AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Stade matinal ~

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Stade matinal ~   Mer 22 Fév 2012 - 13:05

    Jeroen ouvrit les yeux. Silence. Dans le dortoir, des respirations se faisaient entendre, ténues, légèrement sifflantes. Encore endormies. Le sommeil venait de le quitter, lui, un peu trop tôt dans la matinée d’ailleurs mais il était partit pour de bon. C'était de plus en plus courant, ces dernières années, depuis que des cris résonnaient constamment dans ses oreilles. Il se retourna sous sa couette en pensant à se rendormir, avec toute la volonté du monde. L'inconscience était si proche, comme à la portée de ses doigts... Mais après plusieurs minutes à attendre que ça s'immisce un tant soit peu dans son esprit, il réfléchissait déjà trop et c'était peine perdue. Il s'étira longuement sous sa couette, bâilla en repoussant la tenture de son lit pour observer celles des autres. Fermées. Ils dormaient tous profondément. Ce n'était pas plus mal. Il se hissa en dehors de ses couvertures, posa ses pieds sur le sol froid. Un long frisson parcourut son échine. Décidément, devoir se lever si tôt le matin l'agaçait.

    Il s'habilla, glissa sa baguette dans sa poche, dans le plus grand silence. Sa tenue de Quidditch. Si le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, le terrain aussi. Il ne voulait pas attendre les autres pour s'entrainer, ce qui était prévu en fin de matinée. Il avait besoin de s'échauffer, simplement, dans l'air froid du matin écossais. Seul. Il traversa la salle commune déserte. Dans les couloirs non plus, il n'y avait personne. Les tableaux dormaient, de sommeils emplis de rêves désagréables ; ils avaient mauvaise mine ces derniers temps. Ça se comprenait, même eux ne pouvaient plus partir d’ici par quelques passages secrets. Jeroen soupira en secouant ses cheveux de la main, pour, paradoxalement, y remettre un peu d'ordre. Ses paupières étaient encore lourdes, mais un casse-croute et l'air glacé de l'aube achèveraient d'éveiller ses sens. Il traversa un couloir pour rejoindre les cuisines. Devant lui, deux silhouettes se détachèrent de la masse sombre de la pierre.

      - Sale moldue, arrête de me répondre, ou je te jette un sortilège.

    La voix mal assurée d'un enfant. A la taille, le gosse ne devait pas avoir plus de 13ans. Pourtant, du bout de sa baguette, il tenait maladroitement une jeune femme à sa merci. Elle se tenait à terre, terrorisée, comme un petit tas de loques toutes abimées. Il tourna la tête en entendant Jeroen arriver posément, en se frottant à présent les joues pour faire disparaitre quelques traces de son oreiller qui pourraient n’avoir pas disparu. Lorsqu'il arriva à leur hauteur, il s'arrêta et observa la scène d'un air détaché.

      - Vous êtes bien matinaux... Il y a un problème ?
      - Elle m'a insulté ! Je vais la punir !
      - Ah, oui, susurra-t-il, je comprends. Mais c'est un peu tôt pour toi, non ? Remonte finir ta nuit. Je m'occupe de lui faire ravaler ses paroles en bonne et due forme.
      - Mais...
      - File !

    L'enfant observa son ainé, puis rangea sa baguette et s'éclipsa d'un air satisfait. C'était toujours beaucoup plus drôle quand les plus grands s'amusaient, après tout, c'était plus violent. Encore un enfant incapable de réfléchir par lui-même. Le serpentard soupira en regardant le couloir de nouveau vide, puis reprit sa route sans regarder la jeune moldue recroquevillée au sol. Au bout de quelques pas, il se décida à se retourner, croisa les deux yeux bruns posés sur lui, perdus et angoissés.

      - Viens. Allez, lève-toi et suis-moi ! J'ai la dalle, je m'occuperais de toi après...

    Elle obtempéra en tremblant. Ces manières soumises l'agaçaient au plus haut point. Néanmoins, il aurait vite fait de s'en débarrasser quelque part, n'importe où, pourvu qu'elle ait la présence d'esprit de ne pas lui désobéir. Il savait déjà qu'il ne lui ferait rien, par flemme, mais elle non. Elle tremblait. Qu'importait. En silence, il entra dans les cuisines où quelques elfes de maisons décharnés commençaient déjà à activer les fourneaux, s'assit sur une chaise posée dans un coin et demanda un casse-croute. Les petits êtres commencèrent à s'affairer pour le servir docilement. On sentait la hiérarchie dès 6h du matin. En attendant, il dévisagea la jeune femme, qui regardait maintenant les denrées alimentaires avec une envie dissimulée. Elle devait être affamée. Il soupira en demandant à ce qu'on lui serve quelque chose aussi, n'importe quoi ferait l'affaire. Moue dédaigneuse de quelques elfes. Mais ils ne dirent rien. Jeroen mangea en silence, rapidement. Lorsqu'il eut finit, il se redressa, et sortit sans un regard de plus pour la jeune moldue qui mangeait encore ou pour les elfes. Il était de nouveau seul, le reste ne le concernait plus. Enfin. Soupir.

    Il remonta les escaliers du rez-de-chaussée, et sortit en direction du terrain herbeux. L'air mordant lui fit l'effet d'un coup de fouet, mais il profita pleinement de la sensation de sortir du brouillard que cela lui procurait. Les environs étaient déserts, encore sombres, comme tout le reste. Une brume humide étouffait les paysages. Ça se dissiperait dans la journée, avec les premiers rayons du soleil, si encore ils arrivaient à percer. Le pas incertain, il rejoignit le coin où ils rangeaient leurs affaires, balais, battes, prit les siennes et entra dans la surface de jeu. Lors des matchs régnait toujours une atmosphère électrique. Palpable. Les élèves criaient, s'excitaient, agitaient leurs couleurs, et les autres jubilaient car ils étaient bien certains qu'ils auraient là du spectacle. Mais si des sons de la nature environnante brisaient le silence, ils ne parvenaient pas jusqu’ici. Jeroen se posta au bord du terrain, leva la tête vers les buts et les gradins d'en face. Immédiatement, le vertige le prit. Ça ne s'arrangeait décidément pas. Il jeta son balai au sol, d’un côté, sa batte de l’autre, s'assit dans l'herbe humide, presque trempée de rosée. Il voulait observer les alentours du terrain sans risquer de tomber plus bas. Au plus près du sol, il se sentait mieux. Son cœur battait ses tempes et s'il trébuchait à cause d'un vertige, il n'arriverait pas à s'entrainer aujourd'hui. L'optique de jouer, d'ailleurs, lui tira une grimace. Il se laissa tomber en arrière, la tête dans les herbes rases, en soupirant pour se donner du courage. Il faisait frais, mais il avait trop chaud.

    Il leva un bras. S'envoya une claque. Deux. Il fallait qu'il pense à autre chose qu'à la hauteur. Qu'à l'altitude. Autre chose que le vent et les frémissements de son balais caractéristiques à de la magie noire qui risquaient à tout moment, en temps de match, de l'envoyer s'écraser à des centaines de mètres plus bas. Des centaines de mètres... Il se gifla de nouveau, cracha un "outch" aigrit, ferma les yeux. Il fallait qu'il se remémorise les plans d'attaque. Les formations. Tout ce qui trainait dans ses lambeaux de pensées et qui pouvaient servir à penser match, et non hauteur. Les aspérités des cognards. La vitesse de frappe qu'il fallait. Comment les envoyer donner du spectacle chez les adversaires, en les envoyer les courser. Comment éviter de voir ses coéquipiers tomber comme des mouches à cause d’une tactique adverse similaire... Plein de choses. Il resta un moment pensif, une heure, peut-être même deux. Il lui semblait presque entendre l'animation feutrée envahir les couloirs du château, mais c'était plus un souvenir de ces litanies habituelles gravées dans ses tympans qu'un réel son lui parvenant.

    Son bras posé en travers de ses yeux faisaient office de cadrant où ses matchs intérieurs se jouaient. Puis il entendit un son. Le bruit de pas, discrets, étouffés par le sol détrempé. Il repoussa son bras pour voir qui venait troubler ses pensées, et croisa le regard d'un visage familier. Un gars du Quidditch, oui. Pas de cette année. C’était le capitaine de l’année dernière qui passait par là d’un air pensif. Il sourit légèrement, sans prendre la peine de se redresser.

      - Ça faisait longtemps qu’on ne t’avait pas vu sur un terrain de Quidditch.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 602
Date d'inscription : 21/12/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Killian (Gryff) && Rafael (Raven) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1303-you-think-you-know-me-you-real
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Dim 26 Fév 2012 - 1:27

~ Stade matinal ~
Jeroen Van Saade && Ricardo Queiros Lopes
Ce mois d'avril n'était pas terminé, et il lui avait déjà semblé incroyablement chargé. Il faut dire qu'il n'avait vraiment pas bien commencé. Croiser Enola sur le pont, ça avait été une épreuve. Pour elle, certainement, il avait bien vu ses larmes et son état, mais aussi pour lui. Parce que la voir dans comme ça lui faisait mal. Parce qu'il en était responsable, et qu'il n'était même pas capable de faire quoi que ce soit pour arranger les choses. Et en même temps, il savait bien que malgré les remords, il n'irait pas la voir, ni lui faire des excuses. Il était trop fier pour ça. Risquer de se faire envoyer bouler ? De perdre encore la face ? Il en était parfaitement incapable. Et certainement plus maintenant qu'elle avait tourné la page, qu'elle s'envoyait il ne savait trop qui. Et il ne pouvait même pas dire qu'il s'en foutait, parce que c'était loin d'être le cas, et qu'il avait toujours autant envie de démolir le portrait de tous ceux qui l'avaient touchée.

Et lui, il n'était juste pas capable de faire la même chose. Preuve en était le fiasco Eckart, et même s'il refusait de baisser le regard devant la préfète en chef, il n'était vraiment pas fier de ce qu'il s'était passé. Et pas seulement de n'avoir pas pu aller jusqu'au bout de la manœuvre, en fait, même d'avoir simplement essayé de le faire. Ca n'avait aucun sens, en fait. Il n'en avait juste pas vraiment envie. Ce serait tellement plus simple, sans doute, s'il avait envie, réellement, de passer à autre chose, de passer du bon temps. Mais ça n'était même pas vraiment le cas. Il n'en avait pas vraiment envie. Ce dont il avait envie, c'était de la serrer elle dans ses bras, de l'embrasser et...

Ne pas y penser. Ni maintenant, ni plus jamais... Ni... si seulement ça pouvait être jamais ! Mais ça ne marchait pas comme ça. Il ne suffisait pas de vouloir très fort que ça arrive pour que ça soit effectivement le cas. Ou peut-être qu'il ne le désirait pas assez ? Il n'en savait rien, et c'était perturbant. Comme sa rencontre nocturne avec les frangins Livingston, d'ailleurs. Dans le genre amour tortueux, ils se posaient là aussi. Et il espérait vraiment que ça leur passerait, parce que c'était clairement une très mauvaise idée. Il était sans doute mal placé pour faire des leçons de morale, mais il s'était pourtant trouvé dans cette position ce soir-là, et ça lui laissait vraiment un goût bizarre dans la bouche. Peut-être justement parce qu'il avait été de ceux qui tombent amoureux de celle qu'il ne faut pas, et que même si les raisons étaient différentes, il imaginait à peu près le genre de dilemme auxquels les deux verts avaient à faire face. Quoi que pour sa part, il avait toujours fait en sorte de ne pas trop s'en soucier, mais son cas était différent, c'était mal vu, qu'un Slytherin sorte avec une Gryffindor, mais ça n'était pas illégal. Et pour le coup, il ne savait pas trop quoi faire à leur sujet, parce que maintenant, il avait une certaine part de responsabilité. Dont il se serait à vrai dire assez bien passé.

Et s'il faisait le compte, il n'y avait vraiment pas eu assez de bonnes choses pour compenser les mauvais moments. Même s'il y avait eu Emily. Et heureusement qu'elle était là en quelque sorte. Evidemment, il y avait toujours Sean, et sans doute que personne ne pourrait jamais vraiment rivaliser avec son meilleur ami, mais avec Em', ils partageaient quelque chose d'un peu spécial. Contre toute attente, sa rencontre dans les combles avait été une aubaine, et il lui tardait presque d'avoir l'occasion de la retrouver, histoire de tenir sa promesse de lui montrer ce qu'il savait faire avec une guitare dans les mains. D'autant qu'ils avaient des clopes à partager aussi. C'était une bouffée d'oxygène, cette fille. Une pile électrique, clairement, et ça contrastait pas mal avec son caractère à lui, mais c'était sans doute ce qui était intéressant. Elle avait son franc-parler, et ça lui plaisait. Il fallait croire qu'il préférait les gens qui avaient un minimum de caractère... Quoi que certaines, comme une certaine lionne batteuse et cogneuse par exemple, il ne les supportait pas, et on ne pouvait clairement pas leur reprocher de ne pas en avoir. Bref. Demain. Il trouverait bien un moyen de choper la cracmole, ou de lui faire passer un mot. Il aviserait. En tout cas, demain, il amènerait sa gratte. Et ils poseraient les premières pierres de ce projet insensé de révolution musicale.

Un léger sourire étira ses lèvres. Pour la première fois depuis des mois, il avait le sentiment d'avoir quelque chose à quoi se raccrocher. Sa passion pour le Quidditch n'était pas morte, ça ne l'enterrait pas, mais il ne voyait pas de solution à son léger problème avec la hauteur. Alors avoir une porte de sortie, ça faisait du bien, clairement. Même si Barbara et Riley et Sean s'étaient donné le mot pour lui reparler de l'équipe. "Si seulement je pouvais reprendre..." Ca n'était pas l'envie qui manquait. Juste qu'il n'avait même pas encore réussi à remettre les pieds sur le terrain. Encore moins à monter dans les gradins. Il était peut-être temps d'essayer de remédier à ça, d'ailleurs. Et il n'avait pas vraiment envie d'avoir de spectateur. Alors il avait expédié le petit-déjeuner et était sorti pendant que la plupart des élèves commençait à peine à s'attabler.

Il faisait frais, encore, et ses origines méditerranéennes rouspétèrent contre le vent qui semblait vouloir s'immiscer dans la moindre faille de ses vêtements. Il n'aimait pas ce temps. Cette brume qui couvrait tout, la semi-obscurité qui dénaturait le paysage. L'impression de désolation qui enveloppait les alentours, sans rien pour l'expliquer. Tout à l'heure, le soleil viendrait égayer tout ça, et il regretta presque de ne pas avoir attendu un peu. Mais tout à l'heure, il y aurait du monde, et il n'avait vraiment pas besoin d'un public.

Il ne pensait pas vraiment qu'il ne serait pas seul sur le terrain, ce matin. Mais quelque part, peut-être que le hasard faisait bien les choses, en quelque sorte. Depuis combien de temps Van Saade était-il là ? Sans doute un moment, il ne l'avait pas vu s'étendre, et il avait l'air particulièrement absorbé dans ses pensées, un bras sur le visage. Il ne le verrait pas arriver, mais sans doute qu'il l'entendrait. A vrai dire, Ricky s'en fichait un peu. Il n'avait pas vraiment voulu de compagnie, mais puisqu'ils étaient là tous les deux, ils auraient vraiment eu l'air de deux idiots s'il était resté à l'autre bout du terrain. En tant qu'anciens coéquipiers, ils devraient réussir à se parler un peu, non ? Mouais, connaissance la loquacité du portugais, ça n'était clairement pas gagné.

"Ça faisait longtemps qu’on ne t’avait pas vu sur un terrain de Quidditch."
"On peut dire ça."

Sans demander la permission ou quoi que ce soit, il vint s'asseoir à quelques distance de Jeroen, les pieds écartés et les genoux relevés devant lui, les coudes posés dessus et les mains nouées.

"Qu'est-ce que tu fais de beau par ce... beau soleil."

Vous sentez l'ironie ? Allez, juste un peu. Il lança un regard intrigué à la batte et au balai délaissés au sol non loin d'eux. S'il les avait emmenés, c'était sans doute pour s'entraîner, alors pourquoi n'était-il pas là-haut ?


Dernière édition par Ricardo Queiros Lopes le Jeu 19 Juil 2012 - 22:55, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Dim 18 Mar 2012 - 20:43

    Oui, cela faisait longtemps. Des mois peut-être, un an tout au plus qu’ils ne s’étaient plus vus sur le terrain. Il avait dû manquer aux gradins aussi, puisqu’il n’était apparemment même plus venu observer les matchs. Oh, cela n’avait pas dérangé Jeroen outre mesure. Les gens, en particulier d’anciens coéquipiers avec qui il ne parlait pas plus que cela – et qu’il ne considérait même pas en tant qu’amis pour la plupart, pourquoi mentir – pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient. Il aimait n’avoir aucune obligation envers personne. Pourquoi aurait-il demandé à d’autres d’en avoir envers lui-même ? Ça aurait été quelque peu contradictoire. Cette façon de raisonner était tout à faire puérile et Jeroen n’était pas de ce genre-là.

    Pourquoi avait-il quitté l’équipe et cessé de fréquenter le terrain, déjà ? On perdait beaucoup de coéquipiers en cours de matchs. Chutes – naturelles ou non – et cognards, blessés graves et morts ; c’était devenu tellement courant avec la violence introduite dans le jeu. Dans son cas, il se rappelait que le capitaine avait reçu un cognard, frappé par un batteur adverse et directement dirigé contre lui, pour une raison obscure disait-on. Ce devait être ça, en effet, ça tenait la route. Et suite à sa chute il avait dû se sentir vraiment dégouté. Compréhensible.

    Il se redressa sans mal tandis que Ricardo s’asseyait non loin de lui, apparemment dans l’optique de lui faire un brin de causette. S’il n’avait pas tant envie de discuter que cela, il n’était pas contre non plus. Au point où il en était, il n’était déjà plus dans l’optique de l’entrainement, alors pour s’occuper… Le huitième année n’avait pas trop changé depuis la dernière fois. Il n’était pas plus loquace, et il restait à une certaine distance sans envahir. C’était toujours une qualité que Jeroen appréciait chez les gens. Ça lui donnait suffisamment de recul pour jauger son interlocuteur. Et apparemment, ils n’étaient ni l’un ni l’autre particulièrement bien partis pour un échange passionné de propos divers et variés. Au final ce n’était pas important.

    A sa question, il leva les yeux pour observer le ciel. Gris. Moche. Depuis tout à l’heure la masse compacte, lourde et un tantinet menaçante n’avait pas bougé d’un pouce. Le monde, les gens, tout semblait si ironique. Que faisait-il ? Il pouvait se poser lui-même cette question. Il réfléchissait avec son cerveau pour compenser les inaptitudes de son corps à supporter la hauteur. Il se préparait. Comment avouer ce qu’il voyait comme une faiblesse indigne de sa part ? Si son vertige maladif n’avait jamais été un secret pour personne, il n’en parlait pas volontiers. Certains pensaient qu’il avait un courage fou. Il leur donnait raison, quoiqu’il pensât, à raison, qu’il n’y avait qu’un pas entre cette « force » et l’inconscience. Ses yeux retombèrent sur son matériel, son balai, sa batte, gisant lamentablement à un bras de lui.

      - Je m’entraine. (Il marqua un silence avant d’ajouter :) Plus ou moins.

    Il ramena sa jambe contre lui et s’y accouda pensivement. Il devait se demander pourquoi il restait au sol, avec son matériel, en tenue, pourquoi il ne volait pas stupidement en l’air sans même un cognard à frapper. Bien sûr qu’il devait se demander. C’était en apparence un comportement quelque peu illogique, par exemple comme se faire une tartine et l’observer sans rien faire – non pas comme un objet de répulsion, mais sans montrer le moindre désir de la manger. Il soupira avec un sourire ironique, répondant au ton employé par son interlocuteur.

      - En fait, j’attends l’entrainement qui est censé avoir lieu en fin de matinée. Je me suis levé trop tôt et je n’avais rien d’autre à faire que de me préparer mentalement à affronter ce temps toute la journée. Depuis le sol, c’est bien plus simple et moins fatiguant. Et toi ? Petit instant de nostalgie ?

    Il avait dit ça sur un ton tout à fait dénué de critique. Encore une fois, il faisait bien ce qu’il voulait, que Jeroen le comprît ou non. De son côté, les lieux qui lui rappelaient les pires instants de sa vie – la volière en particulier –, il n’y remettait pas les pieds, jamais, même au détour d’une pensée nostalgique. Et si le batteur avait manqué de chance une seule fois au cours d’un match, s’il était tombé comme ça avait été le cas pour Ricardo et tant d’autres, il aurait été capable, il en était sûr, de s’isoler indéfiniment dans les sous-sols de sa maison, bon gré mal gré. Il lança un regard circulaire au terrain et aux gradins. Ça ne se remplirait sûrement pas de supporters venus les soutenir dans leur entrainement, ce qui au final était devenu plutôt rare. Ne restait que les hystériques. Ça mettait le cœur en joie.

      - Tu suis un peu la saison au fait, ou tu as tout à fait décroché ? dit-il pour meubler la conversation.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 602
Date d'inscription : 21/12/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Killian (Gryff) && Rafael (Raven) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1303-you-think-you-know-me-you-real
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Sam 24 Mar 2012 - 23:55

~ Stade matinal ~
Jeroen Van Saade && Ricardo Queiros Lopes
Il n'était pas venu voir ce qui se passait sur le terrain, que ce soit dans les airs ou dans les gradins, mais il avait suivi, quand même, le déroulement de la saison. C'était sa passion, depuis qu'il y avait goûté après les efforts combinés de Sean et Enola, une des rares fois où ils étaient tombés d'accord sur quelque chose, ces deux-là. L'exception qui confirmait la règle. Alors même s'il ne se sentait – jusque-là – même pas la force de venir ici, au sol, il avait gardé un œil sur ce qu'il s'était passé, heureux quand l'équipe gagnait, déçu quand elle se faisait avoir par une tactique adverse. Il n'en avait pas perdu une miette, l'air de rien. Parce qu'il avait beau faire comme s'il n'était pas concerné, c'était tellement facile d'entendre les conversations en salle commune, et il était passé maître dans l'art de déceler quel groupe parlait de sport parmi les personnes présentes autour de lui. Il ne commentait jamais, cela dit, ne s'immisçait jamais dans les discussions, même s'il n'en pensait pas moins. Et oui, son rôle de capitaine lui manquait, terriblement. Mais un capitaine qui n'est pas même capable de tenir sur un balai, c'est ridicule, et il n'avait pas vraiment envie de se tourner lui-même en dérision. Un point de plus qui lui permettait de haïr Calgarry. Parce que c'était à cause d'elle qu'il était tombé. D'accord, elle n'avait fait qu'appliquer la tactique mise au point par Enola. D'accord, c'était son rôle de cogner. Mais il ne raisonnait pas comme ça. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle l'avait envoyé valdinguer, et il lui en voulait terriblement. A Caril aussi, pour avoir mis au point cette stratégie. Mais son amour pour elle avait parfois raison de sa rancoeur, et il regrettait d'avoir été un tel salaud avec elle, de ne lui avoir pas même laissé une petite chance. Après tout, elle avait tenté de le dissuader de participer à ce match fatidique. Et il ne l'avait pas écoutée. Et maintenant, elle s'envoyait en l'air avec un peu n'importe qui, et lui, il en était juste incapable, trop amoureux d'elle encore, sans le moindre doute. Résultat, les relations avec la préfète en chef s'annonçaient difficiles...

Il sortit finalement de ses pensées, qui avaient un peu tendance à vagabonder allègrement dans une direction qu'il n'était pas certain d'apprécier, ces derniers temps, et observa son camarade qui levait les yeux vers le ciel lourd des menaces d'un orage imminent. Et comme souvent, il se demandait réellement comment il faisait. Ca n'était pas un secret qu'il était sujet au vertige. C'était même la raison pour laquelle nombre de midinettes tombaient littéralement en pâmoison dès qu'on parlait de lui. Pour avoir écouté avec attention les conversations ayant trait au Quidditch, il avait été assez surpris du nombre de fans qu'il pouvait avoir. Aucune idée de s'il s'en rendait compte, et à la limite, ça n'était pas son problème. N'empêchait que ça forçait effectivement le respect, et qu'il était assez curieux de savoir comment il parvenait à se tour de force.

« Je m’entraine. Plus ou moins. »

Ricky hocha simplement la tête. Un entraînement, c'était aussi dans la tête que ça se passait. Le mental était plus que nécessaire, sur un balai, surtout avec les nouvelles petites facéties des Supérieurs. Et même si la réponse de l'autre Slytherin était un peu ironique, aux yeux de l'ancien capitaine, il y avait forcément une part de vrai là-dedans.

« En fait, j’attends l’entraînement qui est censé avoir lieu en fin de matinée. Je me suis levé trop tôt et je n’avais rien d’autre à faire que de me préparer mentalement à affronter ce temps toute la journée. Depuis le sol, c’est bien plus simple et moins fatiguant. Et toi ? Petit instant de nostalgie ? »
« On peut dire ça. »

Toujours très loquace... En même temps, que pouvait-il répondre de mieux ? A son avis pas grand chose, l'essentiel avait été dit. Oui, il avait la nostalgie du temps où il volait là-haut et empêchait le souaffle de passer les anneaux, il n'y avait pas un jour sans qu'il regrette de ne pas pouvoir enfourcher un balai et retrouver les sensations grisantes du vol.

« Tu suis un peu la saison au fait, ou tu as tout à fait décroché ? »

Pendant quelques secondes, il hésita. Il n'aimait pas spécialement mentir, mais il n'était pas non plus du genre à dire la vérité coûte que coûte. Pourtant, là, il sentait bien qu'une partie de lui avait besoin de se confier, et sans doute que le fait que Jeroen eût autant la trouille que lui des hauteurs le poussait à la confidence.

« Je devrais pas, mais je suis, depuis le début de la saison, j'en perds pas une miette. Si je pouvais, je reviendrai. Mais je peux plus voler. »

Un instant encore, le silence plana. Ce n'était clairement pas un exercice facile pour lui. Même à Sean, il n'avait rien expliqué. Il avait simplement décidé d'arrêter, point. Pas besoin d'en savoir plus. Et même si son ami avait essayé plusieurs fois de le faire changer d'avis, autant que de comprendre pourquoi il avait décidé d'abandonner, il n'avait jamais expliqué ses raisons. Et ça avait souvent fini en engueulade, d'ailleurs.

« Comment tu fais ? »

La question qui lui brûlait les lèvres était sortie toute seule. Comment faisait-il pour y arriver, pour surpasser sa peur et enfourcher son balai, prendre de la hauteur, sans tourner de l'oeil à la vue du sol si loin en contrebas ? C'était un mystère qu'il aimerait comprendre. Et peut-être que ça pourrait l'aider, lui aussi ?


Dernière édition par Ricardo Queiros Lopes le Lun 25 Juin 2012 - 21:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Dim 25 Mar 2012 - 14:39

    EMINEM - Lose yourself
    Écoute, si tu avais une chance, une opportunité
    D'obtenir ce que tu as toujours voulu, en un instant
    La saisirais-tu ou la laisserais-tu simplement passer ?

    Les deux serpentards ne pouvaient se vanter d’avoir une discussion passionnée. Les silences s’accumulaient, pensifs. Ça n’avait jamais été autrement après tout. Ricardo n’avait pas beaucoup de conversation, du moins avec lui, c’était un fait ; et Jeroen n’avait jamais ressentis le besoin de briser son habituel silence. Question d’habitude. L’ancien gardien ne sembla pas étonné de sa réponse pour le moins succincte à propos de ce qu’il fichait là. Il savait, au même titre que les autres. Sa peur du vide n’avait jamais été un secret ni pour les membres des différentes équipes, ni pour les spectateurs. Selon les camps, on l’admirait pour tout le courage dont il faisait preuve, ou alors on tentait de lui nuire. Il ne cherchait jamais à savoir ce qu’on pensait de lui. Il prenait garde à ceux qui voudraient profiter de sa faiblesse, mais il n’avait jamais cherché à en tirer un quelconque mérite. On aurait pu s’attendre à ce qu’il en profite, parce que mine de rien Jeroen aimait être vu, apprécié, admiré du fait de la place de dominant que ça offrait alors. Mais c’était une affaire qu’il devait régler avec lui-même. C’était sa phobie, la seule chose de sa vie sur laquelle il n’avait pas une once de contrôle, et même le fait de la « surmonter » ne lui amenait aucune gloire. Ce n’était jamais définitif.

    Néanmoins, Ricardo ne fit aucune remarque à ce propos. Il répondit vaguement à sa question. Lui non plus ne disait pas tout de ce qu’il pensait. Il donnait une réponse sans que celle-ci soit clairement définie ; on pouvait la prendre dans tous les sens. Peut-être bien qu’il avait la nostalgie. Sinon, pourquoi aurait-il attendu si longtemps avant de revenir ? Et pourquoi serait-il revenu avec un temps pareil, alors que le terrain était encore désert ? Il avait sûrement rêvé de devenir un grand joueur, comme d’autres. S’il avait dû cesser le jeu à cause d’un accident, il ne pouvait rester que des remords. Après quelques secondes de réflexion, il appuya la théorie de Jeroen. Il regrettait le bon vieux temps des vols dans le ciel, des cris de la foule, mais il ne devait plus s’en sentir capable. C’était dommage. Plusieurs avaient tenté de le ramener dans l’équipe, et Jeroen était d’accord sur le fait qu’il avait des capacités intéressantes. Mais ça ne marchait pas comme ça. Rares étaient ceux qui comprenaient que surpasser ses peurs, ce n’est pas un simple travail sur soi, une simple question de volonté. Il fallait y avoir déjà fait face avec une ardeur phénoménale pour comprendre.

    Le silence revint. Il n’y avait rien à dire. Jeroen hocha simplement la tête, un peu pensif. Ça sonnait comme des aveux. Le garçon ne voulait porter aucun jugement, ni l’inciter à aller plus loin car les pensées les plus intimes étaient parfois mieux loties lorsqu’elles ne voyageaient pas d’un esprit à l’autre. Mais Ricardo ne semblait pas voir les choses de la même manière. Il demanda comment il faisait, sans avoir réfléchi avant de parler. Jeroen sourit en lui lançant un regard amusé. Il regrettait au point d’aller demander ça au gars qui avait la réputation de savoir surmonter son épouvantard sans broncher ? Alors que Jeroen aurait pu l’envoyer balader avec un rire hautain et dédaigneux ? C’était intéressant.

      - Je fais, c’est tout, lâcha-t-il. J’arrête de réfléchir et je fonce pour n’avoir à aucun moment l’occasion de regarder en contrebas.

    Il n’en avait jamais parlé lui non plus. Il se contentait toujours de répondre par un sourire énigmatique, et ce mystère qu’il maintenait autour de ses motivations semblait plaire aux gens puisque ça les faisait taire. Mais Ricardo, il pouvait lui parler de cela. Il n’était pas le genre à laisser les confidences passer d’une oreille à l’autre, et il avait l’air tellement paumé lui aussi que Jeroen ne pouvait que le comprendre. Il se fichait un peu de savoir si son cadet pourrait remonter, s’il en aurait la force et si en discuter y changerait quoi que ce soit ; mais ils n’y perdaient rien au final, alors ça importait peu. Il pouvait bien essayer d’aider quand même, juste comme ça, pour s’occuper jusqu’à l’entrainement et le regarder angoisser à a place.

      - As-tu tenté de remonter depuis le match ? Il faut commencer par là. Regarde au-dessus de toi, fixe-toi un objectif à atteindre coûte que coûte, comme les gradins ou les cercles. Cesse de réfléchir, et fonce, quitte à te prendre une montée d’angoisse en haut. C’est la première étape et la clef de voute.

    Comme il avait depuis longtemps dépassé cette étape, c’était plus un conseil qu’une explication de sa méthode. Il se sentait comme un maitre avec son élève, et parlait en connaissance de cause. C’était bien par là qu’il fallait commencer ; il se donnait des objectifs sur lesquels se focaliser entièrement, et il fonçait tête baissé. C’est aussi pour ça qu’il n’aurait jamais pu endosser le rôle de gardien ou d’attrapeur. Trop de temps d’attente, de flottement, pas assez de risques. En tant que batteur, il devait foncer, foncer sans cesse, et même si ça impliquait de lâcher son balais, il devait frapper de toutes ses forces, réfléchir à la trajectoire, à la tactique et à plein d’autres facteurs en même temps. Il avait développé une capacité fantastique à se focaliser sur les cognards. Le travail avait été long et laborieux mais il pouvait oublier la hauteur en temps de match grâce à l’adrénaline. Parfois, il lui arrivait de s’étaler comme un imbécile lorsqu’il posait un pied à terre, à cause de la brusque redescente d’adrénaline, mais il avait réussi à obtenir une petite victoire contre lui-même. Quoi de plus important ? Il lança un regard à Ricardo. S’il avait réellement le désir de voler de nouveau, il y arriverait. Si l’on était prêt à chercher au plus profond de ses capacités, à suer et pleurer de haine et de dégout contre soi-même, on pouvait trouver quelque part dans notre corps une réserve exceptionnelle de courage et de force. Mais tout dépendait là de la motivation du garçon. Il sourit de nouveau.

      - Si tu veux vraiment voler, fais-le.

    Il lui montra le balai du regard, qui gisait un peu plus loin. Un balai basique, bon marché mais fiable, qui n’avait jamais lâché Jeroen, qu’importent les temps et les sorts jetés dessus. D’un côté, il voulait tester son camarade, voir s’il avait compris le rôle de l’adrénaline et de la pression, l’importance de ne pas réfléchir et de savoir être pris totalement au dépourvu. Il ne voulait pas l’obliger ; mais juste voir s’il saurait simplement enfourcher le balai pour se rappeler.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 602
Date d'inscription : 21/12/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Killian (Gryff) && Rafael (Raven) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1303-you-think-you-know-me-you-real
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Mer 16 Mai 2012 - 13:37

~ Stade matinal ~
Jeroen Van Saade && Ricardo Queiros Lopes
Discussion passionnée ? Ca n'avait pas vraiment de place dans le périmètre de Ricardo. Enfin... Pas sans Eno' dans les parages. Parfois Sean aussi. Mais s'il y avait bien une personne avec qui ça avait été récurrent, c'était avec Enola. Sauf qu'elle n'était plus dans les parages et que ça continuait à lui faire un mal de chien. Bon sang, mais quand est-ce que ça s'arrêterait, hein ? Il n'en avait pas la moindre idée, et c'était tuant. Tout comme le fait de ne plus pouvoir jouer d'ailleurs. Il ne vivait plus vraiment, il mourrait à petits feux. Il restait quoi finalement ? Sean. Et la musique. Et donc Emily. Il n'avait pas de tendance suicidaires, loin de là, mais la mélancolie et le pessimisme avaient effectivement tendance à l'emporter. Et rien que pour ça, ses entrevues avec la cracmolle lui faisaient du bien. Un bien fou, même. Rien à voir avec le fiasco de sa tentative de passer outre ses sentiments dans les bras de quelqu'un d'autre. Il n'avait pas retenté l'expérience, et elle lui laissait un goût amer dans la bouche. Comme s'il l'avait trahie, elle, alors qu'au final, elle s'en fichait pas mal pour sa part. Il était ridicule, tout simplement. Et sa peur de remonter sur un balai ne faisait rien pour changer cet état de fait.

C'était pour ça qu'il était là, aux côtés d'un type qui n'avait jamais été plus qu'un coéquipier, mais qui partageait ça avec lui, cette terreur viscérale du vide sous vos pieds quand vous êtes dans les airs. Et pourtant, lui, il la combattait à chaque entraînement, à chaque match, comme si c'était... facile. Il se doutait bien que ça ne l'était pas tant, mais c'était l'impression que ça laissait. Il ne se laissait jamais gagner par la panique, ou en tout cas, il n'en avait jamais été témoin. Et c'était assez impressionnant, en effet. Et s'il devait se prendre une veste en lui demandant comment il faisait ? Tant pis, il n'était plus vraiment à une blessure narcissique près ces derniers temps... Et au moins il aurait essayé. La réponse, ou au moins le début de réponse de l'autre Slytherin lui amena d'abord un rire narquois aux lèvres.

« Je fais, c’est tout. J’arrête de réfléchir et je fonce pour n’avoir à aucun moment l’occasion de regarder en contrebas. »

Songeur, il médita sur la suite. Le problème, quand on était gardien, c'est que l'occasion de regarder en contrebas, on l'avait souvent. Et il se frotta machinalement le menton, pensif, tandis qu'il réfléchissait à comment il pourrait éventuellement ne pas penser à regarder en bas en étant là-haut. Se concentrer sur le souaffle, plus encore qu'à l'ordinaire ? Ne jamais le quitter des yeux, pas même une seconde ? Peut-être. Il ne saurait pas tant qu'il n'aurait pas réessayé. Mais...

« As-tu tenté de remonter depuis le match ? Il faut commencer par là. Regarde au-dessus de toi, fixe-toi un objectif à atteindre coûte que coûte, comme les gradins ou les cercles. Cesse de réfléchir, et fonce, quitte à te prendre une montée d’angoisse en haut. C’est la première étape et la clef de voûte. »

La réponse était non, évidemment. D'ailleurs Jeroen n'avait pas vraiment eu besoin de réponse au vu de la suite de ses explications. Et Ricky l'écouta religieusement. Il avait été son capitaine, mais à cet instant, il n'était plus que le jeunot qui écoutait son aîné. Et qui buvait littéralement ses paroles, parce qu'il était sans doute la seule personne à pouvoir le comprendre vraiment. Sur ce point, tout du moins.

« Si tu veux vraiment voler, fais-le. »

Pris au dépourvu, il jeta un regard surpris un instant au batteur. Sa première envie avait été de lui répondre pas maintenant. Pas tout de suite. Pas devant un témoin. Sauf que Jer' avait bien insisté sur un point. Cesser de réfléchir. Et c'était sans le moindre doute ce qui l'avait retenu tout ce temps. Presque un an. C'était trop long. Il avait besoin de ça, au fond, c'était une partie de ce qui le faisait se sentir vivant. Et puisque l'autre moitié de sa vie se fichait pas mal de ce qu'il devenait, il fallait qu'il s'accroche à celle-ci. "S'il se fout de ma gueule, je lui en colle une..." Voilà ce à quoi il pensait en se levant. Il était mort de trouille, complètement, ses doigts tremblaient quand il attrapa le balai désigné qui répondit sans peine à son appel. Mais renoncer ? Encore ? Il avait laissé trop de choses importantes de côté. Depuis trop longtemps.

Il ferma les yeux en enfourchant le balai, puis leva le regard vers le premier cercle. Se focaliser dessus, donc. Et foncer. Et s'il se rétamait en bas comme une crêpe ? Ne pas y penser. De toute façon, elle s'en ficherait. Et l'infirmerie, il commençait à connaître, n'est-ce pas. Les prunelles fixées sur l'anneau, il fonça tête baissée, presque littéralement, rentrée dans ses épaules nouées. L'adrénaline s'engouffrait dans tout son être. Il flippait, grave, mais tentait de rester focaliser sur son objectif. Qu'il atteignit, non sans peine, mais il passa dans l'anneau sans trop de mal.

Le hic... C'était que maintenant, il fallait redescendre. Et que se rapprocher du sol... C'était tout simplement l'horreur. Il avait beau fixer Jeroen, il ne contrôlait plus rien et s'il parvint quand même, tant bien que mal, à ralentir en approchant, il s'étala effectivement comme une merde au sol à quelques mètres de l'autre Slytherin. Et se relever, là maintenant tout de suite ? Euh... Deux secondes, je me remets. Il tremblait de tous ses membres, son coeur battait à cent à l'heure, pulsait dans ses tempes. Il avait mal à peu près partout aussi, mais à priori rien de grave. Juste son égo de froissé, une fois de plus. Mais il n'était plus à ça près, pas vrai ?


Dernière édition par Ricardo Queiros Lopes le Lun 25 Juin 2012 - 21:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Mar 22 Mai 2012 - 21:08

Il y avait du vent. A peine, une brise pour dissiper vaguement la brume matinale. Sur l’immense terrain désert, dans l’herbe humide de rosée, ils discutaient phobies sous couvert de se donner des conseils. Avec une simplicité toute naturelle. Jeroen n’aurait jamais imaginé, un jour, pouvoir servir à quelque chose avec ses propres angoisses, pouvoir donner des conseils à quelqu’un d’autre pour qu’il se surpasse, purement pouvoir aider quelqu’un – surtout dans le contexte actuel, où on lui demandait plus d’exécuter des actes immoraux qu’autre chose. Il l’avait réfléchie, sa méthode. Ça faisait quatre ans qu’il se surpassait avec parfois l’illusion que ça servirait à quelque chose pour réellement outrepasser son angoisse, sur le long terme. Ça marchait dans une certaine mesure. Mais c’était son cas personnel. Comme Ricardo ne volait plus pour d’autres raisons, des raisons beaucoup plus compréhensibles qu’une simple et pure phobie, et qu’on avait vu déjà des centaines de personnes surmonter ces peurs-là, le vert pensait avec une certaine conviction qu’un peu de travail, et le chef de l’équipe pourrait remonter ; voire revenir dans l’équipe. Ça avait quelque chose de gratifiant. Même si l’autre le surpassait sur un balai, même s’il reprenait une place d’idole au jeu et ainsi qu’il accomplissait ses rêves de devenir champion, le batteur ne se sentirait pas inférieur. Justement. Au Quidditch il ne rêvait pas d’être le meilleur, sa lutte contre lui-même lui suffisait, mais participer à la réussite de quelqu’un, si ce quelqu’un ne cachait pas qu’il avait été pour quelque chose… Bien entendu il ne faisait pas ça que par intérêt. Mais ça comptait un peu. Il n’allait pas devenir un monstre d’altruisme comme ça.

Pour l’instant, il avait endossé le rôle de professeur, de mentor. La peur de voler, tout à l’heure, s’effaçait tandis qu’il voyait la peur de Ricardo ; un peu comme s’il s’en déchargeait sur lui. Ric écoutait avec attention ce qu’il disait, comme si ces quelques mots allaient tout arranger s’il se concentrait bien dessus. Peut-être que ce serait le cas. La parole est une arme qu’il ne faut jamais négliger. Parfois, trouver quelqu’un pour nous envoyer quelques mots comme ça, à la tronche, ça pouvait aider. Jeroen se les était envoyés seul, ces mots. Il s’était répété à lui-même, cinquante fois, cent fois, mille peut-être bien, qu’il fallait simplement foncer sans réfléchir. Ni son frère, ni son père, ni même ses copains n’avaient participé. A ce moment-là, il avait été le seul de la famille à se trouver une force nouvelle, suite à la mort de sa mère. Il s’était mis quelques claques. Il avait volé pour ne pas avoir à s’en envoyer de nouvelles. Il sourit lorsqu’il vit que Ricardo commençait à avoir des sueurs froides. Si tu veux voler… Bien entendu qu’il voulait voler. Une évidence, ça se voyait, ça se sentait. Il ne serait pas là sinon. Il ne se sentirait pas tant pris au dépourvu par cet ordre dont il pouvait, après tout, faire ce qu’il voulait. Jeroen n’était pas là pour le forcer. Il devenait juste une petite voix là pour le pousser à s’écouter, à dépasser les limites qu’il s’imposait tout seul.

Puis Ricardo se leva. Tremblant. Bien entendu, son esprit, son corps devaient crier que ça allait dégénérer, car ils semblaient encore marqués par son ancienne chute. Mais la volonté était plus forte ; il attrapa le balais, ferma les yeux, se fixa intensément sur les cercles, puis décolla. Tout cela dans un laps de temps très court, tout compte fait, mais à cause de l’angoisse qui sourdait des pores de sa peau, ça devait sembler long. Il fonça directement vers les cercles, sans chercher à en faire trop, les dépassa. Une ligne droite, sans problèmes, juste un peu hésitante. Jeroen se revoyait lorsqu’il s’était donné son premier objectif. Le même. Il avait foncé comme un taré, sans faillir, et en haut, lorsqu’il s’était arrêté près des buts il avait failli tomber à pic. Il décida de se lever pour observer son coéquipier entamer une descente plus que chaotique vers lui. L’objectif atteint, il ne restait que le vide environnant. Jero sourit lorsque le gardien s’écrasa par terre, s’en approcha sans courir. De la hauteur où il était tombé, il n’aurait même pas une petite éraflure. Il s’arrêta à côté de lui, l’observa par terre avec un léger amusement. Il tremblait encore. Il avait l’air d’un de ces gamins de onze ans qui apprenaient tout juste à monter et qui faisaient leur première chute. Ils étaient tous passés par là. Le corps qui ne répondait plus, le souffle court, l’adrénaline quittant violemment le sang, il connaissait par cœur… De même que la sensation de honte, légère, qui se lisait dans ses yeux… Bien entendu, se rétamer comme un débutant, ça avait de quoi faire mal à l’amour propre. Il sourit.

    - Alors ? Pas mort ?

C’était dit sur un ton sympathique, presque amical. Il imaginait parfaitement les sentiments qu’il devait ressentir, de l’instant où il avait enfourché le balai à celui où il s’était étalé par terre. Là, tout de suite, il valait mieux ne pas le brusquer, ni l’obliger à se relever dans la minute. Une chose à la fois, et puis Jeroen n’était pas là pour bloquer son ex-coéquipier encore plus, ce serait contre-productif. Il s’accroupit à côté de lui.

    - Tu vois. Tu comprends pourquoi je dis qu’il ne faut pas réfléchir. Ça va être souvent comme ça, si tu persévères sur cette voie. Mais tu as volé, et pour le moment c’est le plus important. Ensuite, ça se fait à ton rythme, mais tu dois te forcer, et apprendre à trouver de nouveaux objectifs à chaque fois.

Cours en accéléré. En pratique, bien entendu, ça prenait soudain une dimension monstrueuse. Mais il y arrivait, lui. Il continuait de monter, et tant qu’on n’essayait pas de lui nuire en utilisant ça, il avait la capacité de regarder jusqu’à la prochaine fois. Au final, ça montrait mieux, par la pratique, l’expérience, ce « comment il faisait » obscure.

    Tu comprends le truc ? C’est comme ça que je fais. Simplement. C’est long mais ça mène forcément à quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 602
Date d'inscription : 21/12/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Killian (Gryff) && Rafael (Raven) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1303-you-think-you-know-me-you-real
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Lun 25 Juin 2012 - 21:43

~ Stade matinal ~
Jeroen Van Saade && Ricardo Queiros Lopes
Ca n'était pas rien, que de parvenir à lui faire accepter de retenter le coup. De là à ce qu'il revienne dans l'équipe, il y avait un gouffre, mais c'était une première étape qu'il n'aurait lui-même pas pensé pouvoir franchir. Et qui rouvrait un tout petit peu la porte de ses rêves, qu'il croyait perdus à jamais. Si ça fonctionnait, s'il retrouvait son niveau d'avant, s'il arrivait à revenir dans l'équipe, Jeroen pourrait bien lui demander la lune qu'il accepterait sans hésiter, parce qu'il aurait une dette énorme envers lui. Ca poserait de nouveaux problèmes, parce qu'il faudrait se retrouver face à Enola sur le terrain, mais il n'y pensait même pas, pas encore tout du moins. Pour l'heure, il venait de poser une première pierre à cet édifice gigantesque : vaincre sa peur. Et avoir réussi à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé, c'était aussi gratifiant que la chute à l'atterrissage meurtrissait son ego. Il voulait voler. Il voulait jouer. C'était une évidence, pour beaucoup d'entre eux, manifestement. Jenkins lui avait bien conseillé de revenir dans l'équipe, quelques jours auparavant, n'est-ce pas ? "Ca te détendrait", qu'elle avait affirmé. On était encore loin de la détente, mais dans ses souvenirs, c'était effectivement l'effet que lui faisait le Quidditch. Ca semblait tellement loin, tout ça, quand il guidait l'équipe, arrêtait le souaffle aux portes des anneaux, félicitait les autres joueurs après une victoire... Une autre vie, presque. Qu'il crevait d'envie de retrouver.

A terre, il tentait de se rappeler des premières fois où il avait enfourché un balai. Il n'arrivait pas à se souvenir d'une telle chute, ni de la peur, ni de la décharge d'adrénaline... Ca avait semblé presque naturel à l'époque. Aujourd'hui, c'était un tour de force. Tout ça à cause d'un cognard. Et de celle qui avait mis au point la tactique qui l'avait jeté au sol. Il lui en voulait, pour tout le mal qu'elle lui avait fait. Mais il ne pouvait s'empêcher de l'aimer aussi. C'était une contradiction terrible, qu'il n'arrivait toujours pas à supporter, parce que quoi qu'il fasse, il pensait à elle, et ça lui vrillait toujours le coeur.

« Alors ? Pas mort ? »

Non, en effet. Pas physiquement, en tout cas. De honte, un peu, cependant. D'accord, le ridicule ne tuait pas, mais quand on a autant d'orgueil que le portugais, se retrouver aussi vulnérable qu'un gamin à son premier cours de vol, et devant témoin qui plus est, ça ne laissait vraiment pas une sensation agréable. Le ton amical de Jeroen, cependant, adoucissait un peu la blessure narcissique. Ils n'avaient jamais été plus que des coéquipiers, pourtant.

« Tu vois. Tu comprends pourquoi je dis qu’il ne faut pas réfléchir. Ça va être souvent comme ça, si tu persévères sur cette voie. Mais tu as volé, et pour le moment c’est le plus important. Ensuite, ça se fait à ton rythme, mais tu dois te forcer, et apprendre à trouver de nouveaux objectifs à chaque fois. »

Il se redressa alors, sans prendre pour autant la peine d'épousseter ses vêtements. Persévérer. Il se promit de le faire, et de ne pas abandonner. Juste, pas aujourd'hui. Et sans doute pas devant qui que ce soit avant un moment. Soutenir le regard de son camarade de maison relevait d'un défi supplémentaire. Sincèrement, sa fierté, il avait du mal à la garder à cet instant, ce qui ne lui plaisait pas vraiment. Mais l'espoir de pouvoir voler de nouveau, réellement, atténuait la blessure...

« Tu comprends le truc ? C’est comme ça que je fais. Simplement. C’est long mais ça mène forcément à quelque chose. »

Il hocha simplement la tête, songeur un instant. Là, il avait vraiment besoin d'une clope. Mais il n'était pas sûr que Jeroen supporte la fumée de cigarette. Plus tard, se promit-il mentalement. Bientôt, même.

« J'ai deux ans pour revenir au niveau... »

C'était autant pour son interlocuteur que pour lui-même, comme pour se confirmer cet état de fait. Il avait deux ans avant la fin de son cursus à Hogwarts, deux ans avant de devoir trouver une voie professionnelle. Et il se prenait à espérer, de nouveau, que le sport à haut niveau soit un des itinéraires possibles. Il faudra peut-être qu'il arrête la cigarette, à ce moment-là. Mais pas aujourd'hui. Pas tant qu'il n'était pas sûr de pouvoir en faire quelque chose. Il avait trop besoin de passer ses nerfs sur quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Lun 2 Juil 2012 - 19:13

Vaincre sa peur. Grande question, grand rêve ; mais qu’est-ce que c’était que vaincre sa peur ? D’après Jeroen, et il se savait assez intelligent pour que ça puisse s’élever au rang de vérité générale, c’était pouvoir faire face à l’épouvantard sans qu’il ne prenne plus la forme du vide béant sous ses pieds. Il pouvait faire face cent fois, mille fois à l’animal farceur et lui tirer la langue, faire comme s’il ne le craignait pas ; il reprendra toujours la même forme car dans son cœur la peur n’aura pas foncièrement changé. Sa phobie des espaces hauts, il savait pertinemment qu’il ne s’en débarrasserait pas si facilement. Quatre années à faire tous les efforts du monde ne lui permettaient que de faire un peu abstraction du vide qui l’entourait, sur son balai, et de monter quelques étages dans les escaliers en mouvement sans se sentir flancher en public. Problème d’image particulièrement ; il y gagnait une bonne réputation. Mais il était encore bien loin de vaincre sa peur. Et lorsqu’il partait pour jouer, il sentait que l’équilibre était fragile et qu’il pouvait, s’il faisait une seule erreur entre l’instant où il quittait le sol et l’instant où il y revenait, s’écraser des centaines de mètres plus bas sans une seule aide extérieure, juste à cause d’une crise d’angoisse impromptue.

Ricardo se releva rapidement après être revenu à terre de manière quelque peu chaotique. Les premières fois, Jeroen était resté plusieurs longues minutes au tapis, parfois même à manger carrément l’herbe du terrain parce qu’il était tombé face contre terre ; et ça lui arrivait encore de ne plus avoir assez de forces pour ne serait-ce s’assoir correctement et garder la face. Parfois c’étaient ses coéquipiers les plus compréhensifs qui le ramassaient et l’obligeaient à se relever. C’était pitoyable mais il n’y pouvait rien. Peut-être que Ricardo, lui, saura vaincre sa peur en profondeur. S’il pouvait, seulement lui, ce serait déjà ça de gagné. Petite victoire contre angoisse commune.

L’ancien capitaine, pour le moment, n’avait pas l’air de vouloir remonter sur le balai d’entrainement. Ses réactions, ses regards montraient qu’il avait quelque peu honte de s’être planté devant témoin, mais comme témoin, il y avait pire que Jeroen. Lui avait déjà eu comme témoins le stade entier, et ça, ça blessait pas mal à la fierté. C’était aussi tout un travail que d’accepter de se planter devant les autres, et d’avouer sa faiblesse sans en tirer plus de honte que nécessaire. Jeroen, pour l’instant, avait momentanément pris un air compatissant, pour que Ricardo ne se décourage pas par le simple fait que son ancien coéquipier s’était un peu fichu de sa gueule. Il faudrait sûrement qu’il trouve d’autres personnes pour le pousser à se démener, parce que le vert ne serait pas toujours là pour ça.

- J’ai deux ans pour revenir au niveau…

Jeroen sourit en lançant un regard circulaire au terrain désert. Son ancien capitaine avait l’air de retrouver du poil de la bête, d’espérer plus maintenant qu’il avait osé remonter et faire, ainsi, le premier pas pour se sortir de ça. Il voulait devenir joueur professionnel, avant sa chute ; peut-être que durant ces quelques années qu’il lui restait à passer à Poudlard, il saura retrouver son niveau initial, voire s’améliorer encore plus pour espérer être pris dès son départ. C’était un désir quelque peu utopique ; il faudrait qu’il vainque son angoisse dans un laps de temps très court et la situation extérieure pouvait toujours être un cran d’arrêt à cela. D’ailleurs, qu’en sera-t-il des Supérieurs et de l’autarcie de Poudlard, dans quelques années ? Que se passait-il lorsque les élèves en fin de cursus sortaient ? Jeroen passa sa main dans ses cheveux pour les ramener en arrière, puis se tourna de nouveau vers son camarade.

    - Ce n’est pas impossible. Mais ça demandera de la motivation.

Il jeta un œil sur le balai qui gisait à côté de l’ancien capitaine, sentit un frisson parcourir son échine. Dans peu de temps, ce sera à lui de monter pour l’entrainement. Il n’était toujours pas très motivé, et il ne savait pas si cette petite aide lui serait utile à lui-même…

    - Tu voudras rester un peu pour regarder l’entrainement ? Je suis certain que ça fera plaisir aux autres, même si tu ne grimpes pas.


HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 602
Date d'inscription : 21/12/2011
Crédits : © ECK
Double Compte : Casey (Huffle) && Kevin (Huffle) && Killian (Gryff) && Rafael (Raven) && Rosalyn (Raven)



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1303-you-think-you-know-me-you-real
MessageSujet: Re: Stade matinal ~   Ven 20 Juil 2012 - 18:40

~ Stade matinal ~
Jeroen Van Saade && Ricardo Queiros Lopes
Il était loin de vaincre sa peur encore. Bien loin de toucher du bout des doigts ses rêves qu'il pensait perdus à jamais. Mais un bout d'espoir recommencer à briller. Parce que s'il n'avait pas vraiment fait une prestation glorieuse, il avait volé. Rien de bien virtuose, juste passer les anneaux, mais c'était mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer faire jusque-là, depuis le dernier match. Et même s'il faisait tout pour garder la face, il n'était pas fier, là, assis par terre près de Jeroen. Il tremblait encore, ses doigts incapables de rester tranquilles une seconde. Et si vaincre sa peur, c'était voir son épouvantard changer de forme, il était évident que non, on n'en était clairement pas là pour lui non plus.

Du temps où il était capitaine, il avait toujours admiré le courage du jeune homme, pour monter, et jouer, et bien en plus, si on lui demandait son avis, alors que le vide le terrifiait. Ca lui était même arrivé de le prendre en exemple devant les autres. Aujourd'hui, ça prenait un sens tout à fait différent : il ne regardait plus ça d'un oeil extérieur, il le vivait lui aussi. Et clairement, c'était un véritable tour de force, qu'il appréhendait durement à son tour. Quelque part, il se promit d'y arriver, pas seulement pour lui, mais aussi pour son ancien co-équipier, pour prouver à tout le monde, et à eux-mêmes surtout, qu'ils en étaient capable. Que cette fichue peur panique pouvait les étreindre autant qu'elle voulait, qu'ils étaient plus forts qu'elle. Et qu'ils gagneraient encore d'autres matchs, ensemble.

Deux ans, donc. Deux ans pour effacer les derniers mois. C'était peu, il en était conscient. Très peu. Et il y aurait bien des choses à affronter, et notamment Enola. Et sa foutue copine de Calgarry. Il était loin d'avoir parcouru tout le chemin, et la tâche semblait insurmontable. Mais il ne voulait pas abandonner, plus maintenant qu'il venait de faire le premier pas. Quant à ce que serait l'école dans les années à venir, il préférait simplement ne pas y penser.

« Ce n’est pas impossible. Mais ça demandera de la motivation. »

Ca n'était pas ce qui leur manquait, ni à l'un ni à l'autre, n'est-ce pas ? Ils étaient là, c'en était un signe évident. Mais ça demanderait plus que ça, il le savait, et la route était pavée d'épreuves plus difficiles à franchir les unes que les autres.

« Tu voudras rester un peu pour regarder l’entrainement ? Je suis certain que ça fera plaisir aux autres, même si tu ne grimpes pas. »

Revenir sur le terrain, affronter ses anciens équipiers qu'il avait, clairement, lâchement abandonnés l'an passé. En voilà une autre d'épreuve. Mais pourquoi pas après tout. Une autre étape à franchir. Ne pas se poser de questions. Sinon il retournerait direct dans son dortoir. Et non, définitivement, ne pas monter dans les gradins. Il y avait pensé un quart de seconde, mais avait aussitôt abandonné l'idée. Il n'en était pas encore capable. Assis à terre, il aperçut une première silhouette se rapprocher d'eux. L'heure approchait. Ils arrivaient. Jenkins lui avait conseillé de reprendre, que ça le détendrait. Pour la détente, on en était encore loin. Mais il était là, même s'il doutai que ça ferait réellement plaisir à tout le monde : il n'était pas le capitaine le plus amical du monde, et le nouveau capitaine n'apprécierait peut-être pas sa présence. Rien que pour ça, il avait plus envie de rester encore. Jauger son homologue. Remettre un pied dedans, ne serait-ce qu'en critiquant, peut-être pas ouvertement, mais au moins pour lui, leur entraînement. Il se leva à la suite de Jeroen, pas du tout assuré sur ses jambes et s'éloigna tant bien que mal pour retourner s'affaler contre une tribune, un peu plus loin. On aurait pu croire qu'il avait la gueule de bois comme il vacillait... Il n'en était rien cependant. Et de loin, il salua les joueurs qui l'apercevaient et lui faisaient signe, notant ceux à qui, effectivement, ça avait l'air de faire plaisir qu'il soit là. Mais il n'eut pas la force de les affronter davantage pour ce matin, et vida les lieux quelques minutes avant la fin de leur entraînement. La prochaine fois, se promit-il. Mais sans pour autant fixer quand serait cette prochaine fois...

¤ Terminé ¤
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Stade matinal ~   

Revenir en haut Aller en bas
 
Stade matinal ~
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un stade de Football à cité Soleil...
» Flocgascon Manager du STADE TOULOUSAIN31
» Stade fantôme (PV)
» invitation dans un stade de 54300 places
» Footing très matinal [Olivier]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Outside :: Le Stade de Quidditch.-
Sauter vers: