AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Jour commun

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Jour commun   Lun 20 Fév 2012 - 23:37

    Ça recommence. Bien entendu que ça recommence ! C’est comme un cycle sans fin. Un truc qui tourne en boucle. Quelqu’un au hasard, moldu ou sang-de-bourbe révolté, que l’on prend dans les escaliers parce qu’il nous a regardé, ou parce qu’il ne l’a pas fait, selon l’humeur. Et puis des cris. Bien sûr des cris, puisque ce n’est pas pour manger un steak-frite avec lui qu’on l’a dévié de sa trajectoire et qu’on l’a emmené dans les sous-sols, profondément sous terre, là où la lumière ne brille plus du tout depuis près de deux ans. Jeroen regardait sans un mot la petite silhouette ratatinée. Aucune pitié. Aucun mépris non plus. Un masque d’indifférence. Non, même pas un masque, l’indifférence même. Dans sa poche, le sang battait sa paume ; ou peut-être était-ce sa baguette qui piaffait au rythme du cœur affolé de la victime. Ça arrivait qu’elle s’excite un peu. La faute à ce qui la composait, peut-être ; les chiens à cœur raffolent de ces battements que la peur ou l’inconscience produisent chez leurs proies. Mais à Jeroen, ça ne faisait ni chaud ni froid. Il pouvait bien mourir, cet anonyme torturé sans vraie raison valable, le Serpentard ne connaissait même pas son nom. Un anonyme parmi les autres. Un corps disparu, avalé par les ombres, ou même par un des animaux carnassiers qui peuplent les sous-sols ; ça a recommencé, et ça recommencera encore. Pour faire plaisir, il reviendra, participera de nouveau, brisera quelques-uns de ces êtres qui n’étaient plus rien dès lors qu’ils avaient été catalogués selon les critères en vogue. Comme d’habitude. Un petit rictus de mépris pour la route, un léger regard de soumission et d’envie pour gonfler la fierté des quelques sang-purs présents, puis il put s’éclipser sans attirer l’attention.

    A présent, il n’avait plus envie de recroiser de souffre-douleurs de quelques sortes. Il était fatigué par les cris et les supplications, un peu las de devoir encore jouer le petit chien docile. Leur supériorité maniérée lui passait au-dessus de la tête, mais pas cet air qui le rabaissait déjà trop bas. Sa fierté en prenait un coup à chaque fois. Ce n’était pas lui qui terrorisait les plus craintifs et ceux qui avaient des choses à se reprocher, c’était un reflet de ce qu’ils voulaient voir. Il voulait relever la tête, bordel, sans risquer de finir par devoir la baisser sans cesser devant tout le monde, être à la hauteur de ce que son père avait été. Ce fut la tête haute qu’il traversa le long couloir. Puis il croisa un Supérieur. Rabaissa légèrement la tête et le salua avec un semblant d’humilité, tandis qu’il passait sans le regarder. En plus, ils étaient décidément d’une froideur agaçante, pour la plupart. Lorsque l’homme disparut du couloir souterrain, Jeroen soupira en serrant les dents. Il se croisait à tous les coins, lui et son indifférence. C’en était presque vexant, à force, comme si un sort farceur essayait de lui faire comprendre qu’il ne s’aidait pas lui-même, avec son caractère pourri. Il fouetta un caillou invisible du bout du pied, lâcha le mot de passe à la porte de sa salle commune avec véhémence et entra sans un bruit.

    Atmosphère ouaté. Les couleurs n’étaient pas chaudes comme chez les Gryffondors ou les Poufsouffle, mais le vert lui inspirait toujours un certain plaisir. Le vert, c’était la couleur des arbres, de l’herbe. Tout ce qui se rattachait à la terre ferme lui plaisait. De même pour les sous-sols. Il se serait très mal vu, déjà à l’époque, vivre dans l’une des tours de Poudlard, et le Choixpeau ne s’était pas gêné pour le railler gentiment à ce propos. Quelques personnages étaient installés de manière éparse dans les différents fauteuils et banquettes qui parsemaient la grande salle au plafond bas. La plupart ne levèrent pas les yeux à son passage. C’était ce qu’il pouvait gagner de mieux au final, cette indifférence ; on lui aurait posé des questions quant à son semblant de mauvaise humeur, et sur le coup il n’aurait pas trop su que répondre. Il s’assit dans l’un des grands fauteuils un peu isolés de la pièce. Il voyait un bout d’une fenêtre ensorcelée, le ciel qui s’assombrissait lentement. Ses yeux sombres se voilèrent un instant. Le blues s’immisçait dans tous les pores de sa peau, subrepticement, il le sentait, ce n’était pas bon. Il rejeta sa tête en arrière, soupira d’un air sombre, chercha du regard quelque chose à faire dans la pièce. Peut-être qu’il devrait aller se coucher. Ou retrouver quelques copains pour se changer les idées, mais les discussions de « ces quelques copains en question » tournaient toujours autour des mêmes choses ; les Supérieurs, les sang-purs, les nanas. Même si ce dernier sujet ne manquait pas d’intérêt – les voir baver devant des filles et leur cracher dessus dès qu’ils apprenaient qu’elles étaient d’autres maisons avait toujours quelque chose d’assez comique à regarder – il ne pouvait s’empêcher d’en avoir marre de toute cette bêtise qui l’entourait.

    Il sortit sa baguette sans un mot, la tournant et la retournant dans tous les sens entre ses doigts. Il ne se risquait plus à la faire plier ; il avait tenté, une fois, par ennui là aussi. Elle s’était brisée sans préavis, parce qu’il n’avait pas mesuré sa force. Il avait fallu aller en racheter une. Le même modèle bien entendu. Le même chien peut-être. Dont le cœur battait encore légèrement entre ses doigts. Il se tapota le menton, lança un Prior Incantato. La silhouette du sortilège de Doloris s’éleva devant lui. Il commençait à l’avoir bien en main, ce sortilège. Les deux autres, ce n’était pas encore ça. Mais celui-ci se laissait amadouer, et ça plaisait bien aux Supérieurs. Le sort s’évanouit. Il lança un regard autour de lui, innocemment. Quelques visages rivés sur lui affichaient une mine horrifiée par ce que le sort avait dévoilé. Il voyait aussi les sourires de quelques pro-violence qui attendaient de voir si ça allait dégénérer. Mais personne ne se leva. Personne ne le menaça ni ne le traita de monstre. C’était comme ça depuis longtemps déjà. Il se détourna d’un air désintéressé, après avoir mémorisé quelques visages qu’il pourrait offrir en pâture, même s’il savait qu’il ne le ferait pas. Il reprit un air sombre en louchant bêtement sur le bout de sa baguette. Il fallait qu’il s’occupe à quelque chose, sinon le cafard allait avoir raison de lui et il allait redevenir méchant...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Jeu 23 Fév 2012 - 13:48

Se poser un peu dans la Salle Commune, épier ses camarades, cherchant à comprendre leurs expressions, dédaigner ceux qui n’étaient pas dignes d’intérêts et observer avec attention ceux qui pourraient être ses prochains amusements, ses prochains divertissements. Julian savait bien qu’en observant ainsi ses camarades elle en faisait plus des objets que des êtres humains mais à vrai dire, elle s’en fichait royalement. Elle avait besoin d’une proie, elle avait besoin de s’amuser et de trouver quelqu’un qui saurait lui aborder tout cela, avec ou contre sa volonté. Car après tout, même si la jeune Serpentarde avait toujours trouvé de quoi se changer les idées dans le Château elle commençait à se lasser de certaines activités. Voir les autres ramper sans aucune résistance perdait de son intérêt. Elle en avait marre de n’avoir besoin que de quelques mots bien placés et d’un petit sort pour faire les corps se courber et entendre des supplications. Bon, on ne pouvait pas dire non plus qu’elle appréciait spécialement qu’on lui résiste. Si elle aimait l’échange de vanne, sa petit rencontre avec Esekíel par exemple lui avait plus pourri sa journée qu’autre chose. Ce type était une belle ordure et elle trouverait très certainement un malin plaisir à le traîner dans la boue. Mais bon, ça elle y réfléchirait plus tard. Le Gryffondor l’emmerdait assez comme ça, il n’allait pas se mettre en plus à occuper trop de place dans ses pensées, cela était clairement hors de question. Seulement voilà, cette journée semblait être placée sous le signe de l’ennui et de la morosité. Déjà, plutôt, elle s’était dit qu’elle allait passer son temps à errer, à attendre que quelque chose se passe. Sans être réellement calme, cette journée était surtout trop commune. Bien sûr il y avait des cris, des âmes errantes, des visages pleins de souffrances mais ça, c’était devenu le quotidien. Cela n’avait rien d’extraordinaire en soi. Chaque jour la rousse en voyait des pareils, elle commençait donc à vouloir de nouveaux rebondissements, plus de piments dans tout ça. Vivre de nouvelles aventures. Son caractère la poussait à ne pas aimer rester trop longtemps à faire la même chose. Julian faisait partie de ses personnes qui avaient toujours besoin de nouveaux défis. Incapable de tenir en place, elle voulait pouvoir se divertir chaque fois de manière différente ce qui, en soi, n’était pas vraiment si facile que ça. Même avec une imagination débordante, comment s’occuper en permanence quand le sort semble avoir décidé de vous enfermer dans une bulle d’ennui, dans une idée de recommencement éternel. La jeune femme n’avait donc rien trouvé de fascinant dans sa journée, voilà pourquoi elle était aux aguets. Voilà pourquoi, alors qu’elle se trouvait dans sa salle commune, assise sur un canapé, observant chaque visage à la recherche de quelque chose de plus intéressant que la masse dans son ensemble.

A force de patience, les efforts de Julian semblèrent payer puisqu’une nouvelle personne fit irruption dans la salle commune et la jeune femme su immédiatement que le jeune homme lui apporterait un minimum de divertissement. Jeroen, de deux ans son aîné. Si elle ne lui avait jamais réellement parlé, la rousse l’avait repéré. Non seulement parce qu’il était plutôt mignon mais aussi parce qu’il semblait bien s’entendre avec les Supérieurs. Bref, un bon parti selon les critères de la demoiselle. Elle l’avait donc observé déjà plusieurs fois de manière discrète. Et vu comme elle s’ennuyait en cet instant, il représentait une magnifique aubaine, un beau moyen de la sortir de sa torpeur. Surtout que sans forcément s’en rendre compte, le jeune sorcier lui facilita grandement la tâche. En effet, alors que la salle Commune se trouvait plutôt dans le calme lorsqu’il usa du Prior Incantato. Se dessina alors dans les airs le sort de Doloris. Julian tourna alors la tête pour observer les réactions de ses camarades, ce qu’elle trouva assez comique. Il y avait ceux qui avaient peur, ceux qui semblaient satisfaits, avides de tortures en tout genre. Pour sa part, un sourire en coin était apparu sur ses lèvres mais pas vraiment pour les mêmes raisons. Ne montrant aucune crainte face à son camarade de maison, la rousse se leva sous les regards surpris de certains de ses camarades. Elle s’approcha alors de Jeroen et se planta juste en face de lui, souriant toujours de la même façon. La demoiselle prit la parole sur un ton assuré. Non, elle ne se laissait pas impressionner aussi facilement.


«Ce n’est pas un peu prétentieux d’exposer ainsi le fait que tu ais employé le sort de Doloris il y a peu ? Parce que c’est sûr que là, tu viens de te faire une place dans les gens que l’on respecte ou que l’on fuit, c’est selon. »


Julian avait parlé d’une manière détendue pour la simple et bonne raison que, quand bien même il n’aurait aucune idée de qui elle pouvait être, elle n’avait nullement l’intention de se considérer comme inférieur à lui. Elle était une Sang-Pur, elle refusait de douter de cela à défaut de douter de plus en plus de ses parents. Elle avait un statut ici. Entre fille facile fêtarde et pro-Supérieure cassante, elle avait su s’imposer, se faire haïr parfois, même ignorer par certains mais ce n’était pas grave. Jusque là, elle avait toujours eu ce qu’elle voulait et elle ne comptait pas voir cela s’arrêter de si tôt. Toujours était-il que son camarade représentait alors un grand intérêt pour elle. Elle avait bien envie de comprendre un peu son fonctionnement, de savoir s’il était un vrai dur à cuir comme il semblait vouloir l’exposer à toute la Salle Commune ou s’il s’agissait plus d’un moyen de se protéger. Après tout, elle n’était pas si naïve que ça et savait bien que beaucoup de ceux qui se prétendaient en faveur des Supérieurs et faisaient les malins face à des moldus étaient en fait des trouillards de première qui cherchaient juste à se protéger. Julian ne faisait pas partie de ce bas peuple, jamais elle ne supporterait d’y être assimilée. Elle avait plus de chien que ça ! C’était de là qu’elle tirait son assurance, son air fier, sa capacité à ne pas fondre devant n’importe qui.

« Alors qui as-tu torturé aujourd’hui ? Un petit moldu sans défense qui t’a rapporté des bons points auprès des Supérieurs ? »

Si Julian avait dit ça d’une manière un peu provocante ce n’était certainement pas pour remettre en cause les pratiques des Supérieurs, loin de là, bien du monde savait qu’elle était en faveur. Non, c’était juste pour tester Jeroen, savoir s’il était réellement digne de son attention ou pas. Oui oui, la rousse avait toujours été très élitiste et elle ne s’en cachait pas, au contraire, elle était même plutôt fière de ça. Elle ne se mêlait pas avec n’importe qui et ce n’était pas maintenant que cela allait commencer. Et puis, ce type l’intriguait, elle avait besoin de s’occuper, bref c’était le cocktail parfait.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Jeu 23 Fév 2012 - 20:38

    Il soupira en silence. Peut-être qu’il avait un peu trop attiré l’attention tout compte fait. Il n’appréciait pas plus que ça qu’on le remarque, ces temps-ci, ça pouvait lui attirer des ennuis là où il n’en aurait pas eu s’il était resté discret. Lancer un Prior Incantato au milieu de la salle commune, alors qu’il avait pleinement conscience du dernier sort qu’il avait lancé peu de temps auparavant, n’avait pas été la chose la plus intelligente qu’il aurait pu faire, alors que son moral frisait déjà les pâquerettes. Mais ça ne changeait rien. D’ailleurs, ce n’était pas pour passer pour un monstre qui se repaissait de ses délits ; il aurait lancé un sort pour faire des bulles ou pour faire exploser toutes les fenêtres que ça n’aurait rien changé. Il était morose, s’ennuyait.

    Il fallait bien qu’il s’occupe à quelque chose, quitte à s’attirer des regards mi-haineux, mi-amusés. D’ailleurs il pouvait jauger les quelques personnes présentes de sa maison, de cette manière, voir ceux qui trouvaient ce tapage silencieux cool ou intrigant, ceux qui trouvaient cela horrible et ceux qui se planquaient derrière leurs livres comme s’ils n’avaient rien vu – les plus prudents, assurément. Il en était là de ses pensées, lorsqu’une ombre s’approcha et se planta devant lui. La jeune femme, un petit sourire en coin, le jaugeait du regard. Elle semblait plus jeune que Jeroen, et extrêmement confiante face à cette espèce de démonstration de force involontaire. Le serpentard en déduit qu’elle était de ceux qui s’amusaient de le voir jouer avec un sortilège impardonnable, et qui n’avaient rien à craindre de lui par leurs positions. Il releva les yeux pour soutenir son regard, tâchant de ne pas paraître trop antipathique. S’il l’avait déjà croisée au moins une fois, il n’en savait pas plus sur elle et ne s’y était jamais intéressé de trop près. Il était bien possible qu’elle soit une sang-pur. Il fallait donc qu’il soit prudent. Il eut un petit rire discret en réaction à ses paroles. Prétentieux ? Peut-être bien. Il ne crachait jamais sur la considération que les gens pouvaient avoir à son égard. Ça le confortait dans son idée qu’il pourrait atteindre quelques sommets, à l'avenir. Elle arborait un ton un peu supérieur, et une manière de se tenir face à lui qui ne laissaient plus tellement de doutes sur sa nature, en fait. Elle devait être ou une sang-pure, ou une sang-mêlé imbu d’elle-même, ou une imbécile. Peut-être un peu de tout. Il rabaissa les yeux vers sa baguette, qu’il tournait doucement dans ses doigts, l’air tout à fait calme. Elle pouvait prendre cela comme elle voulait : un signe d’humilité, ou une manière de dire qu’il allait se prendre un torticolis s’il levait trop la tête, ou que la contemplation de sa baguette était plus passionnante que celle de son visage pourtant charmant. Ça importait peu.

      - Il faut bien se faire respecter, répondit-il, sur le ton d'une conversation tout à faire banale. Faire des petites piqûres de rappel. Ce n’est pas inné pour tout le monde.

    Il releva les yeux, une lueur de défi dans le regard, toujours un petit sourire au coin des lèvres. Elle faisait de même de toute manière. Pourquoi aurait-il dû s’en empêcher ? D’ailleurs, elle pouvait essayer de le faire passer pour un petit prétentieux qui cherche à faire fuir ses camarades. Elle pouvait bien essayer de le faire passer pour à peu près tout ce qu’elle voulait après tout ; car elle était, à ses yeux, de ceux dont il n’écoutait l’avis que d’une oreille distraite. De ceux qui ne connaissaient que ses apparences, et qui ne pouvaient donc le juger objectivement. Elle continua avec assurance. Elle avait piqué dans le mile et elle devait le savoir, rendant sa question tout à fait rhétorique. Un petit moldu sans défense pour apporter quelques bons points auprès des Supérieurs. Ce n’était rien d’autre que cela. Elle ne semblait même pas vouloir remettre en cause ces méthodes, malgré une tournure de phrase qui aurait pu le laisser penser. Il se renversa contre le dossier de son fauteuil, répondant à son air provocateur. Elle lui donnait une occupation, après tout, et si jouer le même jeu qu’elle pouvait lui apporter quelque chose à faire sans prendre trop de risques, il n’avait pas besoin d’hésiter très longtemps.

      - En effet, ce devait être ça. D’après l’expression de leurs visages, je crois même qu’ils étaient satisfaits. Mais je ne suis qu’un pion, cela expie t-il mon pêché à tes yeux ?

    De l’ironie, un peu. Il ne voulait rien remettre en cause lui aussi, mais ne voulait pas sembler trop provocant non plus, pour ne pas s’attirer des foudres de ce qu’il devinait quelqu’un de bien intégré dans le système. Il n’avait pas haussé le ton ni ne l'avait baissé, de façon à ce qu’elle soit l’unique entendeur de ses paroles. Il refusait avec conviction de se vanter de propos qu’ils trouvaient au fond de lui-même insipides, bas, et qui témoignaient d’un certain manque de réflexion sur l’humanité en général. Au mieux on le respectait et le craignait un peu, comme disait la demoiselle ; mais au pire, on le prenait pour un monstre sans plus de valeur que les autres. Passer pour un monstre devant quelques personnes, ça passait. Devant toute l’école, ça passait moins bien. Ça ruinait efficacement l’honneur et l’amour propre. Alors tant qu’il n’était pas contraint de trop en parler, il préférait ne pas élever la voix. Il passa sa main dans ses cheveux, sans quitter le regard de la demoiselle cette fois-ci.

      - Ça t’intéresse ? Ou peut-être est-ce pour contester que tu es venu jusqu’à moi… Mais je ne pense pas. C’est trop dangereux de contester, ces temps-ci, et tu ne m’as pas l’air d’une imbécile, ajouta t-il.

    Il n’y avait rien d’insultant dans ses propos, c’était une constatation, presque rhétorique là aussi. Elle pouvait même y voir un compliment de sa part. Au fond, il respectait ceux qui étaient en mesure de réfléchir par eux-mêmes, intelligemment. S’il n’était pas sûr du degré de réflexion de la demoiselle, il pouvait au moins avoir l’air de penser qu'elle avait une haute place dans son estime. Par la même occasion, il venait de soulever le point sensible, d’une certaine manière pour s’en protéger. Peut-être qu’il ne faisait ça que parce qu’il ne voulait prendre aucun risque. C’était possible, courant dans les rangs des pro-Supérieurs, mais plus complexe dans son esprit. Beaucoup plus complexe. Tout un raisonnement dont il se refusait de parler avec quiconque dans ce château. Il eut un nouveau petit sourire, tandis qu’il laissait son regard vagabonder sur la personne en face de lui.

      - Qui es-tu, d’ailleurs, si ce n’est pas indiscret ? je ne me souviens pas avoir eu à faire à toi par le passé.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Jeu 23 Fév 2012 - 23:44

Julian fut ravie de constater que, sans montrer un intérêt démesuré à son intervention, ce qui aurait paru clairement suspect, Jeroen entreprit de lui répondre. Il lui fit alors entendre qu’il fallait bien qu’il rappelle à certains qu’ils devaient le respecter. Cela l’amusa. Elle sentait bien la présence de dérision dans ses paroles prononcées pourtant sur le ton le plus banal possible. Des piqûres de rappel, elle aimait bien cette image. Elle-même avait souvent recours à cette pratique, en même temps, on ne lui laissait pas trop le choix. Certains semblaient vite oublier qu’elle n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, à tolérer qu’on lui manque de respect. Si elle n’avait aucun souci à offrir son corps pour divers plaisirs charnels, cela ne signifiait pas qu’elle traînait dans les égouts et qu’elle était prête à supporter la moindre humiliation. Elle était bien trop fière pour cela. Elle comptait bien se faire une place confortable au près des Supérieurs et même si cette tâche n’était pas aisée, elle était pour l’instant plutôt en bon chemin. Elle apprenait à cette bande de rampants inférieurs qu’ils devaient baisser les yeux et supporter ses sarcasmes sous peine de violence. Oui elle pratiquait l’humiliation et elle avait entendu bien des remarques comme quoi elle n’était qu’une sans-cœur, qu’une personne indigne méritant les pires souffrances. Cela ne l’atteignait pas. Les Sang-Purs avaient clairement pour elle une forme de supériorité et elle ne voyait pas pourquoi elle devrait en avoir honte. Depuis toujours ses parents l’avaient élevée comme une princesse et ce titre lui plaisait vraiment bien. Elle aimait être respectée, voire même regardée avec envie. Elle voulait être au-dessus du lot, c’était pour cela qu’elle ne laissait jamais personne prendre trop de libertés verbales sur sa personne. C’était pour cela que certains la considéraient comme une vipère, parce qu’elle ne supportait jamais de perdre, parce qu’elle protégeait avidement son territoire et qu’elle usait de sa ruse pour se faire une place au soleil. Julian dans toute sa splendeur. La jeune femme exprima d’ailleurs tout son tempérament lorsqu’elle lui demanda qui avait tâté de sa baguette aujourd’hui. Le jeune homme sembla approuver ce qu’elle venait de dire et sa petite question la fit sourire. Elle répondit d’un air assuré, amusé, pas spécialement moqueur, non.

« Oui et non. C’est sûr que tu es moins coupable mais je préfère les gens qui agissent selon leur volonté, je sais pas, ça a plus de … Cachet. »

Bah quoi ? Il fallait dire les choses après tout. Oui Julian préférait ceux qui assumaient leur acte jusqu’au bout, elle les trouvait bien plus séduisants, sans appels. La jeune femme n’avait jamais été spécialement attirée par ceux qui se contentaient de suivre la meute, sans doute à la recherche d’une quelconque identité. Mais elle avait bien senti l’ironie dans la voix de Jeroen, c’était pour cela qu’elle n’avait pas répondu de manière trop sérieuse. Et puis, elle ne voulait pas griller son divertissement trop vite et attendre la suite avant de porter un jugement trop hâtive. Oui, il était trop intriguant pour qu’elle décide de le classer dans une catégorie bien nette tout de suite. Il gagnait le bénéfice du doute ce qui était plutôt rare avec elle. Son camarade de maison enchaîna ensuite en lui demandant si cela l’intéressait, si elle était venue pour contester bien que cela semblait à ses yeux peu probables. La jeune femme laissa alors échapper un léger rire, assez discret, n’ayant pas non plus envie que toute la salle commune s’intéresse à eux. Certes elle aimait qu’on lui prête de l’attention mais là elle n’avait pas franchement envie d’être épiée. La demoiselle entreprit ensuite de lui répondre, d’un air détendu, un peu moqueur mais plus d’une manière sympathique que blessante à vrai dire.

« Ça se voit tout de suite que je suis une grande contestataire hein… ? Plus sérieusement, et très honnêtement, c’est surtout que ton petit numéro m’a tiré de l’ennui et j’ai donc entrepris de venir te parler, comme ça. Envie soudaine on va dire. »

Julian avait toujours été du genre franc et elle ne voyait pas trop pourquoi elle aurait dû masquer la vérité. Il n’y avait rien de choquant à dire qu’elle était venue voir Jeroen dans l’espoir de rompre avec l’ennui. Cela aurait été plus gênant si elle avait eu l’intention de partir dans la seconde suivante puisque cela aurait tout bonnement signifiait qu’il n’était guère plus intéressant que le néant mais elle n’en était pas là donc tout allait bien. Se sentant alors un peu embêtée, debout face à lui, même si en soit cela n’avait rien d’outrageant, la jeune femme s’assit en tailleurs en face de lui alors qu’il lui demandait qui elle était. Cela ne l’étonna pas plus que ça. Même si elle savait que dans son année, son nom était plutôt connu, les aînés regardent rarement dans les classes inférieures, ça avait toujours fonctionné ainsi et ce serait très certainement le cas pour encore un bon bout de temps. La Serpentarde ne fut donc pas spécialement outrée même si bien sûr, son ego aurait préférait qu’il l’ait remarquée.

« Julian, Julian Neil. Je ne suis qu’en septième année, c’est sans doute pour cela que tu n’as jamais eu à faire à moi Jeroen. »

Un petit sourire en coin, victorieux était apparu sur ses lèvres. Non elle ne craignait pas de passer pour une stalkeuse parce qu’elle savait son nom, tout simplement parce qu’elle n’en était pas une. Certes elle savait qui il était, elle l’avait déjà un peu observé mais n’était pas non plus du genre à suivre les gens. Il avait attiré son attention mais elle n’en savait pas plus sûr lui. Et puis, cela l’amusait de voir sa réaction. Elle se demandait bien ce qui pouvait se passer dans sa tête. S’il allait être totalement indifférent à cette remarque ou si cela allait faire un petit tilt. Si oui, de quelle nature serait-il ? Julian adorait jouer et en cet instant c’était comme un vrai jeu. L’ennui semblait l’avoir totalement quittée pour l’instant et elle espérait bien que cela allait durer encore un peu. Elle n’était décidément pas fanatique des moments creux, des moments passés à ne rien faire. C’était une fille d’action, elle ne s’en était jamais cachée. Toujours aussi détendue, la jeune femme poursuivie la discussion. Elle n’avait aucune difficulté à échanger, même avec ceux qu’elle ne connaissait pas. Depuis toujours elle avait eu le sens du contact avec ceux qu’elle jugeait dignes, elle avait ce sourire et cette bonne humeur qu’elle communiquait quand elle en avait envie. Cette facette d’elle, certains l’ignoraient totalement mais elle s’en fichait, préférant la garder pour ceux qu’elle pouvait potentiellement apprécier.

« Je me doute que c’est un peu naze de s’intéresser aux plus jeunes mais avec mon année on fait des soirées sympas, tu devrais venir quand tu t’ennuies. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Sam 25 Fév 2012 - 18:43

    La situation amusait clairement la jeune femme. Ce garçon qui venait de se faire remarquer par toute la salle commune l’intéressait. C’était à se demander pourquoi ; parce qu’elle le trouvait amusant, intriguant, peut-être parce que le Prior Incantatem avait révélé une facette de sa personne pseudo-sadique ? Son naturel aurait expliqué facilement l’une de ces hypothèses. Elle cautionnait et bien entendu, un garçon plus vieux qui connaissait un sort impardonnable et qui s’en servait contre quelques moldus ou sang-de-bourbe, c’était une perle dans sa collection. Il sourit en retour à sa remarque, franchement. Elle aimait ceux qui agissaient de leur propre chef, qui n’obéissaient pas bêtement, par peur ou par lâcheté. C’était bon à savoir. Elle n’avait pas l’air d’avoir cru aux mots de Jeroen, trop ironiques pour être bien sérieux. Tant mieux au final. Il n’avait pas besoin de trop baisser la tête, qu’importe son rang, puisque ça lui faisait tant plaisir. Ça l’arrangeait, lui, bien entendu, il n’avait plus qu’à mentir sur le fond, faire preuve d’un peu de désinvolture, et hop, elle était dans le sac. Presque trop facile. Et puis, la discussion pouvait être passionnante s’ils parlaient des bons sujets. Pas un discours préfabriqué de gens qui n’existent pas tout à fait – il faut pouvoir penser pour ça, ça non plus, ce n’est pas inné pour tout le monde.

    Dans la salle commune, les regards s’étaient enfin désintéressés de la conversation qui continuait à voix basse. Elle ne se montrait pas tant de manière suffisante que ce qu’il aurait pu croire possible, venant d’elle. Julian n’essayait pas de se montrer plus que nécessaire, c’était au moins cela de gagné. Tandis que la jeune femme se moquait d’elle, presque avec gentillesse, il répondit par un sourire léger, sans trop en faire. Sourire tout le temps donne des airs d’imbécile heureux facilement manipulable. Certes, se faire sous-estimer pouvait s’avérer être une force, mais il y avait des limites…

      - Ah, tu t’ennuyais ? Sans te mentir non plus, ça nous fait ça en commun. Mais je ne pensais pas que l’idée de venir me parler viendrait grâce à ça ; mais ce n’est pas plus mal au final…

    Elle avait été claire sur son but, et il ne pouvait que l’être en retour. Cet intérêt commun par l’ennui restait une raison comme une autre de discuter, même si le fond restait un peu hypocrite. Il la regarda sans un mot s’installer devant lui. Elle ne comptait pas laisser passer cette chance de s’occuper, elle non plus, et elle se préparait à une discussion alors qu’elle aurait pu partir en lui crachant dessus. Jeroen sentait la mauvaise humeur fuir avec une certaine délectation. Lorsqu’il lui demanda qui elle était, elle ne réagit pas. Pourtant, il était presque sûr qu’elle avait dû être un peu vexée dans son égo du fait qu’il ne la connaisse pas. Elle se sentait importante, digne d’attention, il venait de la renvoyer au rang de fille inconnue du peuple. Sans faire exprès d’ailleurs ! Mais il préférait savoir à qui il avait à faire et s’il avait déjà entendu parler d’elle. Julian. Ça ne lui disait pas grand-chose. Et en effet, les années suivants la siennes l’intéressaient peu, voire pas du tout en dessous de la cinquième année, il fallait l’avouer. La mentalité n’était simplement pas la même, et lorsque les autres étaient de l’âge de sa sœur, ça lui rappelait la demoiselle et ses petits airs de princesse…. Très mignonne comme princesse, mais pas encore grande dans sa tête. Lorsqu’elle l’appela par son prénom, il ne réagit pas. Elle le connaissait déjà ? Un point pour elle. Savoir qui on avait en face, c’était toujours un atout et elle semblait le savoir, mais Jeroen ne se laissa pas démonter. C’était facile de connaitre deux, trois choses sur quelqu’un lorsque l’on cherchait un peu, mais on ne pouvait jamais tout savoir. Il ne fit aucune remarque, pas troublé pour un sou.

      - Sans doute, soupira t-il. La dure hiérarchie écolière !

    Oui, c’était dur. On regardait toujours un cran au-dessus, généralement avec admiration. Ils savaient faire tant de choses de plus que nous ! Alors que les classes du dessous se trainaient plus comme des boulets baveux aux conversations puériles. Ce n’étaient au final que des préjugés pas toujours de mise, mais que pouvait-on contre les préjugés… Julian semblait contente de discuter, et n’avait aucun mal à échanger avec lui. Si lui aussi avait de l’aisance à l’oral, il trouvait amusant de la voir de si bonne humeur, à se gonfler comme un petit oiseau parce qu’elle avait déjà entendu son prénom. Ça la rendait toute mignonne, passionnée, c’était drôle. Ça mettait un peu de couleur, d’animation à la journée du serpentard, peut-être même qu’il se mettrait à l’apprécier… En ce moment, c’était de plus en plus rare qu’il s’attache aux gens. On devenait amis un jour, et le lendemain l’autre avait disparu, des soupçons de trahison nous tournaient autour, c’était risqué et il fallait user de quelques ruses malhonnêtes pour s’effacer de nouveau de l’attention, alors qu’on n’avait rien demandé. Bien sûr, il n’irait pas jusqu’à lui raconter sa vie, très loin de là ; mais échanger sans ramper, c’était déjà fantastique.

    Des soirées sympas ? Tiens. Il lui semblait en avoir entendu parler, de petites fêtes organisées malgré le climat de terreur qui régnait. Julian et ses amis osaient aller plutôt loin, décidément. On en parlait quelques fois, au détour d’un couloir. Les avis restaient partagés sur ces élans de joie ; on les voyait soit comme un signe d’espoir, de snobisme, de rébellion ou même comme une insulte, selon les camps et les mentalités. Il se tendit un peu avant pour signifier son intérêt. Même s’il n’était pas fantastiquement emballé par quelques orgies de septièmes années, cette proposition l’amusait. La jeune femme l’amusait dans tout son ensemble. Bonne distraction. Il n’allait pas la laisser filer.

      - Naze, naze… Ça dépend de la mentalité ! Tant qu’il y a le minimum syndical de maturité. C’est sympathique de m’inviter, Julian. Mais ça dépend de la teneur des soirées. Ça doit faire un peu vieux jeu… J’ai quelque peu perdu l’habitude des fêtes.

    Il se sentait presque vieux, à juger les fiestas des plus jeunes. Ça semblait aller toujours plus loin, au fur et à mesure des générations, monde moldu ou sorcier. Un peu trop pour lui. Et puis, depuis deux ans, rares étaient ceux qui osaient encore s’éclater. Ça pouvait très vite partir en soirée halloween, et quelques disparitions plus ou moins sanglantes pouvaient subvenir sans que l’on s’en rende compte avant plusieurs jours. C'était bien le genre des Supérieurs, de s'amuser à ça. Même s’il avait été invité à une soirée, auparavant, il n’y serait sûrement pas allé. L’ambiance, la désinhibition générale, ça pouvait mener à faire des gaffes irréparables… Mais avec l’habitude, il savait se tenir. Au final il n’en voyait plus l’intérêt. Il soupira. « Has been », le neuvième année, diraient certains… Il ne souhaitait pas se mouiller et promettre quoi que ce soit. En même temps ça l’intéressait, car ça restait une occasion de se faire quelques relations et d’observer sous un autre point de vue ce qui se passait à Poudlard. Il lui lâcha un sourire en la regardant dans les yeux.

      - Mais peut-être que je m’ennuierais suffisamment, qui sait ? Ça s’organise comment ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 28 Fév 2012 - 19:42

L’ennui pousse souvent à faire bien des choses étranges, des choses que l’on pouvait regretter dans l’avenir. Julian le savait, elle n’avait jamais été une sainte et comme tout le monde, elle avait fait sa part de conneries. La plupart du temps d’ailleurs, c’était pour tromper le temps qu’elle trouvait le temps. Sans le regretter forcément, elle avait appris de tout ça et savait maintenant ce qu’elle devait éviter de faire. Pour elle, tout cela n’était rien d’autre qu’un apprentissage de la vie, des étapes nécessaires à franchir si elle voulait devenir un jour une adulte… Enfin, pour l’instant, elle ne pensait pas à ce genre de choses. Même si parfois elle faisait de son mieux pour être plus mature, pour atteindre des strates plus élevées de cette fameuse hiérarchie scolaire, elle n’avait pas spécialement envie de devenir une grande personne dès maintenant. Elle ne trouvait pas cela passionnant de s’imaginer avec des enfants, une petite vie calme et paisible, sans grandes fêtes, sans laisser aller total, avec pleins de responsabilités… Non pour l’instant, elle préférait mieux ne pas y penser. Et puis, quand bien même elle était en faveur du régime des Supérieurs, elle avait bien remarqué que rares étaient ceux qui parvenaient à sortir du Château. Si elle parvenait à se hisser dans les rangs de ceux que l’on respecte et que l’on craint, peut être parviendrait-elle à prendre l’air et à cet instant, peut être s’accorderait-elle un moment pour penser à son futur, à la vie qu’elle souhaiterait mener. La Serpentarde ne se le cachait pas, pour l’instant elle préférait penser à ses soirées, les délires qu’elle allait se taper avec ses potes. Certains diraient sans doute qu’il s’agissait là de plaisirs triviaux et d’intérêts de bas étage. Peu lui importait. Elle aimait sa vie ainsi, elle en profitait au maximum, chaque fois que l’occasion lui en était donné. Ces soirées avec ses camarades lui permettaient de passer de bons moment, d’oublier un peu tout le reste, de se laisser porter par l’ivresse et le rire. Voilà pourquoi elle les aimait tant, rien de plus, rien de moins. Aussi, lorsque Jeroen lui répondit que pour sa part il avait un peu perdu l’habitude des fêtes, au risque de paraître vieux jeu, la jeune femme ne pu s’empêcher d’échapper un léger rire. C’est vrai qu’elle avait souvent entendu dire qu’au bout d’un moment, les soirées n’avaient plus forcément la même saveur, qu’on ne les aimait plus avec autant de régularité… La rousse ne s’empêcha pas pour autant de lancer une petite remarque sur le ton de la plaisanterie.

« Que veux tu, c’est ça d’être en neuvième année, on vieillit ! »

Il n’y avait rien de méchant là-dedans. Si Julian savait se montrer acerbe avec ceux qu’elle n’appréciait pas, ce n’était pas le cas pour le jeune homme qu’elle avait en face d’elle. Pour l’instant, elle le trouvait plutôt sympa et n’avait donc nullement l’intention de lui envoyer des remarques méchantes à la tronche. Elle préférait rester sur le ton de la plaisanterie, sans pour autant chasser son naturel et donc garder son petit côté désinvolte. Elle avait l’habitude de jouer avec les mots, de placer des petites remarques dès qu’elle le pouvait et ce n’était pas vraiment le genre d’habitude dont on se débarrassait si facilement. Mais bon, jusque là, les rares qui avaient osé se plaindre étaient ceux qu’elle ne portait pas dans son cœur, donc elle n’en tenait pas rigueur. Par la suite, Jeroen enchaîna en lui demanda comment s’organisaient les soirées. Finalement, il ne semblait pas totalement désintéressé par l’idée. Si la rousse n’avait pas besoin d’être devin pour comprendre qu’il ne trépignait pas face à cette proposition, il ne l’avait pas rejeté en bloc ce qui était au fond, déjà une bonne chose. Plutôt contente à l’idée qu’il y ait même une toute petite chance que le jeune homme accepte un jour de venir jeter un coup d’œil à tout ça, Julian lui répondit le sourire aux lèvres, enthousiaste.

« En général, on lance l’idée, on fixe une date et ensuite on prévient les intéressés de l’heure et de la salle au dernier moment, pour éviter d’avoir trop d’emmerdes. Après, on s’arrange pour être fournis en alcool, on a nos contacts on va dire… »

Si Julian avait plutôt confiance en Jeroen, elle préférait garder un minimum de réserve pour le moment. Elle préférait ne pas parler trop fort des réseaux. Bien sûr, presque toute l’école était au courant, la question n’était pas là. Seulement, il valait mieux que tout le monde ne sache pas l’identité de ceux qui parvenaient à faire entrer divers choses dans l’école. Les Supérieurs savaient forcément, ça elle n’en doutait pas une seule seconde, mais elle se demandait dans quelle mesure tout cela n’était toléré tant que ça ne faisait pas trop de bruit. Alors un peu de retenue ne lui ferait pas de mal. Et puis, elle n’allait pas non plus révéler tous ses secrets à ce jeune homme, se serait bien trop simple. Toujours garder un peu de mystère, elle avait bien vite remarqué que cela facilité certaines relations. Entretenir le secret permettait de créer l’intérêt. Aussi idiot que cela puisse paraître, elle savait très bien que bien des gens fonctionnaient ainsi, elle la première. Ah la psychologie humaine, c’était plutôt amusant de constater comme certains comportements, certains traits se reconnaissaient aisément. Piquée par la curiosité, la jeune femme se prit d’envie de comprendre ne serait qu’un minimum comment Jeroen fonctionnait, cela ne ferait que rendre leur petite discussion encore plus intéressante. Un peu de suspense, un petit jeu discret. Peut être son vis-à-vis comprendrait-il sa démarche mais au final, cela ne l’inquiétait pas plus que cela, peut être que le divertissement n’en serait que plus pimenté.

« Mais dis moi, si tu ne t’intéresses pas au petites soirées etc, qu’aimes tu faire de ton temps libre. A part user de sorts interdits bien sûr.. »

Une petite touche d’ironie, cela ne fait jamais de mal, ça conserve la forme comme on a l’habitude de dire ! Les yeux pétillants de curiosité, Julian fixait donc son camarade, avide de voir sa réaction, de savoir ce qu’il allait bien pouvoir lui répondre. Son attitude n’était certes pas très discrète mais tant pis. Alors mon grand, qu’oseras tu répondre ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Mer 21 Mar 2012 - 18:43

    Au final, qu’y perdait-il, à dire « peut-être » ? Il avait une échappatoire, prétendre son manque d’envie, disparaitre de la vue de la jeune femme. Mais d’un point de vue tactique ce pouvait être intéressant, car se fondre dans une masse influente à n’en pas douter, c’était comme une vision à 180 degrés pour un sniper, pour quelqu’un comme lui. Il n’y perdait donc rien. De son côté, la jeune femme se fichait de lui, gentiment. Plus aucun respect pour les ainés ! Il soupira, faussement offensé. La jeune fille s’amusait avec lui, et il la laissait faire en retour car ça l’amusait de même. Ce n’était déjà plus pour tromper l’ennui, mais par intérêt, un intérêt grandissant au fur et à mesure de leur conversation. Cette étincelle de vie ne pouvait qu’être attirante, car si Jeroen s’adaptait aux situations les plus extrêmes, il avait toujours ce désir de liberté, de considération, de puissance. Il ne pouvait trouver cela que dans la vie, non dans l’ombre des couloirs qui perdurait depuis deux ans. Il était plus intelligent qu'un papillon de nuit, mais il visait la même lumière.

    Se penchant un peu plus en avait pour mieux l’écouter, il ne cachait pas son désir d’en savoir plus. Ça poussait Julian à en dire encore et encore, et elle devait avoir quelque peu confiance en lui pour lui parler de telles choses. Il tiqua lorsqu’elle parla de la fourniture en alcool, pour les fêtes, et de « contacts ». L’alcool ne pouvait venir que de l’extérieur. Tout le monde était plus ou moins au courant que des trafics arrivaient à faire le lien avec au-delà des murs, Supérieurs compris. On évitait généralement de s’y intéresser de trop près, de peur de se retrouver plongé dans des affaires qui pouvaient probablement conduire jusqu’à la mort ; mais c’était une occasion à ne pas laisser passer que d’avoir à faire avec quelqu’un qui les connaissait, du moins qui était en lien avec eux, et qui semblait pro-Supérieurs, et qui par dessus le marché en parlait d’elle-même. Inopiné. Jeroen eut un petit sourire amusé. Vraiment, les dires étaient fondés et cette faille dans l’immense isolement du château avait quelque chose de rayonnant dans sa tête. Néanmoins il comprit immédiatement qu’elle n’en dirait pas plus. Ses mots en suspens ne le disaient que trop bien, et ça le confortait dans l’idée qu’en face de lui, il n’avait pas une imbécile. Quoi de plus attirant pour un homme de sa trempe que d’avoir un égal avec qui jouer ? Oui, il voulait jouer. Elle savait des choses qu’il aimerait savoir lui aussi et qui ne seraient qu’un atout dans son paquet de cartes, et elle avait montré sa supériorité en la matière, dès lors qu’elle l’avait appelé par son prénom. Elle le narguait, il était piqué et il allait réagir, s’infiltrer dans son poulailler pour mordre dans quelques-unes de ses poules. Très calmement, sans rien laisser transparaitre, cela va de soi.

      - Le fonctionnement tient la route. Vraiment, chapeau, ce doit être du travail… Et c’est donc pour ça que l’on n’en entend parler qu’un temps après…

    C'était sincère. Dans un contexte pareil, s’organiser comme un réseau de résistance pour simplement faire la fête, ça ne pouvait qu’inspirer un certain respect. Le besoin de l’humain de s’échapper de sa condition ? Peut-être bien. Tout le monde pouvait devenir claustrophobe dans l’enceinte de Poudlard, qu'importait les rangs, et quoi de mieux que de faire comme si de rien n’était, s'isoler dans une bulle colorée, à l’occasion ? Il n’ajouta rien à propos de ces quelques infos disparates. Il ne voulait pas s’immiscer dans l’affaire trop vite, avorter toute possibilité d’en savoir plus par empressement. D’ailleurs ça ne pouvait que pimenter l’affaire. Lorsqu’elle reprit, il sourit de nouveau, avec un sourire énigmatique. Elle aussi semblait piquée par lui, le rapport de curiosité s’équilibrait. Elle conservait un ton plein d’humour, faisant de nouveau une allusion aux sorts impardonnables. Une adolescente pleine d’énergie et d’humour. Même s’ils ne partageaient pas forcément les mêmes idées – ce qu’elle ne savait pas – son attitude positive et délurée plaisait à son ainé.

    Il n’avait plus qu’à répondre. Quoi donc ? Que faisait-il de son temps libre ? Il furetait, fouinait, baragouinait quelques personnes, jouait les pro-Supérieurs, récoltait info sur info et travaillait, dans la limite du raisonnable, sur tout ce qui lui manquait d’un point de vue magique et stratégique. Il jouait sans cesse le rôle de l’homme qu’on lui demandait d’être. C’était un effort de chaque seconde et ça lui prenait tout le temps qu’il pouvait avoir pour lui, et même plus. Mais ça, bien entendu, il ne pouvait pas le dire à Julian, ni à qui que ce soit d’autre. Ce serait tendre le bâton pour se faire battre. Il se recula un peu, sourire sur les lèvres encore, regardant sa cadette comme une petite fille trop curieuse.

      - Mon temps libre… Je n’en ai pas tant que ça, tu sais. Les corvées, les études, c’est envahissant parfois...

    Il rejeta ses cheveux en arrière. Il éludait, mais visiblement sans conviction, et il reprit rapidement.

      - Plus sérieusement… Je joue dans l’équipe de Quidditch, je révise… plus ou moins… Et le soir je suis assez crevé pour me coucher tôt. Comme un vieux, oui. Au final je n’ai pas un emploi du temps de ministre, mais c’est généralement bien suffisant.

    Il ne voyait pas quoi ajouter à cette description de ces activités pour le moins succincte. Il ne voulait pas broder autour de rien, et puis, en apparence, il avait l’air de se contenter de cela auprès de la grande majorité des gens. Elle s’attendait peut-être à de grands aveux sur des activités secrètes, amoureuses ou autres frivolités, et si c’était le cas elle devait être déçue. En même temps, ça ne pouvait que l’inciter, lui, à passer de temps en temps à leurs petites fêtes, puisqu’il n’avait rien d'autre à faire. Si sa proposition était vraiment sérieuse et sans intérêts sous-jacents, ça pourrait bien lui plaire.

      - Et toi, Julian ? Tu fais autre chose que de faire la fête et d’enquêter sur les gens ?

    Ironie en retour. Il fallait bien rendre la pareille, et même s’il ne demandait pas de longs discours comme réponse, ça permettrait d’en savoir un peu plus sur elle, sur ce qu’elle faisait. Il avait lui aussi fait une allusion à sa tentative de l’ébranler. Pas subtile le moins du monde, bien entendu, tant qu’à faire les choses autant les faire bien. Non, il n’était pas passé à côté de sa petite manœuvre, il voulait voir ce qu’elle répondrait à cette petite remarque qui lui donnait des petits airs pédants. Falsifiés bien entendu, Jeroen restait un homme dangereusement subtil dans son jeu…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Jeu 29 Mar 2012 - 20:06

Quand Jeroen avait fait une remarque assez admirative sur le fonctionnement des petites soirées, enfin sur l’organisation, Julian avait senti une certaine vague de fierté l’envahir. Elle n’était pas la seule responsable dans ces petits moments de détentes, loin de là, mais elle avait déjà participé aux organisations, plus d’une fois et elle aimait bien de temps sentir que l’on trouvait que ce qu’elle faisait, avec les autres ou sans, avait du mérite. Oui elle avait un certain ego et l’avait rarement caché. La jeune femme était fière de ce qu’elle était et avait rarement honte d’elle ou de ses actions. Elle partait du principe qu’elle choisissait elle-même la direction à prendre, qu’elle se construisait seule et qu’à partir de là, elle n’avait ni à rougir de ses actes ni de sa volonté. Après bien sûr, les petites soirées n’étaient que secondaires et ne définissaient pas sa personnalité même si elle aimait s’y rendre et que beaucoup de gens pensaient la connaître rien qu’en jugeant sa façon de se comporter dans ces moments là. Mais ça, quelque part, c’était un peu de sa faute. La rousse jouait aussi beaucoup là-dessus. Son image était quelque chose d’important à ses yeux et elle prenait grand soin à ce qu’on la remarque sans que cela ne soit outrageant, à ce que son comportement de fêtarde ne nuise pas non plus à sa réputation. Tout cela pouvait paraître bien superficiel et au fond, c’était le terme pour désigner son attitude seulement il s’agissait là d’un besoin d’être reconnue, de plaire. Julian avait été tant chérie dans son enfance, son statut de sang lui avait tant de fois été présent comme une marque de supériorité que tout cela avait fini par lui monter à la tête. Elle ne pouvait décemment pas être dans l’ombre, être inconnue. Ce n’était pas un destin pour elle et elle ferait tout pour que rien de tel n’arrive un jour. Dans sa maison en tout cas, elle était en bonne voie. Si ses aînés ne la connaissaient pas nécessairement comme venait de le prouver Jeroen, dans son année, on savait qui elle était et la plupart des plus jeunes aussi. C’était une sensation agréable. Cependant, malgré tout cela, Jul’ gardait des côtés très simples. Elle aimait la vie, passer des moments sympathiques avec les gens ce qui la rendait plus dynamique et lui donnait moi l’air d’être un automate. Si tout cela avait une place importante dans sa vie, elle refusait que cela l’empêche de s’amuser et de profiter comme elle aimait tant le faire… Parce que oui, pour la Serpentarde le temps libre c’était quelque chose de sacré et elle essayait toujours de l’exploiter au maximum. Ce qui apparemment n’était pas le cas du jeune homme, du moins d’après ce qu’il tenta de lui faire croire l’espace de quelques secondes. En effet, Jeroen lui sortit un petit couplet sur le fait qu’il était trop occupé pour avoir du temps libre. Ju’ avait alors arqué un sourcil, le regardant avec un petit sourire en coin, comme pour lui faire comprendre qu’il ne fallait pas la prendre pour une idiote et qu’il ferait mieux de servir ce couplet à quelqu’un d’autre, mais toujours avec un air amusé bien sûr, loin du reproche pur et dur. D’ailleurs, l’adolescent ne continua pas longtemps sur sa lancée car après un petite geste pour remettre ses cheveux en place, ce qui fit légèrement rire la demoiselle, il enchaîna en lui expliquant qu’hormis le Quidditch, il ne faisait pas grand-chose.

« Qu’est ce que je disais, un véritable papy… »

Julian n’avait pas pu retenir cette remarque et de toute façon elle n’en avait nullement envie. Elle était et serait sans doute à jamais une jeune fille taquine. Et puis, il fallait bien dire que depuis le début, Jeroen tendait le bâton pour se faire battre. Il ne cessait de lui donner des envies de l’imaginer en vieux grabataire bon seulement à se transporter d’une salle de classe à l’autre et s’écrouler le soir avec une tisane sous une couverture. Bon il fallait bien avouer que le fait qu’il joue au Quidditch changeait un peu la donne mais elle n’allait pas non plus lui dire tout de suite, ce serait trop facile et cela risquerait de faire gonfler ses petites chevilles. Non la demoiselle préférait décemment plus faire dans l’humour que dans la flatterie, cela lui correspondait définitivement beaucoup plus. Mais apparemment son camarade n’était pas trop mal non plus dans le genre puisqu’il enchaîna en retournant sa question et en faisait au passage une petite allusion au fait qu’elle connaissait son prénom et que cela donnait l’impression qu’elle enquêtait sur les gens. Un sourire amusé se dessina alors sur les lèvres de la rousse. Bien joué, elle ne pouvait pas le nier, c’était plutôt habile de la part du jeune homme mais elle ne comptait pas se laisser faire comme ça non plus ! Certes il lui arrivait de glaner quelques informations sur ses camarades mais c’était toujours dans l’optique d’avoir une longueur d’avance afin de n’être jamais prise au dépourvu. Aussi, ne se débarrassant en aucune façon de son sourire, la demoiselle reprit la parole d’une voix douce, presque suave qui exprimait toute sa confiance en elle, le fait qu’elle n’avait nullement été désarçonnée par cette petite remarque.

« Et bien il m’arrive aussi de traîner avec des gens plus ou moins intéressants et de discuter avec les jeunes hommes sur lesquels j’enquête pour en faire mes petites proies ! »

Julian afficha alors un sourire carnassier. Ce qu’elle venait de dire était profondément ironique, cela n’avait absolument rien de vrai mais cela l’amusait de rebondir ainsi sur la remarque de Jeroen. Après tout, s’il la prenait pour une enquêtrice autant qu’il la voit comme une originale plutôt qu’une simple stalkeuse seulement capable de réunir des informations. C’était bien trop fade comme titre à son goût, elle préférait faire semblant d’être une folle dingue avide de beaux mâles. Bien sûr il était clair que le jeune homme avait peu de chance de la croire mais en même temps cela faisait partie du petit jeu qui semblait s’être discrètement installé entre eux depuis le début de leur provocation. Un peu d’amusement pour troubler leur ennui respectif. Continuant dans sa lancée, Julian se pencha alors légèrement en avant histoire d’être plus proche de son camarade et donc de parler dans un murmure, comme si elle lui faisait une confidence de la plus haute importance.

« Mais surtout ne le dit pas trop fort, cela risquerait de contrecarrer mes plans, j’aime trop voir la surprise dans les yeux de mes cobayes… »


Julian adressa alors un clin d’œil à Jeroen, comme si elle venait réellement de le mettre dans la confidence d’une quelconque activité secrète et sadique. A vrai dire, elle avait surtout envie d’éclater de rire mais la manipulation était son for depuis un bout de temps maintenant et du coup, contrôler son fou rire était assez facile. Enfin, tout allait dépendre de la réaction du jeune homme car en vérité, elle n‘avait absolument aucune idée de la façon dont il pourrait répondre à cela. Elle ne le connaissait pas encore assez pour envisager prévoir ses agissements. Quelque part, cela rendait le tout un peu plus pimenté. Après tout, quand on connait déjà la fin, à quoi bon se lancer dans l’aventure ? Ce qui est agréable c’est le suspense, la petite montée d’adrénaline. Dans le cas présent, ce n’était qu’une simple discussion mais qui avait tout de même son petit charme. Elle qui cherchait juste à tromper son ennui, il faut dire qu’elle était plutôt bien tombée.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Lun 2 Avr 2012 - 14:54

    « Un véritable papi ». Sympathique. Peut-être bien que par rapport aux autres générations, plus fêtardes et superficielles, il avait juste l’air d’un vieux con trop sérieux. Il avait regardé les plus vieux de la même manière, lorsqu’il était plus jeune qu’eux. Mais il se connaissait suffisamment pour ne pas se vexer de sa remarque désobligeante. Tout d’abord, elle se fichait gentiment de lui depuis le départ, et Jeroen avait de l’humour et un peu d’autodérision, même si ça en étonnait plus d’un. Si elle avait été sérieuse dans ses mots, il aurait pris quelques minutes pour réfuter et se redorer un peu auprès de la vile populace. Il était plus vif qu’il n’en avait l’air. Sa vie avait des accents d’interdit et de mensonges qui lui procuraient à certains moments une excitation de rebelle. Parfois. Un peu d’interdit ne pouvait pas lui suffire tout à fait. Il n’était pas vieux dans sa tête, mais simplement plus mûr que la moyenne.

    D’une certaine manière, elle n’était pas mal non plus. Sa répartie montrait qu’elle avait de l’expérience au jeu, et qu’elle savait s’en servir. C’était admirable. Elle sourit à sa réponse. Toute leur conversation était un ensemble de questions pièges qu’ils déjouaient chacun leur tour avec facilité et naturel. Vraiment amusant. Elle ne se laissa bien entendu pas démonter par sa remarque, et rebondit avec humour. Cela fit sourire Jeroen. Elle était drôle. Ce qu’elle disait pouvait décontenancer au premier abord, dérangeait les adeptes inconditionnels du premier degré. Ce dont il pouvait être sûr, c’est bien qu’elle enquêtait, pour avoir une longueur d’avance et approcher des gens en connaissance de cause. Futée.

    Le vert aurait bien aimé que ce soit aussi simple pour lui, de glaner des informations au hasard, de se faire des contacts, un réseau d’informations, en gros de faire comme la jeune femme. Mais si elle avait l’air d’avoir une place importante dans la hiérarchie de Poudlard, il ne pouvait pas trop se vanter d’en être. Un sang-mêlé qui pose des questions attire immédiatement l’attention, qu’il soit ami ou ennemi, et les délations vont bon train. Trop dangereux. Julian avait cet avantage incontestable sur sa personne, elle pouvait apprendre ce qu’elle voulait sur Jeroen – pas tout, il surveillait ses arrières depuis bien trop longtemps pour ça. Cela dit, elle lui tendait une perche inespérée pour poser des questions sans attirer l’attention, s’il s’y prenait finement. Ça avait déjà commencé. Elle ne pouvait pas se rendre compte de tout ce qu’il emmagasinait depuis le départ.

    Il prit un petit air faussement outré à sa « révélation ». Stalker, nymphomane, des mots qui collaient parfaitement à son sourire de chasseuse en action. Bien entendu, si elle le voyait comme une proie facile, elle se leurrait grandement. Ça n’avait pas l’air d’être le cas, sinon elle n’aurait sûrement pas engagé la conversation, et elle serait partie avec une moue déçue, comme une gosse avec un jouet sans intérêt. A coup sûr. Mais si elle le voyait comme une proie, si elle trouvait en lui un quelconque intérêt à l’ajouter à son tableau de chasse, grand bien lui fasse ! Ça ne pouvait que gonfler un peu l’orgueil de Jeroen. Quand quelqu’un s’intéresse à nous, au final c’est bien parce qu’on a quelque chose qui intéresse, et qui vaille la peine de prendre un peu de son temps pour percer d’éventuels secrets. Il ressentait la même chose à son égard. Elle avait des secrets. Il ne pouvait que comprendre.

    Il ne répondit pas de suite, et elle se pencha pour lui murmurer une confidence. Si ça pouvait s’appeler une confidence ; elle jouait à voir comment il réagirait à ça. Il se redressa sur son siège avec un petit sourire en coin, à peine méprisant.

      - Et que fais-tu de tes « petites proies » ? Oh, je ne fais que me renseigner sur ce qui pourrait m’arriver.

    Il ne lâcha plus son sourire. Il lui demandait clairement quel jeu elle jouait, en quelque sorte, il s’en rendait bien compte. S’il aurait pu s’abstenir, la réaction de la jeune femme à cette question directe pouvait être une grande source d’intérêt. Il ne savait pas trop, au final, ce qu’elle cherchait en chassant ses « cobayes ». De la matière vivante pour des entrainements magiques ? Ou plus simplement, des relations, des petits toutous pour se sentir plus grande… Tout semblait au final lui coller assez bien, mais il ne la connaissait pas encore assez pour pouvoir faire de telles suppositions. Il se pencha en avant, s’accouda à sa cuisse pour avoir le visage à hauteur de celui de Julian, provoquant.

      - Maintenant que je suis dans la confidence, tu peux tout me raconter. Explique-moi, surprend-moi. Tu as piqué ma curiosité.

    Ses yeux fixés dans ceux de la jeune femme, son plus bel air d’intérêt et de défi inscrit sur le masque de son visage, il répondait à son sadisme secret sur le même ton. Il adorait, parfois, prendre cet air des plus intéressés. Les plus faibles d’esprit cédaient immédiatement à cette possibilité de déballer leur sac à une oreille « amie ». Les autres riaient, cédaient par jeu, souvent, puisqu’il plaçait souvent ça dans un contexte jovial. Ici, elle n’avait pas l’air de vouloir réellement cacher ses intentions. Il les connaitrait au final, mais montrer qu’il restait dans le jeu, ça pouvait hâter les réponses ; sans pour autant supprimer trop vite toute l’excitation de ne pas encore tout connaitre...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 3 Avr 2012 - 19:49

Quand Julian vit l’air faussement outré se dessiner sur le visage de Jeroen elle du se mordre la lèvre avec force pour ne pas éclater de rire. C’était rare qu’elle trouve quelqu’un avec qui elle pouvait s’amuser ainsi. Oh bien sûr, elle trouvait de multiples occasions de plaisanter, d’user de sarcasmes ou d’entrer dans des petits jeux de mensonges mais en général, les gens n’allaient pas jusqu’au bout, se contentaient de quelques secondes avant d’éclater de rire et de passer à autre chose. Le Serpentard semblait être d’une toute autre trempe. Bien sûr elle ne pouvait pas se douter une seule seconde de quelles pouvaient ses véritables attentions et elle était à des kilomètres de se douter quel jeu il pouvait jouer. Mais de toute façon, pour l’instant, tout ce qui comptait aux yeux de la demoiselle c’était qu’elle était en train de passer un moment plutôt agréable, qu’elle avait trouvé un super moyen de tromper son ennui, qu’elle était clairement en train d’oublier ses soucis. Depuis un moment il y en avait des choses qui tournaient dans sa tête, de multiples interrogations quant à l’avenir, quant à ce que son passé pouvait bien dissimuler. Son esprit était saturé et elle se demandait parfois si elle allait réussir à se sortir de tout ça, si sa vie n’était pas sur le point de changer du tout au tout ce qui ne l’enchantait en aucun cas. Ju’ faisait partie de ces gens qui aimaient leur vie à s’en faire exploser les poumons. Comme tout le monde elle avait des emmerdes, des coups de blues mais dans l’ensemble, elle était plutôt gâtée par la vie et comptait bien en profiter au maximum. C’était pourquoi elle n’avait nullement envie de subir un changement radical, elle s’en rendait de plus en plus compte. Seulement les choses semblaient lui échapper. Elle qui avait pris l’habitude de toujours tout contrôler, de mener la barque, de ne laisser rien ni personne prendre l’ascendant sur son destin était en train de se rendre compte qu’il y avait peut être des choses contre lesquelles elle ne pouvait pas lutter. Alors elle avait besoin de s’évader. De laisser son naturel prendre le dessus. Oh bien sûr cela pouvait paraître contradictoire puisqu’elle était en train de jouer, de faire un peu de « manipulation ». Cependant, c’était tout de même elle, sa personnalité la plus profonde qui s’exprimait. Ce côté enjoué, rieur et cette volonté de croquer la vie à pleine dent c’était Julian dans toute sa splendeur, quiconque prétendait la connaître suffisamment devait savoir ça. Aussi, elle était bien à cet instant. Elle avait envie de jouer encore et encore mais ne comptait pas pour autant laisser l’avantage à Jeroen. Non, il ne gagnerait pas la partie contre elle, elle avait bien l’intention de faire de son mieux pour l’emmener dans sa direction et le prendre entre ses filets (qui étaient plutôt doux aujourd’hui). Bonne humeur quand tu nous tiens…

Le jeune homme de son côté semblait aussi en pleine forme puisqu’il l’interrogea sur ce qu’elle faisait de ses proies. Un grand sourire sadique se dessina alors sur les lèvres de la rousse. Tout à fait le genre de questions qu’elle aimait. Il était clairement parti dans le petit jeu avec elle bien qu’il semblait se faire aventureux, peut être cherchait-il à prendre le dessus ? Julian devait rester sur ses gardes, enfin de manière relative tout de même. Si elle n’était pas du genre à raconter les choses importantes la connaissant à n’importe qui, elle n’était pas non plus réellement méfiante. Ce type lui plaisait bien, elle appréciait ce qu’elle pouvait voir de son caractère elle n’avait donc pas envie de couper toute possibilité de discussion en se montrant craintive. Et à vrai dire, la question ne lui venait même pas à l’esprit. C’était son petit côté impulsif qui ressortait, son envie d’en savoir plus et elle savait que pour cela elle devait répondre à sa question, si lui ne dirait jamais rien. Jeroen continua en effet dans ce sens puisqu’il insista sur le fait que sa curiosité avait été piquée à vif et que, par conséquent, Ju’ ne pouvait que lui en dire plus sur tout cela. La demoiselle réfléchit alors très vite, elle ne voulait pas être prise de cours, être déstabilisée et surtout, elle ne voulait pas rompre le charme de ce petit divertissement.

« Tout dépend de la proie en question. S’il s’agit d’une proie choisie par dépit, d’une personne sans la moindre verve je me contente de la faire tourner en bourrique. Par contre, quand c’est une proie de choix, quelqu’un qui m’apporte un vrai divertissement… »

Au fur et à mesure que Julian parlait, son sourire ne faisait qu’augmenter. Elle ne quitta pas Jeroen des yeux, pis, elle le fixait intensément, une petite lueur de folie brillait dans les yeux de la demoiselle. Il n’y avait pas à dire, son regard était pétillant, elle ressemblait un peu à une enfant à cet instant, joyeuse, toute impatiente, un peu fière d’elle aussi bien sûr, on parle tout de même de Ju’ et non d’une élève quelconque ! Elle scrutait les réactions de son camarade, cherchant à voir s’il comprenait bien ce qui était caché derrière ses propos ce dont elle ne doutait pas vraiment mais bon, on ne savait jamais après tout. Toujours était-il que la demoiselle parlait lentement, histoire de faire planer un peu le suspens. Sa voix était posée, tout à fait maîtrisée et son ton laissait entendre une part de mystère faussement introduite.

« …Là, c’est tout de suite différent. Je teste, j’use la proie jusqu’à la corde pour voir ce dont elle est capable et ensuite, je le laisse me surprendre quelques instants. Lâcher du lest pour mettre un peu de piment dans l’action avant de reprendre les rennes. »

La réponse de Julian était clairement évasive. Elle ne comptait pas non plus tout lui dire sur elle tout de suite, ce ne serait pas drôle. D’autant plus que pour une fois, ce n’était pas si mal finalement, elle parlait avec quelqu’un qui ne savait rien de sa réputation. Dans son année, elle était connue pour ses petits côtés excessifs que ce soit avec l’alcool ou la gente masculine, de ce fait, certains avaient du mal à la voir autrement que comme ça. Là, elle pouvait s’amuser à voir ce que son vis-à-vis pouvait bien imaginer, à le laisser un peu dans le flou et elle devait bien avouer qu’elle trouvait cela quelque peu jouissif. Elle voulait savoir jusqu’où Jeroen pouvait aller. Elle ne se laisserait pas faire aussi facilement, ne se dévoilerait pas sans contre partie, ça c’était sûr. Alors elle guettait, la moindre brèche, la bonne occasion. Et en même temps, elle se sentait légère, coupée du monde, ce qui était loin d’être une sensation désagréable. Quand bien même cela ne serait qu’éphémère, quand bien même après cela Jeroen ne lui adresserait plus la parole, elle voulait profiter de l’instant présent. Carpe Diem.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Sam 28 Avr 2012 - 23:17

Julian avait entièrement revêtu son habit de chasseuse en action. En même temps, elle avait quelque peu des manières enfantines. Elle cherchait à attirer l’attention, la curiosité de Jeroen en faisant trainer ses mots. Il courait dans son jeu avec un plaisir sans cesse grandissant. Elle devait penser, à chaque fois, à chaque remarque, qu’elle allait prendre le dessus sur le jeu, gagner un point de plus mais l’équilibre des forces était résolument stable. A cette idée, le jeune homme repensa vaguement à sa petite sœur. Elle était un peu princesse, précieuse, à toujours vouloirs avoir raison ; comme beaucoup de gosses au final, et pas au même niveau que son deuxième grand-frère. Il ne l’avait plus revue, depuis qu’ils avaient fermé les grandes portes de Poudlard, et il ne la reverrait sûrement pas avant que le siège soit levé. Tant mieux. Elle serait enfermée avec lui si elle n’avait été du monde moldu. En même temps il regrettait les jeux d’influence où elle tentait de lui faire croire quelques histoires abracadabrantesques. Il se gratta le menton sans quitter la jeune femme du regard. Elles avaient une vitalité commune, oui. C’était peut-être cela qui lui plaisait tant dans sa cadette, l’illusion d’un retour en arrière, comme dans une bulle hors du monde monstrueux qui les entourait.

Il écouta sa réponse sans se départir de son sourire ironique. Pas encore. C’était vraiment amusant, sa manière d’éluder quelque peu le sujet, de répondre de manière vague. Elle ne voulait pas lui céder cela, même si ces réactions légèrement impulsives avaient laissé présager des réponses sur le tas. Elle était pleine de ressources, imprévisible. Jeroen avait cessé d’essayer de prévoir ses réactions pour ne pas se laisser prendre par surprise. Elle répondit lentement, donc, avec prudence. Il comprit très vite que son sourire grandissait à l’approche de la réponse qui le concernait lui. Elle avouait ainsi qu’il avait assez de verve à son goût, qu’il était bien « une proie de choix ». Quant à savoir ce qu’elle comptait faire avec lui… Elle s’amusait, lui de même. Son regard, entre extase et folie, avait quelque chose d’absolument fascinant. Il eut un petit rire pour signifier qu’il avait compris sa place dans l’histoire. Mais il ne voulait pas le lui dire clairement, ni avouer ce qu’il pensait d’elle ; il ne voulait pas céder les mêmes choses, c’était bien plus intéressant ainsi. Il montrait son intérêt, la poussait à aller plus loin, mais il ne l’avouerait pas de vive voix.

Puis, l’espace d’un instant, il comprit qu’il était vraiment pris dans le jeu – pas par le simple désir d’en faire partie – lorsqu’il remarqua que ce suspens exagéré l’excitait. Il voulait savoir, connaitre la réponse, avec un véritable désir de céder à la tentation. Peut-être que la réponse n’en valait pas tant la peine, il en avait conscience, mais il voulait aller jusqu’au bout. Possible qu’elle réussisse à l’user un peu comme jamais personne auparavant. Mais pas de sitôt, bien entendu, pas sans qu’il décide consciemment de se lâcher.

Il reprit quelque peu ses esprits, se remit d’aplomb sur ses coudes pour ne pas cesser de lui faire face, physiquement et dans leur joute mouvementée. Peut-être pensait-elle reprendre les rênes de temps en temps. Mais pour Jeroen, il les « cédait » volontiers pour mieux les reprendre. Et comme elle disait faire la même chose, ça créait un cycle sans fin dont ils risquaient de mettre du temps à se lasser. Il attendit encore un instant qu’elle ajoute quelque chose pour clarifier sa réponse, expliciter ses sous-entendus, ce qu’elle ne fit pas. Elle s’arrêtait à la partie la plus savoureuse de son raisonnement… Il soupira, presque de frustration, se redressa l’air déçu et croisa les bras comme pour se refermer sur lui-même. Pourtant il était à deux cent pour cent attentif à ses réactions et à ses mots, comme il l’avait toujours été. C’était un nouveau test. Il feignait la déception pour essayer d’en tirer un peu plus malgré la réserve que voulait garder la jeune femme. Il dut retenir un sourire pour répondre enfin sur un ton un peu boudeur :

    - Je m’attendais à plus. Oh, ce n’est pas rien, la recette secrète de la manipulation, mais je m’attendais à plus de surprises !

Mais, rapidement, un nouveau sourire se dessina sur son visage. Un sourire dangereux. Il entrait dans la peau de chasseur de Julian et avança de nouveau son buste vers elle, un peu plus proche encore pour la provoquer et la pousser jusque dans ses retranchements.

    - Ou alors… peut-être as-tu peur de lâcher trop de lest justement ? De perdre les rennes…

Susurrés. Des mots qu’il voulait capable de démonter sa confiance en elle pour dévoiler une faille non voulue. Les mots en eux-mêmes n’auraient aucun effet sans son ton empreint d’un sang-froid presque sans faille. Presque, parce qu’il courait encore après la réponse. Qu’en tentant de la faire céder avec autant d’envie, il savait qu’elle avait un contrôle par sa réponse, ou justement par son absence de réponse. Il espérait presque qu’elle ne relève pas et qu’elle laisse durer. Peut-être qu’elle le sentirait un peu d’ailleurs. Son sourire s’adoucit et il recula de nouveau, mais à peine, avec un air de résignation docile qui ne correspondait pas à ce qu’il avait dans la tête.

    - Donc, je ne saurais pas la suite de l’histoire. Du moins pas tout de suite, n’est-ce pas ? J’ai cru l’espace d’un instant que tu m’en lâcherais un peu plus. Zut.

Clair dans sa tête. Flou dans ses réactions. Ça aussi, ce décalage entre ses pensées et ses actes, ça mettait un peu de piment.


Dernière édition par Jeroen van Saade le Mar 1 Mai 2012 - 17:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 1 Mai 2012 - 0:40

Jouer. C’était décidément l’une de ses activités favorites, elle ne pouvait pas le nier. C’était tellement doux de se laisser aller, de ne plus prétendre que pour le plaisir, de se laisser bercer par ses envies et de n’avoir comme but que de se distraire, de s’amuser un peu et d’oublier le sérieux du quotidien. Si Julian n’était pas du genre à se prendre toujours la tête, à chercher sans cesse le pourquoi du comment à revêtir le voile du sérieux en permanence, elle savait tout de même qu’elle ne pouvait pas se permettre d’être toujours enfantine et volatile c’était ce qui la faisait, sans aucun doute, profiter encore plus avidement de ce genre de moments. Elle sentait alors une étrange douceur s’emparer d’elle. Une douceur qui lui rappelait que quoi qu’il arrive elle aurait toujours le droit de rire. Cette liberté personne ne pourrait lui enlever. Du moins c’était ce en quoi elle voulait croire. Elle voulait continuer à penser que même si sa vie prenait parfois des tournures qui lui déplaisaient, elle pourrait toujours se perdre dans la dérision, oublier le reste et, comme un enfant qui fait d’un square un terrain propice aux aventures les plus chevaleresque, tourner son désespoir en un périple romantique aux airs de comédie. Ju’ avait besoin de ça. Redevenir cet enfant gâté avec des caprices, une imagination productive, un air malicieux. Jeroen sans s’en rendre peut être compte nourrissait son jeu par chaque mouvement. Elle voyait bien que lui aussi s’amusait bien dans tout ça, sinon il l’aurait sans doute envoyée valser depuis un moment. Cela ne rendait le tout que d’autant plus stimulant. Elle voulait aller jusqu’au bout, user la corde jusqu’à ce que les couleurs se ternissent et que chacun retourne dans le quotidien, dans l’ambiance de la salle commune, banale, habituelle. Il fallait bien l’avouer, plus le temps passait et plus la jeune fille oubliait totalement ce qui se passait autour d’eux. Elle était dans un cocon que personne ne semblait pouvoir percer. Rien d’intime, rien de fascinant pour quelqu’un d’extérieur. Juste une petite bulle de bonne humeur, de jeux d’adolescents assez enfantins pour se déguiser et assez grand pour aller chercher le vice du travestissement encore plus loin. Ne plus dire ce qui est vrai, ce qui est faux, voilà ce que Julian adorait par-dessus tout et là, elle ne pouvait que se sentir à l’aise, nager dans son élément…

Mais apparemment, son aîné avait décidé de pimenter un peu le jeu en essayant de la déstabiliser. Il commença tout d’abord par se plaindre, manifester sa déception face au peu de révélation que la jeune femme venait de lui livrer. Cependant, il était définitivement plus subtil que la plupart des gens avec qui la demoiselle avait eu l’occasion de jouer un peu verbalement puisqu’il retourna le vice. Un sourire apparut son visage tandis qu’il se penchait vers elle pour lui demander ouvertement si elle n’avait pas peur de se faire devancer, de perdre son propre jeu, de s’emmêler dans ses filets. Mais Julian ne comptait pas se laisser faire ainsi. Non, un large sourire naquit alors sur ses lèvres accompagné d’un petit haussement de sourcil qui faisait à lui faire comprendre que s’il pensait ainsi, il la sous-estimait grandement. Non elle n’avait pas peur, jamais elle ne se laisserait envahir par la peur dans un jeu. Elle était sûre d’elle, cette petite technique était de trop bas étage, il allait devoir faire mieux et ce qui l’encourageait c’était qu’elle savait qu’il en était capable. Jeroen avait du potentiel, elle avait presque envie de se demander s’il ne pouvait pas la surpasser sur certains points mais par orgueil elle ne répondrait jamais honnêtement à cette question et surtout, elle ne laisserait pas même entrevoir que cette interrogation avait pu lui traverser l’esprit. La fierté était son arme quotidienne, la chose qui la faisait avancer, marcher la tête haute et ne pas prêter attention à ce que l’on pouvait bien penser d’elle. Elle voulu répondre quelque chose à cette attaque mais Jeroen changea d’attitude ce qui la poussa à attendre un peu avant d’enchaîner. Le jeune homme recula en effet, s’asseyant au fond de siège et revint sur l’idée qu’il était déçu de ne savoir que cela. Ju’ le fixa alors, ne cillant pas une seule seconde pour bien lui montrer qu’elle était encore loin de faiblir.


« Il faut savoir être convaincant lorsque l’on veut obtenir quelque chose. Je pensais qu’avec ton expérience tu saurais ça mieux que moi tout de même… »


Julian avait laissé traîner une pointe d’ironie dans ses propos. Oui une petite attaque sur l’âge c’était un peu bas, surtout qu’ils avaient au fond peu d’écart, mais ce n’était qu’un avant-goût, un petit pique pour bien se mettre dans le bain. Elle n’avait clairement pas l’intention de s’en tenir à ça mais c’était plus fort qu’elle parfois, elle avait besoin de petits répliques faciles mais toujours aussi divertissantes quand on savait en faire usage dans les bonnes proportions. Puis, la demoiselle se leva lentement. Ce geste était à la fois symbolique et utilitaire. En effet, à force d’être assise à même le sol en face de lui, elle perdait l’ascendant, elle paraissait en situation de faiblesse et cela ne lui plaisait pas. Elle devait se remettre à niveau égal même physiquement avec le jeune homme. Mais cela faisait aussi partie de son nouveau plan. La rousse s’approcha en effet de son camarade et posa une main sur chaque accoudoir du fauteuil avant de se pencher en avant, juste au niveau de son oreille pour parler tout bas. Un murmure sur un ton malicieux, fier aussi. Elle jouait plus que jamais. Elle chassait avec toutes ses armes et cela l’amusait vraiment.


« J’ai laissé entendre que tu étais une proie assez intéressante mais je ne l’ai jamais dit que tu l’étais suffisamment pour que je te considère comme mon égal et que je te livre mes secrets… J’attends plus, tu n’es pas à ton maximum et je déteste qu’on me sous-estime, même mon gibier… »


Cette fois, Julian avait creusé la carte de la provocation. Elle adorait ça. C’était quelque chose dont elle usait quotidiennement, dans pas mal de situation car elle aimait le panel de réactions que cela pouvait provoquer. Chacun réagissait différemment, elle aimait été surprise par la personne en face d’elle, voir quelque chose d’inattendu. Jeroen était prometteur c’était pour cela qu’elle avait décidé d’utiliser le terme de gibier. Le piquer au vif, provoquer une réaction d’orgueil, le voir jouer à fond… Elle n’aspirait qu’à ça.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 1 Mai 2012 - 18:57

Elle avait l’air de penser qu’il la sous-estimait. Encore. Son haussement de sourcil le disait bien, elle savait qu’elle était bien trop fine pour se laisser tomber dans son petit jeu trop facilement. Jeroen sourit intérieurement. C’était tant mieux. Tant qu’elle ne le pensait pas suffisamment bête pour se désintéresser de lui, ce qui mettrait malheureusement fin au jeu et les renverrait à leur ennui respectif, il pouvait bien avoir l’air de la sous-estimer. Ça donnait une longueur d’avance, cette apparence bêta, cette illusion de manque de réflexion et d’originalité. Elle pouvait avoir suivi un peu de son petit jeu sans pour autant le penser infaillible ; tant mieux.

Il savait déjà qu’il n’avait pas le droit de la sous-estimer. De là à la penser plus forte qu’elle ne l’était, il ne fallait pas trop en demander au serpentard ; il refusait d’accepter qu’elle puisse le surpasser à ce jeu. Question de fierté. Elle pouvait être une femme très intéressante, pleine de répartie et dangereuse, il n’accepterait jamais une défaite car la défaite serait cuisante. Il ne se démonta pas face à sa réaction. La pique l’avait à peine effleurée, elle répondait avec un défi égal, voire supérieur au sien. La vitesse du jeu s’était violemment accrue, et il ne devait pas se laisser envahir par la répartie à laquelle il était confronté. Il comprit, passé quelques secondes, que ce sourire méprisait quelque peu son attaque frontale. Avec elle, ça ne marcherait pas, elle devait sûrement avoir autant d’égo que lui pour refuser ne serait-ce qu’une seconde qu’elle put perdre les rennes – particularité de la maison…

Lorsqu’elle ouvrit la bouche, elle avait l’air en pleine possession de ses moyens. Il ne l’avait pas ébranlée pour un sou, mais il avait tout de même embrayé sur les choses sérieuses. Ils ne laisseraient plus passer quoi que ce soit, comme une guerre de nerfs et d’orgueils ; oui, c’était une bataille entre orgueils surdimensionnés, au final, qui n’avait d’autre raison d’être que de pouvoir garder la tête haute devant le miroir. Jeroen refusait de se laisser battre, et il savait que sa fierté, qu’il mettait clairement en jeu, pouvait à tout moment se prendre des coups qui la marqueraient à vie. Peut-être même était-ce réciproque, pour que Julian mette aussi tant d’ardeur à tenter de « l’user ».

Sa première remarque, une petit pique sur la capacité même de l’homme à convaincre. Il tiqua. C’était faible, assez bas comme argument, mais il savait que d’un côté, face à son adversaire, il s’était planté sur ce point. Il ne l’avait pas sous-estimée, mais elle faisait remarquer qu’il l’avait laissé entendre vraiment bêtement. Il prit le parti de ne pas répondre, même s’il savait qu’il aurait pu garder son sang-froid et trouver une petite remarque cinglante – quoique. Elle se leva, alors. Ce simple geste était comme une prise de pouvoir, elle se mettait au-dessus de Jeroen, debout devant lui toujours assis. Il ne voulait pas se lever pour lui faire bêtement face, ça l’aurait d’autant plus enfoncé que les témoins auraient levé les yeux vers son refus puéril d’être en position physique de faiblesse. En plus, elle devenait vraiment sérieuse. Les compteurs du jeu s’excitaient. Le cœur de Jeroen répondait à la cadence infernale – un défi à sa taille, enfin, un défi suffisamment élevé pour lui faire oublier tout ce qu’il y avait autour… Ses deux mains fines se posèrent sur les accoudoirs et elle se pencha à son oreille. Un petit joueur aurait baissé les yeux et cessé de réfléchir en pensant à la proximité de la poitrine de la demoiselle. Pas Jero’. Pas à cet instant de pic de provocation, ce qui avait la particularité de l’exciter presque plus qu’une poitrine glissée sous son nez.

Nouvelle pique à l’orgueil. Une plus grande quelque part, car elle n’usait plus de petits arguments ad hominem puérils. Il sentit dans son ventre une boule vexée se former, qu’il réprima immédiatement. Elle ne la considérait pas encore comme une proie à sa hauteur ? Il en doutait quelque peu, malgré son air sérieux, malgré des arguments valables sur des pensées abstraites, invérifiables. Il savait que lui, il aurait dit cela pour provoquer le niveau supérieur, mettre au défi d’aller plus loin. D’ailleurs, d’un certain côté elle avait cédé et augmenté ses moyens lorsqu’il lui avait dit qu’elle avait peur. Elle prouvait qu’elle saurait aller très loin pour ne pas le laisser lui voler les rennes. L’orgueil du vert regonfla net. On ne fait pas l’étalage de ses capacités, on ne cherche pas à pousser quelqu’un à la faute à ce niveau, sans intérêts conséquents, si on ne trouve réellement pas l’adversaire comme de haut niveau. Il était sûr qu’il ne se trompait plus sur elle. Mode de fonctionnement bien trop similaire pour lui échapper. Un sourire se dessina lentement sur les lèvres du jeune homme. Physiquement il était en apparence dépassé ; mais le combat moral était bien plus important…

    - Une proie assez intéressante… Je ne saurais me contenter de cela. Même avec quelqu’un que je ne pense pas capable de m’user selon ses projets, c’est quelque peu… vexant. Je ne te sous-estime pas, j’ai compris ce que tu valais. Mais tu ne sauras m’avoir.

D’une voix calme, sans une seule pointe du sentiment vexé qu’il avait ressenti l’espace d’un instant. Non, elle ne l’aurait pas. Son esprit était hors de portée. Elle pourrait bien penser qu’il la sous-estimait, c’était quelque peu ce qu’il recherchait. Il voulait lui montrer qu’il était sûr de lui, et qu’il restait un adversaire de taille qu’importent ses légers instants de faiblesse. Au fond de lui il jubilait. Elle n’avait pas cédé, elle n’avait rien avoué, voilà qui le satisfaisait bien plus que si elle avait répondu. Il se pencha à son tour contre l’oreille de la jeune femme, un léger sourire cynique sur les lèvres.

    - Mais, Julian, tes secrets valent-ils la peine, au fond, que je sois à mon maximum ? Si je ne suis pas ton égal, peux-tu te prétendre, toi-même, être une proie de choix pour moi ?

Ses « secrets » l’attiraient, c’était indéniable. Pour une raison de fierté obscure, par gout pris à ce jeu qui pourrait avoir quelque chose de terrifiant pour quelqu’un d’extérieur, il voulait savoir ce qu’elle lui planquait, ce que l’espace d’un instant elle avait eu l’air de lui promettre. Mais il voulait la faire douter. Lui montrer qu’il n’était pas sûr qu’elle soit elle-même un adversaire de taille, que ça pouvait tout aussi bien être lui qui cesserait le jeu par ennui et désintérêt. Il était presque certain qu’elle ne s’échapperait pas ; refuser de répondre serait comme fuir un argument trop fort pour elle ; ce serait laisser passer un affront sans répliquer. Jeroen n’aurait pas supporté de se laisser faire par tel argumentation – pourquoi Julian ne ferait-elle pas pareil ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 8 Mai 2012 - 19:08

Le cœur de Julian ne cessait de s’affoler. Le rythme de ses battements était totalement irrégulier et cela créait en elle une sensation étrangement agréable. La tension montait entre eux, personne ne pouvait se douter du petit jeu qui venait de s’installer. Car du simple divertissement visant à tromper l’ennui on venait de tomber dans une compétition des plus virulentes. Aucun des deux n’allait baisser les bras, c’était sûr. Nul n’était prêt à abandonner et il était d’autant plus excitant de se demander comment tout cela allait se terminer. La jeune femme ne pouvait pas imaginer une seule seconde perdre et en même temps, elle devait bien avouer que le chemin serait long et tortueux avant la victoire. Elle allait devoir se battre, utiliser ses tripes, s’épuiser pour avoir une chance de lui prouver qu’il ne pouvait rien contre elle. Jeroen était fort mais elle ne se laisserait pas avoir. Il n’était pas du genre à se laisser avoir par un décolleté. D’ailleurs son mouvement n’avait même pas été effectué dans cette optique. Elle savait bien qu’il était plus fort que ça et dans tous les cas, si leur joute avait cessé rien qu’à cause de ça elle serait partie car elle aurait été bien trop déçue. Mais il n’avait même pas fait attention. Encore un point pour lui. La lutte prenait de l’ampleur. Jeroen avait sans doute été vexé par les piques que la rousse venait de lui lancer, après tout c’était le but. Cependant, cela voulait dire aussi que ses réponses allaient être d’autant plus violentes. Elle devait être prête. Ju’ devait se tenir sur ses garder car si elle se laissait déstabiliser ne serait-ce que pour quelques secondes, elle signait l’armistice et ça, c’était clairement hors de question. Ses doigts se crispèrent donc légèrement sur les bras du fauteuil, de la manière la plus discrète possible mais la pression était là et elle devait en sortir un peu pour ne surtout pas qu’elle se trahisse dans sa voix, qu’elle joue en sa défaveur. Allez Julian, tu vas l’écraser, ça n’en fait aucun doute. Après tout, elle en avait vu d’autres. De ce niveau, assez rarement mais personne ne pouvait lui résister. La seule personne qui avait peut être pu lui tenir tête était Esekíel mais il avait fini par céder à la violence plutôt que de jouer dans les règles jusqu’au bout. Il ne méritait de ce fait pas même que son image lui effleure l’esprit. Jeroen était plus fort et de ce fait, bien plus dangereux pour son orgueil.

Toujours était-il que Julian commençait à sentir qu’il était de plus en plus difficile de tenir en place. Rester calme, ne pas se laisser dépasser par ses émotions. C’était son lot quotidien certes, elle se comportait ainsi en permanence, cachant ses émotions et voulant paraître différente de ce qu’elle était au fond du fond mais là elle était face à quelqu’un qui, si elle abaissait ses gardes ne serait-ce qu’une seule seconde, était capable de voir en elle. Jeroen avait quelque part un côté effrayant pour quelqu’un comme la Serpentarde. Et il passa à l’attaque. La jeune femme resta totalement immobile, analysant chacun des mots qu’il prononçait. Voilà qu’il remettait en cause ses compétences de chasseuse. En gros, il était clairement entrain de retourner ce qu’elle venait de lui dire. S’il n’admettait pas être une proie au top, il semblait insinuer que de toute façon, Julian n’avait aucune chance de l’avoir et qu’il le savait d’autant plus car il l’estimait à sa juste valeur. La sorcière avala cette réflexion et afficha un sourire narquois. Il voulait la jouer comme ça ? Il allait être servi. Il venait de la blesser dans son orgueil, personne n’avait jamais osé lui dire aussi clairement qu’elle pouvait être trop faible, qu’elle n’atteindrait pas son but. Elle était et serait toujours la meilleure, imbattable et ce n’était pas lui qui allait lui prouver le contraire. La demoiselle travailla alors sur sa respiration. Rien ne devait la trahir et elle était bien placée pour savoir que la respiration était un moyen facile pour déceler l’état de quelqu’un. Elle se concentra donc avidement dessus, vérifiant que Jero’ ne pourrait pas en déduire quoi que ce soit. Mais ce n’était pas fini, la jeune femme n’était pas au bout de ses peines. Son aîné s’approcha à son tour de son oreille pour lancer une nouvelle remarque, tout aussi dure à encaisser pour quelqu’un de pas habitué. Cette fois, il allait plus loin, osant prétendre que ce qu’elle avait au fond d’elle n’était peut être pas à la hauteur. Voulait-il dire qu’elle était peut être fade ? Non, elle ne pouvait pas le laisser penser ça. En même temps, elle ne devait surtout pas se laisser déborder en lui dévoilant quelque chose pour éveiller sa curiosité. Non, elle ne tomberait très certainement pas dans le panneau aussi facilement.

« N’inverse pas les rôles, je ne serais jamais ta proie, tu n’auras jamais le dessus sur moi. Quant à mes secrets, ils t’attirent, avoue le, sinon ton orgueil t’aurais déjà poussé à passer à autre chose… »

Julian avait susurré cela avant de se reculer et de lancer un regard de défi à Jeroen. Elle jouerait jusqu’au bout, ce n’était que le tour de chauffe, elle en avait encore en réserve, il n’avait rien vu. Certes, son cœur palpitait, elle était légèrement piquée dans son orgueil et avait clairement envie de lui rabattre le caquet tout en souhaitant ardemment en savoir plus sur lui. Plus les secondes avançaient et plus sa personnalité l’intriguait. Il était doué en manipulation, ça se sentait à sa façon de diriger les conversations, comment se faisait-il qu’elle n’ait pas remarqué cela plus tôt ? C’était un grand ministère, en tout cas, elle comptait bien ne pas le lâcher. Ju’ alla alors chercher un fauteuil qu’elle poussa en face de celui de Jeroen, à une distance volontairement réduite, lui coupant ainsi une quelconque possibilité de fuite et les mettant définitivement à niveau égal pour n’en rendre la joute que plus passionnante. La demoiselle s’installa alors gracieusement, posant délicatement une jambe sur l’autre, s’installant, le sourire aux lèvres, fixant son camarade. Cette petite mise en scène n’était pas anodine. Elle lui montrait qu’elle agirait dans les règles de l’art, avec classe, qu’elle méritait qu’on lui porte de l’attention, qu’elle n’était pas l’une de ces vulgaires choses qui arpentaient les couloirs de l’école. Oui, elle voulait son attention par pure fierté. Puis, une fois qu’elle fut bien dans son fauteuil, la jeune femme reprit la parole d’une voix calme, douce, comme si ce petit mouvement lui avait permis de calmer toute tension, de la masquer encore mieux que précédemment.

« Maintenant que tu as finis d’essayer de me faire douter, à la façon d’un débutant, tu peux peut être essayer de me convaincre de ta valeur ? Me convaincre que je dois rester assise là… »

Oh elle était convaincue de sa valeur et sa phrase, quelque part, laissait entendre cela. Elle voulait juste rappeler à Jeroen que rien ne serait facile avec elle, qu’il devrait sans cesse faire ses preuves. Elle savait qu’il en allait sans doute de même pour sa part mais ça, ce n’était très certainement pas à elle de le souligner, bien au contraire. En tout cas, la curiosité commençait très sérieusement à la faire bouillir mais elle devait amener ses questions de manière subtile car sinon, il aurait l’impression d’avoir trop de valeur et cela ne lui plaisait pas du tout. Oui, elle avait le droit de ressentir des émotions contradictoires mais tout le monde n’avait pas besoin de le savoir…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Dim 13 Mai 2012 - 18:06

Elle allait craquer. Jeroen était presque certain qu’elle allait finir par céder, perdre son sang-froid, faire ne serait-ce qu’une petite erreur qui lui serait alors fatale. Peut-être pas tout de suite. Un adversaire de cette trempe ne devait jamais être sous-estimé, il ne devait pas faire d’estimations sur ses réactions ; les retournements de situation arrivaient vite, et il ne fallait pas que ce soit ça qui le mette dans une position délicate. Mais il devait la pousser à la faute. Schopenhauer, L’Art d’avoir toujours raison, stratagème 7. Ou le 8ème, peut-être. C’était dans la bibliothèque de son père ; un bouquin sur l’art de la rhétorique dans un débat, écrit par un moldu philosophe pas si con que ça. Il n’y avait assurément pas de supériorité dans la magie, car cet homme avait souligné plein de petites choses très pertinentes communément utilisées dans les débats et la manipulation d’une conversation. Essayer de pousser l’autre à la faute. Ils ne faisaient que ça. Aussi le vert savait qu’il ne devait lui-même plus faire d’erreurs, ni montrer qu’il en faisait. Ne plus avouer la moindre faille dans son raisonnement, quitte à sembler de mauvaise foi, pour montrer qu’il ne se laisserait pas démonter par une petite faute, et qu’elle ne pourrait l’utiliser à ses dépens. Petits problèmes de tactique. Verba volant, scripta manent, non ; car chaque mot, chaque petit geste était retenu et ne pouvait plus être effacé. Tout se risquait dans des petits détails insignifiants.

Un sourire narquois. Mêmes réactions que lui ; elle prenait chaque mot avec ironie, comme des mots seulement prononcés pour déstabiliser, et donc sans véritables fondements, sans valeur. Mais si ça le blessait dans son orgueil, lui, quand elle lui sortait qu’il n’en valait peut-être pas la peine, pourquoi cela n’aurait-il pas été le cas aussi avec Julian ? Pourtant son souffle était calme. Mesuré. Si le cœur de Jeroen battait avidement dans sa poitrine, elle semblait plus détachée. Semblait. Lui aussi mesurait sa respiration, miroir de tout ce qui se passait dans la tête et le corps. Ça ne voulait rien dire… mais ça cachait des choses tout de même. Elle répondit en susurrant, sans se laisser démonter le moins du monde par ses remarques qui remettaient ouvertement en doute sa valeur au jeu. Il sourit en retour. Bien entendu, il inversait les rôles. Elle le mettait à une place qu’il n’occuperait jamais, celui de proie qu’elle pourrait avoir, comment aurait-il pu en être autrement ? Comment laisser passer un tel affront ? Depuis le départ il était dans l’optique de ne pas se faire manger par la jeune femme, qui l’espace d’un instant avait pris des airs de croqueuse d’homme. Et il devait admettre qu’elle avait vu juste sur le fait qu’elle l’intéressait. Mais c’était réciproque, hein…

    - Qui est la proie importe peu, au final. Ça dépend du point de vue non ?

Ils n’allaient pas lancer un débat sur qui était la proie et qui le chasseur, car celui-ci ne mènerait jamais à rien et les écartait de leurs buts premiers ; démasquer l’autre. Il la regarda s’écarter et aller chercher un fauteuil qu’elle installa juste en face de lui. Elle avait l’air de vouloir lui couper la route, l’empêcher de fuir cette conversation, mais il n’en avait jamais eu l’intention alors c’était un geste un peu vide de sens. L’intéressait-il plus qu’elle ne l’intéressait au final, au point qu’elle veuille le garder bien à portée de main ? Ce serait un avantage non négligeable, cette influence par l’intérêt. En s’asseyant à sa hauteur elle se remettait à son niveau, avec une classe certaine. Elle cherchait à faire disparaitre cet avantage physique qui n’avançait à rien. Mais aussi, d’un côté, à avoir l’air sûre d’elle en même temps, sur le plan de sa tenue, de sa posture. Vraiment intéressant. Jeroen reprit une posture désinvolte, sourire arrogant sur ses lèvres. Il croisa les jambes, sa cheville sur l’autre cuisse, s’accouda avec une pointe d’amusement. C’était facile. Quelques regards s’étaient tournés vers elle dans la salle, tandis qu’elle ramenait son trône. Elle attirait l’attention, peut-être même qu’elle faisait exprès parce que cette démonstration d’assurance avait quelque chose de démesuré, de puérile. Comme une gamine qui sautille en secouant les bras pour qu’on la regarde. Comme si, elle aussi, elle voulait cacher qu’à l’intérieur d’elle ça bouillait. C’étaient, de la même façon, quelques minutes de réflexion qui lui permettaient de reprendre ses esprits… Finement joué. Mais ça ne lui profitait pas qu’à elle. Pour Jeroen c’était devenu quelques minutes où il avait pu se calmer quelque peu, reprendre ses esprits, peser ses mots et ses arguments. Il était maintenant presque certain qu’il pouvait l’avoir. Il suffisait qu’il lui coupe toute possibilité de se dérober et qu’il donne encore quelques coups bien placés… Elle n’aurait plus le temps de peser ses mots, et là elle aurait perdu… Sa petite phrase le fit rire, ouvertement. Pas trop fort, pour ne pas rameuter les regards qui s’étaient de nouveau détournés d’eux, mais il ne s’en cacha pas auprès d’elle. Un débutant ? Foutaises. Elle savait qu’il n’était pas débutant, ce n’était pas une imbécile. Il était « une proie intéressante », et elle ne pouvait plus le nier – ni lui, d’ailleurs. Un argument en bouillie dans les deux camps. Ils semblaient sur un pied d’égalité même dans leurs faiblesses argumentaires…

    - Eh bien, eh bien… J’avoue tout. Toi aussi tu m’intéresses. Mais ce que j’aimerais seulement savoir au fond… C’est pourquoi tu restes, toi, pourquoi tu cherches tant à me faire céder. Qu’est-ce que ça t’apporterait. Je te l’ai déjà dit. Je souhaiterais savoir à quelle sauce je mérite d’être mangé, de ton point de vue. J’aime savoir ce que les gens pensent de ma personne…

Les chevilles vont bien, merci. Il avait mis de l’ironie dans sa réponse, signe que même s’il cédait quelque chose, il ne répondait pas avec beaucoup de sincérité. Du moins ne disait-il pas tout. Il avouait ce que tous les deux ne pouvaient plus cacher, c'est-à-dire qu’il n’avouait rien. A côté, ce qui ne le faisait pas partir était indescriptible. Il ne voulait pas lâcher un adversaire de cette trempe, il y laisserait sa fierté ; elle savait aussi beaucoup trop de choses qu’il voulait savoir sur la situation, ou du moins sur quelques morceaux qui lui étaient inconnues. Mais il n’y avait pas que ça lui semblait-il…

    - Pourquoi tu devrais rester assise là ? Eh bien… Parce que tu aurais ramené ce fauteuil face au mien pour rien, déjà. Cela démontrerait d'ailleurs un esprit de contradiction dont on ne peut se vanter. On ne s’installe pas confortablement pour jouer lorsque le jouet ne nous intéresse pas dès le départ. Mais, bien entendu, tu as déjà dû y penser…

Dit-il avec cynisme. Un premier argument tout simple, qui ne pouvait subir de contre-argumentation parce qu’elle serait elle-même contradictoire. Il n’avait pas besoin de chercher au plus compliqué. En plus, avec son calme apparent, ses petites mimiques amusées, il prouvait qu’il était en pleine possession de ses moyens, pas stressé le moins du monde. Mais ça il le cachait aisément depuis le départ. Elle non plus. Il la poussait au pied du mur, reprenant des mêmes arguments pour démontrer qu’il l’intéressait, l’empêchant de démentir à nouveau en répétant que l’attirance n’était « pas si importante que ça ». Du moins l’espérait-il...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Ven 18 Mai 2012 - 12:09

Jeroen avait raison. Si Julian n’allait pas le dire à haute voix pour ne pas faire naître un certain triomphalisme chez le jeune homme, il était vrai qu’à cet instant, aucun des deux ne pouvait réellement dire qui était la proie. Tous les deux se montraient les crocs et cherchaient une faiblesse chez l’autre pour le faire passer du stade de loup enragé à celui d’animal blessé. En temps normal, il ne fallait pas beaucoup de temps à la jeune femme pour effectuer ce genre d’opérations. La plupart des gens qu’elle affrontait par le biais de la verve finissaient par plier assez rapidement. En général ils n’avaient pas assez de répartie pour lui tenir tête. Parfois, il lui arrivait de se plaindre de se manque de défi, de ce manque de résistance mais l’avantage était que la victoire lui était toujours assurée. Cette fois, ce n’était pas si sûr que ça. Oh bien sûr, elle pensait toujours comme quelqu’un de fière, comme une dominante et refusait de laisser planer le doute d’une possible défaite dans son esprits mais elle savait que le Serpentard était peut être l’un des seuls qui avait actuellement entre les mains les moyens de la faire plier. Comment se résoudre à cette idée pour quelqu’un de son tempérament ? Cela paraissait complètement impossible. Dans son esprit elle était et serait toujours une gagnante et elle n’avait vraiment pas envie que cela change maintenant. Elle ne pourrait pas assumer d’avoir dû se soumettre à quelqu’un. Oh bien sûr il lui arrivait de se montrer plus tendre quand elle était face à un Supérieur, par respect, parce que si elle voulait monter dans leur estime elle devait faire un peu de politique, mais là c’était totalement différent. Il ne s’agissait pas de plier pour assurer son futur, non le fait de plier serait synonyme d’une défaite cuisante et pour Jeroen le signe qu’il pourrait avoir le dessus sur cette demoiselle à l’orgueil enflé. Elle ne pouvait décemment pas envisager une telle situation. La jeune femme devait donc garder son calme. Ce n’était pas parce qu’il avait les capacités pour la mettre en difficulté qu’il y arriverait. Non, elle était bien trop coriace pour baisser les armes aussi facilement. C’était aussi ce qu’elle voulait montrer en s’installant bien confortablement en face de lui : elle était à l’aise dans ce genre de situations et ne se laissait jamais désarçonner. Elle clouerait la bouche de celui qui oserait dire qu’il fallait un début à tout. Jeroen reprit alors la parole. Lorsqu’il admit qu’elle l’intéressait, un grand sourire sadique apparu sur ses lèvres. Cela la gorgeait de joie quand on avouait qu’on était intrigué par elle. Alors bien sûr, avec la personne qu’elle avait en face, ce n’était en rien synonyme d’une victoire mais c’était déjà un bon point. Le jeune homme enchaîne cependant en expliquant qu’il aimerait savoir pourquoi elle s’intéressait à lui. A sa façon de le dire il semblait tout aussi orgueilleux qu’elle ce qui l’amusa légèrement. Ils ne s’en sortiraient jamais. Et en même temps, elle se prit à imaginer que eux deux, associés, pourraient faire plier n’importe qui. Mais ce n’était clairement pas le moment de penser à une quelconque alliance parce que pour le moment il était bel et bien son adversaire. Mais avant que Julian ne puisse reprendre la parole pour illuminer la lanterne de son vis-à-vis ce dernier lui coupa l’herbe sous le pied. Il lui démontra par A plus B que son comportement indiquait clairement son intérêt, chose que la jeune femme ne pouvait décemment pas nier. C’était de la psychologie de base et quiconque avec un minimum de jugeote devait s’en rendre compte. Il lui tendait des pièges de plus en plus fréquemment et à l’étau bien plus serré. Ju’ devait être prudente sinon c’était sa perte. Elle laissa donc échapper un léger rire, d’apparence naturel mais comme toujours, parfaitement calculé. Le naturel c’était bien trop dangereux dans un cas comme ça.

« Effectivement. Je ne peux pas nier que je me suis approchée par intérêt, j’aurais d’ailleurs été déçue si un esprit comme le tien n’avait pas pu comprendre un signe aussi décevant. Tu m’intrigues car tu diffères de ces minables qui rampent à nos pieds. Mais je ne supporterai pas le moindre écart de ta part, tu retomberais alors au rang de vulgaire insecte. »

Julian était impitoyable au niveau du jugement qu’elle portait sur les autres. Si on pouvait monter dans son estime on pouvait aussi redescendre assez rapidement. Elle essayait alors de faire comprendre à Jeroen qu’effectivement il était bien placé mais que ce n’était pas pour autant qu’il resterait éternellement sur ce piédestal. Mais à vrai dire, elle se doutait bien qu’il devait en aller de même pour lui. Il pouvait très aisément la trouver peu intéressante et s’en aller. Sans qu’elle ne puisse clairement dire pourquoi, cette perspective l’effrayait. Elle ne pouvait pas démentir être quelque peu impressionnée par son aîné et le fait qu’il puisse soudainement ne plus lui trouver aucun intérêt serait sans doute pire que la défaite (quand bien même elle ne parvenait toujours pas à envisager cette dernière). Julian avait toujours était au centre de l’attention et cela ne pouvait pas changer du jour au lendemain, cela n’avait pas le droit de s’arrêter. Ce serait pour elle un second coup qu’elle aurait du mal à envisager. Car si personne n’en savait rien, à part peut être ce Billy, elle était actuellement dans une période de faiblesse. Echouer complètement face à Jeroen l’emmènerait faire une terrible phase de remise en cause, alors le fait qu’il ne s’intéresse plus à elle serait encore pire. La jeune femme avait besoin de se prouver qu’elle était bien ce qu’elle pensait être et que tout le reste n’avait pas d’importance. Pour ça, la rousse devait écraser son adversaire. Mais elle savait aussi que la trop forte quantité d’émotion placée dans une joute de ce genre pouvait clairement jouer en sa défaveur. Elle risquait de réagir trop vite, poussée par une trop grande impulsivité et perdre ainsi le calme qui était source de toute victoire. Julian avait en cet instant très clairement conscience de ses faiblesses mais l’important c’était que le Serpentard lui ne les décèle pas, ce qui s’avérait être une difficulté de plus dans la menée de ce combat verbal. Rien n’était perdu, il avait forcément lui aussi ses faiblesses et sa seule chance de gagner désormais, c’était de tailler dans le vif. Cela pouvait s’avérer être un jeu très dangereux car il pourrait retourner tout contre elle mais elle n’avait pas le choix. Il s’était plutôt bien démerdé ce con.


« En tout cas, ton orgueil semble avoir besoin d’être renforcé, c’est mignon pour quelqu’un qui se présente avec tant d’assurance. Mais ce qui est encore plus amusant c’est la mécanique de tes mouvements et de tes réactions, tu agis comme la marionnette, tu cherches la grâce parfaite, l’illusion totale… »


L’assaut était lancé, le cœur de Julian s’affolait. Elle venait de prendre un gros risque car elle attaquait clairement Jeroen sur ce qu’elle connaissait. Les deux avaient beaucoup de similitudes dans leur comportement et attaquer ainsi sur leurs points communs c’était foncer dans la bataille tête à moitié baissée. Mais quand on n’a pas le choix, on lance ces dernières forces et on espère. Julian, à peine avait-elle lâché ses mots qu’elle se préparait déjà mentalement à une future défense. Si elle savait déjà comment surenchérir si elle voyait une faille chez son camarade, elle devait aussi se préparer une armure solide en cas de contre attaque violente. Ce n’était pas évident, pour la première fois depuis le début de leur petit jeu, Ju’ eu quelques secondes réellement peur de la défaite. Mais elle chassa rapidement cette idée de son esprit, penser qu’elle allait perdre c’était clairement se condamner et rien n’était encore foutu, rien n’était perdu, elle avait assez de ressources pour se battre jusqu’au bout, elle le savait. Ce type n’avait pas le droit de la désarçonner, de créer une brèche dans sa fierté, dans cette image qu’elle renvoyait sans cesse. Il ne pouvait pas être plus fort, non, elle refusait d’y croire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 22 Mai 2012 - 22:47

Spoiler:
 

Ébullition. Jamais, au grand jamais, on ne lui avait tenu tête à ce point, de plus une fille qui lui était au final complètement inconnue. Il sentait la victoire. C’était bien cela qu’il y avait de plus excitant ; s’il ne courait pas à travers les conquêtes, c'est-à-dire qu’il ne sautait pas sur quiconque savait manipuler pour se mesurer ouvertement à lui, il voulait gagner, conquérir son pouce de terrain. Il pouvait l’avoir. Julian, déjà, refusait d’avouer de vive voix les évidences. Ça pouvait devenir une erreur. Jeroen la testait ; il cédait ce petit rien et observait qu’elle n’en faisait pas autant, ce qui pouvait éventuellement démontrer qu’elle commençait à se sentir prise au piège. C’était une simple hypothèse, bien entendu. Peut-être qu’elle n’avait simplement pas trouvé l’intérêt de répéter, parce qu’au final, quand aucun signe ne trahit, on ne peut pas savoir ce que cache un silence. Mais, s’il avait raison, alors ce serait particulièrement bon pour lui. Il n’y perdait rien à penser cela, il pouvait juste se flatter un peu plus, se forger une carapace anti piques-à-l’amour-propre, et il ne baisserait pas sa garde une seule microseconde pour autant. Pour une fois qu’il pouvait sentir qu’il avait le pouvoir, même un simple pouvoir de manipulation sur une seule personne, son moral gonflait, et ses chevilles encore plus. Une dose de bonheur, pour compenser toutes ses situations où il devait se rabaisser, accepter une condition de toutou obéissant, à peine plus élevée que ceux dont il devait « s’occuper ». Tout compte fait, elle n’était peut-être pas la seule qu’il connût à avoir un grand potentiel au jeu. Mais ceux contre lequel une confrontation comme celle-ci serait la plus ardente ne prendraient même pas le risque de voir un gosse leur tenir tête. Plus de Jeroen. Bien entendu, il jouait de son monde, mais par un flot continu et relativement modéré de mensonges, mais…

Mais là n’était pas la question. Elle sourit largement à son aveux. Elle avait gagné un petit point, une petite bataille, mais seulement parce qu’il le permettait, parce qu’il avait pris, en quelque sorte, la responsabilité d’un petit échec commun. Elle se remplumait de savoir qu’il n’était pas indifférent à sa personne. Ça avait quelque chose de mignon, d’enfantin, ce sourire, cette démonstration ouverte de sa petite fierté personnelle. Elle réagissait sans détour. Nouvelle supposition, peut-être bien qu’elle commençait à entrer dans la spontanéité vraie, celle où le risque s’agrandit de faire une bourde. Il suffisait qu’elle, ou même qu’il réagisse trop rapidement, avec passion, pour voir toute la construction de leur manipulation s’effondrer comme un château de cartes. Puis, le jeune homme ajouta sa petite explication du pourquoi du comment elle n’avait plus le droit de nier. Il la mettait au pied du mur. Elle dût s’en rendre compte immédiatement et rit avec légèreté, cédant sa petite parcelle comme il l’avait fait juste avant elle. Peut-être étaient-ils un peu trop sur la même longueur d’ondes pour que ça mène à une défaite et à une victoire ? Ne pas y penser. Elle avait fait plus d’erreurs que lui, jusqu’à présent. Et, même s’ils comprenaient les mécanismes du piège de l’autre, ils avaient trop de savoir-faire pour que l’autre puisse s’en défaire si facilement. Assurément, l’un avalerait l’autre en premier. Il sourit avec amusement. Elle risquait de se rendre inintéressante, si elle continuait de dire qu’elle n’acceptait que les proies d’exception, et qu’il était de l’une d’elles… Au bout de plusieurs fois ça pouvait passer comme un intérêt excessif qui prend pied sur la fierté. Elle montrait trop souvent son intérêt, bien plus que lui en tout cas, par des menus détails, des métaphores pleines de jugements de valeur qui n’étaient peut-être pas si objectifs que cela. En parlant de jugements de valeur. « Ces minables », ça montrait bien qu’elle se croyait d’une caste quelconque. Sang-pur, assurément, pour en revenir à ses réflexions initiales. Pour certains du rang de la jeune femme, il rampait comme un cabot, et lui aussi était un minable. Injustifié. Sous-estimer les autres parce qu’ils sont en situation de faiblesse, même sur le long terme, grossière erreur même si elle n’entrait pas en compte dans le débat. Ces pensées faillirent le refroidir. C’étaient le genre d’idées qui pourraient le faire partir de désintérêt, et elle ne devait même pas en avoir conscience. Mais il y avait des choses en jeu, il ne pouvait pas exprimer son dégout pour les inepties de supériorité par rapport à une chose aussi bête que le sang, il y perdrait deux ans d’un travail de masse. Rien. Aucune trace dans ses gestes de ces pensées, il effaça tout avant que ça ne puisse devenir sa propre faiblesse. Il était entré trop dans le jeu, il se laissait submerger à des choses qui n’avaient rien à voir. Se reprendre, immédiatement. Retour à son petit air amusé devant la petite fille qu’elle avait l’air d’être.

Elle continua, s’accordant aux pensées propres de son adversaire. Son orgueil était déjà à bloc. Il se présentait avec assurance parce qu’il ne la feignait pas, cette assurance. Ça lui semblait tellement évident, qu’il ne trouva pas la peine de rebondir dessus. Elle cherchait des failles qui n’existaient pas – ou plus, à cause de petites faiblesses de rien du tout qu’il gonflait pour s’en faire une protection infaillible. Puis, elle embraya sur quelques arguments sur sa manière de se tenir, ses mouvements qu’elle disait réfléchis… C’était une perche. Un tronc d’arbre, un pont entier pour le faire traverser. Elle devait, c’était inconcevable sinon, elle devait avoir conscience qu’ils étaient deux à jouer habilement de leurs gestes, de leurs mimiques, pour faire paraitre, avoir l’air. Leurs positions, c’était du mensonge pur. Leurs décontractions cachaient une excitation dynamite – peut-être même qu’on pouvait la sentir, si on était extérieur à la scène. Et si elle avait conscience qu’elle jouait sur une faille commune, comme l’autre à propos de leur intérêt mutuel, pourquoi se lançait-elle là-dedans ? Ou elle pensait encore pouvoir le surprendre et être en position de se défendre elle-même, ou elle était à court d’arguments. Première solution : il ne pouvait pas la laisser faire, ni entrer dans son jeu. Pareil pour la seconde solution, qui pourrait mener, au final, à des tours de pot d’un ennui total sur des choses qu’ils savaient déjà.

Il réfléchit à toute allure. Il pouvait jouer le tout pour le tout. Avoir des couilles, et faire exploser sa dynamite intérieure, toucher le point sensible de sa fierté de sang-pur. S’il se désintéressait à elle, tout à coup ? S’il laissait ces arguments, répétitifs à force, tomber dans les méandres du silence ? C’est ça. Entre l’amour et la haine, le pire, c’est l’ignorance. Ignorer quelqu’un qui attend quelque chose. Ignorer des mots qu’on a mis cent ans à placer. Ça ramène au rang de vide le simple fait qu’on existe, et comme claque, il n’y a pas pire. Le risque, c’était qu’elle devienne méchante, qu’elle se referme en cédant enfin, qu’elle foute le camp. Mais au final, gagner ne revenait-il pas, dans les deux camp, à voir l’autre partir avec un égo en miettes ? La fin semblait un peu trop proche, soudain. Il y avait une possibilité, pour que le ton ne devienne pas menaçant avec la défaite de l’un ou de l’autre. Il avait le choix de la laisser gagner. Concevable. Mais il aurait mal s’il ne laissait pas des indices de cette défaite feinte, et elle pouvait, soudain, le prendre pour un gars qui ne fait qu’obéir sans aller au bout de ses actes. C’est lui qui se prendrait son indifférence dans la tronche. Non. Il ne pouvait pas mettre fin si rapidement au débat. Montrer qu’il rejetait ses arguments sans fondement, mais ne rien céder, ne pas la rabaisser trop, pour qu’elle puisse croire qu’il y avait encore quelque chose à gagner de lui, et qu’il puisse obtenir ce qu’il voulait – sa victoire, un lien avec elle, un lien avec son réseau, accessoirement la connaissance de ce qu’elle aurait voulu faire de lui si elle le battait.

Jeroen s’accouda un peu mieux sur l’accoudoir, simplement, comme s’il commençait à glisser. Son corps un peu tendu vers elle, pour montrer qu’il l’écoutait. Il laissa passer un silence. Quelques secondes, à peine, où il entendait les afflux sanguins contre ses tympans. Quelques secondes sans réponse mais qui ne cédaient rien, avec un petit regard sur elle, toujours amusé, mais aussi un peu déçu par la faiblesse de l’argument qui, en apparence, ne méritait pas tant que ça de réponse. Il ne pouvait pas se vanter de feindre ce réalisme ; il se laissait vraiment guider par ses sentiments. Argument sans valeur. Une proie qui gigote pour échapper à la toile. Il sourit de nouveau, fugacement.

    - Je ne crois pas. Je ne suis la marionnette de personne.

De lui-même, peut-être. Mais en soi, avouer que son corps était la marionnette de son esprit serait répondre directement, et c’est ce qu’il ne voulait pas faire. De plus, son corps s’accordait, après ces années à faire semblant, parfaitement avec ses pensées. Ça perdait de sa mécanique. Nouveau petit sourire cynique.

    - Et toi ?

Il lui rejetait tout à la tête, en deux mots. Elle aussi avait besoin de renforcer son orgueil. Elle aussi se présentait avec assurance ; mais peut-être pas une assurance très fondée, au fond. Elle aussi jouait de son corps, s’installant avec grâce sur son siège fraichement ramené, donnant l’illusion froide qu’elle gérait la situation alors que ce n’était sûrement plus le cas. Il ne prenait pas la peine de rebondir plus, et ce pour signifier qu'il n'avait pas à le faire, que c'était vide de sens. Il sentait le gout de la victoire. Il pouvait, si elle flanchait face à ça, remporter son morceau de gras avec les honneurs. Et si elle savait perdre, qu’elle avait un peu d’amour-propre, elle ne se rabaisserait pas au point de fuir d’un bloc sa défaite. Du moins c’est ce qu’il espérait, tandis qu’il se gardait encore de baisser sa garde...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Jeu 24 Mai 2012 - 18:25

Apprendre à perdre. Cela faisait partie des notions que l’on n’avait jamais inculquées à Julian. Sa vie était basée sur la victoire, la marque de sa supériorité. Depuis sa plus tendre enfance, en tant que fille unique, elle avait attirée tous les projecteurs, elle avait été la plus grande source de fierté de ses parents. La victoire c’était son domaine, son égo s’était gonflé de cela et elle ne comptait pas abandonner ce principe fondamental. Accepter la défaite pour elle c’était une chose plus que douloureuse. C’était sans doute pour cela qu’elle n’osait même pas envisager l’idée d’une totale défaite. Jamais elle ne s’était écrasée, jamais elle n’était sortie d’une situation sans en tirer le moindre honneur. Chaque fois qu’elle avait perdu, elle avait toujours trouvé une raison, plus ou moins valable, pour prouver que sa défaite n’était que partielle ou totalement impossible à prendre en compte car pas dans les règles de l’art. Ainsi, Ju’ était persuadée que sa fierté n’avait jamais été tâchée. Elle jouissait d’une certaine blancheur immaculée et ce depuis maintenant dix-sept ans. Comment pouvait-elle accepter aujourd’hui de subir sa première grande défaite ? Surtout dans un combat verbal, une joute, son exercice préféré. Depuis le début de sa scolarité elle avait tout fait pour exceller dans ce domaine. Elle ne cessait de s’entraîner, à toute occasion, que ce soit à l’aide d’une simple réplique cinglante ou à partir d’un discours un peu plus fondé. Elle vivait à travers cet exercice. Cet amusement était devenu l’une de ses activités favorites. Si elle avait parfois rencontré quelques adversaires un peu coriaces, tous avait fini par baisser la tête, se coudre les lèvres et partir la queue entre les jambes sous son regard plein de mépris. Elle tirait un plaisir tout particulier à observer la déformation du visage de celui qui comprend qu’il a tout perdu, qu’il n’est plus qu’un ombre face à elle, qu’il n’a plus qu’à se taire et attendre qu’elle veuille lever un peu le voile de son dédain pour chercher plus loin que l’image qu’un échec de son adversaire lui a révélé. Oui, Julian aimait être vue en dominante. Mais cette fois, pour la première fois, l’adrénaline se transformait peu à peu en crainte. Si jusque là l’excitation, le léger stress qu’elle ressentait à chaque joute n’était que la source d’une joie indéfinissable, cette fois le sentiment était en pleine mutation. Elle sentait que l’adrénaline bouchait ses veines, que son cœur palpitait de manière de plus en plus désagréable et qu’un étrange nœud se formait dans son estomac. Elle sentait le piège se resserrait et se refuser à l’idée de devenir pleinement une proie, non plus seulement dans l’esprit de son adversaire. Elle savait très bien, au moment même où elle avait lancé sa dernière attaque que le risque était grand. Provoquer ainsi Jeroen c’était risquer de tout se prendre dans la tête, il était bien assez habile pour contourner la difficulté et cerner l’ambigüité de ses propos. Mais elle s’était retrouvée acculée et n’avait pas vu d’autre solution que d’agir de la sorte. Alors elle avait foncé, comme elle le pouvait. D’habitude, elle était capable d’agir vite, toujours bien sûr selon une grande réflexion mais la prise de risque était toujours réduite par la maîtrise de son sujet. Là, elle savait très bien qu’elle était sur une pente glissante. Cependant se rendre ne faisait pas partie de son programme alors elle avait préféré prendre un risque plutôt que d’abandonner lâchement, de n’être qu’une victime parmi tant d’autres, pas même capable de se battre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de forces. La rousse garda donc un visage très calme et pourtant, au fond d’elle, c’était une ambiance de guerre. Lorsque Jeroen s’avança sur son siège avec ce petit sourire sadique, elle comprit très vite qu’il n’était pas en restes et qu’il avait très bien compris qu’une chance excessive de victoire se présentait à lui. Le jeune homme semblait prendre son temps, Ju’ avait la très désagréable impression qu’il était désormais maître du jeu. Cela la rendait folle et en même temps, elle refusait de croire que tout était perdu. Aussi, elle se tenait prête à réagir, à rebondir sur la moindre petite faille qui pourrait se trouver dans sa prochaine réplique. La rousse le regardait alors droit dans les yeux, elle ne faiblirait pas si facilement. L’adolescent répondit alors, en pleine possession de ses moyens, réfutant immédiatement ses propos. Alors ainsi il refusait d’admettre qu’il se comportait comme la marionnette ? Il affirmait être en plein contrôle de tout ? Cela l’étonnait fort. Pourtant, avant même qu’elle puisse envisager de le mettre en difficulté par sa réponse négative, par son refus d’acception de la réalité, le jeune homme contre attaqua d’une manière fort simple et pourtant, sans nul doute de la façon la plus habile. Cela montrait bien qu’il n’était pas un adversaire comme les autres, être capables de plonger dans la simplicité quand il le fallait, ne pas jouer l’intellectuel prétentieux en permanence, c’était une force. Retourner la question dans le cas présent était la seule chose à faire. Julian laissa alors échapper un léger rire, entre la nervosité et l’assurance, la défaite approchait et elle en était presque à se demander comment l’abordait avec fierté, cela ne lui ressemblait pas.

Julian devait se recentrer. Elle avait peut être encore une chance de s’en tirer mais cette question, dans ce contexte la troublait profondément. Elle s’était toujours prétendu indépendante, maître de sa pensée, de ce qu’elle était devenue. Son identité, elle était persuadée de se l’être forgé de A à Z. Pourtant, la découverte qu’elle avait faite dans la bibliothèque le soir de sa balade nocturne et de sa rencontre avec Billy la faisait douter. Elle avait commencé à sentir des failles dans son identité. Le doute s’était immiscé et c’était un questionnement permanent auquel elle devait faire face. La jeune femme aurait donc pu être plus ou moins à l’aise face à une telle question, du moins, même si la défaite semblait inévitable, s’en sortir la tête très haute. Cependant, la question que venait de poser à voix haute Jeroen la mettait face à son propre être. Au-delà du jeu, cette interrogation des plus simples venaient de mêler le divertissement à la réalité. L’idée d’une défaite se mêlait alors à l’idée de perdition, d’oublie de soi. Où en était-elle ? La rousse ne possédait pas la réponse. Son cœur se mettait à battre de plus en plus vite. Que faire ? Elle était perdue, elle ne voulait pas perdre de manière aussi violente, être totalement à la merci de son adversaire. Non elle devait trouver une solution pour protéger ses secrets, pour rester dans sa carapace. Se concentrant alors, Julian affronta pleinement le regard de son adversaire et reprit la parole, pesant chacun de ses mots afin de réduire au maximum la portée de son échec.

« Je ne suis pas plus une marionnette que chaque être humain. Mon corps est commandé par mon esprit, lui-même dirigé par mon passé, mon environnement, les éléments externes qui forgent mon identité au-delà de mon contrôle. Mais je maîtrise tout ce que la complexité du genre humain me permet de contrôler.»

Cet argument était difficilement réfutable puisqu’il reposait sur toute une philosophie mais en soit cela n’était pas si féroce que ça. Le fait qu’elle réponde de la sorte, était un signe, pour tout œil assez expérimenté, illustrant sa position. Elle était dos au mur et cherchait un échappatoire par le temps et l’évocation de vérités que, quiconque ayant un minimum de culture et capacité de réflexion personnelle, connait. Jeroen devait avoir compris qu’elle se considérait comme en position de faiblesse, il allait bondir sur l’occasion et ce serait la fin de ce voile immaculé qui lui servait d’ego. Tout allait se fendiller doucement et dans son état actuel d’assurance tronquée, elle cela risquait fort de se transformer en faille, voire en fracture. Julian prenait alors conscience qu’elle avait un besoin grandissant de parler à ses parents, de découvrir la vérité sur toute cette histoire mais cela ne serait certainement pas aisément. En la battant, Jeroen lui aurait au moins rendu un service en lui ouvrant les yeux sur l’intensité de son trouble. Mais ce n’était clairement pas le moment de se laisser submerger par ce tas de questions. Elle devait trouver une issu douce à cette situation, empêcher l’humiliation totale, sauver au moins quelques bouts de son orgueil. Son cerveau fonctionnait donc toujours à plein régime, il lui restait encore une petite dose d’adrénaline dans le sang, elle devait s’en servir pour ne pas sortir par la plus petite des portes. Tâche ardue. Avec son caractère, elle refusait de plonger dans le pathétique pour ne pas perdre totalement, la fierté et la défaite étaient décidément deux principes difficiles à conjuguer. Alors certes, elle pouvait toujours espérer une erreur de la part de son camarade mais cette idée lui semblait être de moins en moins probable. Acculée.

« Mais enregistre bien une chose, je ne serais jamais ta marionnettes. »

Ne pas avouer sa défaite, sous entendre qu’elle est probable mais qu’il ne s’agit pas pour autant d’une soumission. C’était tout ce qui lui restait. Sa posture ne trahissait rien de ce qui allait inexorablement se produire. Elle gardait sa tenue droite, fière, un certain sourire aux lèvres. Cependant ce dernier s’était teinté d’une nouvelle nuance, que Jeroen n’avait encore jamais dû lui voir. L’ambiance entre eux, elle le sentait, était en train de changer, mais comment allait-elle tourner en définitif ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Dim 24 Juin 2012 - 21:20

Finalement, cette victoire se profilant avait un goût de simplicité, de succinct. Elle avait fait la conversation. Il est vrai qu’au fond il n’avait fait que répondre à ses remarques, à les renvoyer, les nuancer, jouant de ses arguments sans en donner réellement d’autre. Elle s’était enfermée seule dans sa volonté de le casser à coups de mots bien sentis. Toute son argumentation, d’ailleurs, semblait fabriquée par un ensemble de petites phrases cinglantes pour casser l’adversaire à chaque fois. C’était un jeu qu’il adorait. Pour sa part, il n’était pas forcément du genre bavard, et n’attaquait pas lorsqu’il n’y avait pas lieu de le faire – voire n’attaquait pas du tout lorsqu’il y avait un risque, même minime, que l’attaque tombe avant d’avoir touché l’adversaire. Mais les autres… les autres attaquaient, se lançaient parfois sur des pentes qui se révélaient bien plus glissantes qu’au premier abord. Jeroen les rendait glissantes. Il était l’huile et sa plus grande arme à la fois, comme une araignée observant sans bouger le papillon se prendre tout seul dans sa toile ; et ça lui procurait un sentiment de puissance tel que n’importe qui serait devenu accro.

Il l’avait, sa victoire. Chaque seconde qui passait allait de plus en plus dans ce sens et donnait une raison d’être à sa joute. Il gagnait sur le terrain qu’elle cédait, surtout maintenant qu’elle prenait conscience qu’elle n’avait plus de réponses, plus de parades possibles face à son adversaire. Ça se sentait. Peut-être était-ce une aura de crainte grandissante qu’il discernait, inconsciemment, comme suintant des pores de la peau douce de la jeune femme. Comme s’il était, soudain, l’un de ces prédateurs qui ressentent la peur de leurs proies, ou encore le chien à cœur qui entend le battement du cœur de sa victime avant de planter ses crocs dans sa gorge découverte. Et Julian, rabaissée au rang de victime. Il pouvait concevoir ce qu’elle ressentait, plus que connaitre car il n’avait lui-même jamais fait face à une défaite face à quelqu’un de sa trempe. L’angoisse, le besoin de chercher une dernière issue, n’importe laquelle, pour partir sans laisser son égo derrière elle, en miettes. Elle garda un visage neutre, au départ, qui ne laissait rien présager de ses réelles réactions à ses réponses. N’importe qui d’autre, si encore ce n’importe qui avait pu arriver jusque là, aurait cédé à la violence, aux cris, à des arguments sans queue ni tête pour essayer avec l’énergie du désespoir de frapper une dernière fois son bourreau ; mais pas elle. Elle valait mieux que ça. Même si elle perdait maintenant, elle tenterait de partir avec les honneurs, sans perdre ses moyens, même si intérieurement elle serait capable de se mépriser au plus haut point pour sa défaite. Elle eut l’air de vouloir contrattaquer à ses premiers mots, mais il embraya trop rapidement, fermant toute faille qu’elle pourrait trouver à sa réponse, et ça la cassa littéralement dans son élan.

Elle laissa échapper un léger rire teinté d’une nervosité qu’elle ne pouvait plus nier. Elle ne devait pas être habituée à perdre, et perdre maintenant, après tout ce combat fermé et hors du monde, ne pouvait pas passer comme une lettre à la poste ; les réactions naturelles de ses sentiments face à cette défaite surgissaient d’elles-mêmes. Et c’était là la victoire de son ainé. Rien de significatif à la clef, juste que l’autre accepte une défaite morale ; mais qui n’engageait à rien, juste pour le principe en quelque sorte. Il ne savait pas ce qu’elle pensait, ni ce que ça pouvait changer vraiment dans sa vie de petite sang-pur bien lotie. Mais elle chercha encore une dernière parade, une dernière réponse vaine en affrontant de face le regard froid de Jeroen.

- Je ne suis pas plus une marionnette que chaque être humain. Mon corps est commandé par mon esprit, lui-même dirigé par mon passé, mon environnement, les éléments externes qui forgent mon identité au-delà de mon contrôle. Mais je maîtrise tout ce que la complexité du genre humain me permet de contrôler.

Et ? Quelque chose à ajouter ? Non. Rien. Une réponse vague, une vérité générale, rien de concluant au final dans une joute où prévalaient – ou avaient prévalu, à présent – des arguments bien plus forts et convaincants. C’était clairement là qu’étaient ses limites, et elle n’aurait peut-être rien perdu à ne pas ajouter cela, à se taire simplement. Mais il n’allait pas lui tenir rigueur. Elle tentait de ne pas se démonter, de dépasser le mur contre lequel elle était acculée dans un dernier sursaut d’orgueil et c’était compréhensible. Jeroen laissa un sourire satisfait et retenu s’étirer sur son visage.

    - Comme tout le monde. Mais c’est déjà bien d’en avoir conscience.

Réponse succincte, avec une note d’ironie qu’il ne chercha pas à cacher. Il la renvoyait au rang de tout-le-monde, son argument au rang de vérité générale que toute personne qui réfléchit un peu peut connaitre. Elle avait certainement conscience de cela, et il n’y avait rien à réfuter. Juste l’utilisation inutile qu’elle en faisait. Si elle prenait cela pour elle, cela devrait donner un nouveau coup à son égo et éventuellement la faire craquer un peu plus, mais il n’y tenait pas trop. Peut-être bien qu’elle le haïra jusqu’à la fin de ses jours en réfléchissant à une vengeance qui pourrait le remettre à sa place de petit sang-mêlé chien des Supérieurs ? Bien plausible. Mais il saurait l’attendre et préparer le terrain.

- Mais enregistre bien une chose, je ne serais jamais ta marionnettes.

C’était amusant. Ce dernier sursaut. Il s’avança sur son siège, vers son visage qu’elle voulait encore impassible et ce sourire qu’il ne comprenait pas tout-à-fait ; mais cela importait peu. Il s’approcha donc, jusqu’à ce qu’elle puisse sentir son souffle sur son visage, les yeux dans les yeux dans un léger louchement.

    - Bien ma grande. C’est très bien. Je suis content de te l’entendre exprimer, si j’ose dire. Tu es bien trop intelligente pour être une simple marionnette, et c’est bien cela qui te rend intéressante à mes yeux.

Il faisait comme si c’était prévu dans le plan, comme s’il ne voulait pas, dès le départ, faire d’elle un moyen d’atteindre l’extérieur ou d’obtenir une meilleure situation dans le château. Bien entendu il était intéressé par ses contacts, sa position hiérarchique, toutes ces petites choses, et c’est pour cela qu’il ne pouvait pas se permettre de la laisser repartir. « Bien trop intelligente », d’un côté, c’était pour la flatter, lui montrer qu’il la respectait réellement pour ce qu’elle était, pour être allée si loin. Il voulait qu’elle pense que son intelligence, ce jeu lui avaient plu, qu’il en redemanderait certainement à l’avenir. Qu’elle pourrait, éventuellement, gagner une revanche si elle ne se mettait pas à le fuir.

C’était vrai. Au final, il ne pouvait pas encore se l’avouer mais trouver quelqu’un de sa trempe, intelligente et qui puisse lui faire face, d’autant plus qu’il se savait capable de battre au jeu de la manipulation, était une expérience dont il avait rêvée depuis qu’il avait commencé à se jouer des autres. Depuis ses débuts il n’avait trouvé, en dehors de son père, que des proies plus faibles et facilement manipulables en s’y prenant bien ; à son grand désarroi de gamin qui croyait que les apparences fortes cachaient une réalité de puissance. Maintenant que la joute semblait terminée, il sentait qu’il avait soudain besoin de plus, qu’il ne voulait pas, dans ses tripes, la laisser partir si facilement. Elle avait perdu mais elle ne se soumettait pas et voulait le lui faire comprendre clairement. Mais c’était une chose qu’il allait commencer à désirer si elle lui permettait d’y croire un peu, par quelques détails laissant présager une possibilité d’aller plus loin. Il commençait à sentir la femme devant lui, et non plus l’adversaire. Il commençait à vouloir savoir si son intérêt pour lui était encore de mise et s’il pourrait encore obtenir quelque chose d’elle. Elle allait le rendre mégalomane…

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 26 Juin 2012 - 19:28

La défaite se tenait désormais devant elle. Toute droite, fière, prête à la saisir dans la seconde et à cette idée, un léger frisson parcouru Julian. Elle n’aimait pas se sentir en position de faiblesse, savoir que c’était fini, qu’elle avait beau être courageuse, sortir toutes ses armes maintenant, cela ne la mènerait nulle part, le résultat du combat était déjà annoncé. Pourtant, c’était assez contradictoire mais bien qu’elle redoutait ce moment, il ne lui semblait pas si terrible que ça. Il y avait un mélange de sentiments en elle qu’elle avait bien du mal à exprimer. C’était dur de mettre des mots, d’extérioriser ce méli-mélo. La réflexion de Jeroen suite à sa phrase digne d’un bouquin sur les vérités générales l’avait blessée dans son ego, comme toujours et pourtant, le choc était moins violent que d’habitude. Elle ne pouvait pas dire qu’elle était habituée car ce serait avouer une faiblesse indéniable et cette idée lui donnait profondément envie de vomir. Non, c’était comme si, pour la première fois de sa vie, elle arrivait à faire en quelque sorte la part des choses. Elle avait perdue mais ce n’était qu’une bataille, elle ne ferait que s’améliorer avec le temps et la prochaine fois, elle le rétamerait. Elle avait un but, un nouvel adversaire à convaincre et cela rendait le tout assez excitant. Ce goût amer de l’échec était bien présent mais l’idée de revanche était déjà en train de grandir de sa tête. Pas une vengeance violente, pas l’une de celles qu’elle planifiait contre ses véritables ennemis et qui pouvaient parfois se solder par des drames. Non, celle-ci était bien plus douce. Ce n’était plus qu’une question d’orgueil, d’ego surdimensionné. C’était plus vis-à-vis de son adversaire. Ce simple échange lui avait montré quelqu’un de valeur, quelqu’un avec qui elle pourrait se sentir à l’aise car il n’y aurait pas une barrière trop grande, un fossé entre son ego et son vis-à-vis. Et puis, ça elle ne l’avouerait jamais, mais Ju’ comme chacun avait besoin parfois de quelqu’un à suivre, ou du moins, de quelqu’un à observer, de quelqu’un d’au-dessus d’elle pour se fixer un objectif. Elle trouvait cela dans la personne des supérieurs et aussi surprenant que cela pouvait lui paraître, son aîné pourrait peut être appartenir à cette catégorie. Enfin, elle ne pouvait pas prévenir l’avenir c’était sûr mais en tout cas, ce qui semblait certain c’était que grandissait en elle l’idée que tout ne pouvait pas s’arrêter à cette joute. La jeune Serpentarde voulait en savoir plus sur ce garçon qui avait su montrer son ascendant sur elle, qui avait cette façon fascinant de manier les mots. Pourtant, elle venait de perdre, aussi, elle n’avait plus aucune carte en main. Elle était désormais reléguée au rang de spectatrice pour quelques instants. Le perdant ne peut que se plier à la volonté du gagnant même si cela ne dure jamais éternellement et même si, comme elle venait de le préciser, jamais au grand jamais elle ne serait sa marionnette. Elle avait peut être appris grâce à cette défaite, du moins elle réaliserait peut être cela d’ici quelques jours, mais ce n’était pas pour autant que son naturel avait disparu et que du jour au lendemain elle allait dire adieu à sa fierté. Julian restait Julian, la tête haute, l’air fier et cette capacité à ne jamais courber l’échine. C’était ce qui lui avait permis d’avoir ce statut par rapport aux gens de son année et de sa maison, elle ne changerait pas car elle ne voulait pour rien au monde abandonner cela. Une Neil ne redeviendrait jamais une personne parmi d’autres, cela était tout bonnement impossible. Même si pour l’instant, elle devait accepter de laisser son avenir proche entre les mains du vainqueur de ce combat verbal, ce mec avec cet air insolent et victorieux… Ce dernier était d’ailleurs en train de s’approcher d’elle, la fixant, droit dans les yeux. Julian le laissa faire, gardant ce petit sourire en coin, observant chaque petit détail de son visage, chaque petite réaction. La joute était certes terminée mais elle ne gardait pas ses vieilles habitudes, ne jamais se laisser surprendre, essayer de tout décrypter, d’avoir toujours une longueur d’avance… Le jeune homme reprit alors la parole et il fallait bien avouer que ses propos laissèrent la jeune femme assez interrogative. D’un côté, elle sentait bien qu’il illustrait sa supériorité, elle ne savait en effet pas trop comment prendre le surnom « ma grande » mais de l’autre, il lui disait qu’il la trouvait intelligente et intéressante. Ju’ ne savait alors pas trop comment interpréter tout cela et sentir son souffle ne l’aidait pas à se concentrer. La jeune femme savait très bien qu’elle ne devait pas baisser sa garde, qu’il pouvait toujours essayer de la soumettre d’avantage. De l’autre, cela lui plaisait de se dire qu’il y avait de la sincérité dans ses propos, qu’elle était désormais pour lui autre chose qu’une inconnue de plus appartenant à la même maison que lui. Elle décida donc de rester dans le sous-entendu pour le moment, tout en lui montrant bien qu’elle n’était pas dupe.

« Ce n’est pas en mettant en avant mes qualités, malgré ma défaite, que tu parviendras à avoir l’ascendant total sur moi tu sais. »

Julian pensait sincèrement cela et pourtant, une petite voix contradictoire était en train de s’éveiller en elle. Elle qui avait toujours voulu avoir le pouvoir sur tout le monde, se surprenait à avoir envie de la pousser à chercher l’ascendant. Elle voulait le voir lutter pour avoir la supériorité sur elle, le voir essayer de la dominer en tout point. Elle voulait le pousser à tenter ce qu’elle ne voulait surtout pas voir se réaliser. Pourquoi ? Elle n’en avait aucune idée. Peut être pour sentir encore cette poussée d’adrénaline mais cela pouvait aussi être associé à une sorte de masochisme malsain ce qui ne lui ressemblait pas vraiment. Si ses propres pensées commençaient à l’embrouiller elle n’était vraiment pas sortie de l’auberge… Elle devait ramener le tout sur un terrain connu, elle devait lui montrer qu’elle pouvait toujours le déstabiliser même après une défaite, elle voulait lui prouver qu’elle avait encore du pouvoir sur lui, qu’elle en aurait toujours. Julian voulait le pousser à réagir de manière orgueilleuse, à faire sortir sa fierté masculine. Alors, sans prévenir, la jeune femme s’approcha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres avant de reculer pour s’adosser contre son fauteuil et afficher un sourire provocant. Les pensées fusaient dans son esprit et pour une fois, elle agissait de manière clairement impulsive. Son côté calculateur n’avait pas disparu mais il se faisait clairement plus discret.

« Encore maintenant, je suis capable de te mener en bateau j’en suis sûre. Tu n’as gagné qu’une seule bataille Jeroen et je compte bien remporter la suivante et faire de toi ce que je veux. »

Julian avait un air presque sadique alors qu’elle prononçait ses paroles. Son orgueil se réveillait. Oui, elle comptait jouait de sa féminité pour gagner une partie, elle voulait le voir à ses pieds maintenant, c’était clair et net. Elle avait toujours agis ainsi avec les hommes et il semblait bien qu’elle était irrécupérable de ce côté. C’était peut être sa façon à elle d’oublier la défaite. En tout cas, elle voulait l’attirer dans ses filets, se sentir forte, lui montrer qu’elle ne serait pas sa marionnette car c’était lui qui risquait de le devenir. Elle était désormais portée par le jeu qui au final, ne semblait pas s’être arrêté après sa défaite. Quelque chose d’étrange était entrain de se produire dans son esprit sans qu’elle ne sache trop quoi. Julian se laissait porter, elle était si bien dans cette atmosphère tendue, étrange, dans le pays du non dit et de la manipulation. Elle oubliait enfin tout le reste et cela lui faisait un bien fou. Elle avait un nouvel objectif, Jeroen redevenait une proie et elle adorait ça.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Mer 27 Juin 2012 - 23:57

Il n’avait pas douté de sa victoire. Jeroen n’était pas homme à douter de lui-même, surtout pas dans une joute dans les règles de l’art où il excellait. Mais il ne pouvait pas dire qu’elle n’avait pas été à la hauteur, et qu’elle avait représenté un risque négligeable. Il pensait ses mots. Elle était devenue rapidement d’une de ces rares personnes que Jeroen pouvait respecter ; il appréciait cette façon qu’elle avait de faire face à sa défaite comme si elle n’était pas, alors qu’elle savait qu’elle avait bien perdu et que c’était terminé.

Terminé ? Ça aurait été presque trop simple si ça avait réellement été le cas. Cette bataille l’était, terminée, mais les conséquences iraient bien plus loin. Elle chercherait à gagner une bataille à son tour, et il préparerait le terrain avec peut-être un peu trop d’entrain. Oui, bien entendu qu’elle reviendrait ; elle n’avait pas fait un geste pour signifier qu’elle fuyait la situation, donc elle y ferait face, et ce jusqu’au bout. Non, elle ne faisait pas mine de s’en aller vexée retrouver ses petits chiens. Le défi l’excitait ; peut-être autant qu’il était en train d’exciter Jeroen. Par son non-départ, elle signait une brèche pour le serpentard, une brèche dans sa carapace pour peut-être gagner encore plus de terrain sur cette adversaire qui tenait tête. Julian avait besoin d’une « référence » pour se fixer des objectifs ? Jero avait besoin de personnes pour lui tenir tête justement, pour la même raison. Il avait besoin de se sentir maitre d’une situation qu’il pouvait mieux cerner et gérer dans son ensemble, de voir les effets directs de ses actes. En deux ans à tenir tête secrètement face aux Supérieurs, il avait parfois du mal à apercevoir ce qu’il y gagnait vraiment, bien qu’il en ait entièrement conscience et que ça ne l’ait jamais fait douter. Face à Julian – image des Supérieurs en quelque sorte – il savait qu’un plein contrôle était possible, du moins dans la mesure où elle accepterait de se soumettre tout-à-fait, ce qui somme toute était peu probable. Mais il pouvait. Et comme il pouvait, et que le défi était à sa taille, c’est-à-dire élevé : il voulait. Et si elle le devinait ne serait-ce qu’à peine, ça n’en serait que plus excitant…

Elle fit face à son air victorieux sans broncher. Il n’allait pas cacher le plaisir qu’il prenait à profiter de cette position de dominant, bien au contraire, ça enfonçait le clou pour qu’elle le comprenne bien jusque dans chaque fibre de son corps. Il s’était rapproché pour ça ; pour qu’elle sente qu’il n’y avait qu’un pas entre la victoire morale et la victoire physique, et que le franchir ne serait qu’une étape ridicule s’il lui venait à l’esprit de le faire. Ce n’était pas dans ses plans. L’ascendant moral est toujours plus intéressant, plus vicieux – surtout plus lent et difficile à obtenir et bien plus fructueux. Il continuait d’observer ses réactions, à emmagasiner les informations sur elle. La prochaine fois il en saurait bien plus sur elle, et ils seraient alors sur un pied d’égalité (et encore), pas comme lorsqu’elle était arrivée et qu’elle le connaissait déjà un peu et lui non. « Ma grande » ; il se l’appropriait en quelque sorte, comme une nouvelle proie à son tableau de chasse. Il n’y avait rien de condescendant mais ça illustrait l’état actuel des choses : il avait un pouvoir tout relatif sur elle du fait de sa victoire. Elle ne fit toutefois pas de remarques à ce propos, peut-être qu’elle n’avait pas capté ces mots – deux mots dans une phrase disparaissent si vite, alors que pourtant chaque syllabe a son importance… Mais il n’allait pas râler pour deux mots, pas après tout ça. Elle avait relevé les propos les plus sincères de sa phrase, ce qui l’étonna quelque peu. Elle doutait de son respect ? Elle doutait qu’il puisse la trouver sincèrement intelligente et intéressante alors qu’il était toujours attentif et passionné par leur échange ? Il devait avouer qu’il ne l’avait peut-être pas tant montré que ça et que ça prouvait qu’elle était toujours sur la défensive ; qu’elle était prête si suite il y avait. Il ne releva donc pas. Il n’allait pas lui faire gonfler les chevilles, non plus, et puis ça ferait maladroit s’il appuyait ces propos. Ça n’en valait pas la peine.

Il sentait son souffle. Souffle chaud, mesuré, un peu trop parfaitement calme peut-être s’il se concentrait bien dessus. Elle était encore dans le jeu. Peut-être préparait-elle une contrattaque, quelque chose pour relancer la bataille. Puis elle s’approcha, posa un baiser rapide sur ses lèvres et s’écarta de lui. Il ne put cacher l’éclair de surprise qui traversa son regard. Non, ça, il ne s’y était pas attendu. Non pas qu’il ne s’eut jamais fait voler de baisers, mais il n’avait pas prévu cela, pas dans ce contexte. Néanmoins il se ressaisit vite, conscient qu’il avait laissé voir sa réaction, se recula pour s’assoir plus confortablement puisqu’elle était maintenant trop loin pour qu’il joue de nouveau de leur proximité. Puis il éclata de rire face au sourire provocant de la jeune femme, quelques secondes, à peine. Oh, ça lui faisait plaisir. Extrêmement plaisir. Il avait gagné autre chose, un baiser de cette femme un peu arrogante, un baiser cédé comme ça, par impulsion, et le baiser d’une femme arrogante, ce n’est jamais rien. Peut-être que ça lui faisait autrement plaisir, mais il n’en était pas encore là. Il passa sa langue sur sa lèvre comme pour gouter le gout qu’elle aurait pu laisser si elle avait maintenu le contact, en baissant le regard comme s’il était vraiment concentré dessus. Elle prenait un air sadique, comme si elle avait gagné d’avance la bataille suivante qui semblait lancée sur une base plus… osée. Peut-être pensait-elle que Jeroen, comme tout homme qui en a dans le pantalon, allait tomber dans le panneau comme un imbécile et la laisser le croquer, et ça faisait rire le serpentard intérieurement. Il n’avait jamais été le genre à céder face à quelques attraits féminins, encore moins devant un baiser de ce genre. Il était le genre d’homme capable de rester stoïque face à une femme nue étalée sur son lit – et ça, des groupies au Quidditch capables de ce genre d’extravagance, il en existe toujours – alors à quoi s’attendait-elle ? Même pour plus que ça il n’était pas genre à perdre l’esprit. Il n’était pas si faible. Il releva les yeux vers elle, un sourcil légèrement relevé.

    - C’est donc cela, ton but ? Faire de moi ce que tu veux ?

Référence à la première question à laquelle elle s’était refusé de répondre à leur rencontre, et qui avait mené à leur joute. Elle s’était approchée dans l’intention d’en faire une proie malléable, une marionnette. Ça semblait évident, bien entendu. Il cherchait la même chose. Mais elle l’avait avoué ouvertement. Elle pensait pouvoir le battre sur ce terrain-là. Elle pouvait toujours essayer ; et si elle osait, il entrerait dans le jeu dans hésitation. Il était loin d’avoir atteint ses limites alors qu’elle commençait à devenir un peu plus franche, moins réfléchie sur les conséquences de ses actions. Et s’il gagnait de nouveau, ce dont il doutait peu… elle cèderait un peu plus, et alors elle serait… comme à lui. Sensation d’euphorie rare. Il commença à se tapoter légèrement la lèvre, ouvertement provocant.

    - Mais je dois avouer que c’est très agréable. Se voir offrir un tel baiser de la victoire, franchement…

Il associait ce baiser à son triomphe, ce qui, il le savait parfaitement, n’avait aucun sens. Même si elle avait conscience de cela, elle n’irait sûrement pas dans son sens parce que ce serait avouer qu’il le méritait, qu’elle l’avait presque fait comme une soumission. Elle pouvait aussi faire l’inverse, l’inattendu, elle était pas mal à cela ; accepter qu’il dise ça impunément, ne pas nier du moins. Il voulait voir jusqu’où elle serait capable d’aller, la pousser dans ses retranchements dès le départ pour lui faire comprendre que la bataille suivante serait rude…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 31 Juil 2012 - 19:05

La volonté de se battre jusqu’au dernier moment, de toujours trouver un terrain sur lequel se débattre, c’était sans doute ancré dans les gênes de Julian. Cela lui paraissait tout naturel, à vrai dire, elle ne réfléchissait même pas quand elle agissait ainsi. Aucune question ne traversait son esprit, elle avait simplement, tout simplement la volonté de ne pas s’avouer vaincu, de ne pas terminer sur un échec, c’était impossible. Après tout, un observateur aurait pu très bien dire que le fait de vouloir emmener la bataille contre Jeroen sur un autre terrain était une façon de se voiler la face, d’esquiver l’idée de défaite. A vrai dire, ce n’était pas exactement le processus qui était en cours dans l’esprit de la jeune femme. Quand bien même le goût de la défaite lui brûlait la gorge et détruisait doucement ses papilles, la rousse ne pouvait pas non plus l’oublier. En fait, faire comme si elle n’avait pas eu lieu c’était détruire le peu d’honneur que son aîné lui avait laissé en la laissant face au mur. Elle ne voulait pas passer pour une fille faible d’esprit tout juste capable de se vanter lors des victoires et de faire comme si de rien n’était pendant la défaite. Ju’ ne parlerait sans doute pas de cette joute verbale à ses amis mais par contre, elle garderait ça en mémoire pour pouvoir progresser et surtout avoir une belle montée d’orgueil. A cet instant, beaucoup d’informations filaient dans son esprit et pour une fois dans sa vie, au lieu de se contenter de la blessure que venait de lui infliger le jeune homme, elle cherchait à avoir l’avenir. Elle voulait gagner autre chose, continuer à sentir l’adrénaline en elle, le plaisir d’un moment partagé à la fois tendu et décontractant. C’était assez difficile à expliquer et quelqu’un d’externe pourrait très certainement voir cela comme une forme de masochisme. Mais Julian pour sa part n’envisageait pas les choses sous cet angle là. Non, tout ce qu’elle voyait c’était que son ennui avait été rompu et qu’elle était en face de quelqu’un de plutôt intéressant et qui, malgré tout cela, avait fini par porter son attention sur elle ce qui n’était pas négligeable. Alors elle devait en tirer le maximum. Des situations comme celles-ci ne se produisaient pas nécessairement tous les jours dans le château, surtout depuis l’arrivée des Supérieurs. Si la demoiselle ne se plaignait pas de ce nouvel arrivage d’adultes aux pensées très extrémistes, elle devait bien avouer que l’ambiance dans l‘école était bien plus tendue et que, de ce fait, les gens hésitaient bien plus à se mêler. Les comportements méfiants devenaient habituels, quotidiens, il fallait donc bien plus de temps que d’habitude pour arriver à briser la glace. Dans le cas présent, on pouvait aisément affirmer que la glace avait bien fondue car l’ambiance entre les deux jeunes gens étaient plutôt ardentes. La tension était palpable, leurs regards brillaient encore d’un certain feu à la fois fou et maîtrisé. Et la jeune Serpentard adorait ça, elle avait parfois envie de faire de cette atmosphère son lot quotidien, peut être était-ce pour cela qu’elle tenait tant à se faire bien voir, à manipuler les gens, pour tout mener dans sa direction et choisir enfin le rythme qu’elle voulait donner à sa vie. La jeune femme n’avait pas pour habitude de s’entourer de personnes trop molles ou pas assez capables de la surprendre. Oui, elle voulait bien s’entourer et mener ces gens, sans pour autant bloquer toute spontanéité bien sûr mais au moins, faire en sorte que les choses ne se retournent pas contre elle. Cependant, ce n’est pas toujours évident de mener les autres, chaque humain a sa volonté propre et certains s’avèrent avoir une force de caractère bien plus importante que les autres. Alors dans ces cas là, il faut s’avoir s’éloigner des lignes de conduites habituelles, des sortes de règles d’or et laisser place à un peu d’imagination, d’improvisation. C’était sur ce terrain glissant que s’était engagée Julian en déposant ce baiser sur les lèvres de son camarade. Ce dernier semblait avoir été surpris mais ensuite pas mal s’amuser de ce côté impulsif de la demoiselle ; jusque là, rien de bien étonnant. Lorsqu’il lui demanda en quelque sorte des confirmations sur ses intentions, la jeune femme ne pu s’empêcher de réprimer un léger rire et, plantant son regard dans celui de son vis-à-vis, elle décida de jouer cartes sur table.

« Oui. »

Une réponse claire, nette et concise, chose à laquelle elle n’avait pas vraiment habitué Jeroen depuis le début de leur entrevue. En même temps, elle détestait la monotonie et pour se battre contre cette dernière il fallait parfois savoir changer de stratégie, de comportement sans nécessairement renier sa véritable nature, c’était précisément ce qu’elle venait de faire. Son impulsivité devenait grandissante. C’était un jeu de plus en plus dangereux qu’elle appliquait mais cela ne l’effrayait décidément pas. Avec les derniers événements, les dernières découvertes que la jeune femme avait faites, elle ressentait une étrange sensation. Comme un besoin de se laisser porter mais cela allait totalement à l’encontre de ses principes, de son mode de vie habituel aussi elle ne pouvait clairement pas accepter cette idée. Elle préférait donc se dire qu’il s’agissait simplement d’une folle envie d’adrénaline et de surprise, sinon ce serait avouer qu’elle s’approchait de la folie, de la déraison et de la limite du comportement suicidaire, elle ne pouvait tout de même pas en être là. La jeune femme tenait donc difficilement en place pourtant, Jeroen lui semblait garder son calme et vint de nouveau sortir une réplique posée et légèrement assassine. Il voulait montrer son ascendant ou plutôt continuer de l’affirmer et Ju’ savait bien qu’il avait raison puisque plus le temps passait plus il se trouvait en position de force. Ce baiser n’était nullement une récompense, une marque de soumission, non cela ne faisait clairement pas partie des habitudes de la jeune femme. Elle l’avait fait parce qu’elle le voulait et non pas parce cela pourrait lui plaire. Mais Julian avait envie de s’amuser un peu afin de prendre le temps de glaner quelques informations pour être encore plus solide lors de leur prochaine rencontre. La rousse reprit donc la parole, souriant toujours de manière énigmatique.

« C’est marrant car je viens de t’imposer quelque chose et tu vois cela comme un présent. Sans doute ton côté dominé qui ressort. Mais bon, toujours est-il que si tu vois cela comme une récompense, je me dois de ne te faire aucune faveur de n’importe quelle sorte à moins que tu ne le mérites. »

Provocation et en même temps, tentative de trouble. Julian essayait de brouiller encore un peu les pistes, en même temps ce n’était pas si difficile que ça car en se laissant aller à l’imprévu, la jeune femme n’était plus elle-même sûre de savoir où elle allait. La jeune femme plongeait dans un étrange méandre en cet instant, elle ne savait plus quoi en penser, peut-être était-elle en train de s’empêtrer ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 14 Aoû 2012 - 19:11

Il allait faire une overdose. C’était comme un courant constant, à peine entrecoupé de courtes pertes de vigueur ; au fil des minutes la tension refusait de retomber, et il le sentait bien dans son cœur battant la chamade et dans cette atmosphère crépitant d’électricité qui aurait rendu fou n’importe qui d’autre. Ils se cherchaient toujours, trouvaient encore des moteurs pour attaquer, parer les coups, tenter de battre l’autre à un nouveau jeu tout juste trouvé. Combien de temps est-ce que ça allait durer ? Jusqu’où tiendraient-ils l’un l’autre, avant de se mettre à faire bourde sur bourde et de finir par se retrouver comme des cons, aussi démunis que n’importe quel mortel en ce monde ? Ils n’avaient pas des pieds d’argile, mais ils s’attaquaient au chalumeau alors ça risquait de les fragiliser à force. Jeroen sentait que des heures d’un jeu pareil auraient raison de lui, et d’elle aussi, même qu’elle cèderait certainement bien avant. Ils n’étaient pas surhumains. Il était encore en pleine possession de ses moyens mais cette tension extrême devait retomber à un moment ou un autre et il ne savait pas quand. Pour l’instant il profitait pleinement de la sensation de puissance. Il se sentait dieu. Certainement qu’il ne s’en vanterait pas par la suite, parce que parler de ses sentiments les use et qu’il ne voulait pas user ça ; mais il pourrait au moins se vanter auprès de lui-même d’en avoir profité au maximum.

Bientôt, le quotidien du château les rattraperaient tous les deux. Jeroen n’en voulait plus. Il avait gouté à quelque chose qui lui donnait encore plus faim qu’auparavant. Il ne se débarrasserait pas si facilement d’elle, des souvenirs de cette joute et de l’espoir de combats à venir. Il pensait qu’il pourrait se détacher de cette étrange appétit mais peut-être que tout n’est pas si simple ; cette femme, s’il avait un ascendant manipulateur sur elle, était peut-être capable de lui faire perdre le sens des priorités. Il cherchait toujours la reconnaissance, l’ascendant sur les autres en manipulant tout son monde. Or, il avait devant lui un égal qui pouvait lui offrir beaucoup plus que de vulgaires imbéciles se croyant mieux que les autres. Comment pouvait-on passer là-dessus si facilement ? Ambiance brulante, presque torride. Elle se fichait de ses opinions, de savoir s’il avait raison ou tord ; elle voulait juste jouer dans un jeu qui se pouvait sans fin s’ils arrivaient à toujours rebondir sans se lasser. Et ça faisait du bien !

Ils s’engageaient dans d’autres chemins, aussi. C’était une nouveauté qu’il appréciait, parce qu’elle était à la fois spontanée et en aucun cas détachée du but qu’ils s’étaient fixé chacun de leur côté – lui de s’en faire une relation pour un contact avec l’extérieur, et elle… il le saurait bien assez tôt. Tout était mesuré, tout devait mener à quelque chose de concret, y compris ce baiser improvisé. Jeroen aurait dit, dans d’autres conditions plus habituelles, que Julian était une fille facile, ou une nymphomane, ou juste une fan un peu collante si ça avait été dans un contexte de Quidditch, mais ça allait bien au-delà de cela et il le savait. C’était vraiment intéressant, ce qu’elle lui dévoilait là. Elle réprima son rire de prédatrice ; ça la faisait rire ? Lui aussi. Faire ce que l’on veut de quelqu’un, ce n’est jamais rien. Ce baiser aurait même pu lui faire penser, du moins au tout début, lorsqu’ils avaient à peine débuté la conversation, qu’elle voulait faire ce qu’elle voulait de lui physiquement – et on ne fera pas de descriptions de tout ce qu’il est possible de faire de quelqu’un lorsqu’on s’ennuie et qu’on est Julian. Ça collait bien au personnage de vouloir violer, par pur ennui, les ainés de sa maison un tant soit peu intéressants. Oh oui, ça l’amusait grandement l’ainé en question. Il serait même tenté de la laisser faire, dans les limites du raisonnable bien entendu – pas jusqu’au viol bien entendu, il ne faut pas rêver – juste pour cerner sa manière de se servir des autres.

    - Perspective sympathique ! répondit-il dans un sourire.

De l’ironie, mais pas que. Elle n’avait pas peur de dire ce qu’elle avait dans la tête à présent, ce qui démontrait qu’elle s’assumait totalement et qu’elle n’avait plus la sensation de devoir lui cacher ce genre de choses comme moyen de défense. Il trouvait cela amusant, intéressant, surtout intéressant en fait, parce qu’elle s’ouvrait à lui et qu’il y avait de quoi en apprendre un tas sur elle…

    - C’est marrant car je viens de t’imposer quelque chose et tu vois cela comme un présent. Sans doute ton côté dominé qui ressort. Mais bon, toujours est-il que si tu vois cela comme une récompense, je me dois de ne te faire aucune faveur de n’importe quelle sorte à moins que tu ne le mérites.

Tac au tac. Non, elle ne voulait pas qu’il s’approprie ce baiser pour sa victoire, c’était totalement illogique et il le savait bien. Mais alors pourquoi l’avait-elle fait ? Pour tenter de raviver des instincts primaires chez son adversaire vainqueur, tentative un peu désespérée et plus vraiment nécessaire à présent, ou par pure envie ? Il se faisait une petite idée de la réponse. Il y eut un court instant de latence. Déstabilisé, il ne voyait pas où elle voulait en venir cette fois-ci. La tension retomba légèrement en lui, il sentait qu’il perdait le fil des actions de cette femme qui jouait tout sur ses impulsions. Il ne devait pas laisser paraître ce trouble nuisible ; peut-être bien qu’il devait jouer au même jeu ? Il s’avança de nouveau vers elle sans quitter son fauteuil, sachant qu’il avançait maintenant sur un chemin jamais emprunté, et sourit. Calmement, sans ironie même s’il aurait bien voulu en mettre un peu ; presque avec douceur et empathie.

    - Tu es sûre du fait que j’aie un côté dominé ? Tu aimerais bien, n’est-ce pas. Tu peux donc vérifier, si cela t’amuse, que ce rêve est réalité. Si je le mérite, on verra après.

Après, il ne savait pas quand ; il ne savait même pas comment il pourrait prouver un quelconque mérite s’il venait à devoir le faire ; et d’ailleurs il n’en avait pas besoin, n’est-ce pas ? Il écarta les bras comme s’il lui offrait une ouverture béante, mais il conservait une certaine réactivité si elle décidait de réagir frontalement. Il ne savait vraiment plus dans quoi il se lançait, sinon un jeu jamais tenté auparavant, mais en disant ces mots il notait déjà les scenarii et réponses possibles pour réagir. Ça lui semblait de plus en plus intéressant, après tout. Elle pouvait laisser sa réponse dans le vent, répondre avec ironie, tenter de vérifier comme il le lui proposait, réactions logiques… Il trouvera bien comment réagir sur le coup ; il n’était plus aussi sûr de lui mais, après tout, il ne pouvait pas perdre face à une femme. Ou peut-être que justement, c’était cela qui allait le perdre…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1731
Date d'inscription : 01/05/2011
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/Keith M. McEwen/ Ethan Llewellyn/Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1114-julian-alexus-neil#69918
MessageSujet: Re: Jour commun   Mar 21 Aoû 2012 - 12:57

Il trouvait cela sympathique qu’elle veuille faire ce qu’elle voulait de lui ? Lui, ça se voyait qu’il n’était pas dans la même année qu’elle et cela l’amusait pas mal. En effet, Julian savait bien que pour ceux qui connaissaient sa réputation, une phrase lancée comme ça aurait pu faire peur. Quelque part ce n’était pas plus mal. Elle ne voulait pas que Jeroen ait trop d’aprioris, elle voulait qu’il la découvre au fur et à mesure, qu’il ne voit que ce qu’elle acceptait de lui montrer pour pouvoir le surprendre plus facilement, le prendre au piège. Il ne devait pas avoir de longueur d’avance sur elle-même si, pour sa part, elle allait sans doute essayer par la suite de glaner des informations mais bon, faire ce qu’elle disait et non ce qu’elle faisait, ça avait toujours été ainsi. Elle ne changerait très certainement pas du jour au lendemain, d’autant plus que cela lui avait fourni bien des avantages. Lorsque l’on interdit à quelqu’un d’agir d’une certaine manière mais qu’on le fait derrière son dos, ça apporte bien des choses en général. Beaucoup diraient que c’est mal d’agir ainsi, Ju’ se contenteraient de leur rire au nez. Enfin, toujours était-il que son camarade ne semblait nullement effrayé par l’idée que la Serpentarde puisse avoir le projet de s’amuser un peu avec lui, c’était un bon point pour lui en fait. Il y avait deux hypothèses à émettre à partir de là, soit il la sous estimait et dans ce cas, elle pourrait bien s’amuser, soit cela ne le dérangeait pas tant que ça ce qui était d’autant plus excitant en fait. Son aîné était très certainement plein de surprise et il lui montrait sans cesse de multiples perspectives de divertissements toujours plongés dans cette ambiance toute particulière. Julian n’avait pas ressentit tout ça depuis bien longtemps. L’adrénaline était présente en elle, plutôt deux fois qu’une même. Elle se sentait totalement transporté, depuis le début de leur petit affrontement c’était comme si elle n’avait pas repris contact avec le sol, avec le monde réel, comme si elle était totalement dans une autre dimension. Elle ne pouvait nier que cela avait quelque chose de particulièrement agréable. Il avait réussi à lui faire oublier ces soucis en quelques instants, elle ne sentait plus ses maux de tête, elle n’avait plus l’esprit remplis de toutes les questions qui tournaient en ce moment. Non, elle se sentait totalement déconnecté de la réalité et l’idée que tout cela puisse s’arrêter brutalement la dérangeait quelque part. Elle aimait sentir son cœur battre à une allure aléatoire, se dire qu’elle marchait sans cesse sur le fil, que la moindre erreur pouvait être fatale mais en même temps, c’était ce qui rendait la perspective de victoire encore plus savoureuse. Cet ensemble elle ne voulait pas le perdre et en même temps, elle savait aussi que c’était quelque chose de très fragile, qui ne pouvait durer éternellement.

Julian restait donc totalement concentrée, enfin plutôt, portée par ses impulsions dans cet univers fort particulier. Enfin, elle se laissait plutôt porter par son impulsion pour le coup. Mais apparemment cela fonctionnait plutôt bien en fait. En effet, la rousse ne passa pas à côté du petit moment d’hésitation de Jeroen. D’après ce qu’elle observait, il semblait un peu désemparé par le fait que la Serpentarde ait changé de stratégie et qu’elle se mette à suivre impulsions et émotions plutôt que de peser chaque mot et de continuer dans la mesure de la joute. Il s’avança ensuite un peu sur son fauteuil, réduisant la distance entre eux. Le sourire sur les lèvres de la jeune femme s’agrandit alors. Cela n’avait duré qu’un court instant, quelques secondes à peine et pourtant, cela montrait bien à Ju’ que ce n’était pas la seule à avoir flanché. Malgré sa défaite, elle cherchait à ne pas perdre les pédales et apparemment son aîné n’était pas aussi sûr que ce qu’il voulait laisser paraître. Il était loin d’être encore totalement déstabilisé, la question n’était pas là mais il y avait eu un signe et c’était déjà beaucoup. Puis il répondit à son attaque d’une manière qui la surprit vraiment en réalité. Il lui proposait carrément de vérifier s’il avait un côté dominé, voilà qu’il retournait sa veste le grand. La rousse laissa alors échapper un léger rire.

« J’avoue que c’est tentant comme proposition mais je suis vraiment pas sûre que tu mérites que je me fatigue à prouver cela. »

Elle n’allait pas non plus faire ce qu’il disait ? Oui pur esprit de contradiction, toujours fait le contraire de ce que l’on veut de toi. Julian adorait se comporter comme ça. En même temps il n’était pas totalement question pour elle d’abandonner l’idée de pouvoir faire ressortir le petit côté dominé de Jeroen. Elle n‘avait donc fermé la porte qu’à moitié avec cette phrase, se laissant toujours une possibilité de bifurquer sans que cela ne paraisse trop contradictoire. La Serpentarde était maintenant face à un choix très difficile. Son instinct de prédatrice lui dictait de s’en aller maintenant pour laisser la pression monter, pour ne pas lui laisser croire qu’il avait gagné et qu’il menait tout. D’un autre côté, la perspective de devoir retourner dans l’ambiance banale de l’école… Elle savait que le retour à la réalité allait lui paraitre violent, tout allait lui sembler si fade… Julian finit par prendre une décision.

« Je te propose un marché. Un nouveau duel, d’ici peu de temps. Juste assez pour qu’on reprenne tous deux toutes nos forces et je te prouverai que tu as un sacré côté dominé. A moins bien sûr, que tu n’ais trop peur de devoir croiser à nouveau ma route. »

Julian se leva ensuite doucement et tendit la main vers Jeroen, attendant qu’il la serre pour conclure leur marché. Un sourire flottait sur son visage, elle espérait qu’il allait accepter, elle espérait vraiment pouvoir de nouveau se laisser porter par une telle quantité d’adrénaline, ne plus trop réfléchir et juste suivre la pression. En cet instant, elle ressentait un pic d’adrénaline alors qu’elle allait savoir si son jeu avec Jeroen allait continuer ou pas et en même temps, à l’idée que le jeu allait s’achever, tout commençait à redescendre et elle reprenait peu à peu conscience de ce qui l’entourait, de la salle commune, de leurs camarades qui n’avaient pas trop fait attention à eux, ou alors ne le montrait pas.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Jour commun   Sam 25 Aoû 2012 - 16:23

Il finissait par jouer le jeu. Il cédait à un caprice de la jeune femme et s’engageait sur un terrain glissant, sur lequel il n’avait pas l’assurance de savoir se rattraper s’il s’avérait que c’était trop pour lui ; et bon dieu que ça lui plaisait. L’adrénaline ne partait plus. Il repoussait ses propres limites alors qu’il n’avait pas grand-chose à y gagner, sinon du contentement, un peu de cette fierté mal placée qui le rendait vivant. Il pouvait bien se lâcher, avec elle ; il sentait, il savait en quelque sorte avec une certitude infondée, qu’il n’y perdrait pas forcément toute sa couverture de sang-mêlé effacé dans l’ombre des Supérieurs. Julian, après tout, était une jeune femme expansive mais discrète sur les choses qui lui tenaient à cœur ; cette joute dont il était sorti vainqueur ne devrait donc pas faire de remous dans l’ambiance sombre du château. Aucune conséquence donc. Il voulait au moins garder le plaisir de se laisser un peu de mou.

Elle avait dû sentir son hésitation. Oui il avait perdu le fil, bon point pour elle ; mais il n’avait pas perdu sa réactivité, il laissait entrevoir une faille mais qui se refermait illico sur le mur de béton de son expérience. C’était toujours la même rengaine. Il ne la sous-estimait toujours pas, il attendait simplement de voir de quoi elle était capable à présent, puisqu’il ne pouvait plus prévoir avec certitude. Elle pouvait être prête à n’importe quoi ; essayer de le violer dans une pièce isolée du château, au beau milieu de la salle commune, c’était bien le genre, ou encore tenter à nouveau d’avoir l’ascendant moral. Il l’attendait. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas été excité comme un gamin à l’idée de cette surprise dont on devine seulement les contours mais qu’on attend déjà de pied ferme. Et il avait l’impression qu’il avait toujours attendu ça, quelque part au fond de lui-même, comme s’il était enfin… entier.

Le sourire de la jeune femme s’agrandit lorsqu’il s’avança, tombant ainsi dans une certaine spontanéité peu familière au personnage. Il se rattrapait plutôt pas mal ; elle ne releva pas cet instant de faiblesse, ni avec humour, ni avec condescendance, elle ne cherchait pas à élargir la petite faille. Bon point pour elle encore, elle ne cherchait plus de petites bêtes là où il n’y en avait pas. Au final peut-être qu’elle était meilleure dans la spontanéité que dans la recherche constante des petits détails ; il devrait faire attention par la suite si elle choisissait de jouer là-dessus… parce qu’elle avait une spontanéité bien plus dangereuse que le commun des mortels.

Puis elle rit. Elle ne l’attendait certainement pas, cette invitation ouverte à vérifier ses soupçons, ça devait être chose rare. Faut dire qu’une chasseuse en action ne provoque pas vraiment l’envie de la tester, et que réagir frontalement c’est risquer d’y perdre quelques morceaux. Les autres devaient fuir fissa ; pas Jeroen. Mais elle ne céda pas. Elle n’accepta pas sa proposition ; du moins pas directement, car ça lui brulait les lèvres, il en était certain. Elle voulait jouer avec lui mais, mise en face de la possibilité de le faire dans l’immédiat, elle se dérobait. Typique des gosses en plein esprit de contradiction avec les grands.

Léger soulagement du côté de Jeroen tout de même ; il ne voulait pas non plus qu’elle lui fasse de démonstrations de sa force spectaculaire aujourd’hui, ça ferait trop de spectacle et ils en avaient déjà assez fait jusqu’ici. D’ailleurs il savait pertinemment qu’il n’avait pas ce côté dominé qu’elle lui prétendait. Il avait trop de fierté, il était trop au-dessus des autres. Se rabaisser à ça, c’était pour lui une perspective tout simplement impensable. Bon. C’est vrai qu’il aimait bien lui faire penser que, peut-être, elle pourrait avoir raison... ça faisait s’éclairer son regard, comme si elle savait comment gagner à présent, et c’était vraiment mignon. Mais ça n’irait jamais plus loin. Jamais. Il la laissa réfléchir à sa proposition qui n’en était pas tout-à-fait une. Elle avait mis un « mais », mais la spontanéité de Julian et son excitation de gamine étaient parfaitement capables d’écraser ce mot en quelques secondes. Ce qui ne tarda pas d’ailleurs…

    - Je te propose un marché. Un nouveau duel, d’ici peu de temps. Juste assez pour qu’on reprenne tous deux toutes nos forces et je te prouverai que tu as un sacré côté dominé. A moins bien sûr, que tu n’aies trop peur de devoir croiser à nouveau ma route.

Elle voulait s’échapper ! C’était tout de suite moins réjouissant. Il ne voulait pas retomber si brusquement dans le quotidien du château, la perdre de vue et devoir attendre ce « d’ici peu de temps » pour une nouvelle surdose d’adrénaline comme celle qu’ils venaient de s’administrer mutuellement. Il se surprit lui-même à penser ça d’ailleurs ; ce n’était pas son genre de vouloir s’accrocher aux autres de cette manière. Il préférait toujours prendre de la distance pour ne jamais se faire surprendre d’une quelconque manière. S’attacher peut devenir une faille bien plus importante que ce qu’elle en a l’air… Mais là, c’était trop tentant, il risquait de manquer une expérience qui pourrait se révéler fantastique. Il secoua la tête avec un grand sourire.

    - Pour qui me prends-tu. Je suis toujours là pour un duel comme celui qu’on vient d’avoir.

C’était certain. Il ne cracherait jamais sur une petite joute au détour d’un couloir, s’il venait à la croiser à nouveau, et assurément ça allait arriver. En attendant il se consolerait en se préparant mentalement, quitte à délaisser un peu le travail scolaire – quel dommage, hein. Il la regarda se lever, observa cette main tendue comme une invitation au péché, un serpent du jardin d’Eden. Son cœur battait. La suite de la partie se jouait donc maintenant ? Elle devait être sûre d’elle, ou aimer le risque, il pouvait toujours décliner, partir avec une moue bien condescendante. Néanmoins il se leva à son tour, lui fit face, et, dans la folie du moment, il prit sa main et la serra en signe d’acceptation. Il acceptait de continuer, il acceptait l’idée de la revanche même s’il ferait tout pour marquer le prochain point. Puis il s’approcha de son oreille sans la lâcher et susurra :

    - Je serai prêt, quelque soit le moment ; nous verrons bien qui aime se faire dominer. En espérant recroiser ta route très prochainement.

Il sourit et s’écarta en lâchant sa main. Elle n’avait pas tord, lui aussi avait besoin de reprendre ses esprits avant de redevenir réellement apte au combat. Et s’ils étaient tous deux prêts, et qu’ils avaient le temps de se renseigner un peu sur l’autre entre temps, ça montait encore d’un cran le niveau de leur petite guéguerre. Il jeta un rapide coup d’œil à la salle commune, aux élèves qui ne les regardaient pas, ou alors en coin, parce qu’ils étaient tous les deux debout et qu’ils devaient être impressionnants ; ça dépendait des rumeurs qu’ils avaient pu entendre. Il revenait au monde réel avec brutalité, et il sentait l’adrénaline retomber méchamment, laissant une légère faiblesse derrière elle. Il la réprima sans sourciller. Il faudrait attendre alors…

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Jour commun   

Revenir en haut Aller en bas
 
Jour commun
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» A TOUS CEUX QUI PENSE CHAQUE JOUR EN BIEN POUR CE PAYS
» HOROSCOPES DU JOUR
» Infos françaises du jour (prédictions) :
» mise a jour de la beta test
» Discours du premier ministre Alexis(jour des aïeux)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Catacombes et escaliers :: Salle commune des Serpentards-
Sauter vers: