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 Something Inside ▬ Cleo

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MessageSujet: Something Inside ▬ Cleo   Mer 27 Juin 2012 - 20:36


▬ Something Inside ▬
Cleo M. Andrews & Enzo Ryans

Jillian est rentrée ! Jillian est rentrée ! Jillian est rentrééééééééeeeeeeee !!! Hum, pardon.

« Qu’est c’que t’as toi c’matin ? T’es une vraie pile électrique. Mais arrête ! Tu m’files le tournis Ryans ! »

Ce que j'ai ?

« Elle est rentrée ♪ »
« Qui ça ? »
« J’ai pas l’droit d’le dire. »
« Que … Tu t’fous d’ma gueule ? »
« Nan. »

Ben nan, c’est vrai en plus. J’ai vraiment pas le droit de le dire. Et puis de toute façon tu la connais pas, donc tu t’en fous. Elle est rentrée !!! Et elle va bien !!! C’est bizarre de dire ça comme ça, en y réfléchissant. Elle est rentrée. Comme si elle était rentrée à la maison … Pourtant c’est ça, aussi étrange que ça puisse paraître, Poudlard est notre maison. A tous. Donc oui, Jillian est rentrée et je suis … Heureux. Kyle est de retour dans ma vie depuis quelques jours, et maintenant c’est le tour de ma cinglée de meilleure amie, ma grande sœur. La vie est belle. Les frères Ryans vont pouvoir recommencer à respirer, ils ont tous les deux retrouvé leur meilleure amie respective et leur moitié, même si pour Derek et Jill c’est un peu plus compliqué mais … L’idée est là.

Bref, je m’agite ce matin, c’est vrai. Je ne tiens pas en place. Il est encore tôt et la moitié des gars sont encore dans leur plumard mais pour ma part j’ai déjà enfilé mes vêtements et je m’apprête à sortir. Harper a envie de me tuer, ça se voit, mais pour être honnête je n’y fais pas vraiment attention. Cette nuit j’ai dormi dans le dortoir, il devrait être content. Pas vu mon bébé depuis hier matin, et oui il me manque, mais j’ai été pas mal occupé jusqu’ici donc ça va, c’est pas insurmontable et puis un peu d’air d’un côté comme de l’autre ça ne fait pas de mal. Au moins, j’ai pu garder le secret de Jill.

J’ai enfilé des vieux vêtements pour aller rejoindre Isma avant que les cours ne commencent. Inutile de salir ce merveilleux uniforme que j’affectionne particulièrement après tout … Pas de douche non plus étant donné que je vais probablement faire des efforts physiques, ça serait contre-productif. Surfer ? Oui, ça me démange. Ça fait quelques jours que je n’ai pas eu le temps et ça me manque. J’irai ce midi, avant de me mettre à la recherche de mon cher et tendre après les cours.

~*~

« Enzo ! Je peux encore utiliser mes dix doigts, merde ! »

La voix mélodieuse d’Ismaelle parvient jusqu’à mes oreilles et même si je fais trois têtes de plus qu’elle, je m’immobilise instantanément. Pour un peu, je baisserai les yeux. Je me contente juste de tourner la tête une seconde avant d’ancrer de nouveau mes yeux dans les siens.

« Pardon … »

Oui, pardonne-moi de m’inquiéter pour toi et de faire en sorte que tu évites de faire trop d’efforts ! Pose ce truc par terre avant que moi aussi je ne m’énerve. C’est bien trop lourd pour toi.

« Excuse-moi. Je sais que tu veux bien faire mais j’te jure, je vais finir par péter les plombs si vous n’arrêtez pas de vous comporter avec moi comme si j’allais me casser en mille morceaux dès que je fais un geste ou que je touche quelque chose. »
« Je comprends. C’est juste que … Enfin Isma, tu peux pas nier que c’est plus comme avant. »
« Je sais … »
« Ok, j’y connais pas grand chose mais j’imagine qu’au début il a besoin de s’accrocher pour grandir correctement non ? »
« Ca fait même pas deux mois. C’est rien qu’une crevette. Il va pas en pâtir si je me fais un claquage à la cuisse ou que je me foule le poignet. »
« Hum … »

Donne moi ça maintenant, c’est pas négociable.

« Pose ça. Et vas en cours maintenant. En plus de ça ils vont trouver ça étrange que tu passes autant de temps à m’aider comme ça. »
« J’pense pas. Avec la disparition de Candice, moi ça me paraît même logique mais bon … »
« T’as surement mieux à faire. »
« Autre chose, oui. Pas mieux. Je vois pas les choses comme ça. »
« Tu ne me lâchera pas, hein ? »
« Non. »



« Bon … Dans ce cas, vas me porter ça dans la mangeoire des Abraxans. »
« Chef, oui chef ! »
« Enzo … »
« Pardon :gla: … Sergent Stoneheaven. »
« Dégage !»

Par expérience, je sais qu’il vaut mieux obéir si je ne veux pas me prendre un sortilège. Pas un truc méchant évidemment, mais inutile d’insister, même sa patience à des limites. Et puis mon but ça n’est pas non plus de la rendre dingue, même si c’est probablement déjà trop tard. Quoi que …

« J’étais pas Sergent mais tant qu’à faire, appelle moi Général ! »

Et hop ! Un salut militaire pour la dame, un !

Me voilà donc parti vers les enclos, fagoté n’importe comment et avec un ballot de paille sur l’épaule. Un vrai petit fermier. Le boulot au grand air c’est génial, j’adore ça. Il est tôt donc il fait encore frais et pour quelqu’un comme moi c’est le pied de travailler dans ces conditions. Et si je force trop, si mes muscles commencent à faire la gueule, j’irai faire mon Loup battu et fourbu auprès de Kyle pour avoir un massage :gla: Oui je sais, petite garce manipulatrice Rolling Eyes Sincèrement, ça me plaît de passer ce temps là ici, avec elle. C’est vraiment agréable et ça change des cours. J’ai toujours eu du mal à rester le cul vissé sur une chaise pendant des heures. Heureusement, tous ne sont pas de la théorie mais ce matin je n’ai que ça alors …

~*~

« File. Et embrasse Kyle pour moi quand tu le verras. Idem pour Jillian si je ne la vois pas avant toi. »
« Ca marche. A plus tard. Et même si t’es plus bornée qu’une mule, ménage-toi. »
« Comment tu m’parles espèce de petit branleur ?! C’est pas une façon de s’adresser à un Professeur ça Monsieur Ryans. »
« Ah parce que c’est professionnel de traiter ses élèves de branleurs ? »
« Fous l’camp ! »
« Moi aussi je t’aime Isma »

Oui, je sais, c’est bizarre de dire je t’aime à un de ces Prof, et alors ? J’ai dit que j’arrêtais la rétention d’info, de sentiments et tout le bordel. Ben voilà. Ma façon de me comporter avec elle en est la preuve, et je ne changerais pas ça. Pas devant les autres, évidemment, jamais devant les autres, mais tant qu’on n’est que tous les deux ou avec une personne de confiance, et tant que ça ne la gène pas elle, je ne changerai pas ça.

~*~

Je suis remonté rapidement au dortoir, le temps de prendre une douche, enfiler mon uniforme et attraper mes affaires. Pas le temps de déjeuner mais j’ai grignoté chez Ismaelle donc ça ira. Oui j’ai besoin de manger, c’est un fait, et alors ? Je suis un mec, j’ai 17 ans, je suis un Loup Garou et je me dépense beaucoup physiquement. J’ai des excuses pour dévorer. La journée a suivi son cours tranquillement. Je ne me suis pas endormi en classe, j’ai été surfer un peu à midi après avoir dévoré à nouveau et oui je sais, c’est pas bien d’aller se baigner après manger mais tant pis. Quand il faut, il faut. Encore deux heures de cours et … Chéri ! J’suis rentré ! *sort* Obligation de rester à l’intérieur pour une fois, aucune sortie possible et je sais bien que ça lui coûte mais on n’a pas bien le choix. On a passé quelques heures ensemble, c’était bien même s’il avait d’autres odeurs que la mienne sur lui et que comme d’habitude ça ne m’a pas plus. Puis l’heure de se séparer est arrivée. Beaucoup trop vite, comme toujours. J’ai pensé inventer un mensonge pour lui expliquer pourquoi on ne pouvait pas passer la nuit ensemble cette fois encore mais … D’une lui mentir m’est devenu insupportable et de deux, il a bien vu que quelque chose clochait dans mon comportement. J’ai vendu la mèche, désolé Jill. J’te l’ai dit, il a les moyens de me faire parler. Je n'étais pas super à l'aise, c'est vrai, parce que pour une raison que j'ignore, lui parler de Jillian c'est toujours quelque chose de délicat. Je ne comprends pas puisque je n'ai aucun problème à parler de lui avec elle. J'imagine qu'avec le temps ça passera. Bref, je lui ai promis de me rattraper la nuit suivante et toutes les autres s’il le fallait et chacun a repris sa route.

~*~

Quand j’ai débarqué dans la Salle Commune, tout le monde descendait déjà vers la Grande Salle. Les odeurs de nourritures envahissaient déjà les couloirs mon estomac insatiable grognait de contentement à l’idée d’être rempli à nouveau. Mais quand je l’ai vu, assise seule dans le canapé, les jambes repliées et les bras les enroulant. Le menton posé sur les genoux et les yeux rivés sur le feu, j’ai laissé tomber mon ventre vide sans hésiter une seule seconde. En silence, je me suis glissé derrière le canapé, je me suis penché en avant et j’ai passé mes bras autour d’elle, avant de poser ma tête sur son épaule et de lui coller un bisou sur la joue, sans un geste brusque.

« J’connais un Ouisti qu’à pas le moral. »

Un regard, un sourire, et puis cette présence contre mes jambes. Lune. J’ai lâché Cleo pour attraper mon chat et l’ai passé par dessus le dossier et par dessus la tête de ma camarade avant de la déposer dans le creux de ses jambes.

« Tiens, pour les câlins. »

On a toujours besoin d’une boule de poils quand ça va mal. Je parle de Lune, mais c’est valable pour n’importe quelle créature. Qu’elle soit à poils, à plumes ou à écailles d’ailleurs. Là dessus j’ai sauté par dessus le dossier du canapé avant d’atterrir près d’elle. Passant mon bras autour de ses épaules, je l’ai serré contre moi, adoptant le même comportement que j’aurai pu avoir envers Elwynn, en plus tranquille.

« Qu’est ce qu’il se passe p’tite Mésange ? Hum ? Dis à ta bouillote préférée, ou à Lune si tu préfère et moi j’fais semblant de pas écouter pendant ce temps là. Et je parlerai la tête tournée en imitant une voix de fille pour te répondre de façon à ce que tu penses que c’est elle qui parle. »

Je sais, je suis tordu, mais je le vis plutôt bien Quoi qu'il en soit c'est à mon tour d'être là pour toi, comme tu l'as été pour moi il n'y a pas si longtemps que ça.
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MessageSujet: Re: Something Inside ▬ Cleo   Sam 14 Juil 2012 - 19:40



Something inside → Enzo & Cleo

C
omment reprendre le cours de sa vie après des explications, des mises à niveau, des barres sur les T, des points sur les I ? Comment continuer à faire semblant que tout va bien quand on sent que son futur est en train de changer ? Est-ce en bien, est-ce en mal ? Personne ne peut réellement le savoir. La journée s’est pourtant passée. J’ai donné le change, j’ai sorti mon plus joli sourire aux regards interrogateurs et j’ai songé à ce moment où je me retrouverai seule et où je pourrai enfin me mettre face à moi-même, aux évènements qui s’étaient passés ce matin avec mon père. Et aux répercussions qui s’en suivaient. Parce qu’il y en avait des conséquences à la scène de ce matin. Il s’était excusé. De la plus simple et la plus honnête façon qui soit. Il avait été sincère avec moi, il avait jeté ce regard sur notre passé, notre douleur et son erreur. Celle d’abandonner. De ne pas se battre pour Elle, pour lui, pour nous. Il avait renoncé, il avait choisi la facilité d’échapper à sa douleur sans songer que cette décision me conduirait à la souffrance. Est-ce que je pouvais l’en blâmer ? Avant d’être un père, il était un homme et nul Homme n’aime souffrir de la sorte. Perdre un être que l’on aime par-dessus tout est une douleur insupportable. Une perte immense. Un trou dans l’existence. Certes, j’étais toujours là mais je ne pourrais jamais remplacer la présence de ma mère, sa personnalité, son sourire. Le fait n’était pas d’être consciente de ça mais plutôt de comprendre comment aider mon père à surmonter sa souffrance malgré le fait que je ne sois que sa fille et non sa femme, son amie ou sa mère. Je ne pouvais pas le blâmer. Personne ne naît parent, moi la première puisque j’ignore ce que ça signifie réellement, entre les lignes du contrat, dans les coins obscurs et impénétrables. Mon père n’avait pas toujours été mon père et apprendre à composer entre son chagrin et le mien n’était certainement pas quelque chose d’aisé. Je pouvais le comprendre même si j’avais beaucoup souffert des mois précédents. J’étais.. je me sentais capable de lui pardonner d’avoir failli. Il restait mon père, je restais sa fille et ma vie commençait à peine. Je ne voulais pas perdre une miette des moments que j’avais encore à vivre avec lui. Même pour tout l’or du monde.

J’connais un Ouistiti qu’a pas le moral. »
On ne t’as jamais dit que traiter une fille de singe ça n’était pas réellement un compliment ? »

Tirée de mes pensées par la voix d’Enzo à côté de ma tête, j’ai laissé apparaître un bout de sourire. J’aurais préféré rester seule ce soir pour me permettre de digérer ce qu’il s’était passé. J’en avais besoin, comme chaque fois qu’il se passait quelque chose de différent, de fondamentalement différent dans ma vie. J’avais souvent tendance à tout remettre en question à ce moment, pour voir ce qui allait réellement changer et ce n’était pas toujours la bonne solution. Le changement me portait souvent sur l’énervement, la tension… L’inquiétude. J’aimais le changement, j’aimais avancer mais certaines parts de ma vie semblaient être faites pour durer et lorsque c’était celles-ci précisément qui se mettaient à tanguer… Aïe.
Même pour amener vers un avenir meilleur, je ne peux pas m’empêcher d’être tracassée. Inquiète.

Une boule de poils blancs est tombée du ciel sur mes genoux. J’ai souri machinalement et ma main s’est perdue dans son pelage.
Lune.

Tiens, pour les câlins. »
C’était pas nécessaire mais … Merci. »

En fait, si. Ça l’était. Le poids de la jeune chatte sur mes cuisses, son ronronnement régulier sous la paume de mes mains, ses yeux qui me transpercent par moments m’apaisent, me désolidarisent de mes problèmes. Je laisse mes doigts glisser jusqu’à sa queue que je fais passer doucement dans l’entrelacs de mes doigts. Puis je repars vers sa tête. Lune ferme les yeux. Je souris en songeant que mon chien adorait aussi cette caresse du museau au bout de la queue. Je ne tente pas de lui gratter le ventre, je sais que les chats aiment moins ça, contrairement aux chiens.
Enzo passe par-dessus le canapé et se colle à côté de moi. La chaleur de son corps additionnée à celle du feu qui brûle dans la cheminée malgré le mois d’avril bien entamé me donne un léger frisson avant de m’apaiser, à son tour. Ce garçon est une dose de Prozac…

Qu’est ce qu’il se passe p’tite Mésange ? Hum ? Dis à ta bouillote préférée, ou à Lune si tu préfère et moi j’fais semblant de pas écouter pendant ce temps là. Et je parlerai la tête tournée en imitant une voix de fille pour te répondre de façon à ce que tu penses que c’est elle qui parle. »
T’es bête. » je soupire.

Mais ma tête vient se poser contre son épaule tandis que son bras vient entourer mes épaules. Ca doit être un régal de l’avoir avec soi les nuits d’hiver… Je chasse cette pensée d’un léger sourire. N’importe quoi. Enzo est un ami. Rien de plus et surtout rien de moins. Inutile de commencer à tout mélanger.
J’inspire lentement en me concentrant sur le feu devant moi. Le crépitement du bois m’aide à trouver l’assurance pour parler.

On a eu… une discussion aujourd’hui avec mon père. Je t’ai dit qu’il avait voulu arranger ses problèmes avec l’alcool depuis la mort de Maman et t’as peut-être remarqué qu’il va mieux depuis quelques temps. »

Je ne l’ai jamais vu ivre pendant ses cours. C’était toujours après les cours. Le soir. Quand les ombres vespérales s’allongent jusqu’à lui et lui rappellent combien il est seul, combien il est petit, faible, inexistant dans cet univers maintenant qu’elle l’a quitté. Elle s’en est allée pour de bon, rejoindre les étoiles et les nuages.
Lune ronronne plus fort. Je continue de lui masser la tête tout en continuant de parler.

Et c’est vrai, il va vraiment mieux mais sur le coup, je lui en ai voulu d’aller mieux et de.. je sais pas. Tout ce que j’avais fait pour lui, si c’était à refaire je le referai évidemment. Sans me poser de questions ni réfléchir à deux fois mais… c’est pas le devoir d’une gosse de 15 ans normalement et jusqu’à ce matin, j’avais l’impression qu’il ne comprenait pas ça. En réalité, il comprenait très bien mais on n’avait jamais pris le temps d’en parler et les jours passant… »

On a laissé passer notre chance de régler ça. Du moins, c’est ce que je pensais. Je n’étais pas persuadée que tout était fichu entre nous, seulement je sentais cette douleur s’enraciner, s’ancrer en moi comme une vilaine graine qui aurait fait pousser les mauvaises fleurs. J’ignorais si Papa avait le même sentiment que moi mais je me sentais.. à fleur de peau, comme si mes sentiments s’étaient brutalement fait arracher leur carapace et qu’à présent nous avions le choix. Les effacer. Les changer pour des graines plus saines. Les recouvrir d’une nouvelle terre dans laquelle pousseraient de belles racines. Solides. Fortes des évènements précédents.
Peut-être que nous avions une chance après tout. Réapprendre à vivre tous les deux, se pardonner les derniers mois et recommencer à avancer. Ensemble.
Oui mais avant…

Bref, on a mis les choses à plat tous les deux et chacun a repris sa place mais pourtant j’ai toujours cette boule qui vient oppresser ma gorge comme avant que t’arrives et qui me fait me sentir minuscule et vulnérable. J’suis comme… »

Une gamine à qui on a lâché la main trop tôt. D’un côté. Puis de l’autre…

Ma maman me manque. »

Voilà, c’est dit.
Je me tais. Un regard vers Enzo pour évaluer sa réaction. J’ai presque peur de ce qu’il va dire. Peur que nous basculions dans une conversation niaise et pleine de nougatine. De conseils à la con qui ne me serviront pas, ne me soulageront pas. Là ce dont j’ai réellement besoin c’est de parler d’elle, de la faire exister autrement que dans ma tête, de lui donner de la substance dans l’esprit d’Enzo pour qu’il imagine la perte que ça représente pour moi. Même s’il sait déjà lui. Ses parents sont morts. Tous les deux. Un accident de la vie. Encore un. Cesseras-t-on jamais de punir les enfants en essayant de les faire grandir trop vite ?
Je ne pleure pas. A quoi bon ? J’ai déjà pleuré toutes les larmes de mon corps quand j’ai cru mon père parti à son tour. Je n’en ai plus en réserve. Et puis après tout, pourquoi pleurer ? Elle me manque oui mais ce n’est pas douloureux, enfin si mais c’est différent du jour où elle est morte. C’est une douleur constante mais presque.. nostalgique. Je repense à ces moments avec elle comme de la plus belle époque de ma vie. J’aimerais en avoir d’autres, agrandir la collection mais c’est impossible et je suis consciente de ça, voilà pourquoi je supporte cette souffrance. J’accepte. Elle n’est plus là. Il faut continuer.
N’empêche que c’était bien quand elle était là.

Elle me manque depuis toujours. Depuis qu’elle est partie. Depuis que cet anévrisme a claqué dans sa tête et l’a foudroyée sur le coup. J’ai même pas eu le temps de comprendre qu’elle était déjà à terre. C’est … Toutes ces images qui tournent dans ma tête. Ca serait tellement bien d’arrêter un peu ce manège de souvenirs, de descendre et de les regarder filer tout droit. De ne garder que le meilleur. »

Un souvenir en particulier me revient en tête. Une habitude.

Elle adorait venir me voir le soir. Une fois que j’étais dans mon lit, que j’avais dit bonne nuit et brossé mes dents. Elle venait me voir. Je ne sais pas comment elle faisait mais elle arrivait toujours avant que je ne m’endorme. L’instinct de mère sans doute. Elle s’allongeait près de moi et on parlait. Le fait de le faire dans le noir, c’était étrangement apaisant. Parfois je lui racontais ce qui n’avait pas été dans la journée et qui me tracassait au point de m’empêcher de dormir, parfois elle me racontait sa rencontre avec Papa et la Magie, ce que ça changeait dans sa vie. Elle me parlait d’elle à mon âge, du temps, de la vie, des gens dans la rue. Elle avait un avis sur tout, c’était marrant. Un peu agaçant parfois mais elle ne me forçait jamais à voir les choses sous son angle à elle. Elle aimait que je pense différemment, que je m’oppose, que j’argumente. Papa est exactement pareil, il me pousse toujours à dire ce que je ressens. Peu importe ce que j’ai à dire… »

Même quand ça lui fait mal.
J’aurais aimé que ma mère soit là pour me dire comment faire, quoi faire. Je ne veux pas qu’il souffre plus. Je ne veux pas que ça vienne de moi. Je voudrais les mots magiques pour le rendre de nouveau heureux. Je voudrais qu’elle soit là pour me les dire. Mais si elle était là… tout ça ne serait pas nécessaire, tous ces efforts ne serviraient à rien puisque tout irait bien.

Le feu crépite. Lune s’est endormie sur mes genoux. La salle commune a du se vider dans notre dos, je n’entends plus que notre conversation. J’en profite pour aborder un sujet qui m’intrigue.

Comment elle était la tienne avec toi ? Je me suis toujours demandé comment se comportaient les parents qui avaient plusieurs enfants. Est-ce qu’ils élèvent différemment chaque enfant ? »

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MessageSujet: Re: Something Inside ▬ Cleo   Mer 18 Juil 2012 - 19:19


▬ Something Inside ▬
Cleo M. Andrews & Enzo Ryans

Elle ne va pas bien, c'est un fait, et vous savez comment j'le sais ? Parc'que je suis un STOP ! C'est pas le moment de partir dans des délires qui dépassent la hauteur du Kilimanjaro. On se détend, on se calme, et on passe en mode … J'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que j'ai pris l'habitude de voir Cleo sourire, et même si je suis une grosse brute, je sais aussi me montrer attentif et délicat parfois, voir même doux. Surtout avec une personne comme elle. Elle est si petite, si … Enfin je sais pas mais regardez là un peu. Pour la connaître depuis quelques mois maintenant, je sais qu'elle n'est pas quelqu'un de fragile, mais à première vue c'est pourtant ce qu'elle dégage. Encore une petite blonde aux yeux bleus mais celle ci n'a pas grand chose à voir avec Sovahnn. Le lien que je partage avec elle est beaucoup plus … beaucoup moins … Disons que ça n'a absolument rien de comparable. J'étais sincère l'autre soir quand je lui ai dit que j'aurai aimé avoir une petite sœur comme elle, et c'est d'ailleurs pour ça que je suis là, à côté d'elle, et que je ne me formalise pas quand elle me dit que je suis bête Rolling Eyes D'une part parce que je sais bien que ça n'a rien de méchant, et d'autre part, parce qu'elle a raison tout simplement. En l'occurrence, c'est le but recherché pour le coup. J'ai envie qu'elle retrouve son sourire, si c'est ce qu'elle veut aussi, et si je peux je l'aiderai à y parvenir. Lune m'aidera, j'en suis convaincu. Même si selon elle, c'était – je cite – pas nécessaire. Bien sur que ça l'était. T'es bien une fille toi. Tu dis non mais tu penses l'inverse. Vous êtes vraiment … Bref. Et bien sur que si c'est un compliment ! En tout cas, quand ça sort de ma bouche et que c'est pour toi, c'est affectif et on le sait très bien tous les deux, p'tit Ouistiti.

Aller, raconte moi tout, ou pas, mais quoi qu'il en soit je suis là et j'y resterai jusqu'à ce que tu me demandes de dégager. Je suis plutôt envahissant quand je m'y mets, tu t'en rendras bien vite compte, et il n'y a rien qui m'empêchera de te raconter des conneries jusqu'à ce que mort s'en suive, ou en tout cas jusqu'à ce que je vois un sourire se dessiner sur ton visage de poupée.

« On a eu… une discussion aujourd’hui avec mon père. Je t’ai dit qu’il avait voulu arranger ses problèmes avec l’alcool depuis la mort de Maman et t’as peut-être remarqué qu’il va mieux depuis quelques temps. »
« Oui, effectivement. »

Effectivement tu m'en as parlé, et effectivement je m'étais rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Jusqu'à il y a quelques temps, parce qu'effectivement j'ai aussi remarqué qu'il semblait aller mieux.

Sans vraiment m'en rendre compte, j'ai resserré mon étreinte autour de ses épaules et froncé les sourcils dans une expression de … En vérité je ne saurai pas vraiment mettre un mot là dessus. Je me sentais concerné, c'est tout. Impuissant, certes, et pas franchement à même de donner un point de vue là dessus mais ça n'était de toute façon pas ce qu'elle attendait de moi, je le savais. On le savait tous les deux. Elle avait juste besoin d'une présence, de quelqu'un avec qui elle serait suffisamment en confiance pour laisser sortir ce trop plein comme j'avais pu le faire il n'y a pas si longtemps que ça. J'aurai pensé qu'elle se serait peut être plus facilement confiée à Malie mais … Il se trouve que c'est moi qui suis là, qui lui pose la question, et pas elle.

« Et c’est vrai, il va vraiment mieux mais sur le coup, je lui en ai voulu d’aller mieux et de.. je sais pas. Tout ce que j’avais fait pour lui, si c’était à refaire je le referai évidemment. Sans me poser de questions ni réfléchir à deux fois mais… c’est pas le devoir d’une gosse de 15 ans normalement et jusqu’à ce matin, j’avais l’impression qu’il ne comprenait pas ça. En réalité, il comprenait très bien mais on n’avait jamais pris le temps d’en parler et les jours passant… »

...

« Bref, on a mis les choses à plat tous les deux et chacun a repris sa place mais pourtant j’ai toujours cette boule qui vient oppresser ma gorge comme avant que t’arrives et qui me fait me sentir minuscule et vulnérable. J’suis comme… »

Un oisillon tombé du nid et qui ne sait plus comment y remonter même s'il sait qu'il ne doit pas le faire mais apprendre à voler. Parce que c'est le cour normal des choses, même si ça fait peur.

« Ma maman me manque. »

Aaaaaaaaaaaanh Cleo, p'tite chose, tu vas me briser le cœur. C'est bête, mais pour la première fois depuis qu'on se connait, je te vois comme une petite fille. Jusqu'ici, tu m'inspirais la force, la maturité, comme à tout le monde j'imagine, oubliant que là dessous il y a une jeune fille de 15 seulement, pas une adulte. Et comme je peux te comprendre.

« Elle me manque depuis toujours. Depuis qu’elle est partie. Depuis que cet anévrisme a claqué dans sa tête et l’a foudroyée sur le coup. J’ai même pas eu le temps de comprendre qu’elle était déjà à terre. C’est … Toutes ces images qui tournent dans ma tête. Ca serait tellement bien d’arrêter un peu ce manège de souvenirs, de descendre et de les regarder filer tout droit. De ne garder que le meilleur. »

Tu le sens là mon cœur qui s'emballe puis se calme ?

« Elle adorait venir me voir le soir. Une fois que j’étais dans mon lit, que j’avais dit bonne nuit et brossé mes dents. Elle venait me voir. Je ne sais pas comment elle faisait mais elle arrivait toujours avant que je ne m’endorme. L’instinct de mère sans doute. Elle s’allongeait près de moi et on parlait. Le fait de le faire dans le noir, c’était étrangement apaisant. Parfois je lui racontais ce qui n’avait pas été dans la journée et qui me tracassait au point de m’empêcher de dormir, parfois elle me racontait sa rencontre avec Papa et la Magie, ce que ça changeait dans sa vie. Elle me parlait d’elle à mon âge, du temps, de la vie, des gens dans la rue. Elle avait un avis sur tout, c’était marrant. Un peu agaçant parfois mais elle ne me forçait jamais à voir les choses sous son angle à elle. Elle aimait que je pense différemment, que je m’oppose, que j’argumente. Papa est exactement pareil, il me pousse toujours à dire ce que je ressens. Peu importe ce que j’ai à dire… »

J'ai écouté, imaginé, partagé ses souvenirs en entremêlant les miens au siens, dans le silence, dans ma tête, et pendant ce temps là, la Salle Commune s'est vidée, Lune s'est endormie sur les genoux de ma camarade et encore une fois mon étreinte s'est raffermi, mais toujours tout en douceur.

« Comment elle était la tienne avec toi ? Je me suis toujours demandé comment se comportaient les parents qui avaient plusieurs enfants. Est-ce qu’ils élèvent différemment chaque enfant ? »

Un sourire étire mes lèvres alors que mes yeux se perdent dans le vide. Parler d'elle, depuis combien de temps je n'ai pas fait ça ? Je ne m'en souviens même plus.

« Ouh la. Déjà regarde mon frangin, on peut clairement dire que nos parents ont foiré son éducation et que j'ai endossé le rôle du fils parfait à sa place … :gla: »

Oui de l'humour, toujours. Je ne peux visiblement pas faire sans, parce qu'être sérieux, ça prend du temps et que c'est un sujet qui me remue même si le temps a passé depuis.

« Je crois que même si on a pu penser le contraire Derek et moi, ils n'ont jamais fait de différence entre nous deux. Enfin si, obligatoirement et la majeure partie du temps dans un aspect pratique parce qu'un bébé de 6 mois demande forcément plus d'attention qu'un gamin de 3 ans et demi, enfin c'est différents en tout cas. Ce que je veux dire c'est qu'ils avaient chacun un truc à partager avec l'un d'entre nous, tu vois ? Avec mon père, on partageait la passion pour le surf. C'est lui qui m'a appris les bases, qui m'a trainé dans l'eau tout petit. Derek c'était pas son truc. Et pourtant, il était plus proche de mon frère que de moi sur pleins d'autres points. Moi j'étais plutôt le petit garçon à sa maman, toujours fourré dans ses jupes. On avait une relation très fusionnelle et contrairement à mon frère j'étais vraiment un bisounours en constante demande d'affection. »

...

« D’ailleurs ça n’a pas vraiment changé ça dans le fond Rolling Eyes »

Enfin bref !

« Avec mon père, on pouvait pas faire ça, parce que dans la famille Ryans les hommes ont leur fierté et c'est pas une chose naturelle que d'être aussi … Enfin voilà, c'était pas … Disons que je ne me rappelle pas avoir vu mon Grand-Père prendre son fils dans ses bras par exemple. Papa était moins fermé là dessus mais c'était quand même dans ses gènes donc forcément … Je crois que c'est en ça que lui et Derek s'accordaient mieux. »

Est ce que j'en ai souffert ? Oui, même si je ne l'ai jamais vraiment formulé. J'aurai aimé que Grand Père soit fier de moi, j'aurai aimé que Papa me regarde comme il regardait parfois Derek, et ce pas seulement quand j'étais sur ma planche, qu'il ne me voit pas seulement comme le petit surfer, le bébé de la famille. D'un autre côté, est ce que j'ai fait en sorte que ça change ? Je n'en sais trop rien. Derek me terrorisait, me tyrannisait même, et si j'avais eu le malheur d'essayer de marcher sur ses plates-bandes … Tout ça remonte à loin maintenant de toute façon mais ...

« J'avais une relation très difficile avec mon frère quand on était petits. En vérité, ça ne fait quelques mois – voir plutôt des semaines en fait – que les choses s'arrangent. Je crois qu'il m'en voulait de prendre trop de place. Peut être que le fait que je sois si proche de notre mère lui faisait ressentir une sorte de manque ou je sais pas trop quoi. A vrai dire on n'en a jamais vraiment discuté mais de toute façon c'est du passé tout ça. »

Il y a aussi le fait que j’ai survécu à l’accident et pas eux, et ça, même après deux ans, c’est difficile à admettre qu'il ait pu me reprocher ça mais la douleur fait faire bien des choses, là dessus je ne suis pas vraiment en mesure de l'ouvrir. On est comme ça dans la famille, lui et moi en tout cas, quand on souffre on a tendance à prendre le mauvais chemin et à faire du mal autour de nous. Et ça sincèrement, je ne sais pas si ça changera un jour. Peut être qu'on a vécu trop de choses. En attendant ...

« Tu dis que tu ne veux garder que le meilleur, ça viendra Cleo, mais ça prend du temps. Les miens sont parti depuis deux ans, ta mère vous a quitté seulement depuis quelques mois. Et puis il y a eu la mauvaise passe de ton père, donc t'as pas vraiment eu le temps de penser à faire ton deuil. Le cap des un an a été super dur pour moi, mais après les choses ont commencé à devenir plus simple. Je ne pleurai plus leur absence, sans pour autant les oublier ça non. Ils sont là, tout le temps, avec moi. Dans mon cœur, dans ma tête, dans mes souvenirs, dans les yeux de mon frère. On est leur héritage, y a un peu d'eux en nous. »

Oui, je pense sincèrement qu'ils vivent encore à travers nous même si ça fait clicher de dire les choses comme ça.

« Et pour répondre à ta question, elle était ... »

La meilleure maman du monde !

« Une maman poule, sans pour autant être envahissante ou trop protectrice. Elle nous laissait faire nos erreurs pour qu'on apprenne, dans la limite du raisonnable bien sur. J'étais plutôt du genre sage et obéissant à l'époque, mais quand il s'agissait de prendre des risques pour la glisse j'étais intenable. Je lui ai fait des sacrés frayeurs, la pauvre maintenant que j'y repense. Ceci dit je sais très bien que même en ayant conscience de ça, ça n'aurait rien changé. Elle était belle, tellement belle. Je sais j'suis surement pas objectif mais … T'as vu les yeux de mon frère ? Il tient ça d'elle. Elle avait des cheveux bruns, et long, légèrement ondulés. Pas très grande. Oui on tient de notre père pour le côté grand dadet, tu t'en douteras pour le coup. »



« Je me souviens que le soir, elle m'appelait de la plage pour me faire sortir de l'eau quand c'était l'heure de manger. C'était une sorte de rituel tu vois, et quand je la rejoignais sur le sable je secouais la tête pour l'éclabousser avec mes cheveux mouillés. Elle râlait, mais elle riait, et on rentrait comme ça tous les deux jusqu'à la maison. Elle m'appelait son petit surfer silencieux. Oui parce qu'à l'époque j'étais pas un grand bavard contrairement à aujourd'hui Rolling Eyes Le soir on s'asseyait sur la terrasse et on regardait le soleil se coucher. Elle avait toujours un mot rassurant, un geste tendre. J'avais peut être 15 ans quand ils sont partis, mais je sais qu'à ses yeux j'aurai été son bébé pour le restant de mes jours, et ça ne m'a jamais dérangé. »

Parce que oui, Enzo Ryans est blindé de fierté parfois mal placée, mais c'est clairement le fils à sa maman. Chut, c'est un secret.
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MessageSujet: Re: Something Inside ▬ Cleo   Dim 29 Juil 2012 - 13:14



Something inside → Enzo & Cleo

U
n frère. Une sœur. J’en avais longtemps rêvé avant que Maman ne nous quitte. Être la plus âgée ne m’aurait pas dérangé, au contraire. Être celle qui guide, l’exemple à suivre. La grande sœur qui rassure parce qu’elle a fait les mêmes erreurs, quelques années plus tôt. Celle qui engueule les petits cons qui se moquent de son frère. Celle qui colle des chewing-gums dans les cheveux des plus belles filles de la classe pour que sa petite sœur soit élue à l’élection des délégués de classe, puisque tout le monde sait que ces élections sont truquées et que seuls les plus populaires s’en sortent. Jamais les meilleurs. Celle qui fait les découvertes en premier et qui peut raconter. Avoir quelqu’un de qui prendre soin, ça rend plus fort. Ça permet de moins se concentrer sur soi.
Être la plus jeune ne doit pas être désagréable non plus. Preuve en est, Enzo est plus âgé que moi et ça a beau ne tenir que sur deux petites années cet écart, ça fait tout de même la différence. Il prend soin de moi plus que je ne prends soin de lui. Parfois.. ça me gêne. Je voudrais pouvoir faire autant pour lui qu’il ne fait pour moi. Parfois, je me dis juste que j’ai de la chance d’avoir quelqu’un comme lui. Qui accepte de veiller sur moi. Juste.. comme ça. Avec son bras autour de mes épaules et ma tête appuyée contre la sienne. En plus, il tient chaud.

Comment elle était la tienne avec toi ? Je me suis toujours demandé comment se comportaient les parents qui avaient plusieurs enfants. Est-ce qu’ils élèvent différemment chaque enfant ? »
Ouh la. Déjà regarde mon frangin, on peut clairement dire que nos parents ont foiré son éducation et que j'ai endossé le rôle du fils parfait à sa place … :gla: »

Je ris. Il pouffe, fier de lui. Je n’ai jamais vraiment porté Derek Ryans dans mon cœur. Ce type se complait trop dans la douleur et l’humiliation des autres pour que je m’attarde à l’apprécier ou à lui chercher de bons côtés. Il a beau avoir cessé ses manigances et ses démonstrations publiques, je garde toujours en tête ce qu’il est réellement pour moi. C’est drôle de penser qu’Enzo et lui sont frères. Ils sont tellement … différents. Et pourtant, je les ai croisés une fois, à deux et j’ai été surprise de leur ressemblance. Ils ont l’air d’être le jour et la nuit et pourtant, à deux, ils sont parfaitement complémentaires. Derek est insidieux, on ne le saisit jamais vraiment, il s’échappe comme la brume dès qu’on tente de refermer les mains dessus tandis qu’Enzo apporte avec lui toute sa personnalité quand il te parle. Il peut se montrer brut de décoffrage alors que Derek m’a plutôt l’air d’une pierre que l’on aurait poli encore et encore jusqu’à ce que la surface soit complètement lisse et que rien ne dépasse. Plus aucune aspérité.
Ces deux-là ne sont certainement pas frères pour rien mais je préfère tout de même ne pas trop faire la connaissance de l’aîné. M’inspire pas confiance.

Je crois que même si on a pu penser le contraire Derek et moi, ils n'ont jamais fait de différence entre nous deux. Enfin si, obligatoirement et la majeure partie du temps dans un aspect pratique parce qu'un bébé de 6 mois demande forcément plus d'attention qu'un gamin de 3 ans et demi, enfin c'est différents en tout cas. Ce que je veux dire c'est qu'ils avaient chacun un truc à partager avec l'un d'entre nous, tu vois ? Avec mon père, on partageait la passion pour le surf. C'est lui qui m'a appris les bases, qui m'a trainé dans l'eau tout petit. Derek c'était pas son truc. Et pourtant, il était plus proche de mon frère que de moi sur pleins d'autres points. Moi j'étais plutôt le petit garçon à sa maman, toujours fourré dans ses jupes. On avait une relation très fusionnelle et contrairement à mon frère j'étais vraiment un bisounours en constante demande d'affection. »

Je l’ai regardé. J’ai souri en pensant qu’on était justement en train de se partager un bout d’affection, là tous les deux devant la cheminée. Il a sans doute pensé à la même chose que moi. Ou alors il parlait d’autre chose.

D’ailleurs ça n’a pas vraiment changé ça dans le fond Rolling Eyes »
Ouais, j’allais dire… Wink »

Je crois que je me suis toujours connue comme ça. Pas comme un bisounours non mais avec ce besoin d’être aimée, de le sentir, de le voir ou de l’entendre. Il m’arrivait certains soirs quand Maman était en train de faire le dîner, de débarquer pour mettre la table sans qu’elle me l’ait demandé puis de venir près d’elle et de l’enlacer. Comme ça. Tendrement. Puis de repartir sans rien dire de plus qu’un je t’aime silencieux. Pareil avec Papa en entrant dans son bureau pendant qu’il travaille ou corrige des copies, prendre un bouquin et le lire à ses pieds, allongée sur le tapis. Et de le voir me rejoindre au bout d’un moment. Et cette fois-là où après avoir trop bu et d’humeur beaucoup trop légère, il s’est claqué la tête contre sa porte. Je l’ai installé sur son bureau et je lui ai ordonné de ne pas bouger, de ne pas rire, de ne pas pleurer non plus. Interdiction de dire aïe quand je mettrai de l’alcool et interdiction de critiquer mes soins. Il s’est assis, sans mot dire et il n’a pas bougé d’un cil. Sauf pour me regarder et grimacer quand vraiment ça piquait. Ce soir-là, je ne me suis pas fâchée contre lui. Je me suis sentie comme dans la cuisine, dans les bras de ma mère. Tranquille. Forte d’une détermination sans limites à m’occuper de lui, quoiqu’il lui arrive, quoiqu’il dise et quoiqu’il fasse. Continuer de l’aimer. Parce qu’après tout, si c’était facile d’aimer quelqu’un… ça perdrait toute sa beauté. Ce serait inutile.

Donc, Enzo, t’es un bisounours. Crois-moi sur parole, je te ferai regretter d’avoir dit ça. Je vais ranger ça dans un tiroir dans ma tête et te le ressortir quand t’essaieras de me faire le coup du grand mâle bien viril. Si, si, moi aussi j’ai le droit de te chatouiller la fierté :gla:

Avec mon père, on pouvait pas faire ça, parce que dans la famille Ryans les hommes ont leur fierté et c'est pas une chose naturelle que d'être aussi … Enfin voilà, c'était pas … Disons que je ne me rappelle pas avoir vu mon Grand-Père prendre son fils dans ses bras par exemple. Papa était moins fermé là dessus mais c'était quand même dans ses gènes donc forcément … Je crois que c'est en ça que lui et Derek s'accordaient mieux. »

J’ai souri et hoché la tête. On ne ressemble jamais en tout point à ses parents et Enzo a apparemment plutôt hérité de sa mère que de son père. Son grand-père, son père et Derek ont l’air d’être sortis du même moule mais à différentes époques. Tous plutôt portés sur la fierté, l’image. Les Ryans quoi. On ne se câline pas entre hommes. On ne s’embrasse pas. Ou si, du bout des lèvres le soir en rentrant du boulot. On ne pleure pas non plus. Outrage insolent à la fierté masculine !
Pourtant c’est si adorable un garçon qui se laisse aller à ses larmes. Si certains cherchent de bons tuyaux, un conseil, mettez quelques gouttes d’eau dans vos yeux, inventez une histoire bien tragique et faites lui sentir votre cou. Elles tomberont comme des mouches sous votre charme :top : Je suis certaine que Remy a procédé comme ça avec Malie. Je ne vois pas d’autres solutions. Elle n’est quand même pas si bête.

Quoique.
En fait, si. Elle pourrait.

M’enfin bon, passons. Continue Enzo, excuse moi je te coupe avec mes monologues mentaux.

J'avais une relation très difficile avec mon frère quand on était petits. En vérité, ça ne fait quelques mois – voir plutôt des semaines en fait – que les choses s'arrangent. Je crois qu'il m'en voulait de prendre trop de place. Peut être que le fait que je sois si proche de notre mère lui faisait ressentir une sorte de manque ou je sais pas trop quoi. A vrai dire on n'en a jamais vraiment discuté mais de toute façon c'est du passé tout ça. »

Eh oui, le passé c’est douloureux… u__u Mais à mon sens ! On peut soit le fuir, soit tout en apprendre ! =D *out* Désolée, j’adore la caser celle-là :gla:

Tu dis que tu ne veux garder que le meilleur, ça viendra Cleo, mais ça prend du temps. Les miens sont partis depuis deux ans, ta mère vous a quitté seulement depuis quelques mois. Et puis il y a eu la mauvaise passe de ton père, donc t'as pas vraiment eu le temps de penser à faire ton deuil. Le cap des un an a été super dur pour moi, mais après les choses ont commencé à devenir plus simple. Je ne pleurai plus leur absence, sans pour autant les oublier ça non. Ils sont là, tout le temps, avec moi. Dans mon cœur, dans ma tête, dans mes souvenirs, dans les yeux de mon frère. On est leur héritage, y a un peu d'eux en nous. »

J’ai fait un demi-sourire avant de baisser les yeux sur Lune. Parler de Maman était une bonne idée. Parler du deuil… je.. J’y mêlais encore le problème d’alcool de Papa, le déménagement, la pluie, la nouvelle école. C’était quelque chose auquel j’avais du mal à faire face. Le fait d’avoir eu Papa qui chavirait complètement m’avait certes aidé à avancer, passer un premier cap pour m’habituer au fait que de trois nous étions passés à deux, qu’il avait besoin de moi et que j’avais besoin de lui mais maintenant qu’il se gérait tout seul, faisait de nouveau attention à lui.. je me sentais débarrassée d’une détermination à tenir bon qui m’avait maintenue droite jusqu’à présent. Comme si le fait de n’avoir plus que moi à penser donnait beaucoup trop de place à ce chagrin et à cette douleur. Je n’en étais pas non plus à souhaiter que mon père retombe dans l’alcool mais… que quelque chose se passe. Me submerge pour que je laisse filer le temps sans m’en rendre compte et que soudain, un matin, je me réveille et me rende à l’évidence que oui, le temps a passé et je ne souffre plus. Mais pour le moment, je tâche de fonctionner dans ce nouvel univers plus si nouveau que ça maintenant en me disant qu’au moins, je n’ai pas de souvenirs de Maman dans cette école et que ça rend sans doute les instants de solitude moins pesants.

Et pour répondre à ta question, elle était ... »

On l’a tous pensé. Qu’on avait eu la meilleure. Qu’on était les plus chanceux de cette planète. On disait ça à la volée, sans vraiment le penser, sans vraiment y réfléchir mais en grandissant… je suis sûre que ce sentiment se confirme. On n’est pas les enfants de ses parents pour rien. (Sheldon aurait dit : ceci est une tautologie )

Donc ta maman, elle était…

Une maman poule, sans pour autant être envahissante ou trop protectrice. Elle nous laissait faire nos erreurs pour qu'on apprenne, dans la limite du raisonnable bien sur. J'étais plutôt du genre sage et obéissant à l'époque, mais quand il s'agissait de prendre des risques pour la glisse j'étais intenable. Je lui ai fait des sacrés frayeurs, la pauvre maintenant que j'y repense. Ceci dit je sais très bien que même en ayant conscience de ça, ça n'aurait rien changé. Elle était belle, tellement belle. Je sais j'suis surement pas objectif mais … T'as vu les yeux de mon frère ? Il tient ça d'elle. Elle avait des cheveux bruns, et long, légèrement ondulés. Pas très grande. Oui on tient de notre père pour le côté grand dadet, tu t'en douteras pour le coup. »
Oui je m’en doutais un peu :gla: »

Je lui ai souri avant de le laisser continuer. Je ne l’avais jamais entendu se confier autant sur sa mère et j’étais touchée que ça soit à moi qu’il en parle. Il l’avait perdue de manière aussi brutale que moi. Sans pouvoir s’interposer, sans pouvoir l’empêcher de partir. Aucun parent ne devrait avoir à enterrer son enfant mais aucun enfant ne devrait avoir à enterrer son parent avant d’être en âge d’en supporter toutes les conséquences. C’est comme abandonner un chantier en construction en espérant que les suivants fonderont des bases solides alors qu’on avait la charge de celles-ci.
Soupir intérieur. Soupir du cœur. Show must go on…

Je me souviens que le soir, elle m'appelait de la plage pour me faire sortir de l'eau quand c'était l'heure de manger. C'était une sorte de rituel tu vois, et quand je la rejoignais sur le sable je secouais la tête pour l'éclabousser avec mes cheveux mouillés. Elle râlait, mais elle riait, et on rentrait comme ça tous les deux jusqu'à la maison. Elle m'appelait son petit surfer silencieux. Oui parce qu'à l'époque j'étais pas un grand bavard contrairement à aujourd'hui Rolling Eyes Le soir on s'asseyait sur la terrasse et on regardait le soleil se coucher. Elle avait toujours un mot rassurant, un geste tendre. J'avais peut être 15 ans quand ils sont partis, mais je sais qu'à ses yeux j'aurai été son bébé pour le restant de mes jours, et ça ne m'a jamais dérangé. »

Derechef, j’ai souri à ses mots. Pour quelqu’un aussi dans ce château, je serai toujours un petit bébé cygne dont il faudrait lisser les plumes avant chaque envol et qu’on guetterait dans chaque coin de ciel, derrière chaque nuage pour éviter qu’il ne chute à pic. Ça a beau être agaçant par moments, de se sentir considéré encore comme un enfant, je ne peux pas nier le fait que je me sente bien plus en sécurité dans ce château avec tout ce qu’il s’y passe parce que mon père est présent lui aussi et qu’il est capable de me protéger. A deux, on se sent toujours plus fort.

C’est une jolie vie que tu as Enzo Ryans. Je ne sais pas pour le présent mais en tout cas tu as de beaux souvenirs et tu les racontes bien. Je crois que j’aurais aimé rencontrer ta mère. Elle avait l’air.. d’être quelqu’un de bien. De doux et d’attentionné. »

Tournant le regard vers Malie qui sortait en trombe, non sans un regard appuyé dans ma direction, j’hésitai une seconde avant de parler.

Je n’avais jamais dit à personne que ma mère me manquait. C’est pourtant évident quand on la perd de cette manière mais.. je sais pas. J’avais peur de chavirer en l’avouant à voix haute. De perdre pied et de plus être capable de m’occuper de mon père je crois. C’est bête parce qu’en en parlant là, ça ne me fait pas mal ni pleurer à chaudes larmes parce qu’elle n’est plus du même monde que moi. C’est juste… agréable de partager son souvenir avec un ami. »

Petit sourire complice. Petit clin d’œil.
Puis je me suis levée. Il était temps d’aller manger et manifestement Malie avait besoin de me parler. Ce coup d’œil qu’elle avait lancé ne voulait dire qu’une chose : besoin de toi. Viens. J’avais beau deviner à l’avance ce qu’elle voulait me demander, à savoir l’aider pour ses révisions vu la note qu’elle s’était payée en potions et en bota, je n’arrivais pas à refuser d’aller la retrouver. Même casse-pieds comme elle s’était montrée cette semaine.. c’était ma meilleure amie. J’étais tendue de toute manière, moins réceptive à ses sautes d’humeur et son tempérament tout feu tout flamme alors..

Je descends manger. Tu viens ? »

Il a décliné gentiment, il avait rendez-vous avec quelqu’un. Lui jetant un regard malicieux, j’ai haussé les épaules et dit que ce n’était pas grave. Après un bisou, penchée sur lui et prête à me casser la figure dessus, je suis sortie. Une Poufsouffle était là. Sur le coup, je n’ai pas réalisé que c’était elle. La fille qui avait ramassé mes bouquins exactement à cet endroit et qui se tenait à présent les côtes comme si elle avait traversé trois fois le château en courant. Juste avant que le panneau ne se referme derrière moi, elle a tendu la main dans ma direction pour l’arrêter.

Attends ferme pas ! »

J’ai rattrapé la porte du passage à temps et elle a chuchoté un vague merci, complètement essoufflée.

Merci miss, cette tête en l’air de Ryans a oublié de me filer le mot de passe. »

J’ai souri. Peut-être l’avait-il fait exprès. C’était donc elle son rendez-vous. Galant ? Ça m’étonnerait. Il me semblait que cette fille était son amie. Malie, toujours au courant de tout, m’avait dit qu’ils traînaient beaucoup ensemble avant qu’elle ne quitte le château pour des motifs encore inconnus. Elle avait l’air d’aller bien en tout cas. Mieux que quand je l’avais vu pour la dernière fois où ses traits avaient pris un accent de maigreur.
Son regard gris m’observa en passant près de moi pour rentrer. Je souris.

Pas de quoi. Contente de te revoir dans les parages. »

Elle a hésité une seconde avant de sourire à son tour. Puis, comme ni l’une ni l’autre ne savions quoi rajouter, je suis partie. Arrivée dans la Grande Salle, j’ai jeté un coup d’œil en direction de la table des professeurs. Mon père y était. Nos regards se sont croisés. Nous avons hésité puis l’un de nous deux a souri, timidement. L’autre a suivi et nos regards se sont quittés. Soulagés de n’être pas en guerre. Je me suis assise le cœur plus léger et c’est même avec sympathie que j’ai accepté d’aider Malie et son jules en Potions et en Bota. La guimauve qu’on ne devient pas quand tout s’arrange Rolling Eyes


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MessageSujet: Re: Something Inside ▬ Cleo   Dim 5 Aoû 2012 - 10:22


▬ Something Inside ▬
Cleo M. Andrews & Enzo Ryans

Les parents … Un sujet tellement vaste et qui peut parfois se montrer délicat. La plus part des enfants parlent de leur parents de manière négative ou alors n'en parlent pas du tout. Ça ne part pas nécessairement d'un mauvais sentiment, c'est simplement dans l'ordre des choses. J'ai dit la plus part, pas tous, évidemment, mais qui ici n'a jamais dit un truc du genre : Ma mère est trop conne, je la déteste, vivement que je me barre ! Je sais que j'ai l'air d'un sale petit con, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir prononcé ce genre de mots. Pas pour autant que j'étais un fils parfait, moi aussi j'ai fait des bêtises et moi aussi j'ai été puni, mais Derek et moi n'avons jamais eu à nous plaindre de la façon dont nos parents jouaient leur rôle. Tout ça c'est une question d'éducation j'imagine, un juste milieu à trouver entre liberté et limites. Eux l'ont fait en tout cas. J'étais un petit garçon sage c'est vrai, on va dire que les conneries que je n'ai pas faites ou dites à cette époque là, j'ai pris le temps de les faire ou les dire depuis deux ans. Et quelque chose me dit que ça n'est pas terminé, mais ça n'est pas la question.

Enfin bref, quand on perd un de ses parents, ou alors quand on est un petit veinard, les deux, le discours change, la façon de voir les choses aussi. Parfois on regrette certaines choses, certains mots, certains gestes, et puis surtout on se dit qu'on a été stupide de ne pas en avoir profité assez, mais on ne se rend pas compte sur l'instant, c'est tout. Non, on ne se rend pas compte de la valeur des gens quand ils sont encore là, on se rend compte de la place qu'ils prenaient dans notre vie une fois qu'ils n'y sont plus, et ça fait d'autant plus mal. C'est un sentiment qui m'a fait tellement de mal, j'espère sincèrement ne plus avoir à le revivre même si je sais pertinemment que ça se reproduira, c'est statistique. Si ça pouvait simplement être un peu moins violent …

Je n'ai pas dit au revoir à mes parents, et je crois que la fissure dans mon coeur ne se résorbera jamais vraiment malgré le temps qui passe. J'ai fait mon deuil, c'est vrai. Je les ai laissé partir mais il manquera toujours quelque chose. Cette séparation a été trop brutale, pas vraiment achevée. Une minute ils étaient là, la suivante, ils n'étaient plus. Je les ai vu mourir sans pouvoir rien faire et même si on m'a toujours dit qu'ils étaient mort sur le coup, je ne me souviens de toute façon pas vraiment de cet instant dans les détails. C'est peut être vrai, ça ne l'est peut être pas. Le fait de ne pas avoir pu être là pour l'enterrement rajoute une douleur en plus, comme un inachevé. J'étais dans le coma, ils n'ont pas pu faire autrement ne sachant pas si j'ouvrirai les yeux à nouveau, je ne peux pas leur en vouloir pour ça. J'ai été sur leur tombe, je leur ai parlé, mais les choses n'ont pas été faites dans les véritables règles et j'en ai beaucoup souffert. J'en souffre encore, seulement cette douleur est devenu comme une habitude. Je n'y fait plus vraiment attention.

Et puis il y a eu la perte de Kyle … Même si aujourd'hui on sait tous les deux que ça n'était qu'illusion, même si ça fait presque un an maintenant, je n'oublierai jamais et je vis dans la peur que ça se reproduise. Je l'ai vu mourir et là encore c'était très brutal. Je n'ai rien pu faire, hormis tenir son corps « sans vie » dans mes bras en hurlant de douleur et en me vidant de toutes les larmes de mon corps jusqu'à ce qu'on m'éloigne de lui d'une façon que je pensais à l'époque définitive. Ce jour a marqué un tournant dans mon existence, il m'a fait tellement mal que j'en ai perdu la raison. Je me suis retrouvé, ça a pris du temps, et aujourd'hui tout est rentré dans l'ordre mais je ne veux plus revivre ça. En même temps, qui voudrait vivre une chose pareille ? Perdre un être cher, surtout dans des circonstances comme celles ci, c'est rarement une partie de plaisir.

Pour Cleo, ça n'a pas été une chose facile non plus. La violence n'était peut être pas la même mais la mort de sa mère a été tout autant brutale, inattendue. J'imagine qu'elle comme son père ont dut ressentir ce sentiment d'impuissance qui ne vous lâche pas lorsqu'un événement tel que celui ci se produit. Dans le fond, elle comme moi même si on a vécu des choses pas faciles qui nous ont fait grandir peut être plus rapidement qu'on ne l'aurait du, on reste des enfants. J'ai 17 ans depuis peu, elle en a 15 ou 16, on est des ado mais quand je nous vois là comme ça, à évoquer nos mamans respectives, serrés l'un contre l'autre, c'est deux petits oisillons tombés du nid que je visualise. Une petite fille et un petit garçon qui ont besoin de répit, c'est tout.

« C’est une jolie vie que tu as Enzo Ryans. Je ne sais pas pour le présent mais en tout cas tu as de beaux souvenirs et tu les racontes bien. Je crois que j’aurais aimé rencontrer ta mère. Elle avait l’air.. d’être quelqu’un de bien. De doux et d’attentionné. »

A mon tour j'ai souri tout en suivant son regard. Malie sortait de la salle commune telle une furie, lançant à Cleo un regard tout à fait explicite. Encore un truc de filles j'imagine, du genre : Faut que je te parle, dépêche toi. Et ben deux secondes Miss, on parle là, alors tu vas attendre un peu.

« Elle l'était. Oui, elle était exactement comme ça. Quant au présent … Ça va mieux, mon cœur est réparé et le reste suit son cour. »

J'avais fait part à Cleo de mon cœur brisé la nuit où elle m'avait trouvé ici même dans une situation plus que discutable, et des raisons qui me poussaient à en arriver là. Elle m'avait aidé à passer à autre chose et on avait passé un super moment. Aujourd'hui, oui, il est réparé, et pour la première fois depuis un moment je suis heureux. Ça fait du bien, et ça me permet d'être beaucoup plus présent et à l'écoute pour mes amis ce qui n'est pas négligeable. Chacun son tour. Je n'étais pas rentré dans les détails, elle ne m'avait pas posé de questions, on en était resté là et ça restera comme ça, je le sais.

« Je n’avais jamais dit à personne que ma mère me manquait. C’est pourtant évident quand on la perd de cette manière mais.. je sais pas. J’avais peur de chavirer en l’avouant à voix haute. De perdre pied et de plus être capable de m’occuper de mon père je crois. C’est bête parce qu’en en parlant là, ça ne me fait pas mal ni pleurer à chaudes larmes parce qu’elle n’est plus du même monde que moi. C’est juste… agréable de partager son souvenir avec un ami. »

Un sourire complice.
Un clin d'œil.
Et moi c'est un rire bref et tranquille que je laisse échapper.

« Moi non plus j'en parle pas souvent, mais comme tu dis, ça fait du bien. C'est comme si en parler les rendait un peu vivantes, comme si elles étaient là, avec nous, pendant quelques minutes. Plus présentes que d'habitude j'veux dire. »

C'est vrai, je n'en parle quasiment jamais et si ça lui fait du bien à elle, ça m'en fait tout autant à moi. Il m'arrive de l'évoquer avec Kyle, et c'est déjà arrivé avec Jill mais je crois que c'est tout dans le fond. Le plus étrange dans tout ça, c'est qu'avec Derek, c'est un sujet qu'on aborde que très peu. Pourtant c'est surement avec lui que je devrai pouvoir en parler le plus mais c'est comme si quelque chose nous en empêchait. Comme si on n'arrivait tout simplement pas à évoquer leur souvenir ensemble parce que pour l'un ou pour l'autre la douleur est encore trop présente. Je crois que c'est Derek qui a le plus de mal à parler de ça, mais je respecte et n'insiste jamais. Mieux, je ne lance que très rarement le sujet. Bien sur on ne peut pas mettre ça de côté en permanence, après tout, on a vécu tous les quatre ensemble pendant quinze ans, la majeure partie de notre vie, alors il est évident que certaines discussions en passent par là. Plus des deux tiers de nos souvenirs viennent de ces années et même si pendant tout ce temps notre relation n'était pas franchement la plus idéale de toute, je préfère évoquer cette partie là de notre vie de frère plutôt que les premiers mois qu'on a passé ici. J'ai pardonné, parce que je ne peux pas être rancunier avec les personnes que j'aime, mais je n'oublie pas. Je n'oublierai jamais tout le mal qu'il a pu faire à Kyle, et à moi, à nous. Aujourd'hui tout ça est du passé et je n'ai pas envie de me retourner sur cette période là de notre existence. Aller de l'avant, sans pour autant voir trop loin. Profiter du moment présent, c'est ce qu'on doit tous faire. Et c'est ce qu'on fait, dans l'ensemble.

C'est exactement ce qu'on fait actuellement avec Cleo d'ailleurs. A la base, j'étais parti pour monter dans les dortoirs histoire de me changer et d'aller manger avant de retrouver Jill mais la vie est pleine de surprise. Je ne pouvais décemment pas traverser la Salle Commune sans m'arrêter près de Cleo. Quand j'ai vu sa petite mine triste, ça été plus fort que moi. Ça fait quelque mois qu'on se connait, très peu de temps au final, mais on s'est rapidement adoptés. J'aime beaucoup la relation qu'on a laissé se développer. Un peu comme un grand frère et sa petite sœur, l'image que j'en ai en tout cas. On n'empiète jamais sur l'espace vital de l'autre mais je sais qu'elle viendra spontanément vers moi si un jour elle voit que je n'ai pas le moral, et inversement. La preuve en image !

Elle s'est détaché de moi, je l'ai laissé faire récupérant Lune au passage qui finalement a pris ses clics et ses clacs. Une fois debout, elle s'est tournée vers moi, j'ai relevé les yeux pour les ancrer dans son regard.

« Je descends manger. Tu viens ? »
« Non je vais attendre encore un peu, j'attends quelqu'un et je sais pas à quelle heure cette fameuse personne doit se pointer donc … Mais faudra qu'on mange ensemble un de ces quatre Wink »

Ne me regarde pas comme ça Cleo, c'est pas ce que tu crois Rolling Eyes

Là dessus elle s'est penché sur moi, menaçant de s'écrouler. Je suis d'accord, y a de la surface à couvrir pour arriver jusqu'à ma joue, mais quand même. Elle a claqué un bisou sur ma joue, que j'avais tendu exprès et puis :

« Ben alors, tu tiens plus debout ? »

Arrête de boire ? Non, évidemment que je ne vais pas lui sortir ça. Pour une fois que j'arrive à filtrer mes paroles entre mon cerveau et ma bouche … Disons que ça tombe plutôt bien parce que c'est un sourire qui illumine son visage contrairement à tout à l'heure, et je n'ai pas envie que ça change.

« Bon app et Bonne soirée P'tite Mésange. »

Je me suis levé à mon tour, et lorsque la voix de Jill est parvenue jusqu'à mes oreilles, un large sourire a étiré mes lèvres. C'est parti pour le show !

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