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Why can't Freedom be an Option? *Enzo

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C.C. Everleigh Calgarry



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MessageSujet: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 6 Fév - 0:00

Why can't Freedom be an Option?

&
C.C. Everleigh Calgarry & Enzo Ryans
Je me sentais mal… Tellement mal… Dans mon corps, et dans mon âme. J’étais blessée, heurtée, vidée. Je m’étais confiée à Enzo comme s’il s’était agi d’un psychologue ou d’un psychiatre. Pourquoi avait-il cet effet sur moi ? Alors que je ne me confiais jamais à personne, en temps ordinaire. J’écoutais, oui, mais je ne disais rien me concernant. Pas même à Killian. Au fond, c’était peut-être ça, le fond du problème : malgré Selah, malgré Axton, malgré Arya, je n’avais personne à qui me confier réellement. Même si maintenant, Selah étant ce qu’elle était, je pouvais plus facilement me confier à elle, n’est-ce pas ? Du moins, je l’espérais sincèrement. Mais pourtant, cela ne m’empêchait de vider mon sac auprès d’Enzo, sans même que je puisse m’en empêcher.

« Tu te rends compte ? Elle a dit que c’était bien que je sois une meurtrière ! Je… J’ai pas supporté ce jugement. Ce… C’est bien que je sois un monstre. Un peu plus ou un peu moins, c’est pas grave. »

Un petit rire glacial s’échappa de ma gorge. Je savais que ce n’était pas une excuse à ce que j’avais fait à ma jumelle à la pleine lune, puis après mon viol. J’en avais parfaitement conscience, après tout. Mais c’était fait, et je ne pouvais pas revenir dessus. J’avais beau me sentir coupable, une partie de moi continuait à lui en vouloir de tout ça, comme si elle était la seule et unique responsable de tout ce gâchis. Je secouai la tête et m'efforçai de changer de sujet, de provoquer une réaction chez Enzo, alors je lui avouai que Mack était là. Mack que j’aimais encore. Je m’en étais rendue compte quand je l’avais vu ce matin là, avant ma dernière dispute avec ma sœur. Mon cœur me portait vers lui, mon corps aussi, malgré le souvenir de mon viol, malgré mon dégoût de moi. Rien que pour ça, je me sentais plus monstrueuse encore. Comment pouvais-je désirer quelqu’un après ce que j’avais subi ? Mais Enzo ne dit rien, malgré la tension visible dans ses muscles et dans son regard que je croisai brièvement. Si j’avais été cent pour cent humaine, nul doute que son regard m’aurait complètement paralysée et terrorisée. Mais j’étais louve. Humaine, certes, mais louve, en grande partie. Surtout maintenant. J’étais décidée à lui laisser une plus grande part de liberté. Etre moi ne m’apportait rien, au fond, que des problèmes, alors… Je retins avec peine un grognement à son changement d’attitude. Non, je n’avais pas besoin de jouer à ce petit jeu. Pas avec lui. Je le savais dominant, et je savais que, si je laissais Louve prendre totalement le dessus, elle le serait également. Qu’en était-il de Mack ? Je n’en savais rien, et n’étais pas réellement pressée de le découvrir. Les choses étaient aussi bien comme ça, je supposais.

Finalement, comprenant que ce n’était pas un bon sujet de conversation et qu’il attendait toujours de savoir ce que j’avais subi, je finis par lui avouer la triste vérité. Mais je n’avais pas tout dit, encore… Torturée, violée. Mais c’était pire… Tellement pire…

« J’ai fini par hurler. Il m’a fouettée. Il a… Versé du sel sur les plaies de mon dos. C’était tellement à vif, tellement long à cicatriser » et ça ne l’était d’ailleurs pas encore complètement, même si je faisais comme si « j’en ai d’ailleurs gardé des cicatrices, je crois, que j’avais l’impression qu’il y avait versé de la poudre d’argent, aussi… »

J’eus un sourire désabusé.

« Il y a eu des chaines, aussi, qui m’ont meurtri les poignets, il m’a étranglée, à moitié, et m’a entaillé le visage. Mais ça, ça a guéri vite. Etre lycanthrope a ses avantages, parfois... Mais surtout… Le corps c’est une chose. Mais je me sens tellement… Sale… »

Et il n’y avait rien que je puisse faire contre ça, de toute façon, hormis essayer d’apprendre à vivre avec. Et ça, ce n’était pas demain la veille. Je ne supportais même plus de me regarder dans un miroir. J’utilisais ma baguette pour me coiffer, cachai le miroir au dessus du lavabo, soit avec de la buée, soit avec une serviette pour ne pas voir à quoi je ressemblais.

« Je ne supporte plus mon visage… Alors voir celui de ma jumelle… C’est comme voir un miroir. »

Il ne pouvait rien pour moi, hormis m’écouter. Hormis rester là, mais à distance et me laisser vider mon sac. Pourtant, sa proposition d’aller faire un tour, en promettant de ne pas m’approcher, c’était, sans nul doute, une bonne idée. A rester là, nous finirions par avoir l’air suspect. Et je ne voulais pas qu’un autre Supérieur m’approche, de près ou de loin. Devoir les croiser dans les couloirs, ou dans les cours, c’était déjà bien assez dur comme ça. Je ne voulais pas, en plus, les croiser quand j’étais dehors et prendre le risque d’empirer encore les choses en me faisant emmener à nouveau dans les cachots. Cette idée suffit à me faire trembler des pieds à la tête. Aucun ne m’avait fait aussi peur que Stevenson, jusque là, sauf Walters. Le directeur, il me fichait la trouille, me provoquait des coulées de sueur froide quand je le croisais ou que je passai simplement devant l’accès à son bureau. Et c’était pire encore depuis la fin du mois précédent, même si ce n’était pas lui qui m’avait violée directement.

« D’accord » dis-je simplement avant de me lever.

Le silence me convenait parfaitement. Je le suivais, prenant avec lui la direction de la Forêt Interdite. M’éloigner de ce fichu château me convenait parfaitement. Et, même, si nous trouvions un passage pour l’extérieur, ce serait mieux encore, même si pour cela il fallait rester une semaine dans les bois pour pouvoir les traverser. Tout plutôt que de retourner à l’intérieur. Tout, plutôt que d’affronter encore ce qui menaçait de devenir mon nouvel épouvantard. Comment réagirais-je, d’ailleurs, si Stevenson devait pointer le bout de sa belle gueule d’enfoiré la prochaine fois que je me retrouverais face à cette créature magique qui matérialisait nos plus grandes peurs ? Bonne question. Sans doute commencerais-je par me retrouver paralysée avant de me mettre à frapper cette illusion de toutes mes forces… Je ne voyais pas du tout comment le ridikulus pourrait venir à bout de cette ordure. Ce n’était, juste, pas possible.

Finalement, Enzo reprit la parole, avouant qu’effectivement, il ne pouvait rien faire pour moi. Du moins, sa partie humaine, sa partie lupine pouvant seulement se contenter de me comprendre et comprendre mes proches. Ouais… Bah…

« Tu ne peux que jouer les psy avec moi, en somme… » dis-je en tentant une pointe d’humour qui, même à mes oreilles sonnait faux.

Un silence s’établit à nouveau entre nous deux, et je le goûtais comme j’aurais pu goûter le vent, ou l’air, simplement. Mais il fut rompu trop rapidement, lorsqu’Enzo prononça le nom que je n’avais pu prononcer. Cette fois, je ne pus bloquer le grognement que j’avais retenu plus tôt. Ce n’était pas dirigé contre lui et j’étais certaine qu’il s’en rendrait compte.

« Ne parlons plus de lui. S’il te plait. »

M’enfin… Je ne m’attendais pas à ce qu’il s’exécute aussi rapidement pour changer de sujet et se mettre à parler de mon autre sujet tabou : ma jumelle… Bah bien sûr… J’aurais dû m’en douter, que s’il était là, ce n’était pas par hasard… Je fronçai les sourcils, mon regard s’assombrissant. Certains jours, je regrettai de ne pas être animagus plutôt que lycanthrope. Ainsi, j’aurais pu me transformer juste en cet instant, et fuir la conversation. Mais lycanthrope, il me fallait attendre la pleine lune, et elle n’était pas avant dix jours. Ouais… En somme, je n’avais qu’une possibilité : subir ou le planter là. Et le planter là, ce n’était pas très sympa compte tenu de ce qu’il venait de faire pour moi, à savoir simplement être là et me prêter une oreille attentive.

Je ne répondis rien, me contentant d’écouter ce qu’il avait à me dire. Forcément, s’il s’était comporté bizarrement avec elle après qu’on ait couché ensemble, cela n’était pas étonnant qu’elle lui soit tombée dessus. C’était tout Killian ça. Je la reconnaissais bien là dedans. Pour un peu, j’aurais pu en sourire d’amusement. Pour un peu, seulement, car j’étais très loin d’être d’assez bonne humeur pour ça. Toutefois, je fus rassurée de savoir que, s’il était venu, c’était avant tout pour moi, et pas pour ma sœur. Et si elle n’avait pas tout compris, c’était tant mieux. Quant au fait de péter tous les deux un câble… Oui, je savais ce que ça pouvait donner.

« Je suis trop… Epuisée moralement pour m’en prendre à toi. Mais j’espère effectivement pour toi qu’elle n’a pas compris tous les tenants et aboutissants… Sinon, elle risque de ne pas te lâcher pour que tu t’occupes de moi. »

Bien sûr, j’aurais pu le rassurer sur le fait que ça ne risquait pas de déraper dans le sens sexuel du terme, mais il s’en doutait certainement après les aveux que je venais de lui faire.

« Elle t’a dit quoi, au juste ? » demandai-je malgré moi.

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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 6 Fév - 12:41

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Why can't freedom be an option ?




Marcher, en silence, pour laisser le corps s’occuper un peu tandis que l’esprit n’arrive pas à chasser les images qui le hantent. Des images fausses, fabriquées de toute pièce par une imagination sans doute un peu trop débordante, et trop réaliste, malheureusement. Du sang, des cris, des larmes et de la douleur. De la torture, de l’humiliation. J’ai vécu déjà tout ça, les chaînes, la cage même, et les blessures physiques et mentales, mais ce dont je ne pourrais jamais prendre la mesure, c’est la détresse qu’elle a du ressentir quand il a posé ses mains sur elle et qu’elle a compris qu’elle n’y échapperait pas, qu’il ne lui échapperait pas. Louve ou pas, elle n’a rien pu faire contre cette ordure qui a utilisé son corps comme un objet sans valeur avant de la jeter dans l’oublie. Et ça me rend malade. Je ne suis pas responsable de tous les maux de la terre, je ne suis pas responsable de ce que les Supérieurs font subir à tellement de personnes ici, et peut être même ailleurs, mais lorsque j’apprends qu’ils ont touché à quelqu’un qui a une valeur à mes yeux, peu importe laquelle, peu importe la relation qui me lie à cette personne, je me sens coupable, c’est plus fort que moi. Coupable de ne pas avoir été là, de n’avoir rien pu faire pour empêcher que ça arrive ou en tout cas de limiter la casse.
J’aurai été capable de lui hurler de se taire tandis qu’elle me racontait tout en long, en large et en travers, mais je ne l’ai pas fait. J’en ai eu envie, besoin même, mais je ne l’ai pas fait pour la simple et bonne raison qu’elle avait besoin que ça sorte. Alors j’ai encaissé, sans rien dire. Je me suis vu mile fois massacrer Stevenson dans ma tête, chose dont j’avais déjà rêvé plusieurs fois, mais jamais avec autant de sauvagerie. Sauvagerie, qui me faisait peur, mais les poings toujours serrés dans mes poches, à m’en faire craquer les jointures, je gardai le silence. La Forêt Interdite … Quand je l’ai vu se dessiner devant nous, je n’ai eu qu’une seule envie, un besoin viscéral encore une fois : Retrouver mon corps de Loup et courir, toujours plus vite, toujours plus loin, slalomer entre les arbres comme je l’ai déjà fait si souvent, expulser de mon organisme toute cette rage qui me tend chaque muscle, chaque nerf. Mais c’est impossible, et sur l’instant, je trouve ça regrettable. Etre un Loup, à part entière, tout le temps, ça serait tellement plus simple. Je ne serai plus un danger pour personne. Je serai libre, seul, indépendant. Je serai animal et n’aurai plus à me soucier de ces problèmes typiquement humains qui me pourrissent l’existence. Disparaître, j’en ai rêvé tellement de fois de ça aussi. L’appel de la Forêt, il avait raison Jack London.

L’antique instinct nomade surgit,
Se ruant contre la chaîne de l’habitude ;
Et de son brumeux sommeil séculaire
S’élève le cri de la race.


Mais je ne suis pas un Loup, pas totalement, et cette part d’humanité je dois l’accepter puisqu’elle fait partie intégrante de moi, puisque j’ai été Homme avant d’être Loup, et que longtemps j’ai luté pour ne pas que cette dernière prenne totalement le dessus. Je suis fatigué d’être un Homme oui c’est vrai, mais je ne peux pas renier cette part de moi. Et si je ne le fais pas pour moi, je dois le faire pour les autres. Pour mon frère, pour Jillian même si elle n’est plus là, pour Sovahnn et Elwynn, pour Ismaelle, et même pour Lui, pour Kyle. Céder, ça serait admettre qu’il a eu raison de m’abandonner et ça même si je sais que c’était surement la meilleure chose à faire pour lui, je ne peux pas. Chaque parcelle de mon être le réclame, en permanence, et toutes ces choses que j’ai vécu ces derniers jours, toutes ces émotions, c’est avec lui que j’aurai eu besoin de les partager. Sovahnn a été là, et je ne l’en remercierai jamais assez, mais c’est dans ses bras à Lui, contre sa peau, que j’aurai aimé laisser couler les larmes. J’aurai voulu m’oublier en sa présence. Les choses ne se sont pas passées comme ça, je dois faire avec, c’est tout. Accepter les conséquences de mes actes et ne pas sombrer, ne pas craquer, ne pas faire payer à Taylor le fait d’avoir réussi à me transformer en monstre cette nuit là. Attendre, patienter dans l’ombre, mettre au clair cette relation étrange entre lui et moi et puis … qui sait, peut être en finir avec tout ça. Je ne cherche pas la mort, ça non, j’ai arrêté de lui courir après mais dans des moments comme ça je ne sais plus quoi penser. Alors voilà pourquoi je me concentre sur les problèmes des autres, pendant ce temps j’en oublie les miens. Et si je le dois à toutes ces personnes, je le lui dois à elle aussi, à Ever, puisqu’en cet instant je crois qu’elle a bien plus à souffrir que moi. Dans le fond, il n’y a que mon cœur qui soit brisé, pour elle, c’est bien plus profond que ça. Je garde donc mon calme, mais sur un accord tacite entre nous deux je change de sujet. Autant ne pas tenter le diable. Un sujet banal pour moi, mais qui je sais, ne le sera pas pour elle. Mieux vaut prévenir que guérir, donc oui, vas-y, si tu veux craquer, fais le, je resterai stoïque.

« Je suis trop… Epuisée moralement pour m’en prendre à toi. Mais j’espère effectivement pour toi qu’elle n’a pas compris tous les tenants et aboutissants… Sinon, elle risque de ne pas te lâcher pour que tu t’occupes de moi. »

Elle ne le fera donc pas. Elle ne craquera pas, trop épuisée pour ça. Soit. Et que Killian ait des doutes sur moi, dans le fond ça ne m’étonnerait pas tant que ça. Si je me cache, si je ne veux pas qu’on sache qui je suis en réalité, ça n’est pas vraiment par peur du jugement. Ce que pense les autres de moi, ça n’a jamais été une obsession pour moi mais c’est mon secret, et je tiens à le garder. Il y a déjà trop de gens au courant de ça et ça ne les regarde absolument pas. Je n’ai pas envie de devenir le Grand Méchant Loup de ce château. Je ne veux pas que l’on observe, qu’on m’analyse. Je ne veux pas entendre ce genre de ramassis de conneries de la part de personnes qui ne savent même pas de quoi elles parlent : Ah c’est pour ça. Je vous emmerde, je suis ce que je suis, avec ou sans Loup. Plutôt avec, parce que sans je ne peux plus. Je ne pourrais jamais. Je le hais. Je me hais. Je déteste cette situation et pourtant, avec tout mon paradoxe habituel, je suis attaché à lui et ne supporte pas qu’on lui fasse du mal. Dualité permanente. Combat intérieur. Peut être qu’un jour je réussirai à mettre de l’ordre dans tout ça mais pour l’instant, je dois apprendre à vivre avec moi même. Parfois, ça passe par les autres.

« Elle t’a dit quoi, au juste ? »
« Pas grand chose. Que tu ne lui adressais plus la parole, et de ne pas te laisser toute seule. »

Ce qui est la vérité.

« Mais y a des choses qu’on a pas besoin d’entendre pour comprendre. »

J’ai compris toute sa douleur de te savoir loin d’elle, et l’inquiétude dans le fond de son regard. Tout ça, ça ne ment pas. Le langage du corps ne peut pas mentir. C’est comme ça que j’ai compris ce qu’allait me dire Kyle avant qu’il n’ouvre la bouche, et très honnêtement, je m’en serai bien passé.

« Je ne veux pas être coincé entre vous deux, ce sont vos histoires, pas les miennes et je n’ai pas à m’en mêler, mais même si Killian n’est pour moi qu’une connaissance bien trop lointaine pour que je m’en préoccupe réellement, ça n’est pas ton cas. Si je t’aide, si ça te fait du bien de te confier à moi, alors tant mieux. Sache simplement qu’une part de moi se sent responsable de toi. J’ai joué les petits malins, je t’ai poussé à la laisser sortir, à apprendre à la connaître et à la dompter alors que moi même j’y arrive pas. Pas toujours. J’y ai cru pendant un temps mais … En fait, j’arrive pas à savoir si c’est le Loup que je n’arrive pas à contrôler, ou l’humain. »

Et comme l’un ne va plus sans l’autre …

« J’ai fait trop d’écarts dernièrement, alors t’aider toi, ça m’aidera moi aussi. De Loup à Loup, je ne peux pas t’abandonner. C’est comme ça. Je n’ai que toi, avec Jakob ça passe pas. Peut être parce que c’est un mâle, j’en sais rien, mais j’ai du mal à rester dans la même pièce que lui sans avoir envie de foutre en l’air la hiérarchie. »

Même si depuis qu’il a sauvé Kyle je m’écrase, je fais en sorte d’être le moins possible en sa compagnie, parce que Loup, et moi, n’avons pas apprécié la façon dont il nous a jugé avec autant de facilité.

« Y a une part d’égoïsme dans ma démarche, mais pas seulement. C’est juste … Personne d’autre peut réellement me comprendre. Et inversement. »

Un regard vers l’obscurité de la forêt, elle me tente tellement, malgré tout ses dangers, malgré tous les souvenirs que j’y ai. Des courses effrénées, certes, mais aussi l’odeur de la peur, la mienne, la leur, et du sang. Des morts. Des rires macabres. J’ai l’impression parfois de sentir encore le goût acre et métallique du dernier être humain qui est mort par ma faute il y a deux Lunes. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, mais pour la première fois je n’ai pas été en mesure de garder le contrôle sur cette sauvagerie, cette rage animale qui m’habite. Je l’ai mordu, tout comme j’ai mordu Kyle, sauf que lui ne s’en ai pas sorti, il ne s’en est pas relevé, et si on ne m’en avait pas empêché, je l’aurai probablement fini moi même. Un monstre, un tueur, c’est ce que je suis, c’est ce que nous sommes, et rien ne pourra jamais changer ça. Rédemption ou pas. Rien ni personne ne pourra nous sauver.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 6 Fév - 17:39

Why can't Freedom be an Option?

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Ma sœur lui avait parlé de moi. Je ne savais si je devais m’en sentir flattée, ou blessée, au contraire. C’était à la fois une preuve qu’elle ne respectait toujours pas mon vœu de distance mais d’un autre côté, cela prouvait qu’elle m’aimait toujours, malgré ce que je lui avais fait. J’en étais autant flattée que vexée et ne savais trop sur quel pied danser. Comment devais-je interpréter la chose, concrètement ? Je me passai la main sur le front, sur les yeux et pressai doucement sur ces derniers, comme si j’avais une migraine. Et, de fait, je n’en étais pas très loin, au fond. Cela me dérangeait, au fond, qu’elle mêle d’autres personnes à nos problèmes de famille. Pourquoi ne pas hurler à la face du monde que j’étais lycanthrope ? Ca serait plus simple… Et ça m’éviterait de voir tout le monde se jeter sur moi, soit pour faire un procès, soit pour faire ma psychothérapie… Bon, d’accord, Enzo n’avait rien demandé. C’était moi qui m’étais confiée à lui. Je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça. Ca aurait été facile, pourtant, mais pas juste. En même temps, je me sentais tellement instable qu’un coup j’étais prête à pleurer, à me laisser mourir et l’instant d’après, j’étais prête à tuer quelqu’un. C’était tellement dur à supporter, tout ça… Je poussai un petit soupir et le laissai expliquer ce qu’elle avait pu lui dire ou lui faire comprendre.

Elle lui avait dit que je ne lui parlais plus ? Sans blague… Il s’en était peut-être déjà rendu compte avant même qu’elle n’aille lui parler, au fond, mais bon… Et ne pas me laisser toute seule ? C’en était risible, presque. De fait, j’avais presque envie d’éclater de rire devant le côté ridicule de cette demande. Le problème, c’était justement que je voulais être seule. Que je ne supportais pas qu’on soit trop près de moi et ça, il l’avait compris vu qu’il gardait une certaine distance de sécurité, même si nous étions suffisamment proches pour que personne ne se pose trop de questions. Mais, si ça n’avait tenu qu’à moi, la distance aurait été au moins du double.

Lorsqu’il me parla des non-dits, je me raidis instinctivement. Il n’avait pas besoin d’en dire plus. J’imaginais très bien à quel point elle avait dû sembler en détresse, sans moi, même si elle se faisait des idées. Elle se suffisait bien à elle-même. Elle n’avait nul besoin de moi pour exister. D’une certaine façon, c’était peut-être ce que je cherchais à lui prouver : que même sans moi, elle était quelqu’un de complet. Mais je ne répondis pas. Ce n’était pas le genre de choses dont je devais discuter avec lui. Je le savais pertinemment et il n’avait pas besoin de me le préciser, ce qu’il fit, pourtant.

« Tu n’es pas responsable de ce qui m’est arrivé… Tu es peut-être responsable du fait que je sois toujours en vie après ce qu’il m’a fait, mais certainement pas de ce qu’il m’a fait… »

Voilà qui était dit et qui sous-entendait très clairement que, sans Louve, je n’aurais pas supporté ce que j’avais subi. Je baissai la tête, légèrement. C’était la première fois que j’admettais, que ce soit par devers moi ou à haute voix à quel point Louve m’était précieuse. J’eus presque l’impression de sentir une onde de chaleur me parcourir le corps, comme si elle m’était reconnaissante de cet aveu. En tout état de cause, je ne pouvais que m’avouer qu’en ce moment, j’avais plus besoin de Louve que de ma sœur. C’en était, presque, flippant. J’étais partagée entre deux identités, comme je l’avais toujours été depuis un an et demi, mais j’en avais plus conscience encore qu’avant. D’un côté, il y avait Everleigh l’humaine, membre d’une fratrie comprenant ma sœur jumelle et moi, et de l’autre, j’étais Everleigh la lycanthrope, qui se partageait entre une humaine et une louve. Et, en ce moment, j’avais plus envie d’être louve qu’humaine.

« Je voudrais pouvoir devenir louve quand bon me semble… » finis-je par dire, sortant du sujet de ma sœur.

Mais c’était la vérité. Et je ne doutais pas le moins du monde qu’Enzo pouvait comprendre.

« Je voudrais être animale à cent pour cent. Pouvoir m’oublier dans les instincts simples de l’animal… »

Je ne m’attendais pas, cependant, à ce qu’il poursuive sur ses dérives. Je lui jetai un regard en biais, intriguée et, avant de pouvoir m’en empêcher, je m’approchai de lui et posai ma main sur son bras, en signe de soutien.

« Je suis là pour toi, comme tu es là pour moi, Enzo. Comme tu le dis, on peut mieux se comprendre que n’importe qui d’autre dans ce château. »

Personne d’autre ne savait ce qu’on traversait, hormis les autres lycanthropes du château : Jakob, Mack… Mais entre nous, le dialogue passait mieux qu’entre n’importe qui d’autre. Il n’était pas mal passé entre Jakob et moi et, si je laissais une chance à Mack, je savais qu’il passerait bien aussi, mais je comprenais le point de vue d’Enzo. Il était un mâle, un jeune qui avait besoin de dominer, face à des dominants. Avec moi, le problème n’était pas le même : j’étais femelle. Le seul problème qui pouvait se poser par rapport à moi, c’était s’ils décidaient que je leur appartenais. Car les femelles devaient ‘appartenir’ à un mâle. Pour l’instant, j’étais libre. Mais pour combien de temps ? J’espérais que les choses resteraient en l’état. Je pouvais partager le territoire de n’importe lequel de ces mâles sans être pour eux une menace. Mais s’ils décidaient que je devais leur appartenir… Là, ça n’irait plus du tout.

« Quand je suis allée voir Hammerschmitt, il m’a conseillé de prendre de la distance avec ma sœur. Deux jours après, ce type m’attaquait, et quelques jours après, ma sœur m’approchait de trop près… Risible. J’étais pourtant décidée à appliquer son conseil, au prof… D’ailleurs, il voulait nous prendre ensemble pour nous apprendre la potion tue-loup… Mais je ne me sens pas de m’enfermer avec vous deux dans une salle… Trop de testostérone… »

Je me forçai à rire, mais même moi, j’eus conscience que cela sonnait faux.

« Je préfèrerais entrer dans une cage pleine de fauves affamés et près à me bouffer… » dis-je en toute franchise.

Oui bon, la comparaison n’était peut-être pas flatteuse, mais après ce que je venais de lui dire, Enzo la comprendrait sans peine et pourrait, peut-être, me trouver une excuse si le maître des potions nous convoquait pour une leçon particulière. Je ne lui parlai pas, cependant, de ma décision de ne pas prendre la potion ce mois-ci, car il tenterait, sans doute, de m’en empêcher. Mais en même temps, je ne voulais surtout pas prendre le risque de me retrouver nez à nez avec Hammerschmitt. Enzo, encore, était un ado. Jakob, lui, était clairement un adulte, et c’était un adulte qui m’avait fait ça…

Je poussai un nouveau soupir qui résonna étrangement dans la forêt. Je ne m’étais pas rendue compte que nous nous étions déjà tant enfoncés dans la forêt mais, à dire vrai, je n’étais pas le moins du monde inquiète à cause de ça. C’était plutôt l’idée de devoir retourner au château qui m’inquiétait follement…

« Vivement la pleine lune, que je puisse m’évader quelques heures de toute cette humanité dévorante et purulente… » Et que je puisse oublier tout ça, aussi…
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 6 Fév - 21:17

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Certains trouveraient ça insensé de se balader comme ça dans cette immensité peu accueillante. Ça n'est pas mon cas, et ça n'est pas celui d'Ever non plus, je peux le sentir. A mesure qu'on avance, elle se livre, elle se détend, elle me fait part de ses ressentit, de ses souhaits, qui sont à peu de choses prêt, les mêmes que les miens. Être libre. Être libéré de nos chaines, celles qui nous entravent mais que les autres ne voient pas, qu'ils ne comprennent pas. On ne peut pas leur vouloir, non, mais parfois c'est difficile de supporter les regards de ceux qui nous sont le plus proches et qui ne comprennent pas, qui ne tolèrent pas certaines réactions, certains comportements. Je n'ai pas oublié la cause de nos disputes les plus régulières, ni même la blessure dans mon être quand il ne faisait pas l'effort d'envisager que j'étais sincère. Je ne sais pas comment il vit depuis que je l'ai mordu, je ne sais pas si comme me l'a dit Hammerschmitt, il a effectivement des effets secondaires, mais si c'est le cas, je crois qu'une part de moi espère qu'il prendra mesure de ce que ça peut être de vivre avec ça en permanence. Être irascible, impulsif, possessif et tout un tas d'autres qualificatifs, sans pouvoir mettre un frein à tout ça. Réagir au quart de tour, pour un mot de travers, démesurément pour le commun des mortels. Je l'espère oui, mais d'un autre côté, je souhaite de tout mon cœur qu'il n'ait jamais à subir ça. De toute façon, ça n'a plus d'importance maintenant qu'il me comprenne ou non. On vit chacun de notre côté, et même s'il m'arrive encore parfois de ne pas résister à l'envie de l'observer quelques minutes, je crois que je me suis fait une raison. Si c'est plus facile pour lui comme ça, je dois respecter ça. A ma connaissance, il n'a pas fait un pas vers moi depuis ce matin là où j'ai tout gâché, alors oui, je dois respecter son choix, son éloignement, même si ça me tue, même si toutes les nuits je rêve de lui, même si chaque matin je me réveille avec son T-shirt entre les doigts, même si je sais que je ne l'oublierai jamais, et que je me fais du mal. Je devrais avancer moi aussi après tout, mais je n'en ai pas la moindre envie. Et puis à quoi ça sert ? Avancer ? Ici ? Pourquoi faire ? Je ne sais même pas si je serais en vie dans deux minutes …

J'étais perdu dans mes pensées quand sa main s'est posé sur mon bras. Ça m'a surpris, mais par je ne sais qu'elle miracle je n'ai eu aucune réaction brutale. Je me suis simplement arrêté, et j'ai regardé cette main, posée là, tranquille. J'ai relevé les yeux vers elle.

« Je suis là pour toi, comme tu es là pour moi, Enzo. Comme tu le dis, on peut mieux se comprendre que n’importe qui d’autre dans ce château. »

C'est un sourire triste qui s'est affiché sur mon visage, accompagné d'un soupir plein de lassitude. Je ne l'ai pas remercié, pas de vive voix mais je pense que mon corps, mon regard, ont du parler pour moi. L'intention était là pourtant, mais les mots ne sortaient pas. Parce que c'est toujours plus simple de parler pour les autres, pour soi c'est autre chose.

« Quand je suis allée voir Hammerschmitt, il m’a conseillé de prendre de la distance avec ma sœur. Deux jours après, ce type m’attaquait, et quelques jours après, ma sœur m’approchait de trop près… Risible. J’étais pourtant décidée à appliquer son conseil, au prof… D’ailleurs, il voulait nous prendre ensemble pour nous apprendre la potion tue-loup… Mais je ne me sens pas de m’enfermer avec vous deux dans une salle… Trop de testostérone… »

La surprise cette fois. Vraiment ? Hammerschmitt avait cette intention là ? L'idée est bonne dans le fond, mais avec mon instabilité chronique et celle d'Ever, tout comme elle je suis un peu septique. A voir comment ça se passe entre nous actuellement, ça n'est pas vraiment à cause de sa présence à elle que je m'inquiète, même si à l'approche d'une Pleine Lune ça pourrait tout changer, mais il ne serait pas assez inconscient pour faire ça, si ? Non c'est plutôt sa présence à lui que je risquerai de ne pas supporter, et sachant qu'Ever sera sous tension, on aura le droit à un véritable cocktail explosif. A mon avis c'est définitivement une mauvaise idée même si elle serait pourtant une bonne chose. J'en ai assez de dépendre des autres, y compris pour ça. Puisque le Tue-Loup est quelque chose dont un Lycanthrope ne peut pas se passer s'il veut garder le contrôle, autant savoir le faire. Ce truc est profondément dégoûtant, mais essentiel. J'ai donné dans les Pleine Lune sans ça et … Plus jamais. Même avec je déraille, alors sans, c'est hors de question.

« Je préfèrerais entrer dans une cage pleine de fauves affamés et près à me bouffer… »
« Sympa la comparaison ... »

On a rit. Pas franchement convaincu ni l'un ni l'autre, mais on a rit, et quand on y pense, c'est la première fois. Elle est vraiment étrange cette relation. J'ai l'impression que plus ça va, et plus on arrive à se comporter comme … deux êtres humains. Elle est pourtant une des personnes avec qui je serais le plus susceptible de me comporter comme un animal, mais pourtant, aujourd'hui c'est tout le contraire. Et ça fait du bien, aussi étrange que cela puisse paraître.
On a continué à marcher, à s'enfoncer plus loin dans la forêt sans réellement faire attention où on allait et ce peut importe les risques qu'on prenait. Je crois que elle comme moi n'en avions pas grand chose à faire de toute façon. On se sentait bien, sous les arbres, au cœur de la nature la plus sauvage, dans le calme. Dans notre élément.

« Vivement la pleine lune, que je puisse m’évader quelques heures de toute cette humanité dévorante et purulente… »

Par réflexe, j'ai fermé les yeux quelques secondes, sans pour autant m'arrêter. J'aurai tellement voulu ressentir les choses comme ça moi aussi, mais depuis quelques semaines ...

« Elle me fait peur. D'un côté je l'attends comme toi, comme une délivrance, mais … de l'autre j'en ai peur. »

Dans un geste prodigieusement familier, j'ai sorti une main d'une de mes poches pour la poser sur mon ventre, sous mon T-shirt. Je ne sais pas pourquoi je fais ça, mais c'est automatique. Ça me rassure, je crois, en quelque sorte. Besoin d'un contact. Je ne m'arrête pas de marcher, je ne la regarde pas, gardant mes yeux braqués droit devant alors qu'un écureuil saute de branche en branche au dessus de nos têtes. Peut être a t'il senti que deux prédateurs venaient d'entrer sur son territoire. Pourtant, je n'ai plus grand chose d'un prédateur à l'heure actuel et avouer que j'ai peur, ça ne m'enchante pas des masses, mais je ressens le besoin d'exprimer les choses telle que je les ressens parce que je sais qu'avec elle je n'ai pas besoin de faire diversion, ou de trouver une autre explication. Elle comprendra.

« J'ai merdé Ever, et ma connerie je pourrais jamais la réparer. Je … Celui qui t'a fait ça, qui t'a mordu, qui a changé ta vie et qui est là d'après ce que tu me dis, je … Je peux le comprendre, et crois moi, cette place là n'est pas plus confortable que celle de celui qui se fait mordre. »

Enfin ça, peut être pas ...

« J'ai la trouille que ça recommence. Même si je m'enferme à double tour, même si j'me planque, et même si j'ai le contrôle, ici y a toujours des éléments qui peuvent tout faire foirer et … J'suis fatigué, de tout ça. J'voudrais juste, tu sais, moi aussi, être un Loup et basta. »

Ne plus m'approcher des Hommes, ne plus leur faire de mal.
Petits êtres fragiles ...

Je n'en ai parlé à personne hormis Jillian. Il n'y a qu'elle et Hammerschmitt qui soit au courant de ce que j'ai fait. Kyle aussi, bien sur, mais a qui d'autre aurais-je pu lâcher ça ? Personne. Personne qui soit en mesure de comprendre que parfois, on n'est pas toujours en mesure d'avoir un total contrôle, et que c'est dur de devoir luter contre soi même, contre des instincts plus fort que tout le reste, en permanence. Cette nuit là je n'ai pas su le faire, et il ne se passe pas un jour sans que je ne le regrette. Me mettre dans une telle position de faiblesse, ça ne me plait pas, mais je sais qu'elle n'en profitera pas. Et quand bien même ça serait le cas, quand bien même sa louve se réveillerait avec une envie de tester mon Loup, je ne doute pas une seule seconde qu'il se réveillerai à son tour pour rétablir l'ordre des choses. J'espère juste qu'on en arrivera pas là. Vraiment pas.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Mar 14 Fév - 16:18

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Aussi étrange que cela puisse paraître, sa présence en cet instant, me faisait du bien. Nos rapports, pourtant, étaient des plus étranges. J'étais autant à l'aise que mal à l'aise mais ça, je lui avais déjà expliqué pourquoi. Je venais, même, de faire un trait d'humour un peu beaucoup foireux, expliquant pourquoi je ne voulais pas me retrouver dans une salle fermée avec Jakob et lui. Vraiment foireux. Nous rîmes tous les deux, de façon un peu forcée, histoire d'essayer de détendre l'atmosphère.

"Tu comprends... Vous êtes tous les deux des dominants, et je suis la seule femelle du chateau..."

Je parlais, bien entendu, en termes de lycanthropie, et je savais parfaitement qu'il comprendrait ce que je voulais dire.

"Des fauves affamés je pourrais gérer, deux hommes qui pourraient être victimes de leur testostérone, non..."

Voilà. C'était dit. Et je ne pus, d'ailleurs, retenir un frisson très humain, qui ne tenait rien du froid de l'air environnant - on dit merci à la lycanthropie de vous tenir chaud toute l'année - mais tout à la crainte d'une éventualité d'être victime d'un assaut de testostérone masculin. Ce n'était, pourtant, pas une peur panique. Louve, fort heureusement, me contrôlait et m'empêchait d'exsuder la peur à cette idée. C'était plus une vague sensation qu'autre chose. Mais c'était loin de suffir pour me transformer en une proie, heureusement. Je l'avais été bien assez comme ça ces derniers jours.

"Je ne veux pas être encore une victime..." dis-je.

"Je suis une lycanthrope, merde! J'aurais pas dû me laisser avoir..." renchéris-je en donnant un coup de pied dans une pierre qui alla valser une dizaine de mètres plus loin avant d'être arrêtée dans sa course par un rocher qui affleurait du sol.

Alors oui, j'étais pressée d'être sous forme de louve. Parce que je ne parvenais pas à me défaire de cette sensation de souillure. J'avais beau me doucher quinze fois par jour, frotter jusqu'à ce que ma peau soit rouge et irritée, je me sentais toujours aussi sale.

La crainte d'Enzo de la lune me fit retourner la tête vers lui alors qu'il sortait la main de sa poche pour la poser sur son ventre. Je ne prêtai aucune attention à l'écureuil qui s'éloigna de nous, gardant mon regard fixé sur le rouge et or, sans dire un mot. S'il voulait parler, il le ferait. En attendant, je ne le forcerais pas. Je lui avais dit être là pour lui comme lui l'était pour moi, il pourait donc se confier s'il le désirait. Dans le cas contraire, je ne pourrais le blâmer de ne pas le faire, même si écouter les problèmes des autres me sortirait de mes propres démons intérieurs. Il avait donc mordu quelqu'un? Allait-il y avoir un autre loup dans les couloirs de l'école?

"Les accidents arrivent. On ne veut pas forcément que certaines choses arrivent, mais elles arrivent."

Je me souvenais encore de ce contact quand il m'était rentré dedans. De son bonheur de me voir vivante, de son coeur qui battait tellement fort quand il m'avait serrée contre lui avant que je ne me dégage de son étreinte. De sa peine lorsque je l'avais repoussé...

"Parfois, ce n'est pas tant l'acte en lui-même que les regrets que l'on éprouve qui comptent le plus."

Et c'était moi qui disait ça? Alors que j'avais rejeté Mack? Mais ce n'était pas pareil, pas vrai?

"Et puis... Tu n'es pas tout seul. Je suis là..."

Je marquai un petit temps de silence avant de reprendre:

"Explique-moi. Que s'est-il passé?"
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Jeu 16 Fév - 13:14

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Why can't freedom be an option ?





A l’approche d’une Lune, la présence d’Ever aurait probablement du me déstabiliser, mais ça n’était pas le cas. Bien au contraire, et ce malgré le fait qu’elle se méfiait de l’homme en moi. Mon Loup aurait pu y voir une marque de faiblesse ou de soumission, mais encore une fois, ça n’était le cas. En sa présence, je ne me sentais pas apaisé pour autant mais légèrement plus libre en tout cas que je n’aurai pu l’être avec quelqu’un d’autre parce qu’elle était la personne la mieux placée dans ce château pour comprendre mes états d’âmes, et inversement. Bien sur je ne pourrais jamais prendre la mesure de ce qu’elle a enduré, ou en tout cas – et ce très égoïstement – je ne l’espère pas parce que ce qu’elle a vécu, je crois qu’il n’existe pas forme de torture plus violente. Passer à autre chose, arrêter sur les détails, c’était essentiel pour moi auquel cas je n’aurai pas été en mesure de rester stoïque. L’entendre me raconter ce que ce type lui avait fait, c’était extrêmement violent et si je n’avais pas été aussi « calme » par la force des choses et parce que je me l’imposais, je crois que j’aurai fait demi-tour, j’aurai mis l’école à sac pour le retrouver et le lui faire payer. Mais il n’est plus là, j’en ai bien l’impression, comme Mandrake avant lui mais quelque chose me dit que ça n’est pas pour les mêmes raisons. J’imagine que cette ordure a du retrouver sa liberté sans avoir à rendre de compte à qui que ce soit. Une partie de moi aurait aimé le voir mort, et ce depuis longtemps, mais l’autre s’entête à garder en vie les dernières parcelles d’humanité qui me constituent encore. Elles sont parfois timides mais pourtant étrangement bien présentes. De plus en plus depuis que j’ai mordu Kyle, j’en ai bien l’impression.

Me confier, ça n’était pas une chose facile. Pour les choses de la vie quotidienne ou les problèmes d’un adolescent normal, ça n’était déjà pas une évidence pour moi, mais pour ça … Pourtant j’ai craché le morceau, et ça m’a fait du bien ne serait-ce que de l’évoquer même si dans le fond je m’en voulais un peu d’avoir brisé ce secret que je m’entêtai à garder au plus profond de moi. Par honte, par peur du jugement, par crainte aussi de le rendre plus réel encore si jamais les mots étaient prononcés. Mais avec elle c’était différent, non ? Elle était en mesure de me comprendre, en mesure d’envisager le fait qu’aucun d’entre nous n’est à l’abris de ce genre d’écart. Pour moi ça n’est pas la première fois, et j’espère qu’elle n’aura jamais à le vivre.

Je ne l’ai pas regardé quand elle a tourné la tête vers moi, surprise. Non, j’ai continué de regarder droit devant moi alors que ma main se tenait tranquille sur mon ventre, cherchant la chaleur de ma peau comme un peu de réconfort. Ces derniers temps, il n’y avait que ça pour me réconforter. Ça, et mon chat. Un contact physique, ça me manque, tous les jours, et même si Sovahnn a été là pour moi après le départ de Jillian, la vérité c’est que la seule peau dont j’ai besoin a été meurtris, par mes crocs. Et ça me tue de devoir vivre avec ça, mais je m’accroche. Toujours.

« Les accidents arrivent. On ne veut pas forcément que certaines choses arrivent, mais elles arrivent. »

Son discours avait vraisemblablement changé sur la question puisque je me souvenais encore de sa colère quand elle m’avait parlé de celui qui l’avait mordu, au tout début. Je me souvenais aussi de tout l’amour qu’elle semblait avoir encore pour lui. Etait-ce du à son réapparition dans son environnement ? Est ce que ça voulait dire qu’un jour peut être, avec le temps, Kyle saurait passer au dessus de ça et qu’il me pardonnerait ? Sur l’instant, je ne pensais plus qu’à ça. Qu’un autre Loup débarque sur mon territoire ne m’intéressait pas le moins du monde.

« Parfois, ce n'est pas tant l'acte en lui-même que les regrets que l'on éprouve qui comptent le plus. »

Un soupir las, pas vraiment convaincu s’est échappé d’entre mes lèvres.

« Parfois, sans doute, mais visiblement pas toujours. »

J’ai regardé le ciel, au travers de cimes presque opaques puis fermé les yeux un instant

« Et puis... Tu n'es pas tout seul. Je suis là ... Explique-moi. Que s'est-il passé ? »

Est ce que j’étais prêt pour ça ? Prêt à revivre le fil de cette nuit qui aurait du être idyllique mais qui a viré au cauchemar ? Prêt a tout avouer, dans le moindre de détail ? Lui parler des circonstances exactes ? De Taylor ? De Kyle, et de ce qu’il représente réellement pour moi ? Non. Prêt oui, mais pas pour tout.

« Quelque chose à mal tourné. J’avais le contrôle, parfaitement, j’étais même avec ma meilleure amie, mais … Je suis tombé nez à nez avec une des personnes qui comptent le plus pour moi, en danger. Je suis intervenu, je voulais simplement lui permettre de se sortir de là, seulement sous le coup de l’adrénaline, j’ai eu un réflexe que je n’ai pas su retenir. J’ai senti quelque chose, sa main, dans mon pelage, et avant même que je n’ai eu le temps d’analyser quoi que ce soit, mes mâchoires se sont refermées violemment sur le premier truc qu’elles ont rencontré. L’instinct, j’ai pas pu luter. »

Une violente crampe m’a saisi l’estomac alors qu’une boule se formait dans ma gorge a la simple évocation de ces souvenirs encore trop douloureux. Pas e détails non, ni sur les circonstances réelles, ni sur Lui. J’étais resté dans le vague jusqu’à ne pas personnifier l’être dont je parlais. Pas de genre évoqué. Juste, une personne, un être cher. Même si j’avais voulu cacher tout le mal que ça me faisait, face à Ever je n’aurai pas pu. Pourtant j’ai poursuivi, faisant abstraction de la douleur qui envahissait mon être tout entier. Qu’elle soit physique ou mentale.

« J’ai fait ce que j’ai pu pour arranger ma connerie. Je l’ai emmené à Jakob, qui l’a tiré d’affaire. Il n’y aura pas de nouveau Lycan au château, pas par ma faute en tout cas, mais j’ai perdu beaucoup cette nuit là, et je ne veux pas que ça se reproduise. »

J’avais l’impression que mon ton se durcissait à mesure que je parlais, je ne comprenais pas vraiment. Sans doute un réflexe d’autoprotection. Ne jamais exposer ses faiblesses … Pourtant j’ai baissé la tête un instant, le temps de reprendre consistance.

« J’en ai parlé à personne, à part Hammerschmitt, parce que personne ne peut comprendre. »

Mensonge par omission puisque j’ai tout balancé à Jillian, mais même avec tous les efforts du monde, elle n’aurait jamais pu se mettre à ma place. Elle a été là, elle m’a soutenu, m’a laissé pleurer sur son épaule. Elle m’a même fait rire. Elle est restée avec moi une nuit entière et repenser à tout ça me brise un petit peu plus encore. Parce qu’elle n’est plus là. Parce que je me sens atrocement seul même si je sais que j’ai encore ici des gens qui tiennent à moi et me le prouve. Mais tout comme on ne remplace pas un frère, on ne remplace pas une sœur, et c’est ce qu’elle était pour moi. Ni plus, ni moins.

J’ai relevé les yeux, un éclair sauvage a parcouru mes pupilles et lorsque j’ai croisé son regard, c’est celui du Loup qu’elle a du voir, pas celui d’Enzo. Sombre.

« J’veux plus être un danger pour les autres. Ou seulement parce que je le choisi. »
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 20 Fév - 10:39

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Je ne le jugerai pas. Notre relation n’était pas basée sur le jugement, mais sur la compréhension. Enfin… Relation… Si l’on pouvait appeler comme ça ce lien qui nous unissait lui et moi. Le fait était que nous étions pareils : deux adolescents, deux lycans, qui devaient plus ou moins se combattre eux-mêmes pour rester vivants, mais vivants de la façon dont ils l’avaient toujours été. Les problèmes des adolescents normaux, nous ne les connaissions pas. Nous, ce que nous avions à combattre, c’était notre propre nature. Trouver un moyen, d’une façon ou d’une autre, pour être en accord avec nous-mêmes sans devenir des monstres. Et ce n’était pas toujours simple, concrètement…

C’était comme ça que j’avais compris, pour Mack. Et le croiser, simplement, cette culpabilité que j’avais vue dans son regard me l’avait fait accepter. Cette culpabilité, ce regret le rongeaient. Il avait besoin de mon pardon et, clairement, je ne savais pas ce qu’Enzo avait pu faire, mais visiblement, c’était aussi ce dont il avait, lui, besoin.

« Toujours », lui répondis-je en posant ma main sur son bras.

Pourtant, Mack, je l’avais repoussé, alors que je venais de dire à Enzo que ce qui comptait, c’étaient les regrets. Mais ce n’était pas pareil. J’avais rejeté Mack parce que j’avais été violée, qu’il m’était tombé dessus, que j’étais coincée, acculée sans pouvoir bouger. Parce que… Je cessai de me chercher des excuses pour m’intéresser à ce qui troublait Enzo. Pouvais-je dire « mon ami » ? Non. Notre quelque chose, ce n’était pas ça. C’était, plus… Un sentiment de meute, peut-être. Oui, peut-être. Il était, pour moi, ce qui s’en rapprochait le plus.

Alors je l’écoutai, sans l’interrompre. Sa réaction était normale : protéger une personne qu’on aime. Et la suite était logique aussi. L’adrénaline n’était pas retombée, encore, quand cette personne avait glissé sa main dans son pelage. La réaction avait été instinctive. Il l’avait lui-même dit. Je me contentai de hocher la tête, sans rien dire, attendant la suite. Le laissant prendre son temps. Sa douleur se voyait, se ressentait. Elle avait beau ne pas être mienne, je la vivais quand même. Je le fis asseoir sur une souche. La dernière chose dont il avait besoin pour le moment, c’était de trébucher. Quant à moi, je m’accroupis devant lui, les mains posées sur ses genoux, le laissant continuer, expliquer que Hammerschmitt avait fait le nécessaire, pour soigner cette personne.

« Es-tu sûr d’avoir tout perdu ? » demandai-je lorsqu’il eut terminé. « Es-tu sûr qu’il ne pourra pas te pardonner ? »

Parlais-je uniquement pour lui ou aussi pour moi ? Ma sœur pourrait-elle me pardonner cette gifle, ce rejet violent ? Je secouai la tête. Il n’était pas question de moi, en cet instant. Moi, nous en avions assez parlé. J’avais assez pensé à moi pour les mois, les années, les siècles à venir.

~I feel guilty.
My words are empty.
No signs to give you.
I don't have the time for you.
You say I'm heartless and you say I don't care.
I used to be there for you.
And you've said I seem so dead, that I have changed but so have you.

Guilty, guilty I feel so.
Empty, empty you know how to make me feel.

« I put a shield upon you.
I didn't mean to hurt you.
I would have only poisoned your mind.
Never meant to make you cry.
You've been so toughtless.
I can see right through you.
You used to be there for me.
So don't you leave and say goodbye.
'Cause you have changed but so have I.


Guilty, guilty I feel so.
Empty, empty you know how to make me feel.

I never thought that the time and the distance between us made you so much colder.
I'll carry the world on my shoulders. »
~


Pourquoi cette chanson me vint en tête ? Je n’en avais pas la moindre idée. Je ne parvins pas, cependant, à m'empêcher de chanter la deuxième moitié de la chanson. Elle était tellement adaptée à la situation d’Enzo qu’elle était sortie de moi. Et dans un autre sens, elle s’adaptait aussi à moi, car moi aussi, je me sentais coupable.

« Aucun de nous ne veut être un danger pour les autres. C’est, je pense, ce qui fait de nous des gens biens. Les accidents arrivent. Tu ne peux pas t’en vouloir pour ça. Lui as-tu parlé ? »


Dernière édition par C.C. Everleigh Calgarry le Mer 14 Mar - 14:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Lun 20 Fév - 13:38

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Toujours … Est ce que c’est vraiment ça que j’avais envie ou besoin d’entendre ? J’en sais trop rien. D’un côté ça me rassure, et ça m’ouvre une porte, celle de l’espoir mais … D’un autre j’ai peur que ça ne me fasse plus de mal que de bien, parce que justement, je n’ai pas envie d’espérer pour rien, pas envie de me dire qu’un jour je sortirai du dortoir et qu’il sera là, devant la porte, à m’attendre, qu’il me sourira, qu’il me pardonnera et qu’il se blottira contre moi comme il avait l’habitude de le faire avant que tout ça ne dégénère.

Elle m’a laissé parler, sans jamais m’interrompre. Elle a compris que tout ce flot de paroles, tous ces mots, avaient besoin de sortir sous peine de finir par m’étouffer. Elle a compris qu’hormis devant elle, je ne pouvais pas craquer et tout lâcher, parce que j’en étais incapable, parce que personne d’autre ne pouvait prendre la mesure de tout ce que ça implique comme situation. Elle a compris. Elle a été là, pour moi, comme j’ai parfois été là pour elle. A aucun moment je n’ai vu de jugement dans son regard, simplement de la compréhension, de l’empathie sans doute un peu, et de la douceur, ce qui en soit n’était pas commun. J’ai toujours été habitué à lui voir un regard dur, animal, celui d’une bête pris au piège entre deux feux et qui ne sait pas où aller. Chaque fois j’ai tenté de la rassurer, de la calmer, d’être celui qui prenait les choses en main et qui restait fort pour deux. Cette fois les rôles s’inversent malgré ce qu’elle a vécu, malgré ce qu’elle m’a avoué un peu plus tôt. Je n’ai plus la force de luter et de faire semblant, plus la force de me cacher derrière une fierté, une carapace de dureté. Et sa main sur mon bras, elle m’a apaisé. Un simple contact mais quelque chose qui m’a permis de passer ce cap alors que les mots sortaient toujours de ma bouche. Tenir debout ? Avec l’émotion et mes dernières forces dans lesquelles je puisais pour garder la face, ça n’était plus aussi simple. Là encore elle a eu le bon réflexe, la bonne attitude. Elle m’a poussé à m’asseoir, je me suis laissé faire, et quand ses mains sont venus se poser sur mes genoux alors qu’elle se tenait accroupis devant moi, j’ai relevé la tête et plongé mes yeux dans les siens. Je me sentais tellement faible, mais pour une fois entre nous ça n’avait pas la moindre importance. Semblables. Comme deux entités d’un même esprit. Une meute ? Peut être un peu dans le fond. Plus aucune tension entre nous, juste une grande solidarité. Et ça me faisait un bien fou.

« Es-tu sûr d’avoir tout perdu ? »

Tout, peut être pas, mais beaucoup ça c’est certain. Je ne me sens plus entier depuis ce jour là, et ça fait mal, tellement mal. C’est une douleur que j’ai ressenti trop de fois dans ma chienne de vie et j’en peux plus.

« Es-tu sûr qu’il ne pourra pas te pardonner ? »

Je n’en sais rien.
Je ne sais plus.

Il ? Je ne me souviens pas avoir dit quelque chose en mesure de la mettre sur cette piste là. Est ce que je dois m’en inquiéter ? Peu importe … Les choses sont ce qu’elles sont, et ça n’a pas la moindre importance.

Quand elle s’est mise à chanter, j’ai d’abord été surpris. J’ai froncé les sourcils et puis les paroles sont venues heurter ma conscience de plein fouet. J’ai fermé les yeux, je me suis laissé bercer par sa voix qui pour une fois elle aussi, était douce. Mes coudes se sont posé sur mes genoux, devant ses mains. J’ai attrapé ma nuque entre mes doigts et j’ai baissé la tête. J’ai luté, contre une envie de pleurer qui m’a secoué tout le corps mais pas une seule larme n'a roulé sur mes joues.. Coupable … C’est pas le poids du monde que j’ai sur les épaules, juste celui de ton absence.

« Aucun de nous ne veut être un danger pour les autres. C’est, je pense, ce qui fait de nous des gens biens. Les accidents arrivent. Tu ne peux pas t’en vouloir pour ça. Lui as-tu parlé ? »

Ces mots … Je les ai attendus pendant des jours, des semaines. Pas de ma faute. Ça n’était pas de ma faute, c’était un accident. Pourtant je n’y croyais pas. Rien, ni personne d’autre que moi n’était responsable de ce que j’avais fait. Pour lui, j’aurai du être en mesure de me contenir, d’empêcher ma moitié animale de réagir comme elle l’a fait. J’aurai surtout aimé qu’il me parle, qu’il me dise les choses qu’il avait sur le cœur. Ever les a prononcé, certes ça n’avait pas la même teneur, mais ça a soulagé mon âme, l’espace de quelques secondes. Quelques secondes de répit.

Je me suis redressé, les yeux toujours clos. J’ai levé la tête vers le ciel sans pour autant ouvrir mes paupières. Une grande inspiration, un soupir pour expulser l’air et le monde est redevenu clair pour mes pupilles. J’ai secoué la tête en signe de dénégation.

« Non. Pas un seul mot échangé depuis cette nuit là. Pas un seul regard non plus. »

Rien, absolument rien. Rien que du vide, de l’absence. Je l’ai vu, plusieurs fois, parce que je n’ai jamais su m’empêcher de zoner près du quatrième, mais chaque fois c’était une torture. J’ai besoin d’entendre ta voix, besoin de ta main dans la mienne, besoin de ta peau, ton odeur. Besoin de ta présence. Et pourtant …

« Je … Je ne m’en sens pas la force et une part de moi n’arrête pas de me souffler que c’est surement mieux comme ça. Jillian est partie. Je m’éloigne de tous les autres excepté mon frère parce que lui me supporte depuis 17 ans et que je suis incapable de tirer un trait sur notre fraternité. »



« Je préfère les savoir en sécurité loin de moi, plutôt que de jouer leur vie tous les jours en les gardant dans mon périmètre le plus restreint. »

Ce qui ne veut pas dire que je veux risquer la vie de mon frère pour ne pas être seul, mais il sait, il me connaît, et au fond de moi je suis persuadé que je ne serai jamais un danger pour lui malgré tout le mal qu’on a pu se faire au fil des années. Pourquoi lui serait épargné et pas Kyle ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais je le sens, c’est là, au plus profond de moi comme une certitude.

« Killian pourrait te surprendre, tu sais. Les liens du sang c’est encore autre chose, et d’autant plus dans votre cas à toutes les deux. C’est un lien qui ne se brise jamais, quoi qu’on en dise. J’en suis convaincu. »

Et puis un mince sourire timide sur mon visage alors que mes yeux cherchent à nouveau les siens.

« Tu as une jolie voix. »


Dernière édition par Enzo Ryans le Jeu 15 Mar - 13:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Mer 14 Mar - 14:34

Why can't Freedom be an Option?

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Pourquoi j’avais chanté cette chanson ? Je n’en avais pas la moindre idée. Elle s’était imposée en moi, simplement. Il avait fallu qu’elle sorte. En même temps, elle nous correspondait plutôt bien, cette petite chanson. Elle n’était pas très récente, mais je l’aimais bien. J’avais bien senti, d’ailleurs, l’effet qu’elle faisait à Enzo, plus que je ne l’avais vu, car j’avais fermé les yeux.

« Merci » répondis-je simplement à son compliment.

Je ne savais pas quoi dire d'autre. Toujours était-il que je l’avais laissé parler, parce que c’était normal. Lui aussi, il m’avait écoutée, lorsque je lui avais parlé de mes états d’âme. De toutes ces choses qui me faisaient du mal, qui me hantaient. Il était le seul et unique à savoir pour mon viol. Le seul à qui j’avais pu le dire. Je n’imaginais même pas pouvoir en parler à ma sœur si jamais nous parvenions à nous rabibocher. Mais je n’en étais pas encore là, à pouvoir parler avec ma sœur. Et, à dire vrai, je n’avais aucune envie de penser à ça. Me préoccuper de ce qui se passait pour Enzo, c’était ça que j’avais besoin et envie de faire. Ne pas m’occuper de moi. Arrêter de penser à moi. Cela ne pouvait me faire que du bien. Et cela m’intéressait, ce qu’il pouvait avoir sur le cœur et avoir envie de me dire. Cela pouvait sembler étonnant, puisque nous n’étions pas particulièrement proches, lui et moi. Mais je le considérais malgré tout comme un ami, comme je l’avais dit à Kyle quand je l’avais rencontré. Après tout, Enzo et moi avions énormément de choses en commun. Bien plus que ce à quoi on devait s’attendre de prime abord.

Quand il eut terminé de parler, je lui posai enfin des questions, essayant de cerner ce qu’il s’était passé enter les deux. Je n’avais plus aucun doute, étonnamment, d’avoir rencontré la bonne personne. Rien ne me permettait, pour l’instant, d’être ainsi aussi sûre de moi. Mais Enzo avait blessé quelqu’un. Et j’avais bien vu la réaction de Kyle lorsque j’avais dit qu’Enzo ne souhaitait surtout pas blesser cette personne à qui il tenait tant. Non, je ne doutais plus. J’étais persuadée d’avoir raison. D’ailleurs, je ne tardai pas à lâcher ma bombe :

« J’ai rencontré Kyle. » dis-je en regardant Enzo.

Je voulais voir sa réaction, voir si j’avais raison.

« Il te cherchait. C’était deux jours après la pleine lune. »

Je n’avais pas réellement laissé le temps au lycanthrope de répondre, mais j’estimai que c’était mieux comme ça.

« Il avait ton odeur sur lui. »

A nouveau, je le regardai, laissant ma main sur son bras. J’étais toujours accroupie devant lui. Je n’avais pas bougé. Je n’avais pas esquissé le moindre mouvement.

« Il avait l’air bouleversé. Il ne m’a pas dit pourquoi il te cherchait. Je crois qu’au fond, il voulait te trouver seul. Je lui ai proposé d’écrire un message qui serait scellé de façon à ce que toi seul puisse le lire, mais il n’a pas voulu. Il s’est enfui. »

Je marquai un léger temps de silence, qui permit à Enzo de dire qu’ils étaient sans doute mieux sans lui, qu’il valait mieux qu’il se coupe des gens qui comptaient pour lui et je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire nostalgique. Ne venait-il pas très exactement d’essayer de me persuader du contraire me concernant ? Fais ce que je te dis mais pas ce que je fais. Dans le cas des lycanthropes, c’était plus vrai encore. Nous étions de très bons conseils pour les autres, mais dès que cela nous touchait, nous ne valions plus rien. Pas même capables de suivre nos propres conseils. C’en était risible. D’ailleurs, il enchaina rapidement sur le fait que ma sœur pourrait me surprendre.

« Lui aussi, je crois, pourrait te surprendre. Il n’avait pas l’air de quelqu’un qui t’en voulait. Je crois qu’il m’aurait bien secouée comme un prunier s’il avait eu l’impression que je savais où tu te trouvais mais que je ne voulais pas te le dire. »

Cette image m’arracha un sourire.


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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Jeu 15 Mar - 13:59

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Why can't freedom be an option ?





Encore une situation bien étrange, mais tellement … nécessaire pourtant. Partagé entre mes peurs et ma douleur, mon instinct de survie, de préservation, d’auto-protection, et tout un tas d’émotions qui se battaient en moi, me faisant ainsi courber l’échine devant moi, je n’ai pas eu la force de luter plus. J’ai réussi à garder mes larmes pour moi, pas une seule n’a roulé sur ma joue mais je crois que dans le fond de mes yeux elle a parfaitement pu lire tout ce qui se tramait dans ma tête et surtout dans mon cœur. Les paroles de la chanson qu’elle venait de chanter résonnait encore dans mon esprit, et sa voix douce, quelque part, me berçait, m’apaisait, en amoindrissait l’impact en quelque sorte. Des paroles qui collaient tellement bien à notre situation à tous les deux que ç’en devenait effrayant presque. Comme si elle avait été écrite pour nous. Je lui ai souri, alors que ses mains reposaient toujours sur mes cuisses et que les miennes prenaient leur place sous mon menton, mes coudes toujours au même endroit. Nous étions très proches, beaucoup plus que je ne l’aurai jamais pensé capable de s’approcher de moi en réalité, et aux vues de ses aveux récent. Pourtant son contact, je ne voulais pas qu’il cesse, non, je voulais qu’elle reste là, sentir la chaleur de sa peau à travers les fibres de mes vêtements, sans arrière pensée aucune ni de mon côté ni du sien. Juste … sa présence et celle de sa Louve. Les deux seules à pouvoir réellement nous comprendre.

« Merci »

Merci à toi, t’as pas idée du bien que ça me fait d’être là, avec toi.

Lentement j’ai détaillé les traits de son visage. Elle avait l’air tellement douce, c’est comme si je la redécouvrais. Elle n’avait rien à voir avec la Ever que j’avais croisé quelques fois auparavant. En peu de temps, beaucoup de choses avaient manifestement changé, dans sa vie comme dans la mienne. Nous étions deux éléments d’une même sphère, coupé du monde, et sur la même longueur d’onde. Là, l’un pour l’autre. Des amis, oui je crois, mais dans le fond bien plus que ça. Je crois qu’il n’existe pas vraiment de descriptif pour cette relation, ce lien, qui nous uni d’un point de vue totalement surnaturel. Si nous n’avions pas été Loups, ni l’un ni l’autre, est ce qu’on se serait adressé la parole ? Je n’en suis pas certain. Avec ce genre de si, mes parents seraient toujours en vie et je n’aurai jamais débarqué en Angleterre de toute façon donc la question ne se pose pas.

« J’ai rencontré Kyle. »

Elle a lâché ça comme ça, sans crier gare, et mon cœur s’est arrêté net. Tout mon petit monde, mes pensées de l’instant, se sont écroulés à la simple évocation de ce prénom. Je n’ai jamais eu pour habitude de l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre. Les Supérieurs, bien qu’en général ils l’appellent par son nom de famille, tout comme mon frère qui est incapable de faire autrement. Cameron, Jillian, et Ismaelle éventuellement, même si depuis quelques semaines, ils évitent. Ismaelle évite en tout cas. Jillian est partie de toute façon, quant à Cameron, c’est toujours un peu délicat pour lui comme pour moi alors on évite d’en parler. Entendre son prénom sortir de sa bouche à elle, ça m’a fait comme un électrochoc. A aucun moment je n’aurai pu m’imaginer un tel retournement de situation. Elle me regardait droit dans les yeux, sans ciller. Bien que toujours assis, je me tenais désormais droit comme un i, incapable d’un seul mouvement, un seul mot. Tous mes muscles, mes nerfs étaient crispés. Je ne comprenais pas, oui, je paniquai même. Mélange de tout un tas de choses encore une fois. Incompréhension et panique, donc, mais également une sorte d’instinct de protection à son encontre à lui cette fois, de la possessivité même. Sans parler du fait que j’avais moi même évoqué Ever avec Kyle, sans pour autant prononcer son identité. Lui avouer ce que j’avais fait, c’était une chose, mais exposer Ever ? Hors de question. Il avait donc du se contenter du terme de Louve et ne m’avait pas posé de question à ce sujet. Est ce qu’il sait désormais qui elle est ? Et puisque elle sait qui il est, est ce que ça veut dire qu'il lui a parlé de moi ? Si c'est le cas, qu'est ce qu'il lui a dit ? Qu'est ce qu'ils se sont dit ?

« Il te cherchait. C’était deux jours après la pleine lune. »

Toujours pas de réaction physique alors qu’autour de moi je sens la terre qui tourne dangereusement. Des milliers de questions sans réponse dans la tête. Il me cherchait … Deux jours après la Pleine Lune … Pourquoi faire ? Pourquoi est ce qu’il me cherchait ? Pourquoi deux jours après la Pleine Lune alors qu’il m’avait chassé de sa vie sans un mot de plus 48h plus tôt ? Pourquoi ? Des regrets ? Ou bien pour me dire les choses clairement peut être, me dire tout ce qu’il pense de moi, tout le dégoût qu’il éprouve désormais alors qu’il ne voit en moi plus qu’un monstre ? Et pourquoi est ce que, en apprenant ça un peu plus de deux semaines après, je n’ai toujours aucune nouvelle de lui ? Pourquoi ?

« Il avait ton odeur sur lui. »

Mon odeur ? Comment ? Mon odeur alors que quelques jours après seulement c’est la sienne que j’ai découvert sur Billy Smith au hasard, au détour d’un couloir. Mon odeur, 48h après notre dernier contact. Impossible, sauf s’il … sauf s’il portait quelque chose à moi, sur lui. Mon T-shirt, celui que je lui ai laissé quelques temps avant, totalement imprégné de ma fragrance puisque je dormais avec. Pour le commun des mortels il aurait été impossible de faire le lien. Pas pour Elle. C’était donc plausible, mais encore une fois, pourquoi ?

« Il avait l’air bouleversé. Il ne m’a pas dit pourquoi il te cherchait. Je crois qu’au fond, il voulait te trouver seul. Je lui ai proposé d’écrire un message qui serait scellé de façon à ce que toi seul puisse le lire, mais il n’a pas voulu. Il s’est enfui. »

Je ne la regardai plus, j’en étais tout simplement incapable. Mes yeux restaient rivés sur un point invisible derrière elle alors que j’encaissais ses paroles comme un véritable coup de poignard en plein cœur.

« Lui aussi, je crois, pourrait te surprendre. Il n’avait pas l’air de quelqu’un qui t’en voulait. Je crois qu’il m’aurait bien secouée comme un prunier s’il avait eu l’impression que je savais où tu te trouvais mais que je ne voulais pas le lui dire. »

Cette fois c’était trop pour moi. Je me suis relevé d’une traite, tout en prenant soin de ne pas la bousculer. J’ai fait quelques pas, je me suis arrêté, lui tournant le dos. En d’autre temps, en d’autres circonstances, je n’aurai jamais fait ça mais … Je me suis finalement retourné vers elle après quelques secondes de silence et d’immobilité, l’estomac totalement noué et une boule dans la gorge qui m’empêchait presque de parler, de respirer.

« Est c’qu’il … Comment il ... Est c’qu’il avait l’air d’aller bien ? »

Je suis désolé de me mettre dans des états pareils, t’as surement autre chose à penser que de t’occuper de mes problèmes de cœur. J’ai mal c’est vrai, et je ne comprends pas parce que ça fait des semaines et j’ai aucune nouvelle de lui alors que … qu’il … Peu importe. Ce que tu traverses, c’est suffisamment difficile pour que je vienne en plus polluer ton air avec mes propres emmerdes. Mais aussi égoïste que cela puisse paraître, j’ai besoin de savoir. Besoin de savoir que malgré tout, il ne souffre pas de ce que je lui ai infligé en le mordant. Besoin d’avoir de ses nouvelles, par un moyen ou un autre même si c’est déstabilisant de parler de lui, comme ça, avec toi, qui désormais est une sorte de connexion entre nous. Je crois qu’on n’aurait pas pu faire plus étrange. Est ce qu’il sait ce que tu es ? Qui tu es ?
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Mer 21 Mar - 14:52

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Le manque de réaction d'Enzo n'était pas pour me rassurer, même si je comprenais qu'il soit sous le choc. En même temps... Ce que je venais de lui dire n'était pas anodin. Toutefois, je ne m'attendais pas à ce qu'il se lève d'un bond, comme un diablotin jaillit de sa boîte lorsqu'on le libère. Même s'il avait fait attention à ne pas me bousculer, je ne pus retenir un mouvement de recul. Il allait falloir que j'apprenne à me contrôler... Après tout, il n'était pas juste un himme, il était aussi un loup. Un loup auquel j'avais appris ma faiblesse. Je pris sur moi pour me calmer sans céder ni à mon instinct humain qui me hurlait de soit partir en courant, soit me recroqueviller sur moi-même, ni à mon instinct lupin qui m'ordonnait d'attaquer avant d'être attaquée. Au lieu de ça, je restai à mon tour figée comme une statue. Le silence était seulement perturbé par le bruit de nos respirations. Tous les oiseaux qui, jusque là, avaient continué leur vie s'étaient tus, comme dans l'attente de ce que nous allions faire à présent. Dieu merci, il n'y avait pas de vent dans la forêt. Nous nous étions trop enfoncés pour qu'il puisse parvenir jusque là. J'espérais, néanmoins, ne pas sentir la peur.

Je me tournai doucement vers lui et me rendis compte, alors, qu'il me tournait le dos. La tension dans mes épaules s'apaisa instantanément. Non, il n'allait pas me faire de mal. Après tout, il n'était pas comme ce Supérieur imbu de son pouvoir sur les autres. Il avait conscience de sa force, conscience qu'il pouvait faire mal, même si j'étais sans doute l'une des seules personnes à avoir une force relativement comparable à la sienne, même si j'étais limitée par ma condition de femelle. Même s'il s'était retrouvé dans ton dos à te regarder, il ne t'aurait pas fait mal. Il a fait attention en arrivant sur le pont. C'en est la meilleure preuve. Alors même qu'il ne savait pas ce que tu avais vécu... Ces quelques pensées rationnelles finirent de me rassurer et firent taire aussi bien la louve que l'humaine.

C'est alors qu'Enzo se retourna vers moi. Ce que je vis me serra le coeur. Il avait l'air complètement démoli par ce que je venais de dire, ce qui, pourtant, n'était pas le but, loin de là. Ce que je voulais, au contraire, c'était lui faire comprendre que tout n'était pas perdu. Je me mordis l'intérieur de la joue lorsqu'il se mit à parler. Je me sentais, littéralement, comme un oiseau de mauvais augure.

"Il était nerveux. Et semblait triste." dis-je.

Je ne voyais pas d'autre façon de lui dire la chose.

"Fébrile."

Pour le côté doux, on repasserait. J'avais, parfois, l'impression qu'être devenue lycanthrope m'avait transformée jusque dans mes paroles et mes attitudes. Avant, j'étais douce, je trouvais toujours les mots qu'il fallait. Maintenant? Je ne savais plus comment ménager les gens. Je devenais presque aussi rentre-dedans que ma soeur. Est-ce que cela m'effrayait? D'une certaine façon, oui.

"Mais je pense qu'il ne te voulait pas de mal. Sinon, pourquoi aurait-il porté ton odeur?"

Je haussai les épaules, ne sachant pas quoi dire d'autre.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Jeu 22 Mar - 19:47

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C’est quoi ce besoin viscéral de savoir, de comprendre ? Hein ? Pourquoi est ce que je ne pourrais pas simplement m’en foutre et continuer ma route sans me soucier de tout ça ? Pourquoi ? Je sais que ce que j’ai fait est mal, et que je ne peux m’en prendre qu’à moi même. Je sais que je lui ai caché des choses qui aurait pu peut être le rendre plus prudent s’il avait été au courant mais … Je voulais juste le protéger, l’éloigner de toute cette peur, toute cette angoisse. Je ne voulais pas qu’il prenne conscience de la présence de Taylor, de la menace au dessus de sa tête, et de la mienne. Je sais comment il aurait réagit, il aurait foncé dans le tas sans réfléchir parce que tout comme moi il ne supportait pas qu’on touche à un seul de mes cheveux. Je n’ai pas oublié sa crise dans la Cabane Hurlante quand je lui ai avoué ce qu’ils m’avaient fait. Ce jour là j’avais peur qu’il me fuit, pour ce que j’avais fait, parce que, que je le veuille ou non, j’étais devenu un tueur, un assassin, un meurtrier. C’était ma plus grande hantise à l’époque, alors que je n’étais qu’un jeune Loup à peine capable de contrôler la bête. Je ne voulais pas perdre mon innocence, je ne voulais pas devenir un monstre. Aujourd’hui, c’est trop tard. Je ne pourrais jamais revenir en arrière et effacer les crimes que j’ai commis. Là n’est pas la question de toute façon, mais si je ne lui ai rien dit, ça n’était pas pour le mettre plus en danger encore, et pourtant c’est ce qu’il s’est passé. Et je m’en veux, tellement ! Je m’en veux de ne pas avoir été en mesure de veiller sur lui correctement mais que faire ? Tuer Taylor ? Même si j’en avais été capable, je ne suis pas certain que Kyle me l’aurait pardonné. Il n’aurait probablement pas compris mon geste, lui qui a toujours préféré régler les problèmes sans violence. Pourtant, ce jour là où j’ai poussé celui qui m’a enfermé dans une cage, celui qui le menaçait de mort, à se jeter dans le vide, il m’a presque félicité. Sur quel pied est ce que je dois danser ? Je ne comprends plus rien, en tout cas pas ce qui peut bien se passer dans sa tête. Est ce qu’il veut toujours de moi ? Est ce qu’il a simplement peur que je le rejette ? Comment le savoir ? En lui posant la question, certes, mais je ne m’en sens pas le courage. En attendant, tout ce que je peux faire c’est obtenir quelques informations par le biais d’Ever, savoir comment il va. Ou en tout cas comment il allait à ce moment là.

« Il était nerveux. Et semblait triste. »

Nerveux. Triste. Des regrets ?

« Fébrile. »

Donc une proie potentielle …

« Mais je pense qu'il ne te voulait pas de mal. Sinon, pourquoi aurait-il porté ton odeur ? »

Pour avoir un peu de moi avec lui ? Alors pourquoi se contenter d’un vêtement alors qu’il pourrait m’avoir tout entier, en chair, et en os ?!

« Je sais pas. J’en sais rien. Je sais plus. »

Calme toi, Enzo.

« Est ce qu’il sait ce que tu es ? Parc’que, je ne lui ai jamais révélé ton identité mais, il est au courant que … Enfin, il sait que ma route a croisé celle d’une Louve quelques heures avant une Pleine Lune. Il sait ce que je suis, il l’a toujours su, il sait aussi que je ne suis pas le seul dans cette école mais c’est une personne de confiance. Si jamais tu le lui as dit ou bien s’il l’a deviné, tu ne risques rien. Ton secret sera aussi bien gardé avec lui qu’avec moi. Je te le promets. »

Même si Sovahnn a compris ce que tu étais, et ce par ma faute. Disons qu’elle m’a posé la question frontalement, et pris mon silence pour argent comptant. Ce que je veux dire, c’est que ça ne sont pas des menaces, ni même une mise en garde. Je te fais confiance mais quand il s’agit des gens que j’aime, je préfère mettre les choses au clair dès le départ. Je ne veux pas prendre le moindre risque que tu te sentes menacée par lui et que tu en viennes à la conclusion qu’il vaut mieux éliminer le problème à sa source. Je ne peux plus être là pour le protéger, je n’ai d’ailleurs pas su le faire pour moi même, mais si un jour il est en danger, que je suis dans les parages, peu importe qu’il s’agisse d’un Supérieur ou de toi, je n’hésiterai pas une seule seconde. Sa vie vaut plus chère à mes yeux que toutes les autres réunies, excepté sans doute mon frère. Qu’on ne me demande pas de choisir entre les deux, j’en serai incapable. En attendant, je te jure qu’il n’est pas une menace pour ton secret alors s’il te plaît, dis moi qu’il ne risque rien au moins avec toi.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Jeu 22 Mar - 20:31

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Kyle savait-il ce que j’étais ? Je n’en avais pas la moindre idée. En tout cas, j’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour qu’il ne le sache pas. Peut-être même ne soupçonnait-il même pas que je savais ce qu’était Enzo. Une chose était sûre, en tout cas, il ne semblait pas savoir ce que j’avais partagé avec le lupin qui me faisait face en cet instant. Enfin… Face… Tout était relatif, étant donné que j’étais restée assise par terre et que j’étais, simplement, tournée vers lui. Pas réellement une menace en soit.

« Je ne lui ai rien dit, en tout cas » répondis-je, le cœur serré par la souffrance du Gryffondor.

Autant dire ce qui était, voir le lupin comme ça me faisait mal pour lui. J’imaginais sans peine sa souffrance, mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de me mettre à la place de Kyle. Place à laquelle je m’étais trouvée. Après tout, j’avais moi aussi été mordue par l’être aimé. Sauf qu’à la différence de Kyle, j’étais devenue lupine à mon tour. Lui allait échapper à cette malédiction qui, pourtant, par certains côtés, pouvait s’avérer être une bénédiction. Même si… cet aspect là, je ne l’avais pas encore gouté…

« Peut-être l’a-t-il deviné. Mais à ce moment là, je ne savais même pas s’il savait qui tu étais toi. Je n’allais donc pas lui dire pour moi, ni comment je te connaissais… »

Un sourire presque amusé fleurit sur mon visage avant que je ne reprenne mon expression sérieuse :

« Mais si tu lui as dit avoir couché avec une Louve, il n’aurait sans doute pas très bien pris le fait de croiser cette louve en te cherchant. Non. Je lui ai dit que je te connaissais, que je reconnaissais ce qu’il portait comme t’appartenant, et que je savais que tu étais venu dans la tour d’astronomie. Mais c’est tout. »

Je marquai un temps de silence. J’avais bien compris qu’Enzo avait peur pour Kyle. Peur que je ne sois un danger pour lui. Mais il n’avait pas à avoir peur à ce sujet là. Le garçon m’avait semblé sympathique. Digne de confiance. Si je l’avais mieux connu, si j’avais su qu’il savait ce qu’était Enzo, je lui aurais peut-être dit ce que j’étais. Oui, Kyle inspirait confiance. Et ils n’étaient pas nombreux ceux à qui je me confiais d’emblée, mais Kyle pouvait en faire partie.

« Ne t’inquiète pas. Je ne lui ferai pas de mal, pas volontairement, en tout cas. C’est quelqu’un de bien, et ça se voit. Je l’aime bien… »

Je me relevai enfin, n’y tenant plus et, faisant fis de ce que mon moi humain me hurlait : de rester à distance, je vins vers Enzo. Ce n’était plus Everleigh l’humaine, qui était aux commandes, mais la louve. Le changement s’était fait presque instantanément. Enzo avait besoin de réconfort. Pour ainsi dire, il faisait partie de ma meute. Je le pris doucement dans mes bras, lui laissant tout loisir de s’écarter s’il le voulait, en gémissant doucement. Cette étreinte n’avait rien de sensuel, bien au contraire. C’était plus un élan fraternel qu’autre chose. Je me mis sur la pointe des pieds et déposai un chaste baiser sur sa joue, là où, sous forme lupine je l’aurais léché. Un geste simple de réconfort.

« Tu es mon ami, Enzo, si l’on peut dire les choses ainsi nous concernant. Si je devais faire partie d’une meute, je te considèrerais comme membre de celle-ci. Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, pour lui, pour vous deux, je le ferai. »

Et c’était, sans doute, la seule chose à dire.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Ven 23 Mar - 13:28

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Why can't freedom be an option ?





Kyle, et ses secrets. Je ne crois pas qu’il aurait été frontalement mettre Ever devant le fait accompli. Ce que je veux dire, c’est que s’il a compris ce qu’elle était, je ne pense pas qu’il le lui aurait remarquer. Il a toujours été comme ça depuis que je le connais, discret, pas franchement bavard et avar de confidence. Ça ne me dérangeait pas plus que ça même si j’aurai aimé parfois qu’il me dise quand quelque chose lui pesait sur le cœur. Après tout, quand quelque chose coinçait chez moi, il m’attaquait directement sur mes points faibles et faisait tout pour me faire lâcher le morceau. Ça nous a valu de belles prises de tête mais étrangement je ne lui ai jamais rendu la monnaie de sa pièce. Sur le coup, j’étais énervé bien sur, mais soulagé chaque fois après et puis, j’en sais rien, c’est comme si j’étais incapable de le brusquer ou d’agir envers lui comme lui le faisait avec moi. Il m’a parlé de ses parents, de son enfance un peu, puis de ses expériences avec les mecs surtout pour me faire chier et faire fonctionner ma jalousie et ma possessivité. Il me parlait de ses dessins, de ses rêves, de son désir de découvrir l’Australie avec moi, ce genre de trucs quoi. Mais ses états d’âmes … J’ai l’impression que … C’est comme s’il avait peur de déranger ou j’en sais trop rien. Toujours est il que je ne pense pas qu’il aurait été en mesure de se confier à n’importe qui. Je sais qu’Ever n’est pas n’importe qui, loin de là même mais … C’est mon instant de protection qui m’a poussé à lui poser cette question. Et voilà ce qu’elle m’a répondu :

« Je ne lui ai rien dit, en tout cas »

Elle était là, assise par terre en face de moi, entre nous deux, encore une distance de quelques mètres mais pas vraiment par mesure de précaution. Non, évidemment qu’elle ne lui a rien dit. Elle ne voulait déjà pas le dire à sa propre sœur alors à un inconnu … Parfois c’est plus facile de se confier à quelqu’un dont on n’est pas proche étrangement. C’est ce qu’il m’est arrivé avec Aileen. C’est sorti tout seul et je ne le regrette pas mais concernant Ever, je pense qu’elle est beaucoup plus sauvage que moi et je la vois mal raconté son secret au premier Non-Magicien égaré qui passe.

« Peut-être l’a-t-il deviné. Mais à ce moment là, je ne savais même pas s’il savait qui tu étais toi. Je n’allais donc pas lui dire pour moi, ni comment je te connaissais… »

Je l’ai vu sourire, j’ai compris. Mes lèvres se sont étirées à leur tour alors qu’on pensait très certainement à la même chose. Un souvenir commun.

« Mais si tu lui as dit avoir couché avec une Louve, il n’aurait sans doute pas très bien pris le fait de croiser cette louve en te cherchant. Non. Je lui ai dit que je te connaissais, que je reconnaissais ce qu’il portait comme t’appartenant, et que je savais que tu étais venu dans la tour d’astronomie. Mais c’est tout. »

La tour d’Astronomie … La dernière fois que j’y avais mis les pieds, c’était effectivement deux jours après notre rupture. Jamie s’était pointé et s’en était suivi une conversation pour le moins déroutante. Si j’étais resté un peu plus longtemps, Kyle aurait fini par me trouver … Destin ? Hasard ? Et si c’était un signe ? Celui qu’on ne devait pas se retrouver, en tout cas pas aussitôt ? Difficile de ne pas perdre les pédales dans un tel dédale. Je n’y comprends rien. Comme je l’avais pensé, il portait donc un de mes vêtements et là encore, mille et une question dans ma tête. Pourquoi ? Quant au fait qu’il avait devant lui la Louve dont je lui avais parlé … Je pense qu’effectivement il ne l’aurait pas très bien pris mais encore une fois, comment être certain qu’il ne s’en contre-fou pas ? Je me souviens parfaitement de cette discussion qu’on avait eu, et de tous les aveux que je lui avais fait sur ces filles qui avaient partagés un instant de ma vie. Il n’avait rien dit, mais son silence était des plus éloquent …

« Je l’ai pas trompé. J’veux dire, quand toi et moi on s’est … rencontré, on n’était pas, plus … ensemble. Enfin c’est compliqué mais je l’ai pas trompé. Je pense pas que j’aurai craqué comme ça si j’avais été avec Lui à ce moment là. Sans vouloir dire que je le regrette ou quoi que ce soit, non, c’est pas du tout ça, juste que … Quand il est là, dans ma vie, j’porte des œillères. Louve ou pas Louve. Pleine Lune ou pas Pleine Lune. »

Un besoin de me justifier ? Sans doute un peu. Je sais que je n’ai pas toujours été un modèle de respect envers la femme mais avec lui ça n’a jamais été le cas et il est temps que j’arrête de me comporter comme ça, de toute façon. Donc oui, je n’ai pas envie qu’Ever ne voit en moi qu’un enfoiré de plus.

« Ne t’inquiète pas. Je ne lui ferai pas de mal, pas volontairement, en tout cas. C’est quelqu’un de bien, et ça se voit. Je l’aime bien… »

Pas volontairement … Voilà notre lot quotidien à nous les créatures. Parfois, on fait du mal, mais on ne le fait pas par ce qu’on le veut. En ça, je ne pouvais que la comprendre. Malgré ça, j’étais rassuré de l’entendre me dire ça, sachant qu’elle ne pouvait pas faire plus. Si d’aventure Kyle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, je ne pourrais pas en vouloir à Ever pour ça. Les accidents peuvent arriver n’importe quand, à n’importe qui. On est jeune, l’environnement dans lequel nous sommes cloitrés ne peut pas nous permettre de « grandir » sans risque. C’est la fatalité, ni plus, ni moins. Quelqu’un de bien … Oui, il l’est, indiscutablement. Probablement une des meilleures personnes que j’ai pu rencontrer dans toute ma vie aussi jeune soit-elle. Je suis tellement certain que maman l’aurait adoré. J’aurai aimé qu’ils se rencontrent. Jillian l’aimait bien – Un peu trop d’ailleurs mais ça c’est un autre débat. Je suis sur que Sovahnn et Elwynn l’aurait aimé aussi. Derek … On ne va pas trop lui en demander. Ismaelle l’adore. Et maintenant, Ever. J’en suis heureux, même si …

Perdu dans mes pensées l’espace d’une seconde, j’ai rapidement retourné mon attention sur ma comparse. Elle s’est relevé et j’ai vu instantanément que quelque chose avait changé dans son regard. Elle s’est approché de moi, d’un pas décidé, et sans un mouvement de recul mais me laissant tout de même le loisir de me dégager si j’en ressentais le besoin, elle a enroulé ses bras autour de moi. Je n’ai pas réagit tout de suite, surpris, mais quand elle a déposé un baiser sur ma joue, mes bras se sont refermés sur elle, et ma tête posé sur la sienne, j’ai fermé les yeux. Apaisé par ce contact chaleureux. Oui, de la chaleur, celle de son corps et du mien. Encore une spécificité qui nous caractérise tous les deux.

« Tu es mon ami, Enzo, si l’on peut dire les choses ainsi nous concernant. Si je devais faire partie d’une meute, je te considèrerais comme membre de celle-ci. Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, pour lui, pour vous deux, je le ferai. »
« Merci Ever, c’est vraiment … Merci. »

Ses mots m’ont atteint en plein cœur. J’aurai voulu moi aussi lui offrir des mots tels que ceux là mais je ne m’en sentais pas la force alors j’ai gardé le silence, immobile, mes bras autour d’elle, les siens autour de moi, sa tête contre mon torse et la mienne, par dessus la sienne, mes yeux toujours clos.

« On en a fait du chemin toi et moi, hein ? Regarde nous, j’peux t’approcher, en fait c’est même carrément toi qui m’approche, et on arrive à se tenir alors que la Lune est pourtant croissante. Je nous félicite, j’suis fier de nous. »

Mon corps a été secoué d’un petit rire mais je n’ai pas bougé pour autant. Pas de bagarre, pas de tension sexuelle. Juste un sentiment d’appartenance à une même entité.

« Un jour, quand ça sera possible pour toi, si ça l’est un jour, quand tu te sentiras prête et si ça te dis bien sur, j’aimerai bien passer une Lune avec toi. Dans quelques mois peut être. Je sais pas vraiment ce que ça fait de passer du temps avec un autre Loup sous forme animale, et toi non plus je crois, mais si jamais … Enfin, je sais pas vraiment quel lien tu entretiens avec ce fameux Loup dont tu m’as parlé mais je veux pas marcher sur ses plates bandes, c’est pas ça. J’veux juste, qu’on passe du temps ensemble, toi et moi, comme ça. »

Parce que tu es mon amie, ma semblable. Parce qu’on se comprend, qu’on s’est apprivoisé. Parce qu’avec un des autres Loups de ce château ça me paraît irréalisable. Parce qu’il n’y a qu’avec toi que je peux envisager ça. Je sais que tu auras surement besoin de temps, et que ta vie n’est pas simple pour tout un tas de raison. Sache que si tu me dis non, je le comprendrais, n’insisterai pas et ne forcerai jamais les choses.
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MessageSujet: Re: Why can't Freedom be an Option? *Enzo Jeu 29 Mar - 16:22

Why can't Freedom be an Option?

&
C.C. Everleigh Calgarry & Enzo Ryans
J'esquissai un sourire, malgré moi. Ca me faisait bizarre de me retrouver comme ça dans les bras d'Enzo, calée sous son menton. A la base, c'était moi, qui l'avais pris dans mes bras, prête à le laisser s'écarter. Mais quand qu'il avait refermé ses bras sur moi, je m'étais rendue compte que cette étreinte, l'un comme l'autre, nous en avions réellement besoin. Loin de me sentir mal à l'aise, au contraire, elle me faisait un bien fou. Je me laissai donc aller dans les bras de mon cadet comme je me serais laissée aller dans les bras de mon frère, si j'en avais eu un. M'enfin... Je n'aurais jamais couché avec mon frère. La différence était là.Je poussai un petit soupir d'aise alors qu'Enzo reprenait la parole et ne pus, à nouveau, retenir un sourire amusé.

"Je n'ai jamais dit ou pensé que tu l'avais trompé. Et je te connais suffisamment pour savoir que s'il y a une personne que tu ne pourrais tromper, c'est lui. Ca se voit à ta souffrance d'être loin de lui. Tu n'aurais pas couché avec moi s'il avait été dans ta vie à ce moment là. Je le sais." lui répondis-je.

Et non, je ne prenais absolument pas mal le fait de n'avoir été qu'un coup d'un soir pour lui. J'avais été là au bon endroit, au bon moment. Mais la réciproque était vraie également. Il était arrivé dans ma vie au moment où j'en avais eu le plus besoin. M'avait apporté quelque chose dont j'avais besoin: le sentiment de ne pas être si anormale que cela. J'en voulais pour preuve que, malgré mon viol, je n'avais pas recommencé à m'entailler les poignets. Sans doute un signe? Je n'en savais rien, au fond. Mais là, dans les bras d'Enzo, je me sentais bien. Et ça me faisait du bien.

D'ailleurs, s'il me remerciait pour ma déclaration d'amitié, j'aurais pu, moi aussi, le remercier d'être là, contre moi. Je me pris à fermer les yeux, l'oreille posée contre la poitrine du rouge et or à écouter les battements de son coeur et le rythme de ses paroles. Oui, comme il disait, on en avait fait, du chemin. Qui aurait pu penser qu'on en viendrait à se faire réellement confiance, mutuellement, quand on savait qu'on avait failli se bouffer un mois avant seulement? Surtout que la lune était croissante... Il avait raison sur ce point. Mais je ne disais rien, profitant simplement du présent. Et Dieu sait si j'en avais besoin.

Il me fit alors la même proposition que celle que m'avait fait Jakob pour cette pleine lune mais que j'avais décidé de refuser. Allais-je accepter celle d'Enzo?

"Ca me ferait très plaisir. Je ne sais pas non plus ce que ça fait. Mais pas ce mois-ci. J'ai besoin d'être seule, cette fois. Jakob m'a proposé de me joindre à lui, dans une semaine mais... Je ne peux pas... Et pour Mack... Je ne sais pas ce qu'il y a entre nous..."

Je ne savais pas, bien sûr, qu'il allait s'inviter avec moi pour la pleine lune à venir, ni que j'allais découvrir les joies d'une lycanthropie à deux...
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Why can't Freedom be an Option? *Enzo

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