AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 1872
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily Anthon/ Julian A. Neil/ Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Ven 29 Juin 2012 - 23:36

Soigner des gens, cela avait toujours été la vocation de Caem. Lorsque Killian lui avait dit qu’il pouvait entrer dans la Résistance en s’occupant des blessés, il s’était mis à envisager la question très sérieusement, pour la première fois. Jusque là, il avait vraiment voulu garder ses distances avec tout cela et ne s’en approcher sous aucun prétexte. Il pensait surtout à cette vie normale qu’il tentait d’avoir. Mais se dire qu’il pouvait à la fois lutter pour une cause qu’il trouvait malgré tout juste, accomplir un bout de son rêve d’avenir et rester aux côtés de celle qu’il aimait était quelque chose de plutôt engageant. Cette idée avait donc pas mal tourné dans sa tête en même temps que la perspective de sa petite sortie avec sa copine. Il avait vraiment envie de lui faire vivre un agréable moment et se demandait réellement comment il allait pouvoir organiser tout cela. Ce ne serait certainement pas évident, ce ne serait jamais à la hauteur des beaux rendez vous amoureux des séries américaines mais cela ne l’empêchait pas d’envisager quelque chose de particulier, quelque chose dont tous deux garderaient un agréable souvenir. L’adolescent avait donc laissé son esprit vagabondé à des réflexions romanesques et romantiques cependant, bien rapidement, alors que les jours passaient, son cerveau semblait effacer peu à peu cet avenir proche de sa mémoire pour le plonger dans le passé.
Le russe le savait très bien, à l’approche d’une certaine date il allait devenir lointain, il allait se sentir oppressé et avoir envie de se retrouver seul avec la nature et le silence comme seuls compagnons. Sa prévision ne pouvait être plus exacte. Petit à petit le jeune homme s’éloignait de tout. Cela avait commencé avec ses camarades de classe et autres personnes avec qui il entretenait des rapports cordiaux en temps normal, il se mettait désormais à leur sourire simplement et fuir toute conversation. Puis cela avait suivi avec les personnes dont il était plus proche, il ne cherchait plus à prendre des cours de vol avec Anja, il ne cherchait plus à aller déconner un bon coup avec Tallulah qui était pourtant assez douée en temps normal pour lui faire oublier ses petits tracas. Caem devenait l’ombre de lui-même. Zora avait bien des doutes sur l’origine de ce changement de tempérament c’était sans doute pour cela qu’elle s’était contentée de quelques questions succinctes avant de se décider à ne pas le forcer, à le laisser errer un peu dans sa bulle, persuadée que tout reviendrait vite à la normale. Elle avait raison, sans doute avait-elle pu comprendre car contrairement aux autres elle connaissait un bon bout de son histoire personnelle, du moins par rapport aux autres. Elle l’avait sauvée du pétage de plomb une fois, ce qui lui avait permis de lever un voile sur son passé. Mais à vrai dire, alors qu’il plongeait peu à peu dans une étrange torpeur, une petite voix en lui réussissait encore à s’exprimer, celle de l’inquiétude, de la culpabilité. Car malgré tous ses efforts, Killian n’échappait pas à la règle, d’elle aussi il s’éloignait ces derniers jours. Il l’aimait, il n’y avait aucun doute là-dessus, il avait confiance en elle mais ce n’était pas son genre de parler, il n’y arrivait pas. Alors il se contentait de se renfermer sur lui-même sans lui expliquer le pourquoi du comment. Elle devait bien se rendre compte que quelque chose clochait puisqu’ils se voyaient moins dernièrement. Il s’en voulait de lui faire subir cela car elle devait se poser bien des questions, se demander ce qui pouvait bien pousser le Poufsouffle à changer soudainement. Il avait envie de lui dire qu’elle n’y était pour rien, que cela finirait bien par passer mais ce serait avouer que quelque chose clochait ce serait ouvrir la porte à une discussion qu’il ne se sentait pas capable d’avoir. Alors il se taisait, se murant dans un silence qu’il trouvait rassurant. Les jours filaient et il sentait la date fatidique approcher. Ses intestins se nouaient de plus en plus, il mangeait moins, dormait difficilement et ne parvenait plus à maintenir son attention, l’esprit toujours ailleurs il nageait dans un autre monde, entre souvenirs et remords. Un étrange acide lui bouffait le cœur et il ne savait comment stopper cette horrible pression dans ses poumons. L’adolescent ne rêvait que d’une chose, s’envoler loin d’ici, aller s’allonger dans la neige et attendre que le temps passe mais cela semblait impossible. Il était coincé avec les Supérieur, coincé dans un Château toujours grouillant de monde, il se sentait devenir dingue…

~24 avril~

Caem n’avait pas dormi de la nuit. Il avait quitté son lit assez tôt pour ne pas être dérangé par ses camarades mais pas trop non plus pour ne pas se frotter aux Supérieurs. Mécaniquement il s’était habillé mais ne pouvait décemment pas prendre le chemin de la salle commune pour y espérer un petit déjeuner. Son estomac refuserait d’avaler quoi que ce soit, il en était certain et de toute façon, la nourriture ne faisait clairement pas partie de ses préoccupations. Son esprit tournait le même cd rayé depuis plusieurs heures déjà, les mêmes images, les mêmes paroles semblaient être bloquées en repeat et rien ne semblait pouvoir y changer quelque chose. Il avait besoin d’air, la perspective de rester enfermé une minute de plus lui donnait du mal à respirer. Le russe avait donc décidé d’aller prendre l’air. Dehors, il faisait plutôt beau, encore frais mais le soleil se montrait. Caem n’y prêta aucune attention. Ses yeux étaient aveugles ou plutôt recouverts d’un étrange filtre. Il ne voyait rien du parc de l’école, sous son regard épuisé se dessinait peu à peu le paysage de son enfance, de toute sa vie, les alentours de sa maison et c’était donc d’un pas lourd et nostalgique qu’il avançait. Il avait besoin de solitude, ne prêtant nullement attention aux regards interrogateurs de ceux qui le voyait passer, se diriger vers la forêt, ni discret ni spécialement voyant. Il se contentait de mettre un pas devant l’autre, ne sachant plus trop dans quel instant il se trouvait. Le jeune homme marcha donc un long moment, laissant sa main caresser les arbres autour de lui. Paradoxalement il devait être dans un jour de chance car le chemin qu’il empruntait était plutôt dangereux et pourtant, aucun obstacle ne se dressa sur sa route. Il parvint finalement à une clairière, il n’était jamais venu et à vrai dire, n’avait aucune idée de comment il était arrivé ici mais ce n’était pas important, il se préoccuperait de cela plus tard. Caem s’assit alors dans l’herbe encore un peu humide et sortit de sa poche un papier plié et froissé ; Une lettre qu’il avait reçue la vieille, envoyée par son père. Il y expliquait qu’il était désolé, il s’excusait bien que pas vraiment responsable et lui souhaitait du courage face à ce première anniversaire. Le Poufsouffle était alors partagé entre l’envie de déchirer ce message ou de remercier son paternel pour ce geste honorable. Il se contenta donc de chiffonner un peu plus la lettre et de la remettre dans sa poche avant de pousser un long soupir. Le silence s’installa ensuite sans qu’il ne sache pendant combien de temps exactement.

« Tu me manques atrocement tu sais. »

Sa voix avait fini par s’élever, roque sans doute à cause du manque de sommeil et du fait qu’il parle vraiment peu ces derniers temps. Il avait parlé en russe bien évidemment, l’anglais était banni depuis bien des années maintenant quand il s’adressait à sa mère. Un an déjà. Caem ne réalisait pas, ne voulait pas en réalité. Jusque là, il avait réussi à avancer, à reprendre le sourire mais ce jour là, tout lui revenait dans la tête, comme une lame assassine qui s’enivrait des multiples plaies lui lacérant le corps. Il avait terriblement mal, une nausée s’emparait peu à peu de lui alors qu’il sortait une photo de sa poche. C’était sa mère, souriante, belle, au milieu de la neige, dans leur jardin. Ses cheveux blonds volaient au vent et ses yeux d’un bleu azur semblaient briller de joie. Un étrange sourire se dessina alors sur les lèvres du jeune homme tandis que, sans qu’il ne puisse rien faire contre cela, de fines larmes se mirent à couler le long de ses joues. Il ne sanglotait pas, il était silencieux. Pour l’instant ce n’était que le manque qui le lacérait mais plus il regardait cette photo et plus la colère semblait vouloir se mêler à la danse. Car oui, un an après c’était toujours le même sentiment de culpabilité. Il n’arrivait pas à se débarrasser de l’idée que s’il n’était pas sorti ce soir là, il aurait pu sauver sa mère, il aurait pu lui épargner toutes ces souffrances. Cette pensée était la plus assassine et il sentait bien qu’elle commençait à se profiler dans un coin de son esprit. Petite à petit la peine se mutait en une vive souffrance, ses muscles se crispèrent et ses poings se serrèrent. Il avait envie de tout oublier, de revenir en arrière. Caem avait l’impression qu’un étau était en train de se refermer autour de lui, sa respiration devenait lourde et son cœur s’affolait. Il fallait qu’il s’échappe, qu’il fasse quelque chose, il n’en pouvait plus, non il ne pouvait plus supporter ça. Alors il cria aussi fort que possible, sans trop le vouloir, sans trop s’en rendre compte. Un cri déchirant d’animal blessé.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 3684
Date d'inscription : 27/03/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Rafael (Raven) && Ricardo (Slyth) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1055-this-is-the-story-of-my-life-a
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Dim 1 Juil 2012 - 15:49

~ C'est moi qu'ils ont étendu sous cette pierre froide ~
Caem Kaliayev && Killian T. E. Calgarry
Au début elle avait cru qu’elle se faisait des idées. Que c’étaient ses craintes qui influençaient sa vision de la réalité. Plus le temps passait et plus elle réalisait que si elle, elle avait fait l'effort de se confier, ce n'était pas son cas à lui. « Il ne te fait pas confiance. » Ces mots s'insinuaient chaque jour un peu plus dans son coeur, malgré tous ses efforts pour les effacer, à mesure que lui s'éloignait. Elle s’était efforcée de ne pas se laisser submerger par ses terreurs, elle devait lui faire confiance, c'était la base d'une relation saine, n'est-ce pas ? Il encaissait déjà sa jalousie presque maladive, réagissait avec un calme olympien à ses crises, qu'elle s'efforçait pourtant de limiter, elle ne voulait pas en plus être celle qui a peur de tout, même si ça n'était pas vraiment loin de la réalité. Le problème, c'est qu'au fur et à mesure, ses angoisses avaient pris plus de corps. Parce qu'aujourd'hui, plus encore qu'hier, ça n'était vraiment pas comme les autres jours. Il ne la regardait pas, ne lui parlait pas. Elle avait tenté d’attirer son attention au détour d’un couloir, hier, et n’avait eu droit qu’à un léger sourire, un peu crispé, à peine un signe de la main. Et ce matin, il n'était même pas dans la Grande Salle pour le déjeuner, et personne n'avait pu lui dire où il était. Et c’était tout simplement insupportable.

Elle s’était dit que leur cours commun serait l’occasion d’en avoir le cœur net, de lui parler. Et en même temps, elle le redoutait plus que tout. Elle était arrivé en dernier lieu près de la salle, jetant un coup d'oeil discret à l'intérieur avant que le prof ne la remarque. Il n'était pas là. Elle s'était dit qu'elle aurait pu attendre la fin de l’heure, plus qu’anxieuse, mais décidée à lui parler, crever l'abcès, même si le cours lui aurait semblé durer une éternité et qu'elle l'aurait suivi de loin, écrivant ce que le prof disait de manière presque automatique. Mais elle n'en avait même pas le courage, et s'était éloigné de la salle, le coeur lourd et la tête pleine de questions. Il fallait qu'elle bouge, qu'elle prenne l'air, à défaut de pouvoir vraiment rasséréner son esprit et elle était redescendue machinalement vers le parc. Si elle se faisait prendre ? Elle aurait droit à une nouvelle séance de torture, une de plus, une de trop sans doute. Après Sasha, elle n'était pas vraiment pressée de renouveler l'expérience et même s'il n'avait pas été aussi tordu que la Overton, il l'avait faite souffrir et chaque pas la meurtrissait encore. L'air frais et le soleil ne la déridèrent même pas, elle sentit simplement ses yeux s'embuer, comme elle ressassait les derniers jours et leur lot de rebondissements.

Il y avait eu la pleine lune, où elle n'avait quasiment pas dormi, pensant à sa jumelle encore distante, et à lui, qu'elle espérait bien sagement dans son dortoir pour ne pas risquer de croiser la route d'un loup. Les coups qu'elle avait reçus quand elles s'étaient élevées contre Cudrow avec 'Ina avaient fait peur à Lily, elle l'avait bien vu, mais elle avait fait comme si de rien n'était. C'était pourtant une soirée assez calme en comparaison avec tout le reste. Et depuis, Lyra avait disparu, elle aussi. Elle serra les poings, se sentant particulièrement impuissante contre l'oppression, mais s'accrochant pourtant à l'idée qu'elle allait se battre contre tout ça, pour les non-sorciers enfermés ici comme Keira, pour ceux qui goûtaient aux cachots comme Caem, pour Anja qui l'avait soignée, pour Eno' et Rose, pour C.C... Et pour lui, évidemment. Pour tenir sa promesse d'aller voir la Russie avec lui. Pour qu'il puisse avoir la vie d'un adolescent normal qu'il avait affirmé chercher à avoir, lors de leur première discussion.

Et puis il y avait aussi eu la nouvelle, la triste nouvelle. Qui lui avait permis de se rapprocher de sa jumelle, certes, et en cela, ça avait quelque chose de positif. Mais voilà… Grand-père était parti. Et si elle s’était montrée forte pour soutenir C.C., elle n’était pas indifférente, loin de là. Elle n'avait pas envie de pleurer, toujours pas, pas pour ça. Elle n'avait pas versé une larme. Est-ce que ça faisait d'elle un monstre ? Elle n'en savait rien, elle ne savait pas vraiment ce qu'on pouvait penser de son manque d'expression. Lui, il lui avait affirmé que ce n'était pas une tare, que chacun réagissait à sa manière. Que son grand-père ne lui en voudrait pas, où qu'il soit à présent. Elle espérait très fort que c'était vrai. Et elle remettrait à sa place quiconque supposerait qu'elle n'aimait pas vraiment son aïeul, parce qu'elle l'avait toujours adoré et que malgré tout, il lui manquait déjà. Il n'y aurait plus de Noël avec tout le monde, parce qu'il manquerait désormais le maître de cérémonie. A jamais.

Mais comme à quelque chose, malheur est bon, elle avait aussi retrouvé C.C. par ce fait, et quelque part, c'était presque un soulagement. Parce qu'elle avait besoin de sa jumelle, elle l'aimait trop pour imaginer la perdre complètement un jour. Ca avait été si douloureux d'être loin d'elle. Elle s'était sentie tellement mal, tellement vide, inutile. S'il n'y avait pas eu Caem, elle aurait sans doute fait une belle connerie. Elle n'en était pas loin, de fait. S'il ne l'avait pas surprise sur le terrain, qui sait ce qu'il se serait passé ? Mieux valait ne pas y penser.

Comme il ne valait mieux pas qu'elle pense à son nouveau séjour aux cachots et à la haine viscérale qu'elle vouait désormais à Hamilton. Il ne l'avait pas loupée, même si elle lui avait laissé un petit souvenir, elle aussi. Elle avait encore des bleus sur le visage, et son dos, ses poignets et son ventre restaient particulièrement meurtris. Anja l'avait trouvée, ensanglantée et tremblante, tenant à peine sur ses jambes lacérées. Elle ne lui serait jamais assez reconnaissante de l'avoir aidée, à cet instant, sans trop poser de questions, alors qu'elle lui avait fait une crise de jalousie débile quelques jours plus tôt.

Et aujourd'hui, elle ne savait même plus vraiment si elle pouvait encore se raccrocher à lui.

A eux. A ce qu'ils étaient l'un pour l'autre, ce qu'il formaient tous les deux, depuis quelques semaines. Est-ce qu'il y avait vraiment quelque chose, ou est-ce que, toute réticente qu'elle pût être, elle était pourtant la seule à s'être ainsi attachée à lui ? Parce qu'elle avait beau tenter de ne pas foncer tête baissée, de peur de s'enflammer et d'être déçue, c'était indéniable : elle tenait à lui. Elle l'aimait. Plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. Trop pour sa propre sauvegarde, sans doute. C'était bien pour ça qu'elle avait tellement de mal à supporter son absence. Qu'elle avait autant eu peur quand il avait disparu et fait cette crise de jalousie avec Anasatasia. La peur. D'être rejetée, déçue, de le perdre. De se retrouver seule à nouveau. Comme quand C.C. s'était éloignée d'elle. L'un comme l'autre, ils étaient nécessaires à son équilibre, c'était indéniable à présent. Et elle ne pouvait pas croire qu'il l'eût dupée, pas vraiment, elle n'imaginait pas qu'il fût comme ça, c'était impossible. Même si parfois, comme aujourd'hui, le doute subsistait, lancinant, malgré tous ses efforts pour en pas y succomber. Surtout quand il y avait de la distance comme aujourd'hui.

Elle ne s'était qu'à peine rendu compte qu'elle avait marché vers la forêt interdite, mais sa silhouette, à lui, y pénétrant lui arracha un hoquet de surprise. Et elle s'interrogeait, ne comprenant évidemment pas ce qu'il venait faire là. Alors elle pénétra à son tour sous le couvert des arbres, l'observant de loin. Elle avait tâché de rester discrète, mais s'il l'avait entendu malgré tout, il n'en avait rien montré. Pas une fois il n'avait tourné la tête dans sa direction, absorbé par elle ne savait quoi. Ou qui. Et plus elle avançait, plus son myocarde s'affolait, l'inquiétude s'emparant de plus en plus de son coeur. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait faire, mais elle ne pourrait de toute façon pas rester cachée indéfiniment. Il faudrait qu'elle l'approche. Et qu'il lui laisse l'occasion de lui parler, même juste trois minutes. Qu'elle sache, enfin. Qu'elle cesse d'être ainsi en proie au doute qui la torturait.

Caem s’était assis, et avait sorti ce qui ressemblait à une lettre, froissée dans sa main, avant de prononcer quelque chose qu'elle était incapable de comprendre, l'identifiant pourtant au russe qu'il utilisait parfois, pour la taquiner et la laisser perplexe. Elle ne reconnaissait presque plus sa voix, tant elle s'avérai t rauque à cet instant. Elle ne l'avait jamais entendu ainsi, mais elle pouvait y lire la douleur, malgré son ignorance. Et à présent c'était une photo qu'il sortait, ou en tout cas lui semblait-il que c'était le cas. Elle était trop loin pour voir ses larmes, et pourtant son coeur manqua un battement, comme si sa peine emplissait tout l'air ambiant.

Et quand son cri déchira le silence, elle eut un hoquet de surprise, et sentit ses yeux s'embuer. Ses mains tremblaient, incontrôlables. Elle s'était dit que quand elle arriverait à le trouver, elle se planterait devant lui, sans doute en colère, son regard lançant assassin lançant des éclairs. C'aurait été le plus normal pour elle. Dix fois, cent fois peut-être, elle avait eu cette phrase en tête, certaine que ce serait mal pris, mais incapable de tourner la chose autrement : « Me laisse pas dans le flou comme ça, Caem. Si tu veux plus de moi, dis-le clairement mais arrête de m'ignorer comme ça, je supporte pas. » Ce qui était on ne peut plus vrai, mais qui à cet instant, s'avérait complètement hors de propos. Il souffrait. Elle ne savait pas de quoi, ne comprenait pas, puisqu'il ne lui parlait pas. « Il ne te fait pas confiance. » Ca tournait en boucle dans sa tête, et elle se décida à quitter le couvert des arbres pour s'approcher de lui, lentement, fébrile, avec toutes les peines du monde à ne pas détourner les yeux. Et quoi qu'elle dise, elle était déjà persuadée qu'elle le ferait de travers. Face à lui, immobile, elle inspira profondément. En temps normal elle aurait sorti un de ses éternels « salut beau gosse » avant de l'embrasser. Mais là, le coeur n'y était pas et on était très loin du temps normal. Elle s'assit à son tour, à quelques mètres de lui, incapable d'approcher plus de peur d'être rejetée, trop tremblante pour rester debout de toute façon, et elle s'entendit prendre la parole comme si elle n'était pas vraiment là, simple spectatrice et non actrice de cette situation qui la mettait on ne peut plus mal à l'aise.

« Je voudrais pouvoir t'aider. Je voudrais vraiment. Mais j'ai pas l'impression que tu veuilles de mon soutien... »

« J'ai pas l'impression que tu veuilles encore de moi... » songea-t-elle encore, incapable pourtant de prononcer ces mots. Et deux larmes roulèrent sur ses joues malgré tous ses efforts pour les refouler.


Dernière édition par Killian T. E. Calgarry le Mar 31 Juil 2012 - 18:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1872
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily Anthon/ Julian A. Neil/ Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Lun 30 Juil 2012 - 12:02

C’était la première fois qu’il parvenait à tout faire sortir ainsi. Si Caem n’avait pas coutume de parler de ses problèmes ce n’était pas uniquement parce qu’il n’était pas du genre à communiquer, à s’étendre sur sa vie ; même si cela jouait une part importante dans son silence ; c’était aussi parce qu’il n’arrivait même pas à extérioriser ses souffrances quand il était seul. Même lorsque seules ses propres oreilles pouvaient entendre ses complaintes, il se refusait à l’expression du moindre sentiment néfaste. Il ne savait pas faire, cela lui semblait être une chose tout à fait étrangère. Après tout, c’est pourtant une partie de l’apprentissage de la vie. Quand on est enfant, nos parents nous consolent quand on se montre malheureux et ainsi les choses s’enchaînent toutes seules et on comprend que lorsque l’on a besoin de soutien il faut exprimer sa souffrance envers quelqu’un de confiance, quelqu’un que l’on aime. Chez le jeune russe ce mode avait bien du mal à s’enclencher. Quand il était enfant, sa mère lui avait semblé être trop préoccupée pour qu’il ne s’accroche elle à la recherche de soutien, quand bien même il l’avait déjà fait une ou deux fois. De fil en aiguille il s’était transformé en mur souriant, ne montrant jamais ses failles, restant toujours souriant et calme. Mais tout le monde sait qu’il est impossible d’être ainsi toujours souriant, de paraître toujours heureux. Il y a toujours un moment où les nerfs lâchent et où tout ce qui a été accumulé jusque là semble exploser violemment, en plein vol. Détruire tout sur son passage. C’était exactement ce qui était en train de se passer. Ses nerfs étaient en surcharge, il n’y avait pas d’autres termes et voilà donc pourquoi il semblait bouillir de l’intérieur, pourquoi ce cri avait fini par sortir et lui arracher les gorge. Il était même en train de pleurer, ou plus précisément de laisser couler des larmes, chose qui ne s’était pas produite depuis bien longtemps. Mais bien sûr, cela n’avait pu se produire que parce qu’il était seul. Il y avait deux personnes à qui il faisait assez confiance ici, qu’il considérait réellement comme des proches : Killian bien évidement et Zora. Cependant, il ne parvenait à s’exprimer clairement devant aucune des deux. Il avait bien faillit le faire face à Zora une fois mais ça n’avait pas duré longtemps. Non il était défitiivement incapable de se montrer dans cet état, d’autant plus que cela amènerait bien trop de questions sur son passé, sur qui il était, sur ce qu’il avait vécu, des sujets qu’il tâchait d’éviter au maximum. Personne ne devait savoir quelle avait été sa vie, c’était l’objectif qu’il s’était fixé et pourtant, il se rendait bien compte avec le temps que cela s’avérait être un peu idyllique. Un jour ou l’autre la vérité finirait par éclater mais comme un enfant qui ne peut pas vraiment envisager l’avenir le jeune russe restait bloqué dans le présent, comme si cela lui paraissait totalement impossible de penser à ce genre de choses. Pourtant, les choses peuvent parfois aller bien plus vite qu’on ne les envisage. Il n’était plus seul aux commandes de son navire désormais. Il avait laissé quelqu’un entrer dans sa vie, ce qu’il ne regrettait pas d’ailleurs. Et depuis que sa relation avec Killie avait commencé à prendre un visage plus sérieux il avait bien compris que cela ne serait pas sans conséquences. Forcément elle allait vouloir en savoir plus, avoir un rôle plus important à ses côtés mais surtout, elle allait chercher à aller plus loin que son habituel sourire de façade. Caem trouvait cela on ne peut plus légitime puisqu’il fonctionnait aussi de la sorte mais il n’arrivait pas à se mettre dans la peau de celui dont on prend soin, de celui qu’on protège. Voilà pourquoi sans doute ses pas l’avaient autant écarté du château, pourquoi il avait fallut qu’il se sente isolé pour laisser libre cours à ses émotions. Il n’y avait que dans ce cadre calme et solitaire qu’il était capable d’exprimer sa souffrance et sa colère. De la rage même plus que de la colère. Car jamais il ne s’ôterait la responsabilité de la mort de sa mère. Son père avait essayé d’aborder le sujet avec lui lorsqu’il l’avait accueilli en Irlande mais il s’était heurté à un mur. Il n’avait pas réussi à lui tirer le moindre assentiment et il semblait évident que le Poufsouffle ne changerait pas d’opinion de si tôt. Aussi, dans son esprit, les images du lendemain matin tournait dans sa tête, il revoyait l’expression de douleur sur le visage de sa mère, il revoyait l’arrivée des urgences qui n’avaient pu que constater le décès et présenter leur condoléance au jeune adolescent devenu fantomatique. Ces images faisaient désormais parti de son patrimoine et il avait comme l’impression qu’il ne s’en débarrasserait jamais.

Les pensées filaient donc assez rapidement dans l’esprit du jeune homme qui se retrouvait enfermé dans une sorte de transe malsaine. Cependant, ce qu’il pensait être un cadre de solitude fut bientôt rompu. Il entendit des bruits de pas et son cœur se serra alors vivement. Il ne savait pas qui cela pouvait être et l’idée d’avoir été surpris dans un tel moment le rendait malade mais aussi en colère. C’était un jour particulier et il refusait d’être dérangé. Cependant, il fut plus que surpris en découvrant Killian face à lui qui vint s’asseoir, le fixant. Il ne savait alors plus comment réagir. Si quelqu’un d’autre s’était montré il aurait sans doute envoyé la personne valser sans autre forme de procès, quitte à se montrer agressif pour une fois dans sa vie. Mais elle, il n’avait clairement pas la force de la faire partir de manière violente. Non, il tenait trop à elle et en même temps, l’idée qu’elle ait pu l’entendre et qu’elle le voit désormais dans cet état lui tordait les boyaux. Elle ne devait pas connaître cette part de lui, elle se devait d’ignorer son existence et de ne voir que le jeune homme souriant, plein de joie de vivre et toujours prêt à l’aider. Mais maintenant c’était trop tard et il était totalement démuni, ne sachant absolument pas comment s’y prendre. Et la suite ne l’aida clairement pas à y voir clair. La jeune femme prit alors la parole, expliquant qu’elle voulait l’aider mais qu’elle avait l’impression qu’il ne voulait pas de son soutien puis il vit ses larmes et ce fut comme une explosion à l’intérieur de lui. Des sentiments contradictoires fusaient en lui et il ne savait plus quoi écouter. D’un côté il voulait la consoler, mais la force lui manquer, de l’autre il voulait la rassurer en se confiant à elle mais de l’autre il ne voulait pas parler et surtout pas se sentir obligé de le faire. Il était donc clairement tiraillé et son cerveau embrumé avait bien du mal à faire le tri en ce jour. Alors il fonctionna sous l’impulsion ou plutôt, les mots sortirent tous seuls sans qu’il ne parvienne à réfléchir à leur portée, il était mené par une étrange force.

« Tu ne peux pas m’aider Killian. Et il ne vaut mieux pas que tu essayes. »

Sa voix rauque avait donné un ton assez sec à ses propos. Il ne voulait pas la blesser, il ne voulait pas lui faire du mal mais son cœur le tiraillait tellement, ses muscles tremblaient tant qu’il ne parvenait pas à réfléchir plus. Il ne voulait pas qu’elle se mêle de tout ça car il savait très bien ce que son passé cachait, ce qu’il avait donné. Une partie de lui était sombre, haineuse, profondément marquée et il ne voulait que personne ne s’y confronte. Il faisait ça tout autant pour protéger les autres que pour se protéger lui-même mais cela devait être difficile à comprendre, ce qui n’avait rien d’étonnant. Killie allait prendre ça pour un refus de se confier, peut être même pour un rejet et ce n’était certainement pas ce qu’il voulait. Il ne voulait pas la perdre, il aurait aimé avoir la force de la prendre dans ses bras à cet instant mais cela lui semblait être un effort surhumain et il ne savait plus quoi faire. Aussi, il se contenta de tendre le bras et de poser la photo qu’il avait dans la main devant elle. Il ne parviendrait pas à lui délivrer beaucoup d’informations mais il se devait de se faire violence car sinon elle risquait de partir, il risquait de lui faire trop de mal et ça il n’arrivait pas à l’accepter. Alors, le jeune homme essaya de reprendre un rythme de respiration assez calme, ce qui était loin d’être facile puis il ferma les yeux, ne pouvait supporter plus longtemps le regard de Killian qui ne faisait que le troubler d’avantage.

« C’est ma mère. Je vivais avec elle en Russie jusqu’au 24 avril dernier. »

Rien de plus, Caem n’avait pas la force d’en ajouter d’avantage pour le moment. Il du rouvrir les yeux car lorsqu’ils étaient clos, trop d’images se précipitaient. Cependant il détourna le regard et fixa le sol, se laissant aspirer par ce dernier alors que ses iris ne reflétaient que trop le trouble qui était en train de s’installer en lui. Killian allait poser des questions, elle allait sans doute vouloir en savoir plus et cela l’effrayait. Il ne voulait pas qu’elle se mette à le plaindre, qu’elle le prenne pour une petite chose fragile, qu’elle le couve. Il ne voulait pas qu’elle change d’attitude, il aurait aimé pouvoir être assez fort pour ne jamais finir dans cet état.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 3684
Date d'inscription : 27/03/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Rafael (Raven) && Ricardo (Slyth) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1055-this-is-the-story-of-my-life-a
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mar 31 Juil 2012 - 18:53

~ C'est moi qu'ils ont étendu sous cette pierre froide ~
Caem Kaliayev && Killian T. E. Calgarry
Elle avait mal. Autant de le voir comme ça, de le sentir aussi mal, de voir ses larmes et l'avoir entendu hurler ainsi, que de se sentir inutile, et rejetée. Elle avait mal parce que la peine suppurait par le moindre de ses pores et qu'elle s'en sentait parfaitement étrangère, incapable de l'aider. C’était la première fois qu'elle le voyait exprimer quelque chose, et c'était plus douloureux qu'elle ne l'avait imaginé. Il cachait tellement bien son jeu qu'elle n'avait jamais réussi à entrapercevoir une telle souffrance. Elle avait compris qu'il dissimulait des choses, mais elle n'avait jamais pu en prendre la mesure et elle n'avait jamais voulu le forcer à la confidence. Et même si elle brûlait d'envie de comprendre, elle se refusait encore à lui poser des questions. Tout ce qu'elle avait été capable de faire, c'était de prononcer ces quelques mots, lourds de sens malgré tout. Elle avait tellement peur de le perdre. Elle ne savait pas ce qu'il lui taisait, mais elle sentait bien que c'était un mal qui le rongeait tout entier et elle se sentait si incapable de l'aider que c'en était insupportable. Et il le lui confirma d'ailleurs.

« Tu ne peux pas m’aider Killian. Et il ne vaut mieux pas que tu essayes. »

Les larmes roulaient sur ses joues. Le ton sec, sa voix rauque et ces mots... Ils se répétaient dans son esprit comme s'il les lui avait assénés, encore et encore. Elle n'avait même pas le droit d'essayer. Elle comptait donc si peu ? Elle avait donc aussi peu de valeur à ses yeux ? A cet instant, elle faillit se lever, et partir. Il n'y avait plus que ça à faire, n'est-ce pas ? Il ne voulait pas d'elle, c'était l'évidence. Elle n'avait rien à faire là. Elle ferma les yeux un instant, se sentant vaciller. Il fallait qu'elle parte, mais elle n'en avait pas la force. Elle avait été ridicule, une fois de plus, de croire que sa relation avec lui pourrait être différente des autres. Quand elle rouvrit les paupières, cependant, il avait tendu le bras vers elle, et ses prunelles tombèrent sur cette photo d'une femme blonde. Une parfaite inconnue pour elle. Ca n'expliquait rien, elle ne comprenait toujours pas, mais qu'il ait fait ce geste vers elle, c'était plus qu'elle n'en espérait à cet instant. C'était un signe, aussi faible soit-il, pour qu'elle ne parte pas, qu'elle ne disparaisse pas complètement de sa vie. « On n'est pas si différents que ça, l'un de l'autre, beau gosse... » En d'autres circonstances, cette pensée eût pu la faire sourire. Là, elle continuait de fixer la photo, hésitant à faire le moindre geste, à prononcer le moindre mot, de peur d'être encore repoussée, mais sachant pourtant qu'il fallait bien qu'elle fasse quelque chose, qu'elle lui montre qu'elle était là. Et quand il reprit la parole, économisant ses mots, son coeur se serra.

« C’est ma mère. Je vivais avec elle en Russie jusqu’au 24 avril dernier. »

Elle n'avait pas besoin d'être devin pour comprendre le minimum. Pas tout, évidemment, elle ne pouvait pas comprendre tout la portée de cet événement. Mais même si elle n'avait bien évidemment aucune idée des circonstances, elle comprenait l'essentiel. Cette femme, sa mère, avec qui il avait vécu toute sa vie en Russie était partie il y avait un an jour pour jour. Et quand elle pensait partie, elle était consciente qu'une telle douleur ne s'expliquait pas simplement par une dispute et de la distance. Il ne la reverrait pas, parce qu'elle n'était plus là. Et une date anniversaire telle que celle-là ne pouvait pas laisser indifférent, bien loin de là, et même si elle n'imaginait pas le moins du monde toute l'horreur de l'événement, elle savait une chose. Il avait besoin d'elle, malgré tout. Malgré ce qu'il disait. Et qu'importe qu'il la repousse, elle resterait là, tant qu'il ne lui disait pas qu'il ne voulait plus d'elle.

« Je suis désolée... »

Ces mots semblaient vides de sens, et pourtant elle en pensait chaque syllabe. Elle était sincèrement désolée qu'il ait eu à vivre un tel drame, qu'il en soit autant marqué, parce qu'il ne méritait pas. Elle hésita un instant, mais finit par se lever, et s'approcha plus précautionneusement encore, comme si, à tout moment, il pouvait l'envoyer valser. Accepter l'aide de quelqu'un, ça n'était jamais facile. Encore moins quand on était habitué à toujours faire en sorte de laisser les autres se reposer sur soi. Elle connaissait ce sentiment, elle le ressentait encore, parfois, même si elle s'était déjà faite violence pour se confier à lui plusieurs fois. Elle ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, ç'aurait été particulièrement hypocrite. Au contraire, même. Elle le comprenait parfaitement. Elle regrettait simplement qu'il n'arrive pas à faire encore le travail qu'elle avait dû faire pour sa part, aussi difficile soit-il.

« Je suis pas une petite chose fragile, et toi non plus. Mais parfois, on a quand même besoin des autres. Moi j'ai besoin de toi. Et je veux que tu saches que je suis là, n'importe quand, quand t'as besoin de moi. »

Elle s'assit tout près de lui, gardant son regard posé sur lui. Les larmes se tarissaient, parce qu'elle comprenait l'effort qu'il faisait déjà en lui révélant ces quelques bribes d'information. Et elle ne posa aucune question. Elle ne devait pas le faire, quand bien même elle souhaitait comprendre de tout son coeur et l'aider davantage. Il parlerait quand il le souhaiterait, elle ne le forcerait jamais. C'était la pire chose à faire, elle le savait. Mais pour la première fois, les rôles s'inversaient, et elle ne voulait pas faillir. Surtout pas l'abandonner, pas comme ça. Un peu tremblante pourtant, elle approcha une main, caressa doucement ses cheveux. Elle voulait le prendre dans ses bras, mais craignait qu'il ne se sente prisonnier. Elle se contenta de poser une main sur son bras et de continuer à le regarder tendrement. Ca prendrait le temps qu'il faudrait. Tout le temps dont il aurait besoin. Mais elle serait là. Et elle voulait qu'il en soit parfaitement conscient.

« T'es un garçon formidable Caem, et je suis sûre qu'elle le sait, où qu'elle soit. Je suis sûre qu'elle te voit, comme moi je te vois. Et j'ai beaucoup de chance de t'avoir rencontré, et que tu me laisses le droit de t'aimer... »

Elle n'imaginait évidemment pas qu'il pourrait être en complet désaccord avec ces propos. Elle avait simplement été sincère, cherchant à mettre un peu de baume sur son coeur lourd, comme quand il lui avait assuré que son grand-père ne lui en voulait pas de ne pas pleurer. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser ce qu'elle venait de dire, cependant, mais si elle en fut à la fois un peu surprise et effrayée, c'est pourtant un léger sourire qui illumina un peu son visage. Pour la première fois, elle arrivait à le lui dire à voix haute. Doucement, elle vint poser ses lèvres sur son front, dans un geste presque maternel, même si elle ne s'en rendait pas trop bien compte. Elle en oubliait presque ses dernières heures de torture, les marques qui couvraient son corps entier, grâce à Hamilton, et dont elle restait très embarrassée. Des marques qui meurtrissaient ses membres, son dos, son ventre, raidissant ses gestes, la douleur s'emparant encore d'elle à chaque fois qu'elle décidait de les oublier. Il faudrait sans doute qu'elle lui en parle, mais plus tard. Demain peut-être, ou un autre jour. Aujourd'hui, c'était de lui dont il était question.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1872
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily Anthon/ Julian A. Neil/ Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mer 1 Aoû 2012 - 12:36

La douleur, Caem la connaissait sous tous ses angles, il s’en était fait une amie quotidienne. Mais aujourd’hui, elle mutait en une souffrance qu’il avait tenté d’oublier. Il l’avait déjà croisée et cela avait été plus que difficile que de résister à ses appels, de ne pas sombrer dans le désespoir total, que de ne pas faire d’énorme bêtise rien que pour se sentir plus léger. Le jeune homme avait travaillé sur lui-même des jours durant, s’appuyant sur le souvenir de sa mère et quelque part sur le sourire de son demi-frère et de sa demi-sœur. Mais alors que cette vieille connaissance lui revenait en pleine face, il ne savait pas s’il avait la force de supporter ce nouvel assaut. Ses intestins étaient broyés, son cœur ne cessait de se serrer un peu plus, à chaque instant il avait envie de vomir, de s’arracher les tripes et d’en finir avec cette horrible sensation mais bien sûr tout cela était clairement impossible. Il était définitivement pris au piège. Lui qui affectionnait la liberté, avait l’impression d’être enchaîné, de n’avoir aucune liberté de mouvement, seulement la possibilité de suivre le chemin déjà tout tracé devant lui. Cette perspective ne faisait qu’aggraver sa frustration et son envie de tout arrêter, de s’isoler dans un coin et d’oublier le monde aussi longtemps que nécessaire. Dans le château, avec les derniers événements autant dire qu’il s’agissait là d’une mission impossible, voilà pourquoi il avait du faire semblant aussi longtemps et voilà sans doute pourquoi le craquage avait été aussi violent ou du moins était aussi violent car rien ne semblait encore terminé. Pauvre Killian, elle ne devait pas comprendre ce qui se passait. Alors que le russe avait jusqu’ici tout fait pour être là pour elle, pour se présenter comme une épaule solide, voilà qu’il se montrait être totalement branlant et fragile comme une bulle. Alors bien sûr, il venait de lui délivrer une part de son histoire en lui parlant de sa mère mais au final, tout cela avait été si dur à encaisser pour bien d’autres raisons qu’elle ne pouvait pas deviner d’elle-même. Le jeune homme l’écouta d’une oreille quand elle dit être désolée et tenta de lui faire un micro sourire pour lui montrer qu’il la remerciait quelque part de son soutien même s’il aurait préféré qu’elle ne le voit pas ainsi, qu’elle ne se doute de rien. Mais maintenant elle était là et même s’il était totalement déboussolé, il se devait de faire quelques efforts pour elle. Il n’eut cependant pas la force d’ajouter quoi que ce soit. Ses lèvres semblaient cousues et les larmes qui coulaient sur ses joues étaient les seules marques du fait qu’il était bel et bien conscient et vivant. Le sol captait toujours son regard, comme un point fixe, un moyen de se raccrocher au monde réel sans affronter le regard trop expressif d’un être humain. Killian pour sa part reprit la parole, lui expliquant qu’il avait le droit d’avoir besoin d’elle comme elle avait besoin de lui. Ca il le savait parfaitement bien seulement c’était une chose qu’il refusait d’appliquer. Sa vie, ce qui l’avait construit, c’était quelque chose qu’il ne voulait pas partager car il savait comment les gens allaient soudainement changer de regard sur lui. Par ailleurs, il avait plus envie d’avancer, de passer à autres choses que de se plaindre, il voulait paraître toujours souriant et ferait tout pour y arriver. Seulement, il comprenait aussi parfaitement le point de vue de la jeune femme voilà pourquoi il ne répondit rien à cela, ne voulant pas provoquer une dispute sur ce sujet, surtout que pour l’instant, débattre de ça était loin de faire partie de ses plus grandes préoccupations.

Caem releva alors légèrement la tête quand il sentit que Killian s’était rapproché de lui. Il sentit sa main dans ses cheveux puis sur son bras. Des gestes tendres, la volonté de l’aider, de prendre soin de lui. C’était beau. Le russe tenta alors de se calmer, pour elle, il devait retrouver la face, lui dire que maintenant tout allait mieux et repartir sur de bonnes bases. Il avait trouvé une motivation pour passer au-delà de la souffrance, même si ce n’était qu’en apparence. L’adolescent était donc en train d’essayer de maîtriser sa respiration, c’était l’une des premières choses sur lesquelles il devait reprendre le dessus pour regagner son calme. Mais voilà, alors que le jeune homme était sur la voie du retour à la normal, l’équilibre précaire qu’il était en train de construire fut balayé. Killie reprit la parole et ce fut le coup assassin. Elle pensait bien faire, c’était le genre de choses que l’on dit aisément pour consoler quelqu’un et dans un autre cadre, Caem aurait accueilli cela avec le sourire mais dans le contexte présent ce fut un coup de massue. Lui, quelqu’un de bien, sa mère, heureuse de le voir. Non, car il l’avait tuée sa mère, cette idée était en train de lui revenir en pleine figure. Le russe se leva alors brutalement, repoussant en même temps la jeune femme d’une manière un peu brusque. Tout se bousculait dans son esprit, son rythme cardiaque s’était brutalement accéléré. La tête lui tournait, entre le manque de sommeil, d’alimentation et le surplus d’émotion, il avait l’impression d’être ailleurs. Son regard était flou et soudain, tout explosa en lui.

« TAIS TOI ! Tu crois vraiment que ma mère me prend pour un garçon formidable ? Qu’est-ce que tu en sais hein ? Elle est morte à cause de moi et tu crois vraiment qu’elle me remercie de là haut ? Franchement, tais toi Killian, tu ne sais rien, je t’ai dit que tu ne pouvais pas m’aider, je te l’ai dit ! »

Il avait crié. Caem venait de crier sur quelqu’un mais pas sur n’importe qui, sur celle qu’il aimait. Il venait de lui hurler dessus, de lui reprocher d’avoir voulu le consoler. Il ne maîtrisait plus rien. L’adolescent était maintenant animé uniquement par ses émotions, lui qui d’habitude mesurait chaque mot, chaque intonation était maintenant plongée dans la violence. Tout semblait indépendant de sa propre volonté, il craquait totalement, à des kilomètres de la raison. Les images se mirent alors à défiler dans sa tête, il revoyait encore et encore sa mère, étendue dans les draps en bazar. L’agitation qui avait dû être la sienne lors de son agonie et lui qui n’avait pas su être présent, qui avait préféré s’amuser avec ses amis plutôt que de veiller sur elle. Il aurait du être là pour la sauver mais non, il avait loupé ça. Il avait perdu celle qui avait le plus d’importance à ses yeux, celle dont personne ne se souvient. Son père est un héros car dans sa jeunesse c’était un champion, sa mère a été oublié de tous, est morte loin de tous et repose maintenant à des milliers de kilomètres de son fils. Tout ça, il avait du apprendre à vivre avec mais là, cela lui revenait violemment en pleine figure et il avait la désagréable impression que rien ne tenait debout dans sa vie, que tout était hanté par les fantômes de son passé et qu’il ne parviendrait jamais à construire quelque chose de stable, de censé. Il avait juste l’impression qu’à chaque fois qu’il trouvait un certain équilibre tout était balayé. Cela ne faisait qu’augmenter sa colère, sa détresse. Voilà pourquoi il reprit rapidement la parole, n’ayant plus aucun contrôle sur ce qu’il disait. Il semblait totalement fou, il avait pété un plomb et rien ne semblait pouvoir l’arrêter.

« Tu dois pas te mêler de ma Killian, tu dois rester loin de moi. Tu sais rien, personne ne saura jamais rien, personne ne comprendra jamais. Il n’y a rien de reluisant autour de moi Killie. Il n’y a que la violence et la mort, rien que ça… »

C’était désormais sa phobie enfantine qui revenait. Lui qui avait longtemps cru qu’il était coupable de la violence de son père envers sa mère, qui pensait que sa naissance avait semé le trouble. Voilà pourquoi il n’avait jamais été rancunier envers son père, voilà pourquoi il ne s’était jamais plaint qu’on ne fête pas son anniversaire. Toutes ces plaies qu’il avait réussi à enfouir sous des couches et des couches de maquillages étaient en train de se rouvrir et c’était Killian qui se trouvait en face de lui. Elle n’avait rien fait de mal, au contraire, elle ne lui avait apporté que des choses positives et pourtant il déversait toute sa haine sur elle. Il était en train de tout foutre en l’air mais il n’en avait pas conscience, son esprit était troublé, il ne parvenait pas à réfléchir, l’épuisement et la souffrance le rendait totalement fou. Il avait besoin d’air, il se sentait étouffer, il avait besoin que le bourdonnement cesse dans sa tête. Il voulait juste que tout s’arrête, ne rien ressentir pendant un moment, se plonger dans l’accalmie la plus totale.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 3684
Date d'inscription : 27/03/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Rafael (Raven) && Ricardo (Slyth) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1055-this-is-the-story-of-my-life-a
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mer 1 Aoû 2012 - 14:03

~ C'est moi qu'ils ont étendu sous cette pierre froide ~
Caem Kaliayev && Killian T. E. Calgarry
Non, Killian ne pouvait pas comprendre ce qu'il se passait, pour la simple et bonne raison qu'il ne lui expliquait rien. Elle ne lui en voulait pas pour ça, elle comprenait qu'il soit difficile de se confier, et elle tentait tant bien que mal d'être présente pour lui, de se montrer réconfortante sans se douter un instant que ce qu'elle faisait, ce qu'elle disait, allait être pire que tout. Tout ce qu'elle s'efforçait de faire, c'était de lui montrer qu'il n'était pas seul, et qu'il n'avait pas besoin de traverser ça seul. Qu'elle était là pour ça aussi, dans les bons comme dans les mauvais moments. Que c'était ça, d'aimer quelqu'un. Pour le meilleur et pour le pire, comme ils disent. Et elle pensait sincèrement être prête à encaisser le pire, même si elle était encore loin du compte.

Au début, pourtant, il lui avait semblé qu'il acceptait, un minimum, son soutien. Qu'il avait beau se terrer dans son mutisme, il acceptait sa présence. Elle l'avait vu relever la tête, même légèrement, et tenter d'asseoir sa respiration. C'était positif, un signe que malgré tout, ils avaient réellement quelque chose à partager, même si ce n'était pas rose. Pourtant, sans qu'elle comprit quoi, elle avait manifestement dit quelque chose de travers. Quelque chose qui ne passait pas. Elle venait de mettre le feu aux poudres, et, abasourdie par le brusque changement de comportement du russe, elle resta un instant inerte, le regard écarquillé, le fixant sans rien comprendre comme il se relevait d'un bond et vociférait à son encontre.

« TAIS-TOI ! Tu crois vraiment que ma mère me prend pour un garçon formidable ? Qu’est-ce que tu en sais hein ? Elle est morte à cause de moi et tu crois vraiment qu’elle me remercie de là haut ? Franchement, tais-toi Killian, tu ne sais rien, je t’ai dit que tu ne pouvais pas m’aider, je te l’ai dit ! »

Elle ne comprenait pas. Ou plutôt, elle refusait d'accepter ce qu'elle comprenait de ses mots. Lui, responsable de la mort de sa mère ? C'était tout bonnement impensable. Mais le pire restait la façon dont il s'adressait à elle. Jamais il ne s'était permis ce genre de chose, et jamais elle ne l'aurait accepté, d'ailleurs. Et si jusque-là, elle était passée par la peur de le perdre, puis la peine pour lui, insondable, à présent, c'était la colère qui la gagnait. Elle voulait bien accepter beaucoup de choses, elle voulait bien encaisser la distance et son refus d'expliquer quoi que ce soit. Elle pouvait rester dans le noir et se contenter d'être une béquille presque inutile, tant qu'il l'acceptait à ses côtés. Mais, ça, non. Elle n'acceptait pas qu'on lui parle comme ça. Ni lui, ni personne d'autre, personne n'en avait pas le droit. Même lui. Ou plutôt surtout pas lui.

« Caem Kaliayev... »

Elle respirait difficilement, sentant ses muscles se raidir et hurler de douleur sous l'effort. Ses phalanges craquèrent, sombre présage. Et doucement, le regard brûlant de colère, elle se leva à son tour, le toisant sans ciller. Droite face à lui, le menton relevé en signe de défi, elle reprit la parole, implacable.

« Je t'interdis de me parler sur ce ton. Je peux comprendre et accepter beaucoup de choses. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas en parler, et que tu crois être responsable, même si j'en doute fortement. Mais je refuse que tu me traites de cette manière. A aucun moment je ne t'ai forcé à m'expliquer et tu n'as pas le droit de me dire ce que je peux ou ne peux pas faire. »

Son ton était froid, venimeux. Elle n'aurait jamais cru en arriver là avec lui, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'un jour il lui parle ainsi. Elle refusait de se laisser faire, cependant, mais il ne l'écoutait pas, elle le voyait bien. Et quand il reprit la parole, elle détesta plus encore chacun des mots qu'il prononça.

« Tu dois pas te mêler de ma vie Killian, tu dois rester loin de moi. Tu sais rien, personne ne saura jamais rien, personne ne comprendra jamais. Il n’y a rien de reluisant autour de moi Killie. Il n’y a que la violence et la mort, rien que ça… »
« Que la violence et la mort, hein ? Tu m'expliques ce qu'on a fait ensemble jusque-là ? »

Elle eut un reniflement mauvais, comme s'il venait de dire la chose la plus absurde qui soit, ce qu'elle n'était pas loin de penser. Les mots étaient sortis tous seuls, et elle reprenait le fil de ce qu'il venait de dire, plus en colère encore. Que la violence. Elle n'imaginait même pas ce qu'il pouvait en savoir. Elle ne pouvait pas s'en douter, évidemment. Ce qu'elle savait en revanche, c'était que la violence, ici, c'était plutôt sa partie à elle. Qu'elle en avait encore fait les frais peu de temps auparavant. Que même s'il avait été battu ce mois-ci, c'était la seule fois où elle l'avait vu blessé. Alors qu'elle était passée par les cachots deux fois tout récemment, sans compter la pleine lune précédente et le cognard qui avait suivi... C'était bien trop pour qu'elle garde son calme, elle qui n'était de toute façon pas réputée pour sa patience.

« Tu n'as aucun droit de me dire ce que je dois faire ou ne pas faire ! Tu n'as aucun droit de me dicter ce que je dois penser de toi ! Et si tu crois que je vais abandonner aussi facilement et partir sans rien dire, tu te trompes lourdement ! Il faudra plus que ça pour me faire partir ! »

Elle n'était même pas sûre qu'il ait compris un traitre mot de ce qu'elle venait de dire. Pourtant, au fur et à mesure, elle avait élevé la voix à son tour. Elle ferma un instant les yeux, inspira profondément et reprit, sur un ton vibrant de rage et de tristesse confondues.

« Il n'y a que la violence autour de toi, dis-tu ? Prouve-le moi. Frappe-moi. Montre-moi que tu n'es capable que de ça. Que tu ne vaux pas mieux qu'eux, puisque c'est ce que tu veux que je croie. Montre-moi que t'es capable de me faire ça. »

Ca. Ce qu'Hamilton avait fait. Ce qui marquait presque chaque centimètre de sa peau, rendait imprécis le moindre de ses gestes, la douleur l'empêchant de se concentrer, même au cours de l'entraînement, même alors qu'elle y mettait toute la volonté du monde. Ce qu'elle avait tout fait pour cacher, depuis qu'Anja l'avait ramassée à la sortie des cachots, mais qu'Elwynn avait fini par remarquer. Ce dont elle avait refusé de lui parler, encore, pour ne pas l'inquiéter. Elle dénouait sa cravate pourtant, défaisait un à un les boutons de sa chemise, et laissait tomber mollement au sol les vêtements l'instant d'après.

« Alors seulement, je m'en irai, et t'entendras plus parler de moi, si c'est vraiment ce que tu veux. Mais prouve-le. D'ici là, je ne bougerai pas d'ici. »

Et entêtée comme elle était, il faudrait vraiment qu'il en vienne aux mains pour qu'elle se décide à bouger.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1872
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily Anthon/ Julian A. Neil/ Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mer 1 Aoû 2012 - 14:45

De la folie, rien que ça. Il n’y avait rien d’autre qui planait à cet instant que cet esprit fou et ravageur. Caem était entrain de perdre totalement pied, tout tournait autour de lui et il avait comme l’impression de revenir à l’état d’animal, de retrouver ses instincts les plus primaires. Ca le rendait malade mais il sentait monter en lui une certaine colère, une violence qu’il n’aura jamais sous estimée. Ses muscles tremblaient comme jamais et son esprit était peuplé d’images malsaines. Il n’en pouvait plus, il avait besoin d’exploser, de cracher toute la haine qu’il avait en lui, qu’il avait gardée enfouie depuis sa plus tendre enfance. Jamais il n’avait pu s’exprimer, jamais il n’avait pu faire sortir tout ça. A chaque fois il s’était plié au rôle de petit enfant sage, quasi parfait, charmant que les vieilles dames apprécient et à qui on n’hésite pas à demander un service. Il avait été le fils modèle et souriant mais au fond, il se sentait plus sombre. Il avait l’impression que son cœur était tacheté de noir et qu’au fond, une bonne part de son existence n’était motivée que par la dissimulation. Ce n’était pas totalement vrai. Le russe aimait faire le bien autour de lui, il aimait sourire mais dans l’état dans lequel il se trouvait, il passait d’un extrême à l’autre. Tout était en train d’être remis en cause dans son esprit, ses réflexions étaient assez floues et de ce fait, incapable de penser aussi pertinemment que d’habitude, il ne pouvait s’empêcher de plonger dans l’extrême. C’était une déferlante de haine qui coulait en lui, ses veines étaient en train de pulser, il aurait pu faire tout et n’importe quoi en cet instant, surtout que plus la rage montait en lui plus il semblait la communiquer à Killian. Après tout, c’était tout à fait compréhensible, il venait de se décharger totalement sur elle, elle avait plus que le droit de s’exprimer à son tour et de lui faire comprendre qu’il allait trop loin, ce qu’elle fit. Seulement lui n’était pas dans cette optique. En temps normal, s’il avait dérapé il se serait tout de suite remis dans le droit chemin, se mettant à sa place, s’excusant et s’occuperait d’elle. Mais on n’était pas dans une situation normale. Son empathie naturelle toquait certes à la porte de son cerveau mais il refusait catégoriquement de l’écouter. Non, pas cette fois. Il n’avait pas la force d’endosser ça en plus. Alors il avalait la rage de Killie, serrant les poings. Non seulement elle ne le croyait pas par rapport à sa mère mais en plus elle se révoltait car il ne voulait pas qu’elle l’aide. Le jeune homme eut terriblement envie de frapper dans un arbre mais il ne le fit pas, restant droit, le regard sombre, tremblant de tous ses membres sous le coup de la rage. Il l’écoutait faire sa tirade avec une violente envie de répondre du tac au tac. Mais la jeune femme enchaînait, ne cessant de lui reprocher son comportement et refutant en même temps chaque chose qu’il disait. Elle semblait ne pas le croire quand elle parlait de violence. Un sourire narquois naquit sur les lèvres de l’adolescent alors qu’il secouait la tête l’air dépitée. Elle refusait de comprendre. Bien sûr qu’il n’était pas du genre à détruire la tête des gens, à chercher la violence physique, à se battre ou à faire un tour dans les cachots tous les quinze du mois. Non ça il ne pouvait pas le nier. Mais la violence dont il parlait était bien différente et surtout bien ancrée dans sa mémoire. Il n’était qu’un enfant lors de sa première confrontation avec elle. Certes c’était lointain mais ça avait déterminé sa vie. La violence il l’avait retrouvé avec la précarité et la maladie. Ce n’était pas de la violence physique mais le regard des autres, la douleur, l’idée que tout est perdu. Pourquoi refusait-elle de le laisser tranquille… ?

« Tu devrais laisser ton côté tête brûlée de côté pour une fois et t’en aller Killian, ça ne mène à rien… »

Caem avait lâché ça alors qu’elle venait de lui demander ce qu’il avait fait ensemble jusqu’ici s’il prétendait ne connaître que violence et mort. Il n’avait pas envie de débattre avec elle. Il n’avait pas envie de la perdre c’était clair mais pour ça il avait besoin de prendre son temps, d’extérioriser et non qu’on attise sa rage de la sorte. Ce que Killie était précisément en train de faire. Elle continuait à s’emporter, lui disait qu’elle ne partirait pas si facilement. Puis, elle le provoqua clairement, lui faisait comprendre qu’elle ne s’en irait qu’à condition qu’il prouve ses dire, qu’il la frappe. Il la vie ensuite retirer sa chemise et mettre en évidence des plaies récentes. Oui il avait bien remarqué qu’elle se déplaçait de manière étrange mais avait été trop préoccupé pour l’interroger. Ça, il s’en voudrait s’en nul doute d’ici quelques jours. Mais pour l’instant, c’était une toute autre flamme que celle de la préoccupation que la demoiselle venait d’éveiller en lui. Caem s’approcha alors lentement de Killian un étrange sourire aux lèvres. Il s’arrêta à sa hauteur, alors que seulement quelques centimètres les séparaient. Il n’était plus lui-même. Non il revoyait un vieux fantôme de son enfance, celui qui l’effrayait, celui qui faisait pleurer sa mère chaque soir un peu plus, celui qui l’avait privée d’une véritable enfance, d’une vie de famille, de son pays natal, l’Irlande. Il sentait le poids de son sang dans ses veines, cette part qu’il n’avait jamais voulu voir, qu’il espérait n’avoir pas en lui, pour la première fois, il la sentait pulser dans ses tempes. Il était trop ailleurs pour que cela ne l’effraie, bien trop loin, non, il avait totalement perdue les pédales. Après ce long calme c’était l’heure de la plus violente des tempêtes.

« J’en suis capable Killie. J’ai ça dans le sang, un bel héritage hein. Frapper une femme n’a jamais choqué mon père, rien ne l’arrêtait alors pourquoi est-ce que je ne pourrais pas le faire hein ? Je suis trop gentil pour ça, trop bon ? Tu te plantes. Que je le veuille ou non ça fait partie de moi. »

C’était sans doute ce qui l’effrayait le plus, savoir qu’il avait le sang de son père dans les veines. Même si Kilian avait finit par se ranger, fonder une nouvelle famille et oublier la violence, Caem avait toujours été persuadé que cela restait en lui et qu’il lui avait transmis. Voilà pourquoi il avait toujours tout fait pour avoir un contrôle parfait sur lui-même, pour ne pas perdre les pédales, par peur que ce côté malsain ressurgisse un jour où l’autre. Il s’était monté la tête avec tout ça et aujourd’hui, alors que sa réflexion était anesthésiée par la colère et la douleur, tout cela semblait violemment remonter à la surface. C’était quelque chose qu’il pouvait difficilement expliquer. Il était dans un tel état second qu’il aurait vraiment pu mettre un poing dans la figure de la jeune femme. Mais pour le moment il se contentait de la regarder, l’air mauvais. A vrai dire, son expression était exactement la même que celle de son père quand il avait trop bu et qu’il l’observait discrètement. Son passé et le présent étaient en train de se superposer dans son esprit. Il était incapable de réagir seul, de remettre les pieds sur terre. Il n’avait jamais autant perdu les pédales, il ne savait donc pas ce qui pouvait le ramener à une pensée normale mais il était même impossible pour lui de penser à ça. Il fallait juste qu’il sorte sa colère. Aussi il se recula un peu, relevant sa manche, il pointa sa baguette sur son avant bras et à l’aide d’un sort, fit une profonde entaille tout le long de son bras, sur sa peau d’une blancheur immaculée. Il mit ensuite la plaie bien en évidence sous les yeux de Killian. Le sourire étrange avait disparu, son visage était encore plus sombre que jamais, son regard semblait éteint.

« Ce sang est rempli de violence Killian. Que tu le veuilles ou non. Je ne suis pas le garçon adorable que tu pensais connaître. Tu as insisté pour me voir sous tous mes angles, tu es heureuse maintenant ? Tu peux t’en aller et me laisser tranquille, ça vaut mieux pour toi. »

Son ton était un peu plus posé que précédemment, il parvenait même à penser plus ou moins à la sécurité de Killian. Il arrivait à se dire qu’il aurait mieux valu que tout cela n’arrive pas. Il était entre deux stades désormais, deux états assez contradictoires. L’instinct autodestructeur était en train de débarquer.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 3684
Date d'inscription : 27/03/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Rafael (Raven) && Ricardo (Slyth) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1055-this-is-the-story-of-my-life-a
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mer 1 Aoû 2012 - 15:37

~ C'est moi qu'ils ont étendu sous cette pierre froide ~
Caem Kaliayev && Killian T. E. Calgarry
On a tous une part d'ombre et de lumière. Des choses dont on est fiers, et d'autres qu'on veut taire. Qu'on garde enfouies au fond du coeur, comme si on en avait peur. Ce sont pourtant elles qui nous forgent et les mots qui se bloquent dans notre gorge parviendraient à nous libérer si on les laissait s'envoler. Elle avait lu ça quelque part, une fois, il y a longtemps. Elle avait trouvé ça assez juste, et elle s'était efforcée de ne pas laisser ses propres démons se bloquer en elle, d'extérioriser ce qu'elle avait besoin de laisser sortir, même si elle gardait certaines choses pour elle, même si elle ne se confiait qu'à de rares personnes. C'était salvateur, malgré tout, et elle aurait aimé que le russe puisse en faire de même. Jusque-là, elle ne s'était jamais trop interrogée à ce sujet, il avait l'air d'aller bien, d'être heureux avec elle, même et elle y avait cru. Elle commençait seulement à réaliser à quel point elle s'était trompée. La façade qu'il arborait toujours n'était qu'un masque pour cacher ses propres douleurs, la noirceur qu'il avait toujours refusé de laisser s'exprimer. Qui le minait. Et tel point qu'il en devenait aveugle à ce qu'elle exprimait, sourd aux mots qu'elle prononçait, à ce qu'ils signifiaient au plus profond. Elle refusait de le laisser dans cet état, de le voir se détruire et de simplement s'éloigner et le laisser faire. Elle refusait d'abandonner, elle ne se le serait jamais pardonnée.

« Tu devrais laisser ton côté tête brûlée de côté pour une fois et t’en aller Killian, ça ne mène à rien… »

Elle refusait purement et simplement d'accepter ça. Elle refusait de le laisser comme ça. Et quand bien même elle aurait tourné les talons, elle n'aurait pas été capable de se le pardonner, de se regarder encore dans la glace. Même si pour la première fois, alors qu'il s'approchait d'elle, elle sentit un frisson lui parcourir l'échine, qui n'avait rien à voir avec le désir qu'elle avait souvent pu ressentir en sa présence. Non. Cette fois c'était la peur qui dominait. Qu'elle refusait de laisser s'exprimer, qu'elle savait analyser et utiliser pour se battre. Mais elle ne voulait pas se battre avec lui, et qu'il pût avoir un regard si haineux face à elle lui retournait l'estomac.

« J’en suis capable Killie. J’ai ça dans le sang, un bel héritage hein. Frapper une femme n’a jamais choqué mon père, rien ne l’arrêtait alors pourquoi est-ce que je ne pourrais pas le faire hein ? Je suis trop gentil pour ça, trop bon ? Tu te plantes. Que je le veuille ou non ça fait partie de moi. »

Son coeur se serra comme elle entrevoyait des bribes de réponse. Il portait le nom de sa mère, parce qu'elle était partie, s'était enfuie pour fuir les coups de son mari. Kilian, le champion des Gryffindors, battait son épouse. Elle qui l'avait toujours admiré en venait à éprouver un profond dégoût pour cet homme qu'au fond, elle ne connaissait guère. Ca n'expliquait pas qu'il se sente responsable de la mort de sa mère, mais ça expliquait son habitude de toujours vouloir tout contrôler, rester calme, pour ne jamais lui ressembler. Sauf qu'à cet instant, il devait effectivement avoir un visage semblable à celui que son père avait eu, pendant son enfance. Et que si elle avait laissé parler sa propre peur, elle se serait effectivement enfuie, elle aussi.

Mais elle le refusait. Sans bouger, elle continua de le fixer, se demandant jusqu'où il irait, si effectivement, il allait lui en mettre une, ou s'il allait finir par se rendre compte qu'il était en train de complètement péter les plombs et se calmer. Ni l'un, ni l'autre, finalement il s'entailla le bras, et elle eut un mouvement par réflexe, pour l'empêcher de se faire du mal, en vain.

« Ce sang est rempli de violence Killian. Que tu le veuilles ou non. Je ne suis pas le garçon adorable que tu pensais connaître. Tu as insisté pour me voir sous tous mes angles, tu es heureuse maintenant ? Tu peux t’en aller et me laisser tranquille, ça vaut mieux pour toi. »
« Mais ça ne vaut pas mieux pour toi. Tu crois que je peux te laisser là, te laisser te faire du mal et partir comme ça, sans rien dire ? Non. Et non, je ne suis pas heureuse, parce que tu ne l'es pas. Tu n'es pas lui Caem. Tu n'es pas comme lui. Ce n'est pas parce qu'il est ton père, que le même sang coule dans vos veines, que vous êtes identiques. Déjà parce que le sang de ta mère coule tout autant dans tes veines. Et puis parce que de toutes les façons, ce n'est pas le sang qui détermine les êtres, mais leurs choix, leurs actes. Tu as fait le choix de toujours garder le contrôle parce que tu ne voulais pas faire comme lui. Tu as fait le choix de te destiner à une carrière médicale, parce que tu veux aider les autres. Ca n'est pas Kilian. C'est Caem. Et quoi que tu en penses, je refuse de te laisser te détruire sans rien faire. »

Elle attrapa sa chemise, en déchira une manche prête à lui bander le bras. Elle craignait fort d'être repoussée, mais elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser comme ça. Elle préférait encore, effectivement, qu'il s'en prenne à elle, plutôt qu'il se fasse encore du mal à lui-même. Vu l'état de son corps, elle n'était plus vraiment à ça près de toute façon.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1872
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily Anthon/ Julian A. Neil/ Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Dim 5 Aoû 2012 - 19:39

Se purger. Tel était le but de Caem. Il n’en pouvait plus de sentir toute cette culpabilité, toute cette haine en lui, il fallait que ça sorte et ce geste de mutilation avait été pour lui le moyen de sortir une part de toute cette partie noire. Il s’était presque attendu à ce que son sang n’est pas la couleur rouge habituelle mais qu’il soit plus foncé, de manière extraordinaire, qu’il ne ressemble à rien de commun, que ce soit le liquide d’un démon, d’un être mauvais. Oui c’était l’image qu’il se renvoyait de lui-même en cet instant. L’adolescent n’arrivait pas à se juger de manière objective, il ne voyait que le mal en lui, le mauvais. Tous les souvenirs qui lui revenaient en tête résumaient les fois où il avait mal agit, où il s’était retrouvé à se comporter plus comme un animal sauvage, contaminé par la rage que par la volonté de bien faire les choses. Comment se sortir de cet horrible carcan ? Le jeune homme était en train de s’enfoncer seul dans les méandres de la noirceur. La présence de Killian en temps normal l’aurait apaisé, lui aurait rappelé les bons côtés de sa vie, sa possibilité d’aider les autres. Mais cette fois c’était différent, elle ne faisait que lui montrer qu’il n’était pas à la hauteur. C’était alors sa discussion avec Rafael qui lui revenait à l’esprit. Il lui avait fait comprendre qu’il n’avait pas su prendre soin de la jeune femme dernièrement. Sur le moment, il s’était quelque part senti blessé dans son orgueil, ne voulant pas accepter son échec dans un domaine qui régulait habituellement sa vie. Mais il était clair qu’il avait loupé un épisode, qu’il n’avait pas pu la protéger des dures violences physiques qu’elle avait subie dernièrement, et pour ça, le fait de la voir en face de lui ne faisait qu’accroitre son sentiment de culpabilité. Il s’était toujours juré qu’il ne se reposerait pas sur elle, qu’il ne serait que le pilier. Quelque part, c’était un peu égoïste, il la forçait à parler alors que lui s’emmurait dans son silence. Mais il avait toujours agi ainsi et avait bien du mal maintenant à revenir en arrière, on ne change pas sa ligne de vie du jour au lendemain, avec aisance et sans que cela n’ait une quelconque conséquence. Non c’était quelque chose de vraiment ardue que de se remettre totalement en question. Caem était en quelque sorte en train de le faire en cet instant mais pas dans l’optique de s’améliorer, juste avec l’idée de montrer qu’il n’était pas l’homme bien qu’il rêvait d’être. C’était un véritable cercle vicieux dans lequel il s’enfonçait un peu plus de secondes en secondes. Voilà pourquoi il préférait qu’elle s’en aille. Elle en avait trop vu, elle ne serait que d’avantage blessée si elle se buttait à rester à ses côtés et ce n’était vraiment pas ce qu’il voulait. Dans sa médiocrité il voulait au moins être capable de faire une chose bien et ainsi éviter de trop grandes souffrances à Killie. Seulement voilà, ils avaient tous deux une conviction violente, tous les deux le refus de céder. Cela faisait partie des choses que le Poufsouffle appréciait et admirait chez sa petite amie, sa capacité à ne jamais baisser les bras, à toujours tenir tête à l’adversité mais dans le cas présent il devait bien avouer que cela était loin de lui rendre service. Ainsi, lorsqu’elle reprit la parole, démontant ce qu’il affirmait et lui faisait comprendre que non seulement elle ne voyait pas les mêmes choses en lui mais qu’en plus elle ne le laisserait pas se détruire, Caem se sentit légèrement perdu. Que faire ? Que penser de tout cela ? D’autant plus que Killian n’avait pas très envie de le laisser réfléchir puisqu’elle était en train de déchirer sa chemise avec sans doute dans l’idée de bander la blessure qu’il venait de se faire.

« J’ai choisi la carrière médicale pour rattraper mes erreurs… Nous ne sommes pas pareils mon père et moi mais la personne qu’il a été me hante. Il est là… En moi, je le sens… Je vais finir par faire du mal aux autres Killie, je sens parfois que ma colère est trop forte… »

Caem était en train de se perdre dans ses paroles. Il n’arrivait plus à tout enchaîner avec logique, trop perdu. Bien sûr ce qu’il disait était encore tout à fait compréhensible mais il ne parvenait pas à exprimer tout ce qu’il voulait. C’était le flou artistique dans sa tête, il était juste totalement perdu. Il n’avait plus envie d’être violent envers elle, de lui hurler dessus, il voulait juste s’étendre seul dans l’herbe, laisser son corps se purger des mauvaises choses, comme on le faisait dans l’ancien temps avec les saignées. Seulement deux volontés allaient de nouveau s’entrechoquer, elle ne le laisserait pas seul et encore moins sans bander la plaie qu’il venait de se faire, ça il avait fini par le comprendre. Alors comment faire ? Comment l’éloigner sans lui faire encore plus de mal. Le jeune homme avait comme l’impression d’être dans une impasse. Il avait beau tout faire pour trouver une solution, rien ne lui venait en tête. D’ailleurs, avec la fatigue physique, additionnée à la fatigue mentale, Caem avait bien du mal à réfléchir de manière posée et logique comme il avait pourtant coutume de le faire. Acculé, il reprit donc la parole sur un ton encore différent. Cette fois, l’épuisement était clairement lisible dans sa voix.

« S’il te plait Killian, laisse moi et oublie tout ça. Efface ça de ta mémoire et repartons sur d’autres bases. Tu n’aurais jamais dû me voir ainsi, tu ne peux rien faire alors oublie… »

Il y avait des sorts pour effacer la mémoire de quelqu’un, toutes proportions gardées. Caem les connaissait et aurait pu lever sa baguette pour en utiliser un, après tout, les sortilèges avaient toujours été son point fort. Mais il n’en était pas capable. Il n’arrivait pas à s’imposer face à elle. Son regard avait un effet sur lui qu’il ne pouvait tout simplement pas expliquer. C’était Killie, celle qui l’avait si rapidement marqué, celle à qui il tenait le plus ici alors non, il ne pouvait décemment pas lui imposer ça même si au fond, c’était la seule chose à laquelle il aspirait. Le russe se rapprocha alors de la jeune femme, attrapant de sa main valide celle de la jeune femme, plantant son regard dans le sien. Un sourire profondément triste s’affichait sur son visage. Killian devait avoir un peu de mal à suivre tous ses changements d’humeur, tous ses changements d’états. Caem lui-même n’était pas réellement capable de donner une explication logique, il était juste portée par son mal-être ce qui lui faisait avoir un comportement à la limite de la folie. Seulement en cet instant il était plus dans la folie douce car toute la violence précédente était maintenant partie, la souffrance elle avait refusée de lever le camp mais il avait réussi à reprendre un peu de pouvoir dessus et à plus se laisser porter comme il l’avait fait précédemment. L’adolescent déposa alors un baiser sur le front de la jeune femme, lentement, y mettant tout son cœur puis il recula et la fixa de nouveau.

« Killian… Je t’aime trop pour te faire d’avantage de mal… »

Les mots étaient sortis tous seuls, de manière assez naturelle. Il n’avait pas eu à se torturer l’esprit pour réussir à dire cela. Mais cette phrase était aussi chargée de sens. Caem lâcha alors la main de Killie puis il recula de quelques pas avant de se retourner et de se diriger vers la forêt. Il avait besoin de se réfugier dans l’épais couvert forestier, il fallait qu’elle le laisse, il ne voulait pas faire encore plus de dégâts.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 3684
Date d'inscription : 27/03/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Rafael (Raven) && Ricardo (Slyth) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1055-this-is-the-story-of-my-life-a
MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   Mer 8 Aoû 2012 - 18:03

~ C'est moi qu'ils ont étendu sous cette pierre froide ~
Caem Kaliayev && Killian T. E. Calgarry
Elle était têtue, et c'était, à cet instant, clairement plus un défaut qu'une qualité. Elle ne pouvait simplement pas le laisser comme ça, le regarder se faire du mal sans rien faire, c'était au-dessus de ses forces. Il pouvait bien lui hurler dessus de nouveau, la repousser, même brandir sa baguette ou la frapper, elle lui banderait le bras, que ça lui plaise ou non. Etonnamment, cependant, il ne réagit pas violemment, cette fois, et c'est avec toute la douceur dont elle était capable qu'elle noua le bandage de fortune autour de sa blessure. Elle aurait voulu trouver les mots justes pour l'apaiser, mais elle ne voyait rien qui pourrait suffire, et elle craignait d'encore dire ce qu'il ne fallait pas, alors elle garda le silence. Lui, en revanche, reprenait la parole, et à ses mots, elle baissa un instant le regard.

« J’ai choisi la carrière médicale pour rattraper mes erreurs… Nous ne sommes pas pareils mon père et moi mais la personne qu’il a été me hante. Il est là… En moi, je le sens… Je vais finir par faire du mal aux autres Killie, je sens parfois que ma colère est trop forte… »

Elle, quand elle était trop en colère, qu'elle avait besoin de cogner, elle allait dans la salle sur demande. Elle songea qu'elle pourrait l'y emmener, un jour, s'il acceptait de l'écouter, et de tenter le coup. Il avait le droit d'être en colère, d'avoir besoin de frapper quelque chose, elle songeait pour sa part que c'était quelque chose de naturel. Elle admirait son calme, d'ordinaire, mais s'il en venait à être aussi mal qu'aujourd'hui à force de tout contenir, elle était persuadée que ce n'était pas la meilleure solution. « Cogner, ça fait du bien aussi, parfois, tu sais... Ca défoule... Autant que ça soit un sac plutôt que quelqu'un d'autre... ou pire, toi-même... » Elle doutait qu'il soit en mesure de l'écouter, pour l'heure, et garda le silence.

« S’il te plait Killian, laisse moi et oublie tout ça. Efface ça de ta mémoire et repartons sur d’autres bases. Tu n’aurais jamais dû me voir ainsi, tu ne peux rien faire alors oublie… »

Elle ne voulait pas oublier. Elle ne voulait pas que tout soit parfaitement rose, elle voulait le comprendre. Même si ça passait par des moments difficiles comme celui-là. Parce que c'était ça, aussi, aimer quelqu'un. Accepter et supporter les côtés sombres, autant que les bonnes choses. Et elle voulait l'aider, de tout son coeur et de toute son âme. Elle ne dit rien, une fois de plus, mais secoua légèrement la tête. Il aurait pu l'y forcer, d'un sort, mais il ne le fit pas, et intérieurement, elle l'en remercia. Oui, c'était dur. Oui, ça lui faisait mal, mais ça faisait partie de leur histoire, malgré tout. Même si elle n'avait aucune idée de comment tout ça allait se terminer. Tout ce qu'elle savait, c'était que sa voix avait changé, passant de la violence à une profonde lassitude, et la fatigue sembla la gagner en retour. Elle tremblait encore, quand il prit sa main, se rapprochant pour déposer un baiser sur son front, et elle ferma les yeux. C'était un simple geste, presque insignifiant en soi, mais à cet instant, bien au contraire, il voulait dire tellement pour elle ! C'était la preuve que tout n'était pas perdu, malgré les heurts, les cris et les larmes. Qu'il y avait quelque chose à sauver, et pas seulement dans son coeur à elle. Et elle se battrait pour ça, jusqu'au bout.

« Killian… Je t’aime trop pour te faire d’avantage de mal… »

C'était pourtant comme si ces mots l'avaient vidée de toute énergie, comme s'ils clouaient ses pieds au sol. Elle mourrait d'envie d'être dans ses bras, de l'embrasser, et pourtant, elle fut incapable du moindre geste. Immobile, elle le vit s'éloigner, mais ne l'arrêta pas, cette fois. Ses yeux fixèrent encore l'endroit où il avait disparu sous le couvert des arbres pendant de longues minutes avant que quatre petits mots ne passent ses lèvres.

« Je n'oublierai pas. »

Parce que ça faisait partie de lui, d'eux. Parce qu'elle voulait l'aider, plus tard, quand il serait peut-être plus à même de l'écouter. Parce qu'elle ne voulait pas d'un semblant d'amour fade qui ne voit que les bons côtés de l'autre, elle le voulait, lui, entièrement, et elle se battrait bec et ongles pour ça. Plus tard. Pour l'instant, elle était épuisée, autant nerveusement que physiquement, par cet affrontement, pire encore que la torture, et elle s'effondrait au sol, près de ce qu'il restait de sa chemise, dont elle eut toutes les peines du monde à boutonner les attaches de ses doigts fébriles. Elle revoyait toute cette rencontre, depuis son arrivée dans cette clairière jusqu'à son départ à lui quelques instants plus tôt, cherchant à imprimer les éléments de sa vie qu'il avait crachés avec la plus grande des difficultés. Avec violence, aussi. Elle repassait par toutes les émotions qu'elle avait ressenties ces derniers jours, et elle avait beau souffrir, elle était tout à fait consciente que sa souffrance, à lui, était bien plus importante, même si elle avait encore bien du mal à tout appréhender, tant de points restant obscurs. Et pour l'heure, malgré toute la volonté qu'elle pouvait y mettre, elle ne pouvait rien y faire, et c'était ce qui la minait complètement.

Elle sécha les dernières larmes qui avaient perlé aux coins de ses yeux, et se redressa, se recomposant un visage fier et conquérant. Celui que tout le monde verrait. Celui qu'elle s'efforçait de porter le plus souvent possible. Pourtant, elle était loin d'être aussi forte qu'elle voulait bien le laisser paraître. Elle avait besoin d'une personne de confiance, quelqu'un sur qui elle pourrait se reposer, quelques instants au moins, sans craindre son jugement. Quelqu'un qu'elle ne blesserait pas avec ses propres états d'âmes. Pourtant, ses pas la guidaient à travers le château vers les dortoirs des bleus, contre toute logique. Elle avait pensé à sa soeur, au départ. Mais quand elle avait aperçu sa silhouette imposante au bout de ce couloir, elle avait couru vers lui, son masque de guerrière s'effritant à mesure qu'elle approchait, et s'était jetée dans ses bras. Les cours, les Supérieurs, la Résistance... tout lui passait au-dessus à cet instant. Et quand les bras de Rafael se refermèrent autour de ses épaules, elle sut qu'il en était de même pour lui.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]   

Revenir en haut Aller en bas
 
"C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» "C'est moi qu'ils ont étendu sous cette froide pierre" [PV Killian]
» Un tête à tête tendu [PV Gregorist]
» Et un nouveau format un : Le Modern
» Nouveau colocataire, pas trop tendu ? [James]
» L’AMPHITHÉÂTRE FLAVIEN (COLISÉE)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Outside :: La Forêt Interdite. :: ─ La Clairière-
Sauter vers: