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Heroism Sucks [- Caem -]

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Lukas A. Harris



Hiboux postés.: 487
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Double Compte: Derek Ryans / Kyle Johnson / Megan Blackwood / Jakob K. Hammerschmitt
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MessageSujet: Heroism Sucks [- Caem -] Sam 4 Fév - 22:20

Caem & Lukas
« heroism sucks »




- On va faire un tour toi et moi.

Cette phrase ne cessait de se répéter dans ma tête alors que je suivais de manière machinale celui qui avait décidé de me prendre en charge. Ou plutôt celui qui avait décidé de me transformer en pantin. Et alors que je fixais son dos et que le corps du fameux Jack flottait à mes côtés, encore ensanglanté de l’attaque d’Alec Rivers, je paniquais. Intérieurement bien entendu, puisqu’il m’était physiquement impossible de faire quoi que ce soit, hormis ce que m’ordonnait l’homme qui m’avait ensorcelé. L’imperium. Si facile à lancer et pourtant si destructeur… S’il le décidait, je pouvais commencer à me lancer contre les murs jusqu’à temps que mort s’en suive. Malheureusement j’étais à sa merci et j’ignorais vers quoi je m’en allais exactement. Du moins pour le lieu je m’en doutais parce que bien entendu, il nous avait conduit jusqu’à la cage d’escaliers qui menait dans les catacombes. Le repère des supérieurs par excellence, bien entendu. C’était la première fois que j’allais y mettre les pieds et lorsque la noirceur commença à nous envahir, j’avalai de travers. Sachant que la majorité des gens qui entraient ici ne revenaient rarement ou jamais, je me disais que cet endroit était peut-être le dernier lieu que j’allais voir avant de mourir. Enfin mourir… J’ignorais vraiment ce que cet homme voulait de moi sinon obtenir un nom. Allais-je dénoncer Alec alors que je venais tout juste de promettre à Sovahnn que j’allais garder le secret pour moi? Qu’allais-je faire si ce supérieur voulait me torturer afin de me faire avouer la vérité ou alors, s’il décidait de me faire boire quelques goutes de véritacérum? Ahhh merde… Je n’en revenais toujours pas d’être mêlé dans cette histoire qui, de toute façon, ne me regardait nullement. Pourquoi n’étais-je pas resté dans la salle commune plutôt que de tenter de retrouver Riley? Maintenant je me retrouvais dans une situation incroyable et je savais que si je sortais des catacombes, cela ne sera pas sans une bonne séance de torture mentale ou physique.

Je continuai de suivre le sorcier durant quelques minutes, ne pouvant même pas tourner la tête afin de voir ce qui m’entourait. Par contre, je remarquai que les nombreuses portes de chaque côté du corridor étaient toutes closes et que seul un carré de barreaux qui était plus vers le haut, au centre. Lorsque nous passâmes devant certaines d’entre elles, nous entendions des voix, mais rien de très audible. Ce qui me foutait encore plus la chair de poule alors que mon sang se glaçait dans toutes les veines de mon corps.
L’homme s’arrêta finalement avant de se retourner vers moi et d’un coup de sa baguette, j’arrêtai tout mouvement à mon tour.
La peur et la frayeur devait se lire dans mes yeux même si mon visage restait sans émotion à cause de la satané magie.


- Tu restes sagement ici le temps que j’amène Jack c’est clair?

J’hochai une nouvelle fois la tête comme un robot avant qu’il ne me laisse seul au beau milieu de corridor angoissant.
Je me concentrai mentalement, fermant les yeux afin de pouvoir faire un seul mouvement par moi-même. Parce que si je parvenais à prendre les jambes à mon cou pour fuir cet endroit, j’allais le faire sans hésiter. Je continuais d’entendre les murmures qui semblaient venir de partout et nulle part à la fois et franchement, je n’avais pas envie de devenir l’un d’entre eux. Qu’est-ce que je donnerais pour être tranquillement assit devant le feu de la cheminée de ma maison?


- Donne-moi ta baguette.

Je ré-ouvrit brusquement les yeux, surpris de voir que l’homme était déjà de retour, sa baguette toujours dans ma direction. Le corps de Jack n’était plus avec lui et donc maintenant, toute son attention allait être portée sur moi.
J’avalai encore de travers alors que ma main plongea dans ma poche pour lui rendre mon bien qu’il m’arracha des doigts. Il me fit un large sourire et se remit en route. Systématiquement, je recommençai à le suivre, comme un chien qui sera au pas de son maître. Seigneur que je détestais cette sensation! Bon il fallait dire que c’était la première fois que je goûtais à l’imperium et franchement, je n’aimais pas cette sensation d’avoir perdu toute liberté. Habituellement, ça ne me dérangeait pas de faire ce que les autres voulaient que je fasse, mais là… Aucune possibilité d’échappatoire. Avec un supérieur, qui plus est.
Bref, nous marchâmes durant quelques secondes jusqu’à temps qu’il pénètre dans une pièce dont la porte était ouverte. J’entrai à mon tour et il ferma derrière moi.
Il n’y avait absolument rien dans l’endroit. Hormis peut-être un bureau au beau milieu, avec une chandelle qui flottait au-dessus, ce qui donnait la seule clarté de l’endroit, plongeant le reste dans la pénombre. Une forte odeur de moisi me monta aux narines, indiquant que les elfes de maison devaient être plutôt rares dans ce coin souterrain du château. L’homme prit place derrière le bureau et moi, je m’assoyais sur la chaise de bois qui résidait tristement de l’autre côté du meuble. Mes mains se posèrent sur mes cuisses et mon cœur se mit à cogner encore plus fort dans ma poitrine.
Ça sentait l’interrogatoire à plein nez.

S’accoudant sur le bureau, sa baguette toujours vers moi, l’homme ouvrit encore une fois la bouche.


- Bon alors c’est simple mon gars. Je te pose une question et tu me réponds, c’est clair? Alors qui a mit le bureau à l’envers et qui a mit Jack dans le coma?
- Je… Je… Peux pas répondre à cette question.
- Arrête de jouer au plus malin avec moi, c’est perdu d’avance de toute façon. Qui? Juste un nom.

Je secouai vivement la tête en guise de réponse et le supérieur soupira d’impatience.

- Je peux pas je vous dis! Il va me tuer si je le dénonce!
- Si tu me dis pas tout de suite qui est le responsable, j’te gratifie de mon Avada!
- Mais si vous me tuez alors qui vous dira qui l’a fait, hein?!


C’était mon dernier espoir alors que l’homme se releva subitement de sa chaise et me plaça le bout de sa baguette sous le nez.

- Y’en a marre! Parle ou je te jure que tu ne reverras plus jamais le soleil de ta putain de vie! Répond à ma question!

Tout défilait si vite dans ma tête… Que devais-je faire? Dénoncer Alec et trahir ma promesse envers Sovahnn? Si je faisais ça, je savais qu’aussitôt que le serpentard reviendrait il me flanquerait probablement une volée monumentale. De plus, je risquais fort bien de décevoir ma compagne de maison, ce qui ne m’intéressait pas. Je me souvenais comment ses yeux s’étaient remplis d’eau alors qu’elle m’avait énoncée le problème du jeune Rivers.
Donc non, je ne pouvais pas dire le nom d’Alec.
Et sans réfléchir, alors que le supérieur ouvrait la bouche pour me lancer un nouveau sortilège, je criai le premier nom qui me vient à l’esprit…


- Derek Ryans! C’est Derek Ryans! Par pitié! Me faites pas de mal!

Les larmes au bord des yeux, mes mains s’étaient crispées sur mes cuisses alors que, surpris de mon aveu, le supérieur recula légèrement, la bouche en O. Et moi, je tentai de reprendre le contrôle de ma respiration.
Je venais de faire une gaffe, ça c’était certain. Mais je préférais que Derek Ryans me tue plutôt que de décevoir Sovahnn et enlever le privilège à Alec de pouvoir sauver sa sœur mourante.


- Derek Ryans… Mais pourquoi est-ce qu’il… Je ne comprends pas… C’est très étrange comme comportement. C’est vraiment lui, tu es certain?
- Oui… J’étais caché sous le bureau quand il est venu et j’ai tout vu…
- Parfait puisque tu as l’air certain… On va attendre la version des faits de monsieur Ryans.


En entendant la dernière phrase, je cru mourir sur place.
Je me relevai de ma chaise et lorsque je voulu ouvrir de nouveau la bouche, mes lèvres furent scellés.


- En attendant que je le cherche, je vais t’envoyer dans une cellule. Et j’espère que t’as raison mon gars parce que lui il ne te fera pas de cadeau. Aller avance.

Je lui tournai le dos, encore plus paniqué qu’avant et j’ouvrai la porte.
De nouveau dans le corridor, on ne mit pas longtemps avant de s’arrêter devant une porte close qui s’ouvrit à la volée avant que je ne sois projeté dans la cellule et que je tombe lourdement sur le ventre, sur le sol.
Enfin libre de mes mouvements, sans me préoccuper des écorchures que j’avais aux genoux, je me relevai et me précipitai vers la porte qui se refermait déjà : il était trop tard. Je battis des poings le plus fort que je pus, mais naturellement, c’était cause perdue.


- Nah merde c’est pas vrai… Il va me tuer c’est certain…

Je me retournai et c’est à ce moment là que je me rendis compte que je n’étais pas seul…

- Caem?!
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Caem Kaliayev



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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Lun 6 Fév - 13:23

Eviter de s’attirer des ennuis. Voilà quelle était la philosophie de Caem depuis son arrivée. Il savait que cela ne plairait pas particulièrement à sa mère, là-haut, de savoir qu’il accumulait les emmerdes et qu’il se mettait constamment en danger. Alors il essayait de se faire discret, de ne pas faire de zèle. Jusque là, cela avait été plus facile en vérité. Au début, il n’était attaché à personne, il n’avait donc personne à défendre. Et puis, quand bien même il était le petit nouveau, ce qui était assez surprenant pour un septième année, n’ayant nullement cherché à se faire remarquer, bien des gens passaient sans lui prêter la moindre attention. Cela l’arrangeait pas mal. Ainsi, il menait sa petite vie, sans se préoccuper du reste. Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il n’avait pas cherché à aller vers les autres. Au contraire, il s’était formé un petit cercle d’amis qui lui convenait parfaitement bien. Bref, au sein de l’horreur, il avait su s’aménager un petit nid, un lot du quotidien qui lui suffisait. Même s’il ne pouvait s’empêcher d’être indigné face aux ignominies que les Supérieurs pratiquaient, il parvenait à vivre avec, à avancer tout de même. C’était un choix que tout le monde ne partageait pas nécessairement. Killian d’ailleurs était l’une des premières à s’être montrée en opposition avec ce principe. Lors de leur première rencontre, la jeune femme lui avait clairement fait comprendre qu’elle voulait organiser une Résistance et que, selon elle, il n’était pas possible de ne rien faire sans que cela soit assimilé à du consentement. Avec le temps, sa vision semblait avoir changé ou enfin non, c’était surtout que les deux jeunes gens n’en avaient pas reparlé. A vrai dire, le russe n’avait pas envie de créer de conflit. Il savait bien qu’un jour il se réveillerait, qu’un jour il se révolterait. Mais il n’était pas encore près. Il avait besoin d’un peu de temps. Il fallait déjà qu’il s’habitue à cette nouvelle vie, aux nouveaux codes avant même de pouvoir envisager un quelconque soulèvement. Et puis, quand on y réfléchissait, plus il se forgerait une image d’élève passif, plus il pourrait agir discrètement, sans être soupçonné. Sans se chercher d’excuses, il savait que son comportement n’était pas totalement antithétique avec une potentielle suite. Caem passait donc ses journées entre les cours et des moments de calme. Il traînait aussi avec ses amis et ce jour-là il avait décidé de passer un peu de temps avec Zora. Cette fille était l’une de ses meilleurs amis, il n’avait pas besoin de réfléchir très longtemps pour en arriver à cette conclusion. Elle savait bien des choses sur lui et semblait toujours le comprendre, sans jamais se mettre réellement en conflit avec lui. Leurs discussions pouvaient être simples comme très poussées et parfois, ils se contentaient simplement du silence. Quelque soit la façon dont ils employaient le temps qu’ils passaient ensemble, cela convenait parfaitement au russe. Il ne demandait rien de plus que sa compagnie qui le détendait réellement. Cette fois-ci, les deux Poufsouffle avaient décidés de s’enfermer dans une salle pour retenter leur première expérience de l’armoire et du piano. Ils avaient réussi la première fois bien qu’une espèce d’imbécile ait détruit leur œuvre. Sur le coup, l‘envie de recommencer ne s’était pas faite sentir tant la déception avait été grande. Mais, avec le recul, le rêve qu’ils avaient pu caresser du bout des doigts leur manquait. Ils voulaient retenter leur chance. Cela faisait un moment qu’ils abordaient le sujet sans pour autant oser se lancer. Mais cette fois, la décision était prise. Les deux amis se rendirent donc dans une salle vide, avec seulement quelques meubles inutilisés. Avec une concentration ultime et une envie incommensurable, ils réussirent une nouvelle fois cette délicate transformation. Puis, ayant appris de leurs erreurs du passé, Caem entreprit d’insonoriser la pièce et de verrouiller la porte. Le sort de fermeture était aisément desfaisable mais ils seraient prévenus normalement assez tôt pour avoir le temps de réagir. Alors ils s’abandonnèrent totalement à la magie de la musique. Plus rien d’autre ne comptait que les mélodies qu’ils enchaînaient. Chacun son tour ou en combinaison, ils laissaient leurs mains glisser sur les touches du piano. C’était comme une danse chimérique, des sonorités idylliques qui leurs donnaient envie de croire en bien des choses.

Caem ne saurait dire combien de temps ce délire musical avait duré. Et à vrai dire, cela n’avait strictement aucune importance. Tout ce qu’il voulait retenir c’était cette sensation de pur bonheur, de liberté. La musique était son moyen d’oublie préféré. Cela lui procurait une intense sensation de libération. Il avait alors l’impression que plus rien n’avait d’emprise sur lui, qu’il pouvait tout affronter et tout combattre rien que par le biais d’une partition. Oui, tout cela lui convenait parfaitement. Quand ils furent gorgés de notes, les deux amis décidèrent de se retourner à la civilisation. Ils retransformèrent le piano dans son état d’origine d’armoire, pour être sûrs qu’aucun benêt de service ne vienne calmer ses nerfs dessus puis, le sourire aux lèvres, l’esprit léger, ils allèrent se poser dehors, dans l’herbe. Malgré l’air encore frais en ce mois d’avril, l’extérieur commençait à être accessible et agréable. Assis là, ils se laissèrent aller à des discussions banales et des moments de silence salvateur. Seulement voilà, rien ne semblait pouvoir être éternel ou simple dans l’enceinte du château. Après quelques instants, une petite troupe d’élèves pro-Supérieurs débarqua. Comprenant que cela ne sentait pas bon du tout, Caem intima à Zora de filer sur le champ. La jeune femme ne semblait d’abord pas vouloir lui obéir mais le russe su se montrer insistant, presque suppliant et elle s’en alla, juste à temps. Après cela, l’adolescent se sentit libéré d’un poids. Il ne craignait pas spécialement pour lui, il voulait juste que son amie soit hors d’atteinte. Et à partir de là, il attendit. Plus les jeunes se rapprochaient de lui, plus il sentait la pression monter d’un cran en lui, son cœur battait de plus en plus vite mais il fit tout pour garder un visage des plus neutres, un air totalement apaisé. Non, il ne leur donnerait pas la satisfaction d’avoir l’air terrorisé, certainement pas. Seulement voilà, son calme légendaire ne suffit pas, pas cette fois. A peine furent-ils arrivés à son niveau, que les hostilités commencèrent. Tout d’abord on lui parla du fait qu’il venait de Russie, qu’il n’était qu’un bâtard, que son sang n’était pas pur. Jusque là, il parvenait à répondre avec un simple sourire, comme si tout cela ne le touchait le moins du monde. Seulement il y eut une phrase, seulement quelques mots qui lui firent totalement perdre les pédales.

« En plus de tout ça, t’as le don pour te lier avec des putes. Entre ta mère qui, d’après les rumeurs, se servaient de ses origines nordiques et ta p’tite amie, Killian qui a une réputation de deux pieds de long, t’es vraiment un pro de la pute. »

Et là, il ne pu se retenir. Qu’on s’en prenne à lui, il s’en foutait. Mais à force, ces petits cons avaient finis par le comprendre. La seule façon pour rendre Caem totalement dingue c’était de parler de sa mère, de ses amis ou de Killian. Là, ils avaient usés d’une double attaque qui lui avait fait comme un violent électrochoc. D’un bond, il se mit sur ses pieds et, sans prononcer un mot, il projeta le type qui venait de parler avec une violence inouïe. Son visage était bien plus sombre qu’en temps normal, beaucoup dirait qu’il était presque méconnaissable. Il était tant en colère que ses membres en tremblaient presque. Mais apparemment cela ne suffisait pas aux autres abrutis. L’un d’eux relança le sujet, dans des termes pas plus courtois. Le russe recommença donc à user de sa baguette seulement cette fois ils réagirent tous en même temps. L’un d’eux lui lança un doloris qui l’envoya immédiatement au sol. La douleur était insupportable, Caem avait beau serrer les dents il ne pu retenir un gémissement. Une simple plainte qui suffit aux autres pour le traiter de faible et en rajouter une couche jusqu’à ce que l’un d’eux le plonge dans les méandres de l’inconscience. Plus rien, le vide total.

A son réveil, le jeune homme se trouvait dans une cellule. A vrai dire, il fut réveillé de manière assez violente, un bon seau d’eau sur la tête. Caem grommela alors qu’il s’agissait de pratique de moldus. Et oui, à peine éveillé, sa colère et sa rancœur s’étaient exprimés. Cela lui valut une immobilisation totale. C’était encore flou dans son esprit mais il parvint à distinguer, devant lui, un Supérieur. Celui-ci commença à l’accabler, l’accusant d’acte de rébellion, de mauvais traitement envers un Sang-pur et autres inepties. Le Poufosouffle ne répondit rien. Il avait beau être toujours fou de rage face aux propos qui avaient été tenus envers sa mère et Killian, il commençait à reprendre le contrôle et comprendre que ce n’était pas la peine de s’enfoncer d’avantage, il était déjà assez dans la mélasse comme ça. Il ne fut pas épargner pour autant. La séance de torture commença. Caem concentrait toute son énergie à ne pas exprimer trop fort sa douleur. A défaut de pouvoir se défendre, il ne voulait pas leur donner une impression de trop grande supériorité. Il encaissa donc les coups et les sorts en minimisant autant que possible ses plaintes. Puis, l’homme sembla se lasser et l’abandonna là, lui laissant entendre qu’il ne sortirait pas tout de suite, qu’il devait purger sa peine. Le jeune homme se recroquevilla alors dans un coin, cherchant à réunir ses esprits. Tout son corps était douloureux et il sentait un filet de sang le long de son arcade gauche et de sa lèvre inférieur. Cependant, chaque mouvement était douloureux, il ne chercha donc pas à stopper le saignement. En plus, on lui avait confisqué sa baguette, il était donc totalement démuni. Il n’avait plus conscience du temps, en lui se mêlaient la colère, la souffrance et un début de lassitude. Toute cette violence gratuite le dégoûtait au plus au point et le pire, c’était qu’il ne pouvait rien faire contre cela. La seule chose qui le réconfortait c’était de savoir qu’il avait pu épargner cela à Zora.

Tandis qu’il était plongé dans ses pensées, totalement prostré, il entendit des bruits de pas et de voix dans les escaliers. Quelques silhouettes s’approchèrent et quelqu’un fut envoyé dans sa cellule. Cette personne était de dos et dans l’obscurité. Il ne le reconnut donc pas tout de suite. Cependant, alors que les gens qui l’avaient accompagné quittaient les lieux, le jeune homme se retourna et il ne fallut que quelques secondes au russe pour reconnaitre Lukas. Ce dernier semblait l’avoir identifié aussi puis qu’il prononça son prénom, apparemment surpris de le trouver ici. Rassemblant ses forces, le russe se hissa sur ses jambes et s’approcha de son camarade, tentant le sourire autant que son visage tuméfié le lui permettait.

« Salut toi ! C’est bien gentil de venir me rendre visite ! »

Caem avait dit cela sur un ton décontracté. Il avait beau être révolté, il n’avait pas envie de dramatiser la situation. Certes il était dans un moment assez délicat, comme son ami apparemment mais bon, pour l’instant ils étaient encore en vie et pas isolé puisqu’ils étaient ensemble, c’était déjà une bonne chose. Cependant, il se demandait tout de même ce qui avait bien pu arriver à Lukas. Il était plutôt du genre timide alors qu’avait-il bien pu faire pour se retrouver ici. Surtout qu’il semblait avoir été pas mal chamboulé aussi. Il décida donc de reprendre la parole, un peu plus sérieusement cette fois. Pourtant, il faisait tout de même de son mieux pour éviter tout ton catastrophé, rester calme, respirer à fond et ne pas angoisser son camarade plus qu’il ne pouvait déjà l’être.

« Qu’est ce qu’il s’est passé ? Rassure moi, t’as pas fait d’énorme connerie, parce qu’ils ne sont pas du genre tolérants et rigolos… »

Certes Caem venait d’évoquer une évidence mais ce n’était pas pour paraître particulièrement intelligent et connaisseur. Non, à vrai dire c’était juste pour dénoter un peu avec sa question des plus sérieuses. Il était plutôt inquiet pour Lukas à vrai dire. Il l’aimait bien, il avait même eu l’envie de le prendre sous son aile et n’aimait pas savoir qu’il se trouvait en danger. Mais bon, pour le coup, il n’avait pas d’autre choix que de faire face à l’évidence : il semblait tout autant dans la merde que lui, mais il espérait que son cas était tout aussi éphémère que le sien et qu’ils lui lâcheraient rapidement la grappe…
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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Mar 7 Fév - 3:39

J’étais né avec la poisse, ni plus ni moins. Ça ne prenait que moi pour être capable de me fourré dans des pétrins pareils… Et dire que c’était moi qui se méritait toute la merde alors qu’en réalité, je n’avais jamais demandé à être mêlé à tout ceci. Pourquoi n’étais-je jamais aux bons endroits, aux bons moments? Parce que j’étais né avec la poisse! Et maintenant que je me retrouvais dans les catacombes, enfermé dans une cellule dans un corridor qui allait probablement se retrouver blindé de supérieurs d’une minute à l’autre et j’allais très certainement passer un mauvais quart d’heure. Surtout que j’avais eu la brillante idée de dénoncer une personne qui, pour une fois, n’était pas impliqué dans cette histoire abracadabrante. Un Roi qui, en apprenant le tout, allait probablement se faire plaisir en m’éliminant une bonne fois pour toute. J’étais certain qu’il y rêvait depuis un moment, mais qu’il voulait me faire un peu poiroté avant, question de faire durer le plaisir. Enfin, j’espérais qu’il allait me tuer sans me demander mon reste, parce que je n’avais pas tellement envie de me tortiller comme un vers sous la puissance de sa baguette magique. Et même devant cette douloureuse épreuve, je n’étais pas prêt à cracher le morceau concernant Alec. Enfin, je disais ça maintenant, mais je savais que tôt ou tard j’allais probablement ouvrir ma grande gueule pour dévoiler le véritable responsable de ce carnage. Et ça, même avant que Derek Ryans revienne me cherche dans cette cellule. Ouais parce qu’aussitôt qu’il allait rappliquer, j’allais demander pardon, me mettre à pleurer comme un gros bébé et le supplier d’écouter mon histoire avant de s’emporter dans une colère noire.
J’avais voulu me raviser. Ça oui. Lorsque le supérieur avait eu une drôle de réaction, je m’y attendais un peu. Après tout, Derek était un apprenti supérieur, ça tout le monde le savait. Donc pourquoi aurait-il voulu faire du mal à l’un de ses futurs coéquipiers pour avoir une information quelconque? Enfin le supérieur qui était venu me chercher devait bien se douter que si le bureau était aussi à l’envers, ce n’était pas à cause que la bagarre avait été féroce des deux côtés… Merde que je n’avais pas été intelligent sur ce coup là… Avoir su, j’aurais dû endurer la torture sur le champ plutôt que de nommer la pire personne du monde… Enfin j’ai voulu me raviser… Et encore là dans ma cellule, je voulais lui dire que je lui avais menti, que Derek Ryans n’était pas l’auteur de cette violente attaque. Que je me foutais de ce qu’il se passait dans la vie d’Alec et que j’étais désolé pour Sovahnn, mais que je ne voulais pas mourir à cause d’une histoire qui me m’impliquait pas…
Non au lieu de tout ceci, je n’avais pas d’autre choix que d’attendre et de prendre mon mal en patience…

Seulement…
J’ignorais totalement que j’avais de la compagnie avec moi. Enfin, ça c’était jusqu’à temps que je remarque enfin Caem, un garçon de ma maison. Ce n’était pas vraiment un ami, disons plutôt une connaissance avec qui je m’entendais bien. C’était le genre de mec qui n’aime pas vraiment se faire remarquer alors qu’être avec moi, c’était tout le contraire. Ma tête ne m’aidait pas alors… Mais bon, sa présence me soulageait presque : au moins je n’étais pas tout seul dans ce merdier, même si je savais que son histoire était fort probablement différente de la mienne. Heureusement pour certains, la poisse n’était pas donnée à tout le monde. Cependant, je me demandais vraiment ce qu’il faisait ici. D’après ce que je connaissais de sa personne, il n’était pas du genre à chercher les emmerdes et il n’était pas copain avec les supérieurs non plus. Alors quel était le problème? Peut-être que les méchants lui avaient simplement créé une histoire, question d’avoir un nouveau jeu et un nouveau pensionnaire. Ils étaient assez malins et cruel pour faire un truc pareil. Et d’ailleurs, si toute cette affaire ne m’était pas tombée sur le dos, ils auraient probablement fini par m’avoir tôt ou tard. Les mecs dans mon genre devaient être les plus amusants pour eux. Je n’étais pas du genre à me défendre, mais plutôt à supplier pour qu’on me laisse tranquille : c’est beaucoup plus marrant. Enfin… D’un point de vue méchant.

Lorsque j’avais interpellé mon camarade, surpris de sa présence, il s’était relevé de son coin et s’était dirigé vers moi, un sourire aux lèvres. Après tout, il devait être aussi content que moi de se retrouver dans la même cellule.
Lorsqu’il fût assez près et qu’il fut devant le seul faisceau de lumière qui éclairait faiblement la pièce, je fus horrifié par son visage qui était couvert de blessure ça et là. Et d’ailleurs, ça du paraître dans mon expression faciale parce que moi, retenir mes émotions sur le vif, c’était impossible pour moi. On aurait dit un combattant de guerre qui revenait d’une bataille difficile, mais qui avait tout de même réussi à s’en sortir. Ce qui voulait donc dire qu’il avait fort probablement subi une période intense de torture et que ça devait être assez récent. Parce que d’après mes souvenirs, je n’avais pas entendu dire que Caem était porté disparu.


- Salut toi ! C’est bien gentil de venir me rendre visite !

Rendre visite…? Ouais ben j’aurais bien aimé seulement…
Il semblait si calme en dépit de cette situation désespérée que moi, ça me foutait encore plus les boules. Enfin je veux dire, comment réussir à garder son sang froid alors que les bourreaux sont de l’autre côté de la porte, prêts à entrer n’importe quand pour faire le ménage?
Moi j’en étais parfaitement incapable, désolé.


- Qu’est ce qu’il s’est passé ? Rassure moi, t’as pas fait d’énorme connerie, parce qu’ils ne sont pas du genre tolérants et rigolos…

À sa question et à son commentaire, je paniquai encore plus que je ne l’étais déjà et ce, même si je savais déjà tout ça. Enfin, qui ne sait pas que les supérieurs ne sont pas tolérants et rigolos?!
Eh merde calme-toi Lukas… Ben non, je suis pas capable!

Je bougeai frénétiquement les mains dans tous les sens comme si j’avais la tarentallegra dans les bras au lieu des jambes et je plongeai mon regard dans le sien.


- Oh oui j’ai fais une énorme connerie! Probablement la pire de ma vie! Je pensais qu’échouer des examens allait être la pire, mais non j’ai réussi à faire quelque chose d’encore plus affreux!

Je commençai à faire les cents pas dans la pièce, aillant envie de parler de mes ennuis à Caem. Parce que de toute façon, qu’est-ce qu’on pouvait faire d’autre sinon attendre que la porte s’ouvre? Et puis, il fallait que je parle de ma situation désespérée à quelqu’un parce que c’était le seul moyen pour évacuer le stress. En tout cas, habituellement, ça fonctionnait à merveilles. Là, je me doutais que ça n’allait pas apaiser ma souffrance mentale, mais peut-être que ça allait allégée ma conscience un peu. Et puis si ça se trouvait, peut-être que mon compagnon d’infortune allait me dire que ma situation n’était pas si en crise que ça…?

- Je revenais du terrain de Quidditch parce que le cours avait été annulé. J’étais parti m’entraîner devant mes cercles, question de pas perdre la main parce que ça fait une éternité que moi et l’équipe on a pas eu la chance d’avoir un vrai entraînement… Et puis comme j’avais pas envie de rester seul à la salle commune, je voulais essayer de trouver Riley. J’étais encore au rez-de-chaussée quand les gens ont commencés à sortir de leur cours alors du coup, je me suis retrouvé dans une marée de monde. Et puis, un peu plus loin à l’angle d’un corridor, y’a un feu qui a éclaté! Genre comme ça BOUM! Sans raison! Alors les gens ont commencés à paniquer et moi aussi tu sais! On savait tous que ça allait alerter les supérieurs et qu’ils allaient venir pour punir le coupable! J’ai voulu fuir comme tout le monde, mais mes pieds sont restés collés au plancher! Tu te rends compte?! C’était même pas moi le responsable et je pouvais plus bouger de là alors que personne ne m’aidait! Ils continuaient tous de courir comme des déchaînés! La place s’est rapidement vidée et naturellement, moi j’étais toujours là, à essayer de me déprendre du maudit sortilège qui me retenait… Mais tu sais bien que je n’ai pas eu le temps… Y’a un supérieur là, Jack qui s’appelle, qui est venu me prendre en faute sans même que j’aille eu le temps de m’expliquer! Pendant qu’il me reprochait « l’acte que je n’avais pas commis » il a aperçu un autre mec alors il m’a balancé dans son bureau direct avant de prendre l’autre en fuite. Et moi bien… J’étais littéralement paniqué dans son bureau, je savais plus quoi faire et puis BOUM! On m’a tiré à l’intérieur d’un placard! J’étais tellement confus, si tu savais! Mais bon, je me suis rendu compte que la personne qui m’avait sauvée la vie c’était nul autre que Sovahnn! Tu sais, cette blonde là qui a dix huit ans, mais qui est en première?! Enfin bref, on est tous les deux restés cachés jusqu’à temps que le supérieur rapplique dans le bureau avec le mec qu’il avait fini par chopper. Et puis là ben… Je suis confus parce que je voyais rien du tout moi dans ce placard… Mais pour te faire une histoire courte, le gars à mis le supérieur K.O., il a transformé le bureau en véritable enfer et puis il a prit la fuite. Moi et Sovahnn on est sorti, on s’est approché de ce super Jack qui était vachement en sang et comatique et là, y’a un autre supérieur qui est arrivé. On s’est recaché, le mec est parti, on a ressorti et il est revenu… Seulement j’étais le seul à être sorti alors du coup, j’ai enfermé Sovahnn pour ne pas qu’elle se fasse choper à son tour… Le supérieur m’a soumis à l’imperium, m’a fait descendre ici, m’a menacé pour que je lui dise qui avait mis son copain dans un état aussi lamentable…

J’arrêtai enfin de faire les cents pas et je regardai mon compagnon de cellule.
J’avais déballé mon sac en parlant très rapidement, prenant à peine le temps de respirer tellement l’émotion prenait le dessus sur mon contrôle. J’ignorais si Caem avait saisit la moitié de ce que je lui racontais, mais sur le coup, je m’en fichais pas mal. En parler à quelqu’un, ça m’apaisait un peu alors…


- Mais je pouvais pas tu vois! Je pouvais pas lui dire qui était le mec en question! Parce que j’ai promis à Sovahnn de ne rien dire! Il avait une bonne raison de faire ce qu’il a fait et elle était presque en pleurs parce qu’elle ne voulait pas que j’en parle à quelqu’un! Alors j’ai suivi mon instinct d’héros et je ne l’ai pas dénoncé. Mais à la place… J’ai nommé…

Je retenais mon souffle, encore sous le choc de ce nom que j’avais osé dire.

- Derek Ryans… Tu te rends compte?! Derek Ryans!! C’est pas une grosse connerie pour toi ça hein?! Là le supérieur m’a foutu en tôle le temps qu’il aille chercher le roi de l’école pour qu’il puisse valider la version des faits! Je sais très bien que c’est pas lui! Je sais aussi qu’il me déteste et quand on sera face à face, il ne fera qu’une bouchée de moi! Il va me tuer! Il va me torturer jusqu’à temps que je crève et que je demande pardon! Mais je suis trop jeune pour mourir Caem!!

Je me retenais de toutes mes forces pour ne pas fondre en larmes.
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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Jeu 9 Fév - 20:12

Ah Lukas…. Un grand sourire était apparu sur les lèvres de Caem et il du se retenir pour ne pas rire. La situation en elle-même n’était pas drôle, il ne pouvait décemment pas dire cela mais ce qui l’amusait c’était l’excentricité et le côté catastrophé de son camarade. Certes, n’importe qui de normal ne serait pas calme dans un moment pareil. Le russe savait que le contrôle qu’il avait sur ses émotions n’était pas franchement naturel ni commun. Il en avait pleinement conscience pourtant, il savait aussi que la façon de réagir de Lukas n’était pas forcément représentative de l’ensemble de la population non plus. Lui pour le coup, c’était le parfait opposé. A l’entendre parler, on avait l’impression que le ciel lui était tombé sur la tête, qu’il ne comprenait absolument pas ce qui lui arrivait, qu’il n’y avait aucun échappatoire. Mais surtout, ce fut sa comparaison avec le fait de rater un examen qui acheva l’adolescent. Il se mordit férocement la lèvre pour ne pas rire et respira profondément, autant que ses flancs douloureux le lui permettaient. Il se doutait que le Poufsouffle ne comprendrait pas nécessairement s’il se mettait à rire. Il pourrait croire qu’il se moquait de lui, qu’il pensait qu’il en faisait dix fois trop, pourtant ce n’était rien de toute cela. La façon qu’il avait de présenter les choses l’amusait et puis, avoir un peu de compagnie le poussait à se détendre. Lui qui ne craignait pas du tout la solitude, ne l’appréciait pas spécialement lorsqu’il était au fin fond des cachots. Il aurait presque pu se laisser aller à un peu de désarroi mais heureusement l’arrivée du jeune homme lui avait redonné envie de sourire et de se montrer combatif. Et puis, vu son attitude, il allait devoir être encore plus courageux. Il devait le réconforter. Il n’en était pas obligé en soi mais le voir autant en proie à l’angoisse, cela ne l’enchantait pas spécialement. Même si certains aspects de sa crainte étaient plutôt rigolos au final il savait très bien que l’angoisse était quelque chose d’horrible. Cette boule dans l’estomac, cette impression que tout va s’écrouler, l’impossibilité de reprendre le dessus sur son propre corps, sur son propre esprit… Personne sur terre ne devait apprécier cette sensation et très certainement pas Lukas en cet instant. Aussi, avant qu’il ne commence à lui raconter sa mésaventure, Caem lui fit un sourire doux et parla d’une voix parfaitement calme, d’un on parfaitement maîtrisé.

« Aller, respire… »

Puis il se tut. Il avait bien conscience que sa petite intervention n’était pas nécessairement d’une très grande utilité mais tout ce qu’il voulait c’était faire comprendre à Lukas qu’il allait l’écouter, qu’il ne fallait pas non plus qu’il se catastrophe trop. Enfin, de toute façon il ne pourrait pas l’aider à reprendre le dessus sur son angoisse tant qu’il ne saurait pas ce qu’il s’était réellement passé. Caem s’adossa alors contre le mur, bras croisés, l’air parfaitement calme et regarda son camarade faires les cent pas alors qu’il lui expliquait ce qui lui était arrivé. L’adolescent fronça légèrement les sourcils. Les explications de Lukas étaient un peu brouillonnes pour quelqu’un d’extérieur et en même temps il se doutait bien que dans un moment pareil, sa priorité n’était pas d’écrire une jolie histoire comme dans les romans mais plutôt de cracher tout ce qu’il avait accumulé. Et puis, au final, son récit était bien assez clair pour que le russe comprenne le tout. Il fallait avouer que tout cela n’avait strictement rien de commun. L’histoire de l’explosion, du placard, de l’intervention soudaine de… Sovahnn c’était bien ça. Caem ne connaissait pas personnellement cette fille, il savait qu’elle était dans sa maison et avait, comme beaucoup, entendu parler d’elle justement parce que, comme l’avait précisé Lukas, malgré son âge elle se trouvait toujours en première année. Mais à part cela, il ne savait rien d’autre sur elle. Enfin, cela ne l’empêchait nullement de comprendre l’histoire. Quand le Poufsouffle arrêta enfin de déambuler dans la pièce, le russe le regarda, toujours aussi impassible, lui faisant un petit sourire comme pour l’encourager à continuer dans sa lancée. Et c’est à qu’il eut connaissance du nœud du problème. Dans une sorte d’ultime effort, Lukas lui avoua qu’il avait dénoncé Derek Ryans à tord. Ce n’était pas la peine d’être ici depuis longtemps pour savoir qui était Derek Ryans. Ce type était du genre violent, méprisant et il valait mieux éviter de croiser sa route. Jusqu’ici, Caem s’était très bien débrouillé pour ça. Mais apparemment ce n’était pas le cas de son camarade. Si contrairement à ce qu’il semblait penser, le russe n’était pas aussi alarmiste et ne pensait pas qu’il allait mourir pour ça, il devait bien avouer que dénoncer ce type n’avait pas été la chose la plus brillante que son compagnon de maison avait pu faire. Le regardant alors droit dans les yeux, ne laissant transparaitre aucune émotion sur son visage tuméfié ni dans son regard, il reprit la parole.

« Bon déjà, calme toi. C’est sûr que dénoncer Derek Ryans c’était pas super malin mais ta vie n’est pas foutue pour autant. Tu ne vas pas mourir, je te le jure sur toutes les divinités que tu veux. Tu peux pas revenir en arrière alors il vaut mieux que tu réfléchisses à ce que tu vas bien pouvoir faire pour que tout cela ne tourne pas trop en ta défaveur. »

Caem essayait de se montrer rassurant mais il ne voulait pas non plus mentir à Lukas. Cela ne servirait strictement à rien de lui dire que la vie était belle, que l’herbe sentait bon et que le soleil brillait dans le ciel. Non, il devait réfléchir et vite. Quand bien même ce n’était pas ses affaires et qu’il n’était en aucun cas mêlé à tout cela, il était hors de question qu’il le laisse dans le pétrin sans même essayer de l’aider à trouver une solution. Le russe monopolisa donc tous ses neurones pour essayer d’y voir plus clair. Revenir sur ses accusations maintenant serait très dangereux. Les Supérieurs n’auraient définitivement plus confiance en lui, ils le traiteraient de menteur et risquaient de le torturer pour être sûr que cette fois il ne donnait pas un nom au hasard. Mais maintenir une accusation contre Ryans c’était aussi clairement jouer avec le feu. Quant à espérer de la compassion, de la pitié de sa part c’était très certainement croire au Père Noël. Pourtant il y avait forcément un moyen d’éviter à Lukas de souffrir énormément. Allez Caem, réfléchis, réfléchis…

« Ryans n’a clairement aucun intérêt de confirmer ce que tu as dit. Seulement s’il réfute, peut être que tu peux essayer de demander de ne t’entretenir qu’avec lui. Bon ok, ça peut paraître totalement fou dis comme ça, mais face à lui seul ce sera plus facile que face à plusieurs Supérieurs. Et tu peux toujours jouer le tout pour le tout et tenter de trouver un arrangement avec lui… »

Caem se demanda alors s’il n’aurait pas mieux fait de se taire. Non pas qu’il pensait que son idée était totalement absurde juste que Lukas risquait d’assimiler cela à une solution de désespéré et ce n’était pas franchement le meilleur plan pour le rassurer. L’adolescent devait avouer qu’il était un peu désemparé face à tout ça. Sa situation à lui n’était pas génial mais il avait passé le plus dur, maintenant il ne lui restait plus qu’à attendre qu’on le laisse sortir. L’idée que Lukas allait encore devoir subir des tortures lui remuait l’estomac. Ce garçon le touchait, sans trop qu’il ne sache pourquoi, cet air enfantin dans ce très grand corps ? Peut être. Toujours était-il qu’il n’aurait pas l’esprit tranquille s’il le savait à la merci de ces idiots sanguinaires. Poussant alors un léger soupir, il reprit la parole.

« Je suis désolé de ne pas t’être d’une plus grande aide… »

Caem se sentait un peu con pour le coup. Il n’aimait pas être dépassé par les évènements lui qui avait l’habitue de toute contrôler. Il n’était pas habitué et cela l’agaçait encore plus. Et s’ils venaient chercher Lukas ? Allait-il les laisser l’embarquer sans rien dire ? Non, il ne pouvait pas se résoudre à ça sans être sûr qu’il allait s’en tirer sans trop de dommages…
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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Sam 11 Fév - 6:06

J’avais dévoilé sans détour mon histoire à Caem. Bien entendu, j’avais fait attention pour divulguer le plus de détails que possible, afin qu’il comprenne bien ma situation désespérée. Durant mon petit speech, j’avais l’impression de revivre l’étrange situation qui m’était arrivée environ une heure plus tôt. Même après avoir divulgué toutes mes informations, je ne comprenais toujours pas et certaines questions demeuraient sans réponse. Je me disais que si j’avais la chance de sortir d’ici (je n’avais pas trop d’espoir) j’allais devoir avoir une petite conversation avec Sovahnn, histoire de mettre ça au clair. Parce que franchement, je me demandais ce qu’elle faisait dans le placard dans un bureau de supérieur… Ce n’était pas un endroit à fréquenter et encore moins pour se cacher. En plus, j’allais bien devoir lui dire que j’avais tenu parole et ce, même sous la menace. Une vraie première pour moi et franchement, ça allait être le dernier acte héroïque de ma vie parce que j’ignorais que ça pouvait faire aussi peur de se transformer en un héros soudain. Après ça, j’allais continuer de mes m’occuper des mes affaires et de laisser les autres se démerder, coûte que coûte. Je tenais bien trop à ma jeune vie pour risquer la mienne pour les affaires des autres. Surtout que ça incluait des trucs avec les Serpentards. Hormis Riley, les autres m’apparaissaient encore comme de gros méchants à qui on ne pouvait pas faire confiance. Ça valait aussi pour Alec, malgré le fait que je ne savais rien de lui. Il avait quand même réussi à mettre un supérieur dans un fâcheux état, ça ne m’indiquait pas de quel côté il se trouvait. Après tout, il avait posé ses gestes en sa faveur, dans un moment de détresse parfaitement légitime : n’importe qui aurait agi de cette façon, peu importe de quel côté il se trouvait.
Enfin bref, heureusement, Caem ne m’avait pas interrompu durant ma petite séance d’histoire parce qu’autrement, je pense que j’aurais péter un câble encore plus que j’avais pus le faire. Parler de ma situation m’avait légèrement libéré d’un poids, mais ça n’avait fait qu’accentuer mon stress par rapport à ce qui m’attendait dans les prochaines minutes. Ouais parce que ce supérieur allait probablement mettre très rapidement la main au collet de Derek Ryans et l’amener à notre cellule. Si ça se trouvait, le roi de l’école était peut-être même plus près que je le pensais et dans ce cas là, ma vie entière allait être foutue d’un instant à l’autre.
Eh merde…


- Bon déjà, calme toi. C’est sûr que dénoncer Derek Ryans c’était pas super malin mais ta vie n’est pas foutue pour autant. Tu ne vas pas mourir, je te le jure sur toutes les divinités que tu veux. Tu peux pas revenir en arrière alors il vaut mieux que tu réfléchisses à ce que tu vas bien pouvoir faire pour que tout cela ne tourne pas trop en ta défaveur.

Les sourcils haussés, j’étais plutôt surpris de voir que mon histoire ne semblait pas ébranler Caem qui, après tout ceci, demeurait sans émotion. Il ne comprenait pas ce que je venais de lui dire ou bien il était juste… Tout simplement inconcient?
Les mains sur les hanches, je ne manquai pas de lui répliquer.


- On dirait que tu ne te rends pas compte de ce que tu dis… Derek Ryans! D-E-R-E-K R-Y-A-N-S! Bien sûr que ma vie est foutue! Tu savais pas qu’il avait déjà tué quelqu’un?! C’était un moldu! Et même pas avec sa baguette en plus tu te rends compte! Il est capable de se défendre sans sa baguette contrairement à moi! Et même encore là quand j’ai ma baguette, je suis pas capable de faire grand-chose!

Ouais bon, je n’étais pas certain pour le meurtre. C’était des bruits de corridor qui étaient parvenus jusqu’à moi. Cependant, je n’avais aucune difficulté à croire cette histoire que j’avais aussitôt prise pour acquise. Après tout, il se tenait avec les supérieurs depuis leur arrivée et tout le monde savait que ces mecs là passaient leur temps à tuer les pauvres moldus qu’ils rapportaient des quatre coins du monde. Probablement pour prouver qu’il voulait bel et bien faire parti de la bande, ils lui avaient sûrement proposé divers défis, comme, par exemple, tuer un moldu. Tout était crédible, surtout que l’on parlait de Derek Ryans.
Alors pourquoi Caem m’affirmait-il qu’il était certain que je n’allais pas crever alors que le roi des Serpentards allait avoir toutes les raisons du monde pour vouloir me tuer? Connaissant son caractère très impulsif, je savais qu’un simple mot pouvait le mettre carrément à l’envers et le pousser à faire des conneries. J’étais qui moi pour Ryans? Rien d’autre qu’une perche idiote qui l’énervait. Raison de plus pour m’éliminer.


- Ryans n’a clairement aucun intérêt de confirmer ce que tu as dit. Seulement s’il réfute, peut être que tu peux essayer de demander de ne t’entretenir qu’avec lui. Bon ok, ça peut paraître totalement fou dis comme ça, mais face à lui seul ce sera plus facile que face à plusieurs Supérieurs. Et tu peux toujours jouer le tout pour le tout et tenter de trouver un arrangement avec lui…

Et si mes sourcils étaient haussés aux premières phrases de mon compagnon de cellule, je les fronçai aussitôt.
Décidément, il n’avait aucune idée de qui était réellement le plus vieux des Ryans. Vraiment aucune… Ça ne servait strictement à rien de continuer de m’entretenir plus longtemps sur le sujet avec lui, parce que ces paroles n’avaient aucun sens. Parler à Derek, essayer de trouver un terrain d’entente avec lui… N’importe quoi. Il était plutôt le genre de mec à agir avant de parler et une baguette était bien plus rapide qu’un poing au visage. Être seul dans une pièce avec lui ou bien être entouré de supérieurs n’allait absolument rien changer à ma situation critique. Le problème était qu’il allait me tuer de toute façon.
Pour toutes réponses, je lâchai finalement mes hanches avant de laisser retomber lourdement mes bras de chaque côté de mon corps. Puis, j’eus un petit rire.
Sarcastique, bien entendu.


- Je suis désolé de ne pas t’être d’une plus grande aide…

- Nah tu sais quoi? Franchement, laisse tomber. Admet plutôt que je suis foutu et que cette journée, ce moment est le dernier que je passe en ta compagnie. Quand Derek arrivera et que je franchirai le seuil de cette porte, je n’existerai plus. J’te laisse ma place de gardien de l’équipe de Quidditch si tu veux.

Découragé et dépassé par les évènements.
Rien de plus, rien de moins. Après tout, je n’étais pas habitué d’être confronté à ce genre de situation. C’était la première fois depuis le début du désastre des supérieurs que j’avais réellement conscience de leur existence. Lorsque Megan Blackwood avait été annoncée comme étant portée disparue, ça m’avait aussi frappé de plein fouet, mais disons que puisque ça ne me touchait pas vraiment. J’avais simplement éprouvé de la sympathie pour elle. Mais là, tout reposait sur moi et c’était moi qui étais dans le pétrin. De véritables emmerdes comme jamais je n’en avais eu auparavant. Maintenant, il ne me restait qu’une seule chose à faire : attendre ma sentence. Que faire en attendant? Difficile à dire. La peur me grugeait l’estomac et le stress allait me faire exploser la tête d’une seconde à l’autre.
Je jetai un coup d’œil à Caem.


- Tu sais… Ce qui me déçoit le plus… C’est que j’aurai pas eu le temps de connaître l’amour. J’aurai jamais touché une fille de ma vie… Ouah mourir jeune, con et vierge en plus, c’était ça ma belle destinée… En plus, je saurai jamais si j’ai passé mon test d’histoire de la magie… Pour une fois que j’étais certain de mes réponses… J’aurais eu droit à de belles félicitations de la part de Riley et je vais louper tout ça…

Je poussai un soupir.
Je n’étais pas du genre à me laisser abattre et à raconter mes états d’âmes aux autres, peu importe qui. Disons que là c’était un cas un peu spécial, mais je savais que Caem avait dû passer par des choses plutôt difficiles pour se rendre jusqu’ici et puisqu’il avait eu la gentillesse de m’écouter (même si ses conseils étaient un véritable flop), je me devais de faire de même. Écouter une dernière histoire avant de peut-être passer un autre cap. Après tout, peut-être que lui aussi avant besoin de parler de ces tracas.


- Enfin on s’en fou de ma vie. Toi, t’as fait quoi pour atterrir ici? T’es pas le genre de mec qui court après les emmerdes habituellement, non?
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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Dim 12 Fév - 18:52

Si jusque là Caem avait trouvé le catastrophisme de Lukas plutôt amusant, plus la discussion avançait et plus il sentait que son sourire disparaissait. Il comprenait qu’il ait peur, la question n’était pas là. N’importe qui dans une telle situation sentirait ses membres trembler et aurait envie que tout s’arrête. Le Poufsouffle n’était pas dans une situation facile, le russe l’accordait totalement mais ce qu’il n’aimait pas trop, c’était sa façon de noircir le tableau. Même s’il savait que les solutions qu’il proposait n’étaient pas spécialement efficaces, son camarade semblait refuser de chercher une solution. Quand il évoqua la réputation de Derek Ryans, Caem poussa un long soupir. Ce type était une ordure et faisait peur, il n’y avait aucun doute là-dessus mais il ne fallait pas nécessairement croire tout ce qui se disait dans le château. Les rumeurs dans les écoles vont toujours vite mais elles n’en restent pas moins des rumeurs. S’il y avait souvent un fond de vérité, la plupart du temps les traits étaient exagérés. D’autant plus que les Supérieurs avaient tout intérêt à entretenir ces rumeurs. Leur but était d’asseoir leur domination sur l’école. Rien de plus simple face à des jeunes. Il suffisait de les effrayer, de faire circuler les pires histoires pour que tout le monde croit qu’il n’y avait que la mort à la fin du parcours. Alors certes, il y avait eu des morts, le Poufsouffle le savait bien. Pourtant, il ne pensait pas que les Supérieurs tuaient à tord et à travers. Ils avaient plus intérêt à manipuler plutôt qu’à tuer tout le monde, cela ne les mèneraient nulle part. Les torturés étaient de tout bord, enfin surtout tous ceux qui n’étaient pas Sang-Pur mais les morts étaient la plupart du temps des moldus. C’étaient eux la première cible, après venaient les nés-moldus. Bref, Caem n’était pas là pour faire une théorie sur le régime actuellement en place. Seulement il refusait d’accepter les affirmations de Lukas. Surtout que ce dernier ne s’arrêta pas là. Il enfonça le clou en lui disant qu’il savait très bien que de toute façon il serait bientôt mort, qu’il pouvait prendre sa place dans l’équipe de Quidditch. Les poings de l’adolescent se serrèrent alors doucement. Il allait lui dévisser la tête. S’il continuait comme ça il allait lui mettre son poing dans la figure. Comment pouvait-il se contenter de se plaindre hein ? S’il avait si peur que ça de mourir, pourquoi ne cherchait-il pas à se battre ? Oh pauvre petit cou, il n’avait jamais connu le plaisir d’une fille ? Voulait-il que Caem verse une petite larme ? Lukas sembla alors se raviser, lui expliquant que l’on se fichait de sa vie et lui demandant ce qui l’avait amené ici. L’air parfaitement calme, le Poufsouffle s’approcha lentement de son camarade. Il le fixa sans un mot puis, sans prévenir, il lui envoya un magnifique crochet du droit en pleine tête. Le jeune homme n’était pas franchement du genre à être violent, à frapper, mais là, il comptait bien remettre les idées de son camarade en place.

« Oui t’es dans une situation de merde, oui ce qui t’attend n’est pas facile mais la prochaine fois que tu dis que tu vas mourir, je te jure je m’occupe de l’autre côté de ton visage ! J’ai fini ici parce que des petits malins on traité ma copine de pute mais aussi ma mère décédée. Et tu sais, quand elle était malade, qu’elle souffrait, elle s’est battue, elle n’a jamais baissé les bras alors que la mort grignotait peu à peu chaque partie de son corps. T’es jeune, en pleine forme, t’es intelligent alors au lieu de te plaindre, de te complaire dans ton malheur, bat toi bordel ! Tu comptes pleurnicher longtemps comme ça ? T’as pas un peu plus d’estime pour toi ? T’as pas un peu plus de tripes ? »

Ok,maintenant, respire. Caem ferma les yeux quelques instants pour essayer de retrouver son calme légendaire. Mais pour le coup, Lukas l’avait vraiment agacé. Non seulement il était pas mal fatigué, les autres andouilles l’avaient déjà poussé à bout alors si en plus son camarade en rajoutait une couche… Il comprenait qu’il soit désemparé, son caractère l’aurait plutôt poussé à lui faire un câlin et lui dire que tout irait bien. Lui parler tranquillement, l’aider à reprendre le contrôle tranquillement plutôt que d’en passer par la rudesse d’un coup et la violence de ses paroles. Mais voilà, c’était parti tout seul. Il n’avait pas pu se retenir, il avait eut envie de le secouer pendant des heures pour lui faire comprendre que sa façon actuelle d’agir était totalement stupide. Respirant à grand coup, il reprit la parole, un peu plus calme que précédemment mais sa colère n’était pas totalement atténuée. Elle avait tout de même été assez violente. Caem ne parlait jamais du décès de sa mère et encore moins de sa maladie, de sa longue agonie. Il n’aimait pas que les gens sachent, qu’ils le prennent en pitié. Même Killian n’en savait absolument rien. Alors s’il l’avait craché ainsi à la figure de Lukas c’était bien parce que sa colère était trop violente pour qu’il ne puisse contrôler ses propos. Enfin, il espérait que le Poufsouffle ne prêtait pas trop attention à ce petit détail de sa prise de parole et qu’il en tirerait plutôt le sens profond, le cœur du problème, ce qui avait provoqué ce soudain accès de rage.

« Je suis désolé de t’avoir frappé mais sincèrement… Je ne regrette pas ce que je t’ai dit. T’as pas le droit de continuer à désespérer ainsi. Tu vas sortir de ces putains de cachots et s’il le faut, je t’attendrai devant avec une fille. Je suis sûre qu’il y en a une, à l’extérieur, qui rêverait d’être avec toi. Alors maintenant tu te calmes. »

C’était plutôt amusant que Caem demande à son camarade de se calmer alors que c’était lui qui venait de péter un petit câble. Mais bon hein, le jeune homme était tout de même plus calme sur l’ensemble de leur discussion. Bref, le russe s’assit alors à même le sol, étendant ses membres au passage. Parce que malgré tout, les autres idiots ne l’avaient pas loupé, ses membres étaient douloureux, la fatigue commençait à se joindre à la douleur, il avait donc grand besoin de se poser un peu. Cependant dans sa tête, c’était tout le contraire. Ses pensées se mêlaient, son cerveau fonctionnait à une vitesse hallucinante et il avait bien du mal à faire le tri dans tout ça. Il se demandait bien comment faire face à Lukas. Après tout, ce n’était pas parce qu’il lui avait mis son poing dans la figure qu’il allait l’écouter avec plus d’attention. Au contraire, il risquait fort de se braquer et même s’il ne pouvait pas sortir et l’éviter totalement, il pouvait très bien se terrer dans un coin et se résoudre au silence. Cela pouvait après tout être envisagé comme une réaction des plus normales et des plus humaines. Cependant Caem espérait que son camarade de maison saurait se montrer plus mature que lui-même ne venait de l’être et qu’il accepterait de remettre son raisonnement en question. Parce qu’après tout, c’était pour lui qu’il s’était énervé. Le Poufsouffle aurait très bien pu le laisser se plaindre, raconter sa petite histoire et ainsi ne pas approfondir la discussion. Seulement, il n’aimait pas regarder les gens dans une situation délicate et ne rien faire. Il avait de la compassion, de l’empathie sauf que là, il s’était totalement laissé déborder par ses émotions jusqu’à agir comme un rustre. Décidément, en ce moment c’était le bordel dans sa tête et dans sa vie. Tout était chamboulé et il avait parfois bien du mal à y voir clair. A croire que les éléments jouaient en sa défaveur. Il espérait juste que tout cela allait se calmer un peu même si, avec les jours qui arrivaient, le russe savait bien que la situation ne risquait pas de s’améliorer… Soupirant doucement, Caem reprit la parole d’un air presque léger, totalement en opposition avec ses précédents propos.

« Y’a une nana qui te plait dans l’école ? »

Quoi de mieux pour calmer le jeu que de parler des filles ? Si Caem n’était pas un pervers notoire qui adorait dépeindre les filles sous toutes les coutures, il ne restait pas moins un homme comme les autres et les filles faisaient partis de ses sujets de discussions possibles. Et puis, peut être que parler de ça permettrait à Lukas de se projeter dans le futur et donc d’avoir un peu plus de motivation. Après tout, vu l’effet qu’il venait de faire, il n’avait pas grand-chose à perdre.
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MessageSujet: Re: Heroism Sucks [- Caem -] Mar 14 Fév - 2:43

Je savais que ce n’était pas bien de s’apitoyer sur mon sort. J’avais peut-être plusieurs défauts, n’empêche que je préférais toujours voir le côté positif des choses et lorsque ce n’était pas possible, je gardais ça pour moi. Après tout, rien ni personne ne pouvait me ramener ma mère et ma sœur du monde des morts et c’était l’une des raisons pourquoi je n’en parlais jamais. De plus, cette histoire me rendait triste et parvenait à me déclencher une série interminable de frissons partout sur mon corps lorsque je me m’imaginais toute la souffrance qu’elles avaient dû endurer de ce vampire. Je pensais souvent à elle, surtout en sachant que le dixième anniversaire de leur mort allait bientôt arriver. Juste penser à cette date, ça me rendait malade. Mais pourtant, je n’en parlais jamais. Mis à part peut-être Riley qui connaissait toute mon histoire, mais je ne revenais jamais sur ce point précis de ma vie, le jour ou tout avait basculé.
Non, je n’étais pas fier de mon comportement, mais pas du tout. Ce n’était pas mon genre de m’enfoncer le clou plus loin : je n’étais pas quelqu’un qui aimait souffrir. Et j’aimais encore moins que l’on me prenne en pitié. Je détestais les gens qui faisaient ça alors pourquoi ferais-je de même? Mais là, tout était différent. J’étais pratiquement certain que j’allais mourir et que ce que je visais avec Caem était mes derniers instants de vie. Ah bien sûr j’aurais voulu que ça se passe autrement. J’aurais préféré mourir dans d’autres circonstances ou bien simplement pour moi-même au lieu de crever pour un gars qui devait même ignorer mon nom. On ne m’avait pas laissé le temps de réfléchir, mais j’avais fait un choix : celui du silence. Je devais maintenant en accepter les conséquences et ce, peu importe le résultat final. Dans cette école, cet enfer quotidien, il fallait s’attendre à ce que les malheurs nous tombent dessus à n’importe quel moment. Jusqu’ici, j’avais été très chanceux, mais mon tour était enfin venu. Allais-je continuer de me lamenter de ma décision ou bien allais-je prendre les choses comme seul un homme le ferait? J’étais encore jeune, j’avais la vie devant moi, mais il m’était impossible de retourner dans le passé. Continuer à paniquer alors que Caem était probablement dans une merde lui aussi et qu’il restait calme malgré tout? Non. J’étais plus fort que ça.

Le plus gros de ma crise était passé. Je le savais. Je le sentais.
C’était pourquoi j’avais préféré détourner la conversation. Après tout, ce n’était pas à Caem de subir mes mauvaises énergies et ma passe de stress. Je devais prendre sur moi comme un grand, comme j’avais toujours fait dans les moments où je me souvenais avec nostalgie les moments passés en famille avec ma mère et ma grande sœur. Et puis je n’étais pas égoïste : depuis le départ je me demandais ce qu’il faisait là. Connaissant Caem il était plutôt du genre tranquille et non pas à chercher les emmerdes. Mais bon avec les supérieurs, il n’y a pas vraiment de raisons valables pour se retrouver dans une cellule.
Mon compagnon de cellule se leva et s’approcha lentement de moi. Il me fixa pendant un moment et j’haussai les sourcils, attendant la suite ou plutôt sa réponse.
Et puis sans prévenir…

BANG!
Je reçu un bon coup de poing au visage et je reculai de quelques pas sous l’impact et la surprise.
Décontenancé par le geste de mon camarade je relevai aussitôt la tête et plaçai ma main à plat sur ma joue endolorie. Pendant un instant, je cru que la mâchoire allait me lâcher.


- Non mais ça va pas la tête?!
- Oui t’es dans une situation de merde, oui ce qui t’attend n’est pas facile mais la prochaine fois que tu dis que tu vas mourir, je te jure je m’occupe de l’autre côté de ton visage ! J’ai fini ici parce que des petits malins on traité ma copine de pute mais aussi ma mère décédée. Et tu sais, quand elle était malade, qu’elle souffrait, elle s’est battue, elle n’a jamais baissé les bras alors que la mort grignotait peu à peu chaque partie de son corps. T’es jeune, en pleine forme, t’es intelligent alors au lieu de te plaindre, de te complaire dans ton malheur, bat toi bordel ! Tu comptes pleurnicher longtemps comme ça ? T’as pas un peu plus d’estime pour toi ? T’as pas un peu plus de tripes ?


Je fronçai les sourcils et fit une sorte de baboune à Caem.
Ouais d’accord je comprends pourquoi tu m’as frappé, mais tu ne vois pas que j’étais entrain de reprendre mes esprits? Et toi tu viens me foutre ça sur la gueule! C’est pas moi le méchant je te signale!

Je me massai doucement la joue en ouvrant et fermant la bouche, comme si ça allait changer quelque chose.
Cependant, l’histoire de sa mère m’avait fait réfléchir, ce qui m’aidait encore plus à accepter ma situation. Elle savait qu’elle allait mourir elle aussi… Mais moi, contrairement à elle, je n’avais pas sa force et non, je n’avais pas de tripes. Aucune estime de moi-même, aucune confiance et encore moins de courage. C’était peut-être les raisons pour lesquelles je n’avais pas atterri dans la maison des rouges. Ça et parce que j’aimais un peu trop faire la fête. C’étaient des choses que je tentais d’améliorer, mais ce n’était pas toujours évident. Surtout entouré de jeunes qui ont tout pour eux et qui se la pète. J’étais qui moi à côté de Derek Ryans? Ou même justement à côté de Caem? Absolument rien. Ces mecs là semblaient avoir tout pour eux. Derek était très fort aussi bien physiquement que magiquement parlant. L’école était à ses pieds et tout le monde avait peur de lui. Il avait des contacts à n’en plus finir et il devait avoir les privilèges qui venaient avec. En plus, il était beau comme un Dieu avec des yeux qui ressortaient de son teint parfait. Toutes les filles voulaient se l’arracher. Autant les moins jolies que les beautés fatales. Et Caem lui… Il ne parlait peut-être pas beaucoup, il était sûrement moins populaire que le plus vieux des Ryans, mais il s’avait se contenir. Je sentais une sorte de sagesse émaner de lui et je savais que je l’avais mérité son coup de poing : c’était sa manière à lui de me ramener sur Terre, même si je crois qu’il aurait dû s’y prendre autrement… Il était pas mal et même si je ne connaissais pas vraiment ses résultats scolaires, je me doutais qu’il était au moins une coche plus haute que moi. En plus, il avait une copine.
Et moi? Bah moi rien du tout. Nul en magie. Toujours là, à faire le con et dire bêtises par-dessus bêtises. Maladroit et idiot sans même m’en rendre compte bien souvent. Insouciant et inconscient de certains dangers. La seule chose pour laquelle je me débrouillai était le Quidditch et la musique. Bah encore là, je ne savais pas jouer d’instrument : je n’avais que ma voix.
Alors non pour les tripes, on repassera.


- Je suis désolé pour ta mère… Moi aussi j’ai perdu la mienne.

Mais je ne vais pas te dire comment. Elle n’est pas morte de manière aussi… « Glorieuse » que la tienne. Elle s’est sûrement battue aussi, mais elle a probablement moins souffert. Et puis merde, c’est pas un concours de la mort la plus lente.

- Je suis désolé de t’avoir frappé mais sincèrement… Je ne regrette pas ce que je t’ai dit. T’as pas le droit de continuer à désespérer ainsi. Tu vas sortir de ces putains de cachots et s’il le faut, je t’attendrai devant avec une fille. Je suis sûre qu’il y en a une, à l’extérieur, qui rêverait d’être avec toi. Alors maintenant tu te calmes.

J’eus un petit sourire à son allusion à une fille et je lâchai finalement ma joue qui devait être bien rouge maintenant.

- Ouais t’as sans doute raison. Je crois que j’ai dramatisé un peu.

Non en réalité, je ne le pense pas du tout.
Je vais mourir. Derek Ryans va me buter. Mais who cares?!


- Y’a une nana qui te plait dans l’école ?

- Ben en réalité… Euh non pas vraiment. Tu vois… Je suis pas amoureux en ce moment et je pense que je suis pas assez difficile. J’ai pas de style en particulier, tu comprends? Je suis pas du genre : moi j’en veux une blonde aux yeux bleus de tel taille avec tel truc… J’aime les brunes, les noirs, les rousses, les blondes, les… Colorés. On est chanceux à Poudlard d’avoir autant de jolies filles!

J’eus de nouveau un sourire.
Comment passer d’une situation critique 101 j’écoute?
Il était vrai que je n’étais pas difficile avec les filles. Y’en avait pas beaucoup que je ne trouvais pas jolie. Certaines l’étaient plus que d’autres, c’était certain.
Et si je lui disais mon coup de cœur?


- Bah je vais pas te mentir, Tallulah est mon numéro un présentement. Mais bon euh… Je ne la connais pas assez et puis tu sais elle est très… Bizarre parfois. Enfin surtout quand on ramène le Quidditch sur le terrain. Elle est très expressive et puis elle s’emporte facilement. Ça tu vois je… On dirait que ça m’accroche un peu. J’aime bien les filles douces et gentilles qui se disent que les papillons sont les trucs les plus mignons qu’elles aient jamais vus…

Je fis une pause, légèrement rouge.
Et non, ce n’était pas à cause du coup de poing.


- Et toi, t’as une copine? Ça fait longtemps? Et puis… C’est qui?!

En particulier c’est qui?!

La porte de la cellule s’ouvrit et je sursautai aussitôt, reculant de plusieurs pas, allant jusqu’à m’adosser contre le mur du fond.
Le supérieur était de retour et sa baguette était braquée sur moi.


- Viens là toi. J’ai enfin retrouvé Derek et il se meurt de te voir. Il a aussi l’air d’être de très mauvaise humeur, t’aurais dû surveiller ta grande gueule.

Paniqué, effrayé, je jetai un coup d’œil à Caem.

- Qu’est-ce qu’il va arriver à Caem?
- C’est pas de tes affaires le géant. Ceux qui s’occupent de lui vont venir le chercher en temps et lieux. Amène ton cul maintenant.


Comme il m’était arrivé plus tôt, je devenais aussi raide qu’une barre de fer, incapable de contrôler mes mouvements : l’imperium était de retour. Je fis des pas assurés jusqu’à l’embrasure de la porte. J’aurais voulu me retourner, adresser quelques mots à mon compagnon, mais ce fût impossible.
Je franchisai donc le seuil et la porte de la cellule se referma derrière moi.




Maman, Sophia? Vous m’entendez?
Je viens bientôt vous rejoindre.

Enfin… Je crois.

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Heroism Sucks [- Caem -]

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