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 Bigger Than Us {Jakob & Kyle}

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MessageSujet: Bigger Than Us {Jakob & Kyle}   Ven 18 Nov 2011 - 19:13

Quand j’ai ouvert les yeux, l’obscurité m’a aveuglé et l’espace d’un instant je me suis demandé où j’étais et surtout pourquoi j’étais là. Qu’est ce qu’il s’était passé au juste ? Comme toujours, j’étais nu, et transit de froid. En position fœtale, je tremblais des pieds à la tête. Je suis resté immobile une minute peut être, puis je me suis souvenu. Kyle. De nouveau la panique m’a envahi. J’ai voulu me relever mais je m’en suis trouvé incapable alors j’ai rampé, jusqu’à cette masse inerte sur le sol. Il ne bougeait plus. Un violent frisson de terreur m’a alors secoué de nouveau. Et si … Et si je l’avais tué ? Des sanglots m’ont bloqué la gorge, j’avais du mal à respirer et lorsque les larmes ont commencé à s’écouler de mes yeux, j’ai compris qu’elles n’étaient pas prêtes de s’arrêter. J’avais peur d’arriver près de lui et de constater qu’il … que je … que …
Du courage. Voilà de quoi j’avais besoin. Du courage pour affronter la vérité et surtout pour essayer de réparer ma connerie en espérant qu’il ne soit pas trop tard. J’ai avancé encore un peu et ma main a enroulé son poignet. La chaleur que dégageait sa peau m’a surpris. Je l’ai appelé, il n’a pas répondu. J’ai avancé encore un peu, tremblant toujours de la tête au pied, toujours nu, frigorifié et à peine maitre de mes mouvements tant ce corps humain me paraissait étranger. Mon bras est passé par dessus son corps et j’ai puisé dans le peu de force qu’il me restait pour me mettre en appuie au dessus de lui. Le haut de mon corps par dessus le siens, j’essayais de capter son regard mais il avait les yeux fermés d’après ce que je pouvais distinguer. Ma baguette, j’avais besoin de ma baguette. Mais avant ça … J’ai déposé ma tête contre son torse et dans un profond soupir de soulagement, j’ai entendu son cœur battre. Vite. Très vite. Trop vite. Irrégulier. Est ce qu’il était entrain de …

Nouvelle crise de panique. Je n’ai pas prononcé un seul mot, j’en étais incapable. Au moins, il était vivant. Oui mais pour combien de temps, et surtout dans quelles circonstances ? Et s’il devenait Loup par ma faute ? Evidement j’aurai préféré ça à sa mort mais j’en veux parfois encore à celui qui m’a mordu et … Trop de choses. Trop de questions. Ne pas penser. Agir. Je me suis détaché de lui, puis éloigné, me redressant très difficilement et marchant à quatre pattes pour chercher mon sac, à tâtons, dans le noir. J’ai fini par le trouver, et lorsque ma baguette a glissé sous mes doigts j’ai retrouvé un peu de consistance. J’ai murmuré un sort qui a fait s’allumer toutes les chandelles de la pièce, j’ai attrapé des vêtements, que j’ai enfilé en vitesse. Caleçon, T-shirt, pantalon. Le strict minimum. La vision des bandages dans le sac m’a rappelé ma blessure mais ne sentant aucune gène j’ai remis l’inspection à plus tard. Recouvrant mes forces plus par motivation qu’autre chose, j’ai trainé le sac avec moi jusqu’à Kyle et j’ai attrapé son visage entre mes mains. Aucune réaction. Pour la première fois, je lui ai parlé.

« Accroche-toi. Reste avec moi, je t’en supplie. »

Son corps a été secoué d’un soubre-saut, j’ai sursauté. Agir. Agir. Agir ! Le sortir de là mais avant ça, faire quelque chose pour la blessure. Le sang ne s’écoulait plus vraiment probablement parce que ça n’était pas une blessure normale mais je savais bien trop ce que cela signifiait même si pour l’instant tout ce que je voulais, c’était le tirer de là, le garder en vie. Qu’il ouvre les yeux et me parle. Qu’il me fasse un signe. Qu’il revienne. Alors m’affairant j’ai sorti des bandages, et du désinfectant mais avant ça, un garrot. C’était peut être déjà trop tard, je n’arriverai peut être pas à stopper le poison mais j’avais dans mes souvenirs cette vision d’un bras arraché par un requin. Un Surfer, à Lakes, attaqué par un squale, et comme tous les gosses du monde, j’avais été faire mon curieux ce qui m’avait valu de beaux cauchemars et des réprimandes de mes parents. Tout ça pour dire que le gars en question avait été ramené sur la plage, par d’autres surfer, et qu’il lui avait posé un garrot avec le lien de sa planche. J’ai donc attrapé une de mes chaussures dans le sac, défait le lacet que j’ai enroulé autour du bras de Kyle, juste en dessous de son épaule. J’ai serré, fait un nœud et me suis penché sur la blessure en elle même. J’ai nettoyé, posé un bandage dessus et après m’être essuyé la main qui était pleine de sang, sur mon pantalon, je l’ai posé sur sa joue, brulante elle aussi.

« Tu vas t’en sortir. Tu vas t’en sortir. J’suis désolé, j’suis tellement désolé. Je voulais pas. »

Mes larmes coulaient toujours, en silence. Mon corps, épuisé, tout autant que mon esprit, tournaient au ralentis mais même si je ne savais plus quoi faire, je savais que je ne devais pas rester là, que je devais trouver de l’aide. Ismaelle ? Oui, c’était la personne la plus indiquée pour ça d’un point de vue relationnel mais l’évidence, je ne pouvais la nier. J’aurai pu aller voir Rivers puisqu’il était au courant pour Kyle et qu’il me fournissait en Tue-Loup avant l’arriver d’un Prof de potion, mais étant dans le coma ça allait être compliqué. Maxence ? Infirmier oui d’accord mais … Non, je savais pertinemment qui était en mesure de m’aider et de comprendre parfaitement cette situation, seulement je ne voulais peut être pas l’admettre. Est ce que j’avais le choix ? Non. Et pour Kyle j’aurai fait n’importe quoi alors … Mon ressentit personnel mis de côté, je me suis décidé.

« Je t’aime, m’abandonne pas. »

Un baiser sur son front avant de m’éloigner pour balancer tout ce qui trainait dans le sac. Je l’ai mis sur mon dos, ma baguette dans ma main, et je me suis penché pour l’attraper alors qu’il restait toujours inerte en dehors des spasmes de son corps par instant. Un bras sous ses genoux, un autre dans son dos, je me suis redressé, lui dans mes bras. Un poids plume en temps normal, mais après une transformation, je n’étais pas au sommet de ma forme. J’y arriverai. Jusqu’à l’épuisement s’il le fallait mais je devais tout faire pour le sauver. Les questions égoïstes elles viendraient après, et notamment le fait que je n’envisageais pas la vie sans lui, d’autant plus si j’étais responsable de sa mort. Mes yeux continuaient de pleurer, je n’y faisais plus vraiment attention si ce n’est cette migraine atroce qui ne me lâchait pas. J’ai hésité un instant, me disant que si je tombais nez à nez avec Taylor, ou n’importe quel Supérieur d’ailleurs, ça irait très mal mais … Est ce que ça pouvait être pire ? Ouvrant la porte grâce à la magie, je n’ai pas hésité plus longtemps. Je me suis engagé dans le couloir, Kyle dans mes bras, pieds nus mais étrangement le froid de la pierre me gardait éveillé. J’étais couvert du sang de mon amour et cette odeur continuait de me chatouiller les narines. J’avais d’ailleurs encore son goût dans la bouche, chose écœurante mais là encore ça n’était pas le moment de céder à tout ça. Le jour se levait. Les couloirs allaient bientôt se remplir d’âmes en tout genre, je devais faire vite. Eviter les passages les plus fréquentés et foncer droit dans les catacombes quitte à tomber sur mon frère qui sortirait de sa Salle Commune. Peut être qu’il m’aiderait, dans le fond. Question inutile. Les étages ne défilaient pas assez rapidement à mon goût. Je n’allais pas assez vite. Et Kyle n’ouvrait toujours pas les yeux. Il était brulant. J’avais peur. J’étais mort de trouille. Je crois que j’ai arrêté de pleurer tout simplement parce que mes yeux n’en avaient plus la force. C’est comme si je n’avais plus de larme à verser. Un sentiment étrange de déjà-vu m’a parcouru et j’ai recommencé à penser au pire. Non, pas maintenant. Alors j’ai commencé à lui parler, des mots calmes, doux, se voulant rassurant. Des excuses. Des je t’aime. Est ce qu’il m’entendait ? Je n’avais aucune certitude là dessus mais je me souviens que durant mon coma, j’arrivais parfois à percevoir les gens, consciemment ou pas.

Je n’ai pas pu éviter tout le monde malheureusement, et j’ai croisé des regards interloqués. Peut être que demain, ou plutôt aujourd’hui, les Supérieurs allaient découvrir que leur mascarade s’était effrité mais sur l’instant ce n’est pas ce qui m’importait le plus. Et puis à bout de souffle, j’ai fini par arriver devant la porte des appartements du prof. Stressé. Angoissé. Effrayé. J’avais peur, au lendemain d’une Pleine Lune, des réactions que je pourrais avoir en sa présence. On ne s’était pas vraiment adressé la parole lui et moi, depuis des mois, et notre relation était un peu houleuse, surtout de mon côté. Je l’avais tenu responsable de l’attaque de ces connards dans la cabane hurlante, sans doute à tort, et pourtant aujourd’hui c’est vers lui que je me tournais et j’allais mettre la vie de mon cœur entre ses mains. Parvenant à dégager une main, j’ai frappé et attendu. Jusqu’à ce que la porte s’ouvre finalement. La tête basse, je n’ai pas relevé le visage tout de suite.

« Aidez-moi, s’il vous plaît. »

Puis finalement, lentement, mes yeux rougis dans les siens.

« Sauvez-le. »

Un murmure.
Une supplication.
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MessageSujet: Re: Bigger Than Us {Jakob & Kyle}   Mar 13 Déc 2011 - 2:29

Kyle & Enzo
« bigger than us »



Serrant le tissu contre mon corps encore nu de la transformation, je faisais tout mon possible pour me cacher des épaules aux pieds. Je rasais les murs alors que quelques rayons du soleil pénétraient par les fenêtres du corridor, l’éclairant au passage. Je n’avais pas ma baguette sur moi, mais pour le moment, ça m’était bien égal. Perdu et confus dans mon esprit, je faisais un pas devant l’autre alors que mes oreilles se chargeaient du reste, demeurant aux aguets. Le sol était froid, faisant un impact remarqué en-dessous de mes pieds, mais je n’en tenais pas compte.

Alors que certaines images et sensations défilaient encore dans ma tête et dans mon corps, je m’efforçai d’effacer les remords et la culpabilité qui me rongeaient de l’intérieur. Jamais je n’avais ressenti aussi fortement ces émotions. Ce n’était pas pour rien que je fuyais autant que possible les autres humains : c’était en étant de leur compagnie que l’on faisait des erreurs et que l’on se retrouvait ainsi dans ces états d’âme. Bien entendu, ce n’était pas la seule raison, mais je comprenais encore plus maintenant pourquoi je les fuyais dès que je le pouvais.
J’avais commis une erreur. Très grave. Et maintenant, à part retourner dans mon bureau, m’habiller et faire comme si de rien n’était était la seule chose que je pouvais faire. N’empêche que j’allais avoir de la difficulté à passer par-dessus tout cela. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre j’aille réparer les pots cassés entre Ismaelle et moi. Après tout elle était devenue une amie à mes yeux, la seule que je possédais dans tout ce château et je n’avais pas envie que mes gestes brisent ce qu’il c’était construit entre nous. Il m’était si difficile d’entretenir une véritable relation avec quelqu’un que je ne voulais pas que mes efforts partent en fumée. Et puis… Elle était si gentille et aimable avec moi et avec tout le monde que je ne voulais pas qu’elle souffre ou qu’elle est peur de moi. Elle aurait toutes les raisons du monde pour l’être, mais j’allais faire mon possible pour ne pas que je devienne un monstre à ses yeux.

Prenant le plus que possible des passages secrets, je fis l’impossible pour me rendre discrètement jusqu’à mon bureau. Heureusement qu’il était encore très tôt, car je ne croisai personne durant ma petite balade matinale. J’étais content plutôt de retrouver mes affaires alors que je fermai sans bruit la porte derrière moi. Ce n’est qu’à ce moment là que je lâchai un long soupir alors que mes yeux se posaient sur le plaid d’Ismaelle.
Je devais penser à autre chose… Oui je n’avais pas le choix.

Un pas devant l’autre, c’est à ce moment là qu’une douleur fulgurante me prit d’assaut de ma jambe blessée. Je poussai un grognement alors que je déposai le tissu sur mon bureau. Je sorti des vêtements de secours qui restait toujours dans mon armoire en cas d’urgence : heureusement, j’étais préventif sur ce coup là. Je préférais revenir à mon bureau après ma transformation pour être toujours disponible pour les élèves lycanthropes. Il se passait trop de choses dans ce château et comme ces enfants étaient laissé à eux-mêmes durant cette nuit pas comme les autres, ils avaient au moins quelqu’un sur qui ils pouvaient compter après leur retour à la normalité. Je n’avais reçu encore aucune visite depuis mon arrivée à Poudlard, mais je les avais avertis de venir me voir en cas de pépins. Et en ce moment… J’espérais fortement ne recevoir aucun visiteur, étant émotionnellement incapable de faire quoi que ce soit. J’avais prit le chemin de ma salle de bain qui était connexe à mon bureau, sans trop m’en apercevoir. Enfilant lentement ma chemise blanche, j’avais les yeux dans le vide. Les mêmes images tournaient en boucle dans ma tête, me donnant de nouveaux coups de poignard au cœur. Je m’habillai complètement et lorsque je relevai la tête, je croisai mon reflet dans le miroir. Aussitôt, avant même que j’eu le moindre réflexe, j’eu un puissant haut le cœur et je n’eu d’autre choix que de vider ma décharge dans le lavabo. La pourriture acide me brûla la gorge, mais ce n’était rien en comparaison à ce que je ressentais vis-à-vis de moi-même : j’étais devenu un monstre. Un sans cœur, légalité d’une de ces nombreuses ombres qui hantaient nos couloirs. Tant dis que je nettoyais mon trop plein d’émotions, je n’osais plus lever la tête de peur de recroiser le regard de cette bête sans scrupule.

Toc! Toc! Toc!

Relevant brusquement la tête, les yeux ronds, je tournai mon attention vers le bruit : on venait de frapper à la porte de mon bureau. Fermant les yeux, je pris de grandes inspirations. Pourquoi fallait-il que l’on vienne me voir ce matin là? Il était évident que c’était un élève loup. Ou alors les supérieurs venaient me faire une petite visite à cause de ce qu’il c’était produit plus tôt dans la nuit. Je préférais presque le deuxième choix au premier. Car si c’était réellement un lycanthrope, il allait sentir l’odeur d’Ismaelle sur moi et…
Je paniquai. Et pourtant, je savais que je devais aller ouvrir. C’était ma responsabilité, mon devoir. Sois on avait besoin de moi, sois on voulait me taper sur la gueule. Peu importe la réponse, je devais réagir. Malgré celui que j’étais devenu. C’est donc ce que je fis. Prenant mon courage à deux mains et une dernière inspiration, je me dirigeai vers la porte que j’ouvris lentement.

Ce que je vis me fit tout de suite oublier l’incident avec ma collègue.
Devant moi, tête basse, le jeune Enzo Ryans qui était parsemé de sang ça et là. Dans ses bras, un jeune moldu qui était dans les vapes. L’un de ses bras avait un bandage légèrement rougis, ce qui laissait croire qu’il y avait une blessure en dessous.
Aussitôt, je fronçai les sourcils.


- Aidez-moi, s’il vous plaît. Sauvez-le.

Il avait pleuré, c’était beaucoup trop évident. Ses yeux trop humides et rougis en disaient long sur sa nuit et sur ses états d’âmes.

Je me tassai afin de le laisser entrer dans la pièce et je lui pointai une table qui résidait non loin de mes nombreuses armoires remplies d’ingrédients et de potions de toutes sortes. Il s’exécuta sans attendre je le suivi de près. Déposant doucement le moldu sur la surface plane, je retirai le bandage qui couvrait une petite partie de son bras blessé. La blessure en question, qui ne m’était pas du tout inconnu : une morsure de loup. La plaie avait été légèrement nettoyée, ce qui laissait voir les traces de crocs bien nettes. Je relevai la tête de nouveau vers Enzo, plutôt surpris d’un tel comportement de sa part. Je croyais qu’il maîtrisait bien son loup et qu’il n’y avait aucun problème avec la gestion de son animal… Je m’étais trompé ou alors il s’était passé quelque chose de grave. J’aurais voulu le réprimander, lui poser des questions sur le comment du pourquoi, mais je laissai vite tomber. Après ce que j’avais fait cette nuit, je n’avais absolument rien à reprocher aux autres. Surtout que j’avais encore cette odeur trop familière sur moi…
Je me repenchai donc sur la blessure. Le sang sec m’indiquait qu’elle devait avoir été faite depuis au moins une heure. La transformation était donc en cours et j’espérais pouvoir le sauver à temps : ce n’était pas tous les moldus qui survivaient à un tel choc, surtout que son corps avait dû déjà subir quelques changements. Pour m’en assurer, je pris son poignet et pressai deux de mes doigts contre son pouls. Ce dernier était beaucoup trop rapide pour un être humain ordinaire. Il fallait que j’agisse immédiatement.
Ce que je fis sans perdre une seconde de plus.


- Gut. Aller vous asseoir par là-bas monsieur Ryans. Je vais avoir besoin de raum.

Je me dirigeai vers mon armoire que j’ouvrai d’un coup sec, essayant au maximum d’éviter le regard du jeune Ryans. Je n’avais pas envie qu’il me pose des questions à propos de l’odeur ou autre. Je cherchai furtivement l’une de mes nombreuses créations qui se trouvaient devant moi. Bouteille rouge, bouteille rouge, bouteille rouge… Ah! Je saisissais la principale intéressée avant de revenir à mon ‘’patient’’. Débouchant le cap, je plaçai mon second bras en dessous du dos du moldu afin qu’il se retrouve en position semi assise. Portant le rebord de la bouteille à ses lèvres, je forçai légèrement le tout afin que le liquide coule au fond de sa gorge. L’effet escompté eu rapidement lieu : le jeune endormi se réveilla immédiatement en toussotant et je tapais un peu dans son dos afin de l’aider à faire passer le tout.

- C’est bien junge, très bien.

Lorsque la potion sembla être complètement absorbée, je vis qu’il était paniqué. Me regardant avec ses yeux gris, il semblait perdu et terrifié, comme un animal blessé. Normal : il ne devait rien comprendre de ce qu’il se passait. Et pourtant, il devrait faire preuve de courage, car le pire était à venir.
Je le lâchai et le jeune homme s’assit complètement sur la table, regardant autour de lui jusqu’à temps que son attention se pose finalement sur le jeune Ryans qui était probablement assis non loin de nous. Je profitai de ce moment d’accalmie pour lui parler plus longuement des effets secondaires de ma création.
Je lui fis un petit sourire pour le rassurer.


- Mein name ist Jakob et je suis là pour t’aider, tu peux me faire vertrauen. Plus tôt cette nuit, tu as été victime d’une morsure de loup garou, mais ne t’inquiète pas tu es entre de bonnes handes. Ce que tu viens d’avaler est une trank qui va t’aider à extirper le changement qui est entrain de se produire en toi. Puisque ça semble faire une zeit ou deux que tu as été mordu, il se passe des transformations dans ton corps et c’est tout à fait normal. Cependant, il se peut que ton corps ne soit pas capable de supporter ces changements puisque tu ne possèdes pas de magie en toi. C’est donc pour cela que la trank agira d’elle-même et d’ici quelques momentes, tu devrais ressentir quelques hauts le herz qui te pousseront à vomir. Il est bien important que tout sorte. Ne te retiens pas, autrement ça pourrait entraîner des komplikationens. Tu n’as pas de honte, ni de gêne à avoir : tout ceci est normal.

Je ramassai la corbeille à parchemin qui se trouvait à mes côtés avant de la lui donner.
J’eus un nouveau sourire.


- Quand tu en sentiras le brauchen tu n’as qu’à… faire ce que tu as à faire là-dedans. D’accord?

Avec quelques secondes de retard, les yeux plongés dans le fond de la poubelle, il acquiesça de la tête. Et en attendant que ça fasse son effet, je me détournai de lui pour aller rejoindre le jeune Ryans. D’un signe, je lui demandai de me suivre un peu plus loin dans mon bureau, de façon à ce que le moldu ne nous entende pas.
Je me retournai vers lui.


- J’ignore ce qu’il vous a passé par la kopf monsieur Ryans et je ne veux pas le savoir. Seulement, vous devez savoir qu’il a eu enorm de chance que je sois disponible pour vous deux. Encore quelques stunden et j’ignore s’il s’en aurait tiré. Vous devez savoir que ce ne sont pas tous les moldus qui sont assez puissant physiquement et mentalement pour subir une transformation de la sorte. Enfin… Je ne pense pas que votre freund ne subisse une quelconque mutation, mais pendant quelques temps, il aura disons… Des effets sekundar. Plutôt psychologiques. En particulier avant et après la pleine lune, il se peut qu’il devienne impulsif et colérique. Cela peut être de anders degrés. Comme je ne connais pas ce jeune mann, je ne peux pas vraiment m’avancer sur ce thema, mais il est évident qu’il aura un changement. Dans ce cas là, inutile de tenter de le résonner ou de vous querellez avec lui : laissez le plutôt seul. Ça lui passera. Et peu à peu, normalerweise, il devrait reprendre la normalité. Mais encore là, il se peut que cet effet soit permanent. Quoi qu’il en soit, ça risque d’être le seul changement : il n’aura rien d’autre ou ni même une spur lupine en lui.

Et aussitôt que j’eus terminé mon petit discours à l’endroit de monsieur Ryans, un bruit se fit entendre : la potion produisait son effet. J’eus un dernier regard pour mon élève avant de retourner auprès du jeune homme qui avait la tête dans la corbeille alors que son corps se courbait à chaque nouvelle vague de vomissement. Je restai près de lui et attendit patiemment que le tout cesse : autrement, je ne pouvais rien faire. Cette invention était vraiment utile dans des moments comme ceux-ci. Habituellement, jamais je n’aurais agi d’une manière aussi directe et aussi souffrante pour le blessé, mais là je n’avais pas eu le choix. J’avais eu l’occasion d’arrêter d’autres transformations durant ma jeune carrière et donc, je savais que cela fonctionnait à cent pour cent. Aucun risque pour le moldu : il allait être un peu secoué pour le restant de la journée, peut-être même pour le restant de la semaine, mais il allait retrouver un semblant de normalité dans peu de temps.
Au bout de quelques minutes, je le vis relever lentement la tête alors qu’il déposait sur ses cuisses la corbeille que je m’empressai de ramasser. Une forte odeur dégoûtante s’en dégageait et à voir la couleur rougeâtre qu’avaient prit les rejets du jeune homme, je su que ça avait fonctionné. Le plus gros de la transformation se trouvait au fond du récipient et j’étais plutôt heureux de voir que ma bonne vieille formule fonctionnait toujours. Déposant le tout sur le sol, je donnai une fois de plus toute mon attention au jeune homme qui semblait soudainement très fatigué.
Tout à fait normal.


- Tu as très bien fait ça junge. Le plus gros est sorti, mais il se peut que tu es de neu des maux de cœur soit durant la journée et peut-être même durant la woche à venir. Ne t’empêche surtout pas de vomir : c’est très important.

Durant un instant, je retournai auprès de mes armoires avant de revenir vers lui, une bouteille d’alcool dans la main et un tampon dans l’autre. Lentement, avec précaution, je pris son bras blessé avant de désinfecter la plaie minutieusement afin d’éviter tous les autres types de problème que cela pourra engendrer. Il se laissa faire et ne broncha même pas au contact de l’alcool.

- Voilà, je crois que c’est tout. Mais pour heute, c’est important que tu te repose et que tu ne fasses pas trop d’efforts physiques. Tu devrais prendre la tag pour te détendre et dormir un peu : tu en auras de besoin pour retrouver tes forces.

Je jetai un bref coup d’œil vers le jeune Ryans et je me redressai, déposant l’alcool et le tampon sur la table.

- Je vous laisse jetzt. J’imagine que vous avez des choses à vous dire.

Je me retournai complètement vers Enzo avant de prendre ma baguette.

- Si vous avez brauchen de moi, je serais dans la salle juste à côté.

Sur ces dernières paroles, je sorti de mon bureau en fermant doucement la porte derrière moi, laissant la tranquillité aux deux jeunes hommes.

Ça n’allait pas être une journée facile pour personne décidément…



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MessageSujet: Re: Bigger Than Us {Jakob & Kyle}   Mar 13 Déc 2011 - 2:40

Couché sur le sol, les yeux grands ouverts, je ne comprenais pas ce qu’il venait de se passer. Mon bras me faisait atrocement mal et je n’osais pas regarder l’étendu des dégâts tellement j’étais paniqué intérieurement. Je n’en n’avais vue que tout le sang que je perdais pour me convaincre de ne pas y prêter plus longuement attention. Mon cœur battait à une vitesse folle, aillant peur de me faire attaquer de nouveau. D’ailleurs était-ce une attaque ou alors c’était le fruit de mon imagination? Après tout, c’était bel et bien Enzo le loup qui restait non? Bien sûr que si c’était lui. Alors pourquoi m’avait-il mordu…?

Je n’avais pas le temps ni la tête à m’emmerder avec tous ces questionnements.
Un feu se propageait dans mon corps sans que je ne puisse rien faire pour l’en empêcher. C’était beaucoup plus qu’une simple morsure : il y avait quelque chose de plus. Un truc magique. Et là, je pouvais dire que je parvenais à la sentir cette saloperie parce qu’elle me calcinait de la tête aux pieds. Ma bouche s’ouvrit de nouveau, mais ne fit aucun bruit lorsqu’un loup noir s’approcha de moi. C’était naturellement Enzo qui était toujours dans la remise avec moi. Effrayé, croyant qu’il n’avait plus le contrôle de son loup, je voulu prendre appui sur mes bras pour me reculer. Naturellement, mes efforts furent en vain aussitôt que je mis un léger appui sur ma blessure. Je me résignai donc à rester sans protection devant l’énorme bête qui me surplombait. J’eus un léger sursaut lorsque je sentis quelque chose de très humide sur ma blessure. Je voulu me dégager, croyant qu’il désirait simplement mon sang et qu’il allait peut-être m’attaquer de nouveau. Je ne savais plus quoi penser ni quoi faire. Alors je laissai faire, jusqu’à temps que j’entendis un grondement sourd qui ne venait de je ne sais où. Je tournai vivement la tête en direction de la porte grande ouverte pour constater que le loup au pelage clair était de nouveau dans l’embrasure. Trop concentré sur ma blessure qui continuait de me faire souffrir, je n’eus pas le temps de paniquer : sans perdre une seconde, Enzo le loup s’élança aux trousses de l’autre animal. J’ignorais s’il m’avait abandonné, mais au fond de moi, j’espérais que oui. Je préférais encore souffrir seul que d’avoir un prédateur près de moi. Je ne savais pas si je devais continuer de lui faire confiance dans cet état de crise.
Alors que je reprenais un peu de lucidité, une nouvelle vague de douleur se déclencha en moi à partir de mon bras blessé et cette fois-ci, je ne pu retenir un cri de douleur. Cet à ce moment là que j’eus la vague impression que mes yeux se voilaient. Je vis une masse informe s’approcher de moi, mais je voyais tout embrouiller. Elle s’abaissa, comme si elle se couchait sur le sol, lâchant des cris d’animal qui souffrirait jusqu’à temps qu’un hurlement déchirant me percuta les oreilles. J’appelai alors faiblement Enzo alors que je me sentais de plus en plus m’éloigner de la scène dans laquelle j’étais. J’avais l’impression de quitter mon corps. Plus les secondes passaient, plus je faiblissais.

Je tentai par tous les moyens possibles de rester conscient, mais au bout de quelques temps, alors que j’entendais des bruits étranges à mes côtés, je sombrai dans le néant.



J’émergeai violement de mon sommeil alors qu’un liquide plus que répugnant coulait dans ma gorge. Toussotant, je cru que j’allais m’étouffer, mais je senti une main forte dans mon dos me donner quelques secousses pour m’aider à passer le tout.

- C’est bien junge, très bien.

Je sursautai légèrement alors qu’une voix grave me parlait. Je tentai de reprendre ma respiration lorsque ma toux cessa et je regardai partout autour de moi, complètement perdu. L’endroit ne me disait absolument rien, mais c’était ça semblait être plus éclairé que dans les coins des supérieurs, ce qui me rassurait déjà. Mon cœur battait la chamade et je posai mes yeux sur l’homme qui m’avait adressé la parole. Son aspect général ne me disait rien de bon. En réalité, il ne me disait rien du tout : c’était la première fois que je le voyais. Plutôt costaud et grand, il affichait tout de même un sourire qui semblait bienveillant, même si sur le coup, ça ne me rassurait pas d’avantage. Lorsque sa main quitta finalement mon dos, je m’assis finalement sur ce truc qui semblait être vraiment dur et… Qui ne comportait pas de dossier. Je continuai mon exploration du regard lorsque je rencontrai finalement Enzo qui était assez près de nous. Je ne savais pas si j’étais content ou effrayé par sa présence tant que j’avais l’esprit embrumé. Il avait l’air sacrément inquiet, ça y’avait pas à dire, n’empêche qu’au fond de moi… Je regrettais presque qu’il soit là. J’avais l’impression que d’un instant à l’autre il allait me sauter dessus pour me bouffer et…
La voix grave de l’homme me sorti aussitôt de mes cauchemars, alors qu’il se mit à dire des mots… Vraiment étranges. Ne l’écoutant que d’une oreille, ne quittant jamais Enzo des yeux, je l’entendis me dire qu’il se produisait des transformations quelconques dans mon corps et que le truc infâme que je venais d’avaler alors que j’étais inconscient aller m’amener à être malade. Je ne compris pas vraiment son charabia puisqu’il semblait y avoir des mots manquants… Ils étaient là, mais dans un langage que je ne comprenais pas du tout. Son accent ne m’aidait pas non plus à tout saisir. Et mon état d’esprit non plus. Bref, j’avais au moins compris le principal : j’allais être malade d’ici quelques temps selon lui.

Me posant une corbeille à papier sur les genoux, je levai finalement le regard vers lui.
Il me souriait toujours.


- Quand tu en sentiras le brauchen tu n’as qu’à… faire ce que tu as à faire là-dedans. D’accord?

Je rebaissai aussitôt la tête et je fixai le fond vide de la petite poubelle qui se trouvait sur mes cuisses. Je ne comprenais absolument rien de ce qui se passait. Qui était cet homme au juste? Et pourquoi Enzo était-il là…? Est-ce que c’était lui qui m’avait conduit ici? Et est-ce que j’allais me transformer en loup-garou? Eh merde…
Pour toutes réponses, j’acquiesçai de la tête, incertain de mon avenir le plus proche. Et lorsque je senti la présence de l’homme s’éloigner de moi, je relevai aussitôt la tête afin de regarder ses moindres faits et gestes. Je le vis entraîner Enzo un peu plus loin dans la pièce et il se mit à lui parler à voix basse. Naturellement, je n’entendis rien sinon que des murmures incompréhensibles vu la distance à laquelle ils se trouvaient. Je tentai de mettre ma concentration à l’épreuve, voulant savoir de quoi il s’agissait, mais c’était évidement peine perdue. Et si le mec était en réalité un supérieur masqué et que lui et Enzo avaient monté un plan contre moi juste dans le seul et unique but de me faire souffrir? Étrangement, la morsure venait à me faire douter de mon petit ami. Il me faisait peur. Je ne le reconnaissais plus et j’ignorais comment j’allais arriver à dealer avec tout ça. Lâchant finalement prise sur leur conversation, mes yeux se posèrent sur ma morsure encore fraîche et c’est à se moment là que je sentis mon cœur se tordre dans tous les sens. Sans que je n’ai eu le temps de faire quoi que ce soit, je plongeai la tête dans la corbeille à papier alors que mon corps rejetait les ‘’transformations’’ de mon corps. Aussitôt, une odeur plus que nauséabonde monta jusqu’à mes narines ce qui me donna encore plus mal au cœur. Sans relâche, j’évacuai un tas de liquide qui semblait rougeâtre de mon corps. J’ignore combien ce petit manège à duré, mais j’eus l’impression que ça faisait des heures que mon corps se contractait, se pliant en deux à chaque fois que j’osais ouvrir la bouche de nouveau.

Au bout d’un petit moment, alors que j’avais l’impression de m’être dégueuler les tripes, je relevai la tête. J’eus une puissante migraine qui me prit d’assaut et j’eus soudainement très envie de m’étendre sur la surface dure qui se trouvait en dessous de moi. À peine eu-je le temps de déposer la corbeille sur mes cuisses qu’on me l’enlevait déjà. Ils étaient déjà donc revenus? À aucun moment je ne m’en étais aperçu. Il fallait dire que la tête dans la poubelle n’était pas non plus le meilleur endroit pour constater ce genre de chose… N’empêche que je senti une puissante fatigue m’envahir. Tellement que je croyais que ce qu’il m’avait fait boire contenait un peu de somnifère.


- Tu as très bien fait ça junge. Le plus gros est sorti, mais il se peut que tu es de neu des maux de cœur soit durant la journée et peut-être même durant la woche à venir. Ne t’empêche surtout pas de vomir : c’est très important.

J’acquiesçai machinalement, n’aillant encore une fois écouté que d’une oreille. Après quelques secondes, un silence s’installa et je senti l’homme manipuler mon bras. Trop faible pour oser des faire des protestations, je le laisser observer ma morsure et s’occuper de moi. La tête basse, j’avais l’impression que j’allais m’endormir à tout instant. Mes paupières menaçaient de se baisser pour ne plus se rouvrir avant un moment. Je reçu un léger ‘’coup de fouet’’ lorsque l’alcool me brûla la plaie, mais je ne fis toujours rien : j’avais déjà subi pire douleur dans ma vie.
Ses mains quittèrent finalement mon bras qui se reposa tout bonnement sur ma cuisse. L’homme parla de nouveau, mais cette fois-ci, je ne l’écoutais plus du tout. J’étais si épuisé que j’avais l’impression de quitter mon corps et je concentrais mes énergies à ne pas tomber comme un vulgaire chiffon sur le sol.
Et lorsque j’entendis la porte fermée, je relevai la tête et remarquai aussitôt qu’Enzo était toujours là. Aussitôt, je senti la panique monter en moi et ce fût pire lorsqu’il osa faire un pas dans ma direction.

Je me tournai immédiatement, posant enfin les pieds sur le sol tout en restant assis sur la surface dure. Je levai une main ouverte devant moi.


- Reste où tu es.

Ne m’approche pas s’il te plaît…
Si tu savais à quel point je suis mitigé… Je t’aime toujours, mais tu me fais terriblement peur. J’ai peur que tu veuilles me faire du mal encore… Je me doute que tu ne l’as pas fait par exprès au vue de ta réaction que tu as eu par la suite, mais je ne peux m’empêcher de croire qu’une partie de toi à aimer ça. Tu étais sous ta forme animale et les animaux aiment le sang habituellement, non? Qu’est-ce qui me dit que la prochaine fois que tu ne me tueras pas en m’attaquant à la gorge? Je ne sais plus quoi penser et comment réagir. Je t’aime, c’est vrai. Tu occupes toujours toute la place dans mon cœur et aussi dans ma tête. Cependant… Je ressens quelque chose envers toi que je n’avais jamais ressenti auparavant. Je connaissais ton statut de lycanthrope, j’ai même eu l’occasion de te voir revêtir ta peau de loup pour ensuite revenir toi-même… Je pense que je n’avais pas constaté à quel point cette distinction pouvait être une différence entre nous. C’est vrai, au départ je me souviens parfaitement de ma réaction : j’avais été choquer et puis je me disais que c’était pas plus mal. Que ce n’était pas grave. La magie était déjà une frontière entre nous alors rajouter un truc de moins ou de plus… Mais ça, c’était avant cette nuit. Cette morsure m’a fait comprendre qu’ici, je suis un être fragile. Si j’aurais été pourvu de pouvoirs magiques et que j’aurais eu une baguette en main, j’aurais réussi à te repousser. Mais là, tu aurais pu me dévorer en grand sans que je puisse faire quoi que ce soit, prisonnier de ta mâchoire et de tes puissantes griffes. C’est vrai qu’en termes de non-magicien, je surpasse peut-être quelques uns de mes comparses, mais ça ne fait pas de moi un être plus fort devant un loup-garou, une bête assoiffée de sang et qui, même si elle est contrôlée par un humain qui n’a que de bonnes intentions, reste tout de même sauvage. Avec des instincts primitifs. Et je n’ai pas envie de terminer en repas. Pour la simple et bonne raison que, même si j’ai déjà voulu la quitter, je veux maintenant la garder pour moi. De plus, je ne veux pas que ce soit toi qui m’achève. Si je dois mourir, ce n’est pas dans ta gueule ni entre tes griffes, car je sais que jamais tu ne te le pardonneras. Tu n’es pas un meurtrier Enzo et ce, même sous ta forme animale. Tu me ferais du mal, mais tu t’en ferais d’avantage.
Ce n’est que maintenant que je réalise à quel point nous sommes différents toi et moi. Et que c’est pour cette raison que les autres on tant voulu nous séparé. Je ne pense pas vraiment que ce soit à cause que nous soyons deux garçons, non c’est à cause de nos mondes. Nous ne venons pas de la même terre, de la même planète.

Ne m’en veux pas. Ne crois surtout pas que je prends cette décision à la légère. C’est dans ton intérêt et aussi le mien. Même si pour le moment j’ai simplement envie de te fuir, saches que dans quelques heures mon corps et mon âme te réclameront. Mais je résisterai. Pour mon bien, mais aussi pour le tien.

Je pris une grande inspiration alors que je me levai. Je cru que j’allais tomber et je posai mes mains à plat sur la table pour m’aider à me soutenir.
Avec difficultés, j’ancrai mes yeux dans ceux d’Enzo alors que mon cœur semblait vouloir exploser. Et pourtant, je savais que je devais le faire.


- Je suis désolé. Toi et moi… C’est…

Je relâchai mon air.

- Terminé.

Incapable de rester dans cette pièce inconnue plus longtemps, dans cette situation qui me dépassait complètement et avec cette fatigue qui envahissait de plus en plus mes sens, je sorti à mon tour sans un autre regard pour Enzo, ne lui laissant même pas le temps de placer un mot.

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MessageSujet: Re: Bigger Than Us {Jakob & Kyle}   Mar 13 Déc 2011 - 14:29

Jamais le château ne m’a semblé aussi vaste. Jamais le temps ne m’a paru passer aussi rapidement. Jamais mon cœur n’a battu aussi vite. Jamais je n’ai eu aussi peur de toute ma vie. Pas même le 8 mars 2012 alors que ce camion nous a coupé la route et que la voiture a défoncé la glissière de sécurité avant de plonger dans le ravin. Pas même quand je me suis retrouvé seul dans la nuit, sans plus aucun bruit alentour que les crépitements du véhicule, et le grondement sourd du Loup qui m’a mordu. Cette nuit là j’ai eu peur pour ma vie, et surtout pour celle de mes parents et bien que leur absence me pèse toujours autant, bien que je n’étais qu’un enfant même si j’avais déjà 15 ans, bien que j’ai eu peur et que je me suis senti seul au monde, je crois que je n’ai pas ressenti les choses aussi intensément que maintenant. La culpabilité embrouille mes sens, et bien que je tente de le chasser, le Loup est toujours là, en moi, bien présent. Il est en colère. Je suis en colère. Lui n’a pas peur, lui ne veut qu’une seule et unique chose : Partir en chasse et traquer cet autre Loup qui a joué sur son territoire. Je le sens sous ma peau alors que l’odeur du sang de Kyle envahit mes sens. Je suis perdu dans une sorte d’entre deux qui me m’oblige à me poser une question à laquelle je ne devrais pas avoir à répondre en cet instant : Qui je suis ?
Je suis celui qu’on devra juger coupable, celui qui n’a pas su garder le contrôle. Je suis celui qui transformera à jamais la vie d’un innocent, s’il s’en sort, ce qui n’est pas une évidence à l’heure actuelle. Je suis celui qui se tient là, debout, devant cette porte qui s’ouvre et laisse apparaître une silhouette que j’ai fuis pendant des mois, une silhouette familière qui réveille de vieux souvenirs, de vieux ressentiments que je dois mettre de côté parce que rien n’a plus d’importance que celui pour qui je suis là. Et cet homme est sans doute le seul à pouvoir m’aider, nous aider. Alors mes yeux rougis dans les siens, je l’ai supplié malgré tout ce que ça a pu me couter.
Il n’a rien dit, il m’a laissé entrer et lorsque je l’ai contourné pour passer devant lui, entrer dans la pièce et me diriger vers la table qu’il m’avait montré, j’ai senti une odeur extrêmement familière à mon odorat, sur lui. Ismaelle … J’ai froncé les sourcils une seconde, intrigué, méfiant, mais dans mes bras se jouait une question, un combat bien plus urgent. J’ai donc moi aussi choisit de garder le silence.

Je savais que le plus dur restait à venir mais le simple fait d’être confiné dans cet endroit avec lui ne me plaisait pas. Je n’étais pas tranquille. Bien sur, le sort de Kyle m’importait plus que tout le reste mais je ne pouvais pas m’empêcher de me montrer méfiant, et ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. J’étais certain d’avoir une pointe d’agressivité dans le regard. Après tout, nous étions encore Loups tous les deux peu de temps auparavant et dans nos organismes respectifs circulaient encore tant de particularités … Il restait professionnel, de ça, je ne pouvais rien lui reprocher mais mettre le sort de Kyle entre ses mains, le laisser le manipuler, le toucher, s’occuper de lui, pour moi c’était un effort surhumain. Pourtant j’ai laissé faire quand il me l’a pris des bras et l’a posé sur la table. J’ai voulu poser ma main sur son front mais quelque chose m’a retenu. Pas la pudeur, ni même la gêne de faire ça devant Hammerschmitt, seulement je n’étais plus vraiment certain d’en avoir encore le droit alors je me suis abstenu et j’ai observé en silence, réprimant un grognement chaque fois que les mains de cet homme se posait sur Lui. J’ai pu lire la surprise dans le regard du Prof lorsqu’il a soulevé le pansement de fortune que j’avais fait à Kyle avant de descendre. La surprise, oui, mais le reproche également. Nouveau coup dur pour moi, comme si je ne culpabilisais pas déjà suffisamment. Evidement qu’il avait compris, la plaie était vraiment moche et si n’importe qui aurait pu croire qu’un chien était à l’origine de ça, lui n’avais aucun doute. Pas un chien, mais un Loup. Pas n’importe quel Loup, moi. Accusé, sans preuves réelles dans le fond. Je ne suis pas le seul Lycan de ce château et il le sait très bien. Ça aurait pu être Ever, ça aurait pu être Taylor même si j’ignorai si ces deux là se connaissaient. Son regard plein de jugement ne laissait place à aucun doute de toute façon, pour lui j’étais coupable. A condamner. Et même si c’était la vérité, ça m’a fait mal.

« Gut. Aller vous asseoir par là-bas monsieur Ryans. Je vais avoir besoin de raum. »

M’asseoir là bas ? Non ! Non, je ne veux pas aller m’asseoir là bas, je veux rester près de lui. Hors de question que je le laisse avec quelqu’un en qui je n’ai pas entière confiance. Hors de question que je le laisse, tout court. Voilà ce que j’ai pensé alors que mes yeux s’ancraient sur cette silhouette qui s’affairait déjà sans m’accorder plus d’attention, mais aussi invraisemblable que cela puisse paraître, j’ai obéis. A reculons, j’ai marché jusqu’à ce que l’arrière de mes genoux tape dans l’accoudoir du canapé, sans jamais lâcher Kyle des yeux. Mon instinct de protection était à son maximum. Je me suis laissé tomber sur le dit accoudoir et dans un geste nerveux j’ai commencé à me ronger les ongles. Mon pied tapait sur le sol à un rythme saccadé, rapide.

Et puis soudain … Le miracle se produisit. Alors que Jakob avait porté la fiole à ses lèvres quelques secondes plus tôt, mon amour ouvrait enfin les yeux. Il toussait violemment, et les gestes de mon Professeur était calme. Je n’étais pas rassuré pour autant mais le soulagement pouvait tout de même se lire sur les traits de mon visage. Sourire, c’était encore un peu trop me demander mais je n’ai pu retenir une nouvelle larme qui a roulé sur ma joue alors que je le dévorai du regard. Vivant. Il était vivant. J’ai ressenti alors cette furieuse envie, ce besoin, de me précipiter vers lui et de le sentir contre moi, mais je suis resté là, immobile, debout près du canapé après m’être relevé brusquement à sa première quinte de toux. En suspens. Effrayé à l’idée de croiser son regard et surtout ce que j’allais bien pouvoir y lire. Le Professeur de Potions était avenant avec lui, lui parlant calmement, l’encourageant, et moi je restais bloqué, ses yeux bleus-gris enfin dans les miens, incapable d’une quelconque réaction. Il ne me quittait pas du regard, je ne tentais pas d’esquiver. Je me demandais ce qu’il pouvait y lire mais tout ce que je ressentais, hormis un certain soulagement, c’était de l’inquiétude et de la culpabilité. Je n’ai pas fait un pas vers lui. Pas un seul. Comme si j’avais peur de faire une bêtise de plus, comme si j’attendais qu’il me donne son accord ou qu’il me fasse un signe, quel qu’il soit.

« Mein name ist Jakob et je suis là pour t’aider, tu peux me faire vertrauen. Plus tôt cette nuit, tu as été victime d’une morsure de loup garou … »

La suite, disons que j’ai perdu le fil. Dans ma tête je ne pouvais m’empêcher de revivre en continu ce qu’il s’était passé seulement quelques heures plus tôt. Tout était encore tellement frais dans mon esprit, mais pas seulement, dans mon corps aussi. Et puis dans mon cœur, qui ne s’en remettait toujours pas, lancé à pleine vitesse dans des battements irréguliers qui finiraient par me faire tourner de l’œil s’ils ne se calmaient pas. Mordu par un Loup-Garou. Mordu par moi, son petit ami. Je t’ai fait du mal et jamais je ne me le pardonnerai. Même si c’est en partie la faute de Taylor, même s’il a tout manigancé, j’aurai du être en mesure de me contrôler. Tu m’as surpris mais …

J’ai repris conscience alors que Hammerschmitt m’entrainait à l’écart. Un dernier regard vers Kyle et j’ai suivi mon professeur sans discuter, sans réfléchir. Il nous a éloigné, peut être pour ne pas qu’il entende ce qu’il avait à me dire et j’ai recommencé a paniquer. Est ce qu’il y avait quelque chose de grave qu’il n’était pas en mesure d’avouer à Kyle ? J’ai ouvert grand les yeux et les oreilles et j’ai attendu qu’il me délivre, ou pas, de cette prison d’angoisse qui faisait marcher mon imagination à plein régime.

« J’ignore ce qu’il vous a passé par la kopf monsieur Ryans et je ne veux pas le savoir. Seulement, vous devez savoir qu’il a eu enorm de chance que je sois disponible pour vous deux. Encore quelques stunden et j’ignore s’il s’en aurait tiré. Vous devez savoir que ce ne sont pas tous les moldus qui sont assez puissant physiquement et mentalement pour subir une transformation de la sorte. Enfin… Je ne pense pas que votre freund ne subisse une quelconque mutation, mais pendant quelques temps, il aura disons… Des effets sekundar. Plutôt psychologiques. En particulier avant et après la pleine lune, il se peut qu’il devienne impulsif et colérique. Cela peut être de anders degrés. Comme je ne connais pas ce jeune mann, je ne peux pas vraiment m’avancer sur ce thema, mais il est évident qu’il aura un changement. Dans ce cas là, inutile de tenter de le résonner ou de vous querellez avec lui : laissez le plutôt seul. Ça lui passera. Et peu à peu, normalerweise, il devrait reprendre la normalité. Mais encore là, il se peut que cet effet soit permanent. Quoi qu’il en soit, ça risque d’être le seul changement : il n’aura rien d’autre ou ni même une spur lupine en lui. »

Ce qui m’est passé par la tête ?! Regarde moi. Regarde moi droit dans les yeux et ose me dire que tout ça était voulu. Regarde moi ! Alpha ou pas, t’as de la chance que mon esprit soit trop ailleurs, concentré sur Kyle, son état et ma culpabilité, sinon je t’aurai probablement déjà sauté à la gorge Hammerschmitt. Ne me pousse pas à bout. (Petite note de l’auteure : Si Ismaelle était là, elle te dirait que tu es plutôt mal placé pour donner des leçons de ce style )
Rassuré, d’un côté, mais passablement hors de moi de l’autre. Encore ce foutu entre deux. Je serrais les poings pour m’empêcher de faire un geste stupide mais mes yeux ne quittaient pas ceux de Jakob, et je savais au fond de moi qu’il y avait dans tout ça une part de défit émanant de moi parce que je ne tolérais pas ses paroles. Il avait bien du se douter aux vues de mon état que Kyle représentait quelque chose pour moi et que jamais ô grand jamais je n’aurais été capable de m’en prendre à lui consciemment. Plutôt mourir que de le faire souffrir. Alors sa leçon de morale, je la prenais très mal mais créer une nouvelle situation de crise n’aurait rendu service à personne alors …

« Merci. »

Un seul mot, qui est sorti dans un grondement alors que mon regard se faisait sombre et qu’il ne parvenait que très difficilement à se détacher de cette figure imposante dans tous les sens du terme qu’était mon Professeur. Kyle était tiré d’affaire, grâce à lui, c’est tout ce que je devais prendre en compte mais le Loup sous ma peau n’était pas d’accord avec ça. Je l’envoyais se coucher violemment pour finalement lâcher le regard du Prof. L’instant d’après notre attention était toute à ce Non-Magicien qui nous avait réunit ici, sans le vouloir.

Le voir dans cet état, par ma faute, ça me rendait malade. Et toujours ce besoin d’aller vers lui, de lui apporter mon soutien, de passer ma main dans son dos et lui parler, lui dire que tout irait bien, mais j’avais peur. Peur de sa réaction. Alors je me rapprochais légèrement et restais finalement près du canapé encore une fois, dans un silence des plus total alors que mile et une émotions se peignaient sur mon visage chaque fois qu’il faisait un geste. Ce rôle là, celui du soutien, c’était Jabok qui l’endossait et ça non plus ça ne me plaisait pas. Mais c’était pour son bien, alors je prenais sur moi sachant pertinemment que je n’étais pas en droit de protester pour quoi que ce soit, ni même de m’imposer. Coupable, responsable, ça je n’étais pas prêt de l’oublier. Et si mon corps avait cessé de trembler ça n’était qu’en apparence. J’étais toujours aussi mal à l’intérieur, tenant juste grâce à l’adrénaline. Si elle quittait mon corps, je m’écroulais sur le sol dans la seconde tant j’étais à bout de force. Qu’elles soient mentales ou physiques.

« Je vous laisse jetzt. J’imagine que vous avez des choses à vous dire. Si vous avez brauchen de moi, je serais dans la salle juste à côté. »

Perdu à nouveau dans mes pensées, j’ai été en quelque sorte surpris par la voix grave de mon Prof mais lorsque j’ai pris conscience de ce qu’il venait de dire, j’ai eu comme une sorte de mouvement de recul. C’était comme si j’avais peur qu’il s’en aille, qu’il nous laisse seuls. Les regards que Kyle avaient posé sur moi depuis qu’il avait repris connaissance n’avaient rien fait pour me rassurer et je n’avais aucune idée de ce qu’il pouvait bien se passer dans sa tête mais après un moment d’hésitation, quelques secondes après que Jakob ait disparu, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait un pas vers lui. Sa réaction m’a coupé net dan mon élan. Je me suis immobilisé. Le bras tendu vers moi mais la main dans un signe de rejet, j’en suis resté bouche bée.

« Reste où tu es. »

Son regard qui en disait long m’a brisé le cœur bien avant ses mots. J’ai compris. Instantanément. Trop de peur, d’incompréhension. Sans doute un peu de colère. De la méfiance. Comme ce jour là au deuxième étage, mais en bien pire. Mes yeux se sont fait suppliant mais aucun son n’est sorti de ma bouche. Qu’est ce que j’aurai pu dire ?
J’ai continué de l’observer, sans bouger, telle une statue. Il s’est levé mais a vacillé. Réflexe, j’ai fait un nouveau pas vers lui et tendu la main comme si je voulais l’empêcher de tomber mais je m’en suis empêché. Il s’est appuyé sur la table, et m’a regardé à nouveau. J’ai recommencé à trembler violemment des pieds à la tête.

« Je suis désolé. Toi et moi … C’est … »

Non … Je t’en supplie, fais pas ça.

« Terminé. »

Mes yeux se sont clos lentement alors que mon visage se figeait dans une expression de douleur intense. J’ai eu mal comme jamais auparavant. Je ne les ai pas rouvert, pas assez de force pour ça. J’ai simplement suivi ses mouvements grâce à mon ouïe un plus fine que la normale, et quand enfin la porte s’est refermée derrière lui, j’ai à mon tour laissé tout l’air que j’avais bloqué s’échapper d’entre mes lèvres dans un soupir suivit d’un gémissement plaintif.

Sur la table, un objet attira mon attention, comme un éclat familier. Ma chaine, et sa croix, en argent que j’avais laissé à Kyle depuis que cet enfoiré de Supérieur avait cru bon de jouer les artistes avec nous. Nous … Lorsque mes doigts se sont resserrés sur le bijou dans un geste tremblant, mes yeux se sont fermés et un violent frisson m’a fait trembler des pieds à la tête tandis que mon cœur continuait de se déchirer. Il y a une semaine tu étais dans mes bras, tu me disais que toi et moi ça ne finirait jamais, qu’on passerait au dessus de tout, mais tu t’étais trompé. Et je me retrouve seul, sans toi, perdu. Le cœur en vrac et les yeux secs. La gorge nouée, l’estomac à l’envers. Je crois que je ne réalise peut être pas vraiment encore. C’est terminé … C’est pour toujours … Terminé, pour toujours ? Qu’est ce que je devrais faire ? Me battre, me justifier, te demander pardon ? Te courir après et me mettre à genoux pour m’excuser d’être ce que je suis ? Au fond de moi, je sais très bien que ça sera inutile. Ton regard, tes réactions et tes mots m’ont suffit pour comprendre que ton choix était fait, et qu’il était ferme et définitif. Autrefois, j’appréciais ça, ce truc particulier qu’on avait entre nous qui nous permettait de se comprendre sans échanger le moindre mot. Aujourd’hui, en cet instant en tout cas, je le déteste. Et j’ai mal, t’as pas idée d’à quel point j’ai mal. Partout.

Alors sans demander mon reste, j’ai saisi mon bien, l’ai attaché autour de mon cou et j’ai quitté la pièce à mon tour, sans une pensée pour Jakob Hammerschmitt qui venait de sauver la vie de la personne qui m’était le plus cher sur cette terre. Une fois dans le couloir, je n’ai pu retenir mes yeux de le chercher mais …il n’était déjà plus là.

Cold, cold, freezing, freezing.
Got my heart beating, beating.

Un zombie. Un corps sans vie. Une impression de déjà vu. Juste un corps qui avance, la tête basse. Des gestes, des pas lents. Un regard de lapin pris dans les phares d'une voiture. Des tremblements. Des mots qui résonnent dans la tête. Une douleur viscérale qui se mêle à l'épuisement du à la nuit passée, aux transformations. J'ai mal partout. Ma peau, mes muscles, mes os. Ils me tirent dans tous les sens. Mon ventre se noue. Ma tête me lance. Et dans mon cœur, un poignard en argent. Je rêve. Est ce que je rêve ? J'aurai aimé. J'aurai vraiment aimé nager en plein délire. J'aurai aimé que cette nuit ne soit qu'un cauchemar que j'aurai pu effacer au réveil mais … Malheureusement tout était vrai. Du début jusqu'à la fin. J'ai commis l'irréparable. C'était trop pour lui. Qu'est ce que je peux faire contre ça ?

« Qu'est ce que vous faites ! »
« Tais toi ! »

Des voix, familières. Des silhouettes, familières. A la vision de la situation et des deux personnes concernées, mon sang n'a fait qu'un tour. Taylor, agrippant violemment Ismaelle jusqu'à la pousser contre le mur. De l'état de Zombie, je suis passé à celui de prédateur mais avant même que je n'ai eu le temps de faire un pas, elle lui envoyait son genou entre les jambes. Il a crié, j'ai fermé les yeux une seconde par réflexe. Lorsque je les ai rouvert, Ismaelle s'éloignait en courant, je ne voyais pas ses yeux mais il m'avait semblé y lire la terreur et je ne supportais pas ça.

« Reviens ici ! »

Taylor, qui malgré la douleur qu'il devait ressentir a fini par la rattraper. De nouveau il l'a plaqué contre le mur et j'ai vu son visage se rapprocher de la peau de ma Professeur, qui dans le fond était bien plus que ça. Mon Loup, sans parler de l'animosité, la haine qu'il éprouvait pour cet homme depuis la veille, n'a pas supporté.

« Qu'est ce que t'as fait ?! Tu l'as laissé te toucher. »
« Lâche là ! »

Je l'ai attrapé par les épaules puis j'ai tiré de toute mes forces jusqu'à ce qu'il la lâche. Sans lui laisser le temps de comprendre ce qu'il se passait je l'ai entrainé avec moi un peu plus loin, à mon tour je l'ai poussé contre le mur et lorsqu'il s'est retourné, il a reçu mon poing dans le visage. Une fois, deux fois, trois fois. Je ne me contrôlais plus malgré mon état d'épuisement mais les images de la nuit passées me revenaient en tête si violemment que je ne pouvais plus m'arrêter. Il saignait, pour moi ça n'était pas encore assez.

« J'vais te tuer Taylor. J'aurai déjà du le faire, depuis le premier jour. »
« Tu vas me … Laisse moi rire. C'est pas ton petit ami que tu as tué plutôt ? Tu l'a mordu Enzo, alors oui effectivement c'est peut être ce que tu aurais du faire depuis le départ, en finir avec moi, mais tu ne l'a pas fait. T'as pas le cran pour ça. »

J'ai bloqué une seconde, ça lui a suffit pour reprendre le dessus et je me suis retrouvé plaqué contre le mur à mon tour. Il ne m'a pas frappé pourtant. Il a simplement souri, sournoisement tandis que ses mains enroulaient mes poignets pour m'empêcher de l'atteindre encore. Je n'ai pas eu le réflexe de me servir de mes jambes et de mes pieds.

« Je te l'avais dit que je m'en prendrais à lui mais tu n'as pas tenu compte de mes mises en garde. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même. Tu m'as défié, tu n'aurai jamais du. Je vais devenir ton pire cauchemar. Je t'avais dit que je les éloignerai tous de toi. La partie a commencé et mieux encore, c'est toi qui les éloigne par toi même. »
« La ferme ! »
« J'peux sentir son odeur sur toi, il n'est pas mort je me trompe ? C'est dommage. »

Il a éclaté de rire, j'ai laissé échapper un cri de rage. Puis il m'a lâché, mes yeux injectés de sang ne le quittaient plus.

« Allez vas-y, frappe moi ! Tue moi, t'en meurs d'envie. »

Provocation.
Pure et dure.
Et j'allais y céder mais Ismaelle m'a stoppé.

« Enzo ! Arrête. »

Non.

« Collaporta ! »

Je m'excuserai plus tard.

« T'as eu c'que tu voulais. Tu l'as éloigné de moi. »
« Non Enzo, tu l'as fait tout seul comme un grand. »
« Laisse le. Laisse les. C'est moi que tu veux. Laisse les en paix et je ferai ce que tu voudras. »
« Vraiment ? »
« Vraiment. »
« On verra bien ... »
« Atakunto ! »

You can run, you can hide,
But sooner or later It's gonna cut like a knife.

Paralysé pendant quelques secondes après avoir décollé dans les airs, j'ai senti la main d'Isma s'emparer de mon bras. Une pression m'a fait comprendre qu'elle voulait que je me lève. J'étais tellement fou de rage que j'avais peur de m'en prendre à elle. Je voulais sauter sur Taylor et le détruire mais ma raison a pris le pas et j'ai suivi ma prof dans le couloir. On a marché comme ça une bonne centaine de mètres, descendu des escaliers jusqu'à finalement disparaître dans une salle de classe.

« Ça sert à rien de se cacher, s'il veut nous retrouver, il nous retrouvera. »

Je me suis d'abord éloigné d'elle un instant, pour retrouver mon calme, tachant de masquer tant bien que mal mes émotions. La colère oui, mais pas seulement. Je n'avais absolument pas envie d'évoquer la nuit qui venait de se dérouler. Puis finalement, je me suis retourné et j'ai avancé vers elle, cherchant son regard après l'avoir détaillée des pieds à la tête avec insistance. Sur ses poignets, des marques qu'elle tentait de dissimuler sous un pull à manches longues. Mes yeux ont capté les siens, elle a détourné le regard, j'ai attrapé sa main.

« Est ce que ça va ? Il t'a fait du mal ? »
« Plus de peur, c'est superficiel. Je comprends pas … »

Tu ne comprends pas ...

« Quoi ? »
« C'est un Lycan. Une saloperie qui pense pouvoir débarquer ici et bouleverser l'ordre établit. Il veut faire de moi son Oméga et prendre la place de l'Alpha qui jusqu'ici appartient à Jakob. C'est une sorte de hiérarchie implicite et tous les Lycans savent à quoi s'en tenir et restent à leur place. Jusqu'ici en tout cas. Seulement voilà, tu portes l'odeur de Jakob sur toi et je pense qu'il veut te revendiquer comme étant à lui par pur esprit de territorialisme. Voilà pourquoi il a perdu le contrôle comme ça avec toi. »

Elle est resté sans voix. Oui, elle avait l'odeur de Jakob sur elle. N'importe qui d'autre qu'un Lycan n'aurait senti que l'effluve de son savon mais là dessous se cachait une fragrance musqué qui ne trompait pas. La raison de la crise deTaylor. Pourquoi elle avait cette odeur sur elle ? Je ne voulais pas le savoir. Pas plus que je n'avais demandé à Jakob pourquoi il avait son odeur à elle sur lui. Ça ne me regardait pas. Je voulais juste ...

« Isma, je ne vais pas te poser de questions, et s'il te plait, ne m'en pose pas non plus. »
« D'accord. Mais ... »
« Je sais. Si j'ai besoin de toi, je sais où te trouver. Fais attention et tu devrais en parler à Jakob. »

Elle a baissé les yeux une nouvelle fois, j'ai cru qu'elle allait se mettre à pleurer. Par pudeur, par gène, j'ai détourné la tête, me mordant la lèvres inférieur pour ne pas craquer non plus. Aussi égoïste que ce soit, je n'avais pas la force de m'inquiéter pour elle sur le moment.

« Enzo, tu ne vas pas retourner le voir n'est ce pas ? »
« Non. Pas maintenant en tout cas. Isma te mêle pas de ces trucs de Loups, s'il te plaît. J'veux pas qu'il t'arrive quelque chose. J'veux pas te perdre. »

Sans attendre une seconde de plus, j'ai enroulé mes bras autour d'elle et je l'ai serré contre moi mais quand je l'ai senti se crisper et trembler, j'ai eu un mouvement de recul. Je n'ai pas insisté. Je l'ai lâché.

« J'ai besoin d'être seul. Désolé. »

Et j'ai disparu.

Une journée terne. Je n'ai pourtant pas versé une larme après l'avoir quitté. Je suis rentré au dortoir, je me suis allongé sur mon lit et j'ai serré son T-shirt contre moi pendant de longues minutes mais l'odeur du sang ne quittait pas mon odorat. J'en étais recouvert. J'avais oublié. Voilà pourquoi tous me dévisageaient dans le couloir alors que je remontais vers les tours. Je me suis alors relevé et je suis aller noyer mon chagrin sous la douche. L'eau avait cette couleur rougeâtre lorsqu'elle glissait sur mon corps mais je savais que ça n'était pas mon sang. Première crise de nausée, j'ai pourtant tenu bon alors que dans ma bouche j'avais l'impression de pouvoir encore sentir le goût de son liquide vital. Je suis resté une heure sous l'eau brulante alors qu'ils étaient tous en cours et lorsqu'enfin j'en suis sorti, j'ai jeté mes vêtements à la poubelle. Debout devant le miroir, une serviette autour de la taille, j'ai observé le haut de mon corps. Ma blessure … Disparue. Sur mon torse il n'y avait plus que de fins liserets rosâtres qui ne disparaitraient jamais. Marqué à vie. Marqué par Lui. Une larme, une seule qui a roulé sur ma joue alors que j'observais le reflet de mon visage.

« Monstre … »

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Count to 10
Take the bullet out again
Say my name
Hit me hard
Put that gun right to my heart...

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