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 The dream collapse - Jillou

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Hiboux postés. : 1933
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MessageSujet: The dream collapse - Jillou   Lun 5 Sep 2011 - 1:05

- Ça n’est pas possible, vous pouvez comprendre ça ? Personne ne sort, c’est la règle ! –

« Oh mais arrêtez de vous payer ma poire trois seconde, ça m’changera. C’est important, d’accord ? ça doit bien être possible ça merde, juste le temps d’une opération. »

- Ce sont les ordres, et à forcer, vos avantages de sang ne vous aideront plus et nous vous feront comprendre que vous n’avez pas à discuter nos paroles. –

« Je me contre-fous de vos problèmes de vos complexes de supériorité à la con. Ya des trucs pour soigner l’impuissance vous le savez ça ?! Maintenant, j’suis prêt à tout, mais cette opération doit avoir lieux. »

Cette fois-ci, l’autre s’était décidé à sortir sa baguette, inquiet et surtout vexé du ton que venait de prendre Alec. D’ailleurs, il devait avoir bien raison puisque la seconde d’après la baguette en question volait et Alec plaquait l’homme contre le mur d’un cabanon. Violent, il bloquait en partie sa respiration, forçant l’homme à le fixer dans les yeux plutôt que de le fuir sans arrêt.

« C’est de ma sœur dont il s’agit là merde ! D’ici la semaine prochaine, si elle a pas de donneur, elle n’aura plus aucune chance, ton esprit de connard dégénéré peut le comprendre ça ? Je suis le seul dans son entourage, alors vous allez trouver un truc pour me faire débarquer à Sainte Mangouste ce samedi, pigé ?! »

- Ouwwwais… mais si je fais ça, c’est moi qui devrait rendre des comptes à.. –


« Qu’est-ce que tu captes pas quand j’te dis que j’m’en tape ? »

Nouveau choc contre le mur, peut-être qu’en lui décollant les poumons il comprendrait qu’on ne déconne pas avec les soins médicaux.

« Je ferais un serment inviolable s’il le faut pour m’empêcher de m’enfuir ou de parler, mais je dois être ce foutu donneur !! »

- Ce n’est pas.. –

[color=darkseagreen]« Possible, OUI, j’ai compris, mais ça le sera, parce que tu vas te démerder et rendre ça faisable parce que j’te promets être capable de faire aussi bien qu’eux pour te faire payer la mort de ma sœur. Et j.. »

« Alec ! »

La voix de Logan avait grondé d’un coup dans le potager. Un regard noir braqué sur son cousin et le type qu’il maintenait écrasé au mur avec une force étonnant, il traversa l’espace qui le séparait d’eux, et ce, sans manquer de jeter un coup d’œil neutre à Miss Davis qu’il avait aperçu non loin. Mais bon, elle pouvait observer tant qu’elle voulait, lui, n’en avait absolument rien à foutre. Là, ce qu’il voulait, c’était surtout protéger ce qu’il venait de retrouvé de famille. Son cousin, celui qui le comprenait d’un regard. C’était étrange comme relation, mais il aimait bien les quelques moments qu’ils passaient ensembles et, bien sûr, le jeune homme lui avait parlé des soucis de sa sœur. Et, là, ce qu’il voulait, c’était déjà lui sauver la vie à lui. Pour sa cousine, il verrait plus tard. Mais il comprenait ce que pouvait ressentir Alec. Ou, du moins il l’imaginait. Elle avait subi énormément, assez pour faire comme lui et fuir la famille. Elle l’avait toujours protégé, et ils savaient tout deux que le jeune homme avait échappé de peu à des contacts dont il ne se serait sans doute pas remis comme ça. Quoi qu’en fait, rien ne confirmait à Logan qu’Alec n’avait rien subit de tel.

« Toi, tu le lâche ! Et toi, tu m’suis. »

Impérieux, dominateur et charismatique, il redevenait le type à qui on ne pouvait désobéir. Ça, Logan savait mieux le faire encore qu’Alec, et, sans trop savoir comment réagir, le Supérieur enfin libre s’était retourné, hésitant quelques secondes avant de rejoindre Logan qui le foudroyait du regard. Un seul coup d’œil à Alec, et, il embarquait le Supérieur dans son sillage. Un coup d’œil que le jeune homme avait ben comprit. Fait-moi confiance, je gère, ça sera toujours mieux que tes espèces de menaces bourrinantes. Enfin, même si, dans une autre situation, il y aurait eu de quoi rire puisque Logan ne risquait pas de faire sans la finesse non plus.

Resté seul en train de fixer son cousin et le connard qui refusait qu’il sorte de Poudlard, Alec resta quelques instants immobile, mâchoires serrées à attendre il ne savait trop quoi. En fait, ce qu’il cherchait, c’était juste à trouver une manière d’agir, parce qu’il était un peu perdu en ce qui concernait cette histoire et sa sœur. Et puis, enfin, son regard était passé du vide du parc à la jeune femme non loin de lui. Jillian. Jillian qui avait déjà entendu parler de lu par Sovahnn puisque celle-ci lui avait expliqué en gros leur relation (faut qu’on fasse un autre topic xDD). En gros, elle devait avoir de lui un beau portait de connard. Mais, là, le con il était surtout chamboulé et inquiet, alors pour le reste…

« T’es là depuis quand ? »

Un fond d’agressivité plus dû à son précédent excès de colère qu’à une réelle rage contre la jeune Poufsouffle.
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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Dim 11 Sep 2011 - 16:27


La vie n’est pas triste. La vie a des heures tristes.

    C’est drôle comme on se fait vite rattraper par nos vieux démons, nos fantômes. Je leur échappais depuis quelques jours, jonglant entre des fous rires avec Sovahnn dans la Salle commune, des sourires et de charmantes impostures en compagnie d’Enzo et tous ces autres visages qui ponctuent mon quotidien. Takuma. Cleo. Maxence. Ismaelle. Les trois qui manquaient à l’appel avaient leur raison. Sauf un. Cameron était toujours aussi invisible et le doute, la peur commençaient à s’immiscer au creux de mes vaillants ‘il fait juste un peu la gueule ! C’est pour que j’aille le chercher’. Pourtant je me sentais incapable de poser un pied au 4ème étage. Autant pour éviter la présence et surtout le regard de Kyle que pour me retrouver nez à nez avec les Supérieurs. Le moins que l’on puisse dire c’est que deux mains serrées autour de votre gorge et quelques paroles susurrées à l’oreille, judicieusement tournées, font parfois plus de dégâts que n’importe quel coup donné sans réfléchir. Je n’osais pas croire que Cameron avait subi quelque chose, qu’il se soit passé un accident l’impliquant. Pour moi, il semblait comme un navire en pleine mer, bravant la tempête avec une légère indifférence. Comme si tout cela ne pouvait l’atteindre. J’en étais venu à ça avec lui. A le croire inatteignable. Pourquoi ? Il n’était pas moins vulnérable qu’un autre Non-Sorcier pourtant. C’était juste l’impression qu’il donnait sans doute. Encore une fois, je songeais à lui avec inquiétude.

    Ma pensée s’évapora dans le nuage de fumée que je soufflai par le nez. Assise sur une des énormes citrouilles du potager de l’école, je m’étais cachée là pour pouvoir fumer tranquillement, à l’abri des regards et surtout des questions. L’argument du traitement alternatif commençait à s’étioler tout doucement, je n’arrivais même plus à me convaincre que c’était pour ça qu’on m’avait appris à rouler un pétard à la base. Avec l’arrivée des migraines, des douleurs aigues inexpliquées dans le bas du dos et parfois dans d’autres parties du corps… c’était devenu bien plus. Un phénomène d’accoutumance me poussait à dépasser la dose prescrite par le médecin et ce n’était pas par envie mais bien par besoin. A choisir entre souffrir nuit et jour de mon rein malade mais rester à peu près clean et fumer quelques pétards de plus sans que cela annihile complètement mon bon sens mais que ça ait au moins le privilège de diminuer d’intensité les douleurs ; le choix est vite fait. Croyez-moi. On croit pouvoir garder toutes ses facultés de jugement lorsqu’on a mal, on croit qu’on va rester droit, juste. Mais c’est faux. Entièrement faux. Quand on a mal, on a mal et on espère qu’une chose, c’est que ça s’arrête. A n’importe quel prix. Même celui d’une vie brusquement raccourcie.

    Je disais quoi ?
    Ah oui. Les vieux démons. Cela faisait donc plusieurs jours que je trompais mes pensées en les occupant ailleurs mais j’ignorais que mon être tout entier avait gravé une certaine date au fond de lui. Ce n’était pas si étonnant après tout. Mais j’aurais pensé qu’avec le temps.. ça s’atténuerait et finirait par partir. Enfin en tout cas, que ça ne me revienne pas de cette force dans la tronche. Mais à quoi m’attendais-je véritablement ? Qu’en enfouissant mon chagrin au plus profond de moi, il disparaîtrait ? Ce qu’on peut être convaincant parfois avec soi-même. De si beaux menteurs. La vérité c’était que je n’avais pas oublié cette date, ce jour, cette aube où ma petite sœur m’avait quittée pour s’envoler vers un ailleurs dont je ne connaissais pas l’existence. Elle avait laissée là cancer, famille, amis, vie… grande sœur.

    2 ans.
    Ca faisait 2 ans.
    Vous trouvez que le temps passe vite ? Moi aussi. Et aujourd’hui il me semble une éternité bizarrement. Coupée du monde dans ce potager, je n’ai pas de notion du temps, à peine celui de l’espace. Plongée dans mes pensées, c’est comme si elles se déplaçaient autour de moi, comme si…

    « Ça n’est pas possible, vous pouvez comprendre ça ? Personne ne sort, c’est la règle ! »

    Ouh punaise.
    Bondissant de ma citrouille, je cherchai d’où était provenue la voix avant de m’en dissimuler. Peine perdue puisque le Supérieur et un élève de Serpentard qui le suivait les sourcils froncés et le regard noirci par la colère arrivèrent près de moi. Discrètement, j’écrasai le joint sous ma chaussure et prit un air… dégagé ?
    Ils ne me regardaient même pas de toute manière, trop occupés à s’engueuler l’un l’autre. Enfin de mon point d’observation, le Serpentard, qui me rappelait curieusement le Alec dont Sovahnn m’avait parlé il n’y a pas si longtemps, était plutôt le seul à engueuler quelqu’un. Dingue comme le Supérieur semblait miniature face à sa colère. Lorsqu’il l’empoigna pour le coller contre le mur de la serre, je me fis toute petite. Je songeai à peine à intervenir, ne sachant pas trop ce que je pourrai faire. J’écoutai du même coup la conversation qui s’entretenait plus ou moins violemment entre les deux hommes. Un frisson me hérissa toute entière lorsqu’Alec parla de donneur, de sœur et de Sainte Mangouste. Un violent flash-back me projeta deux ans en arrière lorsque cet hôpital était devenu ma réalité et celle de ma sœur. Les images des opérations, des post-op, des annonces, du nombre de globules blancs défilèrent devant mes yeux jusqu’à ce qu’une voix me ramène brutalement sur terre.

    « Alec ! »

    Trois paires de regards se braquèrent sur le fond du potager. Rivers, le prof, venait de surgir de là et il avançait à grand pas vers les deux hommes. Je remarquai qu’Alec tenait toujours le Supérieur contre le mur et aussi qu’ils venaient tous les trois de se rendre compte de ma présence. Oups… Faites pas gaffe les gars, je ne fais que passer. En passant près de moi, Rivers me jeta un simple regard qui ne m’engagea à rien sauf à ne pas pouvoir bouger. Songeant qu’il allait sûrement me tuer après avoir réglé le cas des deux autres, je n’osais plus faire un battement de cil. Alec lâcha le Supérieur qui fut récupéré par le prof de Défense et emmené loin du potager. La scène s’était déroulée rapidement, trop vite pour que je songe à réfléchir et je restai donc plantée là encore quelques minutes. Alec était là lui aussi et l’expression du lion en cage lui collait parfaitement à la peau à cet instant. Remarquant ma présence.. encore présente (xD), il me jeta :

    « T’es là depuis quand ? »

    J’eus un moment d’hésitation, surprise par le ton de sa voix.

    « Euh ... depuis le début. »

    Me bouffe pas Alec pitié, j’ai une chouette à nourrir !

    « Et si ta prochaine question c’est est-ce que j’ai tout entendu… Oui. Mais j’ai une question… »

    Tu sais dans quoi tu t’engages là Jill … ?

    « C’est quoi le diagnostique pour ta sœur ? »

    A dire vrai : non.
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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Jeu 15 Sep 2011 - 10:48

Alec n’est pas un mec sympa qui laisse passer les petites erreurs, qui accepte d’avoir tort et qui accepte qu’une telle chose soit interdite et que donc il ne peut en profiter. Alec n’est d’ailleurs pas un mec qui suis les lois, au contraire, il a passé une grande partie de son adolescence à les enfreindre les unes après les autres. Alors quand on lui disait : c’est interdit un point c’est tout, il fallait bien avouer que ça ne voulait pas dire grand-chose pour lui. Et quand ça concernait les petites choses, il avait déjà une certaine habileté à ne jamais lâcher prise. Imaginez donc si ce qu’il voulait était réellement important. Si de ça dépendait peut être a vie de la seule personne pour qui il serait capable de tout faire. Ou presque quoi. Le Supérieur s’était vite fait retrouvé bloqué contre le mur de bois, écrasé par la force du jeune homme boosté par sa rage. Par le désespoir aussi peut-être, même si sans savoir ce qu’il vivait, personne ne pourrait le deviner. Frissonnant face au regard du jeune Rivers, l’homme n’aurait pas trop sut dire s’il était soulager d’entendre l’autre Rivers débarquer. Il ne doutait pas que le garçon aurait sans doute été capable de le tuer pour assurer qu’il était sérieux et qu’il fallait qu’il sorte. En quoi l’arrivé d’un homme plus expérimenté, plus fort sûrement et surtout maitre en magie noire ce qui n’était pas le cas d’Alec était bon pour sa gueule ? Pourtant la pression qui s’exerçait sur lui s’était évaporée d’un coup. Sans manquer de le cogner un peu plus contre le mur, Alec l’avait lâché, fixant son cousin, se demandant si celui-ci l’aiderait. On ne pouvait pas dire qu’ils étaient très doués en entraide dans la famille. Mais étonnamment, le jeune homme se disait que, peut-être, le laisser faire était la bonne solution. Enfin, la réalité, c’était surtout qu’il était parfaitement perdu et ne savait pas du tout quoi faire pour se sortir de ce foutu cul de sac dans lequel il se trouvait. C’est ce qu’il se passe en règle générale quand on a à affronter une situation à laquelle on ne s’est jamais préparés et qui nous tombe dessus sans prévenir. Observant Logan s’éloigner avec le Supérieur, le jeune homme se sentit d’un coup oscillant entre le fait d’avoir l’impression d’être complètement vidé et épuisé, et la forte envie d’exploser.

Le Supérieur au loin semblait lui, se ratatiner au fur et à mesure de chacun de ses pas : ça y était, il avait choisi : il aurait préféré rester avec le plus jeune Rivers finalement !

C’était en suivant les deux hommes du regard que celui-ci était finalement tombé sur Jillian qui se trouvait là depuis… bah depuis trop longtemps quoi qu’il en soit. Et c’était avec un ton assez agressif qu’il lui avait posé la question. En réalité, ça n’était pas particulièrement son intention. Il y avait bien sûr l’envie de se protéger, mais là, il ne pensait plus à grand-chose à part sa sœur.

« Euh ... depuis le début. »

« Ça m’aurais étonné tient.. »

Pas qu’il la trouve particulièrement aux aguets des nouveaux potins, mais il avait remarqué que quand il se passait quelque chose de marquant dans sa vie, il fallait absolument qu’il y ait quelqu’un dans les parages pour assister à la scène. Ça doit être symptomatique. Marmonnant cette évidence entre ses dents, il avait voulu poser la grande question de qu’avait-elle entendu, mais il n’en eu pas le temps qu’elle anticipait.

« Et si ta prochaine question c’est est-ce que j’ai tout entendu… Oui. Mais j’ai une question… »

« Sinon ça n’aurait pas été drôle.. c’est logique. »

Tout l’monde aime voir sa vie dévoilée aux autres, surtout quand on cache la vérité au.. monde entier ? Nan, ça fait un peu beaucoup. Mon sort est entre tes mains ? Vive les sarcasmes doublés des regards noirs, on ne pouvait pas dire qu’il aidait à lancer la conversation, mais dans sa situation, on ne pouvait pas dire qu’il se souciait particulièrement de paraitre social. Pour une fois, il rejoignait son cousin. Quoi que pas totalement, parce que Logan dans ce cas-là aurait claqué quelques répliques bien senties avant de se barrer sans plus de cérémonie. Mais il n’était pas lui, parce que, justement, il avait eu quelqu’un à ses côtés pendant son enfance. Là était toute la différence.

« C’est quoi le diagnostique pour ta sœur ? »

C’était un regard étonné qui s’était posé sur la jeune femme. Pou… pourquoi elle lui posait la question au juste ? Mais bien sûr que si les Rivers ont l’habitude qu’on s’intéresse à eux de cette manière quoi ? ça se voit pas ?

« Elle… »

Grande inspiration pour dire ça tout haut.

« J'en sais rien. Elle a pas voulu me dire, j’sais juste qu’elle a pas beaucoup de chances de s’en sortir, qu’il lui faut une greffe et que j’ai fait les tests, j’suis compatible. »



« Et sans ça, elle a aucune chance. »

C’était d’une voix rauque qu’il avait prononcé cette conclusion. Une voix rauque à laquelle avait succédé un petit rire nerveux alors qu’il appuyait sur la base de ses yeux comme s’il avait une migraine insupportable. Non, il n’était pas sur le point de pleurer, n’exagérons pas, ça reste Alec même en plein désespoir.

« Et disons que c’est pas dans ma famille qu’elle trouvera un autre donneur. »

Lanh, nouveau coup dans la gueule des Rivers. Il ne pouvait pas s’en empêcher. Fixant d’un air vague la fenêtre de la chambre de son cousin sur la façade du château, le jeune homme évitait joliment le regard de Jillian. Ça n’était pas trop son genre de dire autant de chose sur lui, mais il était assez déstabilisé pour ça, en revanche, pas pour regarder en face la personne à qui il parlait. Tilt.

« Mais en quoi ça t’intéresse au fait ?! »

Tout le monde s’en fout en règle générale de ce genre de chose, surtout envers lui en fait alors en quoi, elle ça pouvait bien l’inquiéter ? On est passés dans un monde de bisounours où tout le monde s’inquiète pour les autres entre temps et jl’ai pas vu ?

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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Dim 18 Sep 2011 - 13:38


    Alec. Que j’avais rencontré un peu par hasard alors que Sovahnn lui gueulait dessus parce qu’il était rentré dans la Salle commune de notre maison. Je me demande comment il a pu faire ça d’ailleurs, il a du soudoyer une première année qui s’est laissée berner par son charme fou de Serpentard et de Rivers. Tu cumules Alec ! Je me souvenais très bien de cet épisode puisque j’y étais intervenue avant que Sovahnn ne lui enfonce sa baguette dans l’un des deux yeux ou pire… ailleurs. On ne peut pas dire que je portais ce garçon dans mon cœur, étant donné qu’il était pour Sovahnn ce que Derek était pour moi. Enfin c’est ce qui ressortait des conversations avec Sovah et de ce que j’avais pu observer depuis. Un vrai bordel. Pour autant, je ne le détestais pas et lui non plus je crois. Nous étions simplement reliés par notre blondinette préférée. Son ton agacé dans lequel traînait un reste d’agressivité ne m’était donc pas spécialement destiné, c’était juste… l’évacuation. A force de traîner avec des mecs dont la colère ne ressortait que de cette façon, je finissais par m’habituer à ne pas le prendre pour moi, à n’écouter que ce qui était dit et pas la façon dont s’était dit. Fut un temps je me serais simplement enfuie, empourprée jusqu’aux bout des cheveux d’avoir osé déranger la fureur d’un autre. Pas aujourd’hui.

    Il était là avec sur les bras sensiblement le même problème que moi quelques années plus tôt. Ma question le laissa surpris. Quoi tu t’y attendais pas ? Il se reprit et finit par prendre une profonde inspiration pour me répondre.

    « Elle… »

    Si jt’interdis de me dire leucémie, tu comprendras ?
    Je levai les yeux vers lui, consciente de la difficulté de poser des mots sur les choses de peur qu’elles existent un peu plus encore.

    « J'en sais rien. Elle a pas voulu me dire, j’sais juste qu’elle a pas beaucoup de chances de s’en sortir, qu’il lui faut une greffe et que j’ai fait les tests, j’suis compatible. »

    On l’est souvent. La nature fait bien les choses dans les fratries.

    « Et sans ça, elle a aucune chance. » fit-il d’une voix rauque avant d’écraser un petit rire nerveux.

    Je changeai de pied pour m’appuyer sur l’autre. Il n’y avait rien à dire pour l’instant. Mieux valait le laissait déballer ce qui pouvait sortir, d’abord pour qu’il se calme et ensuite pour qu’il y voit plus clair dans ses pensées. A la longue, j’avais appris que le silence valait mieux parfois que de vaines paroles de réconfort. Paroles qui souvent ne valaient pas plus qu’un énorme mensonge. Le mieux était encore de se taire et de l’écouter finir.
    Il passa une main sur son visage, en-dessous de ses yeux mais je ne vis pas de larmes dans son regard. Il tenait mieux que moi.

    « Et disons que c’est pas dans ma famille qu’elle trouvera un autre donneur. » marmonna-t-il, détournant son regard pour observer la façade du château.

    Le silence tomba sur le potager tandis qu’il fixait toujours le château et que je le fixai. Mes bras s’étaient croisés devant mon ventre, un vent léger s’était levé et me rafraichissait désagréablement de la tête aux pieds. Je ne savais pas quoi ajouter à ce qu’Alec avait dit. Dans cette situation quelques années plus tôt, je n’avais pas écouté grand monde. Même ceux qui m’encourageaient m’avaient laissé indifférente. Pour moi c’était une décision qui ne concernait que Suzie et moi. Les autres n’étaient bons qu’à me décourager ou à chercher à me rendre fière d’un acte qui me paraissait tomber sous le sens. Les larmes de ma mère, les cris de mon père, les recommandations du médecin… ils allaient tous se faire foutre dans ma tête. Sauver ma petite sœur, grappiller quelques jours, quelques mois et peut-être quelques années de plus à passer toutes les deux ; c’était tout ce qui importait pour moi. Et encore aujourd’hui s’il m’était donné le choix de reprendre cette décision, je la reprendrai. Les seuls regrets que j’avais de ces années à être le médicament miracle à ma petite sœur c’est que cela n’ait pas suffi à la garder en vie et que je me retrouve aujourd’hui avec un rein dysfonctionnel. Infecté. Mais bon, comme disait Hemingway : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a jamais de panneau pour vous indiquer quelle direction il vaut mieux prendre. J’avais pris ma décision en étant consciente du risque que je prenais, maintenant c’était à moi de l’assumer.

    « Mais en quoi ça t’intéresse au fait ?! » intervint soudain Alec, se tournant de nouveau vers moi.

    J’ouvris deux grands yeux, surprise par sa question qui pourtant n’était pas si bête. En quoi ça m’intéressait cette histoire finalement ? Je jaugeai ses sourcils froncés de méfiance et renonçai à hausser les épaules et à jouer le rôle de la bonne samaritaine consciente des problèmes de tout le monde. C’était archi-faux. Si la question avait été posée c’était simplement pour verser un peu de sel sur ma blessure, comme on appuie sur un bleu qu’on a attrapé en se cognant quelque part. Vu la facilité avec laquelle il avait attrapé le Supérieur par le collet, il n’était pas omis qu’il fasse pareil avec moi si je me mettais à lui mentir. Je n’avais aucune preuve qu’il décèlerait mes mensonges mais comme je ne sais plus qui m’avait dit une fois : je mens très mal. Pas la peine donc de tenter le diable.
    Le fixant droit dans les yeux, je répondis en tâchant de ne pas hésiter sur ma phrase :

    « Parce que j’ai vécu exactement la même chose. Ca remonte à plus loin que toi, c’était bien avant que les Supérieurs ne débarquent mais le carnaval du seul compatible, de l’urgence des dons et du blocage de ton entourage… Je suis passée par là aussi. »

    J’espère juste pour toi que les dons marcheront.



    « C’est une greffe de quoi dont elle a besoin ? »

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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Dim 18 Sep 2011 - 21:21

Une rencontre par hasard et il n’y avait pas prêté particulièrement attention. Pas à Jillian quoi, j’entends déjà Sovahnn hurler. Parce que, si, la confrontation il s’en souvenait très bien, il avait d’ailleurs battu retraite très vite, plus fatigué par le monde et les cris de la jeune femme que par la conversation en elle-même. Oui, Sovahnn pouvait se montrer très emportée, parce qu’il l’avait blessée, oui, ça il l’avait compris, et même si qu’elle fasse une histoire d’un truc aussi con lui échappait parfaitement, il aurait voulu que ça se passe différemment. Surtout maintenant d’ailleurs. Cette fille ne méritait pas de souffrir pour quoi que ce soit, c’était un ange, enfin presque quoi. Et, vraiment, il le regrettait mais ne savait pas trop ce qu’il aurait dû faire et ne pas faire. Alors bon. Et puis il avait été clair depuis le début, est-ce qu’elle s’était imaginée plus ? Enfin, bon, il n’en savait rien, et là, désolée Sovahnn, mais ça n’était pas sa priorité première. Là, il ne pensait qu’à sa sœur, qu’aux moments de merdes mais soudés, qu’à l’extérieur de la maison, quand il s’était retrouvé en faculté de médecine, comme quoi ses parents étaient vraiment des gens bizarres, et les soirées qu’il avait fait, retrouvant sa sœur. Et puis cet enfoiré qui s’en était pris à elle et qu’il avait tué.

Depuis toujours, il avait été capable de tout pour elle, parce qu’elle l’était en retour. Parce qu’elle était celle qui avait toujours voulu le protéger, elle qui lui avait empêché des sévices auxquels il préférait ne pas penser. Et là, il était coincé. Incapable de faire quoi que ce soit, il s’en remettait à son cousin en espérant qu’il servirait sa cause et non ce que la raison guiderait.

Enfin, bref, c’était là que la question de Jillian était arrivée et qu’il y avait répondu comme il pouvait, étrangement titillé par l’envie de tout balancer, du début à la fin, de sortir toutes les merdes de sa vie dont il n’avait jamais parlé. Ou, si, d’ici peu et par petits sous-entendus avec Logan. Parce qu’il savait sans qu’on ai besoin de lui dire, et l’un l’autre ne faisaient que confirmer les soupçons de l’autre. Parce qu’ils avaient vu les marques, ils avaient vu les attitudes faussement soumises et haineuses. Et surtout, Alec l’avait vu, lui, disparaitre de la famille. Le bâtard avait réussi la prouesse de se sauver de cette emprise malsaine qu’ils avaient tous. Sans faire partie de cette lignée, on ne peut savoir à quel point c’est ironique. Et puis sa sœur avait suivi son exemple, elle s’était émancipée de cette famille de dingue. Elle avait fui leur oncle surtout. Prenant Logan pour exemple. Ils avaient le même âge, ça devait être pour ça, mais elle n’avait eu le courage de faire ça que quelques années plus tard. Il lui avait fallu le même temps à lui pour mettre sa famille dans l’embarras et se retrouver libéré de leur pression une fois arrivé à Poudlard.

Enfin bref. Pourquoi elle demandait ça ? Oui, parce que c’était la grande question qui lui était venu à l’esprit. Personne dans son entourage ne se demandait jamais si ça allait ou non. S’il était capable d’encaisser ou pas. Si les anciennes blessures avaient cicatrisé et si les nouvelles pourraient le faire aussi. Personne ne s’inquiétait ni n’aidait. Tout comme il ne s’était pas inquiété et avait laissé Sovahnn se démerder. Prise de conscience. Enfin. Dommage, c’est trop tard. Qu’importe les belles paroles, c’est le genre de choses qui restent encrées. Un peu comme les discours bidons sur le fait de ne pas être une personne faite pour une autre. Hein Derek ? Enfin, on s’éloigne du sujet-là.

« Parce que j’ai vécu exactement la même chose. Ca remonte à plus loin que toi, c’était bien avant que les Supérieurs ne débarquent mais le carnaval du seul compatible, de l’urgence des dons et du blocage de ton entourage… Je suis passée par là aussi. »

Un moment, c’était surpris qu’il l’avait regardé, et désolé aussi, mais ça avait duré jusqu’au blocage de l’entourage. Là, il avait bloqué. Revoyant sa sœur coincée dans cette putain de pièce, alors que tout le monde s’en foutait, que personne ne voulait écouter parce qu’on ne fait pas de scandale chez les Rivers.

« Le blocage de mon entourage… si c’est comme ça que t’appelles ça.. »

Certains pleures, d’autres hurlent, et bien lui, il avait craqué, oui, mais en partant en fou rire parfaitement nerveux. Il n’y avait rien de drôle, absolument rien, mais il avait pourtant fallu un moment au jeune homme avant de se calmer.

« Excuse-moi, c’est nerveux. »

Tu vois les gens qui se tapent un fou rire dans Grey’s anatomy à l’enterrement ? Bah voilà, la même ! Inspire, expire, ça va aller.

« Nan, pardon, j’suis vraiment désolé que t’ais eu à subir ça. C’est que sans le vouloir, t’as dit un truc assez comique.. qui n’est pas drôle du tout en fait mais.. »

Nan, concentres toi, ne rit pas, voilà, oui, pas mal, c’est bien.

« Pardon, nan, réellement, j’suis désolé. »

Si elle avait vécus ça, peut-être qu’elle connaissait aussi les réactions étranges et parfaitement hors propos qui viennent pourtant naturellement. C’est une manière comme une autre d’évacuer la pression hein. Jusque-là, il n’avait rien réussi d’autre. Et il était vraiment désolé, ça n’était pas des conneries même si ça peut y ressembler.

« C’est une greffe de quoi dont elle a besoin ? »

« Hm, ben ça aussi ça frise l’absurde. J’sais pas non plus. C’est con, ridicule et … dangereux. Mais elle sait que j’ai fait deux ans de médecine magique, et, du coup elle donne le moins d’infos possible pour que je sache pas. … Ouais, mes parents sont pas mal névrosés, ils se sont dit que je savais tout alors qu’il fallait commencer tout de suite l’échelon suivant. En, fait toute la famille est barge alors comme ça. »

Petit rire nerveux à nouveau.

« Et c’est pas exactement ce qui me rassure le plus. Conclusion j’me bas pour obtenir une opération sans rien en savoir à part que ça permettra une greffe pour elle, en sachant que j’suis sûrement le seul donneur s’il faut pas passer par la liste ; et le tout en ne sachant pas du tout dans quoi je m’engage, risques postérieurs et autre. Et au final, j’m’en fous complètement. »



I’m not a perfect person …


« M’enfin bref, désolé, j’suis… un peu... perturbé. »

Normalement, il est moins loquace, j’vous jure.

« Hm, et… pour ta sœur ça.. »

Un mouvement au niveau du bureau Rivers-prof l’avait coupé dans sa phrase. La vitre avait explosé violemment pour laisser passer un homme, le Supérieur qu’il avait agressé il y avait quelques minutes, hurlant dans le vide, sûrement suppliant Logan de ne pas le laisser tomber.

« Euh…. Ben en fait, ça va, j’suis soft quand j’ai pas ce que j’veux… »

L’homme était re-rentré à l’intérieur de la pièce et Alec ne put s’empêcher de sourire. Finalement, il avait un allier dans le camp Rivers en fuite. Et Logan, n’importe qui dans ce château s’est déjà dit une fois qu’il ne voudrait pas avoir à se dresser contre lui. Car imposant, il pouvait l’être et dominateur, il était capable d’aller bien plus loin qu’Alec pour obtenir que d’autres courbent l’échine. C’était vrai que là-dessus, son père était plus doué que celui du jeune homme qui était plus tourné vers les études et l’ascension sociale à peu près honnête. Enfin, avec un fond de vérité et une bonne dose de manipulation. Et Alec se doutait que son cousin avait dû avoir le même genre d’enfance tourmentée que la sienne.

Bref, nos moutons, puisqu’il n’y a plus personne pour hésiter entre le saut de trois étages et l’abdication.

« Donc, j’disais, ta sœur c’est… nan, c’est pas allé hein ? »

Les gens croient ce qu’ils veulent entendre ou ce qu’ils ont peur d’entendre. Mais pour le coup, ce qu’il avait peur de voir dans les yeux de la jeune femme se révélait être la vérité.


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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Dim 25 Sep 2011 - 21:03


    « Parce que j’ai vécu exactement la même chose. Ca remonte à plus loin que toi, c’était bien avant que les Supérieurs ne débarquent mais le carnaval du seul compatible, de l’urgence des dons et du blocage de ton entourage… Je suis passée par là aussi. »

    Alec me lança un regard surpris, je lui fis un demi-sourire en réponse. La réaction suivante n’était pas vraiment celle à laquelle je m’attendais, il répéta l’une de mes phrases et s’écroula littéralement de rire. Je le regardai alors avec un air à la fois très surpris et presque amusé même si je ne comprenais pas franchement ce qu’il y avait de drôle là-dedans. C’était quoi, une référence à un truc qu’il avait vécu ? Malgré que le rire ne soit pas franchement décalé dans notre conversation, les pétages de plomb ça existe, Alec s’excusa plusieurs fois en disant que c’était nerveux. Il tâcha de reprendre sa respiration et je me montrai patiente. Les fous rires inopinés et déplacés, on a tous déjà donné là-dedans. Moi la première. Elle va mourir ? Haha nan la bonne blague… LOL.

    « Pardon, nan, réellement, j’suis désolé. »

    Je haussai les épaules.

    « T’inquiètes. Ça va. » rétorquai-je.

    Et en effet, ça allait pour le moment.

    « C’est une greffe de quoi dont elle a besoin ? »
    « Hm, ben ça aussi ça frise l’absurde. J’sais pas non plus. C’est con, ridicule et … dangereux. Mais elle sait que j’ai fait deux ans de médecine magique, et, du coup elle donne le moins d’infos possible pour que je sache pas. … Ouais, mes parents sont pas mal névrosés, ils se sont dit que je savais tout alors qu’il fallait commencer tout de suite l’échelon suivant. En, fait toute la famille est barge alors comme ça. »
    « Rappelle-moi de jamais accepter de venir dîner chez toi. »

    Il lâcha un rire nerveux.

    « Et c’est pas exactement ce qui me rassure le plus. Conclusion j’me bas pour obtenir une opération sans rien en savoir à part que ça permettra une greffe pour elle, en sachant que j’suis sûrement le seul donneur s’il faut pas passer par la liste ; et le tout en ne sachant pas du tout dans quoi je m’engage, risques postérieurs et autre. Et au final, j’m’en fous complètement. »
    « Tu devrais pas t’en foutre. » murmurai-je pour moi-même.

    Il fronça les sourcils comme pour se reprendre et je fis le point sur ce qu’il venait de me dire. Sa sœur était malade, elle avait besoin d’une greffe de quelque chose. Plaquettes ? Sang ? Organe ? Moelle ? Elle n’avait pas cru bon d’en informer Alec parce qu’il était capable de deviner quelle maladie la rongeait et certainement de paniquer et de faire une connerie comme s’énerver sur un Supérieur. Con pour elle, c’était déjà fait. Le secret n’a pas toujours que du bon. Ceux qui croient que ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous faire de mal n’ont pas toujours raison. Parfois, comme dans le cas d’Alec, ne pas savoir n’engendre pas la paix mais la terreur, le chaos, la précipitation et les décisions prises n’importe comment. Cela dit, la maladie de sa sœur devait être assez spécifique pour que le simple fait de savoir ce qu’il fallait donner pour la soigner ne révèle le nom de la maladie. Je n’étais pas assez calée en médecine et en maladies pour faire défiler toutes les greffes possibles et ce qu’elles soignaient, je connaissais juste celles concernant un organisme atteint de leucémie. C’était déjà pas mal.

    « M’enfin bref, désolé, j’suis… un peu... perturbé. »
    « Pas d'lézard. »
    « Hm, et… pour ta sœur ça.. » commença-t-il sans avoir le temps de finir.

    Une vitre du Château de notre côté explosa littéralement et un coup d’œil dans cette direction nous appris qu’il s’agissait de la fenêtre du bureau de Rivers. Le Supérieur qu’Alec avait soulevé de terre quelques minutes plus tôt était là, allongé sur le vide, maintenu en lévitation par Rivers sûrement. Il hurlait de ne pas le lâcher et Alec et moi contemplions la scène avec stupeur. Je me rapprochai de lui pour avoir une meilleure vision de la scène mais le Supérieur fut ramené à l’intérieur à ce moment-là. Alec avait presque l’air choqué et je supposais qu’il en allait de même pour moi. Merde ce prof était vraiment flippant… Mais quelle classe !!!

    « Euh…. Ben en fait, ça va, j’suis soft quand j’ai pas ce que j’veux… »
    « C’est trop la classe ! » soufflai-je en souriant.

    Alec détourna finalement la tête de la fenêtre et j’en fis de même. Il baissa les yeux vers moi et je me rendis compte qu’il avait au moins une tête et demie de plus que moi. C’était une manie chez les mecs d’être toujours beaucoup plus grand que les filles ?
    Enfin bref.

    « Donc, j’disais, ta sœur c’est… nan, c’est pas allé hein ? »

    Il avait l’air désolé. Sa bouche s’étirait pour barrer son visage. Je le contemplai une seconde en silence avant de soupirer, laissant tomber mes épaules. Mon regard fuis le sien et cherchant des mots qui ne provoqueraient pas de vagues chez moi, je finis par dire tout simplement :

    « Non. C’est pas allé. »

    You left me here, so unexpected
    Cause now I'm lost, so unprotected

    « Elle.. elle a… »

    Soupirant, je relevai les yeux et jetai un regard douloureux à Alec. Pas de larmes mais mon cœur était en sang de la revoir dans cette chambre d’hôpital si chétive, si fatiguée et pourtant si souriante face à la mort. Elle m’avait dit cette phrase. Je ne l’oublierai jamais. Mais il était encore trop tôt pour que je puisse parler d’elle, évoquer son existence terminée m’était déjà difficile mais raconter par le détail ce qu’il s’était passé, les greffes, les rejets, les opérations en continu, le sang, la douleur. L’impuissance… Je soupirai une nouvelle fois, baissant encore la tête pour me reprendre. Alec ne devait pas être idiot au point de ne pas comprendre qu’il avait abordé un sujet compliqué et épineux. J’espérais simplement qu’il aurait la délicatesse de ne pas insister.

    « J’suis… désolée. C’est pas contre toi, j’aimerais pouvoir l’expliquer mais.. ça sort pas. »

    J’avais l’impression de ne pas cesser de fuir son regard, je sentais mes joues devenir écarlate. Comme une gosse prise en flagrant délit. Pourtant je n’avais et je ne faisais rien de mal. J’inspirai de nouveau calmement et plongeai mon regard dans celui d’Alec.

    « T’as fait médecine tu dis? Même en ayant fait que 2 ans, tu dois savoir un peu tout ce qui entoure les dons ; les… complications qu’il peut y avoir. »

    Mais ça, en tant que frère prêt à donner n’importe quel morceau de ton corps pour sauver ta sœur d’une maladie que tu ne connais même pas ; nécessairement tu t’en fous.

    « Et les conséquences. Si c’est que du sang, de la moelle ou des plaquettes, ça va. Le foie, pareil, ça repousse. Mais un poumon ou un rein c’est… pas rien. T’y as pensé ? Réponds-moi franchement. »

    Je n’allais pas le juger s’il me répondait qu’il n’y avait pas pensé. Les trois quarts du temps la décision se prenait comme ça, à la va-vite, sans réfléchir. C’était l’instinct de protection qui passait toujours avant la raison dans ce cas-là. Les médecins essayaient malgré tout, par souci de professionnalisme, de sonder la décision pour y chercher des brins de raison mais bien souvent, on décidait à l’aveugle, se foutant des conséquences tant qu’elle pouvait nous garder en vie l’être cher. Qu’il me réponde qu’il n’y avait pas pensé et qu’il s’en foutait comme de sa première chemise ne m’aurait pas étonnée. Mais comme j’étais passée par là, que j’avais aussi eu le choix et que maintenant j’avais l’expérience d’un corps qui a donné de lui et qui ne fonctionne plus comme il faut… J’aimais mieux qu’il sache à quoi s’attendre. Les complications n’étaient pas de petites et banales interdictions de voler, de courir ou de faire du sport de compétition. Quand ça décidait de se compliquer, c’était… très compliqué de rattraper le coup.
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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Sam 1 Oct 2011 - 23:43

Rester calme, savoir ce que l’on doit faire, réfléchir de manière logique, c’est bien joli tout ça, mais dans le cas présent on ne pouvait pas dire que ça soit quelque de… comment dire ? Pas simple ? Absolument impossible serait plus juste. Il s’agissait de sa sœur, pas de n’importe qui, mais de sa grande sœur. Ça aurait pu être n’importe qui de la famille que tout aurait été beaucoup moins complexe. Il n’aurait pas levé le petit doigt pour eux. Mais là, c’était de sa sœur dont il était question, et d’un coup, Alec était perdu, déstabilise, incapable de réfléchir de manière rationnelle ou même de réfléchir tout court en fait. Ça avait toujours été le problème, mais bon, impulsif un jour, impulsif toujours. Et à force, sa seule manière d’évacuer la pression avait été de partir dans un fou rire non contrôlé, qu’il avait tout de suite essayé de calmer, conscient que le rire n’avait pas trop sa place dans la conversation. Sérieusement, on parle de mort de sœurs là, et lui, tout ce qu’il trouvait à faire, c’était se marrer ! Non, il n’était pas salaud au point de se foutre d’elle, surtout dans un moment pareil, même si en temps normal, il aurait sans doute eu tendance à s’en foutre complètement et à se barrer. Mais rien n’était normal en ce moment. Et surtout pas lui.

« T’inquiètes. Ça va. »

On respire à fond : tout baigne !

« C’est une greffe de quoi dont elle a besoin ? »
« Hm, ben ça aussi ça frise l’absurde. J’sais pas non plus. C’est con, ridicule et … dangereux. Mais elle sait que j’ai fait deux ans de médecine magique, et, du coup elle donne le moins d’infos possible pour que je sache pas. … Ouais, mes parents sont pas mal névrosés, ils se sont dit que je savais tout alors qu’il fallait commencer tout de suite l’échelon suivant. En, fait toute la famille est barge alors comme ça. »
« Rappelle-moi de jamais accepter de venir dîner chez toi. »

Petit rire.

« Ça marche ! »

Même s’il doutait sérieusement de retourner chez lui un jour. Il était enfin sortis, et ses parents ne donnaient plus de nouvelles, sûrement trop occupés à rattraper ses conneries, en bref, il était libre, et, non, ça ne lui faisait pas mal le moins du monde de se dire qu’il ne reverrait sans doute jamais cette partie de sa famille. La majorité en fait. Mais quelque part, il était sans doute jaloux de ne pas avoir eu … une famille ordinaire, avec des gens qui s’engueulent, des frères casse-pieds et des secrets bien cachés, mais sans doute un peu moins que chez lui. Mais mine de rien, une entente beaucoup plus sincère quand elle était là.

« Et c’est pas exactement ce qui me rassure le plus. Conclusion j’me bas pour obtenir une opération sans rien en savoir à part que ça permettra une greffe pour elle, en sachant que j’suis sûrement le seul donneur s’il faut pas passer par la liste ; et le tout en ne sachant pas du tout dans quoi je m’engage, risques postérieurs et autre. Et au final, j’m’en fous complètement. »
« Tu devrais pas t’en foutre. »

« Je sais, mais entre ce qu’on devrait ressentir et ce qui est vraiment le cas, ya souvent une belle marge. »

Devoir aimer ses parents malgré quelques travers, devoir avoir confiance, devoir se dire que ça va s’arranger, devoir penser à soit quand la seule personne importante se meurt. Pour une fois qu’il ne pensait pas qu’à lui-même justement, on n’allait pas le lui reprocher si ? C’est fort ça !

« M’enfin bref, désolé, j’suis… un peu... perturbé. »
« Pas d'lézard. »
« Hm, et… pour ta sœur ça.. »

Et on le saura plus tard vu que les deux jeunes gens étaient restés littéralement bloqués sur les… activités un peu violentes de Logan pour convaincre un type de faire ce qu’il dit, chose qu’il avait sans doute réussi puisque l’homme avait apparemment retrouvé le plancher des vaches en repassant par la fenêtre pour retourner dans le bureau de Logan.

« Euh…. Ben en fait, ça va, j’suis soft quand j’ai pas ce que j’veux… »
« C’est trop la classe ! »

Un petit rire amusé n’avait pas manqué de passer à travers ses lèvres.

« Pas faux. »

Il gère mon cousin =D.

« Tss, il est grave. »

Pourtant, c’était affectueux. Même si, de premier abord, on pouvait penser qu’ils avaient des caractères parfaits pour se taper dessus en non-stop, finalement, il s’était avéré qu’ils s’appréciaient tous les deux. Sûrement parce qu’ils savaient sans trop en parler ce que l’autre vivait et pensait, ou plutôt, ce qu’ils avaient vécus et ce qu’ils pensaient de tout ça. En quoi ça influençait sur ce qu’ils étaient, ça, ils étaient sûrement chacun plus au courant de l’autre. Savoir et observer est souvent plus simple que de porter un regard objectif sur sa propre vie.

« Donc, j’disais, ta sœur c’est… nan, c’est pas allé hein ? »

Il avait fallu un petit instant avant que la jeune femme ne réponde, et il regrettait déjà d’avoir posé la question, se disant que ça n’était pas vraiment ses affaires et que ça devait être pour éviter ce genre de situation de malaise évident qu’il ne s’intéressait habituellement pas trop aux gens qu’il ne connaissait pas. Relevons tout de même cette conception de la vie : ne pas s’intéresser à la vie des personnes que l’on ne connait pas…. Comment fait-on alors pour connaitre qui que ce soit ? J’vous le demande moi ! Mais il n’avait pas vraiment eu besoin de parler du passé pour se lier d’amitié… un peu ambiguë on va dire, avec Jayden. Alors pourquoi s’embarrasser avec ce genre de chose ? Surtout qu’il avait de toute évidence tapé dans un sujet tabou.

« Non. C’est pas allé. »

Ça, il l’avait compris.

« Elle.. elle a… »

Elle a dérapé sur le cousin de mamie et s’est cassé la jambe. Nan, c’est pas ça ? C’est dommage ! Non, sérieusement, il était conscient de ne pas trop être à sa place. On ne parle pas de ce genre de chose avec des inconnus, surtout quand ils portent le nom de Rivers et foutent en rage une amie à vous. Non, on en parle avec des personnes en qui on a confiance, des amis, des… infirmiers ? Bref, dans tous les cas, pas lui.

« J’suis… désolée. C’est pas contre toi, j’aimerais pouvoir l’expliquer mais.. ça sort pas. »

C’était une souffrance qu’il avait peur de reconnaitre qu’Alec avait pu voir dans les yeux de la jeune femme. Des yeux sûrement lasses d’en pleurer qui ne marquaient alors pas de trace d’humidité. Et ce constat avait fait frissonner le jeune homme, parce qu’il avait peur de se voir dans quelques semaines à devoir affronter la mort de la seule personne qui avait toujours été importante dans sa vie. Ça ne sortais pas, il pouvait le comprendre, pour lui non plus il y avait des choses qui ne sortaient pas. Ce qui touche vraiment en fait, ça ne veut pas sortir et arriver dans le monde réel, parce que ça serait donné une réalité aux choses, une profondeur à laquelle on ne pouvait échapper. Tout comme il avait eu du mal à dire tout haut que sa sœur était malade, et tout comme il n’avait pas encore prononcé le mot, le tout simple et tout petit mot : mort. Sa main s’était posée sur le bras de Jillian, une manière comme une autre – bien qu’inhabituelle chez lui – de dire qu’il était désolé et qu’il comprenait. Une manière de ne pas renchérir aussi, ce qui était autant de la fuite qu’une façon de ne pas insister.

« T’as fait médecine tu dis? Même en ayant fait que 2 ans, tu dois savoir un peu tout ce qui entoure les dons ; les… complications qu’il peut y avoir. »

Sa main avait retrouvé sa poche alors que son esprit cherchait dans sa mémoire. Les cours. On ne pouvait pas vraiment dire que c’était ce qu’il avait le plus retenu de ces années.

« Ben en fait j’suis… tu sais, le genre de type que tout le monde déteste parce qu’il arrive à avoir son année en s’était plus pointé dans les bars et les soirées qu’aux cours ? J’ai pas appris grand-chose, ça… »

Petit rire.

« Aurait trop plut à mes parents on va dire. »

Depuis quand il racontait sa vie comme ça lui ?!

« Du coup, j’connais.. surtout les bases quoi. Et… la composition des cocktails Enfin, nan, c’est pas vrai, mais j’sais pas, tout ça, c’est un peu flou dans ma tête. »

Disons que sa sœur avait peur qu’il devine parce qu’elle savait que malgré toutes ses soirées, ses conneries, et ses absences, il était capable d’avoir retenu assez. Mais d’un autre côté, lui n’en était pas vraiment sûr, il avait été là-bas sur ordre de la famille mais avait plus profité de la vie que des études. Et pour l’année qu’il avait eu … réellement, vous ne voulez pas savoir comment il l’a eu. Disons qu’il n’est pas à Serpentard pour rien. Pour réussir, être bon ne suffit pas toujours. Lui l’était, mais il était aussi flemmard et fêtard, et… charismatique. Et canon. Et… bref.

« Et les conséquences. Si c’est que du sang, de la moelle ou des plaquettes, ça va. Le foie, pareil, ça repousse. Mais un poumon ou un rein c’est… pas rien. T’y as pensé ? Réponds-moi franchement. »

« Ecoutes… nan, nan j’y ai pas pensé, parce que fondamentalement, ça a pas d’importance. Que ça se passe bien ou mal, ça change rien pour moi tout de suite, j’peux pas ne rien faire, c’est aussi con que ça. Mais j’dois pas vraiment être objectif là questions risques ou autres donc… »

Mais personne ne l’est dans ces cas-là.
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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Mar 25 Oct 2011 - 15:20


    La main d’Alec était venue se poser sur mon bras lorsque la difficulté de parler de ma sœur s’était fait sentir dans le ton de ma voix et mon hésitation. Il ne prononça pas un mot, se contenta de me regarder et je lui adressai un sourire de remerciement. Combien de fois je m’étais retrouvée, un peu surprise, d’en vouloir aux personnes qui essayaient de me venir en aide en jurant qu’ils comprenaient ce que je pouvais ressentir alors que je n’avais recensé aucune petite sœur morte dans leur entourage. Par politesse, je n’avais jamais laissé libre cours à cette colère mais bon nombre de fois je n’avais été qu’à deux doigts de gueuler qu’il ou elle ne comprenait rien du tout à ce que je pouvais ressentir tout simplement parce que sans avoir vécu la situation, il me semblait impensable qu’on puisse ressentir à la fois de la tristesse et du soulagement, de la peur et du courage, du désespoir et de la colère. De la jalousie. Non, rien ni personne ne pouvait imaginer ce qui m’avait traversé l’esprit toutes ces années où nous avions tenté de survivre Suzie et moi. Certains, comme Alec ou Cameron, pouvaient s’en approcher mais ils n’étaient pas plus en mesure de comprendre ma situation que moi de me mettre à leur place. C’était comme ça. Difficile mais inévitable.

    « T’as fait médecine tu dis? Même en ayant fait que 2 ans, tu dois savoir un peu tout ce qui entoure les dons ; les… complications qu’il peut y avoir. »

    Il haussa les épaules.

    « Ben en fait j’suis… tu sais, le genre de type que tout le monde déteste parce qu’il arrive à avoir son année en s’était plus pointé dans les bars et les soirées qu’aux cours ? J’ai pas appris grand-chose, ça… »

    Un petit rire lui échappa.

    « Aurait trop plu à mes parents on va dire. »
    « Je vois. » fis-je en souriant d’un air entendu.
    « Du coup, j’connais.. surtout les bases quoi. Et… la composition des cocktails Enfin, nan, c’est pas vrai, mais j’sais pas, tout ça, c’est un peu flou dans ma tête. »

    Nouveau sourire. J’acquiesçai.

    « Et les conséquences. Si c’est que du sang, de la moelle ou des plaquettes, ça va. Le foie, pareil, ça repousse. Mais un poumon ou un rein c’est… pas rien. T’y as pensé ? Réponds-moi franchement. »
    « Ecoutes… nan, nan j’y ai pas pensé, parce que fondamentalement, ça a pas d’importance. Que ça se passe bien ou mal, ça change rien pour moi tout de suite, j’peux pas ne rien faire, c’est aussi con que ça. Mais j’dois pas vraiment être objectif là questions risques ou autres donc… »
    « Tu l’es pas, je t’apprends rien. Mais je suis mal placée pour te faire la morale, d’abord parce qu’on se connaît pas et en plus parce que j’ai pas su l’être non plus… A l’époque. »

    Je ne vois pas trop comment on peut l’être quand il s’agit de quelqu’un pour qui on est prêt à décrocher toutes les étoiles du ciel juste parce que ça l’empêchait de dormir. Et les conséquences ? Je crois qu’au final on s’y fait. Certains jours moins que d’autres mais c’est normal, dans toutes les décisions qui impliquent l’avenir c’est comme ça. Toujours des petits détails qui nous plaisent moins, des aspects de la décision auxquels on n’avait pas réfléchi et boum ! Assume et tais-toi. T’as choisi après tout. Ouais, ça a quelque chose d’un peu énervant parfois de lire dans le regard des gens, d’entendre ça de la bouche de ses parents mais bon. On finit par s’y faire. On n’a pas le choix de toute manière. Des décisions comme le don d’organes ça n’est pas quelque chose duquel on peut revenir, changer brusquement d’avis après cinq ou dix ans à vivre comme quelqu’un de physiquement fragile. A surveiller. La Pimentine, l’interdiction de tout sport incluant par là les séances de vol sur créatures ou sur balai… bien sûr que certains jours ça me fait chier. Bien sûr. Je me sens faible, fragile, pas à la hauteur de certains trucs. Pourtant ça ne m’empêche pas de ne pas regretter chaque décision que j’ai prise pour elle. Juste parce qu’elle méritait que je me sacrifie pour sa survie, elle si forte et si faible à la fois. Moi si forte, si prête à rendre service. Pourquoi hésiter ? Bien sûr les parents vous diront que vous avez gâché votre jeunesse, votre avenir, vos futurs souvenirs et qu’ils vous en remettront implicitement une couche lorsque vous vous sentirez vaciller sur votre choix après avoir encaissé la mort de votre sœur. Que tout ça n’aura servi à rien. Que c’est du beau gâchis. Une fille morte et l’autre dépiautée de plusieurs morceaux et à présent malade à son tour. Oui, sans doute que ça n’aura rien changé physiquement, en actes mais dans ma tête quelque chose a changé au moment où je me suis réveillée dans cette chambre d’hôpital, allongée près de ma petite sœur encore endormie par l’anesthésiant. La disparition de cette culpabilité qui ronge de n’avoir pas tout tenté pour elle.

    Alec devait être dans la même situation. La peur de s’en vouloir toute sa vie de n’avoir rien fait, d’avoir attendu que ça se passe, que ça s’arrange. Ni lui ni moi ne voulions vivre avec ça. Parce que nous n’aurions aucun argument à lui opposer à ce moment. Mieux valait tenter l’impossible, l’impensable. Surtout pour lui. Sortir du château, même avec une demande d’un médecin, alors que les Supérieurs commençaient tout juste à nous resserrer l’étau autour du cou.. je doutai que ça passe. Quoiqu’avec l’appui de Rivers, il avait déjà plus de chances.

    « Tu vas faire comment pour avoir l’autorisation de sortie ? Demander à ton cousin ? »

    Je t’aiderai bien mais je suis pas très copine avec les Supérieurs… Une dernière question, après je te fous la paix promis.

    « Tu feras quoi si.. enfin s’ils te laissent pas sortir ? »

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: The dream collapse - Jillou   Jeu 27 Oct 2011 - 16:30


Deux inconnus rassemblés par une connaissance connue et une possibilité vacillante. Non, il ne savait pas ce que c’était que de perdre sa sœur, il ne savait pas ce que c’était que de rester proche d’une personne qui ne vas pas bien, de voir son état empirer de jour en jour. De voir le cancer ou toute autre merde se répandre et affaiblir sa sœur, sa mère, son amie. De voir sa couleur de peau changer doucement, de voir les tremblements qu’elle masque, et les sourires face à la mort. De se sentir faible et incapable, de ne rien savoir quoi faire, d’avoir peur de regarder les choses en face alors qu’elle, elle le fait. De voir les effets du traitement, de savoir que ça ne sert pas tant que ça, mais d’espérer, d’espérer de toutes ses forces, d’espérer à en crever.

De déchanter.

Mais de rire, de s’éclater encore quelques fois avec cette personne. De rire parce que ce jour est peut être le dernier, qu’on en a conscience, mais qu’on se tais. De parler, peut-être quelques fois, de ce qui se passera quand ça sera fini. D‘essayer de se dire que ça ne sera qu’un début, qu’après tout, des personnes meurent tous les jours mais que le monde continue de tourner. Mais on ne peut pas. Et puis l’échéance arrive. On ne s’en doute pas forcément, alors que ça fait des années qu’on le sait.

Vide, soulagement.

Haine, manque.

Incompréhension, évidence.

Douleur, jalousie éteinte.

Solitude, entourage trop présent.

Envie de lui parler, besoin de se taire.

Vérité, mensonge, personne ne saura jamais. On ne peut dire la vérité dans ces cas-là. Oui, c’était quelqu’un de bien, oui, tout le monde la regrettera, mais ta gueule, tais-toi avec tes phrases toutes faites, tes condoléances bidon, tais-toi avec ta souffrance, j’veux pas la voir.

T’étais pas là. T’as rien vu. Rien su. Tu ne peux pas comprendre. Et ne dis surtout pas le contraire.

Trop de choses se bousculent dans ces moments. Trop de sentiments contraires, d’incompréhensions, de rages, de douleur brute, et puis de soulagement. Et merde, d’envie d’envoyer tout se faire foutre. Non, il ne savait pas. Il n’avait jamais aimé assez pour ressentir quoi que ce soit. Bien sûr, le jeune homme avait déjà enterré des proches. De la famille. Mais ça n’était pas une perte pour le monde, et il en était conscient. D’ailleurs, depuis un scandale de sa part à une de ces cérémonies, on ne l’y conviait plus. C’était simplement parce qu’il n’avait jamais compris l’hypocrisie de ces gens à ces moments-là. Tout ce qu’il avait voulu faire, c’était les envoyer se faire foutre, donc il n’avait rien dis pour essayer de consoler Jillian. Parce qu’il n’était pas doué pour ça, déjà. Et puis parce que ça ne servirait à rien, à part ne pas avoir les bons mots et retourner le couteau dans la plaie.

« T’as fait médecine tu dis? Même en ayant fait que 2 ans, tu dois savoir un peu tout ce qui entoure les dons ; les… complications qu’il peut y avoir. »

« Ben en fait j’suis… tu sais, le genre de type que tout le monde déteste parce qu’il arrive à avoir son année en s’était plus pointé dans les bars et les soirées qu’aux cours ? J’ai pas appris grand-chose, ça… »



« Aurait trop plu à mes parents on va dire. »
« Je vois. »
« Du coup, j’connais.. surtout les bases quoi. Et… la composition des cocktails Enfin, nan, c’est pas vrai, mais j’sais pas, tout ça, c’est un peu flou dans ma tête. »

Elle avait acquiescé avec un petit sourire. En fait, sa sœur pensait sûrement trop de bien de lui à tort. Au moins, il y en avait une, on va dire. Et puis, en fait, il n’avait sûrement pas envie de les connaitre, les conséquences. Pas que ça puisse altérer son jugement, et elle le savait sûrement autant que lui, le choix n’était pas à faire, il était aussi évident que simple. Ça ne devrait pas être ainsi, mais ça l’était. Il n’avait simplement pas le choix, pas pour elle.

« Et les conséquences. Si c’est que du sang, de la moelle ou des plaquettes, ça va. Le foie, pareil, ça repousse. Mais un poumon ou un rein c’est… pas rien. T’y as pensé ? Réponds-moi franchement. »

Si c'était du sang ou des plaquettes, elle ne parlerait pas de greffe..

« Ecoutes… nan, nan j’y ai pas pensé, parce que fondamentalement, ça a pas d’importance. Que ça se passe bien ou mal, ça change rien pour moi tout de suite, j’peux pas ne rien faire, c’est aussi con que ça. Mais j’dois pas vraiment être objectif là questions risques ou autres donc… »
« Tu l’es pas, je t’apprends rien. Mais je suis mal placée pour te faire la morale, d’abord parce qu’on se connaît pas et en plus parce que j’ai pas su l’être non plus… A l’époque. »

Que faire alors ? A son tour, il avait acquiescé. Les jeux étaient déjà faits. Enfin, presque. Pour le choix, en tout cas, c’était le cas. Pour le reste en revanche rien n’était moins sûr.

« Tu.. »

Poser cette question était une très mauvaise idée. Mais elle était là, et il devait le demander quand même. Même si ça ne changerait probablement rien. Et même si, vis-à-vis d’elle, ça n’était surement pas.. convenable. Mais bon, c’est connu, il manque souvent de tact.

« Tu le regrettes ? »

Quelque part, il se disait que, oui, la logique voulait qu’elle le regrette mais, que, quelque part, elle aurait sûrement refait la même chose si elle se retrouvait à nouveau dans cette situation. Enfin, de son point de vu à lui, il voyait mal comment faire autre chose, comment se pencher vers l’autre choix, et fermer les yeux, se couper de tout en espérant que la claque ne fera pas encore plus mal jusqu’à la fin de sa vie. En espérant que ça ne le détruirais pas de n’avoir rien fait. Même si ça n’a pas d’impact réel.

Un moment était passé avant qu’elle ne pose une autre question, le sortant un peu de ses pensées tout comme elle venait sans doute de sortir des siennes.

« Tu vas faire comment pour avoir l’autorisation de sortie ? Demander à ton cousin ? »

« Nan, j’lui demanderais sans doute jamais rien. Même.. pour ça. »

Parce qu’il ne savait pas trop si c’était une bonne idée ou si ça pouvait se retourner contre lui. C’était con à dire, parce qu’en réalité, il avait confiance en lui, surtout depuis qu’ils s’étaient mis à discuter un peu. En fait, c’était le seul à le comprendre sans qu’il ait besoin d’expliquer quoi que ce soit, chose qu’il ne ferait pas de toute manière. Et la réciproque était juste aussi. Mais il s’agissait de leur famille là. Et il savait aussi que, comme lui, sur ce sujet épineux, il pouvait sans doute être imprévisible. Et s’il lui demandait de l’aide, peut-être qu’il se retournerait contre lui, juste pour violenter un peu plus leur lignée. Il pouvait le comprendre, il faisait la même chose. Mais il l’assumait, contrairement à Logan qui avait plus semblé vouloir s’en détacher totalement et ne plus avoir rien à voir avec eux. Possible que pour ça aussi, il ne veuille pas en entendre parler. Ça devait tenir du fait qu’il avait su s’éloigner très jeune et se débrouiller seul, chose que le jeune homme n’avait jamais réussi à faire. Manque de courage peut être. Quand on a onze ans, on ne veut pas se retrouver seul dans le monde. Déjà qu’à vingt c’est pas simple.. Pourtant, c’était ce qu’il avait su faire lui, en faisant semblant que tout allait bien et qu’il était toujours chez lui. Enfin, c’était d’un bordel tout ça.

Mais quelque part, c’était la première fois qu’il lui parlait ainsi, et que d’un regard, il l’avait immobilisé. Incapable de continuer de le suivre, le jeune homme s’était juste tue devant l’autorité. Chose… franchement anormale. Et l’homme n’avait pas retrouvé sa liberté avec son cousin, au contraire, il avait sans doute passé, et passait peut être encore un mauvais quart d’heure dans le bureau de Logan.

« J’suis même pas sûr d’en avoir besoin. »

C’était ce qu’il pensait dans le fond. Logan aurait agi différemment si ça n’était pas le cas non ? Ou bien c’était juste qu’il voulait y croire. Penser qu’il pouvait compte sur lui, qu’il avait un allié. Des alliés, peut-être, finalement, à présent. Quelques instants de nouveau, il avait observé en silence la fenêtre de défense blablabla, il est trop long ce titre de cours.

« Tu feras quoi si.. enfin s’ils te laissent pas sortir ? »

Il avait haussé des épaules, se rendant compte qu’en fait, il était dans le déni complet.

« J’pensais… les cogner jusqu’à ce qu’ils n’aient pas l’choix. »

Tout en finesse.

Ok, c’était vrai qu’il ne savait pas trop ce qu’il ferait si ça n’était pas possible. En fait, ça ne pouvait pas se terminer bêtement comme ça. Avec juste l’impossibilité de faire quoi que ce soit. C’était… juste .. ça ne pourrait pas se passer comme ça, c’était tout.

Déni, impuissance, blocage, peur, peine. Situation de merde !

De nouveau, il s’était tut, gambergeant sur cette foutue question, en revenant à sa première impression : ça ne pouvait pas se passer comme ça. Ça aurait été trop.. trop. Nan, en fait, il n’y avait rien de logique ou de rationnel dans cette conclusion, mais c’était rassurant. Et là, il n’y avait pas grand-chose de rassurant dans sa vie des quelques derniers jours. Absorbé, il n’était revenu à la réalité qu’en voyant une belle blonde approcher en les fixant. Belle blonde qui ne lui parlait plus depuis la super engueulade qu’ils avaient eue du côté du terrain d’étude des créatures magiques après ses conneries avec elle et Elwynn. Un moment, il avait jeté un regard interrogateur à Jillian. Si ça se trouvait, c’était elle qu’elle venait de voir, et dans ce cas, il allait y aller, nan, parce que… voilà. Aucune envie de se prendre quoi que ce soit dans la gueule. Pas aujourd’hui.

Mais la jeune femme n’avait rien dit arrivée à leur niveau, elle lui avait juste tendu un papier qu’il avait pris, presque avec réticence, étonné de son comportement.

Une autorisation. Elle venait de lui fournir une autorisation signée, stipulant qu’on le ferait sortir du château accompagné de l’enseignant de défense contre les forces du mal pour se rendre à sainte mangouste lors d’un week end, dès qu’une sortie serait organisée, soit : d’ici peu.

Écarquillant les yeux en ouvrant le petit papier plier en deux pour passer dans la poche de son… euh… amie ? Ex amie ? Ex sex-friend ? Ouais bof, on s’en fout. Le jeune homme était resté quelques instants, bloqué sur ces quelques mots écrits à la plume, les lèvres entre ouvertes d’étonnement. Sovahnn, elle, était restée immobile un moment, jetant un regard puis un sourire à Jillian avant de hausser des épaules. De toute évidence, il n’avait rien à lui dire, pas besoin de rester plus longtemps.

Réagissant en la voyant bougé, Alec l’avait rattrapé par le poignet.

« So.. »

Pas l'temps.

« Quoi ? ‘Faut vraiment que j’fasse des miracles pour que tu t’intéresses à ma gueule Alec.. ? »

De toute évidence, elle lui en voulait toujours. La jeune femme s’était dégagée pour repartir comme elle était arrivée. Le papier bien serré entre ses doigts, Alec l’avait observé s’en aller, royalement bloqué, assaillis d’émotions contraires. Il savait très bien qu’elle n’insinuait pas qu’il ne s’intéresse pas à elle physiquement ou amicalement parlant, sinon ils n’auraient sûrement pas été si proches, mais surtout qu’il ne faisait rien pour elle. Alors que, de toute évidence, elle, elle en était capable, alors qu’il avait fui. Pourquoi elle avait fait ça au juste ? Et puis, comment ? à tous les coups, c’était Logan qui était derrière tout ça. Seule elle n’aurait rien su faire. Si ?

Fermant les yeux, le jeune homme avait inspiré à fond. Touuut va bien. VDM.com.

Au moins, une question était à peu près réglée.
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