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 Talk To Me, Don't Ignore Me

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MessageSujet: Talk To Me, Don't Ignore Me   Lun 5 Sep 2011 - 16:36

Lui parler. C'était tout ce qu'elle demandait, était-ce si difficile ? Elles avaient été très proches pendant des années, pourquoi C.C. s'éloignait-elle tant que ça ? Plus ça allait, et pire c'était. Et elle n'était pas encore en mesure de se changer en chat sans risque. Ca n'était pas faute d'essayer pourtant. Elle travaillait sur l'animagie comme une forcenée, elle s'entraînait avec le professeur Mandrake, apprenait par cœur tout qu'il lui donnait à intégrer. Une masse supplémentaire de travail dont elle s’acquittait parfaitement, même si elle regrettait que ça n'avançât pas plus vite. Alors de temps en temps, malgré tout, elle tentait d'approcher sa jumelle, de la faire parler. Souvent, elle se heurtait à un mur, et retournait apprendre à se transformer. Et cette fois, elle ne doutait pas que ça terminerait comme les autres fois. Mais elle refusait d'abandonner et de laisser sa moitié se détacher complètement d'elle.

C'est pour ça qu'elle lui avait donné rendez-vous ce jour-là dans un endroit somme toute assez incongru. Les combles, personne n'y passait vraiment. Parfois elle venait s'y réfugier, seule. Et elle avait rencontré certaines des créatures qui les peuplaient. Un elfe de maison aussi, une fois, et son statut la révoltait d'ailleurs, comme beaucoup de choses dans ce foutu château. Pour l'instant, cela dit, elle était seule, et elle arpentait doucement, précautionneusement, une partie poussiéreuse des combles. Ne manquerait plus que le sol s'effondre sous son poids, pourtant pas si énorme.

Depuis combien de temps était-elle là, à faire les cents pas ? Elle n'en pouvait plus depuis un bon moment, et elle avait décidé de quitter sa salle commune, même si l'heure du rendez-vous était encore loin. Elle attendait cette entrevue avec sa sœur autant qu'elle la redoutait. Il fallait qu'elle la vît, qu'elle jugeât par elle-même de son état. Même si elle se faisait rembarrer. Même si elle se heurtait à un mur. Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle ne lui poserait pas un lapin. Son indifférence la tuait. C'était plus dur encore que de faire semblant de ne rien en avoir à faire de croiser Rafael dans les couloirs. Comme quoi, peut-être, ses sentiments pour lui n'avaient pas été si forts que ça. Mais est-ce qu'un homme pourrait vraiment un jour rivaliser avec sa jumelle ? Elle se le demandait souvent. Pour l'instant, ça n'avait jamais été le cas. En tout cas, il était évident pour elle qu'à partir du moment où il avait fait du mal à sa moitié, il n'avait plus droit de cité. Même si ça la faisait souffrir.

"Bon Dieu C.C... Qu'est-ce qu'il s'est passé entre vous ? Pourquoi tu refuses de m'en parler ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je vois bien que ça ne va pas..."

Combien de fois avaient-elle pensé ses mots ? Trop. Et aujourd'hui, elle comptait bien les dire à haute voix devant sa jumelle. Et elle espérait que cette fois, elle aurait au moins quelques bribes de réponse...
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mer 7 Sep 2011 - 11:30

Talk to me, don't ignore me ft. Killian T. E. Calgarry .:. C. C. Everleigh Calgarry

Run away from me...

Lui parler… Cela me faisait peur. Même si ma conversation avec Enzo m’avait grandement aidée, même si cela m’avait permis de réellement reprendre du poil de la bête, il n’en restait pas moins que j’avais peur de la voir. Peur qu’elle apprenne ce que j’avais fait, pour elle. Alors je l’évitais le plus possible. Je la fuyais, disant que j’avais autre chose à faire. Je n’étais pas juste avec elle, je le savais, mais je me voyais mal lui dire de but en blanc que je l’avais vengée. Que c’était moi qui avais tué Overton. Que c’était grâce à moi si, à présent, elle pouvait dormir sur ses deux oreilles. Parce que j’avais peur de ce que cela signifierait. De ce qu’elle pourrait découvrir sur moi. Que je suis une lycanthrope et que je lui ai menti pendant 2 ans et demi maintenant.

Alors le rendez-vous qu’elle m’avait donné, j’hésitais à y aller. Même si je savais que vu l’endroit où elle m’avait donné rendez-vous, on y serait tranquilles, je ne voulais pas avoir à lui dire ce que j’étais. A moins de prétexter que j’avais fini le travail d’un autre ? Non. Après, peut-être qu’elle voulait me voir pour autre chose… Pour parler de notre Rébellion… Faites que ce soit ça… Par pitié… songeai-je. Au pire, je pourrai toujours essayer de faire partir la conversation sur autre chose. Je ferai tout pour ça, de fait.

A l’heure dite, avec même un peu de retard, tant j’espérais qu’elle change d’avis et ne soit plus au rendez-vous lorsque j’arriverais sur place. Je fis, également, particulièrement attention sur le trajet, me servant de mes sens de louve pour m’y rendre. D’autant que la pleine lune approchait. Ils étaient donc plus aiguisés que jamais. Killian était folle de m’avoir donné rendez-vous aussi près que cela de la pleine lune. Cela faisait-il déjà un mois que nous nous étions parlé pour la dernière fois ? Avant que je n’attaque Overton ?

Je m’arrêtai net pour réfléchir à cette pensée. La réponse était oui. Cela faisait pratiquement un mois maintenant. J’avalai péniblement ma salive. Oui, il était temps. Il était plus que temps que j’aie cette conversation avec elle. Et merde… Je n’avais donc réellement pas le choix. Il fallait que je m’y rende, quitte à espérer qu’elle serait repartie, déjà. Discrètement, je gagnai les combles à pas au combien silencieux. Aux pieds, je portais des ballerines qui ne faisaient strictement aucun bruit. Je sentis son odeur avant même d’entrer dans les combles, fraiche parmi les vieilles odeurs du coin. Et merde… Elle était là. Elle était bel et bien là. Elle n’était pas venue et partie. Elle était venue et restée malgré mon retard.

Je me glissais à l’intérieur des combles et refermai silencieusement derrière moi. Je n’avais pas fait un seul bruit. Elle n’avait aucun moyen de savoir que j’étais là. Je voulais prendre le temps de l’observer, de voir son dos, prendre le temps de rassembler mon courage et appréhender ce qu’elle pourrait vouloir me dire, de fait. Ca va bien se passer, Charlie… songeais-je en usant mon nom de baptême.



Dernière édition par C.C. Everleigh Calgarry le Jeu 27 Oct 2011 - 10:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mer 7 Sep 2011 - 16:41

Depuis combien de temps l'attendait-elle ? Elle n'en avait aucune idée. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'en y regardant bien, elle avait laissé un paquet de traces dans la poussière qui recouvrait le sol des combles. On saurait que quelqu'un était passé par là et resté un moment... si on venait par ici. Mais à en juger par l'état des combles, ça ne risquait pas vraiment de se bousculer au portillon. C'était d'ailleurs bien pour ça qu'elle aimait cet endroit. Pour y être tranquille.

Mais elle, tranquille, elle ne l'était pas. Ses phalanges craquaient, résonnant dans la pièce vide, un nombre incalculable de fois. Un maigre sourire étira ses lèvres. C.C. lui aurait dit qu'elle allait finir par avoir de l'arthrose avec ce fichu tic. Et elle aurait raison. Plusieurs fois, elle espéra que la voix de sa jumelle retentirait dans la pièce, en vain. Et une nouvelle fois, elle lâchait un profond soupir et reprenait son va-et-vient incessant.

"Elle ne viendra plus..." pensa-t-elle, déçue.

C'était au moins la quinzième fois qu'elle se disait ça, et pourtant, elle ne partait pas. Elle continuait de faire les cent pas. Et de se promettre de rester encore cinq minutes.

Mais un mois, c'était long. Trop long. Beaucoup trop long. Un mois sans avoir pu parler à sa soeur, c'était tout bonnement insupportable. Même pour rien se dire d'important, elle espérait que cette fois, elle serait au rendez-vous. Parce que la voir de loin était une véritable torture. Et même si elle espérait toujours qu'elles puissent avoir une vraie conversation, réelle, parce qu'elles étaient jumelles et que le sort de l'une était toujours lié à celui de l'autre au moins à ses yeux à elle, même ne parler que de la Résistance ou de déboires amoureux, ça lui suffirait. Elle espérait plus, mais ça lui suffirait.

Alors quand pour la énième fois ses converses traversèrent la pièce, quand pour la énième fois elle poussa un profond soupir las, déçu, elle se décida à quitter cet endroit. D'aucuns l'auraient qualifié de lugubre. Elle, elle le trouvait paisible. Mais C.C. ne viendrait plus maintenant, ça ne servirait à rien de rester davantage.

Elle s'approcha de la porte, faisant craquer une dernière fois ses phalanges, mais s'arrêta net à quelques pas de sa jumelle. Elle ne l'avait pas vue, pas entendue, et pendant quelques secondes, elle crut rêver.

"C.C. c'est toi ?"

On pourrait lui demander qui ça aurait pu être d'autre, mais elle était tellement persuadée qu'elle ne verrait pas sa jumelle qu'elle en restait bouche bée. Et elle hésita encore quelques instants avant de se décider à se rapprocher et à tenter de prendre sa moitié dans ses bras. Au fond, elle redoutait d'être repoussée. Et même si elle n'en souffla mot, l'image de sa jumelle quittant la salle sur demande et refusant de lui répondre s'imposait à son esprit.

"Comment tu vas ?"

Sa voix était bien faible et hésitante. Elle ne savait pas par quoi commencer pour ne pas braquer sa soeur, et des banalités lui semblaient autant inutiles que plus à même de détendre un peu l'atmosphère... Pourquoi fallait-il qu'elle soit si tendue ? C'était C.C. tout de même ! Oui mais voilà : c'était C.C. qui ne lui avait pas adressé la parole depuis un mois. Et comme elle n'avait jamais obtenu de réponse, elle se demandait si son mutisme était dû à sa mésaventure avec Overton, à son désir de Rébellion, à une tentative lubrique de Rafael dont elle n'avait pas voulu avoir d'explication d'ailleurs, ou à tout autre chose dont elle ignorait même l'existence...

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu m'en veuilles à ce point ?"

Elle l'avait pensé ça, n'est-ce pas ? Inquiète, elle se détacha de sa jumelle et plongea son regard dans ses prunelles mordorées. L'angoisse se lisait sur son visage et son coeur s'était accéléré quand elle avait vu C.C. devant cette porte. Tout mais plus ce silence. Qu'elle l'engueule, qu'elle l'insulte même, ça ferait mal, mais tant pis. Elle ne voulait plus de ce vide entre elles.

"Parle-moi C.C. je t'en prie..."
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Jeu 8 Sep 2011 - 12:11

Talk to me, don't ignore me ft. Killian T. E. Calgarry .:. C. C. Everleigh Calgarry

Pourquoi était-elle restée ? Pourquoi n’avait-elle pas pu partir et retourner vaquer à ses occupations normales ? En observant son dos, je me rendis compte que je lui en voulais d’être là et d’avoir voulu me parler. Je lui en voulais de me mettre dans cet état là. Avant même qu’elle ne se retourne vers moi, j’étais sur la défensive, prête à m’enfuir si elle s’approchait de trop près. D’ailleurs, alors qu’elle se retournait vers moi et vers la sortie, j’amorçais déjà un pas de recul, comme pour m’enfuir. Pourtant, je me figeai telle une statue. J’étais raide, comme du marbre. Pitié, qu’elle ne me voit pas… "C.C. c'est toi ?" Raté. Elle savait que j’étais là et venait droit sur moi. Et je reculais d’autant lorsqu’elle voulut me prendre dans ses bras. Je savais que ça la vexerait, mais nous étions trop près de la pleine lune et je sentais que ça serait plus mauvais qu’autre chose qu’elle me serre contre elle. « Non. Ne me touche pas. » dis-je plus sèchement que je l’aurais souhaité avant de me reprendre et d’ajouter d’une voix douce : « s’il te plait. » Après tout, j’étais un monstre. Et elle n’avait pas à devenir ce que j’étais.

J’avais beau faire mon possible pour m’assimiler les propos d’Enzo. Je savais que j’avais fait ce qui était le mieux. Mais si je m’étais contentée de la tuer sous ma forme lupine, c’aurait été une chose. J’aurais pu l’accepter plus facilement. Mais j’avais fini sous ma forme humaine et, même si je vivais plus facilement avec ce que j’avais fait, parce que je savais cela nécessaire, il n’en était pas moins que j’étais une meurtrière et que voir la sœur me le rappelait sans cesse. "Comment tu vas ?" J’ai tué ta tortionnaire… Je l’ai même mutilée. Et j’y ai pris goût… Je n’ai qu’une envie, c’est de recommencer. Comment crois-tu que je vais ? « Ca va. » répondis-je finalement d’une voix étonnamment neutre. Pour l’instant, je me contrôlais. Je contrôlais la louve, malgré la tension ambiante qui aiguisait mon instinct de chasseuse. Depuis quand être en ma présence l’angoissait autant ?

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu m'en veuilles à ce point ?" Et merde… Voilà que ma sœur prenait un air de victime. Ce qu’elle était, d’une certaine façon. Et elle posait la question que je ne voulais pas entendre. Déjà parce qu’elle n’avait rien fait, hormis me transformer en meurtrière, ensuite parce que je ne voulais pas en parler. Pas avec elle. « Rien. » répondis-je d’un ton sec. Trop sec. Ô combien sec… Mais je n’avais pas pu m’en empêcher. Pas pu me retenir. Je voulais qu’elle arrête avec ses questions.

Sans un mot, je sortis une baguette. Pas la mienne, celle d’Overton. Malgré ma conversation avec Enzo, je ne l’avais pas détruite. Pas encore. Je la lançai aux pieds de ma sœur. « Tiens. Ca te revient, je pense. » Mon ton était toujours aussi froid et sec que celui employé pour le ‘rien’. Je voulais voir sa réaction. Voir si elle reconnaîtrait la baguette qui l’avait torturée. Voir si j’avais eu raison de faire ce que j’avais fait de la façon dont je l’avais fait. Dis-moi que j’ai eu raison de la tuer… De devenir un monstre et d’y prendre goût…



Dernière édition par C.C. Everleigh Calgarry le Jeu 27 Oct 2011 - 10:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mar 13 Sep 2011 - 23:57

Retourner vaquer à ses occupations, ça aurait signifié abandonner l'espoir de retrouver sa jumelle. Et ça, elle ne pouvait s'y résoudre. Si vraiment elle avait fini par perdre patience et quitter les lieux, ça aurait été pour continuer à penser à C.C., et à se demander ce qu'il avait bien pu arriver pour qu'elle fût si distante depuis un mois, plus encore qu'elle n'avait commencé à le devenir auparavant. Et même si c'était ce qu'elle s'apprêtait à faire avant de découvrir la silhouette de sa soeur, à présent, il n'en était absolument plus question. Et elle se promettait de ne pas partir, quoi qu'il arrivât, avant qu'elle n'eussent eu une véritable conversation. Même si... C'était bien un mouvement de recul qu'elle avait aperçu ? Elle n'en était pas certaine, au départ, mais quand elle s'écarta de ses bras et lui intima de ne pas la toucher, le coeur de la gryffindor se serra. Ne pas la toucher. Depuis quand n'avait-elle même plus le droit de la prendre dans ses bras ? Elle arrêta son geste, incapable ni de dire quoi que ce fût tant la situation la choquait, ni de contrevenir à l'ordre de sa moitié. Quelque chose dans sa voix était trop lourd de menace pour qu'elle prît cette injonction à la légère. Ses phalanges craquèrent une nouvelle fois, signe de sa nervosité.

Elle resta donc à plus d'un mètre de sa jumelle, les bras ballants, ne sachant ni que dire ni que faire, attendant désespérément une réponse à au moins l'une de ses questions. La première resta lettre morte, et elle ne put s'empêcher de se demander, une fois de plus, ce qui pouvait bien lui arriver. Parce que ce « ça va », elle n'y croyait absolument pas. Parce qu'il était trop neutre, parce qu'il était trop sec, parce qu'il ne lui ressemblait pas. Elle ne se ressemblait pas, à vrai dire, et sans doute était-ce dû à la pénombre, il lui semblait que C.C. allait lui bondir dessus. Un lapin n'aurait sans doute pas été plus en sécurité face à un animal sauvage. Depuis quand sa soeur lui faisait-elle cet effet-là ? C'était elle la lionne, à l'origine, elle la téméraire, la forte... et là... elle non plus ne se ressemblait plus, à bien y réfléchir. Et encore une fois, elle ne put pas croire ce « rien » qui sortait de la bouche de sa moitié. Rien. Si elle ne lui avait rien fait, qu'essayait-elle donc de lui faire payer par son silence et sa distance ? Que lui valait ce ton si sec, si froid ?

"Je ne te crois pas."

C'était tout ce qu'elle avait pu répondre avant qu'un objet roulât à ses pieds, et qu'elle se penchât pour le ramasser. Et alors qu'elle le relevait pour l'examiner, ses yeux s'agrandirent d'effroi comme C.C. lui annonçait que ça lui revenait. Bien sûr qu'elle avait reconnu la baguette. Elle la voyait parfois encore en rêve, levée au dessus de sa tête pour la torturer, ou passant sur ses plaies ouvertes pour les refermer avant qu'elle ne fût de nouveau suppliciée. Elle l'eût reconnue entre mille, comme elle eût reconnu celle de sa jumelle, ou la sienne plus simplement. Il n'y avait pas de doute possible, et elle n'était pas stupide. Si sa moitié possédait cette baguette, ça ne pouvait signifier qu'une chose. Et Overton avait été tuée par une bête sauvage, disait-on dans les couloirs. Et Killian était une bête en métamorphose, la relation se fit naturellement dans son esprit.

"Non" fut sa première pensée. Ca ne pouvait pas être ça. C.C. la douce ne pouvait pas être devenue lycane. Mais nier l'évidence ne l'amènerait à rien. Après tout, elle lui semblait dangereuse à présent, ceci expliquait tout à fait cela. "Pourquoi tu ne m'as rien dit ?" suivit de près, et elle se tut une fois encore. Enoncer clairement cette question n'aurait servi qu'à braquer sa jumelle, et c'était bien la dernière chose qu'elle voulait faire. Alors aussi impulsive fût-elle, elle se força au calme, tant bien que mal. "C'était toi, n'est-ce pas ?" Evidemment que c'était elle. Elle possédait le catalyseur de magie de la bibliothécaire, qui d'autre eût pu l'avoir en sa possession ? Et elle avait le mobile pour : la venger. Une vague de culpabilité l'envahit. Si elle ne lui avait pas raconté sa mésaventure avec la Overton, elle ne serait pas devenue... une meurtrière. Vengeresse, peut-être, mais meurtrière quand même. "C'est ma faute... C'est à cause de moi que c'est arrivé..."

Mais ça n'était pas elle la victime dans tout ça. Alors ça ne servait à rien de s'apitoyer sur son sort, encore moins de se perdre en culpabilité. Une fois encore, elle se força au calme, dévisagea un instant sa jumelle comme si elle avait pu déceler quoi que ce fût sur son visage puis regarda une seconde la baguette subtilisée à la Supérieure.

"Incendio."

La détruire. Que personne ne tombe jamais dessus. Qu'elle disparaisse à tout jamais, pour qu'on ne puisse jamais remonter jusqu'à elles. Elles. Parce qu'elle refusait d'abandonner sa soeur concernant tout ça, parce qu'elle avait sa part de responsabilité, et qu'elle ne lui laisserait clairement pas tout endosser.

"Depuis combien de temps es-tu louve ?"

Sa voix était rauque, mais elle ne semblait pas vouloir ciller. Elle n'était pas sereine, pourtant, mais elle refusait de céder à toute forme de panique ou d'abattement.

"Non, ne réponds pas. Si tu avais voulu que je le sache, tu me l'aurais dit."

Elle mourrait d'envie de la prendre dans ses bras, mais retenait ses pulsions, certaine une fois encore de se faire rembarrer. De mémoire, la pleine lune n'était plus très loin, elle l'avait vue par la fenêtre s'arrondir depuis quelques temps. Mais elle ne savait pas exactement comment sa jumelle vivait avec sa part animale. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne voulait pas que ça se mette entre elles. Parce qu'elles étaient plus fortes que ça, à ses yeux. Et parce que leur secret maintenant commun les rapprochait plus encore. Tout au moins le croyait-elle.

Elle regarda la baguette finir de se consumer, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des cendres au sol, qu'elle dispersa du bout du pied. Alors seulement, elle se décida à relever ses prunelles mordorées vers celles de C.C.

"J'aurais fait pareil si la situation avait été inversée."

C'était parfaitement sincère, et guère étonnant, à vrai dire, et elle espérait que sa jumelle ne douterait pas de son propos.
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mar 25 Oct 2011 - 15:43

Talk to me, don't ignore me ft. Killian T. E. Calgarry .:. C. C. Everleigh Calgarry

"Je ne te crois pas." Pour l'amour du ciel... Elle ne pouvait pas me croire, pour une fois? Me faire confiance sans poser de question? Visiblement, non. C'était trop difficile pour elle. Alors, je lui avais purement et simplement lancé la baguette à ses pieds. Pour qu'elle comprenne ce qui clochait. Pour voir sa réaction, aussi. Mes yeux, plus perçants que quand j'étais simplement humaine, ne la quittaient pas du regard, guettant la moindre de ses réactions. Celle que j'attendais, surtout, c'était la peur. En même temps, il me suffirait de la renifler, pour la sentir. Etais-je vraiment masochiste au point de vouloir la voir aussi? Il fallait le croire. Quoiqu'il en soit, pour l'heure, je me murais dans le silence. Je vis ainsi défiler la moindre de ses réactions dans son regard, je les sentis dans son attitude, les entendis dans les battements de son coeur. Et j'avais mal. Je pleurais intérieurement de lui enlever cette innocence. Je sentis le regard de ma jumelle peser sur moi, mais mon apparence de marbre ne laissait rien deviner du tourbillon d'émotions qui s'agitait en moi. "Incendio." Etais-je soulagée par son acte? Oui et non. Mon regard se fixa sur l'objet qui se consumait dans les flammes, reflétant lesdites flammes.

"Depuis combien de temps es-tu louve ?" Je ne pus retenir un grincement de dents. Elle avait compris. Mes poings se fermèrent convulsivement, et je me plantai les ongles dans la paume de mes mains. Pourquoi avait-il fallu qu'elle comprenne? Je l'ai simplement achevée. Quelqu'un d'autre a fait le travail. songeai-j. Mais non. C'était pire encore qu'admettre la vérité. Et sa peur était déjà palpable, même si elle s'efforçait de la contenir de la dissimuler. "Non, ne réponds pas. Si tu avais voulu que je le sache, tu me l'aurais dit." Je savais, sans même qu'elle n'ait besoin de le dire, qu'elle était blessée que je ne lui ai rien dit. Et, alors que mon silence s'éternisait, je grinçais à nouveau des dents. Mais je ne voulais pas parler. Rien dire qui put étayer sa thèse. Rien qui put la pousser à avoir peur de moi, ou à avoir pitié de moi. Tout ce dont j'avais envie, pour l'heure, c'était qu'elle oublie ce qu'elle venait de découvrir.

"J'aurais fait pareil si la situation avait été inversée." Je secouai la tête avec véhémence. Elle aurait fait pareil? Elle aurait planifié? Surveillé? Espionné la bibliothécaire? Découvert qu'elle était métamorphe? Attendu jusqu'à la pleine lune pour passer à l'action? Attendu que celle-ci soit seule pour l'attaquer? En prenant garde à ne jamais la mordre pour éviter de la transformer en lycanthrope? Et elle l'aurait saignée à blanc une fois revenue sous forme humaine? J'en doutais. Du moins, je ne voulais pas le croire. Elle était trop impulsive pour ça. Elle, elle l'aurait attaquée bille en tête, sans rien préméditer. Contrairement à moi.



Dernière édition par C.C. Everleigh Calgarry le Jeu 27 Oct 2011 - 10:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mer 26 Oct 2011 - 22:50




ft. C. C. Everleigh Calgarry & Killian T. E. Calgarry

Talk To Me, Don't Ignore Me


Elle faisait confiance à sa soeur, ça n'était pas là le problème. Pour à peu près tout. Mais elle savait aussi qu'elle ne lui disait plus rien de ses états d'âmes, de ses problèmes à elle. Alors non, quand elle disait que ça allait, Killie ne la croyait pas. Et elle n'avait aucune envie de faire comme si. Si elle était là, justement, c'était en espérant renouer un dialogue, un vrai. Simplement se dire des banalités, faire semblant qu'il n'y avait aucune problème, elle n'en pouvait plus. Elle ne s'attendait pas à la tournure qu'allaient prendre les choses, cependant.

La baguette était tombée et elle l'avait regardée se consumer. La preuve était détruite. La vérité était connue d'elles deux, à présent. Est-ce qu'ainsi, partageant le même secret, elles pourraient se rapprocher enfin, retrouver de nouveau leur complicité d'avant ? Rien n'était moins sûr. Et le mutisme de C.C. n'était pas pour simplifier les choses. Certes, elle lui avait dit de laisser tomber quant à la date de sa transformation, mais ne pouvait-elle pas dire quelque chose. N'importe quoi. Juste un mot, même, pour couper ce silence morbide qui pesait entre elles. Bien sûr, ça faisait mal de savoir que sa moitié ne lui avait pas fait suffisamment confiance pour lui avouer la vérité. C'était une blessure qui ne se refermerait pas si vite, et certainement pas tant qu'elles seraient si distantes l'une de l'autre. Mais elle ne voulait pas lui en vouloir, ni l'accabler davantage. La culpabilité devait sans doute déjà être bien suffisante à porter.

Mais si C.C. avait voulu qu'elle oublie, c'était peine perdue. Et qu'elle secouât la tête ainsi, remettant en cause sa capacité à venger sa jumelle, c'était un coup de plus porté au coeur. Peut-être qu'elle n'aurait pas agi de la même manière, peut-être qu'elle s'y serait prise autrement. Et peut-être, oui, en effet, qu'elle aurait agi sur l'impulsion. Ou peut-être pas. Elle était trop intelligente pour risquer de se faire prendre. Elle n'aurait peut-être pas agi exactement de la même manière, elle n'aurait peut-être pas pris autant de précautions avec la lycanthropie, mais elle l'aurait tuée et elle aurait effacé ses traces, n'était-ce pas le plus important ? A ses yeux à elle, si, mais à en juger par l'attitude de sa jumelle, il était clair qu'elle en doutait.

Et le silence et l'obscurité les enveloppaient de nouveau, lourds, dérangeants, palpables. Elle ne voulait pas le briser, de peur de voir sa soeur s'éloigner aussitôt, mais elle ne le supportait pas non plus. Et pendant plusieurs minutes, elle resta immobile, face à elle, sans même esquisser le moindre geste, retenant presque sa respiration de peur de troubler le calme des combles. "Allez C.C., dis quelque chose. Parle-moi, je t'en prie..." C'était peine perdue, et si elle ne chercha pas à s'approcher, elle finit par rompre le silence.

"Soit. Tu ne me crois pas. C'est ton droit. Mais je crois que tu n'imagines pas jusqu'où je suis prête à aller pour toi."

Et puisque sa jumelle ne se décidait pas à parler, elle, elle garda son propre secret. C.C. n'accepterait sans doute pas l'idée qu'elle travaille l'animagie, de toute façon, surtout sachant que c'était pour se rapprocher d'elle, contre son gré.
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Jeu 27 Oct 2011 - 10:56

Talk to me, don't ignore me ft. Killian T. E. Calgarry .:. C. C. Everleigh Calgarry
Dieu merci, Killian ne faisait pas mine de s’approcher de moi. L’eut-elle fait, je me serais transformée en charpie car, en cet instant, je ne contrôlais pas le moins du monde mes réactions. Déjà, mes poings s’ouvraient et se fermaient convulsivement. Mes ongles rentraient dans ma chair et je me mordais l’intérieur de la joue. J’arrêtai cependant lorsque le goût du sang envahit mon palais. Je n’y étais pas allée de main morte, mais j’étais tendue. J’avais besoin d’une échappatoire.

Je ne pus m’empêcher de repenser à une conversation que nous avions eue, quelques temps plus tôt dans la remise. Conversation tellement plus futile et agréable, même si le lieu avait exacerbé ma claustrophobie. Même aujourd’hui, alors que les combles étaient un lieu bien plus vaste, je me sentais comme prisonnière. Ce que je n’appréciais pas réellement, d’ailleurs. Je pris sur moi pour calmer ma respiration, profitant de ce silence qui s’installait entre nous et de l’obscurité qui nous entourait. Fermant les yeux, je fis le vide en moi, ne gardant que l’ouïe active pour surveiller les mouvements de ma sœur jumelle.

"Soit. Tu ne me crois pas. C'est ton droit. Mais je crois que tu n'imagines pas jusqu'où je suis prête à aller pour toi."

La voix de Killian me tira de ma ‘méditation’ et je rouvris les yeux pour la fixer. En cet instant, mon regard était plus animal qu’humain, mais elle ne pouvait le voir, dans l’obscurité. « Je crois que tu n’imagines pas à quel point je peux être plus animale qu’humaine. A quel point je dois prendre sur moi, parfois, pour agir comme un être humain normal. Surtout lorsque la pleine lune est proche, comme aujourd’hui. » J’aurais tellement aimé que ma voix soit douce, et non pas rauque, à la limite d’un grondement. Je secouai la tête. Au moins, cela corroborait mes propos… « Tu veux savoir pourquoi je ne t’en ai jamais parlé ? » Sans lui laisser le temps de répondre, je repris : « Parce que je suis un monstre. Une erreur de la nature, et que je ne m’acceptais pas comme ça. Parce que j’avais une crainte : celle que tu ne te mette en danger en voulant être avec moi les soirs de pleine lune. Parce que toi ignorant ça, ça me permettait de garder un semblant de normalité, dans ma vie. » Je marquai un temps de silence avant de conclure : « Oui, j’ai tué pour toi. Pour te protéger. Pour être sûre qu’elle ne s’en prenne jamais plus à toi. Et j’ai aimé ça. J’ai fait en sorte de ne pas la mordre, pour qu’elle ne devienne pas comme moi si elle survivait. Pour qu’elle n’ait pas une arme supplémentaire. Mais j’ai goûté sa chair. Et une fois redevenue humaine, j’ai utilisé sa baguette pour la vider de son sang. »

Elle voulait savoir ? maintenant, elle savait quel monstre j’étais. Sortant ma baguette, j’allumais le bout de celle-ci. Je voulais voir l’effet de mes révélations sur son visage. Le mien ne lui montrerait rien, je le savais pertinemment. Tout comme je savais que ce que je venais de lui avouer devait l’avoir profondément blessée. Mais si cela pouvait contribuer à la protéger de moi, ce serait une bonne chose, déjà…
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Sam 5 Nov 2011 - 23:05



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Dans le noir, elle ne voyait pas les gestes de sa soeur. Ses poings se fermant, ses ongles dans sa chair, ses dents mordant sa joue, elle n'en avait aucune idée. Et heureusement, quelque part. Imaginer seulement qu'elle pouvait ainsi générer l'auto-mutilation de sa jumelle ? Ca lui semblait tellement inconcevable. Et pourtant. Le malaise était presque palpable, entre elles. Elle n'avait pas voulu ça. Jamais. C'était C.C., sa moitié, son double. Comment avaient-elles pu ainsi s'éloigner, pour qu'elle ne juge pas utile de lui avouer la vérité, pour qu'elle refuse de croire à son déterminisme quant il se serait agi de la venger ? Et si elle ne vit pas son regard, elle entendit le ton de sa voix. Rauque. Grondante. Menaçante. Immobile, muette et nerveuse, elle l'écouta jusqu'au bout.

Non, effectivement, elle ne pouvait pas se mettre à sa place, elle ne savait pas ce que c'était. Elle ne pouvait qu'imaginer, même si, comme le supposait C.C., elle était sans doute loin de la vérité. Les lycans, elle les connaissait dans les livres. Elle connaissait la théorie, les effets de la pleine-lune, l'usage de la potion tue-loup, le danger de la morsure. Elle savait donc, oui, que l'approche de la rondeur pleine de l'astre était sans doute difficile à vivre, pour qui ne voulait pas laisser libre cours à sa part bestiale. Elle savait que c'était quelque chose qu'on acceptait souvent assez mal de devenir. Elle ne pouvait qu'imaginer, cependant, à quel point sa jumelle détestait sa condition.

Elle aurait voulu lui dire qu'elle restait sa moitié malgré tout, qu'elle serait sa soeur, toujours, quoi qu'il arrive, que ça ne changeait rien. Elle n'en eut pas le temps. Et elle hocha simplement la tête. Elle n'avait pas vraiment besoin de répondre que oui, elle voulait savoir pourquoi elle n'avait jamais voulu lui en prler. Même si son coeur se serrait.

Elle la laissa parler, jusqu'au bout, sans l'interrompre, sans broncher. Sur son visage, plus que l'horreur qu'elle décrivait, c'était de la peine qu'on pouvait lire. Parce qu'elle ne pouvait supporter d'entendre sa soeur dire qu'elle était un monstre. Parce qu'elle comprenait qu'elle ne puisse plus se supporter, et avait mal pour elle. Parce qu'elle ne pouvait pas nier qu'elle eût sans doute voulu être auprès d'elle dans ces moments si difficiles qu'étaient les soirs de pleine lune, et que là, venait de voler en éclats ce qu'elle appelait son semblant de normalité.

Et puis vinrent les révélations sur la mort d'Overton. Le regard de Killie se durcit à la simple mention de ce qui était arrivé. Comprendrait-elle que ce n'était pas son acte qu'elle rejetait, mais l'être abject qui en était la cause ? Comprendrait-elle qu'elle haïssait cette femme au point de jubiler, presque, de son sort ? Imaginait-elle la fureur qui l'emplissait chaque fois que son nom était mentionné ? Elle songea avec un peu d'amertume qu'à la place de sa jumelle, elle n'eut peut-être pas pris de précautions, certes, mais elle aurait certainement fait de la charpie de la Supérieure.

"Je l'aurais bouffée. Si c'est à toi qu'elle avait fait du mal, il ne serait rien resté d'elle pour qu'on la reconnaisse. Pour moi, je m'en fous. Mais pas pour toi. Et quelque part, c'est aussi bien que ça soit toi, finalement, je crois..."

Elle n'avait pas voulu devenir comme elle, ce soir où la Overton avait voulu qu'elle la torture. Mais depuis, après tout ce temps où elle s'était fait du mal, après ses nuits de cauchemar et son mal-être grandissant, elle se rendait bien compte qu'elle était soulagée, et clairement pas mécontente du tout du sort de la bibliothécaire. Elle n'avait eu que ce qu'elle méritait. Et même si l'acte en lui-même était d'une violence inouïe, que sa soeur eût fait ça pour elle la confortait dans une seule idée : elles étaient jumelles, on ne touchait pas à l'une sans s'attirer les foudres de l'autre.
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Lun 21 Nov 2011 - 13:52

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La nervosité de ma sœur était tellement perceptible qu’elle en devenait palpable. Je devais me faire violence, me raccrocher à ma part humaine pour ne pas la ranger dans la catégorie « proie » de mon cerveau. Et ce n’était pas chose aisée en cet instant où la colère, voire même plutôt la rage, dominait tout autre sentiment que j’aurais pu avoir. Alors je m’étais, verbalement, raccrochée à ma bestialité, car il fallait qu’elle sorte. Que je m’en débarrasse. Que j’exsude d’une façon ou d’une autre cette part de moi qui voulait se jeter sur Killian. Dieu que je me détestais d’être comme ça. Mais, en même temps, à ma décharge, je n’avais pas eu le temps d’aller chercher ma dose de tue-loup du jour. De toute façon, il allait falloir que tôt ou tard je me casse d’ici, et quelque chose me disait que le plus tôt serait le mieux, pour nous deux.

"Je l'aurais bouffée. Si c'est à toi qu'elle avait fait du mal, il ne serait rien resté d'elle pour qu'on la reconnaisse. Pour moi, je m'en fous. Mais pas pour toi. Et quelque part, c'est aussi bien que ça soit toi, finalement, je crois..."

Je secouai la tête de gauche à droite. Je n’avais pas envie d’en entendre plus. J’en avais assez qu’elle dise qu’elle l’aurait fait aussi. Le fait était que ce n’était pas elle qui l’avait fait. Et d’ailleurs, elle l’avoua elle-même. Il valait mieux que ce soit moi qui l’aie fait. Mon cœur se serra à cet aveu que je pris très mal. C’était mieux que ce soit moi qui l’aie tuée. La messe était dite. « Tout a été dit. » répliquai-je d’une voix blanche, bien que légèrement grondante.

Clairement, mieux valait pour ma sœur rester à l’écart de moi pendant un certain temps si elle tenait à rester entière. Car là, je ne répondais plus de rien. « Reste dans ton dortoir les nuits de pleine lune, surtout. Je ne veux pas te croiser dans les couloirs ces nuits là surtout. Et il y a d’autres lycanthropes à l’école. » Je lui donnai des conseils, comme si cela pouvait changer quoique ce fut… Pour moi, la normalité, c’était fini. A moins d’essayer de reporter sur quelqu’un d’autre. A moins d’essayer de me lier à quelqu’un d’autre. Mais qui ? Non, ce serait impossible. Monstre j’étais, monstre je resterais, à présent. Ma sœur en avait décidé ainsi. Il ne me servait plus à rien de me raccrocher à ma part humaine, Killian venait de me l’enlever.

L’espace d’un instant, je songeais à lui lancer un sort d’oubliette, pour reprendre une vie ‘normale’. Mais je chassai rapidement cette idée. Je saurais, moi. Je me souviendrais qu’elle avait su. Et je ne pourrais pas agir normalement. Je secouai à nouveau la tête, sentant un poids se poser sur mes épaules, comme si je portais le poids du monde, comme Atlas. « J’ai des trucs à faire. » dis-je simplement en me détournant. Je gagnai la trappe pour sortir des combles et tendis l’oreille avant de l’ouvrir. Je marquai un léger temps d’hésitation, puis, secouant à nouveau la tête, je sortis souplement pour gagner les sous-sols afin d’aller chercher mes doses de tue-loup d’avant la pleine lune. Hors de question que j’agresse quelqu’un d’autre ce mois-ci…
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MessageSujet: Re: Talk To Me, Don't Ignore Me   Mer 30 Nov 2011 - 19:44



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Oui Killian était nerveuse, et pourtant, elle n'imaginait pas une seconde sa jumelle comme un prédateur et elle-même comme une proie. Elle était anxieuse, mais pas pour ça, pas parce que sa soeur était dangereuse. Simplement parce qu'elle était distante, et qu'elle détestait ça. Evidemment, elle aurait pu ne faire qu'une bouchée d'elle, sous forme lupine. Et sans doute que même humaine, elle avait une force décuplée. Mais Killian n'était pas vraiment en reste, tout humaine qu'elle pouvait être, quant à la force brute. Et puis c'était sa moitié, s'imaginer se battant avec elle, c'était juste... impensable.

Et puis elle avait prononcé des mots qu'elle eût dû garder pour elle. Ou tourner autrement. Ou... Elle ne savait pas trop ce que C.C. avait déduit, simplement sa réponse sèche lui annonça qu'elle avait fait une erreur. Mais laquelle ? Elle n'imaginait pas vraiment le quiproquo. C'était mieux, à ses yeux, que ce fût C.C. et non un parfait inconnu qui se fût occupé de la Overton. C'était mieux, parce qu'à ses yeux, c'était révélateur de leur lien, de leur amour sororal. De ce quelque chose de si particulier qui les unissait. Mais existait-il encore ? A en juger par le ton grondant de sa jumelle, le doute était permis, clairement. Et Killian doutait. Pas de sa foi en sa jumelle, mais bien de sa confiance à elle. "Qu'ai-je fait pour que tu ne me croies plus, C.C. ? Pour moi, tu es toujours la première avant tout le monde..." Même avant Rafael, d'ailleurs. N'était-ce pas suffisamment parlant ?

Sans doute que non. Elle l'écouta lui assener ses informations, sans bouger, sans répondre, sans ciller même. Rester à l'écart. La laisser affronter sa nouvelle nature seule. Ne pas ne serait-ce que la croiser dans les couloirs. C'était dur et douloureux. Les yeux de Killian s'embuèrent. Elle ne répondit pas. Qu'aurait-elle pu répondre, d'ailleurs ? Elle resta immobile et son cerveau enregistra l'information sur la présence d'autres loups. Au fond, à vrai dire, elle s'en fichait. Les autres n'avaient pas d'importance. C.C. était la seule qui comptait vraiment, à cet instant, et elle la voyait s'éloigner sans rien pouvoir faire pour l'en empêcher. Elle avait des « trucs à faire ». Sans doute, ouais... La bonne excuse. Elle s'éloignait, donc, pour ne pas revenir vers elle. L'arrêter ? Elle y songea, bien sûr. Mais l'attitude de sa jumelle lui avait ôté toute force, d'un coup. Si la Raven sentait le poids du monde sur ses épaules, pour la Gryff, c'était un étau qui enserrait son coeur.

"Je t'aime C.C... Je t'aimerai toujours."

Un murmure à peine audible. Mais les sens aiguisés de sa moitié lui permettraient sans doute de l'entendre malgré tout. Elle resta inerte encore de longues minutes après que la trappe ne se fût refermée, seule dans les combles obscurs. Elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait pas crier. Elle ne voulait pas croiser du monde et faire comme si tout allait bien non plus. Perdre Rafael, ça avait fait mal. Perdre sa jumelle, c'était une torture. C'était pire que tout ce qu'elle avait jamais connu en terme de souffrance. Et elle ne voyait personne vers qui elle pût se tourner à présent.
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