aujourd’hui est justement sujette à cet examen… Je voudrais bien vous la faire recommencer seulement heute, je suis un peu pressé par le temps. J’aimerais, lorsque vous aurez une minute ou deux, que vous revenez me voir pour que l’on puisse mettre ça au punkt. En attendant… Avez-vous des problèmes extérieurs qui vous poussent à être autant dans la mond? Quelque chose vous tracasse et vous empêche d’avancer?
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Sam 27 Oct 2012 - 15:38

Les cours. Cet espèce de moment où on est supposé expliquer ce qui nous a pris de faire de la bouillie infâme alors qu’on avait toutes les clefs en main pour arriver au même résultat que tous les autres. C’était, comment dire, un peu gênant. Il fallait avoir l’air détaché, jouer la carte du trouble-fête pour avoir l’air valable auprès des copains, mais dès qu’on était en face du professeur, c’était une autre histoire, une autre facette qu’il fallait montrer. Il n’allait pas jouer au plus malin ; non pas parce qu’il ne l’était pas, plus malin, mais parce qu’il voulait quand même éviter la colle. Enfin bon : Hammerschmitt l’avait déjà oublié lorsque Jeroen arriva près de son bureau après qu’il ait sonné la fin du cours ; il aurait tout-à-fait pu s’échapper mine de rien, et prétexter avoir la tête complètement dans la lune… Le loup-garou en lui aurait compris. C’était bon de savoir qu’il n’était pas le seul à oublier plein de choses en ce moment. Jeroen s’assit posément sur le siège que lui désignait son professeur, sans montrer un soupçon de timidité – parler en face à face avec un professeur ne l’avait jamais dérangé outre mesure.

La façon de parler de son professeur rendait toujours les discussions un peu spéciales. La faute aux mots allemands certainement. Ceux-ci se glissaient toujours au milieu de ses phrases en anglais, ce qui rendait la compréhension parfois un peu difficile. Mais au fur et à mesure, dans la classe, ils s’étaient donné pour mission d’apprendre ces quelques mots d’allemand absolument obscurs, au lieu de demander au professeur de répéter ses phrases à tous bouts de champs. Au départ c’était un peu par moquerie, certes, mais pas vraiment méchamment, et au final, lorsqu’il parlait, ça ne posait plus de problèmes de compréhension ; c’était limite si le serpentard n’avait pas envie de répondre de la même manière, avec les quelques mots néerlandais qu’il avait appris par son père.

    - J’ai remarqué votre trank toute à l’heure et d’ailleurs, c’était plutôt difficile de la rater… Il suffisait de suivre les anleitung pour parvenir à la bonne lösung… Vous êtes un étudiant habituellement brillant… Il me semble que ça fait quelques kurs que vous avez un peu de laisser-aller. Il est certain que vous n’êtes pas toujours vorsichtig et si au début je m’en inquiétais un peu, vos notes me prouvaient que vous étiez capable de Können…

Certes. Son image d’élève brillant le suivait toujours, c’était un point positif, mais ces derniers temps ce n’était pas merveilleux. Il n’avait plus envie de bosser, pris d’un excès de flemme. Ça arrivait régulièrement, mais il planquait mieux ça d’habitude. Il suffisait d’un regard un peu intéressé, de suivre vite fait les consignes et il pouvait aller se rendormir ; mais ça ne semblait plus aussi simple en ce moment. Il savait que ça ne changerait rien à sa position, ni au résultat… Mais qu’on doute de lui était un peu vexé tout de même.

    - Monsieur Van Saade, vous semblez oublier que les Untersuchungen approchent à grands pas et que cette trank que vous deviez faire en klasse aujourd’hui est justement sujette à cet examen… Je voudrais bien vous la faire recommencer seulement heute, je suis un peu pressé par le temps. J’aimerais, lorsque vous aurez une minute ou deux, que vous reveniez me voir pour que l’on puisse mettre ça au punkt. En attendant… Avez-vous des problèmes extérieurs qui vous poussent à être autant dans la mond ? Quelque chose vous tracasse et vous empêche d’avancer ?

Les examens. Oui. Ça, il s’en sentait si loin et si proche en même temps ; ça n’aidait pas à se concentrer sur une tâche à la fois. Quand il y pensait avec sérieux, les questions inhérentes à l’année à venir venaient le parasiter. Quant à ce cours de potion infructueux, il n’avait pas vraiment envie de devoir le rattraper. S’il relisait bien la recette, il était certain d’arriver à quelque chose de concluant sans difficultés, pourquoi prendre du temps en plus pour quelque chose qu’il saurait faire ? Rien que là, il aurait dû être dehors à profiter du temps un peu clément… Bon. On ne se plaint pas. Jeroen eut un bref regard sur le côté avant de refaire face au professeur sans broncher. Des problèmes extérieurs ? Oui. Il n’avait pas besoin de mentir sur les raisons de ce plantage en règle, pas avec lui.

    - J’ai bien eu quelques… différends dernièrement, avec d’autres élèves. Ça a affecté mon travail durant un temps, c’est vrai. Mais maintenant c’est réglé. Je ne pense pas que ma bouillie d’aujourd’hui soit en rapport avec ça.

En effet, les quelques jours qui avaient suivi sa longue nuit à errer dans le château, éloigné de la salle commune par un sang-pur « un peu » susceptible, n’avaient pas été glorieux. Il faut dire qu’il s’était refusé à passer à l’infirmerie se faire soigner, même une fois les vertiges passés, et que sa faiblesse physique n’avait cessé de lui rappeler son incapacité à réagir ouvertement à cette fâcheuse histoire. Maintenant il ne restait plus que des cicatrices du sort qui l’avait frappé ; il n’avait pas trop envie de les étaler partout, d’autant plus qu’il se faisait discret à ce niveau. Seule Killian, sa camarade batteuse chez les rouges, était vraiment au courant de ce qui s’était passé cette nuit-là, et c’était bien comme ça. Il n’y avait apparemment pas de rumeurs dans les couloirs, l’autre vert n’était pas trop allé se vanter auprès des Supérieurs d’avoir « corrigé ce petit con de sang-mêlé ». Autant ne pas réveiller les ragots en laissant à Hammerschmitt la possibilité d’en parler à ses collègues, aussi sympathique soit-il…

Jeroen soupira en silence, balayant ces pensées négatives. Il avait envie de positiver aujourd’hui. D’aller jouer l’étudiant moyen pour changer un peu. Ça ne semblait pas être parti comme ça, mais son moral n’avait pas l’air d’en pâtir. Il se sentait étrangement de loin de tout ça, et ce n’était pas pour lui déplaire ; seuls persistaient les soucis d’ordre raisonné, à savoir tenir une conversation avec son professeur jusqu’à ce qu’il décide de le lâcher, et ne pas trop en dire. Programme intéressant.

    - Je retravaillerai cette séance de mon côté, si c’est là le problème. J’aurai le temps d’ici les examens, et si un point bloque, je n’hésiterai pas à venir vous demander conseil.

Voilà. On essaie subrepticement de montrer qu’on peut se débrouiller, et on évite ainsi de rattraper le cours en tête-à-tête avec le professeur. Ce n’était pas tant le tête-à-tête qui le dérangeait, mais le fait de devoir bosser sérieusement, constamment surveillé dans ses actions – surtout vu sa motivation actuelle. Peut-être qu’il devrait quand même rattraper, mais on peut toujours essayer… De plus, les Supérieurs ne lui donnaient pas trop de « devoirs » en ce moment, et il voulait profiter de son temps libre pour lui-même. Ah légèreté.

    - Sinon, comment dire… ce n’est pas facile de travailler sans savoir ce qui nous attend derrière. Sans vouloir offenser qui que ce soit, et je parle en tant qu’étudiant moyen, les cours n’ont pas autant de valeur en milieu clos, c'est plus facile de s'en désintéresser. On n’a pas forcément les mêmes motivations qu’avant, vous ne pensez pas ?

C’était dit sur un ton neutre, détaché, comme s’il reportait l’avis collectif et pas le sien. En même temps c’était vrai, il y avait eu quelques débats là-dessus, et plusieurs étudiants s’accordaient à dire ça rien que dans la classe. Bosser, alors qu’on ne peut pas sortir de l’école, qu’on n’a pas revu la famille depuis deux ans et qu’il est si simple de finir au fond du lac pour un oui ou pour un non, ça pouvait sembler un peu dérisoire. Jeroen travaillait pour ne pas rouiller, parce qu’il comptait toujours sur sa réputation, et que c’est bien connu, celui qui a l’air fort a le pouvoir. Mais l’avenir restait flou, les perspectives restreintes. Hammerschmitt devait le sentir lui aussi, le manque de liberté, même et surtout en tant que membre du personnel enseignant ; il avait des responsabilités, des désirs et des devoirs qui devaient entrer en contradiction, parfois. Mauvais métier.

    - Pardon. Je ne devrais pas dire ça.

Pas en tant qu’élève dans le camp des Supérieurs surtout, mais ça il n’allait pas le dire. Il était sensé tenir sa langue, donner l’air de n’avoir aucun problème avec le système pour que tout se passe bien, mais au fond il ne voyait pas comment l’isolement pouvait être plaisant, qui que l’on soit. Il détourna légèrement le regard pour faire comme si ça le gênait de s’ouvrir ainsi, ce qui était relativement faux. L’avis de son professeur, même s’il le devinait, l’intéressait quand même, et quitte à parler autant parler de choses intéressantes.
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Dim 4 Nov 2012 - 3:05

Plus je gagnais en ancienneté dans cette école et plus je semblais m’attacher à mes étudiants. Si au départ j’avais plutôt joué la carte de l’indifférence dans le souci de vouloir protéger mon identité de lycanthropie, je m’étais rapidement aperçu que mes efforts étaient vains. Mon don s’était répandu à une vitesse folle sans que je ne fasse rien. J’avais pourtant protégé mes arrières et seuls Walters et son équipe connaissaient mon petit secret. J’avais voulu être honnête avec eux dès le départ, question de ne pas causer de soucis à personne. Oui je maîtrisais mon animal, mais il valait mieux informer ceux qui m’engageaient. Ça c’était malheureusement retourné contre moi, puisqu’ils me harcelaient maintenant pour que je fasse parti de leur clique, mais tôt au tard, ils auraient fini par tout savoir. Seulement, pour les étudiants… C’était autre chose. J’avais voulu les garder loin de tout ça parce que je savais que plusieurs d’entre eux, voir même la grande majorité, n’étaient pas familier avec ce genre de particularité. Je n’avais pas envie de les effrayer et encore moins avoir des jugements faussés à mon égard. Mais les plus observateurs n’avaient mis que quelques semaines, voir quelques jours pour découvrir ce qu’il se cachait derrière mes allures de professeur bienveillant. Si au départ ça avait semblé créer tout un émoi chez les plus craintifs, ça s’était rapidement estompé. Je ne m’étais jamais directement justifié puisque je n’avais pas à le faire : j’avais simplement continué de faire comme avant. C’est à-dire donner ma matière de la façon la plus précise que ce soit et les aider dans leur cheminement. Ils avaient fini par s’habituer à ma manière de procéder et lorsqu’ils s’étaient rendu compte que je n’étais pas du côté des supérieurs, ils s’étaient calmés et avaient repris leurs anciennes habitudes. Entre temps, j’avais appris à connaître certains plus que d’autres et je me transformais parfois en psychologue ou en guide pour jeunes loups-garous. Lorsque je constatais que certains désertais le cours trop longtemps et que j’apprenais finalement qu’ils étaient prisonniers des supérieurs, j’avais toujours une petite tache sur le cœur. Je n’aimais pas que les élèves soient maltraités de la sorte de même que je n’acceptais en aucun cas le sort des moldus. Mais la vie continuait et je devais rester présent et disponible pour les autres qui persistaient à se tenir debout, la tête haute alors que toutes ces atrocités leurs tombaient sur le coin de la gueule.
Si je pouvais devenir une figure importante dans leur vie, que ce soit en termes de loup-garou ou d’homme, j’étais ravi.

Quoi qu’il en soit, je n’étais pas très familier avec Jeroen. D’ailleurs, les serpentards semblaient m’éviter plus qu’autre chose et franchement, ça ne me faisait pas grand chose. Tant qu’ils assistaient au cours, qu’ils demeuraient tranquilles et qu’ils réussissaient les potions, je ne me préoccupais pas du reste. D’après ce que j’avais pu observer de la part du jeune Van Saade, mais habituellement, il réussissait bien. Que ce soit dans les devoirs, les examens ou bien les leçons lancées en classe. Sa potion d’aujourd’hui m’avait… Fait l’effet d’un bol d’eau froide. Surtout que les instructions étaient écrites noires sur blanc et qu’il était pratiquement impossible de rater cette potion. La sienne avait été un désastre le plus complet et c’était la raison pour laquelle je l’avais retenu après le cours, bien que je fusse plutôt pressé par le temps. J’avais vraiment à cœur la réussite de ces jeunes gens et Jeroen en faisait parti. Mon esprit de sauveteur c’était de nouveau emparé de moi alors que je questionnais mon étudiant sur ces problèmes personnels. Oui, j’étais pressé par le temps, mais…


- J’ai bien eu quelques… différends dernièrement, avec d’autres élèves. Ça a affecté mon travail durant un temps, c’est vrai. Mais maintenant c’est réglé. Je ne pense pas que ma bouillie d’aujourd’hui soit en rapport avec ça.

J’hochai la tête à la manière d’un psychologue écoutant son patient. Des différends avec d’autres étudiants… Rien de bien particulier. Après tout, qui n’en n’avait pas, surtout qu’ici l’école était carrément divisée en deux. Il y avait ceux qui tyrannisaient et ceux qui résistaient. Cette guerre ne se jouait pas simplement au niveau des adultes, mais aussi chez les élèves qui, malgré eux, se retrouvaient impliqués dans toutes ces histoires abracadabrantes. De quel côté se trouvait Jeroen? Difficile à dire au simple vu d’œil. Je savais que plusieurs serpentards étaient partisans des supérieurs, mais ce n’était pas le cas de tous. Après tout, des élèves supérieurs se cachaient aussi dans les autres maisons comme celle dont j’étais le directeur, soit Gryffondor. La maison ne faisait pas l’étudiant, disons le comme ça.

- Je retravaillerai cette séance de mon côté, si c’est là le problème. J’aurai le temps d’ici les examens, et si un point bloque, je n’hésiterai pas à venir vous demander conseil.
- J’espère gut monsieur Van Saade. Elle risque fort bien de se retrouver à l’examen. Vous devrez apprendre par herz la procédure écrite dans votre buch et donc l’exercer plus d’une fois pour être certain de bien la maîtriser.


Naturellement, j’aurais préféré le voir exécuter le tout devant mes yeux pour que je puisse voir les erreurs qu’il avait commises, mais le temps… Ce sacré temps qui me manquait de plus en plus alors que les examens approchaient. J’avais aussi la mission que je m’étais donné concernant Taylor qui occupait tous mes temps libres. Je faisais régulièrement des rondes afin de m’assurer que ce connard était encore loin de l’école, laissant Enzo tranquille. Pour l’instant tout allait, mais ces objectifs m’aidaient à passer rapidement au travers de mes journées.

- Sinon, comment dire… ce n’est pas facile de travailler sans savoir ce qui nous attend derrière. Sans vouloir offenser qui que ce soit, et je parle en tant qu’étudiant moyen, les cours n’ont pas autant de valeur en milieu clos, c'est plus facile de s'en désintéresser. On n’a pas forcément les mêmes motivations qu’avant, vous ne pensez pas ? Pardon. Je ne devrais pas dire ça.

La vision des choses de Jeroen m’interpella immédiatement. J’haussai les sourcils au fur et à mesure que les paroles lui sortaient de la bouche, plutôt surpris de tout ça. C’était bien la première fois qu’un étudiant osait admettre une telle vérité et franchement ça me faisait… Ça me donnait de la tristesse. Naturellement qu’il avait raison. Après tout, ni les enseignants, ni les élèves ne savaient réellement ce qui attendait ces derniers un coup leur diplôme obtenu. Restaient-ils enfermés dans cette prison jusqu’à temps que de l’aide extérieur nous soit envoyé pour exterminer les supérieurs ou bien étaient-ils tout simplement tués? Dans le meilleur des mondes, les hommes vêtus de noir leur envoyait un oubliette pour leur faire oublier leurs années d’étude sans pour autant enlever les leçons qu’ils avaient reçue avant de les envoyer dans leur monde propre…. Mais bon, ça relevait du rêve ça. Nous étions donc placés devant l’effroyable mystère et l’inconnu. Jeroen n’était pas en dernière année, n’empêche qu’il était préoccupé par son avenir, comme probablement plusieurs autres jeunes. Et… Wow franchement, je ne savais pas quoi penser de tout cela. Et le fait de le voir planquer sur sa chaise, me regardant comme s’il attendait une réponse de ma part, je voyais bien que je ne pouvais le laisser sur sa faim. Il avait probablement envie que je l’approuve ou bien que je commence à lui gueuler dessus, mais ça ne changerait rien à la situation.
Quoi qu’il en soit, je n’allais pas le laisser sortir de son bureau avant d’avoir eu une petite discussion sérieuse qui allait se propulser au-delà de ce problème de potion. Il étalait la vérité sur la table alors, allons s’y.


- Écoutez je comprends perfekt ce que vous dites. Et je ne vais pas vous contre-dire : c’est la wahrheit ce que vous venez de dire. Il est vrai que ce n’est pas leicht de travailler sans savoir ce qui nous attend plus loin. Même en tant que professor cette réalité est plutôt pénible. Oui, il est leicht de se désintéresser en se disant que peut-être au bout du compte, tous nos bemühen n’auront servit à rien. Que tout ce que vous apprenez, ce que vous faites, toutes vos leçons erworben ne seront qu’oubliés.

Je pris une grande inspiration avant de joindre les mains sur mon bureau, entrelaçant mes doigts ensemble. Je voulais bien choisir mes mots afin de lui faire comprendre mon point de vue à moi. Il m’avait ouvertement exposé le sien et c’était à mon tour de jouer. En tant qu’enseignant et donc figure « supérieure », je devais être vigilant afin de ne pas être mal compris par mon interlocuteur. Non, je ne connaissais pas vraiment le jeune homme qui me faisait face et je ne voulais pas que mon interprétation soit mal prise et qu’il aille répéter ça à tous ses petits camarades.

- Mais vous devez vous dire, monsieur Van Saade, que vous ne savez pas ce qu’il vous attend durant les prochaines jahr. Peut-être que vous ne sortirez nie d’ici. Peut-être que ces supérieurs décideront eux-mêmes de votre propre schicksal. Mais il y a encore de l’espoir et il y en aura immer. C’est à cette petite funke que vous devez vous accrochez. Vous devez vous y accrochez le plus fermement possible. Chaque zeit que vous étudiez. Chaque zeit que vous passez un nouvel examen. Chaque zeit que vous assistez en klasse. Vous ne vous êtes nie demander pourquoi les supérieurs continuaient le fonctionnement de cette schule monsieur Van Saade? S’ils auraient voulu, ils nous auraient tous enfermés dans les cachots ou bien ils nous auraient déjà ausgerottet. Mais ce n’est pas le cas. Vous continuez de venir en klasse et nous continuons d’enseigner. C’est peut-être genau là la lumière au bout du tunnel.

Pour moi, mon raisonnement était juste. Les supérieurs nous maîtrisaient déjà tous. Que ce soit au niveau du personnel ou au niveau des étudiants, nous étions tous dans le même pot. Quelques uns souffraient plus le martyr que d’autres, mais jamais les classes n’avaient été interrompus : les élèves avaient le droit de s’instruire malgré le terrible règne des hommes vêtus de noir. À quoi ça rimait au juste? Je m’étais toujours posé la question aussitôt que j’avais découvert le secret que couvrait Poudlard. Pourquoi les cours étaient toujours de rigueur si les gens qui vivaient ici étaient prisonnier du château? Je voyais en cette action de l’espoir. Une bonne étoile à laquelle se raccrocher et sincèrement, j’espérais de tout cœur que Jeroen adhérerait à ma vision plutôt que la sienne.

- Vous êtes un schüler intelligent et brillant alors n’allez pas gâcher votre talent et votre savoir parce que vous ignorez ce que l’avenir vous réserver. Continuer de faire de votre mieux, d’assister à vos cours et de mettre toute votre konzentration dans vos études. Votre diplôme est une chose importante que vous devez acquérir. Gardez vos motivationen et nourrissez les futurs projets qui germent dans votre sinn. Ne vous laissez surtout pas abattre par ceux qui vous bloque la tür et n’oubliez pas que l’espoir règne immer.

J’espérais que mes paroles bienveillantes avaient un bon effet sur lui. Il était peut-être ce genre de pessimiste qui aimait se nourrir de mauvaises pensées. Ce n’était pas mon problème, mais quand même, je n’avais pas envie de le voir pourrir son année à cause de cette flagrante et triste vérité qui guettait les élèves. Je voulais qu’il continue de se prendre en main et qu’il excelle comme il l’avait toujours si bien fait avant ce cours-ci.
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Dim 18 Nov 2012 - 23:12

Jeroen se surprenait à discuter aussi naturellement avec son professeur. Parce qu’il n’était pas l’élève le plus attentif de la promotion et qu’il avait une certaine image indépendante à entretenir, il ne pouvait pas se permettre de jouer les lèches-bottes ; d’ailleurs il n’en avait pas envie. Il ne parlait qu’à très peu de professeurs, et seulement dans les matières où son intérêt justifiait les quelques minutes de plus après les cours. Cette fois-ci, le contexte sortait de l’habitude ; il ne s’était jamais fait autant remarquer. Il n’en avait pas vraiment honte, mais si ça lui créait des ennuis, ça l’embêterait quand même pas mal. La seule solution, en cet instant, était donc de parler. Sérieusement, comme dans un rapport normal de professeur à élève dans une situation où ce dernier a des raisons de faire des erreurs. Il se mit en tête de les expliquer. Bien entendu il n’allait pas tout dire, et Hammerschmitt ne devrait pas poser plus de questions que cela s’il s’y prenait finement ; quoique même en y allant à la hache, ce professeur n’était pas connu pour s’introduire dans la vie des gens avec un intérêt malsain, bon point pour lui. Il respectait la vie intime de ses élèves, et ça lui assurait un retour favorable. Les élèves avaient tendance à faire de même avec sa vie à lui, et à son arrivée dans les rangs des professeurs de Poudlard, avaient laissé le lycanthrope vivre sa vie sans s’intéresser à autre chose qu’à son cours.

Après, se justifier en s’apitoyant un peu, bof. Lorsque les autres commençaient à prétexter des raisons navrantes pour décourager la réprimande, ça le faisait plutôt rire ; mais quand c’était lui à cette place, ce n’était pas aussi amusant. D’autant plus qu’il commençait à en dire beaucoup. Accepter ouvertement le fait qu’il s’était fait dessiner quelques cicatrices à cause d’un instant d’inattention n’a rien de glorieux. Utiliser cette excuse pour expliquer une potion ratée, encore moins. Il ne voulait pas apitoyer, et donc gardait une expression froide et détachée. D’ailleurs c’était déplacé pour un pro-Supérieur de se plaindre de ça ! Il ne se cachait pas, il suffisait de demander à n’importe qui pour connaitre sa position officielle par rapport aux évènements. Donc si Hammerschmitt avait posé cette question, et donc placé Jeroen dans le groupe des « méchants », une plainte larmoyante passerait rapidement pour une grosse blague ; il ne manquerait plus que ça. Il acquiesça avec un air consciencieux. Il allait réellement bosser sa mélasse, un jour, peut-être la veille de l’examen mais il le fera. S’il avait encore des perspectives d’avenir, il ne voulait pas les bousiller pour une mauvaise note en potions. Et puis, ça l’arrangeait bien que le professeur manque de temps pour lui faire rattraper en sa présence. Il restait libre de ses mouvements dans les jours à venir, sans contrainte de cours supplémentaires.

Lorsque le serpentard commença à parler des perspectives en question, son professeur haussa les sourcils, apparemment surpris. Personne ne lui avait parlé de sentiments similaires auparavant ? Il lançait donc lui-même la question de débat… C’est qu’il allait se faire remarquer avec ça, et peut-être par pour le mieux. Rien que l’idée de se faire remarquer par qui que ce soit le dérangeait avec la conjoncture actuelle. Mais maintenant que c’était fait il devait aller jusqu’au bout, toujours avec un air détaché. Il y eut un temps de réflexion. Bien entendu, pour répondre à une telle question mûrement réfléchie, Hammerschmitt devait réfléchir, choisir ses mots pour ne pas donner d’opinion qui pourrait se retourner contre lui, et en même temps donner assez de matière pour remotiver un élève déprimé. Décidément, être professeur relevait plus de l’acrobatie intellectuelle que d’une récitation pas toujours intelligente du contenu de livres de cours.

    - Mais vous devez vous dire, monsieur Van Saade, que vous ne savez pas ce qui vous attend durant les prochaines jahr. Peut-être que vous ne sortirez nie d’ici. Peut-être que ces supérieurs décideront eux-mêmes de votre propre schicksal. Mais il y a encore de l’espoir et il y en aura immer. C’est à cette petite funke que vous devez vous accrochez. Vous devez vous y accrochez le plus fermement possible. Chaque zeit que vous étudiez. Chaque zeit que vous passez un nouvel examen. Chaque zeit que vous assistez en klasse. Vous ne vous êtes nie demander pourquoi les supérieurs continuaient le fonctionnement de cette schule monsieur Van Saade? S’ils avaient voulu, ils nous auraient tous enfermés dans les cachots ou bien ils nous auraient déjà ausgerottet. Mais ce n’est pas le cas. Vous continuez de venir en klasse et nous continuons d’enseigner. C’est peut-être genau là la lumière au bout du tunnel.

Il avait donc bien choisi ses mots, mais ce n’était pas décevant. Au contraire. Déjà, il avoua comprendre ce qu’il disait, et partager en partie cette opinion, ce qui n’était pas rien. Le sentiment d’oppression était réellement partagé par la classe enseignante ; c’était rassurant et effrayant à la fois, parce que tout le monde vivait le même enfer. De plus, il comprenait le désintérêt, la sensation que ça ne servait à rien. Beaucoup de gens pouvaient comprendre ça ; il suffisait d’avoir vécu un seul instant de doute par rapport à des choses diverses et variées, mais tout le monde ne pouvait pas mettre de mots dessus. Lui le faisait avec soin, réfléchissant à chaque terme utilisé pour qu’il soit le plus neutre possible ; il joignit les mains pour se donner un temps de réflexion, durant lequel Jeroen attendit la suite sans bouger, soudain bien plus attentif qu’un quart d’heure auparavant.

Puis Hammerschmitt reprit, parla de leurs sorts à tous, placés entre les mains des Supérieurs ; pourquoi continuaient-ils les cours dans cet état de siège ? Son point de vue était très pertinent. Au lieu de perpétrer un génocide, ils laissaient l’école fonctionner comme depuis des décennies. Ça ne pouvait pas n’être qu’un mécanisme pour entretenir la peur et le chaos, même si ça leur plaisait de voir les gens devoir vivre dans cet état d’angoisse constante. Il devait donc y avoir quelque chose, une idée au fin-fond de leurs esprits aliénés. Jeroen n’avait jamais vu les choses sous cet angle, mais il devait avouer être passé à côté d’un détail important gros comme une tour des tours du château.

    - Je comprends votre point de vue. Je n’avais jamais fait attention à ça, mais il est vrai que continuer de faire tourner l’école doit avoir un sens. Ils sont intelligents et savent ce qu’ils veulent…

Mais que voulaient-ils à la fin ? Les réponses viendraient plus tard. Pour l’instant, Jeroen retrouvait sa bonne humeur. Cette discussion était beaucoup plus constructive que ce à quoi il s’attendait, et avait l’effet de lui redonner un coup de boost ; il y aura quelque chose après ces années de galère. Peut-être un contrôle permanent des Supérieurs, peut-être un sort d’oubliettes quelque peu nuisible pour son esprit, peut-être encore des années d’isolement au château, mais même ça, ça finirait par devenir bien trop suspect dans le monde sorcier. Ils verraient alors le « bout du tunnel ». Un terme qu’il appréciait alors qu’il ne l’aurait pas forcément dû ; ne devrait-il pas être en train de souhaiter une longue vie à ce Poudlard-là ? Si, clairement. Et il ne pouvait et ne voulait montrer ni son soulagement, ni une affliction factice quant à cette « fin de régime dictatorial » pour ne pas créer de débat autour de ce qu’il faisait croire à tout le monde. Position délicate pour lui aussi. Il ne pouvait pas dire grand-chose non plus, du moins sans choisir chaque mot avec précaution…

    - Vous êtes un schüler intelligent et brillant alors n’allez pas gâcher votre talent et votre savoir parce que vous ignorez ce que l’avenir vous réserve. Continuez de faire de votre mieux, d’assister à vos cours et de mettre toute votre konzentration dans vos études. Votre diplôme est une chose importante que vous devez acquérir. Gardez vos motivationen et nourrissez les futurs projets qui germent dans votre sinn. Ne vous laissez surtout pas abattre par ceux qui vous bloque la tür et n’oubliez pas que l’espoir règne immer.

Contre toute attente, Jeroen finit par sourire, légèrement et sans son ironie habituelle. Les nouvelles étaient… trop bonnes. Entendre quelqu’un dire, preuves à l’appui, que ce n’était pas terminé, ça changeait des héros de coins de couloir qui disparaissaient au cachot plus souvent qu’ils n’allaient à la douche. A entendre, ça avait bien plus de valeur. Ça signalait aussi, dans un sens, une faille dans leur système d’apparence si cruel et parfait. Quelque chose qu’ils ne pouvaient probablement pas contrôler à leur guise sans modifier la donne. Les professeurs, et même les cours… seraient-ils la clef ?

    - D’accord, professeur. Vous avez raison… Après, personnellement, j’ai une situation relativement stable par rapport à tout ça. D’habitude je n’ai pas tant de problèmes que ça, et je trouve toujours des occasions d’aller prendre l’air et de me changer les idées… donc je devrais pouvoir m’en sortir sans grandes difficultés. J’ai pas mal de projets, et c’est bon de savoir que je pourrai sûrement les mener à bien, un jour.

En théorie sa position lui assurait une certaine sécurité. En théorie. Mais il ne s’en vantait pas, en fait il n’en parlait pas. Donner une opinion était devenu un pari risqué et incertain sur lequel il préférait ne rien miser. Il ramena ses cheveux en arrière. Si son discours ne le projetait dans aucun camp, c’était mission accomplie.

    - J’imagine seulement que ce n’est pas aussi simple pour tout le monde. Certains n’ont aucun recul par rapport aux évènements et foncent tête baissée dans la gueule du loup. C’est plus facile quand une balade en forêt suffit à reprendre le contrôle de soi…

Ou du moins dans les environs, près des enclos de la garde-chasse. Après tout, pour Jeroen, se retrouver en présence de bestioles quelles qu’elles soient, lui permettait de penser à autre chose et de ravaler son ressentiment quand la journée avait été trop mauvaise. En ce moment, il n’attendait d’ailleurs que l’occasion de retourner cavaler dans la Forêt Interdite, certainement suivi de près par une Stoneheaven paniquée à l’idée qu’il puisse se faire croquer par le chien à cœur de la dernière fois. Chacun ses occupations et ses façons de fuir pour mieux faire face ; par exemple, Julian aimait faire la fête et manipuler les garçons pour en faire ce qu’elle voulait, Emeric aimait lire et étudier, jusqu’à avoir des cernes violettes sous les yeux quand quelque chose n’allait pas dans sa vie… D’ailleurs, les compliments sur l’étudiant « intelligent et brillant » qu’il semblait être auraient dû être pour son grand frère, mais Jeroen ne crachait pas dessus. Même si au fond ce n’était pas si justifié que ça, ça restait bon pour l’estime de soi.

En plus ce professeur et son intégrité lui plaisaient. Il était en train de refaire le point dans sa tête grâce à lui, car des questions avaient enfin trouvé des réponses et d’autres apparaissaient, fraîches et excitantes. Pourquoi ne s’était-il pas rapproché plus tôt de Hammerschmitt ? Question obscure cette fois-ci. Peut-être parce qu’il aurait laissé transparaitre son intérêt pour sa nature lycanthrope, et que c’était un comportement qu’il jugeait lui-même déplacé si ce n’était pas justifié. Mine de rien, tous les professeurs – et élèves – qu’il appréciait ou avait appréciés avaient tous un rapport de près ou de loin avec les animaux ; ce n’était pas un pur hasard. Il était trop intéressé, du moins dans une certaine mesure, et ça se ressentait parfois dans ses rapports aux autres.

Il se rendit vite compte que ses propos pouvaient être détournés de leur sens initial ; parler de « balade en forêt pour reprendre le contrôle de soi » et de « foncer dans la gueule du loup » à un lycanthrope, en même temps… Ce n’était pas du tout volontaire, pour une fois. La vivacité d’esprit de Julian lui déteignait dessus. Il ne réfléchissait plus exactement de la même manière depuis l’autre jour, le cerveau certainement déréglé par la salle dans laquelle ils avaient « joué » et le sort qui les y avait enveloppés… Il se découvrait sous un autre jour en ce moment, découvrait de nouveaux visages intéressants… Sa situation était plutôt bonne en fait. Très riche en surprises en tout cas, contrairement à avant. Il sourit vaguement.

    - Je ne dis pas que je prends des risques en me promenant vers la Forêt Interdite, bien entendu… La dernière fois j’étais avec le professeur Stoneheaven. Ça compense un peu l’interdiction de quitter l’enceinte du château.
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Mar 27 Nov 2012 - 5:39

Jamais je n’aurais cru que ce petit entretient après la classe dériverait sur un sujet aussi délicat. Parfois la vérité était bonne à dire, mais dans ce cas-ci, ça faisait plus mal qu’autre chose. Jeroen était un garçon intelligent et qui, visiblement, s’inquiétait pour son futur. Pour l’après diplôme. Si les autres jeunes des autres écoles ne s’en souciaient pas vraiment, aillant simplement envie de foutre le camp le plus tôt possible de cet établissement scolaire, les étudiants ici étaient confrontés à une toute autre réalité. Le serpentard était le premier qui osait en parler ouvertement avec moi et franchement, je fus pris au dépourvu à tous les niveaux. Après tout… Cette réalité ne m’appartenait pas vraiment puisque je restais ici à longueur d’année, occupant mon poste d’enseignant. Tant que je faisais mon boulot, on ne m’emmerdait pas. À quelques petites exceptions près, mais je ne me laissais plus impressionner par ces mauvaises intentions. Tandis que pour lui… Et franchement, je m’étonnais que personne ne m’ait fait ce genre de remarque auparavant. En même temps c’était peut-être mieux ainsi : ils se préoccupaient plus de leurs études ou de leurs problèmes d’adolescents, vivant au jour le jour plutôt que de miser sur un avenir incertain.
Il avait fallu que je sois vigilant dans mes réponses puisque visiblement, Jeroen ne me laisserait pas m’échapper. De toute manière, je n’avais pas eu l’intention de le faire. J’étais un enseignant jusqu’au bout des ongles, même si parfois je me faisais passer pour un psychologue. Ces enfants avaient besoin de réponses, d’écoute et de support. Il n’y avait donc rien de mieux qu’un adulte se rangeant de leur côté pour leur prêter main forte. C’était ce que je m’efforçais de faire depuis mon arrivée ici et cette fois-ci n’allait pas être une exception. Je n’étais pas un lâche de toute manière et après tout… Tout ceci n’était qu’une simple discussion malgré le sujet délicat.

Quoi qu’il en soit, j’avais élaboré ma vision des choses à mon étudiant inquiet en misant bien entendu sur l’espoir. Je croyais fermement qu’un jour ou l’autre la menace qui planait sur l’école allait finir par échouer un jour et j’espérais qu’il serait là pour pouvoir y assister. Mais pour le moment, sans crier à la victoire trop rapidement, il fallait penser à ce que ces supérieurs nous laissaient. Déjà, ils laissaient la chance aux étudiants de pouvoir s’instruire, même si quelques cours semblaient avoir été légèrement modifiés pour des fins plus cruelles. J’avais donc misé mon espoir en me basant sur cela, tentant d’amener Jeroen de mon côté de la médaille. Je voulais qu’il réfléchisse à ce petit fait que certains pouvaient parfois oublier.


- Je comprends votre point de vue. Je n’avais jamais fait attention à ça, mais il est vrai que continuer de faire tourner l’école doit avoir un sens. Ils sont intelligents et savent ce qu’ils veulent…

J’avais simplement hoché la tête avant de poursuivre mon discours dans la même veine. Je souhaitais de tout cœur lui apporter un peu d’espoir. Au moins assez pour passer au travers de cette année scolaire qui s’achevait déjà. Il aurait tout l’été pour réfléchir à son futur et peut-être à la véritable signification du roulement de cette école. Maintenant, c’était plutôt le temps de se pencher sur ses études et de continuer sur sa lancée pour être certain de ne pas risquer son année à cause de ces tourments.
Et lorsque je vis un sourire apparaître sur son visage, je me dis que mon objectif à été atteint. Il n’avait pas seulement compris mon point de vu : il y avait cru. Et franchement, rien ne pouvait me faire plus plaisir. C’est pourquoi je lui rendis aisément ce sourire.


- D’accord, professeur. Vous avez raison… Après, personnellement, j’ai une situation relativement stable par rapport à tout ça. D’habitude je n’ai pas tant de problèmes que ça, et je trouve toujours des occasions d’aller prendre l’air et de me changer les idées… donc je devrais pouvoir m’en sortir sans grandes difficultés. J’ai pas mal de projets, et c’est bon de savoir que je pourrai sûrement les mener à bien, un jour.

J’eus envie de froncer les sourcils dès ses premières phrases, mais je m’abstenais. Le fait de souligner « situation relativement stable » fut les mots qui me picotèrent. Ou plutôt qui me mirent la puce à l’oreille. Me souvenant de cette vague pensée, celle qui considérait Jeroen comme étant un potentiel supérieur du côté des étudiants, je me dis que j’avais peut-être raison à son propos. Oui sa maison ne le classait pas de prime à bord, mais les élèves pouvant proclamer avoir une situation stable, n’aillant pas trop d’ennuis avec les « ennemis », ça relevait pratiquement du miracle. Malheureusement, ces pauvres adolescents y passaient tous et ceux qui étaient le moins touchés étaient bien entendu ces jeunes qui faisaient parti de leur clan. Comme Derek Ryans qui semblait être l’étudiant le plus haut placé dans cette école, même si ses comportements avaient énormément changés depuis que je le connaissais. Peut-être qu’il avait changé de camp : ce n’était pas une chose improbable. Pour en revenir à Jeroen… Qu’il soit du côté des supérieurs ou non ne changeait rien à ma vision des choses. Ce que je lui avais dit était une vérité en laquelle je croyais. Et en termes d’étudiant en général, ça ne changeait rien à notre relation. Tant qu’il ne m’entraînait pas dans ses magouilles avec ses « maîtres », moi ça m’allait. Et je n’avais aucun jugement à son égard, uniquement de la surprise. Après tout, il était majeur et vacciné et était en droit d’avoir ses propres opinions.
J’hochai simplement la tête de nouveau en guise de réponse.


- J’imagine seulement que ce n’est pas aussi simple pour tout le monde. Certains n’ont aucun recul par rapport aux évènements et foncent tête baissée dans la gueule du loup. C’est plus facile quand une balade en forêt suffit à reprendre le contrôle de soi… Je ne dis pas que je prends des risques en me promenant vers la Forêt Interdite, bien entendu… La dernière fois j’étais avec le professeur Stoneheaven. Ça compense un peu l’interdiction de quitter l’enceinte du château.

Au simple nom de d’Ismaelle, mon sourire s’effaça alors que d’anciens souvenirs remontaient à la surface. Je ne l’avais toujours pas revu depuis cette fameuse pleine lune ou tout avait basculé en une fraction de seconde. J’ignorais si elle m’évitait de son côté, mais… Si moi je l’avais fait au départ, ce n’était plus le cas maintenant. J’avais trop de passe temps pour penser à éviter les gens. N’empêche que je n’oubliais pas cette histoire et très franchement, je redoutais de l’instant où je devrais me confronter à moi-même pour lui présenter mes excuses et éventuellement, peut-être avoir une claque sur la gueule. Qui serait amplement méritée et dont je ne broncherai même pas. Mais un jour ou l’autre, je devrai affronter mes démons comme un homme et aller discuter avec elle.
Quoi qu’il en soit… Je n’étais pas d’accord pour le fait qu’elle se promène dans la forêt interdite. Qu’elle soit accompagnée par des étudiants ou pas. Cette place était aussi bien dangereuse pour elle qu’eux bien qu’elle soit une sorcière expérimentée.
Ah et pourquoi je deviens protecteur tout à coup…?


- Sans vouloir vous offensez, je ne crois pas que la forbidden forest soit le meilleur endroit pour se balader, même accompagner par un lehrer. Il y a des bêtes assez puissantes qui pourraient vous débarrassez de votre kleben en quelques secondes.

Et je sais ce que je dis, puisque cette forêt devient quelques fois mon terrain de jeu une fois par mois. J’ai eu l’occasion de rencontrer des bestioles qui ne feraient qu’une bouchée des sorciers alors… Même sous ma forme humaine j’aurai été incapable de vaincre certaines. Heureusement que mon loup était assez puissant et m’offrait la chance de m’aventurer plus loin sans risque, mais pour vous… Faites attention. Parce que si ce n’est pas eux qui vous choppent, ce sont les bêtes à poils et elles ne pardonnent jamais.

- Je sais que l’enceinte du schloss n’a rien de très intéressant après toutes ces années ici, mais… C’est pour votre sicherheit.

Je lui fis un petit sourire bienveillant avant de mettre mes mains à plat contre mon bureau.

- J’ai un kurs dans quelques minutes donc nous sommes assez limité malgré le fait que tout ceci soit intéressant à aborder avec vous. Écoutez… Pour l’instant ne vous inquiétez pas avec tout ça : préoccuper vous eher de cette année qui s’achève et tâcher de la mener à bons bedingungen. Et surtout, par pitié, réviser cette trank et pratiquer là surtout. Je vous surveillerai un peu mieux lors de la prochaine klasse pour suivre votre progression.

Je marquai une légère pause.

- Mais surtout… Si vous avez d’autres bedenken concernant n’importe quoi, n’hésitez pas à venir m’en parler. Le zeit me manque parfois, mais je trouve toujours une minute ou deux pour vous écoutez et peut-être vous conseillez si l’occasion se présente. Je veux que vous sachiez que vous pouvez compter sur ich, d’accord?
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MessageSujet: Re: Maybe not listened to everything... - Jakob   Mer 28 Nov 2012 - 17:22

Bon. Ce n’était pas si malin que ça, en y réfléchissant bien. Parler de sa situation, favorisée par rapport aux autres, c’était un peu se vanter d’être du bon côté même s’il ne le disait pas explicitement. Il remarqua en effet la réaction discrète de son professeur, interpellé par ce qu’il disait. Ça avait de quoi picoter ; même pour Jeroen, quelqu’un qui pérorait sur la sécurité de son choix avait tendance à l’agacer pas mal, voire à le dégouter selon la personne et son rang dans la hiérarchie. Même Julian… Mais ils n’en parlaient pas au final, trop concentrés sur ce qui les liait et pas sur ce qui les séparait ; ça réglait le problème. Après, bien entendu, le serpentard appréciait qu’on le remarque, qu’on sache bien qui il était. Mais si c’était de façon négative, ça perdait tout son sens ; s’il perdait son humanité auprès de tous, il ne serait vraiment plus que le pro-Supérieur qu’il semblait être. Il devait rester lui-même, sauvegarder son identité. Cette identité qui lui échappait…

Au final il était gêné. Certes, son professeur ne fit pas de remarques, mais qu’il puisse penser qu’il était de ces cons-là était fâcheux. Il jouait sur bien trop de fronts différents : avoir l’air assidu, sans l’être, ne pas en avoir l’air, mais pas suffisamment pour poser des problèmes auprès d’autres personnes, puis sembler si convaincu qu’il en faisait frémir les moldus qu’il croisait… A force de trop « avoir l’air », il était épuisé. Ces derniers temps il s’était relâché, et ça allait bien mieux depuis qu’il pouvait être « lui-même » avec Julian ; mais il savait que ça le guettait au tournant. Quoique ? S’il y avait encore de l’espoir chez les autres, c’est qu’il pouvait le faire. Aller jusqu’au bout. Il n’arrêtait pas de croire en ses convictions, les vraies, et un jour il pourrait mettre toute sa combine au clair pour redevenir lui-même. Lorsque le château se soulèvera enfin… Oui. Hammerschmitt pouvait le juger, mais ce ne serait pas la première fois, et Jeroen saurait faire sauter les doutes avant qu’ils ne lui nuisent.

Puis, lorsqu’il continua, il vit le sourire de son professeur disparaitre complètement. Qu’est-ce qui clochait encore dans ce qu’il disait ? Certes, il racontait ses bêtises avec un vocabulaire plein de bêbêtes, mais il n’était pas au courant de l’histoire qui liait ses deux professeurs – une histoire qui ne circulait pas encore dans les couloirs, heureusement pour eux… Alors il commença à prendre sur lui. Très fâcheux. Il ferait mieux de calmer ses propos, voire de partir avant qu’il n’en ait trop dit et se soit enfoncé trop profondément pour avoir encore l’air d’un élève intelligent et respectable. Surtout respectable ; il avait déjà fait pas mal de conneries dans sa jeunesse, comme aller se promener dans l’allée des Embrumes et y acheter quelques trucs… mais rien qui n’eut pu mettre sa place dans l’estime des autres en péril. Au contraire. Ah, ce n’était plus si drôle, hein, mais faisons comme s’il n’y avait aucun problème ; même Hammerschmitt semblait parti sur cette voie.

    - Sans vouloir vous offensez, je ne crois pas que la forbidden forest soit le meilleur endroit pour se balader, même accompagné par un lehrer. Il y a des bêtes assez puissantes qui pourraient vous débarrassez de votre kleben en quelques secondes.
    - Je sais. Ce n’était pas très malin. J’avais juste… non, rien. J’ai un peu gaffé.

Il avait juste besoin de se surpasser. De voir la bête qui pouvait mettre n’importe quel sorcier en miettes d’un coup de pattes, et de lui faire face sans broncher, même si c’était de l’inconscience pure. Evidemment il aurait préféré ne pas mettre aussi la garde-chasse en danger, surtout qu’elle avait l’air soucieuse… Il espérait juste… un peu d’adrénaline, une course en solitaire, voire un combat à l’issue incertaine sans mettre la vie de qui que ce soit en danger. Allez expliquer cela à des professeurs qui s’inquiètent pour leurs élèves et sont capables de se mettre eux-mêmes en danger pour protéger les autres. Ou qui présentent eux-mêmes une menace à certains moments, comme c’était le cas pour Hammerschmitt pendant la pleine lune. Il aurait l’air d’un timbré, et non il ne l’était pas. Il y avait juste des moments où il manquait d’air au point de s’étouffer, et il ne connaissait pas cinquante solutions pour y remédier.

    - Je sais que l’enceinte du schloss n’a rien de très intéressant après toutes ces années ici, mais… C’est pour votre sicherheit.

Son sourire bienveillant revint. Soit il ne se formalisait pas de ce que Jeroen venait de dire, soit il jouait très bien la comédie, mais le vert penchait plutôt pour la première option vu son caractère. Il ne répondit pas ; parler de sécurité restait quand même un peu ironique, quand des élèves se jetaient d’eux-mêmes dans la gueule de la première bestiole passant pour fuir le danger que représentait l’instance au cœur de Poudlard. En fait, tant qu’on n’était pas sang-pur et du côté des Supérieurs (ce « et » étant la clef de voute), on n’était jamais vraiment en sécurité – même dans sa propre salle commune, et il avait goûté aux… plaisirs de la paranoïa pendant un bon moment, après avoir payé le prix d’un léger relâchement de sa garde. Quelle différence une balade dans la Forêt Interdite pouvait-elle faire ? L’argument était facilement réfutable, certes. Mais d’un côté les faits lui donnaient raison ; il y avait plus de disparitions du fait des Supérieurs que des bestioles de la Forêt Interdite.

    - J’ai un kurs dans quelques minutes donc nous sommes assez limité malgré le fait que tout ceci soit intéressant à aborder avec vous. Écoutez… Pour l’instant ne vous inquiétez pas avec tout ça : préoccupez-vous eher de cette année qui s’achève et tâchez de la mener à bons bedingungen. Et surtout, par pitié, réviser cette trank et pratiquez-la surtout. Je vous surveillerai un peu mieux lors de la prochaine klasse pour suivre votre progression. Mais surtout… Si vous avez d’autres bedenken concernant n’importe quoi, n’hésitez pas à venir m’en parler. Le zeit me manque parfois, mais je trouve toujours une minute ou deux pour vous écoutez et peut-être vous conseillez si l’occasion se présente. Je veux que vous sachiez que vous pouvez compter sur ich, d’accord ?

Occasion de s’échapper. Mais il n’était plus aussi pressé, il oscillait en fait ; son ton insinuait qu’il n’y avait pas vraiment de problèmes avec ce qu’il avait pu dire. Il y avait toujours des professeurs capables de beaucoup d’intelligence, pour ne pas juger les autres à quelques mots près – alors que parfois ça pouvait être dangereux de ne pas se méfier. Jeroen lui rendit son sourire. Il sentait que même après ça, il pouvait compter son professeur comme un allié. Il n’allait clairement pas l’embarquer dans les embrouilles qu’il risquait souvent de s’attirer, mais il le savait de son côté. Ça lui suffisait. Ça signifiait travailler un minimum sur sa potion d’ici le prochaine cours, mais il saurait finir ça rapidement… Il acquiesça.

    - Je réviserai. Si j’ai un souci, je viendrai vous poser des questions, mais je pense voir à peu près ce que j’ai manqué dans les étapes, ça devrait aller. Et puis, à quoi s’arrêter si près du but ?

De toute façon, la vie consistait à atteindre un objectif pour en trouver un nouveau juste derrière. Lorsque l’année scolaire sera terminée, il pourra s’occuper d’autres choses. Revoir Julian. Sortir dans le parc comme il le souhaitera. Faire le point. Plein de choses qu’il aurait aimé faire en dehors du château, mais ça n’allait pas l’arrêter pour autant. Il fallait bien continuer à vivre sa vie non ? Il se releva, ajusta sa robe de sorcier et sourit de nouveau, chaleureusement.

    - Merci. C’était… un peu des confessions, mais je suis content de savoir qu’il y a toujours des professeurs qui écoutent et comprennent… Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Bonne journée professeur.

Il le salua, récupéra ses livres de cours et sortit de la salle de classe. Il se sentait toujours de bonne humeur, un peu en meilleure forme peut-être ; rien à voir avec ces derniers temps. Fuir un peu ses devoirs de méchant avait peut-être du bon au final, tant qu’il ne se faisait pas remarquer. Il pouvait discuter de l’espoir de voir l’ancien Poudlard revenir sans penser qu’il devrait lui planter quelques couteaux dans le dos juste après… D’ailleurs, où en était-il déjà… ? Ah, oui. Sortir, retrouver ses amis et profiter des températures clémentes du mois de mai ; et continuer de se moquer de son camarade qui s’était fait coller.
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Maybe not listened to everything... - Jakob
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