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Memories [PV Billy J.Smith]

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Julian A. Neil



Hiboux postés.: 357
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Double Compte: Emily Anthon/ Caem Kaliayev
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MessageSujet: Memories [PV Billy J.Smith] Mer 2 Nov - 21:51

Trouver le sommeil n’avait jamais été une tâche facile pour Julian. Pour une fois qu’elle n’avait pas pris part à la moindre escapade nocturne et qu’elle s’était contentée d’aller se coucher de bonne heure, il fallait que le royaume des songes lui ferme ses portes. La jeune femme ne cessait de se tourner dans son lit. Autour d’elle, ses camarades semblaient dormir paisiblement, du moins elle avait clairement le visage de jeunes femmes endormies. La Serpentard n’avait cependant pas envie de s’avouer vaincu et elle continua à garder les yeux clos, désespérant pour un peu de repos. La conversation rapide qu’elle avait eue avec son professeur M. Andrews plusieurs semaines auparavant ne cessait de lui revenir en tête. Il lui avait clairement dit que la Magie ne semblait pas pouvoir se tromper. Elle avait fait des recherches suite à cela et il paraissait comme évident qu’une erreur dans sa lettre de convocation à l’école était peu probable. Pourtant, elle avait eu beau chercher dans la famille de sa mère et de son père, à l’aide de divers travaux généalogiques, aucune trace d’un aïeul dont le nom serait « Owen ». La jeune femme commençait vraiment à s’inquiéter. Elle ne parvenait pas à comprendre le sens de tout cela et elle ne cessait de se demander ce qui avait bien pu clocher. Plusieurs fois elle avait pensé à aller demander l’information directement au chef d’établissement. Mais bien qu’elle soit une Serpentard de bonne famille, elle avait trop peur de le déranger pour cela car il n’était pas réputé pour son attachement particulier aux petits tracas des élèves et elle n’avait qu’une seule envie, c’était d’être bien vue par lui, elle ne pouvait donc pas gâcher toutes ses chances en faisant une telle bêtise. Julian n’avait donc pas besoin de réfléchir trop longtemps pour se dire que finalement cette idée était totalement absurde. Mais de ce fait, elle ne savait plus vers qui se tourner. Ses parents avaient très clairement évité la question le jour où elle avait reçu sa lettre et puis, elle n’avait pas envie de les inquiéter avec ça. Quelque part c’était son mystère, elle sentait qu’elle devait le résoudre sans eux, comme si cela allait marquer une sorte d’indépendance. Mais alors qui ou qu’est ce qui pouvait l’aider ? La jeune femme poussa un très léger soupir avant de s’allonger sur le dos et de fixer le plafond de sa chambre. Trop de questions qui se bousculaient dans son esprit, trop de questions sans réponses. Elle allait clairement devenir folle à ce rythme là. Surtout si en plus elle ne parvenait pas à dormir. 2h30 du matin… La rousse prit sa tête entre ses mains. S’agrippant légèrement les cheveux, elle n’en pouvait plus de tourner en rond, de se torturer l’esprit surtout qu’elle se sentait épuisée, que les maux de tête la fatiguaient d’autant plus et que le fait de ne pas pouvoir apaiser tout cela l’irritait au plus haut point. Au bout d’un moment, elle décida de se lever et d’aller faire un tour aux toilettes histoire de se promener un peu et de se rafraichir au passage. Enfilant donc un jean et un T-shirt pour ne pas se balader en pyjama dans les couloirs du château, elle sorti du dortoir et de la salle commune le plus silencieusement possible. Après tout, elle était habituée aux escapades nocturnes donc elle savait à peu près quels étaient les pièges à éviter…

Quant elle arriva enfin au niveau des toilettes, Julian rangea sa baguette, éteignant ainsi la lumière qu’elle produisait. Marchant très lentement, elle observait la porte, inquiète. Elle savait que les Supérieurs surveillaient souvent cet endroit, n’aimant pas vraiment que les élèves s’y aventurent à des heures incongrues pour une raison ou pour une autre. La rousse n’ayant pas envie de se lancer dans un débat quelconque au beau milieu de la nuit préférait prendre ses précautions. Heureusement pour elle, la voie semblait libre. Soit ils avaient décidés de se reposer ce soir, renonçant ainsi à la possibilité d’un quelconque plaisir sadique, soit ils étaient juste partis faire une ronde. En tout cas elle pouvait entrer pour le moment, tant que personne n’était là pour la déranger. Elle s’approcha donc d’un lavabo et s’aspergea le visage d’eau avant de regarder son reflet dans un miroir, un sourire aux lèvres.

« Avec des cernes pareilles on va finir par t’engager dans un film d’horreur ma belle… »

Oui elle se parlait toute seule, après tout, ce n’était pas plus mal non, parfois de se parler à soit, au moins on est sûr d’être vraiment compris. La jeune femme se laissa finalement glisser contre un des murs, trouvant le carrelage frais agréable malgré la saison. Assise sur le sol, les genoux ramenés vers son corps, elle soupira. Elle sentait bien que le sommeil n’était toujours pas prêt à l’accueillir et en même temps elle n’allait pas rester là éternellement à attendre que le soleil se lève et que l’heure d’aller en cours soit annoncée. Il fallait bien qu’elle retourne dans sa Salle Commune de toute façon. Mais pas encore, non pas tout de suite. Julian avait bien envie de rester là encore un peu. Loin de trouver ce lieu angoissant, cela lui faisait du bien d’être un peu vraiment seule car même si ses camarades dormaient, rien que de sentir leur présence rendait cela bien éloigné d’un moment de calme et de solitude. La jeune Serpentard profita donc pleinement de ce moment de quiétude puis décida de se relever. Seulement, à peine fut-elle debout qu’une vive douleur lui plomba le crâne. Encore une migraine mais cette fois la douleur était encore plus vive et encore moins supportable. Julian grimaça et prit sa tête entre ses mains. C’est alors que de nouveau flashs apparurent, plus nets cette fois. Elle voyait un couple l’appeler et pourtant, ils ne ressemblaient nullement à ses parents.


« Allez vous-en… »


Julian savait bien que parler à des images mentales n’était pas forcément une idée de génie. Elle n’était pas folle. Non c’était juste de la fatigue, de l’agacement. Elle n’en pouvait plus d’avoir mal, de chercher sans cesse une solution à tout ça. Elle posa alors son front contre le carrelage espérant que le froid allait calmer la douleur mais elle commençait franchement à désespérer. Elle était tellement concentrée sur ce qui se déroulait dans sa tête qu’elle en avait complètement oublié de rester sur ses gardes ce qui pouvait s’avérer être une fatale erreur…
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Billy J. Smith



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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Dim 6 Nov - 19:34

Billy avait travaillé beaucoup et toute la journée ce qui n’était franchement pas dans ses habitudes. Lui qui passait plutôt pour un fêtard et un boute-en-train, il avait passé toute la journée à bosser. Il avait beaucoup trop de travail en retard. En effet, les profs pensaient que, parce qu’ils étaient Serdaigle, ils avaient une capacité de travail supérieur aux autres. Faux ! En tout cas pour Billy. Il se demandait encore pourquoi le choixpeau avait décidé de l’envoyer à Serdaigle : « Tu as de grandes capacités » avait-il dit. Oui c’est sûr, quand il le voulait il était on ne peut plus efficace. Mais il repoussait toujours le moment de travailler et quand le stade critique approchait il s’y mettait sérieusement et… y passait tous ses week-ends et ses moments libres.
Une migraine impossible lui battait les tempes tandis qu’il rejoignait sa salle commune. Il n’y avait presque plus personne dans les couloirs. Il répondit à l’énigme qui ouvrait la porte de la salle des serdaigles et s’engouffra dans le dortoir sans rien dire à personne. Il voulait juste que le tambour qui résonnait dans sa tête daigne s’arrêter. C’est donc sur les coups de deux heures du matin qu’il s’était réveillé comme une fleur. Un peu comme s’il était 10 heures du matin. Sauf que dehors tout était noir et qu’autour de lui résonnait un véritable concert de ronflement. Les mecs n’était pas réputé pour être des plus discret pendant la nuit. Il s’était levé et avait pris sa baguette dans le but de finir les derniers paragraphes de son devoir de métamorphose.
Sous sa couette, il se croyait invisible. Il avait silencieusement commencé à écrire lorsqu’un énorme polochon lui avait atterri sur la tête.

« Smith, si t’éteins pas ta baguette tout de suite je sens que tu vas passer une mauvaise fin de nuit »

La voix pâteuse provenait du lit à côté. Billy fit un grand sourire moqueur qui, dans le noir, ne faisait vraiment aucun effet. Il répondit à la provocation par :

« Essaie, juste pour voir. Je sens que je vais finir par t’étouffer dans ta couette. Ferme les yeux tu verras rien ! »

Il y eut un grommellement et un bruit de couverture :

« Rend moi mon polochon et éteint ta baguette… ou dégage ! »

Il y eut un moment de flottement puis :

« S’il te plaît ».

Billy ne faisait pas vraiment peur mais disons qu’il était plutôt bien bâti. Sportif émérite, il avait plutôt intérêt ! Les joueurs de quidditch adverse se seraient bien foutus de lui sinon !
Avec un soupir, il rangea sa baguette et sortit du dortoir. Soudain, une idée folle lui traversa l’esprit : une petite escapade nocturne ? il ne connaissait pas beaucoup le château mais assez pour savoir les coins qu’il fallait éviter la nuit. Il n’avait jamais essayé de se balader dans les couloirs après le couvre-feu mais … autant tenter l’expérience. Il bouillonnait intérieurement de ne rien faire. Il avait juste l’impression de tourner en rond dans ce dortoir. Il s’habilla rapidement et sortit. Cette impression de quiétude et de calme était tellement rare dans le château… rien ne bougeait, tout était figé. On entendait de légers ronflements provenant des tableaux sur le mur. Pas de cris, pas de bousculade, rien… Rien que lui et les ténèbres de cette immense école.
Il prit quelques couloirs au hasard en rasant les murs. Il s’agissait de ne pas rencontrer quelqu’un. Ç’aurait été plus qu’embêtant. A vrai dire, il aurait parié avoir droit à un aller simple pour les cachots ! ce n’était pas une perspective très attirante surtout si l’on se fiait aux cris et aux suppliques que l’on pouvait entendre si l’on s’approchait d’un peu trop près. Cette balade nocturne était excitante autant qu’elle était terrifiante. Le danger procurait cet effet là.
C’est ainsi qu’il se retrouva devant les toilettes. Il n’avait pas pris la peine d’allumer sa baguette, trop préoccupé par le fait de ne pas se faire repérer. Il se figea sur le seuil, écoutant tous les bruits. Il avait cru entendre quelque chose. Des bruits de pas étouffés peut-être.

« Avec des cernes pareilles on va finir par t’engager dans un film d’horreur ma belle… »

Il y avait quelqu’un. Une fille qu’il reconnut comme étant une serpentard. Il ne connaissait pas suffisamment tout le monde pour savoir si elle était ou pas à la botte des supérieurs. Dans l’expectative, il n’osa pas se montrer tout de suite. Cette brillante idée d’escapade nocturne lui parut alors beaucoup moins enthousiasmante qu’au début… Quand il s’avérait que l’on n’était plus le seul à se balader dans le château la nuit, toute la donne changeait. Il ne se montra pas jusqu’à ce qu’il la vit se tenir la tête à deux mains et la poser ensuite sur le carrelage frais.

« Allez vous-en… »

Son ton laissait transparaître un désespoir conséquent qui serra le cœur de Billy. On disait de lui qu’il était un saint bernard voulant sauver toute la planète et ce n’était que trop vrai. Laisser quelqu’un dans la peine n’était pas dans ses habitudes et il rechignait véritablement à le faire. Cependant se trouver là, à cette heure-ci, avec des Supérieurs dans les parages ne jouait pas forcément en sa faveur non plus. Que faire … ? Sa trop grande empathie prit le dessus. Il ne pouvait pas la laisser seule ici. Il devait savoir.
Il s’approcha sans faire de bruit. La rousse ne l’avait pas remarqué, elle paraissait souffrir. Il s’assit en face d’elle, à une distance assez raisonnable pour ne pas être trop proche non plus et ne sut plus vraiment quoi faire.

« et maintenant tu fais quoi Billy ? Espèce de crétin. Tu passes pour un vrai poireau. » se sermonna t-il intérieurement.

Ne sachant comment commencer la conversation, il prit le parti de se racler doucement la gorge pour attirer son attention. Et advienne que pourra !
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mer 16 Nov - 19:55

L’envie de hurler se faisant de plus en plus présente tant la fatigue et l’agacement martelaient la tête de Julian. Pour une fois dans sa vie, elle ne demandait pas grand-chose, elle n’avait pas de grandes attentes, ne désirait pas la Terre entière à ses pieds, elle voulait juste que la douleur cesse. Et pourtant aussi simple que semblait cette attente, rien ne semblait vouloir lui obéir ce soir. La jeune femme était au point de rupture, elle se sentait carrément prête à enfoncer son poing dans le mur. D’ailleurs, elle le leva pour le faire lorsque qu’un bruit attira son attention. D’un geste vif, la jeune femme se retourna, saisissant sa baguette au passage et la pointant en direction du son, un regard sévère, les yeux brillants de colère. Elle se détendit cependant en voyant qu’il ne s’agissait que d’un élève. Il n’était pas à Serpentard ça c’était sûr et après quelques secondes elle crut pouvoir l’associer à un élève de Serdaigle. Il était de la même année qu’elle et de ce fait, elle l’avait déjà croisé dans les parages, pourtant, elle n’avait jamais spécialement prêté attention à lui. Un sorcier sans rien de remarquable alors pourquoi aurait-elle posé son regard sur lui. Bref, quelque part, cela la rassurait que ce ne soit que lui. Au début elle avait cru qu’il s’agirait de quelqu’un de plus important et elle avait eu un peu peur de devoir se confronter à lui. En effet, devoir donner des explications sur sa présence etc, vu son état, cela ne l’enchantait pas vraiment. Mais vu de qui il s’agissait, elle n’avait concrètement pas de compte à rendre. Baissant sa baguette elle fixa le jeune homme, le détaillant soigneusement. Il n’avait concrètement pas l’air hostile du tout mais disons qu’il n’était pas forcément tombé dans le meilleur jour de Julian. D’un air glacial elle prit donc la parole, comme si elle avait envie de le faire fuir juste en parlant.

« Qu’est ce que tu fous là ? »

Oui, un bonsoir, une politesse lui aurait arraché la gueule. Non elle n’avait pas envie d’être gentille et oui il devait avoir terriblement envie de la baffer vu son air hautain. Respire. Julian prit une grande inspiration et retourna se mettre de l’eau sur le visage. Toutes ces émotions avaient eu au moins l’intérêt de stopper les flashs, toujours ça de pris. La jeune femme posa donc sa baguette le temps de s’asperger la figure espérant ainsi se remettre les idées en place. Une fois que ce fut fait elle se tourna vers le jeune homme, s’apprêtant à lui lancer une nouvelle remarque acerbe lorsqu’un bruit lui fit froncer les sourcils. Rapidement, elle se tourna vers l’inconnu, le doigt sur la bouche, lui faisant signe de ne surtout pas faire le moindre bruit. Puis, doucement, elle se dirigea vers la sortie et jeta un regard vif dans le couloir. Et merde, un Supérieur. Ok. Là c’était clairement la merde. Parce qu’encore si elle avait été seule, elle aurait pu s’en sortir mais avec la présence de l’autre andouille ce serait encore pire et puis, se cacher tous les deux, c’était trop risqué, si on les surprenait, la sanction risquait d’être mille fois pire. Sans plus réfléchir elle couru vers l’inconnu, lui attrapa le bras et murmura quelques mots.

« Va vite te planquer si tu ne veux pas avoir à hurler de douleur au fin fond d’un cachot. »

Sans trop le ménager, Julian lâcha le bras du jeune homme, l’envoyant valser un peu plus loin au passage et priant pour qu’il lui obéisse sans trop se poser de questions. Ensuite, elle rangea sa baguette et retourna au niveau des lavabos, se penchant au-dessus de l’un d’eux, prenant volontairement un air affligé. Puis, lorsque le Supérieur entra dans la pièce et manifesta sa présence par un léger rire, elle fit mine de sursauter et se tourna vers l’homme qui s’approcha rapidement d’elle, s’arrêtant à quelques centimètres seulement, la surplombant et posant sa baguette sur sa joue, un léger sourire sadique aux lèvres.

« -Alors ma petite, qu’est-ce que tu fous là à une heure pareille… Ne connais-tu pas le règlement ?

-Migraine. Atroce d’ailleurs. J’avais besoin d’un peu d’eau fraiche, et puis, vous savez ce que c’est les dortoirs, cette proximité, tout ça, ça n’aide pas à se calmer. Surtout avec des gens qui ne méritent même pas d’être à Serpentard.. »

Tout en parlant, Julian avait avancé d’un petit pas, pour se rapprocher encore plus du Supérieur et lui fit un de ses sourires charmeurs dont elle avait le secret. Elle savait bien qu’elle ne le séduirait très certainement pas mais savait aussi qu’en guidant la conversation, elle avait deux fois plus de chances de s’en sortir sans problème. Disons que la jeune femme était devenue une sorte d’experte lorsqu’il s’agissait de manipulation. Le Supérieur la dévisagea, souriant toujours, un air mystérieux sur le visage. Puis finalement, il recula légèrement avant de tourner dans la pièce.


« Une bonne Serpentard au Sang-pur, il va sans dire que je ne peux que te laisser passer pour cette fois. Ca doit être douloureux une grosse migraine. J’espère juste pour toi qu’il n’y a personne ici… »


Julian sentit une boule se former dans son estomac à cet instant. D’une elle espérait que l’autre s’était bien caché et de deux, elle priait pour que le Supérieur ne se livre pas à une petite inspection car les deux jeunes gens risquaient fort de se retrouver avec de gros ennuis. Cependant, elle savait aussi que si elle montrait le moindre embarras, l’homme n’aurait plus aucun doute et elle supposa qu’il s’agissait d’un test. Gardant donc son sourire, elle répondit avec une grande assurance, ne laissant pas apparaitre sa peur. Ne jamais montrer ses peurs, ses faiblesses, règle numéro 1 dans le monde de Julian.

« Non personne. A part peut être un fantôme ou un élève lubrique qui aurait pris un malin plaisir à m’observer dans ma souffrance mais à part ça, non je ne crois pas… »

La réponse de Julian fit rire le Supérieur qui se dirigea alors vers la sortie, lui adressant un regard qui pouvait vouloir dire pas mal de choses. La jeune femme se contenta de sourire à son tour, attendant patiemment, priant pour qu’il n’ait effectivement rien remarqué, que ce ne soit pas une feinte ou quoi que ce soit. Priant pour qu’il ne se retourne pas pour lancer un sort sur elle ou l’autre qui aurait été mal caché….


[J’espère que ça te convient, dis moi si y’a un truc qui te dérange et puis, tu fais ce que tu veux avec le Supérieur maintenant xD.]

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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mar 22 Nov - 20:26

L’atmosphère des toilettes, en pleine nuit, ressemblait à celle des films d’horreur. Billy n’entendait que les gouttes tombant à intervalle régulier dans un lavabo, répercuté des centaines de fois à cause de l’écho du lieu. On avait l’impression de se trouver dans une église tellement le plafond était haut et les sons répercutés à l’infini. Il ne manquait plus que quelques grondements venus des entrailles de la terre pour que le tableau soit parfait. Il ne put s’empêcher de frissonner légèrement. Il n’était pas froussard mais les atmosphères trop pesantes n’étaient pas vraiment sa tasse de thé. Des souvenirs de quand il regardait des films d’horreur alors qu’il était trop petit. Il avait été traumatisé par quelques scènes, mais c’était il y a maintenant bien longtemps.
Aujourd’hui, pas de monstre en cavale, rien que lui et la jolie rousse en plein milieu de la nuit dans les toilettes de Poudlard. Tableau très romantique si l’on peut dire. Billy fit un bruit infime pour attirer son attention alors qu’elle avait le front collé au carrelage. Sa vitesse de réaction fut si surprenante que le Serdaigle écarquilla les yeux de surprise. Elle s’était retournée comme si elle était montée sur ressort, sa baguette pointée sur lui. Il regarda la baguette, puis la jeune fille avec l’air de quelqu’un qui voudrait en rire mais qui n’ose pas. En fait, si elle avait l’intention de lui jeter un sort il était tout bonnement à sa merci. Il ne pouvait rien faire. Sa propre baguette était glissé dans son jean mais il ne pourrait faire un geste sans que la serpentarde ne le remarque. Même si la luminosité était faible, la lune les éclairait suffisamment pour qu’ils puissent chacun distinguer les traits de l’autre.

« Qu’est ce que tu fous là ? »

Très engageant. Le timbre de voix était tellement froid qu’il aurait pu geler sur place un ours polaire. Il n’était pas le bienvenu c’était clair. Mais il avait tellement eu envie de lui venir en aide quand il l’avait vu. Maintenant il le regrettait un peu. Mais c’était fait. Et de toute façon, s’il l’avait laissé ici, il serait forcément revenu. Il détestait laisser quelqu’un qui paraissait souffrir, c’était contre sa nature. Naïf ? Crédule ? Bête ? Possible. On l’avait aussi qualifié d’aidant, loyal et compréhensif. Dans ce cas là, il aurait bien voulu mettre les trois derniers adjectifs en application mais apparemment sa partenaire d’escapade nocturne ne paraissait pas partager son envie. Il serra les poings en retenant une réplique acerbe. Ce n’était pas le moment. Elle paraissait ne pas vraiment être au meilleur de sa forme vu sa réaction avant qu’il ne vienne la perturber. Il s’abstint donc de tout commentaire.
Soudain, il y eut un bruit. Un bruit beaucoup trop reconnaissable. Des pas. Et ils arrivaient vite et de plus en plus fort. Il se tourna vers la jeune fille qui lui fit signe de se taire en posant un doigt sur sa bouche puis, en silence elle regarda dans le couloir. Vu sa tête, les nouvelles ne devaient pas être bonnes.

« Va vite te planquer si tu ne veux pas avoir à hurler de douleur au fin fond d’un cachot. »

En effet… c’était un plan à envisager si un Supérieur le trouvait ici. Mais il n’en avait pas la moindre envie. Il acquiesça rapidement et fouilla rapidement les lieux du regard. C’était un peu vide, à son plus grand désarroi. Il sentit que la fille le poussait dans un coin. Il se recroquevilla derrière un mur légèrement dans l’ombre. Heureusement pour lui, elle était de son côté. Du moins il l’espérait … si elle l’avait envoyé se cacher c’est qu’elle ne devait pas trop vouloir l’envoyer dans les cachots. Il retint son souffle et attendit. Il entendit la conversation commencer, le ton de méfiance du Supérieur. Il retint son souffle en attendant la réponse de Julian mais elle ne fit qu’un commentaire ironique :

« Non personne. A part peut être un fantôme ou un élève lubrique qui aurait pris un malin plaisir à m’observer dans ma souffrance mais à part ça, non je ne crois pas… »

Et paf, dans tes dents. Très délicat. Il se mit à sourire tout seul dans la pénombre. La situation était pour le moins dangereuse mais elle était aussi très drôle, surtout pour celui qui se cachait. Il savait qu’il n’aurait pas dû en rire mais il ne pouvait s’en empêcher. Et il savait aussi que dans une semaine, en y repensant, il se tordrait de rire dans sa salle commune. S’il ne venait pas à l’idée du Supérieur de faire le tour du propriétaire… à cette pensée, le sourire de Billy s’effaça d’un seul coup. Il était vu, il était mort. Pas au sens propre mais au sens figuré. Et il sentait bien que s’il se faisait attraper, c’était aller simple pour les cachots et disparition pendant trois semaines. Il n’osait pas imaginer le résultat quand il en sortirait. Il déglutit avec difficulté et, sans faire attention, fit glisser son pied sur le sol. Oh, pas de beaucoup, il y eut juste un bruit qui, si le plafond n’avait pas été aussi haut, serait passé pour une souris se faufilant sur le toit. Seulement, le bruit fut démultiplié. Et il courut le long des voûtes avec des grondements qui parurent énorme pour Billy. Il n’entendait plus rien que son cœur qui battait la chamade et c’est dans un espèce de brouillard qu’il perçut la voix du Supérieur qui venait vers lui :

« Tu as entendu ? Qu’est-ce que c’était ? »

Billy ferma les yeux et se mit à prier tous les dieux du monde. Il n’était absolument pas croyant et n’avait jamais été dans une quelconque messe ou autre ce qui donna un mélange de tout et n’importe quoi. Un mélange qui sembla marcher d’ailleurs puisque le Supérieur s’arrêta juste à côté de lui. Billy aurait tout donné pour une cape d’invisibilité en ce moment même. Il n’osait plus faire un geste, osait à peine respirer. Son cœur battait contre sa cage thoracique comme un oiseau en cage qui aurait voulu sortir avec véhémence. Il se demandait d’ailleurs comment le Supérieur faisait pour ne pas l’entendre, à ses oreilles c’était assourdissant.
Soudainement, le Supérieur éleva la voix qui se répercuta violemment dans la salle :

« Qu’on soit bien d’accord, si je trouve quelqu’un ici, je vous garantis qu’il ne finira pas l’année… »

La menace était lancée et elle était bien réelle. Oups. Mauvaise pioche. Pourquoi avait-il décidé de sortir de son lit cette nuit ? ça devait être l’une de ses plus mauvaises idées depuis qu’il était venu au monde au moins ! C’est avec une tension toujours plus grandissante qu’il attendait que le Supérieur daigne bouger. Il ne paraissait pas vraiment décidé et attendait, à quelques pas seulement de la cachette du serdaigle.
Soudain, il y eut un bruit de cape et des pas qui s’éloignaient. Ces pas s’arrêtèrent, mais ils n’étaient pas sortis, Billy en était convaincu, il resta donc terré en attendant que la Serpentarde vienne le chercher. Elle pouvait d’ailleurs tout aussi bien l’oublier, c’était une éventualité. Il n’aurait plus qu’à attendre que le jour se lève. Quelle nuit sympathique …

[HJ: j'espère que ça t'iras :). Maintenant, tu en fais ce que tu veux aussi ^^. Soit tu refais peur à Billy en le faisant revenir soit tu le fais partir (a).]

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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mer 30 Nov - 19:07

Elle avait réussi. Julian sentait que sa tension allait se calmer. Elle était presque sûre maintenant d’avoir réussi son entreprise et que le supérieur allait s’en aller. Même si elle avait un certain respect pour ses gens là, pour l’idée du Sang, elle avait en cet instant, une haine profonde envers ce type. Ou du moins, elle aurait préféré ne pas avoir eu à croiser sa route. Mais de toute façon, cela ne servait à rien de penser ainsi, avec des si elle pourrait refaire le monde des centaines de fois. Alors autant se concentrer sur l’instant présent, les faits. Les faits qui semblaient jouer en sa défaveur. Alors que le soulagement semblait à porter de main, un bruit sourd retentit. Elle ne savait pas comment un tel son avait pu se produire mais la seule chose dont elle était sûre, c’était que le Serdaigle était à l’origine de tout ce boucan. Une violente envie de meurtre s’empara alors d’elle. Il était con ou il le faisait exprès ? Elle venait de se démener, d’utiliser ses capacités de manipulatrice avec autant d’application que possible. Il n’avait qu’à se tenir tranquille et attendre et voilà qu’il ajoutait une nouvelle difficulté parce que cette andouille n’avait pas été capable de rester totalement silencieux. Si elle l’avait eu en face d’elle et qu’elle ne risquait pas elle aussi une sévère punition elle l’aurait sans doute étranglé sur place. Ne pas penser à ça, ne pas penser à ça. Le Supérieur se retourna alors et reprit la parole. La petite question toute simple qui pouvait pourtant la traduire. Si le moindre signe sur son visage apparaissait sur son visage et trahissait une quelconque peur ou angoisse, elle était foutue. Quand bien même l’autre crétin était découvert, elle avait toujours le moyen de faire l’innocente et de prétendre n’avoir jamais été au courant de sa présence. Nier qu’elle avait entendu serait tout aussi crétin. Là elle serait directement définie comme de mèche avec l’autre, ou du moins, cela paraitrait d’autant plus suspect et il risquait fort de se lancer dans une fouille acharnée des lieux. Julian prit donc une grande respiration, aussi discrètement que possible et se contenta de prendre un air des plus surprises, elle avait aussi prit soin de dégainer sa baguette, comme pour montrer qu’elle était sur ses gardes car plongée dans l’inconnu.


« Oui et c’était bizarre… Les canalisations et les fantômes sont rarement aussi bruyants… »


La jeune Serpentard regarda alors le Supérieur qui commença à avancer, recommençant à scruter la pièce. Sauf que cette fois elle s’approchait dangereusement de l’endroit où se trouvait l’autre crétin. La jeune femme décida donc de faire mine de chercher, à l’opposé, implorant tous les dieux possibles pour que l’autre ne soit pas découvert. Elle n’avait franchement pas besoin de ça, pas maintenant. Plus il se rapprochait de la cachette et plus Julian tergiversait, réfléchissant à la prochaine stratégie qu’elle allait devoir employer. Elle qui à la base cherchait juste un peu de fraicheur et de calme, on ne pouvait pas dire qu’elle avait été très bien servie. C’était décidé, elle allait bannir les Serdaigle de son entourage à partir de ce jour. Déjà qu’elle n’avait pas énormément de contacts avec eux mais désormais ce serait définitif. PLUS JAMAIS. Le Supérieur reprit alors la parole, déclara que si quelqu’un était trouvé, cette personne ne s’en sortirait pas. Julian se tourna alors vers lui, sans rien dire. Mais l’homme décida donc de repartir, du moins c’était ce que semblait indiquer sa démarche. Il s’approcha alors de la jeune femme et se pencha pour lui murmurer quelques mots à l’oreille, d’une voix sèche, assez effrayante pour le coup.

« J’espère pour toi qu’il n’y avait effectivement personne. Tu m’as l’air plutôt sur la bonne voie alors ne gâche pas tout en te compromettant ainsi. Je m’en vais mais si jamais il se passe quoi que ce soit de suspect cette nuit, tu seras la première interrogée… »

Puis, dans une démarche tout aussi glaciale, le Supérieur quitta définitivement la pièce. Julian n’avait absolument pas bronché pendant qu’il lui faisait son petit discours même si elle bouillait de l’intérieur. Elle attendit alors quelques instants, dans le silence le plus complet, essayant de se calmer un peu. Si elle allait voir l’autre en hurlant elle risquait de faire revenir le Supérieur et ce n’était franchement pas une bonne idée. Elle qui luttait pour avoir une bonne image parmi eux, qui souhaitait les rejoindre plus que tout, il fallait qu’elle risque de tout foirer juste parce que quelqu’un l’avait dérangé… Non Julian, ne casse pas tout, ça va aller… Quand elle estima que le danger s’était définitivement éloigné, la jeune femme alla à grand pas vers la cachette du jeune homme. Sans perdre un instant, elle se planta en face de lui, lui attrapa le col pour le relever et le plaquer contre le mur sans trop de ménagement. Ne pouvant tout de même pas prendre le risque de hurler, elle prit le partit de chuchoter mais sur un ton de voix tout aussi glaçant que si elle avait piqué une grosse colère.

« Tu pouvais pas te tenir tranquille bordel ?! A cause de ton manque certain de jugeote, je risque d’avoir pas mal d’emmerdes. La prochaine fois je te livre aux Supérieurs et je n’essaye même pas de sauver ton petit cul de dégénéré ! »

Julian le lâcha finalement et recula pour tenter de calmer la colère qui ne cessait de lui monter à la tête. D’autant plus que cela n’arrangeait rien. Car si le stress lui avait permis d’oublier la douleur, cette dernière recommençait à se manifester ce qui ne l’aidait franchement pas à garder son calme. A vrai dire, elle hésitait entre donner une bonne droite au Serdaigle histoire de se détendre une bonne fois pour toute ou, pour une fois, se montrer indulgente et attendre patiemment que cette rage s’apaise. Parce qu’après tout, ils étaient plus ou moins sauvés maintenant, alors cela ne servait à rien de continuer à hurler. Mais bon, on ne change pas un caractère comme ça et le sang chaud de la jeune femme pulsait cruellement dans ses tempes. La jeune femme décida alors de s’asseoir à même le sol, en tailleur, respirant aussi calmement que possible. Elle ferma les yeux quelques instants, se massant les tempes avant de les rouvrir. Bien qu’elle fût déjà plus détendue, son regard n’était pas des plus engageant, autant dire qu’elle savait avoir l’air bien plus sympathique.

« Cela ne t’empêche pas de répondre à ma première question, qu’est ce que tu fous là ? Et comment tu t’appelles au passage, que je puisse te retrouver facilement pour t’atomiser la face si nécessaire… »

Un peu de sarcasme, cela ne fait jamais de mal dans le monde de Julian. Elle attendait vraiment la réponse à sa première question, quand à la seconde, elle trouvait qu’elle collait plutôt bien dans sa rhétorique assassine alors elle avait décidé de la garder. Bien qu’au fond, cela n’avait guère beaucoup d’importance, elle espérait que l’idiot puisse au moins la distraire un peu. Qu’il ait un minimum d’utilité, ce n’était pas trop demander, si ?
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Ven 2 Déc - 18:55

Billy n’osait plus bouger. Dans ces cas là on disait qu’on avait vu toute sa vie défiler devant ses yeux ? Ce n’était pas vraiment son cas mais il avait réellement cru que le Supérieur allait le débusquer comme une proie appétissante. Il préférait ne pas penser aux conséquences. Il avait déjà eu un bref aperçu des capacités des Supérieurs, en moins pire, et il ne tenait pas vraiment à réitérer l’expérience. Ce ne faisait pas partie de ses souvenirs préférés. Il sentait son cœur se calmer peu à peu au fur et à mesure que les pas du Supérieur s’éloignaient.

« Oui et c’était bizarre… Les canalisations et les fantômes sont rarement aussi bruyants… »

Cette remarque le fit presque sourire. Mais il restait encore paralysé par la peur. Tandis qu’il reprenait lentement le contrôle de tous ses sens, il entendit seulement le Supérieur souffler quelque chose à la serpentarde. Inaudible pour lui mais il espérait de toutes ses forces que la demoiselle ne révèlerait pas sa position. Toutefois, il y avait fort à parier qu’elle ne le ferait pas étant donné qu’elle serait réprimandé au même titre que lui si on la soupçonnait d’aider un élève. Mais après, il était également possible qu’elle nie l’avoir vue dans les parages. Il n’était donc pas tout à fait sorti d’affaire. Il se tint coi, attendant la suite des évènements. L’air était glacé et Billy en frissonna. Il ne s’en était pas rendu compte, prit dans le feu de l’action. L’adrénaline suscitée par le visiteur inopportun était en train de retomber comme un soufflé. Il se sentait bizarrement épuisé et euphorique. Il aurait presque eut envie de pousser un long soupir de soulagement mais il n’osait pas bouger, tout à son inquiétude de savoir si le Supérieur était parti.
Ce fut la demoiselle qui le sortit de son attente angoissé. Elle l’attrapa par le col comme pour le soulever de terre. Billy doutait tout de même qu’elle y serait arrivé s’il n’avait pas voulu se relever. Debout, il était plus grand qu’elle mais vraisemblablement, il ne lui faisait pas peur. Elle chuchotait avec une froideur qui aurait pu intimider plus d’un hiver. Les mots se précipitaient et il dut se concentrer pour saisir tout le sens de ce qu’elle lui disait.

« Tu pouvais pas te tenir tranquille bordel ?! A cause de ton manque certain de jugeote, je risque d’avoir pas mal d’emmerdes. La prochaine fois je te livre aux Supérieurs et je n’essaye même pas de sauver ton petit cul de dégénéré ! »

Il la regarda droit dans les yeux avec une pointe d’incrédulité dans le regard. Maintenant que le danger était passé, il trouvait la situation plutôt cocasse. Elle ne semblait pas de son avis mais en y réfléchissant bien, elle n’avait peut-être pas tout à fait tort de lui en vouloir. Il ne pouvait pas lui reprocher ça. Il avait manqué de discrétion et tous les deux avaient failli se faire prendre. Il lui fit un sourire en coin, avec un petit regard désolé.

« C’était pas prévu au programme ! Si j’avais pu éviter, crois-moi que je l’aurais fait. J’avais pas vraiment prévu dans mes plans que je resterais coincé derrière un poteau pendant qu’un Supérieur me faisait des menaces figure-toi… »

Il avait eu chaud et il préférait faire tourner cela à quelque chose de dérisoire. Il voulait juste minimiser sa peur alors qu’en réalité il avait eu une trouille bleue. Son sens de l’ironie et de l’humour lui permettait de tout tourner en dérision même si ce n’était pas toujours évident. Il avait chuchoté sa phrase, conscient que si des éclats de voix se faisaient entendre ils ne passeraient pas la nuit indemne.
Billy regarda la serpentard avec un regard en dessous. Elle venait juste de lâcher son col et semblait se calmer. La demoiselle semblait furax. Il n’en était pas étonné outre mesure mais elle semblait également souffrir. Il aurait aimé l’aider mais les circonstances n’étaient pas les meilleures qu’il soit. Elle n’allait sûrement pas vouloir qu’un banal serdaigle lui vienne en aide et surtout pas après qu’il ait failli les envoyer au cachot tous les deux.

« Cela ne t’empêche pas de répondre à ma première question, qu’est ce que tu fous là ? Et comment tu t’appelles au passage, que je puisse te retrouver facilement pour t’atomiser la face si nécessaire… »

Il la regarda de nouveau dans les yeux, tâchant de capter son regard. Dans la semi obscurité ce n’était pas évident. Un sourire s’étala sur son visage quand elle évoqua une atomisation de la face. Il avait décidément tout eu dans ce château. Ne manquait plus que la promesse de le faire devenir fantôme. Moqueur, il se redressa un peu et tourna la tête vers l’entrée, attentif, pour voir si personne n’arrivait. Il reprit appui sur le mur et lui répondit :

« Je pourrais te retourner la question : et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? » il laissa planer un instant sa question avant de se présenter « Moi c’est Billy. Insomnie ce soir. Et je vois que je suis pas le seul à me balader dans le château la nuit. Ce fait plaisir, je pensais être un solitaire… »

Ironie quand tu nous tiens…
Il savait pertinemment que les Supérieurs surveillaient le château. Mais un défi ne se refusait pas et ce soir c’en avait été véritablement un de surmonter le couvre-feu pour explorer Poudlard. Il pencha la tête sur le côté avec, encore, un demi-sourire sur le visage. C’était sa façon d’être. Il était quelqu’un qui était générallement de bonne humeur. Presque rien ne pouvait lui enlever son calme sauf peut-être cette préfète de serpentarde qui l’avait véritablement poussé à bout. Mais ça ne se produisait que très rarement et dans des circonstances exceptionnelles. En règle générale, bien qu’il soit incapable de tenir en place, il savait rester zen et gentil quand il s’adressait à quelqu’un.

« Et toi alors ? Comment tu t’appelles ? Que je sache le nom de celle qui prévoit de m’atomiser quand même. »

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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mar 13 Déc - 18:47

Ce type ne semblait pas aussi con que Julian l’avait d’abord pensé. Bien sûr, elle avait toujours autant envie de l’atomiser, de lui faire payer ses agissements stupides mais quelque part, il l’intriguait. La façon qu’il avait eu de lui répondre franchement et en douceur en même temps. A vrai dire, la jeune femme était plutôt habituée à deux types de comportements quand elle se montrait agressive : Soit les gens s’écrasaient parce que ses couleurs ou sa réputation étaient de mauvaise augure, soit ils réagissaient violemment, entraient dans son jeu et là, elle avait presque gagné. Mais pas lui. Non, ce jeune Serdaigle s’était contenté de lui répondre avec le sourire, l’air presque désolée tout en lui faisant doucement remarquer que lui non plus n’avait pas trop aimé ce petit jeu tendu de cache-cache avec le Supérieur. Rien que pour ça, elle attendrait avant de lui détruire la tronche. Puis il n’avait pas un visage si désagréable alors bien qu’elle ne comptait pas établir un quelconque lien avec lui, autant l’observer et se distraire. S’il parvenait réellement à garder son calme en permanence, cela allait pouvoir s’avérer très intéressant. Après tout, Julian avait beau avoir grandi, sur un point elle ne changeait pas et ne changerait sans doute jamais, elle adorait jouer. Alors certes elle n’avait plus les mêmes jeux qu’à sept ou huit ans mais jouer avec les mots, provoquer, ça elle adorait. Cela pouvait se voir rien qu’avec Adrian, son ami de Serpentard. Elle passait son temps à s’amuser avec lui, à le narguer, à avoir des répliques assez cassantes mais simplement pour se détendre. Ce type n’était certes pas son ami mais après ce coup de stress, elle avait clairement besoin de se détendre. Aussi, quand il lui avait répondu, elle s’était contentée de lâcher un soupir et quelques mots sur un ton sarcastique mais pas aussi agressif que précédemment.

« Ah tiens, tu parles… »

Il était vrai que jusque là, le jeune homme n’avait pas prononcé un seul mot. C’était la première fois qu’elle entendait une phrase franchir la barrière de ses lèvres et ne voulant pas non plus se montrer trop faible, elle s’en était servie pour une petite réflexion. Se divertir oui, mais ne pas le laisser prendre trop confiance. Ca se voyait tout de suite, ils n’étaient pas du même monde, une quelconque amicalité n’était donc pas envisageable. Malgré l’obscurité ambiante, Julian arrivait clairement à distinguer le sourire qui planait sur les lèvres du garçon. A vrai dire, même si elle était plutôt joviale, elle avait du mal à comprendre comment il pouvait continuer à sourire après qu’elle l’ait ouvertement menacé. Mais peut être était-il masochiste, après tout, il y avait toutes sortes de personnes dans ce château… La jeune femme ne fit cependant pas de réflexion et se contenta d’écouter la réponse à sa question. Il lui fit tout d’abord remarquer qu’il aurait pu lui retourner la question ce à quoi elle répondit par un simple regard froid. Non, c’était à lui de se présenter d’abord et de s’expliquer, elle venait de lui sauver la mise quand même ! Aussi, quand il laissa un léger silence planer, Julian ne prit pas la parole, le fixant et attendant qu’il daigne répondre. Il le fit finalement. Billy, insomniaque. Intéressant. Le plus intéressant était sans doute le fait qu’il dise trouvait cela sympa de ne pas être seul… Tiens, un autre ironique, ça pourrait être drôle ça pour le coup. La rousse afficha donc un sourire légèrement carnassier face à sa réponse. Ce type l’amusait décidément beaucoup. Aussi, quand il lui demanda à son tour son nom, elle laissa échapper un petit rire sadique. C’était mignon présenté comme ça, elle aimait bien le titre de « celle qui va peut être m’atomiser la gueule ». Cela lui convenait parfaitement.

« Julian. Mais peut être devrais-tu m’appeler Mademoiselle Neil pour que je renonce à l’idée de te défigurer. »

Pour le coup, Julian plaisantait vraiment mais vu qu’il ne la connaissait pas, elle était bien curieuse de voir comment monsieur sourire allait réagir à ça. La jeune femme s’étira alors doucement, elle se sentait toute engourdie et comme toujours, après avoir été stressée et en colère, tous ses membres lui semblaient être tendus. Elle détestait cette sensation, ce qui la poussa à faire bouger frénétiquement sa jambe. Une vieille habitude qu’elle avait prise pour évacuer la pression. Dans un cas comme ça, ça la détendait. Même si le gros de la tempête était passé, que la pression commençait à retomber, le moindre petit truc aurait pu la faire repartir en flèche et de manière deux fois plus violente alors il valait sans doute mieux qu’elle se calme vraiment. C’est alors, qu’une idée pris vit dans sa petite tête. Le jeune homme venait de lui dire qu’il était à la base là pour se promener. Elle se demanda si elle ne pouvait pas utiliser ça à son avantage. Regardant alors Billy droit dans les yeux, du moins autant que possible, elle reprit la parole.

« Tu voulais te balader à la base c’est bien ça ? J’ai besoin d’aller faire un tour dans la bibliothèque, j’ai des recherches à faire et j’aimerais éviter de les faire en plein jour. Tu viens avec moi, je te fais visiter le truc et en même temps, tu me rends service en montant la garde pendant que je fouille. Je viens de te sauver la mise, tu me dois bien ça… »

Comment ça c’était du chantage et de la manipulation pure et simple ? Julian pour sa part ne voyait pas du tout le mal dans tout ça. Elle faisait d’une pierre deux coups comme ça. Billy réglait sa dette envers elle, il visitait l’école et échappait à une violente destruction faciale. C’était tout à son avantage et elle de son côté, pourrait peut être élucider enfin ce fichu mystère. De plus, elle doutait qu’il prendrait le risque de poser trop de questions sur ses recherches et de toute façon, s’il le faisait, il risquait fort de se faire envoyer valser et pas forcément en douceur. Il ne pouvait pas refuser, c’était une offre plutôt honnête après tout, du moins du point de vue de la rousse. Tout en attendant sa réponse, elle s’était relevée, s’étirant de nouveau puis se remit à le fixer. Un léger sourire flottait sur ses lèvres qui était d’ailleurs, plutôt difficile à décrypter. Dans sa tête, les idées fusaient, elle réfléchissait à deux mille à l’heure pour savoir qu’elle serait le meilleur moyen d’exécuter son plan. Le refus lui semblait en effet tout à fait inenvisageable et si jamais il osait, alors elle risquait fort de se montrer un peu plus méchante. Elle se vengerait un jour ou l’autre. Elle avait toujours été rancunière et ça non plus, ça n’était pas vraiment sur le point de changer…
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Ven 16 Déc - 19:45

Le ton cassant de la serpentarde avait plutôt amusé Billy. Si elle avait été vraiment mauvaise, elle n’aurait pas hésité à le dénoncer. Les conséquences auraient pu être assez dramatiques d’ailleurs. Autant ne pas y penser, il était maintenant sorti d’affaire. Bien que la jeune serpentarde soit en train de s’acharner à l’assassiner de son ton glacial. Il n’avait pas réellement peur d’elle. Elle ne paraissait pas vraiment du genre à sympathiser avec lui mais au moins elle paraissait moins frappée qu’Abby qui lui avait fait gouter au sortilège Doloris. Expérience qu’il espérait ne jamais refaire un jour. S’il avait été découvert, il se doutait qu’il y aurait eu droit plus qu’à son tour mais il était là, devant elle, à lui sourire malgré la situation. Collé contre le mur froid derrière lui, il frissonna légèrement. Pourvu qu’elle ne croit pas que c’était parce qu’il avait peur d’elle, elle se ferait des idées.

« Ah tiens, tu parles… »
« Oui, étonnant hein ? Je me surprends moi-même quelquefois… »

Il n’avait pas vraiment eu l’occasion de lui parler, il avait été légèrement occupé par un élément perturbateur pas vraiment prévu dans le tableau. Heureusement, il était maintenant indemne et pouvait répondre dignement à la serpentarde et ses répliques cinglantes. Y’a pas à dire, elle faisait forte impression. Ca ne devait pas être le genre de fille à s’écraser et à se taire. Ç’aurait même pu être une bonne comparse de déconnage si Billy n’avait pas senti qu’il n’entrerait jamais dans son cercle d’ami. Il ne devait pas avoir le bon statut ou autre pour se le permettre. Et puis il avait failli la griller avec l’autre Supérieur. Pas sûr qu’elle l’oublie si facilement. Mais ce n’était qu’un détail. Il était plutôt content de trouver quelqu’un avec autant de caractère et qui ne voulait pas le torturer. Il avait plutôt eu l’habitude des drames dans ce château. Des drames ou de la torture. Joyeux programme. Là, il voulait juste en profiter un peu. Même si cette demoiselle semblait ne pas être la personne idéale pour se faire une amie, elle avait le mérite de l’avoir distrait et sorti de la solitude de sa nuit insomniaque. On ne faisait pas de rencontres aussi atypiques en plein milieu de la nuit ailleurs qu’à Poudlard en tout cas c’était certain.

« Julian. Mais peut être devrais-tu m’appeler Mademoiselle Neil pour que je renonce à l’idée de te défigurer. »

A cette réponse il ne put s’empêcher de hausser les sourcils avec un regard en dessous qui en disait long. Très amusé par sa réponse, voilà ce que ça voulait dire. Ses yeux bleus plantés dans ceux de la jolie rousse il ne pouvait s’empêcher de penser que son caractère avait du lui valoir les bonnes grâces des Supérieurs mais qu’elle avait aussi déjà dû mal s’entendre avec quelques uns de ses camarades ici. Ce ne serait pas son cas. Il était un pacifiste né. Elle pouvait bien l’agonir d’insulte qu’il ne broncherait pas. Elle le faisait plutôt sourire qu’autre chose. On aurait pu prendre ça pour une marque d’irrespect mais ce n’était pas le cas. Elle l’amusait c’est tout. Il sentait qu’avec elle il ne fallait pas perdre son calme et ne pas s’écraser. Lui tenir tête un peu. Ca ne faisait de mal à personne ce genre de situation. Bien qu’avec les mauvaises personnes, ça pouvait amener beaucoup d’ennuis. Avec Abby, par exemple, il avait mal jaugé la situation mais Julian ne semblait pas avoir les mêmes principes et les mêmes convictions qu’Abby.

« Mademoiselle Neil, c’est donc un plaisir de vous rencontrer. »

Un petit sourire sarcastique et le tour était joué. Pour un peu il lui aurait prit la main pour faire comme au moyen-âge mais au dernier moment il songea que s’il faisait cela il risquait fortement de se prendre un retour de volée. Mieux valait ne pas jouer avec le feu. Du moins pas tout de suite. Il venait déjà de se griller quelques plumes avec le Supérieur, autant ne pas continuer tout de suite sur sa lancée.

« Tu voulais te balader à la base c’est bien ça ? J’ai besoin d’aller faire un tour dans la bibliothèque, j’ai des recherches à faire et j’aimerais éviter de les faire en plein jour. Tu viens avec moi, je te fais visiter le truc et en même temps, tu me rends service en montant la garde pendant que je fouille. Je viens de te sauver la mise, tu me dois bien ça… »

Oh… de quelle type de recherches parlait-elle ? Si elle ne voulait pas les faire en plein jour, ça ne devait pas être de plus légal mais en même temps… ils n’avaient rien d’autre à faire. Sauf peut-être échanger quelques poétiques politesses. C’était envisageable mais les politesses allaient s’épuiser au bout d’un moment. Quoiqu’avec elle, Billy doutât qu’il manque de créativité. Elle devait avoir de l’imagination ce qui rendait cette rencontre on ne peut plus divertissante. Et de toute manière, au point où il en était, quelques règles de plus ou de moins… il avait déjà transgressé le couvre-feu, autant faire les choses comme il fallait et continuer sur sa lancée. C’est pourquoi il répondit :

« Vous n’êtes pas obligés de faire du chantage mademoiselle Neil, je vous suivrais jusqu’au bout du monde ! »

Paf, histoire de bien se remettre dans le bain. Ironie quand tu nous tiens… heureusement que la demoiselle avait le sens de l’humour. Avec quelqu’un d’autre, les menaces seraient devenus réalité mais avec Julian, il doutait qu’elle mette ses dires en application bien qu’elle y mette toute la hargne nécessaire. le "vous" n'était pas nécessaire dans la formulation de sa phrase mais il trouvait que ça passait partiulièrement bien avec le "mademoiselle". Ca faisait tout de suite beaucoup plus réglo quand on y pensait.

« De toute façon, à par traîner dans le château et tomber nez à nez avec des Supérieurs, la nuit va être très longue. Autant que je fasse quelque chose d’un peu intéressant. »


Il se redressa et passa devant elle. Il se figea un instant sur le seuil de la porte, histoire d’être sûr que personne n’arrivait. Ils auraient été dans de beaux draps s’ils se faisaient attraper tous les deux ici. Elle était sensé être seule et autant ne pas la faire mentir. Billy serait donc un fantôme ce soir. Un fantôme servant qui jouerait les sentinelles pendant qu’une serpentarde allait farfouiller dans la bibliothèque. On aurait vraiment tout vu dans ce château. Un jour, quand le temps des malheurs serait terminé, ils pourraient écrire une histoire là-dessus, avec toutes les rumeurs du château ils en feraient un best-seller !
Il passa la tête dans le couloir : un regard à droite, un autre à gauche, personne. Il se retourna vers Julian et lui dit :

« La voie est libre, je te laisse passer devant ! Moi je risque juste de nous mener tout droit aux cachots. Mon sens de l’orientation légendaire me fait un peu défaut ici »

Menteur. Lui et le sens de l’orientation ça faisait très exactement deux et encore… c’était beaucoup dire. Se perdre dans ce château était son passe-temps favori ! il s’écarta pour laisser passer la demoiselle. Maintenant, il s’agissait de passer dans le château comme deux ombres. Pas la peine de se faire remarquer.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Dim 18 Déc - 14:42

Ah Billy, Billy… Il semblait décidément ne pas avoir froid aux yeux. A chaque fois que Julian faisait une réflexion acerbe, comme sur le fait qu’il parle par exemple, il répondait. Sans gêne, comme ça, du tac au tac. Il n’avait franchement peur de rien… La jeune femme lui avait déjà montré qu’elle n’était pas du genre petit fille douce et sage. Son regard vert portait toute sa malice et ses traits bien que fins montraient bien une jeune fille au caractère explosive. Mais fort bien, qu’il continue, cela n’en serait que plus divertissant. Et puis, s’il s’avisait de dépasser les limites du respectables, la jeune Serpentard savait qu’elle serait tout à fait en mesure de le remettre à sa place. D’autant plus que sa parole dans ce château valait beaucoup plus que celle du jeune homme, elle pouvait donc l’accuser de pas mal de trucs sans trop de soucis, dans les limites du raisonnable bien sûr. Aussi, lorsque le Serdaigle employa son nom de famille et un joli vouvoiement, elle eut envie d’éclater de rire. Il était vraiment con mais merde, il l’amusait pas mal aussi. C’était rare que quelqu’un à qui elle avait fait ouvertement des menaces décide de rentrer dans son jeu et de ne pas tout prendre au sérieux. Juste de la suivre dans son délire, d’entrer dans une sorte de petite compétition à savoir lequel serait le plus habile dans cette joute de verbiage. S’il avait été un Sang-Pur cet idiot aurait très certainement pu avoir un avenir dans le château. Mais Julian savait que ce don était plutôt rare et doutait fort que lui fasse partie de cette classe. Enfin bref, toujours était-il que la jeune femme espérait qu’il garderait ce côté déconneur, au moins cela la divertirait. Fallait bien qu’il ait une petite utilité en plus de celle d’escorte non ? Aussi lorsqu’il accepta tout en tournant la situation en dérision, Julian lui lançait un petit regard volontairement extrêmement méprisant avant de répondre sur le fil.

« Comme si cela me surprenait, tu ne crois sincèrement pas être le premier à me déclarer cela ? »

Non non, les chevilles de Julian n’avaient pas du tout enflé. C’était plutôt dans son habitude de se rehausser pour pouvoir mieux écraser les autres. Après tout, qu’elle pense ou non qu’elle possédait tel ou tel atout, c’était toujours un avantage de se montrer sûre de soi, du moins c’était ainsi qu’elle fonctionnait et cette méthode ne lui avait jamais fait défaut. De plus, derrière sa petite vanne Billy semblait sérieux, il comptait réellement l’accompagner sans même qu’elle ait besoin de le menacer ou de lui faire un peu bobo. C’était donc parfait. Elle le suivit donc quand il se dirigea vers la porte, le laissant vérifier que le passage était libre. Il déclara alors qu’il valait mieux qu’elle passe devant, il craignait apparemment de les perdre. A cette révélation, Julian poussa un long soupir, sortant sa baguette et se plaçant devant lui. Même si elle avait quelques relations désormais, on ne savait jamais sur qui ou quoi on pouvait tomber dans le château… D’un air totalement sérieux cette fois elle reprit la parole. Bien qu’elle préférait déconner, il fallait tout de même qu’elle lui donne clairement deux trois directives, ne voulant sérieusement pas que cette escapade tourne mal.

« Garde ta baguette à la main, si tu entends ou vois quelque chose de suspect, évite de te manifester par la parole, tape moi sur l’épaule plutôt. Et si jamais on croise qui que ce soit, surtout tu te tais et tu me laisses gérer. »

Et elle espérait bien un « Bien chef ! » en guise de réponse. Parce que franchement, elle doutait fort que cette nouille de Billy soit capable de les tirer d’affaire en cas de rencontre fortuite. Il valait donc mieux qu’il se taise et à la limite serve de bras pour jeter un sort en cas de situation extrême. En fait, dans sa tête, tout était clair. Billy était, comme dans le film, le type gentil, maladroit et un peu con con. Voilà, elle était persuadé que c’était le portrait qui lui correspondait le mieux. Aussi, elle devait prendre le lead, un séjour aux cachots ne l’enchantant vraiment, vraiment pas. Après une grande inspiration, la rousse se mit donc en route dans le plus grand silence. Ils avaient plusieurs étages à descendre et les escaliers étaient sans aucun doute la zone qu’elle redoutait le plus. Avec leur côté grincheux, elle avait bien peur de se retrouver à l’opposé de sa destination et n’importe qui devait avoir finit par comprendre qu’elle n’aimait pas du tout qu’on lui désobéisse ou qu’on aille contre sa volonté. Aussi, après qu’ils eurent passé les couloirs et lorsqu’ils arrivèrent aux premiers escaliers, Julian se tourna vers Billy et prit la parole d’une voix très faible, pour que seul lui puisse l’entendre. Les murs avaient des oreilles, ça elle le savait depuis longtemps.

« Ça me fait vraiment mal de dire ça mais accroche toi à moi dans les escaliers, ils sont capables de bien nous emmerder alors faut surtout qu’on reste bien ensemble. »


Julian espérait bien que Billy avait compris que ce n’était nullement une technique d’approche mais qu’elle voulait juste éviter les emmerdes. Il n’avait pas intérêt à se faire de films, ce serait pire que tout. Toujours était-il que les deux jeunes gens s’aventurèrent dans les escaliers et continuèrent leur traversée vers la Bibliothèque. Ils furent un peu secoués mais dans l’ensemble aucun problème majeur ne fut à déplorer. Puis, ce fut la mission dans les couloirs et enfin les grandes portes se présentèrent à eux. La Serpentard se tourna alors vers son camarade, un air satisfait sur la figure. Elle murmura quelques formules puis poussa délicatement la porte, faisant signe à Billy de s’introduire derrière elle. Elle ferma ensuite la porte derrière eux avant de se diriger d’un pas décidé vers un étalage, sachant déjà où se trouvaient le bouquin dont elle aurait besoin, ayant déjà fait discrètement des repérages.

« Je t’interdis de t’intéresser à ce que je lis. Par contre, fais bien ton boulot de chien de garde. »

Comment ça Julian venait de se montrer tout particulièrement condescendante ? Mais non, pas du tout… Et puis à vrai dire, elle s’en foutait et même Billy devait commencer à avoir l’habitude à force, sans pour autant apprécier cela bien sûr. La rousse attrapa alors un vieux et important grimoire qu’elle posa sur la table. Son professeur d’Histoire de la Magie lui avait déjà confirmé qu’il ne pouvait pas y avoir d’erreur dans les lettres de Poudlard aussi, elle avait désormais décidé de se concentrer sur ses flashs, sans doute le lien lui apparaitrait plus évident une fois qu’elle aurait élucidé ce premier mystère. La jeune femme alla donc directement au chapitre qui l’intéressait. Les flashs. Elle parcouru l’article rapidement, elle savait que moins ils restaient ici, mieux ce serait. Quand soudain, un passage la stoppa net « …conséquences d’un sort oubliette prononcé longtemps auparavant. Certains facteurs peuvent en effet rappeler des éléments de la mémoire. ». Julian qui s’était assise pour lire s’était alors levée brusquement, renversant sa chaise au passage dans un boucan effroyable. En temps normal, elle serait vite partie se réfugier car ce bruit pouvait bien alerter quelqu’un mais elle restait fixée sur cette phrase, éternellement.


« C’est pas possible… Non, c’est clairement impossible… »


Tout collait. Le problème des noms, ses migraines, ses flashs qui lui montraient d’autres gens comme ses parents. La jeune femme était totalement perdue, ne comprenant pas ce qui avait bien pu se passer. Elle avait besoin de réponse, il fallait qu’elle parle à ses parents, il fallait qu’ils lui expliquent les raisons de tout ça. Elle devait savoir… Son cœur était en train d’exploser dans sa poitrine, son mal de crâne revint plus vif encore et elle oublia totalement où elle était, le danger qu’elle courait. La phrase ne cessait de se répéter en boucle dans sa tête et une infâme incompréhension planait. Que lui avait-on caché pendant 17 ans ? Elle avait besoin de réponses…
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Jeu 29 Déc - 19:42

Le couloir paraissait vide tout comme le reste du château mais peut-être n’était-ce qu’un leurre. On ne savait jamais dans ce château. Il y avait tellement de portes et d’escaliers dérobés qu’il était impossible de savoir avec précision qui se trouvait où et quand. C’est pourquoi, quand il avait vérifié les alentour, Billy était sur ses gardes. Les Supérieurs rôdaient et il valait mieux pour lui qu’il ne se fasse pas attraper, tout autant que sa camarade d’ailleurs. Enfin, s’il pouvait l’appeler comme cela. Julian avait tout ce qu’il fallait pour passer pour la parfaite serpentarde tyrannique mais Billy savait que par delà sa froideur se cachait autre chose. Il aimait les fortes têtes comme elle, c’était toujours intéressant de parler avec ce genre de personnes. Mais Julian ne devait pas faire partie de ceux qui faisaient de la délation juste pour le plaisir. D’ailleurs, la preuve en était, il n’était pas aux cachots alors qu’elle avait eu environ 10 000 occasions de le faire. Tant mieux pour lui. Et tant pis pour elle si elle ne supportait pas sa présence mais il doutait que ce soit réellement le cas. Après tout, elle lui avait proposé de venir avec lui et malgré son ton cassant, il avait tout de même réussit à la faire sourire avec son ton ironique. Elle ne serait peut-être jamais sa meilleure amie mais elle restait quelqu’un d’intéressant à connaître. D’ailleurs, il lui sourit avec amusement quand elle déclara qu’il n’était pas le premier à lui déclarer qu’on la suivrait jusqu’au bout du monde. Il n’en doutait pas réellement mais disons qu’il n’y avait pas foule d’homme prêt à avouer une chose pareille.
C’est donc ainsi qu’il se retrouva à la suivre dans le château, en pleine nuit. Situation improbable. Il ne la connaissait pas il y a encore une heure et voilà qu’il parcourait les couloirs à l’heure la plus dangereuse qui soit avec une inconnue. Un instant, il repensa à pourquoi il était entré dans cette salle et maudit son caractère : vouloir aider les autres à tout prix, c’était bien en soi mais ça pouvait rapporter pas mal d’ennui. La preuve en était encore donnée ce soir quoique… pour le moment il était encore entier. Il suivit donc les instructions qu’elle lui avait données c'est-à-dire de ne pas faire un bruit. Renverser toutes les armures du château n’était pas dans ses projets mais elle semblait croire qu’il était du genre à être le plus grand gaffeur de la galaxie. Qu’elle croit ce qu’elle veut, il s’en fichait, du moment qu’il ne descendait pas dans les sous-sols, tout allait bien.

« Ça me fait vraiment mal de dire ça mais accroche toi à moi dans les escaliers, ils sont capables de bien nous emmerder alors faut surtout qu’on reste bien ensemble. »
« Tu aimerais trop me voir m’enfiler toutes les marches la tête la première… »

Le ton sarcastique, il avait également affiché un léger sourire en coin. La pénombre l’empêcherait certainement de les voir mais il ne pouvait pas s’en empêcher. En imaginant la scène on ne pouvait qu’en rire même si ce n’était pas dans ses habitudes de tomber dans les escaliers. Il était plutôt de ceux qui allaient ramasser les gens dans les escaliers. La descente s’avéra quelque peu mouvementée mais ils arrivèrent en bas sain et sauf et, comme toujours, Billy se fit intérieurement la réflexion qu’il n’arriverait jamais à se faire à toutes les bizarreries de Poudlard.
Ils arrivèrent finalement devant la bibliothèque, lieu on ne peut plus ennuyeux pour Billy. Il détestait cet endroit que ce soit le jour ou la nuit mais il n’avait jamais testé d’y travailler aux heures nocturnes, ce n’était pas vraiment son truc. Julian, cependant, paraissait être motivé à y trouver il ne savait trop quoi. Il ne posa pas de questions, ce n’était pas ses affaires. D’ailleurs, elle lui signifia clairement qu’il n’avait pas intérêt à ne jeter ne serait-ce qu’un œil sur ce qu’elle lisait :

« Ne t’en fais pas, les livres et moi ça fait deux, je n’irais pas te voler le tien. »

Il n’allait pas se charger d’un ridicule bouquin alors qu’il y avait tellement de choses plus intéressantes à faire dans ce bas-monde. Resté cloitrés à étudier venait en tête de liste dans ce qu’il détestait faire. Heureusement qu’il avait des facilités de compréhension et d’apprentissage, il n’aurait pas fait long feu à Poudlard sans cela. Il joua donc son rôle de « chien de garde », comme elle l’avait appelé, à la perfection. Rien ne bougeait et tout était calme. Une quiétude peu commune dans les murs de ce château. Il ne s’était jamais aventuré en dehors du dortoir la nuit et il regrettait de ne pas l’avoir fait avant. On voyait des choses invisibles en plein jour et on goûtait à un silence presque religieux. Une sorte de paix. Chose qu’il n’avait pas goûté depuis sa rentrée ici. Avec une grimace, il songea à tout ce qu’il avait vécu depuis qu’il avait débarqué : les Supérieurs, la torture, le quidditch et la magie. Beaucoup de changement pour beaucoup de troubles également. La torture qu’il aurait aimé ne pas connaître et la magie qu’il aurait aimé connaître un peu plus encore. Vivre chez les moldus mais en toute connaissance de la magie n’était pas chose aisée et il avait maintes fois rêvé de tout dire à ses amis.
Soudain, alors qu’il était tranquillement appuyé contre la porte, surveillant toujours les alentours, il y eut un grand bruit. Une chaise qu’on faisait tomber violemment sur le sol. Il se retourna prestement et vit Julian debout, les yeux écarquillés et le livre qu’elle avait prit entre les mains. Elle paraissait preque être sous l’emprise d’un sortilège. Il l’entendit juste murmurer quelques paroles comme quoi ça devait être impossible. Quoi ? Il n’en avait que faire. Pour le moment, il fallait se planquer et vite. Les Supérieurs traînaient dans les parages et un bruit comme celui que venait de faire Julian ne devait pas être passé inaperçu. Dans le calme angélique du château en pleine nuit, il était presque impossible que ce bruit soit passé inaperçu. Ou alors les Supérieurs étaient subitement devenus sourd.
Il traversa la pièce en trois enjambées et attrapa Julian par le bras pour la tirer dans un coin, entre deux étagères. Ils avaient plutôt intérêt à être planqués et à rester bien planqués s’ils ne voulaient pas finir aux cachots.

« Mais qu’est-ce que tu fous ? Tu voulais nous tuer ou quoi ? »

Il fit encore un rapide aller-retour pour redresser la chaise qui était tombé et retrouva Julian, toujours caché derrière les étagères. Tout cela n’avait duré qu’une poignée de secondes, moment durant lequel l’angoisse de Billy était passé de néant à très élevée. Le cœur battant la chamade dans sa poitrine, il regarda de nouveau Julian. Elle paraissait en état de choc. Il posa la main sous son menton pour la forcer à le regarder :

« Hé ça va ? Qu’est-ce qui t’arrive ? T’as lu quoi qui t’as mise dans un état pareil ? »

Il parlait à voix basse et guettait le moindre signe de vie. Pour le moment, il n’y avait rien mais il redoutait de voir arriver quelqu’un. Dans ces cas là, ils seraient dans de beaux draps.
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Dim 8 Jan - 19:14

Avez-vous déjà eu l’impression d’avoir été vidé de l’intérieur ? Que toute votre vie s’était envolée, venait de vous échapper, de glisser de vos mains pour disparaitre dans une dimension totalement inaccessible. Cette impression qu’il n’y a plus de point de repère, plus de solution. Que seules les ténèbres vous attendent, que quoi qu’il arrive, vous ne pourrez jamais vous en sortir, que ce qui vous attend est tout l’opposé de ce que vous avez vécu, de ce en quoi vous avez toujours cru… Voilà ce que ressentait Julian en cet instant. C’était un tourbillon sombre et puissant qui était en train de l’emporter. Elle cherchait à échafauder des réponses logiques dans son esprit qui lui dirait que tout cela était faux, que ses parents ne lui avaient pas mentis mais tous les éléments qu’elle avait désormais en main semblaient se dresser contre cette théorie utopiste. Elle ne savait pas encore tout, il lui manquait des détails mais une chose était maintenant sûre : Ce nom qu’elle portait fièrement n’était pas le sien. C’était celui « d’adoption ». Rien que de penser ce mot, elle avait l’impression de se faire arracher le cœur. Son vrai nom, c’était celui qui se trouvait sur sa lettre de Poudlard, celui qu’elle avait voulu effacer de sa mémoire en se disant que c’était une simple erreur administrative, celui qu’elle n’envisageait comme rien, « Owen ». Mais alors qui était-elle ? Elle n’avait absolument aucun souvenir de sa vraie famille à part quelques flashs trop imprécis pour qu’elle comprenne. Qui étaient-ils ? Des sorciers ? Des Sangs-Mêlés ? Pourquoi l’avait-il laissée aux mains de ses autres parents ? Elle ne comprenait pas. Julian avait toujours voué un culte à ses parents, elle les aimait sincèrement, elle avait une entière confiance en eux et elle n’aurait jamais douté de leur parole. Alors pourquoi ? Pourquoi maintenant la jeune femme devait-elle remettre sa vie en doute, sa propre identité. C’était insupportable pour elle. Ju’ avait basée sa vie sur la fierté de son sang, de sa famille, de ce qu’elle était. Et maintenant un putain de bouquin lui expliquait que tout cela était peut être factice ? Elle avait envie de ne pas y croire, de rejeter cette théorie débile et d’aller parler à quelqu’un de vraiment expérimenté. Pourtant, une part d’elle se disait qu’elle ne pouvait pas fuir la réalité, que ce livre était un recueil de magie des plus sérieux et que ce qui était dit décrivait avec précisions ses symptômes. La ressemblance était trop troublante pour être due simplement au hasard. Sa tête allait bientôt exploser. Trop d’informations, trop de questionnement et cette douleur qui lui labourait la poitrine sans qu’elle ne puisse rien faire. Elle était dans une bulle, dans un autre monde. Elle avait perdu conscience du temps, de l’espace, de tout. Elle n’arrivait pas à réaliser et c’était tout ce qui importait dans son esprit perdu. Aussi, elle avait totalement oublié les Supérieurs, Billy et le danger. Le jeune Serdaigle arriva soudainement, comme un boulet de canon, lui saisissant le bras et l’emmenant dans un coin plus discret. Il lui parla alors. Même si Julian avait très bien entendu sa voix, ses mots lui paraissaient creux. En temps normal elle n’aurait jamais supporté qu’il lui parle ainsi, elle l’aurait foudroyé du regard et aurait répondu de la manière la plus assassine possible qu’elle lui avait déjà sauvé la mise alors qu’il ferait mieux de se montrer plus commode. Seulement là, elle n’en avait pas la force. Pire, l’idée ne lui avait même pas traversé l’esprit. Elle était dans l’état le plus amorphe possible. Jamais elle ne s’était sentie aussi molle, dépourvue de volonté. Aussi, lorsque Billy alla remettre tout en place, elle n’esquissa pas le moindre mouvement. Son regard était vitreux, absent. L’absence totale… Le jeune homme revint alors vers elle, se saisit de son menton, la forçant à le regarder. Ce contact visuel la fit reprendre contact avec la réalité, du moins en partie. Il lui posa alors la question fatidique. Julian ouvrit la bouche pour répondre puis finalement lui ôta sa main avec violence, lui tournant le dos.

« Je t’ai dit de ne pas t’intéresser à ce que je lisais… »

Julian avait parlé d’un ton glacial mais sa voix était faible, un murmure éteint. Elle fuyait son regard, elle fuyait tout court. Ses poings étaient serrés, elle avait besoin d’exploser. Oui en réalité c’était ça, elle avait juste besoin d’hurler, de frapper dans tout et n’importe quoi et de fondre en larmes. Mais ça personne ne devait le savoir. Personne ne devait jamais la voir en état de faiblesse et surtout pas un Serdaigle presque inconnu. Non, elle ne pouvait pas craquer. Surtout qu’elle reprenait peu à peu contact avec le monde, même si la douleur ne s’apaisait pas. Elle avait fait du bruit, les Supérieurs allaient débarquer d’un moment à l’autre et elle n’aurait pas la force de faire la manipulatrice cette fois, non vraiment pas. La jeune femme prit donc une intense respiration, ayant fermé les yeux quelques instants histoire de se remettre les idées en place. Puis, elle refit face à Billy. Son regard était agressif, méchant, tout simplement pour mieux cacher la douleur qu’elle sentait de plus en plus oppressante. Elle reprit alors la parole, luttant pour que sa voix ne se brise pas, qu’elle reste pleine d’assurance. Mais c’était loin d’être aisé. Aussi elle espérait que Billy avait compris qu’il ferait mieux d’éviter de faire une réflexion. Elle avait très certainement besoin de soutient mais jamais elle ne l’accepterait. Jamais elle ne pourrait faire ça car selon elle, demander de l’aide était un signe de faiblesse, surtout dans ce genre de situations. Et puis, personne ne devait savoir.

« Faut qu’on sorte d’ici au plus vite, sinon on est morts. Y’a un passage un peu plus loin. Suis moi.. »

Julian essayait de reprendre ses esprits. Il fallait qu’ils se tirent et en vitesse, elle ne pouvait plus prendre le temps de s’apitoyer, ce n’était plus le moment. Et puis, même si ce n’était pas son genre d’avoir de la compassion, elle ne pouvait pas laisser Billy ici, même s’il était un facteur de risques pour elle. C’était inexplicable, tout ce qu’elle savait c’était qu’elle devait s’enfuir, se tirer de ce traquenard avec lui. Aussi, sans réfléchir, elle lui attrapa la main et l’entraîna à sa suite. Elle courrait cette fois, elle n’avait pas envie d’expliquer sa présence ici, pour la première fois, elle se sentait vraiment en danger au château, sans trop savoir pourquoi. Bientôt, les deux jeunes gens arrivèrent par une porte arrière. Julian la déverrouilla d’un coup de baguette magique, elle se faufila, entraînant toujours le jeune homme. Elle la referma ensuite soigneusement derrière eux. Ils étaient maintenant dans un couloir peu fréquenté. La jeune femme prit alors le temps de respirer mais ses jambes lâchaient aussi elle n’eut d’autre choix que de se laisser glisser contre le mur, à bout de souffle, épuisée mentalement et physiquement. Puis, après quelques secondes, la rousse reprit la parole. Son ton était cette fois calme, trop calme même. C’était à l’opposé de ses habitudes, aucune animosité, aucune moquerie, aucun cynisme, rien. Une voix calme, posée.

« Je crois que tu ferais mieux de partir. »

Oui, c’était mieux pour lui de retourner se coucher maintenant. Il ne pouvait rien pour Julian, personne ne pouvait rien pour lui. Et puis, même si là elle avait un moment de calme, avec son caractère elle pouvait très bien se laisser soudainement aller à un élan de folie ce qui ne serait bon pour personne. Il devait la laisser là, la laisser avec ses pensées, c’était sans doute le mieux… Julian sentait au fond qu’elle avait besoin de sentir la présence de quelqu’un, qu’elle avait besoin de parler mais personne ne lui semblait apte à recevoir ce secret alors elle était prête à tout garder. Mais surtout, elle ne voulait pas que Billy voit ses larmes et elle ne savait pas combien de temps encore elle pourrait les contenir. Parce qu’elle avait beau être forte, avoir un caractère à toute épreuve, là, ça faisait trop mal…
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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mer 18 Jan - 12:50

Le fracas qu’avait déclenché Julian avait résonné dans toute la bibliothèque et Billy se demandait si tout le château ne s’était pas réveillé. Il était tellement sur ses gardes que ce bruit l’avait fait sursauter comme s’il y avait eu soudainement un coup de feu. L’expression qui disait que son sang n’avait fait qu’un tour était vérifiée : il s’était précipité sur elle pour trouver une cachette immédiatement. La bibliothèque n’était pas particulièrement réputée pour les planques en tout genre mais il y avait urgence. C’était donc entre deux étagères qu’il choisit de rester. Le cœur battant à tout rompre, il ne comprenait pas la serpentarde. C’était elle qui, un instant plus tôt, le tannait pour qu’il fasse le moins de bruit possible. Le plus petit soubresaut allait attirer les Supérieurs et elle le savait. L’urgence était de sortir d’ici et vite. Seulement, la sortie semblait condamnée. Si les Supérieurs arrivaient, ce serait de là-bas et Julian comme lui seraient vus et pris au piège. Rien qu’à y penser Billy sentit une légère bouffée d’angoisse l’envahir. Les cachots ne l’inspiraient pas. Pas plus que les rumeurs qui couraient à propos des tortures que pouvaient perpétrer leurs tyrans.
En face de lui, Julian semblait véritablement en état de choc. En temps normal, il ne lui aurait pas parlé de la sorte mais vu son état de sidération avancé, il ne devait pas risquer grand-chose. Elle paraissait tout bonnement hallucinée. Légèrement inquiet pour sa compagne de galère, il vit qu’elle revenait sur terre lorsqu’il la saisit au menton. Elle parut reprendre ses esprits et revenir d’un profond voyage intérieur. Lui, le voyage, il l’avait vécu à l’extérieur et il faisait tout pour essayer de se sortir du naufrage qui n’allait pas tarder à arriver. Le ton qu’elle employa ainsi que le geste de recul qu’elle eut en balayant sa main lui fit comprendre qu’elle était bien de nouveau là, avec lui. Cela le fit légèrement sourire d’ailleurs. Un instant il avait cru qu’il l’avait perdu dans il ne savait quelles limbes obscures. Le livre qu’elle tenait paraissait l’avoir submergé d’émotion et même si c’était la première qu’il la voyait, il se doutait qu’elle n’était pas du genre à se laisser dominer ou submerger par ces ressentis.
Les poings serrés, il la voyait en train de faire les 100 pas et de fulminer. Contre elle-même ? Contre lui ? Contre ce qu’elle venait de lire ? Impossible de le savoir. Et ce ne serait pas elle qui lui apporterait la réponse, elle ne paraissait pas être de celle qui s’épanchent avec le premier inconnu venu. Il attendit, immobile et aux aguets. Il n’y avait pas encore de bruit de pas mais il se doutait que cela ne saurait tarder. Silencieux comme une ombre, il se mit à cogiter sec pour essayer de trouver une échappatoire. Ce fut encore une fois Julian qui sembla trouver la solution.

« Un passage ? Mais comment tu peux connaître tous les secrets de ce château ? Tu l’as construit toi-même ? »

Billy était franchement impressionné par ses talents d’orientation. Lui-même ne possédait pas ledit talent et se perdait plus que régulièrement. C’était récurrent chez lui de le trouver en train de peiner à rejoindre sa salle. Heureusement que pas mal d’élèves sympathiques pouvaient lui indiquer le chemin.
Il suivit donc Julian parmi les travées. Derrière lui, il commençait à entendre quelques bruits mais il n’arrivait pas deviner si ce n’étaient que des souris inoffensives ou des Supérieurs en train de se livrer à une inspection poussée de la bibliothèque. A choisir, il préférait les souris d’ailleurs même s’il ne les aimait pas particulièrement.
Ils passèrent une porte que Julian déverrouilla rapidement à l’aide de sa baguette magique. Toujours sur ses talons, Billy s’empressa d’entrer. Quand il referma la porte derrière lui, il eut presque l’impression d’apercevoir une ombre tout au fond de la bibliothèque. Il ne s’éternisa pas sur cette vision et referma la porte avec soin, sans faire de bruit. Pas la peine de signaler leur présence. Essoufflé, il vit Julian s’appuyer contre le mur pour glisser jusqu’à terre. Elle paraissait épuisé et un instant, Billy craignit qu’elle fasse un malaise. L’emmener à l’infirmerie ce soir aurait été du suicide, elle avait plutôt intérêt à tenir sur ses jambes si elle voulait se réveiller saine et sauve demain matin. On devait déjà être le matin d’ailleurs compte tenu du temps qu’ils avaient passés à parcourir le château. Décidément, les nuits de l’école pouvaient s’avérer intéressantes autant que dangereuses. Un instant, Billy se demanda quelle serait sa réaction s’il croisait Julian dans le couloir les jours qui allaient venir. Elle, elle allait sûrement l’ignorer comme il se doit. Lui, il allait sûrement faire de même mais il savait qu’il n’aurait pas de mal à l’approcher de nouveau. Il en était là de ces réflexions lorsqu’il entendit sa comparse parler de nouveau. Sa voix était presque amicale et il eut du mal à croire que c’était elle qui parlait.
Il ferait mieux de partir ? Lui ? Oui mais elle ? Pas question qu’il la laisse comme ça toute seule dans cette situation des plus étranges et dangereuse qui plus est. Il sourit dans la semi-obscurité et d’un ton enjoué répondit :

« Tu rigoles là j’espère ? Tu crois vraiment que je vais partir alors que tu as manqué de faire une attaque cardiaque sous mes yeux ? »


Il s’en serait voulu de la laisser plantée là. Même s’il savait qu’elle n’appréciait pas particulièrement sa présence, il lui était impossible de penser qu’il pouvait l’abandonner ici. Il s’en serait voulu.

« Tu rentres avec moi ou je rentre avec toi comme tu veux mais je te laisse pas ici. Désolée de contrarier tes plans ! »

Elle allait sûrement l’envoyer bouler mais tant pis. Il ne pouvait pas la laisser là, c’était impossible pour lui. Si au moins elle acceptait juste d’aller jusqu’à sa salle commune. Au moins, il saurait qu’elle était en sécurité. Il savait également que si elle le voulait, elle pouvait très bien le forcer à rentrer tout seul. Elle avait de la persuasion à revendre mais pour lui et pour son ego, il savait qu’il ressentirait de la culpabilité à la laisser là. Il s’appuya contre le mur et s’avança vers elle :

« Allez viens. Plus on partira vite d’ici, plus vite tu seras débarrassé de moi ! »

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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mer 8 Fév - 19:09

Le danger semblait écarté pour l’instant, cependant, la boule dans son estomac ne semblait pas vouloir disparaitre. Elle avait tout bonnement la désagréable impression qu’une petite chose s’amusait à sauter dans son estomac et faire des nœuds avec ses intestins. Elle se sentait totalement soumise à une angoisse, une peur profonde qui risquait fort de ne pas la quitter de sitôt. Julian avait à cet instant, l’effroyable envie de fracasser les murs de partir d’ici, de quitter réellement le château pour partir en quête de réponses. Elle devait savoir ce que tout cela signifiait réellement. Ses symptômes correspondaient trop parfaitement avec ce qu’elle venait de lire et c’était clairement effrayant. C’était la première fois qu’elle ressentait tant l’envie de partir. Si parfois ses parents lui avaient manqué dans les premières années ou si, avec les derniers changements, elle avait voulu sortir un peu de Poudlard, cela ne lui avait jamais semblé être aussi viscéral. La vie ici, pour elle, n’était pas si horrible que cela. Comme tout le monde elle n’aimait pas les cris, avait entendu parler des séances de tortures mais étant une Sang-Pur, elle avait clairement échappé à tout cela. Elle était quasiment hors de danger, sauf si elle faisait une énorme connerie. Mais à cet instant, elle voulu juste s’en aller. L’envie d’intégrer les Supérieurs, tout ça ne la faisait même plus vibrer. Il fallait qu’elle aille quelque part où les réponses lui serraient présentées, ses parents étaient dans doute les seuls à pouvoir lui expliquer la situation. Elle pouvait toujours leur envoyer une lettre mais le courrier était surveillé et elle avait tellement peur du secret que tout cela cachait qu’elle ne voulait surtout pas prendre le risque que cela soit su. Alors que faire ? La Serpentarde ne supporterait pas de rester dans l’ignorance plus longtemps. Il fallait qu’elle sache au plus vite. Car en cet instant, elle se sentait tout simplement étrangère à elle-même. L’idée de ne pas tout savoir sur son propre passé, sa propre existence, la torturait profondément. De plus, Julian n’était pas du genre à aimer attendre. Trop habituée à avoir tout, tout de suite, la patience n’était pas sa principale qualité. Elle allait devenir totalement dingue. Aucun doute là-dessus. Le tout était de savoir combien de temps elle allait parvenir à paraître normal… Bien que tout lui semblait désormais secondaire, elle ne voulait pas non plus foutre sa vie en l’air. Personne ne devait soupçonner quoi que ce soit. En même temps, qui pourrait bien se douter de quelque chose ? Elle avait des amis, elle en avait eu des très proches mais rares étaient qu’elle pouvait considérer comme intimement liée à elle. Enfin, la question n’était par là. Pour le moment, elle avait d’autres problèmes à régler, comme Billy qui ne semblait pas décide à la laisser tranquille. Le jeune homme ne la prenait apparemment pas au sérieux quand elle lui avait conseillé de débarrasser le plancher et voilà qu’il lui expliquait qu’il était hors de question qu’il la laisse partir après ce qu’il venait de faire. Son attitude était louable, un vrai Don Juan. Julian n’était pas vraiment habituée à ce genre de comportements c’est pourquoi elle resta silencieuse quelques instants. Bien sûr, elle avait de nombreuses répliques acerbes en réserve mais elle préféra se retenir pour le moment. Il lui manifesta ensuite son désir de la raccompagner. La demoiselle poussa alors un long soupir.

« Il a fallut que je tombe sur le seul couillon galant et avec une âme généreuse de l’école… »

C’était sorti tout seul. Non pas qu’elle pouvait faire un réel reproche à l’attitude de Billy, au contraire, c’était rare les gens serviables surtout avec ce qu’il se passait dernièrement dans l’école. Seulement voilà, elle détestait par-dessus tout passer pour la petite chose fragile. Elle avait bien trop de fierté pour ça. Personne ne devait penser qu’elle avait besoin des autres. Elle pouvait s’assumer seule, elle en était largement capable et il était hors de question que qui ce soit ose croire le contraire. Alors elle ne devait pas se montrer trop vulnérable. Cela ne voulait pas dire qu’elle allait refuser totalement la proposition de Billy. Vu le boucan qu’elle venait de faire, se déplacer avec quelqu’un permettrait de faire attention à plus de détails sur le trajet, d’être moins facilement pris en traître. Comme pour finir de la convaincre, Billy sortit une petite réplique digne de la plus grande autodérision. Alors qu’elle se relevait finalement, Julian reprit la parole avec un sourire insolent, mais légèrement forcé.

« C’est dingue, tu lis dans mes pensées ? »

La rousse se trouvait alors sur ses pieds et avait profité de ce moment pour prendre une grande inspiration. Elle était à la limite de la rupture, elle se sentait épuisée, totalement à sec mais était persuadée qu’une fois au calme, elle ne parviendrait pas à tenir en place. Rien que cette idée la répugnait. Elle en avait envie de vomir par avance seulement elle savait aussi qu’elle ne pouvait pas faire grand-chose d’autre. Prenant sur elle, Julian décida finalement de se remettre en route, faisant signe à Billy de la suivre en silence. Alors qu’ils s’aventuraient dans les couloirs, qu’elle semblait faire attention à ne pas se faire repérer, son esprit semblait vagabonder à des miles et des miles du château. Elle était déconnectée mais ce n’était pas pour autant qu’elle se laisserait avoir comme une débutante. C’était une experte des escapades nocturnes. C’était sans doute pour cela qu’elle connaissait si bien le château, qu’elle savait quels étaient les endroits qu’il fallait mieux éviter à une certaine heure. Comme quoi, les nuits de débauches pouvaient s’avérer plutôt utiles…
Après quelques instants de marche, les deux jeunes gens arrivèrent finalement sains et saufs devant la salle commune des Serpentards. Julian se tourna alors vers son camarade, le fixant d’un air perçant. Elle reprit la parole, chaque mot semblait mesuré, chaque syllabe prononcée avec méticulosité. En même temps, c’était sans doute le meilleur moyen pour elle de ne pas déraper, faire attention à chaque son qui sortait de sa gorge.

« Tu ne parles de ça à personne sinon je te jure que tu es mort. Crois-moi, je sais m’y prendre quand il s’agit de vengeance. »

Belle façon de le remercier. Bravo Julian, tu mérites un oscar pour cette performance… Ce n’était vraiment pas sa spécialité de se montrer sympathique avec un inconnu qui lui rendait service. La demoiselle s’approcha alors de lui et s’arrêta à quelques centimètres de lui. Son sourire était des plus provocants. Que lui passait-il par la tête ? Elle pétait juste son câble. Du moins ce n’était que le début mais heureusement pour lui Billy n’aurait pas à subir cela très longtemps. En effet, l’adolescent se contenta d’approcher son visage du sien et de l’embrasser avant de reculer et de faire ouvrir la porte de sa salle commune.


« Voilà, maintenant que je t’ai récompensé, on peut se dire adieu. »


Non ce n’était pas simplement de l’orgueil. Enfin si, croire qu’il pouvait désirer qu’elle l’embrasse c’était être persuadée que personne ne pouvait ne pas le vouloir. Mais ce n’était pas maintenant que Julian allait changer sur ce point. Et puis de toute façon, elle se foutait royalement de sa réaction puis qu’elle disparue dans sa salle commune sans un mot de plus.
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OMG... This is
Billy J. Smith



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MessageSujet: Re: Memories [PV Billy J.Smith] Mar 14 Fév - 18:44

Billy sentait son cœur se calme progressivement. Il se souviendrait longtemps de cette escapade nocturne. Lui qui n’avait jamais eu l’habitude de se promener de nuit, il avait été servi. Il avait échappé de peu à un Supérieur, planqué derrière un mur et e avait évité un autre après que Julian ait pété un câble en faisant un boucan du tonnerre. Il était sûr de ne pas s’ennuyer avec elle au moins. Il se doutait qu’il ne la reverrait peut-être jamais ou que s’il la croisait dans les couloirs elle l’ignorerait royalement mais un lien s’était construit entre eux. Il l’avait vu complètement sonnée et bouleversée devant il ne savait quelle nouvelle. Tout ce qu’il avait pu constater c’est qu’elle n’allait pas bien. Mais comment pouvait-on aider quelqu’un qui ne voulait pas de votre aide ? Réponse simple : on ne pouvait pas. Appuyé contre le mur, il ne pouvait que la regarder reprendre ses esprits peu à peu. Billy regardait autour de lui, dans l’espoir de repérer dans quel couloir ils avaient pu atterrir. Lui et son sens de l’orientation complètement à côté de la plaque se retrouvaient perdus, une fois de plus. Maintenant, il allait s’agir de jouer au plus fin afin de ne croiser personne qui pourrait les clouer au mur sans préavis. Il ne doutait pas que ces tarés de Supérieurs pouvaient en être capable. La pierre froide dans son dos était en train de finir de lui congeler les os lorsqu’il la vit se relever. La remarque acerbe dont elle le gratifia lui fit dire qu’elle venait de reprendre parfaitement ses esprits. Elle était de nouveau telle qu’elle était. Il fit un sourire ironique dans le noir et répondit :

« Désolé pour toi, vraiment c’est pas de chance.. »


Venant d’elle, il se permit de croire qu’elle venait de lui balancer un compliment. Oui, elle lui avait bel et bien balancé, comme elle en avait l’habitude. Maintenant qu’il la connaissait un peu, il se doutait que son caractère ne devait pas être des plus sympathiques tous les jours. Elle devait vraiment faire tourner des têtes et des cœurs en bourrique. Et lui dans tout ça, il s’en fichait. En réalité, il était plutôt heureux d’être tombé sur quelqu’un comme elle. Au moins, elle n’avait pas peur de tout, elle avait de la répartie et malgré tout ce qu’elle avait pu lui dire, il la trouvait sympathique. Il devinait une cassure en elle, quelque chose qu’elle voulait cacher à tout le monde. Mais ce soir, elle avait laissé échapper un peu de cette cassure, elle avait montré un pan d’elle-même. Et Billy était là. En temps normal, il n’aurait jamais pu deviner telle chose chez Julian mais voilà, il était au bon endroit au bon moment. Peut-être que le calme de la nuit les avait il rapprochés un tant soit peu. Le soleil effacerait toute trace de cette nuit. Elle lui jeta de nouveau une remarque qui le fit rire de plus belle. Elle ne perdait pas contenance, loin de là. Forte et fière de l’être.
Finalement, elle s’était redressée et elle partait devant lui, en quête de sa salle commune. Jamais il ne se serait permis de la laisser seule. C’était contraire à tous ses principes et malgré le fait évident qu’elle ne voulait rien devoir à personne, qu’elle ne voulait pas d’aide, il mettait un point d’honneur à la voir regagner sa salle commune. Elle pouvait très bien partir une fois qu’il aurait le dos tourné mais dans tous les cas il aurait eu la satisfaction de ne pas l’avoir abandonné à son sort. Ils marchèrent ainsi, silencieusement et sur leurs gardes dans les couloirs apparemment vides du château. Pas de Supérieurs en vue, pas de mauvaise surprise, ils étaient seuls. Soudain, elle s’arrêta devant lui. il n’avait presque jamais vu cet endroit mais devina qu’ils devaient être arrivés à destination. Il lui faisait confiance pour ça. Il n’avait pas le choix d’ailleurs, elle avait plutôt intérêt à ne pas se reposer sur lui pour ce qui était d’indiquer le chemin. Ne sachant trop que faire, il attendit qu’elle prenne la parole en jetant de curieux coups d’œil autour de lui. Alors c’était ici la fameuse salle commune des serpentards ? Il avait déjà du mal à situer sa propre salle commune, il ne s’était donc jamais intéressé à l’endroit où pouvaient être les autres salles. Il tourna la tête dans sa direction quand Julian commença à le menacer et répondit sur le même ton :

« T’inquiète pas pour ça, je sais garder un secret. D’ailleurs, je sais pas trop bien à qui j’irais raconter ça. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne porte pas les Supérieurs dans mon cœur et ce n’est pas mon truc de faire la commère dans les couloirs… »


Il se fichait royalement qu’elle lui parle comme s’il n’était rien. A ses yeux, il devait paraître totalement décalé et incongru dans le paysage. Un sang-mêlé parmi d’autres. Un qui se ferait probablement choper un jour ou l’autre par l’un de ces pourris de Supérieurs. Alléchante perspective. Soudain, alors qu’il s’apprêtait à s’en aller, il la vit s’avancer vers, un sourire aguicheur collé sur le visage. Cette transformation soudaine le prit de court et il resta immobile et complètement désorienté tandis qu’elle l’embrassait rapidement. Il entendit à peine sa dernière remarque tant il avait du mal à comprendre ce qui venait de se passer. Mais… qu’est-ce qui lui avait prit ? Il se retrouva donc seul, dans le couloir. Il étouffa un petit rire et partit. Décidément, sacré personnage que cette Julian. Elle l’avait complètement chamboulée et cette rencontre resterait certainement longtemps dans sa mémoire. On ne rencontrait pas des serpentards de son acabit tous les jours. Se faisant tout petit dans les couloirs, il réussit tant bien que mal à regagner sa salle commune et se coula dans ses draps. Bientôt l’aurore. Il se doutait que quand il ouvrirait les yeux pour aller en cours, il regretterait sa nuit faite d’escapade dans le château, mais en attendant, un sourire vissé sur le visage, il s’endormit.

-FINI-

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Memories [PV Billy J.Smith]

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